Polyphonie PDF
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En musique, la polyphonie est la combinaison de plusieursmélodies, ou de parties musicales chantées ou jouées en même temps.
e
Dans la musique occidentale, la polyphonie désigne le système de composition musicale, créé à l'église à partir du IX siècle environ et qui connut un
brillant développement, depuis un premier apogée aux XIIe et e
XIII siècles, jusqu'à la fin de la Renaissance (fin du XVIe siècle) et au-delà. À partir de la
deuxième moitié du XVIe siècle, la pensée et le sentiment harmonique naissants prirent une place de plus en plus importante. Un désir de simplification
joint au développement de l'individualité et du chant soliste firent qu'on passa progressivement du contrepoint linéaire à l'enchaînement vertical des
accords (un texte musical contrapuntique se déroule horizontalement, chaque voix ayant sa propre vie à l'intérieur de l'ensemble, alors qu'un texte
harmonique enchaîne des accords). Le nouveau système, toutefois, n'a pas remplacé le précédent : ces deux types d'écriture ont pu subsister parallèlement
et aussi se mêler, pendant les siècles qui suivirent, jusqu'aujourd'hui.
Par extension, c'est la capacité de jouer plusieurs notes à la fois et on parle d'instruments polyphoniques.
Guillaume Dufaÿ (à gauche) et Gilles
En Occident, la monodie, en usage au Moyen Âge et au-delà, recouvre des genres très différents comme le chant grégorien, la poésie aristocratique Binchois
chantée des troubadours et des trouvères et la chanson de tradition orale(appelée aussi folklorique). L'accompagnement (s'il en existe un) n'est pas donné
et n'est pas de nature mélodique. Dans l'opéra, l'expression un peu paradoxale de « monodie accompagnée » a une signification bien différente. Dans ce
e
style vocal né avec l'opéra baroque au début du XVII siècle, le chant soliste est accompagné par une basse continue, aussi bien que par un orchestre. Ce type de monodie relève donc d'une écriture
harmonique.
Pour la notion de polyphonie en théorie de la littérature ou en linguistique voir les travaux de Mikhaïl Bakhtine et Oswald Ducrot. Dans ce cas, le sens du mot « polyphonie » n'a pas de lien avec celui
qui a été développé plus haut.
Sommaire
1 Histoire de la polyphonie occidentale
2 Polyphonies médiévales
3 Polyphonies de la Renaissance
3.1 Réforme luthérienne et polyphonie
3.2 Réforme calviniste et polyphonie
3.3 Polyphonie anglaise
3.4 Nouvelles directions : développement de la musique à plusieurs chœurs, le madrigal
4 Polyphonies de l'époque baroque
5 Du XVIIIe au XXe siècle
6 Écriture polyphonique dans la musique de Benjamin Britten (1913-1976)
7 Polyphonies dans la musique d'orgue, religieuse ou profane, aux XXe et XXIe siècles
8 Polyphonies traditionnelles européennes
8.1 France
9 Polyphonies extra-européennes
10 Polyphonie et synthétiseurs
11 Notes et références
11.1 Bibliographie
11.2 Articles connexes
12 Discographie sélective
12.1 Pour les conduits et lesorgana
12.2 Pour la polyphonie de la Renaissance
12.3 Liens externes
L'avènement de la polyphonie occidentale constitue un des plus grands bouleversements de l'histoire de la musique.oici
V ce qui paraît se dégager de plus net, sur ses débuts, tout d'abord assez obscu
rs. À
l'origine, à l'époque de l'Empire carolingien ou de son partage, elle était improvisée au lutrin, au cours d'offices religieux importants, à partir du chant grégorien, selon la technique du « chant sur le
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livre » (technique qui se perpétua jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, en France) . Ce qu'on avait à chanter était en grande partie à la charge des chantres professionnels qui travaillaient quotidiennement dans
les nombreuses églises cathédrales et collégiales. Le chant polyphonique se répandit aussi dans les abbayes, spécialement bénédictines, dont la vocation était de chanter la gloire de Dieu. Pendant
quelques siècles, cette pratique cultuelle et culturelle est restée non-écrite, et donc invisible à nos yeux.
Il s'agissait initialement d'amplifier la monodie grégorienne, en lui adjoignant une seconde voix, entendue en même temps qu'elle (c'est ce que Hucbald appelle, en 895, la « diaphonie », au départ en
mouvements parallèles). Cela donna naissance à différents procédés polyphoniques, dont le déchant (discantus), et, rapidement, à des formes musicales élaborées dont la plus connue est appelée
organum. Les œuvres entrant dans ce cadre formel font intervenir de2 à 4 voix, entendues ensemble.
La voix de déchant se définit par le mouvement contraire qu'elle adopte par rapport à la voix principale. Quand la teneur monte, le discantus descend, et inversement. Ce principe remplaça rapidement le
développement par mouvements parallèles, aux possibilités bien plus réduites. Le mouvement contraire reste aujourd'hui à la base de toute progression harmonique (certains parallélismes, comme les
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quintes ou quartes parallèles sont toujours considérés comme strictement interdits par les traités d'harmonie)
.
La notion de déchant prit un sens plus large par la suite. C'est ainsi qu'elle désigna plus généralement l'écriture polyphonique. Un exemple de l'utilisation de ce mot apparaît dans le titre complet des
Vêpres de 1610, de Claudio Monteverdi (Vespro della Beata Vergine). On trouve en effet le verbe decantare, dans le sous-titre latin de l'œuvre : Vesperæ pluribus [vocibus] decantandæ (« Vêpres
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chantées à plusieurs voix », c'est-à-dire jusqu'à dix voix, traitées en polyphonie).
Il avait tout d'abord semblé indispensable, à l'oreille des premiers polyphonistes, d'éviter les superpositions de tierces et de sixtes, perçues comme dissonances, et de n'admettre comme consonances que
les octaves, quartes et quintes (qui sont du reste les premières harmoniques nées de la vibration d'un son fondamental). Depuis la fin du XIe siècle environ, ce qui était considéré comme dissonances était
néanmoins présent, mais, devant aboutir à une résolution, menait à une consonance de quarte ou de quinte (de même, dans le système tonal actuel, la note perçue par l'oreille comme « note sensible » doit
son nom au fait qu'elle tend vers la note tonique, cf. par ex. le mouvement si → do lorsqu'on est dans le ton de do majeur).
Cette notion de consonance imparfaite est présente dans une formule cadentielle (formule de fin de phrase) typique du XIVe siècle : la cadence à double sensible (appelée également cadence de Machaut).
Celle-ci apparaît couramment dans les polyphonies à 3 voix. À la fin d'une phrase musicale, si la pièce contient, par ex., les trois notes superposées sol-si-mi, le mouvement de cadence qui peut leur
succéder mène alors à la résolution fa-do-fa : l'intervalle de tierce sol-si aboutit à la quinte fa-do, amenant ainsi un sentiment auditif de stabilité.
Une forme assez différente de polyphonie s'est développée dans un pays qui, par son isolement insulaire et par son éloignement des régions méditerranéennes, échappait plus que d'autres à l'influence des
traditions gréco-latines : l'Angleterre. Ce nouveau procédé se répandit ensuite sur le continent. Ainsi, l'Angleterre a évolué différemment du monde latin, si bien que la polyphonie savante des Anglais se
distingua, un temps, de celle des autres peuples par l'emploi de deux procédés qui lui sont particuliers : le gymel (du latin cantus gemellus : « chant jumeau ») et le faux-bourdon, qui se caractérisent
e
essentiellement par l'usage de successions de tierces et de sixtes, considérées, à partir du
XII siècle environ, comme consonances imparfaites, et non plus comme dissonances.
Le gymel, comme son nom l'indique, est un chant à deux voix dont la seconde accompagne à la tierce inférieure ou supérieure le thème donné par la première (appelée « teneur », car c'est elle qui
« tient » le chant). Les deux voix doivent conclure en se rejoignant à l'unisson par mouvement contraire.
Le faux-bourdon est un chant à trois voix qui consiste à faire entendre en même temps que la mélodie principale deux autres mélodies parallèles, à la tierce et à la quinte inférieure, - à la quinte
inférieure en apparence, en écriture, pour les yeux seulement, car cette troisième partie, qui a l'air d'une basse, ou, comme on disait autrefois, d'un « bourdon », n'est en réalité qu'une fausse basse, qu'un
faux-bourdon (mot employé par analogie avec des instruments comme la vielle à roue ou les différentes sortes de cornemuses). En effet, cette troisième voix doit se chanter une octave plus haut qu'elle
n'est écrite, c'est-à-dire qu'elle sonne à la quarte supérieure et non à la quinte inférieure du thème donné. La polyphonie d'un faux-bourdon est donc théoriquement constituée d'un enchaînement de
quartes, de sixtes et de tierces parallèles superposées. L'évolution de cette forme musicale, au cours du temps, l'a amené à s'écarter de ce schéma de base. Vers 1771-1772, le bénédictin de Saint-Maur
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Dom Robert-Florimond Racine évoquera avec plaisir « cette forme ravissante que l'on n’entend qu’avec étonnement .»Le XIXe siècle continuera à en faire usage.
Une polyphonie populaire naquit de la polyphonie savante. Elle est donc née à l'église. Actuellement, la polyphonie populaire subsiste dans les polyphonies corses, par exemple.
Polyphonies médiévales
Aux XIe et e
XII siècles, l'abbaye bénédictine Saint-Martial de Limoges et d'autres lieux (abbayes et églises) jouent un rôle important dans le développement de la
polyphonie, en l'absence de ville-phare.
Mais précisément, la polyphonie connaîtra un premier rayonnement national et international à Paris (alors qualifiée de « nouvelle Athènes »), aux XIIe et XIIIe siècles,
grâce aux chantres-compositeurs de l'École de Notre-Dame de Paris, cathédrale nouvellement construite et centre culturel de premier plan (tout comme le sera
l'université, créée à Paris au milieu du XIIIe siècle, par le théologien Robert de Sorbon). À Notre-Dame, les chantres les plus connus ont été Léonin et Pérotin. Ils
représentent les premiers grands créateurs de ce que les musiciens du siècle suivant appelleront l’Ars antiqua, par opposition à l’Ars nova. Ce dernier, né peu avant
e
1300, se voudra résolument nouveau (Jacques Chailley le qualifie d’avant-gardiste). L'art musical du XIV siècle s'éloignera donc résolument de ce que nous
e
appelons le classicisme du grand siècle médiéval, leXIII siècle.
Les créateurs de l’Ars nova se lancèrent dans de nouvelles recherches, parfois très abstraites (comme chez Philippe de Vitry), pour aboutir à l’Ars subtilior, à la fin
du XIVe siècle. L'amiénois Pierre de la Croix fut le réformateur de la notation franconienne, la notation mesurée, née au XIIIe siècle. Le grand musicien né avec le
XIVe siècle est le Rémois Guillaume de Machaut (v. 1300-1377), auteur, en particulier, de la première messe polyphonique entière (la Messe Nostre Dame). Comme
les autres musiciens, il écrivit aussi nombre de pièces profanes, tant l'art de la polyphonie s'était répandu dans bien des domaines musicaux.
Alleluia nativitas, de
L'art profane d'Adam de la Halle, à la fin du XIIIe siècle, était à la charnière de la monodie et de la polyphonie, si bien qu'on le considère souvent comme le dernier Pérotin, à 3 voix (Alleluia
trouvère, à la fois poète et musicien. Machaut, purement polyphoniste, a eu lui aussi une activité aussi bien musicale que poétique, suivant une très longue tradition « tropé », pour l'office de
6 la Nativité du Christ,
remontant à l'Antiquité . Jusqu'à la fin du XVe siècle, avec Eloy d'Amerval par exemple, elle continuera à se perpétuer. e
XIII siècle). La teneur
En raison des troubles qui règnent en France pendant la guerre de Cent Ans, la culture musicale se déplace dans les régions du nord de la France, en Flandre, et en territoire bourguignon. La cour de
Bourgogne est le centre de ce renouveau artistique, qui rassemble musiciensfrançais, flamands, bourguignons et anglais, contribuant aux échanges et à la diffusion de musiques nouvelles. Rome (ville où
la papauté s'est réinstallée, après l'épisode avignonnais du XIVe siècle) le devient également.
dans la musique religieuse enseignée et pratiquée dans lesmaîtrises et les chœurs (les « psallettes ») descathédrales (et des collégiales) du nord. Par exemple :Cambrai,
Tournai, Bruges, Anvers, etc. Leurs usages sont imités dans les psallettes des autres régions de France et d'Europe ;
dans les chansons polyphoniques de divertissement, essentiellement à la cour du duc de Bourgogne à Dijon.
Les principaux représentants de ce mouvement sont les grands compositeurs de l'époque :
Guillaume Dufaÿ (1397-1474), Gilles Binchois (v. 1400-1460) - qui furent influencés par l'anglais John Dunstable (1390-1453) -, Johannes Ockeghem (v. 1420-1497), qui exerça à
Paris et à Tours, Antoine Busnois (1433-1492), bourguignon,Josquin des Prés (v. 1440-1521), Alexandre Agricola (1446-1506), Jean Mouton (1459-1522), Jacob Obrecht, (1457-
1505), Pierre de La Rue (1460-1518), Antoine Brumel (1460-1520), Clément Janequin (v. 1485-1558), connu pour ses chansons polyphoniques, Clemens non Papa (v. 1510-
1555), Jacobus de Kerle (1531-1591), Roland de Lassus (1532-1594), musicien européen,Claude Le Jeune (v. 1530-1600), partisan de laRéforme calviniste, Eustache Du
Caurroy (1559-1609), etc.
En Italie : Adrien Willaert (1490-1562), Cyprien de Rore (1515/16-1565), l'un et l'autre d'origine franco-flamande mais installés en Italie,
Giovanni Pierluigi da Palestrina(v. 1525-
1594) musicien de la Contre-Réforme, Costanzo Porta (1528/29-1601) maître « virtuose » de la polyphonie, longtemps apprécié de son vivant, Marc'Antonio Ingegneri(1535-
1592) qui forma Claudio Monteverdi, Carlo Gesualdo (1566-1613) musicien d'une grande originalité et audace harmonique (qui nous surprennent encore aujourd'hui), etc.
En Espagne : Cristobal de Morales, (v. 1500-1553), Diego Ortiz (1510-570), Francisco Guerrero (1528-1599), Tomás Luis de Victoria (v. 1548-1611), etc.
En Angleterre : John Taverner (1490-1545), Christopher Tye (1500-1572/3), Thomas Tallis (1505-1585), William Byrd (1543-1623), John Bull (1562/3-1628), Orlando Gibbons
(1583-1625), etc.
En Allemagne : Heinrich Isaac (1450-1517), Ludwig Senfl (1486-1543), Leonhard Lechner (1553-1606), Hans Leo Hassler (1564-1612), Gregor Aichinger (1564-1628), Michael
Praetorius (1571-1621), etc.
Michael Praetorius (1571-1621) a été compositeur pour l'Église luthérienne. Il a également repris beaucoup de mélodies, comme matériau de base pour ses œuvres polyphoniques. C'est le cas notamment
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pour Vom Himmel Hoch, da komm ich her . Ces timbres sont des mélodies préexistantes, sacrées ou profanes. Certaines sont même des mélodies grégoriennes. Dans les décennies suivantes
principalement, on trouve aussi un bon nombre de parodies (procédé, bien entendu dénué de toute idée de caricature, qui consiste à prendre une mélodie profane et à la chanter sur un texte de la liturgie).
Ainsi, l'échange à double sens entre les univers profane et sacré nourrit l'inspiration musicale (depuis le XVe siècle au moins, d'assez nombreuses chansons de tradition populaire reprennent des motifs
grégoriens, en les adaptant).
Ces notions (d'échange à double sens entre musique religieuse et musique profane) sont valables aussi bien chez les luthériens que chez les catholiques, les musiciens luthériens ayant repris les traditions
de l'Église catholique et du monde profane.
Polyphonie anglaise
En Angleterre, la musique polyphonique demeure au cœur de la liturgie. Thomas Tallis, resté catholique, va développer, pour la liturgie anglicane, le style de l'anthem, motet spécifiquement anglais (et
chanté dans cette langue). Gibbons créera le Full Anthem (en chant polyphonique) et le Verse Anthem (dont les versets font alterner chantre soliste et chœur à plusieurs voix : Gibbons adapte de cette
manière la très ancienne pratique des « versets alternés », déjà présente dans la tradition grégorienne monodique).
Vers la fin du XVIe siècle, le madrigal italien contribuera grandement au développement d'une nouvelle technique, qui, petit à petit, deviendra radicalement différente de la polyphonie traditionnelle et
finira par créer une nouvelle conception de l'art musical : la monodie accompagnée.
En France, Marc-Antoine Charpentierest un des représentants les plus importants pour l'usage et le développement de ce style d'écriture musicale. Parmi les principaux auteurs du XVIIe siècle, relevons
également les noms d'Henry Du Mont et de beaucoup d'autres (comme Charles d'Helfer par ex.), au cours de ce siècle et à l'époque suivante (André Campra, Henry Desmarest sous Louis XIV et Louis
XV, Henry Madin dans la première moitié duXVIIIe siècle, etc.).
En Angleterre, l'écriture linéaire est présente dans certains épisodes de l'opéra de chambre d'Henry Purcell, Didon et Énée (1689). On la rencontre aussi dans sa Music for the Funeral of Queen Mary
(1695), là encore, essentiellement dans les chœurs, mais pas uniquement : la fameuse « Mort de Didon » est bâtie sur un ground (un ostinato) présentant un chromatisme descendant, à la basse continue,
sur lequel se développe la partie de solo, dont la dynamique et le chromatisme dif
férent de la phrase d'introduction instrumentale.
Chez Richard Wagner, « le style des Maîtres chanteurs de Nuremberg[1868] se caractérise par un contrepoint qui suit les règles de Bach. W agner qualifia un jour de « Bach
appliqué » le prologue, dont les trois thèmes principaux sont réunis, à la fin, par des liens contrapuntiques. C'est la maîtrise de ces éléments de style qui permit agner
à W de
reprendre, après douze ans d'interruption, la composition de Anneau
l’ du Nibelung (le 3e acte de Siegfried et le Crépuscule des dieux [1876]) avec une force d'expression
11
musicale accrue. »
Au début du XXe siècle,Arnold Schoenberg, âgé de 26 ans, utilise une écriture polyphonique savante, enimitations, dans ses Gurre-Lieder, lieder en forme de cantate, d'esprit
post-romantique, pour 5 soli, récitant, grand chœur et grand orchestre (1900-1911). L'école
sérielle, issue du Schoenbergdodécaphonique, reprendra elle aussi les principes de
l'écriture polyphonique etcontrapuntique, à partir des années 1920 jusqu'à sa remise en cause dans les années 1980 environ.
Polyphonies dans la musique d'orgue, religieuse ou profane, aux XXe et XXIe siècles
e
Au cours du premier tiers du XX siècle, Charles Tournemire par exemple, porté par le mouvement de renouveau du chant grégorien à l'intérieur de l'Église catholique, faisait entendre des mélodies
grégoriennes utilisées en cantus firmus, dans certaines de ses pièces d'orgue (cf. dans L’Orgue mystique de 1927-1932 : le Cycle de Noël, op. 55 — le Cycle de Pâques, op. 56 — le Cycle Après La
Pentecôte, op. 57). Jusqu'à nos jours, bien d'autres auteurs ont repris les principes de l'écriture contrapuntique.
À la fin du XXe siècle, Jean-Louis Florentz pratiquera le même type d'écriture, en utilisant cette fois des mélodies d'origine non-européenne, comme sa « Harpe de Marie », n° 3 de ses Laudes pour orgue
(1983-1985). On y entend des thèmes liturgiques en usage dans le christianisme éthiopien, ou encore (dans le n° 4 de cesLaudes : « Chant des fleurs »), d'autres thèmes venus cette fois du Burundi. Dans
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certaines de ces pièces, il arrive à Florentz d'associer cela à sa perception personnelle des sons et des
harmoniques entendus dans le ronflement d'un moteur d'avion de ligne .
Comme bien d'autres, le compositeur espagnol Hèctor Parra utilise l'écriture en style de contrepoint dans ses trois pièces pour orgue d'inspiration profane intitulées Tres Miradas (2016. Commande de
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Radio France, création le 8 mars 2017) .
France
Musique corse
Polyphonie dans les Pyrénées gasconnes
Polyphonies extra-européennes
Polyphonie géorgienne
Polyphonie et synthétiseurs
Le terme de « polyphonie » est également employé dans le cadre de la synthèse sonore. Toutefois la signification du mot se limite à la simple capacité de générer plusieurs notes à la fois. Elle se rapporte
au fait que certains synthétiseurs sont, comme une flûte, incapables de produire plus d’une seule note à la fois. En effet si tout piano peut être dit « polyphonique » par le simple fait que le pianiste peut
produire plusieurs notes en même temps (desaccords), ce n’est pas forcément le cas des synthétiseurs qui sont donc classés comme monophoniques ou polyphoniques.
SN76489 : 3 opérateursPSG
YM2610 : 3 opérateursPSG (partie PSG)
TIA : 2 générateurs de tonalité
PAULA : 4 opérateurs PCM
POKEY : 4 opérateurs PSG
AY-3-8912 : 3 opérateurs de tonalité
YM2149 : 3 opérateur PSG
Notes et références
1. Le musicologue Jacques Chailley a écrit en 1985 : «Ainsi pouvons-nous dire existé » (extrait du magazineChant Floral, no 45, 1985) [1] (http://medieval.mrugala.n
qu'aucun document ne témoigne dans notre histoire d'une polyphonie antérieure à et/Musique%20medievale/Polyphonie.htm); (https://books.google.fr/books?id=5LqIzw
notre IXe siècle ». Il ajoute qu'« il serait téméraire d'en déduire qu'il n'en a jamais _U4d8C&pg=PA142&lpg=PA142&dq=roger+de+laon+polyphonie&source=bl&ots=Fy0
existé » (extrait du magazineChant Floral, no 45, 1985) [1] (http://medieval.mrugala.n c59b6_x&sig=farKccv_f5_L5BK5dqDywOk2kL Y&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwigrtPjkaz
c59b6_x&sig=farKccv_f5_L5BK5dqDywOk2kL Y&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwigrtPjkaz 7. Antoine Guerber. CD : « Guillaume Dufaÿ.Missa Se la face ay pale». Par l'ensemble
TAhUFPxoKHfNvCuEQ6AEINzAD#v=onepage&q=roger%20de%20laon%20polyphoni Diabolus in musica (Alpha 051, 2003-2004).
e&f=false)Patrick Demouy, « Les Pueri Chori de Notre-Dame de Reims. Contribution à 8. Vidéo sur youtube (Https://www.youtube.com/watch?v=OHnOn-EkDoo).
l'histoire des clergeons au Moyen Age », in :Le Clerc séculier au Moyen-Âge: XXIIe
Congrès de la Société des Historiens Médiévistes de l'Enseignement Supérieur 9. Retransmission de concert : Requiem allemand («Musikalisches Exequien») de
Public, Amiens, Juin 1991 (Paris, Publications de la Sorbonne, 1993), pp. 135-150. Heinrich Schütz, motets de la dynastie Bach, Stabat Mater de D. Scarlatti, etc. Sur
France Musique, 4 novembre 2014(http://www.francemusique.fr/emission/les-mardis-
2. Sur Gallica : Louis-Joseph Marchand, Henry Madin,Traités du contrepoint simple. de-la-musique-ancienne/2014-2015/04-11-2014-11-04-2014-20-00)
Textes présentés par J.P. Montagnier. Publié avec le soutien du Ministère de la
Culture, Paris, Société Française de Musicologie, éd. Symétrie, 2004, 136 p. (http://sy 10. Antoine Livio, Béjart, éditions L'âge d'homme, 1970, 2004, 289 p., p. 122(https://book
metrie.com/fr/titres/traites-du-contrepoint-simple); Louis-Joseph Marchand,Traité du s.google.fr/books?id=ruvI3ZcqcHYC&pg=P A122&lpg=PA122&dq=improvisons+une+fu
contrepoint simple, ou Chant sur le livre, Ouvrage nécessaire à tous ceux qui aspirent gue+magistrale+berlioz+damnation&source=bl&ots=hmESpIPUaZ&sig=Z5L4EF9mBg
à entrer dans la Musique de la plûpart des Cathedrales & Collégiales, tant en France, 2DolDb9PTAgZbsg_g&hl=fr&sa=X&ei=eJJcVMuwN4XWOoOGgLAD&ved=0CDQQ6A
que de Flandre & autres, Bar-le-Duc, Richard Briflot, 1739, [48] p. EwAw#v=onepage&q=improvisons%20une%20fugue%20magistrale%20berlioz%20da
mnation&f=false)
3. Il va sans dire que cela ne constitue que la base du système et que la pratique réelle
est plus complexe et diverse, sans entrer en contradiction avec ces principes 11. Marc Honegger, Dictionnaire de la Musique, Paris, Bordas, 1979. Article : « Wagner,
fondamentaux. Richard », p. 1170-1174 (p. 1173).
4. Ou : « qui se chantent », « qui doivent se chanter », « qui sont à chanter », « qu'il faut 12. France Musique. Le Mitan des musiciens, par Renaud Machart : « Jean-Louis
chanter »... Florentz in memoriam ». 8-12 décembre 2014(http://www.francemusique.fr/emission/l
e-mitan-des-musiciens/2014-2015/jean-louis-florentz-memoriam-2-5-12-09-2014-13-0
5. Meaux. Bibliothèque Guill. Briçonnet. Dom R.-F. Racine, Histoire de l’abbaye royalle 0)
de Nôtre Dame de Chelles, [vers 1771-1772], vol. C, p. 571.
13. France Musique. Récital d'orgue de Francesco Filidei(https://www.francemusique.fr/e
6. Homère en est un des plus anciens exemples. missions/le-concert-du-soir/recital-d-orgue-francesco-fidelei-32367)
Bibliographie
Willi Appel (trad. Jean-Philippe Navarre),La notation de la musique polyphonique : 900-1600 , Mardaga, coll. « Musique-Musicologie »,1998, 433 p. (ISBN 2-87009-682-8)
Brigitte François-Sappey, Histoire de la musique en Europe, PUF, Coll. Que sais-je, n° 40, 1992, rééd. 2012, 128 p.
Jacques Chailley, Histoire musicale du Moyen Âge, 2e éd. revue et mise à jour, Paris, PUF, 1969, II-336 p.
Marcel Pérès, Aspects de la musique liturgique au Moyen Âge . Actes des colloques deRoyaumont de 1986, 1987 et 1988 (organisés par l'Atelier de recherche et d'interprétation
des musiques médiévales). Sous la dir. de Michel Huglo, ... et Marcel Pérès, ... Textes réunis et éd. par Christian Meyer. Préf. de Marcel Pérès. Paris : éd. Créaphis, 1991, 301 p.
Marcel Pérès, Jérôme de Moravie, un théoricien de la musique dans le milieu intellectuel parisien du XIIIe siècle . Actes du colloque deRoyaumont, 1989 (organisé par l'Atelier de
recherche et d'interprétation des musiques médiévales). Sous la dir . de Michel Huglo, ... et Marcel Pérès, ... T
extes réunis et éd. par Christian Meyer. Préf. de Marcel Pérès. Paris:
éd. Créaphis, 1992, 147 p.
Marcel Pérès, Le chant religieux corse : état, comparaisons, perspectives. Actes du colloque de Corte, 1990 (organisé par laFederazione d'Associ linguistichi culturali è
economichi). Ed. par le Centre européen pour la recherche et l'interprétation des musiques médiévales, Fondation Royaumont [et la] FALCE. Sous la dir. de Marcel Pérès. [Paris] :
éd. Créaphis, 1996, 179 p.
Guillaume Gross (IRHT), « L'organum, un art de cathédrale ? Musiques autour de saint Guillaume », inMusique: et littérature au Moyen Âge : héritage et témoignage des travaux
de Pierre Aubry et Jean Beck. CRMH. Cahiers de Recherches Médiévales et Humanistes/Journal of Medieval Humanistic Studies, 2013-2, n° 26 (Paris, Garnier , 2014), p. 35-55.
Sur les musiciens du XVIe siècle, ceux de la Réforme luthérienne et sur les polyphonistes allemands, voir les publications d'Edith eber.
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Articles connexes
Contrepoint
Harmonie tonale
Monodie
Discographie sélective
Maestros del Siglo de Oro / La Capella Reial de Catalunya, Hespérion XX, Jordi Savall / 1991-92/2009 / AliaVox Heritage. AVSA 9867 A/C
(Œuvres de Cristobal de Morales, Francisco Guerrero, Tomás Luis de Victoria)
Palestrina / Missa Viri Galilæi, La Chapelle Royale, Ensemble Organum, Philippe Herreweghe / 1992-2002 / Harmonia mundi HMA 1951388
Jacobus de Kerle / « Da pacem Domine ». Messes & Motets / Huelgas-Ensemble / Paul Van Nevel / 2005 / Harmonia mundi HMC 901866
Carlo Gesualdo / Responsoria 1611 / Collegium Vocale Gent / Philippe Herreweghe / Outhere Music / 2013
(Responsoria et alia ad Officium Hebdomadæ Sanctæ spectantia/ Tenebræ Responsories : « Répons et autres, en vue de l'Office de la Semaine sainte / Répons de Ténèbres »)
Music for Compline / Ensemble Stile antico / Œuvres de John Sheppard, Thomas Tallis, William Byrd, Robert White (vers 1538-1574), Hugh Aston et plain-chant / 2007 / Harmonia
mundi HMU 907419
Liens externes
Premières polyphonies, sur le site de Notre-Dame de Paris
Analyse de 5 chansons de la Renaissance
« Restituer la polyphonie de la Renaissance »
. Cours dispensé par Philippe Vendrix au Collège Belgique.
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