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Chapitre 3

Ce document présente plusieurs exercices sur la formulation variationnelle de problèmes elliptiques. Les exercices portent sur la résolution d'équations différentielles, l'application de la formule de Green et de Stokes, et la formulation variationnelle de problèmes aux limites de Neumann et de l'équation des plaques.

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Ce document présente plusieurs exercices sur la formulation variationnelle de problèmes elliptiques. Les exercices portent sur la résolution d'équations différentielles, l'application de la formule de Green et de Stokes, et la formulation variationnelle de problèmes aux limites de Neumann et de l'équation des plaques.

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Chapitre 3

FORMULATION
VARIATIONNELLE DES
PROBLÈMES ELLIPTIQUES

Exercice 3.1.1 Si f est une fonction continue sur [0, 1], montrer que l’équation dif-
férentielle  d2 u
− dx2 = f pour 0 < x < 1
(3.1)
u(0) = u(1) = 0.
admet une solution unique dans C 2 ([0, 1]) donnée par la formule
Z 1 Z x
u(x) = x f (s)(1 − s)ds − f (s)(x − s)ds pour x ∈ [0, 1]. (3.2)
0 0

Correction. Soit u défini par (3.2). La continuité de la fonction f assure la


dérivabilité de la fonction u. On a
Z 1 Z x
0
u (x) = f (s)(1 − s)ds − f (s)ds,
0 0

d’où −u00 (x) = f . De plus, u vérifie les conditions aux limites u(0) = u(1) = 0. Ainsi,
u est bien solution de l’équation différentielle (3.1). Il reste à établir l’unicité de la
solution de l’équation (3.1). L’équation étant linéaire, il suffit de montrer que toute
solution v de l’équation (3.1) avec f = 0 est nulle. La dérivée seconde de v étant
nulle, on en déduit que v est une fonction affine. Enfin, les conditions aux limites
impliquent la nullité de la fonction v.

Exercice 3.2.1 Déduire de la formule de Green (3.5) la formule de Stokes


Z Z Z
divσ(x)φ(x) dx = − σ(x) · ∇φ(x) dx + σ(x) · n(x) φ(x) ds,
Ω Ω ∂Ω

où φ est une fonction scalaire de C 1 (Ω) et σ une fonction à valeurs vectorielles de C 1 (Ω),
à supports bornés dans le fermé Ω.

43
44 CHAPITRE 3. FORMULATION VARIATIONNELLE

Correction.
Z n Z  
X ∂σi ∂φ
(∇ · σ(x)φ(x) + σ(x) · ∇φ(x)) dx = (x)φ(x) + σi (x) (x) dx
Ω i=1 Ω ∂x i ∂x i
n Z n Z
X ∂σi φ X
= (x)dx = σi (x)φ(x)ni (x)ds
i=1 Ω
∂xi i=1 ∂Ω
Z
= σ(x) · n(x)φ(x)ds.
∂Ω

Exercice 3.2.2 En dimension N = 3 on définit le rotationnel d’une fonction de Ω dans


R3 , φ = (φ1 , φ2 , φ3 ), comme la fonction de Ω dans R3 définie par
 
∂φ3 ∂φ2 ∂φ1 ∂φ3 ∂φ2 ∂φ1
rotφ = − , − , − .
∂x2 ∂x3 ∂x3 ∂x1 ∂x1 ∂x2

Pour φ et ψ, fonctions à valeurs vectorielles de C 1 (Ω), à supports bornés dans le fermé


Ω, déduire de la formule de Green (3.5)
Z Z Z
rotφ · ψ dx − φ · rotψ dx = − (φ × n) · ψ ds.
Ω Ω ∂Ω

Correction.
Z
(rotφ · ψ − φ · rotψ) dx

Z      
∂φ3 ∂φ2 ∂φ1 ∂φ3 ∂φ2 ∂φ1
= − ψ1 + − ψ2 + − ψ3
Ω ∂x2 ∂x3 ∂x3 ∂x1 ∂x1 ∂x2
      
∂ψ3 ∂ψ2 ∂ψ1 ∂ψ3 ∂ψ2 ∂ψ1
− − φ1 − − φ2 − − φ3 dx
∂x2 ∂x3 ∂x3 ∂x1 ∂x1 ∂x2
Z
∂ ∂ ∂
= (φ2 ψ3 − φ3 ψ2 ) + (φ3 ψ1 − φ1 ψ3 ) + (φ1 ψ2 − φ2 ψ1 ) dx
Ω ∂x1 ∂x2 ∂x3
 
Z φ2 ψ3 − ψ3 ψ2
=  φ3 ψ1 − φ1 ψ3  · n ds
∂Ω φ1 ψ2 − φ2 ψ1
Z
= (φ × ψ) · n ds.
∂Ω

Exercice 3.2.3 On considère le Laplacien avec condition aux limites de Neumann. Soit
Ω un ouvert borné régulier de RN et u une fonction de C 2 (Ω). Montrer que u est une
solution du problème aux limites

−∆u = f dans Ω
∂u (3.3)
∂n
=0 sur ∂Ω.

si et seulement si u appartient à C 1 (Ω) et vérifie l’égalité


Z Z
∇u(x) · ∇v(x) dx = f (x)v(x) dx pour toute fonction v ∈ C 1 (Ω). (3.4)
Ω Ω
45

2
En déduire
R qu’une condition nécessaire d’existence d’une solution dans C (Ω) de (3.3)
est que Ω f (x)dx = 0.
Correction. Supposons que u soit solution du problème aux limites de Neumann
(3.3)

−∆u = f dans Ω
∂u
∂n
= 0 sur ∂Ω.

En multipliant l’équation vérifiée par u par dans Ω par une fonction test v ∈ C 1 (Ω),
on obtient, suite à une intégration par partie que
Z Z Z
∂u
∇u(x).∇v(x)dx − (x)v(x)ds = f (x)v(x)dx.
Ω ∂Ω ∂n Ω

Comme ∂u/∂n = 0 sur ∂Ω, on en déduit que


Z Z
∇u(x).∇v(x)dx = f (x)v(x)dx pour tout v ∈ C 1 (Ω). (3.5)
Ω Ω

Réciproquement, supposons que u soit une fonction régulière vérifiant (3.5). Par
intégration par partie on a
Z Z
∂u
− (∆u(x) − f (x))v(x)dx + (x)v(x)ds = 0 (3.6)
Ω ∂Ω ∂n

pour tout v ∈ C 1 (Ω). On procède en deux étapes : Dans un premier temps, on


applique la relation (3.6) à des fonctions tests à support compact dans Ω. Cela
nous permet de “tester” l’équation vérifiée par u dans Ω et d’établir l’équation
−∆u = f dans Ω. Dans un deuxième temps, on applique (3.6) à des fonctions tests
non nulles sur ∂Ω, ce qui nous permet de “tester” l’équation vérifiée par u sur le
bord du domaine et d’en déduire que ∂u/∂n = 0 sur ∂Ω. Plus précisément, pour
toute fonction test v à support compact dans Ω,
Z
(∆u(x) − f (x))v(x)dx = 0.

On peut conclure à la nullité de ∆u − f de deux manière différentes. La première


consiste à appliquer le Lemme 3.2.9 du cours. Plus simplement, ∆u − f est nulle
car orthogonale à un sous espace dense de L2 (Ω). L’égalité (3.6) implique alors que
∂u/∂n est elle nulle car orthogonale (pour le produit scalaire L2 (∂Ω)) à un sous
espace dense de L2 (∂Ω), trace des fonctions C 1 (Ω) sur le bord ∂Ω du domaine Ω.
En choisissant la fonction v = 1 comme fonction test dans la formulation va-
riationnelle, on en déduit que s’il existe une solution u régulière au problème aux
limites (3.3), Z
f (x) dx = 0.

46 CHAPITRE 3. FORMULATION VARIATIONNELLE

Exercice 3.2.4 Soit Ω un ouvert borné régulier de RN . On considère l’équation des


plaques 
 ∆ (∆u) = f dans Ω
u=0 sur ∂Ω (3.7)
 ∂u
∂n
=0 sur ∂Ω
∂v
On note X l’espace des fonctions v de C 2 (Ω) telles que v et ∂n s’annulent sur ∂Ω. Soit
u une fonction de C 4 (Ω). Montrer que u est une solution du problème aux limites (3.7)
si et seulement si u appartient à X et vérifie l’égalité
Z Z
∆u(x)∆v(x) dx = f (x)v(x) dx pour toute fonction v ∈ X. (3.8)
Ω Ω

Correction. On procède comme pour l’exercice précèdent. Soit u une solution


régulière de l’équation des plaques (3.7), pour tout v ∈ X,
Z Z
∆(∆u)(x)v(x)dx = f (x)v(x)dx. (3.9)
Ω Ω

Par intégration par partie,


Z Z Z
∂(∆u)
∆(∆u)(x)v(x)dx = − ∇(∆u) · ∇v(x)dx + (x)v(x)ds.
Ω Ω ∂Ω ∂n
Comme v = 0 sur ∂Ω, on en déduit que
Z Z
∆(∆u)(x)v(x)dx = − ∇(∆u) · ∇v(x)dx
Ω Ω

puis par une nouvelle intégration par partie que


Z Z Z
∂v
∆(∆u)(x)v(x)dx = ∆u(x)∆v(x)dx − ∆u(x) (x)ds.
Ω Ω ∂Ω ∂n
∂v
Comme ∂n (x) = 0 sur ∂Ω, le dernier terme de cette équation est nulle. Ainsi, on
déduit de (3.9) que
Z Z
∆u(x)∆v(x)dx = f (x)v(x)dx.
Ω Ω

La réciproque s’établit comme lors de l’exercice précédent. Supposons que u soit une
solution du problème variationnel (3.8), en effectuant deux intégrations par partie
successives, on obtient Z
(∆(∆u) − f )vdx = 0,

pour tout v ∈ X. Or X est un sous espace dense de L2 (Ω), ainsi ∆(∆u) − f = 0.

Exercice 3.3.1 Le but de cet exercice est de montrer que l’espace V , défini par

V = v ∈ C 1 (Ω), v = 0 sur ∂Ω ,

(3.10)
47

muni du produit scalaire


Z
hw, vi = ∇w(x) · ∇v(x) dx, (3.11)

n’est pas complet. Soit Ω la boule unité ouverte de RN . Si N = 1, on définit la suite



 −x − 1 si − 1 < x < −n−1 ,
un (x) = (n/2)x2 − 1 + 1/(2n) si − n−1 ≤ x ≤ n−1 ,
x−1 si n−1 < x < 1.

Si N = 2, pour 0 < α < 1/2, on définit la suite


x  α
un (x) = log | |2 + n−1 − | log(4−1 + n−1 )|α .

2
Si N ≥ 3, pour 0 < β < (N − 2)/2, on définit la suite

1 1
un (x) = − .
(|x|2 + n−1 )β/2 (1 + n−1 )β/2

Montrer que la suite un est de Cauchy dans V mais qu’elle ne converge pas dans V
lorsque n tend vers l’infini.
Correction.
D’après l’inégalité de Poincaré, une suite un de l’espace V est de Cauchy, si
et seulement si ∇un est une suite de Cauchy dans L2 (Ω)N . L’espace L2 (Ω)N étant
complet, on en déduit que un est de Cauchy dans V si et seulement si ∇un est
convergente dans L2 (Ω)N . Ainsi, si V était un espace complet, toute suite de un
de V telle que ∇un converge vers un élément τ de L2 (Ω)N serait convergente vers
un élément u de V . En particulier, τ = ∇u serait une fonction continue. Afin de
prouver que V n’est pas complet, il suffit donc dans chacun des cas de vérifier que
∇un converge dans L2 (Ω)N vers une fonction discontinue.
Cas N = 1. La suite ∇un converge dans L2 (] − 1, 1[) vers la fonction τ définie par

−1 si x < 0
τ (x) =
1 si x > 0

La fonction τ n’ayant pas de représentant continu, V n’est pas complet.


Cas N = 2. Soit τ : Ω → R2 la fonction définie pour tout x =6 0 par

α2α
τ (x) = − 2
(− log(|x/2|))α−1 x.
|x|

On vérifie sans mal que τ appartient à L2 (Ω)2 . En effet,


Z Z 1
2 2α 2 1
|τ | dx = 2π2 α dr
Ω 0 r log(r/2)2(1−α)
48 CHAPITRE 3. FORMULATION VARIATIONNELLE

et comme 2α − 1 < 0, l’intégrale est finie


1
22α+1 πα2
Z 
2 2α+1 2 −1 r 2α−1
|τ | dx = 2 πα (1 − 2α) log = (log 2)2α−1 .
2 1 − 2α

Ω 0

La suite ∇un converge dans L2 (Ω)2 vers τ . Il suffit à cet effet, d’appliquer le théorème
de convergence dominé de Lebesgue en remarquant que |∇un (x) − τ (x)| est une
suite décroissante sur un voisinage de l’origine, uniformément bornée en dehors de
ce voisinage, convergeant ponctuellement vers zéro.
Comme τ n’est pas continue, V n’est pas complet.
Cas N ≥ 3. On procède comme dans le cas précédent. En particulier, un et de
Cauchy et le gradient de un converge dans L2 (Ω)N vers
x
τ = −β ,
|x|β+2
R1
La fonction τ appartient bien à L2 (Ω)N , car 0 r−2β+N −3 dr < +∞ dès que β <
(N − 2)/2, mais n’est pas continue en 0.

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