Diffusion : Concepts et Applications
Diffusion : Concepts et Applications
Considérons une enceinte constituée des deux compartiments séparés par une paroi percée
d’un orifice O. Ils contiennent un gaz parfait (les molécules n’ont pas d’interactions entre elles) à
des concentrations telles que C1 > C2, à la même température.
1 2
C1 C2 Fig 1
Dans chaque compartiment, chaque molécule subit une série de translation successives effectuées au
hasard, au gré de leurs chocs respectifs. Autour de l’orifice O, un certain nombre de translations
entraine les molécules à changer de compartiment. Il va donc se produire un double flux de particules
(de 1 vers 2 et de 2 vers 1). Dans chaque direction, le flux est proportionnel à la concentration de
molécules dans le compartiment d’origine, soit :
dn 1
= kC1
de 1 vers 2 : dt
dn 2
= kC 2
de 2 vers 1 : dt
Les propriétés de diffusion sont indépendantes du compartiment, donc les “k” sont les mêmes, et
Diffusion 1
par conséquent, le flux net de diffusion est égal à la différence des flux, soit :
dn 0
= k (C1 − C 2 )
dt .
Le cœfficient k dépend de :
la nature de l’orifice O (↑ avec la surface, structure),
la nature du gaz (↓ avec la taille, la polarité des molécules),
la température (↑ avec la temp.).
Si le gaz est parfait (aucunes interactions entre les molécules), k est indépendant de la
concentration. Dans tous les cas, le gaz diffuse du compartiment ayant la plus forte
concentration vers celui ayant la plus faible concentration, jusqu’à équilibre des
concentrations. Il faut noter que lorsque cet équilibre est atteint, il existe toujours des échanges,
mais en quantités identiques entre les compartiments (bilan global nul).
Remarques :
1 si la paroi est percée de plusieurs trous (membrane poreuse), k représente la perméabilité de
la membrane.
2 à la place de la concentration, on peut prendre la pression.
2.1. Mise en évidence expérimentale des phénomènes régis par les lois de FICK
Considérons un tube cylindrique (seul le paramètre des absisses, x, est à prendre en compte)
séparé en deux par une glissière. Le soluté est contenu dans le premier compartiment. Les fonctions
Diffusion 2
de concentration en fonction de x et de gradient de concentration sont tracées à droite.
C
C0
x
dC/dx
x
t = t0 (temps initial)
Fig 2
Quand on ouvre la glissière centrale les molécules diffusent progressivement de la façon
indiquée sur les graphes, en fonction de x. En outre, à chaque instant, les courbes évoluent car les
fonctions dépendent de x et de t.
C0
x
dC/dx
t = temps intermédiaire
Fig 3
L’équation complète de la concentration est :
s2
− ds
C(x,t ) = 2 ⋅ C 0 1 − 2
∫
1 Z
e
2π −∞
1
avec : Z = x ⋅ (2Dt )− 2 pour t ≥ 0
et celle du gradient est :
Z2
dC 2 ⋅ C 0 − 2
= ⋅e
dt 2π .
A un temps intermédiaire, on remarque l’allure sigmoïde décroissante de C(x,ti) en fonction
de x et l’allure en cloche (courbe de Gauss) de sa dérivée (fonction gradient de concentration).
En laissant évoluer la concentration, on aboutit à un équilibre qui se traduit par une
concentration homogène dans les deux compartiments :
Diffusion 3
V1
C(x,t ) = C
V1 + V2 0 , accompagné d’un gradient nul quelque soit x.
C0 / 2
x
dC/dx
x
t f tend vers l’infini
équilibre
Fig 4
Diffusion 4
Tableau illustrant l’évolution de D en fonction des molécules :
Molécules Masse Molaire Cœff. Diffusion
M (g) D.10^5 cm^2/s
H2 2 5,2
O2 32 1,98
NaCl 58,5 1,39
Lactose 342 0,48
Myoglobine 17500 0,11
Hémoglobine 68000 0,063
Autre Macromol. 2946000 0,018
On constate due D diminue lorsque M augmente (donc quand la taille de la molécule augmente). En
fait, D est une fonction des caractéristiques du milieu (température, T) et du soluté (cœfficient de
friction, f). Soit :
k ⋅T
D=
f formule d’Einstein où k est la constante de Boltzmann : R = k ⋅ N .
La diffusion (D) augmente lorsque la température augmente (plus d’agitation moléculaire) ou lorsque
f diminue (moins de frottements). Par ailleurs, Stockes a relié le cœfficient de friction, f, avec le
cœfficient de viscosité du milieu, η, et le rayon, r, de la particule supposée sphérique. Soit :
f = 6πηr
où l’on voit que f augmente quand la viscosité du mileu augmente ou que la particule est plus grande.
La formule d’Einstein devient :
k⋅T
D=
6πηr
Dans le cas où la particule est sphérique (approximativement vrai pour les grosses molécules), on a :
M
m = ρV =
N , soit
3M
r =3
4πρN d’où il vient :
A ⋅T k 3 4πρN
D= A =
3
M avec 6πη 3
Une fois A évalué, on a pu calculer les masses molaires des macromolécules par la méthode de
diffusion.
Diffusion 5
2.3 Deuxième loi de Fick
Nous avons vu (première loi) que les mouvements de soluté prélèvent la matière à un
endroit pour la transporter en un autre. Ceci implique, qu’en tout point, la concentration évolue avec
le temps. Pour trouver cette fonction, la deuxième loi de Fick nous fournit une relation entre
variation temporelle et variation spatiale :
∂C ∂ 2C
=D 2
∂t ∂t .
La résolution du système composé par les deux lois de Fick devrait nous donner la solution
C(x,t). En pratique, la solution analytique n’est trouvable que dans des cas particuliers tels que le
dispositif vu au § 2.1 avec :
s2
− ds
C(x,t ) = 2 ⋅ C 0 1 − 2
∫
1 Z
e
2π −∞
1
avec : Z = x ⋅ (2Dt )− 2 pour t ≥ 0 .
Un régime est dit stationnaire lorsque ses paramètres sont indépendants du temps. Dans
notre cas, cela signifie qu’un équilibre de diffusion s’est établi, tel que la concentration est à une
valeur fixe, ne dépendant que de la position, pas de l’instant. De même, le flux de diffusion est fixé
en tout point, quelque soit le moment. Mathématiquement, on peut écrire :
∂C
=0
∂t
∂ 2C
2 =0
et donc : ∂x ce qui conduit à :
C(x ) = A ⋅ x + B
Diffusion 6
zone de
diffusion
C1
C2
x1 x2
x=
sens de diffusion Fig 5
C − C1
Φ = −D ⋅ S 2
et x2 − x1
dans la zone de diffusion.
Cette simplification permettra de comprendre l’essentiel des phénomènes de diffusion.
3 Applications de la diffusion
Ce qui a été expliqué au paragraphe précédent s’applique aussi bien à un mélange de gaz qu’à
un mélange de liquides (soluté-solvant). Dans tous ces cas, on suppose que les interactions de type
soluté-soluté, soluté-solvant ou solvant-solvant sont du même ordre ; cette hypothèse est correcte
dans le cas des liquides lorsque la dilution du soluté est très grande (infinie !). Ceci revient à
considérer la diffusion d’un gaz pur dans lui-même, ce qui existe évidemment en raison de l’agitation
moléculaire.
Dans un cas réel, la communication entre deux compartiments contenant des solutions
“idéales” à concentrations C1 et C2 sera assurée par une membrane poreuse traversée par un flux net
Φ de 1 vers 2, si on a C1 > C2. On aura :
dn
Φ= = K(C1 − C 2 )
dt
Un des rôles majeurs du rein est l’échange des molécules solubles avec l’extérieur : certains
ions sont réabsorbés ou excrétés (Na+ ), d’autres molécules (produits du catabolisme comme l’urée,
la créatinine) sont éliminées. Lors d’une insuffisance rénale grave, cette fonction devient insuffisante
et il faut la remplacer. On utilise le rein artificiel dont le principe repose sur la dialyse, d’où le nom
de séances de dialyse. Du sang est prélevé en continu à un patient, pour être purifié et réinjecté au
immédiatement au patient. Ce processus dure quelques heures (env. 3-4).
Le rein artificiel fonctionne sur le principe suivant. Deux compartiments sont séparés par
une membrane dialysante : dans l’un, on fait circuler le sang qui contient eau, ions, micromolécules
(urée, glucose, …), macromolécules (protéines) et cellules (GR, GB, plaquettes) ; dans l’autre,
circule le liquide de dialyse dont la concentration en ions et micromolécules est fixée (par
renouvellement ou par utilisation d’un très grand volume liquidien). Ne peuvent être échangé que les
ions et les micromolécules.
Sang
Compartiment n° 1
Compartiment n° 2
dialyse
Fig 6
Diffusion 8
CATIONS Dialysat Sang ANIONS Dialysat Sang
mEq/l mEq/l mEq/l mEq/l
Ca++ 3 3,5 Cl- 100,5 114
Mg++ 1,5 1,5 CH3COO- 38 38
K+ 2 2 SO4- - 0 152
Na+ 132 145 HPO4- 0 152
Glucose 0 5,55 mol/m^3
Le premier rein artificiel a été construit par KOLFF qui faisait baigner un tube de cellophane
dans un bain de dialyse non renouvellé. On a également proposé, pour les cas d’urgence les dialyses
péritonéales : le liquide de dialyse est injecté dans le péritoine, sac abdominal péri-intestinal, puis
retiré après un temps supposé suffisant pour les échanges.
Ensuite les échangeurs ont été constitué par des plaques avec un liquide dialyse circulant et
renouvellé. A noter que sang et dialysat circulent à contre sens l’un de l’autre (contre-courant) pour
accroitre l’efficacité des échanges. Aujourd’hui, les reins artificiels sont constitués par de tout petit
cylindres (20 cm long et 5 cm Ø), parcourus par plusieurs milliers de fibres creuses et poreuses de
qq microns de diamètre, réalisant qq m2 d’échange, à contre courant.
Diffusion 9
OSMOSE
Soluté
eau pure
Fig 7
En construisant un dispositif tel celui de la figure 7 où une membrane perméable à l’eau
sépare deux compartiments, l’un contenant de l’eau pure et l’autre une solution de glucose, on
observe une montée de l’eau dans le compartiment contenant le glucose jusqu’à un niveau donné
(endosmose). Après une stabilisation de ce niveau, l’eau commence à redescendre jusqu’à égalité des
niveaux des deux compartiments (exosmose).
L’interprétation du phénomène est qu’il se développe une pression qui pousse le solvant
dans le compartiment contenant le soluté. Lorsque cette pression osmotique est équilibrée par la
pression hydrostatique développée par la hauteur de la colonne d’eau dans le tube (hρg), la montée
s’arrête. Ensuite, l’eau redescend car la membrane n’est pas totalement imperméable au glucose et la
concentration en glucose tend à s’égaliser dans les deux compartiments, supprimant la poussée.
La pression osmotique est, par définition, la pression qu’il faudrait exercer sur une solution
pour l’amener à un état d’équilibre (= absence de flux net) avec le solvant dont elle est séparée par
une membrane à perméabilité sélective, soit :
π = h.ρ.g
Deux solutions dont les pressions osmotiques sont égales sont dites “isotoniques”. En cas
d’inégalité, elles sont “hypertonique” et “hypotonique” l’une par rapport à l’autre : une solution
étant choisie comme référence et la membrane étant précisée.
Dans l’organisme, les secteurs cellulaire, interstitiel, intravasculaire, sont autant de
compartiments séparés par des membranes à perméabilité sélective, généralement différente d’un
type de séparation à l’autre. Chaque cellule, chaque compartiment cellulaire (noyau,vacuole,
Diffusion 10
lysosome, …) sont des compartiments microscopiques où vont intervenir les phénomènes
osmotiques.
La membrane strictement hémi-perméable : seule l’eau peut la traverser. Toute particule du soluté
intervient dans le calcul de la pression osmotique. On parle aussi de membrane idéale.
La membrane dialysante : elle laisse passer l’eau et les micromolécules. Seules les macromolécules ne
peuvent la traverser, elles contribuent donc de façon unique à la création de la pression osmotique :
on parle de pression oncotique :
π = nP .R.T.
Diffusion 11
En première approximation, la paroi d’un capillaire est considérée comme une paroi dialysante et de
même pour les membranes de cellophane utilisées dans les reins artificiels.
Toute les membranes réelles ont un comportement intermédiaire. Elles laissent passer l’eau
et d’autres substances, s’approchant plus ou moins d’un des deux types décrits. Ainsi, on verra
l’existence de membranes semi-perméable biologique, laissant passer l’eau et l’urée
artériole veinule
courant de liquide
interstitiel
capillaire
ultrafiltration osmose
(osmose inversée)
Diffusion 12
Normalement, les chiffres de pression sont de cet ordre :
Pa = 32 mmHg & Πa = 25 mmHg
Pv = 18 mmHg & Πv = 25 mmHg
On constate que les gradients de pression qui déterminent les flux sont identiques, c’est à dire que la
pression de filtration, Pf = Pa - Π, est égale à la pression de résorption, Pr = Π - Pv. Cet état
s’appelle équilibre de Starling.
Il peut être perturbé lorsque la concentration de protéines diminue, on a alors une baisse de la
pression oncotique. Si, par exemple, Π passe de 25 à 21 mmHg, Pf augmente (9 mmHg) et Pr
diminue (3 mmHg), l’équilibre Pf = Pr est rompu et Pf > Pr, entrainant une accumulation d’eau dans
le secteur interstitiel (œdème).
La baisse anormale de la pression oncotique Π peut être causée par :
- carence d’apport (famine),
- excès d’élimination (urinaire dans le syndrome néphrotique),
- défaut de synthèse (insuffisance hépatique, cirrhose).
L’équilibre peut être rompu par une augmentation de la pression veineuse. Si, par exemple, Pv passe
de 18 à 22 mmHg, Pf reste inchangée tandis que Pr diminue (3 mmHg), on se retrouve dans la
situation précedenté où Pf > Pr.
On observe cette situation en cas d’obstacle à la circulation veineuse :
- compression veineuse par une tumeur,
- obstruction de la veine par un caillot de phlébite,
- insuffisance cardiaque (cœur droit, œdème hépatique ; cœur gauche, œdème pulmonaire).
En théorie, il serait nécessaire de considérer les variations de Pa. Le cas de l’abaissement est
rencontré dans l’insuffisance cardiaque ; on observe alors un blocage de la pompe cardiaque qui
entraine en amont une augmentation de la pression veineuse et c’est ce paramètre qui prime
(œdèmes). A l’inverse, la pression artérielle peut augmenter (HTA) mais ce phénomène se déroule
essentiellement au niveau des grosses et moyennes artères et ne parvient au niveau capillaire qu’à un
stade très avancé de la pathologie.
Expérience : On souhaite étudier le comportement du globule rouge (GR) selon l’osmolarité de son
milieu. Pour cela, des GR sont placé dans une solution de NaCl isotonique au plasma (9‰ ou 9 g/l,
ou 9x2 / 58,5 osmoles/l, 308 mosm/l). On n’observe pas de changement de forme des GR. Si la
solution de NaCl est hypertonique au plasma (C > 9‰), les GR se rétractent, si la solution est
hypotonique au plasma, les GR se dilatent. En diminuant encore la concentration, on constate un
Diffusion 13
éclatement des GR (hémolyse).
sortie
=
ISOtonique entrée
sortie
>
HYPERtonique entrée
sortie
<
HYPOtonique entrée
Les flux osmotiques d’eau, en entrée et en sortie, créent des modifications de pression à l’intérieur
du GR qui entrainent à leur tour des modifications de la tension de la membrane du GR (voir cours
sur la circulation, chapitre tension artérielle). Lorsque les force de tension, résistant à l’augmentation
de pression sont insuffisantes, la membrane se rompt.
Dans une telle expérience, la membrane du GR se comporte de façon semi-perméable, en ne
laissant passer que l’eau, pas le NaCl. On a utilisé jadis ce type de test pour évaluer certaines
pathologies (microsphérocytose = cellules sous forme de petites sphères) :
% hémolyse
0 50 100
C NaCl (g/l)
GR normal >5 4,1 <3
Microsphérocytose > 6,5 5,5 < 4,2
Pour mieux caractériser la membrane, l’expérience est recommencée en utilisant de l’urée à la
place du NaCl. Sur les bases précédentes, on prépare une concentration supposée isoosmolaire à
18 g/l d’urée (M = 60). Dès l’immersion des GR, on constate une hémolyse totale. L’interprétation
du phénomène conduit à conclure que l’urée passe à travers la membrane. Le milieu extérieur ne
présente alors aucune osmolarité vis à vis du milieu intérieur du GR : il existe donc un flux massif
d’eau vers l’intérieur, ce qui distend la membrane jusqu’à la rupture.
En pratique, on voit donc que les membranes biologiques sont imperméables aux petits ions
mais pas à une petite molécules telles que l’urée, elles ne sont donc pas tout à fait imperméables : on
parle donc de membrnaes semi-perméables biologiques contre lesquelles on évaluera une pression
osmotique efficace. L’osmolarité efficace correspondante est calculée par différence de toutes les
concentrations de particules moins celle d’urée.
Diffusion 14
π = (ntotal - nurée).RT
Pour les curieux : comment la membrane peut-elle être imperméable au Na+ (M=23) et pas à
l’urée (M=60) ?
Réponse : par solvatation.
L’urée n’est pas très polaire et est en solution sous forme simple : CO-(NH3)2. L’ion Na+ crée autour
de lui un champ électrique intense qui organise les molécules d’eau autour de lui (solvatation). Ainsi,
la particule en mouvement n’est pas Na+ mais Na+,(H2O) n. Comme n varie de 6 à 9, voit que la
masse se présentant devant un pore de membrane est au moins de 23+6x18 = 131 g.
6 Energie et osmose
Dans le rein, il existe une structure, le glomérule, au sein de laquelle se forme l’urine
primitive.
Glomérule
Sang
Urine
primitive
On assimile l’ensemble des membranes séparant le sang et l’urine primitive à une seule membrane
dialysante. A l’état normal, il n’y a pas de protéines dans les urines, donc le sang exerce une
pression oncotique qui a tendance à faire un appel d’eau vers le plasma. Si la pression
hydrostatique est suffisante, l’eau est chassée du plasma vers le glomérule (ultrafiltration). Si la
pression chute, on peut aller vers l’anurie (phénomène connu en réanimation).
La pression hydrostatique est maintenue par le travail de la pompe cardiaque. Nous verrons
en hydrodynamique comment on peut évaluer la consommation énergétique myocardique. Ce travail
ne suffit pas à former l’urine qui sera excétée. En effet, l’urine primitive formée est, au protéines
près, de même composition que le plasma. Une succession d’absorptions et d’excrétions
intratubulaires vont aboutir à un volume restreint d’urine finale, contenant les substances à évacuer
sous une haute concentration. Ces modifications de concentration impliquent une consommation
d’énergie que nous allons modéliser.
Diffusion 15
6.2 Modélisation du travail osmotique - cas réversible
Imaginons un système ne fonctionnant que sur le mode osmotique. De nouveau, nous aurons
deux compartiments séparés par une membrane (semi-perméable), l’un contenant une solution (N
moles de particules dans un volume V) et l’autre de l’eau pure. Il existe donc une pression
osmotique qui sera équilibrée par une pression physique, P, exercée par l’intermédiaire d’un piston.
Solution Solvant
Piston
axe des x
Si la force exercée sur le piston équilibre la pression osmotique, le flux net d’eau à travers la
membrane est nul. Si la force est insuffisante, on observe un flux osmotique ; si elle est trop
importante, on observe une ultrafiltration. Dans ces deux cas, le piston se déplace et la mise en jeu
d’énergie dans le phénomène d’osmose est alors facile à calculer puisqu’elle est équivalente au travail
de la force appliquée sur le piston. Si on suppose le phénomène comme réversible, cette énergie (ce
travail) vaut :
dW = F ⋅ dl ,
or F = P ⋅ S avec P la pression exercée et S la surface du piston.
En raisonnant sur un phénomène réversible et en partant de l’équilibre, on a égalité entre
pression osmotique et pression hydrostatique, donc :
N
F = π⋅ S = RT ⋅ S
V
N
dW = RT ⋅ S ⋅ dl
et le sytème reçoit : V S⋅ dl = −dV .
avec
Le signe moins signifie que le volume diminue quand le piston progresse de dl. L’équation devient :
dV
dW = −NRT ⋅
V
Diffusion 16
n1 V2
=
Comme n = N/V, on a : n 2 V1 , d’où :
n2
W1−2 = NRT ⋅ Ln
n1
C’est l’expression du travail osmotique nécessaire pour concentrer (ou diluer) une solution
d’une valeur d’osmolarité à une autre. On constate que si n2 > n1, le travail est positif, donc fourni
au système.
En conclusion, le fonctionnement des organismes reposent sur des échanges intra- et inter-
cellulaires de matière ou d’énergie. En prenant en compte le phénomène de diffusion, lié
essentiellement à l’agitation thermique, nous venons de décrire l’aspect passif des transports
Diffusion 17
transmembranaires. Ces phénomènes ne demandent pas d’autre énergie que celle liée au maintien de
la température du milieu ou celle imposée par le travail osmotique. Même s’ils rendent compte
d’aspects physiologiques, ils ne sont pas obligatoirement prépondérant et les transport actifs, qui
consomment un surcroit d’énergie, sont ceux qui régulent l’essentiel des fonctions.
Comme la température, plus généralement les échanges de chaleur, joue un grand rôle, nous
allons voir comment se déroulent les échanges de chaleur et comment est régulée la température dans
l’organisme.
Diffusion 18