TFELL2003
TFELL2003
3.2. Itinéraire technique et soins aux bananiers dans les Antilles françaises ________________6
3.2.1. De la plantation à la récolte _______________________________________________________ 6
3.2.2. La récolte _____________________________________________________________________ 7
3.2.3. Les opérations à la station d’emballage ______________________________________________ 8
3.2.4. Le transport des fruits et leur mise sur le marché _______________________________________ 9
5.4. Applications aux champs ou après la récolte pour contrôler les maladies de post-récolte 23
6.2. Sélection de deux levures : Pichia anomala souche K et Candida oleophila souche O ____29
6.2.1. Généralités ___________________________________________________________________ 29
6.2.2. Candida oléophila souche O _____________________________________________________ 30
6.2.3. Pichia anomala souche K ________________________________________________________ 30
6.2.4. Mode d’action _________________________________________________________________ 30
7.1. Evaluation de l’efficacité de deux souches de levures vis-à-vis de trois agents fongiques
impliqués dans la maladie ____________________________________________________41
8.3. Remarque relative à l’analyse des données concernant les traitements fongicides ______44
Introduction
Le terme « banane » englobe tous les différents types de « bananes dessert » et de « bananes à
cuire » rencontrés dans le monde, y compris les « bananes plantains ». La plante est cultivée dans plus
de 120 pays sur près de 10 millions d’hectares, avec une production annuelle de 95 millions de tonnes.
Les bananes occupent la quatrième place parmi les plantes alimentaires cultivées dans le monde après
le riz, le blé et le maïs. Près de 90% de la production sont issus de petits agriculteurs, produisant pour
la consommation domestique et les marchés locaux.
En Occident, la « banane dessert » d’exportation est la plus connue alors qu’elle ne représente
que 10% de la production mondiale. Ces trente dernières années, la production mondiale de « bananes
dessert » a plus que doublé et les exportations ont triplé de volume. La banane d’exportation représente
un pivot pour l’économie de nombreux pays des Caraïbes. L’activité bananière procure aux Antilles
françaises 2000 emplois directs et indirects. Elle constitue, avec la production de canne à sucre, la base
de l’économie agricole de la Martinique et de la Guadeloupe.
Depuis des années, les Européens et les Américains se livrent une guerre autour de la banane.
Les bananes européennes et celles des pays ACP, plus chères, bénéficient d’importantes aides de
l’Union Européenne. En effet, elles sont produites avec des coûts de main-d’œuvre bien plus élevés
que les bananes sud-américaines et dans des conditions climatiques moins favorables. Ce système
d’aides est jugé discriminatoire et non conforme aux règles du commerce international mis en place
par l’OMC. Ainsi, à partir du 1er janvier 2006, la protection communautaire et celle des pays ACP
seront diminuées. A partir de cette date, la concurrence avec les « bananes dollars » risque donc de
s’accroître.
De plus, la qualité de la banane antillaise souffre d’une mauvaise réputation. En effet, les
accidents de maturation et les maladies de conservation telles les pourritures de couronne en diminuent
la qualité. Les pourritures de couronne sont considérées comme la maladie de conservation la plus
importante. Elles sont causées par un complexe parasitaire dont le champignon principal est
Colletotrichum musae (Berk. and Curt. Arx.). Pour lutter contre ce complexe parasitaire, la méthode
utilisée actuellement est le traitement fongicide. Cependant, la lutte chimique pose certains problèmes.
L’apparition de phénomènes de résistance aux fongicides a été observée. Les traitements ne sont pas
toujours efficaces et les consommateurs demandent une diminution de ceux-ci, particulièrement en
post-récolte.
Dans l’optique d’une diminution des traitements fongicides, la lutte biologique pourrait trouver
sa place. D’autant plus que les recherches menées par le CIRAD-FLHOR de Neufchâteau
1
Partie 1 : Introduction
(Guadeloupe) visent la création d’un label « sans traitement fongicide après récolte » afin de
conserver une certaine compétitivité sur le marché de la banane.
Les deux souches de levures isolées par l’Unité de Phytopathologie de Gembloux ayant déjà fait
la preuve de leur efficacité contre certains pathogènes de blessures des pommes en conservation, il est
intéressant d’évaluer leurs effets antagonistes sur la maladie de la couronne qui infecte les bananes
principalement via les blessures de découpe.
C’est dans ce cadre de recherche que s’inscrit ce travail effectué en collaboration avec le
CIRAD-FLHOR de Guadeloupe et l’Unité de Phytopathologie de la FUSAGx.
1
Partie 2 : Synthèse bibliographique
Chapitre 1 : La Guadeloupe
1.1. Situation géographique
( Atlas des Départements français d’outre-mer, 1982)
La Guadeloupe est un archipel situé au milieu de l’arc des Petites Antilles, par 61° de longitude
ouest et 16° de latitude nord, entre l’Atlantique tropical et la mer des Caraïbes (Fig. 1). Sa superficie
est de 1780 km2. Découverte par Christophe Colomb en 1493, la Guadeloupe était à l’origine peuplée
par des populations amérindiennes. Devenue colonie française en 1635, elle forme, depuis 1946, un
département français d’outre-mer comme la Martinique, la Guyane et la Réunion.
1.2. Climat
( Atlas des Départements français d’outre-mer, 1982)
L’île est balayée par des courants marins et atmosphériques dirigés d’est en ouest qui véhiculent
des eaux chaudes en provenance de la zone équatoriale. Les courants atmosphériques sont constitués
de flux d’alizés qui soufflent des hautes pressions subtropicales (anticyclone des Açores) vers les
zones dépressionnaires équatoriales. Les masses d’air transportées par ces courants libèrent des
précipitations importantes lorsqu’elles s’élèvent et se refroidissent en arrivant au contact du versant
oriental de la Basse-Terre. La ligne de crête franchie, les masses d’air asséchées redescendent sur le
versant ouest en se réchauffant (Fig. 2).
Les températures sont régies par le même mécanisme. La carte des isothermes moyennes
annuelles montre en effet que les températures décroissent régulièrement avec l’altitude, mais qu’à
altitude égale, le versant sous le vent bénéficie de températures plus élevées (Fig.4).
Le climat guadeloupéen présente des variations saisonnières : une période plus sèche et plus
fraîche (période dite du Carême) se situe entre janvier et avril. De juillet à novembre, une période
chaude et humide (ou hivernage) correspond à la saison cyclonique.
Chapitre 1 : La Guadeloupe 2
Partie 2 : Synthèse bibliographique
heures par an. La pluviométrie moyenne est fortement influencée par la dorsale volcanique et atteint
3800 mm (Pineros et Juan, 1994).
Le climat guadeloupéen est donc caractéristique du domaine tropical maritime chaud et humide,
mais tempéré et uniformisé par le régime des alizés.
Chapitre 2 : Le bananier
2.1. Taxonomie
(Bakry et al., 1997)
Les bananiers sont souvent différenciés en fonction de la qualité de leurs fruits et sont dits de
type « dessert » pour les variétés riches en sucre ou « à cuire » pour les variétés riches en amidon. Les
bananiers de type dessert sont des monocotylédones classées de la manière suivante :
− Ordre : Zingibérales
− Famille : Musaceae
− Genre : Musa
Leurs génomes sont respectivement notés A et B depuis que Simmonds et Shepherd ont proposé
cette représentation en 1955.
Ces deux espèces se reproduisent par voie sexuée et par multiplication végétative à partir des
rejets provenant du développement des bourgeons axillaires de la tige souterraine.
Leur évolution et leur domestication par l’homme ont permis l’obtention des variétés actuelles
qui sont généralement des clones triploïdes, stériles et parthénocarpiques. Elles sont issues soit de la
seule espèce M. acuminata (AAA), soit de croisements interspécifiques entre M. acuminata et M.
balbusiana (groupes AAB et ABB) (Fig. 5).
Chapitre 2 : Le bananier 3
Partie 2 : Synthèse bibliographique
Les variétés diploïdes (AA) et (AB) ainsi que les clones tétraploïdes interspécifiques sont plus
rares.
On retrouve des types « dessert » parmi tous les grands groupes de bananiers, mais ceux qui sont
utilisés pour la culture d’exportation comme la Grande-Naine, la Poyo et la Williams sont
principalement des triploïdes de l’espèce M. acuminita AAA appartenant au sous-groupe des
« Cavendish ». La variété Gros-Michel appartient également au groupe des triploïdes AAA.
Le bananier est une herbe géante dont le pseudo-tronc, formé par l’emboîtement des gaines
foliaires, mesure de 1 à 8 mètres (Champion, 1963) (Fig.6).
Les feuilles sont émises par le méristème terminal de la tige vraie souterraine improprement
appelée « bulbe ». Les nouvelles feuilles se déroulent au sommet du pseudo-tronc et sont donc de plus
en plus jeunes en se rapprochant du sommet. Par convention, elles sont numérotées de la plus jeune à
la plus âgée (Bakry et al.,1997). Le nombre de feuilles varie selon le cultivar et les conditions
environnementales (Jones, 1999).
Les feuilles, dont la durée de vie varie entre 70 et 200 jours, présentent une surface pouvant aller
jusqu’à 2 m2 fournissant ainsi à la plante une surface foliaire importante au moment de la floraison et
permettant de canaliser les eaux de pluie (Stover et Simmonds, 1987).
2.3. L’inflorescence
(Bakry et al., 1997)
Dans le cas des variétés Cavendish comme la Grande-Naine, la floraison intervient dès qu’une
trentaine de feuilles ont été émises.
Chapitre 2 : Le bananier 4
Partie 2 : Synthèse bibliographique
rangées simples ou doubles de fleurs (Fig.8). Ce sont les premières rangées de fleurs, appelées mains,
qui forment les régimes de fruits. Ces premières rangées sont constituées de fleurs femelles avec un
ovaire infère comprenant trois loges carpellaires à l’intérieur desquelles deux rangées d’ovules sont
insérées sur un placenta axilaire et des étamines non fonctionnelles. Les ovaires se remplissent de
pulpe pour former le fruit sans pollinisation ni formation de graines. Cependant, les fruits de certains
clones cultivés produisent des graines lorsqu’ils sont pollinisés.
Les mains sont composées de 10 à 30 fleurs ou doigts insérés sur le coussinet et sont numérotées
à partir de la première main dégagée. A l’anthèse, les doigts sont dirigés vers le bas et se redressent
progressivement pour atteindre, en plus ou moins 15 jours, le stade appelé « stade doigts
horizontaux ».
Après les fleurs femelles, apparaissent deux à trois mains de fleurs neutres avec toutes les pièces
florales avortées, suivies par les mains de fleurs mâles constituées d’ovaires réduits et d’étamines bien
développées. Les fleurs mâles tombent au fur et à mesure de leur libération, dénudant ainsi la partie
inférieure de la hampe (Fig.7).
3.1. Historique
( Atlas des Départements français d’outre-mer, 1982)
Le bananier est originaire de l’Asie du sud-est et s’est propagé vers l’Afrique de l’ouest à travers
la Méditerranée et l’Arabie. Son implantation aux Amériques s’est d’abord faite par la République
Dominicaine (en 1516 grâce à des plants en provenance des îles Canaries) et s’est poursuivie vers
l’Amérique Centrale et du Sud (Manuel du planteur, 1998).
Le bananier fut introduit en Guadeloupe au 17ème siècle et utilisé dans un premier temps comme
plante d’ombrage dans les plantations caféières du sud de la Basse-Terre. C’est vers les années vingt
C’est en 1928 qu’apparaissent les premières mesures protectionnistes pour la banane française
permettant ainsi le développement d’une réelle filière économiquement intéressante.
Peu à peu la zone bananière gagne du terrain et, dans le courant des années soixante, détrône la
culture de la canne à sucre dans la région de Capesterre. A l’heure actuelle, les communes de
Capesterre, Goyave, Petit-Bourg et Trois-Rivières totalisent plus de 70% des surfaces plantées. La
commune de Capesterre en détient plus de 53%.
3.2. Itinéraire technique et soins aux bananiers dans les Antilles françaises
Les soins à effectuer sur la parcelle sont les suivants (Manuel du planteur, 1998) :
• L’œilletonnage consiste à sélectionner les rejets qui assureront le renouvellement des bananiers
afin de garder la structure de la population constante.
• L’effeuillage assure la protection des fruits. Il faut éliminer certaines feuilles susceptibles d’abîmer
les fruits par frottement après émergence de la tige.
• Le marquage se fait au stade « doigts horizontaux » et permet les prévisions de récolte. En effet,
les différents régimes arrivés à ce stade sont marqués d’une bande de couleur spécifique dans le but
de connaître leur âge et de prévoir la date de récolte à un âge physiologique déterminé. Les régimes
arrivés au stade 900°C jours (voir point 3.2.2.) après le marquage sont récoltés la même semaine et
les ouvriers se basent sur la couleur de coupe de la semaine pour effectuer la récolte des régimes. A
chaque semaine de marquage correspond une couleur (Fig.9a et 9e).
• Le haubanage est une technique qui a pour but d’éviter la chute des régimes sous l’action du vent
ou du poids du régime lorsque le système racinaire est défectueux. Le haut de la hampe est ainsi
tenu par un ou deux brins de ficelle attachés aux pieds voisins (Fig.9b).
• L’engainage consiste à emballer le régime dans une gaine plastique afin de tamponner les
variations de température, de présenter une barrière mécanique contre les parasites et de protéger
les fruits contre les agressions mécaniques dues par exemple aux frottements des feuilles (Fig.9c).
• L’ablation des fausses mains et de la popote assure un bon allongement de l’ensemble des fruits
(Fig.9d).
3.2.2. La récolte
Les bananes destinées à l’exportation sont récoltées vertes et immatures. L’état physiologique
des fruits au moment de la récolte conditionne leur évolution ultérieure en mûrisserie et notamment la
vitesse de développement des champignons (Hostachy et al., 1990).
Une récolte à 900° jours permet un bon compromis entre le remplissage du fruit (grade à la
récolte) et son potentiel de conservation appelé « durée de vie verte » qui correspond à l’intervalle de
temps séparant la récolte de la crise respiratoire. Cependant, la physiologie de la banane est influencée
par de nombreux facteurs qui ne sont pas encore connus ou maîtrisés et le calcul des prévisions de
récoltes à 900°C jours n’est pas toujours suffisant pour obtenir un état physiologique reproductible.
La récolte du régime marque le début du dépérissement du pied-mère qui est alors coupé. Sa
suppression enlève la dominance apicale sur le rejet préalablement sélectionné et permet de poursuivre
la culture.
Les régimes récoltés sont disposés sur des coussins protecteurs dans un camion avant d’être
déchargés et suspendus dans une penderie (Fig.10a). Toutes ces opérations nécessitent beaucoup
d’attention. En effet, les blessures occasionnées pendant la récolte et le conditionnement des fruits
aggravent les dégâts causés par les champignons durant le transport et le mûrissage, d’où la nécessité
de réduire ces blessures (Hostachy et al., 1990).
Arrivés à la station d’emballage, les régimes subissent les opérations successives suivantes
(Manuel du planteur, 1998) :
• L’épistillage : consiste à enlever le reste des pièces florales à l’extrémité du fruit (Fig.10b).
• Le dépattage : consiste à désolidariser les mains de la hampe florale, en utilisant un couteau
courbe et en maintenant une partie suffisante de la couronne sur les mains (Fig.10c). Ceci afin de
permettre la découpe en bouquets sans perte de fruits et avec une couronne de section carrée
(Fig.10e).
• La découpe : les mains sont découpées en bouquets de trois à huit fruits exempts de défaut
(Fig.10d). Ceux des extrémités des mains et ceux présentant des défauts sont éliminés.
• Le trempage : les fruits sont d’abord plongés dans le bac de dépattage où les mains sont
découpées en bouquets. Ces derniers passent ensuite dans les bacs de rinçage (Fig.10f). Le temps
d’immersion dans ces deux bacs doit être suffisant pour permettre l’écoulement du latex au niveau
des zones de découpe. Le latex y est floculé par des agents acidifiants comme le sulfate
d’aluminium. Les bouquets sont ensuite récupérés et placés sur des plateaux disposés sur un tapis
roulant qui les emmène vers les tunnels de traitement fongicide (Fig.10g).
• Les traitements fongicides : visent à réduire le développement de maladies post-récolte et se font
principalement par un passage dans un tunnel d’aspersion (Fig.10h).
• La pesée des fruits et l’emballage : un assemblage de bouquets doit permettre d’obtenir des
cartons de 18,5 kg qui seront stockés sur des palettes empilées dans des containers (Fig.11a). Ceux-
ci seront amenés au port et reliés à une prise de froid (Fig.11b). Le délai de coupe/mise au froid ne
doit pas excéder 24 h. La mise au froid permet d’une part, de minimiser la production d’éthylène et
de retarder le processus de maturité et d’autre part, de réduire le développement de champignons
éventuellement présents (Krauss, 2000).
Traitement fongicide
Table de découpe en bouquets Palettisation
Les cartons de bananes, maintenus à une température de 13°C afin de ralentir leur activité
métabolique, sont transportés par bateau (Fig.11c). Le transport dure une dizaine de jours et les
bananes sont principalement déchargées à Dunkerque.
La banane est un fruit climactérique et sa maturation est initiée par une crise respiratoire et une
synthèse endogène d’éthylène. La période séparant la récolte de l’initiation de la maturation est
appelée « durée de vie verte » (DVV). Les bananes d’exportation doivent avoir une DDV supérieure au
temps du transport en bateau. Dans ce cas, la fin de la DDV coïncide avec le déclenchement artificiel
en mûrisserie de la maturation des bananes.
Arrivées en France les bananes subiront, avant d’être mises sur le marché, un traitement en
mûrisserie de quelques jours afin de déclencher artificiellement la maturation par un apport d’éthylène
exogène pendant 24 heures, à une dose de 1000µl/L et à une température de 14°C-18°C.
Si la durée de vie verte des bananes est inférieure à la durée du transport en bateau, les bananes
arrivent mûres en France et ne peuvent être commercialisées. Ce phénomène s’appelle les « mûrs
d’arrivage ». Par ailleurs, les pourritures de couronne ont un effet sur la réduction de la DDV et
provoquent régulièrement des « mûrs d’arrivage ».
4.1. Introduction
La pourriture de couronne est l’une des principales maladies de post-récolte des bananes
d’exportation (Krauss et al., 1998). Elle affecte les tissus réunissant les pédoncules entre eux et qui
sont appellés la couronne. Il s’agit d’une infection latente et complexe qui résulte de l’activité de
plusieurs champignons à laquelle s’ajoute parfois celle d’autres micro-organismes tels que des
bactéries et qui affecte sévèrement la qualité des fruits (Lukezic et al., 1967).
Cette mauvaise qualité est caractérisée par le développement de nécroses sur les fruits et de
« mûrs d’arrivage ». Ces derniers sont provoqués par l’éthylène provenant des tissus nécrosés et des
champignons. Il en résulte une maturation accélérée des fruits qui entraîne une dévalorisation du
produit, des difficultés de commercialisation sur le marché européen et donc des pertes économiques
importantes (Nolin, 1989). Le plus souvent invisible au moment de la récolte, cette maladie évolue
durant le transport et surtout au cours du mûrissage lorsque la physiologie de la peau du fruit subit des
modifications qui permettent au mycélium présent dans l’épiderme de se développer (Hostachy et al.,
1990).
A l’état naturel, la peau solide de la banane protège le fruit des maladies fongiques mais les
grandes plaies ouvertes, résultant de la découpe des mains, constituent un point de pénétration idéal
pour les champignons de la pourriture de couronne qui peuvent ainsi coloniser le fruit et s’y
développer. Les champignons envahissent le fruit sous forme de spores microscopiques.
4.2. Origine
Jusqu’en 1960, la variété Gros-Michel, principale variété d’exportation, était transportée par
régimes entiers pour des raisons économiques et pratiques. Les régimes ne subissaient donc pas
d’opérations de découpe préalablement au transport. Cependant, cette variété était particulièrement
sensible à la maladie de Panama (Fusarium oxysporum f. sp. Cubense). Elle fut remplacée par le
cultivar Grande-Naine de la variété Cavendish qui présente l’avantage d’être résistant à la maladie de
Panama mais qui est plus fragile durant le transport (Eckert et Ogawa,1985). De ce fait, celui-ci ne
pouvait plus se faire par régimes entiers. Ces derniers sont donc actuellement découpés en bouquets
offrant un site d’infection aux différents pathogènes au niveau de la couronne.
4.3. Symptômes
(Jones, 1999)
La pourriture de couronne est une pourriture molle, brune ou noire qui se répand au sein de la
couronne et peut pénétrer jusqu’au pédicelle des doigts individuels. Elle provoque un ramollissement
et un noircissement des tissus sur la plaie de découpe des mains (Fig.13). La pourriture se propage
rapidement lors de la maturation des fruits et peut, dans des cas extrêmement sévères, pénétrer à
l’intérieur des fruits, atteindre la pulpe et les déclasser complètement (Ploetz et al., 1994). Lorsque le
complexe a pénétré profondément dans la couronne, les doigts peuvent se détacher du coussinet
(Fig.14).
La couronne est recouverte d’une couche de mycélium cotonneux blanc, gris ou rose (Fig.13). Le
mycélium et les nécroses ternissent l'aspect frais et propre du fruit à la maturation.
La sévérité de la maladie est imprévisible et il est parfois difficile d’expliquer pourquoi certaines
des mains emballées dans un carton sont infectées alors que d’autres ne le sont pas.
Lukezic et Kaiser (1966) ont également montré que les populations de champignons rencontrées
sur les bananiers étaient différentes d’un individu à l’autre et d’une couronne à l’autre.
Occasionnellement, il est également possible de rencontrer des bactéries qui, selon certains auteurs,
pourraient produire des enzymes contribuant à la dégradation des tissus mais ceci n’a pas encore été
confirmé par des recherches détaillées (Johanson et Blazquez, 1992).
Bien que les populations de pathogènes présents dans l’infection soient très variables, on peut
remarquer que les champignons les plus fréquemment associés à la pourriture de couronne dans les
Antilles sont Colletotrichum musae, Fusarium palidoroseum, Verticilium theobromae, Fusarium
monoliforme, Fusarium graminearum, Botryodiplodia theobromae et certains Cephalosporium (Finlay
et Brown, 1993).
Les problèmes causés par C. musae se rencontrent sur une large gamme de plantes aussi bien en
pré- qu’en post-récolte et ce partout dans le monde (Jeffries et al., 1990). C. musae est également
l’agent responsable de l’anthracnose du bananier.
Les conidies sont produites dans un mucilage et agglutinées en masses dans les acervules
(Simmonds, 1941). Ce mucilage semble être un élément important dans la survie des conidies. Si elles
sont plongées dans l’eau avant d’être séchées, elles perdent rapidement leur viabilité (Simmonds,
1941).
Il apparaît que, dans la plupart des cas, C. musae est le premier à coloniser les tissus et ce, à
partir d’un faible niveau d’inoculum (Finlay et Brown, 1993). Il établit une infection latente au champ
durant les premiers stades de développement du fruit (Krauss et al.,1998).
L’optimum de température pour la sporulation de C. musae sur des bananes mûres se situe entre
30 et 35° C. Il n’y a pas d’infection en dessous de 7,5° C (Misra et Singh, 1962).
Les principales sources d’inoculum de C. musae sont les pièces florales et les bractées (de
Lapeyre de Bellaire et al., 2000). L’eau joue un rôle important dans la dispersion des spores et dans
l’infestation du fruit. La plupart des spores sont produites dans les 40 jours suivant la floraison. Ensuite
la production diminue rapidement (de Lapeyre de Bellaire et al., 2000).
Les conidies de C. musae peuvent germer à la surface des fruits matures et immatures (Jeffries
et al., 1990).
Le genre Fusarium regroupe les Ascomycota de l’ordre des Hypocreales et de la famille des
Hypocreaceae. F. moniliforme est un saprophyte des organes floraux sénescents du bananier (Jones,
1999). Les microconidies sont abondantes et initialement non septées. Elles sont ovoïdes ou ont la
forme d’un club de golf et forment de longues chaînes (Nelson et al., 1983) (Fig.16 et 17).
Les conidies de Fusarium sont dispersées par la pluie mais aussi par le vent surtout lors des
périodes de sécheresse (Lukezic et al., 1967).
L’optimum de température pour la croissance de Fusarium moniliforme est de 24,3 °C (Marin et
al.,1996).
F. moniliforme est l’agent causal de la pourriture du pseudo-tronc et fait aussi partie du
complexe causant le « tip-end rot » (Jones, 1999).
Le genre Cephalosporium regroupe les champignons appartenant aux Ascomycota de l’ordre des
Hypocreales et de la famille des Hypocreaceae.
Les conidiophores sont simples. Les conidies sont hyalines, simplement septées et produites
successivement au sommet ou de manière endogène chez certaines espèces. Elles sont contenues dans
une masse gélatineuse (Barnett, 1965) (Fig.18 et 19).
Badger (1965) a montré qu’une humidité relative de 86% et plus est nécessaire pour permettre la
germination des conidies de la plupart des champignons impliqués dans la pourriture de couronne. Les
conidies peuvent rester plusieurs mois dans des conditions extrêmes de température et d’humidité
avant de germer (Meredith, 1971). La figure 20 retrace les différentes étapes entre l’adhésion des
spores sur le matériel végétal et le développement des lésions.
Les différents agents pathogènes impliqués dans le complexe sont généralement trouvés sur les
feuilles, les fleurs et les bractées du bananier. Ils sporulent sur les débris de culture et sont disséminés
par le vent et par la pluie sur toutes les parties du fruit. Dans le cas de C. musae, la principale source
d’inoculum est encore débattue. En effet, pour certains auteurs, les principales sources d’inoculum sont
les pièces florales (Agatti, 1992) et les bractées (Lukezic et Kaiser, 1966), tandis que selon Simmonds.
(1941) et Meredith (1962) il s’agit des feuilles sénescentes. Par contre, il semble que seules les pièces
florales servent de support aux Fusarium sp. (Mourichon, 1993).
Bien qu’une infection au champ ne soit pas à exclure, c’est principalement au moment de la
récolte et de la découpe des régimes en bouquets qu’ont lieu les infections. Comme représenté sur la
figure 21, lorsque les régimes sont récoltés il y a une exportation de l’inoculum se trouvant sur les
fruits eux-mêmes ou sur les organes floraux sénescents. Les contaminations se passent sur les sites de
coupures au niveau de la couronne et s’effectuent principalement soit lors de la découpe des mains
avec des couteaux contaminés, soit lors du passage des bouquets dans les bassins d’eau contaminés
(Shillingford ,1977). Les spores provenant des fruits et des organes floraux sénescents restant attachés
aux fruits ont tendance à s’accumuler dans les eaux de lavage (Slabaugh et Grove, 1982). Les spores
présentes dans ces bassins augmentent avec le nombre de mains immergées et peuvent pénétrer de
quelques millimètres dans le système vasculaire au niveau du site de coupure. Green et Goos ont
montré que, dans une suspension de spores de C. musae, il ne faut que trois minutes pour que les
spores pénètrent de 5 à 7 mm dans les tissus (Meredith, 1971).
Comme il s’agit d’une infection latente de post-récolte, celle-ci n’est ni visible ni prévisible au
moment de la récolte ou lorsque les bouquets sont emballés pour l’exportation. Il faut attendre la
maturation des fruits pour voir apparaître les symptômes (Jeffries et al., 1990 ; Krauss et al., 1998) et
les fruits sont déclassés après leur transport en bateau.
Pour un même grade, c’est-à-dire pour des fruits présentant le même remplissage, les jeunes
fruits sont moins sensibles que les plus âgés (Krauss et Johanson, 2000). De ce fait, l’âge et le grade
doivent être pris en considération à la récolte. Afin d’accélérer le développement des fruits et ainsi
réduire leur âge à la récolte, on procède à l’ablation des fausses mains, des deux dernières vraies mains
et de la popote au moment du marquage. Cette opération assure, par une meilleure nutrition du régime,
un bon allongement de l’ensemble des fruits et limite les doigts courbés, source de grattages
importants (Krauss et Johanson, 2000).
4.6.2.1. L’épistillage
Dans certaines régions, la découpe des mains se fait au champ mais il a été montré que la
découpe des régimes au hangar permet de diminuer les infections (Jones, 1999).
Eviter les chocs lors de la récolte et tout le long de la filière est particulièrement important car
ils provoquent des modifications physiologiques du fruit et facilitent le développement des pourritures.
La récolte s’effectue parfois grâce à un système de transport par câble. Afin de réduire les
chocs, les régimes y sont suspendus et transportés de la parcelle jusqu’à la station d’emballage
(Fig.22). Généralement, dans les Antilles françaises, les régimes sont déposés dans des berceaux
individuels matelassés et transportés dans une remorque à étage (Fig.10a).
Une eau propre et fréquemment renouvelée dans les bacs de rinçage et de délatexage permet de
limiter l’accumulation de spores et de diminuer l’inoculum (Slabaugh et Grove, 1982). On conseille
également de traiter l’eau de ces bacs avec des désinfectants à base de chlore (Slabaugh et Grove,
1982 ; Eckert et Ogawa, 1985) ou d’ammoniums quaternaires (Shillingford, 1977), mais l’efficacité de
ceux-ci est régulièrement remise en cause ( Slabaugh et Grove, 1982 ; Eckert et Ogawa, 1985).
Après avoir trempé dans les bains, les couronnes sont rafraîchies au couteau. Il semble que ceci
permet de diminuer nettement le taux d’infection. Il est supposé que, par cette action, l’inoculum
pouvant se trouver sur la couronne est éliminé avant sa progression à l’intérieur des tissus. La coupe
effectuée avec une lame propre en acier inoxydable doit être nette et franche afin d’éviter des
fragments de tissus pouvant se déshydrater et devenir ainsi des sites potentiels d’infection par le
complexe (Jones, 1999 ; Krauss et Johanson, 2000). De plus, l’extrêmité des couteaux de découpe de
bananes est arrondie afin de prévenir les blessures des doigts (Krauss et Johanson, 2000).
L’utilisation régulière de fongicides date de la fin des années soixante lorsque les fongicides
systémiques dérivés du benzimidazole (thiabendazole et benomyl) sont apparus. Ils appartiennent à la
catégorie des anti-mitotiques. Dans les Antilles, les techniques de traitements sont très variées:
trempages, tunnels d’aspersion, pistolets, etc…Mais il semble qu’un bon mouillage des fruits soit
essentiel pour assurer une bonne efficacité des traitements fongicides (de Lapeyre de Bellaire et Nolin,
1994). Ces derniers sont appliqués entre la découpe des bouquets et leur emballage dans les cartons
d’exportation.
En Guadeloupe, les produits utilisés en post-récolte ont le même mode d’action que ceux
appliqués aux champs pour lutter contre une maladie foliaire du bananier : la cercosporiose
(Mycosphaerella musicola). L’apparition de souches résistantes au thiabendazole, déjà observée (de
Lapeyre de Bellaire et Dubois, 1997), est consécutive à l’emploi exclusif du benomyl durant une
longue période (1972-1982) en traitement aérien. Les résultats d’une étude, effectuée par de Lapeyre
de Bellaire et Mourichon (1997), ont clairement montré que la résistance au thiabendazole est
largement répandue dans les plantations de Guadeloupe. Vingt-trois pourcents de tous les isolats de C.
musae évalués ont montré une résistance au thiabendazole. L’apparition de souches résistantes a été
observée dans les autres zones de productions bananières (Krauss et Johanson, 2000 ; Johanson et
Blazquez, 1992).
Ceci représente une limite au recours à la lutte chimique, même si de nouvelles matières actives,
comme le bitertanol, ont été homologuées récemment pour le traitement post-récolte des bananes. Ce
dernier est un fongicide agissant sur la biosynthèse de l’ergostérol. A terme, son efficacité est aussi
menacée car des traitements ayant le même mode d’action sont utilisés depuis 1984 pour lutter contre
la cercosporiose du bananier. De plus, les consommateurs sont devenus de plus en plus soucieux de la
préservation de l’environnement et de la santé et se tournent préférentiellement vers des produits
n’ayant pas fait l’objet de traitements fongicides post-récolte. Les recherches vont donc dans le sens de
mise au point de nouvelles stratégies de contrôle afin de limiter la lutte chimique.
Une rapide mise à froid après la récolte permet de protéger les fruits de la maladie. Cette mise à
froid doit être continue de la récolte à la mûrisserie (Krauss et Johanson, 2000). La croissance des
champignons du complexe est favorisée par des températures comprises entre 25°C et 30°C et est
ralentie à température froide (13,3°C-13,5°C)(Finlay et Brown, 1993). Ces températures sont donc un
bon compromis entre les températures nécessaires à la conservation des bananes et celles permettant de
freiner la colonisation du champignon. La durée entre la récolte et la mise à froid est importante dans
le développement de la maladie. La température joue non seulement un rôle dans le développement des
champignons, mais aussi sur la physiologie et la maturation du fruit. Ces deux paramètres ayant eux-
mêmes une influence sur l’incidence de la maladie (Finlay et Brown, 1993).
augmentation de l’humidité relative et par un changement des teneurs en O2 et CO2 dans l’emballage.
En effet, la perméabilité sélective des membranes entraîne une baisse de la teneur en O2 et une
augmentation de la concentration en CO2. Cette modification de la composition gazeuse, qui réduit
l’intensité respiratoire des fruits et limite la synthèse d’éthylène endogène, permet d’augmenter
considérablement la durée de la phase préclimactérique. Ces atmosphères modifiées ont aussi la
propriété d’inhiber le métabolisme de certains agents pathogènes. Les modifications intervenant dans
la composition de l’atmosphère à l’intérieur des emballages pourraient, soit avoir un effet direct sur
l’activité des pathogènes présents, soit intervenir sur la physiologie du fruit, engendrant indirectement
une inhibition du développement du champignon, donc des nécroses. La résistance mécanique de ces
sacs doit être importante car la moindre déchirure empêche l’établissement d’une atmosphère
modifiée.
L’utilisation potentielle des U.V. dans le domaine de la conservation des fruits et légumes est
réelle et les effets observés au niveau expérimental ne manquent pas d’intérêt.
Cependant, sur les bananes, Misra et Singh (1962) ont observé une coloration rouge-rosée des
fruits mûris après exposition aux U.V. D’après Joas (1997), la « dose-seuil » d’altération de la peau est
nettement plus faible que celle du contrôle du chancre. Il semblerait que la sensibilité de la peau aux
U.V est trop importante pour envisager une régulation post-récolte de C. musae par un traitement de
type U.V.(Joas, 1997).
Selon Burden (1968), les traitements à l’eau chaude permettent de détruire les conidies des
champignons. En laboratoire, les bananes inoculées artificiellement par C. musae sont trempées
pendant deux minutes dans l’eau chaude à 55°C avant la maturation. Ceci permet un contrôle complet
de la maladie. Cependant les essais réalisés à échelle commerciale, avec des fruits contaminés de
manière naturelle, ne permettent pas l’obtention d’un contrôle total de la maladie. De plus, des retards
de maturations ont été constatés.
Un certain nombre de travaux sur la lutte biologique contre Colletotrichum sp. sur bananes sont
décrits dans la littérature. Il ressort généralement que les agents antagonistes montrant des résultats
assez prometteurs lors de tests in vitro, ne sont plus intéressants dans des essais in vivo. La méthode de
tests in vitro pour la détection d’agents antagonistes est souvent critiquée car l’antagonisme détecté in
vitro n’est pas toujours confirmé in vivo (Krauss et al., 1998).
Des méthodes ont été développées, afin de se rapprocher de la réalité des interactions existantes,
en travaillant sur du matériel vivant comme des disques foliaires de bananes (Postmaster et al. ,1997)
ou sur des disques de fruits (Krauss, 1996). Dans les tests in vitro, seul l’antibiose a la possibilité
d’être mise en évidence. Les autres modes d’action ne peuvent s’exprimer et ne sont donc jamais
détectés.
Des champignons, des levures mais aussi des bactéries (De Costa et Subasinghe, 1998) ont
montré un antagonisme. Chaque auteur sélectionne des antagonistes qui lui sont propres mais il ressort
que Gliocladium sp., Penicillium spp. et Trichoderma spp. sont souvent cités comme agents
antagonistes contre C. musae sur bananes.
D’autres agents antagonistes, permettant une réduction significative des lésions sur fruits causées
par Colletotrichum, ont été identifiés. C’est le cas notamment de deux champignons : Acremonium
strictum (Ragazzi et Turco, 1997) et Talaromyces flavus (Magan et Baxter, 1993) qui ont montré une
efficacité in vitro. Bacillus spp., est capable de contrôler in vivo les infections dues à Colletotrichum
sur mangues et avocats (De Jager et al., 2001). Cette bactérie peut être appliquée plusieurs fois au
champ avant la récolte ou en traitement localisé aux sites de blessures après la récolte.
Chuang et Yang (1993) ont identifié 4 bactéries et 5 levures, ayant un effet antagoniste contre la
germination des spores de C. musae, à partir des bananes à Taîwan. Ils ont également mis en évidence
que l’efficacité du traitement augmente avec la concentration de l’antagoniste.
Krauss et al.(1998) ont étudié les feuilles sèches, les résidus des fleurs sèches, les feuilles vertes
et les bananes vertes comme source de mycoparasites contre Colletotrichum. Il en ressort que les
feuilles sèches sont les sources les plus intéressantes et que c’est sur les organes verts que l’on retrouve
le moins d’isolats. Ils ont sélectionné Pythium sp., Trichoderma sp., Gliocladium sp., et Verticillium
sp.. Les trois premiers ont également été cités par Kanapathipillai et al.(1987) comme ayant un effet
antagoniste in vitro envers la croissance mycelienne et la germination des spores de C.musae.
Postmaster et al. (1997) ont montré que des levures avaient une action fortement antagoniste
lorsqu’elles étaient installées de 24 à 48 heures avant l’inoculation des feuilles de bananes par des
conidies de C. musae. De plus, toujours selon ces auteurs, les levures présentaient une meilleure
efficacité par rapport aux champignons mycéliens ou aux bactéries sélectionnés, alors qu’in vitro les
champignons semblaient offrir un meilleur niveau d’inhibition du pathogène. Ils ont également
observé que certains champignons causaient des nécroses sur feuilles alors que ce phénomène n’avait
jamais été observé avec les levures. Les trois levures isolées étaient Rhodototrula glutinis,
Cryptococcus albidus et Cryptococcus laurentii.
5.1. Introduction
C’est au début du 20ème siècle que l’appellation « lutte biologique » fut proposée pour désigner
les méthodes phytosanitaires mettant en œuvre des organismes vivants. C’est à la même époque que
l’industrie agropharmaceutique se développa freinant ainsi les progrès en matière de lutte biologique.
Il fallut attendre la prise de conscience du coût environnemental des molécules de synthèses et les
craintes formulées par les consommateurs pour observer un regain d’intérêt pour la lutte biologique.
De plus, à l’heure actuelle, les industries phytosanitaires sont confrontées à quatre grands
problèmes :
l’augmentation de résistance aux pesticides chimiques,
la législation phytosanitaire de plus en plus sévère,
les mouvements politiques favorisant les moyens de luttes alternatifs,
la méfiance grandissante des consommateurs vis-à-vis de la lutte chimique.
Quelques antagonistes font déjà l’objet d’une commercialisation. Par exemple, Biosave
(Pseudomonas syringae, ESC-11 ; Ecogen Inc.) et Aspire (Candida oleophila, I-182 ; Ecoscience
Crop) sont deux produits de biocontrôle qui offrent une protection sur pommes contre B. cinerea et
Penicillium spp.
Un grand nombre de définitions de la lutte biologique est proposé par différents organismes. Ces
définitions varient selon la discipline scientifique, le domaine d’application et le pays concerné.
La définition proposée par l’OILB (Organisation Internationale de Lutte Biologique) est la
suivante : « La lutte biologique consiste à utiliser des organismes vivants pour prévenir ou réduire les
dégâts causés par des ravageurs et agents phytopathogènes. »
5.3.1. Introduction
Le nombre d’agents de lutte biologique homologués pour le contrôle des maladies reste pour
l’instant très limité. Cette faible utilisation des biopesticides peut s’expliquer, principalement, par un
manque d’efficacité aux champs (influence des facteurs environnementaux, manque de persistance
d’action), par une durée de vie réduite du produit au cours du stockage, par des formulations peu
adaptées à l’usage des produits, par un spectre d’action trop spécifique et par un manque de
concurrence économique par rapport aux traitements chimiques. D’autres inconvénients à l’utilisation
des agents de lutte biologique sont : le risque d’instabilité génétique, la difficulté de l’association avec
d’autres pratiques culturales acceptées, le coût des tests de toxicité et d’homologation trop élevé pour
le marché cible (Wipps et Lumsden, 2001).
5.4. Applications aux champs ou après la récolte pour contrôler les maladies
de post-récolte
La principale stratégie pour contrôler les maladies de conservation des fruits est d’appliquer
l’antagoniste dès les fruits récoltés. Mais les maladies latentes de post-récolte, comme les pourritures
de couronne, résultant notamment des opérations de récoltes, sont difficilement contrôlables par des
applications post-récoltes de BCA (Biological Control Agent). L’application aux champs de BCA
peut être une stratégie appropriée pour le contrôle de ces maladies. Des résultats encourageants sur le
contrôle par traitement de pré-récolte de l’anthracnose causé par Colletotrichum sp. sur mangues et
avocats ont déjà été mis en évidence. Pour avoir un effet significatif, ces applications doivent être
répétées et les BCA doivent être capables de tolérer une faible disponibilité en nutriments, des
radiations UV, des conditions de température et d’humidité très variées (Ippolito et Nigro, 2000).
Les premières phases du développement d’un produit de contrôle biologique sont semblables à
celles rencontrées dans la recherche de nouvelles molécules actives : effectuer un screening à la
recherche d’une possible activité, rechercher une grande efficacité dans les conditions réelles et
proposer une formulation adéquate qui répond aux attentes des utilisateurs (Jijakli et al., 1999).
Par contre, vu qu’il s’agit d’organismes vivants, les étapes de production en masse, l’étude du
mode d’action et de leur inocuité sont sensiblement différentes des pesticides chimiques (Jijakli et al.,
1999).
Il s’agit des deux premières étapes qui vont conditionner la réussite future du développement
d’un biopesticide.
La meilleure période d’isolement des antagonistes dépend souvent du pathogène à combattre et
de l’étape du cycle infectieux visé (Jijakli, 2003).
Dans la sélection d’agents antagonistes contre les maladies de post-récolte, il est courant
d’effectuer la sélection à partir des fruits eux-mêmes juste avant la récolte ou au cours de la
conservation de ceux-ci (Janisiewicz, 1991). Cependant, il n’existe pas une relation absolue entre
l’efficacité et l’origine du BCA. Des micro-organismes sélectionnés pour leur efficacité contre B.
cinerea et P. expansum ont été isolés à partir du sol, feuilles, fruits du pommier ou encore à partir
d’autres plantes (Janisiewicz, 1988).
Dès qu’une collection de micro-organismes est constituée, la sélection des souches antagonistes
les plus efficaces peut être établie. L’évaluation des propriétés antagonistes se fait de préférence in situ
car cette méthode respecte davantage les conditions dans lesquelles la protection devra opérer.
Ces auteurs ont également mis en évidence la relation proportionnelle entre la concentration en
spores du pathogène et la concentration requise en antagonistes pour avoir une protection.
Les paramètres environnementaux, tels que la température et l’humidité lors du stockage, ont
aussi été identifiés comme intervenant dans le niveau de protection.
Des adjuvants de formulations peuvent être ajoutés afin d’optimiser l’efficacité de l’agent
antagoniste.
L’étude des mécanismes d’action est une étape importante dans le développement d’une lutte
biologique et dans le succès d’une stratégie de biocontrôle car elle permet (Jijakli, 2003) :
d’optimiser la méthode et la période d’application de l’antagoniste,
de développer des formulations adéquates qui permettent et stimulent l’expression de
l’antagonisme,
Cependant, la connaissance des modes d’action est souvent superficielle, les interactions entre
plante-hôte, pathogènes, antagonistes et autres micro-organismes naturellement présents étant très
complexes. De plus, toutes ces relations sont influencées par les conditions environnementales. Ainsi
la mise en évidence du mode d’action des agents de biocontrôle rencontre d’énormes difficultés
signalées par de nombreux auteurs. En effet, l’extrapolation des résultats obtenus in vitro à la réalité
est souvent problématique. L’identification du mode d’action est fréquemment basée sur une série
d’évidences indirectes et non sur une démonstration complète du phénomène (Jijakli, 2003).
L’activité antagoniste peut s’exprimer à travers un ou plusieurs mécanismes d’action. Les plus
couramment cités sont la production d’antibiotiques, la compétition pour l’espace ou les éléments
nutritifs, le mycoparasitisme et l’induction de la résistance chez la plante hôte.
5.5.3.1. L’antibiose
Cependant, la production d’antibiotiques en culture in vitro n’est pas toujours corrélée avec la
production au niveau des sites d’action in vivo. L’antibiose n’a jamais été mise en évidence chez les
levures antagonistes vis-à-vis de phytopathogènes (Jijakli, 2003).
L’utilisation d’agents de lutte biologique agissant par ce mode d’action peut présenter certains
inconvénients. Outre les problèmes de toxicité de ces composés vis-à-vis des consommateurs, il faut
tenir compte de la possibilité de l’apparition de phénomènes de résistance, comme dans le cas de
l’utilisation de fongicides synthétiques, chez les pathogènes.
5.5.3.2. La compétition
Ce mécanisme intervient quand les différents organismes impliqués occupent la même niche
écologique. Les compétitions pour les nutriments, pour l’oxygène ou pour l’espace sont les plus
habituelles.
Grâce à leur ratio surface-volume, les bactéries et les levures sont capables d’utiliser les
ressources énergétiques plus rapidement et en plus grande quantité que les champignons (Droby et
Chalutz, 1994).
Pour être un bon compétiteur, l’antagoniste doit posséder les caractéristiques suivantes (Droby et
Chalutz, 1994 ) :
5.5.3.3. Le parasitisme
(Jijakli, 2003)
L’induction de la résistance a également été considérée comme mécanisme d’action de certains
organismes. Ils stimulent des mécanismes de résistance comme la formation de barrière structurale ou
l’accumulation de composés phénoliques fongitoxiques.
La part que prend l’induction de la résistance dans la protection globale de la plante par un agent
de lutte biologique semble limitée lorsqu’elle est quantifiée.
(Jijakli, 2003).
La mise en pratique de la lutte biologique rencontre quelques difficultés. Généralement, la
protection offerte par l’emploi seul des antagonistes est insuffisante et il est donc nécessaire de
chercher à augmenter l’efficacité des souches sélectionnées. Une autre difficulté rencontrée est le
manque de compétitivité économique des agents de lutte biologique par rapport aux produits
chimiques. Les tentatives d’application de la lutte biologique devraient cibler préférentiellement les
problèmes pour lesquels les autres méthodes de lutte rencontrent des difficultés.
Pour améliorer le biocontrôle et rendre le BCA efficace sous une large gamme de conditions et
contre un grand nombre de pathogènes, Janisiewicz et Korsten (2002) proposent trois voies de
recherche :
2. le mélange d’antagonistes : permet de maintenir ou d’améliorer les niveaux de protection dans des
conditions environnementales très différentes. Le plus souvent un antagoniste a un spectre d’action
réduit à un ou quelques pathogènes, ce qui représente un avantage pour la nature en protégeant la
faune naturelle, mais un inconvénient pour le rendement des traitements. L’utilisation de mélanges
d’agents de biocontrôle donne généralement une protection plus élevée comparée à des traitements
avec un seul agent de biocontrôle. La combinaison des mécanismes d’action pourrait être à
l’origine de cette meilleure efficacité vis-à-vis du pathogène (Leibniger et al., 1997),
Les levures font partie des champignons unicellulaires. Elles sont classées sous le phylum des
Basidiomycota ou Ascomycota, se reproduisent par bourgeonnement ou par fission et ont un stade
sexuel sans nécessité de formation de corps de fructifications. Outre l’existence ou non d’une phase
sexuelle, les critères de classification se basent également sur les caractéristiques morphologiques,
biochimiques et génétiques des levures (Walker, 1998).
Les levures sont des organismes très répandus dans les écosystèmes naturels. Ce sont des micro-
organismes non photosynthétiques dont les sources principales de carbone sont les sucres simples, les
polyols, les acides organiques, les acides gras, les alcools aliphatiques, les hydrocarbures et quelques
composés hétérocycliques et polymères. Selon la niche écologique, chaque levure est capable d’utiliser
des sources très diverses de carbone montrant ainsi la grande spécificité d’adaptation de chaque levure
par rapport à son milieu (Walker, 1998).
6.2.1. Généralités
Le traitement par 50 µl d’une suspension de levure de 107 ufc/ml est suffisant pour inhiber le
développement de 50 µl à 106 spores/ml du champignon sur fruit à 5°C comme à 25°C (Jijakli et al.,
1999).
P. anomala et C. oleophila ont été testées pour leurs propriétés technologiques. Elles ont été
produites en fermenteur par le Centre Wallon de Bio-Industrie (Gembloux, Belgique) et les produits de
fermentation séchés par lyophilisation ont gardé leur activité protectrice (Jijakli et al., 1993).
C’est une levure de type anamorphique. Elle appartient à la subdivision des Ascomycota et à la
famille des Saccharomycetaceae. Dans un premier temps, la souche O a été identifiée comme
appartenant à l’espèce Debaryomyces hansenii, mais des tests récents ont déterminé que la souche O
appartenait à Candida oleophila Montrocher. La figure 23 illustre des colonies de Candida sp.
Une souche de cette espèce (I-182) est déjà commercialisée aux Etats-Unis et en Israël sous le
nom de Aspire mais les analyses génétiques menées à l’Unité de Phytopathologie ont confirmé la
différence entre la souche O et la souche I-182.
C’est une levure de type téléomorphique. Elle appartient à la subdivision des Ascomycota et à la
famille des Endomycetaceae.
Elle peut se multiplier par bourgeonnement des cellules diploïdes ou haploïdes. Les cellules
diploïdes peuvent former des asques comprenant chacunes de 1 à 4 ascospores en forme de chapeau.
Les ascospores haploïdes peuvent se conjuguer avec une ascospore du type opposé pour reconstituer
l’état diploïde (Friel , 2001).
Leur mode d’action a été étudié et il semble que leur antagonisme se marque à deux niveaux. En
effet, les études semblent indiquer que la colonisation rapide des sites de blessures par les levures est
décisive dans l’effet de protection. Cela suggère que l’antagonisme se situe en partie au niveau de la
compétition pour les nutriments. Cependant, la germination in situ des spores de B. cinerea est réduite
même lorsque le pathogène est appliqué simultanément aux levures. On peut donc penser que d’autres
facteurs interviennent dans le processus de biocontrôle (Jijakli, 1996).
Les β -1,3-glucanases sont impliquées dans la digestion des β -1,3-glucanes (constituant les
parois fongiques) et la lyse des cellules des pathogènes. Elles contribuent également à la
reconnaissance des pathogènes en libérant de petits fragments glucidiques à partir des parois
fongiques. Ces oligosides peuvent agir comme éliciteurs et stimuler les réactions de défense de la
plante-hôte.
Les niveaux d’activités endo- et exo- β -1,3-glucanase de P. anomala étant plus élevés que ceux
de C. oleophila, la suite des travaux concernant la mise en évidence du rôle de ces enzymes s’est
effectuée à partir de filtrats de cultures de P. anomala souche K.
L’hypothèse d’un rôle de ces enzymes hydrolytiques dans la relation antagoniste a été analysée
par une approche moléculaire visant à la disruption des gènes codant pour les exo- β -1,3-glucanases
(Grevesse et al., 2003 cité par Massart et Jijakli, 2003). Deux gènes codant pour des exo- β -1,3-
glucanases ont été isolés à partir d’une banque génomique de P. anomala souche K. L’analyse des
propriétés biologiques de souches mutantes, dont l’un des deux gènes responsables de l’activité exo-
β -1,3-glucanase a été disrupté, semble montrer que chacune des deux exo- β -1,3-glucanases ne joue
pas seule un rôle majeur dans l’activité protectrice vis-à-vis de B. cinerea (Massart et Jijakli, 2003).
Une étude plus approfondie a été entamée afin d’identifier les gènes impliqués dans le
biocontrôle et de mieux comprendre leur régulation. A plus long terme, la connaissance de ces
mécanismes permettra une sélection rationnelle d’une deuxième génération de souches de levures plus
efficace (Massart et Jijakli, 2003).
Des composés stimulant la protection ont été étudiés en vue de réussir une formulation
permettant une meilleure activité des deux souches contre l’ensemble des maladies post-récolte. Ainsi,
l’utilisation de la souche K en mélange avec des β -1,3-glucanes et du CaCl2.2H2O permet d’obtenir
une efficacité supérieure et une durée d’action plus longue que la souche seule (Dickburt et al., 2001).
Le même effet peut être observé avec la souche O.
Jusqu’en 1993, les « bananes dollars » étaient importées sans frais de douane à travers les filières
intégrées des sociétés américaines qui en contrôlent la production, le transport et le mûrissage jusqu’à
la distribution. Cette exonération de droits permit aux dites entreprises de réaliser des bénéfices
colossaux, le fruit étant produit à très bas prix en Amérique Latine.
Effective depuis le 1er janvier 1993, l’Organisation Commune de Marché de la banane (OCM),
créée dans le cadre de la mise en place du marché unique européen, a institué un régime d’aides
compensatoires destiné à assurer un revenu minimum aux producteurs européens. Mais la commission
dut immédiatement faire face à une double pression : celle des multinationales américaines (qui se sont
appuyées sur les pays producteurs d’Amérique Latine) et celle du front de refus des principaux
importateurs de « bananes dollars » : Allemagne et Bénélux.
Ce système est jugé discriminatoire et non conforme aux règles du commerce international par
l’OMC. Aussi, malgré une première modification de l’OCM, le 1er janvier 1999 sous la pression des
producteurs de « bananes dollars » et une diminution consécutive des droits de douane pour ces pays,
le nouveau régime européen d’importation est à nouveau dénoncé par l’OMC qui conteste, en
particulier, le principe des quotas spécifiques.
Ainsi, à partir du 1er janvier 2006, la protection communautaire et celle des pays ACP ne serait
plus assurée que par les droits de douane. A partir de cette date, la concurrence avec les « bananes
dollars » risque donc de s’accroître et les prix payés aux producteurs pourraient diminuer.
De plus, la qualité de la banane antillaise souffre d’une mauvaise réputation. Celle-ci est
conséquente aux accidents de maturation et aux maladies de conservation telles les pourritures de
couronne qui se développent fréquemment. Pour limiter le problème lié aux champignons, les fruits
sont traités avec des fongicides avant d’être conditionnés.
Objectifs
Le but de cette étude a donc été d’évaluer l’activité antagoniste de deux souches de levures
contre le complexe parasitaire responsable des pourritures de couronne et de déterminer certains
facteurs influençant le niveau de protection.
L’influence du temps séparant l’application des levures de celle du pathogène a été le premier
paramètre étudié.
La possibilité d’intégrer l’emploi des souches de levures à d’autres techniques de lutte comme
l’emballage des bouquets de bananes dans des polybags a également été évaluée.
Cette étude avait donc pour but de chiffrer l’efficacité de l’activité protectrice des deux souches
de levures dans un autre type de relation « hôte-pathogène » que celui étudié jusqu’à présent par
l’Unité de Phytopathologie. Cette étude s’intègre parfaitement dans le programme qualité du CIRAD-
FLHOR qui recherche des alternatives aux produits fongicides dans le but de créer une banane
labellisée.
34
Partie 4 : Matériels et méthodes
Ces différentes souches avaient été isolées sur des couronnes contaminées et avaient déjà été
utilisées pour plusieurs expériences au sein de la station du CIRAD-FLHOR. Elles sont
conservées dans leur mycothèque à –80°C dans une solution de glycérol (50%).
Toutes deux ont été isolées par l’Unité de Phytopathologie de Gembloux (FUSAGx)
Elles ont été conservées à –80°C sous forme de cellules dans une solution de glycérol (50%)
pour une conservation de longue durée.
mains ont été récupérées le matin même de l’expérimentation. Les bananes ont été récoltées à
l’intervalle fleur-coupe (IFC) de 900°C jour au seuil de 14°C afin d’homogénéiser le stade
physiologique à la récolte. Elles ont toutes été prélevées sur des secondes et troisièmes mains
caractérisées par :
1. un nombre de fruits par mains supérieur à 20,
2. des grades et des longueurs de doigts équivalents,
3. l’absence de fruits non-conformes,
4. un ensemble de fruits sans défaut observable,
5. issus de régimes semblables,
Les mains ont été découpées en bouquets de 4 doigts. Le bouquet a constitué l’unité
expérimentale et chaque modalité d’une expérience était constituée de 5 bouquets. Les 5
bouquets d’une modalité étaient issus de 5 régimes différents et les 5 bouquets de chaque
modalité étaient prélevés sur les 5 mêmes régimes.
Chaque expérimentation a été répétée 6 fois dans le temps.
Pour chaque expérience, deux modalités témoins ont servi de comparaison. D’une part
la modalité « témoins non traités » et d’autre part la modalité « témoins fongicides » . Les
bouquets faisant partie de la modalité « témoins non traités » ont été inoculés avec les mêmes
pathogènes que les autres modalités mais n’ont subi aucun traitement ultérieur. Par contre, les
bouquets des groupes « témoins fongicides » ont été trempés une minute dans du
thiabendazole à la dose de 500mg/L (Mertect 20S) après leur inoculation par les pathogènes.
La méthode avait été mise au point, testée et validée par le CIRAD-FLHOR dans le
cadre du programme qualité de la banane en post-récolte. Les couronnes des bananes ont été
inoculées artificiellement par les pathogènes impliqués dans la maladie post-récolte et ont
subi les conditions imitant l’exportation industrielle.
Les bouquets ont été placés sous l’eau courante pendant au moins 20 minutes afin de
permettre l’écoulement du latex.
Les couronnes ont été rafraîchies au couteau pour supprimer les tissus desséchés. Ces
coupes étaient de sections carrées, régulières et nettes pour permettre d’obtenir des couronnes
similaires entre les bouquets (Fig.25a).
Enfin, les couronnes ont été désinfectées en les trempant 10 secondes dans de l’alcool à
90° dilué à 50%.
Une fois les couronnes sèches, elles ont été inoculées avec la suspension du pathogène
ou du complexe préparée au point 5.1. Cette inoculation a été réalisée par dépôt de 100 µl de
la suspension au niveau de la couronne (Fig.25b). La suspension a été agitée
systématiquement après chaque dépôt. Un carré de papier filtre stérilisé a été déposé sur la
goutte afin d’éviter l’écoulement de celle-ci et de maintenir l’inoculum sur la couronne
(Fig.25c).
Après inoculation, les bananes ont été emballées par modalité dans des polyfilms
perforés et placées dans des cartons d’exportation de petit format (Fig.25d). La simulation du
transport en bateau a été effectuée par un stockage des bananes en chambre tempérée à 13°C
durant 10 jours (Fig.26a).
Ce laps de temps écoulé, les cartons et les polyfilms ont été ouverts afin que les bananes
soient exposées à un traitement à l’azéthylène à 1000 ppm à 20°C durant 24 heures dans des
caissons de gazage spécifiques (Fig.26b et 26c). Après ces 24 heures, les cartons ont été
refermés et placés dans une autre chambre thermorégulée à 20°C jusqu'à atteindre le stade
« tournant jaune », c’est-à-dire 3 jours après le traitement à l’azéthylène.
renseignée par les initiales « ESCC » dans l’analyse des résultats. A la suite d’observations
visuelles, elle consistait à classer les couronnes, selon le pourcentage de surface qui avait été
colonisée par le pathogène, de la façon suivante (Fig.27a) :
• Classe 0 : Pas de symptôme externe,
• Classe 1 : de 0 à 25 % de la surface de la couronne colonisée,
• Classe 2 : de 25 à 50 % de la surface de la couronne colonisée,
• Classe 3 : de 50 à 75 % de la surface de la couronne colonisée,
• Classe 4 : de 75 à 100 % de la surface de la couronne colonisée.
La deuxième évaluation était effectuée au stade « sortie mûrisserie », trois jours après le
traitement à l’azéthylène, et a permis de chiffrer la progression interne des champignons au
sein de la couronne. Cette évaluation a permis d’obtenir un « Pourcentage de Surface de
Couronne Nécrosée » qui a été appelé « PSCN » dans l’analyse des résultats. Pour procéder à
cette évaluation, les bouquets de 4 doigts ont été séparés en deux bouquets de deux doigts. La
découpe transversale de la couronne a permis une visualisation des nécroses internes. La
mesure de la surface de nécrose exprimée en mm2 a été reportée à la surface totale de la
couronne afin d’être exprimée en pourcentage de surface interne de couronne nécrosée
(Fig.27b).
La différence moyenne du PSCN entre deux traitements ainsi que les limites de
confiance de cette moyenne ont été calculées à l’aide de la formule suivante (Dagnelie, 1994):
1 1
= (x1 – x2) ± t(1 - α /2) CMr ( + )
n1 n2
Les souches de levures ont été mises en culture sur boîtes de Petri contenant le milieu
PDA et maintenues dans une chambre de culture à 4°C.
Les levures ont été repiquées trois fois à 24 heures d’intervalle sur milieu PDA avant
d’être utilisées pour préparer la suspension. Entre les repiquages, elles ont été conservées à
20°C. Vingt ml de solution isotonique (NaCl 8,5g/l) autoclavée ont été déposés par boîte de
Petri. Les levures ont été récupérées grâce à un étaleur coudé stérile et transférées dans une
bouteille de 200 ml à l’aide d’une micro-pipette.
La concentration en ufc/ml a été déterminée par comptages à l’aide d’une cellule de
Mallassez. La concentration initiale déterminée, la concentration finale a été obtenue par
dilution avec de l’eau isotonique préalablement autoclavée. Entre chaque dilution la
suspension a été soigneusement agitée pour l’homogénéiser. Le volume final devait être
proche du litre de suspension.
Les suspensions d’un litre de levures préparées au point 6.1. ont été transférées dans des
bassines d’un litre, permettant un trempage des couronnes pendant dix secondes (Fig.28). Les
suspensions étaient en agitation constante grâce à l’utilisation d’un agitateur à puce
magnétique.
Les couronnes ainsi traitées ont été mises à sécher avant d’être emballées par modalité
dans des polyfilms perforés et placées dans des cartons pour subir la simulation du
programme d’exportation.
Les trois parasites ont été inoculés seuls ou en mélange sur les couronnes. Trois heures
plus tard, chaque souche de levures à des concentrations de 106 à 108 ufc/ml a été appliquée.
Ainsi, par pathogène et pour le complexe, huit modalités de cinq bouquets ont été testées :
o A : Fruits inoculés non traités,
o B : Fruits inoculés et traités au thiabendazole (Mertect 20 S),
o C : Fruits inoculés et traités avec la souche K à 106 ufc/ml,
o D : Fruits inoculés et traités avec la souche O à 106 ufc/ml,
o E : Fruits inoculés et traités avec la souche K à 107 ufc/ml,
o F : Fruits inoculés et traités avec la souche O à 107 ufc/ml,
o G : Fruits inoculés et traités avec la souche K à 108 ufc/ml,
o H : Fruits inoculés et traités avec la souche O à 108 ufc/ml.
Ceci a constitué une expérimentation. Chaque expérimentation a été répétée 6 fois dans
le temps.
La souche O à 108 ufc/ml a été appliquée sur des couronnes 24h avant, 15 minutes après
et 3h après leur inoculation avec le complexe parasitaire artificiel.
Chaque expérimentation était constituée de 5 modalités comprenant chacune 5
bouquets :
A. Témoin : complexe non traité,
B. Traitement fongicide,
C. Application des levures 15 minutes après l’inoculation du
complexe,
D. Application des levures 3 heures après l’inoculation du
complexe,
E. Application des levures 24 heures avant l’inoculation du
complexe.
La souche O à 108 ufc/ml a été appliquée sur des bouquets 3h après leur inoculation
par le complexe.
Chaque expérimentation comprenait 4 modalités de dix bouquets.
A. Témoin : complexe non traité,
B. Traitement fongicide,
C. Application de la levure O à 108 ufc/ml 3 heures après
l’inoculation des couronnes par le complexe,
D. Application de la levure O à 108 ufc/ml 3 heures après
l’inoculation des couronnes par le complexe et emballage des
bouquets dans un polybag de 50 µm.
Dès que les bananes de la modalité D ont été emballées dans le polybag, celui-ci a été
fermé par un nœud pour permettre l’installation d’une atmosphère modifiée. Les autres
modalités ont été emballées dans un polyfilm classique.
Chaque modalité a été placée dans des grands cartons à bananes de 18,5 kg afin de subir
le programme d’exportation.
Six répétitions dans le temps ont été effectuées
La normalité des populations n’a pas pu être vérifiée puisque l’unité expérimentale était
constituée d’un seul bouquet. Cependant, une droite de Henry des valeurs résiduelles et un
histogramme de ces valeurs ont été réalisés pour chacune des expérimentations afin de vérifier
la normalité des populations à posteriori. Ces droites sont présentées en annexe 1 et les
histogrammes en annexe 2.
Les résultats de chacune des deux évaluations des trois essais ont été soumis à une
analyse de la variance à trois critères de classification, partiellement hiérarchisée et mixte. Les
deux facteurs aléatoires étaient : les répétitions et les régimes avec respectivement 6 et 5
niveaux. Le troisième facteur était fixe : il s’agissait des traitements et le nombre d’objets était
différent d’un essai à l’autre en fonction des types de traitements comparés.
Les tableaux de l’analyse de la variance de l’ESCC et du PSCN sont respectivement mis
en annexes 3 et 4 de ce travail.
Les valeurs des deux évaluations de chaque expérience concernant les bouquets traités
avec le fongicide étant nettement différentes des valeurs des autres traitements, la modalité
« traitement fongicide » n’a pas été prise en considération dans les analyses de la variance.
Les analyses de la variance ont été réalisées pour les deux types d’évaluation à l’aide du
logiciel MINITAB développé par Minitab. Elles ont été suivies des tests de Newman et Keuls
effectués par le logiciel SAS, au seuil de 5% pour l’ensemble des variables mesurées au cours
de ces expérimentations. Les tableaux des tests de Newman et Keuls sont en annexe 5 pour
l’ESCC et en annexe 6 pour le PSCN.
Chapitre 1 : Introduction
Dans ce travail, trois essais d’efficacité de l’activité protectrice des deux souches de
levures contre des champignons phytopathogènes ont été réalisés :
Aucune référence n’a été trouvée concernant les concentrations d’inoculum auxquelles
sont exposées les couronnes dans la réalité. C’est pour cette raison que les concentrations en
pathogènes ont été choisies sur base d’essais antérieurs déjà effectués sur cette maladie
(Pacico, 2001). Sachant que Colletotrichum musae nécessite un plus faible niveau d’inoculum
que les autres pour obtenir des symptômes, les concentrations ont été définies afin d’obtenir
des niveaux de contaminations extrêmement sévères, rarement rencontrés dans la réalité.
Chapitre 1 : Introduction 45
Partie 5 : Résultats et discussions
2.1. Généralités
Les résultats de l’analyse de la variance ont indiqué qu’il n’y avait pas d’effet
significatif (p = 0,176) du traitement par les levures par rapport au témoin, sur le
développement de C. musae à la surface de la couronne. Par contre, il existait un effet de la
répétition (p < 0,0001). Les résultats sont représentés sous forme d’histogramme (Fig. 29).
Le traitement fongicide permet une diminution importante de la colonisation externe de
la couronne.
3
ESCC
0
K6
K7
K8
de
n
O
oi
i
ic
m
ng
Té
Traitements testés
Fo
Figure 29 : Moyennes et écarts types de l’ESCC (Evaluation de la Surface de Couronne Colonisée) pour les 6
répétitions en fonction du type de traitement appliqué aux couronnes après inoculation par C. musae. Les
données K6, K7, K8 correspondent aux traitements effectués par la souche K aux concentrations respectives de
106, 107 et 108 ufc/ml. Les données O6, O7, O8 correspondent aux traitements effectués par la souche O aux
concentrations respectives de 106, 107 et 108 ufc/ml. Les traitements ne présentant pas de différences
significatives entre eux sont représentés dans la même couleur. La moyenne et l’écart type du traitement
fongicide sont également représentés.
La comparaison des moyennes a révélé que cette différence se situait entre le témoin
non traité et l’ensemble des traitements par les levures. Les différents traitements levures ne
présentaient pas de différences significatives du PSCN entre eux. La figure 30 représente les
PSCN des différents traitements. Avec un PSCN de 0%, le traitement fongicide était le plus
efficace.
Le PSCN moyen pour la série regroupant l’ensemble des bouquets traités avec les
levures était de 40,6% contre 67,0% pour le groupe témoin non traité. La différence de
nécroses entre ces deux groupes était de 26,4% avec un intervalle de confiance, pour cette
différence, compris entre 18,4 % et 34,4 %.
120%
100%
80%
PSCN
60%
40%
20%
0%
e
n
6
id
oi
O
O
K
ic
m
ng
Té
Traitements testés
Fo
Figure 30 : Moyennes et écarts types du PSCN (Pourcentage de Surface de Couronne Nécrosée) pour les 6
répétitions en fonction du type de traitement appliqué aux couronnes après leur inoculation par C. musae.
Les données K6, K7, K8 correspondent aux traitements effectués par la souche K aux concentrations respectives
de 106, 107 et 108 ufc/ml. Les données O6, O7, O8 correspondent aux traitements effectués par la souche O aux
concentrations respectives de 106, 107 et 108 ufc/ml. Les traitements ne présentant pas de différences
significatives entre eux sont représentés dans la même couleur. La moyenne et l’écart type du traitement
fongicide sont également représentés.
2.2.3. Discussion
Dans les deux types d’évaluations, il est apparu que, d’une part le traitement fongicide
restait le moyen le plus efficace pour limiter les dégâts causés par C. musae et que, d’autre
part, il y avait un effet de la répétition.
Cet essai a permis d’établir que les effets antagonistes étaient similaires quelle qu’ait été
la souche et la concentration en ufc/ml utilisées. Il semble donc que la gamme de
concentrations testée était insuffisante pour C. musae. Il serait intéressant de déterminer la
concentration seuil inférieure permettant la même réduction des nécroses dues à C. musae. De
même, il faudrait déterminer la concentration en antagoniste augmentant significativement le
niveau de protection. Ceci s’avère important dans l’aspect économique du développement
d’une telle lutte.
Le pourcentage de protection moyen par rapport au témoin offert par les levures contre
C. musae est de 40,5%. Cependant, il faut rester prudent par rapport à cette valeur de
protection en raison du manque de répétabilité de l’expérience et des écarts types élevés
observés. Malgré cela, ce pourcentage est une première indication du potentiel antagoniste.
De plus, ce pourcentage est similaire à ceux trouvés dans la littérature. Les levures testées
contre C. musae par Postmaster et al., (1997) sur des feuilles de bananier ont atteint un
pourcentage de protection de 35%. De Costa (1998) obtient in vivo un pourcentage de
protection contre C. musae de 39%.
Le deuxième champignon sur lequel a été testée l’activité antagoniste des souches de
levures était F. moniliforme. Il est également l’un des pathogènes les plus fréquemment
rencontrés dans le complexe.
La comparaison des moyennes a différencié deux groupes d’efficacité distincts qui sont
représentés à la figure 31. La souche O et la souche K, toutes deux à une concentration de 106
ufc/ml, n’ont pas entraîné de réduction de la colonisation externe de la couronne par F.
moniliforme par rapport au témoin non traité. Par contre, les autres combinaisons « souche de
levure-concentration » ont permis une diminution similaire de la colonisation et
significativement différente du témoin non traité.
3
ESCC
0
K8
K6
K7
de
n
O
oi
ci
m
i
ng
Té
Traitements testés
Fo
Figure 31 : Moyennes et écarts types de l’ESCC (Evaluation de la Surface de Couronne Colonisée) pour les 6
répétitions en fonction du type de traitement appliqué aux couronnes après inoculation par F. moniliforme. Les
données K6, K7, K8 correspondent aux traitements effectués par la souche K aux concentrations respectives de
106, 107 et 108 ufc/ml. Les données O6, O7, O8 correspondent aux traitements effectués par la souche O aux
concentrations respectives de 106, 107 et 108 ufc/ml. Les traitements ne présentant pas de différences
significatives entre eux sont représentés dans la même couleur. La moyenne et l’écart type du traitement
fongicide sont également représentés.
Cependant, malgré ces résultats, le test de Newman et Keuls n’a pas permis de localiser
les différences existant entre les traitements. Ce désaccord avec l’analyse de la variance
précédemment effectuée est probablement dû à une différence de puissance des tests.
Les résultats de cette évaluation sont représentés sous forme d’histogramme (Fig.32).
Le traitement fongicide a été le plus efficace.
50%
40%
30%
PSCN
20%
10%
0%
8
K7
K8
e
K6
id
O
oi
ic
m
ng
Té
Traitements testés
Fo
Figure 32 : Moyennes et écarts types du PSCN (Pourcentage de Surface de Couronne Nécrosée) pour les 6
répétitions en fonction du type de traitement appliqué aux couronnes après leur inoculation par F. moniliforme.
Les données K6, K7, K8 correspondent aux traitements effectués par la souche K aux concentrations respectives
de 106, 107 et 108 ufc/ml. Les données O6, O7, O8 correspondent aux traitements effectués par la souche O aux
concentrations respectives de 106, 107 et 108 ufc/ml. Les traitements ne présentant pas de différences
significatives entre eux sont représentés dans la même couleur. La moyenne et l’écart type du traitement
fongicide sont également représentés.
2.3.3. Discussion
Les résultats des deux évaluations ne sont identiques mais ils ne se contredisent pas. En
effet, dans la première évaluation, 4 traitements sur 6 différaient du témoin et dans la
deuxième, il n’y avait plus que deux de ces 4 traitements qui permettaient une réduction
interne des nécroses. Cette différence peut s’expliquer par le fait que la première évaluation
est beaucoup moins objective et précise que la deuxième. En effet, l’ESCC se base sur une
observation visuelle des symptômes et permet une classification à 5 niveaux, empêchant ainsi
de petites différences de symptômes d’être reflétées. L’ESCC a donc permis de donner des
informations sur une tendance constatée. A l’opposé, la mesure du PSCN en sortie mûrisserie
est plus représentative de la sensibilité des fruits à la maladie car il s’agit d’une variable
quantitative mesurée avec précision. L’essentiel de la discussion a donc été basé sur les
résultats du PSCN.
Seules les souches K appliquée à 107 ufc/ml et O appliquée à 108 ufc/ml ont permis une
réduction significative des nécroses internes.
Les pourcentages de protection moyens par rapport au témoin fournis par les deux
souches K à 107 UFC/ml et O à 108 UFC/ml sont respectivement de 46% et 48%.
Cephalosporium sp. est le dernier pathogène du complexe sur lequel des essais pour
détecter un effet antagoniste des levures ont été réalisés.
3
ESCC
0
6
e
K6
K7
K8
oi
O
id
m
ic
ng
Té
Fo
Traitements testés
Figure 33 : Moyennes et écarts types de l’ESCC (Evaluation de la Surface de Couronne Colonisée) pour les 6
répétitions en fonction du type de traitement appliqué aux couronnes après inoculation par Cephalosporium sp.
Les données K6, K7, K8 correspondent aux traitements effectués par la souche K aux concentrations respectives
de 106, 107 et 108 ufc/ml. Les données O6, O7, O8 correspondent aux traitements effectués par la souche O aux
concentrations respectives de 106, 107 et 108 ufc/ml. Les traitements ne présentant pas de différences
significatives entre eux sont représentés dans la même couleur. La moyenne et l’écart type du traitement
fongicide sont également représentés.
100%
80%
60%
PSCN
40%
20%
0%
K6 K7 K8 O6 O7 O8 Témoin Fongicide
Traitements testés
Figure 34 : Moyennes et écarts types du PSCN (Pourcentage de Surface de Couronne Nécrosée) pour les 6
répétitions en fonction du type de traitement appliqué aux couronnes après inoculation par Cephalosporium sp.
Les données K6, K7, K8 correspondent aux traitements effectués par la souche K aux concentrations respectives
de 106, 107 et 108 ufc/ml. Les données O6, O7, O8 correspondent aux traitements effectués par la souche O aux
concentrations respectives de 106, 107 et 108 ufc/ml. Les traitements ne présentant pas de différences
significatives entre eux sont représentés dans la même couleur. La moyenne et l’écart type du traitement
fongicide sont également représentés.
2.4.3. Discussion
Bien que l’ESCC ait révélé un effet antagoniste des levures envers Cephalosporium sp.,
l’analyse du PSCN, qui est plus objective, a démenti cette hypothèse.
Les deux souches de levures ne semblent pas avoir d’effet antagoniste sur
Cephalosporium sp. Cependant, la valeur de p étant très proche de 0,05, il est raisonnable de
supposer qu’il existe une différence mais que l’expérience n’a pu la mettre en évidence.
D’autres essais devraient être effectués afin de confirmer cette absence d’activité antagoniste
des deux souches de levures sur Cephalosporium sp.
Le PSCN pour les objets témoins non traités n’était que de 19% révélant la faible
pathogénicité de Cephalosporium sp. par rapport à C.musae.
Le complexe était constitué d’un mélange des trois pathogènes aux mêmes
concentrations respectives que celles qui ont été utilisées précédemment.
Le test de Newman et Keuls a différencié trois groupes d’efficacité distincts (Fig. 35)
Les traitements avec les souches K et O à une concentration de 108 ufc/ml présentaient la plus
faible valeur de l’ESCC. Ils on été suivis des autres combinaisons « souche de levure-
concentration », puis du témoin qui présentait les valeurs de l’ESCC les plus élevées.
3
ESCC
0
K6
K7
K8
e
n
id
O
oi
ic
m
ng
Té
Traitements testés
Fo
Figure 35 : Moyennes et écarts typse de l’ESCC (Evaluation de la Surface de Couronne Colonisée) pour les 6
répétitions en fonction du type de traitement appliqué aux couronnes après inoculation par le complexe artificiel.
Les données K6, K7, K8 correspondent aux traitements effectués par la souche K aux concentrations respectives
de 106, 107 et 108 ufc/ml. Les données O6, O7, O8 correspondent aux traitements effectués par la souche O aux
concentrations respectives de 106, 107 et 108 ufc/ml. Les traitements ne présentant pas de différences
significatives entre eux sont représentés dans la même couleur. La moyenne et l’écart type du traitement
fongicide sont également représentés.
60%
50%
40%
PSCN
30%
20%
10%
0%
K6
K7
K8
de
O
oi
ci
m
i
ng
Té
Traitements testés
Fo
Figure 36 : Moyennes et écarts types du PSCN (Pourcentage de Surface de Couronne Nécrosée) pour les 6
répétitions en fonction du type de traitement appliqué aux couronnes après leur inoculation par le complexe
parasitaire artificiel. Les données K6, K7, K8 correspondent aux traitements effectués par la souche K aux
concentrations respectives de 106, 107 et 108 ufc/ml. Les données O6, O7, O8 correspondent aux traitements
effectués par la souche O aux concentrations respectives de 106, 107 et 108 ufc/ml. Les traitements ne présentant
pas de différences significatives entre eux sont représentés dans la même couleur. La moyenne et l’écart type du
traitement fongicide sont également représentés
2.5.3. Discussion
Comme lors des essais avec les autres champignons, l’ESCC a donné une première
tendance mais c’est en effectuant le calcul du PSCN que les traitements montrant la meilleure
action antagoniste ont réellement été distingués et qu’il a été possible de chiffrer cette action.
Il est également remarquable que les levures n’ont pas la même action antagoniste
envers les différents pathogènes. En effet, les souches K et O avaient la même action envers
C. musae et F. moniliforme alors qu’aucune des deux ne montrait un effet antagoniste contre
Cephalosporium sp. et que la souche O à 108 ufc/ml présentait l’antagonisme le plus marqué
contre le complexe.
120%
efficaces
60%
40%
20%
0%
C. musae F. moniliforme Cephalosporium Complexe
Champignons
Figure 38 : Pourcentages moyens de nécroses des objets témoins inoculés avec chaque pathogène et des
objets traités avec les levures les plus efficaces pour chaque pathogène.
Les pourcentages de protection les plus élevés sont restés proches de 50%. Dans le cas
de C. musae, il était de 40%. Pour F. moniliforme, les pourcentages de protection offerts par
la souche K à 107 ufc/ml et la souche O à 108 ufc/ml étaient, respectivement, de 46% et 48%.
Ce pourcentage atteignait une valeur maximale de 56% vis-à-vis du complexe.
Ainsi, le pourcentage de protection maximale obtenu grâce aux levures, pour chaque
champignon, était inférieur à celui obtenu lorsque la souche O à 108 ufc/ml était appliquée
sur le complexe. Cette observation renforce l’hypothèse d’interactions au sein même du
complexe parasitaire et de phénomènes antagonistes entre les champignons. Cependant, on ne
peut exclure que l’activité des levures ait été stimulée par le complexe.
La protection obtenue est encourageante pour la mise au point d’une méthode de lutte
biologique contre le complexe parasitaire même s’il faut nuancer ce propos. En effet, les
expériences ont été réalisées sur base d’un complexe artificiel de trois champignons.
L’ensemble des interactions rencontrées dans la réalité sur le modèle « couronne-complexe-
levure » ne sont donc pas réunies.
Il faut préciser que les conditions de travail et les concentrations en pathogènes qui ont
été établies étaient des conditions favorisant l’expression de la maladie. Les pourcentages de
nécroses obtenus sur les objets témoins ont été extrêmement importants et de telles situations
sont rarement rencontrées dans la réalité.
L’information la plus importante à retirer de cet essai réside dans la mise en évidence
d’un effet antagoniste des deux souches de levures contre Colletotrichum musae qui est le
champignon le plus pathogène et le plus fréquemment impliqué dans le complexe parasitaire.
Les résultats montrent de grandes différences entre les répétitions et les causes de cette
variabilité seront discutées au chapitre 5 pour l’ensemble des expériences présentées dans ce
travail.
Au cours de cet essai, la souche a été appliquée 24 heures avant, 3 heures après et 15
minutes après l’inoculation des couronnes par le complexe.
3
ESCC
0
24 h 15 m in 3 h T ém oin F ongicide
T raitem en ts testés
Figure 39 : Moyennes et écarts types de l’ESCC (Evaluation de la Surface de Couronne Colonisée) pour les 6
répétitions en fonction du moment d’application des levures et du type de traitement appliqué sur les couronnes
après leur inoculation par le complexe. Les traitements ne présentant pas de différences significatives entre eux
sont représentés dans la même couleur. La moyenne et l’écart type du traitement fongicide sont également
représentés.
24 h : les levures ont été appliquées 24 heures avant le complexe artificiel.
15 min : les levures ont été appliquées 15 minutes après le complexe artificiel.
3 h : les levures ont été appliquées 3 heures après le complexe artificiel.
L’analyse des résultats du PSCN a conduit aux mêmes conclusions que celles obtenues
lors de l’analyse de l’ESCC, et les trois groupes d’efficacité sont restés les suivants (Fig.40):
Groupe A : Témoins non traités,
Groupe B : Traitement par les levures 15 minutes ou 3 heures après
l’inoculation du complexe,
Groupe C : Application des levures 24h avant les pathogènes du complexe
parasitaire.
La différence moyenne du PSCN entre les groupes A et C était de 51,7%. L’intervalle
de confiance de cette valeur était compris entre 36,5 % et 66,9 %. De même, la différence
moyenne du PSCN entre les groupes B et C était de 31,8%, avec un intervalle de confiance
compris entre 18,6 % et 45,0%.
Le traitement fongicide a été le traitement le plus efficace pour limiter les nécroses
causées par le complexe.
120%
100%
80%
PSCN
60%
40%
20%
0%
24H 15 min 3H Témoin Fongicide
Traitements testés
Figure 40 : Moyennes et écarts types du PSCN (Pourcentage de Surface de Couronne Nécrosée) pour les 6
répétitions en fonction du moment d’application des levures et du type de traitement appliqué aux couronnes
après leur inoculation par le complexe. Les traitements ne présentant pas de différences significatives entre eux
sont représentés dans la même couleur. La moyenne et l’écart type du traitement fongicide sont également
représentés.
24 h : les levures ont été appliquées 24 heures avant le complexe artificiel.
15 min : les levures ont été appliquées 15 minutes après le complexe artificiel.
3 h : les levures ont été appliquées 3 heures après le complexe artificiel.
3.3. Discussion
Les résultats des deux évaluations sont parfaitement en accord et indiquent que le
niveau de protection augmente avec le temps séparant l’application de la souche de levure de
l’inoculation du complexe. Avec une valeur de 57,0%, le pourcentage de protection par
rapport au témoin, apporté lors d’une application de la levure 24 heures avant le complexe a
plus que doublé par rapport à celui offert lors d’une application de la souche O 15 minutes ou
3 heures après l’inoculation du complexe (22,5%). Ce renforcement de la protection lorsque
les levures sont appliquées avant les pathogènes, avait déjà été observé par plusieurs auteurs.
Postmaster et al., (1997) sont ainsi arrivés à presque doubler le pourcentage de protection de
levure contre C. musae sur feuilles de bananier lorsque le temps séparant les deux applications
était de 48 heures. Lorsque le temps était augmenté à 72 heures, la protection était de 90%.
Jijakli (1996) a également montré que l’activité protectrice de la souche K et de la souche O
contre B. cinerea sur pommes était supérieure à 50% en cas d’inoculation simultanée de
l’agent pathogène et que la protection était proche de 80% lorsqu’un intervalle de 12 heures
séparait l’application des souches de celle de B. cinerea.
Cependant, le schéma de traitement tel qu’on le rencontre actuellement dans les stations
d’emballage, ne semble pas favoriser l’installation de la levure. En effet, les contaminations
ont lieu au moment de la découpe des mains en bouquets et surtout immédiatement après,
lorsque les bouquets sont mis à tremper dans les bains de délatexage (Krauss et Johanson,
2000). Or, l’application de la souche de levure sur la couronne ne peut être réalisée qu’une
fois la couronne de section carrée apparue, c’est-à-dire lorsque les mains ont été découpées en
bouquets. L’application des levures sur les couronnes avant leur contamination par les
pathogènes pourrait toutefois être envisagée dans les cas où la contamination se fait dans les
bains de délatexage. Une méthode d’application envisageable consisterait en un dépôt de
levures lors de la découpe des bouquets et de retarder le passage dans les bains de délatexage
afin de permettre l’installation des levures.
Si une application de la souche de levure quelques heures avant le passage des bouquets
dans les bains de délatexage paraît envisageable, une application 24 heures avant ne semble
pas réalisable.
La co-inoculation, bien que moins efficace, n’est cependant pas à écarter. En effet, le
niveau de protection obtenu avec une co-inoculation peut être augmenté par combinaison avec
d’autres méthodes de lutte. Ainsi, si la mise au point d’un système permettant la colonisation
préalable des levures n’est pas possible, l’utilisation de la lutte biologique reste envisageable.
3
ESCC
0
O8 O8+Poly Témoin Fongicide
Traitements testés
Figure 41 : Moyennes et écarts types de l’ESCC (Evaluation de la Surface de Couronne Colonisée) pour les 6
répétitions en fonction du type de traitement subi par les couronnes inoculées avec le complexe. Les traitements
ne présentant pas de différences significatives entre eux sont représentés dans la même couleur. La moyenne et
l’écart type du traitement fongicide sont également représentés.
• O8 correspond au traitement seul avec la souche O à 108 ufc/ml.
• O8+Poly correspond au traitement combiné de la souche O à 108 ufc/ml avec un polybag de 50 µm.
L’analyse de la variance du PSCN indiquait un effet très hautement significatif entre les
traitements appliqués (p < 0,0001). Il y avait toujours un effet de la répétition (p < 0,0001).
La différence moyenne du PSCN entre le groupe ayant été traité avec la levure et
emballé ensuite dans un polybag et le groupe témoin était de 45,5%. L’intervalle de confiance
de cette différence était compris entre 35,2% et 55,8%.
100%
80%
60%
PSCN
40%
20%
0%
O8 O8+poly Témoin Fongicide
Traitements testés
Figure 42 : Moyennes et écarts types du PSCN (Pourcentage de Surface de Couronne Nécrosée) pour les 6
répétitions en fonction du type de traitement subi par les couronnes inoculées avec le complexe. Les traitements
ne présentant pas de différences significatives entre eux sont représentés dans la même couleur. La moyenne et
l’écart type du traitement fongicide sont également représentés.
• O8 correspond au traitement seul avec la souche O à 108 ufc/ml.
• O8+Poly correspond au traitement combiné de la souche O à 108 ufc/ml avec un polybag de 50 µm.
4.3. Discussion
La combinaison des deux méthodes renforce donc la protection de 20%, mais celle-ci
reste cependant inférieure à celle fournie par le traitement fongicide. Il faudrait tenter
d’optimiser l’efficacité de la combinaison des deux méthodes afin d’en tirer le meilleur
pourcentage de protection. Il serait notamment intéressant d’effectuer des tests afin de chiffrer
la protection qu’il serait possible d’obtenir en combinant le traitement avec le polybag et
l’application des levures 24 heures avant le complexe. Comme le développement des
champignons a été plus fortement ralenti lorsque les levures sont appliquées 24 heures avant,
il est possible que l’effet du polybag se marque davantage que ce qui est observé lors du test
effectué dans ce cas-ci. Cependant, les résultats n’ont pas permis de séparer les effets du
polybag de ceux du traitement par la souche O, car l’efficacité du polybag seul sur la
réduction du pourcentage de nécroses n’a pas été évaluée.
La figure 43 retrace l’évolution du PSCN des objets témoins ayant subi les mêmes
opérations d’inoculations au fil des semaines et montre que la variabilité qui a été observée
sur le PSCN est relativement importante. En effet, l’intensité de l’expression des symptômes
varie de 31% à 100% de surface de couronne nécrosée au cours des dix semaines considérées.
Ce phénomène avait déjà été décrit par Lukezic et al. (1966) qui ont observé des variations
dans la sévérité de la maladie au cours du temps lorsque leurs expériences s’effectuaient sur
dix mois.
120%
100%
80%
PSCN
60%
40%
20%
0%
03
3
3
03
03
03
/03
03
03
4/0
/0
5/0
3/0
4/0
3/
5/
3/
3/
4/
5/
05
/04
6/0
3/0
8/0
/0
/0
/0
/0
/0
/0
/0
1/
13
17
20
27
10
24
15
22
Figure 43 : Variation du PSCN (Pourcentage de Surface de Couronne Nécrosée) des objets témoins inoculés
avec le complexe entre le 6 mars et le 22 mai 2003.
Ces différences dans l’expression des symptômes peut être dues à plusieurs facteurs.
Premièrement, il est possible que cette variabilité provienne d’une différence de concentration
en spores dans les solutions d’inoculation. Celle-ci peut être causée par une mauvaise
préparation de la suspension de départ ou encore par une mauvaise homogénéisation de celle-
ci avant chaque inoculation. Cependant, le calcul des spores et l’établissement de la
suspension d’inoculation ont toujours été préparés de manière rigoureuse. De même, les
suspensions ont été correctement homogénéisées à chaque prélèvement d’inoculation. Ainsi,
même si l’existence de légères différences de concentration en spores entre les semaines n’est
pas à exclure, celles-ci ne sont pas suffisantes pour expliquer de telles différences dans
l’expression des symptômes.
Une autre source d’erreurs peut être due à un manque de maintien de la goutte
d’inoculum sur la section de découpe de la couronne. Cependant, cela restait occasionnel et se
produisait au maximum sur un seul des 5 bouquets d’une modalité. Or, les tendances à la
baisse ou à la hausse du niveau de nécroses s’observent de manière générale sur l’ensemble
des bouquets de la modalité. Ainsi, même si ce phénomène contribue éventuellement aux
différences observées, il ne peut en expliquer la totalité.
D’autres facteurs se sont avérés être incontrôlables. C’est le cas des conditions
environnementales lors de la découpe et de l’inoculation des bouquets. En effet, ces
opérations se déroulaient dans une pièce non conditionnée où les températures et l’humidité
relative étaient fonctions de celles rencontrées à l'extérieur. Il faut souligner que ces deux
paramètres ont été extrêmement variables au cours des trois mois d’expérimentations. Il
faudrait envisager d’effectuer ces tests dans des locaux où les atmosphères sont contrôlées
afin de réduire l’impact que pourraient avoir les conditions environnementales, lors des
manipulations, sur les bananes, sur les pathogènes et sur la colonisation des couronnes par ces
derniers.
Les analyses de la variance effectuées dans ce travail ont permis de mettre en évidence
l’existence de différences significatives au niveau de l’expression des symptômes entre les
différents régimes prélevés le même jour. Ce phénomène avait déjà été observé par Frossard
et al., (1977) qui ont d’ailleurs précisé que la sensibilité des fruits aux pourritures de couronne
variait non seulement d’un régime à l’autre, mais également, sur un même régime, d’une main
à l’autre.
Cette différence de sensibilité observée entre régimes récoltés le même jour démontre
l’importance de la physiologie de la banane dans l’expression des symptômes. Elle prouve
que, même si le seuil de 900°C jours permet d’homogénéiser la récolte, il n’a cependant pas
permis d’atteindre un état physiologique reproductible expliquant en partie au moins le
manque de répétabilité des expériences effectuées.
La figure 43 a également mis en évidence que plus les répétitions s’étalaient dans le
temps, plus les différences observées entre elles étaient importantes. Pour permettre de
diminuer cet effet des répétitions, les 6 répétitions d’une expérimentation devraient être
effectuées autant que possible dans un temps minimal. Le premier essai concernant C. musae
et F. moniliforme a été échelonné sur 6 semaines. L’analyse de la variance concernant ces
deux champignons a montré une différence très hautement significative entre les répétitions.
Par contre, dans le cas de Cephalosporium sp. et du complexe, les expériences se sont
déroulées sur 4 semaines et les analyses de la variance ont indiqué qu’il n’y avait pas de
différences entre les répétitions. Les deux autres essais concernant, pour l’un les temps
d’incubation et pour l’autre l’utilisation combinée de polybags, ont pu, chacun, être effectués
en deux semaines. C’est probablement cette réduction du temps qui a permis aux expériences
concernant les temps d’incubations d’être répétables. Toutefois, lors des essais avec polybags,
la variabilité du PSCN durant cette période (24/04/03-08/05/03) était si importante que la
réduction de la période de manipulation, a été insuffisante pour réduire la variabilité des
résultats entre les différentes répétitions.
120%
PSCN des objets témoins
100%
PSCN des objets inoculés
80% avec le complexe et traités
PSCN
avec O8
60%
40%
20%
0%
3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3
/0 /0 /0 /0 /0 /0 /0 /0 /0 /0 /0 /0
/ 03 /03 /03 /03 /04 /04 /04 /04 /05 / 05 /05 /05
6 13 20 27 3 10 17 24 1 8 15 22
Figure 44 : Variations observées, entre le 6 mars et le 22 mai 2003, du PSCN (Pourcentage de Surface de
Couronne Nécrosée ) des objets témoins inoculés avec le complexe parasitaire artificiel et des objets inoculés
avec le même complexe et traités avec la souche O à 108 ufc/ml.
100%
40%
20%
0%
0% 20% 40% 60% 80% 100%
PSCN des témoins
Figure 45 : Relation entre le PSCN (Pourcentage de Surface de Couronne Nécrosée) des objets témoins non
traités inoculés avec le complexe parasitaire artificiel et le PSCN (Pourcentage de Surface de
Couronne Nécrosée) des objets inoculés avec le complexe parasitaire artificiel et traités avec la souche O à 108
ufc/ml.
Il existe donc une relation étroite entre la sévérité des symptômes et la protection que
peuvent apporter les levures. Cette observation permet de penser que la protection offerte par
les levures sera plus importante dans les conditions réelles où l’expression des symptômes est
rarement du niveau rencontré dans ce modèle expérimental.
Conclusions et perspectives
L’activité antagoniste de Pichia anomala souche K ou Candida oleophia souche O
appliquées à différentes concentrations a été évaluée contre les pourritures de la couronne du
bananier. Ces tests ont été effectués sur trois champignons séparément et en mélange pour
refléter le complexe.
De cet essai, il ressort que:
1. les levures n’ont pas présenté le même niveau de protection sur l’ensemble des
pathogènes testés. La gamme de concentration testée (106, 107, 108 ufc/ml) n’a pas
toujours été suffisante pour mettre en évidence des niveaux de protection
significativement différents entre les concentrations.
3. les niveaux de protection vis-à-vis du complexe ont été supérieurs à ceux obtenus
contre les pathogènes individuels. Il existerait donc des effets antagonistes entre les
trois parasites fongiques étudiés. Il est également possible que l’activité protectrice
des souches de levures ait été stimulée lorsque celles-ci ont été appliquées contre le
complexe parasitaire,
4. la protection offerte par les souches de levures reste inférieure à une protection de
traitement fongicide.
Conclusions et perspectives 76
Partie 6 : Conclusions et perspectives
L’analyse générale des résultats obtenus durant les trois mois d’expériences a permis
d’établir une corrélation entre la sévérité de la maladie et le niveau de protection offert par la
souche O à 108 ufc/ml. Lorsque les pourritures sont sévères, le niveau de protection diminue.
L’ensemble de ces expériences a permis de mettre en évidence que les deux souches
testées présentaient des effets antagonistes contre le complexe parasitaire utilisé.
L’antagonisme détecté n’a pas été suffisant pour supprimer les nécroses causées par le
complexe, mais il les a réduit sensiblement. La protection offerte reste limitée et variable et il
n’est pas envisageable de contrôler la maladie par le seul emploi des levures. Il faudrait donc
combiner cette alternative à d’autres méthodes de lutte afin de permettre un meilleur contrôle
des pourritures de couronne.
L’objectif à long terme est la réalisation d’essais en conditions réelles. Toutefois, avant
de procéder à ces essais, il faudrait poursuivre des tests en conditions contrôlées en impliquant
un spectre plus large de pathogènes rencontrés partout dans le monde. Ces essais permettront
d’évaluer le potentiel réel de la souche O pour lutter contre les pourritures de couronne dans
d’autres situations que celles des Antilles françaises.
Conclusions et perspectives 77
Partie 6 : Conclusions et perspectives
Il est probable que cette méthode de lutte biologique puisse être valorisée en la
combinant à d’autres méthodes de lutte, d’autant plus que les infections naturelles sont moins
sévères que celles qui ont été provoquées artificiellement dans ce travail. Et même si les
nécroses causées par le complexe parasitaire ne sont pas totalement éliminées, cette
alternative pourrait les réduire jusqu'à un niveau acceptable par les producteurs, les
consommateurs et les commerciaux qui sont de plus en plus confrontés aux problèmes causés
par la lutte chimique.
Conclusions et perspectives 78
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