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Oran : Ville portuaire d'Algérie

Oran est la deuxième plus grande ville d'Algérie et un important port méditerranéen. Fondée en 902, elle a connu une succession de dynasties arabes et berbères avant d'être conquise par les Espagnols puis les Ottomans. Sous domination française, Oran s'est développée pour devenir la deuxième ville du pays. Elle demeure un centre économique majeur dans l'ouest algérien.

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Oran : Ville portuaire d'Algérie

Oran est la deuxième plus grande ville d'Algérie et un important port méditerranéen. Fondée en 902, elle a connu une succession de dynasties arabes et berbères avant d'être conquise par les Espagnols puis les Ottomans. Sous domination française, Oran s'est développée pour devenir la deuxième ville du pays. Elle demeure un centre économique majeur dans l'ouest algérien.

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Oran

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Cet article concerne la ville portuaire du nord-ouest de l'Algérie. Pour les autres
significations, voir Oran (homonymie).

Oran
(ar) ‫وهران‬
Noms

Nom arabe
‫وهران‬
Nom berbère
ⵡⴰⵀⵔⴻⵏ

Administration

Pays
 Algérie
Région
Oranie
Wilaya
Oran
Daïra
Oran

Président de l'APC
Boukhatem Noureddine
2012-2017
Code postal
31000
Code ONS
3101
Indicatif
041

Démographie

Gentilé
Oranais, Oranaise(s)
Population
609 940 hab. (2008 ) 1

Densité 9 530 hab./km2
Population de l'agglomération
1 343 899 hab.

Géographie

Coordonnées
35° 42′ 10″ nord, 0° 38′ 57″ ouest

Altitude
Min. 0 m
Max. 580 m
Superficie
64 km2

Divers

Budget
4,8 milliards de DA en 2008c 1

Localisation
Localisation de la commune dans la wilaya d'Oran.

Géolocalisation sur la carte : Algérie

Oran

 Voir sur la carte administrative d'Algérie


 Voir sur la carte topographique d'Algérie

modifier 

Oran (en arabe :  ‫وهران‬, Wahrān ; en berbère ⵡⴰⵀⵔⴻⵏ, prononcée


localement [wɑhren], surnommée « la radieuse » (en arabe :  ‫الباهية‬, el-Bāhia,
en berbère : ⵜⴰⴼⴰⵡⵜ, Tafawt) et « la Joyeuse »2, est la deuxième plus
grande ville d’Algérie3 et une des plus importantes villes du Maghreb. C'est
une ville portuaire de la mer Méditerranée, située dans le nord-ouest de
l'Algérie, à 432 km de la capitale Alger, et le chef-lieu de la wilaya du même
nom, en bordure du golfe d'Oran.
La ville est située au fond d'une baie ouverte au nord et dominée directement
à l'ouest par la montagne de l'Aïdour (ou Murdjajo), d'une hauteur de
580 mètres, ainsi que par le plateau de Moulay Abd al Qadir al-Jilani.
L'agglomération s'étend de part et d'autre du ravin de l'oued Rhi, maintenant
couvert.
Fondée en 902 par les Andalous, Oran connaît une succession de dynasties
arabo-berbères. Occupée par les Espagnols en 1509, elle est définitivement
reconquise en 1792 par le bey Mohammed El Kebir et devient le siège
du beylik de l'Ouest. Pendant la colonisation française, elle connaît un
développement rapide, et devient la deuxième ville d'Algérie. Après
l'indépendance, elle demeure la capitale économique de l'ouest du pays et le
principal centre financier, commercial et industriel4.
En 2008, la commune comptait 609 940 habitants, alors que la population de
l'agglomération oranaise était d'environ 1 000 000 habitants.

Sommaire

 1Géographie
o 1.1Situation
o 1.2Climat
o 1.3Hydrographie
o 1.4Faune et flore
o 1.5Topographie
o 1.6Transports
 1.6.1Local
 1.6.2National et international
o 1.7Routes
o 1.8Géographie administrative
 1.8.1Arrondissements et quartiers
 1.8.2Arrondissements d'Oran
o 1.9Arrondissement historique
o 1.10Communes périphériques
o 1.11Agglomération oranaise
 2Toponymie
 3Histoire
o 3.1Oran avant Oran
 3.1.1Période préhistorique
 3.1.2Antiquité
 3.1.3Disparition de la Unica Colonia
o 3.2Fondation d'Oran
o 3.3Dynasties arabo-berbères
o 3.4Période espagnole
o 3.5Période ottomane
o 3.6Colonisation française
 3.6.1Occupation de la ville
 3.6.2Développement et peuplement
 3.6.3Tournant du siècle
 3.6.4Seconde Guerre mondiale
 3.6.5Après-guerre et prémices de la guerre d'Algérie
o 3.7Guerre d'Algérie
o 3.8Indépendance
 4Démographie
o 4.1Évolution de la population
 4.1.1Population totale
 4.1.2Évolution des populations à Oran
o 4.2Population actuelle
 5Administration
 6Économie
o 6.1Tableau général
o 6.2Secteurs d'activité
o 6.3Tourisme
 7Patrimoine architectural et urbanisme
o 7.1Paysage urbain
o 7.2Édifices religieux
o 7.3Les Saints patrons et mausolées
o 7.4Les vieux cimetières d'Oran
o 7.5Autres lieux notables
 8Patrimoine culturel
o 8.1Paysages culturels
o 8.2Musées
o 8.3Musique
o 8.4Oran, capitale du raï
o 8.5Festivals et événements
o 8.6Enseignement
o 8.7Bibliothèques
 9Vie quotidienne à Oran
o 9.1Oran, ville libérale
o 9.2Gastronomie oranaise
o 9.3Fêtes populaires
o 9.4Sport
 10Oran dans les arts et la culture
o 10.1Oran dans la littérature
o 10.2Oran dans la peinture
o 10.3Oran au cinéma
 11Jumelages
 12Personnalités nées ou liées à Oran
 13Notes et références
 14Annexes
o 14.1Bibliographie
o 14.2Articles connexes
o 14.3Liens externes

Géographie[modifier | modifier le code]
Situation[modifier | modifier le code]
Oran se trouve au bord de la rive sud du bassin méditerranéen ; elle se situe
au nord-ouest de l'Algérie, à 432 km à l'ouest de la capitale Alger.
La ville s'élève au fond d'une baie ouverte au nord sur le golfe d'Oran ; elle
est dominée à l'ouest par la montagne de l'Aïdour (429 m d'altitude) qui la
sépare de la commune de Mers-el-Kébir. Au sud, elle est bordée par les
communes d'Es Senia, par le plateau de Moulay Abd al Qadir al-Jilani (Moul
el Meida), et, au sud-ouest, par une grande sebkha. La ville de Bir El
Djir constitue sa banlieue est.

Oran : l'Aïdour et le port

Oran et sa région en 1942.

Communes limitrophes d’Oran

Mer Bir
Mers-el-
Méditerra El
Kébir
née Djir

Bir
Missergh
El
in
Djir

Sidi
Missergh
Es Senia Cha
in,
mi

Climat[modifier | modifier le code]
Article détaillé : climat méditerranéen.
Oran bénéficie d'un climat méditerranéen5 classique marqué par une
sécheresse estivale, des hivers doux, un ciel lumineux et dégagé6. Pendant
les mois d'été, les précipitations deviennent rares voire inexistantes.
L'anticyclone subtropical recouvre la région oranaise pendant près de quatre
mois. En revanche, la région est bien arrosée pendant l'hiver. Les faibles
précipitations (420 mm de pluie) et leur fréquence (72,9 jours par an) sont
aussi caractéristiques de ce climat.

Données climatiques à Oran.

jan fév mar avri ma jui jui aoû sep oct nov déc anné
Mois
. . s l i n . t . . . . e

Température
minimale
5 7 8 10 13 17 19 20 17 13 9 7 12
moyenne
(°C)

Température
moyenne 10 12 13 15 18 21 24 25 23 18 15 12 17
(°C)

Température
maximale
15 16 18 20 22 26 29 30 28 23 20 16 22
moyenne
(°C)

Précipitation
60 50 50 30 20 0 0 0 10 30 60 70 420
s (mm)

Source : Weatherbase, statistiques sur 21 ans7.

Diagramme climatique

J F M A M J J A S O N D

                       

                       

          26 29 30        
15 16 18 20 22 28 23 20 16
17 19 20
5 7 8 10 13 17 13 9 7
0 0 0
60 50 50 30 20 10 30 60 70

Moyennes : • Temp. maxi et mini °C •
Précipitation mm

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La sebkha d'Oran.

La question de l'approvisionnement en eau a toujours joué un rôle capital car


les eaux dont la ville dispose ont toujours été de quantité insuffisante, et sont
souvent très chargées de sel8. En raison du faible taux de précipitations, les
ressources souterraines n'offrent pas à la ville un moyen d'approvisionnement
suffisant. En 2002, la wilaya d'Oran est parmi celles d'Algérie qui comptent le
moins de forages. Seuls 18 forages en exploitation sont inventoriés9.
Oran est alimentée en eau par plusieurs barrages, notamment ceux du bassin
hydrographique de l'Oued Tafna, situé à environ 80 km à l'ouest de la ville10 et
sur le fleuve Chelif à environ 200 km à l'est de la ville. Ce nouvel ouvrage,
entré en fonctionnement en 2009, doit fournir annuellement 110 millions de
m3 d'eau pour la wilaya d'Oran11.
La wilaya d'Oran est également équipée de plusieurs usines de dessalement,
dont l'unité de Mactâa, d'une capacité de 500 000 m3/jour12,13, mais quasiment
à l'arrêt depuis février 201914.
La grande Sebkha au sud d'Oran, dans le bassin hydrographique d'Oranie
Chott Chergui, est soumise à la Convention relative aux zones humides
d'importance internationale particulièrement comme habitats des oiseaux
d'eau15.Elle est alimentée par un réseau hydrographique complexe venant
du Murdjajo au nord et du Tessala au sud. Ce réseau hydrographique fait
l'objet de tractations entre les partisans du développement des riches plaines
agricoles environnantes d'une part et les défenseurs de l'écosystème d'autre
part.
La partie septentrionale de la Sebkha a tiré profit de l'expansion et du
développement de la ville d'Oran et de son activité industrielle. Celle-ci est
maintenant la source d'une pollution importante qui accentue la salinisation de
la Sebkha.
La partie méridionale est au contraire faiblement exploitée et les
infrastructures y sont peu développées.
Le manque d'informations et d'études sur les eaux souterraines et de surface
de ce lac ont poussé le Ministère des Ressources en Eau à commander en
2002 une étude globale autour de ce thème16.
Faune et flore[modifier | modifier le code]

Les flamants roses affectionnent particulièrement la Sebkha d'Oran.

La ville d'Oran ne recèle aucune zone d'intérêt écologique particulier. À ses


abords immédiats, l'Aïdour et la grande Sebkha présentent une faune et une
flore méditerranéennes caractéristiques.
Les flancs de l'Aïdour sont plantés en pins d'Alep (Pinus halepensis) sur une
surface de 668 hectares. On y rencontre également des figuiers de
Barbarie et des agaves notamment aux abords immédiats du fort de Santa
Cruz.
La grande Sebkha est constituée d'une fine pellicule d'eau salée dépourvue
de végétation. Cependant, aux environs immédiats de la Sebkha se
développe une végétation adaptée au climat sec et à la terre salée de la
zone. On y trouve des plantes de type soudes maritimes (suaeda maritima),
des joncs (juncus) et de petites touffes de palmiers nains (Chamaerops
humilis). Quelques rares plantes de tamarix poussent sur la rive.
Dans la région oranaise, la Sebkha semble être le lieu privilégié des espèces
migratrices venant de Gibraltar à l'Ouest. C'est notamment le cas
des limicoles, des grues et des flamants roses qui affectionnent
particulièrement les zones humides et de très faible profondeur. La présence
de flamants roses et de tadornes de Belon est particulièrement développée
sur la Sebkha17.
Topographie[modifier | modifier le code]
La carte d'Oran en 1942 et ses relevés topographiques

Latitude/longitude : 35° 42′ 10″ N, 0° 38′ 57″ O
Altitude moyenne : environ 60 m.
La ville originelle s'est installée de part et d'autre du ravin de l'oued Rhi,
maintenant couvert, au pied de l'Aïdour (autrement nommé Murdjajo), et sur
une surface d'environ 75 km218. En fait, cinq ravins sillonnent souterrainement
la ville du sud vers le nord. Ce sont, de l'ouest vers l'est19 :

 Le ravin de Raz el-Aïn (ou oued er-Rhi déjà cité20), situé au pied de l'Aidour /
Murdjajo,
 Le ravin de l'Oued Rouïna, situé immédiatement à l'ouest de l'actuel lycée
Pasteur (ex Lamoricière),
 Le ravin de la Mina, dont l'embouchure se situe au croisement de la rue
Sahraoui Meknous et du Front de Mer,
 Le ravin de la Cressonnière, dont le bas est au croisement de l'actuelle rue
Boussi Djilali (ex rue Monge) et du Front de Mer,
 Le ravin Blanc, dont le bas, situé à l'extrémité est du port d'Oran, est enjambé
par le pont Zabana.
L'altitude de la ville augmente de manière importante une fois passée la zone
portuaire. Le front de mer est construit 40 m au-dessus des flots, les falaises
de Gambetta culminent à plus de 50 m. La ville monte en pente douce. Elle
atteint 70 m sur le plateau de Kargentah, puis 90 m dans la proche banlieue
de Es Senia21.
La ville est essentiellement construite sur un plateau calcaire situé au pied du
Murdjajo ; ce dernier ainsi que ses abords sont faits d'une couche marno-
diatomitique recouverte d'une complexe carboné22.

Variations d’altitude

Lieu dans la ville Altitude

Port 0 m21

Falaises 50 m21
Kargentah 70 m21

Es Senia 90 m23

Sebkha 110 m24

Aïdour 429,3 m21

Transports[modifier | modifier le code]
Local[modifier | modifier le code]

Tramway dans le centre-ville

La ville disposait de moyens de transport limités, qui ne couvraient pas


suffisamment les zones suburbaines. L'Entreprise de transport d'Oran (ETO)
avait acquis de nouveaux bus pour couvrir 70 % de la demande, mais cela
restait insuffisant au regard du nombre d'usagers et notamment d'étudiants
qui fréquentent les deux grandes universités de la ville. Cette situation a
évolué avec la mise en œuvre du tramway d'Oran. La ligne comporte
31 stations réparties sur 18,7 kilomètres. Ses terminus sont Es-Sénia au Sud,
et Sidi Maarouf à l'Est, et la ligne dessert le centre-ville (place
du 1er novembre). L'inauguration prévue en 2009 a dû être retardée. Elle a eu
lieu le 1er mai 201325.
Une ligne de métro serait projetée pour 202126.
National et international[modifier | modifier le code]
Aéroport d'Oran

Les deux principaux moyens de transports pour rejoindre Oran sont l'avion et
le bateau.
L'aéroport international Ahmed Ben Bella est à 12 km du centre-ville.
Des ferries assurent des liaisons depuis le port d'Oran vers les villes
européennes de Marseille, Sète, Alicante et Almería via la compagnie
nationale Algérie Ferries.

Gare ferroviaire d'Oran

Bien que reliée au réseau marocain, la gare ferroviaire ne dessert que des
villes algériennes notamment Alger et Tlemcen. La frontière terrestre algéro-
marocaine est actuellement fermée.
En 2010, a été inauguré la plus longue ligne ferroviaire d'Algérie, Oran-
Béchar, qui s'étend sur 700 km27. Le tronçon Tabia-Béchar a été construit et
raccordé au tronçon déjà existant, celui de Oran-Tabia. Avec une vitesse
de 160 km/h, ce train permettra un désenclavement des populations de
l'Ouest algérien et surtout du Sud-ouest algérien.
Routes[modifier | modifier le code]
La commune d'Oran est desservie par plusieurs routes nationales:

 Route nationale 11: RN11 (Route d'Oran) ;


 une rocade reliant Es-Senia à Bir el Djir ;
 ainsi que plusieurs voies rapides et autoroutes.
Géographie administrative[modifier | modifier le code]
Arrondissements et quartiers[modifier | modifier le code]
Article détaillé : quartiers d'Oran.
Vue générale d'Oran depuis La chapelle de Santa Cruz

Oran est divisée en douze arrondissements également appelés « secteurs


urbains ». Chaque arrondissement ou secteur a sa propre antenne
communale, administrée par un délégué communal élu qui gère les affaires
administratives, techniques, politiques et sociales.
Le quartier historique par excellence est Sidi El Houari que l'on appelle aussi
« les bas quartiers ». Il est considéré comme « le vieil Oran » et recèle à ce
jour l'empreinte des diverses occupations qu'a connues la ville : espagnole,
ottomane et française.
Arrondissements d'Oran[modifier | modifier le code]

Les quartiers et arrondissements d'Oran.

Anciennes et nouvelles appellations des arrondissements d’Oran

Arrondissement Ancienne appellation Nouvelle appellation

1    Lamur El-Hamri

2    La Marine Hai Imam El-Houari

3    Protin Es-Saada

4    Saint-Eugène, Delmonte, Les Castors, Petit Lac Al-Maqarri


5    Medioni, Lyautey, Lamur, Saint-Hubert El-Hamri

6    Boulanger, Choupot, Magnan, Sananès El-Badr

7    Carteaux, Point du Jour, Gambetta, Falaises Es-Seddikia

8    Canastel El-Menzeh

9    Miramar, Bel Air, Saint-Pierre El-Emir

10    Maraval, Cuvelier, les Palmiers El-Othmania

11    Cité Petit, Planteurs Bouamama

12    Eckmühl, Saint-Antoine. Muhieddine

13    Plateau Saint Michel Sidi El Bachir

 Les anciennes appellations sont les plus utilisées par les Oranais.
Arrondissement historique[modifier | modifier le code]
L'arrondissement de Sidi El Houari est le centre historique de la ville. Il se
situe au nord ouest de la ville, le long du Ras el Aïn, sur les flanc
du Murdjadjo et donne sur la Méditerranée. Il porte les traces du passage de
plusieurs civilisations : espagnole, ottomane et française. On y trouve des
fortifications espagnoles du XVI  siècle, la mosquée du
e

Pacha du XVIII  siècle, Sidi El Houari, saint patron de la ville, y est enterré


e

dans un mausolée (koubba) édifié en 1793 par le bey ottoman, Mohamed el


Kebir qui y a également fait construire son palais. Enfin, on peut y voir
l'ancienne préfecture française du XIX  siècle boulevard Stalingrad.
e

Quartier La Calère Basse et La Calère Haute en Espagnol (La Calaira)


arrondissements de Sidi El Houari qui est située au pied du mont Murdjajo.
Ce quartier construit par les Espagnols était un ancien quartier de pêcheurs
au centre historique et patrimonial d’Oran détruit en 1980. L’historique d’Oran
fait de La Calère le premier quartier d’El Bahia.
Communes périphériques[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Wilaya d'Oran.
La Wilaya d'Oran porte le numéro 31. Elle compte 25 communes
périphériques à Oran qui en regroupent plus de la moitié de la population.
Oran est la deuxième ville d'Algérie, mais la plus grande commune pour ce
qui est de la population.
[afficher]

Communes de la Wilaya 31

Oran capitale économique de l'Oranie.


Agglomération oranaise[modifier | modifier le code]
La métropole oranaise comporte plusieurs communes, dont deux,
agglomérées à la ville.
Bir el-Djir constitue la principale ville dans la banlieue immédiate à l'est d'Oran
hors des arrondissements. Baptisée Arcole à l'époque coloniale, la commune
est située à 8 kilomètres du centre-ville. C'est une ville restée essentiellement
agricole jusqu'à la fin des années 1980. Elle accueille aujourd'hui une
population de 118 000 habitants, et devient un pôle majeur de l’agglomération
oranaise. Elle abrite plusieurs sièges d’entreprises à l'architecture moderniste
comme les bâtiments de Sonatrach, le nouvel établissement hospitalier
universitaire « 1er novembre 1954 », le Palais des Congrès, des instituts
d'enseignement supérieur et la Cour de Justice. Un stade olympique de
40 000 places est en cours de construction pour abriter les jeux
méditerranéens 202128, son inauguration est prévue pour l'année 2016, ainsi
que le village olympique pour l'année 2017. Bir el Djir comporte également
une technopôle, où se trouvent notamment le nouveau siège du Centre
national de recherche en anthropologie sociale et
culturelle (CRASC)29 d'architecture andalouse, ainsi que le siège du Centre de
développement des satellites (CDS) qui dépend de l'Agence spatiale
algérienne30.
La ville d'Es Senia est également limitrophe d'Oran. Connue sous le nom
de La Sénia à l'époque coloniale, elle est située au sud, à 7 kilomètres du
centre-ville. Elle abrite l’aéroport international, des zones industrielles ainsi
que plusieurs instituts universitaires et centres de recherche comme le Centre
d'études maghrébines en Algérie (CEMA)31. Elle sera le terminus du Tramway
d'Oran.
Officiellement, le développement de l'agglomération oranaise, ou « Grand
Oran » (ou encore Groupement Urbain d'Oran - GUO32), est défini par un plan
directeur d’aménagement et d’urbanisme délimité en 1998. Son périmètre est
constitué dans les quatre communes d'Oran, Bir el Djir, Es Senia et Sidi
Chami33.
D'autres communes plus éloignées font partie de l'aire d'attraction de la ville,
sans toutefois faire partie de l'agglomération. C'est notamment le cas de Aïn-
el-Turk et de Mers el-Kébir. La première ville se situe au nord-ouest d'Oran à
15 km du centre d'Oran. Il s'agit d'une station balnéaire qui comprend
plusieurs édifices hôteliers et complexes touristiques. Le paysage de cette
commune change grâce aux nombreux projets entrepris : réseau autoroutier,
stations balnéaires, hôpitaux, etc. À 8 km de cette commune se trouve la
station balnéaire des Andalouses.
La commune de Mers el-Kébir se situe au nord-ouest d’Oran à quelque
7 kilomètres du centre-ville. C'est le siège de la marine nationale algérienne,
et son port est une importante base navale.
À l'est d'Oran, se trouvent les villages de Canastel, Ain Franin et Kristel.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Hôtel de ville, avec les deux lions, symboles de la ville depuis 1888 et œuvre du sculpteur
français Auguste Cain.

La forme originelle du nom de la ville d'Oran, Wahran, est


un toponyme berbère. Étymologiquement, il s'agit du génitif, autrement
appelé complément du nom, dont la marque, ici, est le préfixe w, du
nom ahr (sing.), ahran (plur.), qui signifie lion34,35,36. Une des formes
attestées, Ouadaharan, indiquerait une construction « Ouad + Aharan »
(Rivière des lions)37,38.
La prononciation actuelle Wahren, semble être dérivée du même
nom ahr (sing.), ahran (plur.) avec une omission du mot Ouad (rivière)39.
Les derniers lions de cette côte méditerranéenne furent chassés dans la
montagne voisine d'Oran dénommée « montagne des Lions », également
connue sous les termes « Djebel Kar », le massif des amas de pierres37. Le
nom français « montagne des lions » laisse penser que des lions y vivaient
encore au début du XIX  siècle. Plusieurs épisodes de chasses ont été
e

rapportés, tant par les Espagnols au XVI  sièclea 1 que par les Français jusque
e

dans les années 1840a 2. Les derniers évènements liés à des lions près d'Oran
datent de 1939a 2.
Différentes légendes oranaises lient le nom de la ville avec des lions. Dans la
légende mystique, un lion fut aperçu sur la tombe du saint patron Sidi El
Houraria 3. Cependant, la tradition attribue le nom de la ville au songe du fils du
Vizir de Cordoue :
« On raconte qu'un jeune homme, Djaffar fils du vizir de Cordoue, avait fui par
la mer la tyrannie de son père opposé à son mariage avec la femme qu'il
aimait. S'ensuit une histoire de tempête, de vision de deux lionceaux, de
songes prémonitoires, enfin de naufrage sur une superbe plage déserte qui
ne pouvait pas s'appeler autrement, encore de nos jours, que la plage des
Andalous40. »
— Pierrette Letourmy Aurin
Le nom Oran apparaît pour la première fois dans
un portulan génois en 138441.
Un village séparé d'Oran et nommé Ifri est signalé sur les cartes
jusqu'au XVIII  siècle42. Il est situé contre l'Aïdour au sud d'Oran, dans ce qui
e

est aujourd'hui le quartier des planteurs. Ifri signifie « la


caverne »37 en berbère. Le toponyme est sans doute lié aux nombreux abris
dans les collines environnantes.

Histoire[modifier | modifier le code]
Articles détaillés : Histoire d'Oran, Chronologie de la ville d'Oran et Histoire de
l'Algérie.

Oran

De très nombreux ouvrages ont été consacrés à Oran, une ville dont les
auteurs et chercheurs reconnaissent « le caractère insaisissable ». Beaucoup
d'écrivains et d'historiens concluent qu'il faudrait des centaines de livres, peut-
être, pour cerner toutes les subtilités d'Oran, ce qui explique la profusion
d'ouvrages sur la ville. Certains en racontent l'histoire à travers les siècles et
en soulignent l'historicité ; d'autres narrent la vie quotidienne d'Oran et des
Oranais43.
Oran est un lieu de rencontre des cultures, qui conduit à l'effacement des
origines. Il y a eu de la place dans cette ville pour toutes les professions de
foi, et sans doute l'esprit de tolérance oranais vient-il des épreuves que la ville
a endurées à travers les âges. Le dialogue des civilisations s'y est affirmé
malgré les drames d'une histoire mouvementée44.
Oran avant Oran[modifier | modifier le code]
Période préhistorique[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Histoire des Berbères.

Le site d'Oran fut un lieu d'activité humaine préhistorique comme l'ont révélé
les fouilles archéologiques entreprises aux XIX  et XX  siècles. Les vestiges de
e e

plusieurs occupations humaines et pré-humaines furent découverts en


Oranie. Les artefacts d'hominidés à Tighennif près de Mascara remontent à
400 000 ans, ainsi que les occupations de grottes du Cuartel, de Kouchet El
Djir et des carrières d'Eckmühl remontant aux
époques Paléolithique et Néolithique.
Il y a environ 21 000 ans, le groupe des Ibéromaurusiens voit le jour. À
120 km au sud ouest d'Oran, dans la région de Berkane, la grotte
de Taforalt recèle le plus important gisement connu datant de cette époque.
Cette civilisation se maintient et se répand sur l'ensemble du Maghreb avant
de se métisser progressivement vers le neuvième millénaire avant notre ère
avec les populations capsiennes pour former les ancêtres
des Berbères et Touaregs.
Antiquité[modifier | modifier le code]

Localisation des cités romaines de l'Afrique romaine

L'installation dans la région des Phéniciens dont on peut étudier l'immense


nécropole des Andalouses date de la période punique entre
le VI  et I  siècles av. J.-C..
e er

Alors que les Phéniciens avaient choisi la crique de Madagh à l’ouest d’Oran


pour y installer leur comptoir, les Romains préférèrent développer le site de
Portus Magnus à 40 kilomètres à l’est, sur la ville actuelle de Bethioua45. Le
port d'Oran ainsi que Mers-el-Kébir étaient connus sous le nom de Portus
Divini (Port divin).
La région d'Oran, alors nommée Unica Colonia46, est réputée pour sa douceur
de vivre et sa prospéritéa 4. De nombreuses statues antiques retrouvées dans
l'oranais peuvent être vues au musée Ahmed Zabana. Au II  siècle, la région
e

voit une immigration juive depuis la Cyrénaïque et l'Égypte à l'instar du reste


du Maghreb47,48.
La présence romaine induit vraisemblablement l'arrivée de chrétiens comme
l'attestent de nombreux restes du IV  siècle dont certains sont visibles au
e

musée d'Orana 4. C'est elle également qui induit l'arrivée tardive des premiers
Juifs, qui n'est bien attestée qu'au Bas-Empire, d'abord dans les villes du
littoral47.
Disparition de la Unica Colonia[modifier | modifier le code]
À la chute de l'Empire romain, la ville s'éteint sous les coups de
l'occupation vandale en 445, de la reprise de la ville par les Byzantins en 533,
de la peste Justinenne à partir de 541, puis de la conquête arabe en 64549.
Fondation d'Oran[modifier | modifier le code]
Au début du X  siècle, après plusieurs siècles d'abandon, il ne restait rien
e

du Portus Divini. La situation dans la région est confuse et laisse les criques
de cette côte sans aucune juridiction stable, ni aucun contrôle officiela 5.
Le royaume rostemide dominant la région est en proie aux combats contre
les Fatimides et aux difficultés internes. Il n'est pas en mesure de défendre
ses intérêts.
Pour les pouvoirs en place, la zone presque déserte d'Oran est d'un intérêt
secondaire et reste sans contrôle.
D'autre part, les côtes du Maghreb étaient utilisées périodiquement par les
marins de Pechina, alors sous domination d'Al-Andalus, pour commercer
avec le royaume Rostemides, sa proche capitale Taherta 6 et la ville
de Tlemcen. Peu à peu ces implantations devinrent permanentes.
Parallèlement, les émirs omeyyades de Cordoue souhaitaient s’installer sur
les côtes africaines. Aux premiers signes de dislocation de l’empire
abbasside, les Arabes d’Andalousie, au faîte de leur puissance, choisirent de
développer des comptoirs commerciaux sur la côte nord-africaine.
Ainsi Oran fut fondée en 90250 par les marins andalous Mohamed Ben Abou
Aoun et Mohamed Ben Abdoun et un groupe de marins, appuyés par les
émirs omeyyades de Cordoue41,51 et après avoir obtenu le consentement
des Nefzas et des Mosguen faisaient partie de la grande tribu berbère des
Azdadja qui occupait le Sahel d'Oran selon El Bekri. Ils fondèrent la ville pour
commercer avec Tlemcen en développant l'occupation de la baie abritée
de Mers el-Kébir.
Dynasties arabo-berbères[modifier | modifier le code]
Peu après sa fondation, Oran devient un objet de conflit entre Omeyyades de
Cordoue et Fatimides. La ville est prise et reprise au cours d'un conflit qui
durera de 910 à 108252. Dès l'an 1000, la communauté juive est présente et
structurée à Oranb 1. À cette époque, la valeur stratégique d'Oran dépasse
celle d'Alger et de Tlemcen5. En 1077, la ville tombe sous le contrôle du
fondateur de la dynastie des Almoravides, Youssef Ibn Tachfin, et subit cette
souveraineté pendant 68 ans. En 1145, Oran est prise par les
troupes Almohades de Abdl al Mumin Ibn Ali déjà victorieuses à Tlemcen,
lorsque l'émir almoravide Tachfin Ben Ali et sa favorite Aziza sont tués lors de
leur retraite en tombant avec leur cheval du haut d'une falaise de la montagne
Murdjajoa 7, alors qu'ils comptaient rejoindre le port de Mers el-Kébir où ils
devaient embarquer pour l’Andalousie53.
En arrière-plan, Bordj El-Mehel (tour des Cigognes), ou Rozalcazar puis Château-Neuf sous les
Espagnols et les Français

Sous le règne almohade, la ville connait une longue période de stabilité et de


prospérité de plus d'un siècle au cours de laquelle sont développés le port et
des chantiers navals41. Malgré des persécutions sous les Almohades, la
communauté juive se développe, et entre le XII  et le XIV  siècle, les Juifs de la
e e

Méditerranée occidentale commercent avec les Juifs d'Oranb 1.


L'empire almohade qui domine le Maghreb plusieurs décennies s'émiette peu
à peu pour finalement donner naissance à trois dynasties
locales : Hafsides en 1230, Zianides en 1235 et Mérinides en 1258. Oran
devient Zianide dès 1228, quand elle tombe entre les mains
de Yaghmurasen. Plus tard la ville est prise par les Mérinides, et Abou El
Hassan vient y résider en 134754.
« En moins d'un demi-siècle, dit M. L. Fey55, Oran passa neuf fois sous
différents pouvoirs... Ben-Abbad réussit à se maintenir à la tête du
gouvernement oranais, à la condition qu'il se reconnaîtrait vassal du royaume
hafside (1437). Oran accueille dans ses murs à cette époque, le
célèbre Mohammed IX al-Aysar, surnommé le gaucher et quinzième roi
de Grenade, obligé de fuir devant ses sujets insurgés. À la mort de Ben-
Abbad, Oran obéit aux Zianides de Tlemcen. Sous cette nouvelle domination,
Oran jouit d'une grande prospérité ; elle devient le centre d'un commerce très
actif et très étendu. Marmo et Alvarès Gomès en rendent
témoignage55. « L'ivoire, les dépouilles d'autruche, les peaux de bœuf
tannées, la poudre d'or, les céréales étaient d'inépuisables sources de
richesses pour les habitants, qui excellaient aussi dans la fabrication des
étoffes de laine et dans celle des armes blanches. Les Vénitiens, les Pisans,
les Génois, les Marseillais et les Catalans achetaient à l'envi ces produits,
écoulant par contre des étoffes, des verroteries, de la quincaillerie grossière
et du fer. » Oran compte alors 6 000 maisons, des mosquées splendides, de
vastes entrepôts commerciaux et de nombreux superbes édifices. Plusieurs
édifices remarquables datent de cette époque, comme les fortifications de
Mers El Kébir et probablement des donjons du Rozalcazar. »
Au XIV  siècle, Oran devient un centre intellectuel54. Plusieurs écrivains y
e

séjournent et en vantent les attraits :

Carte des relations commerciales maritimes d'Oran au XIV  siècle


e

 Ibn Khaldoun : « Oran est supérieure à toutes les autres villes par son
commerce. C'est le paradis des malheureux. Celui qui arrive pauvre dans ses
murs en repart riche »56.
 Al Idrissi : « Wahran est près du bord de la mer, elle fait face à Almería sur la
côte d'Andalousie dont elle est séparée par deux journées de navigation. Mers El
Kébir est un port sans pareil sur tous les rivages de la Berbérie. Les navires
d'Andalousie y viennent souvent. On trouve à Wahran, des fruits à profusion. Ses
habitants sont des hommes d'action, puissants et fiers »57.
 Ibn Khémis : « Les deux villes frontières qui m'ont plu dans le Maghreb sont
Oran de Khazer et Alger de Bologhine »57,58.
 Léon l'Africain : « Oran est une grande cité bien fournie d'édifices et de toutes
sortes de choses qui sont séantes à une bonne cité, comme collèges, hôpitaux,
bains publics et hôtellerie, la ville étant ceinte par ailleurs de belles et hautes
murailles »57.
Lors de la première expulsion en 1391 de juifs d'Espagne,
les Séfarades prennent le chemin du Maghreb. En 1492, à la suite du décret
de l'Alhambra, Séfarades et Marranes embarquent dans 25 navires au port de
Santa Maria à Cadix à destination d'Oranb 1.
À cette époque, Oran est une République maritime, une cité-État se
comportant en principauté détachée du royaume zianide5. La ville est en
guerre contre les souverains de Tlemcen et les habitants refusent d'avoir un
gouverneur au sein de la cité. Ils choisissent chaque année un Juge
Souverain ainsi que des assesseurs pour le gouvernement de la ville. Les
pouvoirs de la cour de Tlemcen sont limités à la perception de l'impôt59.
Deux phases d'occupation portugaise de la ville au XVe siècle sont signalées
par quelques auteurs: de 1415 à 1437 et de 1471 à 147760.
À partir de 1493, Oran accueille un nombre important de
réfugiés grenadins chassés par la Reconquista. L'envie de vengeance, de
reconquête, et le grand nombre de réfugiés vont faire de la côte algérienne le
point de départ d'un grand nombre d'attaques contre l'Espagne chrétienne. Au
début du XVI  siècle, les rois catholiques au sommet de leur puissance, vont
e

ordonner en retour l'annexion de nombreux ports d'Algérie.


L'appui militaire ottoman chasse les Espagnols de tous les ports conquis, à
l'exception de ceux d'Oran (1509-1708) et de Mers el-Kébir (1505-1792)61.
Période espagnole[modifier | modifier le code]
Article connexe : Reconquête d'Oran et de Mers el-Kébir (1790-92).

Lampe nasride pillée d'une mosquée d'Oran par les Espagnols.

Au mois de juillet 1501, les Espagnols lancent une expédition pour tenter


d'accoster sur la plage des Andalouses62. L'opération tourna au désastre. Il
faut attendre le débarquement de Mers-el-Kébir, en 1505, pour voir l'Espagne
s'engager dans la première expédition organisée contre Oran.
Oran compte alors 6 000 feux, soit environ 25 000 habitants. Au lendemain de
sa chute, le 17 mai 1509, Oran est désertée de ses habitants et totalement
occupée par les troupes espagnoles. « C'est la plus belle ville au monde »,
s'écrie le cardinal Jiménez de Cisneros après avoir vu la ville qu'il vient
d'annexer pour le compte des rois catholiquesa 8. Cette même année, il fait
construire sur les ruines de la mosquée Ibn El Beitar l'église Saint-Louis qui
domine la vieille ville.
Francisco Jiménez de Cisneros

En 1554, le gouverneur comte d'Alcaudete fait alliance avec le


sultan saadien Mohammed ech-Cheikh contre les Ottomans alors installés
à Alger, et parvient à maintenir la présence espagnole.
Les Espagnols procèdent à des travaux de restauration de la forteresse
destinée à loger les gouverneurs de la ville. « Les fortifications de la place se
composaient d'une enceinte continue, surmontée de fortes tours espacées
entre elles, du château proprement dit, ou casbah ». Le gouverneur
espagnol « établira son quartier général dans ce donjon »63. Au XVI  siècle, les
e

Espagnols font d’Oran une place forte et construisent une prison sur un
éperon rocheux près de la rade de Mers El Kebir, avant que le marquis de
Santa Cruz n'entreprenne en 1563 la construction d'un fort à son nom au
sommet de l'Aïdour, baptisé Murdjadjo par les nouveaux maîtres de la ville64.
Contrairement à la péninsule ibérique, les trois religions monothéistes
cohabitaient dans la ville, les musulmans vivaient en dehors des deux places,
tandis que les juifs habitaient à l'intérieur d'Oran, jusqu'à leur expulsion en
166965. Certains s'établissent dans la montagne de La Corniche Supérieure. À
partir de 1609, à la suite d'un décret d'expulsion d'Espagne, plusieurs vagues
de Morisques débarquent à Oran65 et beaucoup s'établissent dans les
environs66. Les Espagnols sont des soldats ou des « bagnards », qui
purgeaient leurs peines à Oran, parmi ces bagnards, beaucoup désertaient,
et pour échapper à l'esclavage et être libre, une partie importante se
convertissait à l'islam, ce qu'on appelle les « renégats »65. Oran, n'avait pas de
véritable commerce, son activité économique se limitait à la vente des
esclaves, ou des razzias65.

Débarquement des Morisques au port d'Oran (1613, Vicente Mestre).

La restitution de Mers el-Kébir d'Oran a été le fruit d'une longue période de


lutte acharnée et persévérante des Algériens face aux Espagnols65. En 1563,
le Beylerbey d'Alger Hassan Pacha, lance une offensive pour libérer Oran et
Mers el-Kébir, avec ses troupes composées, de différentes tribus. Mais après
plusieurs et vaines tentatives et d'affrontements militaires, il lève le siège67. En
1678, le gouverneur par intérim d'Oran est tué au cours d'un nouveau siège.
En 1687, un autre gouverneur espagnol était tué dans les mêmes conditions.
Bien que ces tentatives militaires aient échoué, un climat d'insécurité
permanent s'installe tout autour de ces deux places65.
Malgré ses fortifications, la ville est l'objet d'incessantes attaques jusqu'au
pied même des remparts. En 1708, le Bey ottoman Mustapha Ben Youssef
annexe la ville qui devient pratiquement déserte. La ville se repeuple
rapidement de gens venus de toute la région d'Ouest. Le commerce se
développe, avec l'installation des négociants juifs et français65. Les Espagnols
la récupèrent en 1732. D'un point de vue urbanistique, Oran ne connait pas
un grand changement, toutefois ses cinq principaux forts qui l'entouraient sont
restaurés et renforcés65. En 1770, Oran compte 532 maisons particulières et
42 édifices, une population de 2 317 personnes plus 2 821 déportés libres qui
vivent du négoce. Entre 1780 et 1783, Charles III d'Espagne propose à
l'Angleterre d'échanger Oran contre Gibraltar65.
La ville est devenue trop périlleuse et trop onéreuse à reconstruire et à
défendre pour le roi d'Espagne Charles IV ; il entame des discussions de plus
d'un an avec le Dey d'Alger pour la lui céder. Après un long siège et le
tremblement de terre des 8 octobre 1790 qui désorganise les défenses
espagnoles, un traité est signé le 12 septembre 1791 à Alger le 12 septembre
1791 par le dey Hassan Pacha et les Espagnols évacuèrent la ville l'année
suivante. Le Bey de Mascara Mohamed Ben Othman, dit Mohamed el Kebir,
prend possession d'Oran65.
Période ottomane[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Régence d'Alger.
Palais du Bey d'Oran - jardins

Carte de la baie d'Oran en 1725 d'après le cartographe hollandais Johannes van Keulen

Après une première annexion de la ville entre 1708 et 1730, le Dey d'Alger
négocie entre 1790 et 1792 la cession de la ville et en fait la capitale du beylik
de l'Ouest jusqu'en 1830 au détriment de Mascara.
Le 8 octobre 1792, il accorde diverses faveurs aux Juifs pour qu’ils se
réinstallent à Oran. En 1793 s'achève la construction de la Mosquée du bey
Mohamed el Kébir, qui servit de Médersa et de cimetière familial au bey. En
1793 toujours, le bey fait reconstruire le mausolée (koubba) du saint patron
de la ville Sidi El Houari. En 1794, des pèlerins venus de la Mecque apportent
une nouvelle épidémie de peste et l'ancienne ville (aujourd'hui Quartier Sidi-
El-Houari) redevient pratiquement déserte, la population préfère s'installer sur
le plateau Karguentha encouragée par la construction de la mosquée du bey
(actuellement au boulevard Tripoli). Un autre faubourg voit le jour sur
l'emplacement de l'actuel boulevard de l'industrie, toujours à partir de 1794,
ce deuxième faubourg s'étendait jusqu'à l'ancien cimetière de Sidi-bachir68.
En 1796, la mosquée du Pacha, nommée en l'honneur d'Hassan
Pacha, dey d'Alger, est construite par les ottomans avec l'argent provenant du
rachat des prisonniers espagnols, après le départ définitif de ces derniers.
Colonisation française[modifier | modifier le code]
Articles connexes : Prise d'Oran et Algérie française.

Occupation de la ville[modifier | modifier le code]


Article connexe : Conquête de l'Algérie.
Armoiries de la ville d'Oran pendant l'administration Française.

Le fort de Santa Cruz, la façade maritime d'Oran, et la montagne des lions.

Le 4 janvier 1831, Le général comte Charles-Marie Denys de Damrémont,


chef de l'expédition entre dans Oran qui porte encore les stigmates du
tremblement de terre de 1790 qui l'a en grande partie détruite. Le 17 août, le
général Faudoas y installe une garnison, dont le 4e bataillon de Légion
étrangère et fait de la ville la tête de ligne de la pénétration du Sud Oranais.
Un premier recensement de 1831 indique que la ville compte 3 800 habitants
dont 3 531 juifs formant une écrasante majorité. Les premières mesures de
l'administration militaire sont de raser les habitations qui masquent la vue à
l'Est entre Château Neuf et le Fort Saint Philippe, puis au coteau du Ras El
Ain pour réduire les risques d'embuscades.
En effet, la conquête coloniale française a eu pour résultat immédiat
l'abandon de la ville par une très grande partie de sa population, exceptées
les familles kouloughlis, les Noirs sans attaches tribales ainsi que les Juifs.
Pour empêcher le retour des habitants, le général Boyer prétextant le motif
que les faubourgs pré-coloniaux gênaient le dispositif de défense de la place,
les a incendiés et rasés en 1832. Ces destructions ont eu des conséquences
graves sur le dépeuplement de la ville69.
À partir du 17 avril 1832, des combats sporadiques éclatent entre les troupes
de la garnison, sous les ordres du général Boyer et des rebelles commandés
par Mahi el Din et son fils Abd el-Kader. Le 11 novembre une attaque de
grande envergure est repoussée par la garnison commandée par le chef de
bataillon Cros Avenas. Des tribus de la région de Mascara proclament Abd El
Kader, fils de Mahi el Din, leur émir, à 24 ans; il dirige le soulèvement contre
la conquête coloniale française.
Dès 1834, celui-ci commence son œuvre avec le traité Desmichels, puis
étend son emprise lorsqu'en mai 1837 le Traité de Tafna lui reconnaît le titre
d’Émir et consacre son autorité sur la majeure partie des provinces algéroises
et oranaises, aux exceptions des villes d'Oran, Mostaganem et Arzew. Abd El
Kader groupe ses territoires, assied sa puissance politique et unifie
administrativement les populations dans un sens égalitaire et populaire contre
les Français.
En 1844, après la guerre, la ville commence à connaître le retour par vagues
successives de ses anciens habitants, suivis par des éléments d'autres tribus
paupérisées par la guerre, qui avaient échoué aux portes de la ville69. Le 31
janvier 1848, la ville est érigée en commune de plein exercice.
Développement et peuplement[modifier | modifier le code]

Place du 1er novembre (ex. Place d'armes) avec l'obélisque et la Gloire Ailée (Jules Dalou,
Thiébaut fondeur) datant de 1898 et commémorant Sidi-Brahim (1845).

Entre 1841 et 1847, le général Lamoricière réorganise la ville par la création


de quartiers (Médina Jdida, ville nouvelle), le déplacement de populations
autochtones, puis l'adaptation de la ville à la politique de colonisation de
peuplement. C'est ainsi qu'Oran voit une vague d'immigration européenne :
47 300 Français venus d'Alsace, des Vosges, du Dauphiné et du sud de la
France, 31 000 Espagnols, 8 800 Maltais, 8 200 Italiens et 8 600 Suisses et
Allemands. La ville est décimée par une grave épidémie de choléra (du 11
octobre au 17 novembre 1849, 1 817 décès sont déclarés à l’état civil) avant
de recevoir dix ans après une vague de migrants juifs de Tétouan.
Devant la rapide croissance d'Oran le développement d'un port adapté à
l'envergure de la ville est décidé. Les premiers travaux commencent en 1848.
Ils ne finiront que lors de la décolonisation, en 1962, et donnent son aspect
actuel au port.
L'empereur Napoléon III séjourne en 1865 à l'Hôtel de la Paixb 2 et offre la
nationalité française aux Juifs et Musulmans, ainsi qu'aux étrangers justifiant
de trois années de résidence en Algérie70. Ce décret provoque des
résistances parmi les colons et il faudra attendre le décret Crémieux du 24
octobre 1870 pour permettre à 37 000 Juifs d'Algérie de passer du statut de
sujet français à celui de citoyen. Comme en métropole, Oran suit à cette
période le développement de l'antisémitisme politique.
L'hôtel de ville d'Oran et les deux lions de bronze datent de la Troisième
République. La construction débutée en 1882 fut achevée en 1888 avec la
pose des deux statues animalières du sculpteur Auguste Cain (1889). Dix ans
plus tard, un monument commémorant la bataille de Sidi-Brahim (1845) fut
érigé en face de l'Hôtel de ville. Situé sur la Place d'armes (rebaptisée Place
du 1er novembre à l'indépendance en 1962), le monument comporte un
obélisque de 8 m de haut surmontée d'une Gloire Ailée, allégorie du sculpteur
français Jules Dalou (1898)71.
Tournant du siècle

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