Calcul parasismique des structures sismiques
Calcul parasismique des structures sismiques
1. INTRODUCTION
Une connaissance fiable du séisme est une étape préalable et décisive pour :
En effet, dans de nombreux pays, le risque sismique est grand, et toutes les
constructions importantes doivent être réalisées selon des règles parasismiques.
Les mouvements sismiques du sol sont suffisamment complexes pour qu'on leur associe
un moule aléatoire, mais il s'agit d'un phénomène essentiellement transitoire et non
stationnaire dans le temps.
D'autre part les mouvements sont d'une amplitude nettement plus grande que la plupart
des mouvements vibratoires (machines vibrantes, vent,...etc).
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CALCUL PARASISMIQUE DES STRUCTURES CNAT, les 19, 20 et 21/10/2003
Il s'ensuit que les modes de ruine occasionnés par les séismes sont différents (ruptures à
très faibles nombres de cycles). Les méthodes d'analyse associées seront donc plus axées sur
la recherche des maxima atteints et sur le comportement non linéaire des structures.
Enfin d'un point de vue physique, le phénomène sismique est encore relativement mal
connu parce que difficile à analyser expérimentalement. Les méthodes de définition des
signaux au niveau du sol sont donc empruntes d'un caractère normatif, qui peut paraître
souvent arbitraire, révélant la volonté d’ être conservatif ".
Une modélisation aussi réaliste que possible du mouvement sismique, est un objectif
fondamental que se fixe le collectif de recherche du CGS dans le domaine de la réduction du
risque sismique. Cette tâche est d’autant plus complexe de par la nature fortement aléatoire du
séisme dans le temps et dans l’espace. Cette complexité est contenue dans toutes les étapes de
génération du séisme, depuis le mécanisme à la source jusqu'à la surface de la terre en passant
par le milieu de propagation, qui est le sol, caractérisé par une hétérogénéité très poussée et
un comportement sous séisme non encore parfaitement maîtrisé.
Dans la pratique de l’ingénierie sismique, on utilise pour les besoins de calcul des
ouvrages au séisme, soit un séisme de calcul ou de projet, soit un spectre de réponse de calcul
ou réglementaire. Il est évident, que la seule voie qui permet de minimiser les incertitudes
contenues dans les règles en vigueur, est de dériver, à partir d’une base de données de
mouvements forts, constituée des séismes survenus en Algérie, un spectre de réponse
expérimental d'où découlera le spectre de calcul réglementaire.
2. NOTIONS DE SISMOLOGIE
Les tremblements de terre sont dus à la brutale relaxation des contraintes accumulées
dans les couches superficielles plus dures de la lithosphère dues aux mouvements continus
des parties plus profondes.
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Le phénomène se localise au niveau des jonctions (failles actives) entre les plaques qui
constituent la partie superficielle.
Il peut être schématisé par la propagation rapide d'une fracture selon un mode de
cisaillement, le comportement des matériaux restant linéaire sauf au voisinage immédiat du
front de rupture.
a) Intensité
Nous donnons à titre d'exemple les définitions des degrés (de 1 à 12) de l'échelle
macrosismique internationale.
Degré Il : Secousse ressentie par un petit nombre d'observateurs et surtout par ceux
situés aux étages supérieurs des maisons.
Degré III : Secousse ressentie par un certain nombre d'habitants, comme le serait
l'ébranlement produit par une voiture lancée à grande vitesse ; la direction et la durée de la
secousse peuvent parfois être appréciées.
Degré IV : Ebranlement constaté par quelques personnes en plein air, par beaucoup à
l'intérieur des maisons ; vibration de vaisselle, craquements des planchers et des plafonds.
Degré VI : Des personnes effrayées sortent des habitations ; tintement général des
sonnettes, arrêt des pendules ; crépis fendillés, vaisselle brisée cloches mises en branle, chute
de plâtras.
Degré VII : Maisons légèrement endommagées, lézardes dans les murs ; chute de
cheminées isolées en mauvais état, écroulement de minarets, de mosquées ou d'églises mal
construites.
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Degré VIII : Sérieux dommages, fentes béantes dans les murs, chute de la plupart des
cheminées, chute de clochers d'église ; renversement ou rotation des statues, des monuments
funéraires fissures dans les pentes raides ou dans les terrains humides ; chute de rochers en
montagne.
Degré X : La plupart des bâtiments en pierre et en charpente sont détruits avec leurs
fondations ; fentes dans les murs en briques ; rails de chemins de fer légèrement recourbés ;
dommages aux ponts ; tuyaux de conduite brisés ou refoulés les uns dans les autres fentes et
plis ondulés dans les rues ; éboulements ; l'eau des rivières et des lacs est projetée sur le
rivage.
Degré XI : Destruction totale des bâtiments de pierre, des ponts, des digues ; larges
déchirures et crevasses dans le sol ; grands éboulements de terrain.
Degré XII : Rien ne demeure plus des oeuvres humaines ; changements dans la
topographie ; formation de grandes failles ; dislocations horizontales et cisaillements du sol ;
rivières détournées de leur cours.
La notion d'intensité est importante bien qu'elle corresponde à des notions assez
qualitatives.
Une analyse détaillée basée sur les techniques de traitement du signal est effectuée sur
l'ensemble des mouvements sismiques enregistrés par le réseau national d'accélérographes.
L'analyse est faite dans les domaines temporel et fréquentiel (transformée de Fourier, densité
spectrale de puissance, filtrage, spectre de réponse,..., etc.).
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- Amortissement : 0.60,
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c) Banque de données
SKIKDA (01)
JIJEL (02) EL TARF (01)
TIPAZA (16) TIZI-OUZOU (06) BEJAIA (22)
BLIDA (05)
MOSTAGANEM (04)
CHLEF (13) GUELMA (06)
CONSTANTINE (12)
AIN DEFLA (05) MILA (01)
BOUIRA (03) SETIF (21)
0 50 km
T u n i s i a
B.B. ARRERIDJ (06) SOUK AHRAS
MEDEA (01)
RELIZANE (04)
ORAN (06) [Link] BOUAGUI (01)
TISSEMSSILT (05)
AIN
TEMOUCHENT (07)
MASCARA (05)
BATNA (01)
SIDI
M'SILA (03)
BELABES (01)
TIARET (02) TEBESSA
KHENCHELLA
M o r o c c o
TLEMCEN (04)
DJELFA
SAIDA
BISKRA
NAAMA LAGHOUAT
EL BAYADH
El OUED
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Vitesse max. 10 20 30
(cm/s)
π T
2
IA = ∫ [ &&x( t)] dt
2g 0
(1)
d) Accélérogrammes
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60.00
20.00
acceleration(cm/s²)
0.00
-20.00
-40.00
20.00
10.00
acceleration(cm/s²)
0.00
-10.00
-20.00
40.00
20.00
acceleration(cm/s²)
0.00
-20.00
-40.00
Figure 2 : Mouvements sismiques enregistrés par la station CGS/Ain Tolba lors du séisme de Ain
Témouchent (réplique du 27/01/2000).
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40
BOUGAA
20 Comp. Est - Ouest
Accélération (cm/s2 )
-20
-40
0 5 10 15 20
Temps (sec)
30
20
BOUGAA
Comp. Nord - Sud
Accélération (cm/s2 )
10
-10
-20
Filtre passe bande : 0.2-0.3 ------ 27-30 Hertz
-30
0 5 10 15 20
Temps (sec)
20
15 BOUGAA
10
Comp. Verticale
Accélération (cm/s2 )
-5
-10
Temps (sec)
Figure 3 : Mouvements sismiques enregistrés par la station CGS/Bougaâ lors du séisme de
Béni- Ourtilane (Choc principal du 10.11.2000)
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le dimensionnement des critères de sûreté faisant intervenir les différents effets destructeurs et
leur probabilité associée (démarche « probabiliste »).
Cette dernière démarche ne revient pas forcément à la précédente car elle peut conduire
à considérer des événements moins probables que le séisme de dimensionnement de la
démarche déterministe, mais plus destructeurs.
- Une étude d’aléa sismique régionale permet de définir une accélération de zone au
rocher pour une période de retour donnée et une probabilité de dépassement donnée.
L'une des notions fondamentales en Génie Parasismique est celle du spectre de réponse
d'un oscillateur, que nous allons décrire maintenant.
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Le spectre de réponse d’un oscillateur (SRO) est une notion fondamentale en analyse
sismique et, en général, la donnée de base. Il est bien adapté aux méthodes classiques
(spectrales) d’analyse sismique des structures linéaires, méthodes qui visent à déterminer le
maximum de la réponse de la structure, représentée par ses modes propres. Dans ce sens, deux
points méritent d’être soulignés :
Le mouvement relatif x(t) de la masse M par rapport au sol est donné par
& + ω2x = − γ ( t)
&&x + 2εωx (2)
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* Asymptotes
Nous avons vu que le signal sismique possède de l'énergie dans une certaine gamme de
fréquence (ωc, ωc').
Siω p ωc &&x ≈ − γ ( t)
⇒ x m ax = S( ω,ε) ≈ X 0 m ax = m ax im um du deplacem entdu sol
Siω f ω ' ω2 x ≈ − γ ( t) (3)
c
⇒ x 1
m ax = S( ω,ε) ≈ γ = m ax im um de laccel
' eration du sol/ω2
ω2 m ax
* Amplification
Dans la gamme (ωc, ωc') l'excitation du sol est susceptible d'être amplifiée par
l'oscillateur harmonique. Cette amplification est fonction de ε. On remarque que le signal
étant limité dans le temps le taux d'amplification est fini pour ε = 0.
Il existe deux méthodes pour déterminer le SRO à associer à un séisme d'intensité I pour
le site considéré : - l'utilisation de spectres de forme standard est la méthode la plus courante.
Ces spectres ont été établis à partir d'enregistrements sismiques. Par exemple, les
spectres du « Regulatory Guide 1-60 » utilisés pour le dimensionnement des centrales
nucléaires aux Etats-Unis.
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Les spectres standards sont normalisés à une certaine valeur de l'accélération maximale
du sol. Pour s'adapter au site considéré, ils doivent être ajustés à la valeur de l'accélération
maximale que l'on considère pour le site. Pour l’Algérie, cette accélération est donnée par le
règlement parasismique Algérien RPA-99 ou par un étude spécifique d’aléa sismique pour les
ouvrages importants.
La banque de données des mouvements forts reste la base de construction d’un spectre
de réponse réglementaire. En effet, le tableau 1 indique l’organigramme de calcul d’un
spectre expérimental moyen et enveloppe duquel on déduit le spectre réglementaire.
Séisme
{ γ i( t)}
log
m+σ
m
=1
log
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Effets de site
Comme annoncé précédemment, le contenu fréquentiel d’un signal est l‘un des plus
important paramètres qui affecte le comportement des ouvrages. Le spectre de réponse permet
de prendre en compte ce paramètre. Aussi, on calcul généralement des spectres de réponse
propre à chaque catégorie de sols. La réglementation parasismique définie quatre catégories
de sols : sol très mou, sol mou, sol ferme, et sol rocheux. Pour chaque type de sol, il existe un
spectre réglementaire de calcul caractérisé par un contenue fréquentiel. Pour les sols très mou
et mou, le spectre de calcul présente un contenu basse fréquence, alors que pour les sols ferme
et rocheux, le spectre de calcul présente un contenu haute fréquence. La figures 4 montre les
spectres de réponse pour différents amortissements correspondant aux données
accélérométriques dans les directions E-O, N-S et verticale enregistrées par la station
CGS/Bougaâ lors du séisme de Béni - Ourtilane (Choc principal du 10.11.2000). des courbes
tracées, on peut souligner que le contenu fréquentiel de ces mouvement est haute fréquences
avec une fréquence centrale autour de 10 Hz pour les composantes horizontales et entre 10 et
20 Hz pour la composante verticale. Cela est du au fait que les mouvement sont enregistrés en
champ proche sur rocher.
Toutes les méthodes qui ont été décrites précédemment s'appliquent au mouvement
sismique horizontal en un point donné de la surface du sol. Le mouvement vertical est
généralement plus faible que le mouvement horizontal. Dans les études courantes on
applique les mêmes règles mais avec un coefficient de réduction de 2/3.
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Pseudo-Accélération normalisée 8
BOUGAA
Comp. Est - Ouest
6
4
ζ=2%
ζ=5%
2 ζ=10%
ζ=20%
0
1 10 100
Fréquence (Hertz)
10
Pseudo-Accélération normalisée
BOUGAA
8 Comp. Nord - Sud
4
ζ=2%
ζ=5%
2 ζ=10%
ζ=20%
0
1 10 100
Fréquence (Hertz)
6
Pseudo-Accélération normalisée
BOUGAA
Comp. Verticale
4
ζ=2%
2 ζ=5%
ζ=10%
ζ=20%
0
1 10 100
Fréquence (Hertz)
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Enfin les fondations d'une installation occupent une certaine surface de sol ; on doit
donc se poser le problème de la corrélation entre les mouvements du sol en deux points
distincts de cette surface.
Ce système est solidaire du sol en un certain nombre de points {P}. Ce dernier impose
son accélération γ (t).
& + K x = − M U γ ( t)
M &&x + A x
(4)
avec x = 0 en { P}
U est le vecteur (ou la fonction) déplacement unité en tout point du système dans la
direction de séisme considérée.
{( K − ω M ) X
2
n n =0
(5)
avec X n = 0 en { P}
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On peut utiliser les Xn comme base de projection du champ des déplacements relatifs x
:
x( r,t) = ∑ an( tX
) n( r) (6)
n
qn
&&an + 2ε nωna
& n + ω2nan = − γ ( t) ( ∀n) (7)
mn
Mn = masse généralisée
ωn = pulsation de résonance
(a ) S ( ω ,ε )
qn
= (8)
n m ax
m nω2n γ n n
Le problème est maintenant d'estimer le maximum au cours du temps de |x (r, t)| : xmax
(r).
On montre alors que xmax(r) est régi par la règle de la combinaison quadratique
La même règle peut bien sûr s'appliquer pour les autres grandeurs mécaniques
(contraintes-efforts-etc.).
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qn
&&an + ω2nan = − γ ( t)
mn
(10)
⇒ γ a = − ∑ ω a X n + γ U − ∑ n X n
2 q
n n
n n mn
:( γ a) m ax = ∑ n Sγ ( ωn ,ε n ) X n + γ 2m ax U − ∑ n X n
2 q
(11)
n mn n mn
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ANNEXE
m &&&&x( t) + cx
& ( t) + kx( t) = − m D
&& ( t) = − m A ( t)
x(t) désigne le déplacement relatif de la masse par rapport au sol, A(t) désigne
l'accélération du mouvement imposé à la base, soit, l'accélérogramme du séisme.
&&x( t) + 2ξωx
&& && ( t) = − A ( t) avec ω = k m etξ = c ( 2 k × m )
& ( t) + ω2x( t) = − D
Dans notre cas d'étude, nous avons choisi ξ = 5% puisque les spectres normalisés de la
littérature correspondent tous à cette valeur d'amortissement, déterminée expérimentalement.
Cette équation différentielle du second ordre à coefficient constants admet pour solution
d(t), l'intégrale de Duhamel :
A ( τ)
d( t) = ∫
ω 1− ξ 2 [ ]
e−ξω( t− τ ) sin ω 1− ξ2 ( t− τ ) dτ
En pratique, on obtient plus facilement d(t) par une méthode d'intégration numérique
telle que celle de Newmark.
Pour chacun des accélérogrammes réels A(t) (au nombre de N), nous réalisons une
boucle en fréquence (de 0.2 Hz à 50 Hz) et calculons, par intégration numérique de l'équation
différentielle, les N réponses X(t) : [ X ( in,ω,t)] in=1,N .
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réponses : [ X m ax ( in,ω)] in=1,N . Pour chacune des N réponses, nous avons une courbe X m ax ( ω) .
& ( t) + ω2x( t) = −( D
2ξωx && ( t) + &&x( t) ) .
ω2x( t) = −( D
&& ( t) + &&x( t) ) .
Ce spectre présente une asymptote du côté des hautes fréquences qui correspond à
l'accélération maximale imposée au niveau du sol (donc au maximum moyen plus un écart
type des accélérogrammes).
Insistons encore sur le fait que, pour obtenir une équivalence acceptable entre
accélérogrammes et spectres de réponse élastique, on doit considérer un grand nombre
d'accélérogrammes.
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