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Résumé Aristote, Pierre-Marie Morel

Ce chapitre résume un ouvrage d'Aristote sur sa philosophie naturelle. Il décrit les principaux sujets abordés comme la physique, la météorologie, le ciel, la génération et la corruption, ainsi que les traités zoologiques. L'étude de la nature selon Aristote se fonde sur l'observation des phénomènes, l'induction des principes et la comparaison avec les philosophies précédentes.

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Résumé Aristote, Pierre-Marie Morel

Ce chapitre résume un ouvrage d'Aristote sur sa philosophie naturelle. Il décrit les principaux sujets abordés comme la physique, la météorologie, le ciel, la génération et la corruption, ainsi que les traités zoologiques. L'étude de la nature selon Aristote se fonde sur l'observation des phénomènes, l'induction des principes et la comparaison avec les philosophies précédentes.

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Aristote, par Pierre-Marie Morel

Contenido
Aristote, par Pierre-Marie Morel............................................................................................................1
Intro....................................................................................................................................................2
Sur la philosophie Aristotélicienne.................................................................................................2
Sur l’ouvrage Aristotélicienne............................................................................................................4
Chap.1 :..............................................................................................................................................5
Fonder la philosophie naturelle......................................................................................................5
La nature : les principes et les causes.............................................................................................6
Le mouvement et les êtres en mouvement....................................................................................9
Le lieu et le temps........................................................................................................................11
Chap. 2 : Questions de méthodes.....................................................................................................16
Les écrits logiques........................................................................................................................16
Le problème des fondements de la science..................................................................................19
La connaissance des principes......................................................................................................22
La nature des principes.................................................................................................................22
Les usages de la dialectique..........................................................................................................23
Intro
Sur la philosophie Aristotélicienne
Tâche fondamentale et traditionnelle de la philosophie : préserver l’unité de la dispersion mouvante
et illimité du multiple ;

Mais,

Comment unifier le multiple sans l’abolir, atteindre à l’unité sans supprimer la réalité plurielle de ce
qui s’y rapporte ?

Platon : les choses sensibles «participent» à des formes intelligibles séparées —comme celle du beau
en soi ou de l’égal en soi—.

Aristote : conçoit le multiple lui-même dans sa positivité et non pas comme une pluralité indéfinie ; il
tente de l’organiser (le multiple) et non pas de le dépasser. La multiplicité n’est intelligible que si
nous la comprenons comme une diversité différenciée, comme une multiplicité structurée par des
espèces et des genres.

Critique de la dichotomie platonicienne (le Sophiste, le Politique) : il ne faut pas présupposer la


nature et le nombre des espèces et des genres qui structurent cette multiplicité. Platon impose à la
nature des divisions qui s’avèrent, à l’examen, arbitraires et inefficaces.

La bonne méthode pour parvenir aux divisions est de commencer par l’examen des «faits
manifestes» (ta phainomena) propres à chaque genre, avant d’en exposer les causes et la genèse 1; il
s’agit de subordonner la systématisation du divers à son examen méthodique.

L’œuvre d’Aristote se centre sur :

 La philosophie naturelle : traités naturalistes (qui forment la majeure partie du corpus) pour
une physique nouvelle et puissamment organisée. C’est une discipline théorique qui atteint,
donc, sa fin indépendamment de toute application technique ou pratique.
 Les affaires humaines : ouvrages de philosophie pratique qui explorent les différentes voies
qu’emprunte la conduite humaine (éthique et politique) dans la recherche d’une seule fin : le
bonheur. Le savoir pratique a toujours pour fin l’action et non pas la connaissance elle-même

2 domaines qui se touchent : la philosophie pratique renvoie à l’idée de nature, parce qu’elle
s’interroge sur ce qui est conforme ou contraire à la nature, même si la nature ne suffit jamais à
éclairer l’homme de bien ou le politique sur ce qu’ils doivent faire.

En recherchant le bonheur, on cherche le bien proprement humain, i.e., ce qui est naturel à
l’homme, mais qu’on ne peut pas atteindre qu’à travers des moyens humains (l’éducation, les lois,
etc.). L’homme est un animal paradoxal, dont la nature est de dépasser sa propre nature.

Modèle ontologique et cosmologique commun des 2 domaines. Elles existent sous les deux
modalités de la puissance et de l’acte ou accomplissement (energeia) ; et être c’est toujours soit être

1
Part. an., I, 1, 640a14-15
susceptible d’accomplissement, soit être accompli d’une certaine manière. Que les êtres tendent
vers leur fin ou qu’ils en soient détournés —ex. par le hasard ou par la perversité—, ils existent
toujours sur le mode de l’accomplissement et c’est ce qui rend intelligibles leur devenir et leur nature
propre. C’est ainsi qu’il dira qu’il faut définir le composé que forment ensemble l’âme et le corps par
leur commune actualité ou réalisation (entelecheia) : «bien que l’un et l’être s’entendent en plusieurs
sens, c’est la réalisation qui en constitue le sens éminent» (De an., II, 1, 412b8-9). L’acte, donc, n’est
pas un simple accident de l’être, mais sa modalité éminente.

Le divers est donc une multiplicité dynamique d’actes, de puissances et de mouvements. Unifier le
réel est comprendre alors l’unité dynamique dans laquelle se trouve l’homme.
Sur l’ouvrage Aristotélicienne
3 problèmes principaux qu’on trouve dans le corpus  :

a) Sur sa constitution originale

On divise les écrits Aristotéliciens en deux catégories :

a. Les écrits «exotériques» : destinés à un grand public et proches de Platon (en


contenu et en forme). Œuvres aujourd’hui perdues.
b. Les écrits «ésotériques» : les traités émanent de l’enseignement d’Aristote au Lycée,
pas destinés à la publication. Ce sont les traités qu’on connait aujourd’hui (bien qu’ils
soient les écrits exotériques ceux qui étaient connus pendant ses années de vie et
ceux qui ont succédé la mort du philosophe, quand les écrits exotériques ont
disparu). Caractère aride (non-littéraire).

b) Sur sa transmission

Les œuvres d’Aristote dont nous disposons aujourd’hui sont le résultat d’un travail d’édition, de
traduction et d’exégèse de 2000 ans d’antiquité, et ils ne donnent, donc, qu’une idée assez
imparfaite de ce que pouvaient être les notes de cours laissées par lui.

Le titre même des écrits a été modifié au cours des siècles et les premières listes des ouvrages (faites
par des philosophes et historiens postérieurs) ne coïncident pas avec les titres connus aujourd’hui.

c) Sur son unité doctrinale

Image d’un Aristote systématique jusqu’au début du XXe siècle.

Jaeger 2marque une rupture dans l’histoire de l’interprétation d’Aristote par l’originalité de sa
démarche personnelle ainsi que par ses analyses dites «génétiques» de la philosophie d’Aristote.
Jaeger divise la carrière philosophique d’Aristote en 3 périodes :

 1ère phase : platonicienne (séjour à l’Académie)


 2ème phase : rupture p.r.au platonisme (départ d’Athènes — fin séjour Macédoine)
 3ème phase : mise à distance définitive du platonisme, de désintérêt pour les questions
métaphysiques et d’un intérêt croissant pour les recherches empiriques et la philosophie
naturelle

Tendance actuelle 3: critique de la séparation de Jaeger et retour à la lecture plus synchronique du


corpus et aux liens entre des secteurs que l’on tenait jusque-là pour séparées.

2
Aristote. Fondements pour une histoire de son évolution, Werner Jaeger
3
P. Pellegrin et D.Devereux
Chap.1 :
Fonder la philosophie naturelle
[Physique + Météorologiques + Du ciel + Génération et corruption + Génération des animaux
+ Histoire des animaux + Marche des animaux + Mouvement des animaux + Parties des
animaux + De l’âme 4 + Petits Traités d’histoire naturelle]

L’étude physique chez Aristote passe dans tous ses ouvrages par :

 Observer les phénomènes naturels (Expérimentation)


 Remonter ces faits particuliers aux principes qui les fondent (Induction)
 Lire les philosophes précédents qui ont enquêté sur la physis (Comparaison)

La Physique  :

Pas d’unité monolithique, même si elle a une unité doctrinale et méthodologique.

L. I-V : sur les principes de la physique


L. V-Fin : sur le mouvement

La Physique traite, selon le même Aristote, des «premières causes de la nature et la totalité du
mouvement naturel»5

Ensuite (en ordre),

 Du ciel fait un examen du mouvement ordonné des astres


 Génération et corruption  : de la génération et la corruption en générale (aussi la Physique)
 Les Météorologiques  : l’étude des phénomènes qui se produisent entre la sphère de la lune
et celle des étoiles fixes
 Traités zoologiques : «sur les animaux et les végétaux, aussi bien en général qu’en
particulier»

Mais,

Les indications relatives à l’ordre des traités ont le plus souvent une visée systématique et non
nécessairement chronologique.

Sa philosophie naturelle passe, donc, par les êtres naturels et leurs mouvements (kinesis) et, plus
généralement, tout ce qu’il range sous la catégorie du changement (metabolè) : le déplacement
(phora), l’accroissement (auxèsis) et le décroissement (phtisis), la modification qualitative ou
altération (alloiôsis), la génération (genesis) de l’être naturel et sa destruction (phthora).

C’est donc une vaste «étude du changement».

La Physique, en disposant les principes, est donc souvent placée au début de cette étude.

4
L’étude de l’âme est l’affaire du physicien: De an., I, 403a28
5
Météor., I, 1, 338a20-339a9
La nature : les principes et les causes

La plus part des philosophes présocratiques (ainsi que les contemporains de Socrate, Platon et
Aristote) ont essayé d’expliquer la formation du monde en le rapportant à un ou plusieurs principes
(archè). Aristote, même s’il pose l’éternité du monde, aussi, et il l’a fait au L.1 de la Physique, laquelle
utilise des arguments de type dialectique, en s’appuyant sur les doctrines de ses prédécesseurs.

L.1. Ch.1 : sur la connaissance des choses

La connaissance des principes n’est pas immédiate (démonstrative) : il faut procéder inductivement,
en commençant par ce qui est le plus clair pour nous (ce qui s’offre à l’expérience : les composées
comme les animaux, les plantes, etc) pour y arriver à ce qui est le plus clair en soi (ce qui est simple
ou incomposé et qui ne s’offre pas à l’expérience : les éléments ou principes). 6

Mais Aristote ne se limite pas à une recherche empirique 7, mais il marque aussi la succession des
étapes : les enfants confondent d’abord et distinguent ensuite.

Dans ce chapitre, Aristote insiste tout autant sur :

 La différence entre la connaissance la plus claire pour nous et la connaissance la plus claire
en soi
 La continuité de l’une à l’autre (passage possible, mais qui suppose des médiations)

L.1.Ch.2-5 : Discussion avec les anciens 

Les doctrines des anciens :

 1 seul principe
o Immobile  Eléates : Parménide, Mélissos
o Mû : air ou eau  «Physiciens» : Thalès (eau) ou Anaximène (air)
 Plusieurs principes
o En nombre limité  Empédocle [4,188a18]
o En nombre illimité
 D’un seul genre avec des différences de formes  Démocrite
 Opposés  Anaxagore [4,187a25]

De cette opposition, il en ressort que les principes contiennent tous des termes contraires.8 Tout
changement suppose la contrariété. Et cette contrariété nécessaire rejette l’existence d’un seul
principe, ainsi que des principes infinis, car elle est une relation finie (entre 2 termes).
6
Physique I, 1, 184a16-26
7
Son exemple (Phys., I, 1, 184b10-14) suggère d’un côté que les sensations ne saisissent pas de pures
singularités mais insèrent spontanément leurs objets dans des classes (ex. de l’enfant) 
8
Phys. 1, 5, 188a19
Dans les êtres naturels, c’est l’opposition entre la détermination ou forme (eidos), et l’absence de
celle-ci ou privation (sterèsis).9

Mais comment expliquer ce passage de l’un à l’autre ? Il faut identifier ce qui devient, ce qui nous
permet de dire que quelque chose est devenu blanc. Mais les contraires ne peuvent pas être présents
simultanément et sous le même rapport dans une même chose  il faut un 3ème terme pour
comprendre la permanence relative de ce qui devient et une forme de corrélation des contraires.

Ce 3ème principe est la matière. Donc les 3 principes sont : matière, forme et privation.

La matière est d’abord en puissance (dunamis) ce qu’elle va devenir en acte (energeia) sous l’effet de
la forme.10 Les contraires (forme et privation) sont co-efficaces, et en corrélation, sans être
simultanés.

Si dorénavant Aristote ne parlera que de la dualité matière-forme, la privation de la forme sera


toujours implicite dans le deuxième terme de cette dualité.

Résumé thèse L.1 :

Les êtres naturels sont des composés de matière et de forme et ils possèdent leurs propriétés selon
deux modalités possibles, la puissance et l’acte.

En sachant ceci, on peut commencer la recherche des êtres naturels et de leurs propriétés, c’est-à-
dire des causes qui les déterminent.

L.2 : les relations causales intervenant dans l’explication physique

Distinction êtres naturels / êtres artificiels

 Êtres naturels : êtres susceptibles d’être causes d’événements physiques. Ils ont pour
principe interne une certaine «nature», «une cause de mouvement et de repos pour la chose
en laquelle elle réside immédiatement par soi et non pas par accident» 11. C’est une cause
immanente, propre à la chose, d’action immédiate sur elle-même et irréductible à sa seule
matière ou à l’effet que produirait sur elle un agent extérieur.
 Êtres artificiels : aucune tendance par nature au changement (sinon par accident, à travers
de la matière qui les compose)

Aristote commence donc à traiter de la nature en tant que principe interne de chaque être naturel,
et non en tant que totalité —il subordonne l’approche globale à l’examen des individus naturels—.
Ce sont les individus naturels les véritables sujets du devenir, et en ce sens, donc, des substances
(‘ousia’12) et non des images ou des modes d’une autre réalité.

Seuls les animaux peuvent être dits réellement automoteurs, même si les substances inanimés sont
elles aussi des principes (passifs) de mouvement et de repos :

9
I, 7, 190b27 & I, 9, 192a27
10
8, 191b28-29
11
II, 1, 192b21-23
12
192b33-34
«aucune de ces choses ne se meut elle-même, mais elles ont un principe de mouvement qui leur
permet, non pas de mouvoir ni d’agir, mais de subir» 13

Mais, donc, la phusis, est-elle un principe passif ou actif ? La nature peut être, selon les cas, un
principe actif ou un principe passif.

La définition de vivant comme automoteur va poser des difficultés à Aristote

De quelle manière la nature exerce son efficacité causale ? Le changement exige la présence d’un
sujet ou substrat qui fonde la permanence de ce qui change. Aussi la nature est-elle d’abord cause en
tant que matière14, comme l’ont compris les physiciens présocratiques. Mais la matière est
indéterminée, et donc elle ne permet pas de caractériser l’individu naturel ni d’en constituer la
définition de cet individu (on ne définit pas le lit en disant qu’il est du bois). Elle ne permet que de le
définir sous l’aspect de la puissance et ne constitue pas la définition de ce qu’il est en acte 15.

La nature, en un autre sens, est «la forme, ce dont il y a définition» 16. La forme est le principe à la fois
structurant et organisateur du composé dont elle est la forme.

Le corps de l’animal est la matière dont son âme est la forme 17.

La forme peut définir une qualité, une propriété ou une partie. La matière n’est pas l’informe pur et
simple, mais un état d’indétermination relative :

«la matière fait partie des choses relatives, car à une autre forme, correspond une autre matière» 18

L’unité du composé naturel c’est donc moins l’assemblage d’une matière et d’une forme initialement
hétérogènes qu’une organisation comprenant plusieurs niveaux de détermination, de la matière la
moins déterminée à la forme supérieure de l’animal pris comme un tout.

Aristote parle du devenir naturel au travers de l’évocation de la genesis  :

«la nature entendue au sens de génération est un acheminement vers une nature» 19

Le principe de la génération est en réalité contenu dans la forme elle-même, quand celle-ci coïncide
avec l’espèce :

«un homme naît d’un homme»20

La forme ne doit pas être assimilée à la configuration ou à la morphologie (c’est le tort de Démocrite
d¡avoir réduit la forme à la figure (schèma)), car ceci nous ferait confondre la main vivante et la main
sculptée. Si on dit que l’âme est la forme du corps, c’est parce qu’elle le dispose à vivre d’une
certaine manière en lui donnant tout à la fois son organisation et son mouvement. La forme

13
VIII, 4, 254b15-16
14
193a29
15
192a33-b5
16
193a31
17
De an., II, 1, 412a27-b5
18
II, 2, 194b9
19
193b12-13
20
193b8-12
complète porte en elle la fonction (ergon) ou l’action (praxis) globale de l’animal, tout comme les
formes de ses parties comprennent leurs fonctions respectives21.

La forme définit donc l’ensemble des mouvements naturels dont l’animal peut être le sujet et elle en
oriente le développement. La forme est également le moteur premier et la cause finale de l’être
dont elle est la forme.22

«la nature est la fin (telos), c’est-à-dire le ‘ce en vue de quoi’ (to hou heneka)  »23

On distingue donc «quatre causes» en tant que quatre manières d’être cause : selon la matière,
selon la forme, selon le mouvement et selon la fin.24

La nature d’une chose est donc tout à la fois ce qui la définit —sa forme et sa fin— et son devenir,
orienté vers son accomplissement.

Mais ces 4 causes n’ont pas une importance égale. La causalité finale comprise dans la forme, parce
qu’elle constitue le facteur le plus déterminant, correspondra aussi à l’explication la plus précise.

Aristote refuse au hasard (automaton) et à la fortune (tuchè) le statut de véritables causes.25 Ce sont
des causes par accident (des échecs ponctuels de la causalité finale) et elles produisent leurs effets
dans ce qui admet la contingence, les phénomènes naturels sublunaires ou les affaires humaines.

Le mouvement et les êtres en mouvement

Vu que l’aptitude au mouvement est une propriété essentielle des êtres naturels, il faudra donc
connaître ce qu’est le mouvement pour connaître ce qu’est la nature. 26

 L.III-IV : définition du mouvement et ses conditions de possibilité


o Le continu et l’infini (III, 4-8)
o Le lieu (IV, 1-5)
o Le vide (IV, 6-9)
o Le temps (IV, 10-14)
 L.V-VII : les différents types de mouvement
 L.VIII : distinction du moteur et du mû (la question du premier moteur)

L. III : sur le mouvement et l’infini

L’existence de l’infini ou illimité (apeiron) est aperçue à partir de l’existence du mouvement, car le
mouvement nous apparaît comme continue et non pas comme composé d’unités indivbisibles, et ce
qui est continu est indivisible à l’infini 27.

21
Part. An., I, 5, 645b19-22; Eth. Nicomaque, I, 6, 1097b30-33
22
Phys., II, 7, 198a25; 8, 199a32
23
II, 2, 194a28-29
24
II,3, 194b23-195a3; 7,198a16-22
25
II, 4-6
26
III, 1, 200b13-14
27
III, 1, 200b20)
Mais, le pb : l’infini comme existant en acte. L’infini ne peut être ni substance incorporelle
(phytagoriciens et platoniciens), ni un corps, car

 une substance incorporelle est une et indivisible 28, mais ce qui est infini est divisible (ex  : la
suite des nombres)
 le corps est «ce qui est limité par une surface »29, ou encore, tout corps occupe un lieu
limité30

L’infini est donc un accident et non une réalité par soi 31, et il ne peut exister en acte, mais seulement
en puissance32 (comme quand on dit qu’une grandeur est divisible à l’infini ou qu’il est toujours
possible d’additionner une unité à un nombre); c’est donc une puissance qui ne peut être actualisé.

Mais,

comment concevoir la continuité du mouvement sans recourir à la thèse d’un infini existant en acte ?

Il faut déterminer le mouvement en :

a) le définissant par référence à ce qui se meut [L.III, 1-3 : déf. mouvement]


b) élaborant une conception plus précise du continu.

a)

« il n’y a pas de mouvement à part des choses »33

Le mouvement n’est pas donc un genre intelligible (contrairement à Platon, Sophiste, 254D). Quand
on définit un mouvement particulier (de changement, metabolè), on le fait toujours selon l’une des
catégories qui expriment les changements des êtres eux-mêmes : la substance, la qualité, la quantité
ou le lieu34.

Le mouvement naturel est déterminé dans sa nature même par les propriétés des choses (comme on
a vu ci-dessus par rapport à la forme des choses), contrairement au mouvement violent ou forcé, qui
le conduit dans la direction opposé (ex  : le feu est absolument léger et se meut vers le haut). Cette
conception est fausse, telle qu’il l’a démontré la science moderne (à partir de Galilée) en le
définissant par des lois universelles en termes mathématiques (abstraction faite de la nature et des
qualités des mobiles)35.

Il y a du devenir, et donc du mouvement, parce que les propriétés des êtres naturels existent en
puissance lorsqu’elles ne sont pas actualisées. Le mouvement est donc ontologiquement et
essentiellement lié à la puissance, mais il n’est pas pure puissance car il ne serait donc qu’une
28
III, 5, 204a11
29
204b5-6
30
205b24-206a7
31
204a29-30
32
6,206a18
33
III, 1, 200b32
34
200b32-201a9
35
Galilée réfute le lourd et le léger par soi. La gravité et la légèreté sont des propriétés relatives, fonction de la
densité, et il n’y a qu’une seule matière.
possibilité de mouvement. Le mouvement est la manière dont la puissance se réalise avant
l’accomplissement de la chose elle-même, « la réalisation de ce qui est en puissance, en tant que
tel »36. Le mouvement est la manière dont la virtualité se réalise sans s’abolir encore dans l’actualité
parfaite.

Ex  : le constructible (puissance) se réalise en tant que tel dans le processus de construction
(mouvement), antérieurement à l’existence de la maison (acte). 37

Il est donc une espèce d’acte inachevé 38, contenant donc une partie d’indétermination.

b)

Le continu est

« ce qui est divisible en parties toujours divisibles »39

Aristote distingue entre le successif (to ephexès), le contigu (to echomenon) et le continu (to
suneches), en précisant qu’il y a continuité quand « la limite (peras) des choses en contact est une et
la même »40

La quantité est soit discrète (le cas des nombres entiers), soit continue (le cas de la ligne, de la
surface, etc.) 41, et ce qui caractérise les continues, c’est qu’il est possible de concevoir une limite
commune où les parties se touchent. La continuité de la matière ne supprime donc pas les
différences dans celle-ci (autrement on serait dans un monisme sans distinction physiques entre les
êtres et les objets)

Il en découle que le mouvement est différencié et continu. La limite nous le rend intelligible car elle
est un terme indivisible qui sépare et unit à la fois. Ainsi se trouvent congédiées et renvoyées dos à
dos l’hypothèse de l’infini en acte et celle des corps indivisibles.

Le lieu et le temps
Les 2 limites physiques nécessaires à l’intelligibilité du mouvement sont le lieu et le « maintenant »

L.IV : Sur le lieu (et le vide) et le temps

Car tout ce qui est, est quelque part 42, il faut comprendre l’essence du lieu pour comprendre bien le
mouvement. Mais ceci est compliqué.

Et l’hypothèse du vide (en tant que lieu privé de corps) suppose donc l’existence du lieu.

36
201a10
37
201a16-19
38
2, 201b31-32
39
VI, 2, 232b25
40
V, 3, 227a11-12
41
Catégories (6, 4b20-5ª14)
42
IV, 1
Première supposition : « que le lieu soit une certaine chose à part des corps, et que tout corps
sensible soit dans un lieu »43

Mais,

On ne peut pas distinguer la limite d’un corps du lieu qu’elle occupe et, donc, « le lieu n’est pas
quelque chose qui existe à part de chacune des choses »44. Le lieu n’est donc pas une extension
(diastèma) qui serait « quelque chose à côté des corps » (ti para to sôma)45. Les choses changent de
lieu et on constate qu’un même lieu peut être occupé successivement par différents corps.

Aristote s’approche de la définition par une série de définitions négatives 46 :

 il n’est pas un corps


 il n’est rien indépendamment de chaque chose
 il n’est pas un élément
 il n’est pas cause
 il n’est pas un des êtres
 il est toujours occupé par un corps
 le lieu, sans exister séparemment des corps, est autre chose que les corps parce qu’il est
séparable (chôristos) de chaque chose47

Aristote ensuite refuse :

a) la substantialisation du lieu 48 (contre Platon)


b) l’assimilation du lieu au vide49 (contre les atomistes Leucippe et Démocrite)

a)

Le lieu ne doit pas être assimilé à la forme (on l’assimile car comme la forme, il délimite la chose) ou
à la matière de la chose (concept platonicien du chôra [Timée, 49A-52D])

b)

Mais il n’est pas nécessaire, pour qu’il y ait du mouvement, qu’il y ait du vide 50. Au contraire, le vide
est incompatible au mouvement car :

 il est indifférencié et ne peut donc expliquer l’existence des lieux naturels, ni la distinction
entre mouvements naturels et violents, ni l’arrêt et la direction déterminée du mouvement 51
 les différences de vitesse supposent la résistance du milieu, l’air ou l’eau 52

43
208b28
44
209a13
45
4, 211b17
46
1, 209a6-30
47
2, 209b27
48
IV, 2
49
IV, 6-9
50
7, 214a26
51
8,214b12-215a24
52
8,215a24-216a23
L’existence de la matière, parce qu’elle est une, continue et qu’elle contient en puissance les
contraires que suppose tout changement, rend finalement inutile l’hypothèse du vide. 53

« il est manifeste qu’il n’existe de vide ni distinct —et cela ni absolument ni dans le rare—, ni en
puissance, à moins qu’on ne veuille appeler en général vide la cause du transport. »54

Le lieu n’est qu’une limite :

« la limite immobile première de l’enveloppant, voilà ce qu’est le lieu »55

 pb : cette définition ne conduit pas au concept d’espace comme milieu neutre et géométrisable.

Mais, Aristote ne se pose pas encore la question du espace, car il :

 ne définit pas le mouvement comme une simple traversée de l’espace, mais comme l’action
d’un corps sur un autre et, par suite, comme un changement d’état
 cherche à répondre au problème de la continuité du mouvement des corps et à identifier les
limites qu’elle suppose, et non à définir un espace qui serait comme un lien en soi, mais à
caractériser le lieu qu’occupent les choses.

Sur le temps56 :

Cette analyse doit permettre d’articuler la continuité du decenir, à la fois impliquée et garantie par la
matière, avec le fait qu’il s’agit précisement d’un devenir, c’est-à-dire, d’une situation d’im-
permanence scandée par les ruptures cinétiques.

Le temps

 « est le même partout simultanément »57


 il concerne l’ensemble des êtres du monde sublunaire (les êtres supralunaires ne sont pas
sujets au vieillissement parce qu’ils ne sont dans le temps) 58
 il se déploie en une infinité de moments successifs, si bien le « maintenant » (to nun) est
toujours autre qu’il n’est59

« il est de la même manière partout et il concerne toutes choses », mais les changements qui le
rendent manifeste, le dispersent dans la multiplicité des êtres en mouvement 60

Refuse de 2 possibles solutions :

 des unités indivisibles de temps (Zénon, et peut-être Démocrite)

Car ceci nous interdit de concevoir la continuité du devenir

53
IV, 9
54
IV,9, 217b20
55
IV, 4, 212a20
56
IV, 10-14
57
12, 220b5-6
58
Du ciel, I, 9, 279a16-30; Phys. 12, 221b3-7
59
IV, 11, 219b10 (pour le temps); 219b13-14, 220ª14; 13, 222a14 (pour le maintenant)
60
10, 218b9-13
 assimilation du temps au mouvement du monde (Timée, Platon, 37C-39E)

car le temps n’est pas un mouvement particulier, car le mouvement est toujours mouvement d’une
chose particulière, alors que le temps est en toutes choses.

Mais,

Le temps n’a pas d’existence indépendamment du mouvement pris au sens général de


changement.61 Le temps est « quelque chose du mouvement »62. Il se définit par la distinction de
l’avant et de l’après (de différents « maintenant »). Le « maintenant » n’est pas donc réductible au
« maintenant » actuel car un unique « maintenant » ne permet pas de percevoir que du temps s’est
écoulé, parce que aucun mouvement ne s’y produit 63. C’est une pluralité de « maintenant ». La
fonction du « maintenant » est analogue à celle du point ou du lieu : une fonction de limite ; il
garantit la continuité en étant à la fois ce qui sépare et ce qui réunit. « le temps est continu par le
maintenant et il se divise selon le maintenant »64

Le temps est « le nombre d’un mouvement selon l’avant et l’après »65, et il ne peut être défini
séparément des choses qui sont dans le temps.

Pb : si le temps est l’effet d’un dénombrement, n’est-il ontologiquement dépendant de ce qui
nombre ?

Seule une âme peut nombrer, le temps est-il ontologiquement dépendant de l’existence d’une âme
qui le nombre ?66 Aristote montre cette difficulté comme un parenthèse, et il tranche de manière
assez abrupte par le rappel de sa propre définition du temps, dans laquelle il n’est pas question de
l’âme. 67 Aristote donc parait opter par la position réaliste : si l’âme mesure le temps, ce n’est pour
celui-ci qu’un accident. Le véritable fondement ontologique du temps, c’est l’avant et l’après, et le
mouvement qu’ils supposent.

Nous devons supposer un substrat commun aux différents mouvements du monde pour comprendre
leur succession ou leur simultanéité ; ce substrat, c’est précisément le temps tel qu’Aristote le
conçoit, parce que celui-ci, à la différence des changements, est « de la même manière partout et
concernant toute chose »68. L’expérience que nous faisons du temps est l’expérience d’une unité
diffuse que la somme des mouvements ne parvient pas à épuiser. Or, si le temps remplit en partie
cette fonction, il ne suffit pas à garantir la continuité globale des mouvements : des mouvements
peuvent être successifs et même contigus , sans être continus.

61
11, 218b21-219a2
62
11,219a10
63
11, 219a30-33
64
11,220a4-5
65
219b1
66
14, 223a16-29
67
Sur cette opposition “psycho-centriste” (il faut unbe âme qui nombre pour qu’il y ait du temps ) – réaliste (le
temps edxiste parce qu’il y a du mouvement ) et son contexte voir la pag. 50 de ce livre de Pierre-Marie Morel
(je ne la copie pas)
68
10,218b13
Car le temps est eternelle, le mouvement doit aussi l’être. C’est pourquoi Aristote rapporte
l’ensemble des mouvements au premier mouvement local : le mouvement circulaire éternel du
« premier ciel », c’est-à-dire de la sphère des étoiles fixes, à laquelle il assigne le rang de premier
moteur mû69. Ce mouvement parfaitement régulier est l’invariant qui nous permet de mesurer le
temps70.

L’unité de la nature n’est donc pas celle d’une entité distincte de l’ensemble des êtres naturels, mais
elle ne résulte pas non plus de leur simple addition.

Les vivants du monde sublunaire ont besoin d’un moteur immobile extérieur pour se mouvoir, mais
ils le trouvent dans l’objet premier de leur désir ; leur propre forme constitute un moteur immobile
interne. L’âme est ainsi le principe immobile interne des mouvements du vivant, parce qu’elle est ce
sans quoi le vivant ne pourrait pas se mouvoir et ce qui fixe le programme de son accomplissement
ou sa fin propre.

La raison d’un changement doit donc être cherchée dans les principes mêmes de l’existence, de la vie
et des propriétés de ce dernier, parce que le changement est toujours l’accomplissement d’une
propriété ou d’une entité naturelle virtuellement existantes.

La physique est une théorie générale de l’activité des êtres susceptibles de changement.

69
VIII, 7, 260b28
70
IV, 14, 223b12-224a2
Chap. 2 : Questions de méthodes

Les écrits logiques

Aristote énonçait fréquemment des principes de méthode de manière assez précise


 il est considéré le père de la logique

On ne trouve pas de substantif chez Aristote qu’on pourrait directement traduire par « logique » :
l’adjectif logikos et l’adverbe logikôs ont des connotations dépréciatives et désignent des arguments
qui ont le défaut de ne pas prendre en compte la réalité factuelle et de privilégier des propriétés
abstraites71, coupées de leurs substrat, ou inappropriés à l’objet dont on traite.

La logique d’Aristote n’est pas « formelle », ce n’est pas une pure technique de production de
raisonnements valides, indépendamment de leur contenu. Elle s’appuie toujours sur les sciences
positives et leur contenu, sur l’analyse et l’exercice de nos facultés de connaissance. Elle analyse le
langage commun et les conditions habituelles de l’énonciation. Mais on ne doit pas exiger la même
rigueur (ou exactitude), dans tous les domaines. Il faut prendre en compte les propriétés de l’objet et
la finalité du propos pour décider de la méthode que nous devrons employer.

«  […] il ne faut pas rechercher la rigueur (akribeia) de la même manière dans tous les cas, mais le
faire, dans chacun d’eux, en fonction de la matière qui est en question et dans la mesure appropriée à
l’investigation (methodos). En effet, le charpentier et le géomètre recherchent l’un comme l’autre
l’angle droit, mais différemment  : le premier, autant qu’il en a besoin pour accomplir son ouvrage  ; le
second, en se demandant ce qu’il est et quelle en est la propriété, car il a le regard tourné vers la
vérité.  »

 C’est ce qu’on nomme « principe de rigueur relative »72

La méthode d’Aristote, donc, n’est pas une, mais diverse, et plutôt que de parler de la méthode
d’Aristote, on devrait dire les méthodes.

La logique d’Aristote (comme le Principe de non-contradiction, par exemple) serait un pré-requis


(une sorte de propédeutique73 indispensable à la pratique de la philosophie) pour toutes les formes
de savoir théorique ; des règles à respecter dans les démarches différents des différents sciences.
Ainsi, si les philosophes antérieurs ne sont pas parvenus à définir les conditions selon lesquelles on
peut tenir des énoncés pour vrais, c’est car ils n’avaient pas les connaissances du contenu des
Analytiques74. C’est (tel qu’il est définie dans les Analytiques) une « science démonstrative »
(espitèmè apodeiktikè)

71
Sería algo similar a idealista o ideologiste (Marx)
72
C’est de même pour la recherche de la vie bonne : elle n’est pas unique et on ne peut pas penser à une seule
« idée du bien » universelle, car elle se manifeste pour l’homme de diverses manières. (Critique à la rigidité
naïve qu’Aristote veut voir dans la conception platonicienne du Souverain bien)
73
 = qui facilite l'apprentissage
74
Métaphysique, 3, 1005b2-8
Ses écrits logiques sont regroupés dans l’Organon75  : les Catégories, le traité De l’interprétation, les
Premiers et Seconds Analytiques, les Topiques et les Réfutations sophistiques.

 Les Catégories  : exposent une théorie de la désignation linguistique et de ses implications


ontologiques

- Chap.1 : définit l’homonymie, la synonymie et la paronymie


- Chap.2&3 : distinguent les types de prédicats (universels/accidentels, spécifiques/génériques)
- Chap.4-9 : énumèrent et définissent les dix formes primordiales de la prédication, ou catégories :

o La substance
o La quantité
o La qualité
o La relation
o Le lieu
o Le temps
o La position
o La possession ou l’avoir
o L’agir
o Le patir

- Chap. 10-15 : définie d’autres types de prédications, les différents modes de distinctions
réciproques ou d’oppositions (« post-prédicaments ») :

o L’opposition en général
o La contrariété
o L’antériorité
o La simultanéité
o Le mouvement
o L’avoir

Le concept de « substance »  (ousia) est définie au Chap. 5  (« ce qui n’est ni affirmé d’un sujet ni
dans un sujet, comme cet homme-ci ou ce cheval-ci »76), et il distingue entre cette substance
première (prôte ousia) et la substance seconde, que constituent l’espèce (homme). Opposition qui
sera dépassé au livre Z de la Métaphysique où l’expression « substance première » désignera la
forme.

Il est manifeste qu’Aristote affirme tout à la fois que les formes sémantiques sont adéquates aux
différences ontologiques, parce qu’elles traduisent correctement la pluralité des sens de l’être, et
que la pluralité des sens de l’être est réelle, irréductible à de simples effets de langages.

75
Ils sont un ‘instrument’ de la philosophie. Des fois on inclue la Rhétorique et la Poétique en tant que
composants d’une théorie générale de l’argumentation et de l’expression
76
2a12-14
 De l’Interprétation (Peri hermeneias)  : il complète le travail accompli dans les
Catégories, en définissant les conditions générales du jugement, que celui-ci soit vrai ou
faux, en appelant la méthode exposée aux Analytiques.

- Chap. 1 : indique que la signification des mots est conventionnelle, les sons émis par la voix étant
des « symboles » (sumbola) des états ou affections de l’âme et les mots écrits des symboles des mots
émis par la voix.
- Chap.2&3 : les noms et les verbes ne sont en eux-mêmes ni vrais ni faux, ces qualifications ne
pouvant convenir qu’à des énoncés complexes prenant la forme de la proposition (apophansis)  : de
l’affirmation (kataphasis) ou de la négation (apophasis – Chap.4)
- Chap.5-14 : examinent les différents types de propositions et leurs oppositions
(affirmatives/négatives ; universelles/particulières ; etc.)
- Chap. 9 : pose la difficulté fameuse de la valeur des propositions portant sur le futur : la
contingence des événements futurs a pour conséquence qu’il n’est pas nécessaire que telle
proposition soit vraie (ex  : qu’il y aura demain une bataille navale) ou fausse ; seule la disjonction
(qu’il y ait ou qu’il n’y ait pas) est nécessaire. L’argument logique n’est, donc, abstrait de la thèse
ontologique : les propositions en question n’ont pas de valeur de vérité parce que les choses ou les
événements eux-mêmes auxquels elles se conforment, sont de l’ordre du possible et contiennent
donc leurs contraires en puissance77. La contingence n’est pas seulement une modalité logique, mais
aussi une réalité cosmologique.

 Les Analytiques  : principalement consacrées au syllogisme, et donc aux liaisons entre les
jugements —l’élément de base de la logique et dont l’expression linguistique est un
énoncé vrai ou faux—.

- Les Premiers Analytiques  : exposent la syllogistique, i.e., la méthode de construction et de


combinaison des syllogismes, raisonnements dans lesquels on distingue deux prémisses (majeure et
mineure) et une conclusion qui résulte nécessairement de celles-là seules78 ; ainsi que les différentes
figures du syllogisme et les propositions différents selon leurs caractéristiques modales (assertorique,
nécessaire, contingente).

- Les Seconds Analytiques  : élaborent la théorie de la démonstration (du syllogisme apodictique 79),
définissant la connaissance scientifique au sens strict (L. I). Ils envisagent les problèmes posés par la
distinction de la définition et de la démonstration (II, 1-10), établissent une typologie des facteurs
explicatifs en distinguant les quatre types de relations causales (matérielle formelle, motrice,
finale)80, et s’achèvent sur le problème de la saisie des principes qui doivent fonder la connaissance
scientifique.81

77
19a31 sq.
78
I, 1, 24b19
79
=ce qui présente un caractère d'universalité et de nécessité absolue
80
II, 11-18
81
II, 19
2 fonctions principales de la science (exposition des règles du syllogisme démosntratif) des
Analytiques  :

a) Fonction prescriptive et didactique : la maîtrise du raisonnement est un préalable nécessaire


dans toutes les sciences.
b) Fonction descriptive ou « analytique » : réduction des raisonnements à leurs structure
« formelle » (analusis), et donc à leurs conditions internes de validité.

 Les Réfutations sophistiques  : étudient les procédés mis en œuvre par les sophistes pour
réfuter eux-mêmes leurs adversaires.

Le problème des fondements de la science82

On a la science de quelque chose lorsque :

- on en connaît la cause
- que cette connaissance nous apparaît comme nécessaire 83
- que nous pouvons l’enseigner84.

Mais vu que la connaissance de la cause nous est donnée par le syllogisme démonstratif, « savoir »
sera connaître par démonstration (apodeixis), et la démonstration prendra le nom de « syllogisme
scientifique » (sullogismos epistèmonikos)85

C’est quoi un « critère de scientificité » ? 2 possibles compréhensions :

1. en tant que critère opératoire : la conformité des raisonnements à une méthode définie
2. en tant que critère de fondation : la dépendance de ces raisonnements par rapport à une ou
plusieurs propositions ayant valeur de principes.

La difficulté de fonder une science :

« Pour ce qui est du syllogisme et de la démonstration (apodeixis), on voit donc clairement ce qu’est
chacun d’eux …….. qu’elle emporte sur eux en exactitude »86

De quel type de savoir relèvent les principes ?

Aristote parle d’une disposition (hexis), ce qui désigne généralement une potentialité déterminée,
une tendance habituelle à accomplir telle ou telle action, comme voir, entendre ou faire preuve de

82
Seconds Analytiques II, 19, 99b15-100b17
83
Sec. An., I, 2, 71b9-16
84
Mét., A, 2, 982a13
85
Sec. An., I, 2, 71b18
86
Seconds Analytiques II, 19, 99b15-34
générosité. C’est aussi un mode de saisie des principes [Voir en ce sens BARNES [1994], p.260], et
ainsi un certain type d’activité, c’est-à-dire une disposition en acte.

La réponse d’Aristote au final du chapitre : les principes de la science sont donnés dans l’activité
même du noûs, intellect ou intellection.

Aporie :

le syllogisme démonstratif 87a pour condition la connaissance de « principes premiers 88et


immédiats 89»

mais,

comemnt connaître scientifiquement ce qui est présupposé et non pas produit par la science ? Si
connaître scientifiquement c’est connaître par la cause, comment connaître les principes (qui par
définition n’ont pas de cause) ?

Aristote est embarrassé  réponse sur deux fronts : la logique (pas suffisante) et la psychologie (les
modes de connaissance et l’acquisition de savoirs)

On part de connaissances préexistantes90. Deux possibilités :

- de type « innéiste » : connaissance initiale des principes, avant de nous les remémorer.
 NO ! : Aristote vise ici la connaissance latente des formes intelligibles qui fait selon lui
la faiblesse de la théorie platonicienne de la réminiscence (référence à l’aporie du
Ménon sur la reconnaissance du vrai (80 D-E))
- on ne connaît pas positivement les principes avant de les avoir présents à l’esprit, mais
on a la faculté ou puissance (dunamis) de les acquérir. C’est un moyen qui ne dépend
pas de la science mais qui n’est pas non plus un savoir enfoui dans l’âme

Cheminement : de la puissance à la saisie des principes  (point de vue génétique). Il traduit le


problème épistémologique du fondement de la science en terme de psychologie des facultés. C’est le
2em temps du chapitre91 :

« Or il semble bien que ce soit le cas de tous les animaux, car ils possèdent une puissance de
discernement qui leur est connaturelle, et que nous appelons « sensation » (aisthèsis). Bien qu’elle
se trouve chez les animaux, une rétention de l’impression sensible se forme chez certains, mais ne se
forme pas chez les autres. Pour tous ceux, donc, chez qui elle ne se forme pas, il n’y a pas de
connaissance en dehors de l’acte de sentir, aussi bien en général que pour ce qui ne laisse pas
d’impression. Quant à ceux dans lesquels elle se trouve, une fois qu’ils ont senti, ils la possèdent
encore dans leur âme. »

87
I, 2, 71b19 sq.
88
Premier car ce sont des principes « propres » à la science dont il est question [72a5]
89
Immédiats car ce sont des prémisses indémontrables, propositions auxquelles aucune autre n’est antérieure
[72a7]
90
I, 1, 71a1-2
91
99b34-100b5. He cortado el fragmento según las nociones a cada momento. Passage très similaire au 1er
chap. du libre A Métaphysique
Todo animal percibe y discierne (sensación o imagen), pero solo algunos retienen (memoria) esa
impresión. Los segundos crean conocimiento (en el alma) además de la sensación, los primeros solo
sensación.

« Quand cela s’est produite plusieurs fois, il y a une différence entre ceux chez qui se forme une
notion (logos), à partir de la rétention de ces impressions, et ceux chez qui ce n’est pas le cas. »

De los que crean conocimiento, unos crean nociones (logos: 1ère unification mentale de la diversité
des affections sensibles) a partir de estos conocimientos, otros no.

“ Ainsi, de la sensation vient la mémoire, comme nous l’avons dit, et de la mémoire, quand elle
s’applique fréquemment au même objet, vient l’expérience (empeiria), car une multiplicité
numérique de souvenirs constitue une expérience une. »

El proceso es entonces : sensación (+ retención)  memoria (+memorias)  experiencia (empeiria –


100a5)

« De l’expérience à son tour —c’est-à-dire de l’universel qui s’est mis au repos tout entier dans
l’âme, de l’un en dehors de la multiplicité des choses, qui se trouve un et identique en chacune
d’elles—, vient le principe de l’art et de la science ; de l’art s’il s’agit d’une genèse, de la science s’il
s’agit de ce qui est. Ces dispositions ne se trouvent donc pas en nous sous une forme déterminée et
elles ne proviennent pas non plus d’autres dispositions plus savantes, mais de la sensation. »

Suma de experiencias = principio del arte (si génesis (producción)) / ppio. de la ciencia (si
comprensión esencia (conocimiento))

« […] Quand, parmi une multiplicité indifférenciée, quelque chose s’est immobilisé, il y a dans l’âme
un premier universel — en effet, c’est l’individuel qui est senti, mais la sensation est sensation de
l’universel […]. Un nouvel arrêt se produit à ce niveau, jusqu’à ce qu’on s’arrête aux notions sans
parties et universelles, par exemple au niveau « animal de telle espèce », jusqu’au niveau « animal »,
puis la même chose se produit à ce niveau-là. Il est donc clair que c’est nécessairement par induction
(epagôgè) que nous connaissons les premiers principes, car c’est ainsi que la sensation produit en
nous l’universel. »

La multiplicité des perceptions d’individus humains conduit naturellement à la saisie de ce qui fait
leurs caractères essentiels communs. Des notions universelles spécifiques (homme, arbre) à
l’universel générique (humanité), puis à un autre niveau (êtres vivants). Aristote appelle ce processus
« induction » (epagôgè).92 Cette opération n’est pas seulement la production de l’universel, mais
aussi sa hiñérarchisation (entre les différents universels) et à organiser ses différents degrés. Elle
conduit aux définitions : mis en rapport des espèces et des genres (ex  : homme  = «  animal
raisonnable  »).

L’induction, donc, permet de connaître les premiers principes propres à chaque science (100b4)

92
L’induction consiste à “partir des cas particuliers (apo tôn kath’hekaston) pour accéder aux énoncés
universels (epi ta katholou) »
La connaissance des principes
A cet empirisme (les sensations comme base de la connaissance de l’universel), Aristote oppose les
dernières lignes des Seconds Analytiques  (100b5-17):

« Puisque d’autre part, parmi les dispositions dont relève la réflexion (dianoia) et par lesquelles nous
saisissons la vérité, les unes sont toujours vraies, tandis que les autres sont sujettes à l’erreur,
comme l’opinion et le calcul, alors que la science et l’intellection (noûs) sont toujours vraies ; puisque
aucun genre de connaissance n’est plus exact que la science, l’intellection 93 mise à part ; que, par
ailleurs, les principes sont plus connaissables que les démonstrations ; que toute science est
accompagnée d’argumentation, il résulte de tout cela qu’il ne saurait y avoir de science des principes.
Et, puisqu’il n’est pas possible qu’il y ait rien de plus vrai que la science, l’intellection mise à part,
c’est l’intellection qui saisira les principes. Cela découle des considérations précédentes et du fait que
la démonstration n’est `pas principe de la démonstration, de sorte que la science n’est pas principe
de la science. Si donc nous ne possédons en dehors de la science aucun autre genre de connaissance
vraie, l’intellection sera le principe de la science. Elle sera aussi principe du principè, et la science tout
entiere est vis-à-vis de ce qui est en question dans le même rapport »

L’intellection des indivisibles (ou termes simples) est toujours vraie. L’erreur est impossible dans le
cas des termes simples (concepts élémentaires), parce que l’erreur ne peut se produire que dans une
composition (sunthesis), i.e. dans un rapport de prédication.

« le noûs est principe de la science »94, puisque son activité est la condition ultime de la science.

Comment cette perspective « intellectualiste » est compatible avec l’ « empiriste » précédente ?

Aristote n’oppose pas l’epistèmè et le noûs comme 2 facultés de connaissances, mais il parle d’une
seule faculté (De l’âme) noétique ou rationnelle ; il distingue simplement entre les différents usages
de cette faculté.

L’induction est elle-même un processus intellectuel. La solution par le noûs repose sur le critère de la
valeur épistémologique : l’approche psychologique et celui épistémologique se complètent donc sans
se contredire, bien que la raison ne soit pas génétiquement autonome à l’expérience et aux
sensations.

Ce n’est donc pas une opposition, mais une composition.

La nature des principes


Quels sont ces principes ?

Ce sont des principes propres à chaque science (incommunicables, les sciences entre elles 95).
L’exigence d’incommunicabilité des genrs répond à la nécessité d’accorder la méthode déductive aux
pragmata (aux choses même).

93
L’intellection (ou acte de l’intellect) est toujours vrai [De l’âme, III, 6, 430a26-430b30]
94
100b15
95
Sec. An. , I, 7
Division des principes 96:

- définitions (horismoi)  intellection

« nous affirmons en outre qu’il y a, en plus de la science, un principe de la science, grâce auquel nous
connaissons les définitions » (I, 3, 72b23-25)

- affirmations de l’existence des choses en question (hupotheseis) science (I, 10,76b3-6)

L’intellection pose par induction des termes simples et universels (l’homme, l’arbre, le triangle)et
nous fait ainsi saisir les essences dont la définition va constituer le point de départ de la
démonstration.

Principes communs aux différentes sciences [I, 10, 76a37 sq.] :

- Principe de non-contradiction : « il est impossible qu’un même attribut appartienne et


n’appartienne pas, en même temps, au même sujet et sous le même rapport »
- Le tiers exclu [I, 11, 77a10-35]
- D’autres propositions

Si Aristote ne parle pas directement des principes communs (comme il fait des principes propres),
c’est peut-être parce qu’il estime en parler suffisamment en traitant des principes propres. La
particularieté des principes communs est qu’ils ne sont assujettis à aucune compétence scientifique
au sens strict.

Si la fin des Sec. Analytiques ne les évoque pas, c’est parce qu’il ne relève pas directement de la
« science démonstrative ». C’est une compétence qui n’exige aucune connaissance scientifique
particulière et qui pourtant touche aux principes ultimes de toutes les sciences  c’est la dialectique.

Les usages de la dialectique


Pas de traité séparé pour la dialectique.

Les Topiques sont un traité des lieux (topoi) communs qui forment les points de départ des
raisonnements dialectiques, mais ils fournissent une méthode de dialectique et non une théorie de la
dialectique.

Si on adopte une définition minimale, on dira que la dialectique est la démarche consistant à prendre
pour point de départ les opinions généralement admises et qui envisage, sur un sujet donné, les
arguments « pour » et « contre ».

Compréhénsion du mot « dialéctique » au IVe siècle : les dialogues platoniciens : la compétence de


ceux qui saisissent les réalités intelligibles en tant que telles et savent ainsi ce qu’est chaque chose en
son essence (ousia)97. Aristote met fin à cette conception. Mais elle est un art pour l’un comme pour
l’autre, une méthode ou exercice de la discussion.

96
Sec. An, I, 2, 72a15-24
97
République, VII, 532 B sq. ; 534 B
Comme l’interrogation socratique, la dialectique aristotélicienne est une méthode de recherche de
savoirs, mais elle se définit par opposition à la forme la plus contraignante de rationalité (au
syllogisme démonstratif).

Déf du syllogisme (ou raisonnement) déductif :

« une formule d’argumentation dans laquelle, certaines choses étant posées, une chose distincte de
celle qui ont été posées s’ensuit nécessairement, par la vertu même de ce qui a été posé »98

Un syllogisme est dialectique lorsqu’il part d’opinions admises (endoxa— 100a29-30). Ces opinions
admises sont celles partagées par la plupart des hommes (ou par ceux qui font autorité).

Les opinions admises (endoxa) peuvent porter sur tous les sujets, sans besoin d’une compétence
particulière.

Deux types de syllogismes :

- La déduction éristique99  démonstration : il argument sur le nécessaire


- Le paralogisme100  raisonnement dialectique : il interroge sur « ce qui apparaît et sur
des opinions admises »101, sur le probable et non sur le nécessaire, ne concluant pas sur
une proposition nécessaire.

Un homme cultivé102 (culture générale = paideia) est capable d’exercer son jugement sur toute chose
ou en toute circonstance, sans besoin d’accumuler la totalité des savoirs positifs.

Sur les circonstances où nous devons recourir au syllogisme dialectique : Topiques, I, 2, 101a25-
101b4

Sur ce qui est propre au raisonnement éristique : Topiques, I, 1, 100b23-1001a24

Cette raisonnement s’appliquera non seulement en dehors, mais aussi à l’intñerieur des genres
particuliers (Top,. I, 6, 102b35-103a5)

La dialectique sert :

1. Comme entraînement intellectuel et comme méthode  (exercice intellectuel)


2. Aux contacts avec autrui, grâce à l’argumentative (à la persuasion)  (maîtrise persuasive)

La dialectique trouve des applications pratiques et politiques très importantes dans le domaine de la
rhétorique.

98
Topiques, I, 1, 100a25-27
99
l' art de la dispute et du débat.
100
raisonnement faux qui apparaît comme valide, notamment à son auteur
101
Premiers Analytiques I, 1, 24b2-3
102
Parties des animaux (I, 2, 639a1-29)
La rhétorique est « le pendant (antistrophos) de la dialectique »103, elle peut conclure (contrairement
au syllogisme scientifique) à partir des contraires 104, et part de prémisses probables fournies par les
opinions admises105 à propos des lieux communs106.

3. Usage proprement philosophique : pour discerner le vrai du faux107

Fonction diaporématique (« d’en passer par les apories ») qui consiste dans l’exposition des
problèmes en prenant pour points de départ les doctrines philosophiques remarquables et, dans
certains cas, les usages linguistiques ou les apparence incontestables.

4. Aux notions premières (principes) de chaque science à travers l’examen dialectique des idées
admises108 (et, donc, au processus inductif dont on a parlé avant). Bien qu’elle ne puisse en
produire positivement la connaissance, elle en permet au moins l’usage transversal, et elle
« communique avec toutes les sciences »109 de sorte qu’elle peut partir des lieux qui sont
communs à toutes les disciplines et à toutes les facultés 110.  (recherche des premiers
principes)

La dialectique est dont une sorte de registre argumentatif, qui permet de porter la contradiction et
de mener l’interrogation en tout lieu où nous ne pouvons partir de connaissances absolument
certaines.

Alors, Aristote ne fait pas-t-il de la dialectique une sorte de science suprême, alors même qu’il
semble par ailleurs lui refuser cette place, que Platon lui avait assignée ?

Pour répondre à ceci il faut voir les traités métaphysiques.

103
Rhét., I, 1, 1354a1
104
1355a34-35
105
I, 2, 1357a7-33
106
1358a10-26
107
Top. I, 2, 101a34-36
108
Topiques, I, 2, 101a36-101b3
109
Sec. An., I, 11, 77a29
110
Réf. Soph., 9, 170a35-sq.
Chap. III : LA PHILOSOPHIE PREMIÈRE

Livre I • Α

1. Sensation, expérience, art, science, sagesse. (980a-982a)


2. Nature de la Philosophie. (982a-983a)
3. La recherche de la cause chez les premiers philosophes grecs : cause matérielle, cause
efficiente et cause finale. (983a - 984b)
4. Examen des philosophies antéplatoniciennes. (984b - 985b)
5. Suite de l'examen. — Les Pythagoriciens, les Éléates. — La cause formelle. (985b - 987a)
6. La théorie platonicienne des Idées. (987a - 988a)
7. Rapport des systèmes examinés avec les quatre causes aristotéliciennes. (988a - 988b)
8. Critique des systèmes antérieurs à Platon. (988b - 990a)
9. Critique du Paradigmatisme de Platon. (990a - 993a)
10. Conclusion du premier Livre : il n'y a que les quatre causes. (993a)

Livre II • α

1. De l'étude de la Philosophie. (993a-993b)


2. Impossibilité d'une série de causes infinie, et nécessité de l'existence d'un premier Principe.
(994a-994b)
3. Considérations sur la méthode. (994b-995a)

Livre III • Β

1. Énoncé des apories. (995a-996a)


2. Apories 1, 2, 3, 5 et 4. (996a-998a)
3. Apories 6 et 7. (998a-999a)
4. Apories 8, 9, 10 et 11. (999a-1001b)
5. Aporie 14. (1001b-1002b)
6. Apories 13 et 12. (1002b-1003a)

Livre IV • Γ

1. (1003a) < La Métaphysique, science de l'Être en tant qu'être. >


2. (1003a-1005a) < La Métaphysique, science de la Substance, de l'Un et du Multiple, et des
contraires qui en dérivent.
3. Etude des axiomes et du principe de contradiction. (1005a-1005b)
4. (1005b-1009a) < Démonstration indirecte du

principe de contradiction. >

95

5 (1009a-1011a) < Critique du relativisme de


Protagoras. >

101

6 (1011a-1011b) < Suite de la réfutation de

Protagoras. >

105

7 (1011b-1012a) < Preuves du principe du tiers

exclu. >

106

8 (1012a-1012b) < Examen de l'opinion que tout est

vrai ou que tout est faux. >

108

Livre V • Δ

110

1 (1012b-1013a) < Principe. >

110

2 (1013a-1014a) < Cause. >

110

3 (1014a-1014b) < Élément. >

112

4 (1014b-1015a) < Nature. >

113

5 (1015a-1015b) < Nécessaire. >

114

6 (1015b-1017a) < Un. >

115

7 (1017a-1017b) < Être. >


118

8 (1017b) < Substance. >

119

9 (1017b-1018a) < Même, Autre, Différent,

Semblable. >

120

10 (1018a-1018b) < Opposés, Contraires, Altérité

spécifique. >

121

11 (1018b-1019a) < Antérieur et Postérieur. >

121

12 (1019a-1020a) < Puissance, Capable de.

— Impuissance, Incapable de. >

123

13 (1020a) < Quantité. >

125

14 (1020a-1020b) < Qualité. >

125

15 (1020b-1021b) < Le Relatif. >

126

16 (1021b-1022a) < Parfait. >

128

17 (1022a) < Limite. >

129

18 (1022a) < En quoi, par quoi, pourquoi. >

129

19 (1022b) < Disposition. >


130

20 (1022b) < État, Manière d'être. >

130

21 (1022b) < Affection. >

130

22 (1022b-1023a) < Privation. >

130

23 (1023a) < Avoir. >

131

24 (1023a-1023b) < Provenir de. >

131

25 (1023b) < Partie. >

132

26 (1023b-1024a) < Tout. >

133

27 (1024a) < Tronqué. >

133

28 (1024a-1024b) < Genre. >

134

29 (1024b-1025a) < Faux. >

134

30 (1025a) < Accident. >

136

Livre VI • Ε

137

1 (1025b-1026a) < Division des sciences


théorétiques, et prééminence de la Théologie. >

137

2 (1026a-1027a) < Le sens de l'Être. — L'être par

accident. >

139

3 (1027a-1027b) < Nature et causes de l'accident. >

141

4 (1027b-1028a) < L'Être au sens de vrai. >

142

Livre VII • Ζ

143

1 (1028a-1028b) < La Substance, première

catégorie de l'Être. — L'étude de l'Être est d'abord

celle de la substance. >

143

2 (1028b) < Les différentes théories sur la

Substance. >

145

3 (1028b-1029b) < La Substance envisagée comme

substrat. >

146

4 (1029b-1030b) < De quelles choses il y a quiddité

et définition. >

148

5 (1030b-1031a) < De la définition des natures

renfermant une dualité. >


150

6 (1031a-1032a) < De l'identité de chaque être avec

sa quiddité. >

151

7 (1032a-1033a) < Analyse du Devenir. — Ses

différentes espèces. >

153

8 (1033a-1034a) < Analyse du Devenir, suite. — La

matière et la forme sont inengendrées ; il n'y a

génération que du composé. >

155

9 (1034a-1034b) < Analyse du Devenir, fin. — La

génération spontanée, et la génération selon les

différentes catégories. >

157

10 (1034b-1036a) < Les parties de la forme sont

seules parties de la définition. >

158

11 (1036a-1037b) < Les parties de la forme et les

parties du composé. >

162

12 (1037b-1038a) < L'unité de l'objet défini. >

164

13 (1038b-1039a) < Les Universaux ne sont pas des

substances. >

166

14 (1039a-1039b) < Les Idées ne sont pas des


substances. >

168

15 (1039b-1040b) < L'individu et, par suite, l'Idée

ne sont pas définissables. >

169

16 (1040b-1041a) < Les parties des choses

sensibles, l'Un et l'Être ne sont pas des

substances. >

171

17 (1041a-1041b) < La Substance est la Forme. >

172

Livre VIII • Η

175

1 (1042a-1042b) < Les substances sensibles. La

matière. >

175

2 (1042b-1043a) < La matière, la forme et le

composé. Leurs principaux types. >

176

3 (1043a-1044a) < La forme et les éléments. —

Réfutation de la théorie d'Antisthène. — Le

nombre et la définition. >

178

4 (1044a-1044b) < Les causes dans les différents

êtres et dans les événements. >

180
5 (1044b-1045a) < La matière et les contraires. >

181

6 (1045a-1045b) < L'unité de la définition. >

182

Livre IX • Θ

185

1 (1045b-1046a) < La puissance [δυναμις]

proprement dite. >

185

2 (1046a-1046b) < Puissances rationnelles et

Puissances irrationnelles. >

186

3 (1046b-1047b) < Réalité de la notion de possible.

Polémique contre l'École de Mégare. >

187

4 (1047b) < Réalité de la notion d'impossible. >

188

5 (1047b-1048a) < L'actualisation de la

puissance. >

189

6 (1048a-1048b) < Distinction de la puissance et de

l'acte. >

190

7 (1048b-1049b) < Quand une chose est puissance

d'une autre. >

192
8 (1049b-1051a) < Antériorité de l'acte sur la

puissance. >

193

9 (1051a) < Antériorité de l'acte, suite. — Le Bien

en puissance et le Bien en acte. La démonstration

géométrique. >

196

10 (1051a-1052a) < La vérité et l'erreur. >

197

Livre X • Ι

199

1 (1052a-1053b) < Les acceptions de l'Un. — La

mesure par l'Un. >

199

2 (1053b-1054a) < La nature de l'Un. >

202

3 (1054a-1055a) < Unité et pluralité. Notions

dérivées. >

203

4 (1055a-1055b) < La contrariété . >

205

5 (1055b-1056b) < L'Égal opposé au grand et au

petit. >

207

6 (1056b-1057a) < L'Un et la Pluralité. >

208

7 (1057a-1057b) < Les intermédiaires. >


210

8 (1057b-1058a) < L'altérité spécifique. >

211

9 (1058a-1058b) < La différence spécifique est

constituée par la contrariété dans l'essence. >

212

10 (1058b-1059a) < Le corruptible et

l'incorruptible diffèrent génériquement. >

213

Livre XI • Κ

215

1 (1059a-1060a) < Récapitulation de B, 2, 3. >

215

2 (1060a-1060b) < Récapitulation de B, 4-6. >

217

3 (1060b-1061b) < Détermination de l'objet de la

Philosophie première. >

219

4 (1061b) < Philosophie, Mathématique et

Physique . >

220

5 (1061b-1062b) < Le principe de contradiction . >

221

6 (1062b-1063b) < Le principe de contradiction,

suite . >

222
7 (1063b-1064b) < La Théologie est distincte de la

Mathématique et de la Physique. >

225

8 (1064b-1065b) < Analyse de l'Être par accident et

de l'Être comme vrai . >

226

9 (1065b-1066a) < Analyse du Mouvement. >

228

10 (1066a-1067a) < Analyse de l'Infini . >

230

11 (1067b-1068a) < Changement et Mouvement . >

232

10

12 (1068a-1069a) < Impossibilité du changement

de changement . >

234

Livre XII • Λ

237

1 (1069a-1069b) < Les différentes espèces de

substances. >

237

2 (1069b) < Le changement implique la matière. >

238

3 (1069b-1070a) < Absence de génération pour la

matière et la forme. La forme séparée, dans les

êtres naturels et dans les choses artificielles. >

239
4 (1070a-1070b) < De l'identité des causes chez

tous les êtres. >

240

5 (1070b-1071b) < De l'identité des causes chez

tous les êtres, suite. Comment l'acte et la

puissance s'appliquent à tous les êtres. >

241

6 (1071b-1072a) < Nécessité d'un premier Moteur

éternel. >

243

7 (1071b-1072a) < Nature du premier Moteur.

Dieu, acte pur, pensée de la pensée. >

245

8 (1073a-1074b) < Les Intelligences des Sphères. >

247

9 (1074b-1075a) < Nature de l'Intelligence

divine. >

251

10 (1075a-1076a) < De l'existence du Bien dans le

monde. Réfutation des théories adverses. >

252

11

Livre XIII • Μ

256

1 (1076a) < Introduction et plan. >

256

2 (1076a-1077b) < Les Choses mathématiques ne


sont ni des substances en acte existant dans le

sensible, ni des réalités supra-sensibles. >

257

3 (1077b-1078b) < Du genre particulier d'existence

des Choses mathématiques. — Légitimité de

l'abstraction mathématique. >

260

4 (1078b-1079b) < Histoire et critique du système

de Platon. >

262

5 (1079b-1080a) < Les Idées ne sont pas les causes

du changement. >

264

6 (1080a-1080b) < Théorie des Nombres idéaux.

— Hypothèses sur la nature des Nombres

considérés comme la substance des êtres. >

265

7 (1080b-1082b) < Théorie des Nombres idéaux,

suite. — Examen des théories de Platon sur

l'inadditionnabilité des unités des Nombres. >

267

8 (1083a-1085a) < Théorie des Nombres idéaux,

suite. — Continuation de l'examen des Théories

platoniciennes sur l'inadditionnabilité des unités

des nombres. — Critique des Platoniciens

dissidents et des Pythagoriciens. — Objections à

l'existence des Nombres idéaux. — Nature de l'Un


en soi. >

271

9 (1085a-1086b) < Théorie des Nombres idéaux,

suite. — Nature de l'Un en soi, suite. — Critique de

12

la théorie des Grandeurs idéales. Critique des

Nombres idéaux. — Critique particulière de la

théorie des Idées. >

276

10 (1086b-1087a) < Critique de l'existence séparée

des Universaux. — Nature individuelle ou

universelle des principes, formel et matériel, des

Substances. >

280

Livre XIV • Ν

283

1 (1087a-1088b) < Critique des principes formel et

matériel envisagés comme des contraires. —

Différentes formes de l'opposition de l'Un et du

Multiple. >

283

2 (1088b-1090a) < Suite du chapitre précédent. —

Critique des théories platoniciennes sur la

pluralité des substances et l'existence des

Nombres séparés. >

285

3 (1090a-1091a) < Suite de la critique des théories


sur le Nombre séparé. Critique de la génération

des Nombres. >

289

4 (1091a-1092a) < Les principes dans leurs

rapports avec le Bien. >

292

5 (1092a-1092b) < La génération du Nombre. — Le

Nombre est-il cause des substances ? >

294

6 (1092b-1093b) < Impossibilité pour le Nombre

d'être cause formelle. >

Pourquoi la Métaphysique ?
Objet de la Physique  : montrer comment le divers (diversité des être et de leurs états) parvient à
s’unifier, en comprenant le devenir comme un accomplissement.

1ère réponse : Puisque les êtres se définissent par leur nature (leur principe interne de mouvement) ,
le principe d’unité est immanent à chaque étant naturel.

Les êtres naturels existent d’une certaine manière par eux-mêmes (ils ont une unité propre), même
s’ils dépendent du milieu extérieur.

Mais, il faut se demander ce que signifie « être par soi », et même « être »

Pb : les limites de la physique  elle est impuissante à couvrir tout le champ de l’ontologie  Besoin
d’une science de l’être  La Métaphysique  (série de traités de forme et contenu hétérogène, sans
un ordre chronologique définie)

Livre A :

Chaps. 1-2 : annonce d’une enquête épistémologique : la recherche d’une science (epistèmè)
suprême, appelée « sagesse » (sophia), à partir d’une démarche dialectique d’avec les philosophes
précédents.

Ainsi, la sagesse est caractérisée comme uns avoir libéral —qui n’a pas d’autre fin que lui-même—,
universel —la connaissance de toutes choses en un sens—, qui porte sur des choses difficiles, qui
connaît les causes et qui exerce sa domination sur les autres compétences. 111

111
2, 982a719
La sophia se distingue des autres types de savoirs par la connaissance des premières causes et des
premiers principes (981b28-29), ce qu’il faudra cherche ce que c’est. Sans connaître cet objet ultime,
on sait que la sagesse porte sur le bien, car elle sait en vue de quelle fin chaque chose est faite (2,
982b5-6). La sophia vise : « le souverain bien dans l’ensemble de la nature » (982b7).

Sur l’universalité de la science recherchée :

« Il y a une certaine science qui étudie l’être en tant qu’être et ce qui lui appartient par soi. Or elle
n’est identique à aucune de celles qui sont dites partielles, car aucune des autres sciences n’examine
universellement (katholou) l’être en tant qu’être, mais, découpant une certaine partie de l’être, elles
étudient l’attribut de cette partie, comme le font par exemple les sciences mathématiques »
(10003a21-26)

Cette science est la « philosophie première »112. Mais son objet, est-il le souverain bien [Livre A] ou
l’ensemble des êtres divins [Livre Λ] ?

Distinction de trois classes de sciences ou disciplines [E1, 1025b18] :

1. « Pratiques » : l’éthique et la politique


2. « Poiétiques » : de la production
3. « Théorétiques » : qui ne visent pas d’autre résultat qu’elles-mêmes 113
a. Mathématiques : sur des êtres immobiles, abstraitement ou séparément de la
matière
b. Physique : sur des êtres susceptibles de mouvement, composés de matière et de
forme
c. Science « première » sur des être immobiles, existant par soi. Elle est « théologique »
(1026a19), car « si le divin existe quelque part, il se trouve dans une telle nature »

« Si donc il n’y avait pas d’autre substance en dehors de celles qui sont constituées par la nature, la
physique serait la science première ; mais s’il y a une substance immobile, la science en question doit
être première et doit être la philosophie première, et elle est universelle au sens où elle est
première. Et elle aura pour tâche d’étudier l’être en tant qu’être, ce qu’il est et ce qui lui appartient
en tant qu’être » (1026a27-32)

La primauté implique l’universalité (car ce qui est absolument premier est principe de toutes choses).

Trois interprétations de l’ontologie aristotélicienne :

a. La théologie (science des êtres divins) est le fondement de toute ontologie. La substance
immobile, assimilée à l’être divin, a rang de principe par la dépendance à la fois ontologique
et cosmologique de toutes choses par rapport à elle. Subordination donc de la
Métaphyisique au chap. 7 du livre Λ : le bien ultime et la cause finale de toutes choses
coïncident avec Dieu.
Une perspective légèrement différente : Rapport indirecte des substances particulières et

112
Γ, 2, 1004a4
113
1026a16
sensibles à la substance immobile, car celui-ci n’est pas un genre auquel les premières
appartiendraient. L’unité de l’ontologie ne serait donc qu’une unité « d’analogie » : l’identité,
dans leur relation à une seule et unique nature, d’une pluralité de choses qui, pourtant, ne
sont pas comprises dans l’unité d’un même genre. C’est la substance en général, et par là
toute substance, qui constitue une unité référentielle pour la pluralité des sens de l’être.
b. Le rapport de principalité entre l’être « premier » et les êtres particuliers étant très difficile à
établir, la théologie d’Aristote doit laisse le soin à l’ontologie de rendre compte des principes
et des causes des substances sensibles. Ontologie, donc, coupé de la théologie  Le conflit
entre primauté et universalité ne pourrait donc se résoudre, et la Métaphysique
témoignerait d’une irréparable scission.
c. Revenir sur le sens de « premier » : la primauté de l’objet renvoie réellement à une
substance particulière éminente ? Il y a une substance immobile et séparée de la matière,
donc la physique ne peut couvrir tout le champ de la philosophie première : l’examen de
l’être en tant qu’être appartient donc à une science, universelle, de ce qui est séparé. L’objet
de cette science serait donc la substance (ousia) en tant que forme, ou l’essence, c’est-à-dire
le contenu de la définition  Compatibilité entre l’universalité de la philosophie première et
la primauté de son objet, sans l’identifier nécessairement au dieu du livre Λ

La querelle des formes


Sur le sens de ousia.

Dans la langue ordinaire : ce qui appartient en propre à quelqu’un ou à quelque chose/ la richesse ou
les biens matériels

Platon : ousia est liée à la forme (eidos ou idea) : elle ne se donne qu’à la visée de l’intellect. La forme
est, en général, la raison d’être, mais aussi le caractère essentiel de ce dont elle est forme.

Aristote hérite la forme platonicienne en tant que principe d’existence et de détermination ou


essence de la chose à laquelle elle appartient, mais il critique le statut ontologique des formes
intelligibles platoniciennes, rejetant à la fois leur existence séparée et le type de relation qu’elles
entretiennent avec ce dont elles sont formes (avec le sensible). Il juge insuffisants les arguments
avancés pour établir l’existence des formes intelligibles. Il en dénombre cinq arguments platoniciens :

1. L’argument « tiré des sciences » : Il doit y avoir des idées éternelles, qui servent de modèle
(paradeigma) pour toutes les choses particulières, car :
a. Chaque science se réfère par définition à une réalité une et idéntique
b. Chaque science porte sur des réalités déterminées.
ex  : si la médecine est la science, non pas de tel état particulier de santé, mais de la
santé considérée absolument, il doit y avoir une certaine santé en soi, i.e., une idée
de la santé.
2. L’argument « de l’un par-delà les multiples »
3. L’argument « tiré de la pensée » : si nous pensons à « homme », nous pensons à quelque
chose qui est, mais qui n’est aucune des choses particulières, car notre pensée (ennoia)
demeure, alors même que les entités particulières ont péri. Il doit y avoir donc quelque chose
au-delà (para) des entités sensibles particulières : une forme (eidos) ou une idée (idea)
4. L’argument « des relatifs »
5. L’argument du « troisième homme »
Mais114,

Contre 1 : cette argument ne prouve pas que les choses en commun des entités particuliers sont des
idées.

Contre 3 : dans ces conditions, il doit y avoir des idées des êtres corruptibles, comme Socrate, car
nous y pensons aussi et nous en conservons une certaine image (phantasia) quand elles n’existent
plus. Et nous pensons aussi à des choses qui n’existent pas (ex  : une chimère). L’argument platonicien
montre donc seulement qu’il y a quelque chose d’autre à côté des entités particulières, mais pas que
ceci soit les idées.

Dans ces deux contre-arguments, Aristote accepte et utilise ce quelque chose de « commun »
(koinon) qu’on observe dans les entités particuliers, mais il refuse la solution donné par Platon qui
passe par les idées, car il ne trouve que cette identification (cette liaison du commun aux idées) soit
justifiée. Car :

1. « être une idée » n’est pas la seule manière d’être à côté des entités sensibles
2. Même si on admet l’existence des idées, ceci n’implique pas qu’elles soient telles que Platon
les décrit
3. C’est inconcevable que les idées soient séparés (« à côté ») des entités physiques : « il
semblerait en outre impossible que la substance (ousia) soit séparée (chôris) de ce dont elle
est la substance, de sorte que l’on se demandera comment les idées (ideai), qui sont <selon
Platon> les substances des choses, pourraient être séparées »

Dans son Contre-3 il ouvre une nouvelle perspective : celle d’une coïncidence de l’universel et du
particulier, d’une relation d’immanence que refuse selon lui la théorie des idées. Les idées ne sont
veritablement pas la substance des choses, car la substance est « dans » les choses.

 Objet commun de l’épistémologie et de l’ontologie aristotéliciennes : puisqu’il y a qqchose


de distinct de la particularité sensible et qui lui est immanent, puisque cette chose est
proprement objet de science, il n’y aura de science que de ce qui se trouve en un sens dans
les entités particulières tout en les déterminant universellement  livre Z Métaphysique.

Le pb le plus important de tous : la théorie des idées platonicienne rend inconcevable une science
des choses en devenir (i.e., une physique). Car, si les idées ne sont pas la substance des choses
sensibles, quel concours apporteront-elles à leurs changements et à leurs mouvements (à ce qui les
caractérise en propre)? Car les idées sont par nature immuables et éternelles

 Platon échoue à définir un rapport de causalité entre les principes des choses et les
mouvements de ce choses, et « l’étude tout entière de la nature est réduite à néant »
(992b8-9)

Le pb d’Aristote : comment concevoir la forme (puisque l’ousia est principalement une forme) pour
qu’elle soit à la fois déterminante et universelle, et immanente à l’entité sensible particulière dont

114
Sur les idées (Peri ideon), 79-82, Aristote
elle est la forme pour qu’elle rende compte, non seulement des aspects permanents de cette entité,
mais aussi de son devenir ?

Être et substance

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