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Ce document traite des opérateurs compacts entre espaces de Banach. Il définit la compacité d'un opérateur et donne des propriétés comme la stabilité par composition et le fait qu'un opérateur de rang fini est compact. Il introduit également la notion d'adjoint d'un opérateur borné.

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Cours Analyse Fonctionnelle

Dr Timack NGOM

Master 1 Mathématiques

Université virtuelle du Sénégal


Table des matières

IV Opérateurs compacts 1
IV.1 Compacité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
IV.2 Adjoint d’un opérateur borné . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
IV.3 Spectre d’un opérateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

i
Table des matières

ii
Chapitre IV

Opérateurs compacts

On désigne par (E, || · ||E ), (F, || · ||F ) et (G, || · ||G ) des espaces de Banach sur K := R ou
C. De plus, pour tout K-espace vectoriel normé (X, || · ||X ), on désigne par BX la boule unité
fermée de X, c’est-à-dire
BX := {x ∈ X / ||x||X ≤ 1}.

On rappelle qu’une application linéaire T définie de E dans un espace vectoriel F est appelée
un opérateur (sous-entendu lorsque E est de dimension infinie). De plus, on dit que T est un
opérateur borné lorsque T est continu, c’est-à-dire T ∈ L(E, F ).

IV.1 Compacité
On rappelle que L(E, F ) désigne l’espace de Banach sur K des opérateurs de E dans F ,
tandis que L(E, F ) désigne l’espace de Banach sur K des opérateurs bornés de E dans F .

Définition IV.1.1 On dit que T est un opérateur compact de E dans F si T ∈ L(E, F ) et


T (BE ) (BE est la boule unité fermée de E) est un compact de F . L’ensemble des opérateurs
compacts de E dans F est noté K(E, F ). Lorsque E = F , on note simplement K(E, E) = K(E).

On rappelle que si (X, d) est un espace métrique, un sous-ensemble Y de X est dit re-
lativement compact si son adhérence dans X est compacte. Alors, la définition ci-dessus est
équivalente à T ∈ K(E, F ) si et seulement si T (BE ) est relativement compact.
En particulier, il est alors immédiat que T ∈ K(E, F ) si et seulement T (B) est relativement
compact pour toute partie bornée B de F . On en déduit le résultat suivant :

Proposition IV.1.1 Si T ∈ L(E, F ), alors les propositions suivantes sont équivalentes


1. T ∈ K(E, F ).
2. Pour toute partie A ⊂ E bornée T (A) est compact.

1
3. Pour toute suite bornée (xn )n∈N de E, la suite (T (xn ))n∈N admet une sous-suite qui
converge dans F .

Démonstration:

1. ⇒ 2. Soit A ⊂ E une partie bornée de E, il existe r > 0 tel que A ⊂ rBE d’où T (A) ⊂
T (rBE ). Ainsi, T (A) est compact, comme fermé du compact rT (BE ).
2. ⇒ 3. Il suffit de poser A = {xn , n ∈ N}.
3. ⇒ 1. Soit (yn )n∈N une suite d’élément de T (BE )

∀ n ∈ N, ∃ xn ∈ BE / kT (xn ) − yn k < 2−n .

Comme par hypothèse la suite (T (xn ))n∈N admet une suite extraite qui converge dans F il en
est de même pour la suite (yn )n∈N


Théorème IV.1.1 K(E, F ) est un sous-espace vectoriel fermé de L(E, F ), en particulier


K(E, F ) est un espace de Banach sur K.

Démonstration:

Pour tout T ∈ K(E, F ) on a

sup kT (x)k = sup kyk ≤ sup kyk < ∞,


x∈BE y∈T (BE ) y∈T (BE )

ce qui implique que T est continue donc K(E, F ) ⊂ L(E, F ). De plus, 0 ∈ K(E, F ). Montrons
que K(E, F ) est stable par combinaisons linéaires.
Soient S et T deux éléments de K(E, F ) et α ∈ K. D’après la Proposition IV.1.1, pour toute
suite bornée (xn )n∈N de E, il existe une sous-suite (S(xϕ(n) ))n∈N de (S(xn ))n∈N qui converge vers
un point y de F . De même, il existe une sous-suite (T (xψ(n) ))n∈N de (T (xn ))n∈N qui converge
vers un point z de F . Finalement, on obtient

−→ y + αz.
(S + αT )(xψ(ϕ(xn )) ) n→∞

Donc pour toute suite bornée (xn )n∈N de E, la suite ((S + αT )(xn ))n∈N admet une suite extraite
€ Š
(S + αT )(xψ(ϕ(xn )) ) n∈N qui converge dans F . D’après la Proposition IV.1.1 S +αT ∈ H(E, F ).
Il reste à montrer que l’espace vectoriel K(E, F ) muni de la norme induite par celle de
L(E, F ) est fermé. Soit T ∈ K(E, F ). On veut montrer que T ∈ K(E, F ) donc pour toute suite

2
bornée (xn )n∈N de E, la suite (T (xn ))n∈N admet une suite extraite qui converge dans F .

(xn )n∈N est bornée =⇒ ∃ C > 0 / kxn kE ≤ C ∀n ∈ N.

ε
Soit ε > 0, il existe alors Tε ∈ K(E, F ) tel que kT − Tε k < . Comme Tε est compact, il existe
€ Š 4C
une sous-suite (xρ(n) )n∈N telle que Tε (xρ(n) ) n∈N
converge dans F , alors elle est de Cauchy et
par-suite

kT (xρ(n) ) − T (xρ(m) )k ≤ kT (xρ(n) ) − Tε (xρ(n) )k + kTε (xρ(n) ) − Tε (xρ(m) )k + kTε (xρ(m) ) − T (xρ(m) )k

d’où
kT (xρ(n) ) − T (xρ(m) )k ≤ 2CkT − Tε k + kTε (xρ(n) ) − Tε (xρ(m) )k.
€ Š
Comme Tε (xρ(n) ) n∈N
est de Cauchy

ε
∃N ∈ N / n, m ≥ N ⇒ kTε (xρ(n) ) − Tε (xρ(m) )k <
2

ce qui implique que


kT (xρ(n) ) − T (xρ(m) )k < ε
€ Š
donc T (xρ(n) ) n∈N est de Cauchy dans F donc elle converge d’où T ∈ K(E, F ). Finalement
K(E, F ) = K(E, F )


Proposition IV.1.2 Soient T ∈ L(E, F ) et S ∈ L(F, G). Si S ou T est compact alors S ◦ T


est compact (S ◦ T ∈ K(E, G)).

Démonstration:

Si T ∈ K(E, F ). Alors, pour toute suite bornée (xn )n∈N de E, la suite (T (xn ))n∈N admet une
€ Š € Š
sous-suite T (xϕ(n) ) n∈N qui converge vers un point y ∈ F . Puisque S est continu, S(T xϕ(n) ) n∈N
converge vers S(y) ∈ G. Donc S ◦ T ∈ K(E, G).
Si S ∈ K(F, G). Alors, pour toute suite (xn )n∈N d’éléments de E bornée par une constante
M , la suite (T (xn ))n∈N est une suite bornée dans F . En effet, pour tout n ∈ N, on a

kT (xn )kF ≤ kT kkxn kE ≤ M kT k.


€ Š
Comme S ∈ K(F, G), la suite (S(T (xn )))n∈N admet une sous-suite S(T (xρ(n) )) n∈N
qui converge
vers un point z ∈ G Donc S ◦ T ∈ K(E, G).

3


Corollaire IV.1.1 Soit X un espace vectoriel normé de dimension infinie. Alors, l’opérateur
identité de X n’est pas compact. Plus généralement, tout isomorphisme T : X → X n’est pas
compact.

Démonstration:

Pour l’opérateur identité I sur X, on a I(BX ) = BX , qui ne peut être compacte car la dimension
de X est infinie (voir théorème de Riesz ??).
Quant à l’assertion générale, si un isomorphisme T : X → X est compact alors l’opéra-
teur identité I = T −1 ◦ T serait compact, d’après la proposition précédente, ce qui serait une
contradiction.


Définition IV.1.2 Soient X et Y deux espaces vectoriels normés. Une application T ∈ L(X, Y )
est dite de rang fini si la dimension de l’image de T est finie c’est-à-dire dim T (X) < +∞. On
note R(X, Y ) l’espace des opérateurs de rang fini.

Exemple IV.1.1 Soit X = Lp (]0, 1[, R) et soit T l’opérateur défini sur E par
Z 1
∀f ∈ X, T (f )(x) = xy(1 − xy)f (y)dy ∀x ∈]0, 1[.
0

Alors, T est à valeur dans Y = R2 [X]. Comme F est de dimension finie alors Im(T ) est de
dimension finie.

Remarque IV.1.1 Tout opérateur de rang fini est compact. En effet, T (BX ) est un fermé
borné de l’espace de dimension finie T (X), est donc compact.

Proposition IV.1.3 Soit T ∈ L(E, F ) tel qu’il (Tn )n∈N ⊂ R(E, F ) et lim kT − Tn k = 0.
n→+∞
Alors T est compact.
Si E et F sont des espaces de Hilbert alors T ∈ K(E, F ) si et seulement si il existe une
suite (Tn )n∈N ⊂ R(E, F ) telle que lim kT − Tn k = 0.
n→+∞

Démonstration:

Comme K(E, F ) est fermé, il s’ensuit que tout opérateur qui peut être approché par des opé-
rateurs de rang fini est également compact.

4
Soient T ∈ K(E, F ) et ε > 0.
Comme T est compact, T (BE ) est pré-compact, il existe donc Nε ∈ N et {y1 , y2 , · · · , yNε }
[

tels que T (BE ) ⊂ B(yi , ε). On pose Fε = vect{y1 , y2 , · · · , yNε }, Pε : F → F la projection
i=1
orthogonale sur Fε et Tε = Pε ◦ T . Comme Tε (E) = Pε ◦ T (E) ⊂ Fε , Tε est de rang fini.
D’autre part pour tout x ∈ BE , on a

kT (x) − Tε (x)k = kT (x) − Pε (T (x))k = inf kT (x) − yk < kT (x) − yi k < ε.


y∈Fε

D’où kT − Tε k < ε.


IV.2 Adjoint d’un opérateur borné


Définition IV.2.1 Soit X un C−espace vectoriels normé. On appelle
1. forme sesquilinéaire hermitienne toute application B : X × X −→ C telle que :
(a) l’application x ∈ X 7−→ B(x, y) ∈ C est semi-linéaire pour tout y ∈ X :

∀ α, β ∈ C, ∀x, z, y ∈ E, B(αx + βz, y) = αB(x, y) + βB(z, y)

(b) l’application y ∈ X 7−→ B(x, y) ∈ C est linéaire pour tout x ∈ X :

∀ α, β ∈ C, ∀x, z, y ∈ E, B(x, αy + βz) = αB(x, y) + βB(x, z)

(c) l’application B est hermitienne : ∀x, y ∈ E, B(x, y) = B(y, x)


2. forme quadratique sur X toute application Q : X −→ C pouvant s’écrire sous la forme
Q(x) = B(x, x) pour au moins une forme sesquilinéaire hermitienne B.
On la notera alors Q = QB et on dit que c’est la forme quadratique associée à B.

Remarque IV.2.1 Comme B(x, x) = B(x, x), pour tout vecteur x ∈ E, la forme quadratique
QB (x) = B(x, x) ∈ R.

Définition IV.2.2 On appelle produit scalaire sur un C−espace vectoriel X toute forme ses-
quilinéaire hermitienne définie positive, qu’on notera en général h·, ·i.
On dit qu’un tel couple (X, h·, ·i) est un espace pré-hilbertien complexe, et qu’il est hermitien
si de plus l’espace vectoriel X est de dimension finie.

5
Proposition IV.2.1 Si h·, ·i est un produit scalaire sur un C−espace vectoriel X, on peut
définir une norme sur X, dite norme hilbertienne ou hermitienne associée, en posant :
È
kxk = hx, xi.

Si (X, k · k) est complet on dit que c’est un espace de Hilbert.

Définition IV.2.3 Soient X et Y deux espaces vectoriels normés et T ∈ L(X, Y ). On dit que
T est un opérateur bornée si T (BX ) est borné dans Y .

Théorème IV.2.1 (Théorème de représentation de Riesz) Soit H un espace de Hilbert


muni d’un produit scalaire <· ,·>.
Soit f une forme linéaire continue sur H, alors il existe un unique y ∈ H tel que :

∀ x ∈ H, f (x) = hy, xi

Démonstration:

F := ker f est fermé car f est continue.

1. Existence : Si F ⊥ = {0} alors (F ⊥ )⊥ = F = H donc f = 0 et on prend y = 0.


Sinon soit w ∈ F ⊥ tel que kwk = 1. On a

f (x)
f (w) 6= 0 et ∀ x ∈ H, x− w ∈ kerf = F.
f (w)

Donc ® ¸
f (x) f (x)
w, x − w = 0 ⇒ hw, xi = hw, wi .
f (w) f (w)
D’où pour tout x ∈ H

f (x) = f (x) hw, wi = f (w) hw, xi = hy, xi

en posant y = f (w)w

2. Unicité : Soient y1 et y2 deux éléments de H tels que

f (x) = hy1 , xi = hy2 , xi ⇒ hy1 − y2 , xi = 0.

6
En prenant x = y1 − y2 on a

hy1 − y2 , y1 − y2 i = 0 ⇒ y1 − y2 = 0.

Proposition IV.2.2 Soient E et F deux espaces vectoriels de Hilbert et T ∈ L(E, F ). Alors


il existe un unique opérateur T ∗ ∈ L(F, E) tel que pour tout x ∈ E et pour tout y ∈ F , on ait

hT (x), yi = hT ∗ (y), xi .

De plus on a
kT ∗ k = kT k.

Démonstration:

Soit y ∈ F , l’application x 7−→ hT (x), yi est linéaire continue sur E. En effet

| hT (x), yi | ≤ kT (x)kF kykF ≤ kT kkykF kxkE ≤ CkxkE .

Donc d’après le théorème de représentation de Riesz il existe un unique T ∗ (y) ∈ E tel que

hT (x), yi = hx, T ∗ (y)i .

Vérifions que T ∗ est linéaire. Soient y et z deux éléments de F et λ ∈ K on a

hx, T ∗ (x) + λT ∗ (z)i = hx, T ∗ (y)i + hx, λT ∗ (z)i


= hT (x), yi + λ hT (x), zi
= hT (x), y + λzi
= hx, T ∗ (y + λz)i .

Par unicité T ∗ (y + λz) = T ∗ (x) + λT ∗ (z) donc T ∗ est linéaire.

7
D’autre part

kT ∗ k = sup kT ∗ (y)kE
kykF ≤1

= sup | hx, T ∗ (y)i |


kxkE ≤ 1
kykF ≤ 1
= sup | hT (x), yi |
kxkE ≤ 1
kykF ≤ 1
= sup kT (x)kF = kT k
kxkE ≤1

donc T ∗ est continue car bornée sur la boule unité et kT ∗ k = kT k




Remarque IV.2.2 Soit H un espace de Hilbert. Pour tout y ∈ H on a kyk = sup | hx, yi |.
kxk≤1
En effet kyk = 0 alors la relation est vraie sinon

| hx, yi | ≤ kxkkyk ⇒ sup | hx, yi | ≤ sup kxkkyk = kyk (a).


kxk≤1 kxk≤1

on a aussi ® ¸
y kyk2
,y = = kyk ⇒ sup | hx, yi | ≥ kyk (b)
kyk kyk kxk≤1

(a) et (b) ⇒ kyk = sup | hx, yi |.


kxk≤1

Définition IV.2.4 Soient E et F deux espaces de Hilbert et T ∈ L(E, F ). L’unique application


linéaire T ∗ ∈ L(F, E) telle que

∀ x ∈ E, ∀ y ∈ F hT (x), yi = hx, T ∗ (y)i

est appelée l’adjoint de T .

Proposition IV.2.3 Soient E et F deux espaces de Hilbert. L’application T 7−→ T ∗ est un


isomorphisme de L(E, F ) dans L(F, E). Elle est linéaire si les espaces sont réels et antilinéaire
si les espaces sont complexes. De plus

∀ T ∈ L(E, F ), (T ∗ )∗ = T et kT ∗ ◦ T k = kT k2 .

8
Enfin (S ◦ T )∗ = T ∗ ◦ S ∗ .

Démonstration:

Preuve Exercice.


Proposition IV.2.4 Soit E un espace de Hilbert sur le corps K et T ∈ K(E). Alors T ∗ est
un opérateur compact.

Démonstration:

Soit (xn ) une suite bornée. Comme T est compact il en est de même pour T ◦ T ∗ . Il existe alors,
une sous-suite (xϕ(n) ) telle que T ◦ T ∗ (xϕ(n) ) converge. Comme
¬ ¶ ¬ ¶
T ◦ T ∗ (xϕ(n) ) − T ◦ T ∗ (xϕ(m) ), xϕ(n) − xϕ(m) = T ∗ (xϕ(n) ) − T ∗ (xϕ(m) ), T ∗ (xϕ(n) ) − T ∗ (xϕ(m) )
= kT ∗ (xϕ(n) ) − T ∗ (xϕ(m) )k2 .

Donc

kT ∗ (xϕ(n) ) − T ∗ (xϕ(m) )k2 ≤ kT ◦ T ∗ (xϕ(n) ) − T ◦ T ∗ (xϕ(m) )k · kxϕ(n) − xϕ(m) k

et comme (T ◦ T ∗ (xϕ(n) )) est de convergente et (xϕ(n) ) est bornée, on aura que

lim kT ∗ (xϕ(n) ) − T ∗ (xϕ(m) )k = 0,


n,m→+∞

(T ∗ (xϕ(n) )) est donc de Cauchy et par complétude, elle converge dans E.




IV.3 Spectre d’un opérateur


Définition IV.3.1 Soit T ∈ L(E, E) = L(E).
1. On appelle ensemble résolvant de Y l’ensemble

ρ(T ) = {λ ∈ K / λI − T est inversible}.

Un élément de ρ(T ) est appelé valeur résolvante de T .

9
2. Si λ ∈ ρ(T ) on définit la résolvante Rλ (T ) de T au point λ par

Rλ (T ) = (λI − T )−1 .

3. Le spectre σ(T ) de T est l’ensemble

σ(T ) = K\ρ(T ).

Un élément de σ(T ) est appelé valeur spectrale de T .


4. On dit que λ ∈ K est une valeur propre de T si λI − T n’est pas injectif. Autrement dit
l’ensemble des valeurs propre Vp (T ) de T est donné par

{λ ∈ K / ker(T ) 6= {0}} .

Remarques 1

1. les définitions ci-dessus restent valable même si E n’est pas de Banach.


2. l’ensemble des valeurs propres est aussi appelé spectre ponctuel.
3. On a toujours Vp (T ) ⊂ σ(T ).
4. Si E est de dimension finie, λI − T est inversible si et seulement si ker(T ) = {0}. En
particulier, on en déduit, Vp (T ) = σ(T ).

Exemple IV.3.1 Soit E = C([0, 1], K) et soit T l’opérateur défini sur E par
Z x
∀f ∈ E, T (f )(x) = f (y)dy ∀x ∈ [0, 1].
0

On a ker(T ) = {0} et Im(T ) = {g ∈ C([0, 1], K) / g(0) = 0}.


T est injective donc 0 ∈
/ Vp (T ) mais T n’est pas surjective donc 0 ∈ σ(T ).

Proposition IV.3.1 Soit T ∈ L(E).


1. Si |λ| > kT k alors λ ∈ σ(T ). En particulier on a σ(T ) ⊂ B(0, kT k).
2. ρ(T ) est un ouvert non vide de K.
3. σ(T ) est un compact de K.
4. Vp (T ) ⊂ σ(T )

10
Preuve en Exercice.

Proposition IV.3.2 Soit T ∈ L(E). On définit le rayon spectral γ(T ) de T par

γ(T ) = sup |λ|.


λ∈σ(T )

Si σ(T ) = ∅, par convention, on pose γ(T ) = 0.

11

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