0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
293 vues23 pages

Racines et factorisation des polynômes

Ce document traite de la notion de racines d'un polynôme. Il définit ce qu'est une racine et présente plusieurs théorèmes et propositions sur les racines des polynômes, notamment sur leur nombre et leur multiplicité. Le document démontre également le théorème de factorisation de D'Alembert-Gauss.

Transféré par

Abd'Errahmen Mharbi
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
293 vues23 pages

Racines et factorisation des polynômes

Ce document traite de la notion de racines d'un polynôme. Il définit ce qu'est une racine et présente plusieurs théorèmes et propositions sur les racines des polynômes, notamment sur leur nombre et leur multiplicité. Le document démontre également le théorème de factorisation de D'Alembert-Gauss.

Transféré par

Abd'Errahmen Mharbi
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

3.

Racines d’un polynôme

Dans la pratique, il est interéssant de savoir pour quelles valeurs un


polynôme s’annule et si ces valeurs sont dans R[X ] ou C[X ].

Définition 4
Soit P ∈ K[X ] et α ∈ K. On dit que α est une racine (ou un zéro) de P
si P(α) = 0.
Sur le graphe de la fonction P, les racines réelles apparaissent à
l’intersection avec l’axe des x .

UVT (RIoT1/Sem1) Algèbre 1-Les Polynômes 2020/2021 1 / 23


Théorème 3
Tout polynôme à coefficients réels, de degré impair admet au moins une
racine réelle.

Démonstration : On pose

P(X ) = an X n + an−1 X n−1 + · · · + a1 X + a0 .

où n est un entier impair et a0 , a1 , a1 , · · · , an ∈ R.


D’une part P est une fonction continue sur R ;
d’autre part

( lim P(X ))( lim P(X )) = an2 ( lim X n )( lim X n ) = −∞ < 0;


n→−∞ n→+∞ n→−∞ n→+∞

Donc d’après le théorème des valeurs intermidiaires, il existe x0 ∈ R


tel que P(x0 ) = 0, ce qui veut dire que P admet au moins une racine
réelle.
UVT (RIoT1/Sem1) Algèbre 1-Les Polynômes 2020/2021 2 / 23
Attention : si n est pair le résultat du théorème 3 n’est pas vrai (en
général). En effet le polynôme X 2 + 1 n’a pas de racine dans R.

UVT (RIoT1/Sem1) Algèbre 1-Les Polynômes 2020/2021 3 / 23


Proposition 3
Soit P ∈ K[X ] et α ∈ K.

P(α) = 0 ⇐⇒ (X − α) divise P(X ).

Démonstration : Lorsque l’on écrit la division euclidienne de


P par X − α on obtient

P(X ) = Q(X )(X − α) + R(X )

où R est une constante car d o R < d o (X − α) = 1. Donc

P(α) = 0 ⇐⇒ R(α) = 0 ⇐⇒ R = 0 ⇐⇒ (X − α)|P.

UVT (RIoT1/Sem1) Algèbre 1-Les Polynômes 2020/2021 4 / 23


Exemples :
√ √
1 X 2 − 3 admet deux racines (distinctes) réelles − 3 et 3

2 Le polynôme X 4 + 1 n’admet pas de racines réelles, mais il a quatre


racines (distinctes) complexes

1+i 1−i −1 − i −1 + i
√ , √ , √ , √ .
2 2 2 2

UVT (RIoT1/Sem1) Algèbre 1-Les Polynômes 2020/2021 5 / 23


Proposition 4
Si α1 , α2 , · · · , αk sont des racines distinctes de P ∈ K[X ] alors

(X − α1 )(X − α2 ) · · · (X − αk ) divisie P(X ),

c’est à dire qu’il existe Q ∈ K[X ], tel que

P(X ) = (X − α1 )(X − α2 ) · · · (X − αk )Q(X )

Démonstration : Par récurrence sur k.


(HR) : Tout polynôme qui admet k racines distinctes α1 , α2 , · · · , αk est
divisible par (X − α1 )(X − α2 ) · · · (X − αk ).

Pour k = 1, la propriété est vraie d’aprés la proposition 4.

Supposons le résultat vrai pour k et soit P un polynôme admettant


k + 1 racines distinctes α1 , α2 , · · · , αk , αk+1 .

UVT (RIoT1/Sem1) Algèbre 1-Les Polynômes 2020/2021 6 / 23


Comme α1 , α2 , · · · , αk sont des racines distinctes de P, d’après
l’hypothèse de récurrence, il existe un polynôme Q de K[X ] tel que

P(X ) = (X − α1 )(X − α2 ) · · · (X − αk )Q(X ).

Puisque αk+1 est aussi racine de P alors

P(αk+1 ) = 0 ⇒ Q(αk+1 ) = 0,

d’après l’hypothèse de récurrence, il existe un polynôme Q1 de K[X ]


tel que
Q(X ) = (X − αk+1 )Q1 (X ).

On en déduit alors que

P(X ) = (X − α1 )(X − α2 ) · · · (X − αk )(X − αk+1 )Q1 (x ).

UVT (RIoT1/Sem1) Algèbre 1-Les Polynômes 2020/2021 7 / 23


Corollaire 2
Si P est un polynôme de K[X ] de degré n ≥ 1 et admet n racines
distinctes α1 , α2 , · · · , αn alors

P(X ) = an (X − α1 )(X − α2 ) · · · (X − αn )

où an est le coefficient dominant de P.

Démonstration : d’après la proposition 4, il existe un polynôme Q de


K[X ] tel que

P(X ) = (X − α1 )(X − α2 ) · · · (X − αn )Q(X )

D’où d o P = n + d o Q, le polynôme Q est donc de degré 0. Par suite


Q(X ) = q ∈ K\{0}, et le coefficient dominant de P est alors q.

UVT (RIoT1/Sem1) Algèbre 1-Les Polynômes 2020/2021 8 / 23


Exemple :
Pour n ∈ N∗ , le polynôme X n − 1 possède n racines distintes qui sont les n
racines nèmes de l’unité. Comme il est unitaire
n  
Y 2ikπ
n
X −1= X −e n

k=1

UVT (RIoT1/Sem1) Algèbre 1-Les Polynômes 2020/2021 9 / 23


Corollaire 3
Soit P ∈ K[X ] de degré n ≥ 1. Alors P admet au plus n racines dans K.

Démonstration : Si P est un polynôme non nul admettant k racines


distinctes α1 , α2 , · · · , αk , la proposition 4 montre qu’il est divisible par
(x − α1 ) · · · (x − αk ). On a donc k ≤ d o P = n.

Exemple :
Soit P(X ) = 3X 3 − 2X 2 + 6X − 4.
Considéré comme un polynôme à coefficients dans R, P n’a qu’une
seule racine α = 32 et il se décompose en P(X ) = 3(X − 23 )(X 2 + 2).
Si on considère maintenant P comme un polynôme à coefficients dans
C alors P admet 3 racines
√ distinctes
√et il se décompose en
P(X ) = 3(X − 23 )(X − i 2)(X + i 2).

UVT (RIoT1/Sem1) Algèbre 1-Les Polynômes 2020/2021 10 / 23


Remarque importante : On utilise souvent le corollaire 3 pour démontrer
qu’un polynôme P est nul,
soit on met en evidence n + 1 racines de P lorsque l’on sait que
d o P ≤ n.
soit on met en evidence une infinité de racines de P.

UVT (RIoT1/Sem1) Algèbre 1-Les Polynômes 2020/2021 11 / 23


3.1 Ordre de multiplicité d’une racine
Il peut arriver qu’un polynôme admettant α pour racine soit divisible non
seulement par (α − a) mais aussi par (α − a)2 , (α − a)3 ou une puissance
plus élevée de (α − a).

Définition 5
Soit P ∈ K[x ], α ∈ K et k ∈ N∗ . On dit que α est une racine de
multiplicité k (ou racine d’ordre k) de P si (X − α)k divise P alors que
(X − α)k+1 ne divise pas P.
• Lorsque k = 1 on parle d’une racine simple,
• lorsque k = 2 on parle d’une racine double, etc.

Exemple :
Le polynôme P(X ) = (x 2 − 1)2 a une racine double en 1 ; il est divisible
par (X − 1)2 mais non par (X − 1)3

P(X ) = (X − 1)2 (X + 1)2

UVT (RIoT1/Sem1) Algèbre 1-Les Polynômes 2020/2021 12 / 23


Par analogie avec la dérivée d’une fonction, si
P(X ) = a0 + a1 X + · · · + an X n ∈ K[X ] alors le polynôme
P 0 (X ) = a1 + 2a2 X + · · · + nan X n−1 est le polynôme dérivé de P.

Proposition 5
Soit α ∈ K une racine d’un polynôme P de K[x ]. L’ordre de multiplicité de
α est égal à l’entier m ≥ 1 si et seulement si

P(α) = P 0 (α) = · · · = P (m−1) (α) = 0 et P (m) (α) 6= 0.

UVT (RIoT1/Sem1) Algèbre 1-Les Polynômes 2020/2021 13 / 23


4. Théorèmes de factorisation

Exemple :
Factorisons le polynôme X 6 − 1 sur R, ensuite sur C. En fait,

X 6 − 1 = (X 3 )2 − 1
= (X 3 + 1)(X 3 − 1)
= (X + 1)(X 2 − X + 1)(X − 1)(X 2 + X + 1)

Sur R on s’arrête ici.

Mais sur C, la factorisation est donnée par


√ √ √ √
1−i 3 1+i 3 1−i 3 1+i 3
X 6 − 1 = (X + 1)(X − 1)(X − 2 )(X − 2 )(X + 2 )(X + 2 ).

UVT (RIoT1/Sem1) Algèbre 1-Les Polynômes 2020/2021 14 / 23


4.1 Théorème de D’Alember-Gauss

L’ensemble des nombres complexes possède une propriété tout-à-fait


remarquable, à tel point qu’elle est parfois nommée théorème fondamental
de l’algèbre. Elle est connue sous les noms de D’Alembert, qui la
conjecturée, et Gauss qui la démontrée.

Théorème 5 (de D’Alember-Gauss)


Tout polynôme non constant de C[X ] a au moins une racine dans C. Il
admet exactement n racines si on compte chaque racine avec multiplicité.

UVT (RIoT1/Sem1) Algèbre 1-Les Polynômes 2020/2021 15 / 23


Exercice : Démontrer que le polynôme

X X2 Xn
P(X ) = 1 + + + ··· +
1! 2! n!
a n racines distinctes dans C.
Réponse :
Il suffit de montrer que les racines complexes de P sont toutes simples.
Soit α une racine de P. D’une part α 6= 0 car P(0) = 1 6= 0.
D’autre part
n
!0 n
0
X xk X x k−1 xn
P (x ) = = = p(x ) −
k! (k − 1)! n!
k=0 k=1
n
si bien que P 0 (a) = − an! 6= 0. Par suite P a toutes ses racines simples.

UVT (RIoT1/Sem1) Algèbre 1-Les Polynômes 2020/2021 16 / 23


4.2 Factorisation dans C[X ]
Corollaire 4
Tout polynôme non constant de C[x ] est un produit de polynôme(s) de
degré 1.

Démonstration : Soit P un polynôme non constant de C[x ]. D’aprés le


théorème 5 de d’Alembert-Gauss il existe α1 ∈ C, et P1 ∈ C[X ] tel que
P(X ) = (X − α1 )P1 (X )
• le théorème est démontré si P1 est constant.
• si P1 est non constant, on applique a nouveau le théorème de
d’Alembet-Gauss il existe α2 ∈ C, et P2 ∈ C[X ] tel que
P1 (X ) = (X − α2 )P2 (X ), et donc
P(X ) = (X − α1 )(X − α2 )P2 (X )
De proche en proche on montre que P est produit de polynômes
de degré 1.
UVT (RIoT1/Sem1) Algèbre 1-Les Polynômes 2020/2021 17 / 23
Remarques :
1 Ce résultat est évidemment faux dans R[X ], puisque par exemple
X 2 + 1 n’est pas produit de polynômes de degré 1 de R[X ].
Cependant, tout polynôme à coefficients réels est aussi un polynôme
à coefficients complexes, donc il est produit de polynômes de C[X ] de
degré 1.

2 La démonstration précédente montre que tout polynôme P dont les


racines complexes distinctes α1 , α1 , · · · , αk s’écrit :
k
Y
P(X ) = a (X − αi )mi
i=1

UVT (RIoT1/Sem1) Algèbre 1-Les Polynômes 2020/2021 18 / 23


4.3 Polynômes irréductibles

Pour tout polynôme P ∈ K[X ] et toute constante non nulle a ∈ K, on


peut écrire P(X ) = a( 1a )P(X ). Donc,
• il existe des polynômes P dont les seuls diviseurs sont les polynômes
constants et les polynômes de la forme aP.
• d’autre part, il existe des polynômes dans K[X ] qui admettent d’autres
diviseurs, à part les constantes et eux mêmes.

Définition 6
Soit P ∈ K[X ] un polynôme de degré ≥ 1,
on dit que P est irréductible si pour tout Q ∈ K[X ] divisant P, alors,
soit Q ∈ K∗ , soit il existe λ ∈ K∗ tel que Q = λP.
Dans le cas contraire, on dit que P est réductible ; il existe alors des
polynômes A et B ∈ K[X ] tels que P = AB, avec
d o A ≥ 1 et degB ≥ 1.

UVT (RIoT1/Sem1) Algèbre 1-Les Polynômes 2020/2021 19 / 23


Remarques :
Un polynôme irréductible P est donc un polynôme non constant dont
les seuls diviseurs de P sont les constantes non nnulles ou P lui-même
(à une constante multiplicative près).

La notion de polynôme irréductible pour l’arithmétique de K[X ]


correspond à la notion de nombre premier pour l’arithmétique de Z.

UVT (RIoT1/Sem1) Algèbre 1-Les Polynômes 2020/2021 20 / 23


Exemples :
1 Tous les polynômes de degré 1 sont irréductible. Par conséquent il y a
une infinité de polynômes irréductibles.

2 P(X ) = X 2 + 1 = (X − i)(X + i) est réductible dans C[X ] mais


irréductible dans R[X ].

3 Dans C[X ] les seuls polynômes irréductibles sont les polynômes de


degré 1.

4 Dans R[X ] les seuls polynômes irréductibles sont les polynômes du


premier degré et les polynômes du second degré à descriminant
négatif, c’est à dire du type x 2 + ax + b avec a, b ∈ R et
∆ = a2 − 4b < 0.

UVT (RIoT1/Sem1) Algèbre 1-Les Polynômes 2020/2021 21 / 23


4.4 Factorisation dans R[X ]

Théorème 6
Tout polynôme de R[X ] est un produit
• de polynômes de degré 1,
• de polynômes de degré 2 à discriminant strictement négatif.
En d’autres termes, tout polynôme P de R[X ], peut s’écrire sous la forme
r
Y s
Y
P(X ) = λ (X − ak )αk (X 2 + bk X + ck )βk
k=1 k=1

où r , s les αk et βk sont des entiers naturels, λ et les ak , bk et ck sont des


réels vérifiant pour tout k ∈ {1, · · · , s}

∆k = bk2 − 4ck < 0.

UVT (RIoT1/Sem1) Algèbre 1-Les Polynômes 2020/2021 22 / 23


Exemple :
Factoriser sur R et sur C le polynôme P(X ) = X 4 − 2X 3 + 2X 2 − 2X + 1.

On a P(1) = P 0 (1) = 0 et P”(1) 6= 0 ⇒ 1 est une racine double de P.

La décomposition de P dans R[X ] est

P(X ) = (X − 1)2 (X 2 + 1)

La décomposition de P dans C[X ] est

P(X ) = (X − 1)2 (X − i)(X + i)

UVT (RIoT1/Sem1) Algèbre 1-Les Polynômes 2020/2021 23 / 23

Vous aimerez peut-être aussi