0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
306 vues7 pages

Comprendre le complément d'objet en français

Ce document décrit la fonction de complément d'objet direct en français. Il explique ce qu'est un COD, les tests pour l'identifier comme la pronominalisation et le test 'cela', ainsi que les catégories grammaticales pouvant le réaliser comme les GN, GV infinitifs et propositions subordonnées.

Transféré par

Cristina Popescu
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
306 vues7 pages

Comprendre le complément d'objet en français

Ce document décrit la fonction de complément d'objet direct en français. Il explique ce qu'est un COD, les tests pour l'identifier comme la pronominalisation et le test 'cela', ainsi que les catégories grammaticales pouvant le réaliser comme les GN, GV infinitifs et propositions subordonnées.

Transféré par

Cristina Popescu
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

La

fonction de COMPLEMENT

- Les compléments d’objet direct et indirect (COD et COI) font partie des
constituants obligatoires de la tête (en général, verbale) => ils sont des valents.
Généralement, cette tête est un verbe, mais les compléments peuvent être des
valents d’une autre catégorie que le verbe.
- Les compléments du verbe font partie du Groupe Verbal.
- Les compléments d’objet sont sélectionnés par les verbes transitifs (dans le cas
des COD) ou bien par les verbes intransitifs (dans le cas des COI).

Le complément d’objet direct (COD)

I. Introduction
Le COD est sélectionné par un verbe transitif. Un verbe ne peut avoir qu’un seul COD,
tandis que plusieurs COI sont possibles avec certains verbes (parler [à Marie] [de
linguistique]).
Le laboureur travaille [le jour].
Le laboureur travaille [la terre].
=> Dans les deux exemples, on a un verbe suivi d’un GN. Mais dans le premier cas,
le verbe travailler se comporte comme un verbe intransitif, il ne sélectionne aucun
complément obligatoire, donc le GN le jour est un ajout circonstanciel (voir aussi le fait
que l’ajout est mobile et facultatif dans la phrase : Le laboureur travaille. [Le jour], le
laboureur travaille.). Dans le deuxième cas, le verbe travailler se comporte comme un
verbe transitif, il sélectionne un complément obligatoire, donc le GN la terre est un COD
(voir aussi le manque de mobilité dans la phrase : *[La terre], le laboureur travaille. +
l’emploi d’un pronom ‘faible’ la : Le laboureur la travaille.).

Remarque : A part la tête verbale, le COD peut être sélectionné aussi par une
préposition : de [Marie], dans [son jardin], etc.

Le COD s’attache directement au verbe, sans l’aide d’une préposition (contrairement, au
COI) => rection directe.
J’aime [Marie]. => GN ayant la fonction de COD
Je pense [à Marie]. => GPrép ayant la fonction de COI
Attention !
! certains GN qui ont la fonction COD peuvent contenir une forme de, qui n’est pas
Préposition, mais Déterminant :
Je n’ai pas bu [de (ce) vin]. => Je n’en ai pas bu. (pronominalisation par en
quantitatif => COD)
Je préfère [de la bière]. => de fait partie du déterminant partitif de la =>
pronominalisation par en quantitatif
! certains GV qui ont la fonction COD peuvent être introduits par une forme de ou
à, qui n’est pas Préposition, mais plutôt Complémenteur (= Marqueur de
l’infinitif), comme la forme to en anglais (to do) ou a en roumain (a mânca : Pot
mânca. Vreau a mânca.) :
Il refuse [de venir]GV. => Il le refuse. / Il refuse cela.
Il commence [à travailler]GV. => Il le commence. / Il commence cela.

1
II. Tests pour délimiter le COD
- Pronominalisation par un pronom faible ‘accusatif’ du type le, la, les ou par le
pronom en quantitatif/indéfini (si le GN COD est indéfini) :
Je connais [cette personne]. => Je la connais.
J’admire [ces gens qui travaillent hardiment]. => Je les admire.
Paul achète [des livres]. => Paul en achète.
Le pronom en accusatif (appelé ‘quantitatif’ ou ‘indéfini’) est utilisé pour remplacer des
GN indéfinis, ayant un sens partitif : Je veux [des tomates]. => J’en veux. [Combien de
pommes] veux-tu ? - J’en veux [une].1
" à ne pas confondre avec un deuxième pronom en qui pronominalise un COI prépositionnel
introduit par la préposition de (donc un GPrép) : Je rêve [de ces notes]. => J’en rêve.
Si le COD est réalisé par un GV (infinitif) ou une Phrase subordonnée, la
pronominalisation se fera par la forme neutre le : Je veux [apprendre le français]GV. => Je
le veux. Je veux [que tu viennes]Ph. => Je le veux. En revanche, un COI contenant un GV (infinitif) ou
une Phrase subordonnée sera pronominalisé par le pronom y (équivalent à un COI introduit par la
préposition à : Je tiens [à venir plus souvent]. => J’y tiens.) ou par le pronom en (équivalent à un COI
introduit par la préposition de : Je rêve [de devenir artiste]. => J’en rêve.).

- Test cela : Un COD (peu importe sa catégorie grammaticale) peut être remplacé
par le pronom cela. En revanche, un COI sera remplacé par cela précédé d’une
préposition.
COD : Je veux [que tu travailles davantage]. => Je veux [cela].
COI : Je rêve [que tu travailles davantage]. => Je rêve [de cela].

D’autres tests, mais qui ne sont pas très généraux :
- Transposition à la voix passive : le COD de la voix active devient le Sujet de la voix
passive : Le laboureur travaille [la terre]. => [La terre] est travaillée par le laboureur.
- Les grammaires traditionnelles utilisent le questionnement pour identifier le COD (en
particulier, les questions qui est-ce que pour un COD animé, qu’est-ce que pour un COD
non-animé) : Qui est-ce que tu as vu ? – Jean. Qu’est-ce que travaille le laboureur ? - La
terre.
- Généralement, le COD est postverbal (il est préverbal, uniquement s’il est
pronominalisé : Je les lis. vs. Je lis [les livres que tu me donnes].) ; contrairement aux
ajouts, qui sont mobiles ([Le jour], le laboureur travaille.), le COD ne se laisse pas
facilement placé en position initiale (*[La terre], le laboureur travaille. --> agrammatical),
sauf pour les dislocations avec reprise pronominale : [La terre], le laboureur la travaille
hardiment.

III. Les catégories grammaticales du COD (‘réalisateurs’ du COD)
- généralement, un GN (nom ou pronom) : J’aime [les livres]. J’aime [cela]. Je les
aime. (cela, les = pronoms)
- GV infinitif : Je veux [apprendre le français]. Jean promet [d’apprendre le français].
Il commence [à apprendre le français]. => Dans tous ces cas, on a
pronominalisation par le => COD. (Attention à la forme de et à dans ces exemples, qui ne
sont pas Prépositions, mais plutôt des marques d’infinitif !)
- Phrase subordonnée :


1 Attention à la différence catégorielle du mot un dans les deux phrases : J’en veux une. (une = Pronom) vs.
Je veux une pomme. (une = Déterminant), cf. J’en ai mangé quelques-unes. vs. J’ai mangé quelques pommes.

2
- conjonctive complétive en que : Jean veut [que tu viennes]. Nous savons
[que la terre est ronde].
- interrogative indirecte : Je me demande [si Jean viendra].
- relative sans antécédent : Je mange [ce que tu me donnes]. Invitez [qui
vous voudrez].
=> Dans tous ces cas, on a pronominalisation par le => COD.
Alternance entre une construction infinitive (GVinf) et une construction
subordonnée (PhSub) : Paul pense [aller le voir]. = Paul pense [qu’il ira le voir].

IV. La place du COD dans la phrase
- Généralement, le COD est postverbal ; il précède immédiatement le verbe uniquement
s’il est pronominalisé : Je les lis. vs. Je lis [les livres que tu me donnes].
- Le COD non-pronominal peut être extrait en position initiale (COD extrait / antéposé)
dans certains contextes syntaxiques particuliers, entraînant l’accord du participe passé
avec ce COD antéposé :
- dans les phrases exclamatives : [Que de lettres]GN j’ai reçues !
- dans les phrases interrogatives : [Combien de livres]GN avez-vous
achetés ? 2

- dans les phrases relatives : La fille [que j’ai vue hier] s’appelle Marie.
- dans les phrases clivées (structures du type c’est...que) : C’est [Marie]
que j’ai vue. C’est [des pommes] que j’ai mangées.
- dans les dislocations, s’il est repris par un pronom dans la phrase : [La
terre], le laboureur la travaille hardiment. [Marie], je l’ai vue hier.
- certaines topicalisations (avec emphase) : [Trois enfants]GN j’ai eus...

- Le COD réalisé par les quantitatifs tout et rien s’insère entre l’auxiliaire et le participe
passé : J’ai tout oublié. Je n’ai rien mangé (éléments ‘légers’ en syntaxe). Il suit le verbe si
ces éléments sont déterminés par un autre constituant : J’ai oublié [tout ce que tu m’avais
dit]. Je n’ai vu [rien d’intéressant]. (éléments ‘lourds’ en syntaxe).

V. L’accord du verbe participe passé avec un COD antéposé
Si le COD (réalisé par un GN - nom ou pronom) est antéposé au verbe, le participe passé
des verbes (conjugués avec le verbe avoir) s’accorde en genre et en nombre avec ce COD.
- pronoms personnels faibles (atones = formes non-accentuées) remplaçant des
GN : [Les filles], je les ai vues. [La fille], je l’ai vue.
- pronoms relatifs remplaçant des GN : La fille que j’ai vue hier s’appelle Marie.
- quantitatifs : - Il a reçu plusieurs lettres. – Combien en a-t-il reçues ?


2 Attention à l’accord : accord avec le COD antéposé [Combien de livres] avez-vous achetés ? vs. pas d’accord
avec le COD postverbal [Combien] avez-vous acheté [de livres] ?

3
Le complément d’objet indirect (COI) / complément oblique

Le COI s’attache indirectement au verbe, généralement à l’aide d’une préposition =>
rection indirecte : Je pense [à Marie]. Je me souviens [de Marie]. J’ai voté [pour Johannis].
(contrairement, au COD => rection directe : J’aime [Marie].)

Remarques :
Remarque 1. Le COI peut être remplacé par les pronoms faibles ‘datifs’ lui, leur ou
encore les pronoms faibles en et y : Je donne [à Marie] une pomme. => Je lui donne une
pomme. Je donne des livres [aux enfants]. => Je leur donne des livres. Je me souviens [de
mes vacances aux Etats-Unis]. => Je m’en souviens. Je pense [à mes prochaines vacances].
=> J’y pense.
A ne pas confondre les deux pronoms faibles en en français : un en1 quantitatif pour le
COD (Je mange [des pommes]GN. => J’en mange.) et un deuxième en2 pour le COI (Je me
souviens [des vacances 2014]GPrép. => Je m’en souviens.) !

Remarque 2. Le COI peut parfois apparaître sans préposition (donc, dans ces cas le COI
n’est pas un GPrép) :
- avec les verbes locatifs (la pronominalisation par y témoigne de sa fonction COI) : Paul
va [place Maubert]GN. => Paul y va. Paul habite [Paris]GN. => Paul y habite.
- avec les verbes de comportement (se conduire, se comporter...) : Paul se conduit
[bien]GAdv. Marie se comporte [correctement]GAdv.
=> étiquette nouvelle de complément oblique pour inclure à la fois les COI attachés
indirectement (par préposition) et directement (sans préposition).

Remarque 3. A part le verbe, il y a d’autres têtes qui peuvent sélectionner un COI :
- l’adjectif : content [de ses résultats], difficile [à lire]
- le nom : les noms déverbaux (la destruction [de Rome]), les noms relationnels (le
frère [de Marie])
- la préposition : de [chez Marie], près [de Paris]
- l’adverbe : contrairement [à Marie], indépendamment [de tes résultats].

Remarque 4. Attention aux formes amalgamées/contractées Préposition +
Article/Dét défini du (de + le), des (de + les), au (à + les), aux (à + les) : Je me souviens
[du mariage de ma fille]. Je me souviens [des jours d’autrefois]. Je pense [aux vacances de
Noël]. Je pense [au repas de mon mariage].

Remarque 5. Deux types de COI : datif vs. prépositionnel
Pour les COI introduits par la préposition à, on distingue deux types de COI, selon le type
de pronominalisation que la préposition à permet :
1. COI ‘datif’ : pronominalisable par une forme faible au datif du type lui, leur : Jean
parle [à Marie]. => Jean lui parle. Ce livre appartient [à mon frère]. => Ce livre lui
appartient. Paul ressemble [à son frère]. => Paul lui ressemble. Je donne des
pommes [aux filles]. => Je leur donne des pommes.
2. COI ‘prépositionnel’ : pronominalisable par le pronom faible y (si le COI est non
animé) ou bien par un pronom fort précédé par la préposition à (si le COI est
animé).
COI non animé : Je pense [à ce voyage]. => J’y pense.
COI animé : Je pense [à Marie]. => Je pense [à elle].

4
Pour les COI introduits par la préposition de, uniquement un COI ‘prépositionnel’ :
pronominalisation par le pronom faible en2 (si le COI est non animé) ou bien par un
pronom fort précédé par la préposition de (si le COI est animé) :
- COI non animé : Il parle [de ce voyage]. => Il en parle.
- COI animé : Il parle [de Pierre]. => Il parle [de lui].
Le pronom faible en2 remplace non seulement le COI en de d’un verbe, mais aussi d’un adjectif ou d’un
nom : Je rêve [de mon mariage]. => J’en rêve. Je suis fier [de mes résultats]. => J’en suis fier. Je te donnerai
l’adresse [de l’hôtel]. => Je t’en donnerai l’adresse.

1. Le COI au datif
Il apparaît dans deux types de contextes syntaxiques :
- Soit en co-occurrence avec un COD (donc, on a à la fois un COD et un COI) : Je
donne [à Marie] [des fleurs]. (COI + COD)
- Soit sans COD : La main lui tremblait. Le coeur lui battait. La peau lui cuit. Les
oreilles lui tintent.
Quand le COI apparaît accompagné d’un COD, se pose le problème de l’ordre de ces deux
compléments.
- généralement, il y a un ordre libre entre les deux compléments (si les deux ont la
même longueur) : Il offre des fleurs aux enfants. Il offre aux femmes des fleurs. //
Il ne céderait jamais sa place à son camarade. Il ne céderait jamais à son camarade
sa place.
- mais, si les deux compléments sont remplacés par des pronoms faibles, l’ordre
est très strict :
COD + COI, si le COI a la forme lui, leur : Il la lui donne.
la lui
le leur
les
COI + COD, pour tous les autres cas : Il me la donne.
me la
te le
nous les
vous

2. Le COI prépositionnel
Il s’agit des compléments introduits par la préposition à ou de :
- la préposition à : Je pense [à Marie]. => Je pense [à elle]. Je pense [à ce voyage]. =>
J’y pense.
- la préposition de : Il parle [de Pierre]. => Il parle [de lui]. Il parle [de ce voyage]. =>
Il en parle.
Les COI prépositionnels ont un comportement différent en fonction du caractère animé
ou non-anime du référent. Ainsi,
COI animé => on garde la préposition, on ne peut généralement pas utiliser un
pronom faible préverbal : Je pense [à Marie]. => Je pense [à elle]. / *J’y pense. Il
parle [de Pierre]. => Il parle [de lui]. / *Il en parle.3
COI non-animé => on peut pronominaliser par le pronom y ou en : Je pense [à ce
voyage]. => J’y pense. Il parle [de ce voyage]. => Il en parle.


3 En français parlé, on a tendance à utiliser le pronom en aussi pour les COI non-animés.

5
Remarque 6. Les catégories grammaticales du COI
- généralement, un GPrép : Jean parle [de linguistique] [avec Marie]. Je pense [à
continuer mes études]. Je rêve [de partir à l’étranger].
- une Phrase subordonnée : Je m’étonne [qu’il y ait pensé]. Il a informé les
étudiants [que l’examen serait repoussé]. Jean convainc Marie [qu’elle a raison].
- plus rarement, un GN (Jean va [rue de la Paix].) ou un GAdv (Jean va [trop loin].)

Les compléments COD et COI infinitifs

De nombreux verbes se construisent avec un infinitif COD (Paul veut [partir à Rome]GV.)
ou COI (Paul rêve [de partir à Rome]GPrép. Jean pense [à continuer ses études]GPrép.). Le
complément infinitif est un groupe verbal (GVinfinitif), éventuellement introduit par une
préposition (dans ce cas, un GPrép).

Le complément infinitif a un sujet implicite (le sujet de l’infinitif n’est pas exprimé),
généralement identifié au sujet ou au complément du verbe principal (noté ici en gras),
parfois appelé contrôleur de l’inifinitif :
Paul cherche [à comprendre le problème]. => le sujet implicite du GVinf est le sujet
du verbe principal
Jean convainc Marie [de venir ici]. => le sujet implicite du GVinf est le COD du
verbe principal
Ce résultat permet à Paul [d’envisager son avenir]. => le sujet implicite du GVinf
est le COI du verbe principal

Certains verbes forment avec leur complément infinitif une périphrase verbale,
indiquant le temps (Paul vient de partir.), l’aspect (Il commence à pleuvoir.) ou la
modalité (Paul doit venir.).

Le complément infinitif peut être COD ou COI. La présence d’une préposition n’est pas
toujours un bon indicateur de la fonction de l’infinitif. Attention aux infinitifs introduits
par à ou de ! Ces infinitifs rentrent dans deux cas de figure :
i) infinitifs introduits par la préposition à et de, sélectionnée par le verbe principal =>
GPrép, ayant la fonction COI :
Paul tient [à venir ici]GPrép. => tenir à cela ; Paul y tient. => COI
Paul rêve [d’aller à Rome]GPrép. => rêver de cela ; Paul en rêve. => COI
ii) infinitifs introduits par la préposition à ou de qui n’est plus sélectionnée par le verbe
principal, mais qui est une simple marque de l’infinitif => GVinf, ayant la fonction COD :
Paul cherche [à venir]GV. => chercher cela ; Paul cherche le. => COD
Paul promet [de venir]GV. => promettre cela ; Paul le promet. => COD

Les linguistes distinguent deux types de verbes avec infinitif :
i) verbes à contrôle (verbes ‘à partage’) : le sujet de l’infinitif est sélectionné à la fois par
le verbe principal et par l’infinitif, qui le partagent ; verbes à contrôle : vouloir, penser,
persuader : [Link]. [Jean] veut [dormir]. ; le sujet comme le complément sont interprétés
comme des participants à la situation décrite par le verbe principal (ils sont des
arguments sémantiques), ils reçoivent donc un rôle sémantique de la part du prédicat
verbal.
ii) verbes à montée (verbes ‘à héritage’) : le sujet de l’infinitif est sélectionné
uniquement par l’infinitif et hérité par le verbe principal ; verbes à montée : sembler,

6
devoir, pouvoir : [Link]. Jean semble [dormir]. Il peut [pleuvoir]. => les verbes à montée
n’assignent pas de rôle sémantique à leur sujet, qui peut être impersonnel ; ces verbes à
montée n’ont qu’un seul argument sémantique, qui correspond à leur complément
infinitif.

Remarque sur la construction causative faire + infinitif : deux cas de figure :
- si l’infinitif est transitif et a donc un COD (manger), faire se construit avec un
COI introduit par à, interprété comme le sujet de l’inifinitif : Jean fait manger le chocolat
[à Paul].
- si l’infinitif est intransitif et n’a donc pas de COD (dormir, penser), faire se
construit avec un COD, interprété comme le sujet implicite de l’infinitif : Cette musique
fait dormir [Paul]. Cette musique fait penser [Paul] à son travail.

Les compléments COD et COI phrastiques (= les complétives)

Ce sont les compléments dont la catégorie est PhSub (Phrase Subordonnée). Les
subordonnées complément sont appelées complétives. Elles peuvent être à l’indicatif
(Paul sait [que tu viendras].) ou au subjonctif (Paul veut [que tu viennes].)

Les subordonnées complément peuvent appartenir à l’un des quatre types de phrase :
déclarative, impérative, interrogative, exclamative. Les deux premiers types sont
généralement introduits par la conjonction que (Paul pense [qu’il a raison]. Paul veut
[que Marie vienne].) ; les complétives interrogatives sont introduites par la conjonction
si ou par un mot interrogatif (Je me demande [si Paul viendra]. Je me demande [qui
viendra].) ; les complétives exclamatives sont introduites par un mot exclamatif (Je
comprends [combien elle a souffert].)

Une subordonnée complément peut être COD ou COI :
- elle a la fonction COD si elle peut être remplacée par cela (sans préposition) ou
bien par le pronom faible neutre le :
Paul sait [que tout va bien]. => savoir cela ; Paul le sait.
Jean nous dit [qu’il fera beau demain]. => dire cela ; Jean nous le dit.
Paul demande [si vous venez]. => demander cela ; Paul le demande.
- en revanche, elle a la fonction COI si elle est remplacée par cela précédé
obligatoirement par une préposition (de cela, à cela) ou bien par les pronoms
faibles en et y (en = de cela ; y = à cela) :
Paul se plaint [qu’on ne l’appelle pas]. => se plaindre de cela ; Paul s’en plaint.
Paul s’attend [que Marie vienne]. => s’attendre à cela ; Paul s’y attend.
Paul ne se souvient pas [si Marie vient]. => se souvenir de cela ; Paul ne s’en
souvient pas.


Conclusion générale : pour bien distinguer les deux types de compléments (COD et
COI), il faut toujours regarder la valence (le régime syntaxique) du verbe (en
particulier, vérifier si le verbe exige ou non une préposition, cf. le test cela vs. de
cela / à cela).

Vous aimerez peut-être aussi