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Limites et séries de Fourier en analyse

Ce document contient des explications et des démonstrations mathématiques sur des concepts comme les limites supérieures et inférieures, la convergence dans L1, les séries de Fourier et les séries entières. Il présente plusieurs exercices corrigés portant sur ces sujets.

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Agrégation de Mathématiques

Préparation à l’écrit d’Analyse


Année 2012-2013
Feuille d’exercices 2

Corrigé de l’exercice 1. (Limite supérieure et limite inférieure)


a) Pour simplifier, introduisons la notation Sn = {up ; p n} pour tout n 2 N. Par définition, ces
ensembles Sn forment une suite décroissante pour l’inclusion : quel que soit n 2 N, Sn+1 ⇢ Sn .
Par suite, an := inf Sn et bn := sup Sn forment des suites de réels respectivement croissantes
et décroissantes. Ceci justifie que les limites utilisées pour la définition de lim(un ) et lim(un )
existent (dans R si l’on ne suppose pas la suite (un ) bornée) :
lim(un ) = sup{an ; n 2 N} , lim(un ) = inf{bn ; n 2 N} .
On a donc en particulier
inf{un ; n 2 N} = a0  sup{an ; n 2 N} = lim(un ) ,
lim(un ) = inf{bn ; n 2 N}  b0 = sup{un ; n 2 N} .
Pour montrer que lim(un )  lim(un ), il suffit de passer à la limite dans l’inégalité an  bn ,
valable quel que soit n. (On a même an  bm quels que soient les entiers naturels n et m, car si
m  n alors an  un  bm , et si m n alors an  um  bm .) On a donc bien la suite d’inégalités
inf{un ; n 2 N}  lim(un )  lim(un )  sup{un ; n 2 N} ,
Maintenant, si lim(un ) = lim(un ) = alors, quel que soit " > 0 (par définition des bornes
supérieures et inférieures) il existe N 2 N tel que "  aN  et il existe M 2 N tel que
 bM  + ", d’où
"  a N  u n  bM  + "
pour tout n max(N, P ), ce qui signifie que la suite (un ) converge vers . Montrons que dans
tous les cas, lim(un ) et lim(un ) sont des valeurs d’adhérence de cette suite. À nouveau par
définition des bornes supérieures et inférieures et du fait que la suite (an ) est croissante, quel
que soit q 2 N il existe p 2 N, p q + 1 tel que
q q
lim(un ) 2  up  lim(un ) + 2
(on ferait de même pour lim(un ) ; le choix de 2 q est purement arbitraire, on pourrait utiliser le
terme général de n’importe quelle autre suite tendant vers 0). On peut ainsi construire une suite
d’entiers (pk ) strictement croissante (et donc tendant vers l’infini !) telle que pour tout k 2 N,
pk pk
lim(un ) 2  upk+1  lim(un ) + 2 ,
de sorte que la suite extraite (upk ) converge vers lim(un ). Par suite, lim(un ) est bien une valeur
d’adhérence de (un ) (de même que lim(un )). Supposons maintenant que ` = lim(u'(n) ) soit une
autre valeur d’adhérence, avec ' = N ! N strictement croissante. Alors, puisque '(n) n quel
que soit n, on a an  u'(n)  bn , d’où en passant à la limite,
lim(un )  `  lim(un ) .
Ceci prouve que lim(un ) est la plus petite et lim(un ) est la plus grande des valeurs d’adhérence
de (un ). Attention, contrairement aux limites, les limites inférieure et supérieure ne sont pas des
notions linéaires. On a en particulier
lim( un ) = lim(un ) , lim( un ) = lim(un ) ,
et les inégalités
lim(un ) + lim(vn )  lim(un + vn ) , lim(un + vn )  lim(un ) + lim(vn ) ,
1
sont strictes en général, comme on le voit sur l’exemple de un = ( 1)n , vn = ( 1)n+1 . Ce sont
des égalités si l’une des deux suites converge. En effet, supposons par exemple que (un ) converge,
alors en écrivant vn = un + vn un on déduit des inégalités ci-dessus que
lim(un + vn ) lim(un )  lim(vn ) , lim(vn )  lim(un + vn ) lim(vn ) ,
d’où finalement
lim(un ) + lim(vn ) = lim(un + vn ) , lim(un + vn ) = lim(un ) + lim(vn ) .
b) D’après le lemme de Fatou, on a
Z Z
lim(|f (x)| + |fn (x)| |f (x) fn (x)|) dµ  lim (|f (x)| + |fn (x)| |f (x) fn (x)|) dµ .
X X
R
D’après les hypothèses, l’intégrale de gauche vaut 2 X |f (x)|dµ, et la limite inférieure à droite
R R
vaut 2 X |f (x)|dµ lim X |f (x) fn (x)|) dµ. Par suite, on a
Z
0  lim |f (x) fn (x)|) dµ  0 ,
X
et donc Z
lim |f (x) fn (x)|) dµ = 0 .
X
Pour résumer, cet exercice montre que « convergence simple + convergence de la norme L1
implique convergence dans L1 ».

Corrigé de l’exercice 2. (Exemples de séries de Fourier )


a) On remarque que f = g 0 . Les coefficients de Fourier de f sont c0 = 0 et pour n 6= 0,
Z 1/2 Z 1
2i⇡nx ( 1)n 1
cn = e dx e 2 i ⇡ n x dx = i .
0 1/2 ⇡n
Par suite, sa série de Fourier est
X X X X
cn e 2 i ⇡ n x = cn e 2 i ⇡ n x + cn e 2 i ⇡ n x = 2 i cn sin( 2 ⇡ n x)
n2Z n 1 n 1 n 1

puisque cn = c n . Les coefficients de Fourier de g sont C0 = 1/4 et pour n 6= 0,


Z 1 Z 1
2i⇡nx 1 cn
Cn = g(x) e dx = f (x) e 2 i ⇡ n x dx =
0 2i⇡n 0 2i⇡n
par intégration par parties, c’est-à-dire
( 1)n 1
Cn = .
2 ⇡ 2 n2
b) On peut démontrer que la série de Fourier de f converge en utilisant la règle d’Abel qui, rappelons
le, revient à faire une « intégration par parties discrète ». En effet, puisque la série de terme
général 1/n 1/(n + 1) = 1/(n(n + 1)) est absolument convergente, il suffit de vérifier que
N
X N
X
(( 1)n 1) sin( 2 ⇡ n x) = sin( (2 x + 1) ⇡ n) sin( 2 x ⇡ n)
n=1 n=1

est bornée. Or la somme ci-dessus vaut 0 pour x 2 1


2 Z, et si x 2
/ 1
2 Z,
N
X ⇣X
N ⌘
sin( (2 x + 1) n ⇡) sin( 2 x n ⇡) = Im e (2 x + 1) ⇡ n e2x⇡n
n=1 n=0
⇣ e(2 x + 1) ⇡ (N +1) 1 e 2 x ⇡ (N +1) 1⌘ sin2 ((2 x + 1) ⇡ (N + 1)/2) sin2 (x ⇡ (N + 1))
= Im = ,
e (2 x + 1) ⇡ 1 e2x⇡ 1 sin((2 x + 1) ⇡/2) sin(x ⇡)
2
ce qui est majoré en valeur absolue par
1 1
+ .
| sin((2 x + 1) ⇡/2)| | sin(x ⇡)|
Quant à la série de Fourier de g,
X 1 X X 1 X
Cn e 2 i ⇡ n x = + Cn e 2 i ⇡ n x + Cn e 2 i ⇡ n x = + 2 Cn cos( 2 ⇡ n x)
4 4
n2Z n 1 n 1 n 1

puisque Cn = C n , elle est normalement convergente puisque la série de terme général 1/n2 est
(absolument) convergente.
c) La convergence plus forte de la série de Fourier de g par rapport à celle de f traduit le fait que
g est plus régulière que f .

Corrigé de l’exercice 3. (Séries entières/séries de Fourier )


a) Rappelons que par définition du rayon de convergence R, pour tout réel positif r < R, la série de
terme général an rn converge. Par suite, la série de terme général an rn ein✓ converge normalement
pour la norme du sup des fonctions de ✓ continues et bornées sur R. A fortiori, cette série
converge donc uniformément.
P
1 P
1
b) Par définition, f (rei✓ ) = an (rei✓ )n = an rn ein✓ . Comme la convergence est uniforme, on
R P n=0 n=0
peut intervertir et dans la définition de ses coefficients de Fourier :
Z 2⇡ X1 Z 2⇡
cn (f ) = f (rei✓ ) e in✓ d✓ = am r m ei(m n)✓ d✓ = an rn
0 m=0 0

si n 2 N et cn (f ) = 0 si n < 0.
c) D’après la formule de Parseval, on a
X Z 2⇡
2
|cn (f )| = |f (rei✓ )|2 d✓ ,
n2Z 0

et cette intégrale est majorée par sup|z|=r |f (z)|2 . Donc chaque terme de la somme ci-dessus est
majoré par sup|z|=r |f (z)|2 , d’où l’on déduit les inégalités demandées.
d) D’après les hypothèses,
C
|an |  ,
rn (1
r)↵
quel que soit r 2]0, 1[. En particulier, pour r = 1 1/n, on a
C n↵
|an |  ,
(1 1/n)n
où le dénominateur tend vers e 1 lorsque n ! 1 (rappelons au passage la formule d’Euler :
quel que soit z 2 C, limn!1 (1 + z/n)n = ez ).

Corrigé de l’exercice 4. (Séries de Dirichlet)


P
a) La convergence absolue impliquant la convergence tout court, quel que soit x tel que P an n x
converge absolument, on a x c , d’où a c en passant à l’inf. Par ailleurs, si P an n
x

converge, si y = x P
+ 1 + " > x + 1 alors un (y) = un (x)n 1 " avec un (x) bornée et n n 1 "

convergente, donc un (y) est donc absolument convergente, et par suite, y a . Ceci étant
vrai quel que soit y > x + 1, on en déduit x + 1 a , et finalement c + 1 a en passant à
l’inf.
Pour an = 1 on a a = c puisqu’alors un (x) > 0 quel que soient n et x. Pour an = ( 1)n ,
a = 1 et c =P0 (par la transformation d’Abel
P et le fait que, par comparaison avec une intégrale
par exemple, n 1 |(n + 1) x n x |  x n 1 n x 1 < +1 pour x > 0).
3
P P
b) Si un (z0 ) est convergente et Re z > Re z0 , on peut montrer que un (z) est convergente à
PN
nouveau grâce à la transformation d’Abel. En effet, n=1 un (z0 ) est bornée, et
(z z0 )
un (z) = un (z0 ) n ,
avec X X
(z z0 ) (z z0 ) Re(z z0 ) 1
|(n + 1) n |  |z z0 | n < +1 .
n 1 n 1
P P
c) Si Re z > c , il existe x 2 R tel que Re z > x > c et un (x) converge. Donc un (z)
converge,
P d’après la question précédente. Si Re z < c , il existe
P x 2 R tel que Re z < x < c.
Si un (z) convergeait, alors d’après la question précédente, un (x) convergerait aussi, ce qui
est impossible par définition de c .
d) Pour tout n 2 N⇤P , la fonction z 7! un (z) est holomorphe. Pour montrer que la somme de la
série de fonctions un est holomorphe sur ⌦ := {z ; Re z > c }, il suffit (grâce au théorème de
Morera) de démontrer que cette série converge uniformément sur tout compact de ⌦. Or si K
est un compact inclus dans ⌦, il existe s > c tel que Re z s quel que soit z 2 K. Soient alors
x 2] c , s[, et M un majorant de |z x| pour z 2 K. En écrivant un (z) = un (x)Pn (z x) et en
faisant une transformation d’Abel comme à la question b), on voit que la série un converge
uniformément sur K car : P P
• les sommes partielles de la série réelle un (x) sont bornées (puisque x > c , un (x)
converge),
• la suite (n (z x) ) converge uniformément vers zéro sur K (pour z 2 K, |n (z x) |  n (s x) ),
P
• et la série n 1 |(n + 1) (z x) n (z x) | converge uniformément sur K :
m+p
X m+p
X
(z x) (z x) (s x) 1 m!1
|(n + 1) n |M n ! 0.
n=m n=m

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