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Le document décrit les principes de base de l'ingénierie incendie pour les structures en acier et mixtes selon les Eurocodes. Il présente le comportement des matériaux de construction comme l'acier et le béton à haute température, les méthodes de calcul de la résistance au feu des éléments structuraux et les stratégies de protection contre l'incendie.

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Le document décrit les principes de base de l'ingénierie incendie pour les structures en acier et mixtes selon les Eurocodes. Il présente le comportement des matériaux de construction comme l'acier et le béton à haute température, les méthodes de calcul de la résistance au feu des éléments structuraux et les stratégies de protection contre l'incendie.

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Eurocodes pour les

Structures en Acier
Elaboration d'une
Approche Trans-nationale
Formation: Eurocode 3

Module 6: Ingénierie incendie

Cours 19 : Introduction à l’ingénierie incendie


pour les structures en acier et mixtes
selon les Eurocodes
Résumé:
 Tant l'acier que le béton subissent une réduction progressive à la fois de résistance et de rigidité au
fur et à mesure que leur température augmente dans des conditions d'exposition au feu. L'EC3 et
l'EC4 fournissent des modèles de courbes contraintes-déformations pour ces deux matériaux pour une
plage étendue de températures.
 La résistance au feu des éléments structuraux est donnée sous forme de temps au bout duquel ils
atteignent un critère de flèche défini lorsqu'ils sont soumis à des essais dans un four suivant un
programme thermique conforme à la courbe temps-température d’incendie conventionnelle selon ISO
834.
 Il est possible d'évaluer la sévérité d'un incendie naturel sous forme de temps-équivalent entre sa
température de pointe et la même température sur la courbe d’incendie ISO 834.
 Le comportement d'éléments dans un four d'essai est très différent de celui observé dans une ossature
de bâtiment, mais la seule façon pratique d'évaluer le comportement d'une structure globale consiste
à utiliser des modèles de calcul avancés.
 La protection traditionnelle contre l’incendie des ouvrages en acier consiste à les revêtir de matériaux
isolants au cours de la construction. Cependant, il peut être possible conformément à l'EC3 d'utiliser
une combinaison de stratégies passives et actives pour assurer la résistance au feu.
 Le calcul de résistance au feu de l'EC3 ou de l'EC4 tient compte du niveau de chargement appliqué
sur l'élément. Toutefois, les coefficients partiels de sécurité appliqués sont inférieurs à ceux utilisés
dans le calcul de résistance.
 La résistance au feu peut être calculée en termes de temps, sous forme d'une résistance aux charges
au bout d'un certain temps, ou sous forme d’une température critique d'élément appropriée au niveau
de charge et à la durée d'incendie exigés.
 La température critique est calculée pour tous les types d'élément de classes 1, 2 ou 3 à partir d'une
équation unique en fonction du niveau de charge en exposition au feu. Les sections de Classe 4 sont
universellement supposées avoir une température critique de 350°C.

15/2/00
Eurocodes pour les Structures en Acier– Elaboration d’une Approche Trans-Nationale
Ingénierie incendie
Introduction à l’ingénierie incendie pour les structures en acier et mixtes selon les
Eurocodes
 L'EC3 donne des calculs simples pour la résistance aux charges en exposition au feu de tous les types
d'éléments. Dans les cas où la résistance est gouvernée par le flambement, on utilise un facteur de
correction empirique de 1,2 pour prendre en compte un certain nombre d'effets.
 Il est possible de calculer l'augmentation de température d'éléments protégés ou non protégés par
petits incréments de temps, d'une façon pouvant être aisément mise en oeuvre dans une feuille de
calcul informatisée (tableur).

Pré-requis: une appréciation des sujets suivants


 Calcul d'éléments simples pour la résistance (l’état limite ultime) et l’état limite de service selon
l'EC3 et l'EC4.
 Systèmes couramment utilisés pour les ossatures en acier, y compris les systèmes pour les ossatures
mixtes.

Ingénierie incendie 2
Eurocodes pour les Structures en Acier– Elaboration d’une Approche Trans-Nationale
Ingénierie incendie
Introduction à l’ingénierie incendie pour les structures en acier et mixtes selon les
Eurocodes

Notes destinées aux Formateurs:


 Ce support représente un cours de 60 minutes.
 Le formateur peut séparer la session comportant des exercices d'application aux étapes appropriées
(suggestions: calcul des résistances d'éléments au feu et temps de résistance au feu).
 Le formateur peut procéder à une évaluation sommaire à la fin de la session en exigeant que les
étudiants examinent les conséquences de l'adoption de différentes stratégies de protection contre
l’incendie à l'étape de calcul pour une partie d'exemple de bâtiment.

Objectifs:
Il convient que les étudiants:
 Comprennent que l'acier et le béton perdent progressivement leur résistance et leur rigidité à des
températures élevées.
 Comprennent que la résistance au feu est donnée par rapport à des essais utilisant une courbe
d’évolution temps-température (appelée aussi courbe d’incendie conventionnel ou courbe d’incendie
normalisé) où la température ne diminue jamais, et qui ne fait aucune référence aux conditions d'un
incendie réel.
 Sachent que l'EC1 spécifie trois courbes d’incendies conventionnels (“ incendies nominaux ”), dont
deux ne concernent que les incendies extérieures et d'hydrocarbures, mais qu'il donne aussi une
méthode de modélisation d’incendies naturels paramétrés si l'on dispose de détails suffisants sur les
charges calorifiques, la ventilation, etc.
 Comprennent le concept de temps-équivalent dans l'évaluation de la sévérité d'un incendie naturel en
fonction de la courbe d’incendie conventionnel.
 Connaissent les méthodes traditionnelles de protection passive contre l’incendie des éléments en
acier.
 Comprennent que l'on peut utiliser d'autres stratégies dans le calcul de résistance au feu pour obtenir
la résistance au feu exigée, y compris le surdimensionnement, le choix de systèmes d'ossatures, et
l'utilisation de sprinkleurs.
 Comprennent les principes les calculs simples de résistance au feu des poutres et poteaux, ainsi que
le concept de température critique.
 Comprennent les méthodes de calcul du comportement thermique des éléments protégés et non
protégés à l'augmentation de la température ambiante lors d'un incendie.

Références: (lectures essentielles & préalables)


 ENV 1991-1: Eurocode 1: Bases de Calcul et Actions sur les Structures. Partie 1: Bases de
Calcul.
 ENV 1991-2-2: Eurocode 1: Bases de Calcul et Actions sur les Structures. Partie 2.2:
Actions sur les Structures Exposées au Feu.
 ENV 1993-1-1: Eurocode 3: Calcul des Structures en Acier. Partie 1.1: Règles Générales:
Règles Générales et Règles pour les Bâtiments.
 ENV 1993-1-2: Eurocode 3: Calcul des Structures en Acier. Partie 1.2: Règles Générales:
Calcul du Comportement au Feu.
 ENV 1994-1-1: Eurocode 4: Calcul des Structures Mixtes Acier-Béton. Partie 1.1: Règles
Générales: Règles Générales et Règles pour les Bâtiments.
 ENV 1994-1-2: Eurocode 4: Calcul des Structures Mixtes Acier-Béton. Partie 1.2: Règles
Générales: Calcul du Comportement au Feu.

Ingénierie incendie 3
Eurocodes pour les Structures en Acier– Elaboration d’une Approche Trans-Nationale
Ingénierie incendie
Introduction à l’ingénierie incendie pour les structures en acier et mixtes selon les
Eurocodes

Table des Matières:


1 Comportement des matériaux de construction aux températures élevées
1.1 Acier
1.2 Béton
2 Températures observées dans les incendies
3 Comportement des poutres et poteaux lors d'essais en laboratoire
4 Méthodes de protection contre l’incendie
5 Calcul simple des éléments en acier selon l'Eurocode
5.1 Charges
5.2 Principes fondamentaux du calcul de résistance au feu
6 Caractéristiques des matériaux
6.1 Résistances des aciers
6.2 Résistances des bétons
6.3 Dilatation thermique de l'acier et du béton
6.4 Autres caractéristiques thermiques de l'acier concernées
7 Classification des sections
8 Température critique
9 Résistance des éléments tendus
10 Résistance des poutres maintenues latéralement
11 Déversement
12 Résistance des éléments comprimés
13 Durées de résistance au feu des éléments en acier non protégés
14 Durées de résistance au feu des éléments en acier protégés
15 Utilisation de modèles de calcul avancés
16 Exemples de calcul simple de résistance au feu selon l'Eurocode
16.1 Exemple de calcul
16.2 Résistance et Protection contre l’Incendie d'un Elément Tendu
16.2.1 Calcul à température ambiante d'un élément BE
16.2.2 Résistance au Feu d'un élément tendu BE
16.2.3 Protection contre l’incendie d'un élément tendu BE
16.3 Résistance et Protection contre l’Incendie d'une Poutre en Acier
16.3.1 Calcul à température ambiante d'une poutre secondaire AB
16.3.2 Résistance au feu d'une poutre secondaire AB
16.3.3 Protection contre l’incendie d'une poutre secondaire AB
16.4 Résistance et Protection contre l’Incendie d'un Poteau en Acier
16.4.1 Calcul à température ambiante d'un poteau GH
16.4.2 Résistance au feu d'un poteau en acier GH
16.4.3 Protection contre l’incendie d'un poteau GH
17 Conclusion récapitulative

Ingénierie incendie 4
Eurocodes pour les Structures en Acier– Elaboration d’une Approche Trans-Nationale
Ingénierie incendie
Introduction à l’ingénierie incendie pour les structures en acier et mixtes selon les
Eurocodes

1 Comportement des matériaux de construction aux


températures élevées
1.1 Acier EC3 Partie 1-2
3.2
La plupart des matériaux de construction subissent une perte progressive de résistance et de Tableau 3.1
rigidité au fur et à mesure que leur température augmente. Pour l'acier, on peut voir cette Fig. 3.1
modification dans les courbes contraintes-déformations de l'EC3/4 (Fig. 1) dès les
températures modérées de l'ordre de 300°C. Bien qu'il ne se produise aucune fusion avant
1500°C, seule 23% de la résistance à température ambiante subsiste à 700°C. A 800°C cette
résistance se réduit à 11% et, à 900°C, à 6%.
2
Contraintes (N/mm )
300
20°C
250 200°C
300°C
200 400°C
500°C
Limite d’élasticité efficace
150
(600°C)
600°C
100
Limite proportionnelle (600°C)
700°C
50
800°C
Module élastique (600°C)
0 0.5 1.0 1.5 2.0
Déformations (%)

Figure 1. Réduction des caractéristiques contraintes-


déformations en raison de la température pour l'acier S275
(courbes de l'EC3 ).
1.2 Béton EC4 Partie 1-2
Le béton perd aussi ses caractéristiques de résistance avec l'augmentation de la température
(Fig. 2), bien que divers paramètres contribuent aux caractéristiques appropriées de tout
élément en béton donné de la structure.

Contraintes normalisées  c 


1.0 f c(20°C)
20°C
0.9
0.8 200°C

0.7
0.6
400°C    arctan( )
0.5
0.4
0.3 600°C
0.2
800°C
0.1 
1000°C
0
0 1 2 3 4
 c1  cu   c 
Déformations (%)

Figure 2. Courbes contraintes-déformations-températures de


l'EC4 pour le béton normal et le béton allégé.

Ingénierie incendie 5
Eurocodes pour les Structures en Acier– Elaboration d’une Approche Trans-Nationale
Ingénierie incendie
Introduction à l’ingénierie incendie pour les structures en acier et mixtes selon les
Eurocodes
Le béton possède une conductivité thermique inférieure à celle de l'acier et constitue donc un
isolant relativement bon pour l'armature ou les parties de profils noyées. La résistance au feu
des éléments en béton armé tend à se baser sur la réduction de résistance de l'armature qui est
largement gouvernée par la spécification de couverture. Cependant, le béton est affecté par
l'éclatement, qui est une rupture progressive de la surface exposée au feu où la variation de
température est élevée, et qui peut conduire à la mise à nu de l'armature au fur et à mesure
que l’incendie progresse. Son comportement aux températures élevées dépend dans une large
mesure du type d'agrégats utilisé; les agrégats siliceux (graviers, granit) tendent à faire éclater
le béton plus facilement que les agrégats calcaires. Le béton allégé possède des propriétés
isolantes supérieures à celles du béton normal.

2 Températures observées dans les incendies


Un incendie (feu) réel dans un bâtiment se développe et décroît en fonction de l'équilibre de
masse et d'énergie existant dans le compartiment où il se produit (Fig. 3). L'énergie produite
dépend de la quantité et du type de combustible disponible et de conditions de ventilation.

Température Pré-embrasement Post-embrasement généralisé


généralisé 1000-1200°C

Courbe d’incendie naturel


Embrasement
généralisé

courbe d’’incendie
Allumage normalisée ISO834

Début du feu

Temps
Mots-clés: Allumage feu couvant Chauffe Refroidissement
Contrôle: production Densité de Ventilation
Inflammabilité Temp./fumée charge
calorifique

Figure 3. Phases d'un incendie naturel, en comparant les


températures ambiantes à la courbe d’incendie conventionnel
ISO 834.
Il est possible de considérer qu'un incendie réel est composé de trois phases, que l'on peut
définir comme la naissance, le plein développement et le déclin. L'augmentation de
température la plus rapide se produit dans la période suivant l'embrasement généralisé
(“ flash-over ”), qui est le point auquel tous les matériaux organiques situés dans le
compartiment brûlent spontanément.
Les durées de résistance au feu spécifiées dans la plupart des règles de bâtiment nationales
concernent le comportement à l’essai lorsque l'augmentation de température est réalisée selon
une courbe temps-température d’incendie “ conventionnel ” (ou “ normalisé ”)
internationalement agréée et définie dans l'ISO 834 (ou l'Eurocode 1 Partie 2-2), qui ne
représente aucun type d’incendie naturel de bâtiment. Elle est caractérisée par une
température ambiante qui augmente de façon continue avec le temps, mais à un taux
décroissante (Fig. 4). Elle est devenue la courbe d’incendie conventionnel de calcul (appelée
aussi “ courbe d’incendie conventionnel ” ou encore “ la courbe d’incendie ISO 834”) qui est
utilisée dans les essais de laboratoire des composantes. La valeur de durée de résistance au
feu n'indique donc pas la durée réelle pendant laquelle une composante résiste dans un
incendie de bâtiment, mais elle constitue une comparaison indiquant la sévérité d'un incendie
auquel la composante peut résister.

Ingénierie incendie 6
Eurocodes pour les Structures en Acier– Elaboration d’une Approche Trans-Nationale
Ingénierie incendie
Introduction à l’ingénierie incendie pour les structures en acier et mixtes selon les
Eurocodes
Lorsque l’on examine la résistance au feu d’une structure extérieure, et lorsque les
températures ambiantes sont donc probablement inférieures à tout moment donné (ce qui
signifie que les températures des matériaux du bâtiment seront plus proches des températures
d’incendie correspondantes), on peut utiliser une courbe d’"Incendie extérieur" similaire.
Température des gaz(°C)
1000
945
900
842
800 781
739
700 675
600 576
500
400
300
200
100
0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600
Temps (sec)

Figure 4. Température ambiante pour le incendie


conventionnelle ISO834.
Pour les cas où un stockage d'hydrocarbures rend les incendies extrêmement sévères, une
courbe "Incendie hydrocarbure" est également donnée. Ces trois courbes d’incendie
4.2.4
"nominaux" sont illustrées dans la Fig. 5.
Température des gaz (°C)
1200
Feu d'hydrocarbures

1000

800 Feu normalisé

600 Feu extérieur

400
Courbe de feu
paramétrique typique
200

0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600
Temps (sec)

Figure 5. Courbes d’incendie nominaux de l'EC1 Partie 2-2


comparées à un incendie paramétré.
On peut utiliser l'un quelconque des moyens normaux d'établissement de durées de résistance
au feu (règles prescriptives, tables de données ou modèles de calcul) en fonction de ces
courbes.
Une méthode alternative à l'utilisation de durées de résistance au feu fondées sur des courbes
d’incendies nominaux, qui peut être utilisée uniquement directement avec des modèles de
calcul de résistance au feu, consiste à tenter de modéliser un incendie naturel au moyen d'une
courbe d’incendie "paramétré" pour laquelle des équations sont données dans l'EC1 Partie 2-
2. Ceci permet une modélisation assez simple des températures d’incendie dans les phases
d'échauffement et de refroidissement de l’incendie post-embrasement généralisé (la phase de
naissance initiale n'est pas concernée), et de la durée à l'issue de laquelle la température
EC1 Partie 2-2

Ingénierie incendie 7
Eurocodes pour les Structures en Acier– Elaboration d’une Approche Trans-Nationale
Ingénierie incendie
Introduction à l’ingénierie incendie pour les structures en acier et mixtes selon les
Eurocodes
maximum est atteinte. Il est nécessaire de disposer de données sur les caractéristiques (masse Annexe A, B
volumique, chaleur spécifique, conductivité thermique) des matériaux fermant un
compartiment, sur la densité de charge calorifique (combustible) et sur les zones de
ventilation lorsque l'on utilise ces équations. Leur application est limitée aux compartiments
d'une surface maximum de 100m 2 renfermant principalement des charges calorifiques
cellulosiques (papier, bois, etc ...).
Il peut être avantageux pour le concepteur d'utiliser des courbes d’incendies paramétrés dans
les cas où la densité de matériaux combustibles est faible, lorsque l'utilisation de courbes
d’incendie nominaux est inutilement sécuritaire.
EC1 Partie 2-2
Lors de l'utilisation de courbes d’incendies paramétrés, on peut faire appel au concept dit de
Annexe E
"temps équivalent" à la fois pour comparer la sévérité de l’incendie en termes cohérents et
pour mettre en relation les durées de résistance des éléments structuraux dans un incendie réel
et leur résistance dans le incendie nominal. Le principe est illustré dans la Fig. 6.
Résistance
aux charges

Feu normalisé
Feu naturel

Temps
Température Sévérité de feu
temps équivalent

Température du
comparitment

Température de
l'élément

Résistance au feu Temps


temps équivalent

Figure 6. Sévérité des incendies naturels en temps équivalent.


Ceci est utile pour l'application de modèles de calcul fondés sur la courbe d'augmentation de
température d’incendies nominaux, mais l'aspect important de l'utilisation de courbes
d’incendie paramétré et des températures structurales calculées qui en résultent, est qu'elles
représentent un essai absolu de la résistance au feu de la structure par comparaison de la
température maximale atteinte par la structure et de sa température critique, plutôt qu'une
évaluation de la façon dont elle se comporterait s'il était possible de la soumettre à une courbe
temps-température d’incendie conventionnel fondée sur des essais en laboratoire.

3 Comportement des poutres et poteaux lors d'essais en


laboratoire

Ingénierie incendie 8
Eurocodes pour les Structures en Acier– Elaboration d’une Approche Trans-Nationale
Ingénierie incendie
Introduction à l’ingénierie incendie pour les structures en acier et mixtes selon les
Eurocodes
Les essais en laboratoire utilisant la courbe temps-température d’incendie normalisé
constituent le moyen traditionnel d'évaluation du comportement au feu des éléments
d'ossatures, mais les difficultés rencontrées dans la réalisation d'essais en laboratoire
d'éléments structuraux de grandeur réelle représentatifs et soumis à des charges sont
évidentes. La dimension des fours limite les dimensions des éléments soumis aux essais,
habituellement à 5m au maximum, et si une plage de niveaux de charge est exigée, un
échantillon distinct est alors nécessaire pour chacun d'eux. Les essais réalisés sur des éléments
de dimensions réduites peuvent ne pas être représentatifs du comportement d'éléments de plus
grandes dimensions.
Un autre problème sérieux rencontré avec l'utilisation d'essais en laboratoire et concernant le
comportement d'éléments d'ossatures similaires, est que la seule condition d'appui fiable pour
un élément dans un four d'essai est l'appui libre, l'élément pouvant se dilater axialement.
Lorsqu'un élément fait partie d'un compartiment de feu entouré par une structure adjacente
qui n'est pas affectée par l’incendie, la structure environnante s'oppose à sa dilatation
thermique.
Il s'agit d'un problème spécifique de l'exposition au feu, car aux températures ambiantes, les
flèches structurales sont si faibles que l'empêchement axiale constitue très rarement une
question importante. L’empêchement de dilatation peut en fait agir de différentes façons aux
différentes phases d'un incendie; dans les premières phases, l'empêchement de la dilatation
thermique domine, et des contraintes de compression très élevées apparaissent, mais dans les
phases suivantes, lorsque le matériau est très affaibli, le maintien peut commencer à supporter
l'élément en empêchant la tendance pour l’élément de raccourcir. Les essais en laboratoire qui
permettent une dilatation ne peuvent absolument pas reproduire ces conditions
d'empêchement; en particulier, dans les dernières phases, on observerait un effondrement total
si un critère d'interruption pour des raisons de sécurité n'était appliqué. En fait, l'essai en
laboratoire d'une poutre est toujours arrêté lorsque la flèche atteint la valeur de portée/20
exactement pour cette raison.
Ce n'est que récemment qu'un nombre significatif d'essais au feu ont été réalisés sur des
compartiments au sein de structures entières. Un certain nombre d'années peut s'écouler avant
que l'on constate un réel impact de ces essais grandeur nature sur les codes de calcul. En fait,
les essais à échelle réelle sont si coûteux qu'il n'existera probablement jamais un volume
important de résultats enregistrés à partir de tels essais, et ceux qui existent seront
principalement utilisés pour valider des modèles numériques sur lesquels seront fondés les
futurs développements des règles de calcul. Pour l'instant, les Eurocodes 3 et 4 prennent en
compte l'utilisation de modèles de calcul avancés, mais leurs méthodes de calcul
fondamentales destinées à une utilisation pour le calcul de résistance au feu courant
concerneent toujours des éléments isolés et la résistance au feu est examinée principalement
en fonction d'un essai en laboratoire réel ou simulé.

4 Méthodes de protection contre l’incendie


L'approche traditionnelle de la résistance au feu des structures en acier consiste à habiller les
éléments de matériaux isolants. Ceci peut se faire sous des formes diverses:
 Panneaux (placoplâtre ou systèmes plus spécialisés à base de fibre minérale ou de
vermiculite) fixés autour des parties exposées des éléments en acier. Leur mise en oeuvre
est assez aisée et crée un profil extérieur esthétiquement acceptable, mais ils sont
inflexibles en utilisation autour de détails complexes tels les assemblages. Dans certains
cas, on peut utiliser des tissus de fibres céramique comme barrière protection offrant une
plus grande flexibilité.
 Projections formant une couche d'épaisseur fixée autour des éléments. Celles-ci utilisent
plutôt de la vermiculite ou des fibres minérales noyées dans un liant à base de ciment ou
de plâtre. L'application sur chantier est assez rapide, et ne rencontre pas les problèmes
inhérents à la fixation de panneaux rigides autour de détails structuraux complexes. Etant
donné que le produit fini est plutôt inacceptable dans les zones publiques des bâtiments,
on tend à utiliser ces systèmes dans les zones normalement cachées à la vue, telles les

Ingénierie incendie 9
Eurocodes pour les Structures en Acier– Elaboration d’une Approche Trans-Nationale
Ingénierie incendie
Introduction à l’ingénierie incendie pour les structures en acier et mixtes selon les
Eurocodes
poutres et les assemblages situés au-dessus de plafonds suspendus.
 Peintures intumescentes, qui constituent une finition décorative dans des conditions
normales, mais qui se dilatent et forment une mousse sous l'effet de la chaleur, produisant
une couche charbonneuse dont l'épaisseur peut atteindre 50 fois celle de la pellicule de
peinture originale. On les applique à la brosse, au pistolet ou au rouleau, en respectant
une épaisseur spécifique pouvant exiger plusieurs couches de peinture et une mesure de
l'épaisseur de la pellicule déposée.
Toutes ces méthodes sont normalement appliquées sur chantier après montage des éléments
structuraux principaux. Ceci peut entraîner un retard significatif dans les opérations de
construction, ce qui augmente le coût de construction supporté par le client. La seule
exception est constituée par des systèmes récents où des produits intumescents sont appliqués
sur les structures en acier en cours de fabrication, de sorte qu'une grande partie du travail sur
chantier est évitée. Cependant, dans ces systèmes requièrent de toute évidence un degré de
résistance aux impacts et à l'abrasion beaucoup plus élevé que d'habitude.
Ces méthodes permettent d'obtenir un degré exigé quelconque de protection contre
l'échauffement des structures en acier par l’incendie, et peuvent être utilisées comme partie
intégrante d'une approche de calcul de résistance au feu. Cependant, traditionnellement, les
épaisseurs des couches de protection sont basées sur les données des fabricants visant le
critère relativement simpliste de limitation de la température de l'acier à une température
inférieure à 550°C à l'issue de la durée exigée de résistance au feu ISO834 normalisé. Les
matériaux de protection contre l’incendie font l'objet d'essais de routine en ce qui concene
l'isolation, l'intégrité et la capacité de résistance aux charges lors d'essais en laboratoire
conformes à l'ISO834. Les caractéristiques des matériaux pour le calcul sont déterminées à
partir des résultats par des moyens semi-empiriques.
On utilise occasionnellement l'enrobage total ou partiel de profils ouverts en acier dans du
béton comme méthode de protection contre l’incendie, particulièrement dans le cas de
poteaux pour lesquels la résistance du béton, armé ou non, peut contribuer à la résistance à
température ambiante. Dans le cas de profils creux en acier, on peut utiliser du béton pour
remplir le profil, ici encore avec ou sans barres d'armature. Lors d'une incendie, ce béton agit
plus ou moins comme un dissipateur de chaleur, qui ralentit l'augmentation de température
dans le profil en acier. Dans quelques bâtiments, des poteaux en profils creux ont été reliés
entre eux en système et remplis d'eau provenant d'un réservoir à gravité. Ce système peut
évidemment dissiper de grandes quantités de chaleur, mais à un coût assez élevé tant en
construction qu'en entretien.
Les codes de calcul les plus récents sont explicites sur le fait que la résistance structurale au
feu d'un élément dépend dans une large mesure de son niveau de charge en exposition au feu,
et aussi sur le fait que le chargement en exposition au feu a de très grandes chances d'être
considérablement inférieur aux charges pondérées pour lesquelles le calcul de résistance est
effectué. Ceci offre aux concepteurs une autre option pouvant être utilisée seule ou combinée
à d'autres mesures. Une réduction du niveau de charge par le choix d'éléments en acier
individuellement plus résistants que nécessaire pour la résistance à température ambiante,
faisant éventuellement partie d'une stratégie de normalisation des profils, peut améliorer les
durées de résistance au feu, particulièrement pour les poutres. Ceci peut permettre l'utilisation
de poutres partiellement protégées ou non protégées.
L'effet d'une réduction du niveau de charge est particulièrement utile lorsqu'elle est combinée
à une réduction du périmètre exposé exploitant les effets de bouclier et de dissipation
thermique de la dalle en béton supportée. La poutre en sous-face traditionnelle (Fig. 7)
possède un certain avantage par rapport à une exposition totale car la face supérieure de sa
semelle supérieure est totalement protégée par la dalle; le fait d'appuyer la dalle sur des
cornières soudées sur l'âme de poutre préserve de l'échauffement la partie supérieure de l'âme
de poutre et la totalité de la semelle supérieure, ce qui constitue une amélioration
supplémentaire.

Poutre en sous-face Poutre "Slimflor"


Ingénierie incendie pour planchers minces 10
Poutre partiellemnt incorporée
avec appui de dalle par cornières
Eurocodes pour les Structures en Acier– Elaboration d’une Approche Trans-Nationale
Ingénierie incendie
Introduction à l’ingénierie incendie pour les structures en acier et mixtes selon les
Eurocodes

Figure 7. Protection contre l’incendie intrinsèque des poutres en


acier
L'innovation récente des poutres des plancers minces "Slimflor", où l'on utilise un profil de
poutre de hauteur inhabituellement réduite et où la dalle est appuyée sur la semelle inférieure,
soit par soudage préalable d'une plaque sur cette semelle soit grâce à un profil en acier
asymétrique, ne laisse exposée que la sous-face de la semelle inférieure.
Les autres stratégies de calcul de résistance au feu dépassent le cadre de ce cours, mais les
Eurocodes encouragent activement les concepteurs à utiliser des modèles de calcul avancés
approuvés et validés pour le comportement de la structure globale ou des sous-ensembles.
Ceci implique clairement que les calculs dont on peut démontrer qu'ils procurent une
meilleure résistance au feu globale en prévoyant des trajets de charges alternatifs lorsque les
éléments d'un compartiment de feu ont individuellement perdu toute résistance aux charges
efficace sont parfaitement valables quant aux dispositions de ces codes. La différence est
considérable par rapport à l'approche traditionnelle fondée sur la résistance au feu de chaque
composant établie lors d'essais normalisés. Dans son préambule, l'Eurocode 3 Partie 1-2
EC3 Partie 1-2
encourage également l'utilisation de stratégies de protection contre l’incendie intégrées,
Avant-propos
comprenant l'utilisation de combinaisons de protections actives (sprinkleurs) et passives, bien
qu'il soit reconnu que la prise en compte de systèmes de sprinkleurs dans le calcul de
résistance au feu constitue de nos jours une question du ressort des Règles de Construction
nationales.

5 Calcul simple des éléments en acier selon l'Eurocode


Des exemples de calculs de dimensionnement utilisant les modèles de calcul simples de
l'Eurocode 3 sont donnés ci-après, et cette section se concentre donc sur les principes de ces
méthodes plutôt que sur leurs détails.
Les Eurocodes utilisent une notation très systématique qui fait appel à des symboles différents
pour les versions générales et particulières des paramètres. Par exemple, un "effet d'action"
est désigné par E généralement dans l'établissement d'un principe; dans des éléments
particuliers, cet effet peut devenir la force axiale N ou le moment fléchissant interne M. Les
indices représentant différents attributs d'un paramètre peuvent être groupés, en utilisant des
points comme séparateurs, comme dans Efi.d.t qui désigne la valeur de calcul (d) de l'effet (E)
d'une action en exposition au feu (f), à l'expiration du temps (t) de résistance exigé. Les
notations couramment utilisées dans les parties des Eurocodes 1, 3 et 4 traitant le calcul de
résistance au feu sont les suivantes:

E= effet d' actions


G= action permanente
Q= action variable
Rfi = résistance aux charges
tfi = durée de résistance au feu normalisée d'un élément
tfi.requ = exigence nominale de durée de résistance au feu normalisée
= température
cr = température critique d'un élément
= coefficient partiel de sécurité
= facteur de combinaison de charges

et les indices suivants peuvent être utilisés seuls ou combinés:

A= situation de projet accidentelle


cr = valeur critique
fi = concernant le calcul de résistance au feu

Ingénierie incendie 11
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Ingénierie incendie
Introduction à l’ingénierie incendie pour les structures en acier et mixtes selon les
Eurocodes
d= valeur de calcul
= associé à une certaine température (peut être remplacé par la valeur)
k= valeur caractéristique
t= à l'issue d'une certaine durée d’incendie (peut être remplacé par la valeur)
1, 2 .. = ordre pour la fréquence des actions variables

5.1 Chargements
L'Eurocode 1 Partie 2-2 présente des règles pour la détermination des des actions de calcul
(chargements) en exposition au feu, qui reconnaissent la faible probabilité d'un incendie
sévère se produisant simultanément avec de fortes intensités de charges. Les charges sont
normalement classifiés par l'Eurocode en permanentes et variables; en exposition au feu, les
actions permanentes caractéristiques (charges dues au poids propre) sont utilisées sans
pondération (GA=1,0) tandis que l'action variable caractéristique principale (surcharges) est
pondérée à la baisse par un facteur de combinaison y1.1 dont la valeur se situe entre 0,5 et 0,9
en fonction de l'utilisation du bâtiment. Le "facteur de réduction" peut être défini de l'une des
façons suivantes:
E fi ,d ,t
 fi  (chargement en exposition au feu proportionnellement à la résistance de calcul
Rd
à température ambiante),
qui convient lorsqu'on utilise une analyse de structure globale, ou
E fi ,d ,t
 fi  (chargement en exposition au feu proportionnellement à la charge de calcul
Ed
pondérée à température ambiante), EC3 Partie 1-2
qui est plus sécuritaire, et que l'on utilise dans le calcul simplifié d'éléments individuels, Fig. 2.1
lorsque seule l'action variable principale est utilisée avec l'action permanente. Ceci peut être
exprimé en fonction des charges caractéristiques et de leurs facteurs sous la forme:
 GA Gk   1,1 Qk ,1
 fi 
 G Gk   Q ,1 Qk ,1
Les valeurs typiques des coefficients partiels de sécurité spécifiées dans l'Eurocode 1 sont les
suivantes:
GA = 1,0 (Charges permanentes: situations de calcul accidentelles)
y 1.1 = 0,5 (Facteur de combinaison: charges variables, bâtiments administratifs)
G = 1,35 (Charges permanentes: calcul de résistance)
Q.1 = 1,5 (Charges variables: calcul de résistance)

5.2 Principes fondamentaux du calcul de résistance au feu


Le calcul de résistance au feu d'un élément consiste à établir qu'il satisfait les exigences des
règlements de construction nationaux pendant la période de temps spécifiée lorsqu'il est
soumis à la courbe d’incendie nominale appropriée. Ceci peut s'exprimer, au choix, de trois
façons:
EC1 Partie 2-2
 Il convient que la durée de résistance au feu soit supérieure à l'exigence formulée pour le Section 2
type et l'utilisation du bâtiment lorsqu'il supporte une charge égale à la charge de calcul
en étant soumis à une courbe de température d’incendie nominale:
t fi ,d  t fi ,requ

 Il convient que la résistance aux charges de l'élément soit supérieure à la charge de


calcul lorsqu'il a subi un échauffement pendant la durée exigée en exposition au feu
nominal:

Ingénierie incendie 12
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Ingénierie incendie
Introduction à l’ingénierie incendie pour les structures en acier et mixtes selon les
Eurocodes
R fi ,d ,t  E fi ,d ,t

 Il convient que la température critique d'un élément supportant la charge de calcul soit
supérieure à la température de calcul associée à l'exposition au feu nominal exigée:
 cr ,d   d

6 Caractéristiques des matériaux


6.1 Résistances des aciers
Un ensemble de courbes contraintes-déformations pour l'acier S275 a déjà été donné dans la
Fig. 1 comme exemple de l'effet principal de la température dans l'affaiblissement des aciers.

% de la valeur normale

100 Limite élastique efficace


(à 2% de déformation)
EC3 Partie 1-2
Rft Fig. 3.2
80
SS EC4 Partie 1-2

60

SS
Rft
40

Module élastique
20

0 300 600 900 1200


Température (°C)

Figure 8. Réduction de résistance selon l'EC3 pour l'acier de


construction (SS) et les armatures formées à froid (Rft) aux
températures élevées.
Celles-ci sont basées sur des séries d'essais extensives, que l'on a modélisées par des
équations représentant une portion élastique linéaire initiale, se modifiant tangentiellement en
une ellipse partielle dont le gradient est nul à 2% de déformation. Lorsque de telles courbes
sont présentées de façon normalisée, avec les contraintes tracées par rapport à la limite
élastique à température ambiante, les courbes des aciers S235, S275 et S355 aux mêmes
températures sont extrêment proches l'une de l'autre. Il est donc possible d'utiliser un seul
ensemble de facteurs de réduction de résistance (Fig. 8) pour ces trois nuances, à des niveaux
de températures et de déformations donnés. Dans les Eurocodes 3 et 4 les résistances
correspondant à 2% de déformation sont utilisées dans le calcul de résistance au feu de tous
les types d'éléments structuraux.
Les barres d'armature laminées à chaud sont traitées dans l'Eurocode 4 de la même façon que
les aciers de construction, mais l'acier d'armature formé à froid, dont la nuance normalement
utilisée est S500, se détériore plus rapidement aux températures élevées que les nuances
courantes. Ses facteurs de réduction de résistance pour la limite élastique efficace et le
module élastique sont indiqués dans la Fig. 8. Il est peu probable que les barres ou treillis

Ingénierie incendie 13
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Ingénierie incendie
Introduction à l’ingénierie incendie pour les structures en acier et mixtes selon les
Eurocodes
d'armature atteignent une température très élevé en exposition au feu, en raison de l'isolation
constituée par le béton si des spécifications de couverture usuelles sont respectées. La très
faible ductilité de l'acier S500 (garantie à seulement 5%) peut être plus significative lorsque
des déformations importantes des treillis des dalles sont provoquées par l'affaiblissement
progressif des profils en acier qui les supportent.

6.2 Résistances des bétons


Les courbes contraintes-déformations des bétons à différentes températures présentent une
différence de forme significative par rapport à celles des aciers. Les courbes comportent
toutes une résistance à la compression maximum, au lieu d'une limite élastique efficace, qui
apparaît à des niveaux de déformations qui augmentent progressivement avec la température,
suivie d'une branche descendante. La résistance à la traction pour tous les bétons est
normalement considérée égale à zéro. Comme il est normal dans les Eurocodes, on peut
utiliser des lois constitutives de matériaux alternatives à condition qu'elles soient démontrées
expérimentalement.
EC4 Partie 1-2
Pour les bétons normaux (masse volumique d'environ 2400 kg/m 3) seule la plage inférieure de
valeurs de résistance, correspondant au type siliceux indiqué dans la Fig. 9, est donnée sous
forme de tableau dans l'Eurocode 4 Partie 1-2. Pour les bétons à agrégats calcaires, on utilise
également ces valeurs, qui sont intrinsèquement sécuritaires. Lorsque de plus amples détails
sont exigés, les concepteurs sont invités à se référer à l'Eurocode 2 Partie 1-2.
Résistance(% de la normale) Déformation (%)
6

100 5
Béton allégé
4
f c 
f c (20ºC)
Déformation à la 3
50 résistance max.  c1( )

2
Béton normal
1

0
0 200 400 600 800 1000 1200
Température (ºC)

Figure 9. Réduction de la résistance selon l'EC4 pour le béton


siliceux normal et le béton allégé aux températures élevées
Les bétons allégés sont définis comme ceux dont la masse volumique est de 1600-2000 kg/m 3.
Bien qu'en pratique on puisse les fabriquer à partir de différentes formes d'agrégats, ils sont
traités dans l'EC4 Partie 1-2 comme s'ils se dégradaient avec l'augmentation de la
température. Par conséquent, l'ensemble unique de facteurs de réduction de résistance (Fig. 9)
donné pour le béton allégé est ici encore nécessairement plutôt sécuritaire.
6.3 Dilatation thermique de l'acier et du béton
Dans la plupart des calculs de résistance au feu simples, la dilatation thermique des matériaux
est négligée, mais pour les éléments en acier qui supportent une dalle en béton sur leur
semelle supérieure, la différence de dilatation thermique provoquée par la protection de la
semelle supérieure et la fonction de dissipation de la dalle en béton entraîne une "cambrure
thermique" en direction de l’incendie dans la plage inférieure des températures. Lorsque l'on
utilise des modèles de calcul plus avancés, il est également nécessaire de reconnaître que la
dilatation thermique survenant dans la structure entourant le compartiment de feu est
supportée par la structure froide située hors de cette zone, et que ceci donne lieu à un
comportement considérablement différent de celui d'éléments similaires soumis à des essais

Ingénierie incendie 14
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Introduction à l’ingénierie incendie pour les structures en acier et mixtes selon les
Eurocodes
en laboratoire sans encastrement. Ceci est donc nécessaire, ne serait-ce que pour apprécier la EC3 Partie 1-2
façon dont les coefficients de dilatation thermique de l'acier et du béton varient les uns par 3.3.1.1
rapport aux autres et en fonction de la température. Ces variations sont illustrées dans la Fig.
EC4 Partie 1-2
10; l'aspect le plus significatif à noter est peut-être le fait que les coefficients de dilatation
thermique de l'acier et du béton sont de grandeurs comparables dans la plage pratique de
températures d’incendie.
-5
Coeff. de dilatation /°C (x 10 )
4.5

4.0

3.5
Béton normal
3.0

2.5

2.0
Acier
1.5

1.0
Béton allégé
0.5

0
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900
Température (°C)

Figure 10. Variation des coefficients de dilatation thermique de


l'acier et du béton en fonction de la température selon les
Eurocodes 3/4.
Il est peu probable que le béton atteigne la plage des 700°C où sa dilatation thermique cesse
complètement, tandis qu'il est presque certain que les profils en acier atteignent la plage de
températures légèrement supérieure où se produit une modification de la structure cristalline
et où la dilatation thermique s'arrête provisoirement.

6.4 Autres caractéristiques thermiques de l'acier concernées


Deux autres caractéristiques thermiques de l'acier influent sur sa vitesse d'échauffement en
exposition au feu. La conductivité thermique est le coefficient qui dicte la vitesse à laquelle la
chaleur arrivant à la surface de l'acier est transmise dans le métal. Une version simplifiée de
la modification de conductivité avec la température, définie dans l'EC3, est illustrée dans la
Fig. 11. L'utilisation de la valeur constante sécuritaire de 45W/m°K est autorisée des calculs
de conception simples. EC3 Partie 1-2
La chaleur spécifique de l'acier est la quantité de chaleur qui est nécessaire pour élever la 3.3.1.3
température de l'acier de 1°C. Elle varie plus ou moins avec la température dans la plus
grande partie de la plage, comme on le voit dans la Fig. 12, mais sa valeur subit une
modification très importante dans la plage de 700-800°C. La montée visiblement abrupte à
une valeur "infinie" aux environs de 735°C constitue en fait une indication de l'apport de
chaleur latente nécessaire pour permettre à la modification de phase de structure cristalline de
se produire. Ici encore, l'utilisation d'une valeur unique de 600J/kg°K est autorisée pour les
modèles de calcul simples, cette valeur étant tout à fait précise pour la plus grande partie de
la plage de températures, mais ne prenant pas en compte le caractère endothermique de la
modification de phase.

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Conductivité
thermique
(W/m°K)

60
EC3 Partie 1-2
3.3.1.2
50 a=45 W/m°K (modèles de calcul simples selon l'EC3)

40

30

20

10

0 200 400 600 800 1000 1200


Température (°C)

Figure 11. Représentations de la variation de la conductivité


thermique de l'acier en fonction de la température selon
l'Eurocode 3.
Chaleur spécifique
(J/kg°K)

5000

4000

3000
ca=600 J/kg°K
(modèles de calcul simples
2000 selon l'EC3)

1000

0 200 400 600 800 1000 1200


Température (°C)

Figure 12. Variation de la chaleur spécifique de l'acier en fonction


de la température.

7 Classification des sections


Il est essentiel pour le calcul à température ambiante ainsi qu'en exposition au feu de tous les
éléments agissant totalement ou partiellement en flexion que ceux-ci soient classifiés afin EC3 Partie 1-2
d'établir les méthodes de calcul de dimensionnement appropriées à utiliser. Il s'agit 4.2.2
fondamentalement d'une vérification de l'élancement des parties de la section transversale
agissant en compression dans le but d'évaluer leur vulnérabilité au voilement local. Ceci
s'applique exactement autant pour le calcul en exposition au feu que pour le calcul normal,
car les niveaux de déformations en exposition au feu peuvent devenir très importants, et étant
donné que les résistances sont réduites en exposition au feu, il convient d'utiliser ces
caractéristiques de matériaux à hautes températures lorsqu'on procède à une classification des

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sections. Il est utile de récapituler brièvement les définitions des quatres classes d'éléments
possibles:
1: Sections transversales peu élancées pouvant être utilisées d’une manière fiable dans les
calculs de résistance plastique.
2: Bien que la résistance de l'élément puisse être calculée sur la base de sa capacité
plastique, cet élément ne possède pas de capacité de rotation supplémentaire suffisante
sans apparition de voilement local pour permettre à d'autres rotules de se former au sein
d'un mécanisme pleinement développé. Il convient donc de calculer l'ossature par la
méthode élastique.
3: Il convient de calculer la résistance de l'élément par la méthode élastique comme étant sa
limite élastique initiale.
4: Sections transversales élancées dont la résistance est gouvernée par le voilement local
élastique en-deçà de la limite élastique du matériau.
Dans le calcul de résistance au feu, les éléments comprimés ainsi que les poutres supportées
dont la semelle comprimée supporte une dalle en béton sont classifiés de la même façon que
dans le calcul à température ambiante, en raison des niveaux de contraintes relativement
faibles atteints par les semelles comprimées à la ruine. Ceci s'applique également aux classes
3 et 4, plutôt élancées, pour lesquelles les déformations sont également assez faibles. Pour les
autres éléments, la valeur de  se réduit avec l'augmentation de température, en affectant
défavorablement la classification de section. Les proportions limites des éléments de Classes
1 ou 2 se changent donc en un rapport largeur/épaisseur efficace:

 b b  f y   k y ,  
     
 t  eff t  235   k E ,  
 

b
 rapport largeur/épaisseur réel,
t
fy  limite élastique de l'acier,
k y ,  facteur de réduction de limite élastique pour l'acier à la température 
k E ,  facteur de réduction de module élastique pour l'acier à la température .

Ceci a pour inconvénient, dans certains cas, d'entraîner éventuellement le changement de


classe d'un élément avec l'augmentation de la températuer de l'acier dans le calcul en
exposition au feu, et donc de faire de la classification de section un processus itératif.

8 Température critique
La température critique cr d'un élément est la température à laquelle le calcul prévoit la ruine
de cet élément sous l'effet d'un chargement donné. Ceci peut être déterminé pour tous les
types d'élément au moyen de l'Eurocode 3 à partir du degré d'utilisation 0 de l'élément dans
la situation de calcul en exposition au feu.
4.2.4

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Température critique (°C)


800
700
Sections de classes 1, 2, 3
600
500
400
300 Sections de classe 4

200
EC3 Partie 1-2
100 4.2.4
0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
Degré d'utilisation  0

Figure 13. Température critique, en fonction du degré


d'utilisation.
L'équation suivante, tracée dans la Fig. 13, définit la température critique:

 1 
 cr  39 .19 ln   1  482
 0 .9674  0
3 .833

Elle est utilisée pour toutes les sections, à l'exception des sections de Classe 4 très élancées,
pour lesquelles une température critique unique sécuritaire de 350°C est spécifiée.
Le degré d'utilisation 0 est fondamentalement le chargement de calcul en exposition au feu
en fonction de la résistance de calcul, cette dernière étant calculée à température ambiante
(ou à l'instant t=0) mais au moyen des coefficients partiels de sécurité partiels du matériau
qui s'appliquent au calcul de résistance au feu plutôt qu'au calcul de résistance normal:
E fi ,d
0 
R fi ,d ,0
Une version sécuritaire simple, pouvant être utilisée pour les éléments tendus et les poutres
encastrées, où le déversement n'est pas possible, est la suivante: 4.2.3.1
  M , fi 
 0   fi  
  M1 
où le facteur de réduction h fi peut déjà être sécuritaire.

9 Résistance des élements tendus


Pour un élément tendu présentant une température de section transversale uniforme la
résistance de calcul en exposition au feu se calcule simplement au moyen du facteur de
réduction ky. sur la limite élastique à hautes températures, avec un ajustement en fonction des
coefficients partiels de sécurité de matériau relatifs pour le calcul normal et le calcul de
résistance au feu:

  4.2.3.3
N fi , ,Rd  k y , N Rd  M ,1 
  M , fi 
de sorte que le degré d'utilisation est simplement le suivant:

Ingénierie incendie 18
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N fi ,d N fi ,d   M , fi 
0    
N fi ,20 ,Rd N Rd   M ,1 

10 Résistance des poutres maintenues latéralement


Le moment résistant au feu pour les sections de Classes 1 ou 2 sections présentant une
température de section transversale uniforme se calcule ici encore à partir du moment
résistant plastique normal pour le calcul de résistance, en utilisant simplement le facteur de
réduction ky. sur la limite élastique à température élevée, avec un ajustement en fonction des
coefficients partiels de sécurité de matériau relatifs pour le calcul normal et le calcul de
résistance au feu:

  M ,1 
M fi , ,Rd  k y , M Rd  
  M , fi 
Pour une section de Classe 3 la même expression s'applique, mais avec le moment résistant
élastique utilisé pour MRd.
Dans le cas de poutres supportant des dalles en béton sur leur semelle supérieure, les
répartitions de température non uniformes peuvent être prises en compte analytiquement lors
du calcul du moment résistant de calcul, en divisant la section transversale en éléments de
température uniforme, en réduisant la résistance de chacun selon sa température, et en
calculant le moment résistant par sommation dans la section. On peut alternativement traiter
cette question de façon sécuritaire au moyen de deux facteurs d'adaptation 1 eet 2
empiriques pour définir le moment résistant à l'instant t comme:
M fi , ,Rd
M fi ,t ,Rd 
 1 2

où 1 représente le facteur de température non uniforme de section transversale et 2 le


facteur de réduction de température concernant les appuis d'une poutre hyperstatique. Les
valeurs réelles de 1 et 2 sont spécifiées dans les Documents d'Application Nationaux; au
Royaume-Uni, 1 est égal à 0,7 avec une dalle appuyée sur la semelle supérieure et 2 est égal
à 0,85 pour les poutres hyperstatiques, alors que la valeur par défaut pour chacun est l'unité.
La résistance au cisaillement se détermine au moyen dee la même méthode générale que pour
la résistance à la flexion et à la traction, avec les mêmes facteurs d'adaptation que ceux
donnés ci-dessus dans les cas de répartition de température non uniforme. L'expression
générale, couvrant les cas de température uniforme et non uniforme, est la suivante:

  M ,1  1
V fi ,t ,Rd  k y , ,maxVRd  
  M , fi   1 2

11 Déversement
Dans les cas où la semelle comprimée n'est pas encastrée de façon continue, le moment
résistant de calcul contre le déversement se calcule pour les sections de Classes 1 ou 2 au
moyen de la formule tirée de l'Eurocode 3 Partie 1-1, avec une légère modification pour
l'exposition au feu:

  LT , fi  1
M b , fi ,t ,Rd  Wpl ,y k y , ,com f y  
 1.2   M , fi

Ingénierie incendie 19
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 LT , fi  facteur de réduction du déversement en situation de calcul d'exposition au feu

k y , ,com  facteur de réduction de limite élastique à la température maximum de la


semelle comprimée à l'instant t
Le nombre 1,2 est un facteur de correction empirique pour un certain nombre d'effets. le
facteur de réduction de déversement  LT , fi est déterminé comme dans le calcul à
température ambiante, à l'exception de l'élancement normalisé qui est adapté aux
caractéristique de l'acier aux hautes températures:

k y , ,com
 LT , ,com   LT
k E , ,com

k E , ,com  facteur de réduction du module élastique à la température maximum de la
semelle comprimée à l'instant t
La résistance au déversement ne nécessite une prise en considération que si  LT , ,com
dépasse 0,4. Pour les élancements plus faibles, seule la résistance à la flexion est nécessaire.

12 Résistance des éléments comprimés


La résistance au flambement de calcul des poteaux de Classes 1, 2 ou 3 est calculée de la
façon suivante, en prenant en compte une réduction de résistance et une augmentation de
l'élancement normalisé aux hautes températures. Le nombre 1,2 dans cette formule est un
facteur de correction empirique pour un certain nombre d'effets.

  fi  1 4.2.3.2
N b , fi ,t ,Rd  Ak y , ,max f y  
 1.2   M , fi
Le facteur de réduction du flambement par flexion  fi est la plus faible de ses valeurs selon
les axes yy et zz déterminées comme dans le calcul à température ambiante, à l'exception de
l'élancement normalisé qui est adapté à la situation d’incendie de la façon suivante:
 On utilise toujours la courbe de flambement c .
 La longueur de flambement lfi est déterminée comme indiqué dans la Fig. 14, à condition
que chaque niveau d'étage du bâtiment comprenne un compartiment de feu séparé, et que
la résistance au feu des limites du compartiment ne soit pas inférieure à celle du poteau.
En raison du fait que les poteaux continus sont beaucoup plus rigides que le poteau du
compartiment de feu, on suppose qu'ils confèrent l'encastrement directionnel de
l'extrémité ou des extrémités du poteau subissant un échauffement, de sorte que le facteur
de longueur efficace est pris égal à 0,5 pour les étages intermédiaires et à 0,7 pour l'étage
supérieur..

lfi=0.7L

Système
de
contreventement
lfi=0.5L

Ingénierie incendie 20
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Introduction à l’ingénierie incendie pour les structures en acier et mixtes selon les
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Figure 14. Longueurs de flambement de poteaux exposés au feu.


 L'élancement normalisé du poteau pour la température maximum est donné par:

k y , ,max
  ,max  
k E , ,max

13 Durée de résistance au feu des éléments en acier non


protégés
Il s'agit du temps que prend un élément pour atteindre sa température critique lorsqu'il est
soumis à une courbe d’incendie normalisé. Bien que pour certains éléments de dimensions
limitées il existe un corpus de résultats d'essais réalisés en laboratoire, il est clairement
nécessaire de pouvoir calculer l'évolution de la température au sein de tout élément en
exposition au feu normalisé simulée. La transmission de chaleur à l'élément se fait
principalement par deux mécanismes; le rayonnement et la convection. Etant donné que la
vitesse d'échauffement par ces deux mécanismes dépend à tout instant des températures à la
fois de l'atmosphère de feu et de l'élément, la température de l'élément est fonction du temps
au travers d'une équation différentielle assez complexe. Ceci est traité dans l'Eurocode 3 par
linéarisation des incréments de température sur de faibles laps de temps, ce qui n'est pas
pratique pour le calcul manuel, mais idéal pour l'établissement de feuilles de calcul
informatisées (tableur).
Pour un profil en acier non protégé, l'augmentation de température a.t dans un faible laps de
temps t est donnée par la quantité nette de chaleur que le profil reçoit pendant ce laps de EC3 Partie 1-2
temps: 4.2.5.1

1 Am
 a ,t  hnet ,d t
ca  a V

ca = chaleur spécifique de l'acier
 a = masse volumique de l'acier
Am
= "facteur de massiveté " composé de:
V
Am = aire de surface exposée de l'élément par unité de longueur
V= volume de l'élément par unité de longueur
hnet.a = valeur de calcul du flux thermique net par unité d'aire

Le flux thermique comprend des composants de rayonnement et de convection, le composant EC1 Partie 2-2
de rayonnement étant le suivant : 4.1


h net.r  5,67 *10 8  res   r  273 4    m  273 4 
où, outre la constante de Stefan-Boltzmann égale à 5,67x10 -8,

 = facteur de configuration (peut être fixé à 1.0 à défaut de données)


 res   f  m = émissivité résultante = émissivité du compartiment de feu x émissivité de la
surface de l'élément (0,8 . 0,625=0,5 à défaut de données spécifiques)
 r , m = températures environnante et à la surface de l'élément

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Ingénierie incendie
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Eurocodes

4.1
et le flux thermique par convection étant le suivant:


hnet ,c   c  g   m 
où c = coefficient de transmission thermique par convection (soumis aux valeurs
des DAN, mais 25W/m 2°K utilisé pour les courbes d’incendie Normal ou
Extérieur, 50W/m 2°K pour le Fe d'Hydrocarbures)
 g , m = températures d'environnement (gaz) et à la surface de l'élément

Lorsque l'on forme le flux thermique net à partir de ces valeurs, chacune peut être pondérée
afin de prendre en compte les différences de pratiques nationales dans les essais au feu, mais
habituellement elles sont simplement ajoutées les unes aux autres.
Le "Facteur de massiveté " Am/V utilise le périmètre exposé pour calculer une valeur
appropriée de Am désignant la surface réellement exposée au rayonnement et à la convection.
Le principe en est illustré par les trois exemples donnés dans la Fig. 15.
EC3 Partie 1-2
b
Tableaux 4.2,
4.3

périmètre périmètre exposé 2(b+h)


aire de section aire de section aire de section

Figure 15. Principes de calcul du facteur de massiveté

14 Durées de résistance au feu des éléments en acier


protégés
Pour les éléments comportant une protection passive, les mécanismes fondamentaux de
transmission thermique sont identiques à ceux concernant les éléments en acier non protégés,
mais la couverture superficielle en matériau à très faible conductivité provoque une réduction
considérable de la vitesse d'échauffement du profil en acier. En outre, la couche isolante elle-
même peut emmagasiner une certaine quantité de chaleur, même faible. Il est acceptable de
supposer que la surface isolante exposée est à la même température de l’environnement de
l’incendie (car la conduction hors de la surface est faible, et une très petite partie de la
EC3 Partie 1-2
chaleur incidente est utilisée pour l'augmentation de la température de la couche superficielle
4.2.5.2
de matériau isolant). Le calcul de l'augmentation de la température de l'acier a.t dans un
laps de temps t concerne alors l'équilibrage de la conduction thermique entre la surface
exposée avec la chaleur emmagasinée dans la couche isolante et le profil en acier:
 p / d p Ap  1 
   g ,t   a ,t  t   e  1  g ,1 mais  a ,t  0
 / 10
 a ,t  
ca  a V  1   / 3 

où l'accumulation de chaleur relative dans le matériau de protection est donnée par le terme.

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cp  p Ap
 dp
ca  a V

Ap facteur de massiveté de section pour l'élément en acier protégé, où A p
 représente en général le périmètre intérieur du matériau de protection
V
ca ,cp  chaleurs spécifiques de l'acier et du matériau de protection
dp  épaisseur du matériau de protection contre l’incendie
 a ,t , g ,t  températures de l'acier et des gaz dans le four à l'instant t
 g ,t  augmentation de température des gaz pendant l'incrément de temps t
p  conductivité thermique du matériau de protection contre l’incendie
 a , p  masse volumiques de l'acier et du matériau de protection contre l’incendie

Les matériaux de protection contre l’incendie renferment souvent un certain pourcentage


d'humidité qui s'évapore aux environs de 100°C, avec une absorption considérable de chaleur
latente. Ceci entraîne une "pause" dans la courbe d'échauffement d'un élément en acier
protégé aux environs de cette température lorsque l'humidité est expulsée de la couche de
protection. La relation temps-température incrémentielle ci-dessus ne représente pas ce
phénomène, mais elle représente au moins une approche sécuritaire. Une méthode de calcul
du temps de pause est donnée, en cas de besoin, dans la pré-norme Européenne consacrée aux
essais au feu (prENV yyy5).

15 Utilisation de modèles de calcul avancés EC3 Partie 1-2


4.3
Les Eurocodes 3 et 4 autorisent également l'utilisation de modèles de calcul avancés basés sur
un comportement physique fondamental, qui donnent une analyse réaliste du comportement
au feu de la structure. On peut les utiliser pour représenter le comportement d'éléments
individuels, de la totalité de la structure ou de sous-ensembles. Toutes les méthodes de calcul
sont dans une certaine mesure approximatives, sont fondées sur différentes hypothèses, et ne
sont pas capables de prévoir tous les types de comportement possibles. Il est donc stipulé que
la validité de l'un quelconque de ces modèles utilisé pour l'analyse doit faire l'objet d'un
accord entre le client, le concepteur et l'autorité de vérification de la construction compétente.
Des modèles de calcul peuvent couvrir le comportement thermique de la structure soumise à
un feu défini quelconque, nominal ou paramétrique, et il convient qu'ils soient fondés non
seulement sur les principes physiques établis de transmission thermique mais aussi sur les
connaissances de variation des caractéristiques thermiques des matériaux en fonction de la
température. Les modèles les plus avancés peuvent prendre en considération une exposition
thermique non uniforme et la transmission thermique à la structure adjacente. Etant donné
que l'influence de la teneur en humidité des matériaux de protection constitue inévitablement
un élément sécuritaire aupplémentaire, il est permis de la négliger dans l'analyse.
Lors de la modélisation du comportement mécanique des structures, l'analyse doit être basée
sur des principes reconnus de mécanique structurale, étant donné la modification des
caractéristiques des matériaux en fonction de la température. Les contraintes thermiques ainsi
que leurs effets provoqués par l'augmentation et les différences de température doivent être
inclus. Une non linéarité géométrique est essentielle lors d'une modélisation dans un domaine
de flèches structurales très importantes, de même qu'une non linéarité des matériaux lorsque
les courbes contraintes-déformations sont très curvilignes. Il est cependant admis que, dans
l'échelle de temps des feux accidentels, il n'est pas nécessaire d'inclure explicitement le fluage
thermique momentané à condition d'utiliser les courbes contraintes-déformations à hautes
températures données dans le Code.

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16 Exemples de calcul de résistance au feu simple selon


l'Eurocode
16.1 Exemple de calcul
Considérons une ossature à 4 étages simple, munie d'un contreventement contre les flèches
par déplacement horizontal. Ossatures identiques espacées de 6m.
Poutre maîtresse (mixte)
G +Q
k k
D E F
Tirant
G +Q G +Q 3.5m
k k k k

A B C

Poutre mineure (non-mixte) 3.5m


G +Q
k k
14m

3.5m
G +Q G +Q
k k k k

G
Poteau (acier ou mixte)
3.5m

5m 5m

Figure 16. Exemple de calcul d'une ossature plane.


Charges sur planchers caractéristiques:
Permanente Gk = 1,9 kN/m2
Principale Variable Qk.1 = 3,8 kN/m2
Charges de calcul sur les Poutres
En utilisant G = [1,35] et Q.1 = [1,50]
Actions permanentes Gd= 15,39 kN/m
Actions variables Qd= 34,2 kN/m
Nuance d'acier: S275 utilisée partout. Les éléments mixtes ne sont pas examinés ici.

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16.2 Résistance au feu et Protection
d'un Elément Tendu
16.2.1 Calcul à température ambiante
d'un élément BE
Chargement de calcul NSd= 247,95 kN
Essai d'un profil IPE 100: IPE 100
EC3 Partie 1-1
Résistance de calcul Npl.Rd = Anet fy / M0 5.4.3
= 1030 . 0,275 / [1,1]
3.5m
= 257,5 kN > 247,95
... donc OK.

16.2.2 Résistance au feu d'un élément EC3 Partie 1-


tendu BE 2 2.4.3
Charges de calcul au feu Nfi.d = fi NSd
Facteur de combinaison 1.1 = 0,5
Qk.1 / Gk = 2,0
où: Qk.1 est l'action variable principale et Gk la
somme de toutes les actions permanentes. 247.95kN Fig 2.1
Facteur de réduction fi = 0,46
Figure 17. Elément
Nfi.d = 0,46 . 247,95 = 114 kN
tendu BE.
Résistance de calcul en Exposition au Feu
Calcul de la résistance selon le calcul de résistance au feu, à température ambiante: EC3 Partie 1-2

Nfi.20.Rd = ky.20 NRd (M1 / M.fi) 4.2.3.1


Facteur de réduction de résistance k y.20 = 1,000 Tableau 3.1
Nfi.20.Rd= 1,000 . 257,5 . ( [1,1] / [1,0] ) = 283,25 kN
Température critique
Degré d'utilisation 0 = Nfi.d / Nfi.20.Rd = 114 / 283,25 = 0,40 4.2.4

Température critique cr = 619°C Tableau 4.1


Durée de résistance au feu
La modification de température d'acier dans le laps de temps t est: EC1 Partie 2-2
a.t = 1 / (ca a) (Am / V) hnet.d t 2.5.1
où: Facteur de massiveté Am / V = aire de surface d'élément / volume d'élément
Am/V = 388,1 m-1
Chaleur spécifique de l'acier c a = 600 J/kg°K 4.2.5.2

Masse volumique de l'acier a = 7850 kg/m3


On détermine la valeur de calcul du flux thermique net par unité d'aire, h net.d
pour l’incendie conventionnel, au moyen de f = 0,8 et m = 0,625.
Par le calcul au moyen d'une feuille de calcul informatique (tableur):
Pour t = 5 secondes le temps que prend l'acier pour atteindre sa température

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critique est de 9 minutes et 40 secondes.

16.2.3 Protection contre l’incendie d'un élément tendu BE


Une protection contre l’incendie de 60 minutes est exigée pour l'élément tendu (IPE
100).
Essai de revêtement avec une plaque de plâtre de 20mm:
Epaisseur dp = 20mm
Masse volumique p = 800 kg/m 3
Tableau 4.3
Chaleur spécifique cp = 1700 J/kg°K
Conductivité thermique p = 0,2 W/m°K 3.3.2
Facteur de massiveté Ap / V = Aire de surface intérieure des plaques /
3.3.1.2
Volume de l'élément
= 300,97 m-1
4.2.5.2
L'augmentation de température de l'élément en acier dans le temps Dt est:
Da.t = (p / (dp ca a)) (Ap / V) [1 / (1 + /3)] (g.t - a.t)t - (e/10 - 1) g.t
mais  a.t > 0
Où:
On détermine la température des gaz g.t pour l’incendie conventionnel.
Chaleur spécifique de l'acier c a = 600 J/kg°K EC3 Partie 1-2
4.2.3.3
Masse volumique de l'acier a = 7850 kg/m3
= (cp p dp / ca a) . (Ap / V) = 1,738
En utilisant une feuille de calcul informatisée (tableur):
Après 60 minutes la température de l'acier a = 613°C < 619°C (température
critique).
... donc, un revêtement en plaques de plâtre de 20mm donne une protection contre
l’incendie supérieure à 60 minutes.

16.3 Résistance et Protection contre l’incendie d'une Poutre en


Acier
16.3.1 Calcul à température ambiante d'une poutre mineure AB

49.59kN/m

IPE 300

5m

EC3 Partie 1-1


Tableau 5.3.1
Figure 18. Poutre mineure AB.

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Moment fléchissant appliqué MSd = 49,59 . 52 / 8 = 154,97 kNm


Essai d'un profil IPE 300:
Classification de Section
5.5.2
Coefficient  = ( 235 / fy )0,5 = 0,92
d / tw = 248,6 / 7,1 = 35 < 72 . 0,92 5.4.5.2
c / tf = 7,0 < 10 . 0,92
La section est donc de Classe 1.
Moment résistant
La dalle de plancher en béton confère un encastrement latéral total à la semelle
supérieure, donc nul besoin de prendre en compte le déversement.
5.4.6
Moment résistant Mpl.Rd = Wpl.x fy / M0 = 628000 . 0,275 / (1,1 . 103)
= 157 kNm > 154,97
... donc OK.
Résistance au cisaillement EC3 Partie 1-2

Cisaillement appliqué VSd = 123,97 kN 2.4.3


Aire de cisaillement Av = 2567 mm2
Capacité de cisaillement Vpl.Rd = 2567 . 0,275 / (1,732 . [1,1]) = 370 kN > 123,97
... donc OK.

16.3.2 Résistance au feu d'une poutre mineure AB Fig. 2.1

Charges de calcul en exposition au feu


Charge de calcul en exposition au feu Mfi.d = fi MSd
Facteur de combinaison 1.1 = 0,5
Qk.1 / Gk = 2,0
Où: Qk.1 est l'action variable principale et Gk la somme de toutes les actions 4.2.3.3
permanentes.
Facteur de réduction fi = 0,46
Mfi.d = 0,46 . 154,97 = 71,25 kNm
Résistance de calcul en exposition au feu EC3 Partie 1-1
EC3 Partie 1-2
Calcul de la résistance à température ambiante:
Pour une poutre de Classe 1 avec une répartition de la température uniforme:
Résistance de calcul en exposition au feu à l'instant t:
Mfi.t.Rd = Mfi..Rd / 1 2
Mfi..Rd = ky. (M0 / M.fi) MRd
Facteur de réduction de résistance k y. = 1,000 for = 20°C
M1 = [1,1]
M.fi = [1,0]
Moment résistant à température ambiante MRd = 157 kNm
4.2.4
Mfi..Rd = 1 . ([1,1] / [1,0]) . 157 = 172,7kNm
Tableau 4.1

Ingénierie incendie 27
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Pour une poutre supportant une dalle en béton:
1 = [0,7]
2 = 1,0 EC1 Partie 2-2

Mfi.t.Rd = 172,7 / ([0,7] . 1,0) = 246,7 kNm


2.5.1
Température critique
Degré d'utilisation 0 = 71,25 / 246,7 = 0,289
Température critique cr = 669,5 °C

Durée de résistance au feu


La modification de température de l'acier dans le laps de temps t is:
a.t = (1 / (ca a)) (Am / V) hnet.d t
Où (pour une exposition sur trois côtés):
Facteur de massiveté :
Am / V = aire de surface d'élément / volume d'élément = 187,7 m -1
Chaleur spécifique de l'acier c a = 600 J / kg°K
Masse volumique de l'acier a = 7850 kg / m3
On détermine la valeur de calcul du flux thermique net par unité d'aire h net.d pour
l’incendie conventionnel, en utilisant f = 0,8 et m = 0,625. Cette valeur varie dans
le temps.
4.2.5.2
Par calcul au moyen d'une feuille de calcul informatisée (tableur):
Pour t = 5 secondes le temps que prend l'acier pour atteindre sa température
critique est de 15 minutes et 25 secondes.

16.3.3 Protection contre l’incendie d'une poutre mineure AB


Une protection contre l’incendie de 60 minutes est exigée pour la poutre mineure
(IPE 300).
Essai de revêtement avec des plaques de plâtre de 15mm:
L'augmentation de la température de l'acier dans le laps de temps Dt est:
Tableau 4.3
Da.t = (p / (dp ca a)) (Ap / V) [1 / (1 + /3)] (g.t - a.t)t - (e/10 - 1) g.t
mais  a.t > 0 EC1 Partie 2-2
Où: 3.3.1.2
Epaisseur dp = 15mm
3.3.2
Masse volumique p = 800 kg/m 3
4.2.5.2
Chaleur spécifique cp = 1700 J/kg°K
Conductivité thermique p = 0,2 W/m°K EC3 Partie 1-2
4.2.3.3
Facteur de massiveté :
Ap / V = Aire de surface intérieure des plaques / Volume de l'élément
= 139,4 m-1
On détermine la température des gaz g.t pour l’incendie conventionnel.

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Chaleur spécifique de l'acier c a = 600 J / kg°K
Masse volumique de l'acier a = 7850 kg / m3
= (cp p dp / ca a) . (Ap / V) = 0,604
En utilisant une feuille de calcul informatisée (tableur):
Après 60 minutes la température de l'acier a = 570°C < 669,5 °C (température
critique).
... donc un revêtement en plaques de plâtre de 15 mm donne une protection contre
l’incendie supérieure à 60 minutes.

16.4 Résistance et protection contre l’incendie d'un of poteau en


acier
16.4.1 Calcul à température ambiante d'un
poteau GH
Compression axiale, NSd= 991,8 kN.
Essai d'un profil HEB 180:
Classification de section EC3 Partie 1-1
IPE 100
Coefficient  = ( 235 / fy ) 0,5
= 0,92 Tableau 5.3.1
d / tw = 122 / 8,5 = 14,4 < 33 . 0,92
3.5m
c / tf = 90 / 14 = 6,4 < 10 . 0,92
La section est donc de Classe 1.
Résistance à la compression
Elancement hors du plan (axe faible)  = 3,5 / 0,046
= 76,6 5.5.1.4
1 = 86,8
5.5.2
Elancement normalisé =  / 1 = 0,88
Facteur de réduction,  = 0,61 Tableau 5.5.2

A = 1 pour les sections de Classe 1 247.95kN 5.5.1.1


M1 = [1,1]
Résistance au flambement Nb.Rd =  A A fy / M1
= 997 kN > 991,8
... donc OK.

16.4.2 Résistance au feu d'un poteau en


acier GH
EC3 Partie 1-2
Charges de calcul en exposition au feu
2.4.3
Charges de calcul en exposition au feu, Nfi.d = fi
NSd.

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Facteur de combinaison, 1.1 = 0,5
Qk.1 / Gk = 2,0
Où: Qk.1 est l'action variable principale et Gk la Fig. 2.1
somme de toutes les actions permanentes.
Facteur de réduction, fi = 0,46
Nfi.d = 0,46 . 991,8 = 456 kN.
4.2.3.2
Résistance de calcul en exposition au feu
Résistance au flambement en exposition au feu
Nb,fi,t,Rd = (fi / 1,2) A ky.max fy / M.fi EC3 Partie 1-1
Facteur de longueur efficace = 0,7 pour l'étage le 5.5.1.4
plus bas avec base articulée. Serait 0,5 pour un 5.5.2
étage intermédiaire.
Elancement, = 53,6
1= 86,8
Elancement normalisé =  / 1 = 0,62
pour  = 20°C, ky.max = kE.max = 1,0
20 = 0,62 (ky.max / kE.max)0,5 = 0,62

Facteur de réduction en exposition au feu, fi = 0,77


Nb.fi.t.Rd = (0,77 / 1,2) . 6530 . 1 . 0,275 / 1 = 1159,6 kN
Température critique EC3 Partie 1-2
Degré d'utilisation, 0 = 456 / 1160 = 0,39 4.2.4
Température critique cr = 622,4 °C Tableau 4.1
Durée de résistance au feu
La modification de température de l'acier dans le laps de temps t est:
EC1 Partie 2-2
a.t = (1 / (ca a)) (Am / V) hnet.d t
2.5.1
Où (pour une exposition sur 4 côtés):
Facteur de massiveté : Am / V = aire de surface d'élément / volume d'élément = 158,8
m-1
Chaleur spécifique de l'acier c a = 600 J / kg°K
Masse volumique de l'acier a = 7850 kg / m3
On détermine la valeur de calcul du flux thermique net par unité d'aire h net.d pour
l’incendie conventionnel, au moyen de f = 0,8 et m = 0,625. Cette valeur varie dans
le temps.
Par calcul au moyen d'une feuille de calcul informatisée (tableur):
Pour t = 5 secondes le temps que prend l'acier pour atteindre sa température
critique est de 14 minutes et 55 secondes.

16.4.3 Protection contre l’incendie d'un poteau GH


Une protection contre l’incendie de 60 minutes est exigée pour le poteau en acier.
Essai de plaques de plâtre de 10mm:
4.2.5.2

Ingénierie incendie 30
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L'augmentation de la température de l'élément en acier dans le laps de temps t est:
Da.t = (p / (dp ca a)) (Ap / V) [1 / (1 + /3)] (g.t - a.t)t - (e/10 - 1) g.t
mais a.t > 0
Où: Epaisseur, dp = 10mm
Masse volumique, p = 800 kg/m3
Chaleur spécifique, c p = 1700 J / kg °K
Tableau 4.3
Conductivité thermique, p = 0,2 W / m°K
Facteur de massiveté : EC1 Partie 2-2

Ap / V = Aire de surface intérieure des plaques / Volume d'élément = 110,3 3.3.1.2


m-1 3.3.2
On détermine la température des gaz g.t pour l’incendie conventionnel. 4.2.5.2
Chaleur spécifique de l'acier, c a = 600 J/kg°K
EC3 Partie 1-2
Masse volumique de l'acier, a = 7850 kg/m3 4.2.3.3
 = (cp p dp / ca a) (Ap / V) = 0,318
La température critique de 622,4 °C survient à 55 minutes exactement. Après 60
minutes, la température de l'acier a = 659,8 °C. Il faut donc des plaques de plus
forte épaisseur pour donner une protection contre l’incendie de 60 minutes.

Des plaques de 15mm entraînent l'augmentation de la température à 508°C en 60


minutes, et donnent donc une protection contre l’incendie supérieure à 60 minutes.

17 Conclusion récapitulative
 Tant l'acier que le béton subissent une réduction progressive à la fois de résistance et de
rigidité au fur et à mesure que leur température augmente dans des conditions
d'exposition au feu. L'EC3 et l'EC4 fournissent des modèles matériels de courbes
contraintes-déformations pour ces deux matériaux dans une plage étendue de
températures..
 La résistance au feu des éléments structuraux est donnée sous forme de temps au bout
duquel ils atteignent un critère de flèche défini lorsqu'ils sont soumis à des essais dans un
four suivant un programme thermique conforme à une de courbe temps-température
normalisée ISO 834.
 Il est possible d'évaluer la sévérité d'un incendie naturel sous forme de 'temps-équivalent
entre sa température de pointe et la même température sur la courbe normalisée ISO 834.
 Le comportement d'éléments dans un four d'essai est très différent de celui observé dans
une ossature de bâtiment, mais la seule façon pratique d'évaluer le comportement d'une
structure globale consiste à utiliser des modèles de calcul avancés.
 La protection traditionnelle contre l’incendie des ouvrages en acier consiste à les revêtir
de matériaux isolants au cours de la construction. Cependant, il peut être possible
conformément à l'EC3 d'utiliser une combinaison de stratégies passives et actives pour
assurer la résistance au feu.
 Le calcul de résistance au feu de l'EC3 ou de l'EC4 tient compte du niveau de
chargement appliqué sur l'élément. Toutefois, les coefficients partiels de sécurité
appliqués sont inférieurs à ceux utilisés dans le calcul de résistance à l’état limite ultime
“ à froid ”.
 La résistance au feu peut être calculée en termes de temps, sous forme d'une résistance
aux charges au bout d'un certain temps, ou sous forme de température critique d'élément

Ingénierie incendie 31
Eurocodes pour les Structures en Acier– Elaboration d’une Approche Trans-Nationale
Ingénierie incendie
Introduction à l’ingénierie incendie pour les structures en acier et mixtes selon les
Eurocodes
appropriée au niveau de charge et à la durée d'incendie exigés.
 La température critique est calculée pour tous les types d'élément de classes 1, 2 ou 3 à
partir d'une équation unique en fonction du niveau de charge en exposition au feu. Les
sections de Classe 4 sont universellement supposées avoir une température critique de
350°C.
 L'EC3 donne des méthodes simples de calculs pour la résistance au feu de tous les types
d'éléments. Dans les cas où la résistance est gouvernée par le flambement, on utilise un
facteur de correction empirique de 1,2 pour prendre en compte un certain nombre
d'effets.
 Il est possible de calculer l'augmentation de température d'éléments protégés ou non
protégés par petits incréments de temps, d'une façon pouvant être aisément mise en
oeuvre dans une feuille de calcul informatisée (tableur).

Ingénierie incendie 32

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