Pesticides : Types et Toxicité
Pesticides : Types et Toxicité
Dr. BOUMAZA Med Rochdi (CPMC) - Le tissu adipeux humain contient de faibles quantités d’organochlorés puisque l’homme en
consomme des quantités variables sous forme de résidus alimentaires.
- Ils sont présents dans les urines et le lait maternel.
- Plan.
- Ils traversent la barrière placentaire.
- Définition.
- La lipolyse associée à l'état de jeûne entraîne leur mobilisation brusque du tissu
- Utilisations et source d’exposition.
adipeuxune réduction significative de leur concentration tissulaire a pu être obtenu par
- Classifications.
administration prolongée d'autres substances telles la diphénylhydantoine, le
A- Insecticides, acaricides, nématocides :
phénobarbital et résines anioniques.
A-1/ Insecticides organochlorés.
2- Mécanisme d'action :
A-2/ Insecticides organophosphorés.
- Inhibition la Mg++ ATPase du SNC, enzyme associée aux phosphorylations oxydatives et
A-3/ Insecticides carbamates.
au maintien d'une concentration intracellulaire faible de Ca++ et la (Na+/K+) ATPase enzyme
A-4/ Bromure de méthyle.
associée au transport des cations à travers les membranes.
B- Rodenticide
- Inhibition de l'enzyme (Na+/K+) ATPase dans les villosités subarachnoidiennes entraînerait
C- Herbicide
un œdème empêchant le drainage du LCR et ainsi de l'HIC.
D- Fongicide
- Activation de ATPase mitochondriale, ce qui devrait théoriquement les classer parmi les
E- Les hélicides (molluscicides).
découpleurs des phosphorylations oxydatives.
- Prévention
- Interférence avec la production ou l’utilisation d’ammoniac, résulte un pouvoir
- Réparation
convulsogène.
1- Définition - Modifications dans le métabolisme de la 5-hydroxytryptamine et de la norépinéphrine,
Les pesticides sont des produits destinés à assurer la destruction ou à prévenir responsable de l’hyperthermie.
l'action des animaux, végétaux, micro-organismes ou virus nuisibles - Modification de la concentration de l’acétylcholine entraîne trémor et convulsion.
2- Utilisations et source d’exposition - Empêchent l’action inhibitrice du neurotransmetteur GABA sur divers neurones (lindane).
- Utilisation sous forme de poudre, pelles, émulsion en agriculture. - Altération du fonctionnement des canaux chlorures (cyclodiènes chlorés).
- Usages domestiques, santé publique (pour lutter contre les vecteurs de maladies - Action promotrice sur le développement de tumeurs hépatiques pourrait être liée à
infectieuses (exp. éradication de la malaria) l’induction de la protéine Kinase C.
- Ingestion accidentelle. 3- Toxicité aiguë :
- Tentative de suicide. - Stimulation du SNC, entraînant des convulsions épileptiformes.
- Exposition professionnelle : Fabrication, formulation, épandage de ces corps. - À forte dose, ils produisent des nausées et de la diarrhée.
- Episode d’empoisonnement de la population suite à l’ingestion d’aliments contaminés. - En cas de survie, la guérison survient sans séquelle.
3- Classification - La période de latence entre la prise du toxique et l'apparition des symptômes varie de
On distingue cinq groupes principaux : quelques minutes à quelques heures
Les insecticides, acaricides (nématocides) (contre les insectes). 4- Traitement :
Les rodenticides (contre les rongeurs). Les mesures de réanimation cardio-respiratoire
Les herbicides (contre les mauvaises herbes). A- Essai d'évacuation du toxique ingéré :
Les fongicides (contre les champignons et les moisissures). * Vomissement provoqué ou lavage gastrique :
Les hélicides (molluscicides) (contre les mollusques). - Si le sujet est conscient (pas de coma ni convulsion) et le solvant du pesticide n’est pas
un dérivé du pétrole.
- Dans le cas contraire, le lavage ne devrait être réalisé qu’après intubation trachéale.
A-INSECTICIDES, ACARICIDES, NÉMATOCIDES
* laxatifs salins : 30 g de sulfate de soude dans 250 ml d'eau :
Les substances huileuses sont à proscrire, favorisent l'absorption
A-1/ Insecticides organochlorés
B- Traitement des convulsions par le phénobarbital, le pentobarbital ou le Valium :
- Chimiquement très stable.
- Phénobarbital : 100 mg en SC toutes les heures, jusqu'au contrôle des convulsions, ne pas
- Persistent dans le sol, l'eau et les aliments.
dépasser 500 mg
- La communauté Européenne interdits d'emploi.
- En cas de convulsion intense, pentobarbital : 100 à 500 mg en IV suivi de phénobarbital
1- Métabolisme :
SC (100 mg) suivant nécessité.
- Substances lipophiles, peuvent être absorbées par toutes les voies.
- Le diazépam (Valium) sera administré à la dose de 10 mg en IV lente
- Les molécules mères et certains produits de dégradation s'accumulent dans les tissus
Ne pas administrer des stimulants (épinéphrine…) car ces pesticides sensibilisent le
myocarde aux sympathicomimétiques. DDA (acide dichlodiphénylacétique): soluble dans l'eau, s’élimine par les urines, la
5- Toxicité chronique : concentration dans les urines reflète l’exposition récente.
- Altération de l’EEG (lien entre la concentration cérébrale d’organochlorés (dieldrin) et DDE (dichlodiphényldichloéthyléne): s’accumule dans les tissus graisseux comme
la maladie de parkinson ?). le DDT.
- Infiltration graisseuse aboutissant à la cirrhose. Intoxication aigue :
- Certains produisent une induction des enzymes microsomiques (prolifération du
- L’ingestion de 16mg/kg de DDT : convulsions.
réticulum endoplasmique lisse).
- Modification du métabolisme d'autre xénobiotiques (barbituriques) ou de substances - L’ingestion de 30-40mg/kg de DDT : décès.
endogènes (stéroïde). - Les symptômes débutent de 30min-3h après l'ingestion :
- Stimulation de synthèse hépatique du cholestérol et des lipoprotéines de haute densité. Paresthésies dans la langue, les lèvres, face et puis dans les membres.
- Une association entre l'exposition à certains pesticides organochlorés et cancer
Appréhension Céphalées.
hépatique et rénal.
- Certains insecticides organochlorés peuvent induisent une anémie aplasique. Perte de l’équilibre, vertige.
a- HCH-hexachlorocyclohexane (lindane) : Confusion.
- Peuvent être absorbé par toutes les voies.
Trémor suivi de convulsions.
- Pour apprécier l’exposition au lindane :
Dosage urinaire des 2,4,6 /2,3,5 et 2,4,5 trichlorophénols (métabolites du L’ingestion d’une forte dose peut engendrer des vomissements.
lindane). - A l’examen clinique :
Ou de façon plus précise dosage de lindane dans le sang: la norme permissible Sensibilité au toucher et douleur, exagérée dans les zones où le patient se plaint
20ug/l de plasma (OMS). de paresthésie.
- Dans la population générale, la concentration de lindane <1ug/l. Perte des sensations vibratoires dans les extrémités.
- Chez l’animal : altération de la fonction reproductrice. Réflexes normaux sauf dans les cas d’intoxication massive.
- TLV : 0,5mg/m3 (ACGIH, 2005). Bradyarythmie.
- Dose létale (voie orale) : 7-15g/70kg. - Si TRT rapide et adéquat : guérison complète en 24H.
Toxicité : Intoxication chronique :
Aigue : - Dermite allergique.
* Voie orale et cutanée: - Risque cancérogène est controversé.
- Dans les cas fatals après une période de latence de 1 à 2 heures apparaissent des - Hépatome chez l’animal.
symptômes cliniques de stimulation du SNC : convulsions tonicocloniques violentes + signes - Elévation de taux sérique de DDE chez les patientes atteintes du cancer du sein (les
biologiques de nécrose hépatiques, rénales, pancréatiques, et musculaires. organochlorés doués de propriétés oestrogéniques influence l’incidence de cancers
- Défaillance cardiaque et respiratoire entraîne la mort en moins de 12 heures. hormono-dépendants).
* Voie pulmonaire : - Association entre l’exposition au DDT et le risque de cancer pancréatique.
L’exposition à une concentration atmosphérique élevée : céphalée, nausée, irritation des - Développement du cancer testiculaire et l’exposition fœtale/néonatale au DDT.
yeux, du nez et de la gorge, très rarement, sensibilisation cutanée (urticaire). - Le syndrome d’ovaires poly kystiques pourrait résulter contact avec DDT au cours du
Subaiguë : développement fœtal.
- Symptomatologie peu spécifique : asthénie, céphalée, insomnie, parfois polynévrite - Le p,p`-DDE, métabolite de DDT a une action antagoniste de l'androgène (a une grande
sensitivomotrice. affinité sur les récepteurs aux androgènes)
- Anémie aplasique (lentement réversible lors de l'arrêt de l'exposition). - DDT est un inducteur microsomique chez homme.
- Action génotoxique sur les cellules de la muqueuse nasale et gastrique (chez l’animal). - Une corrélation entre les taux de DDT et de Tg circulants.
- Cancérogène (les différents isomères) : Groupe 2B par le CIRC. - Action immunosuppressive du DDT chez l’animal.
b- DDT-dichlorodiphényltrichloroéthane : - Cancérogène : Groupe 2B par CIRC.
- DDT est absorbé par voie orale, pulmonaire (poussières et d'aérosol) et par voie cutanée - TLV-TWA 1mg/m3 (ACGIH, 2005)
(en solution). - Dose létale (voie orale): 3-30g/70kg.
- La poudre n’est pas absorbée par la peau. c- chlordane :
- Traverse la barrière placentaire (concentration DDT fœtal < concentration DDT mère). - Pénètre dans l'organisme par toutes les voies.
- Passe dans le lait maternel. - Provoque la même symptomatologie que le lindane.
- DDT est métabolisé en : - Il provoque une perturbation neurophysiologique et psychologique lors du traitement du
bois (protection contre les termites).
- Développe une aplasie médullaire et de neuroblastome chez l’enfant. - Cancérogène : Groupe 3 par le CIRC.
- Interfère avec système immunitaire (possibilité de réactions auto-immunes). - TLV = 10 mg/m3 (ACGIH, 2005)
- Cancérogène : Groupe 2B par le CIRC. j- Autres :
-TLV: 0,5 mg/m3 (ACGIH, 2005) substances TLV en mg/m³ (ACGIH, 2005)
- Dose létale (voie orale) : 6-60g/70kg. Toxaphène (camphéchor). 0.5
d- Dieldrin : Thiodan (endosulfan). 0.1
- Absorption rapide par la peau (d'intoxication plus aisé que DDT). Métoxychlore 10
- Les symptômes d’intoxication aigue sont similaires à ceux produits par le DDT. - Dicfol (kelthane).
- L’exposition prolongée peut engendrer des manifestations d’épilepsie survenant même - Tétrasul.
après cessation de tout contact avec le pesticide (manifestations tardives = mobilisation - Chlordiméform : Groupe 3 de CIRC.
du pesticide accumulé dans le tissu adipeux)
- Modification de EEG, peut rester perturbé pendant un an après l’intoxication aiguë.
A-2/ Insecticides organophosphorés
- Provoque des tumeurs hépatiques chez l’animal.
- Ils se caractérisent par :
- Il est mutagène.
Une structure chimique similaire, ils peuvent être considérés comme des dérivés
- Cancérogène : Groupe 3 par CIRC.
esters de l’acide phosphorique.
- Dans la population générale:
Un mode d’action identique : inhibition de l’acétylcholinestérase.
Dans le tissu adipeux :0.3ug/ml.
- Beaucoup d’insecticides organophosphorés ne sont pas directement actifs, mais sont
Dans le sang: 0.48ug/l (ne dépasse pas 10ug/L).
activés en produits toxiques dans l’organisme (principalement dans le foie).
- Dose létale (voie orale): 5g/70kg.
- Ainsi le parathion lui-même, n’est guère actif vis-à-vis de l’acétylcholinestérase, mais
- TLV = 0,25mg/m3 (ACGIH, 2005).
transformé enzymatiquement dans l’organisme en paraoxon (puissant inhibiteur des
e- chlordécone (képone) :
cholinestérases), l’activation peut se réaliser dans foie, rein, intestin, poumon.
- Il est neurotoxique, hépatotoxique, foetotoxique.
- Les voies de pénétrations :
- Peut provoquer des cancers hépatiques chez l’animal.
Voie cutanée : voie fréquente d’intoxications professionnelles (favorisée par la
- Clinique : nervosisme, trémor, perte de poids, douleur articulaire, oligospermie, atteinte
sudation, excoriations de la peau, les solvants organiques et les adjuvants huileux
hépatique (hépatomégalie, infiltration graisseuse, prolifération REL).
des formulations liquides).
- Induction microsomique.
Voie pulmonaire : exposition à des aérosols de pesticides.
- Signes d’HIC (céphalées violentes, œdème papillaire).
Voie orale : ingestion accidentelles (enfants, aliments contaminés) ou volontaires
- L’administration oral de cholestyramine a permis de réduire la charge corporelle en
(suicides).
rompant le cycle entéro-hépatique de la substance et en favorisant ainsi son excrétion
- Les OP se distribuent dans tous les tissus.
fécale.
- Ils traversent facilement la barrière hémato méningée.
f- mirex :
- Les composés les plus liposolubles font l'objet d'un stockage dans les graisses, à
- Il présente la même toxicité que le képone (structure similaire).
l'origine de phénomènes de redistribution expliquant des symptômes retardés et des
g- endrin :
évolutions prolongées.
- Absorbé par toutes voies.
1- Classification selon leur degré de toxicité : (ACGH, 2005)
- Plus toxique que le dieldrin.
Hautement toxique : Modérément toxique Faiblement toxique
- La dose de 0,20 à 0,25mg/kg : produire des convulsions.
Parathion TLV = 0,05mg /m3. Diazinon TLV = 0,01 mg/m3 Malathion TLV= 0.1mg/m3
- Il ne s’accumule pas dans le tissu adipeux.
- Puissant inducteur des microsomes hépatiques.
Guthion TLV = 0,2 mg/m3 Fenthion TLV= 0,2mg/m3 Ronnel TLV= 10mg/m3
- Cancérogène : Groupe 3 par le CIRC.
- TLV = 0.1 mg/m³ (ACGIH, 2005)
2- Mécanisme d’action:
h- heptachlore :
- L’action toxique prédominante est l’inhibition de l’enzyme acétylcholinestérase avec
- La symptomatologie de l’intoxication est similaire à celle produite par le lieldrin.
accumulation subséquente d’Ach.
- Cancérogène chez l’animal (tumeurs hépatiques).
- Il existe deux types de cholinestérase dans l’organisme :
- Peut engendrer une aplasie médullaire.
Acétylcholinestérase ou cholinestérase vraie ou spécifique : qui a une affinité
- Cancérogène : Groupe 2B par le CIRC.
presque spécifique pour le substrat naturel (Ach).
- TLV = 0,05 mg/m3 (ACGIH, 2005)
o Se trouve au niveau des synapses dans le tissu nerveux, jonction
i- Métoxychlore :
neuromusculaire et dans les érythrocytes.
- Peut induire une anémie aplasique chez l’homme.
o Est inhibée en présence d’un excès de substrat (cations). A-1 Effets muscariniques :
Pseudo cholinestérase ou enzyme non spécifique : qui a la capacité d’hydrolyser - Les premiers qui apparaissent.
une quantité assez variée d’esters synthétiques et naturels y compris Ach. - Due à l’accumulation de l’Ach au niveau des terminaisons nerveuses des fibres post
o Se trouve dans plasma, intestin, foie et d’autres tissus. ganglionnaires du système parasympathique :
o Est activée en présence d’un excès de substrat. Crampes abdominales, nausées, vomissements, diarrhées.
3- Rappel : Sensation de constriction thoracique, laryngospasme, bronchospasme,
- Ach est le médiateur chimique du système nerveux parasympathique et est nécessaire à hypersécrétion bronchique, dyspnée, wheezing.
la transmission de l’influx nerveux : Un œdème pulmonaire relativement fréquent.
Des fibres préganglionnaires aux ganglions du système végétatif. - Action muscarinique des pesticides OP avec l'hypoxie :
Des fibres postganglionnaires, cholinergiques, au muscle cardiaque, aux muscles Vision trouble, céphalées, myosis.
lisses et aux cellules sécrétrices. Salivation, sudation, larmoiement, incontinence vésicale et rectale.
Des nerfs moteurs aux muscles striés (JNM). Bradycardie.
Dans plusieurs structures au sein du SNC. A-2 Effets nicotiniques :
- En présence d’une activité normale en acétylcholinestérase, l’Ach libérée au cours du - Se manifestent quand les symptômes muscariniques ont atteint un degré modéré de
processus de transmission de l’influx nerveux est rapidement inactivée par hydrolyse. sévérité.
- Une diminution de l’activité cholinestérasique s’accompagne donc d’une accumulation de - Due à l’accumulation de l’Ach au niveau des fibres ganglionnaires végétatifs et des nerfs
l’Ach : moteurs :
Au niveau des terminaisons des fibres postganglionnaires du système Fibrillation musculaire, ensuite faiblesse musculaire et ataxie.
parasympathique, Paralysie des muscles respiratoires puis décès par insuffisance respiratoire.
Au niveau des ganglions du système parasympathique, et orthosympathique. A-3 Les syndromes nerveux centraux :
Au niveau de la jonction neuromusculaire. - Due à l’accumulation de l’Ach au niveau du SNC :
Au niveau du SNC. Anxiété, vertige, céphalées, trémor.
- En cas d’inhibition de l’acétylcholinestérase par les esters organophosphorés, Convulsions, coma.
apparaissent en général dans l’ordre : Respiration de cheynes-stockes.
Des symptômes dus à une stimulation du système parasympathique : c’est le Paralysie du centre respiratoire.
syndrome muscarinique. * Des complications du syndrome classique de types :
Ensuite surviennent les symptômes dus à la stimulation des ganglions du système - Cardiaques : tachycardie, bradycardie, allongement de QT, arythmie ventriculaire
végétatif et des terminaisons nerveuses des nerfs moteurs : c’est le syndrome maligne de type « torsade de pointe », accès d’adams-stokes avec faiblesse musculaire.
nicotinique. - Trouble mineur de comportement.
Suit une paralysie des muscles volontaires dues à une hyperstimulation. - Séquelles neurologiques chroniques.
Finalement surviennent les effets résultant d’une accumulation de l’Ach dans le * NB : en cas de survie, pas de séquelles mais les signes peuvent prendre plusieurs mois
SNC. pour disparaître.
- La gravité de l’intoxication dépend : * Biologie :
Du degré d’inhibition de l’acétylcholinestérase. - Inhibition de l’activité cholinestérasique au niveau de GR au plasma.
De la vitesse avec laquelle l’enzyme est inhibée. - Azotémie avec albuminurie.
- Les OP peuvent inhiber d’autres estérases, ce sont des inhibiteurs potentiels : - Troubles de coagulation.
Des ‘sérines estérases’: Exemple: la pseudocholinestérase, la trypsine, diverses B- Syndrome intermédiaire :
aliestérases... - Observé : 24 à 96 h après l’exposition.
Des ‘triesters phosphoriques hydrolases’ : Exemple: la paraxonase. - Un syndrome paralytique : qui touche
4- Clinique : Les muscles des racines des membres, du cou.
4-1 Intoxication aigue : Certains nerfs moteurs crâniens.
A- Syndrome classique: Muscles de la respiration.
* En cas d’intoxication modérée, les symptômes apparaissent : - Une décompensation respiratoire peut en résulter.
- 30 mn après une exposition par voie pulmonaire. - Due peut-être à une lésion au niveau de la jonction neuromusculaire post synaptique
- 1 h après intoxication par voie orale. comme dans la myasthénie grave, mais des lésions préjonctionnelles sont possibles.
- 2 à 3h après une exposition par voie cutanée. - Il est associé à une inhibition prolongée de l’AchE mais n'est pas lié à une nécrose des
* En cas d’intoxication massive, le début des symptômes est instantané et la mort survient fibres musculaires
en quelque minutes. - Ce syndrome est réfractaire au traitement par l’atropine et les réactivateurs, donc
défavorable. - Clinique :
- L’insuffisance respiratoires peut nécessiter une respiration assistée. Syndrome muscarinique.
- Des manifestations extrapyramidales : dystonie, tremblements de repos, rigidité, Syndrome nicotinique.
choréo-athétose ont été décrites lors d’intoxication aigues au fenthion (délai d’apparition Effets sur SNC.
4 à 40 jours). 6- Examens complémentaires :
C- Syndrome retardé : - Mesure de l’activité cholinestérasique du plasma ou GR (vu les variations
- Observé 10 à 14 jours après l’intoxication (exp : TOCP- tri-ortho- interindividuelles, il est recommandé de déterminer l’activité enzymatique avant le début
crésylphosphate) caractérisé par une ataxie et une paralysie flasque des extrémités. de l’exposition).
- Histologiquement : - La réduction de l’activité cholinestérasique doit au moins atteindre 20% de la valeur
Dégénérescence axonale rétrograde, distale, focale, non terminale des nerfs moyenne pour être considérée comme significative (une réduction >30% inacceptable,
périphériques. >50% risque de manifestations toxiques écartement du travailleur selon OMS).
Dégénérescence myélinique secondaire. - Dosage du p-nitrophénol urinaire : une concentration de p-nitrophénol (métabolite du
Une chromatolyse des cellules de la corne antérieure de la moelle épinière. parathion) < 0,5 mg/g de créatinine n’est généralement pas associée à une inhibition des
- Le TOCP n'est pas utilisé comme pesticide, mais comme plastifiant et huile de moteur cholinestérases par le parathion.
- Le TOCP n'est pas directement actif, il est métabolisé dans l'organisme en phényl - Certains auteurs ont observé l’apparition précoce des modifications du tracé EMG avant
saligénine phosphate qui est l'agent responsable de la dégénérescence nerveuse toute inhibition de l’activité cholinestérasique du sang total.
- Effet neurotoxique retardé : 7- Traitement de l'intoxication aigue :
Faiblesse des membres. 1- mesures de réanimation :
Paresthésies des mains et des pieds. Dans les intoxications sévères, risque de décès par défaillance respiratoire (paralysie des
Douleurs des mollets. muscles respiratoires, encombrement bronchique, paralysie du centre respiratoire) :
Paralysie motrice progressive; démarche ataxique, impossibilité de se maintenir respiration artificielle, oxygénothérapie, intubation trachéale ou trachéotomie….
debout. 2- décontamination :
L’amélioration est très lente, 30 à 50 % Doit se faire en premier lieu si pronostic vital n’est pas mis en jeu
Séquelles : pied équin, main en griffe (30à 50%). - enlever les vêtements souillés.
Paralysie isolée, bilatérale, du nerf laryngé récurrent après intoxication de 25 - laver la peau souillée à l’eau et au savon puis à l’alcool.
à35 jours, récupération spontanée peut aller jusqu’à 4 mois. - rinçage des yeux avec l’eau au moins 15mn (si contamination oculaire).
- Mécanisme : Due à l’inhibition d’une estérase (autre que l’AchE) dans le SN. - Lavage d’estomac.
- Diagnostic : en mesurant l'activité de « l'estérase neurotoxique » dans les lymphocytes - Administration répétée de charbon activé (50 à 100g initialement puis 20 à 40g toutes
circulants. les heures).
4-2 Intoxication chronique : - Irrigation des yeux en cas de contamination oculaire
- L’exposition répétée peut avoir un effet cumulatif, d’où inhibition progressive de - Il ne faut pas administrer des dépresseurs du SNC qui risquent d’exacerber la toxicité
l’activité cholinestérasique. des inhibiteurs de l’acétylcholinestérase
- Quand cette inhibition atteint un certain degré, des symptômes similaires à ceux de 3- Atropine:
l'intoxication aigue apparaissent. - Est un antagoniste compétitif de l’Ach au niveau des récepteurs muscariniques.
- Modification du tracé EMG: réduction de la vitesse de conduction motrice. - On administre une dose de 2 à 4mg en IV puis 2mg IV toutes les 10mn jusqu’à ce que des
- État d’anxiété. symptômes d’atropinisation apparaissent (flush, tachycardie, assèchement bronchique).
- Altérations neurologiques : - Un degré léger d’atropinisation devrait être maintenu pendant 24h à 48h.
Troubles comportementaux. - Contre indiqué chez les sujets anoxiques (risque de fibrillation ventriculaire).
Anomalie EEG. - Surveillance médicale au moins pendant 48 heures après le traitement.
Élévation du seuil de sensibilité vibratoire. RQ :
Sclérose en plaque ou syndromes similaires. - L'atropine :
- Potentiel génotoxique. Aucun effet sur les symptômes nicotiniques.
- Cancérogène chez l’animal (classé 2B par le CIRC). Jamais administrée à titre préventif (risque d’empêcher le dépistage précoce
- Possible d’atteinte oculaire (myopie, diminution de l'acuité visuelle) d'une intoxication débutante et d'effet secondaire).
- Eczéma de contact. 4 - réactivation de l’acétylcholinestérase :
5- Diagnostic de l'intoxication aigue : - Contrathion : 1 à 2g IV ou en perfusion lente à répéter toutes les 12h si nécessaire.
- Notion d’exposition professionnelle aux insecticides organophosphorés : agriculture, - Toxogonine : 250mg 2 à 3x/j en IV ou en perfusion.
opération d’épandage, déficience de moyens de protection. - Le réactivateur n’est actif que dans les premières 24 heures de l’intoxication.
- Il doit être administré en combinaison avec l’atropine. - Anomalies morphologiques des SPZ.
- Oximes : leur administration doit être prolongée pendant plusieurs jours car après - Dans les urines (sujets exposés) : < 10mg/g créat.
intoxication orale, certains OP peuvent être relargués progressivement de leurs sites de - TLV = 5mg/m3 (ACGIH, 2005).
dépôt nécessitants une réactivation répétée
Organo-phosphorés carbamates
5- Autres mesures :
- Hémoperfusion : lorsque la quantité d’organophosphorés circulant est élevée.
Mécanisme d’action: inhibition de Même mécanisme
- Isoprotérénol ou entraînement électrique ventriculaire : en cas d’allongement de
l’acétylcholine estérase.
l’intervalle QT.
Réparation
Tableaux :
- N° 2 : maladies causée par le mercure (Hg) et ses composés.
- N° 5 : Affections professionnelles liées au contact avec le phosphore et le sesquisulfure
de phosphore.
- N° 9 : Affections provoquées par les dérivés halogénés des hydrocarbures aromatiques
- N° 11: Intoxication professionnelle par le tétrachlorure de carbone.
Méthodes de prévention des pesticides - Eviter les problèmes d’attaque des parasites par une meilleure gestion des cultures et
des ressources naturelles.
Dr. BOUMAZA Med Rochdi (CPMC)
- Améliorer les connaissances des agriculteurs sur les risques et l’impact sur les éco-
systèmes.
1/ Type et forme des pesticides
- Conserver toujours les pesticides dans leur emballage original.
- Liquides: non dilués sous forme d’aérosols, dilués sous forme de concentré émulsifiable
- Etiquette lisible, contenant les indications nécessaires pour le bon usage et la sécurité
ou en suspension
d’emploi des pesticides.
- Solides: non dilués sous forme de poudre, de granulés, de fumée (générateur), ou dilués
- En cas d’accident, suivre les indications sur l’étiquette.
sous forme de poudre mouillable, d’appâts concentrés ou de granulés solubles.
- Etiquette rédigée dans la langue locale.
- Demander une fiche signalétique sur la composition chimique du produit
2/ Réglementation Algérienne relative aux produits chimiques (pesticides)
- Décret exécutif n° 05-08 du 8 janvier 2005 relatif aux prescriptions particulières
Plusieurs types de systèmes de classification dans le monde :
applicables aux substances, produits ou réparations dangereuses en milieu de travail.
Classification de l’OMS:
- Décret exécutif n° 03-451 du 1er décembre 2003 définissant les règles de sécurité
applicables aux activités portant sur les matières et produits chimiques dangereux ainsi
que les récipients de gaz sous pression.
- Arrêté interministériel du 1er août 2004 fixant les conditions et modalités d’acquisition,
sur le marché extérieur, des matières et produits chimiques dangereux.
- Décret exécutif n° 10-69 du 31 janvier 2010 fixant les mesures applicables lors de
l’importation et l’exportation des produits phytosanitaires à usage agricole.
- Loi phytosanitaire :
Loi n° 87-17 du 1er août 1987 relative à la protection phytosanitaire.
Décret exécutif n° 93-286 du 23 novembre1993 réglementant le contrôle
phytosanitaire aux frontières.
Décret exécutif n°95-387 du 28 novembre 1995 fixant la liste des ennemis des - Etiquette: contient toutes les informations sur la toxicité, les symptômes
végétaux et les mesures de surveillance et de lutte qui leur sont applicables. d’empoisonnement, les 1ers
Décret exécutif n°95-405 du 2 décembre 1995 relatif au contrôle des produits Secours (Lire attentivement l’étiquette).
phytosanitaires à usage agricole. - Fiche de données de sécurité: fiche technique de santé sécurité, établie par le fabricant
- Arrêté interministériel du 31 décembre 2008 modifiant l’arrêté interministériel du 28 du produit :
décembre Propriétés chimiques du pesticide
1997 fixant la liste des produits de consommation présentant un caractère de toxicité ou Type de risques liés à l’utilisation
un risque particulier ainsi que les listes des substances chimiques dont l’utilisation est Précautions d’usage
interdite ou réglementée pour la fabrication des dits produits. Procédures à suivre en cas d’urgence (déversement accidentel, incendie)