Notes de Cours sur Théorie de la Mesure et Analyse Fonctionnelle
Notes de Cours sur Théorie de la Mesure et Analyse Fonctionnelle
ANALYSE
Notes de cours
Z
f dµ
(0, 0)
Décembre, 2011.
Ces notes sont basées sur un cours donné par Gordon Craig à l’UQÀM à l’automne 2010.
Toute erreur ou omission sont la resposabilité de l’auteur.
i
ii
TABLE DES MATIÉRES
1 THÉORIE DE LA MESURE 1
1.1 Espaces mesurables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2 Mesure de Lebesgue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3 Fonctions mesurables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.4 Intégration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2 ANALYSE FONCTIONELLE 31
2.1 Espaces de Banach . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.2 Applications entre espaces de Banach et dualité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
BIBLIOGRAPHIE 63
iii
iv
CHAPITRE 1
THÉORIE DE LA MESURE
(1) X ∈ R.
(2) Si A ∈ R, alors Ac ∈ R.
S∞
(3) Si A1 , A2 , A3 , · · · ∈ R alors n=1 An ∈ R.
Exemple 1.1.1. Les ensembles P(X) et {X, ∅} sont exemples triviaux de σ-algèbres.
T∞
Lemme 1.1.1. Si A, B ∈ R, alors A ∩ B ∈ R. Si A1 , A2 , · · · ∈ R alors n=1 An ∈ R.
Ac , B c ∈ R =⇒ Ac ∪ B c ∈ R =⇒ A ∩ B = (Ac ∪ B c )c ∈ R.
T∞ S∞ c
Similairement, n=1 An = ( n=1 Acn ) ∈ R.
T∞ S∞
Exemple 1.1.2. n=1 (−1 − 1/n, 1 + 1/n) = [−1, 1]. R2 = n=1 An , where An = {p ∈ R2 / d(p, 0) ≤ n}.
1
Théorème 1.1.1. Soit F une collection de sous-ensembles de X. Il existe un σ-algèbre minimal M∗ ⊆ P(X),
appelé le σ-algèbre engendré par F, tel que F ⊆ M∗ . (“minimal” signifie que si S est une σ-algèbre qui
contient F, alors M∗ ⊆ S).
(1) X ∈ Mα ∀α =⇒ X ∈ M∗ .
(2) A ∈ Mα ∀α =⇒ Ac ∈ Mα ∀α =⇒ Ac ∈ M∗ .
(3) Même chose.
Définition 1.1.2. Si τ est une topologie sur X, soit B le σ-algèbre engendré par les ouverts. B est appelé
le σ-algèbre de Borel.
C1 = [0, 1],
C2 = [0, 1/3] ∪ [2/3, 1],
C3 = [0, 1/9] ∪ [2/9, 1/3] ∪ [2/3, 7/9] ∪ [8/9, 1],
..
.
∞
[
C= Cn ∈ B.
n=1
S
Notez que {x} ∈ B ∀ x ∈ X, et que Q = q∈Q {q} ∈ B.
Définition 1.1.3. Une mesure (positive) µ sur un σ-algèrre M est une fonction µ : M −→ [0, +∞] telle
que il existe A ∈ M avec µ(A) < ∞, et si Ai ∩ Aj = ∅ ∀i, j alors
∞
! ∞
[ X
µ An = µ(An ).
n=1 n=1
2
Exemple 1.1.4. X = Z, M = P(X), µ(A) = Card(A). Par exemple, si A = {4, 1, 7} = {4} ∪ {1, 7}, alors
µ({2}) = 1/36,
µ({3}) = 2/36,
..
.
1 2 6 1
µ({2, 3, 7}) = µ({2}) + µ({3}) + µ({7}) = + + = .
36 36 36 4
Remarque 1.1.1. Si X est dńombrable, on peut prendre M = P(X) et définir une mesure en posant
µ({xi }) = ai ≥ 0. Si A ∈ P(X), A est dénombrable et
!
[ X
µ(A) = µ {x} = µ({x}).
x∈A x∈A
Remarque 1.1.2. Si µ(X) < ∞ et µ(X) 6= 0, on peut normaliser pour obtenir une mesure de probabilité
µ(A)
en définissant ν(A) = µ(X) . Donc ν(X) = 1. Dans l’exemple précédent, ν(A) = 2µ(A) et ν({n}) = 2/3n .
3
Remarque 1.1.3.
Démonstration :
S
(a) Soit A un ensemble tel que µ(A) < ∞. Nous avons que µ(A) = µ(A ∅) = µ(A) + µ(∅) =⇒
µ(∅) = 0 puisque µ(A) < ∞.
(b) A ⊆ B =⇒ µ(b) = µ(A ∪ B\A) = µ(A) + µ(B\A) =⇒ µ(B\A) = µ(B) − µ(A).
(c) µ(B\A) ≥ 0. En utilisant (b), nous avons que µ(B) ≥ µ(A).
S∞ S∞
(d) Soit Cn = An \An−1 et A0 = ∅. Alors Ci ∩ Cj = ∅ si i 6= j, et k=1 Ck = k=1 Ak . Nous avons
n
X
µ(An ) = µ(C1 ∪ C2 ∪ · · · ∪ Cn ) = µ(C1 ) + µ(C2 ) + · · · + µ(Cn ) = µ(Ck ).
k=1
Sn Pn Pn
Alors µ (Pk=1 Ak ) = k=1 µ(Ck ). Notez
Pn que k=1 µ(Ck ) est non-décroissante en n. Alors soit
n
limn→∞ k=1 µ(Ck ) = ∞ ou limn→∞ k=1 µ(Ck ) est un nombre réel. Donc
n
! n ∞ ∞
! ∞
!
[ X X [ [
lim µ Ak = lim µ(Ck ) = µ(Ck ) = µ Ck = µ Ak .
n→∞ n→∞
k=1 k=1 k=1 k=1 k=1
Alors
∞
! ∞
!
\ \
µ(A1 ) − µ Ak = lim (µ(A1 ) − µ(An )) et lim µ(An ) = µ Ak .
n→∞ n→∞
k=1 k=1
4
Définition 1.1.5. Une mesure extérieure sur X est une fonction µ∗ : P(X) −→ [0, +∞] telle que
(1) µ∗ (∅) = 0.
Exercice 1.1.1. Si µ est une mesure sur un σ-algèbre M, alors µ satisfait (1), (2) et (3).
Définition 1.1.6. Soit µ∗ une mesure extérierure, E ⊆ X est (µ∗ )-mesurable sii
µ∗ (A) = µ∗ (A ∩ E) + µ∗ (A\E)
pour tout A ⊆ X.
(iii) Si E ∈ M alors E c ∈ M;
(iv) X = ∅c ∈ M.
5
(v) E1 , E2 ∈ M =⇒ E1 ∪ E2 ∈ M.
µ∗ (A) ≥ µ∗ (A ∩ E1 ) + µ∗ (A\E1 )
= µ∗ (A ∩ E1 ) + µ∗ ((A\E1 ) ∩ E2 ) + µ∗ ((A\E1 )\E2 ) (∗).
[(A\E1 ) ∩ E2 ] ∪ [A ∩ E1 ] = A ∩ (E1 ∪ E2 ).
Alors,
(∗) ≥ µ∗ (A ∩ (E1 ∪ E2 ))
(∗) ≥ µ∗ ([A ∩ E1 ] ∪ [(A\E1 ) ∩ E2 ]) + µ∗ (A\(E1 ∪ E2 )).
(vi) E1 , . . . , EN ∈ M =⇒ ∪N
n=1 En ∈ M (Exercice)
S∞
(vii) Reste deux choses à démontrer: {En }∞
n=1 , En ∈ M =⇒ n=1 En ∈ M et que si les En sont disjoint
alors !
∞
[ X∞
µ∗ En = µ∗ (En ).
n=1 n=1
SN
Lemme 1.1.2. Supposons que E1 , . . . , EN ∈ M sont disjoint (pour paires) et SN = n=1 En . Alors
N
X
µ∗ (A ∩ SN ) = µ∗ (A ∩ En ), ∀A ⊆ X.
n=1
Démonstration : Par induction: Le cas N = 1 est trivial. Supposons pour N . Nous avons N < ∞
=⇒ SN ∈ M. Alors
\ \ \ \
µ∗ A SN +1 = µ∗ (A SN +1 ) SN + µ∗ A AN +1 \SN
\ \
= µ∗ A SN + µ∗ A EN +1
N
X \ \
= µ∗ A En + µ∗ A EN +1
n=1
N
X +1 \
= µ∗ A En .
n=1
6
T S∞
Corollaire 1.1.1. E1 , . . . , En , · · · ∈ M, Ei Ej = ∅ si i 6= j et S = n=1 En , alors
\ X∞ \
µ∗ A S = µ∗ A En , ∀A ⊆ X.
n=1
PN
Démonstration : µ∗ (A ∩ S) ≥ µ∗ (A ∩ SN ) = n=1 µ∗ (A ∩ En ). Laissez N −→ ∞:
∞
X
µ∗ (A ∩ S) ≥ µ∗ (A ∩ En )
n=1
∞
!! ∞
!
[ [
∗ ∗ ∗
µ (A ∩ S) = µ A∩ En =µ (A ∩ En )
n=1 n=1
∞
X
≤ µ∗ (A ∩ En ).
n=1
µ∗ (A) = µ∗ (A ∩ SN ) + µ∗ (A\SN )
N
X
≥ µ∗ (A ∩ En ) + µ∗ (A\S)
n=1
X∞
≥ µ∗ (A ∩ En ) + µ∗ (A\S)
n=1
= µ∗ (A ∩ S) + µ∗ (A\S), par le corollaire précédent.
Posez A = X.
7
1.2 Mesure de Lebesgue
Exemple 1.2.1.
Qn
Définition 1.2.2. λ(Ia,b ) = i=1 (bi − ai ).
Exemple 1.2.2.
Remarque 1.2.1. Il existe toujours un tel recouvrement de A par des Ian ,bn .
µ∗ (A) = inf sur un plus grand ensembles de nombres réel que µ∗ (B)
≤ µ∗ (B).
S∞ S∞
(iii) Soit n=1 An . Pour tout n ∈ N et > 0, il existe In,k tel que An ⊆ k=1 In,k et tel que
∞
X
λ(In,k ) ≤ µ∗ (An ) + .
2n
k=1
8
P∞
Il existe une suite de In,k telle que k=1 λ(In,k ) & µ∗ (A). Si on prend un élément assez près de
µ∗ (An ), alors
X∞ X∞
λ(In,k ) − n ≤ µ∗ (An ) ≤ λ(In,k ).
2
k=1 k=1
S∞ S∞ S∞ S∞
De plus, n=1 An ⊆ n=1 ( k=1 In,k ) = n,k=1 In,k implique
∞
! ∞ ∞ X
∞
[ X X
∗
µ An ≤ λ(In,k ) = λ(In,k )
n=1 n,k=1 n=1 k=1
∞ h
X i
≤ µ∗ (An ) +
n=1
2n
X∞ X∞
= µ∗ (An ) + n
n=1 n=1
2
X∞
= µ∗ (An ) + , ∀ > 0.
n=1
S∞ P∞
Alors, µ∗ ( n=1 An ) ≤ n=1 µ∗ (An ).
Remarque 1.2.2. A 6∈ M existe par mesures de Lebesgue, mais a des propriétés telles ques
[
µ∗ (A B) ≥ µ∗ (A) + µ∗ (B)
si A ∩ B = ∅.
Définition 1.2.5. Une mesure µ : M −→ [0, +∞] est complète ssi E ∈ M, µ(E) = 0 et
A ⊆ E =⇒ A ∈ M.
9
Pour le reste de la section, µ = mesure de Lebesgue est Mµ = ensembles mesurables. Nous avons E ∈ Mµ
ssi µ∗ (A) = µ∗ (A ∩ E) + µ∗ (A\E), ∀A ⊆ X.
Puisque B(R) est le σ-algèbre engendré par les ouverts dans R (qui sont eux-mêmes engendré par des unions
dénombrables d’intervalles).
Exemple 1.2.3. [a, b] ∈ Mµ (R). L’ensemble de Cantor est aussi dans Mµ (R). Aussi Q ∈ Mµ (R).
Nous avons déjà µ∗ (A) ≤ µ∗ (A ∩ I) + µ∗ (A\I). Soit > 0, il existe In = Ian ,bn tel que
∞
X ∞
[
λ(In ) ≤ µ∗ (A) + et In ⊇ A.
n=1 n=1
Puisque nous sommes en dimension 1, I∩In et In \I sont des intervalles, ou des unions des deux intervalles.
It existe donc intervalles In0 , In00 , In000 (ouverts) tels que
I ∩ In ⊆ In0 ,
[
In \I ⊆ In00 In000 et
λ(In0 ) + λ(In00 ) + λ(In000 ) ≤ λ(In ) + n .
2
S∞ S∞ S∞ S∞
Avons A\I ⊆ n=1 (I\In ) ⊆ n=1 (In ∪In ) et A∩I ⊆ I ⊆ n=1 (I ∩In ) ⊆ n=1 In0 . Par la sous-additivité
00 000
de µ∗ , nous avons
∞
X ∞
X
∗ ∗ ∗
µ (A\I) + µ (A ∩ I) ≤ µ (In0 ) ∗
+µ (In00 ) ∗
+µ (In000 ) = λ(In0 ) + λ(In00 ) + λ(In000 )
n=1 n=1
X∞ X∞
≤ λ(In ) + n = λ(In ) +
n=1
2 n=1
≤ µ∗ (A) + 2.
µ∗ (A\I) + µ∗ (A ∩ I) ≤ µ∗ (A) + 2, for every > 0, alorsµ∗ (A\I) + µ∗ (A ∩ I) ≤ µ∗ (A).
10
Corollaire 1.2.3. B(R) ⊆ Mµ (R).
Démonstration : B(R) = ensemble de Borel = σ-algèbre engendré par les ouverts. Puisque les in-
tervalles ouverts dans R sont mesurables et que Mµ (R) est un σ-algèbre, B(R) ⊆ Mµ (R).
11
1.3 Fonctions mesurables
Convention: µ = mesure quelconque, M = domaine µ ⊆ P(X).
Définition 1.3.1. Soit f : X −→ Y , où Y est un espace topologique. f est mesurable ssi pour tout ouvert
V ⊆ Y , f −1 (V ) est mesurable.
Proposition 1.3.1. Si f : I −→ R est continue alors f est mesurable par rapport à la mesure de Lebesgue.
0 si x ∈ Q,
Exemple 1.3.1. Soit f (x) = . Soit V ouvert,
1 si x 6∈ Q.
R si 0∈V et 1∈V,
−1 Q si 0∈V et 1 6∈ V ,
f (V ) =
Qc si 0 6∈ V et 1∈V,
∅ si 0 6∈ V et 1 6∈ V
f1 (x) = x,
3
2x si 0 ≤ x ≤ 13 ,
1
f2 (x) = 2 si 13 ≤ x ≤ 32 ,
3 1
2x − 2 si 23 ≤ x ≤ 1.
Soit f : [0, 1] −→ [0, 1] la fonction f (x) = limn→∞ fn (x). Nous avons f 0 (x) = 0 ssi x 6∈ C, où C est l’ensemble
de Cantor. Notez que f (x) n’est même pas continue pour x ∈ C et que f (x) est monotone (non décroissant).
On verra plus tard que f es mesurable.
3
f1
4
1
2
f2
1
4
1 2
3 3 1
12
Proposition 1.3.2. Si f : X −→ R est mesurable et h : R −→ R est continue, alors h ◦ f est mesurable.
Démonstration : V ⊆ R ouvert.
h−1 (V ) ouvert parce que h est continue et V est ouvert. Alors, f −1 (h−1 (V )) est mesurable parce que f
est mesurable.
Exemple 1.3.3. Si f (x) est mesurable, cf (x) l’est pour tout c ∈ R. La fonction g(x) = (f (x))2 − 1 est aussi
mesurable.
Définition 1.3.2. Soit R = [−∞, ∞] = R∪{±∞} avec la topologie standards. Par exemple, (1, ∞] et (1, ∞)
sont ouverts, est 1/x2 est une fonction continue.
1•
• •
0 1
E si 1 ∈ V ,
Démonstration : χ−1
E (V )=
∅ si 1 ∈
6 V.
13
Corollaire 1.3.1. Φ(u, v) = u + v =⇒ u, v mesurable =⇒ u + v l’est aussi. Similairement, Φ(u, v) = u · v
=⇒ u, v mesurables =⇒ u · v mesurable.
Dans le deux cas précédent, nous pouvons prendre Y = R ou Y = [0, +∞]. Ne pouvons pas prendre
Y = [−∞, +∞] parce que on pourrait avoir u(x) + v(x) = ∞ − ∞.
Définition 1.3.4. Une fonction simple est un s ∈ M(X, C) ou s ∈ M(X, R) tel que s(X) est un ensemble
fini. Allons définir Z X
sdµ = αi µ(s−1 (αi )).
X αi ∈s(X)
Exemple 1.3.6. χQ est χE sont simples, pour tout E ∈ M. Soit s la fonction donnée par le graphique
suivant:
Alors, Z
s = 1 · µ(s−1 (1)) + 2 · µ(s−1 (2)) + 3 · µ(s−1 (3)) + 5 · µ(s−1 (5)) + 0 · µ(s−1 (0)).
∞ si a > 0,
Convention: Si a ≥ 0, a · ∞ =
0 si a = 0.
14
∞ si n = 2k,
Remarque 1.3.1. Dans [−∞, ∞], an = est une suite, bn = n2 n’est pas une suite
1 si n = 2k + 1.
convergente.
Remarque 1.3.2.
Proposition 1.3.4. Soit f : X −→ [−∞, +∞], et µ = les ensemble mesurables. Si f −1 ((−α, ∞]) ∀α ∈ R,
alors f est mesurable.
∞
[ ∞
[
[−∞, α) = [−∞, αn ] = ((αn , ∞]c )
n=1 n=1
[∞ ∞
[ ∞
[
f −1 ((−∞, α)) = f −1 ([−∞, αn ]) = f −1 ((αn , ∞]c ) = [X\f −1 ((αn , ∞])] ∈ M,
n=1 n=1 n=1
puisque M est un σ-algèbre.
Par conséquent (α, β) ∈ Ω. Tout ouvert contenu dans R est l’union dénombrable d’intervalles ouverts.
Alors U ouvert =⇒ U ∈ Ω.
15
S∞
Démonstration : g −1 ((α, ∞]) = n=1 f −1 ((α, ∞]), g(x) ∈ (α, ∞]. S Mais g(x) ≥ fn (x) ∀n, et puisque
∞
est le supremum, il existe n tel que fn (x) ≥ α. Alors x ∈ n=1 fn−1 ((α, ∞]). Par contre, si
g(x) S
∞ −1
x ∈ n=1 fn ((α, ∞]) alors il existe n tel que fn (x) > α. Nous avons g(x) = sup fn (x) > α et donc
x ∈ g −1 ((α, ∞]). Puisque les fn sont mesurables, g −1 ((α, ∞]) est un ensemble mesurable pour tour α.
Alors g est aussi mesurable.
Même chose aurai pour les infimums (pouvez utiliser que inf(an ) = − sup(−an )). Et
h(x) = limn fn (x) = inf sup fn (x) .
k≥1 n≥k
Corollaire 1.3.2.
(i) Si fn ∈ M(X, R) ∀n alors limn→∞ fn (x) ∈ M(X, R), si elle existe.
Démonstration :
(iii) max{f (x), g(x)} = sup{f (x), g(x)} ∈ M(X, [−∞, ∞]). Même chose pour min {f, g}.
16
Théorème 1.3.3. Soit f : X −→ [0, +∞] mesurable. Il existe des fonctions simples sn sur X telles que
(1) 0 ≤ s1 ≤ s2 ≤ · · · ≤ f .
(2) sn (x) −→ f (x) ∀x ∈ X.
Démonstration : Prenez
i−1
2n si i−1
2n ≤ f (x) ≤
i
2n , i = 1, . . . , n2n .
sn (x) =
n si f (x) ≥ n.
sn (x) est simple et mesurable si f (x) l’est. De plus, 0 ≤ sn (x) ≤ f (x), 0 ≤ f (x)−sn (x) ≤ 21n si f (x) < n.
Si f (x) < ∞, lorsque n −→ ∞, nous avons sn (x) −→ f (x). Si f (x) = ∞, alors sn (x) = n −→ ∞ = f (x).
Ne reste qu’à montrer que sn (x) ≤ sn+1 (x). Si f (x) ≥ n + 1, sn (x) = n ≤ sn+1 (x) = n + 1. Si
n+1
n ≤ f (x) ≤ n + 1 alors sn (x) = n = 22n+1n ≤ sn+1 (x). Enfin, f (x) ≤ n, il existe i, 1 ≤ i ≤ 2n n tel que
i−1 2(i − 1)
sn (x) = n
= .
2 2n+1
i−1 i 2(i−1) 2i
Puisque, dans ce cas, 2n ≤ f (x) ≤ 2n . Nous avons que 2n+1 ≤ f (x) ≤ 2n+1 . Alors,
2(i − 1)
sn+1 (x) ≥ = sn (x).
2n+1
17
1.4 Intégration
Définition 1.4.1. Soit s : X −→ [0, +∞) une fonction simple (toujours mesurable)
n
X
s= αi χAi .
i=1
f (n) si n ≤ N
Exemple 1.4.2. X = N, µ = m0 , M = P(X). Soit f (n) = 1/2n et sN = . Alors sN est
0 si n > N
simple, et sN ≤ f . Nous avons
Z XN XN
1 1
sN dµ = n
µ({n}) + 0 · µ((N, +∞)) = n
X n=1
2 n=1
2
Z XN
1
f dµ ≥
X n=1
2n
Z X∞
1
f dµ ≥ n
= 1.
X n=1
2
18
En fait, on peut montrer que ∀ > 0 il existe K tel que
XN Z Z X∞
1 1
N > K =⇒ n
≥ f dµ − =⇒ f dµ = (Exercice)
n=1
2 X X n=1
2n
Proposition 1.4.1.
R R
(i) Si 0 ≤ f ≤ g alors f dµ ≤ E gdµ.
E
R R
(ii) Si A ⊆ B et f ≥ 0 alors A f dµ ≤ B f dµ.
R R
(iii) Si f ≥ 0 et c ≥ 0 constante, alors E cf dµ = c E f dµ.
R
(iv) Si f (x) = 0 ∀x ∈ E, alors E f dµ = 0.
R
(v) Si µ(E) = 0 alors E f dµ = 0.
R R
(vi) Si f ≥ 0 alors E f dµ = X χE · f dµ.
Démonstration :
R R
R s ≤ f alors
(i) Si R s ≥ g. Donc E
f dµ est un suprémum sur un plus petit ensemble que E
gdµ. Alors
E
f dµ ≤ E
gdµ.
(ii) Soit s ≤ f sur B. Alors
Z N
X N
X Z
sdµ = αi µ(A ∩ Ai ) ≤ αi µ(B ∩ Ai ) = sdµ
A i=1 i=1 B
(iii) s ≤ f ⇐⇒ cs ≤ cf .
Z Z Z Z
cf dµ = sup csdµ = sup c sdµ = c sup sdµ, car c ≥ 0
E cs≤cf E s≤f E s≤f E
Z
=c f dµ
E
19
R R
(vi) X
χE · f dµ = sups≤χE ·f X
sdµ puisque χE = 0, x 6∈ E, on peut se restreindre aux s telles que
s = 0 sur E c . Alors Z Z Z
χE · f dµ = sup sdµ = f dµ.
X s≤f E E
R
Remarque 1.4.2. Donnée f ≥ 0, ϕ(E) = E
f dµ est une mesure.
Théorème 1.4.1 (Convergence Monotone). Soit fn ∈ M(X, [0, +∞]) telles que
Remarque 1.4.3. f (x) ∈ M(X, [0, +∞]) puisqu’il est la limite de fonctions mesurables.
R R R
Démonstration : fn ≤ fn+1 R puisque fn ≤ fn+1 . Alors il existe
R α ∈R [0, +∞] tel que X fn dµR −→ α.
Donc f ∈ M(X, [0, +∞]) =⇒ X f dµ est définie et fn ≤ f =⇒ fn ≤ f , ∀n ∈ N. Alors α ≤ X f dµ.
Soit 0 ≤ s ≤ f , s simple, 0 < c < 1 fixé. Posons
Prenez n → ∞, Z Z
α = lim fn dµ ≥ c lim sdµ.
n→∞ X n→∞ En
R R R
Puisque En ⊆ En+1 et s ≥ 0, la suite En sdµ est monotone. Donc limn→∞ En sdµ = X sdµ. Nous
R R
avons α ≥ c X sdµ, ∀c ∈ (0, 1) et ∀0 ≤ s ≤ f . Alors α ≥ X sdµ ∀0 ≤ s ≤ f . Donc
Z Z
α ≥ sup sdµ = f dµ
0≤s≤f X X
R R
Puisqu’on avait déjà α = limn→∞ X
fn dµ ≤ X
f dµ, avons terminé.
Corollaire 1.4.1. Pouvons prendre les si du Théorème 1.3.3 pour définir l’integrale de f ≥ 0, c’est à dire
que Z Z
lim sn dµ = f dµ
n→∞ X X
20
Proposition 1.4.2. Si s, t ∈ M(X, [0, +∞]) sont simples, alors
Z Z Z
(s + t)dµ = sdµ + tdµ
X X X
Pn Pm Sm
Démonstration : s =
Sm
a χ , t =
S n j Ej
j=1 k=1 bk χFk . Avons que Ej = k=1 (Ej ∩ Fk ) puisque
k=1 F k = X. Aussi Fk = j=1 (E j ∩ F k ). Notez que F i ∩ F j = ∅ si i 6
= j. Même chose pour les
Ei . Alors
Z Z n
X m
X
s+ f= aj µ(Ej ) + bk µ(Fk )
j=1 k=1
Xn m
X m
X n
X
= aj µ(Ej ∩ Fk ) + bk µ(Fk ∩ Ej )
j=1 k=1 k=1 j=1
Xn Xm
= (aj + bk )µ(Fk ∩ Ej )
j=1 k=1
Z
= (s + t),
S
puisque l’image de la fonction Im(s + t) = Im(s) + Im(t) et j,k (Fk ∩ Ej ) = X,
et cette union est disjoint.
R R R
Corollaire 1.4.2. f, g ∈ M(X, [0, +∞]) =⇒ f +g = f+ g.
R R R
Démonstration : Prenons sn % f , tn % g, alors (sn + tn ) % (f + g) et (sn + tn ) = sn + tn . Le
Théorème de convergence monotone implique que
Z Z Z Z Z
(f + g) = lim (sn + tn ) = lim (sn + tn ) = lim sn + tn
n→∞ n→∞ n→∞
Z Z Z Z Z Z
= lim sn + lim tn = lim sn + lim tn = f + g.
n→∞ n→∞ n→∞ n→∞
P∞ R P∞ R
Corollaire 1.4.3. fn ∈ M(X, [0, +∞]), ∀n et f (x) = n=1 fn (x). Alors f (x) = n=1 fn (x).
21
PN
Démonstration : gN = n=1 fn ∈ M(X, [0, +∞]), gN +1 (x) ≥ gN (x), ∀x ∈ X puisque
P∞ P∞ P∞ P∞
Corollaire 1.4.4. Si aij ≥ 0 ∀i, j ∈ N, alors i=1 j=1 aij = j=1 i=1 aij .
R P∞ P∞ P∞ P∞ P∞
mais N g(n) = n=1 g(n). L’egalité précédent implique que i=1 j=1 fj (i) = j=1 i=1 fj (i)
puisque fj (i) = aij .
R R
Démonstration : Posons gk (x) = inf i≥k (fi (x)). Nous avons gk (x) ≤ fk (x) ∀k ∈ N. Alors gk ≤ fk ,
rappelez que gk ∈ M(X, [0, +∞]) puisque c’est le inf de fonctions mesurables. Donc
Z Z
lim inf gk ≤ lim inf fk .
k→∞ k→∞
Mais gk+1 ≥ gk ≥ 0 ∀k. Par conséquent la limite limk→∞ gk (x) existe et donc
lim inf(gk ) = lim gk (x) = lim inf fi (x) = lim inf fk (x).
k→∞ k→∞ k→∞ i≥k k→∞
22
Avons donc que
Z Z Z
lim inf fk = lim gk = lim gk par convergence monotone
k→∞ k→∞ k→∞
Z
≤ lim inf fk .
k→∞
Remarque 1.4.5. Prenons X = R, µ = m, fn = χ[0,1] si n est pair, fn = 1 − χ[0,1] si n est impair. Notez
que Z Z
f2k dm = 1 et f2k+1 dm = +∞.
R R
· · · = f2 = f4 = f6 = · · ·
1
· · · = f1 = f3 = f5 = · · ·
0 1
De plus,
Z Z
lim inf fn = 1 = lim inf fi = lim (inf{1, +∞}) ,
n→∞ n→∞ i≥n n→∞
lim inf fn (x) = lim inf (fn (x)) = lim inf {0, 1} = 0,
n→∞ n→∞ i≥n n→∞ i≥n
Z Z
=⇒ lim inf fn = 0 < 1 = lim inf fn .
R
Convention : Si on écrit f on suppose implicitement que celle-ci est définie.
23
Définition 1.4.4. Soit Y ⊆ R ou Y = C. Nous définissons
Z
L1 (X, µ, Y ) = f ∈ Mµ (X, Y ) / |f |dµ < ∞
X
R
Proposition 1.4.3. Si f ∈ L1 alors X
f dµ est définie.
R
Proposition 1.4.4. Si f ∈ L1 (X, µ, C) alors X
f dµ est définie.
Démonstration : Semblable
p à celle de la Proposition 1.4.3 mais on utilise |f | ≥ |u| ≥ u± et |f | ≥ |v| ≥
±
√
v . (Rappelez que |f | = f · f = u2 + v 2 ).
1
Alors
R αf +R βg ∈R L (X,R µ, Y ). Maintenant,
R nous allons démontrer que f, g ∈ L1 (X, µ, Y ) implique que
f + g = f + g et αf = α f .
24
Supposons f, g ∈ L1 (X, µ, R). Soit h = f + g. Nous avons
h+ − h− = f + − f − + g + − g −
h+ + f − + g − = f + + g + + h+
Z Z
h+ + f − + g − = f + + g + + h− .
Z Z Z
h = f + g.
=α f dµ.
X
25
Si f ∈ L1 (X, µ, C), alors
Z Z Z
if dµ = i(u + iv)dµ = (iu − v)dµ
X
ZX Z X
Z Z
= −vdµ + i udµ = − vdµ + i udµ
X X X X
Z Z
=i udµ + i vdµ
Z X X
=i f dµ.
X
Z Z Z
f + g = (u + iv) + (s + it) = (s + u) + i(v + t)
Z Z
= u+s+i v+t
Z Z Z Z
= u+ s+i v+ t
Z Z Z Z
= u+i v + s+i t
Z Z
= f + g.
26
Démonstration : f ∈ L1 (X, µ, R). Nous savons que −|f | ≤ f ≤ |f | ∀x ∈ X. Alors
0 ≤ f + |f | ≤ 2|f |
Z Z
0 ≤ (f + |f |)dµ ≤ 2|f |dµ
Z Z Z
0 ≤ f + |f | ≤ 2 |f |
Z Z Z Z Z
− |f | ≤ f ≤ |f | =⇒ f ≤ |f |.
R
Si f ∈ L1 (X, µ, C) posons z = E f dµ. Sans pertre g 6= 0. Posons α = |z| z
. Alors |α| = 1 et
αz = |z| = |z| ∈ R . Posons u = Re(αf ) et v = Im(αf ). Alors u ≤ |αf | = |α||f | = |f | avec egalité ssi
zz +
= |f |dµ.
E
R R
Remarque 1.4.6. Si f, g ∈ L1 (X, µ, R) alors f ≤ g =⇒ E f ≤ E g. En fait
Z Z Z Z Z
f ≤ g =⇒ 0 ≤ g − f =⇒ 0 ≤ (g − f ) = g− f =⇒ ≤ g.
E E E E E
Théorème 1.4.3 (Théorème de convergence dominée de Lebesgue). Soit fn ∈ M(X, C) telles que il existe
f (x) = limn→∞ fn (x) ∀x ∈ X. S’il existe g ∈ L1 (µ) telle que |fn (x) ≤ g(x)| ∀x ∈ X et ∀n ∈ N, alors f ∈ L1
et nous avons que Z Z Z
lim |fn − f |dµ = 0 et lim fn dµ = f dµ.
n→∞ X n→∞ X X
27
De plus, |fn − f | ≤ |fn | + |f | ≤ g + g = 2g =⇒ 0 ≤ 2g − |fn − f |. Donc
Z Z
2gdµ = lim inf(2g − |fn − f |)dµ
X X n→∞
Z
≤ limn 2g − |fn − f |dµ , par le Lemme de Fatou
ZX Z
= limn 2gdµ − |fn − f |dµ
X
Z XZ
= 2gdµ + limn − |fn − f |dµ
ZX Z X
Mais Z Z
0 ≤ limn |fn − f |dµ ≤ limn |fn − f |dµ ≤ 0.
X X
Comme lim = lim, la suite converge vers leur valuer commune. Par conséquent
Z
lim |fn − f |dµ = 0.
n→∞ X
R R R R
Enfin, 0 ≤ fn − f = (fn − f ) ≤ |fn − f |. Donc
Z Z Z
0 ≤ fn dµ − f dµ ≤ |fn − f |dµ −→ 0.
X X X
R R
Alors X
fn dµ −→ X
f dµ.
Rb
Remarque 1.4.7. Soit f ∈ C 0 [a, b] continue. Alors a |f |dx = 0 =⇒ f ≡ 0. Mais c’est pas vrai pour
fonctions mesurables : Z Z
χQ dm = 1dm = 0 puisque m(Q) = 0.
R Q
Définition 1.4.6. On dit qu’une propriété est vrai presque partout (par rapport à µ), ou p.p.(µ) sur X,
si elle est vrai ∀x ∈ X\E où µ(E) = 0.
28
Nous allons écrire f ∼ g si f = g p.p.(µ). Si µ est une mesure complète, alors ∼ est une relation d’équivalence.
(2) f ∼ g ssi g ∼ f parce que f (x) = g(x) p.p.(µ) ⇐⇒ g(x) = f (x) p.p.(µ).
(3) Si f ∼ g et g ∼ h alors f (x) = g(x) ∀x ∈SX\E et g(x) = h(x) ∀x ∈ X\F oùSµ(E) = µ(F ) = 0. Nous
avons f (x) = h(x) sauf sur G et G ⊆ E F puisque µ est complète et µ(E F ) = µ(E) + µ(F ) = 0.
Donc µ(G) = 0 et f ∼ h.
Remarque 1.4.8. Donné une mésure µ nous pouvons toujours l’étendre aux sous-ensembles des ensembles
de mesure 0, c’est-à-dire la compléter.
R R
Proposition 1.4.7. Si f ∼ g (µ) alors E
f dµ = E
gdµ, ∀E ∈ M.
Définition 1.4.7. Soit µ une mesure complète. On dit que f est définie p.p.(µ) si f : E −→ Y où E ∈ M
et µ(E c ) = 0. Un tel f est mesurable si pour tout ouvert V ⊆ Y , E ∩ f −1 (V ) ∈ M.
d 1 si x > 0, Rx
Exemple 1.4.4. H(x) = dx (|x|) = Pas définie en x = 0, mais 0 H(t)dt = |x|.
−1 si x < 0.
R
Remarque 1.4.9. Pouvons donc définir L1 (X, µ, R). Si f, g ∈ M(X, R), X
|f |dµ < ∞, alors
R
Théorème 1.4.4. Si f ∈ L1 (µ) et X
|f |dµ = 0 alors f = 0 p.p.(µ).
29
Démonstration : Soit An = {x / |f (x)| > 1/n}, n ∈ N. Nous avons
Z Z Z
1 1
0= |f |dµ ≥ |f |dµ ≥ dµ = µ(An ) ≥ 0.
X An An n n
S∞
Alors µ(An ) = 0 ∀n ∈ N. Posons A = {x ∈ E / |f (x)| > 0}. Donc A = n=1 An et
∞
! ∞
[ X
0 ≤ µ(A) ≤ µ An ≤ µ(An ) = 0.
n=1 n=1
R R
Corollaire 1.4.5. Si f, g ∈ L1 (µ) et E
f dµ = E
gdµ, ∀E ∈ M, alors f = g p.p.(µ).
30
CHAPITRE 2
ANALYSE FONCTIONELLE
Théorème 2.1.1. Il existe toujours une base pour un espace vectoriel. Cette base peut avoir un nombre
infini d’éléments (dim(V ) = ∞).
Il existe B = {uα }, uα ∈ V , telle que les uα sont linéairement independent et ∀v ∈ V , nous pouvons écrire
v = c1 uα1 + · · · + cn uαn
Probléme : B est ´norme (dans tous les cas qui nous concerneront, non-dénombrable).
P∞
Solution : Soit (un )∞
n=1 une base de Schauder, alors ∀v ∈ V , ∃!an tel que v = n=1 an un .
PN
Probléme : Suite sN = n=1 an vn doit converger.
Notions de convergence :
C0
(1) ϕn −→ ϕ ssi supx∈X |ϕn (x) − ϕ(x)| −→ 0.
ponc
(2) ϕn −→ ϕ ssi ϕn (x) −→ ϕ(x), ∀x ∈ X.
L1 R
(3) ϕn −→ ϕ ssi X
|ϕn − ϕ|dµ −→ 0.
µ
(4) ϕn −→ ϕ (en mesure) si ∀ > 0, δ > 0, ∃N tel que n ≥ N =⇒ µ(|ϕn − ϕ| > δ) < .
0 si 0 ≤ x ≤ 21 − n1 ,
n 1 n
Exemple 2.1.1. Soit fn (x) = 2x + 2 − 4 si 12 − n1 ≤ x ≤ 12 + n1 ,
1 si x > 12 + n1 .
31
1
3
4
1
f4
2
1
4
0 1 1 3 1
4 2 4
2
n x si 0 ≤ x ≤ n1 ,
Exemple 2.1.2. Soit gn (x) = −n2 x + 2n si n1 ≤ x ≤ n2 ,
0 si n2 ≤ x ≤ 1.
Z 1
gn dx = 1
0
0 1 2 1
n n
Remarque 2.1.1. Une suite an dans une espace m´triqu diverge si ∀N , ∃m ≥ N tel que d(am , aN ) ≥ c > 0
et c est indépendent de N . Nous avons
0 si 0 ≤ x ≤ 21 ,
ponc 1
fn (x) −→ f (x) = si x = 12 ,
2
1 si 12 < x ≤ 1.
ponc
gn (x) −→ 0
ponc
Convergence C 0 : fn diverge, sinon on aurait fn (x) −→ f (x). Si sup0≤x≤1 |fn (x) − f (x)| −→ 0 alors
|fn (x) − f (x)| −→ 0 ∀x ∈ [0, 1]. Donc fn (x) −→ f (x) ∀x ∈ X. Mais la limite uniforme de fonctions continues
est continue. Aussi, gn diverge et sup0≤x≤1 |gn − gn+1 | > 1. De plus, fn et gn convergent ponctuellement
R1 R1
mais divergent au sens C 0 . Au sens L1 , nous étudions 0 |fn − f |dx. Comme 0 |fN − f |dx ≤ n2 · 1 −→ 0,
L1
nous avons fn −→ f . Par contre, gn diverge dans L1 , parce que
Z 1 Z 1/2n Z 1/2n Z 1/2n 2 1/2n
2 2 2 2x 3
|g2n − gn |dx > |g2n − gn |dx = (4n x − n x)dx = 3n xdx = 3n = .
0 0 0 0 2 0 8
32
Somaire ponc C0 L1
fn converge diverge converge
gn converge diverge diverge
h1 (x) = 1
1 sur [0, 1/2], 0 sur [0, 1/2),
h2 (x) = h3 (x) =
0 sur (1/2, 1]. 1 sur [1/2, 1].
1 sur [0, 1/4], 0 sur [0, 1/4) ∪ (1/2, 1],
h4 (x) = h5 (x) =
0 sur (1/4, 1]. 1 sur [1/4, 1/2].
R1
Nous avons µ({x / |hN (x) − 0| > δ}) −→ 0, c’est-à-dire hn −→ 0. Aussi, 0
|hn (x) − 0|dx −→ 0 et donc
L1
hn −→ 0. D’autre part, hn diverge ponctuellement.
Définition 2.1.1. Soit V un espace vectoriel sur F. Un norme sur V est une fonction
|| || : V −→ [0, +∞)
telle que :
Exemple 2.1.3.
Remarque 2.1.2. Si (V, || ||) est un espace vectoriel normé, on peut définir une métrique (et ainsi un
topologie sur V par d(u, v) = ||u − v||).
(2) d(v, u) = ||v − u|| = | − 1|||u − v|| = ||u − v|| = d(u, v).
(3) d(u, v) = ||u − v|| = ||u − w + w − v|| ≤ ||u − w|| + ||w − v|| = d(u, w) + d(w, v).
Rappel : Une suite an dans un espace métrique (X, d) est une suite de Cauchy ssi ∀ > 0, ∃N tel que
n, m ≥ N =⇒ d(an , am ) < . Un espace métrique (X, d) est complet ssi toute suite de Cauchy est conver-
gente.
33
Définition 2.1.2. Un espace de Banach est un espace vectoriel normé complet.
Exemple 2.1.4.
R
(3) Lp (X, µ, F) = f ∈ Mµ (X, F) / X |f |p dµ < ∞ / ∼, où ∼ est la relation d’équivalence = p.p.(µ). Si
R 1/p
1 ≤ p < ∞, ||f ||p = X ||f ||p dµ .
(4) C 0 [a, b] = {f : [a, b] −→ F / f continue}, ||f ||u = supx∈[a,b] |f (x)|. Nous savons que C 0 [a, b] est un
espace vectoriel. Nous vérifions que || ||u est une norme. Notez que 0 ≤ ||f ||u , ||f || < ∞ puisque [a, b]
est compacte.
(a) ||0||u = supx∈[a,b] |0| = 0. Si ||f ||u = 0 alors supx∈[a,b] |f (x)| = 0. Donc |f (x)| = 0 ∀x ∈ [a, b]. Par
conséquent f (x) = 0 ∀x ∈ [a, b].
(b) c ∈ R, ||cf ||u = supx∈[a,b] |cf (x)| = supx∈[a,b] |c||f (x)| = |c| supx∈[a,b] |f (x)| = |c|||f ||u .
(c) ||f + g||u = supx∈[a,b] |f (x) + g(x)| ≤ supx∈[a,b] (|f (x)| + |g(x)|). Aussi,
|f (x)| ≤ ||f ||u , |g(x)| ≤ ||g||u =⇒ |f (x)| + |g(x)| ≤ ||f ||u + ||g||u .
Donc ∀x ∈ [a, b], la suite (fn (x)) dans F est une suite de Cauchy,
Mais F est complet. Alors fn (x) −→ f (x), ∀x ∈ [a, b]. Soit f : [a, b] −→ F la fonction donnée par
f (x) = limn→∞ fn (x). Devons montrer qu’elle est continue. Nous avons
Alors ∀ > 0 ∃N tel que n ≥ N =⇒ supx∈[a,b] |fn (x) − f (x)| < . Donc |fn (x) − f (x)| < , ∀x ∈ [a, b].
Alors fn −→ f uniformément et donc f est continue.
Exemple 2.1.5. (Q, | |) est un espace vectoriel normé non-complet, pas de Banach.
34
1
n k ≤ n,
Alors (V, || ||) est un espace normé, mais pas complet. Considérons la suite a = (akn )∞
k=1 = 2k :
0 k>n
a1 = (1/2, 0, . . . )
a2 = (1/2, 1/4, 0, . . . )
a3 = (1/2, 1/4, 1/8, 0, . . . )
..
.
Mais limn→∞ an 6∈ V .
Lemme 2.1.1. Si a ≥ 0, b ≥ 0 et 0 < λ < 1, alors aλ b1−λ ≤ λa + (1 − λ)b, avec égalité ssi a = b.
35
Alors f (t) atteint le maximum global en t = 1. Donc f (t) ≤ f (1) = 1 − λ, avec = ssi t = 1. Révenons à
aλ b1−λ ≤ λa + (1 − λ)b. Trivial si b = 0. Si b > 0 posons t = a/b. Nous avons
a λ a
f (t) = −λ ≤ f (1) = 1 − λ
b b
aλ b−λ − λab−1 ≤ 1 − λ
aλ b1−λ − λa ≤ (1 − λ)b
aλ b1−λ ≤ λa + (1 − λ)b.
Théorème 2.1.2 (Inegalité de Hölder). Soit 1 < p < ∞ et p1 + 1q = 1 (donc 1 < q < ∞). Si f, g ∈ M(X, F),
alors
||f · g||1 ≤ ||f ||p · ||g||q .
Démonstration : Si ||f ||p = 0 ou ||g||q = 0 alors f · p = 0 p.p. (trivial). Assez de démontrer l’inegalité
si ||f ||p = ||g||q = 1, puisque si ||f ||p = α > 0, ||g||q = β > 0, alors
f
= 1 ||f ||p , g = 1 ||g||q .
α |α| β |β|
p q
Donc ||f · g||1 ≤ ||f ||p · ||g||q . Pouvons prendre ||f ||p = ||g||q = 1. Appliquons le lemme précédent avec
a = |f (x)|p ≥ 0 et b = |g(x)|q ≥ 0. Prenons λ = p1 . Alors 1 − λ = 1 − p1 = 1q . Nous avons
aλ b1−λ ≤ λa + (1 − λ)b
1 1
a1/p b1/q ≤ a + b
p q
1 1
|f (x)| · |g(x)| ≤ |f (x)|p + |g(x)|q
p q
Z Z Z
1 1 1 p 1 q
||f · g||1 = |f (x) · g(x)| ≤ |f (x)|p + |g(x)|q = (||f ||p ) + (||g||q )
X p X q X p q
1 1 1 1
= 1p + 1q = + = 1 = ||f ||p · ||g||q .
p q p q
36
Remarque 2.1.4.
(1) µ ≡ 0 exclue pour les espaces Lp . Nous exclurons également les espaces Lp tels que Lp = {0} ou Lp = ∅.
(2) Un sous-espace de Banach d’un espace de Banach est un sous-espace vectoriel qui est complet avec la
norme restreinte.
1 1
Corollaire 2.1.1. ||f · g||1 = ||f ||p · ||g||q où p + q =1 .
puisque nous avons intégré, ceci |f (x)|p = |g(x)|q p.p.. Ceci démontre cas ||f ||p = ||g||q = 1.
|f + g|p = |f + g| · |f + g|p−1
≤ (|f | + |g|) · |f + g|p−1
Z Z Z
=⇒ |f + g|p dµ ≤ |f | · |f + g|p−1 dµ + |g| · |f + g|p−1 dµ
X X X
= |||f | · |f + g|p−1 ||1 + |||g| · |f + g|p−1 ||1
≤ ||f ||p · |||f + g|p−1 ||q + ||g||p · |||f + g|p−1 ||q
Z 1/q
p−1 q
= (||F ||p + ||g||p ) |f + g| dµ .
X
37
1 1 1 1 p−1
Mais q + p = 1 =⇒ q =1− p = p =⇒ q(p − 1) = p. Alors,
Z 1/q
p p
(||f + g||p ) ≤ (||f ||p + ||g||p ) · |f + g|
X
p· q1
= (||f ||p + ||g||p ) · (||f + g||p )
1− q1
||f + g||pp ≤ ||f ||p + ||g||p
1/p
||f + g||pp ≤ ||f ||p + ||g||p
||f + g||p ≤ ||f ||p + ||g||p .
Exemple 2.1.8. Supposez que X set discret et µ est la mesure de comptage. Nous noterons
qX
lp (X, F) = Lp (X, µ, F) et ||v||p = p |vi |p .
Lemme 2.1.2. Un espace vectoriel normé X est complet ssi toute série telle que
∞
X
||xi || < ∞
i=1
est convergente.
38
P∞ PN
Démonstration P: Si X set complete et i=1 ||xi || < ∞, posons sN = n=1 xi . Alors M > N =⇒
M PN
||sM − sN || = N +1 xi ≤ N +1 ||xi || −→ 0. Donc SN est une suite de Cauchy et donc convergent.
P∞ P∞
Supposons que i=1 ||xi || < ∞ =⇒ i=1 xi convergente. Soit an un suite de Cauchy (donc ∀ > 0, ∃
N tel que n, m > N =⇒ ||an − am || < .) Prenons n1 < n2 < · · · tels que ||an − am || < 2−j , ∀ m, n > nj .
Posons x1 = an1 , . . . , xj = anj − anj−1 pour j > 1. Alors
k
X
xi = an1 + (an2 − an1 ) + (an3 − an2 ) + · · · + (ank − ank−1 ) = ank .
i=1
Nous avons
∞
X ∞
X ∞
X
||xi || ≤ ||x1 || + ||xi || ≤ ||x1 || + 2−i
i=1 i=2 i=2
≤ ||x1 || + 1 < ∞.
k
X
=⇒ lim xi = lim ank existe.
k→∞ k→∞
i=1
P∞
Démonstration : Supposons que (fk ) ∈ Lp et k=1 ||fk ||p = β < ∞. Posons
n
X
Gn (x) = |fk (x)|,
k=1
G(x) = lim Gn (x).
n→∞
Nous avons
Z 1/p Z Xn
p !1/p n
X
n
X
||Gn ||p = |Gn |p = |fk | = |fk | ≤ ||fk ||p , par Minkowski.
k=1 k=1 p k=1
Alors Gn (x) ≤ Gn+1 (x), ∀x, ∀n. Aussi, Gn (x) ≥ 0, ∀n. Par le Théorème de convergence monotone
appliqué à Gp (x), nous avons
Z Z Z
(G(x))p = lim Gpn = lim Gpn = lim (||Gn ||p )p ≤ β p .
n→∞ n→∞ n→∞
39
P∞
Alors G(x) ∈ Lp et donc G(x)P< ∞ p.p.(µ). Puisque F est complet,
P∞par le lemme précédent, k=1 fk (x)
∞
converge p.p. Posons F (x) = k=1 fk (x). Nous avons |f (x)| ≤ k=1 |fk (x)| = G(x). Donc
Z Z
|F (x)|p ≤ |G(x)|p < ∞ / / / et / / / F ∈ Lp .
P∞ PN Pn Lp
Avons F (x) = k=1 fk (x) ∈ Lp et P k=1 fk (x) −→ F (x) p.p.. Reste à montrer k=1 fk (x) −→ F (x) si
n
n −→ ∞. Devons montrer que ||F − k=1 fk ||p −→ 0. Notez que
Xn Xn
F − fk ≤ |F | + fk ≤ 2G
k=1 k=1
Xn p R
F − fk ≤ (2G)p ∈ L1 , puisque G ∈ Lp =⇒ |G|p < ∞.
k=1
P∞ P∞
Alors k=1 ||fk ||p = β < ∞ =⇒ k=1 fk converge dans Lp . Donc Lp est complet.
Exemple 2.1.9.
(1, 0, 0, . . . , 0, . . . ) ∈ l1
(1, 1/2, 0, . . . , 0, . . . ) ∈ l1
(1, 1/2, 1/3, . . . , 0, . . . ) ∈ l1
↓
∞ dans L1 .
P
En général, lp (N) ⊆ lq (N) si p < q. Soit b ∈ lp (N), b = (bn )∞
n=1 , si |bn |p < ∞ alors bn −→ 0. Donc il
existe N tel que n ≥ N , |bn | < 1. Notez que
∞
X N
X ∞
X
||b||qq = |bn |q = |bn |q + |bn |q .
n=1 n=1 n=N +1
PN
Soit K = n=1 |bn |q . Si n ≥ N + 1 alors |bn | < 1 =⇒ |bn |q < |bn |p . Ceci implique
∞
X
||bn ||qq ≤ K + |bn |p ≤ K + ||b||pp < ∞.
n=N +1
40
Par conséquent b ∈ lq .
√
(2) Lp ([0, 1]). Soit f (x) = 1/ x. Nous avons
Z 1
1
||f ||1 = √ dx = 2 < ∞ =⇒ f ∈ L1 .
0 x
D’autre part,
Z 1 1/2
||f ||2 = (f (x))2 dx = ∞.
0
Si |f | ≥ 1 alors |f |p ≤ |f |q . Donc
Z Z Z Z
p q p q
||f ||p ≤ |f | + |f | ≤ |f | dµ + 1dµ ≤ ||f ||qq + µ(X).
|f |≥1 |f |<1 X X
0
1
R1
Nous avons ||f ||1 = √1 dx = 2 < ∞ =⇒ f ∈ L1 . Aussi,
0 x
Z 1/2 Z 1 1/2
1
||f ||2 = |f |2 dx = dx = ∞.
R 0 x
41
Donc f ∈ L1 (R)\L2 (R) et en général f ∈ Lp (R) pour 1 ≤ p < 2. D’autre part si g(x) = x1 χ[0,+∞) alors
Z ∞
1
||g||1 = dx = ∞,
0 x
1/2
1
||g||2 = dx = 1.
x2
Remarque 2.1.5. C 0 (X) et les fonctions simples sont tous deux denses dans Lp (X). Aussi, C ∞ (R) est
dense dans Lp (R). Cela implique que les limites dans Lp peuvent donner à des “dégénérations”importantes.
est compacte.
Proposition 2.1.1. Soit (X, µ) un espace de mesure tel que il existe des En ⊆ X avec Ei ∩ Ej = ∅ si i 6= j
et 0 < µ(En ) < ∞, ∀n ∈ N. Alors
Remarque 2.1.6. Si X = [0, 1], alors E1 = [0, 1/2), E2 = [1/2, 3/4), E3 = [3/4, 7/8), etc. Si X = Z, alors
Ei = {i}.
1
Démonstration : Soit fi (x) = χ .
(µ(Ei ))1/p Ei
Alors
Z 1/p
1
||fi ||p = χpEi dµ = 1 =⇒ fi ∈ B(0, 1).
X µ(Ei )
Si i 6= j,
Z 1/p Z 1/p Z 1/p
p p p
||fi − fj ||p = |fi − fj | = |fi + fj | dµ ≥ |fi | = ||fi ||p = 1.
X X X
Donc ||fi −fj || ≥ 1 ∀ i, j. C’est-à-dire que (fi ) n’est pas une suite de Cauchy et alors n’a pas de sous-suite
convergente. Ceci implique que B(0, 1) n’est pas compacte dans l’espace métrique Lp .
42
Aussi
∞
X
an fn = 0 p.p.(µ) =⇒ an = 0, ∀n.
n=1
Comment définir L∞ ? Pour Hölder : ||f · g||1 ≤ ||f ||p · ||g||q où p1 + 1q = 1. Donc p = 1 =⇒ q = ∞. Soit
f ∈ L1 . Nous avons
Z Z
|f · g|dµ ≤ sup |g| |f |dµ = ||f ||1 sup |g|, où g est continue.
X X X X
Exemple 2.1.11.
(1) X = Rn , Z, etc.
(2) (R, µ), avec µ la mesure de comptage, n’est pas σ-fini.
Définition 2.1.6. Soit (X, µ) un espace σ-fini, et f ∈ Mµ (X, F). Nous définissons
||f ||∞ = inf{a ≥ 0 / µ({x : |f (x)| > a}) = 0} = sup ess|f (x)|
x∈X
43
2.2 Applications entre espaces de Banach et dualité
Définition 2.2.1. Soit U et V espaces de Banach sur F. Une application T : U −→ V est linéaire ssi
∀u1 , u2 ∈ U et ∀c ∈ F :
Soit U et V espaces métriques, T : U −→ V linéaire. T est continue ssi ∀xn ∈ U telle que xn −→ x dans U
nous avons T xn −→ T x dans V .
b1 = (1, 0, 0, . . . )
2 1
b = 0, , 0, . . .
2
3 1
b = 0, 0, , 0, . . .
3
..
.
Nous avons ||bk ||l∞ = supn≥1 |bkn | = 1/k −→ 0. Alors bk −→ 0 dans l∞ . D’autre part,
n si k = 1,
(T (bk ))n =
0 sinon.
||T (bk )||l∞ = sup |(T (bk ))n | = k −→ ∞.
n≥1
Conclusion, T (bk ) diverge dans l∞ même si bk −→ 0 dans l∞ . Donc T n’est pas continue.
Définition 2.2.2. Soit U et V espaces de Banach. Une application linéaire T : U −→ V est bornée ssi il
existe C > 0 tel que
||Tx ||V ≤ C||x||U , ∀x ∈ U .
Ou équivalent : il existe C > 0 tel que
Remarque 2.2.1. Ne disons pas que ||T x|| ≤ K ∀x ∈ U . Ceci impliquerait ||T (λx)|| ≤ K ∀λ ∈ F. Alors
44
|λ|||T x|| ≤ K ∀λ ∈ F. Donc ||T x|| ≤ K/|λ| & 0 lorsque |λ| −→ ∞. Par conséquent ||T x|| = 0, ∀u ∈ U et
donc T x = 0.
Proposition 2.2.1. Soit T : U −→ V une application linŕaire entre espaces de Banach. Les trois conditions
suivantes sont équivalentes :
(1) T est continue.
Démonstration :
df
Remarque 2.2.2. Les fonctions C ∞ sont denses dans L2 ((0, 1)). On peut définir dx , avec f ∈ L2 ((0, 1)),
en prenant ϕn ∈ C ∞ , ϕn −→ f dans L2 , et
df dϕn
= lim
dx n→∞ dx
Un tel opérateur será linéaire, mais non bornée.
||T u||
||T || = sup ||T u|| = sup .
||u||=1 u6=0 ||u||
Remarque 2.2.3.
45
(3) Avec la norme d’oprateur, L(U, V ) est un espace de Banach. Notez que L(U, V ) est un espace vectoriel
avec
(T + S)(u) = T u + Su,
(cT )(u) = cT u.
||T u||
||T || = 0 ⇐⇒ sup = 0 ⇐⇒ T u = 0, ∀u ∈ U ⇐⇒ T est l’operateur 0.
u6=0 ||u||
||cT u|| ||T u|| ||T u||
||cT || = sup = sup |c| · = |c| · sup = |c|||T ||.
u6=0 ||u|| u6=0 ||u|| u6=0 ||u||
||T u + Su|| (||T u|| + ||Su||) ||T u|| ||Su||
||T + S|| = sup ≤ sup ≤ sup + sup = ||T || + ||S||.
u6=0 ||u|| u6=0 ||u|| u6=0 ||u|| u6=0 ||u||
Alors ∀u ∈ U , (Tn u) est une suite de Cauchy et donc limn→∞ Tn u existe ∀u ∈ U . Nous définissons
T u = limn→∞ Tn u. Notez que T est linéaire puisque les Tn le sont. Aussi,
Donc T ∈ L(U, V ).
1
2 0 −1 2 0
Remarque 2.2.4. Même pour des matrices, avons ≤, A = 1 , A = . Nous avons
0 2 0 2
A, A−1 ∈ L(R2 , R2 ) et
||A−1 || = 2,
A · A−1 = I,
||I|| = sup ||Iu||,
||u||=1
46
On définit L(U, U ) = Op (U ). Notez que Op (U ) est un algèbre de Banach; nous avons
A, B ∈ Op (U ) =⇒ A · B ∈ Op (U ),
I ∈ Op (U ), et
||AB|| ≤ ||A|| · ||B||.
Définition 2.2.5. T ∈ L(U, V ) est inversible, ou un isomorphisme ssi il existe T −1 tel que T −1 ∈ L(V, U ).
=⇒ T ∈ L(l∞ , l∞ ).
T −1 ((bn )∞
n=1 ) = (b1 , 2b2 , 3b3 , . . . )
Exemple 2.2.3.
T (a1 , a2 , . . . ) = (0, a1 , a2 , . . . )
Définition 2.2.7. Soit U un espace de Banach sur F. Une fonctionnelle linŕaire est une élément de
L(U, F) = U ∗ .
47
u1
Exemple 2.2.4. Si U = Rn , notons u ∈ U par u = ... . Soit f ∈ L(Rn , R) la fonctionnelle donnée par
un
u1
f (u) = a1 u1 + · · · + an un = (a1 , . . . , an ) · ...
un
P = {u / f (u) = 0} = Ker(f ).
Définition 2.2.8. Soit U un espace vectoriel réel. Une fonctionnelle sous-linéaire est une application
p : U −→ R telle que
Exemple 2.2.5.
Théorème 2.2.1 (Hahn-Banach). Soit U un espace de Banach sur R, p : U −→ R une fonctionnelle linéaire,
W un sous-espace vectoriel de U , et f : W −→ R bornée sur W telle que f (x) ≤ p(x), ∀x ∈ W . Alors il
existe F ∈ L(U, R) telle que F (x) ≤ p(x), ∀x ∈ U et F |W = f .
Remarque 2.2.5. Tant que p(x) est bornée sur la boule unitaire, F le sera aussi :
F (x) ≤ p(x),
F (−x) ≤ p(−x) = p(x)
−F (x) ≤ p(x)
F (x) ≥ −p(x).
48
Alors
sup {f (y) − p(y − x)} ≤ inf {p(x + y) − f (y)}.
y∈W y∈W
Soit α ∈ R avec
sup {f (y) − p(y − x)} ≤ α ≤ inf {p(x + y) − f (y)}.
y∈W y∈W
Définissons g : W ⊕ Rx comme
Alors g est linéaire et g|W = f , où W = {λ = 0}. Devons montrer que g(y + λx) ≤ p(y + λx), ∀λ ∈ R,
y ∈ W.
(1) x y et y z =⇒ x z.
(2) x y et y x =⇒ x = y.
(3) x x, ∀x ∈ E.
Définition 2.2.10. Soit (E, ). Un élément y ∈ E est une borne supérieure pour E ssi x y, ∀x ∈ E.
49
Définition 2.2.11. Un ordre partiel sur E est dit linéaire ssi ∀x, y ∈ E, x y ou y x.
Exemple 2.2.8. (R, ≤) est linéaire, mais (P(X), ⊆) ne l’est pas si #(X) > 1.
Axiome 2.2.1 (Lemme de Zorn). Si est un ordre partiel sur E et chaque sous-ensemble ordonné
linéairement de E a une borne supérieure, alors E a un élément maximal z, c’est-à-dire un z tel que
z x =⇒ x = z.
Soit G ∈ L(V, R), W ⊆ V ⊆ U . Soit f = G|W et G(x) ≤ p(x), ∀x ∈ V . Alors G définit un sous-espace de
V ×R⊆U ×R :
EG = {(x, a) / a = G(x)}.
Avons donc un ordre partiel sur l’ensemble de tels sous-espaces donné par ⊆, aver borne supérieure U × R.
Par le Lemme de Zorn, il existe un élément maximal dans cette collection : F ∈ L(U, R), F |W = f et
F (x) ≤ p(x), ∀x ∈ V .
Proposition 2.2.2. Soit V un espace vectoriel sur C, f ∈ L(V, C), et u = Re(f ). Alors u ∈ L(V, R) et
Si u ∈ L(V, R) alors f (x) = u(x) − iu(ix) ∈ L(V, C). Si V est normé, alors ||u|| = ||f ||.
Donc f (x) = u(x) − iu(x). Si u ∈ L(V, R) alors f (x) = u(x) − iu(ix) satisfera :
f (x + y) = f (x) + f (y)
f (cx) = cf (x), si c ∈ R,
f (ix) = u(ix) − iu(i2 x) = u(ix) − iu(−x)
= u(ix) + iu(x) = i(u(x) − iu(ix))
= if (x).
Donc f ∈ L(V, C). Enfin, |u(x)| = |Re(f (x))| ≤ |f (x)| est alors ||u|| ≤ ||f ||.
50
f (x)
Notons par || || la norme d’opérateur sur L(V, R) et L(V, C). Si f (x) 6= 0, posons α = |f (x)| ∈ C. Nous
avons
Définition 2.2.12. Soit U un espace vectoriel sur C. Une application p : U −→ R+ est dit une semi-norme
ssi |p(x + y)| ≤ p(x) + p(y) et p(λx) = |λ|p(x).
Théorème 2.2.2 (Hahn-Banach sur C). Soit U un espace vectoriel sur C et p(x) une semi-norme sur U .
Soit W ⊆ U un sous-espace vectoriel et f ∈ L(W, C) telle que |f (x)| ≤ p(x), ∀ x ∈ W . Alors il existe
F ∈ L(U, C) telle que F |W = f et |F (x)| ≤ p(x), ∀ x ∈ U .
Démonstration : Posons u = Re(f ). Par le Théorème de Hahn-Banach sur R, il existe une extension
e ∈ L(U, R) de u telle que
u
e(x) ≤ p(x), ∀ x ∈ U .
u
F (x)
e(x) − ie
Posons F (x) = u u(ix), et soit α = |F (x)| si F (x) 6= 0. Par la proposition précédent, nous avons :
51
Démonstration :
On peut appliquer le Théorème de Hahn-Banach pour obtenir F . Notez que W fermé =⇒ δ > 0.
(b) x ∈ U , x 6= 0. Nous utilisons (a) avec W = {0}. Alors
0 6= f (x − y) = f (x) − f (y)
f (x) 6= f (y).
Alors x̂ ∈ L(U ∗ , F) = U ∗∗ , ∀x ∈ U . Aussi |x̂(f )| = |f (x)| ≤ ||f || · ||x||. La partie (b) implique que
il existe f ∈ U ∗ telle que ||f || = 1 et f (x) = ||x||. Donc
|x̂(g)| |x̂(f )|
||x̂|| = sup ≥ = ||x||
g6=0 ||g|| ||f ||
(Lp )∗∗ = Lp .
Mais si c0 = ensemble des suites convergentes vers 0, alors (c0 )∗ = l1 . Si (an ) ∈ c0 , on peur définir
∞
X
ϕ(bn ) (an ) = an bn ∈ R
n=1
pour (bn ) ∈ l1 .
52
Mais (l1 )∗ = l∞ . Si (cn ) ∈ l1 , on peut définir
∞
X
ϕ(dn ) (cn ) = dn cn ∈ R, (dn ) ∈ l∞ .
n=1
Donc l1 ⊆ (c0 )∗ et l∞ ⊆ (l1 )∞ . Aussi, (c0 )∗∗ contient des éléments qui ne sont pas dans c0 .
Théorème 2.2.4. Soit U un espace de Banach, C 6= ∅ convexe et ouvert. Soit L un sous-espace affine de U
tel que L ∩ C = ∅. Alors il existe un hyperplan affine fermé H tel que L ⊆ H et H ∩ C = ∅.
Rappelez que :
C
q
p
p
53
Théorème 2.2.5. Soit C1 et C2 ensembles compactes et convexes, avec C1 ∩ C2 = ∅. Alors il existe un
hyperplan affine H qui les sépare.
C1
C2
Exemple 2.2.11 (Application de Hahn-Banach aux EDP). Soit D ⊆ R2 ouvert, simplement connexe.
Problème de Dirichlet :
uxx + uyy = 0,
∗
u|∂∇ = f, f ∈ C 0 (∂D).
Considérons l’espace de Banach U = (C 0 (∂D), || ||U ), et soit W ⊆ U le sous-espace
˜ : U −→ R telle
Alors ∆(f ) est bornée par p(f ) = ||f ||. Le Théorème de Hahn-Banach implique que il existe ∆
˜ ˜
que ∆|W = ∆ et |∆(g)| ≤ ||g||U , ∀g ∈ U . Pouvons interpreter ∆(g) comme étant solution à uxx + uyy = 0,
u|∂D = g en (x0 , y0 ).
Convention p1 + 1q = 1. Soit g ∈ Lq (X, µ, F), q ∈ [1, +∞]. (Donc, si q = ∞, on suppose que (X, µ) est σ-fini).
R
Définissons ϕg (f ) = X f · gdµ du pour f ∈ Mµ (X, F) si cette intégrale est définie.
54
Démonstration : Nous avons
Z
ϕg (cf ) = c f · g = cϕg (f ),
Z Z Z Z
ϕg (f + g) = (f + g) · g = (f · g + h · g) = f · g + h · g = ϕg (f ) + ϕg (h).
Alors ϕg est linéaire si elle est définie. Par l’inegalité de Hölder, nous avons
Z Z
|ϕg (f )| = f · g ≤ |f · g| = ||f · g||1 ≤ ||f ||p · ||g||q .
Alors
|ϕg (f )|
||ϕg || = sup ≤ ||g||q < ∞
f ∈Lp , f 6=0 ||f ||p
Proposition 2.2.4. ||ϕg || = ||g||q , ∀p ∈ [1, +∞]. Donc l’application ϕ : Lq −→ (Lp )∗ donnée par g 7→ ϕg
est une isométrie, et Lq est un sous-espace de Banach de façon canonique.
Démonstration : N’avons qu’à montrer ||ϕg || ≥ ||g||q . Si g ≡ 0 alors ϕ ≡ 0. Donc ||g||q = ||ϕg || = 0.
Supposons g 6= 0, 1 < p < ∞. Posons
g q−1 sign(g) g
f= , où sign(g) = ||g|| .
||g||q−1
q
Alors
Z q−1 p Z
g sign(g) 1
||f ||pp = = pq−p |g|pq−p .
||g||q−1
q ||g||q
1 1
Comme p + q = 1, nous avons q = pq − p. Donc
Z
1 ||g||qq
||f ||pp = |g|q = = 1.
||g||qq ||g||qq
Alors
Z
|ϕg (f )|
||ϕg || ≥ = |ϕg (f )| = f · g
||f ||p
Z Z
g q sign(g) 1
q
||ϕg || ≥ q−1 = q−1 |g|
||g||q ||g||q
1
||ϕg || ≥ ||g||qq = ||g||q .
||g||q−1
q
55
R
• Si q = 1 alors ϕ : Lq −→ (Lp )∗ est donnée par ϕg (f ) = g · f . Posons f = sign(g). Nous avons
||ϕg || ≤ ||g||q . Aussi f ∈ L∞ :
1 si g 6= 0,
||f || =
0 si g = 0.
Alors ||f ||∞ = 1 et
Z Z g Z
|ϕg (f )| = f · g = sign(g) · g = · g = ||g|| = ||g||1 .
||g||
• Si q = ∞ (g ∈ L∞ ) : voulons que ||ϕg || ≥ ||g||∞S. ∀ > 0, il existe A = {x / |g(x)| > ||g||∞ − },
∞
avec µ(A) > 0. Comme µ est σ-fini, nous avons i=1 (Ei ∩ A) = A où µ(Ei ) < ∞. Alors il existe j
tel que µ(Ej ∩ A) > 0. Posons B = Ej ∩ A et f = (µ(B))−1 χB sign(g). Nous avons :
Z Z
|sign(g)| 1
||f ||1 = χB · dµ = χB dµ = 1,
X µ(B) µ(B) X
Z Z Z
1
||ϕg || =
sup h · g ≥ f · g = χB · g · sign(g)dµ
h∈L1 , h6=0 µ(B)
Z Z
1 1
= |g|dµ = |g|dµ.
µ(B) B µ(B) B
Conclusion : Lq ⊆ (Lp )∗ isométriquement par ϕ. Verrons que Lq ∼ = (Lp )∗ avec 1 < p < ∞, et donc Lp
sera réflexif. D’autre part, nous avons (L ) = L si µ est σ-finie. Aussi, (L∞ )∗ % L1 , presque toujours.
1 ∗ ∞
Soit L∞ ([0, 1], µ, R) avec µ = mesure de Lebesgue. Soit ψ : C([0, 1]) −→ R l’application ψ(f ) = f (0). Nous
avons
|ψ(f )| = |f (0)| ≤ sup |f (x)| = ||f ||∞ , parce que f est continue.
[0,1]
Alors ∀f ∈ C([0, 1]) ⊆ L∞ . Par le Théorème de Hahn-Banach sur L∞ avec p = || ||∞ , il existe ψe ∈ (L∞ )∗
e C([0,1]) = ψ. Supposons que ψe ∈ L1 , c’est-à-dire que il existe g ∈ L1 telle que
telle que ψ|
Z 1
e )=
ψ(f f · gdµ.
0
Soit fn (x) = max{(1 − nx, 0)} ∈ C([0, 1]). Alors ψ(fe n ) = f (0) = 1, ∀n. Alors fn (x) −→ 0, ∀x ∈ (0, 1] et
donc
|fn (x) · g(x)| ≤ |g(x)| ∈ L1 .
56
Ceci implique Z 1
e n) =
1 = ψ(f fn · gdµ −→ 0, (contradiction).
0
Alors ψe ∈ (L∞ )∗ \L1 , et L1 n’est pas réflexif. Donc (L1 )∗∗ = (L∞ )∗ 6= L1 .
Démonstration : Soit x ∈ E c . Devons montrer que il existe une suite (xn ) ⊆ E telle que xn −→ x.
Nous choisissons xn ∈ B(x, 1/n) ∩ E. Alors xn −→ x.
∞
T∞ Let X be a complete metric space. Si {Un }n=1 est un suite
Théorème 2.2.6 (Théorème de Baire).
d’ensembles denses et ouverts, alors n=1 Un est dense dans X.
T∞
Démonstration : Soit W ouverts dans X. Il suffira de montrer W ∩( n=1 Un ) 6= ∅. Comme U1 ∩W 6= ∅
est ouvert, il existe B(x0 , r0 ) ⊆ U1 ∩ W . Sans perte, 0 < r0 < 1. Pour n > 0, posons xn ∈ X et
rn ∈ (0, 2−n ) comme suit :
Si n, m ≥ N , alors xn , xm ∈ B(xN , rN ) puisque rN −→ 0. Alors (xn ) est une suite de Cauchy et donc il
existe x = limN →∞ xN . Comme
T∞ xn ∈ B(xN , rTN ) ∀ n ≥ N , nous avonsT
x ∈ B(xN , rN ) ⊆ UN ∩B(x0 , r0 ) ⊆
∞ ∞
W ∩ UN , ∀N . Alors x ∈ N =1 (UN ∩ W ) = ( N =1 UN ) ∩ W . Donc ( n=1 Un ) ∩ W 6= ∅, ∀ W 6= ∅. Ceci
∞
implique que ∩n=1 Un est dense.
Soit X un espace métrique complet. Un sous-ensemble A ⊆ X est rare (ou nulle part dense) ssi
Int(A) = ∅. Le Théorème de Baire implique que si X estSun espace métrique complet, alors X n’est pas l’union
∞
dénombrable d’ensembles rares. Supposons que X 6= n=1 En ou chaque En est rare. Alors Int(En ) = ∅.
Donc 6 ∃ x ∈ En et > 0 tels que B(x, ) ⊆ En . Donc ∀ x ∈ En , ∃y ∈ (En )c tel que d(x, y) < .
•x y
•
T∞ S∞ S∞
Alors les (En )c sont denses et ouverts. Donc n=1 (En )
c
6= ∅. Par conséquent n=1 En ⊆ n=1 En 6= X.
57
Définition 2.2.15. Soit X et Y espaces topologiques. Une fonction f : X −→ Y et ouverte ssi
Exemple 2.2.12. Tout surjection linéaire f : Rn −→ Rm est ouverte. La fonction g : R −→ R donnée par
g(x) = x2 n’est pas ouverte, puisque f ((−1, 1)) = [0, 1).
Théorème 2.2.7 (Théorème de l’application ouverte). Soit U et V des espace de Banach. Si T ∈ L(U, V )
est une surjection, alors T est ouverte.
Remarque 2.2.9. Ceci montre que l’application T : l∞ (N) −→ l∞ (N) donnée par
a ∞
n
T ((an )∞
n=1 ) =
n n=1
n’est pas une surjection. Notez que T (B(0, 1)) n’est pas ouvert : s’el existait > 0 tel que B(0, ) ⊆ T (B(0, 1)),
alors 0 < < 1/n ∀ n. Donc T n’est pas ouverte.
S
Démonstration : Puisque tout ouvert A de U est l’union A = α B(xα , rα ) et
[
T (A) = T (B(xα , rα )),
α
et donc
T (B(xα , rα )) = T xα + rα T (B(0, 1)),
S∞ de montrer que ∀ y ∈ T (BU (0, 1)) il existe ρ tel que BV (y, ρ) ⊆ T (BU (0, 1)).
il suffit Comme
U = n=1 B(0, n) et T est surjectif, nous avons
∞
[
V = T (U ) = T (BU (0, n)).
n=1
Comme V est complet, par le Théorème de Baire, les T (BU (0, n)) ne sont pas tous rares. Ils sont
tous homéomorphes à T (BU (0, 1)). Donc T (BU (0, 1)) n’est pas rare. Alors Int(T (BU (0, 1))) 6= ∅. Ceci
implique que ∃ y0 ∈ V et r > 0 tels que BV (y0 , 4r) ⊆ T (B(0, 1)). Soit y1 = T x1 ∈ T (B(0, 1)), avec
x1 ∈ BU (0, 1) tel que ||y − y0 || < 2r. Alors B(y, 2r) ⊆ B(y0 , 4r) ⊆ T (BU (0, 1)). Nous avons que si y ∈ V
avec ||y|| < 2r, alors
Alors
y ∈ T (−x1 ) + T (BU (0, 1)) = T (−x! + BU (0, 1)) ⊆ T (BU (0, 2)), puisque ||x1 ||U ≤ 1.
58
Si z = y/2 alors ||z|| < r. Donc z ∈ T (BU (0, 1)) ou BV (0, r) ⊆ T (BU (0, 1)). De la même façon :
||y|| < r2−n =⇒ y ∈ T (BU (0, 2−n+2 )). Nous avons
•x y
•
r
Nous avons y = T x. Donc ∀ y ∈ B 0, 2 il existe x ∈ B(0, 1) tel que T x = y, c’est-à-dire
r
BV 0, ⊆ T (BU (0, 1)).
2
Corollaire 2.2.1. Soit U et V des espaces de Banach, T ∈ L(U, V ) bijective. Alors T −1 ∈ L(V, U ).
59
Démonstration : T −1 : V −→ U est une bejection linéaire. soit E ⊆ U ouvert. Nous avons que
(T −1 )−1 (E) = T (E) est ouvert par le Théorème de l’application ouverte. Alors T −1 est continue est
donc T −1 ∈ L(V, U ).
1
Remarque 2.2.10. En général, c’est pas vrai que ||T −1 || = ||T || :
Γ(T ) = {(x, y) ∈ U × V / y = T x} ⊆ U × V.
Nous disons que T est fermé ssi Γ(T ) ⊆ U ×V est fermé. Si U et V sont espaces métriques, alors ceci implique
que si (xi , yi ) −→ (x, y) alors (x, y) ∈ Γ(T ), où chaque (xi , yi ) ∈ Γ(T ). Donc yi = T xi , xi −→ x et T xi −→ y
impliquent que y = T x.
1 si x 6= 0, 1
Exemple 2.2.13. Soit f (x) = Alors (xi , f (xi )) = i,1 −→ (0, 1) 6∈ Γ(f ).
0 si x = 0.
Théorème 2.2.8 (Théorème du graphe fermé). Soit U et V des espaces de Banach, T : U −→ V une
application fermé. Alors T ∈ L(U, V ).
Les πi sont bornées; et puisque U et V sont complets, U × V le sera aussi. Comme Γ(T ) ⊆ U × V est
fermé, nous avons Γ(T ) est complet. Alors π1 est une bijection bornée entre Γ(T ) et U . Par le Théorème
de l’application ouverte, nous avons que π1−1 est bornée. Donc T = π2 ◦ π1−1 est bornée.
60
Théorème 2.2.9. Soit U et V des espaces vectoriels normés, et A ⊆ L(U, V ).
(i) Supposons que E n’est pas l’union dénombrable d’ensembles nulle part denses. Si supT ∈A ||T x|| < ∞,
∀ x ∈ E, alors supT ∈A ||T || < ∞.
(ii) Si U est un espace de Banach et ∀ x ∈ U , supT ∈A ||T x|| < ∞, alors supT ∈A ||T || < ∞.
Démonstration : (i) et le Théorème de Baire impliquent (ii). N’avons qu’à montrer (i). Soit
\
En = {x ∈ U / sup ||T x|| ≤ n} = {x ∈ U / ||T x|| ≤ n}
T ∈A
T ∈A
S∞
Alors chaque En est fermé et En ⊆ E et E = n=0 En . Par l’hypothése, il existe n tel que En n’est pas
nulle part dénse. C’est-à-dire qu’il existe n tel que Int(En ) = Int(En ) 6= ∅. Ceci implique qu’il existent
x0 et r0 tels que B(x0 , r0 ) ⊆ En . Comme En est fermé, B(xo , r0 ) ⊆ En . Nous avons B(x0 , r0 ) ⊆ E2n
puisque si ||x|| ≤ r0 alors x − x0 ∈ B(x0 , r0 ). Donc
Application : Supposons que Tn ∈ L(U, V ), limn→∞ Tn x existe ∀ x ∈ U . Alors il existe T ∈ L(U, V ) telle
que
T x = lim Tn x, ∀ x ∈ U.
n→∞
T est linéaire et ∀ x ∈ U ,
||T x|| = lim Tn x < ∞
n→∞
R
Remarque 2.2.11. (Lp )∗ = Lq si 1 ≤ p < ∞. Avons vu qu’avec g 7→ ϕg , g ∈ Lq , etR ϕg (f ) = X f · gdµ,
nous avons Lq ⊆ (Lp )∗ . Pour l’egalité, voulons ∀ Λ ∈ (Lp )∗ ∃ g ∈ Lq telle que Λ(f ) = X f · gdµ, ∀ f ∈ Lp .
Il suffit de montrer pour g = fonctions simples telles que µ({s 6= 0}) < ∞. Notez que Λ définit une mesure
à valuers dans F par ν(Ej ) = ∆(χEj ) si p < ∞. En fait, χ∅ ≡ 0, ν(∅) = ∆(χ∅ ) = 0. Alors nous avons qu’à
montrer que si les Ej sont disjoints alors
∞
[ X∞
ν Ej = ν(Ej ),
j=1 j=1
S∞
ceci est faux, en général pour p = ∞. Soit E = j=1 Ej . Nous avons
n X
X ∞
χE − χEj
= χEj = 1 si ∃ j ≥ n + 1 tel que µ(Ej ) 6= 0.
j=1 j=n+1
L∞
61
P∞ Pn
En général, j=1 χEj = limn→∞ j=1 χEj 6= χE dans L∞ . N’avons pas forcement
X∞ ∞
X ∞
X
ν(E) = ∆(χE ) = ∆ χEj = ∆(χEj ) = ν(Ej ).
j=1 j=1 j=1
Si 1 ≤ p < ∞ et µ(E) = 0, alors ν(E) = ∆(χE ) = ∆(0) dans Lp presque partout. Alors ν µ. Par le
Théorème de Radon-Nikodym, il existe g ∈ Lq telle que
Z Z
ν(E) = gdµ = g · χE dµ = ∆(χE ).
E X
Pn
Si s est une fonction simple s = i=1 χEi , nous avons
n
! n n Z Z n
! Z
X X X X
∆(s) = ∆ c i χ Ei = ci ∆(χEi ) = ci g · χEi dµ = g ci χEi dµ = g · sdµ.
i=1 i=1 i=1 X X i=1 X
où la dernière égalité est une coséquence de le Théorème de convergence dominée. Enfin, g ∈ Lq .
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BIBLIOGRAPHIE
[1] Conway, J. A Course in Functional Analysis. Springer-Verlag, Inc. New York. (1990).
[2] Folland, G. Real Analysis. Modern Techniques and Their Applications. John Wiley and Sons, Inc. New
York. (1999).
[3] Friedman, A. Foundations of Modern Analysis. Dover Publications, Inc. Mineola, N.Y. (1982).
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