PFLA
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ECN.PILLY 2018
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UE6
Infections broncho-pulmonaires communautaires de l’adulte et de l’enfant
N°151
Objectifs
Inflammation aiguë des bronches et des bronchioles
IT
Connaître la prévalence et les agents secondaire à une agression infectieuse.
infectieux,
Diagnostiquer les complications et connaître
les critères d’hospitalisation, ainsi que les 1. Épidémiologie
traitements des bronchites aigues, des La plus fréquente des infections des voies aériennes infé-
bronchiolites, des exacerbations de BPCO et rieures : plusieurs millions de bronchites aiguës/an en
CM
des pneumonies communautaires, France.
Connaître le traitement de la pneumonie à Infection virale dans la quasi-totalité des cas d’où contexte
pneumocoque. épidémique fréquent.
2. Diagnostic clinique
Points importants Une infection des voies aériennes supérieures peut pré-
Facteurs de risque : tabagisme, âge avancé, céder la symptomatologie (rhinite, pharyngite).
comorbidités Signes fonctionnels:
Importance de l’analyse du terrain Toux , souvent sèche au début, d’évolution prolongée
s-
Radiographie thoracique au moindre doute sur
une pneumonie
Importance de rechercher un contexte grippal
associé
Orientation à la prise en charge : ambulatoire ou
(plusieurs semaines).
Le caractère secondairement purulent de l’expectora-
tion est fréquent et n’est pas synonyme d’une surinfec-
tion bactérienne (réaction inflammatoire).
Douleurs thoraciques bronchiques (brûlure rétro sternale)
Signes physiques :
Plu
hospitalisation (CRB65)
Gravité associée à Streptococcus pneumoniae Râles bronchiques à l’auscultation pulmonaire
(pneumocoque) ou Legionella
L’antigénurie Legionella est un examen de bonne 3. Diagnostic paraclinique
sensibilité et spécificité
Antibiotiques de première ligne des pneumonies Aucun examen complémentaire n’est justifié pour faire le
aigues communautaires : amoxicilline et/ou macrolide diagnostic étiologique
Réévaluation thérapeutique indispensable à
48-72 heures 4. Diagnostic différentiel
éa
IT
lentement progressive, caractérisée par une diminution non des bactéries.
complètement réversible des débits aériens. Le tabac est la
Exacerbations d’origine infectieuse (virales ou bacté-
cause la plus fréquente. La clinique et les paramètres des
riennes) dans 50 % des cas.
explorations fonctionnelles respiratoires permettent de classer
Exacerbations bactériennes : dues à H. influenzae, Moraxella
les BPCO en 4 stades (classification de Global Initiative for
catarrhalis, S. pneumoniae et plus rarement P. aeruginosa
CM
Chronic Obstructive Lung Disease GOLD) (TUE6-151-1).
dans les BPCO d’évolution prolongée.
TUE6-151-1 : Classification de la BPCO Exacerbations virales secondaires à : virus de la grippe,
rhinovirus, coronavirus, adenovirus…
Stades Caractéristiques Équivalence
clinique*
4. Diagnostic différentiel
Stade I : VEMS/CV < 70 % Absence de
BPCO VEMS ≥ 80 % dyspnée Pneumonie
légère des valeurs prédites Embolie pulmonaire
s- modérée
Stade III :
BPCO
sévère
Stade IV :
des valeurs prédites
VEMS/CV < 70 %
30 % ≤ VEMS < 50 %
des valeurs prédites
VEMS/CV < 70 %
inconstante
Dyspnée
d’effort
Dyspnée au
Hospitalisation recommandée pour tout patient présen-
tant un des critères suivants :
modification importante des symptômes habituels tels
que l’apparition d’une dyspnée de repos,
BPCO Stade III ou IV,
Plu
apparition de signes cliniques nouveaux tels que cya-
BPCO VEMS < 30 % moindre effort nose ou oedèmes périphériques,
très sévère des valeurs prédites ou dyspnée présence de comorbidités,
ou VEMS < 50 % de repos
apparition d’une arythmie,
des valeurs prédites en
présence d’insuffisance diagnostic incertain,
respiratoire âge > 70 ans,
(PaO2 < 60 mmHg) manque de ressources, d’autonomie ou d’aide à domicile.
ou de signes cliniques Le risque de cette exacerbation est une insuffisance res-
d’insuffisance piratoire aiguë grave.
éa
cardiaque droite
bronchospasme
L’exacerbation de BPCO correspond à la Bronchodilatateur en aérosol-doseur
majoration d’une dyspnée, de la toux, du volume Kinésithérapie respiratoire
de l’expectoration et/ou de sa purulence. Oxygénothérapie
Contre-indication des antitussifs
Al
IT
Dyspnée d’effort VEMS < 50 % Antibiothérapie seulement si Amoxicilline
expectoration franchement ou macrolide
purulente verdâtre ou pristinamycine
CM
causes d’exacerbation de la ou ceftriaxone) ou FQAP*
dyspnée (lévofloxacine)
*une fluoroquinolone anti-pneumococcique ne doit pas être prescrite si le malade a reçu une fluoroquinolone dans les 3 derniers mois.
s-
PNEUMONIE AIGUË
COMMUNAUTAIRE (PAC)
2 Diagnostiquer une PAC
une radiographie thoracique prouvant l’atteinte Révélation par la décompensation d’une comorbidité
parenchymateuse (insuffisance cardiaque, déséquilibre diabétique),
Révélation par des troubles du comportement chez le
sujet âgé,
Al
Notes
Rationnel 3 Critères décisionnels utiles à l’orientation
Caractérisation de la sémiologie radiologique, d’une PAC et diagnostic étiologique
Pose un diagnostic topographique (uni/bilatéral,
uni/plurilobaire),
Organigramme général pratique (FUE6-151-3)
Aide à détecter une complication : pleurésie,
abcès, atélectasie, 1. Orientation d’une PAC
Aide à la qualification en PAC grave sur le critère L’orientation des patients présentant une PAC est essen-
plurilobaire, tielle avec 3 possibilités :
IT
Contribue à éliminer un diagnostic différentiel ·· domicile (= ambulatoire ou ville),
(embolie pulmonaire, insuffisance cardiaque…), ·· ou hôpital,
Contribue à détecter une anomalie pulmonaire ·· et au sein même de l’hôpital, orientation ou non vers
associée (nodule tumoral, corps étranger…), les soins intensifs/réanimation.
Cliché initial de référence pour évaluer, si besoin, Le bon sens clinique prévaut en toutes circonstances.
CM
l’efficacité du traitement futur. Des facteurs de risque de mortalité ont pu être éta-
Sémiologie radiologique blis à partir des données issues d’études colligeant
Pneumonie alvéolaire (PUE6-151-1) : des grandes cohortes de patients atteints de PAC. De
·· Opacité systématisée, segmentaire ou lobaire, façon logique, ces facteurs de risque sont liés à l’âge et
de densité homogène, bien limitée aux comorbidités.
·· ± bronchogramme aérique
Pneumonie interstitielle (PUE6-151-2) :
·· Opacités infiltratives mal ou non systématisées, Age > 65 ans (l’âge physiologique)
uni ou bilatérales, Comorbidités significatives :
Pneumonie micronodulaire : ·· insuffisance cardiaque congestive
·· Dissémination de nodules de 10 à 15 mm de ·· maladie cérébro-vasculaire (accident vasculaire
3. Analyser le terrain
cérébral ou accident ischémique transitoire)
·· insuffisance rénale chronique
·· maladie hépatique (cirrhose hépatique ou
hépatopathie chronique)
·· diabète sucré non équilibré
Plu
Organigramme général pratique (FUE6-151-2) ·· broncho-pneumopathie chronique avec trouble
ventilatoire obstructif.
L’approche par le terrain est essentielle. Elle permet rapi-
·· drépanocytose
dement de «situer» le malade sur une échelle de risque de
·· maladie néoplasique associée.
complication(s), de moyens nécessaires pour la prise en
Immunodépression (corticothérapie par voie
charge et de probabilité étiologique.
générale, immunosuppresseurs > 6 mois,
Le label «immunocompétent» n’exonère pas de docu-
splénectomie, infection à VIH, cachexie…)
menter des informations utiles à la démarche de prise en
Antécédent de pneumonie bactérienne,
charge, notamment :
Hospitalisation dans l’année,
La consommation de tabac et/ou d’alcool évaluée
éa
Vie en institution.
quantitativement ;
la présence d’une ou plusieurs comorbidités (par
exemple diabète, HTA) faisant l’objet d’un traitement et De façon synthétique, l’option de l’hospitalisation est
d’un suivi dédié ; retenue pour les patients :
en période épidémique automno-hivernale, la notion de présentant des signes de gravité,
in
grippe, de virose saisonnière préalable ou de contage pour lesquels le diagnostic de PAC est incertain ou
est importante. possiblement associé à une autre pathologie,
Le critère d’âge de 65 ans est un critère relatif. Les grandes à risque de décompenser une ou plusieurs comorbidité(s)
études de cohorte ont permis de montrer qu’il s’agit d’une préexistante(s),
Al
limite d’âge statistiquement associé à la gravité et/ou aux dont la prise en charge, dans ses dimensions médi-
complications. Au lit du patient, l’âge physiologique plus cales et sociales, implique plus que le simple traitement
que l’âge civil doit être évalué individuellement. anti-infectieux et son suivi.
La notion d’immunodépression aura pour conséquence On se servira du score simplifié CRB65 pour la phase
de classer le malade dans une séquence de prise en ambulatoire pré-hospitalière ou en service médical d’ac-
charge plus rapide, voire urgente, associée à un bilan cueil (TUE6-151-3) :
étiologique pouvant requérir des examens invasifs.
©
PUE6-151-1 : Pneumonie franche lobaire aiguë (PFLA) : clichés de thorax standard face et profil Notes
Face : condensation parenchymateuse systématisée non rétractile du segment externe du lobe moyen, avec
bronchogramme aérique . Le bord droit de la silhouette cardio-médiastinale (atrium droit) reste visible car le
segment interne du lobe moyen est en grande partie épargné par l’infection bactérienne des espaces aériens
distaux.
Profil : les limites scissurales de la condensation parenchymateuse traduisent son caractère systématisé.
L’aspect «bombant» de la petite scissure traduisant une surdistension des espaces aériens distaux reflète
l’intensité du processus inflammatoire.
IT
CM Image T. May. - © CMIT - Alinéa Plus
s-
PUE6-151-2 : Pneumonie interstitielle : radio standard de face
Plu
éa
Image P. Tattevin. - © CMIT - Alinéa Plus
in
Al
©
IT
Caractérisation clinique
CM
. râles crépitants, 2. Fréquence respiratoire > 30 cycles/min
. souffle tubaire au sein de la condensation, 3. Tension artérielle systolique < 90 mmHg
. matité, 4. Fréquence cardiaque >120 battements/min
. augmentation des vibrations vocales. 5. Température < 36°C ou ≥ 40°C
Signes associés :
. Cyanose
. Tirage
. Marbrures
Contexte saisonnier
(automne-hiver)
post-grippal
Sujet âgé > 65 ans
(âge physiologique) Comorbidités
Plu
Immunodéprimé
Circonstances particulières
in
Orientation du patient
Circonstances
Facteurs de risque CRB 65 particulières Critères d'admission
Bon sens clinique
de mortalité Cf. FUE6-151-2 en réanimation
IT
Diagnostic étiologique
CM
Examens Examens Place de Place de l'endoscopie
microbiologiques biologiques la TDM thoracique bronchique
s-
TUE6-151-4 : Examens microbiologiques
Ambulatoire Hospitalisé
secteur
conventionnel
Hospitalisé
soins intensifs/
réanimation
·· Abcès,
·· Pleurésie,
·· Empyème pleural
·· Obstacle endo-bronchique (corps étranger, tumeur)
Etablir un diagnostic différentiel :
Embolie pulmonaire : l’injection d’iode (angioTDM) sera
Plu
nécessaire en cas de doute diagnostique.
Aucun Hémocultures Hémocultures
ECBC ECBC Place de l’endoscopie bronchique dans la PAC
Antigénurie Aspirations endo-
Legionella* bronchiques (si le Elle n’est pas systématique.
patient est intubé) Elle permet de réaliser des prélèvements microbiolo-
Antigénuries giques profonds et guidés si TDM thoracique préalable
pneumocoque et (brossage distal protégé, LBA avec quantification des cel-
Legionella lules infectées).
éa
IT
·· commensal des voies aériennes supérieures (colonisation oropharynx)
Epidémiologie Le pneumocoque est la 1ère étiologie des PAC documentées = 30 à 60 % des cas
documentés
Le pneumocoque est associé aux PAC graves avec décès précoce
Pas de transmission interhumaine, pas de caractère épidémique
CM
Terrains à risque ·· âge > 40 ans,
·· infection à VIH
·· éthylisme chronique
Clinique Réalise dans sa forme classique la pneumonie franche lobaire aiguë (PFLA) :
·· début brutal (le patient peut préciser l’horaire du début)
·· point douloureux thoracique focal «en coup de poignard»
·· toux sèche initiale, puis expectorations purulentes ou rouille
·· frissons intenses et fièvre élevée 39-40°C dès le 1er jour
·· malaise général
FUE6-151-4 : Algorithme décisionnel de prise en charge en ambulatoire ou à l’hôpital des PAC (d’après la
conference de consensus 2010)
éa
Pneumonie aigue
communautaire
Et/ou
Circonstances particulières (cf FUE6-151-2)
OUI NON
Al
Epidémiologie Age < 40 ans Contacts avec oiseaux Transmission aérienne à partir
Transmission interhumaine (ornithose, psittacose) d’un contact avec certains
Micro-épidémie pigeon, perroquet, perruche, animaux (ovins, caprins, bovins)
IT
(famille, classe/école, canari, canard, dinde (aérosols de poussières
professionnel) Maladie professionnelle contaminées)
possible Maladie professionnelle
possible
CM
Fièvre peu élevée < 38.5°C fréquents : myalgies, fièvre élevée,
Tableau de bronchite splénomégalie, cytolyse signes extra-respiratoires
Signes généraux : arthro-myalgies, hépatique (myalgies,
syndrome pseudo-grippal hépatosplénomégalie)
s-
Plu
éa
in
Al
©
IT
Habitat naturel Colonisation des réseaux Réservoirs - Biofilm mixte Aérosols
Eaux douces domestiques d’eau douce Amibes hôtes
Legionella survit et se multiplie dans les protozoaires aquatiques (amibes non pathogènes) des eaux douces environ-
CM
nementales puis colonise les réseaux d’eau domestique (survie dans les biofilms des canalisations, à température
comprise entre 25°C et 42°C). C’est l’aérosolisation de ces eaux qui permet la transmission accidentelle à l’homme, qui
est infecté par voie respiratoire.
s- Terrains à risque
La légionellose est associée aux PAC graves.
Mortalité 10-15 %
Pas de transmission interhumaine
Examens Radiographie thoracique : opacité(s) alvéolaire(s) non systématisée(s) souvent bi-lobaire, extensive
complémentaires Ionogramme sanguin, fonction rénale : hyponatrémie, insuffisance rénale, glomérulopathie
CPK élevées (rhabdomyolyse)
Bilan hépatique : cytolyse
NFS : hyperleucocytose à PNN
in
Particularités En présence d’une PAC, le diagnostic de légionellose peut s’appuyer sur un faisceau d’arguments :
notables ·· présence de signes extra-respiratoires (digestifs, neurologiques, cardiaques…)
·· situations favorisantes : notion de voyage, notion d’exposition à l’eau en aérosol
·· contexte épidémique : recherche d’autres cas, notion d’alerte locale ou régionale
·· histoire de la maladie : échec d’un traitement initial par ß-lactamines à visée anti-
pneumococcique correctement prescrit.
Pilly ECN - ©CMIT - 94
Infections broncho-pulmonaires communautaires de l’adulte et de l’enfant • UE6 – N°151
Physiopathologie Le virus grippal induit des lésions de l’épithélium respiratoire qui favorisent les surinfections
bactériennes secondaires avec la flore commensale des voies aériennes supérieures.
Clinique Chronologie importante : épisode grippal fébrile préalable puis, après le 5ème-7ème jour,
réapparition de symptômes fébriles associés à des signes fonctionnels respiratoires
IT
(toux et expectorations muco-purulentes).
CM
Neutropénie (Cf. Item UE7-187): infections fongiques
5 Orientation étiologique en fonction invasives, pneumocoque, legionellose, virus pneumo-
du terrain et du contexte tropes (grippe incluse).
PAC du sujet âgé et/ou grabataire :
Avec la pratique, il est possible d’associer certains élé-
penser à la possibilité d’une clinique atypique, méca-
ments de terrain ou de contexte (épidémiologique, clinique
nisme par inhalation, grippe, infection polymicrobienne.
et radiologique) qui suggèrent la responsabilité d’un agent
infectieux mais aucun d’entre eux n’est véritablement dis- PAC multi-récidivante/chronique :
s-
criminant. Il n’y a aucune corrélation absolue entre la cli-
nique ou l’aspect radiologique et l’étiologie infectieuse
(TUE6-151-9).
PAC grave :
penser tuberculose.
Plu
penser pneumocoque et Legionella.
PAC de l’immunocompétent :
penser pneumocoque, grippe, M. pneumoniae. On ne
peut pas écarter la légionellose (surtout si gravité).
PAC de l’immunodéprimé :
Toutes les immunodépressions : penser légionellose
systématiquement.
Splénectomie = pneumocoque = URGENCE.
éa
IT
Parenchyme : abcès, insuffisance cardiaque,
traiter le pneumocoque ou de traiter les bactéries
atélectasie diabète, …
Voies aériennes : Complication(s) «atypiques» ;
découverte d’un corps infectieuse(s) à distance : ·· dans les PAC avec signe(s) de gravité, le spectre
étranger ou d’une tumeur méningite, abcès. antibiotique doit inclure pneumocoque et Legionella.
Fonctionnelle : Choc septique, Toute antibiothérapie pour une PAC (à fortiori dans le
CM
insuffisance/ syndrome de défaillance cadre d’une stratégie ambulatoire) implique une rééva-
décompensation multiviscérale luation à 48-72h.
respiratoire aigue. Décès
En pratique, 3 situations :
Décision de prise en charge ambulatoire de la PAC
PAC hospitalisée en secteur médical
PAC hospitalisée en soins intensifs ou réanimation
Suspicion Intracellulaire
Pneumocoque
IT
(alternative) (alternative)
CM
d’hospitalisation ou avant si aggravation rapide
3. PAC hospitalisée en secteur médical Légionellose AVEC critère(s) de gravité = bithérapie initiale
par macrolide et fluoroquinolone, voie intraveineuse ini-
Le raisonnement s’organise autour d’une suspicion argu- tiale, 21 jours d’antibiothérapie au total.
mentée ou pas (FUE6-151-6).
Y associer systématiquement la déclaration obligatoire
(signalement et notification) qui déclenche une enquête
4. PAC hospitalisée en soins intensifs ou environnementale autour du ou des cas (Cf. paragraphe 5).
réanimation
6. Pneumonies d’inhalation
s-
TUE6-151-12 : Antibiothérapie propabiliste des PAC
hospitalisées en soins intensifs ou réanimation
Cas général
Suspicion de
Céfotaxime ou ceftriaxone
+ macrolide OU lévofloxacine
Bêtalactamine antipyocyanique
Elles doivent être évoquées systématiquement en
cas de troubles de déglutition. L’hospitalisation est
conseillée. Le traitement antibiotique repose sur
l’amoxicilline-acide clavulanique ou sur l’association
Plu
ceftriaxone/céfotaxime + métronidazole.
P. aeruginosa (céfépime, pipéracilline –
(bronchectasies, tazobactam ou imipénème)
mucoviscidose, + amikacine ou tobramycine 7. Durée de traitement d’une PAC
antécédent (5 jours max)
d’exacerbations + macrolide ou lévofloxacine (pour Durée de traitement de 7 jours, à l’exception de la légionel-
de BPCO dues à être actif également sur Legionella) lose grave dans contexte d’immunodépression (14 jours).
P. aeruginosa)
8. Aspects préventifs des PAC
5. Cas particulier du traitement de la
éa
(en priorité)
IT
logique),
·· sous chimiothérapie pour tumeur solide ou hémopa-
thie maligne,
·· transplantés ou en attente de transplantation d’or-
gane solide,
·· greffés de cellules souches hématopoïétiques,
CM
·· traités par immunosuppresseur, biothérapie et/ou
corticothérapie pour une maladie auto-immune ou
inflammatoire chronique.
Patients atteints de syndrome néphrotique.
Non immunodéprimés porteurs d’une maladie sous-
jacente prédisposant à la survenue d’IIP :
·· Cardiaque : cardiopathie congénitale cyanogène,
insuffisance cardiaque,
·· Respiratoire : insuffisance respiratoire chronique, bron-
chopneumopathie obstructive, emphysème, asthme