Chapitre 3 Approximation de Gauss : dioptres et miroirs
sphériques
L’approximation de Gauss est l’approximation linéaire de l’optique géométrique. Dans les
conditions de Gauss on ne considère que des rayons paraxiaux càd : des rayons proches de
l’axe optique et faiblement inclinés sur l’axe optique (sinθ≈θ).
3-1 Dioptre sphérique
C’est une surface sphérique de centre C et de rayon R séparant deux milieux d’indice différents
no et ni.
Nous nous limiterons ici aux surfaces sphériques qui sont des calottes sphériques de centre C
et de sommet S, l’axe principal du dioptre (un diamètre quelconque) passant par les points C
et S est l’axe optique.
R SC le rayon de courbure algébrique du dioptre est compté positivement lorsqu’il est orienté
dans le sens de la lumière incidente.
+
no i1 ni
i2
Ai
Ao S C
R 0 dioptre sphérique concave, R 0 dioptre sphérique convexe.
3-1-1Tracé d’un rayon
Pour tracer le rayon émergent à partir du rayon incident et des caractéristiques du dioptre, il
faut appliquer les lois de Descartes :
On calcule i1 : i1 ( N , u1 )
n1 sin i1
On détermine i2 à partir de n1, n2 et i1 : i2 arcsin( )
n2
On évalue le facteur a : a n2 ( N.u2 ) n1 ( N.u1 ) n2 cosi2 n1 cosi1
n1u1 aN
On en déduit u2 : u 2
n2
Ces calculs ne sont relatifs qu’à un seul rayon lumineux, les rayons issus d’un objet ponctuel
Ao ne convergent pas tous vers un même point de l’axe optique, le dioptre sphérique n’est pas
rigoureusement stigmatique.
3-1-2 Relation de conjugaison d’un dioptre sphérique
Dans l’approximation de Gauss, la loi de Snell-Descartes n1sini1=n2sini2 devient la loi de
Kepler :
n1i1≈n2i2 et a≈n2-n1
il y a alors stigmatisme approché pour tout point de l’axe, càd que tout point A o a une image
Ai et il existe une relation liant la position de Ai à celle de Ao indépendamment de l’inclinaison
des rayons lumineux qui passent par A0.
I
i1
i2
θo
ɸ θi ;;
Ao H C
S Ai
On a les relations suivantes entre les angles :
i1 0 et i2 i
Approximation de Gauss : no i1 ni i2 et S≈H soit :
no 0 ni i (ni no )
HI HI
o
AO H AO S
HI HI
HC SC
HI HI
i
HAi SAi
En divisant par HI on a:
ni n n no
o i
Ao S SAi SC
Ao S SAo SAi SAi SC SC , la relation précédente s’écrit algébriquement :
ni no ni n o
V
SAi SAo SC
C’est la relation de conjugaison de Descartes avec origine au sommet (S).
ni n o
V est la vergence du dioptre sphérique, où R SC est le rayon de courbure dont le
R
signe est lié au sens de la lumière incidente. C’est une caractéristique du dioptre, qui ne dépend
pas du sens de propagation de la lumière, son unité est la dioptrie (δ) dans le système SI.
Si V>0 le dioptre est convergent
Si V<0 le dioptre est divergent
La relation de conjugaison s’écrit sous la forme :
ni n o
V avec po SAo pi SAi
pi p o
3-1-3 Foyers image et objet
ni
Si Ao se trouve à l’infini, la position limite de Ai sera noté Fi le foyer image : SF i fi
V
no
SFo fo
Si Ai est à l’infini la position limite de Ao noté Fo est le foyer objet : V
Les longueurs algébriques fo et fi sont respectivement les distances focales objet et image.
Le dioptre sphérique est aplanétique dans les conditions de Gauss.
On trouve le grandissement transversal à l’aide de la relation des sinus d’Abbe, qui devient la
relation de Lagrange Helmholtz dans le cas de l’approximation de Gauss.
Ai Bi no SAi no p i
ni Ai Bi i no Ao Bo o d’où Gt
Ao Bo ni SAo ni p o
En faisant tendre le rayon de courbure vers l’infini, on obtient la relation de conjugaison pour
un dioptre plan :
ni n
o et Gt=1
SAi SA0
3-1-4 Construction de l’image d’un objet
Dans les conditions de Gauss le dioptre sphérique est représenté par un trait perpendiculaire à
l’axe optique, deux petits segments aux extrémités rappellent la nature concave ou convexe du
dioptre.
Pour construire l’image d’un objet AB transverse, puisqu’il y a aplanétisme approché, il suffit
de tracer la marche de 3 rayons particuliers :
- Le rayon issu de Bo passant par le centre optique qui n’est pas dévié ;
- Le rayon issu de Bo parallèle à l’axe optique qui émerge en passant par Fi ;
- Le rayon issu de Bo et passant par Fo qui émerge parallèlement à l’axe optique.
Bo
C S Fi Ai
Ao Fo
Bi
3-1-5 Autres relations de conjugaison
Relation de conjugaison de Descartes avec origine au centre
no ni n o ni Ai Bi CAi
V et Gt
CAi CAo CS Ao Bo CAo
Relation de conjugaison de Newton avec origines aux foyers
i
i o f o f i et Gt Avec o Fo Ao et i Fi Ai
fi
3-2 Miroir sphérique
Avec pour sens positif celui de la lumière à l’entrée, la loi de la réflexion i2=-i1 peut être
considéré comme un cas particulier de celle de la réfraction, nisini2=nosini2 lorsque « no=-ni ».
+
Ao
S
C Ai
La relation de conjugaison devient :
1 1 2 Ai Bi SAi
et le grandissement Gt
SAi SAo SC Ao Bo SAo
RQ : les valeurs algébriques sont évaluées selon le sens de la lumière incidente. Le signe
négatif de l’indice est interprété comme le changement de sens de la lumière occasionné par
la réflexion.
Les foyers objet et image sont confondus au milieu F du segment SC.
SC
SFo SFi
2
Le miroir est divergent pour SC 0 (miroir convexe) et il est convergent pour SC 0 (miroir
concave).
Les règles de construction sont les mêmes que pour un dioptre sphérique.
F S
C
Relation de conjugaison de Descartes avec origine au centre
1 1 2 CAi
et Gt
CAi CAo CS CAo
Relation de conjugaison de Newton avec origines aux foyers
i
i o f o f i f 2 et Gt Avec o Fo Ao et i Fi Ai
fi
Pour le miroir plan :
SAi SAO
Les points Ao, Ai et S sont alignés.
3-3 Approximation de Gauss et calcul matriciel
3-3-1 Matrice de réfraction
Le franchissement d’un dioptre sphérique par un rayon méridien (rayon parallèle à l’axe optique
ou ayant un point commun avec celui-ci) fait apparaître des équations linéaires entre les
grandeurs caractérisant les rayons lumineux.
x
θo
ɸ θi
A0 C Ai
S H
HI
no 0 ni i (ni no ) soit no 0 ni i (ni no )
SC
En posant :
HI x0 xi
(n ) i (n ) 0 Vx0
on définit la matrice colonne X dont les éléments sont :
• la position du point d’intersection du rayon lumineux avec le dioptre x,
• « l’angle optique » nθ produit de l’indice de réfraction par l’angle d’inclinaison sur
l’axe optique.
x
X
n
L’équation de franchissement du dioptre s’écrit :
x 1 0 x
n V 1 n
i o
1 0
R est la matrice de réfraction du dioptre
V 1
Remarques : dét R = 1, R21 = -V
Dioptre plan R (plan) = I
3-3-1 Matrice de translation
C’est la matrice de transformation de X entre deux plans de front situés dans un même
milieu homogène d’indice n. Elle est importante car les systèmes optiques sont généralement
des milieux homogènes par morceaux. On se limite toujours aux rayons méridiens.
x n A2
A1 θ1
z
On a :
A1 A2
x2 x1 1 A1 A2 x1 (n )1
n
1 2
En écriture matricielle on a :
A1 A2 x
x 1
n n n
2 1 1
0
A1 A2
T 1
n est la matrice de translation
0 1
L’approximation de Gauss apparaît comme l’approximation linéaire de l’optique
géométrique.
3-3-1 Matrice de transfert d’un système centré
Soit un système optique S, constitué de p surfaces sphériques réfringentes, séparées par des
milieux homogènes.
E S1 S
SP
En notant
x x
X E et X S les matrices à l’entrée et à la sortie on a :
n E n S
X S R( S )T ( S p S ) R( S P ).........T ( S1S 2 ) R( S1 )T ( ES1 )R( E ) X E
On appelle matrice de transfert du système centré, le produit des matrices élémentaires T et R,
écrites de droite à gauche en suivant la succession des dioptres atteints par la lumière.
T ( ES ) R( E )T ( S p S ) R( S P ).........T ( S1S 2 ) R( S1 )T ( ES1 )R( S )
a b
C’est une matrice à quatre éléments : T ( ES )
c d
La relation entre les matrices à l’entrée et à la sortie est :
X S T ( ES )X E
T(ES) est le produit de matrices de déterminants tous égaux à 1, son déterminant est égal à
1, d’où la relation entre les coefficients ad-bc=1.
On appelle vergence du système la quantité V=-c. Si V>0 le système est convergent, si v<0 le
système est divergent et il est afocal pour V=0.
a b
T ( ES )
V d
Les distances focales image et objet du système optique sont :
ni n
fi et f o o
V V
Exemple : Calculer la matrice de transfert d’une demi-boule d’indice n=1,5 et de rayon 2cm
placé dans l’air:
n0=1
n
E S
4 2
1 3
10
T ( ES ) R ( S )T ( ES ) R ( E )
25 4
3