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Modélisation de fondations profondes sismiques

L'étude compare trois méthodes de modélisation d'un bâtiment fondé sur des pieux de 24 m dans un sol constitué d'une couche de remblai faible surmontant un semi-espace plus raide, soumis à un séisme de 0,4g. Les méthodes sont une modélisation entièrement aux éléments finis, une approche hybride éléments frontières-éléments finis, et une méthode simplifiée modélisant les pieux par des ressorts. La comparaison des résultats valide les méthodes en comportement linéaire et montre l'importance de modèles non linéaires prenant en compte le décollement de la fondation.

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Modélisation de fondations profondes sismiques

L'étude compare trois méthodes de modélisation d'un bâtiment fondé sur des pieux de 24 m dans un sol constitué d'une couche de remblai faible surmontant un semi-espace plus raide, soumis à un séisme de 0,4g. Les méthodes sont une modélisation entièrement aux éléments finis, une approche hybride éléments frontières-éléments finis, et une méthode simplifiée modélisant les pieux par des ressorts. La comparaison des résultats valide les méthodes en comportement linéaire et montre l'importance de modèles non linéaires prenant en compte le décollement de la fondation.

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Etudes de fondations profondes sur pieux

Case study of pile foundations under seismic loading


Georges Devésa*,** — Matthieu Jacquet*,*** — Didrik Vandeputte*** — Matthieu
Caudron****

* Electricité de France, Direction Recherche et Développement,


Département Analyses Mécaniques et Acoustique, 1, avenue du Général de Gaulle, 92141 Clamart Cedex
[Link]@[Link], [Link]@[Link]
** Institut des Sciences de la Mécanique et Applications Industrielles, UMR EDF-CNRS-CEA-ENSTA 9219
1, avenue du Général de Gaulle, 92141 Clamart Cedex
*** Electricité de France, CEIDRE-TEGG
905, Avenue du Camp de Menthe, 13097 Aix-en-Provence
[Link]@[Link]
**** Electricité de France, SEPTEN
12-14 avenue Dutrievoz, 69628 Villeurbanne
[Link]@[Link]

RÉSUMÉ. Les contraintes liées à l’ajout de bâtiments nucléaires sur des sites existants (emplacements disponibles, réseaux
enterrés, contraintes d’exploitations, …) ne permettent pas toujours de garantir le dimensionnement en fondation
superficielle des bâtiments vis-à-vis des états limites géotechniques (statiques et/ou dynamiques). Le recours à des fondations
profondes peut dans certains cas particuliers s’avérer nécessaire (ICEDA,Post-Fukushima). L’étude suivante s’intéresse au
cas d’un bâtiment fondé sur des pieux de 24 m dans un sol constitué de 7.5m de remblai faible et d’un semi espace plus raide
soumis à un chargement sismique de dimensionnement EUR 0.4g en Champ Libre dans le but de valider les outils de
modélisation disponibles dans Code_Aster. Trois méthodes de modélisation sont mises en œuvre : une entièrement aux
éléments finis (Méthode Full-FEM), une avec la méthode hybride de couplage éléments de frontières et éléments finis
(Méthode Laplace-Temps), et une simplifiée où les pieux sont modélisés par des ressorts. La comparaison des résultats des
calculs (spectres de réponse et en efforts dans les pieux) valide les 3 méthodes en comportement linéaire. L’introduction de
non linéarités (décollement de la fondation) modifie notablement les réponses calculées et montre la faisabilité de tels
calculs.
ABSTRACT. The post-Fukushima context induces to construct new buildings on existing NPP sites. The difficulties linked to
operating sites do not allow classical designs, like surface foundations, and lead to evaluate in some cases concepts of deep
foundations. The following study deals with the case of a building, founded on 24m piles in a soil made of 7.5m backfill and a
more rigid half space, under 0.4 g seism loading. Three modellings are implemented: one is only in finite elements, another
uses the border and finite element coupling hybrid approach, named Laplace-Time Method, and a last is a simplified method
where piles are modeled with springs. Modellings comparisons in terms of pseudo-spectral acceleration and stress in piles
validate methods with a linear behavior. The introduction of nonlinearities (separation of foundation) modifies significantly
results and proves the need to develop nonlinear models which include more complex phenomena.
: INTERACTION SOL-STRUCTURE, SEISME, DYNAMIQUE, FONDATIONS SUR PIEUX, METHODE
MOTS-CLÉS
LAPLACE-TEMPS, ELEMENTS FINIS, ELEMENTS DE FRONTIERE, FRONTIERES ABSORBANTES
KEYWORDS:
SOIL-STRUCTURE INTERACTION, EARTHQUAKE, DYNAMICS, PILE FOUNDATIONS, LAPLACE-TIME
APPROACH, FINITE ELEMENTS, BOUNDARY ELEMENTS, ABSORBING BOUNDARIES

9ème Colloque National AFPS 2015 – IFSTTAR


9ème Colloque National AFPS 2015 – IFSTTAR 2

1. Introduction

Les contraintes liées à l’ajout de bâtiments nucléaires sur des sites existants (emplacements disponibles,
réseaux enterrés, contraintes d’exploitations, …) ne permettent pas toujours de garantir le dimensionnement en
fondation superficielle des bâtiments vis-à-vis des états limites géotechniques (statiques et/ou dynamiques). Le
recours à des fondations profondes peut dans certains cas particuliers s’avérer nécessaire (ICEDA, Bâtiments
Post-Fukushima).
Les fondations sur pieux sont utilisées dans les zones sismiques lorsque l’ouvrage est construit sur des
formations aux caractéristiques mécaniques faibles et qu’il est nécessaire de reporter les efforts en ancrant les
fondations du bâtiment dans des formations plus dures. En plus des charges axiales, les pieux doivent assurer la
stabilité de la structure par rapport aux efforts latéraux ou de basculement induits par le chargement sismique.
L’exemple d’ICEDA (Installation de Conditionnement et d’Entreposage de Déchets Activés) (Vandeputte et al.,
2010) a montré les effets des inclusions rigides sur les impédances de la fondation.
Il est donc nécessaire de progresser sur la compréhension et la modélisation des phénomènes mis en jeu :
interaction cinématique, effet de groupe, calcul des efforts sismiques dans les pieux et la structure. Les
approches simplifiées (type modèle de Winkler) ne permettent pas toujours de rendre compte de tous les
phénomènes en jeu et il peut être nécessaire de se tourner vers des modélisations numériques avancées. L’étude
de cas présentée ici compare trois approches de modélisations mises en œuvre sur une structure réaliste fondée
sur pieux soumise à une sollicitation sismique, d’abord avec comportement linéaire, puis par la suite en
introduisant une source de non-linéarité dans la structure en autorisant du décollement entre le bâtiment et sa
fondation au niveau des appuis parasismiques. Les comparaisons entre méthodes portent sur les impédances, les
spectres de réponse en accélération et les efforts dans les pieux.

2. Données d’entrée

2.1 Bâtiment
L’emprise du bâtiment sur pieux s’inscrit dans un carré de 13 m sur 16 m, pour une hauteur de 24 m (cf.
Figure 1b). Le bâtiment cumule une masse totale de 5100 tonnes. Il est fondé sur un radier d’une épaisseur d’un
mètre, dont la sous-face est enterrée de 1 m par rapport à la surface libre. 15 pieux d’un diamètre d’un mètre sont
répartis sous le radier selon la configuration présentée ci-dessous. Leur longueur totale depuis la sous-face du
radier est de 22.5 m, soit 6.5 m pour traverser la couche de remblai et une fiche de 16 m dans la formation raide
sous-jacente.
Le design initial du bâtiment prévoyait 15 appuis parasismiques reposant sur des poteaux entre le radier
fondé sur pieux et le bâtiment. Pour cette étude de faisabilité, les appuis parasismiques ont été remplacés par des
liaisons rigides.
Les deux premiers modes propres horizontaux du bâtiment sont à 1.6 Hz (92 % de la masse selon X et 92%
de la masse selon Y).
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P2 : Implantation des pieux sous le


radier 16x13
13
12
11
10
9
8
7

Y (m)
6
5 Pieu 3
4
Pieu 1
3
2
1
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16
X(m)
Figure 1a. Bâtiment fondé sur pieux Figure 1b. Implantation des pieux sous le radier (16x13m)

2.2 Caractéristiques de sol


Le sol sur lequel est fondé le bâtiment est représenté par une monocouche de faibles caractéristiques reposant sur
un semi-espace plus raide. Les caractéristiques dynamiques des deux matériaux sont données dans le Tableau 1.
Les valeurs de G et  de la couche faible sont représentatives des valeurs effectives atteintes pour un séisme
normé à 0.4g.
Z Vs,eff Vp eff E ρ ν Amort.
Matériaux
(m) (m/s) (m/s) (MPa) (kg/m3) (-) (%)
Remblai faible 7.5 58.1 324.2 19 1900 0.483 10

Semi-espace ∞ 800 2653 3900 2100 0.45 2

Tableau 1 : caractéristiques mécaniques dégradées du sol sous séisme 0.4 g

2.3 Séisme
Le niveau de séisme retenu pour le calcul est représenté par un spectre type EUR normé à 0.4g, dont le
spectre de réponse à 5% est donné sur la Figure 2a. Les 2 accélérogrammes synthétiques utilisés pour les
excitations horizontales en X et Y sont donnés sur la Figure 2b.

5 10

4 ACCE1 S1
3 ACCE2 S2
Accélération (m/s²)

2 1
Acclération (g)

1
0
-1 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 0.1
-2
-3
-4 0.01
-5 0.1 1 10 100
Temps (s) Fréquence (Hz)
Figure 2a. Accélérogrammes EUR 0.4g Figure [Link] de Réponse 5% EUR 0.4g
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3. Modèles numériques

La complexité induite par la modélisation des caractéristiques mécaniques d’un ensemble de pieux, du fait de
leur inclusion dans le sol, empêche d’utiliser une interface sol-structure directe avec le code d’éléments de
frontière MISS3D (Clouteau, 2005) chaîné avec le code aux éléments finis Code_Aster, et nécessite alors de
modéliser la partie de sol autour des pieux dans le domaine de structure. On peut alors :
- soit mailler un domaine de sol étendu bien au-delà de la zone des pieux avec des éléments absorbants à
la frontière et procéder par une approche dite « Full-FEM » avec Code_Aster (Modèle 1) comme celle
utilisée pour l’étude ICEDA (Vandeputte et al., 2010).
- soit décaler l’interface sol-structure dans le domaine de sol strict, puis utiliser le chaînage Aster-MISS3D
(Modèle 2),
- Soit utiliser une autre approche classique de dimensionnement qui s’appuie sur une modélisation
simplifiée des pieux par des ressorts segments à 2 nœuds. (Modèle 3)

3.1. Modèle1 : Méthode Full-FEM avec Code_Aster

Dans l’approche Full-FEM, le domaine de sol maillé en éléments finis doit être assez grand pour retrouver
aux bords de la surface libre du modèle une réponse sismique non influencée par le bâtiment. Le domaine de sol
s’inscrit ainsi dans un cube de dimension 96x93x63.5 m, soit 40 m de sol maillé de chaque côté du bâtiment (2.5
fois la taille du radier) pour une profondeur de 63.5 m. Le sol est modélisé en éléments 3D et les pieux en
éléments poutres. Le modèle doit permettre une bonne représentation du caractère semi-infini désiré. Les ondes
ne doivent pas se réfléchir aux frontières du domaine de sol. Pour cela, aux bords du domaine, une frontière
absorbante est affectée sur la face inférieure du modèle. Elle permet de satisfaire à la condition de Sommerfeld
vérifiant l’hypothèse d’anéchoïcité, c’est à dire l’élimination des ondes planes diffractées et non physiques
venant de l’infini. Les éléments paraxiaux disponibles dans Code_Aster sont plus performants que les éléments
de type Lysmer (Lysmer et al., 1969), mais moins que les PML (Perfectly Matched Layer) (Berenger, 1994). Les
côtés quant à eux admettent des conditions de périodicité dans les directions horizontales. Cette condition est
réalisée en ajoutant sur le pourtour du domaine de sol un rigidificateur anisotrope (un cerclage horizontal avec
des éléments de type barre). Les approches Full-FEM sont très coûteuses en temps CPU et en mémoire car elles
imposent de mailler un grand domaine de sol (ici 250 000 degrés de liberté).

3.2. Modèle 2 : Méthode Laplace-Temps : Approche hybride FEM-BEM avec le couplage Code_Aster-
MISS3D

Le problème est résolu en décomposant le modèle en deux sous-domaines :


- Le domaine de sol lointain, considéré comme non borné, stratifié horizontalement avec un
comportement élastique isotrope homogène par couche, est discrétisé avec des éléments de frontières (BEF) et
modélisé avec MISS3D par le calcul des impédances de sol et des forces sismiques. L’hypothèse de linéarité doit
être respectée.
- Le domaine complémentaire comprenant le bâtiment et le sol proche avec les pieux est représenté en
éléments finis, avec pour dimension du domaine de sol 17x20 m pour une profondeur de 33.5 m. Ce domaine
autorise la prise en compte de non linéarités diverses (décollement de fondation, perte de raideur du sol et
endommagement du béton)
L’approche repose sur un couplage entre Code_Aster pour les éléments finis et MISS3D pour les éléments de
frontière. Les effets de l’interaction entre les deux sous-domaines sont représentés à l’interface par une
impédance définie dans le domaine de Laplace. Le domaine de sol semi-infini linéaire est bien adapté à une
résolution fréquentielle. Le domaine en éléments finis pouvant contenir des non–linéarités est résolu en temps.
Le problème global est ainsi résolu en temps sur le domaine non linéaire en prenant en compte les effets du sous-
domaine linéaire au moyen d’une force externe appliquée sur la frontière. Cette méthode hybride FEM-BEM,
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nommée Laplace-Temps (Nieto-Ferro et al., 2012), est développée dans la chaîne de calcul Code_Aster-
MISS3D. L’intérêt principal de cette méthode est d’utiliser des modèles en éléments finis de taille réduite, et par
conséquent de réduire les temps de calcul. L’étape de calcul des impédances temporelles du domaine de sol
lointain s’effectue tout d’abord une seule fois, puis à partir de ce calcul il est possible de lancer de nombreux
calculs sur le domaine en éléments finis en ajoutant toutes les non-linéarités souhaitées. Ceci représente un gain
de temps non négligeable.

Figure 3. Modèle 2 Full FEM Figure 4. Modèle Laplace - Temps

3.3. Modèle 3 : Méthode des ressorts

Il s’agit d’un modèle simplifié, utilisé classiquement en ingénierie, où les pieux sont modélisés par des
ressorts segments à deux nœuds. Les six composantes de raideur des ressorts sont recalées à partir de la partie
réelle de l’impédance du groupe de pieux sur le premier mode propre du bâtiment (1.6 Hz). L’impédance du
groupe de pieux provient d’un calcul effectué au préalable avec le Modèle 1 Full-FEM ou le Modèle 2
Code_Aster-Miss3D. Le passage des raideurs du groupe de pieux à celles d’un pieu unique se fait avec les
formules suivantes :

K X  k X N , K Y  kY N , K Z  k Z N [1]
i N i N

 y  yc  , K Ry  k Ry N   x  xc 
KZ KZ
K Rx  k Rx N 
2 2
i i [2]
N i 1 N i 1
i N Ky i N

  yi  y c    x  xc  ,
K
 k Rz N  X
2 2
K Rz i [3]
N i 1 N i 1

Avec Ki terme propre à l’impédance du groupe de pieux, k i terme propre à l’impédance du pieu unique, N
nombre de pieux, xi yi  coordonnées de chaque pieu, xc yc  coordonnées du nœud central du groupe de
pieux,

Cette approche par ressorts est une linéarisation de l’impédance du groupe de pieux et donc une simplification
pouvant être grossière surtout dans le cas de sols stratifiés très contrastés. Pour mettre en œuvre cette méthode, le
calcul de l’impédance du groupe de pieux est réalisé avec les Modèles 1 et 2.
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4. Calcul de l’impédance du groupe de pieux

Les fonctions d’impédances sont obtenues par inversion de réponses harmoniques à des sollicitations de
force unitaire imposée pour chacune des composantes de translation (F=1MN) et rotation (M=1MN.m) au centre
du groupe de pieux. En notant Uij le déplacement obtenu dans la direction j pour une sollicitation unitaire dans la
direction i, avec i et j variant de 1 (X) à 6 (Rz), il vient directement dans les directions 3 (translation verticale Z)
et 6 (torsion) :
F M
K 33  , K 66  , [4]
U 33 U 66
Le couplage dans les directions 1 (translation en X) et 5 (rotation en Y) et entre les directions 2 (translation
en Y) et 4 (rotation en X) permet d’obtenir :

F .U 55 M .U 11
K 11  , K 55 
U 55U 11  U 15U 51 U 55U 11  U 15U 51
[5]
F .U 44 M .U 22
K 22  , K 44 
U 44U 22  U 24U 42 U 44U 22  U 24U 42

Les formules [4] à [5] sont valables grâce aux hypothèses de symétrie du modèle. Le centre de torsion
correspond au centre de gravité du groupe de pieux et il n’y a pas de couplage horizontal/vertical et
flexion/torsion. Les impédances du groupe de pieux sont calculées avec la méthode Full-FEM et la méthode
Code_Aster-MISS3D. Les termes diagonaux sont présentés en Figure 5. Ils montrent une bonne cohérence entre
les deux méthodes de calculs. Les valeurs calculées à 1.6 Hz permettent de déterminer les raideurs des pieux
modélisés en ressorts dans la méthode 3 selon les formules [1] à [3], et ainsi de mener le calcul dynamique avec
la sollicitation sismique.

Figure 5. Comparaison des impédances du groupe de pieux calculés avec la méthode Full-FEM et la Méthode
Code_Aster-MISS3D
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5. Sollicitation sismique avec comportement linéaire

Les trois modèles sont soumis dans les directions X et Y à un chargement sismique défini à partir d’un
spectre de dimensionnement règlementaire EUR (sol moyen) normé à 0.4 g représenté en bleu pointillé sur la
Figure 6. Pour les méthodes 2 et 3 (Laplace-Temps et Ressort), le calcul est mené à partir du signal en champ
libre. Pour la méthode 1 (Full-FEM), le calcul est mené à partir du signal champ libre déconvolué en linéaire à la
base du modèle avec la commande DEFI_SOL_EQUI du Code_Aster. Il faut alors vérifier la qualité du modèle
numérique Full-FEM à la fin du calcul dynamique en s’assurant que le signal calculé en bord de domaine en
surface libre est bien le signal champ libre initial. Les méthodes sont comparées en termes de Spectre de
Réponse d’Oscillateur (SRO) en accélération au sommet et à la base du bâtiment (Figure 6), et en termes
d’efforts dans les pieux (effort normal N, effort tranchant V, Moment fléchissant Mf) (Figures 7 et 8).

5.1. Spectre de réponse en accélération

Les niveaux d’accélérations calculées à la base et au sommet du bâtiment sont proches pour les trois modèles
numériques. Le premier mode à 1.6 Hertz est bien retrouvé dans les trois modèles mais le modèle simplifié des
ressorts ne parvient pas à reconstituer la seconde résonance du système à 3 Hertz contrairement aux deux autres
modèles. Aux sommets et à la base du bâtiment, les erreurs relatives en Peak Ground Acceleration (PGA) entre
les méthodes ne dépassent pas 10 %. Pour la méthode Full-FEM, le signal reconvolué mesuré en surface libre
approche plutôt bien le signal initial. Il aurait fallu mailler un domaine de sol plus grand pour avoir une plus
grande ressemblance. Les écarts entre les méthodes peuvent venir de la modélisation de l’amortissement. Pour le
modèle Laplace-Temps, le domaine de sol en BEM a un amortissement hystérétique de 10 % pour le remblai et
2% pour le semi-espace. Dans la méthode Full-FEM, le sol est maillé en éléments finis, la résolution est en
transitoire et un amortissement hystérétique ne peut ainsi pas être utilisé. Un amortissement de Rayleigh
équivalent est défini en moyenne sur la bande de fréquence de calcul ce qui peut expliquer les différences
observées.

Figure 6. Comparaison des SRO des trois modélisations au sommet du bâtiment, à la base et en surface libre du
modèle dans la direction X
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5.2. Efforts dans les pieux

Les Figures 7 et 8 représentent l’évolution temporelle des efforts (normal N, tranchant V, moment fléchissant
Mf) respectivement dans le pieu 1, positionné en bord du groupe de pieux, et dans le pieu 3, positionné au centre
du groupe de pieux. La Figure 9 représente le champ de déplacement en X à un instant du calcul linéaire avec la
méthode Laplace-Temps.

Figure 7. Efforts dans le pieu 1 (pieu extérieur)

Figure 8. Efforts dans le pieu 3 (pieu central)


9ème Colloque National AFPS 2015 – IFSTTAR 9

Figure 9. Calcul linéaire avec la méthode Laplace-Temps. Figure 10. Exemple de décollement de
Visualisation du champ de déplacement selon X avec facteur fondation. Calcul non linéaire avec la
d’échelle 100 méthode simplifiée des ressorts.
Visualisation du champ de déplacement
selon Z avec facteur d’échelle 100

Les efforts calculés avec les trois modèles sont cohérents entre eux. L’effort tranchant V est légèrement
surestimé avec la méthode simplifiée des ressorts. Le pieu 1 en bord du groupe de pieux reprend un effort normal
N plus grand que le pieu central 3. Cependant au niveau de l’effort tranchant V, les deux pieux reprennent les
mêmes efforts et il n’est pas observé de phénomène de protection des pieux centraux par les pieux en bord.
L’allure du moment fléchissant Mf calculé avec la méthode Laplace-Temps questionne sur la correcte
intégration du déplacement durant le calcul. Une dérive semble apparaître au cours du temps. Il a été constaté sur
d’autres calculs avec cette méthode une moins grande propension à la dérive du déplacement que sur cet
exemple. Il semble donc que ceci soit conditionné par l’allure du spectre. Dans cet exemple, le spectre palier est
dense et agrandir la fenêtre temporelle serait susceptible d’améliorer les résultats.

6. Sollicitation sismique avec comportement non linéaire

Dans un but de validation de la faisabilité et par souci de simplicité de mise en œuvre dans le temps imparti,
une source artificielle de non-linéarités est introduite dans le modèle en autorisant du décollement entre le
bâtiment et les poteaux support des appuis parasismiques (non modélisés dans cette étude, cf. §2.1) modélisé par
un ressort en série non linéaire (modélisation DIS_CHOC disponible dans Code_Aster). Ces ressorts ne
travaillent qu’en compression pour représenter le contact par pénalisation. Les réponses calculées pour le modèle
des ressorts et Laplace-Temps sont présentées en Figure 11 et comparées au cas linéaire. Un exemple de
décollement de bâtiment est illustré en Figure 10 à partir du calcul avec la méthode des ressorts. Le coin droit du
bâtiment décolle de 2 cm à cet instant de calcul. En SRO, l’influence de l’ajout du décollement de la fondation
9ème Colloque National AFPS 2015 – IFSTTAR 10

semble plus grande sur la méthode des ressorts qu’en Laplace-Temps. En réalité, la sous-représentation
fréquentielle du signal avec la méthode simplifiée des ressorts (notamment à 4 Hz, voir Figure 6 et §5.1)
revenant à une représentation mono-fréquentielle équivalente, empêche une réévaluation éventuelle du PGA plus
sensible avec le cas Laplace-Temps.

Figure 11. Comparaison en SRO des trois modélisations au sommet du bâtiment, à la base et en surface libre du
modèle dans la direction X

7. Conclusion

L’objectif de cette étude est de démontrer la faisabilité d’un calcul de fondation sur pieux avec Code_Aster et
de comparer les résultats obtenus avec les différentes méthodologies disponibles.
Les calculs en comportement linéaire montrent une bonne cohérence des résultats entre les trois méthodes de
calculs en termes d’accélération et d’efforts dans les pieux. Le modèle simplifié des ressorts questionne sur sa
capacité à restituer le contenu fréquentiel du modèle. Cette étude constitue les premiers éléments pour
développer une méthodologie de calcul pour le dimensionnement des pieux au séisme. Ces résultats doivent être
confirmés sur d’autres configurations de calcul.
Si on compare les trois méthodes en termes de qualité de résultats et performances de calcul pour le
dimensionnement des pieux, on constate qu’en linéaire, elles donnent des résultats de qualité équivalente, la
méthode des ressorts étant de loin la plus performante. Mais qu’en non linéaire, la qualité de la méthode des
ressorts devient insuffisante et c’est la méthode Laplace-Temps qui offre le meilleur compromis entre la qualité
des résultats et les performances de calcul.
Les premiers résultats de ce travail ouvrent à de nouvelles perspectives :
- la possibilité d’introduire le frottement (décollement) dans le modèle au niveau de l’interface sol/pieu.
- la prise en compte d’un comportement non linéaire dans le sol à proximité du pieu
9ème Colloque National AFPS 2015 – IFSTTAR 11

- le comportement non linéaire du béton armé de la structure et des pieux

8. Bibliographie

Vandeputte D., Billion P., Courtois A., Labbé P., « Impedance calculations for Foundations on soil reinforced with concrete
inclusions», 14e ECEE, Ohrid (Macedonia), 30 Août-03 Septembre 2010.
Clouteau D., Miss 6.4 : manuel scientifique, Centrale Recherche S.A., 2005.
Code_Aster, Code de modélisation mécanique aux éléments finis, (LGPL): [Link]
Lysmer J., Kuhlemeyer R.L., « Finite dynamic model for infinite media », Journal of the Engineering Mechanics Division,
Proc. ASCE, vol. 95, no. EM4, 859 – 876, 1969.
Berenger J., « A perfectly matched layer for the absorption of electromagnetic waves », Journal of Computational Physics
114 (2): 185–200, 1994.
Nieto Ferro A., Clouteau D., Greffet N., Devésa G., “On a hybrid Laplace-time domain approach to dynamic interaction
problems”, European Journal of Computational Mechanics, 21, p. 3-6, 2012.

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