Analyse financière : rentabilité et risque
Analyse financière : rentabilité et risque
Gérard CHARREAUX
médiocre.
la notion d'équilibre fnancier, qui peut être la suivante: l'équilibre fnancier est réalisé
L'utilisation fnale d'une analyse fnancière peut varier; ainsi, selon que cette
analyse est faite à la demande d'un banquier, d'un gérant de portefeuille, du dirigeant de
diagnostic peuvent revétir une intensité différente et l'analyse peut être plus ou moins
FINANCIERE
risque.
résultat net est censé exprimer la variation de valeur du patrimoine des actionnaires
capitaux investis par les actionnaires et les créanciers fnanciers, on aboutit de façon
équivalente à la notion d'actif économique, qui est la contrepartie de ces capitaux (cf.la
investis. Supposons que nous soyons en présence d'une entreprise cotée et que nous
mesure par la variation du cours de l'action, multipliée par le nombre d'actions, c'est à
dire de la valeur de marché des fonds propres, pendant l'exercice; le taux de rentabilité
s'obtient en rapportant cette variation à la valeur de marché initiale des fonds propres.
La méthode d'évaluation ainsi retenue apparaît objective, au sens où la valeur de
réaliser son patrimoine à cette valeur. Même si la valeur de marché connaît des
domaine est la théorie néo-classique qui fonde l'évaluation d'un actif sur sa capacité à
sécréter des fux, et sur leur valorisation à un taux qui refète les attentes des apporteurs
de capitaux sur le marché. Selon ce schéma, la valeur de l'actif d'une entreprise est
3
d'actualisation appliqué par les apporteurs de fonds compte tenu des autres
d'évaluation est donc celui de la valeur actuelle. La valeur économique d'une entreprise
peut donc varier en fonction de l'évolution des anticipations des fux économiques
futurs et des taux requis par les investisseurs, lesquels évoluent notamment en fonction
que la valeur actuelle, et donc la valeur de marché d'une entreprise soit volatile.
économique ne doit jamais être perdu de vue. D'ailleurs la comptabilité y fait souvent
référence. Ainsi, la règle d'inventaire comptable repose sur la notion de valeur vénale,
"il s'agit du prix présumé d'un bien qu'accepterait d'en donner un acquéreur éventuel de
l'entreprise dans l'état ou le lieu où se trouve ledit bien". Cette notion est très proche de
comptabilité à partir des coûts historiques ont le plus souvent pour objectif de
risque s'il y a possibilité d'écart entre la valeur anticipée d'une grandeur et sa valeur
réalisée. Ainsi, un actif est dit risqué si la rentabilité qu'il permet d'obtenir peut être
risqué d'un actif est évalué en mesurant les fuctuations de son taux de rentabilité au
moyen d'un indicateur statistique telle que la variance ou l'écart-type; on mesure en fait
sa variabilité. Une autre notion de risque, plus proche du sens commun, est également
4
dernière vision du risque privilègie la prise en compte des cas défavorables, alors
qu'une mesure de la variabilité tient également compte des cas favorables et des cas
défavorables.
risque peut se faire selon la typologie suivante: risque d'exploitation, risque fnancier et
du résultat net (ou du taux de rentabilité des capitaux propres) ou la possibilité qu'il soit
Le fondement de cette typologie réside dans la décomposition qui peut être faite
des attentes d'un apporteur de fonds propres en matière de rentabilité. On constate sur
les marchés fnanciers que le risque est rémunéré; plus l'investissement est risqué, plus
il rapporte en moyenne. La valeur des fonds propres d'un actionnaire varie en fonction
des trois types de risque précédemment identifés En conséquence, le taux de rentabilité
possibilité de ne pas être remboursé et en tiendra compte pour établir le taux de son
prêt.
5
rentabilité, étude du risque". Ces deux dimensions cependant, ne doivent pas être jugées
de façon indépendante; à terme, pour qu'une entreprise soit viable, le risque doit être
2- LE DIAGNOSTIC DE LA RENTABILITE
disait récemment Antoine RIBOUD 1, PDG de BSN "Ne jamais oublier ceux qui
possèdent l'entreprise, les associer à ses performances, il ne peut y avoir d'autre volonté
pour BSN." Tous les autres objectifs, tels que par exemple, la maximisation de la
croissance de l'activité ne sont en fait que des objectifs secondaires, qui doivent à terme
est celui de la rentabilité, dont l'aboutissement est l'étude de la rentabilité pour les
actionnaires.
l'invention d'une norme à considérer. Enfn, il est important de pouvoir s'appuyer sur un
schéma qui permette d'aller plus loin dans l'étude de la formation de la rentabilité; ce
trouvent leur origine dans les divergences entre l'évaluation comptable et l'évaluation
par le marché ont déjà été évoquées. Dans le cas d'une société cotée, où on peut
pratiquer aisément, les deux types d'évaluation, il est toujours intéressant de s'interroger
sur les causes des divergences. Une de ces causes réside dans l'absence quasi-totale de
prise en compte par la comptabilité de la valeur de certains actifs "incorporels" tels que
et qu'on puisse accepter la mesure comptable, à quelle norme peut-on comparer cette
dernière pour savoir si la rentabilité des fonds propres offerte par la société est
(le modèle d'équilibre des actifs fnanciers (2)) dont la relation fondamentale est:
Ri = RF + ßi [RM - RF ]
avec Ri le taux requis sur ses fonds propres par un actionnaire de la société i
RF le taux de l'actif sans risque, qui peut être évalué de façon approximative par le taux
des obligations d'Etat
RM le taux de rentabilité du marché, que l'on peut mesurer à partir de l'indice des
actions
ßi le coeffcient de volatilité mesuré par le rapport Cov(R i,RM)/Var(R M), censé
représenter le risque en l'appréhendant par la covariabilité entre le taux de rentabilité de
l'action i et celle de l'indice de marché. Un coeffcient ß i de 1,5 signife que si le taux de
rentabilité du marché varie de 1%, le taux de rentabilité requis sur l'action i, variera de
1,5%.
Autrement dit, cette relation signife que sur le marché fnancier, le taux requis
par un actionnaire est égal au taux de l'actif sans risque, augmenté d'une prime de risque
qui dépend d'une part, du coeffcient de volatilité et d'autre part, de la prime de risque
du marché, c'est à dire de l'écart entre le taux de rentabilité du marché et le taux de
Pour une société cotée, la mesure de ces différents paramètres est aisée. A
contrario, pour une entreprise non cotée, il est nécessaire de recourir à des
apparaît qu'en aucun cas la rentabilité offerte aux actionnaires ne peut être inférieure au
taux de l'actif sans risque, et en simplifant, pour une même société, le taux de
rentabilité des fonds propres ne doit pas être inférieur au coût avant impôt des dettes
fnancières. En effet, un actionnaire compte tenu du risque supérieur qu'il encourt par
rapport à un créancier fnancier quel qu'il soit, doit pouvoir obtenir une rémunération
plus élevée que le taux exigé par le prêteur. L'estimation de la prime de risque est plus
délicate; on peut raisonner par rapport à des sociétés du même secteur ou plus
Le plus souvent la valeur obtenue sera une valeur minimale , car il faudrait en outre
Une fois cette norme obtenue, la comparaison peut être effectuée avec la mesure
pratiquée. Précisons cependant que la relation du MEDAF suppose une mesure faite à
partir des valeurs de marché. Le recours à la mesure comptable implique donc des biais
suivante:
8
les bénéfces; les dettes fnancières comprennent l'ensemble des dettes fnancières
rentabilité des capitaux propres. Supposons par exemple, qu'une entreprise ne soit pas
endettée; dans ce cas, le taux de rentabilité des capitaux propres est de toute évidence,
capitaux propres, d'autant plus important que le ratio d'endettement est élevé. Le taux de
rentabilité des capitaux propres est alors supérieur au taux de rentabilité économique; la
différence entre les deux taux permet de mesurer l'effet de levier fnancier. On
propres, c'est à dire le risque fnancier et cet effet est d'autant plus prononcé que le
recours à l'endettement s'accroît. La loi économique qui veut qu'il n'y ait pas de
niveau et l'évolution du taux de rentabilité des capitaux propres. Parmi ces deux
9
analyse spécifque. Avant de répartir la richesse créée entre les actionnaires et les
créanciers fnanciers, il faut d'abord étudier comment cette richesse a été sécrétée par
d'ajustement; son rôle peut d'ailleurs être précisé en scindant l'effet taux, lié au coût de
économique. Une bonne rentabilité peut être obtenue, soit à partir d'un taux de marge
élevé et d'un taux de rotation faible (c'est le cas le plus fréquent dans l'industrie), soit à
partir d'un taux de marge faible et d'un taux de rotation élevé (c'est le cas le plus
systématiquement (en tenant compte des ajustements pour le risque) et seraient seules
choisies par les investisseurs; à long terme en cas de déséquilibre, il y a disparition des
activités dominées.
comme indicateur d'activité le chiffre d'affaires; il convient de retenir pour les activités
soldes intermédiaires de gestion (TSIG) proposé par le PCG 1982, après avoir opéré
d'exploitation. Il faut également analyser la marge sur coût d'achat global. Chaque solde
doit être étudié en termes absolus et relatifs, et en tenant compte de l'évolution des prix
et de la nature de l'activité de l'entreprise. Ainsi une société qui développe de nouveaux
produits, ou qui modife son activité en s'orientant davantage vers le négoce, verra sa
valeur ajoutée évoluer sensiblement. A chaque stade, il faut identifer les facteurs
d'aborder l'analyse fnancière. Hors cette information économique, cette dernière reste
l'EBE. Ce solde ne constitue pas le véritable résultat économique puisqu'il est évalué
11
des dotations aux amortissements. Certes, il s'agit d'un indicateur intéressant car sa
mesure est souvent plus signifcative que celle du résultat économique, dont l'évaluation
dépend fortement des choix faits en matière fscale et comptable, pour déterminer les
3 - LE DIAGNOSTIC DU RISQUE
prédominance s'explique par deux raisons principales:d'une part, le rôle prééminent qu'a
joué la profession bancaire dans la construction des méthodes d'analyse fnancière, dans
bénéfcié d'un régime de faveur, tant du point de vue fscal, que de la politique des taux;
d'autre part, jusqu'à un passé très récent, le faible rôle de la bourse et l'absence quasi-
complète de recours aux augmentations de capital.
Les méthodes de diagnostic de ces deux types de risque sont encore peu
net (risque fnancier) par rapport au niveau d'activité, soit encore, à évaluer, la position
par rapport à un point-mort qui est mesuré en intégrant ou non les frais fnanciers dans
Cependant, une telle mesure est souvent peu signifcative, lorsqu'on ne dispose pas de
Un outil a priori plus fruste, mais simple à mettre en oeuvre, réside dans le
méthode suppose la répartition préalable des charges, entre charges variables et charges
fxes, toujours trés diffcile à établir précisément, notamment pour un analyste externe.
Plus le montant des charges fxes est élevé, plus le résultat est sensible à une variation
du niveau d'activité, toutes choses égales par ailleurs. En outre, la sensibilité du résultat
apparaît d'autant plus accentuée que l'entreprise se situe près de son seuil de rentabilité.
différentes, selon le caractère plus ou moins fuctuant de l'activité. Pour une activité
dont l'activité connaît de fortes variations, il s'agira d'une position précaire. Aucune
norme connue n'existant dans ce domaine, toute conclusion doit être nuancée.
d'exploitation ne peut être fondée que sur une analyse stratégique de l'activité de
peuvent également être appliquées pour étudier le risque fnancier. Il sufft de substituer
de neutraliser l'incidence des éléments exceptionnels. Dans l'analyse des charges, les
charges fxes se trouvent alors augmentées des frais fnanciers, même si le caractère de
ses dettes fnancières a donné lieu à l'élaboration de multiples méthodes et est à l'origine
même de l'analyse fnancière. On peut séparer un peu arbitrairement deux grands types
de méthodes, les méthodes fondées sur l'étude du bilan qu'on peut qualifer de statiques
et les méthodes qui s'appuient sur les tableaux de fux, fréquemment dénommées,
tendance à privilègier les méthodes dynamiques fondées sur les fux, il s'avère en fait
que ces deux grandes catégories de méthodes sont complémentaires et que l'importance
accordée actuellement aux méthodes fondées sur les fux est excessive.
L'approche patrimoniale s'appuie sur une conception du bilan qui repose sur les
notions de valeur et d'exigibilité et de liquidité. Le bilan est l'inventaire des actifs et des
passifs. Il est dressé dans le but d'évaluer l'entreprise et le patrimoine des actionnaires.
14
arbitraire, on oppose les actifs dont le délai de réalisation est supposé être supérieur à
un an, qui sont dénommés actifs immobilisés et les actifs liquidables à moins d'un an,
d'exigibilité. On distingue ainsi les capitaux propres non-exigibles, les dettes exigibles à
roulement patrimonial. Une entreprise est censée être viable si les actifs circulants
couvrent les dettes à court terme, autrement dit, si le FDR patrimonial, égal à la
différence entre ces deux grandeurs est positif; il s'agit de la représentation bien connue
du fonds de roulement comme matelas de liquidités. D'autres indicateurs, les ratios de
ses actifs. Elle peut être mesurée grossièrement en rapportant les capitaux propres qui
propres/ Dettes à plus d'un an"; traditionnellement, on retient le seuil critique de un, qui
est exigé par certains établissements fnanciers pour octroyer des prêts.
15
les idées fondamentales sur lesquelles elle repose conservent leur pertinence. Les seuils
doit pas être abandonnée. Des notions telles que la solvabilité demeurent essentielles
dans une optique d'appréciation du risque de faillite; la valeur des actifs reste la
véritable révolution dans le raisonnement fnancier, dont les conséquences sont souvent
construire. Ils ne constituent pas des inventaires d'actifs et de passifs, mais au contraire
de stocks d'emplois et de stocks de ressources. L'attention est portée sur la réalisation de
fonds.
stabilité des ressources et des emplois. La notion principale est celle de cycle
- dettes d'exploitation
dans les années de forte croissance et de forte infation; il est devenu le noyau du
stables qu'il faut couvrir par des ressources dites stables afn d'éliminer le risque de
faillite. Les ressources sont supposées stables s'il s'agit de ressources propres ou
emprunt à moyen terme, donc exigible à court terme, sera considérée stable, car
concours bancaire, même s'il est renouvelé systématiquement, est réputé instable.
d'exploitation et les ressources stables des fonds propres externes et internes, ainsi que
des dettes fnancières stables. Les immobilisations brutes, qui ne sont pas rattachées au
cycle d'exploitation sont dites emplois acycliques stables; de façon symétrique, les
horizontal est lié au principe d'affectation des ressources stables au fnancement des
17
représente la trésorerie; celle-ci peut également être mesurée par différence entre les
disponibilités et les titres de placements d'une part, et les concours bancaires d'autre
part. Une trésorerie négative signife que le FDR fonctionnel ne couvre pas le BFDR et
donc que les concours bancaires sont supérieurs aux disponibilités. Dans ce cas le
représentation du bilan qui lui est associée sont multiples. Premièrement, cette approche
est fondée sur la notion de cycle, laquelle empruntée à la biologie, s'applique par
investissement est déterminée plus par des considérations économiques que par des
d'exploitation occupent une place centrale dans cette conception; or, dans certaines
activités, le BFDR d'exploitation est diffcile à identifer ou occupe une place mineure.
Troisièmement, l'évolution des structures fnancières fait qu'actuellement dans la
plupart des cas, les trésoreries sont négatives; selon la norme fonctionnelle, il y aurait
déséquilibre et donc un risque de faillite important, ce qui est contredit par la réalité. La
plupart des entreprises sont viables en présentant une trésorerie négative de façon
fxer un seuil critique pour le montant des concours bancaires ou de la trésorerie. Ainsi,
par exemple, certaines banques exigent que les concours bancaires ne dépassent pas
deux mois de chiffre d'affaires. Ce type de norme est de toute évidence, trop générale
résiduelle par différence entre le FDR fonctionnel et le BFDR; elle n'a pas de rôle
autonome et sa fonction essentielle pour assurer la fexibilité est ainsi ignorée. Enfn et
18
des ressources stables au fnancement des emplois stables, d'où son nom d'approche
"pool de fonds". Elle a été proposée par LEVASSEUR(3), d'une part, pour répondre à la
fnancière.
la seule étude du risque de faillite, même s'il est possible de construire certains ratios
pertinents pour évaluer ce dernier.
méthodes d'analyse par les fux. Il faut cependant clairement distinguer les méthodes
qui ont recours aux fux de fonds, de celles qui s'appuient sur les fux de trésorerie. La
défnition du fux de trésorerie est immédiate; il s'agit soit des liquidités encaissées, soit
des liquidités décaissées au cours d'une période. La notion de fux de fonds est plus
artifcielle. A partir du bilan fonctionnel, un fux de fonds peut être défni comme une
variation soit d'un stock d'emplois, soit d'un stock de ressources. Par rapport aux fux de
19
connu de fux de fonds est l'autofnancement, qui correspond à la variation des stocks
A partir des variations des postes du bilan fonctionnel, il est possible d'évaluer
les différents fux de fonds; l'objectif étant de construire un tableau qui permette de
Le contenu fnal du tableau dépend de l'orientation que l'on souhaite donner à l'analyse.
nous porterons principalement notre attention sur deux types de tableaux qui
comparaison des bilans fonctionnels est qu'il permet d'analyser avec précision les
différents mouvements qui ont fait évoluer les grandes masses du bilan; en particulier, il
parmi les fux d'emplois, les investissements, les distributions de dividendes, les
du risque de faillite. Les principales critiques qu'on peut adresser à cette présentation
reprennent celles qui ont été adressées à la présentation correspondante du bilan. Une
critique spécifque porte sur l'emploi de la capacité d'autofnancement qui ne permet pas
de distinguer les fux par type de cycle, puisqu'elle résulte simultanément, d'opérations
d'exploitation et de fnancement.
fonds. Il permet notamment une analyse précise des différents fux par type de cycle
Son interprétation apparaît complexe dans la mesure où elle ne peut être pratiquée sans
Son grand avantage est qu'il s'appuie sur les apports de la théorie fnancière et
peut permettre l'analyse de tous les types d'activité. Le lien de ce type de tableau avec
certains résultats fondamentaux de la théorie fnancière a été démontré sous une forme
déduit que:
valeur d'une entreprise peut être évaluée indifféremment à partir des fux sur
valeurs actuelles des fux associés aux actionnaires et aux créanciers. Il n' y aura
accroissement de valeur que si la valeur actuelle des fux réels actualisés au coût du
capital est positive à terme. Un tel résultat suppose que l'EBE aprés IS théorique
22
dividendes et des frais fnanciers versés soit supérieure à celle des augmentations
fnanciers. Ces résultats peuvent être utilisés pour établir le diagnostic d'une entreprise.
Dans un article qui expose les fondements théoriques du tableau qu'il propose,
de MURARD (4) écrit " L'article qui suit conduit à une remise en cause de la
constatée sur tous les marchés fnanciers mondiaux. En outre, il se rallie à la conception
de la valeur coût rejetée depuis plus d'un siècle par la grande majorité des économistes.
Compte tenu de ces prémisses, on peut être surpris qu'un tel tableau ait été diffusé pour
analyser les comptes des sociétés dans une économie libérale. Peut-être faut-il chercher
dans l'adoption de ce document sous une forme proche par la centrale des bilans de la
Banque de France, une raison de son "succès". Encore faut-il souligner que le nouveau
comporte plus ce tableau et qu'un document beaucoup plus neutre y a été substitué.
typologie conduit son auteur à énoncer une défnition très particulière de l'équilibre
solde courant est proche de zéro, si le solde d'exploitation est légèrement positif et si de
façon corollaire, le solde fnancier est légèrement négatif ceci sur moyenne période
s'avère être celle selon laquelle le solde d'exploitation doit être légèrement positif.
Autrement dit, le rythme de croissance est conditionné par le niveau de l'EBE qui
représente une limite maximale pour fxer l'investissement. A l'évidence, une telle règle
peut aussi bien conduire à investir dans des projets non rentables qu'à renoncer à des
projets rentables. Il est donc préférable d'éviter d'utiliser un tel tableau. Ses défenseurs
prétendent qu'il serait particulièrement pertinent pour les PME. On peut se demander en
par ailleurs certaines études de la Banque de France(7) ont montré que les PME avaient
3.2.2.2. Les méthodes d'analyse dynamique fondées sur les fux de trésorerie
Le recours aux fux de trésorerie plutôt qu'aux fux de fonds s'explique car ils
dans son caractère de fux de trésorerie potentiel. Le plus souvent une partie
(8) a proposé le modèle FITREX, fondé sur le fux de trésorerie d'exploitation, l'E.T.E.
d'intérêt. De façon plus réaliste, ce modèle peut être aménagé pour prendre en compte
d'une part, l'incidence fscale qui ampute l'E.T.E. et d'autre part, les remboursements
d'emprunt qui constituent l'essentiel des fonds à décaisser envers les créanciers
fnanciers.
4. CONCLUSION
L'analyse fnancière ne peut être pertinente que si ses méthodes lui permettent
Elle ne doit surtout pas s'enfermer dans des démarches trop réductrices qui conduisent à
ignorer des phénomènes économiques fondamentaux tels que par exemple, les
méthodes fondées sur les fux de fonds est à cet égard important. La modélisation
fnancière qui est ainsi effectuée conduit à une vision extrêmement rigide de la fnance.
Le diagnostic fnancier ne peut pas se réduire à l'étude des fux dans une optique de
BIBLIOGRAPHIE
(2) SHARPE (W.F.): "Capital asset prices: a theory of market equilibrium under
(4) De MURARD (G.): "Le tableau pluri-annuel des fux fnanciers"; Revue Française
(5) PONCET (P.) et PORTAIT (R.): "La théorie fnancière de la frme et le tableau
(6) Centrale des bilans de la Banque de France: "Le nouveau dossier d'analyse de la
1987.
(7) Centrale des bilans de la Banque de France: "Forces et contraintes des PME",