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Gaz de schiste : enjeux et risques environnementaux

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Gaz de schiste : enjeux et risques environnementaux

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Document 1 : « La voie libre aux gaz de schiste ? », http://cdurable.

info/Gaz-de-schistes-
Dossier-Special-l-Essentiel-pour-Comprendre-et-Agir.html, le 26/06/2013
Document 2 : GASPARD DELHEMMES, « Les arguments pour ou contre le gaz de schiste » ,
http://www.lejdd.fr/Societe/Actualite/Gaz-de-schiste-mode-d-emploi,  14 septembre 2012  
Document 3 : TAREK NEHDI, « Gaz de schiste » en Tunisie : le grand évènement ! »,
nawaat.org/portail/2013, 6 mai 2013.


Document 1 :

 La voie libre aux gaz de schiste ?


26 Juin 2013, le rapporteur public du Conseil d’Etat a recommandé le renvoi devant le Conseil
Constitutionnel de la loi Jacob, votée en juillet 2011, qui interdit la technologie de fracturation
hydraulique sur le territoire français pour l’exploration et l’exploitation des mines
d’hydrocarbures liquides ou gazeux. Cela fait suite à la question prioritaire de constitutionalité
(QPC), déposée par la société américaine Schuepbach.

La décision reportée devant le conseil constitutionnel

Le rapporteur a estimé que la constitutionnalité de la loi devait faire l’objet d’une décision du
Conseil constitutionnel. La décision sera donc renvoyée entre les mains de ce dernier, qui devrait se
prononcer d’ici la fin du mois de septembre.

La société américaine invoque, entre autres, la méconnaissance du principe de précaution par le


législateur en arguant du fait que l’interdiction ne serait pas proportionnée par rapport au risque
encouru. Nos associations rappellent que la loi se fonde sur le principe de prévention et non de
précaution et qu’à ce titre le Parlement était légitime à interdire l’exploration et l’exploitation des
hydrocarbures non conventionnels par la fracturation, en raison du risque certain qu’elles font
courir à l’environnement, de manière directe (pollution des nappes phréatiques et impacts
sanitaires) mais aussi indirecte (contribution importante de l’exploitation des gaz de schiste aux
émissions de gaz à effet de serre, en raison notamment des fuites de méthane).

Le climat encore laissé sur la touche ?

Organisations signataires

Les organisations signataires insistent donc sur l’importance que la loi Jacob soit confirmée en tant
que garde-fou à l’exploitation des ressources fossiles non conventionnelles.
Car au delà des dangers environnementaux et sanitaires liés à cette technique d’extraction,
l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels est incompatible avec les engagements
climatiques de la France. L’exploitation des gaz de schisteengendre des fuites de méthane pouvant
rendre leur bilan carbone aussi et probablement plus important que celui du charbon.

Nous nous opposons également à la propagande médiatique qui vise à vanter la situation
américaine. La situation française et européenne diffère des conditions du marché américain.
L’exploitation des gaz de schiste ne fera pas baisser les prix dugaz pour les citoyens européens. Par
ailleurs, l’industrie omet de préciser quels seraient les coûts des impacts autour des sites
d’exploitation dus à l’exploitation des schistes : baisse des prix immobiliers, impact sur le tourisme,
dégradation des voiries autour des sites d’exploitation à la charge des collectivités…

Enfin, les exploitants des gaz de schiste aux Etats-Unis se retrouvent actuellement dans un cercle


vicieux qui ne fait que s’accélérer : les puits de gaz de schistes’épuisent rapidement, souvent après
seulement deux années, et doivent être remplacés à toute vitesse par de nouveaux
forages pour assurer un retour sur l’investissement. Les meilleurs emplacements étant exploités en
premier les rendements se dégradent progressivement. Creuser des puits quasiment « sans
contrainte » comme aux Etats-Unis est inenvisageable en Europe de part la densité de la population
et le droit du sous-sol très différent.

Les organisations signataires se joignent aux collectifs


citoyens contre les gaz deschiste pour demander l’interdiction du recours aux gaz et huiles
de schiste et augaz de houille, quelle que soit la technique d’extraction. Nous exigeons une
transition énergétique tournée vers la sobriété et les énergies renouvelables mais en aucun cas vers
de nouvelles énergies fossiles, quelles qu’elles soient.

 Rapport Green Cross France et Territoires


 Enjeux sanitaires, environnementaux et économiques liés à l’exploitation des gaz de schiste
En un peu plus de 100 pages d’analyses et d’illustrations, le rapport que publie Green Cross France
et Territoires synthétise un an de travaux sur les enjeux liés aux gazde schiste (et plus
généralement aux hydrocarbures de roche-mère).

Notre rapport d’enquête-analyse met en exergue les enjeux et les conséquences directement liés à
l’extraction des gaz deschiste, en insistant tout particulièrement sur les problématiques sanitaires,
environnementales et économiques.

Les points saillants du rapport

 L’exploitation par fracturation hydraulique n’est pas rentable sur une période inférieure
à 15 ans (et très incertaine au-delà) si elle paye ses externalités.

 L’exploitation des gaz de schiste est une technique lourde, fortement consommatrice en


énergie. Le Rendement Energétique sur Investissement est très médiocre (1 à 2 unités
d’énergie générée sur l’ensemble de la période pour 1 unité investie), pour un besoin en
infrastructures très importants (de l’ordre de 54 000 à 174 000 m3 d’eau à injecter, 8 000 à
140 000 m3 d’eau de reflux à traiter, 5 000 trajets de camions par puits – le tout avec des
technologies importées et des emplois locaux quasi inexistants.

 L’occupation de l’espace (au sol) est largement supérieure à des énergies renouvelables
produisant la même quantité d’énergie. Le besoin d’infrastructures dédiées engendrera un
impact sur le territoire rural avec notamment une artificialisation des sols, une pression
foncière importante, et rendra caduque de nombreuses activités touristiques et rurales
(exploitation forestière, prélèvement des eaux, tourisme…), ainsi que l’agriculture. La
qualité de l’alimentation en eau (nappe phréatique et eau de surface) peut également être
impactée. Selon le rapport du Parlement Européen, une centrale solaire sur la même
surface (10 000m²) produit 1,1GWh/an d’électricité (la consommation d’électricité de 150
personnes pendant 1 an) pendant 20 ans, alors qu’au bout de 10 ans environ, la plateforme
de gaz de schiste ne fournit plus assez de gaz pour produire cette même quantité
d’électricité. Le compromis utilisation des sols / rendement énergétique est défavorable
aux gaz de schiste.

 Les risques sanitaires sont importants. Ils sont principalement dus à la libération de
métaux lourds et substances radioactives depuis la roche mère, via la surface, les eaux et le
sous-sol, mais aussi dans une moindre mesure aux eaux de fracturation. Trois effets de
l’exploitation génèrent ces risques, indépendamment des techniques utilisées. 
 Tout d’abord la remontée de polluants naturellement présents dans la roche-
mère avec les eaux de fracturation : on peut ainsi retrouver dans les eaux usées du mercure
(reprotoxique), du plomb et du cadmium (cancérigène, reprotoxique et mutagène), du
thallium, des traces d’autres métaux toxiques. Liés à la remontée de polluants naturels, ces
risques difficilement gérables, car inhérents à la technique de fracturation, hydraulique ou
pas. Le traitement des eaux usées contaminées est très difficile et donc le risque sur la
santé est très important. 
 Ensuite, la pollution des eaux de fracturation par les additifs
chimiques utilisés pour la fracturation hydraulique. Parmi les substances à éliminer
impérativement : benzène, formaldéhyde, oxyde d’éthylène, acrylamide, silice cristalline…
toutes ces substances sont contrôlées en Europe par la directive REACH. Par contre, le
milieu de fracturation se comporte comme un réacteur chimique susceptible de faire
apparaître des molécules toxiques 
 Enfin, les fuites de méthane au niveau du puits, qui peuvent contaminer eaux de
surface et nappe phréatique.

 Des risques environnementaux à différents niveaux : 


 Avec les techniques d’extraction actuelles, les risques de pollution des eaux sont
inévitables. Seuls 70% de ce qui est injecté vers roche-mère remonte via le puits. Les
« pertes » sont propagées de manière non anticipée ni contrôlée à ce jour dans les couches
rocheuses et sédimentaires. Les polluants peuvent être ceux naturellement présents dans la
roche mère, les additifs chimiques, ou encore une contamination par le méthane. La
contamination peut se produire dans les nappes phréatiques ou en aval des stations
d’épurations pour les eaux qui seraient rejetées aux milieux naturels en étant encore
polluées. 
 Les risques sismiques ont également régulièrement été mis en avant 
 Les conflits d’usage sont également mise en exergue dans le rapport. De par les
volumes consommés, la fracturation hydraulique créée une tension supplémentaire sur la
disponibilité de la ressource en eau alors que certaines régions sont déjà en situation de
stress hydrique. En particulier dans le quart sud-est de la France.

 Aucune technique alternative, qu’elle soit mature ou bien à l’état de prototype, ne


permet d’éliminer ces risques. Alors que laisser les gaz deschiste en place en l’attente
d’éventuelles techniques éprouvée de manière contradictoire comme à risque
convenablement maîtrisé, permet non seulement de préserver un cadre de vie sain, mais
également donne un signal clair au marché, et de sortir d’une politique d’investissement
public qui avantage les énergies fossiles pour migrer vers des politiques publiques et des
comportements économiques propices au développement des renouvelables et de
l’efficacité énergétique.

Document 2 :

http://www.lejdd.fr/Societe/Actualite/Gaz-de-schiste-mode-d-emploi
 14 septembre 2012  

Les arguments pour ou contre le


gaz de schiste
DECRYPTAGE - Arnaud Montebourg, recadré par son Premier ministre, a relancé le débat autour du
gaz de schiste. L’exploitation de ce combustible est souvent perçue comme un danger pour
l’environnement, tandis que ses défenseurs mettent en avant un possible allègement de la très lourde
facture énergétique du pays. Explications.
Qu’est-ce que le gaz de schiste?
C’est un gaz qui, contrairement au gaz conventionnel, se trouve piégé à l’intérieur de la roche et ne peut être
extrait de la même manière que celui contenu dans des poches de roches plus perméables. Son exploitation
nécessite donc le plus souvent des forages à "fracturation hydraulique". Cette technique consiste à "fracturer" la
roche avec un mélange d'eau, de sable et de produits chimiques projeté à haute pression afin de libérer les
hydrocarbures.

Le gaz de schiste en France


Selon les chiffres du ministère de l’Ecologie, la France dispose aujourd’hui d’une soixantaine de gisements
pétroliers et gaziers, principalement dans les bassins aquitains et parisiens. L’Hexagone est une terre
d’hydrocarbures. En ce qui concerne le gaz de schiste, la France est avec la Pologne le pays d’Europe le plus
richement doté de ressources en gaz de schiste, d’après une étude de l'Agence d'Information sur l'Energie.
En moyenne, depuis 35 ans, 15 permis de recherches d’hydrocarbures ont été attribués chaque année, à plusieurs
milliers de forages d’exploration, explique le site du ministère de l’Ecologie. Mais après une forte mobilisation
d'opposants, la France est devenue en juillet 2011, le premier pays à bannir l'usage de la technique de la
fracturation hydraulique, bloquant ainsi de fait l'exploitation du gaz de schiste. François Hollande a confirmé ce
choix vendredi, annonçant que sept demandes de permis d'exploration d'hydrocarbures allaient être rejetées "sans
attendre", du fait des inquiétudes locales sur ce gaz.
Les arguments en faveur de l’exploitation
Principal argument en faveur de l’exploitation du gaz de schiste en France : celle-ci permettrait de réduire la
dépendance énergétique hexagonale. Près de 98 % de la demande française de gaz naturel est en effet
aujourd’hui satisfaite grâce aux importations. Ellesproviennent principalement de quatre fournisseurs : la
Norvège, les Pays-Bas, la Russie et l’Algérie. D’après les chiffres du ministère de l’Ecologie, la facture
énergétique totale de la France a atteint plus de 61 milliards d'euros en 2011, ce qui représentait 88% du déficit
commercial de la même année. Selon le rapport d’évaluation sur les gaz de schiste commandé par le ministère de
l’Environnement et publié en février 2012, l’exploitation du combustible pourrait permettre de réduire
significativement le déficit commercial français pendant environ 25 ans.
Outre son effet positif sur la balance commerciale, l’exploitation du gaz de schiste serait par ailleurs
potentiellement créatrice d’emploi dans l’hexagone. Une étude du cabinet SIA Conseil publiée vendredi affirme
que l'exploitation du combustible pourrait permettre de créer au moins 100.000 emplois en France d'ici à 2020.
Le rapport d’évaluation sur les gaz de schiste de février démontrait lui que le recours à des prestataires de service
pourrait être à l’origine de la création de plusieurs centaines d’emplois locaux sur 25 ans
Le dernier élément qui plaide en faveur de l’exploitation du gaz de schiste est son impact sur le climat, réputé
plus faible que celui d’autres hydrocarbures. Pour une même quantité d'énergie produite, le gaz conventionnel
émet moins de dioxyde de carbone, principale cause du réchauffement climatique, que le pétrole ou le charbon.

Les arguments contre l’exploitation


Les opposants à l’exploitation du gaz de schiste mettent en avant plusieurs types d'impacts négatifs engendrés
par les techniques d'exploitation. Premier d’entre eux : le risque de pollution des nappes souterraines causé par le
manque d’étanchéité des forages. L’implantation des machines à forer et d’autres installations périphériques peut
également avoir un impact important sur les paysages.
L’existence de ces conséquences négatives ont été confirmées parla récente étude de la Commission européenne
à propos de l’impact environnemental de l’exploitation du gaz de schiste. Le rapport évoque la plus grande
empreinte écologique de l’extraction du gaz de schiste par rapport à celle du gaz conventionnel, et pointe les
risques de contamination des sols et eaux souterraines liés à son exploitation, qui nécessite l’utilisation de
produits chimiques.
Dernier argument des anti- gaz de schiste : le combustible est un carburant fossile qui contribue au
réchauffement climatique. Plutôt que de développer l’exploitation, coûteuse, du gaz de schiste, ces derniers
prônent d’effectuer davantage d’investissements sur les énergies renouvelables.
Gaspard Dhellemmes - leJDD.fr

Document 3 :

« Gaz de schiste » en Tunisie : le grand


évènement ! Tarek Nehdi › May 6, 13 nawaat.org/portail/2013
Dans cet article nous allons essayer de simplifier au maximum le langage pour que le
lecteur puisse comprendre facilement les termes techniques et suivre ce mythe de « gaz de
schiste  » en Tunisie.

L’évènement

Plusieurs écologistes, experts et de simples citoyens se sont rassemblés, mardi 9 octobre 2012,
et ont organisé une manifestation devant le siège de l’Assemblée nationale constituante
(ANC) au Bardo, pour exprimer leur opposition à l’exploitation des gisements du « gaz de
schiste » dans le pays.Les protestataires ont affirmé au reporter de Tunisie Numérique sur
place, que l’objectif de leur mouvement est de faire parvenir un message aux députés, sur la
gravité et la dangerosité de l’exploitation du gaz de schiste sur l’avenir du pays et des
générations à venir. Les manifestants ont également affirmé vouloir montrer leur opposition
au gouvernement afin de ne pas vendre le pays en accordant des licences d’exploitation de ces
ressources. Ils ont souligné que les pays européens ont refusé l’exploitation du « gaz de
schiste » en raison des impacts négatifs sur l’environnement notamment les ressources
hydrauliques.
Tunisie Numérique

Les manifestations contre « le gaz de schiste » s’enchaînaient depuis plusieurs semaines à
Tunis. Les mouvements écologistes dénoncent le manque de transparence des autorités. Le
gouvernement tunisien a annoncé en novembre 2012 la signature d’un contrat avec Shell pour
exploiter cette ressource. Un accord conclu discrètement et promptement sans consulter
l’Assemblée nationale constituante (ANC). La compagnie pétrolière Shell est prête à investir
dix milliards d’euros. Quatre forages sont prévus dans le bassin de Kairouan, au centre du
pays, l’année prochaine. De quoi produire 12000 « barils » par jour à l’horizon 2020 et plus
de 70000 à long terme.
Info Sud

Gaz de schiste ou pétrole de schiste ?


Shell veut octroyer un permis de recherche pétrolière, actuellement bloc libre qui ne porte pas
de nom, situé dans la Tunisie centrale (Kairouan) et borde du coté Sud -Est le permis EL JEM
où la compagnie Thani opère depuis 2005. Shell a signé un contrat d’achat de 80% des
intérêts de Thani dans le permis EL JEM. La superficie du permis EL JEM est de 3376 km2 et
le bloc libre est presque de la même taille, donc soit au total Shell irait opérer dans un
territoire de superficie presque égale à 6500 km2.
Shell a opté pour l’exploration, dite non conventionnelle, à tort du « gaz de schiste », dans
cette région, alors qu’en réalité ce n’est pas du gaz mais du  pétrole de schiste. En effet la
roche mère qui est un minéral à faible granulométrie riche en matière organique est la
formation Bahloul qui a alimenté la formation Abiod (réservoir) en pétrole au gisement Sidi
El Kilani situé dans le bloc libre que Shell veut octroyer. Elle est mature en pétrole et non du
gaz. Donc en réalité Shell veut exploiter le pétrole de schiste dans cette région ce qui
chambarde toutes les idées faites sur cet évènement.
La roche mère Bahloul, riche en matière organique, est située à une profondeur entre 2500 m
et 3000 m dans cette région. Elle est d’une épaisseur très faible : 60 m environ, non poreuse et
non perméable. D’où la nécessité d’utiliser une méthode non conventionnelle (ou non
traditionnelle) pour en extraire le pétrole.
Qu’est-ce la recherche conventionnelle et la recherche non conventionnelle ?
 
Quand on fore un puits, dans un gisement « conventionnel », on dégage la pression et on
libère le pétrole. En revanche, dans un gisement « non-conventionnel », et à cause de la
mauvaise qualité de la roche (peu de porosité et de perméabilité), l’huile reste piégée.
Les puits dans la recherche conventionnelle sont généralement verticaux pour atteindre les
réservoirs imprégnés d’huile ou de gaz provenus de la roche mère schisteuse. Si le réservoir
est poreux, perméable ou fracturé il n’est pas nécessaire d’injecter de l’eau à haute pression
pour rentabiliser l’exploitation des hydrocarbures. Le coût d’un forage pétrolier conventionnel
est de l’ordre de 5 à 6 millions de dollars. Cela dépend de la profondeur du puits.
Les puits dans la recherche non-conventionnelle les forages sont plus profonds et
horizontaux qui permettent de traverser l’horizon producteur sur une longueur très importante
(1à 2 km environ). . C’est le cas dans l’exploration de la roche mère schisteuse non
perméable. Nous devons donc faire appel à des techniques plus onéreuses pour parvenir à
libérer et récupérer ce fluide, notamment par le forage horizontal combiné à la fracturation
hydraulique.
Les ressources dites « conventionnelles » d’énergie sont plus simples et moins onéreuses à
extraire. En revanche, les ressources dites « non conventionnelles » nécessitent des
investissements plus importants pour analyser les réservoirs géologiques (roche mère). Un
forage non- conventionnel peut couter jusqu’à 30 millions de dollars !

Qu’est-ce que la fracturation hydraulique?


 
La « fracturation hydraulique » est la dislocation ciblée de formations géologiques peu
perméables par le moyen de l’injection, dans le tube de forage et sous très haute pression,
d’un fluide (par exemple : 99% eau douce 8000 à 20000 m3par forage + sable + 1% éléments
chimiques très dilués et toxiques) destiné à fissurer et micro-fissurer la roche. Le sable
contenu dans le fluide sert à garder les fissures ouvertes de manière à favoriser la migration
des hydrocarbures libérés le long des fissures, une fois arrêtée la surpression de l’eau. Dès que
l’on met fin au pompage, les fissures se referment.
Les principaux risques et les enjeux associés à l’usage de la fracturation hydraulique
- Son impact quantitatif sur la ressource en eau : la disponibilité de l’eau et les conflits
d’usage potentiels présentent un grand risque dans cette zone.
- Le risque de migration des gaz ou des produits utilisés pour la fracturation : les nappes
phréatiques étant proches de la surface du sol, leur contamination du fait de la fracturation
hydraulique est très probable. Il faut néanmoins contrôler l’intégrité des aquifères profonds
salés. S’il y a un risque de pollution du sol et des nappes phréatiques, il est plutôt imputable à
la qualité du forage et des installations au sol. Ce besoin en eau peut entrer en conflit avec
d’autres usages tels que l’agriculture.
Près de 50% des résidus de fluides (eau + sable + produits chimiques) restent sous terre et les
50 % restants remontent à la surface. Le recyclage de ces eaux polluées est long, très coûteux
et fait de nouveau appel à des produits chimiques afin de traiter l’eau.
Comme la Tunisie est un pays semi-aride avec des ressources en eau conventionnelle très
limitées (de 500 m3 par habitant et par an par rapport à un seuil de pénurie et un seuil de
stress hydrique respectivement de 1000 m3 et 1700 m3 par habitant et par an), il préférable
d’utiliser l’adoucissement de l’eau de mer (ce qui est de nature à accroître le coût
d’extraction) ou bien utiliser d’autres techniques alternatives telles que :
 la fracturation au CO2 : technique utilisant le gaz carbonique sous sa forme
supercritique entre le gaz et le liquide pour fracturer la roche, coûteuse et techniquement
compliquée ;
 la fracturation électrique : technique consistant à créer des ondes de chocs par
le biais d’arcs électriques, testée en laboratoire, encore peu efficace et énergivore ;
 la fracturation pneumatique : technique consistant à injecter de l’air comprimé
en grande quantité pour fracturer la roche, efficace mais nécessitant une très importante
quantité d’air ;

 la fracturation par chocs thermiques : technique consistant à fracturer la roche


par l’injection d’eau froide en profondeur.

 la fracturation au propane sous forme de gel, testée par la société canadienne


Gasfrac

Ces dernières techniques restent en phase de recherche en laboratoire à l’heure actuelle.


- Impact sur l’environnement : L’extraction du pétrole de schiste par fracturation
hydraulique a des effets sur l’environnement. Ces effets sont très prononcés avec les
méthodes d’extraction dites non conventionnelles souterraines. Ils sont de différentes
sortes : drainage minier acide (oxydation due à l’exposition à l’air et à l’eau d’affleurements
de minéraux), déversement de métaux dans les eaux de surface et les eaux souterraines,
augmentation de l’érosion, émissions de gaz sulfurés et pollution de l’air par les particules
produites lors des phases d’extraction, transport et les activités annexes.
En 2002, environ 97 % de la pollution de l’air, 86 % des déchets et 23 % de la pollution de
l’eau en Estonie provenait de l’industrie de l’énergie, qui utilise le pétrole de schiste comme
source de carburant
- Difficultés et risques d’accidents : La principale difficulté est que l’opérateur doit travailler
en aveugle et à distance, sur la base de modèles géologiques et mécanistiques comportant de
nombreuses incertitudes. Chaque forage est, de plus, un cas particulier, en raison notamment
des variations naturelles du substrat (nature des roches, stratigraphie, pendage, anisotropie,
éventuelles anomalies de température et/ou anomalies magnétiques susceptibles de perturber
la mesure de la hauteur de fracturation à partir du puits horizontal, ou de perturber certains
outils de mesure de mesures de la direction du forage…).
Il faudra de mieux en mieux contrôler la hauteur des fracturations pour qu’elles ne s’étendent
pas au delà de la couche de schiste. Ceci est aujourd’hui difficile, faute d’outils de mesure et
de contrôle assez précis. On ne dispose aujourd’hui d’aucun moyen de déterminer
précisément in situ, en temps réel et à coût raisonnable la hauteur et la profondeur du réseau
fracturé dans la formation. Le risque de fracturer la roche environnante, souvent plus
perméable augmente quand les couches de schistes explorés sont moins épaisses comme dans
le cas de la roche mère Bahloul.
- Séisme : Selon le Bitsh Geological Survey, le centre britannique des tremblements de terre,
il existe un lien entre fracturation hydraulique et tremblement de terre.
- Nuisance et pollution : L’utilisation intense et quotidienne de plusieurs camions lourds à
moteur (des dizaines à savoir des centaines) va émettre de bruits susceptibles de causer une
gêne aux usagers de la route ou aux riverains, sans parler du risque d’ émettre de fumées, de
gaz toxiques, corrosifs ou odorants, dans des conditions susceptibles d’incommoder la
population ou de compromettre la santé et la sécurité publiques.
Les réserves récupérables
Dans le cas des hydrocarbures non conventionnels, l’évaluation des ressources récupérables
est beaucoup plus compliquée. Les hydrocarbures étant diffus dans la roche et le rendement
de la production difficile à prédire apriori.
Supposons que la ressource est très importante (maturité principalement fenêtre à huile,
pétrole de schistes) mais pourrons-nous la transformer en réserves et en production ?
D’après Roland Vially, (IFP Energies nouvelles) un puits non conventionnel ne peut produire
que 328500 Barils pendant 5 ans soit 180 Barils par jour. Au-delà des premières 5 années la
production est nulle.
Durant 15 ans de développement du champ, et si on met en production 1 puits par jour soit au
total 5475 puits la production cumulée sera 2 milliards de Barils avec un plateau de
production de 365000 pendant 10 ans.

 
Economicité du projet
Selon une étude estimative américaine, le coût de production d’un baril de pétrole non
conventionnel dans un complexe américain de stockage (comprenant des camions citernes
pour livrer de l’eau pour le procédé de fracturation, des camions à pompe injectent un
mélange d’eau, du sable et de produits chimiques dans le puits, des camions citernes
transportent l’eau récupérée et stockée dans des puits ouverts puis transportée à l’usine de
traitement, réservoirs de stockage de pétrole et camions citernes pour acheminement du
pétrole vers un pipeline) est évalué entre 70 et 95 USD (estimation en 2005).
 
Shell, comme toutes les grandes compagnies pétrolières, va charger les frais de l’”Over Head”
c’est-à-dire les frais des travaux de la maison mère (siège), au moins une charge égale à 15%
du coût du Baril. Par conséquent le prix de revient va être égal à110 USD environ. Or le Baril
actuellement se vend à 110 USD. Conclusion : bénéfice nulle !
Impact sur l’emploi
Comme cette méthode non conventionnelle d’exploitation est nouvelle pour la Tunisie, une
grande compagnie comme Shell va recourir à l’emploi des experts expatriés et pour la main
d’œuvre nous espérons qu’elle sera locale. Cependant, le nouveau Code d’investissement,
stipule autoriser dans l’article 11 à toute entreprise étrangère désirant de s’installer en Tunisie
d’exporter de la main d’œuvre, ce qui permet de contribuer au développement du chômage.
La loi sur les hydrocarbures
Il faut noter l’absence de cadres juridiques et fiscaux adaptés à l’exploration des
hydrocarbures non conventionnels, en Tunisie. Il faut commencer par la restructuration des
secteurs de l’énergie et à l’instauration d’un dialogue sérieux sur les choix stratégiques à
adopter dans ce domaine.
La loi sur les hydrocarbures devrait être modifiée afin d’introduire la réglementation
nécessaire pour exploiter le gaz ou le pétrole non conventionnel, qui pourraient devenir une
nécessité pour permettre au pays de satisfaire la demande locale et d’assurer son
indépendance énergétique à l’horizon 2050.
Conclusion
Les ressources récupérables dans la région où Shell va opérer en pétrole non conventionnel (et
particulièrement en pétrole de schistes) sont certainement très importantes bien qu’encore mal
chiffrées.
Produire ces hydrocarbures de roche-mère en quantité commerciale nécessite de faire de très
nombreux forages (forages horizontaux et fracturation hydraulique).
Bien qu’employant des techniques maîtrisées et pouvant être encore améliorées, cette
production a un impact environnemental plus important que la production d’hydrocarbures
conventionnels.
Le volume des investissements à réaliser, les contraintes environnementales et l’acceptation
sociétale seront des freins au développement de cette ressource.
Pour le moment il faut doubler d’efforts pour l’exploration des hydrocarbures conventionnels,
d’accélérer la réalisation des grands projets retardés et de procéder au traitement effectif des
dossiers de corruption dans le secteur.

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