COMMISSARIAT AUX COMPTES DANS LA ZONE
OHADA
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CHAPITRE 1 : LES DISPOSITIONS GENERALES
1 ORGANISATION
La profession du CAC est représentée, défendue et contrôlée par le CCOA
(Conseil Comptable Ouest Africain), CCPC (Conseil Permanent de la
Profession Comptable), le CNC (Conseil National de la Comptabilité propre à
chaque pays) et l’OECCA. Pour exercer la profession, il faut être inscrit sur
une liste à la CEMAC et UEMOA
2 CONDITIONS D’EXERCICE
Choisir sur la liste des experts comptables agrées par la cour d’appel.
Art. 694 - Le contrôle est exercé, dans chaque société anonyme, par un ou
plusieurs Commissaires aux comptes.
Les fonctions de commissaire aux comptes sont exercées par des personnes
physiques ou par des sociétés constituées par ces personnes physiques,
sous l’une des formes prévues par le présent Acte uniforme.
3 INCOMPATIBILTES
Selon l’article 880 de l’acte uniforme, le contrôle des états financiers de
synthèse doit être exercé par un ou plusieurs CAC choisis sur la liste
officielle des CAC et nommés par l’assemblée pour une durée de 6 exercices.
L’article 9 de l’Acte Uniforme portant sur le doit commercial général dispose
que les fonctions du CAC sont incompatibles avec l’exercice d’une activité
commerciale.
L’article 378 de l’Acte Uniforme portant sur les sociétés commerciales et les
groupements d’intérêts économiques dispose que ne peuvent être CAC de
SARL :
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-Les gérants et leur conjoint,
-Les apporteurs en nature et les bénéficiaires d’avantage particuliers ;
-Les personnes recevant de la société ou de ses gérants des
rémunérations périodiques sous quelque forme que ce soit, ainsi que
leur conjoint.
Art. 697 - Les fonctions de commissaire aux comptes sont incompatibles :
avec toute activité ou tout acte de nature à porter atteinte à son
indépendance ;
avec tout emploi salarié. Toutefois, un commissaire aux comptes
peut dispenser un enseignement se rattachant à l’exercice de sa
profession ou occuper rémunéré chez un commissaire aux
comptes ou chez un expert-comptable ;
avec toute activité commerciale, qu’elle soit exercée directement
ou par personne interposée.
4 INTERDICTION AVANT LA FIN DES FONCTIONS
Art. 698 - Ne peuvent être commissaires aux comptes :
1) les fondateurs, apporteurs, bénéficiaires d’avantages particuliers,
dirigeants sociaux de la société ou de ses filiales, ainsi que leur conjoint ;
2) les parents et alliés, jusqu’au quatrième degré inclusivement, des
personnes visées au paragraphe 1°) du présent Art.;
3) les dirigeants sociaux de sociétés possédant le dixième du capital de la
société ou dont celle-ci possède le dixième du capital, ainsi que leur
conjoint ;
4) les personnes qui, directement ou indirectement, ou par personne
interposée, reçoivent, soit des personnes figurant au paragraphe 1°) du
présent Art., soit de toute société visée au paragraphe 3°) du présent Art., un
salaire ou une rémunération quelconque en raison d’une activité permanente
autre que celle de commissaire aux comptes; il en est de même pour les
conjoints de ces personnes ;
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5) les sociétés de commissaires aux comptes dont l’un des associés,
actionnaires se trouve dans l’une des situations visées aux alinéas
précédents ;
6) les sociétés de commissaires aux comptes dont soit l’un des dirigeants,
soit l’associé ou l’actionnaire exerçant les fonctions de commissaire aux
comptes, a son conjoint qui se trouve dans l’une des situations prévues au
paragraphe 5°) du présent article.
5 INTERDICTION A LA FIN DES FONCTIONS
Art. 699 - Le commissaire aux comptes ne peut être nommé administrateur,
administrateur général, administrateur général adjoint, directeur général ou
directeur général adjoint des sociétés qu’il contrôle moins de cinq années
après la cessation de sa mission de contrôle de ladite société.
La même interdiction est applicable aux associés d’une société de
commissaires aux comptes.
Pendant le même délai, il ne peut exercer la même mission de contrôle ni
dans les sociétés possédant le dixième du capital de la société contrôlée par
lui, ni dans les sociétés dans lesquelles la société contrôlée par lui possède le
dixième du capital, lors de la cessation des missions de contrôle de
commissaire aux comptes.
Art. 700 - Les personnes ayant été administrateurs, administrateurs
généraux, administrateurs généraux adjoints, directeurs généraux ou
directeurs généraux adjoints, gérants ou salariés d’une société ne peuvent
être nommées commissaires aux comptes de la société moins de cinq années
après la cessation de leurs fonctions dans ladite société.
Pendant le même délai, elles ne peuvent être nommées commissaires aux
comptes dans les sociétés possédant 10% du capital de la société dans
laquelle elles exerçaient leurs fonctions ou dont celles-ci possédaient 10% du
capital lors de la cessation de leurs fonctions.
Les interdictions prévues au présent Art. pour les personnes mentionnées au
premier alinéa sont applicables aux sociétés de commissaires aux comptes
dont lesdites personnes sont associées, actionnaires ou dirigeantes
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6 MODALITES DE NOMINATION
Art. 703 - Le premier commissaire aux comptes et son suppléant sont
désignés dans les statuts ou par l’assemblée générale constitutive.
En cours de vie sociale, le commissaire aux comptes et son suppléant sont
désignés par l’assemblée générale ordinaire.
Art. 706 - Le commissaire aux comptes nommé par l’assemblée des
actionnaires en remplacement d’un autre ne demeure en fonction que
jusqu’à l’expiration du mandat de son prédécesseur.
Art. 707 - Lorsque, à l’expiration des fonctions du commissaire aux
comptes, il est proposé à l’assemblée de ne pas renouveler son mandat, le
commissaire aux comptes peut, à sa demande, être entendu par l’assemblée.
Art. 708 - Si l’assemblée omet d’élire un commissaire aux comptes titulaire
ou suppléant tout actionnaire peut demander en référé au président de la
juridiction compétente, la désignation d’un commissaire aux comptes -
titulaire ou suppléant -, le président du conseil d’administration, le
président-directeur général ou l’administrateur général dûment appelé.
Le mandat ainsi conféré prend fin lorsqu’il a été procédé par l’assemblée
générale à la nomination du commissaire.
Art. 709 - Si l’assemblée omet de renouveler le mandat d’un commissaire
aux comptes ou de le remplacer à l’expiration de son mandat et, sauf refus
exprès du commissaire, sa mission est prorogée jusqu’à la plus prochaine
assemblée générale ordinaire annuelle.
Lorsque les prescriptions pour la nomination du CAC n’ont pas été
respectées, toute délibération prise dans ces conditions est frappée de nullité
à moins de la tenue d’une AG sur le rapport d’un CAC régulièrement
constitué.
7 REVOCATION ET RECUSATION
La révocation (qui intervient en cas de faute ou d’empêchement, sur décision
de justice ; elle peut être demandée par le Conseil d’administration ou le
directoire, l’assemblée générale, un ou plusieurs actionnaires représentant
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au moins le 1/10è du capital social, le comité d’entreprise, le ministère
public, la commission des opérations de bourse à tout époque du mandat) ;
La récusation (qui intervient lorsqu’une circonstance permet de suspecter
sérieusement la compétence, l’honorabilité, l’impartialité ou l’indépendance
du CAC ; elle peut être demandée en justice dans le mois qui suit la
nomination, par un ou plusieurs actionnaires représentant au moins le
1/10è.
8 DUREE DES FONCTIONS
Art. 704 – Dans les SA et GIE La durée des fonctions du commissaire aux
comptes désigné dans les statuts ou par l’assemblée générale constitutive est
de deux exercices sociaux.
Lorsqu’il est désigné par l’assemblée générale ordinaire, le commissaire aux
comptes exerce ses fonctions durant six exercices sociaux.
Art. 379 – Dans les SARL Le commissaire aux comptes est nommé pour
trois exercices par un ou plusieurs associés représentant plus de la moitié
du capital social.
Si cette majorité n’est pas obtenue et sauf stipulation contraire des statuts,
il est nommé à la majorité des votes émis, quelle que soit la portion du
capital représentée.
Dans les sociétés d’ETAT (SA) les CAC sont nommés par le Ministre chargé
de l’économie et des finances.
9 NOMBRE DE CAC
Art. 376 - Les sociétés à responsabilité limitée dont le capital social est
supérieur à dix millions (10.000.000) de francs CFA ou qui remplissent l’une
des deux conditions suivantes :
1) chiffre d’affaires annuel supérieur à deux cent cinquante millions
(250.000.000) de francs CFA,
2) effectif permanent supérieur à 50 personnes, sont tenues de désigner au
moins un commissaire aux comptes.
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Pour les autres sociétés à responsabilité limitée ne remplissant pas ces
critères, la nomination d’un commissaire aux comptes est facultative. Elle
peut toutefois être demandée en justice par un ou plusieurs associés
détenant, au moins, le dixième du capital social.
Art. 702 - Les sociétés anonymes ne faisant pas publiquement appel à
l’épargne sont tenues de désigner un commissaire aux comptes et un
suppléant.
Les sociétés anonymes faisant publiquement appel à l’épargne sont tenues
de désigner au moins deux commissaires aux comptes et deux suppléants.
Dans les GIE
Il faut nommer au moins 1 CAC. Art 880
NB : pour les autres formes de société la nomination du CAC est
facultative
10 ROLE DU CAC LORS DU CONSEIL D’ADMINISTRATION ET DES
ASSEMBLEES
Art. 722 - Le commissaire aux comptes est obligatoirement convoqué à la
réunion, selon le cas, du conseil d’administration ou de l’administrateur
général qui arrête les comptes de l’exercice, ainsi que, le cas échéant, à toute
autre réunion du conseil ou de l’administrateur général.
La convocation est faite, au plus tard, lors de la convocation des membres
du conseil d’administration ou, lorsque la société est dirigée par un
administrateur général, trois jours au moins avant que celui-ci ne délibère,
par lettre au porteur contre récépissé ou par lettre recommandée avec
demande d’avis de réception.
S’il n’a pas audité les comptes préalablement, il écoute et prend alors
connaissance des comptes annuels.
S’il a audité les comptes préalablement, il :
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Fait des recommandations des conseils de gestion
Signale les postes de comptes annuels auxquels des modifications
doivent être apportées
Informe des irrégularité et inexactitudes découvertes
Porte à la connaissance les contrôles effectués
Fait part des connaissances sur le résultat.
Art. 721 - Le commissaire aux comptes est obligatoirement convoqué à
toutes les assemblées d’actionnaires, au plus tard lors de la convocation des
actionnaires eux-mêmes, par lettre au porteur contre récépissé ou par lettre
recommandée avec demande d’avis de réception.
Lorsqu’il assiste à une assemblée générale, sa présence apporte une garantie
aux dirigeants de la société.
Le rôle du commissaire aux comptes n’est pas de dispenser l’information
mais de s’assurer de la sincérité de la régularité de celle-ci. Les questions
posées par les actionnaires sont suivies de réponses par les administrateurs.
Le CAC pourra cependant apporter les éléments de réponse lorsque :
Il l’y est invité par le président du conseil d’administration
La question lui est nommément adressée
Il estime que la réponse des administrateurs est incorrecte
Sa position est critiquée.
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CHAPITRE 2 : MISSIONS DU COMMISSAIRE
AUX COMPTES
1 MISSION DE CONTROLE
Contrôle de la régularité et de la sincérité des états financiers de
synthèse
Le commissaire aux comptes a pour mission permanente :
De vérifier les valeurs et les documents comptables de la société
De contrôler la conformité et la comptabilité avec les règles du droit
comptable
De vérifier la sincérité et la concordance des informations données
dans le rapport de l’organe de gestion avec les états financiers de
synthèse
De certifier ou de certifier avec des réserves ou encore de refuser de
certifier ces états financiers de synthèse
De s’assurer que l’égalité entre associés est bien respectée
Les contrôles opérés doivent lui permettre d’attester que les états financiers
de synthèse sont réguliers et sincères et donnent une image fidèle des
résultats de la société.
Pour mener à bien sa mission, le commissaire aux comptes à toute époque
de l’année opère les vérifications et contrôles.
Art. 718 - A toute époque de l’année, le commissaire aux comptes opère
toutes vérifications et tous contrôles qu’il juge opportuns et peut se faire
communiquer, sur place, toutes pièces qu’il estime utiles à l’exercice de sa
mission et notamment tous contrats, livres, documents comptables et
registres de procès-verbaux.
Pour l’accomplissement de ces contrôles et vérifications, le commissaire aux
comptes peut, sous sa responsabilité, se faire assister ou représenter par
tels experts ou collaborateurs de son choix, qu’il fait connaître nommément
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à la société. Ceux-ci ont les mêmes droits d’investigation que ceux des
commissaires aux comptes.
Les investigations prévues à l’article 718 peuvent être faites tant auprès de
la société que des sociétés mères ou filiales au sens des articles 178 à 180
du présent Acte uniforme.
De même, lorsque la société contrôlée appartient à un groupe de sociétés
qui établit des comptes consolidés, c'est-à-dire des comptes qui font la
synthèse des comptes de chaque société du groupe, les pouvoirs
d’investigations du commissaire aux comptes de la société consolidante
s’étendant à l’ensemble des entreprises comprises dans la consolidation.(art.
718)
Art. 720 - Le commissaire aux comptes peut également recueillir toutes
informations utiles à l’exercice de sa mission auprès des tiers qui ont
accompli des opérations pour le compte de la société. Toutefois, ce droit
d’information ne peut s’étendre à la communication des pièces, contrats et
documents quelconques détenus par des tiers, à moins qu’il n’y soit autorisé
par une décision du président de la juridiction compétente statuant à bref
délai.
Le secret professionnel ne peut être opposé au commissaire aux comptes
sauf par les auxiliaires de justice.
Les tiers sollicités ne peuvent opposer le secret professionnel au commissaire
aux comptes. Néanmoins, l’acte uniforme ne prévoit pas de sanctions
spéciales en cas de refus de communication, même en vertu d’une décision
de justice.
En cours d’exercice, ces contrôles portent :
* sur les conventions autorisées
il s’agit des conventions qui sont passées directement, indirectement ou par
personne interposées entre la société (SA ou SARL) et l’un de ses gérants,
administrateurs ou dirigeants ou encore avec une entreprise ayant avec la
société un ou plusieurs dirigeants communs.
Ne constituent pas des conventions réglementées celles qui portent sur des
opérations courantes et concluent à des conditions normales.
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Après la clôture de l’exercice, ces contrôles portent :
* sur les comptes annuels
Le commissaire aux comptes effectue toutes les diligences lui permettant
d’attester de la sincérité et de la régularité des comptes annuels.
* sur le rapport de gestion
Art. 713 - Le commissaire aux comptes vérifie la sincérité et la concordance
avec les états financiers de synthèse, des informations données dans le
rapport de gestion du conseil d’administration ou de l’administrateur
général, selon le cas, et dans les documents sur la situation financière et les
états financiers de synthèse de la société adressés aux actionnaires.
Il fait état de ses observations dans son rapport à l’assemblée générale
annuelle.
Art. 140 - Dans les sociétés anonymes et, le cas échéant, dans les sociétés à
responsabilité limitée, les états financiers de synthèse annuels et le rapport
de gestion sont adressés aux commissaires aux comptes, quarante-cinq
jours au moins avant la date de l’assemblée générale ordinaire.
Ces documents sont présentés à l’assemblée générale de la société statuant
sur les états financiers de synthèse qui doit obligatoirement se tenir dans les
six mois de la clôture de l’exercice.
Le CAC rend compte de ses investigations dans un rapport général soumis à
l’assemblée générale. Il y déclare soit, certifier la régularité et la sincérité des
états financiers de synthèse, soit assortir sa certification de réserves ou la
refuse en précisant les motifs de ces réserves ou de ce refus.
Le commissaire aux comptes présente, sur les conventions, un rapport
spécial à l’assemblée générale ordinaire qui statue sur ce rapport et
approuve ou désapprouve les conventions autorisées.
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Le rapport contient l’énumération des conventions soumises à l’approbation
de l’assemblée générale ordinaire, le nom des administrateurs intéressés, la
nature et l’objet des conventions, leurs modalités essentielles notamment
l’indication du prix ou des tarifs pratiqués, des ristournes ou des
commissions consenties, des sûretés conférées et, le cas échéant, toutes
autres indications permettant aux actionnaires d’apprécier l’intérêt qui
s’attachait à la conclusion des conventions analysées. L’importance des
fournitures livrées et des prestations de service fournies ainsi que le montant
des sommes versées ou reçues au cours de l’exercice, en exécution des
conventions visées au troisième alinéa du présent article.
On entend par convention :
Art. 438 - Toute convention entre une société anonyme et l’un de ses
administrateurs, directeurs généraux ou directeurs généraux adjoints doit
être soumise à l’autorisation préalable du conseil d’administration.
Il en est de même des conventions auxquelles un administrateur ou un
directeur général ou un directeur général adjoint est indirectement intéressé
ou dans lesquelles il traite avec la société par personne interposée.
Sont également soumises à autorisation préalable du conseil
d’administration, les conventions intervenant entre une société et une
entreprise ou une personne morale, si l’un des administrateurs ou un
directeur général ou un directeur général adjoint de la société est
propriétaire de l’entreprise ou associé indéfiniment responsable, gérant,
administrateur, administrateur général, administrateur général adjoint,
directeur général ou directeur général adjoint de la personne morale
contractante.
Art. 439 - L’autorisation n’est pas nécessaire lorsque les conventions
portent sur des opérations courantes conclues à des conditions normales.
Les opérations courantes sont celles qui sont effectuées par une société,
d’une manière habituelle, dans le cadre de ses activités.
GANDAHO Sylvestre Expert-comptable Commissaire aux comptes Page 12
Les conditions normales sont celles qui sont appliquées, pour des
conventions semblables, non seulement par la société en cause, mais
également par les autres sociétés du même secteur d’activité.
Art. 440 - L’administrateur intéressé est tenu d’informer le conseil
d’administration dès qu’il a connaissance d’une convention soumise à
autorisation. Il ne peut pas prendre part au vote sur l’autorisation sollicitée.
Le président du conseil d’administration ou le président-directeur général
avise le commissaire aux comptes, dans le délai d’un mois à compter de leur
conclusion, de toute convention autorisée par le conseil d’administration et
la soumet à l’approbation de l’assemblée générale ordinaire statuant sur les
comptes de l’exercice écoulé.
2 MISSIONS SPECIFIQUES
Augmentation de capital
Art. 586 - L’assemblée générale qui décide ou autorise une augmentation de
capital peut, en faveur d’un ou de plusieurs bénéficiaires nommément
désignés, supprimer le droit préférentiel de souscription pour la totalité de
l’augmentation de capital ou pour une ou plusieurs tranches de cette
augmentation.
Art. 591 - Le commissaire aux comptes donne son avis sur la proposition de
suppression du droit préférentiel, sur le choix des éléments de calcul du prix
d’émission et sur son montant, ainsi que sur l’incidence de l’émission sur la
situation des actionnaires appréciée par rapport aux capitaux.
Il vérifie et certifie la sincérité des informations tirées des comptes de la
société sur lesquelles il donne cet avis.
Art 592 Le commissaire aux comptes vérifie notamment la conformité des
modalités de l’opération au regard de l’autorisation donnée par l’assemblée
et des indications fournies à celle-ci. Il donne également son avis sur le choix
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des éléments de calcul du prix d’émission et sur son montant définitif, ainsi
que sur l’incidence de l’émission sur la situation financière de l’actionnaire,
notamment en ce qui concerne sa quote-part des capitaux propres à la
clôture du dernier exercice.
Certification du montant global
Art 525 le montant global certifié par les commissaires aux comptes des
rémunérations versées aux dix ou cinq dirigeants sociaux et salariés les
mieux rémunérés selon que l’effectif de la société excède ou non deux cents
salariés.
Révélation des faits délictueux, des irrégularités et inexactitudes
Art. 716 - Le commissaire aux comptes signale, à la plus prochaine
assemblée générale, les irrégularités et les inexactitudes relevées par lui au
cours de l’accomplissement de sa mission.
En outre, il révèle au ministère public les faits délictueux dont il a eu
connaissance dans l’exercice de sa mission, sans que sa responsabilité
puisse être engagée par cette révélation
Art. 516 - L’assemblée des actionnaires est convoquée par le conseil
d’administration ou par l’administrateur général, selon le cas.
A défaut, elle peut être convoquée par le commissaire aux comptes, après
que celui-ci a vainement requis la convocation du conseil d’administration
ou de l’administrateur général selon le cas, par lettre au porteur contre
récépissé ou par lettre recommandée avec demande d’avis de réception.
Lorsque le commissaire aux comptes procède à cette convocation, il fixe
l’ordre du jour et peut, pour des motifs déterminants, choisir un lieu de
réunion autre que celui éventuellement prévu par les statuts. Il expose les
motifs de la convocation dans un rapport lu à l’assemblée.
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Procédure d’alerte
Sociétés autres que les sociétés anonymes
Art. 150 - Le commissaire aux comptes, dans les sociétés autres que les
sociétés anonymes, demande par lettre au porteur contre récépissé ou par
lettre recommandée avec demande d’avis de réception des explications au
gérant qui est tenu de répondre, dans les conditions et délais fixés aux
articles suivants, sur tout fait de nature à compromettre la continuité de
l’exploitation qu’il a relevé lors de l’examen des documents qui lui sont
communiqués ou dont il a connaissance à l’occasion de l’exercice de sa
mission.
Art. 151 - Le gérant répond par lettre au porteur contre récépissé ou par
lettre recommandée avec demande d’avis de réception dans le mois qui suit
la réception de la demande d’explication. Dans sa réponse, il donne une
analyse de la situation et précise, le cas échéant, les mesures envisagées.
Art. 152 - En cas d’inobservation des dispositions prévues à l’article
précédent ou si, en dépit des décisions prises, le commissaire aux comptes
ne constate que la continuité de l’exploitation demeure compromise, il établit
un rapport spécial.
Il peut demander, par lettre au porteur contre récépissé ou par lettre
recommandée avec demande d’avis de réception, que ce rapport spécial soit
adressé aux associés ou qu’il soit présenté à la prochaine assemblée
générale. Dans ce cas, le gérant procède à cette communication dans les huit
jours qui suivent la réception de la demande.
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Sociétés anonymes
Art. 153 - Le commissaire aux comptes, dans une société anonyme,
demande par lettre au porteur contre récépissé ou par lettre recommandée
avec demande d’avis de réception des explications au président du conseil
d’administration, au président-directeur général ou à l’administrateur
général, selon le cas, lequel est tenu de répondre, dans les conditions et
délais fixés à l’article suivant, sur tout fait de nature à compromettre la
continuité de l’exploitation qu’il a relevé lors de l’examen des documents qui
lui sont communiqués ou dont il a connaissance à l’occasion de l’exercice de
sa mission.
Art. 154 - Le président du conseil d’administration, le président-directeur
général ou l’administrateur général, selon le cas, répond par lettre au
porteur contre récépissé ou par lettre recommandée avec demande d’avis de
réception dans le mois qui suit la réception de la demande d’explication.
Dans sa réponse, il donne une analyse de la situation et précise, le cas
échéant, les mesures envisagées.
Art. 155 - A défaut de réponse ou si celle-ci n’est pas satisfaisante, le
commissaire aux comptes invite, selon le cas, le président du conseil
d’administration ou le président-directeur général à faire délibérer le conseil
d’administration ou l’administrateur général à se prononcer sur les faits
relevés.
L’invitation prévue à l’alinéa précédent est formée par lettre au porteur
contre récépissé ou par lettre recommandée avec demande d’avis de
réception dans les quinze jours qui suivent la réception de la réponse du
président du conseil d’administration, du président-directeur général ou de
l’administrateur général, selon le cas, ou la constatation de l’absence de
réponse dans les délais prévus à l’article précédent.
Dans les quinze jours qui suivent la réception de la lettre du commissaire
aux comptes, le président du conseil d’administration ou le président-
GANDAHO Sylvestre Expert-comptable Commissaire aux comptes Page 16
directeur général, selon le cas, convoque le conseil d’administration, en vue
de le faire délibérer sur les faits relevés, dans le mois qui suit la réception de
cette lettre. Le commissaire aux comptes est convoqué à la séance du
conseil. Lorsque l’administration et la direction générale de la société sont
assurées par un administrateur général, celui-ci, dans les mêmes délais,
convoque le commissaire aux comptes à la séance au cours de laquelle il se
prononcera sur les faits relevés.
Un extrait du procès-verbal des délibérations du conseil d’administration ou
de l’administrateur général, selon le cas, est adressé au commissaire aux
comptes dans le mois qui suit la délibération du conseil ou de
l’administrateur général.
Art. 156 - En cas d’inobservation des dispositions prévues aux articles
précédents ou si, en dépit des décisions prises, le commissaire aux comptes
constate que la continuité de l’exploitation demeure compromise, il établit
un rapport spécial qui est présenté à la prochaine assemblée générale ou, en
cas d’urgence, à une assemblée générale des actionnaires qu’il convoque lui-
même pour soumettre ses conclusions, après avoir vainement requis sa
convocation du conseil d’administration ou de l’administrateur général,
selon le cas, par lettre au porteur contre récépissé ou par lettre
recommandée avec demande d’avis de réception.
Lorsque le commissaire aux comptes procède à cette convocation, il fixe
l’ordre du jour et peut, pour des motifs déterminants, choisir un lieu de
réunion autre que celui éventuellement prévu par les statuts. Il expose les
motifs de la convocation dans un rapport lu à l’assemblée
GANDAHO Sylvestre Expert-comptable Commissaire aux comptes Page 17
3 MISSIONS PARTICULIERES DU CAC
3.1 Commissariat aux apports
Le commissariat aux apports est obligatoire en cas de constitution de société
ou augmentation de capital avec apports en nature :
de francs CFA.
Art. 621 - Le commissaire aux apports apprécie, sous sa responsabilité, la
valeur des apports en nature et des avantages particuliers.
Art. 401 - Le commissaire aux apports établit, sous sa responsabilité, un
rapport qui décrit chacun des apports et/ou des avantages particuliers, en
indique la valeur, précise le mode d’évaluation retenu et les raisons de ce
choix, affirme que la valeur des apports et/ou des avantages particuliers
correspond au moins à la valeur du nominal des actions à émettre.
Art. 402 - Le commissaire aux apports peut se faire assister, dans
l’accomplissement de sa mission, par un ou plusieurs experts de son choix.
Les honoraires de ces experts sont à la charge de la société, sauf stipulation
contraire des statuts.
Art. 403 - Le rapport du commissaire aux apports est déposé, trois jours au
moins avant la date de l’assemblée générale constitutive, à l’adresse prévue
du siège social.
Dans les SA
Dans le SARL Art. 312 - Les statuts doivent nécessairement contenir
l’évaluation de chaque apport en nature et des avantages particuliers
stipulés.
Cette évaluation est faite par un commissaire aux apports dès lors que la
valeur de l’apport ou de l’avantage considéré, ou que la valeur de l’ensemble
des apports ou avantages considérés, est supérieure à cinq millions
(5.000.000
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3.2 Commissariat à la fusion et opérations assimilées
Art. 647 - Les dispositions des articles 643 et 646 du présent Acte uniforme
ne sont pas applicables lorsque l’assemblée générale, pour faciliter une
augmentation de capital, une fusion ou une scission a autorisé le conseil
d’administration ou l’administrateur général, selon le cas, à acheter un
grand nombre d’actions représentant au plus 1% du montant du capital
social, en vue de les annuler.
De même, ces dispositions ne sont pas applicables en cas de rachat par la
société des actions dont le cessionnaire proposé n’a pas été agréé.
Le commissaire aux comptes donne, dans son rapport sur l’opération
projetée, son avis sur l’opportunité et les modalités de l’achat d’actions
envisagé.
3.3 Acquisition d’un bien appartenant à un actionnaire
Art. 547 - Lorsque la société, dans les deux ans suivant son immatriculation,
acquiert un bien appartenant à un actionnaire et dont la valeur est au moins
égale à cinq millions (5.000.000) de francs CFA, le commissaire aux
comptes, à la demande du président directeur général, du président du
conseil d’administration ou de l’administrateur général, selon le cas, établit
sous sa responsabilité un rapport sur la valeur de ce bien. Ce rapport est
soumis à l’approbation de la plus proche assemblée générale ordinaire.
Ce rapport décrit le bien à acquérir, indique les critères retenus pour la
fixation du prix et apprécie la pertinence de ces critères.
Le commissaire aux comptes doit établir et déposer au siège social ledit
rapport quinze jours au moins avant la réunion de l’assemblée générale
ordinaire.
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CHAPITRE 3 LES RESPONSABILITES DU
COMMISSAIRE AUX COMPTES
Section 1 Responsabilité civile
La mise en œuvre de la responsabilité civile a pour objet la réparation d'un
dommage causé par le commissaire aux comptes. « Les commissaires aux
comptes sont responsables, tant à l'égard de la société que des tiers, des
conséquences dommageables des fautes et négligences par eux commises
dans l'exercice de leurs fonctions ».
La faute du commissaire aux comptes résulte de l'inexécution des
obligations fixées par les lois, les règlements ou les textes professionnels.
I Eléments constitutifs
A Faute
Nature de l’obligation du commissaire aux comptes
Le principe étant que le commissaire aux comptes n'est tenu que d'une
obligation de moyens, le demandeur doit prouver :
soit la faute intentionnelle du commissaire,
soit la négligence du commissaire, celle-ci ne pouvant être appréciée que
par comparaison entre ce que le commissaire a fait et ce qu'il aurait dû
faire compte tenu des diligences normales basées sur les normes de la
profession.
Rappel : l’obligation de moyen consiste pour le débiteur à s’engager , à
l’égard de son créancier, à employer les moyens appropriés pour accomplir
une obligation, sans pour autant en garantir la bonne fin. En cas de litige,
le créancier devra rapporter la preuve que l’inexécution de l’obligation est
due à une faute du débiteur, qui ne s’est pas comporté comme<< un bon
père de famille>>
GANDAHO Sylvestre Expert-comptable Commissaire aux comptes Page 20
L’obligation de résultat consiste pour le débiteur à procurer à son
créancier un résultat précis. En cas de litige, l’inexécution de l’obligation
fait présumer la faute du débiteur qui, pour s’exonérer de sa
responsabilité, devra apporter la preuve que le non accomplissement de
son obligation est dû à une cause qui ne lui est pas imputable.
Le CAC n’est pas tenu à l’obligation d’exhaustivité
Identité des auteurs
Le professionnel lui-même : le principe de la responsabilité personnelle
du CAC ne signifie pas que celle-ci ne peut être liée, ou ne peut découler
de la faute d’autrui, mais uniquement que seule sa responsabilité propre
peut être engagée. On remarque d’ailleurs que dans la plupart des cas, les
fautes du CAC ont pour origine celles commises par d’autres personnes ,
qui sont le plus souvent actionnaires , dirigeants ou salariés de l’entité
contrôlée. Dès lors, le juge doit opérer une distinction capitale pour
l’évaluation du dommage et la répartition de la condamnation.
Collaborateurs et experts :S’agissant des collaborateurs, le CAC est
responsable de la faute de ses préposées. Les experts ne peuvent être
considérés comme des subordonnés du CAC , même si le CAC garde l’entière
responsabilité de la mission. Le fait que le CAC soit responsable de ses actes
n’exonère ni le collaborateur , ni l’expert, de leur propre responsabilité, et le
CAC appelé en responsabilité dans ce cadre a la possibilité de se retourner
contre eux.
Administrateurs, directeurs et directeurs généraux : les CAC ne sont pas
responsables civilement des infractions commises par les administrateurs
ou les membres du directoire, selon le cas, sauf si en ayant eu connaissance,
ils ne les ont pas révélées dans leur rapport à l’AG.
GANDAHO Sylvestre Expert-comptable Commissaire aux comptes Page 21
Preuve de la faute
La preuve de la faute du CAC soulève pour le demandeur deux types de
difficultés. La première tient au fait que, sauf exception , le commissaire aux
comptes est tenu à une obligation de moyens et non à une obligation de
résultat. La seconde est que le dossier du CAC est normalement couvert par
le secret professionnel. Dans un arrêt fondamental en date du 14 novembre
1995, la cour de cassation( France) a adopté une situation plus équilibrée ,
en estimant que le secret professionnel du CAC devrait s’effacer devant le
principe supra légal du droit à un procès équitable.
B Préjudice
Caractéristiques
En application du droit commun de la responsabilité civile, le
demandeur doit apporter la preuve du dommage que lui a causé la faute du
commissaire aux comptes. Le dommage, précise, la CNCC (« La
responsabilité civile du commissaire aux comptes », ), doit être certain,
direct, et porter atteinte à un droit acquis.
Evaluation du préjudice
Le dommage est le plus souvent une perte financière subie par le
demandeur, par exemple une personne qui a investi des fonds dans une
entreprise peu de temps avant sa liquidation alors que le commissaire
avait certifié l'image fidèle sans faire la moindre observation relative
à la continuité de l'exploitation. Il reste ensuite au tribunal à
évaluer le préjudice subi. Les juges recourent le plus souvent à la notion
de perte de chance.
C Lien de causalité
La CNCC indique que « la responsabilité du commissaire aux comptes ne
peut être retenue que si le demandeur prouve un rapport de causalité
entre la faute et le dommage », et précise : « Cette preuve est difficile à
apporter car, le plus souvent, c'est une faute d'abstention qui est à
GANDAHO Sylvestre Expert-comptable Commissaire aux comptes Page 22
l'origine du dommage » (« La responsabilité civile du commissaire aux
comptes », 1995). En outre, le Tribunal de grande instance d'Epinal a,
dans un cas d'espèce, rappelé que « la cause directe du préjudice n'est pas
la négligence du commissaire aux comptes mais les détournements
commis par le comptable salarié. La responsabilité éventuelle du
commissaire aux comptes ne peut dès lors être engagée que s'il est
apporté la preuve que sa carence a empêché que l'on puisse mettre fin
aux détournements » (23 mars 2000).
Le lien de causalité est généralement établi lorsque l'exécution des
diligences normales aurait empêché la réalisation du dommage ; par
exemple : l'insuffisance de contrôle du commissaire aux comptes est à
l'origine du préjudice subi par les fournisseurs qui, informés de la
situation réelle de la société, n'auraient pas conclu de nouveaux
contrats avec elle (Cour de cassation, 27 octobre 1992).
Faute partagée. La faute du commissaire n'est pas obligatoirement la seule
cause du dommage de la victime. En ce sens :
Le commissaire aux comptes et l'expert-comptable qui n'ont pas procédé,
même par un examen rapide, à la justification des factures inscrites sur le
journal des achats, ne peuvent soutenir avoir exécuté leurs travaux avec
une vigilance normale. Toutefois la faute prépondérante à l'origine des
détournements étant le comportement du dirigeant qui a remis à son
comptable des chèques signés en blanc, la Cour décide que la respon -
sabilité du préjudice subi par la société incombe pour trois quarts à son
dirigeant et pour un quart à l'expert-comptable et au commissaire
aux comptes (Cour d'appel de Bordeaux, 17 octobre 1990).
D Exonérations
Exonérations légales
Le législateur limite expressément la responsabilité du CAC qui met en
œuvre la procédure d’alerte ou satisfait à son obligation de révélation des
faits délictueux.
GANDAHO Sylvestre Expert-comptable Commissaire aux comptes Page 23
Difficultés dans la mise en œuvre de la mission
Les difficultés que le CAC peut rencontrer dans la mise en œuvre de ses
diligences ne le dispensent pas de les lever et de faire preuve de vigilance.
Seules sont de ce fait susceptibles de l’exonérer de sa responsabilité, les
difficultés qui lui sont imputables.
II Action en responsabilité
A Parties
Demandeurs
La société par le biais de ses représentants légaux . Les dirigeants ne
peuvent en revanche intenter d’action en leur nom propre contre le
commissaire aux comptes. Les tribunaux considèrent que la mission confiée
au CAC ne diminue en rien leurs responsabilités.
Les actionnaires : la demande d’un actionnaire n’est recevable que si elle
fait état d’un préjudice individuel, distinct du préjudice subi par la société.
Tiers : ce sont principalement les créanciers de la société(notamment les
fournisseurs, les banquiers)
Défendeurs
CAC personne physique : il doit avertir très rapidement sa compagnie
d’assurances. S’il est décédé la réparation éventuelle du dommage incombe à
ses héritiers . IL est donc indispensable qu’en cas de succession que les
ayant droit veillent à la conservation des dossiers pendant la durée de la
prescription.
CAC personne morale : c’est le mandataire social ou le mandataire
technique qui engage non seulement sa responsabilité personnelle, mais
aussi la responsabilité de sa société.
GANDAHO Sylvestre Expert-comptable Commissaire aux comptes Page 24
En cas de co-commissariat, chaque CAC engage en principe sa
responsabilité individuelle. Le rapport qu’ils établissent doit en effet faire
état soit de leur accord, soit de leur désaccord d’opinion. En l’absence de
précision contraire, ils sont réputés avoir la même opinion et son donc
réputés avoir commis la même faute.
B Compétence judiciaire
Trois cas peuvent se présenter :
L’action en responsabilité vise exclusivement une société commerciale
de commissaire aux comptes ; le tribunal de commerce est compétent. Le
caractère civil de l’activité ne prime pas dans ce cas sur la forme
commerciale de la société.
L’action en responsabilité met en cause une personne physique, une
société civile professionnelle ou une société d’exercice libéral : la
compétence est celle du TGI.
L’action en responsabilité vise simultanément une société
commerciale de CAC et une personne physique exerçant dans cette
société : la compétence du TGI s’impose pour le tout sous réserve du bien
fondé de la mise en cause de la responsabilité du responsable technique
La juridiction du domicile du défendeur est compétente c’est à dire le
domicile professionnel du CAC ou de la société de CAC. En matière
délictuelle , ce sont les juridictions du lieu du fait dommageable et du lieu
où le dommage a été subi qui sont compétente.
C Moyens de défense
Quitus
Donné par certaines assemblées, elle n’a qu’une valeur morale, et ne peut
éteindre les actions contre le CAC.
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Renonciation à l’action
Possible dès lors que la personne opérant renonciation dispose du droit de
poursuivre, et à eu au préalable une parfaite connaissance de la faute du
CAC et du préjudice subit.
Prescription
L’action en responsabilité contre le CAC est de trois ans . En l’absence de
dissimulation, , le délai de prescription court à compter de la date du fait
dommageable. Lorsque le CAC invoque l’exception de prescription , le juge
doit apprécier sa responsabilité exercice par exercice, et admet ainsi la
prescription partielle.
Appel en déclaration de jugement commun
Le CAC assigné en responsabilité aura tout intérêt à appeler en déclaration
de jugement commun les dirigeants de la société, s’il estime que ceux-ci ont
commis des fautes ayant concouru à la réalisation du dommage final
Demande reconventionnelle
Lorsqu’il s’estime indûment assigné en responsabilité civile, le CAC peut
déposer une demande reconventionnelle :: celle-ci vise à obtenir des
dirigeants de la société , le versement de dommages et intérêts pour atteinte
à son intégrité morale et professionnelle.
D Lien avec les autres types de responsabilité
Primauté du droit pénal sur le droit civil
Les décisions des tribunaux répressifs ont autorité de la chose jugée sur
celles des tribunaux civils.
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Autonomie des responsabilités civile et disciplinaire
En principe un CAC relaxé par une décision de la chambre régionale de
discipline peut être condamné pour les mêmes faits par un tribunal civil, et
réciproquement ; Pour échapper à une condamnation, il ne pourra donc pas
arguer du fait de sa non condamnation par l’autre juridiction.
Section 2 responsabilité pénale
La mise en oeuvre de la responsabilité pénale a pour objet de sanctionner le
non respect d'une loi ou d'un règlement.
I Infractions
A Notion d’infraction
C’est l’acte ou l’omission interdit par la loi sous menace de l’application
d’une peine
Classification
Les infractions pénales sont classées selon leur gravité en crimes , délits ou
contraventions
Eléments constitutifs des infractions
Trois éléments sont nécessaires : l’élément légal, l’élément matériel et
l’élément moral ;
un élément légal car un acte ne constitue une infraction que s' il est
prévu et réprimé par la loi ou le règlement ;
un élément matériel, car il faut que l'acte ait été accompli ;
et un élément intentionnel (ou élément moral), car il faut que la volonté
de l'auteur ait été libre et consciente
GANDAHO Sylvestre Expert-comptable Commissaire aux comptes Page 27
B Infractions relatives au statut
Usage illicite du titre
Exercice illégal
Violation des incompatibilités légales
Est puni le fait, pour toute personne d'accepter, d'exercer ou de
conserver les fonctions de commissaire aux comptes, nonobstant les
incompatibilités légales, soit en son nom personnel, soit au titre d'associé
dans une société de commissaires aux comptes ». Les incompatibilités
légales visées concernent les incompatibilités générales , les
incompatibilités entre audit et conseils et les interdictions
C Infractions relatives à l’exercice des fonctions
Violation du secret professionnel
Le non respect du secret professionnel par le commissaire aux comptes est
un délit
Communication d’informations mensongères
Est puni d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 75.000 €
le fait, pour toute personne, de donner ou confirmer soit en son nom
personnel, soit au titre d'associé dans une société de commissaires aux
comptes des informations mensongères sur la situation de la personne
morale ou de ne pas révéler au procureur de la République les faits
délictueux dont il a eu connaissance.
Non révélation des faits délictueux
Le droit pénal étant d'interprétation stricte, l'élément intentionnel
(moral) doit être prouvé ; en d'autres termes le délit est commis si la
preuve est rapportée :que le commissaire aux comptes a eu connaissance
du fait délictueux, et qu'il a volontairement omis de les révéler au
procureur (Cour d'appel de Besançon, 11 avril 2000)
Défaut d’information sur les prises de participation
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Défaut d’information sur l’identité des détenteurs de participations
significatives
Informations inexactes sur la suppression du droit préférentiel de
souscription
<<Le fait, pour le président, les administrateurs ou les commissaires aux
comptes d'une société anonyme, de donner ou confirmer des
indications inexactes dans les rapports présentés à l'assemblée
générale appelée à décider de la suppression du droit préférentiel de
souscription des actionnaires>>
Représentation des obligataires : le CAC ne peut être représentant de la
masse des obligataires
Cas particulier des délits d’initié : profiter des informations dont il
dispose ; divulguer des informations financières dont il dispose
II Mise en œuvre de l’action pénale
A Acteurs
Commissaire aux comptes
Le CAC personne physique peut être poursuivi comme auteur, co-auteur ou
complice de délits, mais il ne peut être responsable pénalement de ses
collaborateurs ou experts. En droit pénal en effet<<nul n’est punissable qu’à
raison de son fait personnel>
Victime
Une infraction donne naissance à l’action publique. Elle ouvre également à la
victime, la possibilité d’exercer une action civile en vue d’obtenir la
réparation du préjudice qu’elle a subit. La victime peut également opter pour
la voie pénale
Représentant de l’institution judiciaire
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Le Ministère public ;
Le juge d’instruction ;
La police judiciaire ;
Les juridictions de jugement
B Mise en œuvre de l’action en responsabilité
Audition de la police judiciaire
Audition par le juge d’instruction
Mise en examen
Perquisition
Mise sous contrôle judiciaire
Mise en détention provisoire
Audience correctionnelle
C Extinction de l’action et de la sanction pénales
Prescription de l’action pénale
3 ans en matière de délit
10 ans en matière de crime
Une année révolue en matière de contravention
Extinction de la sanction pénale
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Une fois qu’elle est définitive , la sanction prononcée doit être exécutée.
Dans certains cas cependant, le condamné peut être dispensé en tout ou
partie de purger sa peine.
D Lien avec les autres responsabilités
Prééminence du pénal sur le civil
Autonomie de principe entre droit pénal et droit disciplinaire
Section3 : Responsabilité disciplinaire
L'action disciplinaire a pour but la défense d'un intérêt collectif
professionnel et l'honneur d'une profession. En ce sens une chambre de
discipline a condamné un commissaire aux comptes coupable d'avoir
conduit sous l'empire d'un état alcoolique car cet acte est « l'expression
d'un comportement anti-social grave, particulièrement indigne d'un
commissaire aux comptes « (chambre régionale de discipline, 6 novembre
2000).
L'action disciplinaire est distincte des actions pénale et civile. Cela
signifie :qu'une faute disciplinaire peut être retenue à l'encontre
d'un commissaire aux comptes même s'il n'a été condamné ni au pénal ni
au civil,
ou que le commissaire condamné au pénal ou au civil peut l'être à nouveau
au niveau disciplinaire.
A Caractéristiques
Auteur de la faute
Personne physique : tous les CAC exerçant la profession ; Le CAC même s’il
ne détient pas de mandat peut être poursuivi disciplinairement au titre d’un
comportement contraire à l’honneur ou à la probité .
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Personne morale : toute société de CAC est passible de sanction
disciplinaire. Elle peut faire l’objet de poursuites disciplinaires intentées
indépendantes de celles intentées contre les associés.
Faute
Toute infraction aux lois, règlements et normes d'exercice professionnel ,
ainsi qu'au code de déontologie de la profession et aux bonnes
pratiques identifiées par le haut conseil du commissariat aux comptes,
toute négligence grave, tout fait contraire à la probité, à l'honneur ou
à l'indépendance commis par un commissaire aux comptes, personne
physique ou société, même ne se rattachant pas à l'exercice de la
profession, constitue une faute disciplinaire passible de l'une des
sanctions disciplinaires
B Sanctions disciplinaires
.
Il peut être aussi procédé au retrait de l'honorariat.
L'avertissement, le blâme ainsi que l'interdiction temporaire
peuvent être assortis de la sanction complémentaire de l'inéligibilité
aux organismes professionnels pendant dix ans au plus.
La sanction de l'interdiction temporaire peut être assortie du sursis. La
suspension de la peine ne s'étend pas à la sanction complémentaire
prise en application de l'alinéa précédent. Si, dans le délai de cinq ans
à compter du prononcé de la sanction, le commissaire aux comptes a
commis une infraction ou une faute ayant entraîné le prononcé d'une
nouvelle sanction disciplinaire, celle-ci entraîne, sauf décision
motivée, l'exécution de la première sanction sans confusion possible avec
la seconde.
Sanctions principales
Les sanctions disciplinaires sont :
1° L'avertissement ;
2° Le blâme [réprimande avant la LSF] ;
3° L'interdiction temporaire pour
une durée n'excédant pas cinq
ans ;
4° La radiation de la liste
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L'interdiction temporaire et la radiation ont un effet immédiat sur
l'activité professionnelle du commissaire : il perd le droit d'exercer ses
fonctions et est aussitôt remplacé par le commissaire suppléant .
Publicité des sanctions disciplinaires
L'interdiction temporaire et la radiation sont publiées au Bulletin officiel des
annonces civiles et commerciales. En outre le président de la CRCC en
informe les entités auditées par le commissaire aux comptes sanctionné
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