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Précis

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2090341 Phy Elec ci MPSI:2090341 Phy Elec ci MPSI 24/06/10 9:58 Page 1

BRÉAL
Titres disponibles en première année dans la filière MPSI... LES NOUVEAUX

Précis
Précis
En Physique En Mathématiques
Optique MPSI-PCSI-PTSI Analyse MPSI
Mécanique MPSI Algèbre et géométrie MPSI
Électrocinétique MPSI
Électromagnétisme MPSI Livres d’exercices
Thermodynamique MPSI Mathématiques MPSI

LES NOUVEAUX
Physique MPSI
En Chimie
Chimie MPSI
B R É A L

MPSI
LES NOUVEAUX
Physique
Précis B R É A L

Électrocinétique
Électrocinétique
Une collection tenant compte de vos besoins et de vos
contraintes, conçue pour vous aider tout au long de
l'année à préparer efficacement les concours.

➜ Un cours complet et très clair, illustré de nombreux exemples,


pour comprendre et assimiler.
➜ Des pages de méthode, facilement mémorisables, pour acquérir
les savoir-faire et les réflexes nécessaires.
MPSI
➜ De nombreux exercices corrigés, variés et progressifs, pour Cours
s'entraîner régulièrement.
Méthodes G. ROSSET
Physique
Les Nouveaux Précis Bréal sont la collection de référence pour
réussir sa prépa et intégrer une grande école d’ingénieurs.
Exercices résolus

Réf. : 209.0341
ISBN : 2 7495 0224 1
9:HSMHOJ=ZUWWYX: Nouveau programme
KA_MPSI.book Page 4 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23
KA_MPSI.book Page 1 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

LES NOUVEAUX

Précis B R É A L

Électrocinétique
MPSI
G . R O S S E T
Professeur en classes préparatoires scientifiques
au lycée La Martinière à Lyon

1, rue de Rome - 93561 Rosny-sous-Bois cedex


KA_MPSI.book Page 2 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

LES NOUVEAUX

Précis
B R É A L
Mathématiques 1re année
■ Analyse MPSI

■ Algèbre et géométrie MPSI

Physique 1re année


■ Mécanique MPSI

■ Électromagnétisme MPSI

■ Électrocinétique MPSI

■ Optique MPSI-PCSI-PTSI

■ Thermodynamique MPSI

Chimie 1re année


■ Chimie MPSI

Exercices 1re année


■ Mathématiques MPSI

■ Physique MPSI

Nous remercions M. Jérôme MAJOU, professeur en classes préparatoires scientifiques au lycée Jules Ferry,
à Versailles, pour sa collaboration à cet ouvrage.

Maquette : Sophie Martinet


Couverture : Sophie Martinet
Réalisation : Alpha-Édit

© Bréal 2003
Toute reproduction même partielle interdite.
Dépôt légal : août 2003.
ISBN 2 7495 0224 1

réf : 2090341 - e-sbn : 978-2-7495-2027-8


KA_MPSI.book Page 3 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

es Nouveaux Précis Bréal sont conçus pour apporter aux étudiants des
Lservant

Avant-propos
classes préparatoires une aide efficace dans leur travail. Tout en con-
la rigueur des éditions précédentes, nous nous sommes efforcés d’aplanir
au mieux toutes les difficultés inhérentes au discours scientifique. Nous savons
par expérience que le rythme de la prépa n’autorise aucune perte de temps,
et nous pensons qu’une explication claire et précise permet d’éviter au lecteur tout
« blocage » inutile.

Strictement conforme au nouveau programme, cet ouvrage s’adresse à tous


les étudiants de première année de la filière MPSI. Chaque chapitre est divisé en
trois parties complémentaires.

■ Le Cours, qui présente les principaux raisonnements à comprendre et à


connaître, accompagnés de nombreuses applications directes afin d’assimi-
ler immédiatement les notions traitées.

■ Les pages Méthodes, qui contiennent deux rubriques indispensables à


la progression personnelle : L’essentiel permet de mémoriser rapidement tout
ce qu’il faut retenir du chapitre, et la Mise en œuvre expose les grandes
méthodes afin d’acquérir les bons « réflexes » en situation.

■ Les Exercices, classés par niveaux de difficulté, dont les solutions détaillées
sont enrichies d’astuces et de conseils (précédés des logos ou ).
Certains exercices sont accompagnés de courtes indications, comme en
colle : il suffit parfois d’un petit « déclic » pour démarrer !

Il nous est apparu nécessaire d’accorder aux Méthodes et aux Exercices une
place équivalente à celle du Cours. En effet, l’apprentissage ne peut pas être effi-
cace sans combiner étroitement ces trois dimensions : comprendre, savoir faire et
s’entraîner. En revanche, s’il organise intelligemment son travail, l’étudiant pourra
s’améliorer dans toutes les disciplines en gérant au mieux son temps et ses efforts,
principale condition de la réussite.

Ainsi, les étudiants de MPSI disposeront, en électrocinétique, d’un outil de travail


complet, adapté au rythme soutenu de cette première année de préparation aux
concours.

Nous espérons que ce Nouveau Précis les aidera à accéder avec confiance
en deuxième année et nous répondrons volontiers à toute suggestion, remarque
ou critique par e-mail à l’adresse infos@[Link].

L’éditeur et les auteurs


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Sommaire
Chapitre 1 ■ Lois générales de l’électrocinétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Méthodes : l’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
Exercices : énoncés, solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23

Chapitre 2 ■ Modélisations linéaires d’un dipôle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31


Méthodes : l’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
Exercices : énoncés, solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54

Chapitre 3 ■ Condensateurs et bobines – Dipôles linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . 79


Méthodes : l’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
Exercices : énoncés, solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94

Chapitre 4 ■ Régimes transitoires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103


Méthodes : l’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
Exercices : énoncés, solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133

Chapitre 5 ■ Signaux sinusoïdaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 165


Méthodes : l’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173
Exercices : énoncés, solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176

Chapitre 6 ■ Étude du circuit RLC série : résonance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 181


Méthodes : l’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 197
Exercices : énoncés, solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 201

Chapitre 7 ■ Régime sinusoïdal forcé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 213


Méthodes : l’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 224
Exercices : énoncés, solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 230

Chapitre 8 ■ Filtres du premier ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245


Méthodes : l’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 263
Exercices : énoncés, solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 273

Index . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 284
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CHAPITRE

1 Lois générales de
l’électrocinétique
Introduction

Un circuit électrique est constitué de différents composants reliés entre eux par des fils.
On appelle dipôle électrocinétique un composant ayant deux bornes, par exemple un
générateur, une résistance, un condensateur ou une bobine. En travaux pratiques, on
étudiera aussi une diode, une lampe à incandescence, une varistance, etc.
Ce chapitre introduit les grandeurs et les lois fondamentales de l’électrocinétique.

Plan du chapitre 1
A. La loi des nœuds . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1. Les différents courants électriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2. Intensité du courant électrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
3. Densité de courant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
4. Conservation de la charge : la loi des nœuds. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
B. La loi des mailles. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1. Différence de potentiel entre deux points. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2. Additivité des tensions : la loi des mailles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
C. Puissance électrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1. Caractère générateur – caractère récepteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2. Convention générateur – convention récepteur. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3. Puissance électrique d’un dipôle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
C. L’approximation des régimes quasi-stationnaires (ARQS) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
Méthodes
L’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
Énoncés des exercices. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
Indications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25

7
KA_MPSI.book Page 8 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Dans un circuit électrique, on appelle nœud un point du circuit reliant entre


eux trois dipôles ou plus. L’ensemble des dipôles compris entre deux nœuds
consécutifs constitue une branche. Enfin, un ensemble de branches formant
un contour fermé constitue une maille (fig. 1).

A B C

Fig. 1 - Les points A, B, C, D, E sont des nœuds. Sur le schéma, on a encadré en pointillés
la branche AB et la maille CDE.

A. La loi des nœuds


Le courant électrique dans un circuit correspond à un mouvement ordonné de
charges électriques (appelées porteurs de charges ou plus simplement porteurs),
sans tenir compte du mouvement microscopique désordonné de ces charges.

A.1. Les différents courants électriques


En général, on distingue plusieurs types de courants électriques.
• Le courant de conduction correspond au déplacement de charges électri-
ques dans un support matériel conducteur :
– dans les conducteurs usuels, les porteurs de charge sont les électrons de
1. La charge élémentaire e vaut charge négative q = – e1 ;
1,6 · 10–19 C.
– dans les semi-conducteurs, les porteurs de charge sont soit des électrons
(semi-conducteurs dopés n), soit des « trous » de charge q = +e (semi-conduc-
teurs dopés p) ;
– dans les électrolytes, les porteurs de charge sont des ions en solution
(cations et anions).
2. Par exemple, en frottant un
vêtement en acrylique avec une • Le courant de convection est causé par le déplacement d’un objet lui-même
règle en plastique, on arrache des chargé 2.
électrons à la règle qui se charge
• Le courant de particules est dû aux déplacements de particules chargées
négativement. Si l’opérateur
déplace la règle dans la pièce, il dans le vide, par exemple d’électrons dans le tube d’un téléviseur ou d’un
crée alors un courant de oscilloscope.
convection. • Le courant de déplacement est introduit lors de la propagation des ondes
3. Hans Christian Œrsted (1777- électromagnétiques.
1851), physicien danois, découvrit Le passage d’un courant électrique crée toujours un champ magnétique3, qui
en 1820 l’existence du champ
met en rotation une aiguille aimantée (par exemple, dans une boussole).
magnétique créé par les courants
électriques, ouvrant ainsi la voie à En première année, seul le courant de conduction est étudié : dans la suite,
la théorie de l’électromagnétisme. on se placera donc toujours dans ce cas.

8
Chapitre 1 : Lois générales de l’électrocinétique
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A.2. Intensité du courant électrique


orientation
section
du A.2.1 - Définition de l’intensité
circuit
L’intensité du courant mesure la quantité algébrique d’électricité (c’est-à-
dire, la charge électrique) traversant la section d’un circuit orienté par unité
de temps (fig. 2). L’unité de charge est le coulomb (C)1 et l’unité d’intensité
est l’ampère (A)2.
Fig. 2 - Section du circuit
orienté. Définition 1

1. Charles de Coulomb (1736-1806), L’intensité du courant dans un circuit orienté, exprimée en ampère (A),
physicien français, établit les lois est la grandeur algébrique correspondant au débit de charges.
expérimentales et théoriques de
l’électrostatique et du
magnétisme. A.2.2 - Sens de circulation des charges
2. André Marie Ampère (1775-
D’après la définition, un courant d’intensité positive correspond au déplace-
1836), physicien français, jeta les ment de charges positives dans le sens du circuit orienté ou au déplacement
bases de la théorie de de charges négatives en sens inverse (fig. 3).
l’électromagnétisme et de la
théorie électronique de la matière. A contrario, un courant d’intensité négative correspond au déplacement de
Il imagina le galvanomètre. charges négatives dans le sens du circuit orienté ou au déplacement de char-
ges positives en sens inverse (fig. 3).

orientation
du circuit orientation
du circuit

déplacements de déplacements de
charges positives charges négatives

orientation orientation
du circuit du circuit

déplacements de déplacements de
charges négatives charges positives

Fig. 3 - En haut, l’intensité du courant est positive (le courant réel circule dans le sens du circuit
orienté). En bas, l’intensité du courant est négative (le courant réel circule dans le sens opposé à
l’orientation du circuit).

Remarques expérimentales
L’intensité du courant dans un circuit est mesurée à l’aide d’un ampèremètre.
En travaux pratiques, on mesure parfois la tension aux bornes d’une résis-
tance de valeur connue, puis on en déduit la valeur de l’intensité par la loi
d’Ohm (voir chapitre 2).

9
Cours
KA_MPSI.book Page 10 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

A.2.3 - Relation charge-intensité


1. Les unités du Système • En régime permanent, l’intensité I du courant est constante dans le temps.
International sont : le mètre (m), le D’après la définition de l’intensité, une section quelconque du circuit est tra-
kilogramme (kg), l’ampère (A), la versée par la charge algébrique Q = It pendant la durée t 1.
seconde (s), le kelvin (K), le
• En régime variable, l’intensité i du courant évolue avec le temps, mais elle
candela (cd) et la mole (mol). Dans
ces unités, on a : peut être considérée constante sur un intervalle de temps δt très petit. Pen-
1 C = 1 A · s. dant cette durée, il circule alors la charge algébrique δQ = iδt.

2. La notation δt représente un Dans un circuit, l’intensité i du courant est égale à la dérivée par rapport
intervalle de temps très petit. au temps t de la charge Q traversant une section du circuit orienté2 :
Quand on fait tendre cet intervalle
de temps δt vers 0, la limite du
i intensité en ampère (A)
δQ dQ
rapport ------- est par définition la
δt i = --------- Q charge en coulomb (C)
dérivée de la charge Q par rapport dt
t temps en seconde (s)
δQ
au temps t : ------- = lim  ------- .
dQ
dt δt → 0  δt 

Application 1 Charge d’une batterie


Pour recharger une batterie, un chargeur délivre un courant d’intensité 5,0 A sous une tension de
12 V et fonctionne pendant 10 heures.
a) Quelle quantité d’électricité circule dans les fils d’alimentation de la batterie lors de cette charge ?
b) Les porteurs de charge sont les électrons. Combien d’électrons ont circulé pendant cette charge ?
Solution
a) L’intensité du courant I = 5,0 A est constante. La durée de la charge est t = 10 h = 3,6 · 104 s. La
quantité d’électricité circulant dans les fils d’alimentation vaut donc :
Q = It = 5,0 × 3,6 · 104 = 1,8 · 105 C.
b) La valeur absolue de la charge d’un électron est e = 1,6 · 10–19 C. Pour avoir la charge Q, il a donc
circulé dans les fils N électrons tels que :
Q 1,8 ⋅ 10 5
Q = Ne, d’où : N = ---- = -------------------------
- = 1,1 · 10 24 électrons !!!
e 1,1 ⋅ 10 –19

A.3. Densité de courant


Le vecteur densité de courant j caractérise le mouvement d’ensemble des
q porteurs de charges dans un circuit électrique.
V
dτ A.3.1 - Courant créé par un seul type de porteurs
On considère un volume élémentaire δτ dans lequel circulent des porteurs de
charges q à la vitesse moyenne V (fig. 4). Ce volume est à la fois suffisam-
Fig. 4 - Dans le volume
élémentaire dτ circulent des ment petit pour être considéré ponctuel à l’échelle humaine et suffisamment
porteurs de charge q à la vitesse grand pour contenir de nombreux porteurs. Il s’agit, par exemple, d’un cube
moyenne V . de côté de l’ordre du micron (1 µm = 10–6 m) : cette dimension est petite par
rapport à notre échelle (de l’ordre du mètre), mais grande par rapport à la dis-
3. Dans un conducteur neutre, la tance entre les molécules, les ions ou les atomes dans le conducteur (de
densité de charges totale est la l’ordre de 1 nm = 10–9 m).
somme de la densité de charges Le volume élémentaire δτ contient δN = nδτ porteurs de charges, où n est la
due aux porteurs en mouvement et
de la densité de charges due aux
densité volumique des porteurs (c’est-à-dire le nombre de porteurs par unité
ions immobiles du réseau de volume). On appelle alors ρm la densité volumique de charges mobiles3
conducteur : elle est donc nulle. telle que ρm = nq.

10
Chapitre 1 : Lois générales de l’électrocinétique
KA_MPSI.book Page 11 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Définition 2

Dans un circuit, le vecteur densité de courant j caractérise le mouve-


1. Comme n s’exprime en m–3, q en ment d’ensemble des porteurs de charges1 :
coulomb (C) et V en m · s –1, l’unité
de j est donc : j densité de courant (A · m–2)
m –3 × C × m · s –1 = C · s–1 · m –2
= A · m–2. j = rm V ρm densité volumique de charges mobiles (C · m–3)
V vitesse moyenne des porteurs (m · s–1)

Le vecteur densité de courant j a toujours le même sens que le courant réel


dans le circuit.

A.3.2 - Courant créé par différents types de porteurs


Si le volume δτ contient différents types de porteurs de charges q1, q2…, on
définit alors les densités de courant correspondant à chacun :

j1 = ρ1 ⋅ V 1 ; j 2 = ρ2 ⋅ V 2 ; …
Des charges positives en mouvement dans un sens ont donc le même effet que
des charges négatives en mouvement en sens inverse. Globalement, les por-
teurs contribuent ensemble au courant total.

Dans un circuit, la densité de courant totale j est la somme des densités


de courant correspondant à chaque type de porteurs de charges :

j = ∑k jk = ∑k rk Vk .
V δt δS n
A.3.3 - Densité de courant et intensité
orientation
On considère la section d’un circuit électrique dans lequel circule un seul type
du crcuit
de porteurs de charges q à la vitesse moyenne V . La surface élémentaire δ S,
Fig. 5 - La surface δS est de dimensions suffisamment petites pour être considérée comme plane, est
orientée par le vecteur normal n . orientée par le vecteur normal n dans le même sens que le circuit (fig. 5).
Les porteurs de charges traversant la surface δ S pendant l’intervalle de temps
δ t sont tous les porteurs initialement contenus dans le cylindre de base δ S et
2. Le volume d’un cylindre oblique de génératrice V δt, dont le volume est δ S × δ t V ⋅ n 2. En notant ρm la den-
est le même que celui du cylindre sité volumique de charges mobiles, la quantité d’électricité traversant δ S pen-
droit de même base S et de même
hauteur h.
dant δ t vaut donc 3 :

3. La notation δ 2 Q signifie que la δ 2 Q = ρ m V ⋅ n δSδt.


charge calculée résulte du produit
de deux grandeurs élémentaires :
Il circule donc à travers la surface δ S un courant élémentaire d’intensité :
– l’intervalle de temps élémentaire δ2Q
δt ; δI = ---------- = ρ m V ⋅ n δS, soit : δI = j ⋅ n δS.
δt
– la surface élémentaire δS.
Dans le circuit, le courant total I est la « somme » de tous les courants élémen-
4. – Si la section S est plane, le
vecteur normal n à cette surface taires δ I. Si la section S est plane et que la densité j de courant est uniforme4,
est normal à toutes les surfaces
élémentaires δS. alors le produit scalaire j ⋅ n est égal pour toutes les surfaces élémentaires δ S
– La densité de courant j est et la « somme » s’écrit :
uniforme si le vecteur j est le
même en tout point du domaine I = j ⋅ n S.

11
Cours
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Dans un circuit orienté, si la densité j du courant est uniforme, l’intensité I


1. Si ces conditions ne sont pas du courant traversant une section plane S vaut1 :
vérifiées (section S plane et
I intensité du courant (A)
densité de courant j uniforme),
alors la « somme » des différents S section du courant (m2)
courants élémentaires ramène au I = j ·nS j densité de courant (A · m–2)
calcul d’une intégrale « de
surface » sur la section S du n vecteur normal à la section orientée
circuit.

Application 2 Vitesse des porteurs


Un fil électrique de section droite S = 1,0 mm2 est parcouru par un courant d’intensité constante
I = 10 A (ordre de grandeur du courant d’alimentation d’un radiateur ou d’un lave-linge). La densité
volumique des porteurs (électrons de charge q = –e = –1,6 · 10–19 C) est n = 1,0 · 1029 m–3.
a) Que vaut la norme j de la densité de courant ?
b) Déterminer la vitesse moyenne des porteurs.
Solution
a) Lorsque la section est droite, le vecteur densité de courant j est colinéaire au vecteur n normal
à la section orientée. On a donc :
I 10
I = j ⋅ n S = j S, soit : j = --- = -----------------------
- = 10 7 A · m – 2 .
S 1,0 ⋅ 10 –6
b) Par définition, on a : j = n q V, où V est la vitesse moyenne des porteurs. On en déduit donc :
j 10 7
- = 6,25 ⋅ 10 – 4 m ⋅ s –1 , soit : 0,62 mm · s–1.
V = ------ = --------------------------------------------------------
ne 1,0 ⋅ 10 29 × 1,6 ⋅ 10 –19
Remarque : à titre de comparaison, la célérité du son dans l’air à 20 °C vaut 340 m · s–1, la célérité
de la lumière dans le vide vaut c = 3 · 108 m · s–1 et la vitesse quadratique des molécules d’air est de
l’ordre de 500 m · s–1.

B
A.4. Conservation de la charge : la loi des nœuds
A En régime permanent, la charge contenue dans un volume quelconque du
conducteur ne varie pas au cours du temps : dans ce volume, le débit des
charges entrant réellement est donc égal au débit des charges sortant réelle-
q V ment. En conséquence, l’intensité I du courant a la même valeur en tout point
d’une branche du circuit (fig. 6).
En revanche, la densité de courant et la vitesse des porteurs ne sont pas néces-
Fig. 6 - En régime permanent, le
débit des charges à travers la sairement égales. Ainsi, si la section S de la branche diminue de moitié entre
surface en A est égal au débit des deux points A et B, l’intensité I restant la même, la densité de courant j et la
charges à travers la surface en B : vitesse V des porteurs doublent entre ces points.
l’intensité du courant est donc la
même en A et en B.
En un nœud du circuit, la conservation de la charge se traduit par la loi des
nœuds.

Loi 1
I1 I3 Loi des nœuds
A
La somme des intensités Ii des courants algébriques arrivant à un nœud du
circuit est égale à la somme des intensités Ij des courants algébriques s’éloi-
I2 I4 gnant de ce nœud (fig. 7) :
Fig. 7 - Au nœud A, on a : ∑ Ii = ∑ Ij .
I1 + I2 = I3 + I4 . arrivant sortant

12
Chapitre 1 : Lois générales de l’électrocinétique
KA_MPSI.book Page 13 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Application 3 Intensité du courant dans un dipôle


Déterminer les intensités I1 et I2 non précisées sur le schéma ci-dessous.

B 0,8 A

I1 1,2 A

A
– 0,3 A

0,7 A

I2

Solution
• Les courants d’intensité 0,8 A, 1,2 A et –0,3 A arrivent en A, alors que les courants d’intensité
0,7 A et I2 repartent de A. D’après la loi des nœuds :
0,8 + 1,2 – 0,3 = 0,7 + I2 , d’où : I2 = 1 A .
• De même, le courant d’intensité I1 arrive en B et les courants d’intensités 0,8 A et 1,2 A repartent
de B. D’après la loi des nœuds :
I1 = 0,8 + 1,2 = 2 A .

B. La loi des mailles


B.1. Différence de potentiel entre deux points
Dans un circuit, le mouvement des porteurs de charges q est dû à la force qE
1. Le cours d’électrostatique
créée par le champ électrique E . Cette force dérive d’une énergie potentielle
définira le champ électrique E et
la fonction potentielle V, dont nous q V1 définie à une constante additive près2.
admettrons ici les propriétés. Dans un circuit électrique, les charges évoluent spontanément dans le sens
2. En Terminale, on a vu que des potentiels décroissants en l’absence de générateur. On peut schématiser
l’expression de l’énergie potentielle cette évolution par analogie avec l’écoulement naturel d’un fluide dans un cir-
de pesanteur Epp = mgz dépend du cuit hydraulique, de l’altitude la plus élevée à l’altitude la plus faible (les char-
choix de l’origine des altitudes (elle
ges jouent le rôle du fluide et la fonction potentielle celui de l’altitude).
est donc définie à une constante
additive près). Ses variations, en
revanche, sont indépendantes de Définition 3
ce choix.
Dans un circuit, le potentiel électrique V, défini à une constante additive
3. Le volt rend hommage à près et exprimé en volt (V)3, est à l’origine du mouvement des charges. La
Alessandro Volta (1745-1827), différence de potentiel (ddp) ou tension, exprimée comme le potentiel
physicien italien, inventeur en en volt (V), est une grandeur algébrique indépendante de l’origine des
1800 de la première pile
électrochimique.
potentiels électriques.

13
Cours
KA_MPSI.book Page 14 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

1. Sur les appareils anciens, la En pratique, les appareils électriques sont reliés à la « masse », c’est-à-dire à
masse était reliée à la terre par la carcasse interne de l’appareil (par exemple, la borne noire du générateur)1.
l’alimentation électrique. On choisit alors cette masse comme origine des potentiels électriques sur le
Désormais, la double isolation des circuit.
appareils de laboratoire n’impose
plus ce lien. En revanche, les
appareils électriques Après avoir défini la masse, on peut associer à chaque point du circuit un
domestiques (lave-linge…) potentiel électrique V unique, égal à la différence de potentiel entre ce
conservent une liaison à la terre. point et la masse, choisie comme origine des potentiels électriques.

A Le potentiel VA du point A (respectivement VB du point B) est représenté par


une flèche partant de la masse au potentiel nul et arrivant au point A (respec-
UAB tivement au point B). La différence de potentiel UAB = VA – VB est alors
représentée par une flèche d’origine B et d’extrémité A (fig. 8).
VA B
Remarques expérimentales
VB La différence de potentiel UAB entre deux points A et B du circuit est mesurée
à l’aide d’un voltmètre ou observée à l’écran d’un oscilloscope. Il est à noter
que celui-ci impose souvent la masse, qui doit être commune aux autres mas-
ses présentes sur le circuit. L’oscilloscope permet alors de suivre l’évolution
;

du potentiel d’un point du circuit.


Fig. 8 - Représentation de la
différence de potentiel UAB .
Dans un montage, on veillera toujours à éviter les courts-circuits par les masses.

B.2. Additivité des tensions : la loi des mailles


• Soit trois points A, B et C d’un circuit. Les différences de potentiel entre les
2. Par définition, on a : points A et B, B et C, A et C s’écrivent respectivement2 :
UBA = –UAB .
UAB = VA – VB , UBC = VB – VC , UAC = VA – VC , d’où : UAC = UAB + UBC.

Dans un circuit, les différences de potentiel sont additives. Par exemple, si


A, B et C sont trois points du circuit, alors on a :
UAC = UAB + UBC.

• On considère une maille dans un circuit (fig. 9). En partant d’un point A
quelconque et en parcourant complètement la maille dans un sens donné,
l’additivité des différences de potentiel s’écrit :
UAA = UAB + UBC + UCD + UDE + UEA = 0.

UAB UBC
A B
C

UEA UCD

E D

UDE

Fig. 9 - La maille est orientée dans le sens des flèches.

14
Chapitre 1 : Lois générales de l’électrocinétique
KA_MPSI.book Page 15 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Loi 2
Loi des mailles
Dans une maille, la somme algébrique des différences de potentiel mesu-
1. La loi des nœuds et la loi des rées en parcourant complètement la maille dans un sens donné est nulle1 :
mailles sont appelées les lois de
Kirchhoff. Gustav Robert Kirchhoff ∑ U i = 0.
(1824-1887), physicien allemand, maille
établit en 1845 les lois
fondamentales de l’électricité.
Une maille est un contour fermé contenant des dipôles. Elle n’est pas nécessai-
rement isolée du reste du circuit. Par exemple, sur la figure 9, il existe des con-
nexions avec l’extérieur (non représentées) aux points A, E et D de la maille.

Application 4 Calcul d’une différence de potentiel


Déterminer la différence de potentiel U non précisée sur le schéma ci-dessous.

3V

B C

12 V 4V

A D

Solution
Dans le circuit, on a : UBA = 12 V ; UBC = 3 V ; UCD = 4 V ; UAD = U. La loi des mailles s’écrit :
UAB + UBC + UCD + UDA = 0, avec UAB = –UBA = –12 V et UDA = –UAD = –U.
On en déduit donc :
–12 + 3 + 4 – U = 0, soit : U = –5 V.

C. Puissance électrique
Dans un circuit, le fonctionnement des dipôles met en jeu de l’énergie.

C.1. Caractère générateur – caractère récepteur


• Un dipôle AB possède un caractère générateur si le courant réel circule
dans le sens des potentiels croissants à travers ce dipôle. Un générateur four-
nit de l’énergie au circuit électrique.
Exemples : le réseau EDF 220 V, les générateurs électrochimiques (piles, accu-
mulateurs), les générateurs électroniques commandés…
• Un dipôle AB possède un caractère récepteur si le courant réel circule
dans le sens des potentiels décroissants à travers ce dipôle. Un récepteur
reçoit de l’énergie du circuit électrique.
Exemples : les conducteurs ohmiques, les moteurs, de nombreux composants
électroniques…

15
Cours
KA_MPSI.book Page 16 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

C.2. Convention générateur – convention récepteur


a. I = IAB On considère un dipôle AB traversé par un courant orienté de la borne A vers
la borne B. L’intensité I = IAB du courant est algébrique : I est positive si le
A B courant réel circule de A vers B, négative si le courant réel circule de B vers A.
Ug = UBA On peut alors étudier le dipôle AB selon deux conventions (fig. 10) :
– la convention générateur, où la tension mesurée aux bornes du dipôle est
b.
I = IAB Ug = UBA, orientée dans le même sens que l’intensité I = IAB ;
– la convention récepteur, où la tension mesurée aux bornes du dipôle est
A B Ur = UAB, orientée en sens inverse de l’intensité I = IAB.
Ur = UAB Ces deux conventions permettent de déterminer le caractère générateur ou
récepteur du dipôle AB étudié. En effet :
Fig. 10 - – en convention générateur, si Ug et I ont le même signe (Ug et I positives ou
a. Convention générateur. Ug et I négatives), alors le courant réel circule dans le sens des potentiels
b. Convention récepteur. croissants et le dipôle AB est générateur ;
– en convention récepteur, si Ur et I ont le même signe (Ur et I positives ou
Ur et I négatives), alors le courant réel circule dans le sens des potentiels
décroissants et le dipôle AB est récepteur.

En convention générateur (respectivement récepteur), si l’intensité traver-


sant un dipôle et la tension à ses bornes ont le même signe, alors le dipôle
1. En revanche, en convention possède un caractère générateur (respectivement récepteur)1.
générateur (respectivement
récepteur), si les grandeurs
intensité et tension sont de signes
opposés, alors le dipôle possède
un caractère récepteur
C.3. Puissance électrique d’un dipôle
(respectivement générateur), car Lorsqu’un courant circule dans un dipôle AB, des échanges d’énergie électri-
le courant réel circule dans le sens que ont lieu entre ce dipôle et les charges. L’énergie potentielle d’une charge q
des potentiels décroissants
(respectivement croissants).
passant du point A (au potentiel VA) au point B (au potentiel VB) varie ainsi
de la quantité q VB – q VA = q ( VB – VA) = q UBA. Par définition de l’intensité du
courant, la variation d’énergie totale des charges traversant le dipôle pendant
2. Par définition, la charge l’unité de temps est égale à la quantité algébrique IABUBA2. La puissance élec-
algébrique totale traversant le trique Pg fournie par le dipôle aux charges vaut donc3 :
dipôle AB pendant l’unité de temps
est égale à l’intensité I = IAB du Pg = IABUBA = IUg.
courant. À l’opposé, la puissance électrique Pr reçue par le dipôle AB des charges vaut :
Pr = –IABUBA = IABUAB = IUr .
3. Dans ce paragraphe, toutes les
grandeurs sont algébriques. Si la
puissance Pg fournie par le dipôle La puissance électrique s’exprime en watt (W) si l’intensité est en
AB est positive, alors le dipôle ampère (A) et la tension en volt (V) :
fournit effectivement de l’énergie
aux charges (et la puissance Pr puissance fournie puissance reçue
reçue par le dipôle des charges est
bien négative). De même, si la
(convention générateur) (convention récepteur)
puissance Pr reçue par le dipôle Pg = Ug I Pr = Ur I
AB est négative, alors le dipôle
reçoit effectivement de l’énergie
de la part des charges (et la • Le dipôle AB possède un caractère générateur si la puissance Pg qu’il fournit
puissance Pg fournie par le dipôle (calculée en convention générateur) est positive. La puissance Pr = –Pg qu’il
aux charges est bien négative).
reçoit (calculée en convention récepteur) est alors négative.
• Le dipôle AB possède un caractère récepteur si la puissance Pr qu’il reçoit
(calculée en convention récepteur) est positive. La puissance Pg = –Pr qu’il
fournit (calculée en convention générateur) est alors négative.

16
Chapitre 1 : Lois générales de l’électrocinétique
KA_MPSI.book Page 17 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

D. L’approximation des régimes


quasi-stationnaires (ARQS)
Un circuit est en régime « quasi-stationnaire » lorsque les tensions aux bornes
des dipôles et l’intensité du courant varient « lentement ». On compare alors la
1. La grandeur temporelle T grandeur temporelle T caractéristique de l’évolution des grandeurs électriques1
caractéristique de l’évolution des avec une grandeur temporelle τ caractéristique du circuit, définie par le temps
grandeurs électriques est, par mis par le signal électrique pour parcourir le circuit de dimension L. Comme on
exemple, la période T du signal si
celui-ci est périodique.
peut associer à ce signal une onde se déplaçant à la célérité c de la lumière dans
le vide (programme de deuxième année), on a :
L
t = ---- .
c

Définition 4
Un circuit de dimension L vérifie l’approximation des régimes quasi-
stationnaires (ARQS) si la grandeur temporelle τ liée au circuit est négli-
geable devant la grandeur temporelle T caractéristique de l’évolution des
grandeurs électriques :
L
T  τ = ---- , soit : L  cT (c célérité de la lumière dans le vide).
c

Les lois de Kirchhoff (loi des nœuds et loi des mailles), énoncées en régime
permanent, restent valables pour les régimes quasi-stationnaires. De même,
la puissance électrique d’un dipôle AB en régime quasi-stationnaire s’écrit :
P = ui, en veillant à la convention choisie.

Application 5 Caractère lentement variable d’un circuit


À quelle condition sur la taille du circuit, peut-on considérer le courant fourni par EDF (de fré-
quence 50 Hz) comme un signal vérifiant l’approximation des régimes quasi-stationnaires ?
Solution
Le courant délivré par EDF est un courant sinusoïdal de fréquence 50 Hz, donc de période :
1 1
T = --- = ------ = 20 ⋅ 10 –3 s, soit : cT = 3 ⋅ 10 8 × 20 ⋅ 10 –3 = 6 ⋅ 10 6 m = 6 000 km.
f 50
L’approximation des régimes quasi-stationnaires est donc valable pour le domicile d’un particulier
ou un site industriel, mais elle ne l’est pas pour l’ensemble du réseau français.

17
Cours
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Méthodes ✓ Éléments d’un circuit électrique


L’essentiel
• Un nœud est un point du circuit reliant entre eux trois dipôles ou plus.
• Une branche est constituée par l’ensemble des dipôles compris entre deux
nœuds consécutifs.
• Une maille est un ensemble de branches formant un contour fermé.
✓ Intensité du courant électrique
• L’intensité i du courant dans un circuit orienté est la grandeur algébrique cor-
respondant au débit de charges à travers une section du circuit :
i intensité en ampère (A)
dQ
i = --------- Q charge en coulomb (C)
dt
t temps en seconde (s)

• Le vecteur densité de courant j (toujours orienté dans le sens du courant


réel) caractérise le mouvement d’ensemble des porteurs de charges :

j densité de courant (A · m–2)


j = rm V ρm densité volumique de charges mobiles (C · m–3)
V vitesse moyenne des porteurs (m · s–1)

S’il y a plusieurs types de porteurs de charges, le vecteur j est la somme de


toutes leurs contributions :

j = ∑k jk = ∑k rk Vk .
• Si la densité j du courant est uniforme, l’intensité I du courant traversant
une section plane S du circuit orienté vaut :
S section du courant (m2)
I = j ·n S j densité de courant (A · m–2)
n vecteur normal à la section orientée

✓ Potentiel électrique
• Le potentiel électrique V, défini à une constante additive près et exprimé en
volt (V), est à l’origine du mouvement des charges dans le circuit.
• La différence de potentiel (ddp) ou tension U est une grandeur algébrique
indépendante de l’origine des potentiels (en général, la masse du circuit).
• Dans un circuit, les différences de potentiel sont additives. Par exemple,
on a : U AC = U AB + U BC .

✓ Lois de Kirchhoff
• Loi des nœuds : la somme des intensités I i des courants algébriques arrivant
à un nœud est égal à la somme des intensités Ij des courants algébriques
s’éloignant de ce nœud :


arrivant
Ii = ∑
sortant
Ij .

18
Chapitre 1 : Lois générales de l’électrocinétique
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• Loi des mailles : la somme algébrique des différences de potentiel Ui mesurées en parcourant
complètement une maille dans un sens donné est nulle :
∑ Ui = 0.
maille

✓ Puissance électrique d’un dipôle


• En convention générateur, la tension U mesurée aux bornes du dipôle est orientée dans le
même sens que l’intensité I le traversant.
I

U
• En convention récepteur, la tension U mesurée aux bornes du dipôle est orientée en sens
inverse de l’intensité I le traversant.

I
U
• La puissance électrique P d’un dipôle est une grandeur algébrique. Dans la convention choisie,
elle a pour expression :
P puissance électrique du dipôle (W)
P = UI U tension aux bornes du dipôle (V)
I intensité traversant le dipôle (A)
En convention générateur, la puissance P est la puissance fournie par le dipôle.
En convention récepteur, la puissance P est la puissance reçue par le dipôle.
✓ Approximation des régimes quasi-stationnaires (ARQS)
Un circuit de dimension L vérifie l’approximation des régimes quasi-stationnaires (ARQS) si
la grandeur temporelle τ liée au circuit est négligeable devant la grandeur temporelle T carac-
téristique de l’évolution des grandeurs électriques :
L
T  τ = ---- , soit : L  cT (c célérité de la lumière dans le vide).
c

Mise en œuvre
Méthode n° 1
Comment vérifier la validité de l’électrocinétique ?
Il est judicieux, en préambule à l’étude d’un circuit électrique, de vérifier si les lois de l’électrociné-
tique peuvent effectivement s’appliquer à ce circuit. On se propose de vérifier ce point.

➜ Savoir faire

➊ Identifier dans le descriptif du circuit, la grandeur L caractéristique de sa taille.


➋ Identifier de même la grandeur caractéristique de la durée d’évolution du signal électrique
(ce peut être une fréquence, une période ou une pulsation). Convertir cette grandeur en un
temps T.
L
➌ Calculer le rapport ---- . Si ce rapport est inférieur de deux ordres de grandeur à la célérité c
T
de la lumière dans le vide (c = 3 · 108 m · s–1), les lois de l’électrocinétique sont applicables.

19
Méthodes
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➜ Application
Un poste de radio capte un signal de 98,0 MHz à l’aide d’une antenne de 2,0 m. Le signal est filtré
puis amplifié par un circuit dont la taille est inférieure à celle de l’antenne. L’électrocinétique clas-
sique s’applique-t-elle à ce signal ?

Solution
➊ La taille du circuit complet n’excède pas deux fois celle de l’antenne : L = 4,0 m.
➋ La fréquence du signal est 98,0 MHz, donc sa période vaut :
1 1
T = --- = -------------------------6- = 1,02 · 10 –8 s.
f 98,0 · 10
➌ Le rapport entre la taille du circuit et la grandeur caractéristique de l’évolution du signal électri-
que vaut :
L 4,0 L
---- = ---------------------------- = 3,9 · 10 8 m · s –1 , d’où : ----  c.
T 1,02 · 10 –8 T
L’électrocinétique ne s’applique pas à la réception du signal, à interpréter dans le cadre de la théorie
électromagnétique.

Méthode n° 2

Comment déterminer la vitesse des porteurs de charge


dans un conducteur ?
Soit un milieu conducteur de section S, parcouru par un courant d’intensité I répartie uniformé-
ment sur cette section. On se propose de déterminer la vitesse et le sens de déplacement des por-
teurs de charges.

➜ Savoir faire

➊ Calculer le vecteur densité de courant j :


I
– de norme j = --- ;
S
– de direction perpendiculaire à la section S ;
– dans le sens de I si I  0 ; dans le sens opposé à celui de I si I  0 ( j est de même sens
que le courant réel).
➋ Déterminer la charge algébrique q d’un porteur de charge.
➌ Déterminer la densité de charge libre ρ dans le conducteur. Selon la nature du milieu
conducteur, cela nécessite de dénombrer :
– les atomes et le nombre de porteurs libérés par ceux-ci dans un conducteur solide ;
– les ions dans une solution conductrice.
➍ Calculer le vecteur vitesse v des porteurs de charges :
j
– de norme v = ------ ;
ρ
– de direction perpendiculaire à la section S ;
– de même sens que j si les porteurs de charges ont une charge positive ; de sens opposé si
les porteurs de charges ont une charge négative.

20
Chapitre 1 : Lois générales de l’électrocinétique
KA_MPSI.book Page 21 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Dans le cas d’une solution conductrice, les porteurs de charges sont le plus souvent de deux types
(anions et cations). Le vecteur densité de courant est lié aux vitesses de ces porteurs par :
j = ρ+v + + ρ– v – .
Les vecteurs vitesse de deux ions de charges opposées sont généralement opposés.

➜ Application
Dans un fil de cuivre de masse volumique µ = 8 800 kg · m–3, les porteurs de charges sont les élec-
trons de charges –e = –1,6 · 10–19 C. La masse molaire du cuivre est Mcu = 63,5 g · mol–1 et le nom-
bre d’Avogadro A = 6,02 · 1023 mol –1.
Un atome de cuivre libère un électron de conduction.
On considère un fil de cuivre de section 1 mm2 parcouru par un courant d’intensité 1 A.
Quelle est la vitesse des porteurs de charges ? Quel est leur sens de déplacement par rapport au sens
du courant dans le circuit ?

Solution
➊ Le vecteur densité de courant a pour norme :
I 1
- = 10 6 A · m –2 .
j = --- = ------------------
S 1 ⋅ 10 –6
➋ Les électrons portent la charge négative –e.
➌ Le nombre d’atomes de cuivre par mètre cube est :
µ 8,8 ⋅ 10 3 × 6,02 · 10 23
n cu = -----------A- = -------------------------------------------------------- = 8,3 · 10 28 m –3 .
M cu 63,5 · 10 –3
Cela correspond à une densité de charges libres :
ρ = n cu × ( – e ) = – 1,3 · 10 10 C ⋅ m –3 .
➍ Les porteurs de charges ont une vitesse :
j
v = ------ = 7,5 · 10 –5 m ⋅ s –1 = 7,5 · 10 –2 mm · s –1 .
ρ
Ils se déplacent dans le sens contraire du courant.

Méthode n° 3

Comment déterminer le caractère générateur/récepteur


d’un dipôle ?
Soit un dipôle traversé par l’intensité algébrique I et soumis à la différence de potentiel U. On cher-
che à déterminer si ce dipôle est générateur ou récepteur.

➜ Savoir faire

➊ Identifier une convention pour l’étude de ce dipôle :


– si I et U sont orientées dans le même sens, identifier la convention générateur ;
– si I et U sont orientées en sens inverse, identifier la convention récepteur.

21
Méthodes
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➋ Déterminer le signe de la puissance algébrique P = UI dans la convention choisie :


– si P  0, alors le dipôle est de même nature que la convention (générateur-générateur ou
récepteur-récepteur) ;
– P  0, alors le dipôle est de nature opposée à la convention (générateur-récepteur ou
récepteur-générateur).

➜ Application
Le dipôle ci-dessous a-t-il un caractère générateur ou récepteur ?
I = –2 A I=2A I = –2 A
a) dipôle b) dipôle c) dipôle

U=3V U=3V U=3V

I=2A
d) dipôle

U=3V

Solution
a) ➊ L’intensité I et la tension U étant orientées dans le même sens, on étudie le dipôle en conven-
tion générateur.
➋ La puissance fournie par le dipôle Pg = UI = –6 W est négative, donc le dipôle est récepteur.
b) ➊ L’intensité I et la tension U étant orientées dans le même sens, on étudie le dipôle en conven-
tion générateur.
➋ La puissance fournie par le dipôle Pg = UI = 6 W est positive, donc le dipôle est générateur.
c) ➊ L’intensité I et la tension U étant orientées en sens opposés, on étudie le dipôle en convention
récepteur.
➋ La puissance reçue par le dipôle Pr = UI = – 6 W est négative, donc le dipôle est générateur.
d) ➊ L’intensité I et la tension U étant orientées en sens opposés, on étudie le dipôle en convention
récepteur.
➋ La puissance reçue par le dipôle Pr = UI = 6 W est positive, donc le dipôle est récepteur.

Les situations a) et d) d’une part, b) et c) d’autre part, sont identiques. La convention d’orientation du courant
dans le circuit diffère, mais le courant réel traversant le dipôle est le même.

22
Chapitre 1 : Lois générales de l’électrocinétique
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Énoncés des exercices

Exercices
Niveau 1 On obtient les résultats suivants :
VA = 7 V et VF = –2 V ; u1 = 4 V ; u2 = 2 V ;
u3 = 1 V et u4 = 2 V.
Ex. 1 Densité de courant
Déterminer les potentiels des points B, C, D et E.
Les liaisons électriques sur les cartes des circuits Préciser le point relié à la masse.
imprimés se font grâce à de fines couches de cuivre
d’épaisseur 0,1 mm et de largeur 1 mm. A
Le composant électrique placé sur le circuit débite u1
dans la fine couche un courant de 10 mA.
a) Quelle est la densité de courant j ?
Cu B C

0,1 mm u2
10 mA u3
1 mm u4

D E

circuit imprimé
b) Comparer cette densité de courant à celle d’une
F
alimentation domestique dont les fils de section
1 mm2 sont parcourus par un courant d’intensité 1 A.
Ex. 4 Loi des mailles
Ex. 2 Vitesse des porteurs de charge On considère le circuit suivant, dans lequel la nature
On dissout une masse m = 20 g de chlorure de des dipôles n’est pas précisée.
sodium NaCl dans un bac électrolytique de longueur
 = 20 cm et de section S = 10 cm × 10 cm rempli 3V
B

;
d’eau. La dissolution est totale. On fait passer un cou- E

; ;
rant d’intensité I =100 mA entre deux électrodes

;
situées aux deux extrémités de la cuve.

;
8V 6V

; ;
solution aqueuse de 20 g de NaCl

;
;; ;;;
C D
électrode
I
I S S 3V

A
4V
 = 20 cm
On donne : les masses molaires de chlore et du a) Dénombrer les mailles qui peuvent être définies
sodium MCl = 35,5 g · mol–1 et MNa = 23 g · mol–1 ; dans ce circuit.
le nombre d’Avogadro A = 6,02 · 1023 mol–1 et la b) Appliquer la loi des mailles à chacune de celles-ci.
charge élémentaire e = 1,6 · 10 –19 C. Combien de relations indépendantes obtient-on
Sachant que les vecteurs vitesse des ions chlorure et ainsi ?
des ions sodium sont de sens opposés et dans le rap- c) Déterminer les tensions uAC , uCD et uDF .
port 1,5, déterminer la vitesse et le sens de déplace-
ment de ces ions.
Ex. 5 Loi des nœuds – puissance
Ex. 3 Référence des potentiels a) Dans l’expérience de l’exercice 3, on a mesuré les
courants i1 , i2 , i3 et i4. On a obtenu :
Lors d’une expérience, on a mesuré les potentiels des
points A et F par rapport à la masse. On a, de même, i1 = 2 A ; i2 = 1 A ; i3 = 0,5 A et i4 = 1,5 A.
mesuré les différences de potentiel u1 , u2 , u3 , et u4. Déterminer les intensités des courants i5 , i6 , i7 , i8 , i9.

23
Exercices
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A
i5 Niveau 2
i1 D2 D5
Ex. 6 Semi-conducteur
i2 D8
B C Les semi-conducteurs sont des matériaux utilisés en
i3 i8 i6 électronique et dont la conduction varie fortement
avec la température ou avec la présence d’impureté.
D3 D6 Dans un semi-conducteur, il existe deux types de por-
D9 teurs de charge :
i9 – les électrons, de charge – e, de densité ne ;
D E
i4 – les trous, de charge +e, de densité np.
i7
À une température donnée, du fait des propriétés
D4 dues aux liaisons internes au semi-conducteur, le pro-
D7
2
duit n e n p = n i est constant.
i1 F
La présence des impuretés permet de modifier ne ou
b) On a mesuré les potentiels des points A, B, C, D, np tout en maintenant le produit constant.
E et F, on a obtenu : En l’absence d’impuretés, ces deux valeurs sont
égales : ne = np = ni.
VA = 7 V ; VB = 3 V ; VC = 5 V ;
Pour le silicium, nous avons : ni = 1,5 · 1016 m–3.
VD = 2 V ; VE = 0 V et VF = –2 V. Dans les conditions d’étude, la vitesse des électrons
Déterminer la puissance reçue par chaque dipôle. est 12 cm · s–1 et celle des trous est 5 cm · s–1
Préciser ceux qui sont générateurs et ceux qui sont a) Déterminer la densité de courant du silicium pur
récepteurs. dans les conditions d’étude.
c) Déterminer la puissance totale reçue par tous les b) Comment varie la densité de courant avec ne ?
dipôles. Vérifier la cohérence des résultats. Tracer la courbe correspondante et interpréter.

Indications
Ex. 2 Utiliser la relation liant la densité de courant Ex. 6 a) Les contributions des différents types de
aux porteurs de charges. porteurs s’ajoutent.
b) Un extremum d’une courbe correspond à une
Ex. 5 Appliquer la loi des nœuds. dérivée nulle.

24
Chapitre 1 : Lois générales de l’électrocinétique
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Solution des exercices

Solutions des exercices


Exercices de niveau 1
Exercice 1

a) La section d’une fine couche de cuivre est constante et vaut :


S = e = 1 × 0,1 = 0,1 mm2, c’est-à-dire 1 · 10 –7 m2.
La densité de courant dans la couche est donnée par le rapport entre l’intensité du courant et la sec-
tion du conducteur :
I 10 ⋅ 10 – 3
- = 1 ◊ 10 5 A ◊ m –2 .
j = --- = -----------------------
S 1 ⋅ 10 –7

On peut appliquer cette formule parce que la densité de courant est homogène et la section du conducteur est
constante.
b) De même, dans l’alimentation domestique, on a :
I
j = ---, avec I = 1 A et S = 1 mm2 = 1 · 10–6 m2.
S
1
- = 1 ◊ 10 6 A · m – 2 .
A.N. j = -------------------
1 ⋅ 10 – 6
La densité de courant est plus grande dans l’alimentation domestique que dans le semi-conducteur.

Exercice 2

On applique la méthode n° 2 à la solution électrolytique.

La norme du vecteur densité de courant vaut :


I 0,1
j = --- = ---------------2 = 10 A · m –2 .
S ( 0,1 )
Le vecteur j est dans le sens du courant, car l’intensité I est positive. Les porteurs de charges sont
les ions sodium Na+ (de charge +e) et les ions chlorure Cl – (de charge –e).
La masse molaire du chlorure de sodium est : MNaCl = MNa + MCl .
Le nombre d’ions Na+ et Cl – en solution est donc :
m A 20 × 6,02 ⋅ 10 23
- = ----------------------------------------- = 2,06 ⋅ 10 23 .
n Na + = n Cl – = -------------------------------------
( M Na + + M Cl – ) ( 23 + 35,5 )

Dans l’application numérique, on laisse les masses en g car elles interviennent par un rapport.

Ces ions sont dissous dans un volume V = S, d’où :


n Na + e 2,06 ⋅ 10 23 × 1,6 ⋅ 10 –19
ρ + = --------------
- = ------------------------------------------------------------ = 1,65 ⋅ 10 8 C ⋅ m –3
S ( 0,1 ) 2 × 0,2
n Cl – e
ρ – = -------------
- = – 1,65 ⋅ 10 8 C ⋅ m –3 .
S
Ces deux densités de porteurs contribuent au vecteur densité de courant :
5 2j
j = ρ + v + + ρ – v – = --- ρ + v + , soit : v + = ---------+ .
2 5r

25
Exercices
KA_MPSI.book Page 26 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

3
On a : ρ– = – ρ+ et v – = – -- v + .
2
2 × 10 3
A.N. v + = ----------------------------------8- = 2,42 · 10 –8 m · s –1 et v – = --- v + = 3,65 · 10 –8 m · s –1 .
5 × 1,65 ⋅ 10 2
Les ions sodium vont dans le sens de l’intensité I, les ions chlorure vont dans l’autre sens.

Exercice 3

D’après la définition des différences de potentiel entre deux points, on a :


• u1 = VA – VB , d’où VB = VA – u1 = 7 – 4 = 3 V.
• u2 = VC – VB , d’où VC = VB + u2 = 3 + 2 = 5 V.
• u3 = VB – VD , d’où VD = VB – u3 = 3 – 1 = 2 V.
• u4 = VD – VE , d’où VE = VD – u4 = 2 – 2 = 0 V.
Le point E, de potentiel nul, est relié à la masse.

Exercice 4

a) On dénombre 6 mailles dans le circuit :


ACBA ; BCDEB ; ACDA ; ABEDA ; ABEDCA ; ABCDA.
b) 3V 3V
B E C D B E
B

8V 6V 6V 8V

C D
3V C D A 3V
4V
A A
4V
ACBA BCDEB ACDA ABEDA

3V
B E B

8V 8V 6V
C D
D C
3V 3V

A
A
4V
ABEDCA ABCDA

On obtient le système suivant :


– maille ACBA : 3 + 8 – 6 + uAC = 0 (1)

26
Chapitre 1 : Lois générales de l’électrocinétique
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– maille BCDEB : –6 + u DC + uED + 3 = 0 (2)


– maille ACDA : uAC + uCD – 4 = 0 (3)
– maille ABEDA : 3 + 8 – 3 + u DE + 4 = 0 (4)
– maille ABEDCA : 3 + 8 – 3 + u DE + uCD + uAC = 0 (5)
– maille ABCDA : 3 + 8 – 6 + u DC + 4 = 0. (6)
Les relations (1), (4) et (6) permettent de définir des tensions inconnues : elles sont donc indépendantes.
Les relations (2), (3) et (5) s’obtiennent par combinaison linéaire : elles ne sont donc pas indépendantes.

Par exemple, on a : (5) = (1) + (4) – (6).

c) À partir de (1), (4) et (6), on trouve facilement :


uAC = –5 V ; u DE = –12 V ; u CD = 9 V.

Exercice 5

a) On détermine les intensités cherchées en appliquant la loi des nœuds :


• en A : i1 = i2 + i5 , d’où i5 = i1 – i2 = 2 – 1 = 1 A.
• en B : i2 + i8 = i3 , d’où i8 = i3 – i2 = 0,5 – 1 = –0,5 A.
• en C : i5 = i8 + i6 , d’où i6 = i5 – i8 = 1 – (–0,5) = 1,5 A.
• en D : i3 + i9 = i4 , d’où i9 = i4 – i3 = 1,5 – 0,5 = 1 A.
• en E : i6 = i9 + i7 , d’où i7 = i6 – i9 = 1,5 – 1 = 0,5 A.

Les courants sont algébriques : ils peuvent donc être négatifs.

En F, la loi des nœuds s’écrirait : i 4 + i 7 = i 1 , ce qui est bien vérifié (car 1,5 + 0,5 = 2).

b) On calcule la puissance reçue par un dipôle en étudiant celui-ci en convention récepteur.

De même, on calcule la puissance fournie par un dipôle en se plaçant en convention générateur.

• La puissance reçue par le dipôle D2 vaut : u 2 = VA – VB


2 = u2 i2 = (VA – VB )i2 = (7 – 3) × 1 = 4 W.
i2

• La puissance reçue par le dipôle D3 vaut : u 3 = VB – VD


3 = u3 i3 = (VB – VD )i3 = (3 – 2) × 0,5 = 0,5 W.
i3
• La puissance reçue par le dipôle D4 vaut : u 4 = VD – VF
4 = u4 i4 = (VD – VF )i4 = 2 – (–2) × 1,5 = 6 W.
i4
• La puissance reçue par le dipôle D5 vaut : u 5 = VA – VC
5 = u5 i5 = (VA – VC )i5 = (7 – 5) × 1 = 2 W.
i5

• La puissance reçue par le dipôle D6 vaut : u 6 = VC – VE


6 = u6 i6 = (VC – VE )i6 = (5 – 0) × 1,5 = 7,5 W.
i6

• La puissance reçue par le dipôle D7 vaut : u 7 = VE – VF


7 = u7 i7 = (VE – VF )i7 = [0 – (–2)] × 0,5 = 1 W.
i7

27
Exercices
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• La puissance reçue par le dipôle D8 vaut : u 8 = VC – V B


8 = u8 i8 = (VC – VB )i8 = (5 – 3) × (–0,5) = –1 W.
i8

• La puissance reçue par le dipôle D9 vaut : u 9 = VE – VD


9 = u9 i9 = (VE – VD )i9 = (0 – 2) × 1 = –2 W.
i9

Les puissances 2 , 3 , 4 , 5 , 6 et 7 sont positives : les dipôles D2 , D3 , D4 , D5 , D6 et D7 sont des


récepteurs.
Les puissances 8 et 9 sont négatives : les dipôles D8 et D9 sont des générateurs.
c) • La puissance totale reçue par l’ensemble des dipôles est :
9
1 = ∑ Pi = 4 + 0,5 + 6 + 2 + 7,5 + 1 – 1 – 2 = 18 W .
i=2

• La différence de potentiel u1, en convention récepteur, appliquée aux bornes du réseau entre A et F
est :
u1 = VA – VF = 7 – (–2) = 9 V.
La puissance reçue est : 1 = u1i1 = 18 W, donc les résultats sont bien cohérents.

Cette égalité traduit la conservation de l’énergie dans le réseau électrique.

Exercices de niveau 2
Exercice 6

a) Dans le silicium, se déplacent deux types de porteurs de charges :


– les électrons (ρe = –ne e), à la vitesse ve = 0,12 m · s–1 en sens inverse du courant ;
– les trous (ρp = np e), à la vitesse vp = 0,05 m · s–1 dans le sens du courant.
Les deux contributions s’ajoutent pour créer la densité de courant :
j = ne eve + np evp = (neve + npvp)e.

Le vecteur densité de courant j est la somme de deux termes : j e = – n e e v e et j p = n p ev p , colinéaires et de


même sens. On a donc bien : j = j e + jp .
Dans le cas du silicium pur, on a ne = np = ni , d’où :
j = ni e(ve + vp )
= 1,5 · 1016 × 1,6 · 10 –19 × (0,12 + 0,05) = 4,08 · 10 –4 A · m–2.

Malgré une vitesse relativement importante des porteurs de charges, la densité de courant reste faible : le silicium
pur conduit très mal le courant.
2
b) En présence d’impuretés, le produit n e n p = n i est constant, donc la densité de courant vaut :
2 2
 n  ni
j =  n e v e + -----i- v p e, avec n p = ----- .
 n e  ne
• Quand ne → 0, n p devient très grand et j devient très grand :
2
ni
j ≈ n p v p e = -----v p e.
ne

28
Chapitre 1 : Lois générales de l’électrocinétique
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• Quand ne → ∞, n p devient négligeable et j devient très grand :


j ≈ n e v e e.
• La densité de courant passe par un extremum quand la dérivée de j par rapport à ne s’annule et
change de signe. Or, on a :
2
dj  ni  dj v
--------- =  v e – ----2-v p × e, d’où : --------- = 0 pour n e0 = n i ----p- .
dn e  ne  dn e ve

La valeur de j correspondante est alors :


2
 ni 
j 0 = n e0 e ×  v e + ------
2 p
- v = 2n e0 ev e = 2n i e v p v e .
 n e0 

A.N. j 0 = 2 × 1,5 ⋅ 10 16 × 1,6 ⋅ 10 –19 × 0,05 × 0,12 = 3,7 · 10 – 4 A · m –2 .


0,05
n e0 = 1,5 ⋅ 10 16 × ----------- = 9,7 · 10 15 m –3 .
0,12

j (A · m–2)

3,7 · 10 –4
équation : nevee

ne (m–3)
0 9,7 · 1015

La courbe admet deux asymptotes : l’axe des ordonnées en 0 et la droite d’équation j = nevee en +∞.

On remarque que la densité de courant est presque minimale pour le silicium pur. La présence
d’impuretés permet d’augmenter la conduction.

29
Exercices
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CHAPITRE

2 Modélisations
linéaires d’un dipôle
Introduction

Dans ce chapitre, nous étudierons les dipôles en régime permanent, c’est-à-dire parcourus par des
courants constants. De nombreux dipôles ont alors pour caractéristique une droite dans leur
domaine d’utilisation. Dans ce cas, on peut effectuer une modélisation linéaire du dipôle, encore
valable dans l’approximation des régimes quasi-stationnaires (ARQS).

Plan du chapitre 2
A. Caractéristique d’un dipôle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
1. Définition de la caractéristique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2. Dipôles passifs, dipôles actifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
3. Point de fonctionnement du circuit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
B. Les conducteurs ohmiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
1. La loi d’Ohm . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2. Effet Joule . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3. Association de conducteurs ohmiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
4. Loi des nœuds exprimée en termes de potentiels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
C. Les dipôles générateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
1. Caractéristique d’un générateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2. Les générateurs idéaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3. Modélisation linéaire d’un générateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
4. Puissance fournie par un générateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
D. Les dipôles récepteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
1. Modélisation linéaire d’un récepteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
2. Association de dipôles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42

Méthodes
L’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
Énoncés des exercices. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
Indications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59

31
KA_MPSI.book Page 32 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

A. Caractéristique d’un dipôle


Dans la suite, les dipôles étudiés vérifient l’approximation des régimes quasi-
stationnaires (ARQS).

A.1. Définition de la caractéristique


1. En convention générateur, on Définition 1
représente la tension ug en
fonction de l’intensité i et en On appelle caractéristique d’un dipôle la courbe représentant la tension u
convention récepteur, on à ses bornes en fonction de l’intensité i du courant qui le traverse. La carac-
représente la tension ur en téristique d’un dipôle dépend de la convention choisie1.
fonction de l’intensité i.

2. Les deux caractéristiques


On peut tracer deux sortes de caractéristiques :
u = f ( i ) et i = f ( u ) sont fonctions – la caractéristique tension-courant u = f ( i ) (l’intensité i est en abscisses et
réciproques l’une de l’autre. Les la tension u en ordonnées) ;
courbes se déduisent alors l’une de
l’autre par symétrie par rapport à la – la caractéristique courant-tension i = f ( u ) (la tension u est en abscisses et
première bissectrice du repère. l’intensité i en ordonnées)2.
Si la caractéristique est une droite, on dit qu’elle est linéaire. On parle parfois
de dipôle linéaire.

A.2. Dipôles passifs, dipôles actifs


u
Lors du passage du courant, un transfert d’énergie s’effectue du dipôle vers
le milieu extérieur.

A.2.1 - Les dipôles passifs


Un dipôle est passif lorsque l’énergie électrique qu’il reçoit est complètement
0
dégradée en énergie thermique. La puissance électrique r reçue par le dipôle
i
est positive : c’est donc un récepteur.
La caractéristique tension-courant u = f ( i ) d’un dipôle passif passe par l’ori-
Fig. 1 - Caractéristique tension-
courant d’un dipôle passif (tracée
gine des axes (fig. 1). En convention récepteur, elle appartient aux deux qua-
en convention récepteur). drants du plan :
(u  0 et i  0) et (u  0 et i  0).
Exemples de dipôles passifs : les conducteurs ohmiques, les diodes, de nom-
breux composants électroniques.

A.2.2 - Les dipôles actifs


Un dipôle est actif lorsqu’une partie de l’énergie qu’il fournit au milieu exté-
rieur n’est pas de l’énergie thermique.
u • Les générateurs convertissent de l’énergie en énergie électrique qu’ils four-
nissent au circuit. Par exemple, il y a conversion d’énergie chimique en éner-
récepteur générateur gie électrique dans une batterie ou une pile. La puissance électrique g
fournie par le générateur est positive.
• Les récepteurs convertissent de l’énergie électrique en une autre forme
0 i d’énergie. Par exemple, il y a conversion d’énergie électrique en énergie
récepteur mécanique dans un moteur électrique. La puissance électrique r reçue par
le récepteur est positive.
Fig. 2 - Caractéristique tension-
courant d’un dipôle actif (tracée La caractéristique tension-courant u = f ( i ) d’un dipôle actif ne passe pas par
en convention générateur). l’origine des axes (fig. 2).

32
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 33 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Remarque
Les fonctionnements d’un récepteur et d’un générateur sont semblables.
Un moteur convertit de l’énergie électrique en énergie mécanique, récupérée
grâce au couple exercé sur l’arbre du moteur en rotation. À l’inverse, un cou-
ple moteur est exercé sur l’arbre d’une génératrice, qui, en tournant, convertit
de l’énergie mécanique en énergie électrique.
De même, lorsqu’elle se décharge, une batterie convertit de l’énergie chimi-
que en énergie électrique. En revanche, lorsqu’elle se charge, elle fonctionne
en récepteur : l’énergie électrique est ainsi convertie en énergie chimique.

A.3. Point de fonctionnement du circuit


i
u générateur

u récepteur

G R M
uM

i
0 iM
a. b.
Fig. 3 - Le point de fonctionnement M du circuit est à l’intersection des deux caractéristiques.

On considère le circuit constitué par un dipôle générateur (G) et un dipôle


récepteur (R) passif ou actif (fig. 3a). La tension u aux bornes des deux dipô-
les est la même et l’intensité i du courant qui les traverse est égale.
On représente sur un même graphe les caractéristiques tension-courant des
deux dipôles (fig. 3b) : la caractéristique de G est tracée en convention géné-
rateur et la caractéristique de R est tracée en convention récepteur.
L’intersection des deux courbes définit le point de fonctionnement M du
montage : l’abscisse i représente l’intensité du courant dans le circuit et
u l’ordonnée u la tension commune aux deux dipôles.

B. Les conducteurs ohmiques


B.1. La loi d’Ohm
0 i La caractéristique d’un conducteur ohmique est une droite passant par l’ori-
gine des axes (fig. 4).
Fig. 4 - Caractéristique tension-
courant d’un conducteur ohmique
Loi 1
(tracée en convention récepteur).
En convention récepteur, un conducteur ohmique vérifie la loi d’Ohm1 :
u tension en volt (V)
1. Georg Simon Ohm (1789-1854), i intensité en ampère (A)
physicien allemand, énonça en
u = Ri
1827 les lois fondamentales de R résistance en ohm (Ω)
l’électricité et introduisit la notion
de force électromotrice (fém).
On définit de même la conductance G du conducteur ohmique, exprimée en
2. On a : 1 S = 1 Ω–1. siemens (S) 2 :
1
G = ---- , d’où : i = Gu.
R

33
Cours
KA_MPSI.book Page 34 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

B.2. Effet Joule


1. James Prescott Joule La puissance reçue par un conducteur ohmique, appelée effet Joule1 et
(1818-1889), physicien britannique, entièrement dégradée sous forme thermique, a pour expression :
étudia l’énergie thermique dégagée
par les conducteurs en 1841 et P r = Ri 2 = Gu 2 , avec R en Ω et G en S.
établit en 1842 l’équivalent
mécanique de la calorie. Dans un premier temps, la température du conducteur ohmique augmente
jusqu’à atteindre une valeur constante. Lorsque l’équilibre thermique est
atteint, la puissance thermique dissipée par le conducteur ohmique est alors
égale à la puissance électrique reçue par le dipôle.

B.3. Association de conducteurs ohmiques


B.3.1 - Division de tension (association série)

R1 R2 Rk Rn
R éq = ∑ Rk
k
i i

u1 u2 uk un u
u
Fig. 5 - Association série de n conducteurs ohmiques et résistance équivalente.

On considère l’association en série de n conducteurs ohmiques traversés par


le même courant d’intensité i (fig. 5). En convention récepteur, la tension u
totale aux bornes de l’association vaut (addition des tensions) :

u = ∑k uk = ∑k Rk i =  ∑k Rk i, soit : u = R éq i avec R éq = ∑k Rk .


L’association série de n conducteurs ohmiques de résistances Rk est équiva-
lente à un conducteur ohmique unique de résistance :

R éq = ∑k Rk .

La tension uk aux bornes du conducteur ohmique de résistance Rk vaut :


Rk
u k = R k i, soit : u k = --------u.
R éq

Diviseur de tension
Dans l’association série de n conducteurs ohmiques, la tension uk aux bor-
2. Pour appliquer la propriété de nes du conducteur ohmique de résistance Rk est2 :
division de tension, il faut veiller, Rk Rk
d’une part, à ce que la même u k = ---------u = --------------- u.
intensité i traverse tous les
conducteurs ohmiques, et d’autre
R éq
∑k
R k

part, à ce que la tension totale u soit


égale à la somme des tensions uk à
leurs bornes. Exemple : si les conducteurs ohmiques de résistance R1 et R2 sont associés en
série, alors la tension u1 aux bornes de la résistance R1 vaut :
R1
u 1 = -------------------- u.
R1 + R2

34
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 35 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

B.3.2 - Division de courant (association parallèle)


i i

1
R 1 = -------
1
R 2 = -------
1
R k = -------
1
R n = ------- ⇔ u G éq = ∑ G k
u G1 G2 Gk Gn k

i1 i2 ik in

Fig. 6 - Association parallèle de n conducteurs ohmiques et conductance équivalente.

On considère l’association en parallèle de n conducteurs ohmiques soumis à


la même tension u (fig. 6). En convention récepteur, l’intensité i totale du
courant traversant l’association vaut (loi des nœuds) :

i = ∑k ik = ∑k Gk u =  ∑k Gk u, soit : i = G éq u avec G éq = ∑k Gk .


L’association parallèle de n conducteurs ohmiques de conductances Gk est
1 1
1. On a : G éq = -------- =
R éq ∑R------ .
k
équivalente à un conducteur ohmique unique de conductance1 :
∑k Gk .
k
G éq =

L’intensité ik dans le conducteur ohmique de conductance Gk vaut :


Gk
i k = G k u, soit : i k = --------- i .
G éq

Diviseur de courant
Dans l’association parallèle de n conducteurs ohmiques, l’intensité ik du
2. Pour appliquer la propriété de courant traversant le conducteur ohmique de conductance Gk est2 :
division de courant, il faut veiller, Gk Gk
d’une part, à ce que tous les i k = ---------- i = ---------------i .
conducteurs ohmiques soient
soumis à la même tension u, et
G éq G ∑k k

d’autre part, à ce que l’intensité


totale i soit égale à la somme des Exemple : si les conducteurs ohmiques de résistance R1 et R2 sont associés en
intensités ik les traversant.
parallèle, alors l’intensité i1 traversant la résistance R1 est :
G1 1 R1 R2 R2
i 1 = ------- i , soit : i 1 = ------ × -------------------- × i = -------------------- i .
G R1 R1 + R2 R1 + R2

Application 1 Résistance équivalente à un réseau A A′


Dans le montage schématisé ci-contre, on a : R1 = 2,0 kΩ ;
R1
R2 = 2,0 kΩ et R3 = 500 Ω. Déterminer la résistance Réq équi- R2 R3
valente au montage entre les points A et B.
Solution B B′
• Les résistances R2 et R3 sont en parallèle entre A′ et B′.
La résistance équivalente R // vaut :
1 1 1 R2 R3
- = 400 Ω .
------ = ------ + ------ , soit : R // = -------------------
R // R2 R3 R2 + R3
• La résistance R // est en série avec R1 entre A et B. La résistance équivalente du montage est donc :
R éq = R 1 + R // = 2,4 kΩ .

35
Cours
KA_MPSI.book Page 36 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

B.4. Loi des nœuds exprimée en termes de potentiels


R1 Rn
A1 N An
i1 in

R2 Rk
i2 ik
A2 Ak
Fig. 7 - Les n conducteurs ohmiques sont reliés au nœud N.

On considère n conducteurs ohmiques reliés en un même nœud N d’un cir-


cuit électrique (fig. 7). La loi d’Ohm appliquée à chaque conducteur ohmi-
1. La tension u k = V Ak – V N est que s’écrit1 :
la tension aux bornes du VA k – VN
conducteur ohmique Rk étudié i k = G k u k = G k ( V A k – V N ) = ----------------------- .
en convention récepteur. Rk
Or , d’après la loi des nœuds en N :
V Ak – V N
i 1 + i 2 + i 3 + … = 0, d’où : ∑k ----------------------
Rk
- = 0.

Théorème 1
Théorème de Millman
La loi des nœuds exprimée en tension s’écrit :
VA VA VA
V N  ------- + ------- + ------- + º = ---------1 + ---------2 + ---------3 + …
1 1 1
 R1 R2 R3  R1 R2 R3

Exprimé en termes de conductances, le théorème de Millman s’écrit :


VN ( G1 + G2 + G3 + º ) = G1 VA + G2 VA + G3 VA + º 1 2 3

Application 2 Calcul du courant dans une résistance N


Déterminer grâce au théorème de Millman l’intensité i du cou-
rant traversant le conducteur ohmique de résistance r. R1 u r R2
Solution A1 A2
Sur le schéma, la masse impose l’origine des potentiels. Le i
u1 u2
potentiel VN représente la tension u = V N – 0 = r i aux bor-
nes de la résistance r. On a en outre : V A1 = u 1 et V A2 = u 2 .
D’où, d’après le théorème de Millman :
u u2 u u2
V N  --- + ------ + ------ = ------1 + ------ , soit : i  1 + ------ + ------ = ------1 + ------ .
1 1 1 r r
 r R 1 R 2 R 1 R 2  R1 R2  R1 R2
Finalement, on obtient :
u u
------1 + ------2
R1 R2 R2 u1 + R1 u2
i = ------------------------------ , soit : i = ------------------------------------------------- .
r r R1 R2 + r ( R1 + R2 )
1 + ------ + ------
R1 R2

36
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 37 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

C. Les dipôles générateurs


C.1. Caractéristique d’un générateur
La caractéristique d’un dipôle générateur ne passe pas par l’origine des axes.
En convention générateur, il s’agit d’une courbe quelconque, difficilement
exploitable. En pratique, cependant, les conditions d’utilisation sont telles
que seule une petite partie de la caractéristique est concernée. Localement, la
caractéristique d’un générateur réel peut donc être modélisée par une droite.

C.2. Les générateurs idéaux


Les modèles idéaux des générateurs ont des caractéristiques linéaires.

C.2.1 - Générateur de tension idéal


Définition 2
Un générateur idéal de tension (fig. 8) délivre une tension constante E quel
que soit le courant i, positif ou négatif, débité par celui-ci.

La caractéristique u = f ( i ) d’un générateur idéal de tension est une droite


horizontale.
La puissance fournie par un tel générateur est g = Ei.

E E
i
0 i

u = E
Fig. 8 - Schématisation d’un générateur idéal de tension et caractéristique
en convention générateur.

C.2.2 - Générateur de courant idéal


Définition 3
Un générateur idéal de courant (fig. 9) délivre un courant d’intensité cons-
tante η quelle que soit la tension, positive ou négative, aux bornes de celui-ci.

La caractéristique u = f ( i ) d’un générateur idéal de courant est une droite


verticale.
La puissance fournie par un tel générateur est g = ηu.

u
i = η
i = η
0 η i
u

Fig. 9 - Schématisation d’un générateur idéal de courant et caractéris-


tique en convention générateur.

37
Cours
KA_MPSI.book Page 38 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

C.2.3 - Association de générateurs idéaux


• Association série de générateurs de tension idéaux

i i

E1 E2 Ek En u = E éq = ∑ Ek
k
u
Fig. 10 - Association série de n générateurs idéaux de tension et générateur équivalent.

On considère l’association en série de n générateurs de tension idéaux (fig. 10).


L’intensité du courant traversant chaque générateur est la même.
Par additivité des tensions, l’association série est équivalente à un générateur
de tension idéal unique tel que :
E éq = ∑k Ek .
• Association parallèle de générateurs de courant idéaux
i i = η éq

u η1 η2 ηk ηn ⇔ u η éq = ∑ ηk
k

Fig. 11 - Association parallèle de n générateurs idéaux de courant et générateur équivalent.

On considère l’association en parallèle de n générateurs de courant idéaux


(fig. 11). La tension aux bornes de chaque générateur est la même. D’après
la loi des nœuds, l’association parallèle est équivalente à un générateur de
courant idéal unique tel que :
h éq = ∑k hk .
C.3. Modélisation linéaire d’un générateur
C.3.1 - Représentation de Thévenin
u • Modèle de Thévenin
E Définition 4

u = E – Ri Dans un domaine où elle est linéaire, la caractéristique u = f ( i ) d’un


générateur réel a pour équation (en convention générateur) :
u = E – Ri,
0 où E est la force électromotrice (fém) du générateur en volt (V) et R sa
i
résistance interne en ohm (Ω).
E
R La fém E est l’ordonnée à l’origine de la droite u = f ( i ). En pratique, elle se
mesure à l’aide d’un voltmètre lorsque le courant débité par le générateur est
i nul : elle est donc égale à la tension à vide aux bornes du générateur (si i = 0,
u = E – Ri on a u = E ).
On peut modéliser le générateur réel ainsi linéarisé par un générateur idéal de
Fig. 12 - Caractéristique
tension E en série avec un conducteur ohmique de résistance R (fig. 12). Ce
tension-intensité d’un générateur
linéaire et modèle de Thévenin modèle, appelé modèle de Thévenin, est valable si le générateur délivre de
associé. faibles courants. La tension u à ses bornes est alors voisine de sa fém E.

38
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 39 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• Association série de générateurs linéaires

E1 En
E éq = ∑ Ek
∑ Rk
k
R éq =
R1 Rn k
i i

u u
Fig. 13 - Association série de n générateurs linéaires et générateur de Thévenin équivalent.

On considère l’association en série de n générateurs de Thévenin (Ek , Rk) tra-


versés chacun par la même intensité i (fig. 13). Les lois d’association en série
des générateurs de tension idéaux et des résistances s’appliquent au circuit.

L’association en série de n générateurs de Thévenin (Ek , Rk) est équiva-


lente à un générateur de Thévenin unique (Eéq , Réq) tel que :

E éq = ∑k Ek et R éq = ∑k Rk .

i C.3.2 - Représentation de Norton


η
• Modèle de Norton
i = η – Gu
Définition 5
Dans un domaine où elle est linéaire, la caractéristique i = f ( u ) d’un
générateur réel a pour équation (en convention générateur) :
0 u
i = η – Gu i = h – Gu,
où η est le courant électromoteur (cém) du générateur en ampère (A) et G
sa conductance interne en siemens (S).
η R u
Le cém E est l’ordonnée à l’origine de la droite i = f ( u ). En pratique, il se
mesure à l’aide d’un ampèremètre lorsque la tension aux bornes du généra-
teur est nul : il est donc égal au courant de court-circuit délivré par le généra-
Fig. 14 - Caractéristique teur (si u = 0, on a i = η ).
intensité-tension d’un générateur
linéaire et modèle de Norton On peut modéliser le générateur réel ainsi linéarisé par un générateur idéal de
associé. courant η en parallèle avec un conducteur ohmique de résistance R (fig. 14).
Ce modèle, appelé modèle de Norton, est valable si la tension u aux bornes
du générateur est proche de zéro, c’est-à-dire au voisinage du court-circuit.
• Association parallèle de générateurs linéaires

i i
η éq = ∑ η k
k
1 1 ⇔ u
η1 R 1 = ------- ηn R n = ------- u
G1 Gn
G éq = ∑ G k
k

Fig. 15 - Association parallèle de n générateurs linéaires et générateur de Norton équivalent.

On considère l’association en parallèle de n générateurs de Norton (ηk , Gk)


soumis chacun à la même tension u (fig. 15). Les lois d’association en paral-
lèle des générateurs de courant idéaux et des conductances s’appliquent au
circuit.

39
Cours
KA_MPSI.book Page 40 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

L’association en parallèle de n générateurs de Norton (ηk , Gk) est équiva-


lente à un générateur de Norton unique (ηéq , Géq) tel que :
h éq = ∑k hk et G éq = ∑k Gk .

C.3.3 - Passage d’une représentation à l’autre


Dans le modèle de Thévenin, la fém E est égale à la tension à vide aux bornes
du générateur ( i = 0 ). De même, dans le modèle de Norton, le cém η est le
courant de court-circuit délivré par le générateur ( u = 0 ).
Si le générateur est linéaire pour des intensités comprises dans l’intervalle
[0, η] (c’est-à-dire, pour des tensions comprises dans l’intervalle [0, E]), les
modèles de Thévenin et de Norton sont valables. On a alors :
u = E – Ri = E – R ( η – Gu ) = E – Rη + RGu, soit : E – Rη = 0.

Les modèles de Thévenin et de Norton sont équivalents. On passe de l’un


1. Le générateur idéal de tension à l’autre par la relation1 :
du modèle de Thévenin et le
E tension à vide en volt (V)
générateur idéal de courant du
modèle de Northon sont orientés E = Rh R résistance interne en ohm (Ω)
dans le même sens. η courant de court-circuit en ampère (A)

Application 3 Générateur de courant


Un générateur électrochimique linéaire délivre une tension à vide E = 1,5 V. Sa résistance interne
vaut R = 150 Ω . Donner les représentations de Thévenin et de Norton de ce générateur.
Solution
Dans le modèle de Norton, le générateur de courant idéal associé délivre une intensité :
E 1,5
η = ---- = --------- = 10 mA.
R 150
Les représentations équivalentes de Thévenin et de Norton du générateur sont donc :
i
E = 1,5 V
R = 150 Ω
⇔ η = 10 mA u
i
u R = 150 Ω

C.4. Puissance fournie par un générateur


La puissance électrique fournie par un générateur est :
 g = ui,
où i est l’intensité du courant traversant le générateur et u la tension à ses bor-
nes en convention générateur.
• Dans la représentation de Thévenin, on a :
2. La puissance électrique fournie u = E – Ri, d’où :  g = Ei – Ri 2 .
par la résistance interne,
négative, est –Ri 2. Elle correspond
– Le terme Ei représente la puissance fournie par le générateur idéal de tension.
à la puissance électrique reçue – Le terme Ri 2 représente la puissance dissipée par effet Joule dans la résis-
positive Ri 2. tance interne2.

40
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 41 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• Dans la représentation de Norton, on a :


i = η – Gu, d’où :  g = hu – Gu 2 .
– Le terme ηu représente la puissance fournie par le générateur idéal de courant.
– Le terme Gu 2 représente la puissance dissipée par effet Joule dans la résis-
1. La puissance électrique fournie tance interne1.
par la résistance interne est –Gu 2.
Elle correspond à la puissance
électrique reçue positive Gu 2.

D. Les dipôles récepteurs


D.1. Modélisation linéaire d’un récepteur
D.1.1 - Caractéristique d’un récepteur
i

1
pente ------
Rd
i

u 0 Ud u
Fig. 16 - Schéma d’une diode et caractéristique courant-tension en convention récepteur.

Les caractéristiques de beaucoup de récepteurs peuvent être linéarisées.


Ainsi, la caractéristique courant-tension i = f ( u ) d’une diode est constituée,
en convention récepteur, par deux portions de droites (fig. 16).
• Quand u  U d , l’équation de la portion de droite est i = 0 ; la diode est
équivalente à un coupe-circuit (le courant ne circule pas).
• Quand u  U d , l’équation de la portion de droite est : u = U d + R d i ; la
diode se comporte donc comme un générateur idéal de tension E′ = U d en
série avec un conducteur ohmique de résistance R′ = R d .

D.1.2 - Représentation d’un récepteur


Définition 6
Dans un domaine où elle est linéaire, la caractéristique u = f ( i ) d’un
récepteur réel a pour équation (en convention récepteur) :
u = E¢ + R¢i,
2. La tension E′ est appelée force où E′ est la force contre-électromotrice2 (fcém) du récepteur en volt (V)
contre-électromotrice, car le et R′ sa résistance interne en ohm (Ω).
générateur, orienté dans le sens
récepteur, s’oppose au passage du On peut donc représenter le récepteur selon le modèle de Thévenin (ou ce qui
courant.
est équivalent, de Norton), mais orienté en convention récepteur (fig. 17) :

i = – η¢ + G¢u
E′
R′ i
⇔ E′ R′ u
η′ = ------
R′
u = E′ + R′i
Fig. 17 - Représentations équivalentes d’un récepteur selon les modèles de Thévenin et de Norton.

41
Cours
KA_MPSI.book Page 42 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• En convention générateur, la tension aux bornes du dipôle est opposée :


u = – E′ – R′i, soit : u = E – Ri avec E = – E′ et R = R′.
Un récepteur ( E′, R′ ) est donc équivalent à un générateur ( E = – E′, R = R′ ).
• De même, la fcém d’un générateur utilisé en récepteur est E′ = – E, et sa
résistance interne R′ = R. En convention récepteur, on a bien :
u = – E + Ri, soit : u = E′ + R′i.
Un générateur ( E, R ) est donc équivalent à un récepteur ( E′ = – E, R′ = R ).

D.1.3 - Puissance reçue par un récepteur


La puissance électrique reçue par un récepteur est :
 r = ui, soit :  r = E¢i + R¢i 2 .
– Le terme E′i représente la puissance utile du récepteur, c’est-à-dire la frac-
tion de la puissance électrique reçue par le récepteur pouvant être convertie
1. Dans un moteur électrique, par en une forme d’énergie non thermique.1
exemple, cette puissance est
– Le terme R′i 2 représente la puissance dissipée par effet Joule dans la résis-
convertie en puissance
mécanique. tance interne.

D.2. Association de dipôles


Dans le cas où leurs caractéristiques sont linéaires, on peut modéliser chaque
générateur et chaque récepteur d’une association :
– par un générateur idéal de tension en série avec une résistance (modèle de
Thévenin), s’il s’agit d’une association série ;
– par un générateur idéal de courant en parallèle avec une résistance (modèle
de Norton), s’il s’agit d’une association parallèle.
Dans la convention choisie, on obtient le dipôle équivalent à l’association en
appliquant les lois de l’électrocinétique.

Application 4 Association série d’un générateur et d’un récepteur


Un générateur de fém E et de résistance interne R est monté en série avec un récepteur de fcém E′ et
de résistance interne R′ . À quelle condition cette association est-elle équivalente à un générateur ?
à un récepteur ? (Dans chaque cas, on précisera les caractéristiques du dipôle équivalent.)
E E′
R R′
i

u
Solution
En convention récepteur, la tension u aux bornes de l’association est : E – E′
u = E′ – E + ( R + R′ )i. R + R′ i
• L’association des deux dipôles est un générateur si la fém E est
supérieure à la fcém E′ . La fém de l’ensemble des deux dipôles est
E – E′. La résistance interne du dipôle équivalent est la somme des u
résistances internes R + R′.
• L’association des deux dipôles est un récepteur si la fcém E′ est E – E′
supérieure à la fém E. La fcém de l’ensemble des deux dipôles est R + R′ i
E′ – E. La résistance interne du dipôle équivalent est la somme des
résistances internes R + R′.
u

42
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 43 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

M thodes
L’essentiel
✓ Caractéristique d’un dipôle
• Dans la convention d’étude, on appelle caractéristique d’un dipôle la
courbe d’équation u = f ( i ) (caractéristique tension-courant) ou
i = f ( u ) (caractéristique courant-tension). Si la caractéristique est une
droite, on dit qu’elle est linéaire.
• La caractéristique d’un dipôle passif passe par l’origine des axes ; la
caractéristique d’un dipôle actif ne passe pas par l’origine des axes.
✓ Conducteurs ohmiques
• En convention récepteur, un conducteur ohmique vérifie la loi d’Ohm :
u tension en volt (V)
i intensité en ampère (A)
u = Ri ou i = Gu
R résistance en ohm (Ω)
G conductance en siemens (S)

1
(La conductance G est l’inverse de la résistance R : G = ---- . )
R
• La puissance reçue par un conducteur ohmique (et entièrement dissipée
par effet Joule) vaut :
 j = Ri 2 = Gu 2 .

• L’association série de n résistances Rk est équivalente à une résistance


unique R éq = ∑k Rk . La tension uk aux bornes de Rk est (diviseur de
tension) :
Rk Rk
u k = --------- u = --------------- u, avec u tension aux bornes de l’association.
R éq
∑k Rk

• L’association parallèle de n conductances Gk est équivalente à une


conductance unique G éq = ∑k Gk . L’intensité ik du courant traversant
Gk est (diviseur de courant) :
Gk Gk
i k = ---------- i = ---------------i, avec i intensité du courant traversant l’association.
G éq
∑k Gk

• Si un nœud N d’un circuit est relié à n résistances Rk non nulles, la loi des
nœuds exprimée en tension s’écrit (théorème de Millman) :
VA VA VA
V N  ------- + ------- + ------- + º = ---------1 + ----------2 + ----------3 + º
1 1 1
 R1 R2 R3  R1 R2 R3

✓ Modélisations linéaires de dipôles


• Un générateur idéal de tension délivre une tension constante E quel que
soit le courant i, positif ou négatif, débité par celui-ci. Un générateur
idéal de courant délivre un courant d’intensité constante η quelle que soit
la tension, positive ou négative, aux bornes de celui-ci.

43
Méthodes
KA_MPSI.book Page 44 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• Dans un domaine où sa caractéristique est linéaire, on peut représenter un générateur réel par
le modèle de Thévenin (E, R) ou par le modèle de Norton (η, R) équivalent :
η

E
R E = Rh i = η – Gu
i

R
u = E – Ri
u
E est la force électromotrice (fém) du générateur en volt (V) et R sa résistance interne en ohm (Ω).
• Dans un domaine où sa caractéristique est linéaire, on peut représenter un récepteur réel par
le modèle de Thévenin (E′, R′) équivalent :
η′

E′
R′ E ¢ = R ¢h ¢
i i = – η′ + G′u

R′
u = E′ + R′i
u
E′ est la force contre-électromotrice (fcém) du récepteur en volt (V) et R′ sa résistance interne
en ohm (Ω).
(Formellement, un générateur (E, R) est équivalent à un récepteur (E′ = – E, R′ = R) et vice
versa.)

Mise en œuvre
Méthode n° 1

Comment appliquer les lois de Kirchhoff à un circuit ramifié ?


Lorsqu’un circuit est constitué de plusieurs mailles, l’écriture systématique des lois de Kirchhoff conduit
généralement à un excès d’information. Comment être sûr de n’écrire que des relations nécessaires ?

➜ Savoir faire

➊ Dénombrer les nœuds (n) et les mailles indépendantes (m) dans le circuit.
➋ Écrire (n – 1) lois des nœuds entre les intensités. Le dernier nœud conduit à une relation
redondante. (Le nœud inutilisé est indifférent.)
➌ Écrire (m) lois des mailles. (Des mailles sont indépendantes si elles comportent chacune un
dipôle que ne comportent pas les autres.)
➍ Injecter les caractéristiques des dipôles dans les lois des mailles, de façon à n’obtenir que
des relations entre les intensités (et les grandeurs caractéristiques des dipôles).
➎ Résoudre le système constitué de b équations dont les b intensités sont les inconnues.

En écrivant toutes ou certaines de ces équations sans précaution, on risque de « tourner en rond » ou
d’aboutir à « 0 = 0 ».

44
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 45 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

➜ Application
Déterminer les intensités dans le circuit schématisé ci-dessous en fonction des données du problème.
R1 R2
i1 A i2 B
i4

E1 E5 R3 R4

i5 i3
C i6 D

Solution
➊ On dénombre n = 4 nœuds A, B, C et D, et m = 3 mailles indépendantes.
➋ On écrit donc 3 lois des nœuds (le nœud inutilisé est indifférent) :
 au nœud A : i 1 + i 2 – i 5 = 0

 au nœud B : i 2 + i 3 + i 4 = 0

 au nœud C : i 5 – i 1 – i 6 = 0.
➌ On écrit donc 3 lois des mailles. Le fléchage des tensions est arbitraire à ce stade.
u1 u2
i1 i2

R1 R2 i4

E1 E5 R3 u3 R4 u4

maille 1 maille 2 i3 maille 3

i6

 maille 1 : E 1 – U 1 – E 5 = 0

 maille 2 : E 5 + U 2 – U 3 = 0

 maille 3 : U 3 – U 4 = 0.
➍ On injecte les caractéristiques en prenant garde aux conventions de fléchage des tensions. Sur
cet exemple, toutes les résistances ont été fléchées en convention récepteur.
 U1 = R1 i1
  E1 – R1 i1 – E5 = 0
 U2 = R2 i2 
 ⇒  E5 + R2 i2 – R3 i3 = 0
 U3 = R3 i3 
  R 3 i 3 – R 4 i 4 = 0.
 U4 = R4 i4
➎ Le système complet comporte six équations et six inconnues :
E1 – E5
 i 1 = ------------------
- (4)
 i1 – i2 – i5 = 0 (1)  R1
 i = R 3
------i (6)
 i2 + i3 + i4 = 0 (2) 4 R4 3
 
 i5 – i1 – i6 = 0 (3)   R 3
⇒  i 2 +  1 + ------ i = 0 (2) + (6)

(4) R 4 3
 E1 – R1 i1 – E5 = 0 
  E5 + R2 i2 – R3 i3 = 0 (5)
 E5 + R2 i2 – R3 i3 = 0 ( 5 ) 
 (6)  i5 = i1 – i2 (1)
 R3 i3 – R4 i4 = 0 
 i6 = i5 – i1 (3)

45
Méthodes
KA_MPSI.book Page 46 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

E1 – E5 E1 – E5
i 1 = ------------------
- (4)  i 1 = ------------------
-

R1  R1
 
i2 –E5
 i = --------------------------------
i 3 = – ---------------- (2) + (6)  2 -
 R 3 
R3 R4
 1 + ------ R 2 + --------------------
 R4  R3 + R4
  i  
E + R i + R  ---------------- 2   R4 E5
3 = 0 (5)  i 3 = ---------------------------------------------------
-
 5 2 2
R 3 ⇒  R ( R + R4 ) + R3 R4
  1 + ------ 2 3
 R4  R3 E5
R3
i = ------i (6)  i = --------------------------------------------------- -
 4 3  4
R ( R + R4 ) + R3 R4
R4  2 3
 
i = i + i (1) E1 – E5 E5
5 1 2  i 5 = ------------------
- – --------------------------------
-
i = i – i = i  R1 R3 R4
(3) + (1)  R 2 + --------------------
6 5 1 2
 i6 = i2 . R3 + R4

La résolution d’un système linéaire d’ordre élevé est rarement demandée en physique ; elle est
cependant au programme de l’enseignement de mathématiques.

On pourra remarquer que les nœuds C et D de cet exemple sont équipotentiels car reliés par un fil. Si on choisit
de ne dénombrer que trois nœuds en les réunissant, l'intensité i 6 de la branche qui les sépare disparaît. On a
alors m = 3, n = 3, ce qui conduit aux mêmes résultats.

Méthode n° 2

Comment réduire un circuit linéaire à un générateur réel unique ?


Un circuit constitué uniquement de générateurs idéaux de tension, de générateurs idéaux de courant
et de conducteurs ohmiques est équivalent à un générateur réel unique. On se propose de déterminer
les caractéristiques de ce générateur.

➜ Savoir faire

➊ Substituer un générateur de tension idéal unique à tous les générateurs de tension associés en
série sur la même branche. Les forces électromotrices E k s’additionnent algébriquement.
➋ Substituer un générateur de courant idéal unique à tous les générateurs de courant associés
en parallèle. Les courants électromoteurs ηk s’additionnent algébriquement.
➌ Substituer un conducteur ohmique à tous les conducteurs ohmiques associés en série sur la
même branche (les résistances s’ajoutent).
Substituer de même un conducteur ohmique unique à tous les conducteurs ohmiques asso-
ciés en parallèle (les conductances s’ajoutent).
➍ Convertir les générateurs de Thévenin en générateurs de Norton (et vice versa) si cela per-
met des simplifications. Reprendre alors au ➊.
– Dans le cas d’une association parallèle des générateurs, ou convertit tous les générateurs
de Thévenin en générateurs de Norton.
– Dans le cas d’une association série des générateurs, on convertit tous les générateurs de
Norton en générateurs de Thévenin.

46
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 47 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

➜ Application
Montrer que le dipôle AB schématisé ci-dessous est équivalent à un générateur réel dont on précisera
les caractéristiques.
40 V
15 Ω
A

40 Ω
40 Ω

0,6 A 0,4 A

80 Ω
100 V 20 V
25 Ω

B
20 V

Solution
Zone 1
A

15 Ω
40 Ω

40 Ω

40 V 0,6 A 0,4 A

80 Ω
100 V 20 V 20 V
25 Ω

➊ Trois générateurs de tension idéaux sont associés en série (zone 1).


15 Ω
A
40 Ω

40 Ω

0,6 A 0,4 A
80 Ω

80 V 20 V
25 Ω

Zone 2 B

➋ Deux générateurs de courant idéaux sont associés en parallèle (zone 2).

A
15 Ω
40 Ω
80 Ω

80 Ω

1A

80 V 20 V
25 Ω
B
Zone 3

47
Méthodes
KA_MPSI.book Page 48 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

➌ Trois résistances associées en série peuvent être combinées (zone 3).


A

80 Ω

40 Ω

80 Ω
1A

80 V 20 V

➍ Deux générateurs de Thévenin en parallèle sont convertis en générateurs de Norton :


E
E = Rη, d’où : η = ---- .
R

A
80 Ω

40 Ω

80 Ω
1A 0,5 A 1A

B
➋ et ➌ Les trois générateurs de courant idéaux et les trois résistances sont associés en parallèle. On
obtient ainsi les représentations de Norton et de Thévenin du générateur réel unique équivalent.
20 Ω
A A
20 Ω

2,5 A ⇔ 50 V

B B

Méthode n° 3
Comment exploiter les symétries d’un réseau
de résistances identiques ?
Une association de résistances est trop ramifiée pour une simplification directe, mais avec un fort
degré de symétrie. On souhaite calculer la résistance entre deux points A et B du réseau.

➜ Savoir faire

➊ Recenser les plans de symétrie du réseau (les plans de symétrie laissent le réseau et les points
A et B invariants).
➋ Attribuer à deux points symétriques le même potentiel.
➌ Identifier le plan d’antisymétrie du réseau (ce plan laisse le réseau invariant mais échange
les points A et B).
➍ Attribuer le même potentiel à tous les points du réseau qui appartiennent au plan d’antisy-
métrie.
➎ Redessiner le réseau en réunissant tous les points de même potentiel. Vérifier que toutes les
résistances ont été replacées sur cette figure.

48
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 49 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

➏ Calculer la résistance équivalente par association série-parallèle.

La recherche des plans de symétrie ou d’antisymétrie peut amener à « couper » une résistance R en
R
deux résistances --- placées en série.
2

➜ Application
Un cube est constitué de 12 arêtes présentant
une même résistance R. On cherche la résistance
lue par un ohmmètre placé entre deux points A
et B du cube.
B

Solution
A
➊ Le plan de symétrie PS contient la diagonale
AB, il est perpendiculaire au plan contenant V1
ces points.
➋ Dans ces conditions, deux sommets symétri- V1
ques ont le même potentiel V1 , deux autres
plan de symétrie PS
ont un potentiel V2 .
➌ Le plan d’antisymétrie PA est perpendiculaire
au précédent, il contient les points de poten- V2
tiels V1 et V2 . B
➍ Les quatres points précédents sont au même
potentiel V1 = V2 car ils appartiennent au plan A V2 plan d’antisymétrie PA
d’antisymétrie.
➎ Le cube se simplifie comme suit :
V1 V4

V3 V1

V3 V4

V1 B A V1 B

A V1

Chaque segment désigne une résistance ; il y a par exemple deux segments entre A et V1 car deux
résistances relient ces deux potentiels sur le cube réel.
Sur cet exemple, deux résistances relient des points de même potentiel V1 ; elles n’entrent plus
en compte dans le calcul de la résistance équivalente.
➎ Les associations série-parallèle conduisent à :
R R
R ---- ---- R
2 2

R R
A ---- V1 ---- B
2 2

49
Méthodes
KA_MPSI.book Page 50 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

R R


3 ---- 3 ----
2 2

A V1 B

R R
---- ----
2 2


A V1 B

R R
3 ---- 3 ----
8 8


3R
R AB = -------- .
4

Méthode n° 4

Comment associer à un dipôle quelconque une caractéristique


linéaire par morceaux ?
Certains dipôles n’ont pas une caractéristique linéaire. On se propose de découper leur caractéristique
en différentes zones, puis d’associer un modèle linéaire à chacune d’elles.

➜ Savoir faire

➊ Identifier les différentes zones de validité des modèles linéaires sur la caractéristique réelle du
composant.
➋ Mesurer la pente moyenne de la courbe sur chacune de ces zones. En déduire la résistance
de chaque modèle (égale à la valeur absolue de la pente moyenne).
➌ Mesurer la tension à vide de chaque zone en prolongeant la modélisation linéaire jusqu’à
l’axe (i = 0).
➍ Donner le générateur réel associé à chaque zone de la caractéristique, assorti du domaine
de validité de ce modèle.
Le dipôle peut être un générateur ou un récepteur.

➜ Application
Un dipôle actif présente la caractéristique courant-tension expérimentale suivante, donnée en con-
vention récepteur. Proposer une caractérisation linéaire par morceaux.

i (mA)
600
i 400
200
u (V)
u D –8 0 2 4 6 8 10
– 200
– 400
– 600
– 800

50
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 51 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

➊ Sur la caractéristique, on identifie trois zones :


 zone 1 : u  8 V

 zone 2 : u ∈ [ 8 V ; 10 V ]

 zone 3 : u  10 V.
∆i ∆u
➋ On mesure sur ces trois zones la pente ------- et on en déduit la résistance R = ------- .
∆u ∆i
∆i 200 ⋅ 10 –3
– Zone 1 : ------- = ------------------------- = 0,0125 Ω –1 , soit R1 = 80 Ω.
∆u 16
∆i 600 ⋅ 10 –3
– Zone 2 : ------- = ------------------------- = 0,3 Ω –1 , soit R2 = 3,33 Ω.
∆u 2
∆i
– Zone 3 : ------- = 0 Ω –1 , soit R3 infinie.
∆u
➌ On mesure la tension à vide en déterminant l’abscisse de l’intersection du morceau de la carac-
téristique considéré avec l’axe des abscisses.
– Zone 1 : on prolonge la caractéristique jusqu’à l’axe des abscisses et on lit U1 = 56 V.
– Zone 2 : on lit directement sur le graphe U2 = 10 V.
– Zone 3 : U3 n’est pas définie.

i (mA)

56 V
0 U1 u (V)

➍ Les trois modélisations linéaires sont donc (en représentation de Thévenin) :

56 V 10 V
80 Ω i 3,33 Ω i i

u u u

pour u  8 V : pour 8 V  u  10 V : pour u  10 V :


u = 56 + 80i. u = 10 + 3,33i. i = 0.

Méthode n° 5
Comment déterminer le point de fonctionnement d’un dipôle
linéaire par morceau ?
Soit D un dipôle linéaire par morceau inséré dans un circuit linéaire. On souhaite déterminer le
point de fonctionnement de D.

51
Méthodes
KA_MPSI.book Page 52 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

➜ Savoir faire

➊ Réduire la partie linéaire du courant à un générateur réel unique.


Pour chaque morceau linéaire de la caractéristique :
➋ Connecter au générateur réel le modèle linéaire associé à la caractéristique. Préciser le domaine
de validité du modèle.
➌ Déterminer le point de fonctionnement ( u, i ) du dipôle D pour le modèle choisi.
➍ Déterminer la condition de validité de ce point de fonctionnement.

Si la caractéristique de D est continue, les différentes conditions de validité doivent se compléter.

➜ Application
Une diode de signal est modélisée par deux demi-droites affines. Sa caractéristique en convention
récepteur est donnée ci-dessous.

i
i

1  u  U D , alors i = 0.
u pente -------- 
RD
 u – UD
 u  U D , alors i = -----------------.
RD

u
0 UD

Déterminer le point de fonctionnement de ce dipôle lorsqu’il est inséré dans le circuit suivant.

R1

E1 R2 η2

Solution
➊ La portion linéaire de circuit se réduit à un générateur réel unique en convertissant le générateur
de Norton (η2 , R2) en générateur de Thévenin et en appliquant les règles d’association série.

R1 R1+ R2

R1
i
R2η2

E1 E1 – R2η2 u

R2 R2
E1

52
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 53 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• Domaine u  UD
➋ La diode est modélisée par un interrupteur ouvert (i = 0). La fém du générateur réel se reporte
à ses bornes.

R1 + R2

E1 – R2η2 u

➌ Le point de fonctionnement du circuit est alors :


(u = E1 – R2 h2 ; i = 0).
➍ Ce point est valable pour u  UD , soit :
E1 – R2 η 2  UD , soit : E1  UD + R2 h 2 .

• Domaine u  UD
➋ La diode est modélisée par un récepteur réel de fcém UD et de résistance interne RD . On a donc
le schéma équivalent ci-dessous :

R1 + R2
i

RD
E1 – R2η2
u
UD

– La loi des mailles dans le circuit s’écrit :


E1 – R2 η2 – UD
E1 – R2η2 = (R1 + R2) i + RD i + UD , d’où : i = ---------------------------------------- .
R1 + R2 + RD
– La tension aux bornes de la diode est :
E1 – R2 η2 – UD
u = U D + R D i = U D +  ---------------------------------------- R D
 R1 + R2 + RD 
( R 1 + R 2 )U D + ( E 1 – R 2 η 2 )R D
= ------------------------------------------------------------------------------- .
R1 + R2 + RD
➌ Le point de fonctionnement du circuit est alors :
( R 1 + R 2 )U D + ( E 1 – R 2 h 2 )R D
 u = -------------------------------------------------------------------------------- E1 – R2 h2 – UD
-; i = -----------------------------------------  .
 R1 + R2 + RD R1 + R2 + RD 
➍ Ce point est valable pour u  UD, soit :
E1 – R2 η2 – UD
-  UD ,
U D + --------------------------------------- soit : E1  UD + R2h2.
R1 + R2 + RD

Cette condition est bien complémentaire de la précédente, ce qui était prévisible car la caractéristique de la
diode est continue.

53
Méthodes
KA_MPSI.book Page 54 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Énoncés des exercices

Exercices
Niveau 1 Déterminer la résistance R, la puissance reçue par la
diode et la puissance fournie par le générateur.
d) On modélise la caractéristique de la diode par
Ex. 1 Caractéristique d’une pile deux droites. Préciser les droites modélisant le mieux
Lors de l’étude d’une pile, on a mesuré la tension u à la diode.
ses bornes et le courant i qu’elle débite.
e) On utilise le modèle établi en d) pour la diode. Elle
est branchée sur un générateur de tension idéal
u (V) 1,5 1,45 1,4 1,35 1,2 0,9 0,5 0
E = 1,5 V, placé en série avec une résistance R variable.
i (mA) 0 50 100 150 200 250 300 350
R
i
i

E u
u
pile

Tracer la courbe donnant la puissance  reçue par la


a) Décrire un mode opératoire pour les mesures.
diode en fonction de R.
b) Tracer la caractéristique u(i).
c) À faible intensité, la pile est modélisable par un Ex. 3 Adaptation d’impédance
générateur de Thévenin. Le déterminer.
Un générateur modélisé par son modèle de Thévenin
d) Quelle est, expérimentalement, l’intensité maxi- (E, R i ) est branché sur une résistance variable R.
male que peut débiter la pile pour conserver une
a) Déterminer le courant circulant dans la résistance R.
caractéristique linéaire ?
b) Déterminer la puissance  dissipée par effet Joule
Ex. 2 Caractéristique d’une diode dans la résistance R. Tracer la courbe (R).

Lors de l’étude d’une diode, on a tracé la caractéris- c) Pour quelle valeur R 0 de R la puissance dissipée
tique suivante : dans la résistance est-elle maximale ? On parle alors
d’adaptation d’impédance.
– pour u  0,3 V : i = 0 ;
– pour u  0,7 V, la caractéristique est linéaire, pas-
sant par les points : Ex. 4 Théorème de Millman
A(u = 1 V ; i = 100 mA) et B(u = 2 V ; i = 300 mA). a) Énoncer la loi des nœuds exprimée en tension pour
déterminer le potentiel VN du nœud N dans le mon-
u (V )
tage ci-dessous. En déduire le courant i dans la résis-
B tance R.
2
R1 R3
i N

u 1 A
i
R2
E1 E3
R
100 200 300 i (mA)
E2
a) Comment peut-on tracer la caractéristique d’une
telle diode ?
;

b) Dans sa partie linéaire (u  0,7 V), donner un


modèle équivalent à la diode. b) Rependre l’exercice en remplaçant les générateurs
;

c) On branche aux bornes de la diode un générateur de Thévenin (Ek , Rk ) par des générateurs de Norton.
de tension de force électromotrice E = 1,5 V et de En déduire alors la source de Thévenin branchée aux
résistance interne R. bornes de la résistance R et le courant circulant dans
Le courant dans la diode vaut alors I = 100 mA. cette résistance.

54
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 55 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Ex. 5 Théorème de superposition u


a) Déterminer, par application des lois de Kirchhoff,
le courant I1 circulant dans la résistance R1 du mon- i pente R′
tage ci-dessous. E′
u i
I1 –E′

pente R′
R1 R2 R3
a) On a E2 = 6 V. Déterminer le courant i dans l’élec-
trolyseur.
E1 E2 E3 b) Reprendre l’étude quand E2 = 1 V. Déterminer à
nouveau le courant i.
;;
;
Ex. 8 Alimentation d’un moteur
b) • Que vaut le courant, noté I11 , quand E2 = E3 = 0 ?
Un moteur de force contre électromotrice E′ et de
• Que vaut le courant, noté I12 , quand E1 = E3 = 0 ?
résistance interne R′ est alimenté grâce à deux géné-
• Que vaut le courant, noté I13 , quand E1 = E2 = 0 ? rateurs de forces électromotrices respectives E1 et E2
Montrer que l’on a bien : I1 = I11 + I12 + I13 . et de résistances internes respectives R1 et R2 .
Énoncer le théorème de superposition. Déterminer les courants I, I1 et I2 circulant dans le
moteur et les générateurs.
Ex. 6 Calculs de courants (Pour obtenir ce résultat, on appliquera la loi des
Déterminer les courants I1 , I2 et I3 du montage ci- nœuds exprimée en tension.)
dessous. I1 I2
E1
I
R I1 R R1 R2
moteur
E2
E1 E2
R
E3
R
R I2 R Ex. 9 Générateurs de courant
Deux générateurs, modélisés par leur modèle de
I3 Norton :
cém η1 et η2 ; résistance interne R1 et R2 ,
sont placés en série avec une résistance R.
Ex. 7 Alimentation d’un dipôle actif
R1
Le montage étudié est le suivant :

i
R1 R2
η1
R2 η2 R
E1 E2

Le générateur de tension de fém E1 = 1,5 V possède


une résistance interne R1 = 6 Ω ; celui de fém E2 a a) Remplacer les générateurs de Norton par des
une résistance interne R2 = 6 Ω. Le dipôle actif est un générateurs de Thévenin.
électrolyseur de fém E′ = 1,5 V et de résistance b) En déduire la tension aux bornes de la résistance
interne R′ = 3 Ω. Sa caractéristique est représentée R, le courant qui y circule et la puissance dissipée par
sur le graphe ci-dessous. effet Joule.

55
Exercices
KA_MPSI.book Page 56 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Ex. 10 Application des lois de Kirchhoff Le but de l’exercice est de déterminer i en fonction de
E et de R.
Déterminer l’intensité i sur le schéma ci-dessous.
a) Réduire la partie linéaire du circuit à un générateur
2E unique.
R 2R
b) • Déterminer alors la condition portant sur E pour
avoir i = 0.
• À quelle condition a-t-on i  0 ? Déterminer alors i.
2R i 2R αE • À quelle condition a-t-on i  0 ? Déterminer alors i.
Tracer la courbe i = f (E).

2R
Ex. 13 Théorème de Kennely
À quelles conditions les deux montages sont-ils
E équivalents ?
u3
i1 i2

R1 R2
Niveau 2
R3
u2 u1
Ex. 11 Alimentation d’un moteur
montage T
Un moteur est un récepteur actif de résistance R′ et i3
(étoile)
de fém E′ = kN, où N est la vitesse de rotation du u3
moteur. La puissance motrice fournie par le moteur i1 i2
est m = E′i, où i est l’intensité du courant circulant
en convention récepteur dans le moteur. r3
r2 r1
Le moteur est alimenté par un générateur de fém E et
de résistance interne R. u2 u1
a) Déterminer l’intensité i circulant dans le moteur.
Donner son expression en fonction de E, R, R′ et kN. montage
(triangle) i3
b) Quelle est la puissance motrice m ?
c) Tracer la courbe donnant m en fonction de N.
Pour quelle valeur N0 de la vitesse de rotation du
Ex. 14 Résistances équivalentes
moteur la puissance motrice est-elle maximale ? a) Déterminer la résistance équivalente au montage
entre A et B.
Ex. 12 Diode Zener R2
i R1
D
C R3
i A B
u
0 UZ u
R4
b) Déterminer la résistance équivalente au montage
entre A et B.
Une diode Zener est placée dans un montage où la
fém E peut être réglée ( E  0 ou E  0). R C R
E
R A B
R′

R 2R 2R
D
R i c) Déterminer la résistance équivalente au montage
ci-dessous :

56
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 57 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• lorsque le courant entre en A et ressort en B ; Dans le cadre de l’application numérique de la question


• lorsque le courant entre en A′ et ressort en B ; précédente, donner la précision sur la mesure de R1 .
• lorsque le courant entre en A et ressort en C ; 2) Présence de fém parasite
• lorsque le courant entre en A′ et ressort en C′. Le pont précédent est supposé en équilibre, c’est-à-
dire que l’on a rigoureusement u = 0.
R R
A Nous allons étudier l’influence d’une force électromo-
trice e sur l’équilibre du pont (e est placé en série avec
la résistance ; cela peut modéliser une tension apparue
R R R
lors du contact de deux matériaux de nature chimique
R R différente).
A′ C′
B
e D
R R R
R R R2
R1
C
A u B

R3 R4
Niveau 3 C
E
Ex. 15 Pont de Weahtsone
Un pont de Weahtsone est un montage électrique
permettant de déterminer une résistance inconnue.
1) Équilibrage du pont
a) Exprimer la tension u apparue à cause de la pré-
Le schéma du pont est représenté sur la figure ci-
sence de e.
dessous.
b) On veut que l’influence de e soit négligeable au
D cours de la mesure. On estime que cette influence est
R1 R2 négligeable si u  1 mV. Quelle est alors la condi-
A B tion portant sur e ? On rappelle que l’on a : E = 6 V ;
u R 2 = 1 827 Ω ; R 3 = 100 Ω ; R 4 = 5 kΩ.

R3 R4 Ex. 16 Sources liées


C Le montage étudié débite un courant i vers l’extérieur.
E Il possède un générateur de tension E et une source
liée dont la tension ku est proportionnelle à la tension
u aux bornes de la résistance située entre C et D.
En utilisant la loi des nœuds, montrer que la tension
V se met sous la forme :
La résistance à déterminer est la résistance R1 .
V = Eth – Rth i,
Les résistances R 3 et R 4 sont des résistances fixes
connues. où E th et R th s’expriment uniquement en fonction de
La résistance R2 est une résistance variable dont on R, k et E.
connaît la valeur. (Le montage est alors équivalent à un générateur de
Le pont est équilibré quand la tension u mesurée Thévenin de fém E th et de résistance interne R th .)
entre C et D est nulle.
u
a) Déterminer la tension u en fonction de E et des C D i
résistances R1 , R2 , R3 et R4 .
R
b) À quelle condition le pont est-il équilibré ? Déter-
R
miner alors R1 .
A.N. R 3 = 100 Ω ; R 4 = 5 kΩ ; R 2 = 1 827 Ω ; E R V
E = 6 V.
ku
c) Le voltmètre indique la tension « u = 0 » si, en réa-
lité, on a : u  1 mV.

57
Exercices
KA_MPSI.book Page 58 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Indications
Ex. 3 L’extremum d’une fonction correspond à une Ex. 11 Une parabole est « symétrique » par rapport à
dérivée nulle. son extremum.

Ex. 12 a) Utiliser les équivalences entre les modèles


Ex. 4 a) Exprimer les potentiels utiles en fonction des de Thévenin et de Norton.
fém des générateurs.

Ex. 13 Exercice calculatoire. Exprimer la loi des


Ex. 5 Suivre logiquement l’énoncé pas à pas. mailles dans le montage « étoile » et la loi des nœuds
dans le montage « triangle », puis combiner les résul-
tats et identifier.
Ex. 6 Limiter le nombre d’intensités inconnues dans
le circuit avant d’écrire les lois de Kirchhoff.
Ex. 14 Exploiter les symétries des circuits et simpli-
fier les montages en débranchant les résistances
Ex. 7 Convertir les générateurs de Thévenin en leurs dans lesquelles ne circule aucun courant.
générateurs de Norton équivalents, et vice versa.
Ex. 15 1) a) Utiliser un diviseur de tension.
2) a) Appliquer le « théorème de superposition »
Ex. 8 Utiliser la loi des nœuds exprimée en tension.
énoncé à l’exercice 5.

Ex. 10 Limiter le nombre d’intensités inconnues dans Ex. 16 Utiliser la loi des nœuds exprimée en tension
le circuit avant d’écrire les lois de Kirchhoff. en D.

58
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 59 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Solution des exercices

Solutions des exercices


Exercices de niveau 1
Exercice 1

a) • Pour effectuer les mesures, on peut utiliser un voltmètre permettant de connaître la tension aux
bornes de la pile et un ampèremètre permettant de déterminer le courant qu’elle débite.
• Une autre façon d’effectuer les mesures et de placer aux bornes de la
pile une résistance variable étalonnée. i

La mesure de la tension grâce au voltmètre donne alors la tension aux u V R


u.
bornes de la pile. L’intensité débitée par la pile est : i = ----
R
b) On peut alors tracer la caractéristique tension-courant u = f ( i ).

u (V)
1,5

0,5

i (mA)
0 100 200 300 400

c) À faible intensité, la caractéristique est linéaire ; on peut donc écrire u = E – Ri.

On applique la méthode n° 4 à la pile étudiée en convention générateur.

∆u
• On mesure la pente ------- de la droite et on en déduit la résistance R :
∆i
∆u 1,5 – 1,4
R = – ------- , soit : R = – ---------------------- = 1 Ω .
∆i 0 – 0,1
• On mesure la tension à vide E en faisant i = 0, d’où : E = 1,5 V.

Comme la droite modèle est décroissante, sa pente vaut –R.

À faible intensité, la pile est donc équivalente au générateur de Thévenin de fém E = 1,5 V et de
résistance interne R = 1 W .

i i

R=1 Ω
u ⇔ u = E – Ri

E = 1,5 V

d) À faible intensité, la caractéristique est linéaire jusqu’à un courant d’intensité 150 mA.

59
Exercices
KA_MPSI.book Page 60 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercice 2

a) Pour tracer la caractéristique de la diode, il faut placer en amont de celle-ci un générateur dont on
peut faire varier la tension (alimentation stabilisée) ou utiliser un générateur en série avec un poten-
tiomètre (résistance variable). Un voltmètre aux bornes de la diode permet de mesurer la tension u,
un ampèremètre en série avec celle-ci donnera la mesure de l’intensité i du courant.

E V u
i

b) Pour u  0,7 V, la caractéristique est linéaire ; on peut écrire u = E′ + R′i, où E′ est la tension
du générateur de Thévenin et R′ la résistance interne.

On applique la méthode n° 4 à la diode étudiée en convention récepteur.


∆u
• On mesure la pente ------- de la droite et on en déduit la résistance R′ :
∆i
∆u 2–1
R′ = ------- , soit : R′ = ---------------------- = 5 Ω .
∆i 0,3 – 0,1
• On mesure la tension à vide E′ en faisant i = 0, d’où : E′ = 0,5 V.

Pour déterminer E ′, on prolonge la droite jusqu’à l’axe des ordonnées.

La diode est donc équivalente à la fcém E¢ = 0,5 V en série avec la résistance R¢ = 5 W .


E′ = 0,5 V

i i R′ = 5 Ω

u u = 0,5 + 5 i

c) Le montage réalisé est schématisé ci-contre.


Comme I = 0,1 A, on lit sur la caractéristique de la diode U = 1 V.
R I
• En convention générateur, la tension aux bornes du générateur est :
U
E–U 1,5 – 1
U = E – RI, d’où : R = --------------- = ----------------- = 5 W . E
I 0,1
• La puissance reçue par la diode est :
 diode = UI = 1 × 0,1 = 0,1 W .
• La puissance fournie par le générateur est :
 g = UI = 0,1 W .

La puissance reçue par un dipôle se calcule en convention récepteur. La puissance fournie par un dipôle se calcule
en convention générateur.

On constate que l’énergie se conserve dans le circuit : la puissance reçue par la diode est égale à la puissance
fournie par le générateur.
d) Les droites modélisant le mieux la diode sont (avec u en volt et i en ampère) :
– pour u  0,5, i = 0 ;
– pour u  0,5, u = 5i + 0,5.

60
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 61 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

e)
On applique la méthode n° 5 au circuit constitué du générateur de tension, de la résistance variable et de la diode.

• On se propose de déterminer le point de fonctionnement du circuit quand un courant i circule.


– L’intensité i se déduit de la loi des mailles :
E – E′
u = E′ + R′i = E – Ri, d’où : i = ----------------  0 (car E  E′ ).
R + R′
Il faut toujours vérifier que le point de fonctionnement trouvé est valable. Comme ici E  E′, il circule bien un cou-
rant positif du générateur vers le récepteur, indépendamment de la valeur de R.
– La tension u aux bornes de la diode vaut alors :
E – E′ R′E + RE′
u = E′ + R′i = E′ + R′ ---------------- = --------------------------- .
R + R′ R + R′
• La puissance  reçue par la diode est :
R′E + RE′ E – E′ ( E – E¢ ) ( R¢E + RE¢ ) .
 = ui = --------------------------- × ---------------- = -------------------------------------------------------
-
R + R′ R + R′ ( R + R¢ ) 2
Pour étudier les variations de la fonction (R) , on calcule sa dérivée :
d E′ ( R + R′ ) 2 – 2 ( R + R′ ) ( R′E + RE′ ) E – E′
- = -----------------------3- [ E′ ( R′ – R ) – 2R′E ].
-------- = ( E – E′ ) ---------------------------------------------------------------------------------------------
dR ( R + R′ ) 4 ( R + R′ )
La dérivée s’annulerait pour :
R′ ( E′ – 2E )
E′ ( R′ – R ) – 2R′E = 0, soit : R = -------------------------------  0.
E′
Comme la résistance R est toujours positive ou nulle, la dérivée ne s’annule pas et la fonction (R)
est décroissante avec :
(0) =  E ( E – E′ ) 
max = ------------------------- = 0,3 W et (  ( R ) → 0 quand R → ∞ ).
 R′

d E – E′
Le signe de la dérivée est donné par : -------- ( R = 0 ) = ------------- ( E′ – 2E )  0.
dR R′ 2

 (W)

E(E – E′)
-------------------------
R′

0 R (Ω)

Exercice 3

a) La loi des mailles donne immédiatement : i


Ri
E
E – ( R i + R )i = 0, soit : i = ----------------- . R u
R + Ri
E
On étudie la résistance en convention récepteur.

61
Exercices
KA_MPSI.book Page 62 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

b) La puissance dissipée par effet Joule dans la résistance est :


RE 2
 = Ri 2 , soit :  = -----------------------2- .
( R + Ri )
RE 2
• Quand R → 0, on a :  ∼ ----------
2
- → 0.
Ri
RE 2 E2
• Quand R → ∞, on a :  ∼ ----------
- = ------ → 0.
R2 R
La puissance étant toujours positive, elle passe nécessairement par un maximum. Pour le déterminer,
on peut écrire  sous forme :
E2 E2 E2
 = -----------------------2- = --------------------------------
- = ----------- .
( R + Ri ) Ri
2 f(R)
----------------------- R + ------ + 2R
R R i

Le maximum de  correspond au minimum de f, atteint pour :


2
R
f ′ ( R ) = 1 – ------i2 = 0, soit : R = R i .
R
E2
La puissance dissipée par effet Joule est donc maximum pour R = R i et  ( R i ) =  max = --------- .
4R i
 (W)
E2
---------
4R i

0 Ri 2Ri R (Ω)

On peut remarquer que la courbe possède un point d’inflexion en R = 2Ri .

c) D’après la question précédente, l’adaptation d’impédance a lieu pour :


E2
R0 = Ri et  = ---------- .
4R 0

Exercice 4

a) La loi des nœuds exprimée en tension permet de déterminer le potentiel VN du nœud N :


E E E3
V N  ------ + ------ + ------ + ---- = ------1 + ------2 + ------ .
1 1 1 1
 R 1 R 2 R 3 R R1 R2 R3

Les générateurs de tension E 1 , E 2 et E 3 étant reliés à la masse, le potentiel de la borne reliée à la résistance est égal
à la fém.
La loi d’Ohm aux bornes de la résistance R s’écrit :
E E E
------1- + ------2- + ------3-
VN R1 R2 R3
- = ------------------------------------------------------ .
V N – 0 = Ri, d’où : i = -------
R
1 + R  ------- + ------- + -------
1 1 1
 R 1 R 2 R 3

62
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 63 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

b) • Chaque branche entre la masse et le point N contient un générateur de Thévenin ( E k , R k ) que


Ek
l’on peut convertir en un générateur de Norton  η k = ------, R k . On a donc :
 Rk 

R1 R3
E
i ------1 i
E1 R1
R2 E E
R ⇔ R1 ------2 R2 ------3 R3 R
R2 R3
E2 E3

• Les trois générateurs de courant idéaux et les trois résistances sont associés en parallèle. On peut
donc les remplacer par un générateur et une résistance équivalents.

E E E
η éq = ------1 + ------2 + ------3
i R1 R2 R3 i
E E E
------1 R1 ------2 R2 ------3 R3 R ⇔ η eq Réq R
R1 R2 R3

1 1 1 1
-------- = ------ + ------ + ------
R éq R1 R2 R3

• On convertit le générateur de Norton en générateur de Thévenin :

i R éq i
E éq = R éq η éq

ηeq R éq R ⇔ E eq R

La loi des mailles donne l’intensité i du courant dans le circuit :


E E E
------1- + ------2- + ------3-
E éq R éq η éq η éq R1 R2 R3
i = ------------------
- = ------------------
- = ------------------ = ------------------------------------------------------ .
R + R éq R + R eq R
1 + R  ------- + ------- + -------
1 + -------- 1 1 1
R éq  R 1 R 2 R 3

Cet exemple montre bien l’intérêt d’utiliser le théorème de Millman quand la configuration du circuit s’y prête.

En appliquant le théorème de division de courant au circuit comprenant le générateur de Norton (η éq , R éq) en paral-
lèle avec la résistance R, on pouvait alors écrire :
η éq R éq
i = ----------------- .
R + R éq

63
Exercices
KA_MPSI.book Page 64 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercice 5

a)

On applique la méthode n° 1 au circuit étudié.

Le montage étudié comporte deux nœuds et deux mailles indépendantes.


On applique donc une fois la loi des nœuds et deux fois la loi des mailles. Les paramètres inconnus
sont les courants dans les résistances, notés I1 , I2 et I3 .

I1 N I3
I2

R1 maille 1 R2 maille 2 R3

E1 E2 E3

L’orientation des courants I2 et I3 est arbitraire.

 nœud N : I 1 + I 2 + I 3 = 0 (1)

 maille 1 : E 1 – R 1 I 1 + R 2 I 2 – E 2 = 0 (2)
 maille 2 : E – R I + R I – E = 0. (3)
 3 3 3 2 2 2

On reporte I 2 = –I 1 – I 3 dans (2) et (3) :


( R 1 + R 2 )I 1 + R 2 I 3 = E 1 – E 2 (2)
R 2 I 1 + ( R 2 + R 3 )I 3 = E 3 – E 2 . (3)
On élimine I3 par la combinaison ( R 2 + R 3 ) ( 2 ) – R 2 ( 3 ) et on en déduit :
( E1 – E2 ) ( R2 + R3 ) – R2 ( E3 – E2 ) ( R 2 + R 3 )E 1 – R 3 E 2 – R 2 E 3
- = ------------------------------------------------------------------------- .
I 1 = -------------------------------------------------------------------------------------
( R1 + R2 ) ( R2 + R3 ) – R2
2 R1 R2 + R1 R3 + R2 R3

( R 2 + R 3 )E 1
b) • Si E 2 = E 3 = 0, on a : I 11 = -------------------------------------------------------- .
R1 R2 + R1 R3 + R2 R3
R3 E2
• Si E 1 = E 3 = 0, on a : I 12 = – -------------------------------------------------------- .
R1 R2 + R1 R3 + R2 R3
R2 E3
• Si E 1 = E 2 = 0, on a : I 13 = – -------------------------------------------------------- .
R1 R2 + R1 R3 + R2 R3
On a bien : I 1 = I 11 + I 12 + I 13 . Les dipôles utilisés sont tous linéaires. Une conséquence de cette
linéarité est le théorème de superposition.

Le courant dans un dipôle, créé par un ensemble de générateurs, est la somme des courants obtenus
en prenant chaque source individuellement (en annulant toutes les autres).

On peut généraliser cette propriété à la tension aux bornes d’un dipôle, comme à la présence de générateurs de
courant.

64
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 65 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercice 6

On applique la méthode n° 1 au circuit étudié.

Le montage étudié comporte 6 nœuds et 4 mailles indépendantes. Pour simplifier l’étude, nous allons
paramétrer les courants comme l’indique le schéma ci-dessous :
E1
R i 2 – I1 I1 R I1 + i 1
i2
E2
R
  
E3 R i1
R R
B A
I2 + i 2 I2
 I2 – i 1

I3

Initialement, on comptait 9 branches, c’est-à-dire 9 intensités à calculer. En utilisant judicieusement la loi des
nœuds, on introduit seulement les deux inconnues supplémentaires i 1 et i 2 .
Le montage se réduit alors à 2 nœuds (A et B) et 4 mailles indépendantes. On applique donc une fois
la loi des nœuds et quatre fois la loi des mailles :
 nœud A : I 3 + I 1 + i 1 + I 2 – i 1 = 0 (1)

 maille 1 : E 1 – R ( i 2 – I 1 ) + E 3 – R ( I 2 + i 2 ) + E 2 – Ri 2 = 0 (2)
 maille 2 : – E + Ri – Ri = 0 (3)
 2 2 1
 maille 3 : R ( I 1 + i 1 ) + Ri 1 – R ( I 2 – i 1 ) = 0 (4)

 maille 4 : – E 3 + R ( I 2 + i 2 ) + R ( I 2 – i 1 ) = 0. (5)

Le système peut aussi s’écrire :
 I 3 = –I 1 – I 2 (1)

 –RI 1 + RI 2 + 3Ri 2 = E 1 + E 2 + E 3 (2)

 –Ri 1 + Ri 2 = E 2 (3)

 RI 1 – RI 2 + 3Ri 1 = 0 (4)

 2RI 2 – Ri 1 + Ri 2 = E 3 . (5)
En soustrayant (3) à (5), on obtient :
E3 – E2
2RI 2 = E 3 – E 2 , soit : I 2 = ------------------- .
2R
En soustrayant (4) à (2), on obtient :
–2RI 1 + 2RI 2 – 3R ( i 1 – i 2 ) = E 1 + E 2 + E 3 .
–2RI 1 + E 3 – E 2 + 3E 2 = E 1 + E 2 + E 3 .
E2 – E1
I 1 = ------------------- .
2R
En reportant I1 et I2 dans (1), on obtient enfin :
E2 – E1 E3 – E2 E1 – E3
- – ------------------- = ------------------- .
I 3 = – ------------------
2R 2R 2R
Les équations (2) et (4) permettraient de calculer i 1 et i 2 .

65
Exercices
KA_MPSI.book Page 66 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercice 7

a)

On applique la méthode (2) au circuit étudié.


Ek
• On convertit chaque générateur de Thévenin ( E k , R k ) en un générateur de Norton  η k = ------, R k .
 Rk 
On a donc :

i i
R1 R2
E1 E
⇔ ------ R1 ------2 R2
R1 R2
E1 E2

• Les deux générateurs de courant idéaux et les deux résistances sont associés en parallèle. On peut
donc les remplacer par un générateur et une résistance équivalents.

E E
i η éq = ------1 + ------2 i
R1 R2
E E
------1 R1 ------2 R2 ⇔ ηeq R éq
R1 R2

1 1 1 R1 + R2
-------- = ------ + ------ = -------------------
-
R éq R1 R2 R1 R2

• On convertit le générateur de Norton en générateur de Thévenin :

i E éq = R éq η éq  R1 E2 + R2 E1
Réq i  E éq = ----------------------------------
 R1 + R2
ηeq ⇔ E eq 
Req  R = -------------------
R1 R2
 éq -
R1 + R2

R1 E2 + R2 E1 6 × 6 + 6 × 1,5
A.N. E éq = ----------------------------------
- = ------------------------------------- = 3,75 V .
R1 + R2 6+6
R1 R2 6×6
R éq = -------------------- = ------------- = 3 W .
R1 + R2 6+6
R éq i
La fém du générateur équivalent est supérieure à la fcém E′ de
E′
l’électrolyseur. Un courant i positif circule donc dans l’électroly-
seur, et la loi des mailles donne : E eq
E éq – E¢ 3,75 – 1,5 R′
i = ---------------------- = -------------------------- = 0,375 A .
R éq + R¢ 3+3
b) Pour E 2 = 1 V, on a :
R1 E2 + R2 E1 6 × 1 + 6 × 1,5
E éq = ---------------------------------
- = ------------------------------------- = 1,25 V .
R1 + R2 6+6
La fém du générateur équivalent est inférieure à la fcém E′ de l’électrolyseur. Le courant ne peut donc
pas circuler dans l’électrolyseur : i = 0.

66
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 67 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercice 8

On remplace le moteur par son modèle de Thévenin :

I1 I2 I1 N I2

I
I
R1 R2 R1 R′ R2

moteur

E1 E2 E1 E′ E2

;;
La loi des nœuds exprimée en tension permet de déterminer le potentiel VN du nœud N :
E E E′
------1 + ------2 + ------
R 1 R 2 R′
VN = --------------------------------- .
1 1 1
------ + ------ + ------
R 1 R 2 R′

Pour des explications supplémentaires, voir l’exercice 4.

La loi d’Ohm aux bornes de la résistance R1 s’écrit :


E 1 – E 2 E 1 – E′ E 1 – E 2 E 1 – E¢
- + ------------------
------------------ ------------------- + -------------------
R2 R′ R2 R¢
R1 I1 = E1 – VN = -------------------------------------------- , soit : I 1 = ---------------------------------------------- .
1 1 1 R1 R1
------ + ------ + ------ 1 + ------- + -------
R 1 R 2 R′ R 2 R¢

En convention récepteur, on a :

E1
;;;

R1 I1
N
;

U1 = E 1 – VN
potentiel E 1

Des calculs identiques donnent :


E 2 – E 1 E 2 – E¢ E 1 – E¢ E 2 – E¢
------------------- + ------------------- ------------------- + -------------------
R1 R¢ R1 R2
I 2 = ---------------------------------------------- et I = I 1 + I 2 = --------------------------------------------- .
R2 R2 R¢ R¢
1 + ------- + ------- 1 + ------- + -------
R 1 R¢ R1 R2

Les calculs n’ont pas été développés, mais ils ne présentent aucune difficulté technique.

67
Exercices
KA_MPSI.book Page 68 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercice 9

a) Comme l’indique l’énoncé, on convertit les générateurs de Norton en générateurs de Thévenin :


R1η1
R1 R1

I
R2
I E = Rη
⇔ R
η1
R2 η2 R2η2
R

Deux générateurs de tension et deux résistances sont associés en série :


R1η1
R1

I I
R2 R1 + R 2

R ⇔ R UR
R2η2 R1 η1 + R2 η2

b) La loi des mailles donne le courant I dans le circuit :


R1 η1 + R2 η2 R1 η1 + R2 η2
I = --------------------------------- , d’où : U R = RI = R --------------------------------- .
R1 + R2 + R R1 + R2 + R
La puissance dissipée par effet Joule dans la résistance R vaut :
R1 h1 + R2 h2 2
 J = RI 2 = R  --------------------------------- .
 R1 + R2 + R 

Exercice 10

On applique la méthode n° 1 au circuit étudié.

Le montage étudié comporte 3 nœuds et 3 mailles indépendantes. On le paramètre simplement en


introduisant les deux inconnues supplémentaires i 2 et i 3 .

2E
R i1 i3 2R

 2R  αE
2R i
A
i1 + i3

B
i2
2R
E

68
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 69 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Le montage se réduit alors à 2 nœuds (A et B) et 3 mailles indépendantes. On applique donc une fois la loi des
nœuds et trois fois la loi des mailles.
On obtient donc le système d’équations ci-dessous :

 nœud A : i1 + i + i2 = 0 (1)  i2 = – i1 – i (1)


 
 maille 1 : 2E – Ri 1 – 2R ( i 1 + i 3 ) + 2Ri = 0 (2)  3Ri 1 + 2Ri 3 – 2Ri = 2E (2)
 ⇒ 
 maille 2 : E – 2Ri 2 + 2Ri = 0 (3)  2Ri 1 + 4Ri = – E (3)
 
 maille 3 : αE – 2Ri 3 – 2R ( i 1 + i 3 ) = 0 (4)  2Ri 1 + 4Ri 3 = αE. (4)

On a injecté (1) dans l’équation (3). L’objectif est maintenant d’exprimer i 1 et i 3 en fonction de i.

On déduit de l’équation (3) :


1
2Ri 1 = – E – 4Ri, soit : Ri 1 = – --- ( E + 4Ri ).
2
On déduit de l’équation (4) :
1
4Ri 3 = αE – 2Ri 1 = ( α + 1 )E + 4Ri, soit : Ri 3 = --- [ ( α + 1 )E + 4Ri ].
4
On reporte ces deux résultats dans l’équation (2) :
3 1
– --- ( E + 4Ri ) + --- [ ( α + 1 )E + 4Ri ] – 2Ri = 2E.
2 2
1
– 6Ri + --- αE – E = 2E.
2
a
i = – --------  3 – --- .
E
6R  2

Le système d’équations permettrait de calculer aussi i 1 , i 2 et i 3 .

Exercices de niveau 2
Exercice 11

a) D’après le schéma du montage, la loi des mailles donne i


immédiatement :
E – E′ E – kN
i = ---------------- = ------------------- . R R′
R + R′ R + R¢
u
Le moteur est un récepteur. Sur le schéma du montage, la fém E et la fcém
E′ doivent donc avoir des sens opposés par rapport au courant. E E′

b) La puissance motrice du moteur a pour expression :


N ( E – kN )
 m = E′i = k ----------------------------- .
R + R¢
c) D’après son équation, la courbe donnant m en fonction de N est une parabole à concavité vers
le bas. Elle s’annule pour :
E
N ( E – kN ) = 0, soit : N = 0 ou N = ---- .
k

69
Exercices
KA_MPSI.book Page 70 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

E
La puissance motrice m est donc maximale pour N 0 = ------ . Elle vaut alors :
2k
E2
 m ( N 0 ) =  max = ------------------------- .
4 ( R + R¢ )
m (W)
E2
-------------------------
4(R + R′)

0 E /2 k E/ k N

La concavité d’une parabole d’équation y = ax 2 + bx + c est donnée par le signe de a (si a  0, la concavité est vers
le haut ; si a  0, la concavité est vers le bas).

Une parabole est toujours « symétrique » par rapport à l’axe vertical passant par son extremum.

Exercice 12

a)
On applique la méthode n° 2 à la partie linéaire du circuit. Le fait que E soit une grandeur algébrique (E  0 ou E 0)
ne change rien au raisonnement.
• On convertit le générateur de Thévenin (E, R) en générateur de Norton :
E
η = ----
R

E
R R

R

R
R R

• Les deux résistances R en parallèle peuvent être combinées :


E E
η = ---- η = ----
R R

R 1 1 1 2
--------- = ---- + ---- = ----
R éq R R R
R/2

R

R R

70
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 71 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• On convertit le générateur de Norton  ----, ---- en générateur de Thévenin :


E R
R 2
E
η = ----
R

E⁄2
R E R⁄2
η ---- = ----
2 2

R⁄2

R R

• Les deux résistances en série peuvent être associées :


E⁄2 E⁄2
R 3R ⁄ 2
R éq = R + ----
2
R⁄2 ⇔

R i

E
b) • Si i = 0, alors : u = ---- . D’après la caractéristique de la diode Zener, on a donc :
2
u ∈ [ 0 ; U Z ] , d’où : E Œ [ 0 ; 2U Z ] .
• Si i  0, la diode Zener peut être modélisée par une fcém E′ = U Z . La loi E⁄2
des mailles dans le circuit s’écrit alors : 3R ⁄ 2
E 3R E – 2U Z
---- – -------i = U Z , soit : i = ---------------------- .
2 2 3R
La condition sur E est donc :
E – 2U Z i
---------------------  0, soit : E  2U Z .
3R UZ
Cette condition traduit simplement le fait que le courant circule dans le circuit si la fém
du générateur est supérieure à la fcém du récepteur.
• Si i  0, la diode Zener peut être modélisée par un fil ( u = 0 ). La loi des E⁄2
mailles s’écrit alors : 3R ⁄ 2
E 3R E
---- – -------i = 0, soit : i = -------- .
2 2 3R
La condition sur E est donc : E  0.
i (A) i

1
pente ------- →
3R

0 2UZ E (V)
1
pente ------- →
3R

71
Exercices
KA_MPSI.book Page 72 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Les conditions sur E sont bien complémentaires, ce qui est logique, car la caractéristique de la diode Zener est
continue.

Exercice 13

Dans les montages T et ∇, on a :


 u 1 + u 2 + u 3 = 0 ( loi des mailles )

 i 1 + i 2 + i 3 = 0 ( loi des nœuds ).
Seules les tensions u 1 et u 2 d’une part, les courants i 1 et i 2 d’autre part sont indépendants.

D’après les équations, deux tensions et deux courants sont indépendants, mais leur choix est libre.

• Exprimons u 1 et u 2 en fonction de i 1 et i 2 dans le montage T :


 u 1 = R 3 i 3 – R 2 i 2 = – R 3 i 1 – ( R 2 + R 3 )i 2 (a)

 u 2 = R 1 i 1 – R 3 i 3 = ( R 1 + R 3 )i 1 + R 3 i 2 . (b)
• Exprimons i 1 et i 2 en fonction de u 1 et u 2 dans le montage ∇ :
 u2 u3 u1
 i 1 = ----- – ----- = ----- + u 2  ---- + ----
1 1
( a′ )
 r2 r3 r3 r2 r3

 u3 u1 u2
- – ----- = – u 1  ---- + ---- – ----- .
1 1
 i 2 = ---- ( b′ )
r3 r1  r1 r3  r3

Reportons les expressions de i 1 et i 2 obtenues en ( a′ ) et ( b′ ) dans les expressions de u 1 et u 2 de (a)
et (b) :
u u
u 1 = – R 3 ----1- + u 2  ---- + ---- + ( R 2 + R 3 ) u 1  ---- + ---- + ----2-
1 1 1 1
r3  r2 r3   r1 r3 r3
R R R
= u 1 R 2  ---- + ---- + ------3 + u 2 ------2 – ------3
1 1
 r 1 r 3 r 1 r3 r2
u1 u
u 2 = ( R 1 + R 3 ) ----- + u 2  ---- + ---- – R 3 u 1  ---- + ---- + ----2-
1 1 1 1
r3  r 2 r 3  r 1 r 3 r 3
R R R
= u 1 ------1 – ------3 + u 2 R 1  ---- + ---- + ------3 .
1 1
r3 r1  r 2 r 3 r 2
De ces égalités, nous déduisons :

 R 2  ---1 1  R3
- + ---- + ------ = 1 (1)
  r 1 r 3 r 1

 R2 R3
 ------ – ------ = 0 (2)
 r3 r2

 R  --- 1 1  R3
(3)
 1  r - + --- - + ------ = 1
r 3 r 2
 2
R R
 ------1 – ------3 = 0. (4)
 r3 r1

Les deux égalités auxquelles on aboutit peuvent s’écrire : u 1 = Au 1 + Bu 2 et u 2 = Cu 1 + Du 2 , où A, B, C et D sont des


constantes. Pour que ces égalités soient vérifiées quelles que soient les valeurs de u 1 et u 2 , on doit nécessairement
avoir :
(A = 1 et B = 0) et (C = 0 et D = 1).

72
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 73 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

r2
On tire de (2) : R 3 = ---- R 2 , que l’on reporte dans (1) :
r3
r2  r1 r3
R 2  ---- + ---- + --------
1 1
- = 1, soit : R 2 = ---------------------------- .
 r 1 r 3 r 1 r 3 r1 + r2 + r3
r1
De même, on tire de (4) : R 3 = ---- R 1 , que l’on reporte dans (3) :
r3
r1  r2 r3
R 1  ---- + ---- + --------
1 1
- = 1, soit : R 1 = ---------------------------- .
 r 2 r 3 r 2 r 3 r1 + r2 + r3
Enfin, grâce à (2) ou (4), on trouve :
r1 r2
R 3 = ---------------------------- .
r1 + r2 + r3

Cette condition d’équivalence entre les deux montages permet de remplacer, selon les cas, un montage triangle
par un montage étoile (et vice versa).

Exercice 14

a) Les résistances R2 et R3 sont associées en parallèle entre C et D :


R2 R2 R3
R1 R1 R CD = -------------------
-
D R2 + R3
C

A R3 B A B

R4 R4

Les résistances R1 et R CD sont associées en série :

R1 RCD R 1 + R CD


A B A B
R4 R4

Les résistances ( R 1 + R CD ) et R 4 sont associées en parallèle :

R 1 + R CD R 4 ( R 1 + R CD )
R AB = ------------------------------------------
R 4 + ( R 1 + R CD )

A B A B
R4

La résistance équivalente RAB vaut donc :


R2 R3 
R 4  R 1 + ------------------- -
 R 2 + R 3 ( R 1 R 2 + R 1 R 3 + R 2 R 3 )R 4
R AB = ----------------------------------------------- = ------------------------------------------------------------------------ .
R2 R3 ( R1 + R4 ) ( R2 + R3 ) + R2 R3
R 1 + R 4 + ------------------- -
R2 + R3

Sur cet exemple simple, on a utilisé les lois d’association en série et en parallèle des résistances sans autre con-
sidération.

73
Exercices
KA_MPSI.book Page 74 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

b)
Dans ce circuit, la résistance R′ n’est ni en série, ni en parallèle avec les autres résistances. Il faut donc d’abord
simplifier le circuit en introduisant des considérations de symétrie.

On applique la méthode n° 3 au circuit étudié.

Le montage est antisymétrique par rapport à (CD). Les points C et D sont donc au même potentiel,
aucun courant ne circulant dans la résistance R′. On peut alors simplifier le montage en « supprimant »
celle-ci.
R R

A B

2R 2R
La résistance équivalente RAB vaut donc :
( R + R ) ( 2R + 2R ) 4
R AB = ----------------------------------------------------- = --- R.
( R + R ) + ( 2R + 2R ) 3
c) • Le montage est symétrique par rapport à (AB). Comme le courant sort du circuit en B, il ne cir-
cule aucun courant dans la branche contenant C : on peut donc l’éliminer.
A R R A R
i i

R × 3R 3
R R R ⇔ R R′ = ------------------ = --- R
R + 3R 4
R R
B i
R′ B
i
R R
R

La résistance équivalente RAB vaut donc :


3
R + --- R
R + R′ 4 7
R AB = ---------------- = ------------------ = --- R.
2 2 8

Les symétries du réseau sont aussi des symétries pour les répartitions de courant. En effet, en un nœud, le courant
se partage également entre deux résistances égales.
Un courant non nul dans la branche contenant C ne respecterait pas la symétrie de cette répartition.

• Le montage est symétrique par rapport à (A′B). On peut alors modifier le schéma sans modifier la
résistance du montage en remplaçant la résistance R entre B et C′ par deux résistances en parallèle
de valeur 2R.
R R R

R R × 4R 4
R R R R′ = ------------------ = --- R
2R R + 4R 5
R B R
i ⇔ i B
A′ A′
i i
R 2R R R′
R R
R

R R

74
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 75 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

La résistance équivalente R A′B vaut donc (3 résistances en parallèle) :


1 1 1 1 1 2 1 5 12
------------ = ---- + -------------------- + -------------------- = ---- + ---------------------- = ---- + ------- = -------,
R A′B R 2R + R′ 2R + R′ R 4 R 7R 7R
2R + --- R
5
7
soit : R A¢B = ------ R.
12
On vérifie qu’il y a bien équivalence entre :
2R
R C 1′
B′ C′ et B′
C 2′
2R
Le courant se répartit équitablement entre les deux branches et les points C 1′ et C 2′ sont au même potentiel que
le point C′.
• Le montage est symétrique par rapport à (AC). On peut alors séparer les résistances en B sans modi-
fier la résistance du montage et les répartitions de courant.
i i 2R × 2R
R R R R′ = ---------------------- = R
2R + 2R
A A

R R R R

R
⇔ R
R
R R R′
R
R
C
i
R R C i

La résistance équivalente R AC vaut donc (2 résistances en parallèle) :


1 1 1 2 3
---------- = -------------------- + -------------------- = -------, soit : R AC = --- R.
R AC 2R + R′ 2R + R′ 3R 2
• Le montage est antisymétrique par rapport à la droite passant par B et perpendiculaire à ( A′C′ ).
Tous les nœuds appartenant à cette droite sont au même potentiel, donc aucun courant ne circule
dans les branches correspondantes : on élimine ces résistances.
R R

R R
i C′
A′ i
R R
R R

R R
La résistance équivalente R A′C′ vaut donc (3 résistances en parallèle) :
1 1 1 1 1
------------- = ------- + ------- + ------- = ---- , soit : R A¢C¢ = R.
R A′C′ 2R 4R 4R R

Le montage est aussi symétrique par rapport à ( A′C′ ), mais cette symétrie ne permet aucune simplification
intéressante.

75
Exercices
KA_MPSI.book Page 76 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercices de niveau 3
Exercice 15

1) a) On applique le théorème de division de tension pour les branches ADB, puis ACB.

D A E B
u1
R3 R4
R1 R2
u3
A E B C

R1 R3
On a : u 1 = E -------------------- . On a : u 3 = E -------------------- .
R1 + R2 R3 + R4

Les théorèmes de division de tension et de division de courant sont des outils très puissants.

La tension u demandée vaut donc :


R3 R1  E ( R2 R3 – R1 R4 )
u = –u 1 + u 3 , soit : u = E  ------------------- - = --------------------------------------------------- .
- – -------------------
 R 3 + R 4 R 1 + R 2 ( R1 + R2 ) ( R3 + R4 )
b) Le pont est équilibré si u = 0, d’où :
R2 R3 1 827 × 100
R 2 R 3 – R 1 R 4 = 0, soit : R 1 = ------------- - = 36,5 W .
- = ------------------------------
R4 5 ⋅ 10 3
c) Dans l’expression trouvée à la question a), le dénominateur croît avec R1 et le numérateur décroît
avec R1. La plus petite valeur de u admise ( u m = – 10 –3 V ) est associée à la plus grande valeur de R1
(notée R1M) et la plus grande valeur de u admise ( u M = +10 –3 V ) est associée à la plus petite valeur
de R1 (notée R1m).
On a donc :
R2 R3
E ------------------- - – um R2
R 2 R 3 – R 1M R 4 R3 + R4
Um = E ------------------------------------------------------, soit : R 1M = --------------------------------------------- .
( R 1M + R 2 ) ( R 3 + R 4 ) R4
E ------------------- - + um
R3 + R4
De même, on obtient :
R2 R3
E ------------------- - – uM R2
R3 + R4
R 1m = ---------------------------------------------- .
R4
E ------------------- - + uM
R3 + R4

Dans le calcul, u m et u M jouent le même rôle. On passe donc de l’expression de R1M à celle de R1m en remplaçant
u m par u M .

A.N. R1M = 36,8 Ω et R1m = 36,2 Ω.


Grâce à la mesure effectuée, la résistance R1 est connue à 0,3 Ω près :
R1 = 36,5 ± 0,3 Ω.

76
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 77 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

2) a)

On applique le théorème de superposition énoncé dans l’exercice 5.

La tension u est la somme des tensions uE due à la présence de la fém E seule et ue due à la présence
de la fém e seule.
• Le pont étant équilibré, on a : uE = 0.
• Pour déterminer ue , on « annule » E, c’est-à-dire qu’on relie les points A et B par un fil.
Aucun courant ne passe donc dans la branche ADB et on a ue = u 2 .

Le fil court-circuite la branche ADB.


e C
Dans la branche ACB, le théorème de division de tension R2
donne alors : R1
eR 2 u2
u e = u 2 = -------------------- . A B
R1 + R2 ue
Finalement :
R3 R4
e R2
u = u E + u e = -------------------- .
R1 + R2 D
b) On veut u  1 mV = u M (cf. question 1. c), d’où :
R2 R1 + R2
e --------------------  u M , soit : e  -------------------- u M = 1,02 mV .
R1 + R2 R2

Exercice 16

D’après la loi des mailles, on a : E = u + V. Précisons sur le schéma les intensités dans chaque branche
et les tensions aux bornes des résistances.
u
C u⁄R D i
V – ku
---------------- V⁄R
R
V – ku R
V
E R

ku

D’après la loi des nœuds en D, on a :


u V – ku V
---- = ---------------- + ---- + i.
R R R
Comme u = E – V, on en déduit :
E–V V – k(E – V) V
-------------- = -------------------------------- + ---- + i.
R R R
( k + 1 )E = V ( k + 3 ) + Ri .
k+1 R
V = ------------ E – ------------i.
k+3 k+3
Le générateur de Thévenin équivalent au montage a pour caractéristiques :
k+1 R
E th = ------------- E et R th = ------------- .
k+3 k+3

77
Exercices
KA_MPSI.book Page 78 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23
KA_MPSI.book Page 79 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

CHAPITRE

3 Condensateurs
et bobines – Dipôles
linéaires
Introduction

Jusqu’à présent, nous avons étudié uniquement des dipôles en régime permanent. De
nombreux dipôles, néanmoins, fonctionnent en régime variable. Par exemple, la réponse
d’un condensateur ou d’une bobine à un échelon de tension n’est pas instantanée et passe
par une phase transitoire. Dans les deux cas, les grandeurs électriques u et i vérifient une
équation différentielle linéaire : on dit alors que le condensateur et la bobine sont des
dipôles linéaires.

Plan du chapitre 3
A. Étude des condensateurs. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
1. Description d’un condensateur parfait . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
2. Énergie d’un condensateur parfait . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
3. Association de condensateurs parfaits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
4. Modélisation d’un condensateur réel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83

B. Étude des bobines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84


1. Description d’une bobine parfaite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
2. Énergie d’une bobine parfaite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
3. Association de bobines parfaites. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
4. Modélisation d’une bobine réelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87

C. Les dipôles linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88


1. Définition et exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
2. Associations de dipôles linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88

Méthodes
L’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
Énoncés des exercices. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
Indications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
Solution des exercices. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96

79
KA_MPSI.book Page 80 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

A. Étude des condensateurs


A.1. Description d’un condensateur parfait
i A q –q B A.1.1 - Charge d’un condensateur
Un condensateur est l’association de deux conducteurs en regard, appelés
uAB armatures. Lorsqu’il est soumis à une différence de potentiel u non nulle, des
charges opposées qA = q et qB = – qA = – q s’accumulent sur les deux armatu-
Fig. 1 - Étude d’un condensateur res (fig. 1).
en convention récepteur. Les
charges portées par les deux Définition 1
armatures sont opposées.
La charge qA d’un condensateur est proportionnelle à la tension uAB à ses
1. Michael Faraday (1791-1867), bornes. Le coefficient de proportionnalité C, exprimé en farad (F)1,
chimiste et physicien britannique, s’appelle la capacité du condensateur 2 :
découvrit l’induction
électromagnétique, établit la loi de
qA charge en coulomb (C)
l’électrolyse et fonda la théorie de
l’électrisation. En chimie, il q A = Cu AB C capacité en farad (F)
découvrit le benzène et liquéfia de uAB tension en volt (V)
nombreux gaz.

2. En électronique, on utilise les


sous-multiple du farad : On étudie un condensateur en convention récepteur et on ne représente géné-
ralement que l’armature portant la charge q. D’après la relation charge-ten-
– le microfarad (µF) :
sion, celle-ci est algébrique :
1 µF = 10 –6 F ;
q  0 si u  0 et q  0 si u  0.
– le nanofarad (nF) :
1 nF = 10 –9 F = 10 –3 µF ; A.1.2 - Relation charge-intensité pour un condensateur
– le picofarad (pF) : D’après le chapitre 1, on sait que l’intensité i du courant s’écrit :
1 pF = 10 –12 F = 10 –6 µF = 10 –3 nF.
dQ
i = --------- ,
dt
où dQ est la quantité d’électricité traversant une section quelconque du cir-
cuit pendant la durée dt. D’après la conservation de la charge, la charge q de
3. Si le courant i est positif, la l’armature du condensateur varie donc dans le même temps de la quantité3
quantité d’électricité dQ  0 dq = dQ.
s’accumule sur l’armature du
condensateur : la charge q
augmente. Si le courant i est
En convention récepteur, la relation charge-intensité s’écrit pour un
négatif, la quantité d’électricité condensateur :
dQ  0 quitte l’armature du dq
conden-sateur : la charge q i = -------- , où q est la charge du condensateur (C).
diminue. dt

A.1.3 - Relation tension-intensité pour un condensateur


Des relations charge-tension et charge-intensité, on déduit la relation tension-
4. En convention générateur, il intensité pour un condensateur en convention récepteur 4 :
faut introduire un signe moins.
dq du
q = Cu et i = ------, d’où : i = C -------- .
dt dt
L’intensité du courant dans les fils d’alimentation du condensateur ne peut
pas être infinie : la tension u ne subit donc pas de discontinuité.

La tension u ( t ) aux bornes d’un condensateur est toujours une fonction


continue du temps.

80
Chapitre 3 : Condensateurs et bobines – Dipôles linéaires
KA_MPSI.book Page 81 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Application 1 Tension aux bornes d’un condensateur


Un générateur de courant idéal débite un courant constant d’intensité I = 1,0 µA
I = 1,0 µA dans un condensateur de capacité C = 100 nF. Initialement, la ten-
sion u aux bornes du condensateur est nulle. Comment u varie-t-elle au cours
du temps ?
u C
Solution
En convention récepteur, on a :
du I
i = I = C ------- , soit : du = ---- dt.
dt C
On intègre cette équation par rapport au temps :
I
u ( t ) = ---- t + cte, avec u(t = 0) = 0.
C
On déduit des conditions initiales à t = 0 :
I 1,0 ⋅ 10 –6
cte = 0, d’où : u ( t ) = ---- t, soit : u ( t ) = -------------------------- t = 10t.
C 100 ⋅ 10 –9
La tension u varie linéairement avec le temps.

A.2. Énergie d’un condensateur parfait


Définition 2
L’énergie électrostatique Eélec emmagasinée dans un condensateur sou-
mis à la tension u est égale à l’énergie électrique reçue par le conden-
sateur initialement déchargé lorsque la tension à ses bornes passe de 0
1. D’après la relation charge- à u. Elle a pour expression1 :
tension q = Cu, on a aussi :
q2 1
E élec = ------ = --qu.
Eélec énergie en joule (J)
2C 2 1
E élec = --- Cu 2 C capacité en farad (F)
2
u tension en volt (V)

L’énergie E élec emmagasinée par un condensateur est donc d’autant plus


grande que sa capacité C est grande.

Démonstration
La puissance électrique Pr reçue par le condensateur à l’instant t vaut :
2. Si la puissance P reçue par un
du du
système est constante, son Pr = ui avec i = C ------- , d’où : P r = Cu ------- .
énergie E varie de la quantité dt dt
∆E = P∆t pendant l’intervalle de
L’énergie dE élec reçue par le condensateur pendant la durée infinitésimale dt
temps ∆t, d’où :
∆E
vaut donc2 :
P = ------- .
∆t dE élec
En revanche, si P n’est pas P r = ---------------, d’où : dE élec = P r dt = Cu du.
dt
constante, on peut seulement
écrire que E varie de la quantité L’énergie totale Eélec reçue par le condensateur est la somme des énergies élé-
dE = Pdt pendant l’intervalle de mentaires reçues lorsque la tension passe de 0 à u. D’où :
temps infinitésimal dt, d’où :
u u 1 2
dE
P = ------ .
dt
E élec = ∫0 dEélec = ∫0 Cu du = --- Cu .
2

81
Cours
KA_MPSI.book Page 82 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Application 2 Énergie emmagasinée dans un condensateur


Calculer l’énergie emmagasinée dans un condensateur de capacité C = 100 nF chargé sous la tension
constante U = 10 V.
Solution
L’énergie du condensateur vaut :
1 1
E élec = --- CU 2 , d’où : E élec = --- × 1,00 ⋅ 10 –7 × 10 2 = 5,0 ⋅ 10 –6 J = 5,0 m J .
2 2

A.3. Association de condensateurs parfaits

C1
A.3.1 - Association en parallèle
i1
On considère n condensateurs parfaits associés en parallèle et soumis à la
i même tension u (fig. 2). En convention récepteur, le condensateur k de capa-
cité Ck est parcouru par le courant d’intensité ik telle que :

du
in i k = C k ------- .
Cn dt
u
D’après la loi des nœuds, l’intensité totale i s’écrit :
Fig. 2 - Association en parallèle
∑k ik , d’où : i = ∑k Ck ------ =  ∑k Ck ------
de n condensateurs parfaits. du du
i = - -.
dt  dt

L’association en parallèle de condensateurs parfaits de capacités Ck est


équivalente à un condensateur unique de capacité C telle que :

C = ∑k Ck .

A.3.2 - Association en série


C1 Cn
i
On considère n condensateurs parfaits associés en série et parcourus par le
même courant d’intensité i (fig. 3). En convention récepteur, la tension uk
u1 un aux bornes du condensateur k de capacité Ck vérifie :
u
du k du i
i = C k ---------, soit : ---------k = ------- .
Fig. 3 - Association en série de dt dt Ck
n condensateurs parfaits.
D’après la loi d’addition des tensions, la tension totale u s’écrit :

du
∑k uk , ∑k --------- = ∑ ------- ∑k ------
du k i 1
u = d’où : ------- = = i -.
dt dt k
Ck Ck

L’association en série de condensateurs parfaits de capacités Ck est équi-


valente à un condensateur unique de capacité C telle que :

∑k ------
1 1
---- = -.
C Ck

82
Chapitre 3 : Condensateurs et bobines – Dipôles linéaires
KA_MPSI.book Page 83 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Application 3 Association de condensateurs


Quelle est la capacité du condensateur équivalent à l’association des trois condensateurs schématisée
ci-dessous ?

C2

C1
A B D

C3

Solution
Entre les points B et D, la capacité du condensateur équivalent aux deux condensateurs en parallèle vaut :
CBD = C2 + C3 .
Entre les points A et D, le condensateur de capacité CBD est lui-même en série avec le condensateur
de capacité C1. La capacité C du condensateur équivalent est donnée par la relation :
1 1 1 C1 + C2 + C3 C1 ( C2 + C3 )
---- = ------- + ----------- = ---------------------------------- , soit : C = ---------------------------------- .
C C 1 C BD C1 ( C2 + C3 ) C1 + C2 + C3

A.4. Modélisation d’un condensateur réel


A.4.1 - Description d’un condensateur réel
1. Un diélectrique est un isolant Les deux armatures d’un condensateur réel sont séparées par un diélectrique
augmentant la capacité C du légèrement conducteur1, à travers lequel le condensateur se décharge lente-
condensateur. (En réalité, il est ment. Un condensateur réel se modélise donc par l’association en parallèle d’un
toujours légèrement conducteur.)
condensateur parfait de capacité C avec une « résistance de fuite » Rf (fig. 4).
En convention récepteur, les intensités iC dans le condensateur et iR dans la
C résistance de fuite valent respectivement :
iC
du u
i C = C ------- et i R = ----- (loi d’Ohm).
i dt Rf
iR Rf
D’après la loi des nœuds, le courant total i s’écrit :
u du
i = iR + iC , d’où : i = ------ + C -------- .
u Rf dt

Fig. 4 - Modélisation d’un A.4.2 - Énergie reçue par un condensateur réel


condensateur réel.
La puissance électrique Pr reçue par un condensateur réel à l’instant t vaut :
u du u2 du
Pr = ui avec i = ----- + C ------- , d’où : P r = ----- + C u ------- .
Rf dt Rf dt
L’énergie reçue par le condensateur réel est la somme de deux termes :
• L’énergie dissipée par effet Joule dans la résistance Rf entre l’instant initial
t = 0 et l’instant tu où la tension aux bornes du condensateur vaut u :
tu
u2
E Joule = ∫0 -----
Rf
dt.

83
Cours
KA_MPSI.book Page 84 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• L’énergie électrostatique emmagasinée dans la capacité C :


1
E élec = --- C u 2 .
2
C1 A.4.3 - Association de condensateurs réels
• Association en parallèle
R1
On considère n condensateurs réels (Ck , Rk) associés en parallèle et soumis à
la même tension u (fig. 5).
– L’association en parallèle des capacités Ck est équivalente à la capacité C :
Cn

Rn
C= ∑k Ck .
– L’association en parallèle des résistances Rk est équivalente à la résistance

Rf telle que :
C = ∑ Ck
∑k -----
k 1 1
----- = -.
Rf Rk
L’association des n condensateurs est donc équivalente au condensateur réel
1 1 de capacité C et de résistance de fuite Rf telles que :
----- =
Rf ∑ -----
R
-
k

∑k Ck ∑k ------
k 1 1
C = et ------ = -.
Rf Rk
Fig. 5 - Condensateur réel
équivalent à l’association en
parallèle de n condensateurs réels. • Association en série
L’association en série de condensateurs réels n’est pas équivalente à un dipôle
1. On pourrait montrer que simple1.
l’association en série de deux
condensateurs réels (R1 , C1) et
(R2 , C2) aboutit à une relation
tension-intensité compliquée qui
n’apporte pas d’informations
supplémentaires.
B. Étude des bobines
B.1. Description d’une bobine parfaite
Une bobine est constituée par l’enroulement régulier d’un fil métallique
2. Le passage du courant dans la conducteur2. Elle peut être plate (l’enroulement est constitué de quelques
bobine crée un champ spires) ou longue (le fil est enroulé en hélice sur un cylindre).
magnétique B dont la valeur est
proportionnelle à l’intensité i. Définition 3
La tension u aux bornes d’une bobine est proportionnelle à la dérivée par
3. En convention générateur, il
faut introduire un signe moins. rapport au temps de l’intensité i du courant qui la traverse. En convention
récepteur3, le coefficient de proportionnalité L, exprimé en henry (H)4,
s’appelle l’inductance propre de la bobine (fig. 6) :
4. Joseph Henry (1797-1878),
physicien américain, découvrit
l’auto-induction en 1832. u tension en volt (V)
di
u = L ------ L inductance propre en henry (H)
dt
i L i intensité en ampère (A)

di
La tension aux bornes de la bobine ne peut pas être infinie : l’intensité i du
u = L ------ courant qui la traverse ne subit donc pas de discontinuité.
dt
Fig. 6 - En convention L’intensité i ( t ) du courant dans une bobine est toujours une fonction conti-
récepteur, tension aux bornes
d’une bobine parfaite.
nue du temps.

84
Chapitre 3 : Condensateurs et bobines – Dipôles linéaires
KA_MPSI.book Page 85 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Application 4 Intensité dans une bobine


Une bobine d’inductance L = 100 mH est soumise à la tension constante i
U = 1,0 V. Initialement, l’intensité i du courant dans la bobine est nulle. Com-
ment i varie-t-elle au cours du temps ?
Solution U L
En convention récepteur, on a :
di U
U = L ------ , d’où : di = ----- dt.
dt L
On intègre cette équation par rapport au temps :
U
i ( t ) = ----- t + cte, avec i ( t = 0 ) = 0.
L
On déduit des conditions initiales à t = 0 :
U 1,0
cte = 0, d’où : i ( t ) = ----- t, soit : i ( t ) = -------------------------t = 10t.
L 100 ⋅ 10 –3
L’intensité i du courant varie linéairement avec le temps.

B.2. Énergie d’une bobine parfaite


Définition 4
L’énergie magnétique Emag emmagasinée dans une bobine traversée par un
courant d’intensité i est égale à l’énergie électrique reçue par la bobine lors-
que l’intensité passe de 0 à i. Elle a pour expression :

Emag énergie en joule (J)


1
E mag = --- L i 2 L inductance propre en henry (H)
2
i intensité en ampère (A)

L’énergie Emag emmagasinée dans une bobine est donc d’autant plus grande
que son inductance L est grande.

Démonstration
La puissance électrique Pr reçue par la bobine à l’instant t vaut :

di di
Pr = ui avec u = L ------ , d’où : P r = L i ------ .
dt dt
L’énergie dEmag reçue par la bobine pendant la durée infinitésimale dt vaut
donc :
dE mag
P r = ---------------- , d’où : dEmag = Pr dt = L idi.
dt
L’énergie totale Emag reçue par la bobine est la somme des énergies élémen-
taires reçues lorsque l’intensité du courant passe de 0 à i. D’où :
i i 1 2
E mag = ∫0 dEmag = ∫0 L i di = --- L i .
2

85
Cours
KA_MPSI.book Page 86 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Application 5 Énergie emmagasinée dans une bobine


Calculer l’énergie emmagasinée dans une bobine d’inductance L = 100 mH parcourue par un cou-
rant d’intensité I = 1,0 A.
Solution
L’énergie de la bobine vaut :
1 1
E mag = --- L I 2 , d’où : E mag = --- × 0,100 × 1,0 2 = 5,0 ⋅ 10 –2 J = 50 mJ .
2 2

1. Par rapport au condensateur, B.3. Association de bobines parfaites1


les rôles de la tension u (t ) et de
l’intensité i (t) sont inversés. On suppose que les influences des bobines présentes dans le circuit les unes
sur les autres sont nulles.

B.3.1 - Association en série


On considère n bobines parfaites associées en série et traversées par le même
i L1 Ln
courant d’intensité i (fig. 7). En convention récepteur, la tension aux bornes
de la bobine k d’inductance Lk s’écrit :
u1 un
di
u u k = L k ------ .
dt
Fig. 7 - Association en série de D’après la loi d’addition des tensions, la tension totale u s’écrit :
n bobines parfaites.

∑k uk , d’où : u = ∑k Lk ----- =  ∑k Lk -----


di di
u = - -.
dt  dt

L’association en série de bobines parfaites d’inductance Lk est équivalente


à une bobine unique d’inductance L telle que :

L = ∑k Lk .

i1 L1
B.3.2 - Association en parallèle
On considère n bobines parfaites associées en parallèle et soumises à la même
i tension u (fig. 8). En convention récepteur, l’intensité ik du courant traversant
la bobine k d’inductance Lk vérifie :
in Ln
di k di u
u = L k -------- , soit : -------k- = ------ .
dt dt L k
u

Fig. 8 - Association en parallèle D’après la loi des nœuds, l’intensité totale i s’écrit :
de n bobines parfaites.
di
∑k ik , ∑k -------
- = ∑ ------ ∑k -----
di k u 1
i = d’où : ------ = = u -.
dt dt k
Lk Lk

L’association en parallèle de bobines parfaites d’inductance Lk est équiva-


lente à une bobine unique d’inductance L telle que :

∑k ------
1 1 .
---- =
L Lk

86
Chapitre 3 : Condensateurs et bobines – Dipôles linéaires
KA_MPSI.book Page 87 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

B.4. Modélisation d’une bobine réelle


B.4.1 - Description d’une bobine réelle
i L r
L’enroulement de fil d’une bobine réelle possède une résistance non nulle.
Une bobine réelle se modélise donc par l’association en série d’une bobine
uL ur parfaite d’inductance L avec une résistance r (fig. 9).
En convention récepteur, la tension u aux bornes de la bobine réelle s’écrit donc :
u
di
Fig. 9 - Modélisation d’une u = L ------ + r i.
dt
bobine réelle.

B.4.2 - Énergie reçue par une bobine réelle


La puissance électrique P r reçue par une bobine réelle à l’instant t vaut :
di di
Pr = ui avec u = L ------ + r i , d’où : P r = r i 2 + L i ------ .
dt dt
L’énergie reçue par la bobine réelle est la somme de deux termes :
• L’énergie dissipée par effet Joule dans la résistance r entre l’instant initial
t = 0 et l’instant t i où l’intensité du courant dans la bobine vaut i :
t0
E Joule = ∫0 r i 2 dt.
• L’énergie magnétique emmagasinée dans l’inductance L :
1
E mag = --- L i 2 .
2

B.4.3 - Association de bobines réelles


• Association en série
L1 r1 Ln rn
On considère n bobines réelles associées en série et traversées par le même
courant d’intensité i (fig. 10).

L = ∑ Lk r = ∑ rk – L’association en série des inductances Lk est équivalente à l’inductance L :


k k

L = ∑k Lk .
Fig. 10 - Bobine réelle
équivalente à l’association en série – L’association en série des résistances rk est équivalente à la résistance r :
de n bobines réelles.
r = ∑k rk .
L’association des n bobines est donc équivalente à la bobine réelle d’induc-
tance L et de résistance r telles que :

L = ∑k Lk et r = ∑k rk .
• Association en parallèle
L’association en parallèle de bobines réelles n’est pas équivalente à un dipôle
simple.

87
Cours
KA_MPSI.book Page 88 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

C. Les dipôles linéaires


C.1. Définition et exemples
L’étude des dipôles linéaires s’effectue dans le cadre de l’approximation des
régimes quasi-stationnaires (ou quasi-permanents). On considère donc que la
tension u ( t ) aux bornes d’un dipôle et l’intensité i ( t ) du courant le traversant
varient lentement au cours du temps.

Définition 5
Un dipôle est linéaire lorsque la tension u ( t ) à ses bornes et l’intensité i ( t )
du courant le traversant vérifient une équation différentielle linéaire (à
coefficients constants).

• Les conducteurs ohmiques, les générateurs, les récepteurs… dont la carac-


téristique u = f ( i ) peut être localement modélisée par une droite sont des
1. L’ordre d’une équation dipôles linéaires vérifiant une équation différentielle linéaire d’ordre 01 (rela-
différentielle est celui de la tion affine entre u et i).
dérivée la plus élevée intervenant
dans l’équation. • Les condensateurs (parfaits ou réels) sont des dipôles linéaires vérifiant une
équation différentielle linéaire d’ordre 1 en u ( t ).
• Les bobines (parfaites ou réelles) sont des dipôles linéaires vérifiant une
équation différentielle linéaire d’ordre 1 en i ( t ).

C.2. Associations de dipôles linéaires


C.2.1 - Exemple : association d’un condensateur parfait
et d’une bobine réelle
On étudie en convention récepteur l’association d’un condensateur parfait C
2. En pratique, les condensateurs et d’une bobine réelle (L, r) 2.
utilisés peuvent très souvent être
considérés comme parfaits, alors • Association en série (fig. 11)
que les bobines sont des bobines
réelles. C du 2
L r i = C ----------
dt

di u2
u 1 = L ------ + ri
dt

u
Fig. 11 - Association en série d’une bobine réelle (L, r )
et d’un condensateur parfait C.

D’après la loi d’addition des tensions, la tension totale u s’écrit :


di
u = u 1 + u 2 = L ------ + r i + u 2 .
dt
En dérivant une fois cette expression, on obtient :
du d2i di du 2 du d2i di i
------- = L -------2- + r ------ + ---------- , d’où : ------- = L -------2- + r ------ + ---- .
dt dt dt dt dt dt dt C
L’association est donc équivalente à un dipôle linéaire vérifiant une équation
différentielle d’ordre 2 en i ( t ) et d’ordre 1 en u ( t ).

88
Chapitre 3 : Condensateurs et bobines – Dipôles linéaires
KA_MPSI.book Page 89 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• Association en parallèle (fig. 12)

C du
i 2 = C -------
dt

i1 L r

di 1
u = L -------- + ri 1
dt
Fig. 12 - Association en parallèle d’une bobine réelle (L, r )
et d’un condensateur parfait C.

D’après la loi des nœuds, l’intensité totale i s’écrit :


du
i = i1 + i2 , d’où : i 1 = i – i 2 = i – C ------- .
dt
En reportant i1 dans l’expression de la tension u écrite aux bornes de la bobine
réelle, on obtient :
di 1
u = L -------- + ri 1 = L ------  i – C ------- + r  i – C -------
d du du
dt dt  dt   dt 
di d2u du
= L ------ – L C ---------2- + ri – r C ------- .
dt dt dt
D’où finalement, en ordonnant les termes en u et les termes en i :
du d2u di
u + r C ------- + L C ---------2- = L ------ + r i.
dt dt dt
L’association est donc équivalente à un dipôle linéaire vérifiant une équation
différentielle d’ordre 2 en u ( t ) et d’ordre 1 en i ( t ).

C.2.2 - Propriété
1. Par exemple, l’association en On peut généraliser les résultats obtenus sur les exemples précédents à l’asso-
série de deux condensateurs réels ciation de n dipôles linéaires quelconques.
vérifie une équation différentielle
linéaire d’ordre 2 en u (t ). De même, L’association de n dipôles linéaires est équivalente à un dipôle linéaire.
l’association en parallèle de deux
bobines réelles vérifie une équation
L’ordre de l’équation différentielle obtenue augmente avec le nombre de
différentielle linéaire d’ordre 2 en dipôles associés1.

89
Cours
KA_MPSI.book Page 90 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Méthodes ✓ Propriétés des condensateurs

bornes :
L’essentiel
• La charge q d’un condensateur est proportionnelle à la tension u à ses

q charge en coulomb (C) q C


i
q = Cu C capacité en farad (F)
u tension en volt (V)
u
• En convention récepteur, les relations charge-intensité et tension-intensité
s’écrivent pour un condensateur :
dq du
i = -------- = C -------- , où i est l’intensité du courant dans le circuit.
dt dt
• La tension u ( t ) aux bornes d’un condensateur est toujours une fonction con-
tinue du temps.
• L’énergie électrostatique Eelec emmagasinée dans un condensateur a pour
expression :
Eelec énergie en joule (J)
1
E elec = --- Cu 2 C capacité en farad (F)
2
u tension en volt (V)
• L’association parallèle de condensateurs de capacités Ck est équivalente à un
condensateur unique de capacité C = ∑k Ck .
L’association série de condensateurs de capacités Ck est équivalente à un


1 1
condensateur unique de capacité C telle que ---- = ------- .
C k
C k

• Un condensateur réel se modélise par l’association en parallèle d’un conden-


sateur de capacité C avec une « résistance de fuite » R f .
✓ Propriétés des bobines
• La tension u aux bornes d’une bobine est proportionnelle à la dérivée par rap-
port au temps de l’intensité i du courant qui la traverse. En convention récep-
teur, on a :
u tension en volt (V) L
di i
u = L ------ L inductance en henry (H)
dt
i intensité en ampère (A) u
• L’intensité i(t) du courant dans une bobine est toujours une fonction continue
du temps.
• L’énergie magnétique Emag emmagasinée dans une bobine a pour expression :
Emag énergie en joule (J)
1
E mag = --- Li 2 L inductance en henry (H)
2
i intensité en ampère (A)
• L’association série de bobines d’inductance Lk est équivalente à une bobine
unique d’inductance L = ∑k L k .

90
Chapitre 3 : Condensateurs et bobines – Dipôles linéaires
KA_MPSI.book Page 91 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

L’association parallèle de bobines d’inductance Lk est équivalente à une bobine unique


1 1
d’inductance L telle que ---- = ------ .
L k
L k

• Une bobine réelle se modélise par l’association en série d’une bobine d’inductance L avec une
résistance r.
✓ Les dipôles linéaires
• Un dipôle est linéaire lorsque la tension u ( t ) à ses bornes et l’intensité i ( t ) du courant le tra-
versant vérifient une équation différentielle linéaire (à coefficients constants).
Exemple : les conducteurs ohmiques, les dipôles dont la caractéristique peut être localement
modélisée par une droite, les condensateurs (parfaits ou réels), les bobines (parfaites ou réelles)…
• L’association de n dipôles linéaires est équivalente à un dipôle linéaire. L’ordre de l’équation
différentielle obtenue augmente avec le nombre de dipôles associés.

Mise en œuvre
Méthode n° 1
Comment déterminer les conditions initiales d’un régime
transitoire ?
Lorsqu’on modifie un régime continu en ouvrant ou en fermant un interrupteur, certaines
grandeurs électriques varient continûment, tandis que d’autres subissent des discontinuités.
On se propose de déterminer les valeurs de ces grandeurs à l’instant t = 0 + qui suit la modi-
fication du circuit.

➜ Savoir faire

➊ Construire le schéma équivalent au circuit en régime permanent continu. Il faut pour cela
substituer :
– un fil à une bobine ;
– un interrupteur ouvert à un condensateur.
di L du C
En régime permanent continu : u L = L -------- = 0 et i C = C --------- = 0.
dt dt
➋ Déterminer les grandeurs électriques en t = 0 – (avant la modification du circuit) à partir
de ce schéma équivalent.
➌ Identifier les grandeurs continues (ce sont les tensions aux bornes des condensateurs et les
intensités dans les bobines) et préciser leurs valeurs en t = 0 + .
➍ Déterminer les valeurs des autres grandeurs électriques en t = 0 + par application des lois
de Kirchhoff. Ce calcul doit être mené sur le circuit réel (et non sur le schéma équivalent)
après modification de celui-ci.
➎ Pour chaque condensateur (chaque bobine), déterminer la dérivée de u (respectivement
de i ) en t = 0 + en exploitant sa caractéristique.

Ces résultats seront utilisés pour l’étude des régimes transitoires au chapitre 4.

91
Méthodes
KA_MPSI.book Page 92 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

➜ Application
Le circuit ci-dessous est en régime permanent continu lorsque l’interrupteur K est ouvert à un ins-
tant choisi comme origine des temps.
uR
i

R i1 i2

L
E C u

r
K

Déterminer les valeurs des différentes grandeurs électriques juste après l’ouverture de l’interrup-
di 1 du
teur, ainsi que les valeurs de ------- et ------ .
dt dt

Solution
➊ Le schéma équivalent avant ouverture de l’interrupteur est :
uR
i
i1 i2
R
E r u

➋ Avant l’ouverture de l’interrupteur K, le théorème de division de tension donne :


RE rE
u R = ------------ et u = ------------ .
R+r R+r
On en déduit les intensités :
E E
i = ------------ ; i 1 = ------------ ; i 2 = 0.
R+r R+r
➌ Seules u et i1 sont nécessairement continues. Leurs valeurs en t = 0 + sont inchangées :
rE E
u ( 0 + ) = ------------ et i 1 ( 0 + ) = ------------ .
R+r R+r
➍ Après ouverture de l’interrupteur K, le circuit réel devient :
uR
i
i1 i2
R
L
E
C u
r
K

• i ( 0 + ) = 0, car la branche est ouverte.


• u R ( 0 + ) = 0, d’après la caractéristique de la résistance R.
E
• i 2 ( 0 + ) = i ( 0 + ) – i 1 ( 0 + ), soit : i 2 ( 0 + ) = – ------------- .
R+r

92
Chapitre 3 : Condensateurs et bobines – Dipôles linéaires
KA_MPSI.book Page 93 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Ces trois grandeurs électriques sont discontinues en t = 0.

Les grandeurs autres que les tensions aux bornes de condensateurs et les courants dans les bobines ne sont
pas nécessairement discontinues. La tension aux bornes de r, par exemple, est continue, bien que cela ne soit
pas systématique pour une résistance.
➎ • La caractéristique de la bobine s’écrit :
di 1 di u
u L = L -------- , soit : -------1- = -----L- avec u L = u – ri 1 .
dt dt L
On en déduit :
rE rE di 1
u L ( 0 + ) = u ( 0 + ) – r i 1 ( 0 + ) = ------------ – ------------ = 0, soit : -------- ( 0 + ) = 0.
R+r R+r dt
• De même, la caractéristique du condensateur donne :
du du i2 ( 0 + ) E
i 2 = C ------- , soit : -------- ( 0 + ) = --------------- = – ----------------------- .
dt dt C ( R + r )C

93
Méthodes
KA_MPSI.book Page 94 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Énoncés des exercices

Exercices
Niveau 1 Ex. 4 Bobine réelle en série avec
un condensateur avec fuite
Ex. 1 Bobines réelles en parallèle Une bobine réelle d’inductance L possède une résis-
tance r. Elle est placée en série avec un condensateur
Déterminer l’équation différentielle liant la tension u
de capacité C et de résistance de fuite R.
et le courant i dans le montage ci-dessous, compor-
tant deux bobines réelles en parallèle. v

L1 R1 C
L r

i i R










L2 R2 bobine réelle








condensateur réel
u
u
On note u la tension totale, v la tension aux bornes du
condensateur et i l’intensité du courant.
Ex. 2 Condensateurs avec fuite en série a) Déterminer l’équation différentielle liant l’inten-
Déterminer l’équation différentielle liant la tension u sité i et la tension u.
et le courant i dans le montage ci-dessous, compor-
b) À t = 0, la tension aux bornes du condensateur
tant deux condensateurs avec fuite en série. On
vaut v0 et pour t  0, on impose u = 0.
notera u1 et u2 les tensions aux bornes de chaque con-
Juste après installation du court-circuit, que valent
densateur.
di dv
i(0+) ? v(0+) ? ------ ( 0 + ) ? ------- ( 0 + ) ?
C1 C2 dt dt

i Ex. 5 Circuit RLC parallèle


R1 R2 Un conducteur ohmique de résistance R, une bobine
parfaite d’inductance L et un condensateur sans fuite
de capacité C sont placés en parallèle. On note u la
u1 u2
tension aux bornes des trois composants et i l’inten-
u sité totale traversant l’association.

Ex. 3 Filtre de Wien R


Le montage schématisé ci-dessous comporte deux
résistances identiques R et deux condensateurs de i L
capacité C.
R C C

u
u R v a) Quelle est l’équation différentielle liant u et i ?
C b) On impose à partir de t = 0, un courant i = I0 . Pour
les instants négatifs, le condensateur était déchargé et
a) Écrire l’équation différentielle liant la tension de la bobine n’était parcourue par aucun courant.
sortie v aux bornes du condensateur et la tension du
Déterminer u(0+) et ------- ( 0 + ).
d’entrée u. dt
b) À l’instant initial, les deux condensateurs sont Ex. 6 Cascade de circuits RC
déchargés et la tension u = E est constante. Détermi-
dv On étudie le montage ci-dessous comportant deux
ner les conditions initiales portant sur v et ------- juste circuits RC en cascade. On note u la tension d’entrée
dt
dv + et v1 et v2 les tensions respectives aux bornes des con-
après le branchement du circuit ( v ( 0 ) et ------- ( 0 ) ).
+
dt densateurs.

94
Chapitre 3 : Condensateurs et bobines – Dipôles linéaires
KA_MPSI.book Page 95 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

R R a) Déterminer l’équation différentielle liant v2 à u.


i
b) Déterminer l’équation différentielle liant v1 à u.
c) À l’instant t = 0, on a : u = U0 , v1 = V10 et v2 = 0.
u C v1 C v2 dv 1 dv 2
Déterminer --------- ( 0 ) et --------- ( 0 ).
dt dt

Indications
Ex. 2 Distinguer deux cas possibles. Ex. 5 a) Dériver l’expression obtenue en appliquant
la loi des nœuds.
Ex. 3 a) Noter v1 la tension aux bornes du condensateur b) Utiliser les propriétés de continuité.
et N le nœud du circuit. Appliquer les lois de Kirchhoff.
b) Utiliser les propriétés de continuité.
Ex. 6 b) et c) Utiliser les équations posées à la ques-
Ex. 4 b) Utiliser les propriétés de continuité. tion a).

95
Exercices
KA_MPSI.book Page 96 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Solution des exercices

Solutions des exercices


Exercices de niveau 1
Exercice 1

di 1
L 1 --------
dt R1i1
i1

i L1 R1 i
L2 R2

i2
di 2 R2i2
L 2 --------
dt
u
La tension u se retrouve aux bornes de chaque bobine. En notant i 1 et i 2 les courants les traversant,
on peut écrire :
 di 1
 u = L 1 -------- + R 1 i 1 (a)
 dt
 avec i = i 1 + i 2 (c).
 di 2
 u = L 2 -------
dt
- + R2 i2 (b)

On reporte i 2 = i – i 1 , tiré de (c), dans (b) :
di di 1
u = L 2 ------ + R 2 i – L 2 -------- – R 2 i 1 .
dt dt

On cherche à exprimer i 1 en fonction de i et de u, puis on injecte cette expression dans la caractéristique de la pre-
mière bobine.

On pourrait aussi chercher à exprimer i 2 en fonction de i et de u, puis injecter cette expression dans la caractéristique
de la deuxième bobine. Les calculs aboutiraient à la même équation différentielle.

di u R1
On reporte -------1- = ------ – ------ i 1 , tiré de (a), dans l’équation ci-dessus :
dt L1 L1
L2 L2
u = L 2 ------ + R 2 i – ------ u +  ------ R 1 – R 2 i 1 ,
di
dt L1  L1 

L2
u  1 + ------  – L 2 ------ – R 2 i
di
 L1  dt R2 L2
d’où : i 1 = ------------------------------------------------------------ si ------ ≠ ------ .
L R1 L1
-----2- R 1 – R 2
L1
On reporte cette expression dans (a) :
L1 L 2 du d2i R1 L2
u = ---------------------------  1 + ------  ------- – L 2 -------2- – R 2 ------ + ---------------------------  1 + ------  u – L 2 ------ – R 2 i .
di di
L2  L 1  dt dt dt L  L  dt
------ R 1 – R 2 -----2- R 1 – R 2 1
L1 L1

96
Chapitre 3 : Condensateurs et bobines – Dipôles linéaires
KA_MPSI.book Page 97 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Après simplification, on obtient :


du d2i di
( L 1 + L 2 ) -------- + ( R 1 + R 2 )u = L 1 L 2 --------2- + ( R 1 L 2 + R 2 L 1 ) ------ + R 1 R 2 i.
dt dt dt
L R2
Si -----2 = -----, l’expression est plus simple et on a immédiatement :
L1 R1
L2 L2
u = L 2 ----- + R 2 i – ----- u, d’où : u  1 + -----  = L 2 ----- + R 2 i.
di di
dt L1  L1 dt

Exercice 2

du 1 du 2
i 1 = C 1 ---------- i 2 = C 2 ----------
dt dt

i C1 i C2 i

R1 R2

u u
i 1′ = ------1 i 2′ = ------2
R1 R2
u1 u2
u
On a pour chaque condensateur réel :
du 1 u du 2 u 2
i = C 1 ---------- + ------1 = C 2 ---------- + ------ , avec u = u1 + u2 .
dt R 1 dt R 2
Reportons u 2 = u – u 1 dans l’expression précédente :
du u du 1 u 1
i = C 2 ------- + ------2 – C 2 ---------- – ------ .
dt R 2 dt R 2

On cherche à exprimer u1 en fonction de i et de u, puis on injecte cette expression dans la caractéristique du premier
condensateur.

On pourrait aussi chercher à exprimer u 2 en fonction de i et de u, puis injecter cette expression dans la caractéristique
du deuxième condensateur. Les calculs aboutiraient à la même équation différentielle.

du i u1
Reportons ---------1- = ------- – -------------
- dans l’expression précédente :
dt C1 R1 C1
du u C 2 C2 u1
i = C 2 ------- + ------ – ------- i + -------------- u 1 – ------ .
dt R 2 C 1 R1 C1 R2
• Si R 1 C 1 = R 2 C 2 , l’expression obtenue est :
C2
i  1 + -------  = C 2 -------- + ------- .
du u
 C1  dt R 2
C2
i  1 + -------  – C 2 ------- – ------
du u
 C1  dt R 2
• Si R 1 C 1 ≠ R 2 C 2 , on extrait u 1 = -------------------------------------------------------------, d’où :
C2 1
-------------- – ------
R1 C1 R2
C1 C 2 di d 2 u 1 du C2
i = ---------------------------  1 + -------  ------ – C 2 ---------2- – ------ ------- + --------------------  1 + -------  i – C 2 ------- – ------ .
1 du u
C2 1  C 1
 dt dt R 2 dt C R  C  dt R 2
-------------- – ------ ------2- – ------1 1
R1 C1 R2 C1 R2

97
Exercices
KA_MPSI.book Page 98 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Après simplification, nous obtenons :


d 2 u  C 1 C 2  du
+ ------- + ------- -------- + -------------- = ( C 1 + C 2 ) ------ + i  ------- + -------  .
u di 1 1
C 1 C 2 ----------
dt 2  R 2 R 1  dt R 1 R 2 dt  R1 R2 

Il ne faut pas oublier de traiter les deux cas possibles.

Exercice 3

a) Notons v1 la tension aux bornes du premier condensateur et i l’intensité du courant le parcourant


en convention récepteur.
v1
i N

R C
u R C v

• En appliquant la loi des nœuds en N, nous avons :


dv 1 v dv
i = C --------- = ---- + C ------- (1)
dt R dt
• En appliquant la loi des mailles, nous avons aussi :

u = Ri + v 1 + v = R  ---- + C -------  + v 1 + v,
v dv
R dt 

dv
soit : u = RC ------- + 2v + v 1 (2)
dt
Dérivons cette expression par rapport au temps :
du d2v dv dv 1
------- = RC ---------2- + 2 ------- + --------- .
dt dt dt dt

On ne dispose pas d’une relation exprimant directement v 1 en fonction de u et de v. En revanche, l’égalité (1) fait inter-
venir la dérivée de v 1 . Pour pouvoir l’exploiter, on dérive donc l’égalité (2).

• Reportons l’égalité (1) dans l’expression précédente :


du d2v dv v
------- = RC ---------2- + 3 ------- + --------- .
dt dt dt RC

Nous obtenons bien une équation différentielle linéaire.

b) • La tension aux bornes d’un condensateur est toujours continue. On a donc :


v1 ( 0 + ) = v1 ( 0 – ) = 0 et v ( 0 + ) = v ( 0 – ) = 0.

Les deux condensateurs sont déchargés, donc la tension à leurs bornes est nulle.

• Comme u ( 0 + ) = E, nous obtenons grâce à l’équation (2) :


dv u( 0+ ) dv E
------- ( 0 + ) = -------------- – 2v ( 0 + ) – v 1 ( 0 + ), soit : ------- ( 0 + ) = --------- .
dt RC dt RC

98
Chapitre 3 : Condensateurs et bobines – Dipôles linéaires
KA_MPSI.book Page 99 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercice 4

dv
i C = C -------
dt
i L r C
N i
R
di ri v
L ------ i R = ----
dt R
v
u
a) • La loi des nœuds en N s’écrit :
dv v
i = i C + i R = C ------- + ---- (1)
dt R
• La loi d’addition des tensions donne en outre :
di di
u = L ------ + ri + v, soit : v = u – ri – L ------ (2)
dt dt
• En reportant (2) dans (1), on a donc :
di
2i
u – ri – L ------
i = C  ------- – r ------ – L -------2-  + ------------------------------ .
du di d dt
 dt dt dt  R
L’équation différentielle linéaire s’écrit alors :
d2i
LC --------2- +  r C + ----  ------ + i  1 + ----  = C -------- + ---- .
L di r du u
dt  R  dt  R dt R
b) • Le courant dans la bobine et la tension aux bornes du condensateur sont continus :
i ( 0+ ) = i ( 0– ) = 0 et v ( 0 + ) = v ( 0 – ) = v0 .

Avant d’installer le court-circuit, l’association n’est pas branchée : il ne circule donc aucun courant (i (t  0) = 0).

• L’équation (2) écrite à l’instant t = 0+ donne :


di di v0
v 0 = 0 – 0 – L ------ ( 0 + ), soit : ------ ( 0 + ) = – ----- .
dt dt L
• L’équation (1) écrite à l’instant t = 0+ donne :
dv v0 dv v0
0 = C ------- ( 0 + ) + -----, soit : ------- ( 0 + ) = – --------- .
dt R dt RC

Exercice 5

u
i R = ---- R
a) R

di L
L ---------
dt
i iL i

L
du
iC = C -------
dt
C
u

99
Exercices
KA_MPSI.book Page 100 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

La tension aux bornes de la bobine vaut :


di L
u = L --------- .
dt
La loi des nœuds s’écrit :
u du
i = i R + i L + i C = ---- + i L + C ------- .
R dt
On dérive cette expression par rapport au temps :
di 1 du di d2u 1 du u d2u
------ = ---- ------- + --------L- + C ---------2- = ---- ------- + ---- + C ---------2- .
dt R dt dt dt R dt L dt
L’équation différentielle se met alors sous la forme :
d 2 u L du di
LC ---------2- + ---- ------- + u = L ----- .
dt R dt di

Pour pouvoir exploiter la relation donnée par la bobine, il est nécessaire de dériver la loi des nœuds par rapport au
temps. Techniquement, les calculs sont très simples.

b) • La tension aux bornes d’un condensateur est toujours continue. Comme le condensateur est ini-
tialement déchargé, on a donc :
u ( 0 + ) = u ( 0 – ) = 0.
• La tension aux bornes de la résistance étant nulle, il n’y circule aucun courant : i R ( 0 + ) = 0.
De même, le courant dans la bobine est continu, donc on a : i L ( 0 + ) = i L ( 0 – ) = 0.
La loi des nœuds écrite à l’instant t = 0+ donne alors :
du du I0
i ( 0 + ) = I 0 = i C ( 0 + ) = C ------- ( 0 + ), d’où : -------- ( 0 + ) = ---- .
dt dt C

Exercice 6

dv 2
a) i N i 2 = C ---------
dt
dv 1
R i 1 = C --------- R
dt

u  C v1  C v2

• La loi des nœuds en N s’écrit :


dv 1 dv 2
i = i 1 + i 2 = C --------- + C --------- (1)
dt dt
• Le circuit possède deux mailles indépendantes, qui donne deux équations en appliquant la loi des
mailles :
 maille 1 : u = R i + v 1 (2)

 dv
 maille 2 : v 1 = RC ---------2 + v 2 (3)
 dt
• On reporte (1) et (3) dans (2) :
dv 1 dv 2 dv 2
u = RC --------- + RC --------- + RC --------- + v 2 .
dt dt dt

100
Chapitre 3 : Condensateurs et bobines – Dipôles linéaires
KA_MPSI.book Page 101 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

On reporte à nouveau (3) dans l’expression précédente :


d 2 v2 dv 2
u = R 2 C 2 ------------ + 3RC ---------- + v 2 .
dt 2 dt
b)

On repart des équations (1), (2) et (3) établies à la question précédente et on exprime i et v 2 en fonction de u et v 1.

– De l’équation (2), on tire :


u – v1
i = -------------- .
R
– On reporte ce résultat dans l’équation (1) :
dv i dv u–v dv
---------2 = ---- – ---------1 = --------------1 – ---------1 (4)
dt C dt RC dt
– On reporte ce résultat dans l’équation (3) :
dv 2 dv 1
v 2 = v 1 – RC --------- = 2v 1 – u + RC --------- .
dt dt
– On reporte ce résultat dans l’équation (4) :
dv 1 du d 2 v1 u v 1 dv 1
2 --------- – ------- + RC ----------- - – --------- .
- = --------- – --------
dt dt dt 2 RC RC dt
On obtient finalement l’équation différentielle :
du d 2 v1 dv 1
RC -------- + u = R 2 C 2 ------------ + 3RC ---------- + v 1 .
dt dt 2 dt

Les deux condensateurs ne jouent pas le même rôle dans le circuit. Les équations différentielles vérifiées par v 1 et
v 2 ne sont donc pas les mêmes.

c) • À t = 0, on a : v 1 = V 10 et v 2 = 0. L’équation (3) donne alors :


dv v1 ( 0 ) – v2 ( 0 ) V 10
---------2- ( 0 ) = ---------------------------------
- = --------- .
dt RC RC
• À t = 0, on a : u = U 0 et v 1 = V 10 . L’équation (2) donne alors :
u ( 0 ) – v1 ( 0 ) U 0 – V 10
i ( 0 ) = ------------------------------- = ---------------------- .
R R
En reportant les deux résultats précédents dans (1), on a donc :
dv i ( 0 ) dv U 0 – V 10 V 10 U 0 – 2V 10
---------1- ( 0 ) = ----------- – ---------2 ( 0 ) = ---------------------
- – --------- = ------------------------- .
dt C dt RC RC RC

101
Exercices
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KA_MPSI.book Page 103 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

CHAPITRE

4 Régimes transitoires
Introduction

Dans ce chapitre, nous nous proposons d’étudier les réponses à un échelon de tension de
quelques circuits simples comprenant des condensateurs, des bobines et des résistances
(circuit RC série, circuit RL série, circuit RLC série).

Plan du chapitre 4
A. Étude d’un circuit RC série. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
1. Charge du condensateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
2. Décharge du condensateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109

B. Étude d’un circuit RL série . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111


1. Établissement du courant dans la bobine. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
2. Arrêt du courant dans la bobine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114

C. Étude d’un circuit RLC série. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116


1. Montage expérimental . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
2. Évolution de la tension uC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
3. Évolution de l’intensité i . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
4. Interprétation physique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
5. Étude énergétique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
6. Analogie avec l’oscillateur linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124

Méthodes
L’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
Énoncés des exercices. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .133
Indications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .138
Solutions des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .139

103
KA_MPSI.book Page 104 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

A. Étude d’un circuit RC série


A.1. Charge du condensateur
i q En convention récepteur, la charge q et la tension uC aux bornes d’un conden-
sateur vérifient la relation :
q = CuC .
uC
L’évolution au cours du temps de la charge q du condensateur est donc iden-
Fig. 1 - En convention récep- tique, au facteur multiplicatif C près, à l’évolution au cours du temps de la
teur, on a : q = CuC . tension uC à ses bornes (fig. 1).

A.1.1 - Montage expérimental


K
• Pour étudier la charge d’un condensateur de capacité C à travers un conducteur
i ohmique de résistance R, on réalise le montage schématisé sur la figure 2 :
– un générateur idéal de tension continue de fém E est branché aux bornes du
R uR circuit RC ;
E – pour t  0, le condensateur est déchargé et l’interrupteur K est ouvert ;
– à l’instant t = 0, on ferme l’interrupteur K : le générateur débite alors un
C uC
courant dans le circuit.
• Dans ce circuit, on note i l’intensité du courant, uC la tension aux bornes du
condensateur et uR la tension aux bornes du conducteur ohmique. D’après les
Fig. 2 - Montage pour étudier la
charge d’un condensateur dans un
orientations choisies, le conducteur ohmique et le condensateur sont étudiés
circuit RC série. en convention récepteur. On a donc :
dq du C du C
uR = Ri et i = ------ = C ----------, d’où : u R = RC ---------- .
dt dt dt

A.1.2 - Évolution de la tension uC


• Équation différentielle vérifiée par la tension uC
– Pour t  0, l’interrupteur K est ouvert : l’intensité i est nulle, ainsi que les
tensions uR et uC . La tension E aux bornes du générateur de tension se
retrouve donc aux bornes de l’interrupteur ouvert K.
– Pour t  0, la tension aux bornes de l’interrupteur K est nulle et la loi
d’addition des tensions s’écrit :
E = uR + uC.

La tension uC aux bornes du condensateur d’un circuit RC série soumis à


l’échelon de tension E vérifie l’équation différentielle du premier ordre :
du C
RC ----------- + u C = E.
dt

• Constante de temps du circuit


Les termes E et uC sont des tensions exprimées en volt (V). L’équation diffé-
1. La variation infinitésimale d’une
grandeur s’exprime dans la même du C
rentielle est homogène si le terme RC ---------- a la même dimension que les autres
unité que cette grandeur. Comme dt
du C s’exprime en V et dt en s, le du C
termes. Or, la dérivée ---------- s’exprime1 en V · s–1 ; le produit RC a donc lui
du C
rapport --------- s’exprime en V · s–1.
dt
dt aussi la dimension d’un temps.

104
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 105 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Définition 1
1. On peut retrouver que τ a la On définit la constante de temps τ du circuit RC par le produit1 :
dimension d’un temps grâce aux
relations : q = CuC et uR = Ri. τ constante de temps en seconde(s)
En effet :
– l’unité de C est celle d’une t = RC R résistance en ohm (Ω)
charge (1 C = 1 A · s) divisée par C capacité en farad (F)
celle d’une tension (V), c’est-à-
dire A · s · V –1 ;
– l’unité de R est celle d’une
tension (V) divisée par celle d’une
• Solution de l’équation différentielle
intensité (A), c’est-à-dire V · A–1. Pour t  0, il faut résoudre l’équation du premier ordre à coefficients cons-
Le produit RC s’exprime donc bien tants avec second membre :
en seconde (s).
du 1
t ---------- + u C = E.
dt
(1) Méthode de résolution mathématique
La solution générale de cette équation est la somme :
– de la solution générale u1 de l’équation homogène associée :
du 1
τ ---------- + u 1 = 0 ;
dt
– d’une solution particulière u2 de l’équation.
(2) Solution particulière constante
Comme le second membre de l’équation est constant, on cherche comme
solution particulière une fonction constante :
du 2 du
τ ---------- + u 2 = E avec ---------2- = 0 , d’où : u2 = E.
dt dt
(3) Solution de l’équation homogène
On cherche une solution de l’équation homogène sous la forme :
u1 = Aert, où A est une constante et r un réel.
L’équation homogène s’écrit alors :
du
---------1- = Ar e rt = ru 1, soit : τr u1 + u1 = 0.
dt
2. On élimine ainsi la solution En simplifiant2 par u1 , on obtient alors le polynôme caractéristique3 en r :
triviale u 1 = 0 qui ne correspond
1
pas à la réalité physique. τr + 1 = 0, d’où : r = – --- .
τ
3. Ce polynôme n’admet qu’une
solution (ce qui est logique, car La solution générale de l’équation homogène est donc :
l’équation différentielle est du t
– --
premier ordre). u 1 = Ae τ , où A est une constante.
(4) Solution générale
La solution générale de l’équation différentielle avec second membre est :
t
– --
uC = u1 + u2 , soit : u C = Ae τ + E.
• Application des conditions de continuité
4. L’équation différentielle étant
du premier ordre, connaître une
La tension uC aux bornes du condensateur est continue. À l’instant t = 0, la
seule condition initiale suffit à condition initiale sur la tension s’écrit 4 : uC (t = 0) = 0. On en déduit donc, en
déterminer l’unique constante posant t = 0 dans la solution générale de l’équation différentielle :
d’intégration A.
0 = A + E, soit : A = – E.

105
Cours
KA_MPSI.book Page 106 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

La tension uC aux bornes du condensateur d’un circuit RC série soumis à


1. Lorsque la charge du un échelon de tension E a pour expression1 :
condensateur est terminée
t
(t → ∞), la tension uC à ses bornes  – --- 
t
– --
u C = E  1 – e t  , avec τ = RC constante de temps (s).
vaut E (car e τ → 0 ). Cette
tension maximale ne dépend pas
des conditions initiales. Elle A.1.3 - Évolution de l’intensité i
correspond à la solution
particulière constante u2 . L’intensité i du courant est proportionnelle à la dérivée de la tension uC aux
La charge du condensateur est bornes du condensateur :
alors CE. t t
du C CE – -- E – ---
i = C ----------, soit i = --------e τ = ----e t .
dt τ R
2. Lorsque la charge du
condensateur est terminée L’intensité i du courant est maximale à la fermeture de l’interrupteur K. Pen-
(t → ∞), l’intensité i du courant dant la charge du condensateur, elle décroît avec le temps ; lorsque le con-
dans le circuit est nulle. densateur est chargé, il se comporte comme un interrupteur ouvert2.

Application 1 Quand le courant dans le circuit est-il négligeable ?


On considère le montage schématisé sur la figure 2. À l’instant t = 0, on ferme l’interrupteur K et le
courant commence à circuler dans le circuit. Au bout de combien de temps l’intensité initiale est-elle
divisée par 10 ? par 100 ?
Solution
Lors de la charge du condensateur, l’intensité i du courant dans le circuit a pour expression :
t
E – -- E
i = ---- e τ , d’où : i ( 0 ) = ---- .
R R
– L’intensité initiale i(0) est divisée par 10 si :
t
= ------, c’est-à-dire : t = – τ ln  ------ = τ ln ( 10 ) = 2,3 t.
– --
τ 1 1
e
10  10
– L’intensité initiale i(0) est divisée par 100 si :
t
1– --
τ
= --------- = 10 –2 , c’est-à-dire : t = – τln(10–2) = 2τln(10) = 4,6t.
e
100
On peut estimer que le courant devient négligeable au bout de 5τ. Le condensateur est alors chargé
à 1 % près ; sa tension vaut E et sa charge CE.

A.1.4 - Représentation graphique


uC (V) i (A)
E E
E ----
--- R
e
E
-------
Re

0 τ t (s) 0 τ t (s)
Fig. 3 - Évolution de uC et de i en fonction du temps.

• On trace les graphes représentant l’évolution au cours du temps de uC et de


i (fig. 3). La tension uC aux bornes du condensateur est continue ; en revan-
3. Pour la tension uC , l’axe
asymptote est la droite horizontale
che, l’intensité i du courant subit une discontinuité lors de la fermeture de
uC = E. Pour l’intensité i, l’axe l’interrupteur. Pour les deux courbes, la tangente à l’origine des temps coupe
asymptote est l’axe des abscisses. l’axe asymptote3 au point d’abscisse t = τ.

106
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 107 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• La charge du condensateur correspond à un régime transitoire (le courant


dans le circuit varie). Lorsque le condensateur est chargé (t → ∞), le régime
permanent est atteint (le courant dans le circuit est constant) : on a alors
uC = E et i = 0 (fig. 4).

E
i ( 0 ) = ---- i(∞) = 0
R

R uR(0) = E R uR (∞) = 0

E E

C uC(0) = 0 C uC(∞) = E

Fig. 4 - État du circuit quand t = 0 et quand t → ∞.

Application 2 Démonstration des propriétés de la tangente


Démontrer que la tangente de la courbe uC (t ) à l’origine des temps coupe l’axe asymptote au point
d’abscisse t = τ.
Solution
Lors de la charge, la tension uC aux bornes du condensateur a pour expression :
t
 – -- 
uC = E  1 – e τ  .

La courbe uC (t ) admet donc une asymptote horizontale d’équation uC = E. La pente de la tangente


à l’origine est donnée par la dérivée à t = 0 :
t
du C E – -- du C E
---------- = --- e τ , d’où : ---------- ( t = 0 ) = --- .
dt τ dt τ
L’équation de la tangente à l’origine est alors :
E
y = ---t, d’où : y = E pour t = t .
τ
La tangente de la courbe uC (t ) à l’origine des temps coupe l’axe asymptote au point d’abscisse t = τ.
(On pourrait faire la même étude pour l’intensité.)

A.1.5 - Étude énergétique


• Lors de la charge du condensateur, l’addition des tensions dans le circuit
étudié s’écrit :
E = uR + uC = R i + uC.
1. Le générateur est étudié en Pour passer à une égalité en puissance1, on multiplie par i :
convention générateur : on fait
donc apparaître la puissance
Ei = R i 2 + uC i ,
fournie. Le conducteur ohmique et
d  --- Cu C
1 2
le condensateur sont étudiés en
du C
2 
convention récepteur : on fait soit2 : E i = Ri 2 + Cu C ---------- = Ri 2 + -------------------------- .
donc apparaître les puissances dt dt
reçues.
– Le terme Ei est la puissance Pg positive fournie par le générateur de tension
idéal de fém E.
du C
2. On a : i = C --------- . – Le terme R i 2 est la puissance PJ positive reçue par le conducteur ohmique
dt
et dissipée par effet Joule dans la résistance R.

107
Cours
KA_MPSI.book Page 108 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

d  --- Cu C
1 2
2 
– Le terme -------------------------- est la puissance positive reçue par le condensateur et
dt
1. L’énergie électrostatique E élec emmagasinée dans la capacité C sous forme électrostatique1.
d’un condensateur est :
1 2
E élec = --Cu C .
2
La puissance électrique fournie par le générateur est dissipée par effet Joule
dans le conducteur ohmique et sert à augmenter l’énergie du condensateur2 :
dE élec
2. Cette égalité exprime la P g = P J + ----------------- . (1)
conservation de l’énergie dans le dt
circuit électrique :
Ptotale fournie = Ptotale reçue .
• En intégrant l’égalité (1) entre l’instant t = 0 (fermeture de l’interrupteur K)
et l’instant t, on obtient l’égalité (2) traduisant les transferts d’énergie :
Eg = E J + DEélec . (2)
– L’énergie électrique Eg fournie par le générateur entre l’instant t = 0 et l’ins-
tant t est égale à :
t t t
Eg = ∫0 Pg dt = ∫0 Eidt = E ∫0 i dt, avec idt = CduC .
On en déduit donc :
uC ( t )
E g = CE ∫0 du C = CE u C ( t ).

– L’énergie électrostatique ∆Eélec emmagasinée dans la capacité C entre l’ins-


tant t = 0 et l’instant t est égale à :
t dE élec 1
∆E élec = ∫0 --------------
dt
- dt = E élec ( t ) – E élec ( 0 ) =
--- Cu C ( t ) 2 .
2
– D’après l’équation (2), l’énergie E J dissipée par effet Joule dans la résistance
R entre l’instant t = 0 et l’instant t est égale à :

E J = E g – ∆E élec = Cu C ( t )  E – --- u C ( t ) .
1
 2 
Quand le condensateur est totalement chargé, la tension à ses bornes est
uC = E. D’après les expressions précédentes, au cours de la charge :
– le générateur a fourni l’énergie : Eg = CE2 ;
3. Au cours de la charge, l’énergie
1
dissipée par effet Joule ne dépend – le condensateur a emmagasiné l’énergie : ∆E élec = --- CE 2 ;
pas de la résistance R du 2
conducteur ohmique. Elle ne 3 1
dépend que de la capacité C du – le conducteur ohmique a dissipé l’énergie : E J = --- CE 2 .
2
condensateur.

4. Lorsque le condensateur est Au cours de la charge, la moitié de l’énergie électrique fournie par le généra-
chargé, le générateur ne fournit teur4 est dissipée par effet Joule dans le conducteur ohmique et l’autre moitié
plus d’énergie au circuit (le
condensateur se comporte comme
est emmagasinée sous forme électrostatique dans le condensateur.
un interrupteur ouvert).

Application 3 Énergie dissipée par effet Joule


Déterminer, par un calcul direct, l’expression de l’énergie EJ dissipée par effet Joule dans la résistance
R en fonction du temps t. Montrer sa cohérence avec celle donnée dans le cours.
Solution
• La puissance dissipée par effet Joule dans la résistance R est :
t 2t
E – -- E 2 – -----
PJ = Ri 2, avec i = ---- e τ (voir § A.1.3), d’où : P J = ------ e τ .
R R

108
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 109 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

L’énergie dissipée par effet Joule entre l’instant t = 0 et l’instant t vaut donc :
2t t – 2t 2t 2t
t E2 t – ----- ----- τ  – -----  1  – ----- 
EJ = ∫ 0
P J d t = ------
R ∫0 e τ dt, avec τ = RC et ∫0e τ dt = – ---  e τ – 1 , d’où : E J = --- CE 2  1 – e τ  .
2 2
• L’expression de l’énergie EJ en fonction de la tension uC est :
t
 – -- 
E J = Cu C  E – --- u C ,
1
avec u C = E  1 – e τ  (voir § A.1.2).
 2 
On obtient donc finalement :
t t t 2t
1 1  – --  1  – --   – --  1  – ----- 
E – --- u C = --- E  1 + e τ  et E J = --- CE 2  1 – e τ   1 + e τ  = --- CE 2  1 – e t  .
2 2 2 2

K i
A.2. Décharge du condensateur
A.2.1 - Montage expérimental
• Pour étudier la décharge d’un condensateur de capacité C à travers un conduc-
uC C R uR teur ohmique de résistance R, on réalise le montage schématisé sur la figure 5 :
– le condensateur a été chargé sous la tension U0 constante ;
– pour t  0, la tension aux bornes du condensateur chargé est égale à U0 et
l’interrupteur K est ouvert ;
Fig. 5 - Montage pour étudier la
– à l’instant t = 0, on ferme l’interrupteur K.
décharge d’un condensateur
dans un circuit RC série. • Dans ce circuit, on note uC la tension aux bornes du condensateur, i l’inten-
sité du courant qu’il fournit et uR la tension aux bornes du conducteur ohmi-
que. D’après les orientations choisies, le condensateur est étudié en
convention générateur (attention au signe) et le conducteur ohmique en con-
1. On aurait pu aussi étudier le vention récepteur1. On a donc :
condensateur en convention
dq du C du C
récepteur et le conducteur uR = Ri et i = ------ = – C ----------, d’où : u R = – RC ---------- .
ohmique en convention dt dt dt
générateur. On aurait eu alors :
du C A.2.2 - Évolution de la tension uC
i = C --------- et uR = – Ri,
dt • Équation différentielle vérifiée par la tension uC
ce qui aurait conduit à la même
– Pour t  0, l’interrupteur K est ouvert : l’intensité i est nulle, ainsi que la
relation entre uR et uC . L’étude du
montage ne dépend pas de la tension uR. La tension E aux bornes du condensateur se retrouve donc aux
convention choisie. bornes de l’interrupteur ouvert K.
– Pour t  0, la tension aux bornes de l’interrupteur K est nulle et on a :
uC = uR , soit : uC – uR = 0.

La tension uC aux bornes d’un condensateur de capacité C se déchargeant


dans une résistance R vérifie l’équation différentielle du premier ordre :
du C
RC ----------- + u C = 0.
dt

La constante de temps du circuit RC est encore égale à τ = RC.


• Expression de la tension uC
Le second membre étant nul, la solution générale de l’équation différentielle
est la solution u1 de l’équation homogène du § A.1 :
t
– --
u C = u 1 = Ae τ , où A est une constante.

109
Cours
KA_MPSI.book Page 110 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

La tension uC aux bornes du condensateur est continue. À l’instant t = 0, la


condition initiale sur la tension s’écrit : uC (t = 0) = U0 , d’où : A = U0.

La tension uC aux bornes d’un condensateur de capacité C se déchargeant


1. Lorsque la décharge du dans une résistance R a pour expression1 :
condensateur est terminée t
– --
(t → ∞), la tension uC à ses bornes uC = U0 e t .
t
– -τ-
est nulle (car e → 0 ).
A.2.3 - Évolution de l’intensité i
L’intensité i du courant dans le circuit a donc pour expression :
du C CU 0 – -t- U 0 – -t-
i = – C ----------, soit : i = ------------ e τ = ------- e t .
dt τ R
La loi de décroissance du courant est la même lors de la charge et lors de la
2. En revanche, le sens du courant décharge du condensateur2.
change, car le condensateur est
étudié en convention récepteur A.2.4 - Représentation graphique
pendant la charge et en
convention générateur pendant la uC (V) i (A)
décharge. U0 U0
-------
R

0 τ t (s) 0 τ t (s)
Fig. 6 - Évolution de uC et de i en fonction du temps.

• On trace les graphes représentant l’évolution au cours du temps de uC et de


i (fig. 6). La tension uC aux bornes du condensateur est continue ; en revan-
che, l’intensité i du courant subit une discontinuité lors de la fermeture de
l’interrupteur. Pour les deux courbes, la tangente à l’origine des temps coupe
3. Pour les deux courbes, l’axe l’axe asymptote3 au point d’abscisse t = τ.
asymptote est l’axe des abscisses.
• La décharge du condensateur correspond à un régime transitoire. Lorsque
le régime permanent est atteint, on a alors : uC = 0 et i = 0.

A.2.5 - Étude énergétique


• Lors de la décharge du condensateur, on a :
uC = uR = Ri.
4. Le condensateur est étudié en Pour passer à une égalité en puissance4, on multiplie par i :
convention générateur : on fait
d  --- Cu C
1 2
donc apparaître la puissance
du C
 2 
fournie. Le conducteur ohmique uCi = Ri 2, soit5 : – Cu C ---------- = – -------------------------- = Ri 2 .
est étudié en convention dt dt
récepteur : on fait donc apparaître dE élec
la puissance reçue. – Le premier terme est la puissance – --------------- positive fournie par le conden-
dt
du C sateur6.
5. On a : i = – C --------- .
dt – Le terme Ri 2 est la puissance PJ positive reçue par le conducteur ohmique
et dissipée par effet Joule dans la résistance R.
6. Le condensateur se comporte
alors comme un générateur dans
le circuit. La puissance fournie par le condensateur correspond à une diminution de
l’énergie électrostatique emmagasinée. Elle est dissipée par effet Joule dans
7. Cette égalité exprime la le conducteur ohmique7 :
conservation de l’énergie dans le
circuit électrique :
dE élec
– ----------------- = P J .
Ptotale fournie = Ptotale reçue . dt

110
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 111 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Quand le condensateur est déchargé (uC = 0), son énergie est nulle : il a donc
1. L’énergie initiale du fourni toute son énergie au circuit1.
condensateur est :
1 2 Au cours de la décharge, l’énergie électrostatique Eélec initialement emma-
E élec = --CU 0 .
2
gasinée dans le condensateur est entièrement dissipée par effet Joule dans le
2. L’énergie dissipée par effet Joule conducteur ohmique2.
ne dépend pas de la résistance R du
conducteur ohmique.

B. Étude d’un circuit RL série


B.1. Établissement du courant dans la bobine
B.1.1 - Montage expérimental
• Pour étudier l’établissement du courant dans une bobine d’inductance L à
3. La résistance R représente la travers un conducteur ohmique de résistance R3, on réalise le montage sché-
résistance totale du circuit, matisé sur la figure 7 :
incluant éventuellement la
résistance interne r de la bobine si – un générateur idéal de tension continue de fém E est branché aux bornes du
celle-ci est réelle. circuit RL ;
– pour t  0, l’interrupteur K est ouvert ;
K i – à l’instant t = 0, on ferme l’interrupteur K : le générateur débite alors un
courant dans le circuit.
• Dans ce circuit, on note i l’intensité du courant, uL la tension aux bornes de
R uR
l’inductance L et uR la tension aux bornes du conducteur ohmique. D’après
les orientations choisies, le conducteur ohmique et la bobine sont étudiés en
E
convention récepteur. On a donc :
L uL di
uR = R i et u L = L ------ .
dt
B.1.2 - Évolution de l’intensité i
Fig. 7 - Montage pour étudier • Équation différentielle vérifiée par l’intensité i
l’établissement du courant dans
un circuit RL série. – Pour t  0, l’interrupteur K est ouvert : l’intensité i est nulle, ainsi que les
tensions uR et uL. La tension E aux bornes du générateur de tension se
retrouve donc aux bornes de l’interrupteur ouvert K.
– Pour t  0, la tension aux bornes de l’interrupteur K est nulle et la loi
d’addition des tensions s’écrit :
di
E = uR + uL , soit : E = Ri + L ------ .
dt

L’intensité i du courant traversant un circuit RL série soumis à l’échelon de


tension E vérifie l’équation différentielle du premier ordre :
L di E
---- ------ + i = ---- .
R dt R

• Constante de temps du circuit


E
Les termes ---- et i sont des intensités exprimées en ampère (A). L’équation
R
L di
différentielle est homogène si le terme ---- ------ a la même dimension. Or, la déri-
R dt
di L
vée ------ s’exprime en A · s–1 ; le rapport ---- a donc la dimension d’un temps.
dt R

111
Cours
KA_MPSI.book Page 112 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Définition 2
On définit la constante de temps τ du circuit RL par le rapport :

τ constante de temps en seconde(s)


L
t = ---- L inductance en henry (H)
R
R résistance en ohm (Ω)

• Solution de l’équation différentielle


Pour t  0, il faut résoudre l’équation différentielle avec second membre :
di E
t ------ + i = ---- .
dt R
Par analogie avec l’équation différentielle vérifiée par la tension uC au § A.1.2,
1. Dans les deux cas, l’équation la solution générale i de cette équation s’écrit1 :
différentielle est de la forme : t
E
– --
τ
dy
τ ------ + y = cte.
i = i1 + i2 = A e + ---- , où A est une constante.
dt R
• Application des conditions de continuité
L’intensité i du courant dans l’inductance est continue. À l’instant t = 0, la
condition initiale sur l’intensité s’écrit : i(t = 0) = 0. On en déduit donc, en
posant t = 0 dans la solution générale de l’équation différentielle :
E E
0 = A + ---- , soit : A = – ---- .
R R

L’intensité i du courant traversant un circuit RL série soumis à l’échelon de


2. Lorsque le courant est établi tension E a pour expression2 :
(t → ∞), l’intensité i dans le circuit
t
E
t
– -- E – --  L
vaut --- (car e τ → 0 ). Cette i = ----  1 – e t  , avec τ = ---- constante de temps (s).
R R R
intensité maximale ne dépend pas
des conditions initiales. Elle
correspond à la solution B.1.3 - Évolution de la tension uL
particulière constante i2. La
tension aux bornes du conducteur La tension uL aux bornes de l’inductance L est proportionnelle à la dérivée de
ohmique est alors E. l’intensité i du courant :
t t
di LE – -- – --
u L = L ------ , soit : u L = -------- e τ = Ee t .
dt Rτ
La tension uL aux bornes de l’inductance est maximale à la fermeture de
l’interrupteur K. Pendant l’établissement du courant, elle décroît avec le
3. Lorsque le courant est établi temps ; lorsque le courant est établi, l’inductance se comporte comme un fil3.
(t → ∞), la tension uL aux bornes
de l’inductance est nulle. B.1.4 - Représentation graphique
i (A) uL (V)
E
----
R E E
-------
Re
E
---
e

0 τ t (s) 0 τ t (s)

Fig. 8 - Évolution de i et de u L en fonction du temps.

• On trace les graphes représentant l’évolution au cours du temps de i et de u L


(fig. 8). L’intensité i du courant dans l’inductance est continue ; en revanche,

112
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 113 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

la tension uL à ses bornes subit une discontinuité lors de la fermeture de


l’interrupteur. Pour les deux courbes, la tangente à l’origine des temps coupe
1. Pour l’intensité i, l’axe l’axe asymptote1 au point d’abscisse t = τ.
asymptote est la droite horizontale • L’établissement du courant correspond à un régime transitoire. Lorsque le
E
u L = --- . Pour la tension u L , l’axe E
R régime permanent est atteint, on a alors : i = ---- et uL = 0 (fig. 9).
asymptote est l’axe des abscisses. R
E
i(0) = 0 i ( ∞ ) = ----
R

uR(0) = 0 uR(∞) = E
R R

E E
uL(0) = E uL(∞) = 0
L L

Fig. 9 - État du circuit quand t = 0 et quand t → + ∞.

Application 4 Établissement du courant dans une bobine


On établit le courant dans une bobine idéale d’inductance L = 100 mH à travers une résistance
R = 100 Ω grâce à un générateur idéal de tension de fém E = 5 V. Calculer la constante de temps τ
du circuit RL, l’intensité i lorsque le courant est établi dans le circuit et l’instant t au bout duquel
l’intensité vaut 90 % de sa valeur finale.
Solution
– La constante de temps τ du circuit RL est alors :
L 100 ⋅ 10 –3
τ = ---- = ------------------------- = 1 ⋅ 10 –3 s , c’est-à-dire t = 1 ms.
R 100
– Lorsque le courant est établi dans le circuit, la bobine se comporte comme un fil et la tension du
générateur se retrouve aux bornes du conducteur ohmique :
E
u R = E = Ri, d’où : i = ---- = 5 ⋅ 10 –2 A c’est-à-dire i = 50 mA.
R
– D’après l’expression déterminée au § B.1.2, l’intensité i vaut 90 % de sa valeur si :
t t
E – --  E – --
----  1 – e τ  = 0,9 ---- , d’où : e τ = 0,1 = 10 –1 , soit : t = τln(10) = 2,3 ms.
R R

B.1.5 - Étude énergétique


• Lors de l’établissement du courant, l’addition des tensions s’écrit :
di
E = u R + u L = Ri + L ------ .
dt
2. Le générateur est étudié en Pour passer à une égalité en puissance2, on multiplie par i :
convention générateur : on fait
d  --- Li 2
1
donc apparaître la puissance
fournie. Le conducteur ohmique et di 2 
Ei = Ri 2 + Li ------ , soit : Ei = Ri 2 + ----------------------- .
la bobine sont étudiés en dt dt
convention récepteur : on fait
donc apparaître les puissances – Le terme Ei est la puissance Pg positive fournie par le générateur idéal de
reçues. fém E.
– Le terme R i 2 est la puissance PJ positive reçue par le conducteur ohmique
et dissipée par effet Joule dans la résistance R.

113
Cours
KA_MPSI.book Page 114 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

dE mag
– Le dernier terme est la puissance ---------------- positive reçue par la bobine et
dt
1. L’énergie magnétique E mag emmagasinée dans l’inductance L sous forme magnétique1.
d’une bobine est :
1
E mag = --Li 2 . La puissance électrique fournie par le générateur est dissipée par effet Joule
2 dans le conducteur ohmique et sert à augmenter l’énergie de la bobine2 :
dE mag
2. Cette égalité exprime la P g = P J + ------------------ .
conservation de l’énergie dans le dt
circuit électrique :
Ptotale fournie = Ptotale reçue . E
• Quand le courant est établi, l’intensité dans le circuit est i = ---- . En régime per-
R
manent, l’énergie magnétique emmagasinée dans la bobine n’augmente plus :
1 E 2 dE mag
E mag = --- L  ---- = cte, d’où : ---------------
- = 0.
2 R   dt
La puissance électrique fournie par le générateur et la puissance dissipée par
effet Joule sont donc égales et valent :
E2
P g = P J = ------ .
R
Lorsque le courant est établi, l’énergie magnétique emmagasinée dans la
3. L’énergie magnétique bobine reste constante3. L’énergie électrique fournie par le générateur est
emmagasinée dans la bobine alors entièrement dissipée par effet Joule dans le conducteur ohmique.
dépend de la résistance R. Elle est
d’autant plus faible que R est
grande. B.2. Arrêt du courant dans la bobine
B.2.1 - Montage expérimental
E • Pour étudier l’arrêt du courant lors de la fermeture d’un circuit comportant
une bobine d’inductance L et un conducteur ohmique de résistance R, on
réalise le montage schématisé sur la figure 10 :
1 – un générateur idéal de tension continue de fém E, branché aux bornes du
K
circuit RL, a permis d’établir un courant permanent d’intensité I0 positive4 ;
2 i – pour t  0, l’interrupteur K relie le circuit RL au générateur (position 1) ;
à l’instant t = 0, on bascule l’interrupteur K en position 2 : le circuit RL est
R uR alors en court-circuit.
• Dans ce circuit, on note i l’intensité du courant, uL la tension aux bornes de
l’inductance L et uR la tension aux bornes du conducteur ohmique. D’après
L uL les orientations choisies, le conducteur ohmique et la bobine sont étudiés en
convention récepteur. On a donc :
di
uR = Ri et u L = L ------ .
Fig. 10 - Montage pour étudier dt
l’arrét du courant dans un circuit
RL série. B.2.2 - Évolution de l’intensité i
• Équation différentielle vérifiée par l’intensité i
E
4. On a : I 0 = --- . – Pour t  0, l’interrupteur K est en position 1 : i = I0, uR = RI0 et uL = 0.
R
– Pour t  0, la tension aux bornes de l’interrupteur K est nulle et la loi des
mailles s’écrit :
di
0 = uR + uL , soit : 0 = Ri + L ------ .
dt
L’intensité i du courant traversant un circuit RL série en court-circuit véri-
fie l’équation différentielle du premier ordre :
L di
---- ------ + i = 0.
R dt

114
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 115 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

L
La constante de temps du circuit RL est encore égale à τ = ---- .
R
• Expression de l’intensité i
Le second membre étant nul, la solution générale de l’équation différentielle
est la solution i1 de l’équation homogène :
t
– --
i = i 1 = Ae τ , où A est une constante.
L’intensité i du courant dans l’inductance est continue. À l’instant t = 0 , la
condition initiale sur l’intensité s’écrit : i(t = 0) = I0, d’où : A = I0.

L’intensité i du courant traversant un circuit RL série en court-circuit a


1. L’intensité i tend alors vers 0. pour expression1 :
t
– --
i = I0 e t .

B.2.3 - Évolution de la tension uL


La tension uL aux bornes de l’inductance a donc pour expression :
t
di LI 0 – -t- – --
u L = L ------ , soit : u L = – --------- e t = – RI 0 e t .
dt τ
La loi de décroissance de la tension est la même lors de l’établissement du
2. En revanche, la tension aux courant dans le circuit RL et lors de son arrêt2.
bornes de l’inductance change de
signe. B.2.4 - Représentation graphique
i (A) u (V)
0 τ
I0 t (s)

–RI0
0 τ t (s)

Fig. 11 - Évolution de i et de u L en fonction du temps.


• On trace les graphes représentant l’évolution au cours du temps de i et de
uL (fig. 11). L’intensité i du courant dans l’inductance est continue ; en
revanche, la tension u L à ses bornes subit une discontinuité lors de la ferme-
ture de l’interrupteur. Pour les deux courbes, la tangente à l’origine des temps
3. Pour les deux courbes, l’axe coupe l’axe asymptote3 au point d’abscisse t = τ.
asymptote est l’axe des abscisses.
• L’arrêt du courant correspond à un régime transitoire. Lorsque le régime
permanent est atteint, on a alors : i = 0 et uL = 0 .

B.2.5 - Étude énergétique


Lors de l’arrêt du courant, la loi des mailles s’écrit :
di
0 = u R + u L = Ri + L ------ .
dt
4. Le conducteur ohmique et la Pour passer à une égalité en puissance4, on multiplie par i :
bobine sont étudiés en convention
d  --- Li 2
récepteur : on fait donc apparaître 1
les puissances reçues. di  2 
0 = Ri 2 + L i ------ , soit : – ----------------------- = Ri 2 .
dt dt

115
Cours
KA_MPSI.book Page 116 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

d  --- Li 2
1
2  dE mag
– Le terme ----------------------- est la puissance ---------------- négative reçue par la bobine,
dt dt
d  --- Li 2
1
2  dE mag
1. La bobine se comporte alors donc – ----------------------- est la puissance – ---------------- positive fournie par la bobine1.
comme un générateur dans dt dt
le circuit. – Le terme Ri 2 est la puissance PJ positive reçue par le conducteur ohmique
et dissipée par effet Joule dans la résistance R.

La puissance fournie par la bobine correspond à une diminution de l’énergie


magnétique emmagasinée. Elle est dissipée par effet Joule dans le conduc-
2. Cette égalité exprime la teur ohmique2 :
conservation de l’énergie dans dE mag
le circuit électrique : – ------------------ = P J .
dt
Ptotale fournie = Ptotale reçue .

À l’arrêt du courant (i = 0), l’énergie de la bobine est nulle : celle-ci a donc


3. L’énergie initiale de la bobine fourni toute son énergie au circuit3.
est :
1 2 Au cours de l’arrêt du courant, l’énergie magnétique Emag initialement
E mag = --LI 0 .
2
emmagasinée dans la bobine est entièrement dissipée par effet Joule dans le
conducteur ohmique.

C. Étude d’un circuit RLC série


C.1. Montage expérimental
• Pour étudier la charge d’un condensateur de capacité C à travers une bobine
4. La résistance R représente la d’inductance L et un conducteur ohmique de résistance R4, on réalise le mon-
résistance totale du circuit, tage schématisé sur la figure 12 :
incluant éventuellement la
résistance interne r de la bobine si – un générateur idéal de tension continue de fém E est branché aux bornes du
celle-ci est réelle. circuit RLC ;
– pour t  0, le condensateur est déchargé et l’interrupteur K est ouvert ;
K i – à l’instant t = 0, on ferme l’interrupteur K : le générateur débite alors un
courant dans le circuit.
R uR • Dans ce circuit, on note i l’intensité du courant, uC la tension aux bornes du
condensateur, uL la tension aux bornes de l’inductance et uR la tension aux
E bornes du conducteur ohmique. D’après les orientations choisies, le conduc-
teur ohmique, le condensateur et la bobine sont étudiés en convention récep-
L uL
teur. On a donc :
di du C du C d 2 uC
uR = Ri et u L = L ------ avec i = C ----------, d’où : u R = RC ---------- et u L = LC ------------
-.
C uC dt dt dt dt 2

Fig. 12 - Montage pour étudier C.2. Évolution de la tension uC


la charge d’un condensateur dans
un circuit RLC série. C.2.1 - Équation différentielle vérifiée par uC
– Pour t  0, l’interrupteur K est ouvert : l’intensité i est nulle, ainsi que les
tensions uR, uL et uC. La tension E aux bornes du générateur de tension se
retrouve donc aux bornes de l’interrupteur ouvert K.
– Pour t  0, la tension aux bornes de l’interrupteur K est nulle et la loi
d’addition des tensions s’écrit :
E = uR + uL + uC .

116
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 117 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

La tension uC aux bornes du condensateur d’un circuit RLC série soumis à


l’échelon de tension E vérifie l’équation différentielle du second ordre :
d 2 uC du C
- + RC -----------
LC ------------- + uC = E.
dt 2 dt

C.2.2 - Résolution de l’équation différentielle


Pour t  0, il faut résoudre une équation différentielle du second ordre à
coefficients constants avec second membre.
(1) Méthode de résolution mathématique
La solution générale de cette équation est la somme :
– de la solution générale u1 de l’équation homogène associée :
d 2 u1 du
- + RC ---------1- + u1 = 0 ;
LC -----------
2
dt dt
– d’une solution particulière u2 de l’équation.
(2) Solution particulière constante
Comme le second membre de l’équation est constant, on cherche comme
solution particulière une fonction constante :
d 2 u2 du d 2 u2 du
- + RC ---------2- + u2 = E avec -----------
LC -----------
2 2
- = ---------2- = 0, d’où : u2 = E.
dt dt dt dt
(3) Solution de l’équation homogène
On cherche une solution de l’équation homogène sous la forme :
u1 = Aer t, où A est une constante.
L’équation homogène s’écrit alors :
du d 2 u1
---------1- = Arert = ru1 et -----------
- = r 2u1, soit : LC r 2u1 + RC ru1+u1 = 0.
1. On élimine ainsi la solution dt dt 2
triviale u 1 = 0 qui ne correspond
pas à la réalité physique. En simplifiant1 par u1, on obtient alors le polynôme caractéristique en r :
R 1
LCr 2 + RC r + 1 = 0, soit : r 2 + ---- r + --------- = 0.
2. Ce qui est logique, car l’équation L LC
différentielle est du second ordre.
Ce polynôme admet deux solutions2, éventuellement confondues. Pour les
3. On retient plus aisément déterminer, on introduit les variables réduites du problème.
2
l’expression : LCω 0 = 1.
C.2.3 - Utilisation des variables réduites
4. La pulsation s’exprime en s–1 ou
en rad · s–1. L’unité rad, définie • Pulsation propre
comme le rapport de deux
longueurs, est sans dimension. Les Définition 3
unités s–1 ou rad · s–1 sont donc
équivalentes. On définit la pulsation propre ω0 du circuit LC par la relation3 :

5. L’étude des oscillations libres du ω0 pulsation propre en s–1 (ou rad · s–1)4
circuit RLC série a été effectuée en 1
Terminale S. On caractérise
w 0 = ------------- L inductance en henry (H)
LC
l’évolution temporelle du système C capacité en farad (F)
par la période propre T0 ou la
pulsation propre ω0 telles que :

T 0 = ------- = 2π LC.
Elle correspond à la pulsation des oscillations du système en l’absence
w0 d’amortissement (R = 0)5.

117
Cours
KA_MPSI.book Page 118 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Application 5 Détermination de l’unité de w0


En utilisant les constantes de temps des circuits RC et RL, montrer que la pulsation propre ω0
s’exprime en s–1.
Solution
Les constantes de temps des circuits RC et RL s’écrivent :
L 1
τRC = RC et τ RL = ---- , d’où : τ RC × τ RL = LC = -----2- .
R ω0
Le produit LC s’exprime en s2, donc la pulsation propre ω0 s’exprime en s–1.

• Facteur d’amortissement

Définition 4
1. Le facteur d’amortissement λ On définit le facteur d’amortissement λ du circuit par la relation1 :
est directement lié à la constante
de temps τRL du circuit RL.
λ facteur d'amortissement en s–1
R
l = ------- R résistance en ohm (Ω)
2L
L inductance en henry (H)

Plus le facteur d’amortissement λ est grand, plus le circuit est amorti. Un cir-
cuit non amorti correspond à λ = 0, donc à R = 0 (circuit LC série).
– Afin d’avoir des grandeurs sans dimension, on introduit le coefficient
2. Le facteur d’amortissement est d’amortissement α tel que2 :
parfois noté m ou ξ.
λ R 1 R C
l = aw 0 , soit : α = ------ = -------------- = --- RCω 0 ou α = ---- ---- .
ω0 2Lω 0 2 2 L
– Pour étudier les circuits, on introduit souvent le facteur de qualité Q, sans
dimension, lié au coefficient d’amortissement α par la relation :
1 1 Lω 1
a = -------- , soit : Q = ------- = ----------0- = ---------------- .
2Q 2α R RCω 0
• Écriture du polynôme caractéristique en variables réduites
En utilisant les variables réduites ω0 et λ (ou α), le polynôme caractéristique
en r associé à l’équation homogène s’écrit :
2 2
r 2 + 2lr + w 0 = 0 ou r 2 + 2aw 0r + w 0 = 0.
Les deux expressions précédentes sont homogènes. Comme λ et ω0 s’expri-
ment en s–1, les racines r1 et r2 du polynôme caractéristique s’expriment aussi
en s–1.

C.2.4 - Conditions de continuité


La tension uC aux bornes du condensateur et l’intensité i du courant dans
l’inductance sont continues. À l’instant t = 0, les conditions initiales sur la
3. L’équation différentielle étant tension et l’intensité s’écrivent donc3 : uC (t = 0) = 0 et i(t = 0) = 0.
du second ordre, il faut connaître
deux conditions initiales pour du C du C
Comme i = C ----------, la condition i(t = 0) = 0 équivaut à : ---------- ( t = 0 ) = 0.
déterminer les deux constantes dt dt
d’intégration :
– continuité de uC à t = 0 ;
Les deux conditions initiales permettant de résoudre le problème sont :
– continuité de i à t = 0. du C
uC(t = 0) = 0 et ----------- (t = 0) = 0.
dt

118
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 119 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

C.2.5 - Les différents régimes solutions


2
On détermine les racines du polynôme caractéristique r 2 + 2λ r + ω 0 = 0 en
utilisant le discriminant réduit ∆′ :
2 2
∆′ = λ2 – ω 0 = ω 0 (α2 – 1).
Selon le signe de ∆′, trois cas sont possibles.
• Le régime apériodique : D¢  0.
Cette condition est réalisée pour :
L
λ  ω 0 ⇔ α  1 ⇔ R  2 ---- .
C
1. Les racines peuvent aussi Le polynôme caractéristique admet alors deux racines négatives1 :
s’écrire :
2 2
r = – ω 0 ( α ± α 2 – 1 ). r 1 = – λ – ∆′ = – λ – λ 2 – ω 0 et r 2 = – λ + ∆′ = – λ + λ 2 – ω 0 .
On en déduit la solution générale de l’équation homogène :
u 1 = A 1 e r1 t + A 2 e r2 t .
La solution générale de l’équation différentielle avec second membre est
donc :
uC = u1 + u2, soit : u C = A 1 e r1 t + A 2 e r2 t + E.
D’après les conditions initiales, on a :
uC (V)
du C
( u C ( t = 0 ) = 0 ⇒ A 1 + A 2 + E = 0 ) et  ----------- ( t = 0 ) = 0 ⇒ r 1 A 1 + r 2 A 2 = 0 .
 dt 
La résolution de ce système de deux équations à deux inconnues fournit :

0 r2 r1
t (s)
A 1 = --------------- E et A 2 = – --------------- E.
r1 – r2 r1 – r2
Fig. 13 - Allure de la tension en La tension uC aux bornes du condensateur vaut donc (fig. 13) :
régime apériodique.
r2 r1
u C ( t ) = E  ----------------e r1 t – ----------------e r 2 t + 1 .
 r1 – r2 r1 – r2 

Si le coefficient d’amortissement α du circuit RLC série est strictement


supérieur à 1 (α  1), l’oscillateur est fortement amorti : le régime est dit
apériodique.

• Le régime critique : D¢ = 0.
Cette condition est réalisée pour :
L
λ = ω 0 ⇔ α = 1 ⇔ R = 2 ---- = R c (résistance critique).
C
Le polynôme caractéristique admet alors une racine double négative :
r = −λ = −ω 0.
On en déduit la solution générale de l’équation homogène :
u1 = (At + B)e–λ t.
La solution générale de l’équation différentielle avec second membre est donc :
uC = u1 + u2, soit : uC = (At + B)e–λ t + E.
D’après les conditions initiales, on a :
du C
(uC (t = 0) = 0 ⇒ B + E = 0) et  ---------- ( t = 0 ) = 0 ⇒ A – λB = 0 .
 dt 

119
Cours
KA_MPSI.book Page 120 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

La résolution de ce système de deux équations à deux inconnues fournit :


B = –E et A = −λ E.
La tension uC aux bornes du condensateur vaut donc (fig. 14) :
uC(t ) = E[1 – (l t+1)e-l t ].
uC (V)

E Si le coefficient d’amortissement α du circuit RLC série est égal à 1 (α = 1),


le régime est dit apériodique critique ou critique.

• Le régime pseudo-périodique : D¢  0.
0 t (s)
Cette condition est réalisée pour :
Fig. 14 - Allure de la tension en
L
régime critique. λ  ω 0 ⇔ α  1 ⇔ R  2 ---- .
C
Le polynôme caractéristique admet alors deux racines complexes conjuguées
à partie réelle négative. En posant ω2 = – ∆′, il vient :
r1 = – λ – j ω et r2 = – λ + j ω.
On en déduit la solution générale de l’équation homogène :
u1 = [Acos(ω t) + Bsin(ω t)]e–λ t.
La solution générale de l’équation différentielle avec second membre est donc :
uC = u1 + u2, soit : uC = [Acos(ωt) + Bsin(ωt)]e–λt + E.
uC (V)
D’après les conditions initiales, on a :
du C
 ----------
(uC (t = 0) = 0 ⇒ A + E = 0) et ( t = 0 ) = 0 ⇒ – λA + ωB = 0 .
 dt 
La résolution de ce système de deux équations à deux inconnues fournit :
E
λ
A = –E et B = ---- E.
ω
La tension uC aux bornes du condensateur vaut donc (fig. 15) :
0 t (s)
 l 
Fig. 15 - Allure de la tension en u C ( t ) = E  1 – e l t cos ( wt ) + ---- sin ( wt ) .
 w 
régime pseudo-périodique.

Si le coefficient d’amortissement α du circuit RLC série est strictement


inférieur à 1 (α  1), l’oscillateur est faiblement amorti : le régime est dit
oscillatoire amorti ou pseudo-périodique. La pseudo-pulsation ω des
1. On associe à la pseudo-
oscillations vaut1 :
pulsation ω la pseudo-période T
telle que : w = w 0 1 – a 2 , où ω0 est la pulsation propre (ω  ω 0).
2π 2π T0
T = ------ = ------------------------- = ------------------
ω ω 1–α 2 1 – α2
0
On a donc toujours : T  T0 . Remarque
Si α = 0, on retrouve bien les oscillations non amorties du circuit RLC série.

C.2.6 - Le réseau de graphes


La figure 16 montre l’évolution du régime d’oscillations en fonction de la
valeur du coefficient d’amortissement α. Pour simplifier, les graphes sont tra-
cés en coordonnées x et y définies par :
uC
x = w0 t et y = ------- .
E

120
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 121 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

2
α=0
1
α = -------
2
1
α=1
α=2

1
0 x
1
Fig. 16 - Tracés des graphes pour α = 0, α = ------ , α = 1 et α = 2.
2

C.3. Évolution de l’intensité i


• On obtient l’intensité i du courant en dérivant la tension uC aux bornes du
1. Les détails des calculs, longs condensateur1 :
mais simples, ne sont pas donnés
ici. du C
i = C ---------- .
dt
– En régime apériodique (α  1) :
r1 r2 E
i ( t ) = C ---------------- ( e r1 t – e r2 t ).
r1 – r2
– En régime critique (α = 1) :
i (t ) = CE l2t e– l t.
– En régime pseudo-périodique (α  1) :
w 2 + l2
i ( t ) = CE ------------------- e –l t sin ( wt ).
w
• La figure 17 montre l’évolution du régime d’oscillations en fonction de la
valeur du coefficient d’amortissement α. Pour simplifier, les graphes sont tra-
cés en coordonnées x et y définies par :
i i L
x = w0 t et y = --------------- = ---- ---- .
CEω 0 E C
y

1
α=2 1
α = -------
2 α=0

α=1
0 x

–1

1
Fig. 17 - Tracés des graphes pour α = 0, α = ------ , α = 1 et α = 2.
2

121
Cours
KA_MPSI.book Page 122 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Application 6 Équation différentielle vérifiée par l’intensité i


Déterminer l’équation différentielle vérifiée par l’intensité i du courant et préciser les conditions ini-
tiales permettant de résoudre cette équation.
Solution
• La loi d’addition des tensions s’écrit pour t  0 :
di du C
E = u R + u L + uC , soit : Ri + L ------ + u C = E avec i = C ---------- .
dt dt
Par dérivation, on obtient donc l’équation différentielle caractérisant l’évolution de l’intensité i au
cours du temps :
d2i di i d2i di
L -------2- + R ------ + ---- = 0 ou LC --------2- + RC ------ + i = 0.
dt dt C dt dt
Le polynôme caractéristique est le même que pour l’équation différentielle vérifiée par la tension uC.
Quand uC évolue suivant un régime pseudo-périodique (ou apériodique ou critique), alors i évolue
aussi suivant un régime pseudo-périodique (ou apériodique ou critique).
• L’intensité i du courant dans l’inductance est continue, d’où la première condition initiale :
i (t = 0) = 0.
Il faut aussi déterminer une condition sur la dérivée de i. À l’instant t = 0, la tension aux bornes du
conducteur ohmique est nulle : uR (t = 0) = Ri(t = 0) = 0. En outre, la tension uC aux bornes du con-
densateur est continue, d’où : uC (t = 0) = 0. D’après la loi d’addition des tensions, on obtient donc
la seconde condition initiale :
di di E
u L(t = 0) = E avec u L ( t = 0 ) = L ------ ( t = 0 ), soit : ------ ( t = 0 ) = ---- .
dt dt R

C.4. Interprétation physique


Quel que soit le régime, la charge du condensateur correspond à un régime
transitoire. Lorsque le condensateur est chargé (t → ∞), le régime permanent
est atteint : on a alors uC = E et i = 0 (fig. 18).

i (0) = 0 i (∞) = 0

R uR (0) = 0 R uR(∞) = 0

E E
L uL(0) = E L uL(∞) = 0

C uC(0) = 0 C uC(∞) = E

Fig. 18 - État du circuit quand t = 0 et quand t → ∞.

C.5. Étude énergétique


• Lors de la charge du condensateur, l’addition des tensions s’écrit :
di
E = u R + u L + u C = Ri + L ------ + u C .
dt

122
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 123 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

du C
1. Le générateur est étudié en Pour passer à une égalité en puissance1, on multiplie par i = C ---------- :
convention générateur : on fait dt
donc apparaître la puissance di du C
fournie. Le conducteur ohmique, la
Ei = Ri 2 + Li ------ + Cu C ---------- .
dt dt
bobine et le condensateur sont
étudiés en convention récepteur : – Le terme Ei est la puissance Pg positive fournie par le générateur idéal de
on fait donc apparaître les fém E.
puissances reçues. – Le terme Ri 2 est la puissance PJ positive reçue par le conducteur ohmique
et dissipée par effet Joule dans la résistance R.
d  --- Li 2
1
2  dE mag
– Le terme ----------------------- est la puissance ---------------- positive ou négative reçue par
dt dt
la bobine correspondant aux variations de l’énergie emmagasinée dans
l’inductance L sous forme magnétique.
d  --- Cu C
1 2
2  dE élec
– Le terme -------------------------- est la puissance --------------- positive ou négative reçue par
dt dt
le condensateur correspondant aux variations de l’énergie emmagasinée dans
la capacité C sous forme électrostatique.

La puissance électrique fournie par le générateur est dissipée par effet Joule
dans le conducteur ohmique et sert à faire varier l’énergie de la bobine et
2. Cette égalité exprime la l’énergie du condensateur2 :
conservation de l’énergie dans le
dE mag dE élec
circuit électrique : P g = P j + ------------------ + ----------------- (1)
Ptotale fournie = Ptotale reçue . dt dt
• En intégrant l’égalité (1) entre l’instant initial t = 0 (fermeture de l’interrup-
teur K) et l’instant final t → ∞, on obtient l’égalité (2) traduisant les transferts
d’énergie dans le circuit :
Eg = E J + DE mag + DEélec (2)
– L’énergie électrique Eg fournie par le générateur entre l’instant t = 0 et l’ins-
tant t est égale à (voir § A. 1. 5) :
t t uC ( t )
Eg = ∫0 P g dt = E ∫0 i dt = CE ∫0 du C = CEu C ( t ).

Quand le condensateur est totalement chargé, la tension uC vaut E et le géné-


rateur a fourni l’énergie :
Eg = CE2.
– L’intensité du courant est nulle à t = 0 ; elle est de nouveau nulle quand
t → ∞. L’énergie magnétique ∆Emag emmagasinée dans l’inductance L entre
l’instant t = 0 et l’instant t → ∞ est égale à :
∆Emag = Emag(∞) – Emag(0) = 0.
L’énergie magnétique emmagasinée par la bobine au début du régime transi-
toire est redonnée à la fin de ce régime lorsque le courant s’arrête.
– La tension aux bornes du condensateur croît de 0 à E. L’énergie électrosta-
tique ∆Eélec emmagasinée dans la capacité C entre l’instant t = 0 et l’instant
t → ∞ est égale à :
1
∆E élec = E élec ( ∞ ) – E élec ( 0 ) = --- CE 2 .
3. Au cours de la charge, l’énergie 2
dissipée par effet Joule ne dépend – D’après l’équation (2), l’énergie EJ dissipée par effet Joule dans la résistance
pas de la résistance R du
R entre l’instant t = 0 et l’instant t → ∞ est égale à3 :
conducteur ohmique. Elle ne
dépend que de la capacité C du 1 1
E J = E g – ∆E élec – ∆E mag = CE 2 – --- CE 2 = --- CE 2 .
condensateur. 2 2

123
Cours
KA_MPSI.book Page 124 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Au cours de la charge, la moitié de l’énergie électrique fournie par le


1. Lorsque le condensateur est générateur1 est dissipée par effet Joule dans le conducteur ohmique et
chargé, le générateur ne fournit l’autre moitié est emmagasinée sous forme électrostatique dans le conden-
plus d’énergie au circuit (le sateur. L’énergie magnétique, nulle au début de la charge, est à nouveau
condensateur se comporte
comme un interrupteur ouvert).
nulle à la fin de la charge2.

2. Au cours de la charge, lorsque


le courant traverse le circuit, C.6. Analogie avec l’oscillateur linéaire
l’énergie de la bobine n’est pas
nulle. Dans un circuit RLC série, l’équation différentielle vérifiée par la charge q du
condensateur s’écrit :
q dq d2q di
Lq̇˙ + Rq̇ + ---- = E, avec q̇ = ------ = i et q̇˙ = --------2- = ------ .
C dt dt dt
En mécanique, l’équation différentielle de l’oscillateur linéaire est :
dx d2x dv
mẋ˙ + f ẋ = kx = 0, avec ẋ = ------- = v et ẋ˙ = ---------2 = ------- .
dt dt dt
Cette équation est formellement identique à celle de l’équation homogène de
l’oscillateur électrique étudié précédemment. Bien que les oscillateurs électrique
et mécanique correspondent à des situations physiques a priori très différentes,
leurs comportements, décrits par un même « squelette algébrique », sont les
mêmes. Le tableau ci-dessous définit les grandeurs analogues.

Grandeurs électriques Grandeurs mécaniques

charge du condensateur q déplacement de la masse x

intensité du courant i vitesse de la masse v

inductance propre L masse m

résistance du circuit R coefficient de frottement f

capacité du inverse de la raideur 1


C ---
condensateur du ressort k

1 1
énergie magnétique E mag = --- L i 2 énergie cinétique E c = --- mv 2
2 2

énergie 1 q2 énergie potentielle 1


E élec = --- ----- E p = --- kx 2
électrostatique 2C élastique 2

pertes par effet Joule PJ = Ri 2 pertes par frottement Pf = fv2

On peut alors poser :


k f
ω0 = ---- et λ = αω 0 = -------- .
m 2m
En fonction de la valeur de α, on retrouve trois régimes d’oscillations : le
régime apériodique (α  1), le régime critique (α = 1) et le régime pseudo-
périodique (α  1).

124
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 125 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

M thodes
L’essentiel
✓ Étude d’un circuit RC série
• On définit la constante de temps τ du circuit RC par le produit :

τ constante de temps en seconde (s)


t RC = RC R résistance en ohm (Ω)
C capacité en farad (F)

• Charge et décharge du condensateur :

Charge Décharge
du condensateur du condensateur

K i K i

R uR
Montage
E uC C R uR

C uC

Équation
du C du C
différentielle τ ----------- + u C = E τ ----------- + u C = 0
(premier ordre) dt dt

Conditions initiales uC ( 0 ) = 0 uC ( 0 ) = U0
t t
u C = E  1 – e τ
– -- – --
Tension u C (V) uC = U0 e τ
 
t
du C E – -- du C U 0 – -t-
Intensité i (A) i = C ----------- = ---- e τ i = – C ----------- = ------- e τ
dt R dt R

uC (V) uC (V)
E U0
E
---
Allure de u C (t) e

0 τ t (s) 0 τ t (s)

La moitié de l’énergie L’énergie électrostatique


électrique fournie par le Eélec initialement emma-
générateur est dissipée par gasinée dans la capacité
effet Joule dans la résis- est entièrement dissipée
Bilan énergétique
tance et l’autre moitié est par effet Joule dans la
emmagasinée sous forme résistance.
d’énergie électrostatique
Eélec dans la capacité.

125
Méthodes
KA_MPSI.book Page 126 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

✓ Étude d’un circuit RL série


• On définit la constante de temps τ du circuit RL par le rapport :
τ constante de temps en seconde (s)
L
t RL = ---- L inductance en henry (H)
R
R résistance en ohm (Ω)

• Établissement et arrêt du courant dans la bobine :


Établissement du courant Arrêt du courant
dans la bobine dans la bobine

K i
1
K
R uR
2 i
Montage
E
R uR
L uL

L uL

Équation différentielle di E di
τ ------ + i = ---- τ ------ + i = 0
(premier ordre) dt R dt

Conditions initiales i(0) = 0 i ( 0 ) = I0


t t
i = ----  1 – e τ
Intensité i (A) E – -- – --
τ
R   i = I0 e

t t
di – -- di – --
Tension u L (V) u L = L ------ = Ee τ u L = L ------ = – R I 0 e τ
dt dt

i (A) i (A)
E I0
----
R E
-------
Allure de u C( t ) Re

0 τ t (s) 0 τ t (s)

Lorsque le courant est établi, L’énergie magnétique Emag ini-


l’énergie magnétique Emag tialement emmagasinée dans la
emmagasinée dans la bobine bobine est entièrement dissipée
reste constante. L’énergie par effet Joule dans la résistance.
Bilan énergétique
électrique fournie par le géné-
rateur est alors entièrement
dissipée par effet Joule dans la
résistance.

126
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 127 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

✓ Étude d’un circuit RLC série


• Pour l’étude du régime transitoire du circuit RLC, on introduit les variables réduites :
Coefficient
Pulsation propre Facteur Facteur de qualité
d’amortissement
(s–1 ou rad · s–1) d’amortissement (s–1) (sans dimension)
(sans dimension)

1 R λ 1 Lω 1
ω 0 = ------------- λ = ------- α = ------ Q = ------- = ----------0- = ----------------
LC 2L ω0 2α R RCω 0

La pulsation propre ω0 est la pulsation des oscillations en l’absence d’amortissement.


• La tension u C aux bornes du condensateur d’un circuit RLC série soumis à l’échelon de tension
E vérifie l’équation différentielle du second ordre :
d 2 uC du C d 2 u C w 0 du C 2 2
- + RC -----------
LC ------------- + uC = E ou - + ------ ----------- + w 0 u C = w 0 E.
-------------
dt 2 dt dt 2 Q dt
• En fonction de la valeur de α (ou, ce qui est équivalent, de la valeur de Q), on distingue trois
régimes différents.

Régime apériodique : Solution de l’équation homogène uC (V)


1 (∆  0) :
a  1 ou Q  ---
2 u 1 = A 1 e r1 t + A 2 e r2 t ,
(fort amortissement) avec r1 et r2 racines réelles du poly-
nôme caractéristique.
0 t (s)

Régime critique : Solution de l’équation homogène uC (V)


1 (∆ = 0) :
a = 1 ou Q = --- E
2 u 1 = ( At + B )e rt ,
(amortissement critique) avec r racine double du polynôme
caractéristique.
0 t (s)

Régime pseudo-périodique : Solution de l’équation homogène uC (V)


1 (∆  0) :
a  1 ou Q  ---
2 u 1 = [ A cos ( ωt ) + B sin ( ωt ) ] – e –λt ,
(amortissement faible) avec r 1 = – λ + jω et r 2 = – λ – jω
racines complexes conjuguées du
polynôme caractéristique. E

0 t (s)

w = w0 1 – a2

• Au cours de la charge, la moitié de l’énergie électrique fournie par le générateur est dissipée par
effet Joule dans la résistance et l’autre moitié est emmagasinée sous forme d’énergie électrosta-
tique Eélec dans la capacité. L’énergie magnétique Emag emmagasinée dans l’inductance, nulle
au début de la charge, est à nouveau nulle à la fin de la charge.

127
Méthodes
KA_MPSI.book Page 128 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Mise en œuvre

Méthode n° 1
Comment résoudre une équation différentielle linéaire
à second membre constant ?
L’étude d’un régime transitoire fait systématiquement appel à la résolution d’une équation diffé-
rentielle. On se propose de résoudre cette équation.

➜ Savoir faire

➊ Chercher la solution particulière constante qui vérifie l’équation différentielle avec second
membre.
➋ Injecter une solution exponentielle du type Ae rt dans l’équation différentielle dont le
second membre a été annulé (équation homogène). Le coefficient r vérifie une équation
appelée polynôme caractéristique.
➌ Déterminer la ou les valeurs de r qui sont racines du polynôme caractéristique. Construire
la solution sans second membre, de la forme :
• Ae rt pour une équation du premier ordre ;
• Ae r1 t + Be r2 t pour une équation du second ordre admettant deux racines réelles ou com-
plexes conjuguées ;
• ( A + Bt )e rt pour une équation du second ordre admettant une racine double.

Dans le cas de deux racines complexes conjuguées α ± jβ, on peut écrire la solution sous la forme :
[ A cos ( βt ) + B sin ( βt ) ]e αt .

➍ Déterminer la ou les constantes d’intégration de la solution générale, qui est la somme de


la solution particulière établie au ➊ et de la solution sans second membre établie au ➌. Cette
étape nécessite de connaître les conditions initiales données par les relations de continuité
(voir la méthode n° 1 du chapitre 3).

Il faut veiller à déterminer les constantes d’intégration sur la solution générale, c’est-à-dire après avoir
réuni les solutions particulières et sans second membre.

➜ Application
On considère le circuit ci-dessous, dont l’interrupteur K est fermé à l’instant t = 0.

L
R = 2 ----
C i(t)

L C
E

128
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 129 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

La mise en équation du circuit et la recherche des conditions initiales conduisent, pour l’intensité
dans la branche principale, à :
E
 i ( 0 + ) = ---
-
d 2 i L di E,  R
LC -------2- + ---- ------ + i = ---- avec 
dt R dt R di +
 ----- E .
- ( 0 ) = – -----------
 dt R2C
Déterminer l’expression de i ( t ).

Solution
➊ La solution particulière constante est :
E
i 2 ( t ) = ---- .
R
➋ L’équation sans second membre s’écrit :
d 2 i 1 L di 1
- + ---- -------- + i 1 = 0.
LC ----------
dt 2 R dt
On injecte la solution type Ae rt dans cette équation :
L
LCr 2 Ae rt + ---- rAe rt + Ae rt = 0.
R
➌ Comme Ae rt ne s’annule pas (car A = 0 est une solution sans intérêt), le polynôme caractéris-
tique est donc :
L
LC r 2 + ---- r + 1 = 0.
R
1 4
Son discriminant vaut : ∆ = -------------
- – -------- , c’est-à-dire zéro compte tenu du choix des compo-
R C 2 2 LC
sants. Le polynôme caractéristique admet une racine double (régime critique) :
1
α = – ------------ .
2RC
Replacée dans la solution, cette racine double conduit à :

i 1 ( t ) = ( A + Bt ) exp  – ------------ .
t
 2RC
➍ La solution générale est donc :

i ( t ) = i 1 ( t ) + i 2 ( t ) = ---- + ( A + Bt ) exp  – ------------ .


E t
R  2RC
En t = 0 + , on détermine les constantes d’intégration A et B :
E
 i ( 0 + ) = --- E A = 0
- = ---- + A
 R R 
 ⇒ E .
di +
 ----- E
- ( 0 ) = – ----------- = B –
A
------------
-  B = – -----------
R 2C
 dt R2C 2RC 
Soit en replaçant ces valeurs dans la solution générale :

exp  – ------------ ,
E Et t
i ( t ) = ---- – -----------
R R2C  2RC

i ( t ) = ----  1 – --------- exp  – ------------  .


E t t
d’où :
R RC  2RC 

129
Méthodes
KA_MPSI.book Page 130 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Méthode n° 2
Comment caractériser un régime transitoire du premier ordre
à partir de son oscillogramme ?
Soit un oscillogramme indiquant un régime transitoire du premier ordre. On se propose d’établir
l’équation différentielle associée à cet oscillogramme.

➜ Savoir faire

➊ Déterminer la valeur initiale u ( t = 0 ) = u 0 de la tension étudiée.


➋ Déterminer la valeur limite u ∞ en t → +∞ de la tension étudiée.
➌ Tracer la tangente à la courbe u ( t ) issue du point t = 0. Mesurer le temps τ caractéristique
du régime transitoire à l’intersection de cette tangente avec la droite u = u ∞ .
➍ Écrire l’équation différentielle sous la forme :
du
τ ------- + ( u – u ∞ ) = 0.
dt
La solution de cette équation s’écrit :

u ( t ) = u ∞ + ( u 0 – u ∞ ) exp  – -- .
t
 τ

➜ Application
Établir l’équation différentielle associée à l’oscillogramme représenté ci-dessous.

1V
1 ms

(0 V , t = 0)

Solution
➊ On mesure 4 divisions verticales à partir du point origine ( 0 V , t = 0 ) : u ( 0 ) = 4 V.
➋ En t = +∞, l’asymptote a pour équation : u ∞ = – 2 V.
➌ La tangente à la courbe u ( t ) à l’origine coupe la droite u C = – 2 V en ( t = 4 ms ; u = – 2 V ) ,
soit : τ = 4 ms.
➍ L’équation différentielle vérifiée par u est donc :
du
( 4 ◊ 10 – 3 ) -------- + u = – 2, avec u en V et t en s.
dt

La solution de cette équation est :


u ( t ) = – 2 + 4 exp  – -----------------
t 
- , avec u en V et t en s.
 4 ⋅ 10 – 3

130
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 131 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Méthode n° 3
Comment effectuer le bilan énergétique d’un régime transitoire ?
On se propose d’évaluer l’énergie dissipée par effet Joule au cours d’un régime transitoire.

➜ Savoir faire

➊ Déterminer les valeurs prises par les courants et les tensions du circuit à l’issue du régime tran-
sitoire en utilisant un schéma équivalent du circuit.
➋ Déterminer l’énergie reçue (et stockée) par les condensateurs et bobines du circuit pendant ce
régime transitoire :
∆E stockée = ∆E elec + ∆E mag .
1 2 1 2
– Pour un condensateur : ∆E elec = --- Cu ∞ – --- Cu 0 .
2 2
1 2 1 2
– Pour une bobine : ∆E mag = --- Li ∞ – --- Li 0 .
2 2
(u 0 , u ∞ , i 0 et i ∞ sont les tensions et courants avant et après le régime transitoire.)
➌ Exprimer le courant i g ( t ) qui traverse le générateur. Si ce courant s’annule au bout d’un
temps infini, calculer l’énergie fournie au circuit par le générateur :
+∞
E fournie = ∫0 u g i g dt, avec ug et i g en convention générateur.

➍ Si l’énergie fournie par le générateur est finie, calculer l’énergie dissipée par effet Joule :
E J = E fournie – ∆E stockée .

Dans la plupart des circuits, un courant circule encore à l’issue du régime transitoire. La puissance four-
nie par le générateur est alors entièrement dissipée par le réseau de résistances.

➜ Application
On considère le circuit suivant, dans lequel l’interrupteur K est initialement ouvert. On choisit
comme origine des temps l’instant où K est fermé.
On montre que u ( t ) = RI 0 exp  – ---- t . Calculer l’énergie dissipée par effet Joule pendant le régime
R
 L
transitoire à l’aide d’un bilan énergétique.

iL

L
u I0 R

Solution
➊ Initialement, i L ( 0 ) = 0 car la branche est ouverte. Au bout iL
d’un temps infini, le régime permanent est établi et la bobine
équivaut à un fil : i L ( ∞ ) = I 0 . I0 R
➋ Le circuit reçoit et stocke de l’énergie dans la bobine :
1 1 1 2 K
∆E stockée = --- Li L ( ∞ ) 2 – --- Li L ( 0 ) 2 = --- LI 0 .
2 2 2

131
Méthodes
KA_MPSI.book Page 132 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

➌ Le courant dans le générateur ne s’annule pas, mais la tension à ses bornes s’annule. La puis-
sance fournie s’annule donc et l’énergie fournie au circuit est calculable :
+∞ +∞
exp  – ------ d t.
Rt
∫0 ∫0
2
E fournie = I 0 u ( t ) dt = RI 0
 L
On intègre la fonction exponentielle entre t = 0 et t → +∞ :
+∞
E fournie = RI 0 – ---- exp  – ------ = RI 0  ---- = LI 0 .
2 L Rt 2 L 2
R  L 0
 R
➍ L’énergie dissipée par effet Joule dans la résistance vaut donc :
2 1 2 1 2
E J = E fournie – DE stockée = LI 0 – --- LI 0 = --- LI 0 .
2 2
La moitié de l’énergie fournie par le générateur est dissipée par effet Joule dans la résistance, et
ceci indépendamment de sa valeur.

On peut retrouver ce résultat en intégrant la puissance reçue par la résistance pendant le régime transitoire,
mais ce calcul est techniquement plus compliqué.

132
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 133 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Énoncés des exercices

Exercices
Niveau 1 R1

Ex. 1 Décharge d’un condensateur


dans un autre Cas a)
E R2 C u
Le condensateur de capacité C est chargé sous une ten-
sion U0 . Il est branché à l’instant initial sur un autre
condensateur de capacité C′, initialement déchargé, par
l’intermédiaire d’une résistance R. On note u la tension R2
aux bornes de C et u′ la tension aux bornes de C′.
K i R
Cas b)
E R1 C u
u C C′ u′

u
a) Déterminer les évolutions des tensions u(t) et u′(t).
b) Déterminer l’évolution de l’intensité i(t).
c) Déterminer l’énergie E J dissipée par effet Joule. C
Cas c)
Effectuer un bilan énergétique et retrouver le résultat E R1 R2
précédent.

Ex. 2 Charge et décharge d’un condensateur


On considère le circuit suivant, comportant les résis- u1
tances R1 , R2 et R3 , le condensateur de capacité C et
le générateur de tension E.
E C1

Cas d)
R1

R2 C2 u2
E
R3 R2 R1

C
K
u1
R2
u
a) Initialement, le condensateur est déchargé et on C1
Cas e)
ferme l’interrupteur K à t = 0. Déterminer l’évolution
de la tension u(t). Pouvait-on prévoir la tension maxi- E R1 C2 u2
male u max du condensateur ?
b) L’interrupteur K étant fermé depuis longtemps, on a
alors u = umax . À l’instant t = 0, on ouvre l’interrupteur.
R1 R2
Déterminer l’évolution de la tension u(t).

Ex. 3 Recherche de régimes permanents avec


des condensateurs Cas f )
E C1 u1 C2 u2
Dans les montages ci-dessous, déterminer la (ou les)
tension(s) aux bornes du (ou des) condensateur(s)
lorsque le régime permanent est établi.

133
Exercices
KA_MPSI.book Page 134 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Ex. 4 Résistance d’un voltmètre L1 i1 L2 i2


Un condensateur chimique de capacité 47 µF est
chargé sous une tension u 0 = 4,5 V. On le branche
aux bornes d’un voltmètre. Cas c)
E R1 R2
À l’instant t = 0, on mesure normalement u0 = 4,5 V.
À l’instant t = 200 s, on lit sur le voltmètre u = 3 V.
Quelle est la résistance du voltmètre ?

R1 R2
Ex. 5 Établissement du courant dans
une bobine
Une bobine parfaite d’inductance L est en série avec Cas d)
E L1 L2
un conducteur ohmique de résistance R = 15 Ω et une
batterie de force électromotrice E = 6 V.
i1 i2
À l’instant t = 0, on ferme le circuit.
La tension aux bornes de la résistance croît pour
atteindre u R = 2,7 V à l’instant t = 2 ms.
Ex. 7 Oscillations d’un circuit LC
K i Un condensateur de capacité C = 10 µF est initiale-
ment chargé sous une tension U0 = 6 V. On le con-
necte à l’instant t = 0 à une bobine de résistance
R ur négligeable et d’inductance L = 25 mH.
E a) Établir l’équation différentielle vérifiée par la ten-
sion u aux bornes du condensateur.
L b) Déterminer u(t). Exprimer la fréquence des oscilla-
tions et l’amplitude de celles-ci.
c) Déterminer i(t). Quelle est alors l’amplitude de
a) Déterminer la valeur de l’inductance L.
l’intensité ?
b) Quelle est l’énergie magnétique emmagasinée
d) Exprimer l’énergie du condensateur et celle de la
dans la bobine à l’instant t = 2 ms ?
bobine au cours du temps. Vérifier que l’énergie
c) Quelle est l’énergie dissipée par effet Joule dans la totale reste constante.
résistance entre t = 0 et t = 2 ms.

Ex. 8 Régime critique


Ex. 6 Recherche de régimes permanents
Le condensateur de capacité C = 10 µF, initialement
en présence de bobines chargé sous une tension U 0 = 6 V, est connecté à
Dans les montages ci-dessous, déterminer l’intensité l’instant t = 0 à une bobine d’inductance L = 25 mH
du courant circulant dans chaque bobine lorsque le et de résistance R.
régime permanent est établi. a) Établir l’équation différentielle vérifiée par la ten-
R1 sion u aux bornes du condensateur.
i
b) Le régime étudié est le régime critique. Détermi-
ner R. Exprimer alors u(t). Tracer u(t).
Cas a) c) En déduire l’intensité i(t). Tracer i(t).
E R2 L
d) Quelle est l’énergie dissipée par effet Joule dans la
résistance R ?

R1 R3 Ex. 9 Régime pseudo-périodique


On reprend l’étude de l’exercice 8, mais la résistance
de la bobine est maintenant R′.
Cas b) E L Le régime étudié est pseudo-périodique et la pseudo-
R2
période vaut T = 5 ms.
a) Déterminer la résistance R′.
i b) Déterminer numériquement u(t).

134
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 135 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Ex. 10 Régime apériodique K R K′


Un condensateur de capacité C = 10 µF, chargé sous
la tension U0 , se décharge dans une bobine d’induc-
tance L = 2 mH et de résistance R″. Le régime est C u R′
apériodique et l’on a enregistré l’évolution de la ten- E
sion aux bornes de la résistance R″.

u R″ (V ) a) Déterminer l’équation d’évolution de la tension u


aux bornes du condensateur.
b) Déterminer u(t) et tracer la courbe correspondante.
c) Effectuer un bilan énergétique.

Ex. 12 Établissement du courant dans


un circuit
On considère le circuit suivant comportant une
0 t0 = 0,36 ms t (s )
bobine d’inductance L et deux résistances R et R′. K
On observe un maximum de u R″ à l’instant et K′ sont deux interrupteurs et le générateur de ten-
t 0 = 0,36 ms. Déterminer R″. sion possède la fém E.
K L i K′

Niveau 2 E R R′

Ex. 11 Établissement du courant a) K′ est ouvert. À l’instant t = 0, on ferme l’interrup-


dans un condensateur teur K. Déterminer la loi d’évolution de l’intensité i(t).
1) Le condensateur étudié est chargé sous une ten- Quel est le courant I en régime permanent ?
sion U0 . Il est placé en série avec une résistance R, un b) Le régime permanent d’intensité I est établi (K est
générateur de tension E et un interrupteur K. fermé). À l’instant t = 0, on ferme l’interrupteur K′.
Pour t  0, l’interrupteur est ouvert. À l’instant t = 0, Établir la nouvelle loi d’évolution de l’intensité i(t).
on ferme l’interrupteur. Quelle est la nouvelle intensité I′ en régime permanent ?
K R i
Ex. 13 Trois résistances et une bobine
Le circuit étudié comporte trois résistances R1, R2 et
u R3 , une bobine parfaite d’inductance L, un généra-
E C
teur de fém E et un interrupteur K.
E

a) Déterminer l’équation d’évolution de la tension u


aux bornes du condensateur.
b) Résoudre l’équation obtenue pour t  0.
R3 R2 R1
c) Tracer la courbe u (t ).
d) Déterminer l’intensité i (t ) du courant. K L i
e) Déterminer l’énergie dissipée par effet Joule.
f) Faire un bilan énergétique et retrouver le résultat a) Initialement, la bobine n’est parcourue par aucun
précédent. courant. À l’instant t = 0, on ferme l’interrupteur K.
2) Le condensateur est maintenant chargé sous la Établir la loi d’évolution de i(t) et déterminer le cou-
tension E. On branche à ses bornes, comme l’indique rant I en régime permanent dans la bobine.
le schéma ci-dessous, une résistance R′. b) Le courant d’intensité I est établi, on ouvre K à
On choisit l’origine des temps au moment du bran- t = 0. Déterminer la nouvelle loi donnant i(t) et
chement de R′. l’énergie dissipée par effet Joule dans les résistances.

135
Exercices
KA_MPSI.book Page 136 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Ex. 14 Diode de roue libre Ex. 16 Évolution simultanée du courant


Un moteur est modélisé par une résistance R et une dans une bobine et un condensateur
bobine L. Le circuit comporte un condensateur de capacité C en
L’interrupteur K est fermé depuis longtemps. Le cou- série avec une résistance R. Cette branche est en
rant permanent dans la bobine est : parallèle avec une branche comportant une bobine
L
E d’inductance L et de résistance R. On a : τ = RC = ---- .
i = I = ---- . R
R
L’ensemble est alimenté par un générateur de fém E
Pour éviter une étincelle aux bornes du moteur, lors
comme l’indique le schéma suivant :
de l’ouverture du circuit, on place en parallèle avec le
moteur une diode D. K i i1
Quand l’interrupteur K est fermé, aucun courant ne
circule dans D. i2
Quand on ouvre K, la diode court-circuite le moteur
et l’énergie magnétique contenue dans la bobine est R R
dissipée par effet Joule dans la résistance R.
K E
C u L
i

D L
u′
E a) Le condensateur est déchargé. On ferme l’inter-
rupteur K. Déterminer i 1(t ), i 2(t ) et i (t ).
i′ R
Déterminer u (t ).
b) Le régime permanent est établi. On ouvre K.
a) La caractéristique de la diode vérifie les conditions Déterminer u (t ).
données ci-dessous :
u′  0 : i ′ = 0 ; i ′  0 : u′ = 0. Ex. 17 Bobine réelle en série avec
Déterminer la loi d’évolution de i (t ). un condensateur réel
b) Reprendre l’étude en tenant compte de la tension Le montage ci-dessous modélise une bobine réelle
seuil Vs de la diode : (L, R) en série avec un condensateur réel (C, R) ini-
u′  V s ; i ′ = 0 ; i ′  0 : u′ = V s . tialement déchargé. On a la propriété :
L
τ = ---- = RC.
Ex. 15 Établissement et rupture dans R
un « circuit parallèle » R L i
On considère le montage schématisé ci-dessous.








R i1 R bobine réelle
E R C u

E u1 L C u




condensateur réel
K i
a) Déterminer l’évolution de la tension u (t ) aux bornes
du condensateur lorsque le circuit est branché, à t = 0,
a) Pour t  0, le condensateur est déchargé. On a : sur un générateur de tension E. Représenter u (t ).
L
τ = ---- = RC. b) Peut-on prévoir le régime permanent sans calcul ? Si
R
oui, déterminer U, tension aux bornes du condensa-
À l’instant t = 0, on ferme l’interrupteur K.
teur, et I, courant dans la bobine, en régime permanent.
Établir i (t ) et u (t ) pour t  0.
Déterminer le régime permanent I de courant dans la
bobine et le régime permanent U de tension aux bor- Ex. 18 Circuit avec deux condensateurs
nes du condensateur. Le circuit schématisé ci-après comporte deux résis-
b) Le régime permanent est établi. À l’instant t = 0, tances R et deux condensateurs de capacité C, initia-
on ouvre K. Déterminer i (t ) et u (t ) pour t  0. lement déchargés. À l’instant t = 0, on le branche sur

136
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 137 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

un générateur de tension E. Déterminer u(t). Quel est T


le facteur de qualité Q du montage ? On pose τ = RC. b) Déterminer u(t) pour t ∈ 0 ; ---- . En déduire u 0 .
2
R R On suppose que le condensateur est déchargé à t = 0
K i (v0 = 0).
T
c) Déterminer u(t) pour t ∈ ---- ; T . En déduire v1.
2
E C v C u d) Étudier u(t) pour t ∈ [ nT ; ( n + 1 ) T ] en décom-
posant l’intervalle en deux parties et obtenir un en
fonction de vn et vn + 1 en fonction de un . Nous avons
ainsi défini la double loi de récurrence.
e) On admet que la suite { u n } tend vers une limite U
et la suite { v n } vers une limite V. Déterminer U et V.
Tracer alors l’allure du régime oscillatoire permanent
Niveau 3 u(t).

Ex. 19 Alimentation d’un condensateur


Ex. 20 Oscillateur de relaxation
par une tension créneau
Une ampoule au néon est placée en parallèle sur le
Le condensateur de capacité C est alimenté par condensateur d’un circuit RC. La lampe au néon pré-
l’intermédiaire d’une résistance R grâce à un généra- sente la particularité de ne s’allumer que si la tension
teur délivrant une tension créneau e(t) vérifiant la entre ses bornes atteint la valeur Va , dite tension
propriété suivante (n ∈ ) : d’allumage. En revanche, elle reste allumée tant que
T la tension à ses bornes est supérieure à Ve  Va ; Ve
• si t ∈ nT ; n T + ---- , e ( t ) = E ;
2 est appelée tension d’extinction.
La lampe éteinte ne conduit pas le courant ; elle est
T
• si t ∈ nT + ---- ; ( n + 1 ) T , e ( t ) = 0. équivalente à un interrupteur ouvert.
2
La lampe allumée est équivalente à une résistance r.
i Le condensateur étant initialement déchargé, on
ferme l’interrupteur K.
R K i
e(t) C u
R
E C u N
e (V )

E a) À quelle condition la lampe s’allume-t-elle ?


Décrire u ( t ) entre l’instant t = 0 et l’instant d’allu-
mage t a. Déterminer t a.
b) La lampe étant allumée, comment évolue u ( t ) ?
0 T T 3T 2T t (s ) À quelle condition la lampe s’éteint-elle ?
---- --------
2 2 c) Les deux conditions précédentes étant vérifiées,
La tension u(t) aux bornes du condensateur évolue en décrire l’évolution de u ( t ). Faire apparaître une
permanence. Nous allons étudier les premières phases période T décrivant cette évolution.
de cette évolution pour essayer d’en tirer une loi, puis
nous regarderons le régime oscillatoire permanent. Ex. 21 Lissage du courant
Nous noterons u n la tension u  nT + ----  et vn la ten-
T 1) Déterminer la loi d’établissement du courant dans
 2
sion u(nT). une bobine d’inductance L à travers une résistance R.
Le générateur a une fém constante : e(t) = E.
a) Écrire l’équation d’évolution de la tension u dans
chaque intervalle de temps.
L
T
– pour t ∈ nT ; n T + ---- ;
2 e(t) R
T
– pour t ∈ nT + ---- ; ( n + 1 ) T ; K
2

137
Exercices
KA_MPSI.book Page 138 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Déterminer le temps nécessaire pour que le courant a) Déterminer l’équation différentielle vérifiée par
dans le circuit ne diffère pas de plus de 5 % de sa i (t ) pour chaque demi-période :
valeur finale. T T
2) Le générateur de tension e (t ) est maintenant pério- nT ; n T + ---- et nT + ---- ; ( n + 1 ) T .
2 2
dique, comme le précise sa loi d’évolution sur le
schéma ci-dessous. b) À l’instant t = 0, on a : i (t ) = 0. Représenter l’allure
de la courbe i (t ) sur les quatre premières périodes.
e (V ) c) On recherche le régime périodique permanent.
À l’instant nT, le courant est Im .
E T
À l’instant nT + ---- , le courant est IM .
2
À l’instant (n + 1)T, le courant vaut Im , etc.
0 T
---- T 3T 5T 7T
-------- 2T -------- 3T -------- 4T t (s ) Déterminer Im et IM . Tracer l’allure de i(t) en régime
2 2 2 2 permanent.

Indications
Ex. 1 Un des condensateurs est étudié en convention Ex. 9 a) Déduire la valeur de la résistance de celle de
générateur, l’autre en convention récepteur. la pseudo-pulsation ω du circuit.

Ex. 10 Déterminer l’extremum de la fonction u R″ (t).


Ex. 3 En régime permanent, un condensateur se com-
porte comme un interrupteur ouvert. Ex. 11 Faire attention aux conditions initiales por-
tant sur la tension aux bornes du condensateur.

Ex. 5 c) Utiliser la conservation de l’énergie dans le Ex. 14 a) La diode court-circuite le moteur quand
circuit électrique. on ouvre l’interrupteur.
b) L’équation n’est valable que pour i  0.
Ex. 6 En régime permanent, une bobine se comporte Ex. 20 Si les deux conditions sont réalisées, la lampe
comme un fil. s’allume et s’éteint périodiquement (oscillateur de
relaxation).

138
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 139 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Solution des exercices

Solutions des exercices


Exercices de niveau 1
Exercice 1

a) • L’intensité i du courant dans le circuit s’écrit :


du′ du du′ du
i = C′ -------- = – C ------, soit : C′ -------- + C ------ = 0.
dt dt dt dt

Le condensateur C est étudié en convention générateur : il ne faut pas oublier le signe « – » dans l’expression de i .

En intégrant, on obtient : C′u′ + Cu = cte. Or, à t = 0, on a : u′ = 0 et u = U 0 , d’où :


C′u′ + Cu = CU 0 .
• La loi des mailles donne :
C′ du′
u = Ri + u′, soit : U 0 – ------ u′ = RC′ -------- + u′.
C dt
L’équation différentielle vérifié par u′ est alors :
RCC′ du′ CU 0
-.
----------------- -------- + u′ = ----------------
C + C′ dt C + C′
RCC′ CU 0
La constante de temps est τ = ----------------- et la solution particulière constante est u 2′ = ----------------- .
C + C′ C + C′

La constante de temps τ n’apparaît que si l’équation est écrite sous sa forme canonique, c’est-à-dire si le coeffi-
cient de u′ est égal à 1.

La solution générale de cette équation différentielle est :


CU 0 t
– -- RCC′
u′ = u 1′ + u 2′ = ----------------
- + Ae τ , avec τ = ----------------- .
C + C′ C + C′
La tension aux bornes du condensateur est continue, d’où :
CU 0 CU 0
u′ ( t = 0 ) = 0 = ----------------
- + A, soit : A = – ----------------- .
C + C′ C + C′
La loi d’évolution de la tension u′ s’écrit :
CU 0  – -- 
t
RCC¢
u¢ ( t ) = -----------------  1 – e t  , avec t = – ----------------- .
C + C¢ C + C¢
On en déduit donc :

C′ U0  – -- 
t
u ( t ) = U 0 – ------ u′ ( t ) = -----------------  C + C¢e t  .
C C + C¢

La tension u′ croît au cours du temps, alors que la tension u décroît, ce qui est normal, car le condensateur C se
décharge dans le condensateur C′.
b) L’intensité i du courant vaut alors :

du′ CU 0 1 – -t- U 0 – -t-


i = C′ -------- = C′ × ----------------- × --- e τ , soit : i ( t ) = ------- e t .
dt C + C′ τ R

139
Exercices
KA_MPSI.book Page 140 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

c) • L’énergie dissipée par effet Joule dans la résistance R vaut :


2 2 2t +∞ 2
t → +∞ U0 +∞ – 2 t U 0 τ e– ----τ- τU 1 CC ¢ 2
∫t = 0 ∫
-----
J = Ri 2 dt = ------- e τ d t = ------- – ------------- = ---------0- = --- ----------------- U 0 .
R 0 R 2 0
2R 2 C + C¢
• La loi des mailles donne pour t  0 : u = Ri + u′.
du′ du
On multiplie les deux membres de l’égalité par i = C′ -------- = – C ------ :
dt dt

ui = – -----  --- Cu 2 = Ri 2 + -----  --- C′u′ 2 ,


d 1 d 1
dt  2  dt  2 

Ri 2 = – -----  --- Cu 2 + --- C′u′ 2 .


d 1 1
d’où :
dt  2 2 

puissance Joule variation de l’énergie des


dissipée dans R condensateurs au cours
du temps

du ′
On a : ui = – Cu ------ = – -----  --Cu 2 et u′i = C′u ′ --------- = -----  --C′u ′ 2 .
du d 1 d 1
dt dt  2  dt dt  2 

On intègre chaque terme de l’égalité précédente sur la durée de la décharge de C dans C′ :


+∞ +∞
-----  --- Cu 2 + --- C′u′ 2 .
d 1 1
∫0 Ri 2 dt = – ∫0 dt  2 2 
 J = – ( ∆ elec + ∆ elec
′ ).
La variation de l’énergie électrostatique des condensateurs vaut :
CU 0 2 1
∆ elec = --- Cu ( ∞ ) 2 – --- Cu ( 0 ) 2 = --- C  ----------------- – --- CU 0 .
1 1 1 2
2 2 2 C + C′
 2
CU 0 2
= --- Cu′ ( ∞ ) 2 – --- Cu′ ( 0 ) 2 = --- C  ----------------- .
1 1 1

∆ elec
2 2 2  C + C′

La variation de l’énergie électrostatique emmagasinée dans le condensateur C est négative, car celui-ci fournit de
l’énergie au circuit.
On en déduit donc :
CU 0 2 1 CU 0 2
 J = – --- C  ----------------- + --- CU 0 – --- C′  ----------------- = --- CU 0  1 – ----------------- = --- -----------------U 0 .
1 2 1 1 2 C 1 CC¢ 2
2  C + C′ 2 2  C + C′ 2  C + C′ 2 C + C¢
On retrouve bien le résultat précédent.

Exercice 2

a) Paramétrons le circuit comme l’indique le schéma ci-dessous :


E
i1

R3  R2  R1

i3 i2

140
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 141 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• La loi des nœuds donne :


du
i 1 + i 2 = i 3 , avec i 1 = C ------ .
dt
Le circuit comporte deux mailles indépendantes pour lesquelles on peut écrire :

 maille 1 : E = R 2 i 2 + R 3 i 3 = ( R 2 + R 3 ) i 2 + R 3 C d u
------
 dt

 maille 2 : R i = R i + u = R C d u
 2 2 1 1 1 ------ + u .
dt
Reportons alors i2 dans l’égalité obtenue pour la maille 1 :
( R 2 + R 3 )R 1 du R 2 + R 3 R 3 R 1 du R 2 + R 3
- + R 3 C ------ + -------------------- u = R 1 + R 3 + -------------
E = ------------------------------- - C ------ + -------------------- u.
R2 dt R2 R2 dt R2

L’équation différentielle vérifiée par la tension u s’écrit donc :


( R 1 + R 3 )R 2 + R 3 R 1 du R2
----------------------------------------------------C ------ + u = -------------------
- E,
R2 + R3 dt R2 + R3

ou sous sa forme « canonique » :


R 1 R 2 + R 1 R 3 + R 2 R 3 du R2
------------------------------------------------------- C ------ + u = -------------------
- E.
R2 + R3 dt R2 + R3
R1 R2 + R1 R3 + R2 R3
La constante de temps est τ = ------------------------------------------------------- C et la solution particulière constante vaut
R2 + R3
R2
u 2 = -------------------- E.
R2 + R3

La constante de temps τ n’apparaît que si l’équation est écrite sous sa forme canonique, c’est-à-dire si le coeffi-
cient de u est égal à 1.
Compte tenu des conditions initiales ( u ( 0 ) = 0 ), nous obtenons :

R2 t R1 R2 + R1 R3 + R2 R3
u ( t ) = -------------------- E  1 – e t  , avec
– --
t = -------------------------------------------------------- C.
R2 + R3   R2 + R3
R2
La tension maximale est obtenue pour t → + ∞ : u max = -------------------- E.
R2 + R3

• En régime permanent, nous avons u = u max = cte, d’où : i 1 = 0 et i 2 = i 3 . La tension umax vaut :
E R2
u max = R 2 i 2 avec i 2 = -------------------- , d’où : u max = -------------------- E.
R2 + R3 R2 + R3

En régime permanent, le condensateur se comporte comme un interrupteur ouvert.

b) L’étude correspond à la décharge d’un condensateur initialement chargé sous la tension umax à tra-
vers une résistance R = R1 + R2 .
La constante de temps vaut τ′ = ( R 1 + R 2 )C et nous avons alors :

t R2 – ---t-
– ----
u ( t ) = u max e τ′ = -------------------- Ee t′ , avec t¢ = ( R 1 + R 2 )C.
R2 + R3

Pour plus de détails se reporter au § A. 2 du cours (décharge du condensateur).

141
Exercices
KA_MPSI.book Page 142 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercice 3

En régime permanent, les tensions aux bornes des condensateurs sont constantes et les courants qui y circulent
sont nuls (les condensateurs se comportent comme des interrupteurs ouverts).
a) Tout le courant passant dans R1 passe dans R2 comme si R1 iC = 0
i
le condensateur n’était pas présent. D’après le théorème de
division de tension, on a : i
R2 u
u = -------------------- E. E R2 C
R1 + R2

i iC = 0 R2

b) Le courant dans R2 est nul. La tension u se retrouve entiè- i


rement aux bornes de R1. On a donc :
E R1 C u
u = E.

u
i=0

c) Aucun courant ne passe dans R1 et R2. La tension aux C


bornes du dipôle équivalent est alors nulle et on a : E R1 R2
u = E.

u1
d) Comme les courants dans C1 et C2 sont nuls, tout le cou-
rant passant dans R1 passe dans R2 comme si aucun conden-
sateur n’était présent. D’après le théorème de division de i C1 = 0 C1 i C2 = 0
i
tension, on a :
i R1 i
ER 1 ER 2
u 1 = -------------------- et u 2 = -------------------- .
R1 + R2 R1 + R2 E R2 C2 u2

u1
e) Comme la tension u2 est constante, le courant dans R2 est i=0
nul. La tension u2 se retrouve alors aux bornes de R1.
Comme la tension u1 est constante, le courant dans R1 est nul C1 R2
et on a : E R1 C2 u2
u2 = 0 et u1 = E.

R1 iC2 = 0 R2
i=0

f) Les tensions u1 et u2 sont constantes. Aucun courant ne i C1 = 0


circule et on a alors :
u1 = u2 = E. E C1 u1 C2 u2

142
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 143 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercice 4

Notons R la résistance du voltmètre et C la capacité du condensateur. La tension aux bornes du


t
– --
condensateur évolue suivant la loi u ( t ) = U 0 e τ , avec τ = RC (décharge d’un condensateur dans
une résistance).
Nous en tirons :
U0
--------- = ln  ---------- , d’où : R = -------------------------- .
t t
RC  u ( t ) U0
C ln  ----------
 u ( t )

Cette relation est valable quel que soit l’instant t considéré.

200
A.N. R = ------------------------------------------------- = 1,05 ⋅ 10 7 Ω = 10,5 MΩ .
47 ⋅ 10 –6 × ln  --------
4,5
 3 

Exercice 5

a) La loi des mailles donne l’équation différentielle vérifiée par l’intensité i du courant :
di L di E
L ----- + Ri = E, soit : ---- ----- + i = ---- .
dt R dt R
Lors de l’établissement du courant dans la bobine, l’intensité i suit la loi d’évolution :
E – -- 
t
L
i ( t ) = ----  1 – e τ  , avec τ = ---- .
R R
La tension aux bornes de la résistance R a pour expression :
 – -- 
t  – ------ 
Rt
u R = Ri = E  1 – e τ  = E  1 – e L  .
On en déduit la valeur de l’inductance L :
u
------ = – ln  1 – -----R- , d’où : L = – ---------------------------- = 50 mH .
Rt Rt
L  E u
ln  1 – ------R-
 E

Cette relation est valable quel que soit l’instant t considéré.

b) L’énergie magnétique stockée dans la bobine à l’instant t vaut :


1 L
 mag = --- Li ( t ) 2 = ---------2-u R ( t ) 2 .
2 2R
Comme l’énoncé indique la valeur de uR pour t = 2 ms, il est plus rapide d’utiliser cette donnée que l’expression de
i trouvée à la question précédente.
50 ⋅ 10 –3 × 2,7 2
A.N.  mag = --------------------------------------- = 0,81 mJ .
2 × 15 2
c)
On applique la méthode n° 3 au circuit étudié. Le calcul direct de l’énergie dissipée par effet Joule est plus long.

L’énergie fournie par le générateur entre l’instant t = 0 et l’instant t vaut :


Rt t Rt
t E2 t  – ------ 
Rt
E2 L – -----
- E2 L  – ------ 
g = ∫ 0
Ei ( t )dt = ------
R ∫ 0
 1 – e L  dt = -----
R
- t + ---
R
- e L
0
= ------ t + ----  e L – 1 .
R R
A.N.  g = 1,19 mJ .

143
Exercices
KA_MPSI.book Page 144 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

D’après la loi de conservation de l’énergie dans le circuit, l’énergie dissipée par effet Joule dans la
résistance R entre l’instant t = 0 et l’instant t = 2 ms vaut donc :
 J =  g –  mag = 0,38 mJ .

Exercice 6

En régime permanent, le courant est constant, la tension aux bornes de chaque bobine est donc nulle (une bobine
se comporte comme un fil).
R1
i i
a) La tension aux bornes de R2 est nulle. i R2 = 0
Tout le courant passe donc dans l’inductance :
E E R2
i = ------- .
R1

R1
i1 i
b) Comme la tension aux bornes de L est nulle, les résistances R2
et R3 sont en parallèle. D’après la loi des mailles, le courant prin-
cipal i1 vaut :
E E R2 R3
i 1 = --------------------------------- .
R2 R3
R 1 + ------------------- -
R2 + R3
En appliquant le théorème de division de courant, on obtient :
R2 R2 E
i = -------------------- i 1 , soit : i = -------------------------------------------------------- .
R2 + R3 R1 R2 + R1 R3 + R2 R3
c) Les deux bobines se comportent comme des fils. On a donc i1 i2
simplement :
E R1 + R2
i 2 = ------- et i 1 = -------------------- E. R1
R2 R1 R2 E R2

d) Les deux bobines se comportent comme des fils. On a donc R1 R2


i1
simplement :
E
i 2 = 0 et i 1 = ------- .
R1
E i1 i2 = 0

Exercice 7 i

a) Dans le circuit LC, les caractéristiques du condensateur et de la bobine


s’écrivent : C u L
du di
i = – C ------ et u = L ----- .
dt dt
Le condensateur C est étudié en convention générateur : il ne faut pas oublier le signe
« – » dans l’expression de i.
L’équation différentielle du second ordre vérifiée par u et donc :
d2u d2u
u = – LC --------2-, soit : LC ---------2- + u = 0.
dt dt

144
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 145 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

b) • La solution générale de l’équation différentielle s’écrit :


1
u ( t ) = A cos ( ω 0 t ) + B sin ( ω 0 t ), avec ω 0 = ------------ .
LC
Les conditions initiales à l’instant t = 0 sont :
 u ( 0 ) = U0 ⇒ A = U0

 du i(0)
 ------ ( 0 ) = – ---------- = 0 ⇒ B = 0.
 dt C

L’équation différentielle étant du second ordre, il faut deux conditions initiales pour déterminer les constantes
d’intégration.
La loi d’évolution de la tension u est donc :

u ( t ) = U 0 cos  ------------- .
t
 LC

• La fréquence des oscillations du circuit LC est :


w 1
f 0 = -----0- = -------------------- = 318 Hz .
2p 2p LC
L’amplitude de la tension est : U0 = 6 V.
1 2π
On a l’égalité : f = --- = ------ .
T ω
c) La loi d’évolution de l’intensité i du courant est :
du C
i ( t ) = – C ------- = U 0 ---- sin ( w 0 t ) .
dt L
L
L’amplitude de l’intensité est : I 0 = U 0 ---- = 20 mA .
C
d) • L’énergie électrostatique emmagasinée dans le condensateur à l’instant t vaut :

 elec = --- Cu ( t ) 2 = --- CU 0 cos2  ------------- .


1 1 2 t
2 2  LC

• L’énergie magnétique emmagasinée dans la bobine à l’instant t vaut :

 mag = --- Li ( t ) 2 = --- CU 0 sin2  ------------- .


1 1 2 t
2 2  LC

• L’énergie totale stockée dans le circuit à l’instant t vaut :


1 2
 tot =  elec +  mag = --- CU 0 .
2

L’énergie totale stockée dans le circuit est égale à l’énergie initiale du condensateur. En l’absence de résistance,
cette énergie reste constante car il n’y a pas de perte par effet Joule.

Exercice 8 i

a) Les notations utilisées sont indiquées sur le schéma ci-contre. La loi des
mailles donne : L
di du C u
u = L ----- + Ri, avec i = – C ------ .
dt dt
R
Le condensateur C est étudié en convention générateur : il ne faut pas oublier le signe
« – » dans l’expression de i.

145
Exercices
KA_MPSI.book Page 146 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

L’équation différentielle du second ordre vérifiée par u est donc :


d2u du
LC ---------2- + RC ------- + u = 0.
dt dt
b)

On applique la méthode n° 1 au circuit étudié.

– Le polynôme caractéristique associé à l’équation différentielle est :


LCr 2 + RCr + 1 = 0.
Le discriminant vaut ∆ = 0 (régime critique). On en déduit :
L
∆ = R 2 C 2 – 4LC = 0, soit R = 2 ---- = 100 W .
C
Le polynôme caractéristique admet la racine double :
R 1
r = – ------- = – ------------ = – ω 0 .
2L LC
– La solution générale de l’équation différentielle est donc :
1
u ( t ) = ( At + B )e –ω0 t , avec ω 0 = ------------ .
LC
On détermine les constantes A et B grâce aux conditions initiales :
 u ( 0 ) = U0 ⇒ B = U0

 du i(0)
 ------ ( 0 ) = – ---------- = 0 ⇒ A – ω 0 B = 0, d’où : A = U 0 ω 0 .
 dt C

L’équation différentielle étant du second ordre, il faut deux conditions initiales pour déterminer les constantes
d’intégration.
– La loi d’évolution de la tension u est donc :
1
u ( t ) = U 0 ( w 0 t + 1 )e – w0 t , avec ω 0 = ------------ .
LC
L’allure de la courbe u ( t ) est :
u
U0

t
0 1
------
ω0
c) • La loi d’évolution de l’intensité i est :
du U0
i = – C ------ = CU 0 ω 0 t e –ω0 t , soit : i ( t ) = ------- te – w0 t .
2
dt L
En régime critique, l’intensité i croît au début de la décharge du condensateur, puis décroît jusqu’à
s’annuler. Le maximum de i est donné par :
di U0 U0 1
----- = ------- e –ω0 t – ------- ω 0 t e –ω0 t = 0, soit : t = ------ .
dt L L ω0

146
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 147 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

di d2u
D’après la relation entre i et u, ----- = 0 ⇔ -------2- = 0. Le maximum de i est donc point d’inflexion pour u.
dt dt

i
U0
-------------
-
Lω 0 e

t
O 1 2
------ ------
ω0 ω0

d) L’énergie électrostatique initialement emmagasinée dans le condensateur est entièrement dissipée


par effet Joule dans la résistance :
1 2
 J = --- CU 0 = 180 m J .
2

L’énergie magnétique emmagasinée dans la bobine est nulle au début et à la fin de la décharge du condensateur
( i ( 0 ) = 0 et i ( ∞ ) = 0 ).

Exercice 9

a)

Pour un raisonnement complet, se reporter à la question a) et au début de la question b) de l’exercice 8.

En régime pseudo-périodique, le discriminant ∆ du polynôme caractéristique est négatif. Celui-ci


admet donc deux racines complexes conjuguées :

– R′C ± j 4LC – R ′ 2 C 2 R′ 1 R′2


r = ------------------------------------------------------------------- = – ------- ± j -------- – ---------2- .
2LC 2L LC 4L
La pseudo-pulsation ω du circuit vaut alors :
1 R′ 2 2π 1 4p 2 .
ω = -------- – ---------2- = ------, d’où : R¢ = 2L -------- – --------
-
LC 4L T LC T 2
A.N. R¢ = 77,8 W .

Les racines du polynôme caractéristique s’écrivent : r = λ ± j ω , où λ est le facteur d’amortissement du circuit


et ω sa pseudo-pulsation.

b) La solution générale de l’équation différentielle est de la forme :


R′
– -------t
u ( t ) = ( A cos ( ωt ) + B sin ( ωt ) )e 2L .

On détermine les constantes A et B grâce aux conditions initiales :


 u ( 0 ) = U0 ⇒ A = U0

 du i(0) R′ R′U
 ------ ( 0 ) = – ---------- = 0 ⇒ ωB – -------A = 0, d’où : B = -------------0- .
 dt C 2L 2Lω
Numériquement : A = 6 ; B = 7,43 ; ω = 1 257 rad · s–1.
La loi numérique d’évolution de la tension u est donc :
u ( t ) = 6e –1 556 t ( 6 cos ( 1 257 t ) + 7,43 sin ( 1 257 t ) ) , avec t en s et u en V.

147
Exercices
KA_MPSI.book Page 148 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercice 10

Le montage est identique à celui des exercices 8 et 9. Pour un raisonnement complet, se reporter à la question a)
et au début de la question b) de l’exercice 8.
• En régime apériodique, le discriminant ∆ du polynôme caractéristique est positif. Celui-ci admet
donc deux racines réelles :
R″ R″ 2 1 R″ R″ 2 1
r 1 = – ------- + ---------2- – -------- et r 2 = – ------- – ---------2- – -------- .
2L 4L LC 2L 4L LC

Les racines du polynôme caractéristique s’écrivent : r = – λ ± ω , où λ est le facteur d’amortissement du circuit


et ω = λ 2 – ω 20 .

La solution générale de l’équation différentielle est de la forme :


u ( t ) = Ae r1 t + Be r2 t .
On détermine les constantes A et B grâce aux conditions initiales :
 r2
 u ( 0 ) = U0 ⇒ A + B = U0  A = --------------- U 0
  r 2 – r1
 du i(0) ⇒
 ------ ( 0 ) = – ---------- = 0 ⇒ Ar 1 + Br 2 = 0  r1
 dt C  B = – r--------------
– r1 0
-U
 2

La loi d’évolution de la tension u est :


U0
u ( t ) = --------------- ( r 2 e r1 t – r 1 e r2 t ).
r2 – r1
• La tension aux bornes de la résistance R″ a pour expression :
du R″CU 0 r 1 r 2
u R″ = R″i = – R″C ------ = ------------------------------ ( e r2 t – e r1 t ).
dt r2 – r1
La tension est maximale lorsque la dérivée de u R″ s’annule, c’est-à-dire à l’instant t0 tel que :
r 2 e r2 t0 – r 1 e r1 t0 = 0.
En posant : r 1 = – λ + ω et r 2 = – λ – ω, l’équation à résoudre devient :
– ( λ + ω )e –ωt0 + ( λ – ω )e ωt0 = 0,
d’où en introduisant les fonctions hyperboliques :
ω 1
2λsh ( ωt 0 ) – 2ωch ( ωt 0 ) = 0, soit : th ( ωt 0 ) = ---- = -------------------- .
λ 2
ω
1 + -----02-
ω
Les fonctions hyperboliques sont définies par :
e x – e –x e x + e –x sh ( x )
sh ( x ) = ------------------ ; ch ( x ) = ------------------ ; th ( x ) = -------------.
2 2 ch ( x )
La résolution numérique de cette équation en ω donne : ω = 4 027 rad · s –1 .

Graphiquement, on détermine l’abscisse du point d’intersection des courbes (avec X = 10 –3 ω ) :


1
Y 1 = th ( 0,36X ) et Y 2 = ------------------ .
4
1 – -----2
X
La résistance R″ s’obtient alors par la relation :
R″ 2 2
λ = ------- = ω 2 + ω 0 , soit : R≤ = 2L w 2 + w 0 = 225 W .
2L

148
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 149 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercices de niveau 2

Exercice 11
du
1) a) Quand l’interrupteur est fermé, il circule le courant : i = C ------ . La tension aux bornes de la
dt
du .
résistance vaut : u R = Ri = RC ------ La loi des mailles nous donne alors :
dt
du
E = u + RC -------, avec τ = RC.
dt
b) – La solution particulière constante de l’équation différentielle est : u 2 = E.
t
– --
– La solution de l’équation homogène est : u 1 = Ae τ .
– La solution générale de l’équation différentielle est donc :
t
– --
u = u 1 + u 2 = E + Ae τ , avec τ = RC.
– La tension aux bornes du condensateur est continue, d’où :
u ( t = 0 ) = U 0 = E + A, soit : A = U 0 – E.
La loi d’évolution de la tension u s’écrit donc :
t
– --
u ( t ) = E + ( U 0 – E )e t , avec t = RC.
c) L’allure de la courbe est la suivante (cas U 0  E et cas U 0  E ) :

u u
U0
E

U0 E

0 τ t 0 τ t

Si la fém E du générateur est supérieure à la tension initiale U0 du condensateur, celui-ci se charge ; si la fém E du
générateur est inférieure à la tension initiale U0 du condensateur, celui-ci se décharge.

d) L’intensité i ( t ) du courant est :

du U 0 – E – -t- E – U 0 – -t-
i ( t ) = C ------ = – C -----------------e τ = ----------------- e t .
dt τ R
e) L’énergie dissipée par effet Joule au cours de la charge vaut :
+∞ (E +∞
t → +∞ +∞ – U 0 ) 2 – 2-----t τ ( E – U 0 ) 2 – 2----τ-t
J = ∫t =0  J dt = ∫0 Ri( t )2dt = ∫0 R
- e τ d t = – --- ------------------------
------------------------
2 R
- e
0

1
= --- C ( E – U 0 ) 2 .
2

Comme la loi d’évolution de l’intensité est exponentielle, le calcul direct est assez simple.

149
Exercices
KA_MPSI.book Page 150 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

f) • La loi des mailles donne pour t  0 : E = Ri + u.

On applique la méthode n° 3 au circuit étudié.


du
On multiplie les deux membres de l’égalité par i = C ------ :
dt

Ei = CE ------ = Ri 2 + -----  --- Cu 2 .


du d 1
dt dt  2 

puissance puissance Joule variation de l’énergie du


fournie par dissipée dans R condensateur au cours
le générateur du temps

• On intègre chaque terme de l’égalité précédente sur la durée de la charge.


– L’énergie fournie par le générateur vaut :
+∞ E
g = ∫0 Eidt = ∫U CEdu = CE ( E – U0 ).
0

– La variation de l’énergie électrostatique contenue dans le condensateur vaut :


+∞
-----  --- CU 2 dt = --- CE 2 – --- CU 0 .
d 1 1 1
∫0
2
∆ elec =
dt  2  2 2
– L’énergie dissipée par effet Joule vaut :
+∞
J = ∫0  J dt.

• La conservation de l’énergie dans le circuit donne :


1 1 2 1
 J =  g – ∆E elec = CE ( E – U 0 ) – --- CE 2 – --- CU 0 = --- C ( E – U 0 ) 2 .
2 2 2
On retrouve bien le résultat précédent.
2) a) On paramètre, pour t  0, le circuit comme le précise le schéma ci-dessous :

i R i R′
K

iC

E C u R′

du u
On a : i C = C ------ et i R′ = ------ , d’où d’après la loi des nœuds :
dt R′
du u
i = i C + i R′ = C ------ + ------ .
dt R′
La loi des mailles donne alors l’équation différentielle :

E = Ri + u, d’où : E = RC ------- +  ------ + 1 u.


du R
dt  R¢ 
RR′
b) La constante de temps du circuit est : τ′ = ---------------- C.
R + R′

Pour la mettre en évidence, il faut récrire l’équation différentielle sous la forme canonique :
RR′ du R′
-------------- C ------ + u = -------------- E.
R + R′ dt R + R′

150
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 151 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

La solution particulière constante de l’équation est :


t
R′ R′ – ----
u 2 = ---------------- E, d’où : u ( t ) = ---------------- E + A′e τ′ .
R + R′ R + R′
R
À l’instant t = 0, u ( 0 ) = E, soit : A′ = ---------------- E.
R + R′
La loi d’évolution de la tension u s’écrit donc :
t
E – ----- RR¢
u ( t ) = ----------------- R¢ + Re t ¢ , avec t¢ = ----------------- C.
R + R¢ R + R¢
L’allure de la courbe est la suivante :
u
E

R′
---------------- E
R + R′

0 τ′ t

c) Comme à la question 1) f ), on a toujours l’équation :

ui = ui C + ui R′ = -----  --- Cu 2 + R′i R′ .


d 1 2
Ei = Ri 2 + ui, avec
dt  2 

2
La tension aux bornes de la résistance R′ vaut en effet : u = R′i R′ , d’où : ui R′ = R′i R′ .

On obtient donc l’égalité :

Ei = R i 2 + R ′ i R ′ + -----  --- C u 2 .
2 d 1
dt  2 

puissance puissance Joule puissance Joule variation de l’énergie


fournie par le dissipée dans R dissipée dans R′ du condensateur
générateur au cours du temps

La puissance fournie par le générateur est dissipée par effet Joule dans les résistances R et R′ et sert
à faire varier l’énergie emmagasinée dans le condensateur.

On pourrait calculer tous les termes intervenant dans ce bilan et les intégrer pour obtenir les énergies correspon-
dantes, car on connaît u et i (donc i R′ ).

Exercice 12

a) L’interrupteur K′ étant ouvert, le circuit est un circuit RL alimenté par un générateur de fém E.
La loi d’évolution de l’intensité i lors de l’établissement du courant dans la bobine est alors :
t
E – --  L
i ( t ) = ----  1 – e t  , avec t = ---- .
R R
Lorsque le régime permanent est atteint, le courant dans la bobine est constant et la tension à ses
bornes est nulle. On a donc :
E
I = ---- .
R

151
Exercices
KA_MPSI.book Page 152 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

b) Quand l’interrupteur K′ est fermé, la résistance équivalente branchée en série avec l’inductance
L est :
RR′ L di E
R eq = ----------------, d’où : -------- ----- + i = -------- .
R + R′ R eq dt R eq
La solution générale de cette équation différentielle s’écrit :
t
E – ---- L
i ( t ) = -------- + Ae τ′ , avec τ′ = -------- .
R eq R eq
Le courant dans la bobine est continu, donc à t = 0, on a :
E E E E E
i ( 0 ) = I = ---- = -------- + A, d’où : A = ---- – -------- = – ------ .
R R eq R R eq R′
La loi d’évolution de l’intensité i est alors :
t t
E ( R + R¢ ) E – ---- L ( R + R¢ )
i ( t ) = E  ---- + ------ – ------ e τ = --------------------------- – ------ e t¢ , avec
1 1 E – --
t¢ = -------------------------- .
 R R′ R′ RR¢ R¢ RR¢
En régime permanent, l’intensité devient :
E ( R + R¢ )
I¢ = E  ---- + ------ = --------------------------- .
1 1
 R R′ RR¢

Exercice 13

a) On note i2 le courant dans la résistance R2. D’après la loi des nœuds, la résistance R3 est donc
traversée par le courant i + i 2 .

R3  R2  R1

i2 L i

i + i2

La loi des mailles donne le système suivant :

 maille 1 : E = R 2 i 2 + R 3 ( i + i 2 )

 di .
 maille 2 : R 2 i 2 = R 1 i + L ----
d
-
t

En reportant i2 de la deuxième équation dans la première, on obtient l’équation différentielle vérifiée
par l’intensité i :
( R2 + R3 )
E = R 3 i + ------------------------  R 1 i + L ----- .
di
R2  dt
R 1 R 3 ( R 2 + R 3 )L di
E =  R 1 + R 3 + -------------
- i + ----------------------------- ----- .
 R2  R2 dt
( R 2 + R 3 )L di R2 E
------------------------------------------------------ -.
- ----- + i = ------------------------------------------------------
R 1 R 2 + R 1 R 3 + R 2 R 3 dt R1 R2 + R1 R3 + R2 R3

152
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 153 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

( R 2 + R 3 )L
La constante de temps est τ = ------------------------------------------------------
- et la solution particulière constante (régime
R1 R2 + R1 R3 + R2 R3
permanent) vaut :
R2 E
I = -------------------------------------------------------- .
R1 R2 + R1 R3 + R2 R3
Compte tenu des conditions initiales ( i ( 0 ) = 0 ), on obtient donc :
t
 – -- 
i(t) = I 1 – e t  .

b) • Quand on ouvre l’interrupteur K, l’équation différentielle vérifiée par i devient :


L di
-------------------- ----- + i = 0.
R 1 + R 2 dt
Compte tenu des conditions initiales ( i ( 0 ) = I ), on obtient donc :
t
– ---- L
i = Ie t¢ , avec t¢ = -------------------- .
R1 + R2

1
• L’énergie magnétique initialement emmagasinée dans la bobine est : --- LI 2 .
2
Le circuit ne comporte pas de générateur. Au cours de l’arrêt du courant, l’énergie magnétique de la
bobine est entièrement dissipée par effet Joule dans les résistances R1 et R2.
R2 E 2
 J = --- LI 2 = --- L  -------------------------------------------------------- .
1 1
2 
2 R1 R2 + R1 R3 + R2 R3 

Un raisonnement physique simple permet de répondre à la question posée sans aucun calcul.

Exercice 14

a) La diode joue le rôle de court-circuit. La loi des mailles donne l’équation différentielle vérifiée par
l’intensité i :
di L di
L ----- + Ri = 0 ou ---- ----- + i = 0.
dt R dt

Compte tenu des conditions initiales  i ( 0 ) = I = ---- , on obtient donc :


E
 R
t
E – -- L
i ( t ) = ----e t , avec t = ---- .
R R

Si K est ouvert, on a : i ′ = i  0. La diode est bien passante.

b) Quand on ouvre K, le courant i′ = i  0 circule dans la diode et la tension à ses bornes vaut
u′ = V S . La loi des mailles donne l’équation différentielle vérifiée par i :
L di V
---- ----- + i = – ------S , tant que i  0.
R dt R
La solution générale de cette équation s’écrit :
t
V – -- L
i = – ------S + Ae τ , avec τ = ---- .
R R

153
Exercices
KA_MPSI.book Page 154 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Le courant dans la bobine est continu, donc à t = 0, on a :


E V E + VS
i ( 0 ) = I = ---- = – ------S + A, d’où : A = ----------------- .
R R R
La loi d’évolution de l’intensité i est alors :
V E + V S – -t-
i ( t ) = – ------S- + ------------------ e t , tant que i  0.
R R

Le courant dans le circuit ne peut pas prendre de valeurs négatives. Il s’annule quand toute l’énergie magnétique
initialement emmagasinée dans la bobine a été dissipée dans le circuit.
L’intensité i du courant s’annule à l’instant t0 tel que :
t0
VS
= 0, d’où : t 0 = – τ ln  ----------------- = t ln  1 + ------- .
– ----
τ E
– V S + ( E + V S )e
 E + V S  V S
Pour t  t 0 , le courant reste nul. On peut représenter l’évolution de l’intensité i au cours du temps :
i
E
I = ----
R

t
0 t0
VS
– ------
R

L’énergie magnétique de la bobine s’est dissipée par effet Joule dans la résistance R, mais aussi dans la diode qui
reçoit une puissance positive (quand i  0, on a : v ′i ′ = V S i  0 ).

Exercice 15

a) • Dans le circuit étudié, la loi des nœuds donne :


du
i 1 = i + C ------ (1)
dt
Le circuit comporte deux mailles indépendantes, d’où :
di
 maille de gauche : E = R i 1 + L ----- (2)
 dt

 maille de droite : L ----
di du
- = RC ------ + u (3)
 dt dt

On cherche à combiner les égalités (1), (2) et (3) pour obtenir l’équation différentielle vérifiée par u.

On reporte les égalités (1) et (3) dans l’égalité (2) :

E =  Ri + RC ------ +  RC ------ + u = Ri + 2RC ------ + u


du du du
(4)
 dt   dt  dt
On dérive l’égalité précédente et on utilise (3) :
d 2 u du d 2 u du
0 = R ----- + 2RC --------2- + ------ = ----  RC ------ + u + 2RC --------2- + ------ .
di R du
dt dt dt L  dt  dt dt

154
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 155 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

L’équation différentielle vérifiée par u s’écrit donc :


d2u du d 2 u 1 du u L
2t 2 ---------2- + 2t ------- + u = 0 ou ---------2- + --- ------- + -------2- = 0, avec τ = ---- = RC.
dt dt dt t dt 2t R

On applique la méthode n° 1 au circuit étudié.

• Le polynôme caractéristique est :


1 1 1
r 2 + --- r + --------2 = 0, avec ∆ = – ----2-  0.
τ 2τ τ
Le polynôme admet donc deux racines complexes conjuguées (régime pseudo-périodique) :
1 1
r = – ------ ± j ------ .
2τ 2τ
La solution générale de l’équation différentielle est de la forme :
t
A cos  ------ + B sin  ------ .
– ------ t t
u(t) = e 2τ
 2τ  2τ
À l’instant t = 0, les conditions initiales sont : u ( 0 ) = 0 et i ( 0 ) = 0. D’après la loi des mailles :
E du i1 ( 0 ) E E
i 1 ( 0 ) = -------, d’où : ------ ( 0 ) = -----------
- = ------------ = ------ .
2R dt C 2RC 2τ

À l’instant t = 0, tout le courant débité par le générateur traverse la branche contenant le condensateur.

On peut ainsi déterminer les constantes A et B :

 u ( 0 ) = 0 ⇒ A = 0.

 du E B E
 ------ ( 0 ) = ------ ⇒ ------ = ------ , d’où : B = E.
 dt 2τ 2τ 2τ

La loi d’évolution de la tension u s’écrit donc :


t
sin  ------ .
– ------ t
u ( t ) = Ee 2t
 2t
La loi d’évolution de l’intensité i se déduit de l’égalité (4) :
t
i ( t ) = ---- – ------ ------ – ---- = ---- 1 – cos  ------ e 2t .
E 2τ du u E t – ------
R R dt R R  2t
En régime permanent, on a donc :
E
u = 0 et I = ---- .
R

En régime permanent, la bobine se comporte comme un fil et court-circuite la branche contenant le condensateur.
Tout le courant débité par le générateur traverse donc la bobine.

b) À l’ouverture du circuit, on se ramène à l’étude d’un circuit RLC série R


du
avec i = – C ------ (le condensateur est en convention générateur).
dt
L’équation différentielle du second ordre vérifiée par la tension u est L C u
donc :
i
d2u du d 2 u 1 du u
LC --------2- + RC ------ + u = 0 ou --------2- + --- ------ + ----2- = 0.
dt dt dt τ dt τ

155
Exercices
KA_MPSI.book Page 156 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

L L
On a : τ = RC = --- , d’où : LC = --- × RC = τ 2 .
R R
Le polynôme caractéristique s’écrit alors :
r 1 3
r 2 + -- + ----2- = 0, avec ∆ = – ----2-  0.
τ τ τ
Le polynôme admet donc deux racines complexes conjuguées (régime pseudo-périodique) :

1 3
r = – ------ ± j ------- .
2τ 2τ
La solution générale de l’équation différentielle est de la forme :
t
A cos  ------- t + B sin  ------- t .
– ------ 3 3
u(t) = e 2τ
 2τ   2τ 
On détermine les constantes A et B grâce aux conditions initiales :

 u ( 0 ) = 0 ⇒ A = 0.

 du i(0) E 3B E 2E
 ------ ( 0 ) = – ---------- = – ---- ⇒ ------------ = – ---- , d’où : B = – ------- .
 dt C τ 2τ τ 3

La loi d’évolution de la tension u s’écrit donc :


t
u ( t ) = – -------- e 2t sin  ------- t .
2E – ------ 3
3  2t 

On en déduit la loi d’évolution de l’intensité i :


t
i ( t ) = – C ------ = ------------ e 2t – sin  ------- t + 3 cos  ------- t .
du E – ------ 3 3
dt R 3  2t   2t 

Exercice 16

a) • Le circuit RL contenant la bobine est soumis à l’échelon de tension E. Lors de l’établissement


du courant dans la bobine ( i 1 ( 0 ) = 0 ), on a donc :

t
E – --  L
i 1 ( t ) = ----  1 – e t  , avec τ = ---- .
R R
• Le circuit RC contenant le condensateur est soumis à l’échelon de tension E. Lors de la charge du
condensateur ( u ( 0 ) = 0 ), on a donc :

t
 – -- 
u ( t ) = E  1 – e t  , avec τ = RC.

On en déduit l’expression de i2 :
t t
du 2 CE – -- E – --
i 2 ( t ) = C --------- = --------e τ = ----e t .
dt τ R
• On obtient alors l’intensité totale i d’après la loi des nœuds :
E
i ( t ) = i 1 ( t ) + i 2 ( t ) = ---- .
R

156
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 157 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

b) Quand on ouvre K, le condensateur C se décharge dans la résistance i1


2R et la bobine L. L’équation vérifiée par u est alors :
d2u du d 2 u 2 du u 2R
LC --------2- + 2RC ------ + u = 0 ou --------2- + --- ------ + ----2- = 0.
dt dt dt τ dt τ
C u
Le polynôme caractéristique est :
L
2 1 1
r 2 + --- r + ----2- = 0, avec ∆ = 0 et r = – --- .
τ τ τ
En régime critique, la solution générale de l’équation différentielle est de la forme :
t
– --
u ( t ) = ( At + B )e τ .
On détermine les constantes A et B grâce aux conditions initiales :

u(0) = E ⇒ B = E

 du i1 ( 0 ) E B E
 ------ ( 0 ) = – ------------ = – --------- ⇒ A – ---- = – --------- , d’où : A = 0.
 dt C RC τ RC

La loi d’évolution de la tension u s’écrit donc :


t
– --
u ( t ) = Ee t .

Exercice 17

a) • La loi des nœuds donne la relation :


du u
i = C ------ + ---- (1)
dt R
La loi des mailles donne la relation :
di
E = Ri + L ----- + u (2)
dt
En reportant (1) dans (2), on a :
d 2 u du d2u
E =  RC ------ + u + ----  RC --------2- + ------ + u = τ 2 --------2- + 2τ ------ + 2u,
du L du
 dt  R dt dt  dt dt
2
d u 2 du 2 E
soit : --------2- + --- ------ + ----2- u = ----2- .
dt τ dt τ τ

On applique la méthode n° 1 au circuit étudié.

E
• La solution particulière constante est : u 2 ( t ) = ---- .
2
L’équation sans second membre s’écrit :
d 2 u 2 du 2
--------2- + --- ------ + ----2- u = 0,
dt τ dt τ
2 2 4
de polynôme caractéristique : r 2 + --- r + ----2- = 0, avec ∆ = – ----2-  0.
τ τ τ
Le polynôme admet deux racines complexes conjuguées :
1 1
r = – --- ± j --- .
τ τ

157
Exercices
KA_MPSI.book Page 158 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

En régime pseudo-périodique, la solution générale de l’équation différentielle est de la forme :


t
u ( t ) = ---- + e τ A cos  -- + B sin  -- .
E – -- t t
2  τ  τ

On détermine les constantes A et B grâce aux conditions initiales :


 E E
 u ( 0 ) = 0 = A + ---- = 0, doù : A = – ----
 2 2

u(0)
d------ ( 0 ) = ----  i ( 0 ) – ----------- = 0 ⇒ ---- – ---- = 0, doù : B = A = – ---- .
u 1 B A E
 dt C R  τ τ 2

La loi d’évolution de la tension u s’écrit donc :

E
t
t 
u ( t ) = ----  1 – e t cos  -- + sin  -- .
– -- t
2  t   t 

L’allure de u est représentée ci-dessous :


U

E
----
2

t
0 τ τ 3τ 2τ
--- ------
2 2
b) En régime permanent, la tension u aux bornes du condensateur et l’intensité i dans la bobine sont
constantes :
u = U et i = I.
Le condensateur se comporte alors comme un interrupteur ouvert et la bobine comme un fil. Le mon-
tage est équivalent au schéma simple ci-dessous :
R i=I

E R u=U

La loi des mailles donne immédiatement :


E E
I = -------- , d’où : U = ---- .
2R 2
On retrouve évidemment ces résultats en utilisant les lois d’évolution de la tension u (t ) et de l’intensité i (t ).

Exercice 18

• La loi des nœuds donne :


dv du
i = C ------ + C ------ (1)
dt dt

158
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 159 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Le circuit comporte deux mailles indépendantes. On en déduit le système ci-dessous :


 E = Ri + v (2)

 du
 v = RC ------
dt
+u (3)

On reporte les égalités (1) et (3) dans l’égalité (2) :

E = RC  ------ + ------ +  RC ------ + u .


dv du du
 dt dt   dt 
On reporte l’égalité (3) dans l’expression précédente :
d2u du d 2 u 3 du u E
E = R 2 C 2 --------2- + 3RC ------ + u ou --------2- + --- ------ + ----2- = ----2- .
dt dt dt τ dt τ τ

On applique la méthode n° 1 au circuit étudié.

• La solution particulière constante est : u 2 ( t ) = E.


Le polynôme caractéristique associé à l’équation sans second membre s’écrit :
3 1 5
r 2 + --- r + ----2- = 0, avec ∆ = ----2-  0.
τ τ τ
Le polynôme admet deux racines réelles :
–3 + 5 –3 – 5
r 1 = --------------------- et r 2 = -------------------- .
2τ 2τ
En régime apériodique, la solution générale de l’équation différentielle est de la forme :
u ( t ) = E + Ae r1 t + Be r2 t .
On détermine les constantes A et B grâce aux conditions initiales :

 u ( 0 ) = 0 ⇒ E + A + B = 0.

 du 1
 ------ ( 0 ) = --------- ( v ( 0 ) – u ( 0 ) ) = 0 ⇒ Ar 1 + Br 2 = 0.
 dt RC

On en déduit donc :
 r2 5+3 5
 A = --------------- E = – -------------------- E
 r 1 – r 2 10

 r1 3 5–5
 B = – --------------
r – r
- E = -------------------- E.
10
 1 2

La loi d’évolution de la tension u s’écrit alors :

u ( t ) = E 1 – -------------------- exp  --------------------t + ------------------- exp  – ---------------- t .


5+3 5 –3 + 5 3 5–5 3+ 5
10  2t  10  2t 
• L’équation différentielle vérifiée par u est :
d2u 3 du u E .
- = -------------
--------2- + --------- ------ + ------------- -
dt RC dt R 2 C 2 R2C2
Par identification avec l’expression en variables réduites, on obtient :
ω0 3 2 1 1
------ = --------- et ω 0 = -------------
-, soit : Q = --- .
Q RC R2C2 3

d 2 u ω 0 du 2 2
En variables réduites, on a : -------2- + ------ ------ + ω 0 u = ω 0 E.
dt Q dt

159
Exercices
KA_MPSI.book Page 160 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercices de niveau 3

Exercice 19
T du
a) • Si t ∈ nT ; n T + ---- , on a : e ( t ) = E, d’où : RC ------- + u = E.
2 dt
T du
• Si t ∈ nT + ---- ; ( n + 1 ) T , on a : e ( t ) = 0, d’où : RC ------- + u = 0.
2 dt

T
b) Pour t ∈ 0 ; ---- , on est dans le cas de la charge du condensateur d’un circuit RC, initialement
2
déchargé, soumis à l’échelon de tension E. On a donc :
 – -- 
t
u ( t ) = E  1 – e t  , avec τ = RC.

 – ------ 
T
On en déduit : u 0 = u  ---- = E  1 – e 2t  .
T
 2

T
c) Pour t ∈ ---- ; T , on est dans le cas de la décharge d’un condensateur chargé sous la tension u0
2
T
à l’instant ---- . On a donc :
2
T
– ---  t – ----
1 T
τ  2
 ------  – -t-
u ( t ) = u0 e = E  e 2t – 1 e t .

T T
Dans l’expression de u, on introduit un décalage temporel de --- car la décharge commence à t = --- .
2 2
T
 – ------ – T
---- 
On en déduit : v 1 = u ( T ) = E  e 2t – e t  .

d) On découpe l’intervalle ]nT ; ( n + 1 ) T [ en deux intervalles :


T T
nT ; n T + ---- et nT + ---- ; ( n + 1 ) T .
2 2
T
• Pour t ∈ nT ; n T + ---- , on est dans le cas de la charge du condensateur d’un circuit RC, initiale-
2
ment chargé sous la tension u ( nT ) = v n , soumis à l’échelon de tension E.
1
– --- ( t – nT )
La solution de l’équation différentielle s’écrit alors : u ( t ) = E + A n e τ .

Le condensateur n’étant pas initialement déchargé, on n’a pas A n = – E. En outre, on tient compte du décalage
temporel de nT.

À l’instant t = nT, on a : u ( nT ) = v n = E + A n , soit : A n = v n – E.


On en déduit donc :
1
– --- ( t – nT )
u ( t ) = E + ( v n – E )e t .
T
À l’instant t = nT + ---- , on obtient :
2
T
u  nT + ---- = u n = E + ( v n – E )e 2t .
T – ------
 2

160
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 161 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

T
• Pour t ∈ nT + ---- ; ( n + 1 ) T , on est dans le cas de la décharge d’un condensateur initialement
2
chargé sous la tension un . On a donc :

– --- t –  nT + ----
1 T
t  2
u ( t ) = un e .
À l’instant t = ( n + 1 )T, on obtient :
T
– ------
u [ ( n + 1 )T ] = v n + 1 = u n e 2t .
e) Les limites U et V des suites ( u n ) et ( v n ) vérifient les équations :
T T
 T
– ------   τ 
– ----
 2τ 
– ------
 U = E + ( V – E )e 2τ U1 – e  = E1 – e 
 ⇒
T
 – ------

 T
– ------
 V = Ue  V = Ue 2τ
On en déduit donc :
T T T
– ------ – ------ – ----
1 – e 2t e 2t – e t .
U = E -------------------
T
- et V = E -------------------------
T
-
– ---- – ----
1– e t 1–e t

En régime oscillatoire permanent, l’allure de u ( t ) est représentée ci-dessous :


u

t
O T T
nT nT + ---- ( n + 1 )T ( n + 1 )T + ---- ( n + 2 )T
2 2

En régime oscillatoire permanent, on peut considérer le temps écoulé suffisamment grand pour que les limites U et
V soient atteintes.

Exercice 20

a) • La lampe étant éteinte, le circuit est un circuit RC alimenté par un générateur de fém E. Comme
le condensateur est initialement déchargé, on a :
t
 – -- 
u ( t ) = E  1 – e t  , avec t = RC.

• La lampe s’allume si u  V a . Il suffit donc que : E  V a .


• L’instant d’allumage t a vérifie :
t
 – ---- 
a
V
V a = E  1 – e τ  , soit : t a = – ln  1 – ------a .
 E
b) • La lampe allumée est équivalente à une résistance r.
Le courant i traversant la résistance R est la somme du courant traversant le condensateur et du cou-
rant traversant la lampe. La loi des mailles s’écrit :

E = Ri + u = R  C ------ + --- + u, d’où : ------------ C ------ + u = ------------ E.


du u Rr du r
 dt r  R + r dt r+R

161
Exercices
KA_MPSI.book Page 162 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Rr r
La constante de temps du circuit est τ′ = ------------C et la solution particulière constante u 2 = ------------E.
R+r r+R
La solution générale de l’équation différentielle est :
( t – ta )
r – ----------------
u = ------------E + Ae τ′ .
r+R
On tient compte dans l’expression de u du décalage temporel t a .

À l’instant t = ta , on a :
r
u ( ta ) = Va , soit : A = V a – ------------E.
r+R
On en déduit donc :
( t – ta )
u ( t ) = ------------- E +  V a – ------------- E e t¢ , avec
r r – ----------------- Rr
t′ = -------------C.
r+R  r+R  R+r
• La lampe s’éteint si u  V e . Il suffit donc que :
r
-------------E  V e .
R+r
c) On suppose les deux conditions précédentes réalisées. On peut donc distinguer différentes phases.
• Si t ∈ ]0 ; t a [ , alors le condensateur se charge. Il existe un instant te tel que u ( t e ) = V e :
V
t e = – RC ln  1 – ------e .
 E
• Si t ∈ ]t a ; t e′ [ , alors le condensateur se décharge et la lampe s’éteint quand t = t e′ tel que :

( t e′ – t a )
 V – ----------- r
-E
r  r  – --------------------
τ′
 e
r + R 
u ( t e′ ) = V e = ------------ E + V a – ------------ E e , soit : t e′ = – τ′ ln  ----------------------------- – t a .
r+R  r+R   V – ----------- r
-E
 a r+R 

Les calculs sont longs, mais pas très difficiles.

• Si t ∈ ]t e′ ; t e′ + t a [ , alors le condensateur se charge à nouveau dans les mêmes conditions que pré-
cédemment, etc. On peut donc définir la période T du phénomène par :

 V – -------------E r 
 a r+R  E – Ve
T = t e¢ – t e = t¢ ln  -------------------------------- + t ln  ----------------- .
 V – -------------Er  E – V a
 e r+R 

On remplace t e′ , t e et t a par leurs expressions et on utilise les propriétés des logarithmes.

u
E
Va

Ve
r
------------E
R+r te ta t e′
0 t
période T

162
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 163 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercice 21

1) • L’équation différentielle d’établissement du courant dans la bobine est :


L di E L
---- ----- + i = ---- , avec τ = ---- .
R dt R R
Compte tenu des conditions initiales ( i ( 0 ) = 0 ), on obtient donc :
t
E – --
i = ----  1 – e t .
R
E
• La valeur limite de i est ---- . Elle est atteinte à 5 % près à l’instant t tel que :
R
t
E E – --
0,95 ---- = ----  1 – e τ , soit : t = – τ ln ( 0,05 ) ≈ 3t.
R R

Le régime permanent est établi à 5 % près au bout de 3τ.


T L di E
2) a) • Si t ∈ nT ; n T + ---- , on a : e ( t ) = E, d’où : ---- ------ + i = ---- .
2 R dt R
T L di
• Si t ∈ nT + ---- ; n T + T , on a : e ( t ) = 0, d’où : ---- ------ + i = 0.
2 R dt

Cette question est analogue à la question a) de l’exercice 19.

b) D’après les équations différentielles écrites à la question présente, l’intensité i a la forme :


T
– d’une exponentielle croissante sur la demi-période nT ; n T + ---- ;
2
T
– d’une exponentielle décroissante sur la demi-période nT + ---- ; ( n + 1 ) T .
2

La première demi-période correspond à l’établissement du courant dans la bobine, la seconde à l’arrêt du courant
dans la bobine.

L’allure de l’évolution de i ( t ) sur les quatre premières périodes est représentée ci-dessous :
i
E
----
R

t
0
T T 3T 2T 5T 3T 7T 4T
---- -------- -------- --------
2 2 2 2
c) On se place maintenant en régime périodique permanent. L’intensité du courant varie entre les
valeurs Im et IM au cours d’une période T.
T
• Si t ∈ nT ; n T + ---- , la solution de l’équation différentielle posée à la question 2) a) est :
2
( t – nT )
E – --------------------
τ L
i ( t ) = ---- + Ae , avec τ = ---- .
R R

On tient compte dans l’expression de i du décalage temporel nT.

163
Exercices
KA_MPSI.book Page 164 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

– À l’instant t = nT, on a :

E E
i ( nT ) = I m = ---- + A, soit : A = I m – ---- (1)
R R
T
– À l’instant t = nT + ---- on a :
2
T T
i  nT + ---- = I M = ---- + Ae 2τ , soit : A =  I M – ---- e 2τ
T E – ------ E ------
(2)
 2 R  R

Des égalités (1) et (2), on déduit donc :


T
I m – ---- =  I M – ---- e 2t
E E ------
(a)
R  R

T
• Si t ∈ nT + ---- ; ( n + 1 ) T , la solution de l’équation différentielle posée à la question 2) a) est :
2

t –  nT + ----
T
 2
– --------------------------------------
τ L
i(t) = A′e , avec τ = ---- .
R

T
On tient compte dans l’expression de i du décalage temporel nT + --- .
2

T
– À l’instant t = nT + ---- , on a :
2
i  nT + ---- = I M = A′
T
(3)
 2
– À l’instant t = ( n + 1 )T, on a :
T
– ------
i [ ( n + 1 )T ] = I m = A′e 2τ (4)

Des égalités (3) et (4), on déduit donc :


T
– ------
Im = IM e 2t (b)

• Des égalités (a) et (b), on obtient donc finalement :


T T
------ – ------
E e 2t – 1 E 1 – e 2t
IM = ---- ------------------------
T T
et Im = ---- ------------------------
T T
R ----- - – ------ R ----- - – ------
e 2t – e 2t e 2t – e 2t
En régime périodique permanent, l’allure de la courbe i ( t ) devient :

IM

Im

t
T T
nT nT + ---- ( n + 1 )T ( n + 1 )T + ----
2 2

164
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 165 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

CHAPITRE

5 Signaux
sinusoïdaux
Introduction

Ce chapitre constitue une courte introduction à l’étude des circuits linéaires en régime
sinusoïdal forcé. Les définitions données seront alors réinvesties en exercices ou en
travaux pratiques.

Plan du chapitre 5
A. Description des signaux sinusoïdaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 166
1. Écriture d’un signal sinusoïdal. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 166
2. Analyse de Fourier d’un signal périodique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167
3. Notations complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167
B. Observation de signaux sinusoïdaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169
1. Visualisation à l’oscilloscope . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169
2. Mesures et comparaison . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 170

Méthodes
L’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173
Énoncés des exercices. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176
Indications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176
Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177

165
KA_MPSI.book Page 166 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

A. Description des signaux


sinusoïdaux
uC (V) A.1. Écriture d’un signal sinusoïdal
2E
E A.1.1 - Exemple : circuit RLC série non amorti
Considérons la charge du condensateur d’un circuit RLC série soumis à un
0 2π t (s) échelon de tension E étudiée au chapitre 4 (voir § C). En régime pseudo-
------
–E ω0 périodique, la tension uC aux bornes du condensateur a pour expression
(voir § C.2.5) :
Fig. 1 - Mise en évidence de
la composante continue et de  λ 
la composante sinusoïdale. u C ( t ) = E  1 – e –αω0 t cos ( ω 0 1 – α 2 t ) + -------------------------- sin ( ω 0 1 – α 2 t ) 
 ω0 1 – α 2 

1. Ce qui équivaut à R = 0, donc où α est le coefficient d’amortissement du circuit. Si α est nul1, alors les oscilla-
au cas d’un circuit LC série. tions du circuit ne sont pas amorties et on a :
u C ( t ) = E [ 1 – cos ( ω 0 t ) ], avec ω0 pulsation propre2.
2. On rappelle que la pulsation
propre ω0 vaut : La tension uC aux bornes du condensateur s’écrit alors comme la différence de
1 deux termes (fig. 1) :
ω 0 = ---------- .
LC – une tension continue E ;
– une tension sinusoïdale Ecos(ω0 t).

A.1.2 - Caractéristiques d’un signal sinusoïdal

Définition 1
3. Le signal S peut être une Le signal électrique S3 est sinusoïdal si son évolution au cours du temps
tension ou une intensité. peut s’écrire sous la forme (fig. 2) :
S ( t ) = S 0 cos ( wt + f ) .
S

S0 • Amplitude du signal – Valeur efficace


S0cosφ – La grandeur S0 correspond à la valeur maximale du signal au cours du
temps : on l’appelle l’amplitude du signal (elle s’exprime dans la même unité
0 2π t (s)
------ que le signal).
ω
–S0 – On définit aussi la valeur efficace Seff liée au signal sinusoïdal S par le rapport4 :
Fig. 2 - Représentation d’un S0
S eff = ------- , où S0 est l’amplitude du signal.
signal sinusoïdal. 2

4. Nous verrons dans un prochain


• Pulsation – Période – Fréquence
chapitre une définition énergétique – La grandeur ω, exprimée en s–1 (ou en rad · s–1), s’appelle la pulsation du signal.
de la valeur efficace Seff .
– La période T du signal, exprimée en seconde (s), correspond à la durée
d’une oscillation complète : on a donc S ( t + T ) = S ( t ).
– La fréquence f du signal, exprimée en hertz (Hz), est par définition l’inverse
de la période T (en s).

La pulsation ω, la période T et la fréquence f du signal sinusoïdal sont liées


par la relation :
2p 1 ω 1
T = ------ = --- (ou f = ------ = ---- ).
w f 2π T

166
Chapitre 5 : Signaux sinusoïdaux
KA_MPSI.book Page 167 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• Phase du signal – Phase à l’origine


La grandeur ( ωt + φ ), exprimée en radian (rad), s’appelle la phase du signal.
Le nombre φ, compris entre – π et π, est la phase à l’origine des temps
( t = 0 ).

A.2. Analyse de Fourier d’un signal périodique


L’étude des signaux sinusoïdaux revêt un grand intérêt, car un signal pério-
dique quelconque de fréquence f0 peut toujours être décomposé en une
somme (finie ou infinie) de signaux sinusoïdaux de fréquences fn (n est un
entier naturel), appelée série de Fourier. Dans ce développement :
– la fréquence f 1 = f 0 correspond au fondamental ( n = 1 ) ;
– la fréquence f n = n f 0 correspond à l’harmonique d’ordre n ( n  1 ).
Les amplitudes A n des signaux sinusoïdaux sont liées à l’amplitude A0 du
signal périodique. Les logiciels actuels permettent de décomposer très rapide-
1. Le calcul analytique des ment les signaux en leur série de Fourier1.
coefficients du développement en
série de Fourier sera traité dans le Exemple :
cours de mathématiques de Un signal carré de période T0 et d’amplitude A0 (fig. 3) peut être décomposé
deuxième année.
de la façon suivante :
– Fondamental :
S 1 4
fréquence f 1 = f 0 = ------- ; amplitude A 1 = --- A 0 .
T0 π
A0
– Harmoniques impaires ( n = 2p + 1 ) :
0 t (s) A1
T0
fréquence f n = n f 0 ; amplitude A n = ------ .
n
– Harmoniques paires ( n = 2p ) :
Fig. 3 - Signal carré de période
T0 et d’amplitude A0 . fréquence f n = n f 0 ; amplitude A n = 0.

A.3. Notations complexes


A.3.1 - Représentation complexe d’un signal sinusoïdal
2. En électrocinétique, on utilise le Considérons le signal sinusoïdal S tel que : S ( t ) = S 0 cos ( ωt + φ ). En pas-
nombre complexe j (tel que j 2 = –1) sant à une écriture complexe2, ce signal peut aussi s’écrire :
plutôt que le nombre i (pour ne pas
introduire de confusion avec S ( t ) = Re [ S ( t ) ], avec S ( t ) = S 0 e j ( ωt + φ ) .
l’intensité du courant i ).
Un signal sinusoïdal peut donc être représenté par une grandeur complexe3.
3. On a : L’amplitude S0 du signal est le module : S 0 = S ( t ) . La phase (ωt + φ) du
S ( t ) = S ( t ) + jIm ( S ( t ) )
signal est l’argument4 : ωt + φ = arg ( S ( t ) ).
4. On écrit parfois :
ωt + φ = ∠ S ( t ). L’écriture complexe de la grandeur sinusoïdale S ( t ) = S 0 cos ( ωt + φ ) est :
S ( t ) = S 0 e j ( wt + f ) = S 0 e jwt , avec S 0 = S 0 e jφ .

S 0 est l’amplitude complexe du signal S : son module est l’amplitude réelle S0


( S 0 = S 0 ) ; son argument est la phase à l’origine des temps ( φ = arg ( S 0 ) ).

Le passage à l’écriture complexe permet très souvent de simplifier technique-


ment les calculs.

167
Cours
KA_MPSI.book Page 168 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Application 1 Addition de deux signaux de même fréquence


On considère les signaux sinusoïdaux S 1 ( t ) = S 0 cos ( ωt ) et S 2 ( t ) = S 0 sin ( ωt ). En utilisant les
représentations complexes, calculer la somme S ( t ) = S 1 ( t ) + S 2 ( t ). Préciser l’amplitude et la phase
à l’origine de ce signal.
Solution
Les représentations complexes des signaux S1 et S2 s’écrivent :
π
j  ωt – --- π
, car sin ( ωt ) = cos  ωt – --- .
 2
S 1 ( t ) = S 0 e jωt et S 2 = S 0 e
 2
La somme S ( t ) = S 1 ( t ) + S 2 ( t ) admet donc pour représentation complexe :
π
– j ---
S ( t ) = S 1 ( t ) + S 2 ( t ) = S 0 e jωt [ 1 – j ], car e 2 = – j.
π
Le complexe 1 – j a pour module 2 et pour argument – --- . D’où :
4
π π π
– j --- – j --- j  ωt – ---
 4
1–j = 2e 4, soit : S ( t ) = S 0 e jωt × 2 e 4 = S 0 2e .

Le signal réel S(t) est la partie réelle du complexe S ( t ) :


π
j  ωt – --- π
= S 0 2cos  ωt – --- .
 4
S ( t ) = Re S 0 2e
 4
p
L’amplitude du signal vaut S 0 2 et la phase à l’origine des temps est – --- .
4

S0 2 S

S0 S1 S2

0 π π 3π 2π
------- ---- ------- ------ t (s)
2ω ω 2ω ω

–S0
–S0 2

A.3.2 - Dérivation et intégration


Soit le signal sinusoïdal S ( t ) = S 0 cos ( ωt + φ ) représenté par le complexe
S ( t ) = S 0 e jωt , que l’on peut aussi écrire S ( t ) = S ( t ) + jIm [ S ( t ) ]. En déri-
vant ces deux expressions de S ( t ) par rapport au temps, on obtient donc :

dS dS dS dIm [ S ]
------- = jωS 0 e jωt = jωS ( t ) et ------- = ------- + j --------------------- .
dt dt dt dt

Soit le signal sinusoïdal S ( t ) = S 0 cos ( ωt + φ ) représenté par le complexe


S ( t ). La dérivée par rapport au temps de S s’écrit :
dS dS dS
-------- = Re -------- , avec ------- = jωS.
dt dt dt

168
Chapitre 5 : Signaux sinusoïdaux
KA_MPSI.book Page 169 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

De manière générale, on remplace en notations complexes l’opérateur déri-


d dn
vation ------ par jω et l’opérateur dérivation nième -------n- par (jω)n.
dt dt
Remarque
De même, une primitive du signal sinusoïdal S ( t ) = S 0 cos ( ωt + φ ) s’écrit :
1
∫ S ( t ) dt = Re [ ∫ S ( t ) dt ], avec ∫ S ( t ) dt = ------ S ( t ).

B. Observation de signaux
sinusoïdaux
voie
A B.1. Visualisation à l’oscilloscope
L’oscilloscope permet de visualiser en temps réel les tensions mesurées aux
D uAB bornes des dipôles d’un circuit (fig. 4). Pour une bonne observation des
signaux, il est nécessaire d’effectuer différents réglages.
B B.1.1 - Les réglages initiaux
;;

• Pour déterminer les valeurs de certaines grandeurs caractéristiques du signal, il


faut au préalable calibrer les boutons de mesure. On réalise en général cette opé-
Fig. 4 - La tension aux bornes
du dipôle D visualisée sur la voie
ration en plaçant les boutons en « butée ». Dans ces conditions, les indications
de l’oscilloscope est la tension fournies par les calibres sont valables. En position non calibrée, l’observation des
uAB . signaux ne donne que des indications relatives sur les grandeurs mesurées.
• Pour effectuer les mesures de tension, il est nécessaire de connaître le « zéro »
du circuit et éventuellement de recentrer le signal. On obtient la position zéro
en mettant la touche associée au calibre sur la position ground (terre).
• Dans le cas de plusieurs signaux, l’observation est facilitée par une bonne
utilisation de la touche de synchronisation. On choisit en général de syn-
chroniser les signaux sur le signal de plus grande amplitude.
• Si on étudie seulement la composante alternative du signal au cours du
temps, on utilise le mode A-C de la voie de l’oscilloscope, qui supprime la
composante continue. En revanche, si on s’intéresse à la valeur de la tension
mesurée par rapport au zéro, on utilise le mode D-C qui laisse aussi passer la
composante continue du signal.

B.1.2 - Base de temps et sensibilité verticale


• La base de temps (calibre temporel donnant le défilement horizontal des
signaux) permet de connaître la durée du signal visualisé. En pratique, la plu-
part des signaux étudiés sont périodiques. En général, on choisit un calibre tel
que l’on puisse observer une, deux ou trois périodes des signaux (fig. 5).
• La sensibilité verticale (calibre d’amplification augmentant la taille des
signaux sur l’écran) permet de connaître la valeur de la tension visualisée. En
général, on choisit un calibre tel que l’on puisse observer une amplitude maxi-
male des signaux (fig. 5).
Fig. 5 - Choix de la base de
temps et de la sensibilité verticale B.1.3 - Mode X-Y
pour bien visualiser le signal à
l’écran de l’oscilloscope. Lorsqu’on étudie simultanément deux signaux, il est possible d’observer le
signal 2 en fonction du signal 1, la courbe étant alors paramétrée par le temps t.
Sur l’oscilloscope, cette opération s’effectue automatiquement en enfonçant la
touche X-Y.

169
Cours
KA_MPSI.book Page 170 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

B.2. Mesures et comparaison


En travaux pratiques, on utilise souvent l’oscilloscope pour comparer plu-
sieurs signaux sinusoïdaux différents.
A
B.2.1 - Mesure de l’amplitude
Sur l’écran de l’oscilloscope (fig. 6), l’amplitude A d’un signal se mesure
grâce à la sensibilité verticale en repérant l’élongation maximale du signal
par rapport à sa valeur moyenne.
Fig. 6 - Le signal étant centré
verticalement, son amplitude A À l’aide de l’oscilloscope, on peut comparer les amplitudes de deux signaux
vaut 3,5 carreaux. différents, en veillant aux calibres utilisés sur les deux voies.

B.2.2 - Mesure de la période


Sur l’écran de l’oscilloscope (fig. 7), la période T d’un signal périodique se
T
mesure grâce à la base de temps en repérant deux points consécutifs corres-
pondant à la répétition du signal (même élongation et même pente).

À l’aide de l’oscilloscope, on peut comparer les périodes de deux signaux


périodiques différents (même base de temps).
Fig. 7 - La période T du signal
vaut 8 carreaux. B.2.3 - Mesure temporelle d’une différence de phase
1. C’est-à-dire, deux signaux qui Deux signaux sinusoïdaux synchrones1 n’ont pas nécessairement la même
ont la même période T. phase à l’origine des temps. On étudie par exemple les signaux S1 et S2 tels
que :
S 1 ( t ) = A 1 cos ( ωt + φ 1 ) et S 2 ( t ) = A 2 cos ( ωt + φ 2 ).
2. Cela revient à effectuer le En choisissant convenablement l’origine des temps2, on peut écrire :
changement de variable :
φ1
S 1 ( t ) = A 1 cos ( ωt ) et S 2 ( t ) = A 2 cos ( ωt + φ ).
t → t – ----- .
ω Le nombre sans dimension φ compris entre –π et π ( φ = φ 2 – φ 1 à 2π près),
s’appelle l’avance de phase (ou déphasage) du signal S2 sur le signal S1.
Avec l’origine des temps ainsi choisie, le signal S1 est maximal à l’instant ini-
tial t = 0 et le signal S2 est maximal à l’instant t tel que ωt = – φ.
3. Le maximum de S2 est atteint à
φ
l’instant t = – ----  0, donc
– Si φ  0, le signal S2 est décalé vers la droite par rapport au signal S1 sur
ω l’écran de l’oscilloscope3 : S2 est « en retard » par rapport à S1.
après le maximum de S1 .
– Si φ  0, le signal S2 est décalé vers la gauche par rapport au signal S1 sur
4. Le maximum de S2 est atteint à l’écran de l’oscilloscope4 : S2 est « en avance » par rapport à S1.
φ
l’instant t = – ----  0, donc avant
ω Pour déterminer la valeur de φ, on compte sur l’écran de l’oscilloscope le
le maximum de S1 . nombre N de carreaux correspondant à la période T des signaux et le nombre
n de carreaux correspondant au décalage de S2 par rapport à S1 vers la droite
5. Ce décalage se mesure entre ou vers la gauche5. La période T vérifie ωT = 2π, c’est-à-dire 360°. En rai-
deux maxima ou entre deux sonnant par proportionnalité, on en déduit :
passages à zéro dans le même
sens. n n
φ = 2π ----- (en rad) ou φ = 360 ----- (en °).
N N
Pour obtenir une meilleure mesure du déphasage, il est préférable que T cor-
responde à la valeur maximale de N, c’est-à-dire à 10 carreaux (cette opéra-
tion est possible en « décalibrant » la base de temps). Un carreau représente
alors un déphasage de 36°.

170
Chapitre 5 : Signaux sinusoïdaux
KA_MPSI.book Page 171 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Application 2 Mesures d’amplitude, de période et de déphasage


On observe simultanément deux signaux sur les voies 1 et 2 de l’oscilloscope. La base de temps est
1 ms/carreau. Les calibres sont 2 V/carreau pour la voie 1 et 50 mV/carreau pour la voie 2. L’oscillo-
gramme obtenu est représenté ci-contre. Déterminer les amplitudes des deux signaux, leur période
et leur fréquence, ainsi que le déphasage de la voie 2 sur la voie 1.

voie 1
voie 2

Solution
• Les deux signaux sont centrés verticalement. L’élongation maximale de la voie 1 est donc de
3 carreaux et celle de la voie 2 est de 2 carreaux. En tenant compte des calibres de chaque voie, les
amplitudes des deux signaux valent :
A 1 = 3 carreaux × 2 V/carreaux = 6 V
et
A 2 = 2 carreaux × 50 mV/carreaux = 100 mV = 0,1 V .
• Pour les deux signaux, les deux premiers maxima sont distants de 4,5 carreaux. En tenant compte
de la base de temps, la période T des signaux (synchrones) vaut :
1
T = 4,5 × 1 ms/carreau = 4,5 ms , d’où : f = -------------------------
- = 2,2 ◊ 10 2 Hz .
4,5 × 10 –3
• La voie 2 est décalée vers la droite par rapport à la voie 1, donc φ  0 (retard de phase). On mesure
environ 0,7 carreaux de décalage entre les deux courbes. Comme la période correspond à
4,5 carreaux, on a donc :
0,7
φ = 360 × -------- = 56°, soit : φ = – 56°.
4,5
(Cette mesure n’est pas très précise du fait de l’incertitude sur le repérage des courbes à l’écran.)

B.2.4 - Mesure d’une différence de phase en mode X-Y


Quand les signaux observés à l’oscilloscope sont sinusoïdaux et synchrones,
la courbe obtenue sur l’écran de l’oscilloscope en mode X-Y est une ellipse.
Sur cette courbe, on peut mesurer l’amplitude de chaque signal et le
déphasage entre les deux signaux.
En effet, en choisissant convenablement l’origine des temps, on peut écrire
comme précédemment :
S 1 = A 1 cos ( ωt ) et S 2 = A 2 cos ( ωt + φ ).
– L’écart entre les deux positions extrêmes de S1 est 2A1 et l’écart entre les
deux positions extrêmes de S2 est 2A2 .
π
– Le signal S2 s’annule quand ωt + φ = ± --- ( 2π ), soit : S 1 = ± A 1 sinφ.
2
π
– Le signal S1 s’annule quand ωt = ± --- ( 2π ), soit : S 2 = ± A 2 sinφ.
2
On peut donc déterminer les valeurs de A1, A2 et φ comme l’indique la
figure 8.

171
Cours
KA_MPSI.book Page 172 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

2A 2 sin ( φ ) 2A 2

2A 1 sin ( φ )

2A 1

Fig. 8 - Détermination des valeurs de A1, A2 et φ en mode X-Y.

La figure 9 résume les différents cas de figure en fonction de la valeur du


déphasage φ.

p p
f = 0 0  f  --2- f = ---
2

p
---  f  p f = p
2
Fig. 9 - Le déphasage φ est compris entre –π et +π.

172
Chapitre 5 : Signaux sinusoïdaux
KA_MPSI.book Page 173 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

M thodes
L’essentiel
✓ Description d’un signal sinusoïdal
• Le signal électrique S est sinusoïdal si son évolution au cours du temps
peut s’écrire sous la forme :

S0 amplitude du signal (unité de S)


S ( t ) = S 0 cos ( wt + φ ) ω pulsation du signal (rad · s–1)
φ phase à l’origine (rad)

• La pulsation ω (en rad · s–1), la période T (en s) et la fréquence f (en Hz)


du signal sinusoïdal vérifient la relation :
2p 1 w 1
T = ------ = --- ou f = ------ = ---- .
w f 2p T
• L’écriture complexe de la grandeur sinusoïdale S(t) = S0cos(ωt + φ) est :
S ( t ) = S 0 e j ( wt + φ ) = S 0 e jwt , avec S 0 = S 0 e jφ .

– Le complexe S 0 est l’amplitude complexe du signal S. Son module est


l’amplitude réelle S 0 ( S 0 = S 0 ) et son argument est la phase à l’origine
( φ = arg ( S 0 ) ).
d
– En notations complexes, on remplace l’opérateur dérivation ------ par jω
dt
dn
et l’opérateur dérivation nième -------n- par (jω)n.
dt

✓ Observation à l’oscilloscope d’un signal sinusoïdal


• L’amplitude A d’un signal se mesure grâce
à la sensibilité verticale en repérant l’élon-
gation maximale du signal par rapport à sa
A
valeur moyenne.
• La période T d’un signal se mesure grâce à
la base de temps en repérant deux points T
consécutifs correspondant à la répétition
du signal (même élongation et même
pente).
• Deux signaux sinusoïdaux S1 et S2 sont syn-
chrones s’ils ont même pulsation ω :
S 1 ( t ) = A 1 cos ( ωt )
et S 2 ( t ) = A 2 cos ( ωt + φ ).
Le nombre sans dimension φ compris entre
– π et π ( φ = φ 2 – φ 1 à 2π près) est l’avance
de phase (ou déphasage) du signal S2 sur le
signal S1 .
voie 1 (avance)
– Si φ  0, le signal S2 est décalé vers la voie 2 (retard)
droite par rapport au signal S1 sur l’écran
de l’oscilloscope : S2 est « en retard » par rapport à S1 .
– Si φ  0, le signal S2 est décalé vers la gauche par rapport au signal S1
sur l’écran de l’oscilloscope : S2 est « en avance » par rapport à S1 .

173
Méthodes
KA_MPSI.book Page 174 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• Quand deux signaux sinusoïdaux synchrones


S1 et S2 sont observés à l’oscilloscope, la
courbe obtenue en mode X-Y est une ellipse.
Sur cette ellipse, on peut mesurer l’amplitude
de chaque signal et le déphasage φ entre les 2A 2 sin ( φ ) 2A 2
deux signaux.

2A 1 sin ( φ )

2A 1

Mise en œuvre
Méthode n° 1
Comment mesurer un déphasage ?
Deux signaux sinusoïdaux de même fréquence qui n’atteignent pas leur maximum en même temps
sont déphasés. Comment mesurer le déphasage φ entre ces deux signaux ?

➜ Savoir faire

➊ Mesurer la période T des signaux S1 et S2 .


➋ Déterminer les instants t1 et t2 correspondant à deux maxima voisins de S1(t) et S2 (t).
➌ Calculer la phase φ en degré :
t2 – t1
φ ( ° ) = -------------- × 360°,
T
ou en radians :
t2 – t1
φ ( rad ) = -------------- × 2 π .
T

➜ Application
Mesurer le déphasage entre u(t) et i(t) (visualisé à un coefficient multiplicateur près) sur l’oscillo-
gramme représenté ci-dessous.

u(t)

5 V 20 mA i(t)
5 ms
0 t (ms)

174
Chapitre 5 : Signaux sinusoïdaux
KA_MPSI.book Page 175 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Solution
➊ On mesure une période de 8 carreaux pour les deux signaux soit :
T = 8 × 5 ms = 40 ms.
➋ On mesure des instants de passage à la valeur maximale (premier maximum de u et premier
maximum de i ) :
• t u = 20 ms pour la tension ;
• t i = 27,5 ms pour l’intensité.
➌ Le déphasage entre la tension u (t) et l’intensité i (t) vaut donc :
tu – ti 20 ⋅ 10 –3 – 27,5 ⋅ 10 –3
φ = ------------- × 360 = -------------------------------------------------------
- × 360 = –67,5°,
T 40 ⋅ 10 –3
3p
soit : f = – ------ (i est en retard sur u).
8

u(t)

5 V 20 mA i(t)
5 ms T
0 tu ti t (ms)

175
Méthodes
KA_MPSI.book Page 176 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Énoncés des exercices

Exercices
Niveau 1 Quelles sont les amplitudes des signaux, leur fré-
quence et l’avance de phase de la voie 2 sur la voie 1 ?

Ex. 1 Représentation de signaux


Voie 1
Les signaux envoyés sur la voie 1 et la voie 2 de
l’oscilloscope ont respectivement pour expression :

 Voie 1 : Y 1 = A 1 cos ( ω t ) , avec A 1 = 5 V.



 π
 Voie 2 : Y 2 = A 2 cos ( ω t + φ ) , avec A 2 = 2 V et φ = --4- .

La fréquence f, égale pour les deux signaux, a pour Voie 2


valeur :
ω
f = ------ = 1 000 Hz.

La base de temps est : 200 µs/carreau. Les calibres Représenter l’écran de l’oscilloscope en mode X-Y :
utilisés sont les suivants : – la voie 1 est suivant X ;
– la voie 2 est suivant Y.
 Voie 1 : 2 V/carreau

 Voie 2 : 1 V/carreau. Ex. 3 Courbe X-Y
Le signal de la voie 1 sert à la synchronisation de On observe l’oscilloscope en mode X-Y :
l’oscilloscope : niveau 0 ; sens +. (Ceci signifie que le – la voie 1 est suivant X ;
signal de la voie 1 démarre quand il passe par une – la voie 2 est suivant Y.
valeur nulle dans le sens croissant.) L’écran obtenu est représenté ci-dessous.
a) Représenter l’écran de l’oscilloscope.
b) Représenter l’écran de l’oscilloscope en mode
X-Y :
– la voie 1 est suivant X ;
– la voie 2 et suivant Y.

Ex. 2 Détermination d’une avance


de phase et d’amplitude
Les calibres de l’oscilloscope sont les suivants :
 Voie 1 : 1 V/carreau

 Voie 2 : 2 V/carreau.
La base de temps est 500 µs/carreau. On observe Déterminer le déphasage de la voie 2 sur la voie 1. (La
l’écran de l’oscilloscope ci-dessous. voie 2 est en avance.)

Indications
Ex. 1 a) Bien penser aux contraintes imposées par la Ex. 2 On ne visualise à l’écran qu’une demi-période
synchronisation sur la voie 1. des signaux.

b) Avant de tracer l’ellipse, dresser un tableau de Ex. 3 Déduire graphiquement sin φ de l’ellipse
valeurs. obtenue.

176
Chapitre 5 : Signaux sinusoïdaux
KA_MPSI.book Page 177 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Solution des exercices

Solutions des exercices


Exercice 1

a) La fréquence des signaux est f = 1 000 Hz, donc leur période vaut :
1 1
T = --- = -------------- = 1 ms.
f 1 000
Représentons sur un même graphe l’allure des deux courbes en tenant compte des calibres des voies :

 A 1 = 5 V avec 2 V/carreau, d’où une amplitude de 2,5 carreaux.



 A 2 = 2 V avec 1 V/carreau, d’où une amplitude de 2 carreaux.

amplitude (carreau)

2
fenêtre voie 2
1 de l’écran

0 0,5 1 1,5 t (ms)


–1

–2 voie 1

Les contraintes liées à la synchronisation imposent de placer la fenêtre de l’écran de l’oscilloscope à


l’endroit indiqué sur le schéma. La période des signaux est 1 ms, soit 5 carreaux. L’écran de l’oscillos-
cope est donc le suivant :

voie 2

voie 1

À l’oscilloscope, la base de temps est la même sur les deux voies. En revanche, les calibres sont choisis indépen-
damment.
b) Pour tracer la courbe XY, avec les calibres utilisés, nous allons dresser un tableau de valeurs.

π π π π 2π 3π 5π
wt 0 --- --- --- --- ------ ------ ------ π
6 4 3 2 3 4 6

X 2,5 2,16 1,77 1,25 0 –1,25 –1,77 –2,16 –2,5


Y 1,41 +0,52 0 –0,52 –1,41 –1,93 –2 –1,93 –1,41

177
Exercices
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On obtient la courbe XY suivante :

En mode X-Y, il faut tenir compte des calibres propres à chaque voie.

Exercice 2

• L’amplitude de la voie 1 est 4 carreaux, d’où : A1 = 4 V.


L’amplitude de la voie 2 est 3 carreaux, d’où : A2 = 3 × 2 = 6 V.
• Une demi-période du signal fait 6 carreaux, c’est-à-dire 3 ms.
La période du signal est 6 ms, la fréquence est :
1
f = ------------------
- = 167 Hz .
6 ⋅ 10 –3
• La voie 2 est décalée de 1 carreau vers la gauche par rapport à la voie 1 ; le déphasage est positif et
vaut :
1 π
φ = 2π × ------------ = --- (avance de phase de la voie 2 sur la voie 1).
2×6 6

Le décalage entres des deux voies est 1 carreau et une période des signaux occupe 2 × 6 = 12 carreaux, d’où la
valeur de φ.

• Nous pouvons reporter point par point les valeurs de X et Y pour tracer la courbe XY. Nous obte-
nons la courbe suivante :

178
Chapitre 5 : Signaux sinusoïdaux
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Exercice 3

Pour mesurer φ, il faut déterminer les grandeurs suivantes sur le graphe :

2A 1 sin φ

2A 1

On trouverait le même résultat en raisonnant « verticalement » sur 2A2 et 2A 2 sin φ .

On mesure sur l’écran de l’oscilloscope :


2A 1 = 6 carreaux et 2A 1 sin φ = 5,2 carreaux,
5,2
d’où : sin φ = -------- = 0,867, soit :
6
φ = 60° ou φ = 120°.
L’inclinaison de la courbe impose :
0°  φ  90°, d’où : f = 60°.

L’énoncé précise que la voie 2 est en avance sur la voie 1, ce qui permet de déterminer le signe du déphasage φ. Sans
cette indication, il serait impossible de conclure quant au signe de φ.

179
Exercices
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CHAPITRE

6 Étude du circuit RLC


série : résonance
Introduction
Dans ce chapitre, nous allons introduire les notions essentielles liées aux régimes
sinusoïdaux permanents utilisés dans toute l’électronique et l’électrotechnique.
Afin de comprendre l’intérêt de cette utilisation, nous allons étudier le circuit constitué
des composants R, L et C en série et mettre en évidence l’apparition de phénomènes de
résonance.

Plan du chapitre 6
A. Observations expérimentales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 182
1. Montage expérimental . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 182
2. Observation de la tension aux bornes du condensateur. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 182
3. Observation du courant dans le circuit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 182
B. Étude de la tension uC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 182
1. Régime transitoire – Régime permanent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 182
2. Utilisation des nombres complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 184
3. Expressions en variables réduites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 186
4. Étude de la résonance tension. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 187
5. Solution complète de l’équation différentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 190
C. Étude du courant dans le circuit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 191
1. Régime transitoire – Régime permanent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 191
2. Utilisation des nombres complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 192
3. Étude de la résonance intensité. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 193
4. Bande passante du circuit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 194
D. Aspect énergétique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195
1. Conservation de l’énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195
2. Interprétation physique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195
3. Interprétation énergétique de Q . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 196

Méthodes
L’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 197
Énoncés des exercices. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 201
Indications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 202
Solution des exercices. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 203

181
KA_MPSI.book Page 182 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

A. Observations expérimentales
A.1. Montage expérimental
Le montage permettant d’observer le régime permanent sinusoïdal est cons-
i K titué d’une bobine d’inductance L, d’un conducteur ohmique de résistance R
(incluant éventuellement la résistance r de la bobine) et d’un condensateur de
uR capacité C montés en série.
R
Le circuit est alimenté par un générateur idéal de tension sinusoïdale de fém
E(t) = E0cos(ω t), relié au circuit RLC par un interrupteur K (fig. 1). Pour t  0,
E(t) le condensateur est déchargé et l’interrupteur K est ouvert. À l’instant t = 0, on
L uL
ferme l’interrupteur : le générateur débite alors un courant dans le circuit.

C uC A.2. Observation de la tension aux bornes


du condensateur
Fig. 1 - Schéma du montage On étudie l’évolution de la tension uC aux bornes du condensateur au cours
expérimental. du temps grâce à un oscilloscope ou à un système d’acquisition de données
relié à l’ordinateur. Afin d’éviter le court-circuit par les masses, on relie une
des bornes du condensateur à la masse du générateur, et donc à celle de
i K Y1 l’oscilloscope ou du système d’acquisition (fig. 2).
On visualise le signal appliqué au circuit RLC sur la voie Y1 et la tension uC (t)
R aux bornes du condensateur sur la voie Y2 . Le déclenchement de l’acquisition
se fait sur la voie 1 lorsque le signal passe à une valeur non nulle afin d’obser-
ver le régime transitoire au début de l’acquisition (par exemple, avec un
E(t) oscilloscope à mémoire). Le régime sinusoïdal permanent est observé à
L
Y2 l’oscilloscope avec synchronisation sur la voie 1.

C uC A.3. Observation du courant dans le circuit


Pour étudier l’évolution de l’intensité i du courant dans le circuit au cours du
temps, on observe la tension aux bornes de la résistance R ( u R = Ri ). Par rap-
port au montage précédent, il suffit d’intervertir le condensateur et le conduc-
Fig. 2 - Branchements des voies teur ohmique (fig. 3).
Y1 et Y2 sur le circuit pour visualiser
simultanément E(t ) et uC(t).

B. Étude de la tension uC
i K Y1
B.1. Régime transitoire – Régime permanent
C
B.1.1 - Équation différentielle vérifiée par uC
Pour t  0, la tension aux bornes de l’interrupteur K est nulle et la loi d’addi-
L
E(t) tion des tensions s’écrit :
Y2 du C d 2 uC
E ( t ) = u R + u L + u C , avec u R = RC ----------- et u L = LC ------------
-.
dt dt 2
R uR
La tension uC aux bornes du condensateur d’un circuit RLC série soumis à
la tension sinusoïdale E ( t ) = E 0 cos ( ωt ) vérifie l’équation différentielle du
second ordre à coefficients constants avec second membre :
Fig. 3 - Branchements des d 2 uC du C
voies Y1 et Y2 sur le circuit pour - + RC -----------
LC ------------- + u C = E 0 cos ( wt ).
visualiser E(t ) et i (t). dt 2 dt

182
Chapitre 6 : Étude du circuit RLC série : résonance
KA_MPSI.book Page 183 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

La solution de l’équation différentielle précédente est la somme :


– de la solution générale u1 de l’équation homogène :
d 2 u1 du
- + RC ---------1- + u 1 = 0 ;
LC -----------
2
dt dt
– d’une solution particulière u2 de l’équation.

B.1.2 - Solution de l’équation homogène :


régime transitoire
La résolution de l’équation homogène a déjà été effectuée au chapitre 4
(cf. § C.2.3 et § C.2.5). On obtient le polynôme caractéristique en r :
LCr 2 + RCr + 1 = 0.
Ce polynôme admet deux racines réelles négatives, éventuellement confon-
dues, ou deux racines complexes conjuguées à partie réelle négative. Les solu-
tions de l’équation homogène tendent donc toujours à s’annuler avec le
1. Elles correspondent temps1.
respectivement au régime
apériodique, au régime critique et La solution de l’équation homogène constitue le régime transitoire d’évolu-
au régime pseudo-périodique.
tion de la tension uC .

B.1.3 - Solution particulière sinusoïdale :


régime sinusoïdal permanent
Comme le second membre de l’équation est une fonction sinusoïdale, on
2. Lorsque le second membre de cherche comme solution particulière une fonction sinusoïdale de la forme2 :
l’équation différentielle est une
fonction sinusoïdale, elle admet u 2 ( t ) = U 0 cos ( wt + f ), où ω est la pulsation du signal.
pour solution particulière une
L’amplitude U0 et la phase à l’origine φ dépendent des données R, L, C, E0
fonction sinusoïdale de même
pulsation. et ω du problème. Leurs expressions seront déterminées dans le prochain
paragraphe en utilisant les nombres complexes.

La solution particulière sinusoïdale de l’équation différentielle constitue le


régime sinusoïdal permanent d’évolution de la tension uC . Ce régime s’ins-
talle lorsque le régime transitoire s’annule.

B.1.4 - Conditions de continuité


La tension uC aux bornes du condensateur et l’intensité i du courant dans
l’inductance sont continues. À l’instant t = 0, les conditions initiales sur la
3. L’équation différentielle étant tension et l’intensité s’écrivent donc3 :
du second ordre, il faut connaître
u C ( t = 0 ) = 0 et i ( t = 0 ) = 0.
deux conditions initiales pour
déterminer les deux constantes du C
d’intégration : Comme i = C ----------- , la condition i ( t = 0 ) = 0 équivaut à :
– continuité de uC à t = 0 ;
dt
– continuité de i à t = 0. du C
- ( t = 0 ) = 0.
----------
dt
Les deux conditions initiales permettant de résoudre le problème sont :
du C
u C ( t = 0 ) = 0 et ----------- ( t = 0 ) = 0.
dt
Il est à noter que les conditions de continuité s’appliquent à la solution de
l’équation complète. Une erreur classique consiste cependant à ne les appli-
quer qu’à la seule solution de l’équation homogène.

183
Cours
KA_MPSI.book Page 184 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

B.2. Utilisation des nombres complexes


B.2.1 - Équation différentielle complexe
• On considère les équations différentielles du second ordre à coefficients
constants avec second membre sinusoïdal notées (1) et (2) :
d 2 u2 du
2
- + RC ---------2- + u 2 = E 0 cos ( ωt )
LC ----------- (1)
dt dt
d 2 u 2′ du 2′
LC -------------
2
- + RC ----------- + u 2′ = E 0 sin ( ωt ) (2)
dt dt
1. On admettra ce résultat. Elles admettent respectivement les solutions particulières sinusoïdales1 :
u 2 ( t ) = U 0 cos ( ωt + φ ) (équation 1) et u 2′ ( t ) = U 0 sin ( ωt + φ ) (équation 2),
où les valeurs de U0 et φ sont déterminées à partir des données du problème.
• En effectuant la combinaison linéaire (1) + j(2), on obtient l’équation diffé-
rentielle complexe :
d2 d
LC -------2- ( u 2 + ju 2′ ) + RC ------ ( u 2 + ju 2′ ) + ( u 2 + ju 2′ ) = E 0 [ cos ( ωt ) + j sin ( ωt ) ],
dt dt
soit en posant u 2 = u 2 + ju 2′ et E ( t ) = E 0 cos ( ωt ) + j sin ( ωt ) = E 0 e jωt :

d 2 u2 du 2
LC ------------
- + RC - + u 2 = E ( t ) = E 0 e jwt .
---------
dt 2 dt
2. On a : D’après ce qui précède, cette équation admet pour solution particulière la
u 2 = Re ( u 2 ) et u 2′ = Im ( u 2 ) . fonction complexe2 :
u 2 ( t ) = u 2 ( t ) + ju 2′ ( t ) = U 0 cos ( ωt + φ ) + jU 0 sin ( ωt + φ ),
3. Dans cette écriture, U0 est que l’on peut écrire plus simplement3 :
le module du complexe U 0
u 2 ( t ) = U 0 e j ( ωt + φ ) = U 0 e jωt , où U 0 = U 0 e jφ est l’amplitude complexe.
( U 0 = U 0 ) et φ est son argument
φ = arg ( U 0 ) .
La solution particulière sinusoïdale u2 est la partie réelle de la solution par-
ticulière u 2 de l’équation différentielle complexe associée à l’équation dif-
férentielle réelle :
u 2 = U 0 cos ( wt + f ) = Re [ u 2 ( t ) ], avec u 2 ( t ) = U 0 e jwt .

B.2.2 - Solution complexe


D’après les propriétés de dérivation des complexes (cf. chapitre 5), on a :
du d 2 u2
---------2- = jωu 2 et -----------
- = – ω 2 u 2 , d’où : – LCω 2 u 2 + jRCωu 2 + u 2 = E 0 e jωt .
dt dt 2
La solution particulière u 2 de l’équation différentielle complexe a donc pour
4. L’intérêt d’utiliser les nombres expression4 :
complexes pour simplifier les
calculs apparaît ici de manière E 0 e jωt
-.
u 2 = ---------------------------------------------------
évidente. – LCω 2 + jRCω + 1
Comme u 2 ( t ) = U 0 e jωt , l’amplitude complexe U 0 s’écrit :

E0
U 0 = ----------------------------------------------------- .
– LCw + jRCw + 1 2

184
Chapitre 6 : Étude du circuit RLC série : résonance
KA_MPSI.book Page 185 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

B.2.3 - Solution réelle


• La solution particulière sinusoïdale u 2 = U 0 cos ( ωt + φ ) est la partie réelle
de la solution particulière complexe u 2 = U 0 e jωt :
u 2 = Re [ U 0 e jωt ], avec U 0 ( t ) = U 0 e jφ .

L’amplitude réelle U0 est le module de l’amplitude complexe U 0 et la phase


à l’origine des temps φ est son argument :
1. Le module du nombre complexe U0 = U0 et f = arg ( U 0 ).
z = a + jb vaut :
z = a2 + b2 .
On a les propriétés suivantes : • D’après l’expression de l’amplitude complexe U 0 , l’amplitude réelle U0 vaut1 :
j =1 ; e jα = 1 ; E0
z z U 0 = U 0 = ----------------------------------------------------------------- .
zz ′ = z × z ′ ; ----- = -------. ( 1 – LCw 2 ) 2 + ( RCw ) 2
z′ z′
• Pour calculer la phase à l’origine des temps φ, on utilise les propriétés des
2. Un argument du nombre arguments des nombres complexes2. En écrivant l’amplitude complexe U 0
complexe z = a + jb vaut : comme le rapport de deux nombres, on a :
arg ( z ) = Arctan  --- si a  0.
b
 a arg ( U 0 ) = – arg (dénominateur), car arg(E0) = 0 (réel positif).

arg ( z ) = ± π + Arctan  --- si a  0.


b La partie réelle du dénominateur est 1 – LCω 2 . Comme son signe varie avec
 a
les valeurs de la pulsation ω, elle ne permet pas d’aboutir à une formule unique
On a les propriétés suivantes : valable dans tous les cas. En revanche, la partie imaginaire RCω du dénomina-
π
arg ( j ) = --- ; arg ( e jα ) = α ; teur est toujours positive. On peut donc écrire le dénominateur sous la forme :
2
arg ( zz ′ ) = arg ( z ) + arg ( z ′ ) ; π 1 – LCω 2
j [ RCω – j ( 1 – LCω 2 ) ], d’argument : --- – Artan  ------------------------- .
arg  ----- = arg z – arg ( z ′ ).
z 2  RCω 
 z ′
La phase à l’origine des temps φ vaut donc :
p 1 – LCw 2
f = – --- + Arctan  ------------------------- .
2  RCw 

Remarque : on pourrait aussi écrire la solution u2 sous la forme :


2
u 2 = U 0 sin ( ωt + ϕ ), avec ϕ = Artan  ------------------------- .
1 – LCω
 RCω 

Application 1 Régime sinusoïdal permanent de la tension uC


On considère un circuit RLC série tel que la pulsation ω de la source de tension est égale à la pulsa-
tion propre ω0 du circuit LC correspondant :
1
ω = ω 0 = ------------- .
LC
Écrire la solution réelle u2 (t) du régime sinusoïdal permanent de la tension aux bornes du conden-
sateur en fonction de R, L, C et E0.
Solution
2
• Comme LCω 0 = 1, le dénominateur de l’amplitude complexe U0 est alors :
2 E0 E0 L
( 1 – LCω 0 ) + jRCω 0 = jRCω 0 , soit : U 0 = --------------
- = – j ------ ---- .
jRCω R C
• L’amplitude réelle U0 est le module de l’amplitude complexe U 0 :
E0 L E0 L
U 0 = – j ------ ---- = ------ ---- .
R C R C

185
Cours
KA_MPSI.book Page 186 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• La phase à l’origine des temps est l’argument de l’amplitude complexe U 0 :


π
φ = arg ( U 0 ) = arg ( – j ) = – --- .
2
On trouverait bien le même résultat en appliquant la formule générale. En effet :
π 1 – LCω 2 π
φ = – --- + Arctan  ------------------------- avec 1 – LCω 0 = 0, d’où : φ = – --- (car Arctan(0) = 0).
2
2  RCω  2
• La solution réelle u 2(t) du régime sinusoïdal permanent s’écrit donc :
E0 L π E0 L
u 2 ( t ) = U 0 cos ( ωt + φ ) = ------ ---- cos  ωt – --- , soit : u 2 ( t ) = ------ ---- sin ( wt ).
R C  2  R C

B.3. Expressions en variables réduites


B.3.1 - Coefficient d’amortissement a
Le régime sinusoïdal permanent dépend des paramètres R, L et C du circuit.
Comme pour l’étude du régime transitoire (cf. chapitre 4), il peut être plus
simple d’exprimer l’amplitude réelle U0 et la phase à l’origine φ en fonction
de variables réduites. On utilise alors :
ω 1
– la variable x = ------ , où ω 0 = ------------- est la pulsation propre du circuit ;
ω0 LC
R 1
– le coefficient d’amortissement α = -------------- = --- RCω 0 (ou, ce qui est équi-
2Lω 0 2
1
valent, le facteur de qualité Q = ------- ).

1. Les calculs à effectuer pour L’amplitude complexe U 0 s’écrit alors1 :
obtenir les expressions de U 0 , U0
E0
et φ en fonction de x et de α ne U 0 = --------------------------------- .
sont pas compliqués. 1 – x 2 + 2jαx
On en déduit donc :
E0 p 1 – x2
U 0 = -------------------------------------------------
- et f = – --- + Arctan  --------------- .
( 1 – x ) 2 + 4a 2 x 2
2 2  2a x 

B.3.2 - Analogie avec l’oscillateur linéaire


Le tableau ci-dessous résume les analogies entre l’oscillateur électrique en
régime sinusoïdal forcé étudié en électrocinétique et l’oscillateur linéaire en
régime sinusoïdal forcé étudié en mécanique. L’inductance L correspond à
« l’inertie », la résistance R aux « frottements » et l’inverse de la capacité C au
« rappel » (cf. chapitre 4 § C. 6).

Oscillateur électrique Oscillateur mécanique

d2 uC du C d2X dX
Équation - + RC ----------
LC ------------ - + uC m ----------
- + f -------- + kX
différentielle dt 2 dt dt 2 dt
= E 0 cos ( ωt ) = F 0 cos ( ωt )

1 k
Pulsation propre ω 0 = ------------- ω0 = ----
LC m

186
Chapitre 6 : Étude du circuit RLC série : résonance
KA_MPSI.book Page 187 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Coefficient R 1 f 1f
α = -------------- = --- RCω 0 α = --------------- = --- --- ω 0
d’amortissement 2Lω 0 2 2mω 0 2k

Facteur 1 1
Q = ------- Q = -------
de qualité 2α 2α

F
Solution E 0 e jωt -----0- e jωt
uC = ---------------------------------------------------
- k
complexe X = ------------------------------------------
– LCω 2 + jRCω + 1 m 2 f
– ----ω + j --- ω + 1
k k

Amplitude com- F
w E0 -----0-
plexe avec x = ------ U 0 = --------------------------------- k
w0 1 – x 2 + 2jαx X 0 = ---------------------------------
1 – x 2 + 2jαx

F
E0 -----0-
Amplitude réelle U 0 = ------------------------------------------------ k
( 1 – x 2 ) 2 + 4α 2 x 2 X 0 = ------------------------------------------------
( 1 – x ) 2 + 4α 2 x 2
2

Phase à l’origine π 1 – x2 π 1 – x2
φ = – --- + Arctan  -------------- φ = – --- + Arctan  --------------
des temps 2  2αx  2  2αx 

Régime sinusoï-
u C ( t ) = U 0 cos ( ωt + φ ) X ( t ) = X 0 cos ( ωt + φ )
dal permanent

B.4. Étude de la résonance tension


L’étude de la résonance tension aux bornes du condensateur du circuit RLC
1. L’étude est similaire à celle série1 consiste à étudier les variations de l’amplitude réelle U0 et de la phase
effectuée pour la résonance à l’origine φ en fonction de la pulsation ω de la source de tension excitatrice,
élongation de l’oscillateur ω
c’est-à-dire en fonction de la variable réduite x = ------ .
mécanique. ω0

B.4.1 - Étude de l’amplitude U0


L’amplitude U0 s’exprime en fonction de la variable d’étude x par :
E0 E0
U 0 = ------------------------------------------------ = -------------- .
( 1 – x ) + 4α x
2 2 2 2 f(x)
2. La fonction √ est croissante : La fonction U0 varie inversement2 à la fonction f. Il suffit donc d’étudier les
elle conserve donc le sens de variations de f, dont la dérivée est :
variation. La fonction inverse est
décroissante : elle inverse donc f ′ ( x ) = 4x ( x 2 – 1 + 2α 2 ).
le sens de variation.
1 1
• Premier cas : α  ------- ≈ 0,7 (c’est-à-dire Q  ------- ≈ 0,7 ).
2 2
La dérivée f ′ s’annule pour x = 0 et elle est positive pour x ∈ ]0 ; + ∞[ (f est
x 0 +∞ croissante). La fonction U0 décroît donc constamment vers 0 (fig. 4).
E0
Si le coefficient d’amortissement α est élevé  α  ------- , c’est-à-dire si le fac-
U0 1
 2
0
teur de qualité Q est faible  Q  ------- , alors l’amplitude U0 des oscillations
1
 2
Fig. 4 - Tableau de variation
de U0 . décroît avec la pulsation ω.

187
Cours
KA_MPSI.book Page 188 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

1 1
• Deuxième cas : α  ------- ≈ 0,7 (c’est-à-dire Q  ------- ≈ 0,7 ).
2 2

La dérivée f ′ s’annule pour x = 0 et x = 1 – 2α 2 ; elle est négative pour


x ∈ ]0 ; 1 – 2 α 2 [ (f est décroissante) et positive pour x ∈ ] 1 – 2α 2 ; + ∞ [
(f est croissante). La fonction U0 croît donc jusqu’à un maximum Umax atteint
en x max = 1 – 2α 2 , puis décroît vers 0 (fig. 5). La valeur du maximum est :
x 0 x max +∞ E0
U max = U 0 ( x max ) = U 0 ( 1 – 2α 2 ) = --------------------------- .
U max 2a 1 – a 2
U0 L’abscisse x max croît vers 1 quand α → 0. La pulsation correspondante ω max
E0 0 croît donc vers la pulsation propre ω 0 du circuit.

Fig. 5 - Tableau de variation Propriété 1


de U0 .
Si le coefficient d’amortissement α est faible  α  ------- , c’est-à-dire si le
1
 2
facteur de qualité Q est élevé  Q  ------- , alors l’amplitude U0 de la tension
1
 2
passe par un maximum ( U max  E 0 ) pour une pulsation ωmax voisine de
la pulsation propre ω0 ( ω max  ω 0 et ωmax → ω 0 quand α → 0 ) : on dit
que l’oscillateur entre en résonance tension.

U
On peut tracer le réseau de courbes y = ------0- = g α ( x ) paramétrée par le coef-
E0
ficient d’amortissement α, c’est-à-dire par le facteur de qualité Q (fig. 6).
Dans tous les cas, on a : y ( 0 ) = 1 et y ( 1 ) = Q.

U0
-------
E0 g1
2,0 -4

1,5

g1
-------
1,0 2
g1
1/ 2
0,5

0 1,0 2,0 3,0 4,0 5,0 x

U max Fig. 6 - Allure des courbes g1 , g 1 et g 1 . L’ordonnée du point d’abscisse 1 est égale au
------ --
------------
- 2 4
8 E0 facteur de qualité Q.
6
4
2 B.4.2 - Courbe des maxima
1 1
0 0,1 0,3 0,5 0,7 0,9 Pour α  ------- (ou Q  ------- ), la courbe U 0 ( x ) passe par un maximum :
x max 2 2
Fig. 7 - Courbe des maxima E0
U max = --------------------------- , pour x = x max = 1 – 2α 2 .
Umax (x max ), au facteur E 0 près. 2α 1 – α 2

188
Chapitre 6 : Étude du circuit RLC série : résonance
KA_MPSI.book Page 189 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

On peut alors tracer la courbe des maxima par l’ensemble des points d’abs-
cisse xmax et d’ordonnée Umax . En éliminant le paramètre α entre xmax et Umax ,
1. Les calculs à effectuer pour on obtient l’équation cartésienne1 de cette courbe (fig. 7) :
obtenir l’expression de Umax en
fonction de x max ne sont pas E0
compliqués. U max ( x max ) = -------------------------- , avec x max ∈ [ 0 ; 1 ] .
4
1 – x max
On déduit de cette expression que :
U max → ∞ quand x max → 1, c’est-à-dire quand α → 0 (ou Q → ∞ ).

Plus le coefficient d’amortissement α est faible, c’est-à-dire plus le facteur


de qualité Q est élevé, et plus la surtension aux bornes du condensateur à
la résonance tension est grande (fig. 8).

Pour cette raison, on peut aussi définir le facteur de qualité Q comme le fac-
2. On a : U0 = QE0 pour x = 1, teur de surtension du circuit 2 :
c’est-à-dire pour ω = ω 0 .
U 0 (w 0 )
Q = ------------------- , où ω 0 est la pulsation propre du circuit.
E0

U
------0-
E0
4,0
g1 ⁄ 8

3,0 g1 ⁄ 6

2,0
g1 ⁄ 4
1,0

0 1,0 2,0 3,0 4,0 5,0 x

Fig. 8 - Allure des courbes g 1/4 , g 1/6 et g 1/8 . Plus Q augmente, plus la surtension à
la résonance est grande.

B.4.3 - Étude de la phase f


La phase φ à l’origine s’exprime en fonction de la variable d’étude x par :
π 1 – x2 π
φ = – --- + Arctan  -------------- = – --- + Arctan [ f ( x ) ],
2  2αx  2

avec f ( x ) = -------  --- – x .


1 1
2α  x 
La fonction f est une fonction décroissante de x quelle que soit la valeur de α.
x 0 1 +∞
Comme la fonction Arctan est croissante, la fonction φ décroît de 0 à –π
0 (fig. 9).
π
φ – --- On peut tracer le réseau de courbes φ = h α ( x ) paramétrée par le coefficient
2
–π d’amortissement α, c’est-à-dire par le facteur de qualité Q (fig. 10). Dans
tous les cas, on :
π
Fig. 9 - Tableau de variation φ ( 1 ) = – --- .
de φ. 2

189
Cours
KA_MPSI.book Page 190 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

φ (rad)
0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5 4,0 4,5 5,0 x

π
– ---
2
h1 ⁄ 4
h1 ⁄ 2
h1
–π

π
Fig. 10 - Allure des courbes h 1 , h 1 ⁄ 2
et h 1 ⁄ 4 . L’ordonnée du point d’abscisse 1 est – --- .
2

B.5. Solution complète de l’équation


différentielle
Il est difficile de donner la solution complète de l’équation différentielle dans
le cas général, car de trop nombreux paramètres interviennent pour la définir.
Nous allons donc étudier le cas particulier suivant :
– la pulsation de la source sinusoïdale est : ω = ω 0 ;
1
– le coefficient d’amortissement vaut : α = --- .
2
1. La première égalité découle de De ces valeurs, on déduit les égalités1 :
l’expression de ω 0 et la seconde
de l’expression de α. 1 1
LC = -----2- et RC = ------ .
ω0 ω0

L’équation différentielle établie au § A.1.1 s’écrit alors :


d 2 uC du C 2 2
- + ω 0 ----------- + ω 0 u C = ω 0 E 0 cos ( ω 0 t ).
------------
dt 2 dt
• Le régime sinusoïdal permanent correspond à la solution particulière sinusoï-
2. En notations complexes, on dale u2 de l’équation différentielle. En notations complexes, on peut écrire2 :
du 2
π
remplace : --------- par jω 0 u 2 et j  ω 0 t – ---
dt 2 2 2 2  2
d 2 u2 2
– ω 0 u 2 + jω 0 u 2 + ω 0 u 2 = ω 0 E 0 e jω0 t , d’où : u 2 = – jE 0 e jω0 t = E 0 e .
- par – ω 0 u 2 .
----------
dt 2
La solution réelle est la partie réelle de la solution complexe :
π
u 2 ( t ) = E 0 cos  ω 0 t – --- = E 0 sin ( w 0 t ).
 2
• Le régime transitoire correspond à la solution de l’équation homogène :
d2 u1 du 1 2
- + ω 0 ---------- + ω 0 u 1 = 0.
-----------
dt 2 dt
Le polynôme caractéristique en r associé à l’équation est :
2 1
r 2 + ω 0 r + ω 0 = 0, de racines : r = – --- ω 0 [ 1 ± j 3 ].
2
Le régime transitoire est donc pseudo-périodique (cf. chapitre 4) :
1
– --- ω 0 t
A cos  ------- ω 0 t + B sin  ------- ω 0 t .
3 3
u1 ( t ) = e 2
 2   2 

190
Chapitre 6 : Étude du circuit RLC série : résonance
KA_MPSI.book Page 191 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• La solution complète est la somme de u1 et u2 :


1
– --- ω 0 t
A cos  ------- ω 0 t + B sin  ------- ω 0 t + E 0 sin ( ω 0 t ).
3 3
uC ( t ) = u1 ( t ) + u2 ( t ) = e 2
 2   2 
Pour déterminer les constantes d’intégration A et B, il faut utiliser les condi-
tions de continuité :
du C
uC ( t = 0 ) = 0 et - ( t = 0 ) = 0.
----------
dt
On a donc :

3 2 3
A = 0 et ------- B + E 0 = 0, d’où : B = – ----------- E 0 .
2 3
La tension uC aux bornes du condensateur vaut donc :
1
u C ( t ) = E 0 sin ( w 0 t ) – ----------e 2 sin  ------- w 0 t .
2 3 – --- w0 t 3
3  2 
En posant x = ω 0 t, on peut tracer la courbe d’équation (fig. 11) :
1
u
y = -----C- = sin x – ----------- e 2 sin  ------- x .
2 3 – --- x 3
E0 3  2 

y
1

0,5

0 5 10 15 20 25 x

–0,5

–1

Fig. 11 - Évolution de la tension u C aux bornes du condensateur


1
dans le cas particulier où ω = ω 0 et α = -- .
2

C. Étude du courant dans le circuit


C.1. Régime transitoire – Régime permanent
La tension uC aux bornes du condensateur s’écrit u C = u 1 + u 2 , où u1
exprime le régime transitoire et u2 le régime sinusoïdal permanent. L’intensité
i du courant, obtenue en dérivant uC , est donc aussi la somme de deux termes :
du C du 1 du 2
i = C ----------- = C ---------- + C ---------- = i 1 + i 2 .
dt dt dt
– Le terme i1 correspond au régime transitoire. Son expression a déjà été don-
née au chapitre 4 (cf. § C.3).
– Le terme i2 correspond au régime sinusoïdal permanent. L’expression de i2
est de la forme :
i 2 ( t ) = I 0 cos ( wt + f¢ ), où ω est la pulsation du signal.

191
Cours
KA_MPSI.book Page 192 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

L’amplitude I0 et la phase à l’origine φ′ dépendent des données R, L, C, E0 et


ω du problème. Leurs expressions seront déterminées dans le prochain para-
graphe en utilisant les nombres complexes.

C.2. Utilisation des nombres complexes


• De même que pour la tension, on peut représenter l’intensité i2 par une
grandeur complexe :
i 2 = I 0 cos ( wt + f¢ ) = Re [ i 2( t ) ], avec i 2 = I 0 e jωt et I 0 = I 0 e jφ′ .

L’amplitude réelle I0 est le module de l’amplitude complexe I 0 et la phase à


l’origine des temps φ′ est son argument :
I0 = I 0 et f¢ = arg ( I 0 ).

• D’après la définition de i2 , on a donc (cf. § A.2.2) :


du 2 E 0 e jωt
-.
i 2 = C ---------- = jCωu 2 , d’où : i 2 = jCω ---------------------------------------------------
dt – LCω 2 + jRCω + 1
Comme i 2 ( t ) = I 0 e jωt , l’amplitude complexe I 0 s’écrit :
jCwE 0
-.
I 0 = ---------------------------------------------------
–LCw 2 + jRCw + 1

• L’amplitude réelle I0 est le module de l’amplitude complexe I 0 :


CωE 0
I 0 = I 0 = ---------------------------------------------------------------- .
( 1 – LCω 2 ) 2 + ( RCω ) 2

• La phase à l’origine φ′ est l’argument de l’amplitude complexe I 0 . Elle se


déduit simplement de l’expression i 2 = jCωu 2 :

π 1 – LCω 2
φ′ = --- + φ, d’où : φ′ = Arctan  -------------------------  .
2  RCω 

Application 2 Régime sinusoïdal permanent de l’intensité i


On considère un circuit RLC série tel que la pulsation ω de la source de tension est égale à la pulsa-
tion propre ω0 du circuit LC correspondant :
1
ω = ω 0 = ------------- .
LC
Écrire la solution réelle i 2 ( t ) du régime sinusoïdal permanent de l’intensité dans le circuit en fonc-
tion de R, L, C et E0.
Solution
2
Comme LCω 0 = 1, le dénominateur de l’amplitude complexe I 0 est alors :
2 jCωE E0
( 1 – LCω 0 ) + jRCω 0 = jRCω 0 , soit : I 0 = -----------------0- = ------ .
jRCω R
L’amplitude complexe est un nombre réel positif. On a donc :
E E0
I 0 = I 0 = -----0- et φ′ = arg ( I 0 ) = 0, d’où : i 2 ( t ) = I 0 cos ( ωt + φ′ ) = ------ cos ( wt ).
R R

192
Chapitre 6 : Étude du circuit RLC série : résonance
KA_MPSI.book Page 193 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

C.3. Étude de la résonance intensité


C.3.1 - Utilisation de variables réduites
Comme pour l’étude de la résonance tension aux bornes du condensateur
ω
(cf. § A.3.1), on utilise les variables réduites x = ------ et α (ou Q). L’amplitude
ω0
1. Il est plus commode d’exprimer complexe I 0 s’écrit alors1 :
I 0 en fonction de Q que de α.
E0 E0 E
2jαx ------ ------ ------0
R R R
I0 = --------------------------------- = ------------------------------------- = ------------------------------------- .
1 – x 2 + 2jαx
---------  --- – x + 1 1 + jQ  x – ---
1 1 1
2jα  x   x

C.3.2 - Étude de l’amplitude I0


L’amplitude I0 s’exprime en fonction de la variable d’étude x par :
E E
-----0- -----0-
R R
I 0 = ------------------------------------------- = -------------- .
2 f(x)
1 + Q 2  x – ---
1
 x 
2. La fonction √ est croissante : La fonction I0 varie inversement2 à la fonction f. Il suffit donc d’étudier les
elle conserve donc le sens de variations de f, dont la dérivée est :
variation. La fonction inverse est
f ′ ( x ) = 2Q 2  1 + ----2-  x – --- .
décroissante : elle inverse donc
1 1
le sens de variation.  x  x
La dérivée f ′ s’annule pour x = 1 ; elle est négative pour x ∈ ]0 ; 1[ (f est
décroissante) et positive pour x ∈ ]1 ; + ∞ [ (f est croissante). La fonction I0
x 0 1 +∞ croît donc jusqu’à un maximum Imax atteint en x = 1, puis décroît vers 0
(fig. 12). La valeur du maximum est :
E
-----0- E0
I0 R I max = I 0 ( 1 ) = ------ .
R
0 0
Propriété 2
L’amplitude I0 de l’intensité est maximale pour la pulsation propre ω 0 : on
Fig. 12 - Tableau de variation
de I 0 . dit que l’oscillateur entre en résonance intensité. On a toujours :
E0
I max = ------ .
R

I0
- = g Q ( x ) paramétrée par le fac-
On peut tracer le réseau de courbes y = ---------
I max
teur de qualité Q (fig. 13).
I0
----------
I max 1,0

g1 ⁄ 4
0,8

0,6
g 1/ 2
0,4
g1
0,2

0 1,0 2,0 3,0 4,0 5,0 x

Fig. 13 - Allure des courbes g 1 , g 1/ 2


et g 1/4 . La résonance est obtenue pour x = 1.

193
Cours
KA_MPSI.book Page 194 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

C.3.3 - Étude de la phase f¢


π
Comme φ′ = --- – φ, on obtient la courbe donnant φ′ en fonction de x par une
2
π
translation de --- de la courbe donnant φ en fonction de x (fig. 14).
2
φ (rad)
π
---
2
h1 ⁄ 4

1,0
0 0,5 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5 4,0 4,5 5,0 x
h1 h 1/ 2

π
– ---
2
Fig. 14 - Allure des courbes h 1 , h 1 ⁄ 2
et h 1 ⁄ 4 . L’ordonnée du point
d’abscisse 1 est nulle.

C.4. Bande passante du circuit


On cherche à déterminer les valeurs de la pulsation (appelées « pulsations de
coupure ») qui vérifient :
I max ω E0
I 0 ( x ) = ---------- , avec x = ------ et I max = ------ .
2 ω 0 R
Il faut donc résoudre l’équation :
E0 E0
------ ------
1 2
I 0 = ------------------------------------------- = ------- , soit : Q 2  x – --- = 1 ou x 2 ± ---- – 1 = 0.
R R x
2 2  x  Q
1 + Q 2  x – ---
1
 x
On ne garde que les racines positives de ces deux polynômes :
1 1
x 1 = -------- [ 1 + 4Q 2 – 1 ] et x 2 = -------- [ 1 + 4Q 2 + 1 ].
2Q 2Q
Les pulsations de coupure associées à ces valeurs de x sont donc :
w0 w0
w 1 = -------- [ 1 + 4Q 2 – 1 ] et w 2 = -------- [ 1 + 4Q 2 – 1 ].
2Q 2Q
On appelle alors bande passante la différence : ∆ω = ω 2 – ω 1 .
Définition 1
La bande passante d’un circuit est définie par la différence ∆ω = ω 2 – ω 1 ,
où ω1 et ω 2 sont les pulsations de coupure du circuit. Pour un circuit RLC
série, on a :
1. On définit ainsi plus ∆ω bande passante (s–1)
généralement le facteur de qualité w0 R
Q d’un circuit : ∆w = ------ = ---- ω 0 période propre (s–1)
Q L
ω0 Q facteur de qualité (sans dimension)
Q = --------
∆ω
où ω0 est la pulsation de
résonance et ∆ω la largeur de la Plus le facteur de qualité Q est élevé, plus la bande passante ∆ω est petite et
bande passante. plus la résonance intensité du circuit est aiguë 1.

194
Chapitre 6 : Étude du circuit RLC série : résonance
KA_MPSI.book Page 195 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

D. Aspect énergétique
D.1. Conservation de l’énergie
Dans le circuit, l’addition des tensions s’écrit :
di
E ( t ) = u R + u L + u C , soit : E ( t ) = Ri + L ------ + u C .
dt
du C
1. Le générateur est étudié en Pour passer à une égalité en puissance1, on multiplie par i = C ----------- :
convention générateur : on fait
dt
donc apparaître la puissance di du C
fournie. Le conducteur ohmique,
E ( t )i ( t ) = Ri 2 + Li ------ + C ----------- u C ,
dt dt
la bobine et le condensateur sont
étudiés en convention récepteur : ce qui peut aussi s’écrire :
on fait donc apparaître les
d  --- Li 2 d  --- Cu C
1 1 2
puissances reçues.
2  2 
E ( t )i ( t ) = Ri 2 + ------------------------ + --------------------------- . (1)
dt dt
– Le terme E ( t )i ( t ) est la puissance Pg positive fournie par le générateur idéal
de tension sinusoïdale aux bornes du circuit RLC série.
– Le terme Ri 2 est la puissance PJ positive reçue par le conducteur ohmique
et dissipée par effet Joule.
1
– Le terme --- Li 2 représente l’énergie magnétique Emag emmagasinée par la
2
bobine.
1 2
– Le terme --- Cu C représente l’énergie électrostatique Eélec emmagasinée par
2
le condensateur.
La puissance électrique fournie par le générateur est dissipée par effet Joule
dans le conducteur ohmique et sert à faire varier l’énergie électromagnétique
2. On peut définir l’énergie Eélecmag emmagasinée dans le circuit2 :
électromagnétique emmagasinée
dans le circuit comme la somme dE mag dE élec
- + --------------- .
P g = P J + ---------------
de l’énergie magnétique dt dt
emmagasinée dans la bobine et
de l’énergie électrostatique
emmagasinée dans D.2. Interprétation physique
le condensateur :
Eélecmag = E mag + E élec . Lorsque le régime sinusoïdal permanent est établi, la tension uC aux bornes
du condensateur et l’intensité i du courant dans le circuit sont des fonctions
périodiques du temps (de période T imposée par la source de tension). Il est
alors plus commode de travailler sur des valeurs moyennes que sur des valeurs
instantanées.
Définition 2
Sur l’intervalle [ 0 ; T ], la valeur moyenne de la grandeur G fonction
périodique du temps, notée <G>, est définie par :
1 T
<G> = ----
T ∫0 G ( t ) dt.
3. Comme uC et i sont périodiques En régime sinusoïdal permanent, on a donc3 :
de période T, u C (0) = u C (T) et
d  --- Li 2 d  --- Li 2
i(0) = i (T). 1 1
2  1 T 2  1 1 T
< ----------------------- > = ----
dt T ∫0 ----------------------- dt = ---- --- Li 2
dt T 2 0
= 0.

195
Cours
KA_MPSI.book Page 196 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

d  --- Cu C d  --- Cu C
1 2 1 2
2  1 T 2  1 1 2 T
< -------------------------- > = ----
dt T ∫0 -------------------------- dt = ---- --- Cu C
dt T 2 0
= 0.

1
1. On a : < cos2 ( ωt ) > = -- et En passant aux valeurs moyennes, l’égalité (1) s’écrit donc 1 :
2
1 2
< sin2 ( ωt ) > = -- . En effet, l’aire RI 0
2
comprise sous les deux courbes
<E ( t )i ( t )> = <Ri 2 > = --------- , car i ( t ) = I 0 cos ( ωt + φ′ ).
2
est la même sur une période T :
< cos2 ( ωt ) > = < sin2 ( ωt ) > et
cos2 ( ωt ) + sin2 ( ωt ) = 1. En régime sinusoïdal permanent, la puissance moyenne fournie par le géné-
rateur est entièrement dissipée par effet Joule dans la résistance.

La puissance moyenne P fournie par le générateur est maximale à la réso-


nance intensité ( ω = ω 0 ). Elle vaut alors :
2
E0
P = <E ( t )i ( t )> = -------- .
2R

D.3. Interprétation énergétique de Q


• L’énergie dissipée par effet Joule et perdue par le circuit au cours d’une
2. On a : T 0 = 2π LC. période T0 à la résonance intensité vaut2 :
2 2
E0 E0
E perdue = <E ( t )i ( t )> = ------- × 2π LC = π ------ LC.
2R R
À la résonance intensité, l’énergie électromagnétique emmagasinée dans la
3. Voir les résultats des bobine et dans le condensateur vaut3 :
applications 1 & 2.
1 1 2 E0 E0 L
E élecmag = --- Li 2 + --- Cu C , avec i ( t ) = ------ cos ( ω 0 t ) et u C = – ------ ---- sin ( ω 0 t ).
2 2 R R C
2 2 2
1 E0 1 E0 L LE 0
E élecmag = --- L × ------2 cos2 ( ω 0 t ) + --- C × ------2 ---- sin2 ( ω 0 t ) = ----------2- .
2 R 2 R C 2R
Le rapport de ces deux énergies est alors :
2
LE 0
----------2-
E élecmag 2R 1 L
- = -----------------------
------------------ = ----------- ---- .
E perdue E0
2 2πR C
π ------ LC
R
4. Cf. chapitre 4 § C.2.3. • À la résonance intensité, le facteur de qualité Q vaut4 :

1 Lω 1 1 L
Q = ------- = ----------0- avec ω 0 = ------------ , d’où : Q = ---- ---- .
2α R LC R C

Propriété 3
Le facteur de qualité Q est proportionnel au rapport de l’énergie électro-
magnétique emmagasinée dans le circuit par l’énergie perdue par effet
Joule au cours d’une oscillation électrique à la résonance intensité :
E élecmag
Q = 2p ---------------------
E perdue

196
Chapitre 6 : Étude du circuit RLC série : résonance
KA_MPSI.book Page 197 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

M thodes
L’essentiel
✓ Résonance tension du circuit RLC série
• La tension uC aux bornes du condensateur d’un circuit RLC série soumis
à la tension sinusoïdale E ( t ) = E 0 cos ( ωt ) vérifie l’équation différen-
tielle du second ordre :

d 2 uC du C
LC -------------
2
- + RC ----------- + u C = E 0 cos ( wt ).
dt dt
– La solution u1 de l’équation homogène correspond au régime transi-
toire (cf. chapitre 4).
– La solution particulière sinusoïdale u2 correspond au régime sinusoïdal
permanent. Elle est la partie réelle de la solution u 2 de l’équation diffé-
rentielle complexe associée :

u 2 = U 0 cos ( wt + f ) = Re [ u 2 ( t ) ], avec u 2 = U 0 e jwt .

L’amplitude réelle U0 est alors le module de l’amplitude complexe U 0 et


la phase à l’origine des temps φ est son argument ( U 0 = U 0 e jφ ) :

 E0 E0
 U 0 = U = ---------------------------------------------------------------- ou U 0 = ---------------------------------------
-
 0
( 1 – LCω 2 ) 2 + ( RCω ) 2 x2
 ( 1 – x ) + ------2-
2 2
 Q

 f = arg ( U ) = – --π- + Arctan  1 – LCω 2
-------------------------  ou
π 1 – x2
φ = – --- + Arctan  Q --------------  .
 0 2  RCω  2  x 

On utilise le facteur de qualité :

Lw 0 w
Q = ----------- et x = ------ ,
R w0

1
avec w 0 = ------------- pulsation propre (cf. chapitre 4).
LC

• L’étude de la résonance tension aux bornes du condensateur est l’étude


des variations de l’amplitude U0 (et de la phase φ) des oscillations en
fonction de la pulsation ω de la source excitatrice.
1 1
– Si le facteur de qualité Q est faible ( Q  ------- ou α  ------- ), alors U0
décroît avec ω. 2 2

1 1
– Si le facteur de qualité Q est élevé ( Q  ------- ou α  ------- ), alors l’oscilla-
2 2
teur entre en résonance tension pour la pulsation :

1 2Q 2
w max = w 0 1 – ----------2- et U max = ------------------------E 0 .
2Q 4Q 2 – 1
Plus Q est élevé, plus la pulsation ωmax est proche de la pulsation propre
ω0 et plus la surtension Umax aux bornes du condensateur à la résonance
est grande ( U max ≈ QE 0 ).

197
Méthodes
KA_MPSI.book Page 198 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

U0
-------
E0

2,0

U0 ( w0 )
Q = -------------------
E0
1,0
1/ 2
0,5

0 1,0 x

✓ Résonance intensité du circuit RLC série


• Comme pour la tension uC , l’intensité i du courant dans un circuit RLC série soumis à la ten-
sion sinusoïdale E ( t ) = E 0 cos ( ωt ) est la somme du terme i1 correspondant au régime transi-
toire et du terme i2 correspondant au régime sinusoïdal permanent :
i 2 = I 0 cos ( wt + f¢ ) = RE [ i 2 ( t ) ] ,

du 2
avec [ i 2 ( t ) ] = I 0 e jwt et i 2 = C ---------- = jCwu 2 .
dt
• L’amplitude réelle I 0 est le module de l’amplitude complexe I 0 et la phase à l’origine des temps
φ′ est son argument ( I 0 = I 0 e jφ′ ) :

 I max
 I 0 = I 0 = CwU 0 = -----------------------------------------
-.
  1 2
 2
1 + Q x – ---

 x

 p  1 – x .
2
 f¢ = arg ( I 0 ) = --2- + f = Arctan  Q -------------- x 

• L’oscillateur entre en résonance intensité pour la pulsation propre ω 0 . L’amplitude maximale
vaut :
E0
I max = ------ .
R
• La bande passante d’un circuit est définie par la différence :
∆ω = ω 2 – ω 1 ,
I max
où ω 1 et ω 2 sont les pulsations de coupure I 0 ( ω 1 ) = I 0 ( ω 2 ) = ---------
- ).
2
Pour un circuit RLC série, on a :

∆ω bande passante (s –1)


w0 R
Dw = ------ = ---- ω 0 période propre (s –1)
Q L
Q facteur de qualité (sans dimension)

Plus le facteur de qualité Q est élevé, plus la bande passante ∆ω est petite et plus la résonance
intensité du circuit est aiguë.

198
Chapitre 6 : Étude du circuit RLC série : résonance
KA_MPSI.book Page 199 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

I0
----------
I max 1,0

0,8

0,6

0,4

0,2

x
0 1,0 2,0 3,0 4,0 5,0

✓ Aspects énergétiques du circuit RLC série


• Sur l’intervalle [ 0 ; T ] , la valeur moyenne de la grandeur G périodique est :
1 T
〈 G〉 = ----
T ∫0 G ( t ) dt.
• En régime sinusoïdal permanent, la puissance moyenne fournie par le générateur est entière-
ment dissipée par effet Joule dans la résistance.
• Le facteur de qualité Q est proportionnel au rapport de l’énergie électromagnétique E élecmag
emmagasinée dans le circuit par l’énergie E perdue perdue par effet Joule au cours d’une période
des oscillations électriques à la résonance intensité :
E élecmag
Q = 2p --------------------- .
E perdue

Mise en œuvre
Méthode n° 1
Comment utiliser les nombres complexes pour étudier
un circuit en régime sinusoïdal forcé ?
Soit un circuit linéaire soumis à une excitation sinusoïdale de pulsation ω. On se propose d’uti-
liser les nombres complexes pour déterminer la solution sinusoïdale permanente de l’équation.

➜ Savoir faire

➊ Établir l’équation différentielle avec second membre qui caractérise le circuit.


➋ Construire une équation complexe dont la partie réelle est l’équation précédente (la partie
imaginaire n’est pas utile en tant que telle, mais elle permet de simplifier le calcul).
➌ Injecter une solution complexe de la forme x ( t ) = X 0 e j ( ωt + φ ) dans l’équation.
➍ Factoriser l’amplitude complexe X 0 = X 0 e jφ . Son expression ne fait plus intervenir le
temps.
➎ Déterminer l’amplitude X0 de la solution réelle et sa phase φ :
X 0 = X 0 et φ = arg ( X 0 ).

Cette solution s’accompagne d’une solution sans second membre transitoire de durée τ caractéristique.
Au bout de quelques τ, la solution sinusoïdale permanente perdure seule.

199
Méthodes
KA_MPSI.book Page 200 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

➜ Application i
Donner l’expression de l’amplitude du courant i(t) qui
parcourt le circuit schématisé ci-contre en fonction de la R uR
pulsation ω du générateur de tension :
e ( t ) = E cos ( ωt )

L uL

Solution
➊ La loi des mailles conduit à l’équation différentielle :
di L di E
e ( t ) = u R + u L = Ri + L ----- , d’où : ---- ------ + i = ---- cos ( wt ).
dt R dt R
➋ L’équation complexe associée est :
Ld i E E
---- ------- + i = ---- e = ---- e jωt .
R dt R R
➌ On injecte i ( t ) = I 0 e j ( ωt + φ ) dans cette équation :
L E
---- jωI 0 e j ( ωt + φ ) + I 0 e j ( ωt + φ ) = ---- e jωt .
R R
➍ On factorise l’amplitude complexe I 0 = I 0 e iφ et on simplifie :

I 0  ---- jω + 1 = ---- , d’où : I 0 = --------------------- .


L E E
R  R R + jLω
➎ Le module de I 0 est l’amplitude demandée :
E
I 0 = ------------------------------- .
R2 + L2w2
L
La durée τ = ---- qui apparaît dans l’équation est celle à l’issue de laquelle le régime transitoire
R
disparaît.

200
Chapitre 6 : Étude du circuit RLC série : résonance
KA_MPSI.book Page 201 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Énoncés des exercices

Exercices
Niveau 1 f (Hz) 0 300 500 600 700

U0
Ex. 1 Résonance intensité ------- 1 1,07 1,15 1,15 1,10
E0
On effectue l’étude de la résonance intensité d’un cir-
cuit RLC série. Le générateur de tension sinusoïdale
branché à ses bornes délivre une tension d’amplitude f (Hz) 800 1 000 1 200 1 500
constante E 0 = 6 V. On s’intéresse au régime sinu-
soïdal permanent. Quand on fait varier la fréquence, U0
------- 1 0,73 0,51 0,32
on observe que l’intensité du courant passe par un E0
maximum d’amplitude I 0max = 60 mA pour la fré-
quence f 0 = 1 590 Hz. a) Tracer la courbe de résonance tension.
Pour la fréquence f = 3 000 Hz, l’amplitude de b) Quel est l’ordre de grandeur de la fréquence de
l’intensité est 36 mA. résonance ? La détermination est-elle précise ?
a) Déterminer la pulsation propre ω0 du circuit. c) Estimer le facteur de qualité Q.
b) Déterminer le facteur de qualité Q et le coefficient d) Déterminer, en exploitant la fréquence de 800 Hz,
d’amortissement α. la fréquence de résonance fr et la fréquence propre f0
c) Exprimer les grandeurs L, R et C. du circuit.
e) En déduire les grandeurs L et R.

Ex. 2 Résonance aiguë


On étudie la résonance tension aux bornes d’un con-
densateur de capacité C en série avec une bobine
réelle d’inductance L et de résistance r. On observe
Niveau 2
une résonance aiguë.
Le générateur de tension sinusoïdale branché aux
Ex. 4 Influence de la capacité
bornes du circuit délivre une tension d’amplitude E0 On étudie la résonance tension aux bornes d’un
indépendante de la fréquence. condensateur de capacité C en utilisant une bobine
On constate qu’à faibles fréquences, la tension aux d’inductance L et de résistance R.
bornes de C possède l’amplitude : E 0 = 6 V . On note Q le facteur de qualité, ω0 la pulsation
Cette amplitude passe par un maximum pour la fré- propre ( ω 0 = 2π f 0 ) et ωr la pulsation de résonance
quence de résonance f r = 800 Hz : U max = 75 V. ( ω r = 2π f r ).
À la fréquence f = 1 600 Hz, cette amplitude vaut : a) Exprimer Q, ω0 et ωr en fonction de L, R et C.
U 0 = 5,9 V. b) On peut faire varier la capacité C. Expérimentale-
a) Quel est le facteur de qualité Q du circuit ? En ment, on mesure la fréquence de résonance fr en fonc-
déduire le coefficient d’amortissement. tion de C.
b) Quelle est la pulsation propre ω0 ? Quelle courbe doit-on tracer pour avoir une relation
linéaire ?
c) Déterminer L et r sachant que C = 200 nF.
Montrer qu’à partir de ce tracé, on peut déterminer
d) Vérifier alors qu’à la fréquence f = 1 600 Hz, on l’inductance L et la résistance R de la bobine.
a bien l’amplitude U 0 = 5,9 V pour la tension aux
bornes du condensateur.
Déterminer alors l’avance de phase de la tension aux Ex. 5 Courant dans un circuit
bornes du condensateur par rapport à la tension déli- a) Dans le circuit ci-dessous, établir l’équation diffé-
vrée par l’alimentation du circuit. rentielle vérifiée par la tension v ( t ) aux bornes du
condensateur.
Ex. 3 Résonance floue R
En travaux pratiques, nous étudions un circuit RLC i L R
v
avec C = 800 nF . On dresse le tableau de mesure
suivant, où U0 est l’amplitude de la tension aux
bornes du condensateur et E0 l’amplitude de la ten-
u C
sion aux bornes du générateur.

201
Exercices
KA_MPSI.book Page 202 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

b) La tension appliquée est sinusoïdale, de pulsation


ω et d’amplitude U0 . On étudie le cas particulier où :
Niveau 3
L
---- = RC = τ. Ex. 7 Résonance tension aux bornes de
R
Déterminer la tension v en fonction de ω en régime l’inductance L
sinusoïdal permanent. Le circuit RLC est alimenté par un générateur de ten-
Tracer la courbe donnant l’amplitude de v en fonc- sion sinusoïdale e ( t ) = E 0 cos ( ωt ).
tion de ω. a) Rappeler l’équation différentielle vérifiée par la
Effectuer l’étude de la phase. tension uC aux bornes du condensateur.
Retrouver, en notations complexes, l’expression de la
tension u C en fonction de e . En déduire l’amplitude
Ex. 6 Deux générateurs : régime transitoire
complexe U C en fonction du E 0 .
Le circuit ci-dessous est branché depuis longtemps 0

sur le générateur de tension constante E 1 = E 0 . À b) Retrouver l’expression de l’intensité complexe i et


l’instant t = 0, on bascule l’interrupteur K sur le celle de l’amplitude complexe I 0 .
générateur sinusoïdal E 2 = E 0 cos ( ωt ) . c) Quelle relation linéaire lie la tension u L aux bornes
a) Déterminer u(t) pour t  0 dans le cas où : de l’inductance L et l’intensité i ? En déduire l’expres-
sion de la tension complexe u L et celle de l’amplitude
L complexe U L .
---- = RC = τ. 0
R ω 1 Lω
d) On pose : x = ------ , avec ω 0 = ------------ et Q = ----------0- .
b) Étudier le régime sinusoïdal permanent et tracer la ω0 LC R
courbe de résonance tension. Déterminer l’amplitude réelle U L0 = U L en fonc-
0
tion de E 0 , x et Q.
L i 1
K e) On pose x′ = --- . Exprimer à nouveau U L et U L0
x 0

en fonction de x′.
Vérifier que la loi obtenue est la même que celle de
R u l’amplitude réelle U C0 de la tension aux bornes du
E1 E2 C condensateur en fonction de x.
Quelle conclusion peut-on en tirer pour le tracé des
courbes de résonance ?

Indications
Ex. 1 b) Connaître l’expression de l’amplitude I 0 en Ex. 3 c) Connaître l’expression de l’amplitude U0 à
ω la résonance tension.
fonction de la variable x = ------ et du facteur de
ω0
qualité Q. Ex. 5 b) Utiliser les nombres complexes pour étu-
dier le régime sinusoïdal permanent.
Ex. 2 a) Lorsque le facteur de qualité Q est élevé, la Ex. 6 a) Déterminer les constantes d’intégration
pulsation à la résonance tension est très proche de la
grâce aux conditions initiales sur la solution com-
pulsation propre ω0.
plète.
d) Connaître l’expression de l’amplitude U0 en fonc-
ω b) Utiliser les nombres complexes pour étudier le
tion de la variable x = ------ et du facteur de qualité Q. régime sinusoïdal permanent.
ω0

202
Chapitre 6 : Étude du circuit RLC série : résonance
KA_MPSI.book Page 203 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Solution des exercices

Solutions des exercices


Exercices de niveau 1
Exercice 1

a) La fréquence de résonance intensité est la fréquence propre du circuit. On a donc :


w 0 = 2p f 0 = 9 990 rad ◊ s –1 .
ω
b) L’amplitude I0 s’écrit en fonction de la variable x = ------ et du facteur de qualité Q :
ω0
I max
-.
I 0 = -----------------------------------------
2  1 2
1 + Q x – ---
 x

Pour retrouver cette expression, se reporter au § C. 3. 1 du cours.


ω f
Pour f = 3 000 Hz, on a : x = ------ = ---- = 1,89, d’où :
ω0 f0

I max 2
 ---------- - –1
I max
2 2 I0 
2  1 
1 + Q x – --- = ---------- , soit : Q = --------------------------------- .
 x  I0  1
x – ---
x
1
A.N. Q = 0,983 ; a = -------- = 0,509.
2Q
c) • À la résonance intensité, on a :
E E0
I max = -----0- , d’où : R = ----------- = 100 W .
R I max
• On déduit L de l’expression du facteur de qualité Q :
Lω QR
Q = ----------0- , d’où : L = --------- = 9,83 mH.
R w0
• On déduit C de l’expression de la pulsation propre ω0 :
1 1
ω 0 = ------------ , d’où : C = ----------2- = 1,02 µF.
LC Lw 0

Il faut parfaitement connaître les expressions des variables réduites ω0 , λ, α et Q, et savoir les utiliser judicieuse-
ment en fonction des données de l’énoncé.

Exercice 2

a) Le facteur de qualité Q , aussi appelé facteur de surtension, vérifie la relation :


U0 ( ω0 )
Q = ------------------- , où E0 est l’amplitude basses fréquences de la tension aux bornes de C.
E0
Lorsque la résonance est aiguë, la pulsation ωmax correspondante est très proche de la pulsation propre ω0.

203
Exercices
KA_MPSI.book Page 204 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

On peut donc considérer en bonne approximation que :


U max 1
Q ≈ -------------- = 12,5 et a = -------- = 0,04.
E0 2Q

Contrairement à la résonance intensité, la résonance tension ne se fait pas pour une pulsation égale à la pulsation
propre ω0 .

b) Plus la résonance est aiguë, plus la fréquence de résonance est voisine de la fréquence propre :
f 0 ≈ f r = 800 Hz, d’où : w 0 = 2p f 0 = 5 027 rad ◊ s –1 .

2 1
c) On a : LCω 0 = 1, d’où : L = -----------2- = 0,198 H.
Cw 0
2
On préfère souvent retenir l’expression de la pulsation propre ω0 sous la forme LCω 0 = 1.

Lω Lw 0
Par ailleurs : Q = ----------0- , d’où : r = ----------- = 79,6 W .
r Q
ω
d) • L’amplitude de U0 s’écrit en fonction de la variable x = ------ et du facteur de qualité Q :
ω0
E0
U 0 = ---------------------------------------- .
x2
( 1 – x 2 ) 2 + ------2-
Q
ω f
Pour f = 1 600 Hz, on a : x = ------ = ---- = 2, d’où : U 0 = 5,92 V .
ω0 f0
On retrouve bien le résultat expérimental.
• L’avance de phase φ est donnée par la relation :

π 1 – x2
φ = – --- + Arctan  Q -------------- = – 3,08 rad, soit : f = –177°.
2  x 

Pour retrouver ces expressions, se reporter respectivement aux § B. 4. 1 et B. 4. 2 du cours.

Exercice 3

U0
a) -------
E0
1

0,5

f (Hz)
0 500 1 000 1 500

b) La fréquence de résonance est de l’ordre de 500 à 600 Hz. La détermination n’est pas très précise.

204
Chapitre 6 : Étude du circuit RLC série : résonance
KA_MPSI.book Page 205 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

c) La courbe passe par un maximum de valeur :

U------0-
2Q 2
= ------------------------ = 1,15.
 E 0  max 4Q 2 – 1
4Q 4 – ( 1,15 ) 2 ( 4Q 2 – 1 ) = 0.
2
Q 4 – ( 1,15 ) 2 Q 2 +  -----------
1,15
= 0.
 2 

Pour retrouver cette expression, se reporter au § B. 4. 1 du cours.

L’équation bicarrée possède deux solutions en Q2 :


 Q 2 = 0,335 ⇒ Q = 0,579
 2
 Q = 0,988 ⇒ Q = 0,994
1
La courbe admet un maximum si Q  ------- . On a donc :
2
Q = 0,994, soit : Q ª 1.
1
Si Q  ------ , alors U0 décroît avec ω.
2
U
d) Pour f = 800 Hz, on a : ------0- = 1 ≈ Q , d’où : f 0 ª 800 Hz.
E0
La fréquence de résonance est donc :
1
f r = f 0 1 – ----------2- = 562 Hz .
2Q

Comme ω = 2 π f, une relation entre pulsations reste valable entre fréquences.


2 1
e) On a : LCω 0 = 1, d’où : L = ----------2- = 49,4 mH.
Cw 0

Lω 0 Lw 0
Par ailleurs : Q = ----------- , d’où : R = ----------- = 250 W .
R Q

Exercices de niveau 2
Exercice 4

1 Lw 0 1 L 1 1
a) On a : w 0 = ------------- ; Q = ----------- = ---- ---- et pour Q  ------- , ω r = ω 0 1 – ----------2- .
LC R R C 2 2Q
On en déduit :

1 R2C 1 R2
w r = ------------ 1 – ----------- = -------- – ---------2- .
LC 2L LC 2L
2 1
b) Quand C varie, pour vérifier une relation linéaire, il faut tracer f r en fonction de ---- . En effet :
C
R2
ω r = 2πf r , d’où : f r = --------2-  -------- – ---------2- .
2 1 1
4π  LC 2L 

205
Exercices
KA_MPSI.book Page 206 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Lorsqu’on trace la droite f r  ---- :


1
 C
1 ,
– la pente est -------------
- d’où la détermination de L ;
4π 2 L
R2 ,
– l’ordonnée à l’origine est – ---------------
- d’où la détermination de R connaissant l’inductance L.
8π 2 L 2

Exercice 5
dv v di
a) Notons v la tension aux bornes du condensateur. On a : i = C ------- + ---- et u = L ------ + Ri + v.
dt R dt
On obtient l’équation différentielle :
d 2 v L dv
u =  LC ---------2- + ---- ------- +  RC ------- + v + v.
dv
 dt R dt   dt 

d2v
u = LC ---------2- +  ---- + RC ------- + 2v.
L dv
dt R  dt

L
b) On a : ---- = RC = τ , d’où : LC = τ 2 .
R
L’équation différentielle vérifiée par v peut alors s’écrire :
d2v dv
τ 2 ---------2- + 2τ ------- + 2v = u ( t ).
dt dt
dv
La tension appliquée étant sinusoïdale, on utilise les notations complexes et on remplace ------- par jωv
dt
d2v
et ---------2- par – ω 2 v . On a donc :
dt
v [ – ω 2 τ 2 + 2jωτ + 2 ] = u , avec u = U 0 e jωt .

u u
-.
- = ---------------------------------------------------
v = ---------------------------------------
2 – ω τ + 2jωτ2 2 j [ 2ωτ – j ( 2 – ω 2 τ 2 ) ]

On factorise le dénominateur par j pour simplifier le calcul à venir de la phase φ. En effet, la partie réelle du déno-
minateur ( 2 – ω 2 τ 2 ) change de signe avec ω, alors que la partie imaginaire 2ωτ est toujours positive. Par cette
astuce, on pourra aboutir à une formule valable pour toutes les valeurs de ω  0.

L’amplitude réelle V0 est le module de l’amplitude complexe V 0 :


U0 U0
V 0 = ------------------------------------------------------
- = ------------------------- .
( 2 – ω 2 τ 2 ) 2 + 4ω 2 τ 2 4 + w4t4
V0 est une fonction décroissante de la pulsation ω.

V0 (V)
U
------0-
2

ω (rad · s–1)
0

206
Chapitre 6 : Étude du circuit RLC série : résonance
KA_MPSI.book Page 207 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

La phase φ est l’argument de l’amplitude complexe V 0 :

p 2 – w2t2
f = – --- + Arctan  --------------------- .
2  2wt 
φ est aussi une fonction décroissante de ω , variant de φ = 0 pour ω = 0 à φ = – π pour ω → + ∞ .

2 – ω2τ2 1 ωτ
On peut aussi écrire : --------------------- = ------- – ------- , somme de deux fonctions décroissantes. Comme la fonction Arctan
2ωτ ωτ 2
est croissante, elle conserve le sens des variations.

2
φ (rad) -------
τ
ω (rad · s–1)
0

π
– ---
2

–π

Exercice 6

di u du
a) Pour t  0, on a : E 2 = L ------ + u , avec i = ---- + C ------- .
dt R dt

On applique une fois la loi des mailles et une fois la loi des nœuds au circuit étudié.

On en déduit donc l’équation différentielle vérifiée par u :


d 2 u L du
E 2 = LC ---------2- + ---- ------- + u,
dt R dt
encore écrite :
d2u du
t 2 ---------- + t -------- + u = E 0 cos ( wt ).
dt 2 dt
• Recherche de la solution u1 , de l’équation homogène :
d 2 u 1 1 du 1 u 1
- + --- ---------- + ----- = 0.
-----------
dt 2 τ dt τ 2
Le polynôme caractéristique s’écrit :
r 1 1 4 3
r 2 + -- + ----2- = 0, avec ∆ = ----2- – ----2- = – ----2-  0.
τ τ τ τ τ
La solution correspondant au régime transitoire (pseudo-périodique) est donc :
t
A cos  --------- + Bsin  --------- .
– ------ 3t 3t
u1 ( t ) = e 2τ
 2τ   2τ 
• Recherche de la solution particulière u2 sinusoïdale :
E 0 e jωt
u 2 [ – ω 2 τ 2 + jωτ + 1 ] = E 0 e jωt , d’où : u 2 = ------------------------------------
-.
1 – ω 2 τ 2 + jωτ

207
Exercices
KA_MPSI.book Page 208 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

La solution réelle u 2 ( t ) est la partie réelle de la solution complexe u 2 ( t ) :

E 0 [ cos ( ωt ) + jsin ( ωt ) ] ( 1 – ω 2 τ 2 – jωτ )


u 2 ( t ) = ---------------------------------------------------------------------------------------------------- ,
( 1 – ω2τ2 )2 + ω2τ2
d’où :
E0
u 2 ( t ) = Re [ u 2 ( t ) ] = ----------------------------------------------- [ ( 1 – ω 2 τ 2 )cos ( ωt ) + ωτsin ( ωt ) ] .
( 1 – ω τ2 )2 + ω2τ2
2

Pour déterminer la solution particulière sinusoïdale u 2 ( t ), on utilise toujours les nombres complexes.

• Écriture de la solution complète :


t
E 0 [ ( 1 – ω 2 τ 2 )cos ( ωt ) + ωτsin ( ωt ) ]
Acos  --------- + Bsin  --------- + ------------------------------------------------------------------------------------------
– ------ 3t 3t
u(t) = e 2τ -.
 2τ   2τ  ( 1 – ω2τ2 )2 + ω2τ2
• Les constantes A et B intervenant dans l’expression du régime transitoire se déterminent grâce aux
conditions initiales.
– La tension aux bornes du condensateur est continue. On a donc :
E0 ( 1 – ω 2 τ 2 ) E0 w 4 t 4
u ( 0 ) = E 0 = A + ----------------------------------------------- , d’où : A = ------------------------------------------------- .
( 1 – ω2τ2 )2 + ω2τ2 ( 1 – w 2t 2 )2 + w 2t 2
– L’intensité i dans la bobine est continue. À t = 0 , on a :
E du
i ( 0 ) = -----0- et u ( 0 ) = E 0 , d’où : ------- ( 0 ) = 0.
R dt
On en déduit :
A 3 E0 ω2 τ 3 (w 2t 2 – 2)
– ------ + ------- B + ----------------------------------------------- = 0, d’où : B = ------
- E w 2 t 2 ------------------------------------------------- .
2τ 2τ ( 1 – ω2τ2 )2 + ω2τ2 3
0
( 1 – w 2t 2 )2 + w 2t 2

L’expression complète de u ( t ) est très lourde !

b) Le régime sinusoïdal permanent correspond à la solution particulière sinusoïdale u2 . On déter-


mine l’amplitude U20 et la phase φ en utilisant l’écriture complexe u 2 :
E 0 e jωt
- = U 2 e jωt .
u 2 = ------------------------------------
1 – ω 2 τ 2 + jωτ
• L’amplitude réelle est le module de l’amplitude complexe :
E0 E0
- = ---------------------------------------------- .
U 20 = U 2 = ---------------------------------------------------
(1 – ω τ ) + ω τ2 2 2 2 2 1 – w t 2 + w 4t 4
2

On pose : x = ωτ. L’amplitude U20 s’écrit alors sous la forme :


U 20 1 1
--------- = ------------------------------- = -------------- , avec f ( x ) = 1 – x 2 + x 4 .
E0 1 – x2 + x 4 f(x)
1
La fonction f passe par un minimum en x = ------- . On a alors :
2

U 20
---------
U 20 1
= ---------  ------- = ------- ≈ 1,15.
2
 E 0  max E 0  2 3

On détermine très simplement le sens de variation de la fonction f en étudiant le signe de sa dérivée.

208
Chapitre 6 : Étude du circuit RLC série : résonance
KA_MPSI.book Page 209 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Le minimum de la fonction f correspond au maximum de la fonction U20 .


u 20
--------
E0
2 3
-----------
3
1

0 1 1 x
-------
2

• La phase est l’argument de l’amplitude complexe :


p 1 – w 2t 2
f = arg ( U 2 ) = – --- + Arctan  ---------------------- .
2  wt 

On obtient cette expression en multipliant d’abord le numérateur et le dénominateur par j.

On pose : x = ωτ. La phase φ s’écrit alors sous la forme :


π
φ = – --- + Arctan  --- – x .
1
2 x 

La fonction φ décroît entre les valeurs 0 (pour x = 0 ) et – π (pour x → +∞ ).

φ (rad) 1
0 x

π
– ---
2

–π

Exercices de niveau 3
Exercice 7

a) L’équation différentielle vérifiée par la tension uC aux bornes du condensateur est :


d 2 uC du C
LC -------------- + RC ----------- + u C = e ( t ) = E 0 cos ( wt ) .
dt dt

209
Exercices
KA_MPSI.book Page 210 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

du C
En notations complexes, on remplace e ( t ) par e ( t ) = E 0 e jωt et u C par u C comme ---------- - = jωu C et
dt
d 2 uC
- = – ω 2 u C , on obtient :
------------
dt 2
e E0
-.
- , d’où : U C = ----------------------------------------------
u C = ----------------------------------------------
1 – LCw + jRCw 2 0 1 – LCw 2 + jRCw
du C du C
b) On a : i = C ----------- , d’où : i = C ----------- = jCωu C .
dt dt
On en déduit donc :
jCwe jCwE 0
i = ----------------------------------------------
2
-.
- et I 0 = ----------------------------------------------
1 – LCw + jRCw 1 – LCw 2 + jRCw
c) La relation liant u L à i est :
di
u L = L ------ , d’où : u L = jLωi .
dt
On en déduit donc :
– LCw 2 e – LCw 2 E 0
u L = ----------------------------------------------
- et U L0
= -.
----------------------------------------------
1 – LCw 2 + jRCw 1 – LCw 2 + jRCw
d) On fait apparaître ω0 dans l’expression de U L :
0

ω2
– -----2-E 0
ω0
UL -.
= ----------------------------------------------
0 ω 2 ω
1 – -----2- + jRCω 0 ------
ω ω0
0

Lω 1 ω
Or, Q = ----------0- = ---------------- et x = ------ , d’où :
R RCω 0 ω0
– x 2 E0
-.
U L = ---------------------------
0 x
1 – x 2 + j ----
Q
L’amplitude réelle vaut donc :
x 2 E0
U L0 = U L = ----------------------------------------- .
0
x2
( 1 – x 2 ) 2 + ------2-
Q
1
e) On remplace x par ---- dans l’expression de U L0 :
x′
1
– ------2- E 0
x′ –E0
U L = ----------------------------------- = ----------------------------------- .
0 1 1 x′
1 – ------2- + j ---------- ( x′ 2 – 1 ) + j ----
x′ Qx′ Q
E0
D’où : U L0 = U L = ------------------------------------------- .
0
x′ 2
( 1 – x′ 2 ) 2 + -------2-
Q
D’après la question a), l’amplitude réelle de la tension aux bornes du condensateur vaut :
E0
U C0 = U C = ----------------------------------------- .
0
x2
( 1 – x 2 ) 2 + ------2-
Q

210
Chapitre 6 : Étude du circuit RLC série : résonance
KA_MPSI.book Page 211 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Les fonctions U L0 ( x′ ) et U C0 ( x ) sont identiques, donc les courbes de résonance sont semblables.
On obtient alors le réseau de courbes suivant en fonction de x′ :

U L0
---------
E0

1
Q  -------
2
1
Q  -------
2
0 1 1 x′
x r′ = 1 – ----------2-
2Q

On retrouve le réseau de courbes tracé dans le cours au § A. 4 sur la figure 6.


1
En fonction de x = ---- , le réseau de courbe devient :
x′

U L0
---------
E0
1
Q  -------
2

1
Q  -------
2

0 1 1 x
x r = ------------------------
1
1 – ----------2-
2Q

211
Exercices
KA_MPSI.book Page 212 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23
KA_MPSI.book Page 213 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

CHAPITRE

7 Régime sinusoïdal
forcé
Introduction

Pour étudier le régime sinusoïdal permanent d’un circuit RLC alimenté par un générateur
de tension sinusoïdale, nous avons écrit les grandeurs électriques au moyen des nombres
complexes. Dans ce chapitre, nous généraliserons cette technique à un circuit électrique
quelconque en régime sinusoïdal forcé.

Plan du chapitre 7
A. Généralisation des notations complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 214
1. Le régime sinusoïdal forcé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 214
2. Utilisation des nombres complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 214

B. Impédance et admittance complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 214


1. Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 214
2. Cas des composants R, L et C . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 215
3. Généralisation de la loi d’Ohm . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 215

C. Lois de l’électrocinétique en complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 216


1. Loi des nœuds . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217
2. Loi des mailles. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217
3. Théorèmes généraux de l’électrocinétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217

D. Étude énergétique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 220


1. Puissance instantanée – Puissance moyenne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 220
2. Valeurs efficaces . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 221
3. Facteur de puissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 222

Méthodes
L’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 224
Énoncés des exercices. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 230
Indications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 232
Solutions des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 233

213
KA_MPSI.book Page 214 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

A. Généralisation des notations


complexes
A.1. Le régime sinusoïdal forcé
Considérons un circuit linéaire quelconque alimenté par un générateur de
circuit tension sinusoïdale (fig. 1). Son évolution au cours du temps est caractérisée
e
linéaire par une équation différentielle linéaire (cf. chapitre 4).
Définition 1
On appelle régime sinusoïdal forcé le régime sinusoïdal permanent asso-
Fig. 1 - circuit linéaire alimenté
en tension sinusoïdale.
cié à la solution particulière sinusoïdale de l’équation différentielle. Les gran-
deurs électriques i et u sont des fonctions sinusoïdales de même pulsation ω
que le générateur.

1. Le régime transitoire dépend Lorsque le régime transitoire1 s’achève, le circuit en régime sinusoïdal forcé
des conducteurs ohmiques évolue de manière analogue à la source de tension branchée à ses bornes.
définissant l’amortissement
Dans la suite de ce chapitre, on n’étudiera que de tels régimes.
(cf. chapitre 4).

A.2. Utilisation des nombres complexes


L’utilisation des nombres complexes permet de substituer à l’équation dif-
férentielle linéaire caractérisant l’évolution d’un circuit une relation linéaire
entre la tension complexe u à ses bornes et l’intensité complexe i du cou-
rant le traversant.
R iR

i Par exemple, étudions la portion de circuit constituée d’un conducteur ohmi-


C que de résistance R en parallèle avec un condensateur de capacité C (fig. 2).
La loi des nœuds s’écrit :
iC du
i = i R + i C , avec u = Ri R et i C = C ------ .
u dt
Fig. 2 - Association parallèle On en déduit l’équation différentielle linéaire à coefficients constants carac-
d’une résistance R et d’une térisant l’évolution du circuit :
capacité C.
u du
i = ---- + C ------ .
R dt
2. En notations complexes, En notations complexes, cette équation différentielle devient2 :
l’opérateur dérivation s’écrit :
u
i = ---- + jCωu =  ---- + jCω u, avec u = U 0 e j ( ωt + ϕ ) et i = I 0 e j ( ωt + ϕ′ ) .
d
----- = jω.
1
dt R R 

B. Impédance et admittance
complexes
B.1. Définitions
En régime sinusoïdal forcé, il existe une relation linéaire entre la tension com-
plexe u = U 0 e ( jωt + ϕ ) et l’intensité complexe i = I 0 e ( jωt + ϕ′ ) .

214
Chapitre 7 : Régime sinusoïdal forcé
KA_MPSI.book Page 215 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Définitions 2
• L’impédance complexe Z d’un circuit, homogène à une résistance, est
définie comme le rapport de la tension complexe u aux bornes du circuit
1. Le circuit est étudié en par l’intensité complexe i du courant le traversant1 :
convention récepteur.
u
Z = --- .
i
• De même, l’admittance complexe Y du circuit, homogène à une conduc-
tance, est définie comme l’inverse de l’impédance complexe Z :
i
Y = --- .
u

B.2. Cas des composants R, L et C


B.2.1 - Résistance R
R i
La relation entre la tension u aux bornes d’un conducteur ohmique et l’inten-
sité i du courant le traversant est donnée par la loi d’Ohm (fig. 3) :
u = Ri u = Ri, d’où en notations complexes : u = Ri .
Fig. 3 - Étude d’une résistance L’impédance complexe Z d’un conducteur ohmique est égale à sa résistance R :
en convention récepteur.
u i 1
Z = --- = R et Y = --- = ---- = G.
i u R

B.2.2 - Capacité C
du C
i = C ---------- La relation entre la tension uC aux bornes d’un condensateur et l’intensité i
dt C
du courant le traversant est (fig. 4) :
du C du C
I = C ---------- , d’où en notations complexes : i = C ---------- = jCωu C .
uC dt dt
Fig. 4 - Étude d’un condensateur L’impédance complexe Z d’un condensateur de capacité C vaut :
en convention récepteur.
uC 1 i
Z = ------- = ----------- et Y = ------- = jCw.
i jCw uC

B.2.3 - Inductance L
La relation entre la tension uL aux bornes d’une bobine d’inductance L et
i L l’intensité i du courant la traversant est (fig. 5) :
di di
u L = L ----- , d’où en notations complexes : u L = L ------- = jLωi .
di dt dt
u L = L -----
dt
L’impédance complexe Z d’une bobine d’inductance L vaut :
Fig. 5 - Étude d’une bobine en uL i 1
convention récepteur. Z = ------ = jLw et Y = ------ = ---------- .
i uL jLw

B.3. Généralisation de la loi d’Ohm


B.3.1 - Loi d’Ohm en notations complexes
En régime sinusoïdal forcé, on peut généraliser la loi d’Ohm à tous les dipôles
linéaires grâce aux notations complexes. La tension complexe u aux bornes

215
Cours
KA_MPSI.book Page 216 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

d’un dipôle et l’intensité i du courant le traversant vérifie en effet une relation


1. La relation suivante comporte de proportionnalité analogue à la loi d’Ohm pour les conducteurs ohmiques1 :
plusieurs informations : l’une
contenue dans le module de u = Zi ou i = Yu.
l’impédance ou de l’admittance
complexe, l’autre dans son
argument.
Les impédances complexes Z (admittances complexes Y ) des dipôles
linéaires en régime sinusoïdal forcé se comportent comme les résistances R
2. On remarque que l’impédance (conductances G) des conducteurs ohmiques2 en courant continu.
complexe Z d’un conducteur
ohmique est égale à sa résistance R.
B.3.2 - Impédance et admittance réelles
Définition 3
• On définit l’impédance réelle Z d’un circuit, exprimée en ohm (Ω), comme
le module de son impédance complexe Z :

Z = Z.
• De même, on définit l’admittance réelle Y d’un circuit, exprimée en sie-
mens (S), comme le module de son admittance complexe Y :
1
Y = Y = ---- .
Z

Le module de la tension complexe u = U 0 e j ( ωt + ϕ ) est l’amplitude de la ten-


sion sinusoïdale u : U 0 = u . De même, le module de i = I 0 e j ( ωt + ϕ′ ) est
l’amplitude de l’intensité i : I 0 = i .

L’impédance réelle Z du circuit permet de calculer l’amplitude I0 de l’inten-


3. D’après la loi d’Ohm en notations sité connaissant l’amplitude U0 de la tension et réciproquement 3 :
complexes u = Zi , on a : U 0 = ZI 0 et I 0 = YU 0 .
u = Z i .

B.3.3 - Avance de phase


L’argument de la tension complexe u = U 0 e j ( ωt + ϕ ) est la phase de la tension
sinusoïdale u : ωt + ϕ = arg ( u ). De même, l’argument de i = I 0 e j ( ωt + ϕ′ )
est la phase de l’intensité i : ωt + ϕ′ = arg ( i ).

D’après la loi d’Ohm en notations complexes u = Zi , on a donc :


arg ( u ) = arg ( Z ) + arg ( i ), soit : ϕ = arg ( Z ) + ϕ′.

En régime sinusoïdal forcé, l’avance de phase φ = ϕ – ϕ′ de la tension u sur


4. L’avance de phase φ est une l’intensité i est l’argument de l’impédance complexe Z du circuit4 :
grandeur algébrique : φ  0 si u
est en avance sur i, φ  0 si u est f = arg ( Z ) ou f = – arg ( Y ).
en retard sur i.

C. Lois de l’électrocinétique
en complexes
Les lois de l’électrocinétique étudiées pour les dipôles linéaires restent vala-
bles en notations complexes.

216
Chapitre 7 : Régime sinusoïdal forcé
KA_MPSI.book Page 217 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

C.1. Loi des nœuds


Loi 1
Loi des nœuds
La somme des intensités complexes i i des courants algébriques arrivant à
un nœud du circuit est égale à la somme des intensités complexes i j des
courants algébriques s’en éloignant :


arrivant
ii = ∑
sortant
i j.

C.2. Loi des mailles


Dans un circuit, les différences de potentiel complexes changent de signe si
on inverse les bornes de mesure et elles sont additives :
u BA = – u AB et u AC = u AB + u BC .

Loi 2
Loi des mailles
Dans une maille, la somme algébrique des différentielles de potentiel com-
plexes mesurées en parcourant complètement la maille dans un sens donné
est nulle :


maille
u i = 0.

C.3. Théorèmes généraux de l’électrocinétique


C.3.1 - Associations d’impédances complexes
• Association série

Z1 Z2 Zk Zn
Z eq = ∑ Zk
k
i i

u1 u2 uk un u

u
Fig. 6 - Association série de n impédances complexes et impédance complexe équivalente.

On considère l’association série de n dipôles d’impédances complexes Z k


(fig. 6). L’intensité complexe i du courant est la même dans toutes les impé-
dances. La tension complexe totale u est égale à la somme des tensions com-
plexes u k . On a donc :

u = ∑k uk = ∑k Zk i = Z eq i , avec Z eq = ∑k Zk .
L’association série de n dipôles d’impédances complexes Z k est équivalente
1. Cette relation n’est pas vraie à un dipôle unique d’impédance complexe1 :
dans le cas général pour les
impédances réelles, modules des Z eq = ∑k Zk .
impédances complexes.

217
Cours
KA_MPSI.book Page 218 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• Association parallèle

i i

u Z1 Z2 Zk Zn ⇔ u Y eq = ∑ Yk
k

i1 i2 ik in

Fig. 7 - Association parallèle de n impédances complexes et admittance équivalente.

On considère l’association parallèle de n dipôles d’impédances complexes Z k


(fig. 7). La tension complexe u est la même aux bornes de chaque impé-
dance. L’intensité complexe totale i du courant est égale à la somme des
intensités complexes i k . On a donc :

∑k i k = ∑k Yk u = Yeq u, ∑k Yk = ∑k ------
1 .
i = avec Y eq =
Zk

L’association parallèle de n dipôles d’admittances complexe Y k est équiva-


1. Cette relation n’est pas vraie lente à un dipôle unique d’admittance complexe1 :
dans le cas général pour les

1
admittances réelles, modules des Y eq = Y k = --------- .
admittances complexes. k
Z eq

Application 1 Calcul d’une impédance équivalente


Déterminer l’impédance équivalente au circuit constitué par un R iR
conducteur ohmique de résistance R en parallèle avec un condensa-
teur de capacité C. i
Solution C
L’association parallèle de la résistance R et de la capacité C est équi- iC
valente à l’admittance complexe :
u
1 1 + jRCω 1 R
Y eq = ---- + jCω = ------------------------- , d’où : Z eq = --------- = -------------------------- .
R R Y eq 1 + jRCw

C.3.2 - Diviseur de tension


On considère l’association série de n impédances complexes Z k . La tension
complexe u k aux bornes de l’impédance complexe Z k vaut :
Zk
uk = Zk i , d’où : u k = --------- u.
Z eq

Théorème 1

Z1 Z2 Diviseur de tension
i Dans l’association série de n impédances complexes Z k , la tension com-
plexe u k aux bornes de l’impédance Z k vaut :
u1
Zk Zk
u u k = ---------u = --------------- u.
Z eq
∑k
Zk
Fig. 8 - Diviseur de tension.

218
Chapitre 7 : Régime sinusoïdal forcé
KA_MPSI.book Page 219 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exemple : si les impédances complexes Z 1 et Z 2 sont associées en série (fig. 8),


alors la tension complexe u 1 aux bornes de l’impédance Z 1 vaut :
Z1
u 1 = -------------------- u.
Z1 + Z2

Application 2 Calcul d’une fonction de transfert


Vs R
Déterminer le rapport H ( jω ) = ------ , où V e est la tension sinusoïdale de
Ve
pulsation ω appliquée aux bornes du circuit. Ve Vs C
Solution
On applique le théorème de division de tension avec :
1
Z 1 = R et Z 2 = ----------- :
jCω
1
----------
jCω 1
V s = --------------------- V e = ------------------------ V e .
1 1 + jRCω
R + ----------
jCω
Vs 1
La fonction de transfert vaut donc : H ( jw ) = ------ = ------------------------- .
Ve 1 + jRCw

C.3.3 - Diviseur de courant


On considère l’association parallèle de n admittances complexes Y k . L’inten-
sité complexe i k traversant l’admittance complexe Y k vaut :
Yk
i k = Y k u, d’où : i k = --------i .
Y eq
Théorème 2
Diviseur de courant
Dans l’association parallèle de n admittances Y k , l’intensité complexe i k
traversant l’admittance Y k vaut :
Yk Yk
i k = --------- i = --------------- i .
Y eq
∑k
Yk

i Exemple : si les admittances complexes Y 1 et Y 2 sont associées en parallèle


(fig. 9), alors l’intensité complexe i 1 traversant l’admittance Y 1 vaut :
i1
Y1 Z2
u Z1 Z2 i 1 = -------------------i = -------------------- i .
Y1 + Y2 Z1 + Z2

C.3.4 - Loi des nœuds exprimée en termes de potentiel


Fig. 9 - Diviseur de courant.
Z1 Zn
A1 N An
i1 in
Z2 Zk

A2 i2 ik Ak

Fig. 10 - Les n impédances complexes sont reliées au nœud N.

219
Cours
KA_MPSI.book Page 220 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

On considère plusieurs impédances complexes Z k reliées en un même


nœud N comme l’indique la figure 10. La loi d’Ohm complexe appliquée à
1. La tension complexe : chaque impédance complexe donne1 :
uk = VA – VN
k u VA – VN
est la tension aux bornes de i k = ------k = ----------------------
k
-.
l’impédance complexe Z k . Zk Zk
Or, d’après la loi des nœuds en N :
VA – VN
i 1 + i 2 + i 3 + … = 0, d’où : ∑k k
----------------------
Zk
- = 0.

Théorème 3
La loi des nœuds exprimée en terme de potentiel s’écrit (théorème de
Millman) :
1 1 1 VA VA VA
V N ------- + ------- + ------- + º = ---------1 + ---------2 + ---------3 + º
Z1 Z2 Z3 Z1 Z2 Z3

Exprimé avec les admittances complexes, le théorème de Millman s’écrit :


V [Y + Y + Y + º] = Y V + Y V + Y V + º
N 1 2 3 1 A1 2 A2 3 A3

Application 3 Courant complexe dans un condensateur N


Dans le montage ci-contre, les générateurs de tension E 1 et E 2
ont la même pulsation ω. Déterminer l’intensité complexe i du R1 R2
C u
courant circulant dans le condensateur de capacité C.
Solution i
E1 E2
On applique en N la loi des nœuds exprimée en termes de
potentiel. Les potentiels complexes aux origines des dipôles
valent respectivement : E 1 pour la résistance R1, 0 pour la
capacité C (reliée à la masse) et E 2 pour la résistance R2. On
a alors (théorème de Millman) :
E E
------1 + ------2
R1 R2 R2 E1 + R1 E2
- = ---------------------------------------------------- .
V N = u = ------------------------------------
1 1 R 1 + R 2 + jR 1 R 2 Cω
------ + jCω + ------
R1 R2
L’intensité i circulant dans le condensateur vaut donc :
R2 E1 + R1 E2
i = jCωu = jCw R ----------------------------------------------------
-.
+ R + jR R Cw 1 2 1 2

D. Étude énergétique
D.1. Puissance instantanée – Puissance moyenne
D.1.1 - Puissance instantanée
La puissance instantanée p d’un dipôle est la puissance reçue par ce dipôle à
l’instant t. En régime sinusoïdal forcé, elle s’écrit :
p ( t ) = u ( t )i ( t ), avec u ( t ) = U 0 cos ( ωt + ϕ ) et i ( t ) = I 0 cos ( ωt + ϕ′ ).

220
Chapitre 7 : Régime sinusoïdal forcé
KA_MPSI.book Page 221 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

1. On utilise la relation En remplaçant u ( t ) et i ( t ) par leurs valeurs, on obtient donc1 :


trigonométrique :
1
1
cosa cosb = -- [cos(a +b) + cos(a – b)].
p ( t ) = U 0 I 0 cos ( ωt + ϕ ) cos ( ωt + ϕ′ ) = --- U 0 I 0 [ cos ( 2ωt + ϕ + ϕ′ ) + cos ( ϕ – ϕ′ ) ].
2 2
La puissance instantanée p est une fonction périodique du temps, de période
2. La pulsation de la puissance moitié de la période T de la source2.
instantanée p est 2ω, donc sa
T
période est --- . D.1.2 - Puissance moyenne
2
Définition 4
En régime sinusoïdal forcé, la puissance moyenne  est définie comme la
valeur moyenne de la puissance instantanée p sur une période T des
3. On pourrait se contenter de oscillations3 :
1 T

calculer la valeur moyenne sur la
T
 = 〈 p ( t )〉 = ---- p ( t )dt.
période --- de la puissance T 0
2
instantanée p.
La puissance instantanée p est la somme de deux termes :
– un terme sinusoïdal, de valeur moyenne nulle sur une période T ;
4. Pour s’en convaincre, il suffit de – un terme constant, égal à sa valeur moyenne4.
calculer l’intégrale définissant la
puissance moyenne . La puissance moyenne  a pour expression :
1
 = --- U 0 I 0 cos f,
2
où φ = arg ( Z ) = ϕ – ϕ′ est l’avance de phase de la tension u sur l’intensité i.

D.2. Valeurs efficaces


D.2.1 - Définition
Définition 5
On définit le carré de la valeur efficace geff de la grandeur périodique g(t)
de période T, exprimée dans la même unité que g, comme la valeur
5. Les grandeurs efficaces sont moyenne du carré de cette grandeur5 :
définies uniquement à partir des
1 T

2
grandeurs réelles. On n’utilise g eff = 〈 g ( t ) 2 〉 = ---- g 2 ( t ) dt
jamais les grandeurs complexes. T 0

Pour la tension u et l’intensité i, on a ainsi :


2 2
U eff = 〈 u ( t ) 2〉 et I eff = 〈 i ( t ) 2 〉 .
L’intensité efficace Ieff est l’intensité constante qui donnerait la même puis-
sance moyenne  que i ( t ) en traversant une résistance R quelconque.

Application 4 Valeur efficace d’une tension créneau U (V)


On considère la tension créneau représentée ci-contre, de
période T et d’amplitude U0. Déterminer la tension efficace U0
Ueff de cette tension.
Solution 0 T T 3T 2T t (s)
---- --------
Par définition, la tension efficace Ueff de la tension créneau vaut : 2 2
– U0
1 T

2
U eff = 〈 u ( t ) 2〉 = ---- u ( t ) 2 dt, avec u ( t ) = U 0 ou – U 0 .
T 0
On en déduit donc :
1 T 1 2
∫0 U0 dt =
2 2 2
U eff = ---- ---- U 0 T = U 0 , d’où : U eff = U 0 .
T T

221
Cours
KA_MPSI.book Page 222 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

D.2.2 - Cas des grandeurs sinusoïdales


1. On utilise la même relation Considérons par exemple l’intensité sinusoïdale i. On a1 :
trigonométrique que
2 1 2
précédemment, avec i ( t ) 2 = I 0 cos2 ( ωt + ϕ′ ) = --- I 0 [ cos ( 2ωt + 2ϕ′ ) + 1 ].
2
a = b = ωt + ϕ′.
Par définition, le carré de l’intensité efficace Ieff vaut :
1 T 1 2
∫0 i ( t )2 dt =
2
I eff = ---- --- I 0 ,
T 2

I0
d’où : I eff = ------- .
2

Si la grandeur électrique g est sinusoïdale, la grandeur efficace g eff et l’ampli-


tude g0 vérifient la relation :
g0
g eff = ------- .
2

Pour la tension u et l’intensité i, on a ainsi :


U I0
U eff = ------0- et I eff = ------- .
2 2

D.3. Facteur de puissance


En régime sinusoïdal forcé, la puissance moyenne  s’écrit :
 = U eff I eff cos f,
où cosφ est le facteur de puissance du circuit ( φ = arg ( Z ) ).

• L’impédance complexe d’un conducteur ohmique de résistance R vaut :


Z = R,
d’où : φ = arg ( Z ) = 0 et cos ( φ ) = 1.

La puissance moyenne dissipée dans une résistance est :


2 2
 = U eff I eff = RI eff = GU eff .
• L’impédance complexe d’un condensateur de capacité C vaut :
1
Z = ----------,
jCω

π
d’où : φ = arg ( Z ) = – --- et cos ( φ ) = 0.
2
La puissance moyenne dissipée dans un condensateur est nulle.
• L’impédance complexe d’une bobine d’inductance L vaut :
Z = jLω,

π
d’où : φ = arg ( Z ) = --- et cos ( φ ) = 0.
2
La puissance moyenne dissipée dans une bobine est nulle.

222
Chapitre 7 : Régime sinusoïdal forcé
KA_MPSI.book Page 223 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Application 5 Comment relever le facteur de puissance ?


Les circuits industriels doivent avoir un facteur de puissance
proche de 1 pour que l’intensité du courant dans le réseau EDF
soit la plus faible afin de réduire les pertes d’énergie en ligne par R
220 V
effet Joule. On dit alors que l’on « relève le cos(φ) ». 50 Hz C L
Un moteur d’inductance L = 1H et de résistance R = 10 Ω est moteur
alimenté par un courant de fréquence 50 Hz sous une tension
efficace de 220 V.
a) Quel est le facteur de puissance du moteur ?
b) Pour « relever le cos(φ) », on place en parallèle au moteur un condensateur de capacité C. Déter-
miner la valeur de C pour que le facteur de puissance de l’association soit égal à 1.
Solution
a) L’impédance Z du moteur est : Z = R + jLω. Comme φ = arg ( Z ), le facteur de puissance du
moteur vaut :
R
cos ( f ) = -------------------------------- = 0,032.
R + L2 w2
2

b) L’admittance équivalente à l’association parallèle du moteur et du condensateur est :


1 1 – LCω 2 + jRCω
Y eq = jCω + -------------------- = ---------------------------------------------- .
R + jLω R + jLω
Le cos(φ) de l’association est égal à 1, donc φ = – arg ( Y eq ) = 0 et Y eq est réel. L’argument du
numérateur ( 1 – LCω 2 + jRCω ) est égal à l’argument du dénominateur ( R + jLω ). On a donc :
RCω Lω L
------------------------2- = -------- , - = 1,01 ◊ 10 –5 F = 10 µF.
d’où : C = --------------------------
1 – LCω R R2 + L2w2

223
Cours
KA_MPSI.book Page 224 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Méthodes ✓ Régime sinusoïdal forcé


L’essentiel
• En régime sinusoïdal forcé, on remplace l’équation différentielle linéaire
caractérisant l’évolution d’un circuit par une relation linéaire entre la tension
complexe u à ses bornes et l’intensité complexe i du courant le traversant.
• L’impédance complexe Z du circuit, homogène à une résistance, et
l’admittance complexe Y du circuit, homogène à une conductance, véri-
fient la loi d’Ohm en notations complexes :
u i
Z = --- et Y = --- .
i u

Résistance R Capacité C Inductance L


1
Impédance complexe R ----------- jL ω
jCω
1
Admittance complexe G jCω ----------
jLω

• L’impédance réelle Z (l’admittance réelle Y) d’un circuit est le module de son


impédance complexe Z (admittance complexe Y ) :
1
Z = Z (en Ω) Y = Y = ---- (en S).
et
Z
Elle permet de calculer l’amplitude I0 de l’intensité connaissant l’amplitude
U0 de la tension et réciproquement :
U 0 = ZI 0 et I 0 = YU 0 .
• L’avance de phase φ = ϕ – ϕ′ de la tension u sur l’intensité i est l’argument
de l’impédance complexe Z du circuit :
f = arg ( Z ) ou f = – arg ( Y ).

✓ Lois de l’électrocinétique en complexes


• La somme des intensités complexes i i des courants algébriques arrivant à un
nœud du circuit est égale à la somme des intensités complexes i j des courants
algébriques s’en éloignant :


arrivant
ii = ∑
sortant
i j (loi des nœuds).

• Dans une maille, la somme algébrique des différentielles de potentiel complexes


mesurées en parcourant complètement la maille dans un sens donné est nulle :


maille
u i = 0 (loi des mailles).

• L’association série de n impédances Z k est équivalente à une impédance uni-


que Z eq = ∑k Zk . La tension complexe uk aux bornes de Zk est (diviseur
de tension) :
Zk Zk
u k = ---------u = --------------- u, avec u tension aux bornes de l’association.
Z eq
∑k Zk

224
Chapitre 7 : Régime sinusoïdal forcé
KA_MPSI.book Page 225 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• L’association parallèle de n admittances Y k est équivalente à une admittance unique


Y eq = ∑k Yk . L’intensité complexe i k traversant Yk est (diviseur de courant) :
Yk Yk
i k = --------- i = --------------- i , avec i intensité traversant l’association.
Y eq
∑k Yk

• Si un nœud N du circuit est relié à n impédances Z k non nulles, la loi des nœuds exprimée en
termes de potentiels s’écrit (théorème de Millman) :

1 1 1 VA VA VA
V N ------- + ------- + ------- + º = ---------1 + ---------2 + ---------3 + º
Z1 Z2 Z3 Z1 Z2 Z3

✓ Aspect énergétique
• La puissance instantanée p d’un dipôle est la puissance reçue par ce dipôle à l’instant t. En
régime sinusoïdal forcé, c’est une fonction de période moitié de la période T de la source.
• En régime sinusoïdal forcé, la puissance moyenne  est définie comme la valeur moyenne de
la puissance instantanée p sur une période T des oscillations :

1 T
 = 〈 p ( t )〉 = ----
T ∫0 p ( t )dt = Ueff Ieff cos f.
U I0
– Les termes U eff = ------0- et I eff = ------
- sont respectivement la valeur efficace de la tension
2 2
sinusoïdale u et de l’intensité sinusoïdale i.
– Le terme cosφ est le facteur de puissance du circuit, où φ = arg ( Z ) est l’avance de phase
de la tension u sur l’intensité i.
• La puissance moyenne dissipée dans un condensateur ou dans une bobine est nulle.

Mise en œuvre
Méthode n° 1

Comment déterminer une valeur efficace ou un facteur de forme ?


Un signal périodique d’amplitude U0 a les mêmes effets énergétiques sur une résistance qu’un
signal continu de valeur U eff . On se propose de déterminer la valeur efficace U eff d’un signal pério-
U eff
dique, ainsi que son facteur de forme f = --------- .
U0

➜ Savoir faire

➊ Découper une période du signal en petits intervalles de temps de façon à disposer d’une
expression de u ( t ) sur chacun de ces intervalles.
➋ Identifier les zones de la courbe qui conduisent à une même valeur de l’intégrale u 2 ( t )dt. ∫
Graphiquement, deux portions de courbes symétriques par rapport à l’axe horizontal ou par
rapport à un axe vertical conduisent à une intégrale u 2 ( t )dt identique. ∫

225
Méthodes
KA_MPSI.book Page 226 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

➌ Calculer l’intégrale de u 2 ( t ) sur une période. Ce calcul est simplifié en prenant en compte
les contributions identiques de certains intervalles de temps.
➍ Calculer la valeur efficace U eff du signal et son facteur de forme f :

1 T U eff
U eff = ----
T ∫0 u2 ( t )dt et f = --------- .
U0

➜ Application
Déterminer la valeur efficace du signal triangulaire suivant :

u (V)

+ U0

T 2T
---- --------
2 3
0 T T t (s)
----
3

– U0

Ce signal est dissymétrique, puisque le temps de montée est plus long que le temps de descente.
;

Solution
;;;;;
;;;;;

➊ On peut découper une période T de ce signal en quatre morceaux :


;
;;;;;;;;;;;;
; ;
;

T
;
; ;;;;; ;

 t ∈ 0 ; ----
3
;

;;;;;
;;;
;
;

;;;;;
;;;;;

T T
  T
---- 2T
--------  t ∈ ---- ; ----
3 2
;
;

2
;

3
0 T T T 2T
----  t ∈ ---- ; --------
;

3   2 3
2T
;

 t ∈ -------- ; T
3
;

La tension u ( t ) est affine sur chacun de ces morceaux.

Les morceaux  et  pourraient être traités ensemble.

➋ Les zones  et  d’une part,  et  d’autre part conduisent à une même valeur de u 2 ( t )dt. ∫
T
----

∫0 u2 ( t )dt avec u ( t ) = U0 × ----T , soit :


➌ Sur l’intervalle , on calcule 3 t
----
3
T T 2 T 2
---- ----
3 9t
2 9U 0 t 3 ---- U0 T
∫0 ∫
3 2
u 2 ( t )dt = U0 -------2- dt - ----
= ---------- 3
= ------------ .
0 T T2 3 0 9

226
Chapitre 7 : Régime sinusoïdal forcé
KA_MPSI.book Page 227 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Sur l’intervalle , la tension u ( t ) peut s’écrire :

6  t – ----
T T
t – ----  2
2
u ( t ) = – U 0 × ------------- = – U 0 × --------------------- .
T T
----
6
L’intégrale à calculer vaut donc :
2T
--------
3 3
 T
2 t – ----
36U 0  2 
2T 2 2T
-------- 36U 0 --------
3  T 2
∫ ∫
3 2
u ( t )dt = -------------
-T 
t - --------------------
– ---- dt = ------------- ,
T
---- T2 ---- 2 T2 3 T
----
2
2 2
d’où :
2T 2
-------- U0 T

3 2
T
u ( t )dt = ------------ .
---- 18
2

Sur une période, il n’est pas utile de calculer les contributions des intervalles  et , respecti-
vement égales à celles des intervalles  et . L’intégrale totale vaut donc :
2 2 2
T U0 T U0 T U0 T
∫0 u 2 ( t )dt = 2 × -----------
9
- + 2 × ------------ = ------------ .
18 3
➍ On en déduit donc :
2
1 U0 T U 1
U eff = - = ------0-
---- × ----------- et f = ------- .
T 3 3 3

Méthode n° 2
Comment ramener le facteur de puissance d’un dipôle à 1 ?
Un circuit dont le facteur de puissance n’est pas unitaire engendre des effets dissipatifs inutiles dans
son alimentation. On cherche à ramener le facteur de puissance d’un dipôle quelconque à 1 en lui
adjoignant un dipôle correctif placé en parallèle.

➜ Savoir faire

➊ Déterminer l’impédance Z cir équivalente au circuit.


➋ Déterminer le signe de l’argument φ de Z cir .
➌ Associer un dipôle correctif au circuit étudié (les deux étant placés en parallèle) en prenant
en compte le signe de φ :
– si φ  0, le circuit est capacitif (il comporte un condenasteur) et doit être corrigé par une
bobine d’impédance L ;
– si φ  0, le circuit est inductif (il comporte une bobine) et doit être corrigé par un conden-
sateur de capacité C.
➍ Déterminer l’impédance Z eq de l’association {circuit // dipôle correctif }. Écrire cette impédance
sous la forme d’une fraction.
➎ Déterminer la valeur de L (ou C) qui rend Z eq réel. Cela revient, lorsque Z eq est une fraction,
à imposer à son dénominateur et son numérateur d’avoir le même argument.

Cette correction n’est a priori valable que pour une pulsation donnée. La valeur à donner à L (ou à C)
dépend donc généralement de ω.

227
Méthodes
KA_MPSI.book Page 228 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

➜ Application A
Quel dipôle doit-on associer à un circuit RC série pour rendre le facteur
de puissance de l’ensemble égal à 1 ? R

Solution
C
➊ La résistance R et le condensateur C sont associés en série, donc :
B
1 jRCω + 1
Z cir = R + ---------- = ------------------------ .
jCω jCω
1
➋ On a : tan φ = – -------------  0 . L’argument de Z cir est toujours négatif (quelle que soit la valeur de la
RCω
pulsation ω).
➌ On associe le circuit RC en parallèle à une bobine d’inductance L :
A
R
L

C
B

➍ L’impédance équivalente à cette association vaut :

jLω  R + -----------
1
 jCω jLω ( 1 + jRCω ) .
Z eq = -------------------------------------- = ----------------------------------------------
1 1 – CLω 2 + jRCω
jLω + R + ----------
jCω
–1
➎ Pour le numérateur, on a : tan φ N = ------------- .
RCω
RCω
Pour le dénominateur, on a : tan φ D = ------------------------2- .
1 – CLω
1 RCω
Soit : – ------------- = ------------------------2- ⇔ 1 – CLω 2 = – ( RCω ) 2
RCω 1 – CLω
1 + R2C2w2 .
⇔ L = ------------------------------
-
Cw 2

Sur cet exemple, le circuit RC a un effet capacitif. La plupart des circuits industriels comportent des moteurs
électriques, et donc des bobines. Leur comportement est ainsi souvent inductif, et on ramène leur facteur de
puissance à 1 en plaçant une batterie de condensateurs en parallèle.

Méthode n° 3
Comment équilibrer un pont ?
La structure en « pont », très fréquemment rencontrée en électronique, est constituée de quatre
impédances disposées sur un carré. Cette structure est alimentée par un générateur placé sur une
diagonale ; elle est équilibrée lorsque les potentiels des deux autres sommets sont égaux.

➜ Savoir faire

➊ Déterminer, par des ponts diviseurs de tension, les potentiels des deux nœuds à équilibrer.
➋ Égaler ces potentiels et en déduire deux équations, l’une portant sur la partie réelle et l’autre
sur la partie imaginaire de l’égalité.
➌ Déterminer les valeurs des composants qui satisfont aux égalités précédentes.

228
Chapitre 7 : Régime sinusoïdal forcé
KA_MPSI.book Page 229 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

➜ Application
Comment choisir les composants R1 , R2 , L et C pour annuler l’intensité dans l’ampèremètre du
circuit ci-dessous ?

C R2

e  A 

R1 L

Solution
➊ Les potentiels des nœuds situés de part et d’autre de l’ampèremètre sont, en appliquant le théo-
rème de division de tension :
R1 e jLω e
V 1 = ------------------------ et V 2 = ----------------------- .
1 R 2 + jLω
R 1 + -----------
jCω

Ces ponts diviseurs ne sont valables que parce que l’on suppose l’intensité dans l’ampèremètre nulle. Si ce
n’était pas le cas, la résistance R1 ne serait pas en série avec le condensateur, pas plus que la résistance R2
avec la bobine L.

➋ En égalant les potentiels V 1 et V 2 , il vient :


R1 e jLω e
------------------------ = ----------------------- ⇔ R 1 ( R 2 + jLω ) =  R 1 + ---------- jLω
1
1 R 2 + jLω  jCω
R 1 + -----------
jCω
L
⇔ R 1 R 2 + jR 1 Lω = jR 1 Lω + ----
C

⇔  R 1 R 2 – ---- + j ( R 1 Lω – R 1 Lω ) = 0.
L
 C
➌ La condition donnée par la partie imaginaire est systématiquement vérifiée. Celle donnée par la
partie réelle impose :
L
R 1 R 2 = ---- .
C

Cet équilibrage est valable pour toutes les valeurs de la pulsation ω. Dans le cas général, les relations obte-
nues font intervenir la pulsation ω et l’équilibrage n’est valable que pour une fréquence donnée.

229
Méthodes
KA_MPSI.book Page 230 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Énoncés des exercices

Exercices
Niveau 1 h) R

i C
Ex. 1 Calculs d’impédances
Déterminer l’impédance complexe Z des montages R L
ci-dessous. En déduire l’impédance réelle Z et
l’avance de phase φ de la tension sur le courant.
u
a) R C
i i R
i)

b) R L u C L
i

c) R C
i L Ex. 2 Diviseur de tension
a) On étudie le circuit RLC série où la tension appli-
quée est e en notations complexes. On mesure la
u
tension aux bornes du condensateur.
R
d) i R L

u R C e C uC

Exprimer u C et retrouver l’expression étudiée dans le


e) i
chapitre 6 permettant de déterminer la résonance ten-
R sion aux bornes du condensateur.
C
b) On étudie le montage ci-dessous. Déterminer u
u R C
en fonction de e .

R C

i
f)
e R C u
L
u C

R
Ex. 3 Résonance intensité
Déterminer l’intensité i dans un circuit RLC série
i alimenté par un générateur de tension e .
g)
C
Ex. 4 Circuit RLC parallèle
u L
R a) Exprimer la tension u aux bornes du circuit sché-
matisé ci-après. En déduire i R .

230
Chapitre 7 : Régime sinusoïdal forcé
KA_MPSI.book Page 231 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

i iL R C
M
iR iC A B
u
R
u R C L N
C

e
Vérifier que l’étude de la résonance tension u (ou de la
résonance courant i R dans la résistance), lorsqu’on
Ex. 7 Amélioration du facteur de puissance
applique un courant sinusoïdal en notation complexe
Un moteur fonctionnant sous une tension efficace
i = I 0 e jωt , est identique à celle de la résonance cou-
U = 200 V à la fréquence f = 50 Hz est modélisable
rant dans le circuit RLC. Exprimer alors ω0 , pulsation par une résistance R en série avec une inductance
propre, et Q′, facteur de qualité du circuit RLC parallèle propre L.
1 La puissance consommée est  = 1 000 W, alors
(et α′ = ---------- , coefficient d’amortissement).
2Q′ que l’intensité efficace vaut I = 10 A.
b) Appliquer le théorème de division de courant et a) Déterminer L et R. Que vaut le cosφ ?
déterminer le courant complexe i L en fonction de i . b) Quelle est la capacité C du condensateur à placer
Utiliser ω0 et Q′ (ou α′) et vérifier que l’étude de la en parallèle à ses bornes pour que le facteur de puis-
résonance de i L est la même que celle de la tension u C sance soit égal à l’intensité ?
aux bornes du condensateur. c) On utilise un condensateur de capacité C′  C. Le
facteur de puissance vaut 0,95. Déterminer C′.
Ex. 5 Grandeurs efficaces
Déterminer les grandeurs efficaces des fonctions Ex. 8 Facteur de puissance
périodiques suivantes. Un moteur fonctionne sous une tension efficace
U = 20 V, de fréquence f = 50 Hz. Il est modélisé par
u (V) une résistance R = 3 Ω en série avec une inductance L.
a)
Le courant circulant dans le moteur est I = 4 A.
U0
a) Déterminer l’inductance L, l’impédance réelle Z et
la puissance  consommée par le moteur.
b) On place en parallèle avec le moteur deux ampou-
0
-------- t (s)
T T 3T les consommant chacune une puissance de 8 W. Quel
----
2 2 est le facteur de puissance du montage ?

u (V) Ex. 9 Équilibre d’un pont


b)
Le pont ci-dessous est alimenté en alternatif. À quelle
U0 condition le pont est-il équilibré ? Montrer que l’on peut
déterminer L et r en fonction de C et de R1, R2 et R.
M
0 T
----
T 2T t (s)
2 R
R1

C
Niveau 2 L u

Ex. 6 Circuit déphaseur r


R2
L’association parallèle de dipôles RC est alimentée
par une source de tension alternative e de grandeur N
efficace E. e
Déterminer u , la tension efficace U eff et l’avance de
phase φ de u sur e .

231
Exercices
KA_MPSI.book Page 232 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Niveau 3
Ex. 10 Adaptation d’impédances L charge
a) Un générateur de tension alternative, de tension C Z
efficace E, possède une impédance : Z g = R g + j X g .
Ce générateur est branché sur une charge R
d’impédance : Z = R + j X.

i Déterminer L et C en fonction de ω, R et R g pour


avoir l’adaptation d’impédance. Quelle condition doit
vérifier R ?
Zg
c) Reprendre l’étude avec les montages ci-dessous.
Z
e L

L C R
Déterminer les valeurs à donner à R et X pour que la R
puissance dissipée dans le dipôle Z soit maximale.
b) L’impédance du générateur est Z g = R g . La
Montage 1 Montage 2
charge est représentée sur le schéma ci-après.

Indications

Ex. 1 Appliquer les propriétés liées aux associations Ex. 7 a) La puissance est dissipée dans la résistance.
d’impédance.
b) cosφ = 1 si Z ∈  + .

Ex. 2 Appliquer le théorème de division de tension. Ex. 8 a) La puissance est dissipée dans la résistance.

Ex. 3 Utiliser les variables réduites (cf. chapitre 6). Ex. 9 Appliquer la méthode n° 3 au circuit.

Ex. 4 Utiliser les variables réduites (cf. chapitre 6). Ex. 10 a) Déterminer l’intensité efficace I dans le
circuit.
Ex. 5 Écrire la définition des valeurs efficaces. b) L’adaptation d’impédance correspond à Z = Z g∗ .

232
Chapitre 7 : Régime sinusoïdal forcé
KA_MPSI.book Page 233 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Solution des exercices

Solutions des exercices


Exercices de niveau 1
Exercice 1

En série, les impédances s’ajoutent ; en parallèle les admittances s’ajoutent.

1 1 + jRC ω
a) On a : Z = R + ----------- = -------------------------, d’où :
j Cω jC ω
 1
 Z = Z = R 2 + --------------
-
 C2 w2

 π
 φ = arg ( Z ) = Arctan ( RC ω ) – --- = – Arctan  --------------  .
1
 2 RC w

Cette avance de phase est négative quelle que soit la valeur de ω. Le dipôle est globalement capacitif, ce qui est logique
d’après sa constitution ; l’intensité est en avance sur la tension.

b) On a : Z = R + jLω, d’où :
 Z = Z = R2 + L2 w2


 φ = arg ( Z ) = Arctan  --------  .
Lw
  R 

c) On a : Z = R + j  Lω – ---------  , d’où :
1
 Cω 
 1 2
 Z = Z = R 2 +  Lw – -------- -
  Cw 

  1 
  Lw – -------- -
Cw 
 φ = arg ( Z ) = Arctan  -----------------------
 - .
 R 

Le signe de l’avance de phase est à présent fonction de la pulsation ω. Le comportement global (inductif ou capacitif)
dépend de la pulsation.

1 R ( 2 + jRCω )
d) On a : Z = R + ---------------------- = ----------------------------------, d’où :
1 1 + jRCω
---- + jCω
R
 4 + R2 C2 w2
 Z = Z = R -------------------------------- -
 1 + R2 C2 w2


 φ = arg ( Z ) = Arctan  --------------  – Arctan ( RCw ).
RCw
 2

1 1 1 – R 2 C 2 ω 2 + 3jRC ω
e) On a : Z = R + ----------- + ---------------------- = ------------------------------------------------------------ , d’où :
jC ω 1 jC ω ( 1 + jRC ω )
---- + jC ω
R
1 ( 1 – R 2 C 2 w 2 ) 2 + 9R 2 C 2 w 2 .
Z = Z = ---------- ------------------------------------------------------------------------
-
Cw 1 + R2 C2 w2

233
Exercices
KA_MPSI.book Page 234 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

3 + j  RC ω – ------------- 
1
 RC ω 
On peut écrire aussi : Z = R ----------------------------------------------------, d’où :
1 + j RCω
 1 
 RCw – ------------- RCw
-
φ = arg ( Z ) = Arctan  ----------------------------------  – Arctan ( RCw ).
 3 

Pour exprimer l’argument d’un nombre complexe, penser à l’écrire de manière à ce que sa partie réelle soit positive.

1 1 – LC ω 2 + jRCω
f) • On a : Y = jC ω + ---------------------- = ------------------------------------------------ , d’où :
R + jL ω R + jL ω

R + jLω
-.
Z = ----------------------------------------------
1 – LCω 2 + jRC ω
On en déduit :
R2 + L2 w2
Z = Z = -.
--------------------------------------------------------------
( 1 – LC w 2 ) 2 + R 2 C 2 w 2
• Pour exprimer arg ( Z ), on modifie son expression de manière à faire apparaître des complexes à
partie réelle positive :
R + jL ω
Z = ------------------------------------------------------------ .
jCω R + j  L ω – --------- 
1
 Cω 
On en déduit :
 1 
Lw p  L w – --------- w
-
 C
φ = arg ( Z ) = Arctan --------- – --- – Arctan  --------------------------  .
 R  2  R 

1 1 1 jC ω 1 – LCω 2 + jRC ω
g) • On a : Y = ----------- + ---------------------- = ----------- + ------------------------- = ------------------------------------------------ .
jL ω 1 j L ω 1 + jRC ω j L ω ( 1 + jRC ω )
R + -----------
jC ω
D’où :
1 j L ω ( 1 + jRC ω ) .
Z = ---- = ------------------------------------------------
-
Y 1 – LC ω 2 + jRC ω
On en déduit :
1 + R2 C2 w2
-.
Z = Z = L w --------------------------------------------------------------
( 1 – LC w 2 ) 2 + R 2 C 2 w 2

R ---- + j  C ω – --------- 
C 1 C 1
R ---- + ----------- + jC ω L  Lω
L jLω
• Réécrivons Y : Y = ---------------------------------------------- = -------------------------------------------------- .
1 + jRC ω 1 + jRC ω
On en déduit :
 C ω – -------- 1 
-
 Lω
φ = – arg ( Y ) = – Arctan  -------------------------  + Arctan ( RC ω ),
 RC ---- 
 L 
1 – LCw 2
soit : f = Arctan  -------------------------  + Arctan ( RC w ).
 RC w 

1 1 1 jC ω 1 – LC ω 2 + 2jRC ω
h) • On a : Y = ---------------------- + ---------------------- = ---------------------- + -------------------------- = ---------------------------------------------------------- .
R + jL ω 1 R + j L ω 1 + jRC ω ( R + jL ω ) ( 1 + jRC ω )
R + -----------
jC ω

234
Chapitre 7 : Régime sinusoïdal forcé
KA_MPSI.book Page 235 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

D’où :
1 ( R + j L ω ) ( 1 + jRC ω ) .
Z = ---- = ----------------------------------------------------------
Y 1 – LC ω 2 + 2jRC ω
On en déduit :
( R2 + L2 w2 )( 1 + R2 C2 w2 ) .
Z = Z = ---------------------------------------------------------------------
-
( 1 – LC w 2 ) 2 + 4R 2 C 2 w 2
( R + jL ω ) ( 1 + j RC ω )
• Réécrivons Z : Z = ----------------------------------------------------------------- .
j C ω 2R + j  L ω – --------- 
1
 Cω
On en déduit :
 1 
w p  L w – --------- w
φ = arg ( Z ) = Arctan  --------- + Arctan ( RC w ) – --- – Arctan  ------------------------- .
L C
 R 2  2R 

1 jL ω
i) On a : Z = R + ----------------------------- = R + -------------------------2- , d’où :
1 1 – LC ω
jC ω + -----------
jL ω

 Lw 2
 Z = Z = R 2 +  ----------------------
-
  1 – LC w 

 Lω
 ----------------------------------
 φ = arg ( Z ) = Arctan  R -.
2) 
 ( 1 – LC ω

Exercice 2

a) Un diviseur de tension entre le condensateur d’une part et l’association série {résistance + bobine}
d’autre part donne :
1
----------- e
jC ω
-.
u C = ---------------------------------------- e = ------------------------------------------------
R + jL ω + -----------
1 1 – LC ω 2 + jRC ω
jC ω
On retrouve bien le résultat intermédiaire obtenu dans le chapitre 6 lors de l’étude de la résonance
1 1 L ω0
tension aux bornes du condensateur. En posant ω 0 = ------------ et Q = ------- = ----------- , on a en effet :
LC 2α R
e e ω
- , avec x = ------ .
- = -----------------------------------
u C = ---------------------------------------
ω 2 ω 1 – x 2 + 2ja x ω 0
1 – -----2- + 2jα ------
ω ω0
0

b) On substitue à l’association série {R + C} une impédance Z 1 et à l’association parallèle {R//C}


une impédance Z 2 :

R C

Z1
e R C u

Z2

235
Exercices
KA_MPSI.book Page 236 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

On a d’après le théorème de division de tension :


Z2 1
u = -------------------- e = ----------------- e ,
Z1 + Z 2 Z1
------- + 1
Z2
d’où :
e 1 1
u = ------------------------- , avec Z 1 = R + ----------- et Y 2 = ---- + jC ω.
1 + Z1 Y 2 jC ω R

Il faut veiller à n’appliquer le diviseur de tension qu’à des dipôles parcourus par le même courant. C’est bien le cas de
Z 1 et Z 2 dans ce circuit.

On en tire :
e e
u = ------------------------------------------------------------------- , d’où : u = ------------------------------------------------------ .
1 +  R + -----------   ---- + jC ω 3 + j  RC w – -------------- 
1 1 1
 jC ω   R   RC w 

Exercice 3

Le schéma du montage est celui de la question a) de l’exercice 2.

L’intensité i dans le circuit RLC est :


e 1
i = ---- avec Z = R + jL ω + -----------,
Z jC ω
d’où :
e jCω e
-.
i = ------------------------------------------- = -----------------------------------------------
 1  1 – LC ω 2 + jRC ω
R + j L ω – ---------
 Cω
On pose encore :
1 1 Lω ω
ω 0 = ------------ ; Q = ------- = ----------0- et x = ------ .
LC 2α R ω0
On trouve alors :
e e
---- × 2jα x ----
R R
i = ---------------------------------- ou i = ------------------------------------- .
1 – x 2 + 2jα x
1 + jQ  x – --- 
1
 x

Exercice 4

a) Déterminons l’admittance du circuit (association parallèle) :

Y = ---- + jC ω + ----------- = ---- + j  C ω – ---------  .


1 1 1 1
R jL ω R  Lω
On en déduit :
i i
u = ---- , d’où : u = --------------------------------------------- .
Y
---- + j  C ω – --------- 
1 1
R  Lω

236
Chapitre 7 : Régime sinusoïdal forcé
KA_MPSI.book Page 237 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Le courant dans la résistance vaut alors :


u i
i R = ---- = ------------------------------------------------ .
R
1 + j R  C ω – --------- 
1
 Lω

1 1 R ω
Posons : ω 0 = ------------ ; Q′ = --------- = RC ω 0 = ----------- et x = ------ .
LC 2α′ L ω0 ω0

1
On a : Q′ = --- , où Q est le facteur de qualité du circuit RLC série.
Q

On obtient alors :
i
i R = --------------------------------------- .
1 + jQ¢  x – --- 
1
 x
L’étude de la résonance de i R est analogue à celle de la résonance courant dans le circuit RLC série.
b) Le théorème de division de courant s’écrit :
1
----------- i
jL ω
iL = ---------------------------------------- i = -------------------------------------------- .
1 1 jL ω
---- + jC ω + ----------- 1 – L C ω 2 + -----------
R jL ω R
On a donc, avec les notations réduites :
i
i L = ------------------------------------
2
-.
1 – x + 2ja¢x
L’étude de la résonance de i L est similaire à celle de la résonance tension aux bornes du condensa-
teur dans le circuit RLC série.

Exercice 5

On applique la méthode n° 1 aux deux types de signaux.

a) On identifie deux intervalles sur une période du signal :


T
• u(t) = U0 pour t ∈ 0 ; ---- ;
2
T
• u(t) = 0 pour t ∈ ---- ; T .
2
L’intégrale à calculer vaut donc :
T 2
1 T 1 ----
1 T U0
∫0 ∫0 ∫2
2 2 2
U eff = ---- u2( t ) dt = ---- U 0 dt + ---- T
0 dt = ------- ,
T T T ---- 2

U0
d’où : U eff = ------- .
2
1
Le facteur de forme du signal carré est : f = ------- .
2
b) Deux intervalles définissant une aire identique sous la courbe u 2 ( t ) apparaissent.

237
Exercices
KA_MPSI.book Page 238 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

T t 2U 0 t
• Sur 0 ; ---- , la tension u ( t ) vérifie : u ( t ) = U 0 × ---- = -------------- , soit :
2 T T
----
2
T 2 T 2 2
---- 4U 0 ---- 4U 0 T 3 U0 T
∫0
2
u 2 ( t ) dt = ----------
- ∫0
2 2
t dt = ----------2-  ----  = ------------ .
T2 3T 2   6

T
• Sur ---- ; T , l’intégrale de u 2 ( t ) prend une valeur identique d’où :
2
U 0 T U
----  2 × ------------
1
U eff = - , soit : U eff = ------0- .
T 6  3
1
Le facteur de forme du signal triangulaire est : f = ------- .
3
U0
La relation U eff = ------, valable pour un signal sinusoïdal, n’est pas valable dans le cas général.
2

Exercices de niveau 2
Exercice 1

u1
C
M

A R B
u
C R

N
u2

Nous allons exprimer les tensions u 1 et u 2 par application du théorème de division de tension :
1
-----------
R jRC ω jC ω 1
u1 = ---------------------- e = -------------------------- e et u2 = ---------------------- e = -------------------------- e .
1 1 + jRC ω 1 1 + jRC ω
R + ----------- R + -----------
jC ω jC ω
1 – jRC ω
On a : u = u 2 – u 1 , d’où : u = -------------------------- e .
1 + jRC ω

Cette expression de la tension u n’est valable qu’à vide, c’est-à-dire en l’absence de dipôle branché entre les points M
et N. Si on connecte un dipôle à ces bornes, un courant circule entre les nœuds M et N et le théorème de division de
tension ne s’applique plus.

238
Chapitre 7 : Régime sinusoïdal forcé
KA_MPSI.book Page 239 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Le signal étant sinusoïdal, on peut écrire :


1 – jRC ω
u = U eff 2 e j ( ωt + φ ) = -------------------------- E 2 e j ωt ,
1 + jRC ω
avec φ avance de phase de u sur e .
On en déduit, en prenant :
– les modules :
1 – jRC ω
U eff = -------------------------- E, d’où : U eff = E.
1 + jRC ω
– les arguments :
1 – jRC ω
f = arg  --------------------------  = – 2Arctan ( RC w ).
 1 + jRC ω 

Le fait que l’amplitude de la tension u (t ) soit identique à celle du générateur de fém e (t ) justifie le nom de
déphaseur de ce circuit : il n’agit que sur la phase du signal, qu’il est possible de faire varier entre 0 et – π selon la
fréquence ω.

Exercice 2

a) • La puissance est dissipée dans la résistance. On a donc :



 = RI 2 , d’où : R = ----2 = 10 W .
I
• L’impédance réelle du circuit vaut :
U
Z = ----- = 20 W .
I
On peut aussi l’écrire (association série d’une résistance et d’une inductance) :
Z2 – R2
Z = R 2 + L 2 ω 2 , d’où : L = ------------------- = 55 mH .
ω
• Enfin, le facteur de puissance a pour expression :
 1
 = U I cos φ, d’où : cos f = ------- = --- .
UI 2
b)

Il s’agit d’appliquer la méthode n° 2. L’impédance du dipôle RL est Z = R + jL ω, d’argument :



φ = Arctan  ------- , soit : φ = + 60°.
 R

C’est un dipôle globalement inductif, ce qui était évident d’après sa constitution. Il est logique de ramener son fac-
teur de puissance à 1 à l’aide d’un condensateur.

Lorsque le condensateur de capacité C est placé en parallèle avec le moteur, la nouvelle impédance
vérifie :
1 1 R + jL ω
---- = jC ω + ---------------------, d’où : Z = ------------------------------------------------
-.
Z R + jL ω 1 – LC ω 2 + jRC ω

Le facteur de puissance vaut 1 si Z est un réel positif. L’argument de Z est donc nul. L’argument
du numérateur N est égal à l’argument du dénominateur D. On a :

N = R + jL ω, d’où : arg ( N ) = Arctan  ---------  .
 R 

239
Exercices
KA_MPSI.book Page 240 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

On a :
 1 
π  L ω – -------- ω
-
D = 1 – LC ω 2 + jRC ω = jC ω R + j  L ω – ---------  , d’où : arg ( D ) = --- + Arctan  ------------------------ .
1 C
 Cω 2  R 
 1 
ω π  L ω – -------- ω
-
On a donc : Arctan  ---------  = --- + Arctan  ------------------------ , d’où :
L C
 R  2  R 
Lω –R –1
--------- = ------------------------ = ----------------------------- .
R 1 Lω 1
L ω – --------- --------- – --------------
Cω R RC ω
π
On rappelle que : tan  --- + α = – ------------ .
1
2  tan α
On en déduit :
L ωL ω
--------- --------- – --------------  = – 1, d’où : C = ---------------------------
1 L
- = 138 m F .
R  R RC ω  L2 w2 + R2

L
On a aussi C = -----2 , où Z est l’impédance réelle du moteur.
Z

Lorsque le facteur de puissance vaut 1, la même puissance est obtenue avec une intensité plus faible que dans la ques-
tion a). Cela ne change rien pour l’utilisateur du moteur, mais cela diminue les pertes par effet Joule dans le réseau qui
achemine cette intensité.

c) Avec la capacité C ′, nous avons : cos φ = 0,95. En outre :


R + jL ω ( R + jL ω ) ( 1 – LC′ ω 2 – jR C′ ω )
Z′ = ---------------------------------------------------
- = ------------------------------------------------------------------------------------
-
1 – LC′ ω 2 + jRC′ω ( 1 – LC′ ω 2 ) 2 + ( R C′ ω ) 2
R + j ω [ L – C′ ( R 2 + L 2 ω 2 ) ] .
= -----------------------------------------------------------------------
-
( 1 – LC′ ω 2 ) 2 + R C′ ω 2
On en déduit donc :
ω [ L – C′ ( R 2 + L 2 ω 2 ) ] ω [ L – Z 2 C′ ]
tan φ = ----------------------------------------------------------- = --------------------------------,
R R
R tan f
L – ------------------
w
soit : C¢ = ----------------------------, où Z est l’impédance réelle du moteur.
Z2
Comme cos φ = 0,95 et C ′  C, il faut prendre :
tan φ = 0,329, d’où : C¢ = 112 m F .

Le cas tanφ = –0,329 conduit à C′ = 164 µF. Cette valeur de la capacité conduit à un ensemble {moteur//capacité cor-
rectrice} globalement capacitif, et dont le facteur de puissance est également inférieur à 1.

Exercice 3

a) Les valeurs efficaces de la tension U et du courant I circulant dans le moteur permettent de cal-
culer son impédance réelle :
U
Z = ----- = 5 Ω .
I

Cette impédance diffère de la résistance R du moteur du fait de l’effet inductif de la bobine.

240
Chapitre 7 : Régime sinusoïdal forcé
KA_MPSI.book Page 241 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Or, on a (association série d’une résistance et d’une inductance) :


Z2 – R2
Z = L 2 ω 2 + R 2 , d’où : L = ----------------------- = 12,7 mH .
w
La puissance consommée dans le moteur est le fait des seuls effets résistifs, soit :
 = R I 2 = 48 W .
b) La résistance d’une lampe est r telle que :
U2 U2
 lampe = -------, d’où : r = ---------------- = 50 Ω .
r  lampe
Le montage équivalent est :

u M L L ⇔ r r
u
L

1 2 r + 2R + 2 jL ω
L’admittance du circuit vaut : Y = --------------------- + --- = -------------------------------------- ,
R + jL ω r r ( R + jL ω )
r ( R + jL ω ) r ( R + jL ω ) ( r + 2R – 2jL ω )
d’où : Z = ------------------------------------------ = -----------------------------------------------------------------------
-
( r + 2R ) + 2jL ω ( r + 2R ) 2 + 4L 2 ω 2
r [ R ( r + 2R ) + 2L 2 ω 2 + jL ωr ] .
= -----------------------------------------------------------------------------
-
( r + 2R ) 2 + 4L 2 ω 2
On a alors :
rLω 50 × 4
tan φ = --------------------------------------------------
- = -------------------------------------2- = 1, d’où : cos f = 0,707.
R ( r + 2R ) + 2 L 2 ω 2 3 × 56 + 2 × 4

Exercice 4

Il s’agit d’appliquer la méthode n° 3 au circuit.

Lorsque le pont est équilibré, les potentiels des points M et N sont égaux. Ces potentiels s’obtiennent
par des diviseurs de tension :
R
-------------------------- R2 e
1 + jRC ω
V M = --------------------------------------- e et V N = -------------------------------- .
R R 2 + r + jL ω
R 1 + --------------------------
1 + jRC ω
L’égalité entre ces potentiels conduit à :
R R2
------------------------------------------------- = --------------------------------.
( 1 + jRC ω )R 1 + R R 2 + r + jL ω
⇔ RR 2 + Rr + jRL ω = R 1 R 2 + jRR 1 R 2 C ω + RR 2
⇔ RR 2 + Rr – R 1 R 2 – RR 2 + j ( RL ω – RR 1 R 2 C ω ) = 0
 R1 R2
 Rr = R 1 R 2  r = ---------------
⇔ ⇔ R
 RL = R R 1 R 2 C  L = R R C.
 1 2

En règle générale, l’équilibrage d’un pont conduit à deux conditions.

241
Exercices
KA_MPSI.book Page 242 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercice 5

a) Afin d’accéder à la puissance dissipée dans l’impédance Z , évaluons le courant qui la traverse.
On a :
e e
i = ----------------- = ----------------------------------------------------- .
Z + Zg ( R + Rg ) + j ( X + Xg )

D’où la valeur efficace I du courant :


E
I = ------------------------------------------------------------- .
( R + Rg ) 2 + ( X + Xg ) 2
La puissance moyenne dissipée dans Z est celle dissipée dans la résistance R (partie réelle de Z ). On
a donc :
RE 2
 = RI 2 = -------------------------------------------------------- .
( R + Rg ) + ( X + Xg ) 2
2

La résistance R de l’impédance Z est nécessairement positive. La réactance X, en revanche, peut être


négative. On maximise donc la puissance  en assurant la condition X = – X g :
RE 2 RE 2
 = ------------------------2 = ---------------------------------
-.
( R + Rg ) Rg
2
R + ------ + 2R g
R
2
R
Cette puissance est maximale quand f (R) = R + ------g + 2R g est minimale, c’est-à-dire :
R
2
R
f ′ ( R ) = 1 – ------g2 = 0, d’où : R = R g .
R

 est donc maximum pour Z = Z g∗ = R g – jX g .

En assurant Z = Z g∗ , nous faisons en sorte que l’association série de Z et Z g ait une impédance réelle :

( Z + Z g ) = R + R g + j ( X + X g ) = 2R.

Il s’agit en fait de ramener le facteur de puissance de cette association à 1, comme nous avons pu le voir dans la
méthode n° 2.

b) On a (association parallèle) :
1 1 R + jL ω
---- = jC ω + ---------------------, d’où : Z = ------------------------------------------------
-.
Z R + jL ω 1 – LC ω 2 + jRC ω
Comme l’impédance du générateur Z g et celle de la charge Z doivent être conjuguées, on a :
Z = Z ∗g = R g ,
d’où :
R + jL ω = R g ( 1 – LC ω 2 + jRC ω ) = R g ( 1 – LC ω 2 ) + jR g RC ω.
On en déduit :
 R
 R = R g ( 1 – LC ω 2 )  LC ω = 1 – ------
2 -
 ⇒ R g
 L = R g RC  L = R RC.
 g

242
Chapitre 7 : Régime sinusoïdal forcé
KA_MPSI.book Page 243 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Si R  R g , on obtient finalement :
1 R R
C w = ----------------- × 1 – ------- et Lw = R g R × 1 – ------- .
Rg R R g Rg

L’adaptation d’impédance n’est possible que pour R  R g. Elle n’est par ailleurs réalisée que pour une valeur donnée de
la pulsation ω.

c) • Montage 1 :
jL ω ( 1 + jRC ω )
Z = ------------------------------------------------
- = R g,
1 – LC ω 2 + jRC ω
d’où : jL ω ( 1 + jRC ω ) = R g ( 1 – LC ω 2 ) + jRR g C ω
– R L C ω 2 + jL ω = R g ( 1 – LC ω 2 ) + jRR g C ω.
On en déduit finalement, si R  R g :
 R
 L w = R g -------------------
 L = RR g C  R g–R
 ⇒
 LC ω ( R g – R ) = R g 1
2
 C w = --------------------------------
-.
 R(R g – R)

• Montage 2 :
R
Z = jL ω + -------------------------- = R g ,
1 + jRC ω
d’où : R = ( R g – jL ω ) ( 1 + jRC ω )
= R g + RLC ω 2 + j ( RR g C – L ) ω.
On en déduit finalement, si R  R g :

 Rg
 L w = R g R × 1 – --------
 R = R g + R LC ω 2
 R
 ⇒
R R g C – L = 0  1 Rg
 C w = ------------------ × 1 – -------
R
-.
 Rg R

243
Exercices
KA_MPSI.book Page 244 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23
KA_MPSI.book Page 245 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

CHAPITRE

8 Filtres du premier
ordre
Introduction

Dans ce chapitre, nous allons appliquer les résultats de l’électrocinétique aux circuits
électriques afin d’obtenir la réponse à une excitation. Les circuits électriques sont utilisés
dans un régime de fonctionnement linéaire ; en outre, tout signal périodique est décom-
posable en une somme finie ou infinie de fonctions sinusoïdales. Dans ces conditions, il
est tout particulièrement intéressant d’étudier la réponse d’un circuit à une excitation
sinusoïdale.

Plan du chapitre 8
A. Fonction de transfert d’un quadripôle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 246
1. Dipôles et quadripôles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 246
2. Quadripôles linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 246
3. Fonction de transfert. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 246
4. Le diagramme de Bode . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 248
5. Ordre d’un filtre. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 250
6. Bande passante d’un filtre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 250
B. Filtres passifs – Filtres actifs. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 252
1. Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 252
2. Amplificateur opérationnel (A.O.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 253
C. Filtres du premier ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 255
1. Expression de la fonction de transfert . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 255
2. Filtre passe-bas . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 255
3. Filtre passe-haut . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 258
4. Cas plus général . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 261

Méthodes
L’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 263
Énoncés des exercices. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 273
Indications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 274
Solution des exercices. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 275

245
KA_MPSI.book Page 246 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

A. Fonction de transfert d’un quadripôle


signal
source circuit de Pour utiliser un circuit électrique, nous branchons celui-ci sur une source de
sortie
tension. Afin d’obtenir la réponse du circuit, nous nous intéressons à la ten-
Fig. 1 - Le signal de sortie sion aux bornes d’un élément du circuit1 (fig. 1).
constitue la réponse du circuit.

1. Par exemple, la tension uC aux


A.1. Dipôles et quadripôles
bornes du condensateur d’un • Un dipôle est un composant ou un circuit caractérisé par deux bornes. La
circuit RLC en régime sinusoïdal caractéristique du dipôle relie l’intensité i circulant dans celui-ci à la tension
forcé.
u à ses bornes.
• Un quadripôle est une portion de réseau reliée à l’extérieur par quatre
bornes : deux bornes d’entrée et deux bornes de sortie. Il est caractérisé par
quatre variables : la tension ue et le courant ie d’entrée, ainsi que la tension us
2. Conventionnellement, le et le courant is de sortie2. Le montage le plus simple consiste à relier les bornes
courant de sortie i s est orienté de d’entrée Ae et Be à un générateur (ou source) et les bornes de sortie As et Bs
manière à entrer dans le
à un récepteur (ou charge) (fig. 2).
quadripôle en As .

ie is
Ae As
source ue us charge
Be Bs
générateur quadripôle récepteur

Fig. 2 - La source est branchée à l’entrée du quadripôle, la charge en sortie.

A.2. Quadripôles linéaires


Un quadripôle est constitué de dipôles. Les caractéristiques de ces dipôles
définissent les relations liant entre elles les grandeurs instantanées d’entrée ue
et ie et les grandeurs instantanées de sortie us et is. Lorsque les relations ainsi
obtenues sont linéaires, le quadripôle est dit linéaire.
Si les dipôles constituant le quadripôle sont utilisés en fonctionnement
linéaire, le quadripôle est linéaire.
De même, en régime sinusoïdal, l’utilisation des notations complexes permet
3. Les dipôles dont l’équation d’obtenir des relations linéaires aux bornes de certains dipôles3.
différentielle est linéaire
(cf. chapitre 3). Un quadripôle constitué de dipôles linéaires est linéaire.

A.3. Fonction de transfert


A.3.1 - Définition
Définition 1
On appelle fonction de transfert H d’un quadripôle le rapport de la valeur
Ae As d’une grandeur de sortie Gs à la valeur d’une grandeur d’entrée Ge .
ue us
Be Bs
A.3.2 - Fonction de transfert complexe
Fig. 3 - Les grandeurs d’entrée
Lorsque la source délivre une tension sinusoïdale de fréquence f (ou de pulsa-
et de sortie sinusoïdales sont tion ω), les grandeurs d’entrée et de sortie du quadripôle sont sinusoïdales
représentées en notations (régime harmonique) et elles peuvent être représentées en notations complexes
complexes. Ici, Ge = u e et Gs = u s. (fig.3).

246
Chapitre 8 : Filtres du premier ordre
KA_MPSI.book Page 247 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

En régime harmonique, la fonction de transfert complexe H d’un quadri-


1. La pulsation ω est toujours pôle est fonction de la pulsation ω de la source1. Elle s’écrit :
associée au nombre complexe j .
amplitude complexe de la grandeur de sortie
H ( jω ) = -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- .
amplitude complexe de la grandeur d’entrée

Application 1 Fonction de transfert d’un filtre RC


Un réseau constitué d’un conducteur ohmique de résistance R
R et d’un condensateur de capacité C est alimenté par un i
générateur de tension sinusoïdal délivrant la tension
u ( t ) = U 0 cos ( ωt ). On définit un quadripôle dont les varia-
u C uC
bles sont :
– en entrée : la tension u ( t ) du générateur ;
– en sortie : la tension u C ( t ) aux bornes du condensateur.
U c ( jω )
Déterminer la fonction de transfert du montage en notations complexes : H ( jω ) = ------------------ .
U ( jω )
Solution
• L’impédance complexe du montage est :
1
Z = R + ----------- , d’où : u ( t ) = Z i ( t ) ou U 0 = Z I 0 .
jCω
U 0 est l’amplitude complexe de la tension appliquée et I 0 celle du courant circulant dans le circuit.
• L’impédance complexe du condensateur vaut :
1
Z c = ---------- , d’où : u c ( t ) = Z c i ( t ) ou U c = Z c I 0 .
jCω 0

U c est l’amplitude complexe de la tension aux bornes du condensateur.


0

• On obtient en reportant :
Zc 1
U c = ------ U 0 , soit : U c = ------------------------- U 0 .
0 Z 0 1 + jRCω
Cette relation permet d’écrire la fonction de transfert :
1
H ( jw ) = ------------------------- .
1 + jRCw

A.3.3 - Amplification en tension


Définition 2
En régime harmonique, on appelle amplification en tension complexe la
fonction de transfert complexe H ( jω ) définie par le rapport sans dimension :
Us
H ( jw ) = ------- ,
Ue

où U e est l’amplitude complexe de la tension d’entrée et U s l’amplitude


complexe de la tension de sortie.

Le module H ( ω ) = H ( jω ) de la fonction de transfert est l’amplification en


2. On la trouve parfois écrite
A u ( ω ). tension2 et son argument φ ( ω ) = arg ( H ( jω ) ) est la phase.

247
Cours
KA_MPSI.book Page 248 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

L’amplification en tension est la fonction de transfert la plus utilisée dans les


montages en électronique. Il est à noter que son module peut être inférieur
ou supérieur à 1. Le terme « amplification » ne signifie pas que l’amplitude du
signal de sortie est plus grande que celle du signal d’entrée. En revanche, il
est utilisé chaque fois que la grandeur d’entrée et la grandeur de sortie sont
de même nature.

A.4. Le diagramme de Bode


En régime harmonique, les fonctions de transfert des quadripôles de l’électro-
cinétique dépendent de la fréquence. Pour exploiter cette propriété, on utilise
un diagramme de Bode ou courbe de réponse à un signal sinusoïdal.

A.4.1 - Utilisation de l’échelle logarithmique


La représentation des fonctions de transfert se fait en traçant deux graphes,
l’un relatif au module et l’autre à la phase. Usuellement, on représente le gra-
1. En base 10, on a : phe du module en utilisant la fonction logarithme1.
log ( 10 n ) = n log 10 = n.
• Raisons physiologiques
La quantité calculée augmente de 1
chaque fois qu’on multiplie par 10. Chez un être vivant, la sensation à une excitation extérieure est proportion-
nelle au logarithme de l’excitation. L’étendue des puissances ou des énergies
perceptibles fait qu’une représentation logarithmique traduit bien les impres-
2. L’oreille détecte des puissances sions ressenties2.
de 10–16 W · cm–2 à 10–3 W · cm–2
suivant la fréquence. Afin de • Raisons techniques
comparer les sons, on définit L’échelle logarithmique permet une représentation graphique correcte sur
l’intensité par la relation :
l’ensemble du domaine de variation des fréquences étudiées (de quelques
I = 10 log  ----- , avec
P
 P 0 hertz à quelques centaines de kilohertz). De même, l’amplitude peut varier
d’un facteur 100 ou 1 000.
P 0 = 10 –16 W ⋅ cm –2 .
L’intensité des sons audibles va A.4.2 - Gains en décibels
donc de 0 dB (bruit d’une feuille
tombant) à 130 dB (limite de • Gain en puissance
douleur).
L’amplification en puissance AP du quadripôle est le rapport sans dimension
de la puissance moyenne Ps fournie à la charge et de la puissance moyenne Pe
3. L’amplification en puissance est reçue du générateur3 :
une grandeur réelle dépendant de
Ps
la pulsation ω. A P ( w ) = ------ .
Pe

Définition 3
On définit le gain en puissance GP du quadripôle, exprimé en décibel (dB),
4. Afin de rappeler le choix de la par la relation4 :
notation logarithmique, l’unité de
G p ( w ) = 10 log [ A p ( w ) ], avec AP amplification en puissance.
gain est le décibel de symbole dB
(déci- rappelle le facteur 10).
L’utilisation du gain en puissance nécessite des calculs parfois longs des cou-
rants et des tensions.
• Gain en tension
La puissance moyenne P, dans un circuit, est proportionnelle au carré de la
5. La valeur de la constante de tension U à ses bornes5 :
proportionnalité k dépend de la
nature du circuit. U
P = k U 2 , d’où : G P = 20 log -------s + c te .
Ue

Afin de simplifier les calculs, on exprime alors le gain en tension.

248
Chapitre 8 : Filtres du premier ordre
KA_MPSI.book Page 249 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Définition 4
Le gain en tension G du quadripôle, exprimé en décibel (dB), représente
la dépendance énergétique du filtre :
U
G ( w ) = 20 log ------s- = 20 log H ( w ) , avec H ( ω ) amplification en tension.
Ue

Le gain en tension est aussi noté H dB ( ω ) pour rappeler le module de la fonc-


tion de transfert H ( jω ) et la fonction logarithme liée à l’unité décibel.

Application 2 Gain en tension du filtre RC


Déterminer le gain en tension du filtre RC étudié à l’application 1.
Solution
La fonction de transfert du montage est :
1 1
H ( jω ) = ------------------------- , d’où : H ( ω ) = H ( jω ) = ----------------------------------- .
1 + jRCω 1 + R2C2ω2
Le gain en tension vaut donc :
G ( w ) = 20 log ( H ( ω ) ) = –10 log ( 1 + R 2 C 2 w 2 ).

A.4.3 - Diagramme de Bode


Définition 5
Le diagramme de Bode est constitué par deux courbes (fig. 4) :
1. On utilise alors du papier semi- – le gain G de la fonction de transfert (en dB) en fonction du logarithme1
logarithmique, gradué en de la fréquence f (en Hz) (ou de la pulsation ω en rad · s–1) ;
abscisses dans une échelle
logarithmique. – la phase f de la fonction de transfert (en rad) en fonction du logarithme
de la fréquence f (en Hz) (ou de la pulsation ω en rad · s–1).

G ( dB ) φ ( rad )

+20 π
0,1 1 10 102 103 f ( Hz ) 0,1 1 10 102 103 f ( Hz )

–1 0 1 2 3 log ( f ) –1 0 1 2 3 log ( f )
–20 –π

Fig. 4 - Sur les graphes, figurent en ordonnées le gain G et la phase φ du montage, et en abscisses
la fréquence f en échelle logarithmique (en haut) et log ( f ) en échelle linéaire (en bas).

• Fréquence et pulsation
Comme ω = 2πf, on a : log ( ω ) = log ( f ) + log ( 2π ). L’utilisation de
l’échelle en pulsation donne le même graphe, mais subissant une translation
2. Dorénavant, nous utiliserons de log ( 2π ) suivant l’axe des abscisses2.
indifféremment l’une ou l’autre
échelle pour tracer le diagramme • Graduation de l’échelle logarithmique
de Bode. Dans une échelle logarithmique, les graduations ne sont pas équidistantes. En
revanche, on retrouve la position d’une graduation grâce à la fonction loga-
rithme. Par exemple, l’intervalle permettant de passer de la fréquence 100 Hz
à la fréquence 1 kHz est le même que celui permettant de passer de la fré-
quence 1 kHz à la fréquence 10 kHz.

249
Cours
KA_MPSI.book Page 250 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• Décade et octave
– La décade correspond à l’intervalle de fréquences pour passer de la fré-
quence f à la fréquence 10f. Dans le diagramme de Bode, cet intervalle est
1. En effet, on a en abscisses : l’intervalle de longueur 1 (intervalle unité1).
log ( 10f ) – log ( f ) = log ( 10 ) = 1.
– L’octave correspond à l’intervalle de fréquences pour passer de la fréquence
f à la fréquence double 2f. Dans le diagramme de Bode, cet intervalle a pour
2. En effet, on a : longueur log ( 2 ) 2.
log ( 2f ) – log ( f ) = log ( 2 ).
• Pente d’une droite
Dans la représentation du gain en tension G en fonction de log ( f ), la pente
d’une droite est calculée en dB/décade.

A.5. Ordre d’un filtre


La fonction de transfert complexe peut toujours s’écrire comme le rapport de
deux polynômes en j ( ω ) :
N ( jw )
H ( jw ) = ---------------- .
D ( jw )

Pour des raisons de stabilité du filtre, le degré du polynôme N ( jω ) au numé-


rateur de la fonction de transfert est inférieur ou égal au degré du polynôme
D ( jω ) au dénominateur.

Définition 6
On appelle ordre du filtre le degré du polynôme D ( jω ) situé au dénomi-
nateur de la fonction de transfert complexe H.

Application 3 Ordre du filtre RC


Déterminer l’ordre du filtre RC étudié à l’application 1.
Solution
La fonction de transfert du filtre RC est :
1
H ( jω ) = ------------------------- .
1 + jRCω
Le dénominateur de la fonction de transfert est donc :
D ( jω ) = 1 + jRCω.
C’est un polynôme du premier ordre en jω : le filtre est donc un filtre du premier ordre.

A.6. Bande passante d’un filtre


Pour caractériser les propriétés d’un quadripôle, on définit le domaine de fré-
quences sur lequel le signal d’entrée se retrouve en sortie avec une amplifica-
tion suffisante et le domaine de fréquences sur lequel le signal de sortie se
retrouve atténué.

A.6.1 - Pulsations de coupure


Soit fmax la fréquence (ou ωmax la pulsation) associée à un maximum d’ampli-
fication (ou de gain). On note alors H ( ω max ) = H max la valeur maximale de
H ( ω ) correspondant à la pulsation ω = ω max .

250
Chapitre 8 : Filtres du premier ordre
KA_MPSI.book Page 251 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Définition 7
1. Il existe parfois deux pulsations On appelle pulsation de coupure ωc la pulsation telle que1 :
de coupure ω c1 et ω c2 .
H max
2. On a en effet : H ( w c ) = -------------- , soit2 : G ( w c ) = G max – 3dB avec G max = 20 log ( H max ).
2
–10 log 2 ≈ – 3.
(À cette pulsation de coupure ωc correspond une fréquence de coupure fc
telle que ω c = 2πf c . )

Cette définition signifie que la puissance fournie par le dipôle est divisée par 2
en passant de la fréquence fmax à la fréquence fc si la charge du quadripôle est
3. En effet, on peut aussi écrire : une résistance3.
G P ( ω c ) = G Pmax – 3dB,
P max A.6.2 - Bande passante
d’où : P s = ---------- .
2 Définition 8
On appelle bande passante d’un filtre l’intervalle de pulsations ∆ω donnant
une amplification (ou un gain) supérieur à la valeur de coupure :
H max
H ( w )  H ( w C ) = -------------
- ou G ( w )  G ( w c ) = G max – 3dB.
2
(À cet intervalle de pulsations ∆ω correspond un intervalle de fréquences
∆f tel que ∆ω = 2π∆f .)

• On suppose que le filtre possède une seule fréquence de coupure fc (fig. 5).
– Si l’amplification est maximum pour une fréquence nulle ou pour une fré-
quence f 0  f c , le filtre ne laisse passer que les fréquences inférieures à fc
(filtre passe-bas). La bande passante est alors : BP ( f ) = f c .
– Si l’amplification est maximum pour une fréquence tendant vers l’infini ou
pour une fréquence f 0  f c , seules les fréquences supérieures à fc ne sont pas
atténuées (filtre passe-haut). On précise alors la fréquence de coupure.
• On suppose que le filtre possède deux fréquences de coupure f c1 et f c2 (fig. 5).
– Si l’amplification est maximum pour une fréquence f 0 comprise entre les
fréquences de coupures ( f c1  f 0  f c2 ), le quadripôle est un filtre passe-
bande de bande passante : BP ( f ) = f c2 – f c1 .
– Si l’amplification est maximum en dehors de la bande de fréquence f c2 – f c1 ,
le quadripôle est un filtre réjecteur de fréquences.
H H

BP

fc f f c1 f c2 f
a. filtre passe-bas b. filtre passe-bande
H H

fc f f c1 f c2 f
c. filtre passe-haut d. filtre réjecteur de fréquences
Fig. 5 - Les différents types de filtres : passe-bas, passe-bande, passe-haut, réjecteur de fréquences.

251
Cours
KA_MPSI.book Page 252 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Remarques
– Un filtre du premier ordre possède au plus une fréquence de coupure (filtre
passe-bas du premier ordre ou filtre passe-haut du premier ordre).
– Un filtre du second ordre peut avoir deux fréquences de coupure. Tous les
cas de la figure 5 sont alors possibles.

Application 4 Bande passante du filtre RC


Déterminer la (les) fréquence(s) de coupure et la bande passante du filtre RC étudié à l’application 1.
Quelle est la nature de ce filtre ?
Solution
La fonction de transfert du filtre RC est :
1 1
H ( jω ) = ------------------------ , d’où : H ( ω ) = H ( jω ) = ----------------------------------- .
1 + jRCω 1 + R2C2ω2
L’amplification H ( ω ) est une fonction décroissante de la pulsation ω . Elle est donc maximale pour
ω = 0, et alors H max = 1. La pulsation de coupure ωc correspond donc à :
1 1
H ( ω c ) = ------- = ----------------------------------- , d’où : RCω c = 1.
2 2
1 + R 2 C 2 ωc
La pulsation et la fréquence de coupure valent donc :
1 ω 1
ω c = --------- et f c = ------c = ---------------- .
RC 2π 2πRC
Comme la fonction H ( ω ) est une fonction décroissante de la pulsation ω , le filtre étudié est un filtre
passe-bas du premier ordre de bande passante :
1
BP ( f ) = f c = ---------------- .
2pRC

B. Filtres passifs – Filtres actifs


B.1. Définition
Dans un quadripôle, il y a toujours un transfert de puissance entre l’entrée
(puissance Pe fournie par la source au quadripôle) et la sortie (puissance Ps
reçue par la charge du quadripôle).

B.1.1 - Quadripôle actif


Un quadripôle actif est un quadripôle comportant des sources « internes »
d’énergie (c’est-à-dire des sources indépendantes du signal d’entrée), obte-
1. L’amplificateur d’une chaîne nues grâce à l’alimentation du quadripôle1.
hi-fi est un quadripôle actif.
La source est le tuner ou le lecteur B.1.2 - Quadripôle amplificateur
CD et la charge est le haut-parleur
restituant le signal sonore. Si la puissance d’entrée Pe est inférieure à la puissance de sortie Ps, le quadri-
L’amplificateur est alimenté pôle est actif et amplificateur. Des sources internes fournissent l’énergie
par une source (par exemple, permettant d’amplifier la puissance. Un quadripôle actif comporte au moins
le secteur) fournissant l’énergie
nécessaire pour amplifier le son.
un dipôle actif (c’est-à-dire un dipôle comportant une source interne). Il est
évident qu’il peut aussi posséder des dipôles passifs.

252
Chapitre 8 : Filtres du premier ordre
KA_MPSI.book Page 253 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

B.1.3 - Quadripôle atténuateur


Si la puissance d’entrée Pe est supérieure à la puissance de sortie Ps, le qua-
dripôle est atténuateur. Deux cas se présentent :
– si le quadripôle ne comporte que des composants passifs (conducteurs
ohmiques, condensateur, bobines), il est passif ;
– si le quadripôle possède des sources internes, l’apport d’énergie correspon-
dant est insuffisant pour amplifier la puissance. Le quadripôle est actif et atté-
nuateur.

B.2. Amplificateur opérationnel (A.O.)


B.2.1 - Présentation de l’A.O.
À l’origine, le terme « amplificateur » désignait les composants électroniques
destinés à effectuer diverses « opérations mathématiques ». Or, on découvrit
qu’un amplificateur de gain élevé auquel on applique une contre-réaction se
comporte comme un circuit de gain précis. En choisissant les éléments de
cette réaction, l’amplificateur opérationnel (A.O.) permet alors d’addition-
ner, soustraire, amplifier, comparer…
1. Un signal analogique est un
signal à variation continue, alors L’emploi de l’amplificateur opérationnel dans les appareils de mesure s’est
qu’un signal numérique ne peut généralisé du fait de ses bonnes performances et de sa simplicité. Il est sou-
prendre que deux valeurs bien vent utilisé pour transformer des signaux analogiques en d’autres signaux
définies correspondant aux
analogiques1.
nombres binaires 0 ou 1.

B.2.2 - Schématisation de l’A.O.


2. Il ne faut jamais oublier
d’alimenter l’amplificateur
L’amplificateur opérationnel est un composant actif dont l’alimentation2
opérationnel, car, dans le cas symétrique possède trois bornes de sortie délivrant les tensions –Vcc , 0, +Vcc
contraire, il y a risque de (la tension « 0 » correspond à la masse de l’alimentation).
destruction du composant. En TP,
on utilise une alimentation
Sur le schéma de l’amplificateur (fig. 6), les deux bornes d’entrée sont indi-
symétrique +15 V, 0, –15 V quées par les symboles « – » et « + ». La charge, branchée à la borne de sortie
(Vcc = 15 V). de l’amplificateur, est alors reliée à la masse.
Le signal d’entrée est la différence de potentiel ε = V + – V – entre les deux
bornes d’entrée « + » (entrée non inverseuse) et « – » (entrée inverseuse). Le
i+ signal de sortie est la tension Vs mesurée à la sortie de l’amplificateur. Celui-

ε S ci étant alimenté par des tensions symétriques ±Vcc , la tension de sortie Vs ne
i–
+ peut dépasser la tension de saturation ±Vsat (avec Vsat  Vcc)3.
V– Vs
V+ La fonction de transfert complexe de l’amplificateur opérationnel est :
Vs
H ( jw ) = ------ , avec e = V + – V – .
e
Fig. 6 - Schéma d’un
amplificateur opérationnel
(l’alimentation n’est pas B.2.3 - Amplificateur opérationnel idéal
représentée).
L’amplificateur opérationnel idéal possède une amplification en tension
infinie, des impédances d’entrée infinies et une impédance de sortie nulle.
3. On prendra Vsat = 15 V dans les
applications numériques. Les courants d’entrée i– et i+ sont donc nuls et la tension de sortie Vs est indé-
pendante de la charge. En outre, l’amplification est indépendante de la fré-
quence (bande passante infinie) et le déphasage entre le signal d’entrée ε et le
signal de sortie Vs est nul.

253
Cours
KA_MPSI.book Page 254 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Vs Régime de saturation Régime linéaire Régime de saturation


Vsat
ε0⇒ ε = 0⇒ ε0⇒
ε
V s = – V sat – V sat  V s  +V sat V s = +V sat
0
–Vsat l’amplificateur le fonctionnement de l’amplificateur
opérationnel fonctionne l’amplificateur opérationnel
en régime de saturation opérationnel est fonctionne en régime de
Fig. 7 - Caractéristique d’un
basse linéaire saturation haute
amplificateur opérationnel idéal.

La caractéristique liant la tension d’entrée ε à la tension de sortie Vs de


i– = 0 l’amplificateur opérationnel idéal est donnée sur la figure 7.

ε=0 S
+ B.2.4 - Régimes de fonctionnement de l’A.O. idéal
V– i+ = 0
Vs • Régime linéaire (fig. 8)
V+

Le régime linéaire de l’A.O. idéal est caractérisé par :


e = V + – V – = 0 et V s  V sat .
Fig. 8 - Amplificateur
opérationnel idéal en régime Pour que le fonctionnement en régime linéaire soit possible, il faut qu’une
linéaire. partie du signal de sortie soit réinjecté sur l’entrée inverseuse « – » de l’ampli-
ficateur opérationnel. Les variations du signal de sortie dues à celles du signal
d’entrée sont alors amoindries par cette réaction et la tension de sortie Vs reste
i– = 0 inférieure en valeur absolue à la tension de saturation Vsat .

ε≠0 S
+ • Régimes de saturation (fig. 9)
V s = ± V sat

V– i+ = 0 En l’absence d’une réaction efficace, l’amplificateur opérationnel fonctionne


V+ en régime de saturation :
– si ε = V + – V –  0, alors V s = +V sat (saturation haute) ;
– si ε = V + – V –  0, alors V s = –V sat (saturation basse).
Fig. 9 - Amplificateur • Remarque
opérationnel idéal en régime Les amplificateurs opérationnels utilisés dans les filtres actifs doivent avoir un
de saturation.
fonctionnement linéaire pour une bonne restitution du signal. Dans la suite,
on supposera cette condition réalisée.

Application 5 Fonction de transfert d’un filtre actif


Déterminer la fonction de transfert du montage schématisé ci-dessous et préciser l’ordre du filtre.
L’amplificateur opérationnel est idéal et fonctionne en régime linéaire.
C

r

S
+
ve vs

254
Chapitre 8 : Filtres du premier ordre
KA_MPSI.book Page 255 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Solution
• L’entrée non-inverseuse « + » est reliée à la masse du vs
montage : le potentiel V+ est donc nul. Comme l’amplifica-
C
teur fonctionne en régime linéaire, le potentiel V– de l’entrée
inverseuse « – » est nul aussi. La tension ve se retrouve alors R
aux bornes de la résistance r ; de même la tension de sortie
vs se retrouve aux bornes de la résistance R en parallèle avec i r i
le condensateur C. –
ε = 0 S
• Comme les courants d’entrée de l’amplificateur opération- +
nel sont nuls, le courant i traversant la résistance r passe ve vs
dans la résistance R en parallèle avec le condensateur C.
• On a donc la relation (R et C sont étudiés en convention
générateur) :
v e = r i avec i = –  ---- + jCω v s , d’où :
1
R 

v e = – r  ---- + jCω v s .
1
R 
La fonction de transfert complexe du montage s’écrit donc :
v R
H ( jw ) = -----s = – ---------------------------- .
ve r + jrRCw
Le dénominateur de la fonction de transfert est un polynôme du premier ordre en jω : le filtre obtenu
est donc un filtre actif du premier ordre.

C. Filtres du premier ordre


C.1. Expression de la fonction de transfert
Le dénominateur de la fonction de transfert H d’un filtre du premier ordre est
un polynôme du premier degré en jω. Pour étudier cette fonction, on pose :
w
x = ---------- , où ωréf est la pulsation de référence du circuit.
w réf
L’écriture la plus générale de la fonction de transfert H d’un filtre du premier
ordre en fonction de la variable x est alors :
N ( jx )
H ( jx ) = --------------- ,
1 + jx
où N ( jx ) est un polynôme en jx de degré inférieur ou égal à 1.

C.2. Filtre passe-bas


C.2.1 - Fonction de transfert
Propriété 1

1. H0 peut être positif ou négatif. La fonction de transfert d’un filtre passe-bas du premier ordre s’écrit 1 :
Dans la suite, on choisira toujours
H0 > 0. H0 ω
H ( jx ) = --------------- , avec x = --------- .
1 + jx ω réf

255
Cours
KA_MPSI.book Page 256 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exemple :
R
i La fonction de transfert du filtre RC étudié à l’application 1 est (fig. 10) :
1
H ( jω ) = ------------------------ .
u C uC 1 + jRCω
1 ω
En posant ω réf = --------- et x = --------- , il vient :
RC ω réf
Fig. 10 - Exemple de filtre 1
passe-bas du premier ordre. H ( jx ) = -------------- , fonction de transfert d’un filtre passe-bas.
1 + jx

C.2.2 - Fréquence de coupure – bande passante


L’amplification en tension H d’un filtre passe-bas du premier ordre s’écrit en
fonction de x :
H0
H ( x ) = ------------------- .
1 + x2
La fonction H ( x ) décroît quand x varie de 0 à +∞. Elle est maximum pour
x = 0 et on a alors H max = H 0 . La pulsation de coupure ωc vérifie donc :
H0 H0 ωc
H ( x c ) = ------------------
- = ------- , avec x c = --------- .
2 2 ω réf
1 + xc
On en déduit : x c = 1, soit :
w w réf
w c = w réf et f c = -----c- = ---------- .
2p 2p

La bande passante d’un filtre passe-bas du premier ordre vaut :


w réf
BP ( f ) = f c = ---------- , où ωréf est la pulsation de référence du circuit.
2p

C.2.3 - Étude du gain


Le gain en tension G d’un filtre passe-bas du premier ordre s’écrit en fonction
de x :
G ( x ) = 20 log ( H ( x ) ) = 20 log ( H 0 ) – 10 log ( 1 + x 2 ).
• La fonction G(x) décroît quand x varie de 0 à +∞. Elle est maximum pour
1. La fonction log étant x = 0 et on a alors1 :
croissante, les variations de G(x)
sont les mêmes que celles de
G max = G ( 0 ) = 20 log ( H 0 ).
H(x ). • Par définition des valeurs de coupure, on sait que :
G ( 1 ) = G max – 3dB.
• Pour tracer le diagramme de Bode, il faut connaître le comportement
asymptotique de G quand x → 0 et quand x → + ∞ .
– Quand x → 0, alors H ( x ) → H 0 et on a :
G ( x ) → 20log ( H 0 ) = G max .
Aux basses fréquences, le gain G tend vers le gain basses fréquences maxi-
mum Gmax . L’asymptote correspondante est une droite horizontale.
H0
– Quand x → + ∞ , alors H ( x ) → ------- et on a :
x
G ( x ) → 20 log ( H 0 ) – 20 log ( x ) = G max – 20 log ( x ) .

256
Chapitre 8 : Filtres du premier ordre
KA_MPSI.book Page 257 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Aux hautes fréquences, le gain G tend vers la courbe G max – 20 log ( x ). En


2. Une décade correspond à une échelle logarithmique, il s’agit d’une droite de pente –20 dB/décade1. Les
variation de x d’un facteur deux courbes asymptotes se coupent en x = 1.
multiplicatif égal à 10, donc à une
variation de log(x ) d’un facteur C.2.4 - Étude de la phase
additif égal à 1.
La phase φ d’un filtre passe-bas du premier ordre s’écrit en fonction de x :
f ( x ) = arg ( H ( jx ) ) = – arg ( D ( jx ) ) = – Arctan ( x ).
π
• Pour x = 1, on a : φ = – --- .
4
• Pour tracer le diagramme de Bode, il faut connaître le comportement
asymptotique de φ quand x → 0 et quand x → + ∞ .
– Quand x → 0, alors φ ( x ) → 0 (par valeur inférieure). Aux basses fréquen-
ces, l’asymptote correspondante est une droite horizontale.
π
– Quand x → + ∞ , alors φ ( x ) → – --- (par valeur supérieure). Aux hautes fré-
2
quences, l’asymptote correspondante est une droite horizontale.

C.2.5 - Diagramme de Bode


On peut représenter le gain et la phase en fonction de log ( x ). On trace sur le
même graphe les asymptotes précédemment définies (fig. 11).

G ( dB )
φ ( rad )
20 π
---
2
x en échelle logarithmique

0,1 1 10 102 103 x 0,1 1 10 102 103 x


–1 0 1 2 3 log x –1 0 1 2 3 log x
π
pente –20 dB/décade – ---
4
–20 π
– ---
2

Fig. 11 - Diagramme de Bode d’un filtre passe-bas du premier ordre (cas particulier où Gmax = 20 dB).

C.2.6 - Interprétation physique du comportement


asymptotique
On peut étudier physiquement la nature d’un filtre composé uniquement de
composants usuels (résistances, condensateurs, bobines) en analysant leurs
comportements aux basses et aux hautes fréquences.
1
– L’impédance d’un condensateur est : Z = ---------- . Quand ω → 0, alors on a :
jCω
Z → ∞ ; quand ω → + ∞ , alors on a : Z → 0.

Un condensateur se comporte aux basses fréquences comme un interrup-


teur ouvert et aux hautes fréquences comme un court-circuit (fil).

– L’impédance d’une inductance est : Z = jLω. Quand ω → 0, alors on a :


Z → 0 ; quand ω → + ∞ , alors on a : Z → ∞ .

257
Cours
KA_MPSI.book Page 258 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Une bobine se comporte aux basses fréquences comme un court-circuit (fil)


et aux hautes fréquences comme un interrupteur ouvert.

Application 6 Comportement asymptotique d’un filtre RC


Retrouver qualitativement que le filtre RC de la figure 11, et déjà étudié à l’application 1, est un filtre
passe-bas.
Solution
On remplace le condensateur par un fil aux hautes fréquences et par un interrupteur ouvert aux
basses fréquences. On peut donc établir les schémas équivalents suivants pour le circuit :

ue C us

comportement aux comportement aux


basses fréquences hautes fréquences

R R

ue us = ue ue us = 0

Le filtre étudié est bien un filtre passe-bas, comme l’étude de la fonction de transfert l’avait déjà montré.

C.3. Filtre passe-haut


C.3.1 - Fonction de transfert
Propriété 2

1. H0 peut être positif ou négatif. La fonction de transfert d’un filtre passe-haut du premier ordre s’écrit 1 :
Dans la suite, on choisira toujours
H0 > 0. H 0 jx ω
H ( jx ) = --------------- , avec x = --------- .
1 + jx ω réf

Exemple :

C On considère le filtre de la figure 12. La tension d’entrée est la tension sinu-


soïdale ue. La tension de sortie us est la tension aux bornes de la résistance R.
D’après le théorème de division de tension, la fonction de transfert complexe
du filtre vaut :
ue R us
R u jRCω
u s = --------------------- u e , d’où : H ( jω ) = -----s = ------------------------- .
1 ue 1 + jRCω
R + ----------
jCω
Fig. 12 - Exemple de filtre
passe-haut du premier ordre.
1 ω
En posant ω réf = --------- et x = --------- , il vient :
RC ω réf

jx
H ( jx ) = -------------- , fonction de transfert d’un filtre passe-haut.
1 + jx

258
Chapitre 8 : Filtres du premier ordre
KA_MPSI.book Page 259 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

C.3.2 - Fréquence de coupure


L’amplification en tension H d’un filtre passe-haut du premier ordre s’écrit
en fonction de x :
x H0
H ( x ) = H 0 ------------------- = ------------------- .
1 + x2 1 + ----2-
1
x
1
Comme ----2- décroît quand x varie de 0 à +∞, la fonction H ( x ) est croissante.
x
Elle est maximum pour x → + ∞ et on a alors H max = H 0 . La pulsation de
coupure ωc vérifie donc :
H0 H0 ωc
H ( x c ) = ------------------
- = ------- , avec x c = --------- .
1 2 ω réf
1 + ----2-
xc
On en déduit : x c = 1, soit :
w w réf
w c = w réf et f c = -----c- = ---------- .
2p 2p

La fréquence de coupure d’un filtre passe-haut du premier ordre vaut :


w réf
f c = ---------- , où ω réf est la pulsation de référence du circuit.
2p

C.3.3 - Étude du gain


Le gain en tension G d’un filtre passe-haut du premier ordre s’écrit en fonc-
tion de x :
G ( x ) = 20 log ( H ( x ) ) = 20 log ( H 0 ) + 20 log ( x ) – 10 log ( 1 + x 2 ).
• La fonction G ( x ) croît quand x varie de 0 à +∞. Elle est maximum pour
1. La fonction log étant x → + ∞ , et on a alors1 :
croissante, les variations de G(x )
G max = 20 log ( H 0 ).
sont les mêmes que celles de
H(x ). • Par définition des valeurs de coupure, on sait que :
G ( 1 ) = G max – 3dB.
• Pour tracer le diagramme de Bode, il faut connaître le comportement
asymptotique de G quand x → 0 et quand x → + ∞ .
– Quand x → 0, alors H ( x ) → H 0 x et on a :
G ( x ) → 20 log ( H 0 ) + 20 log ( x ) = G max + 20 log ( x ) .
Aux basses fréquences, le gain G tend vers la courbe G max + 20 log ( x ). En
2. Une décade correspond à une échelle logarithmique, il s’agit d’une droite de pente +20 dB/décade2.
variation de x d’un facteur
– Quand x → + ∞ , alors H ( x ) → H 0 et on a :
multiplicatif égal à 10, donc à une
variation de log(x ) d’un facteur G ( x ) → G max = 20 log ( H 0 ) .
additif égal à 1.
Aux hautes fréquences, le gain G tend vers le gain hautes fréquences maxi-
mum Gmax. L’asymptote correspondante est une droite horizontale. Les deux
courbes asymptotes se coupent en x = 1.

C.3.4 - Étude de la phase


La phase φ d’un filtre passe-haut du premier ordre s’écrit en fonction de x :
p
f ( x ) = arg ( H ( jx ) ) = arg ( N ( jx ) ) – arg ( D ( jx ) ) = --- – Arctan ( x ).
2

259
Cours
KA_MPSI.book Page 260 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

π
• Pour x = 1, on a : φ ( 1 ) = --- .
4
• Pour tracer le diagramme de Bode, il faut connaître le comportement
asymptotique de φ quand x → 0 et quand x → + ∞ .
π
– Quand x → 0, alors φ ( x ) → --- (par valeur inférieure). Aux basses fréquen-
2
ces, l’asymptote correspondante est une droite horizontale.
– Quand x → + ∞ , alors φ ( x ) → 0 (par valeur supérieure). Aux hautes fré-
quences, l’asymptote correspondante est une droite horizontale.

C.3.5 - Diagramme de Bode


On peut représenter le gain et la phase en fonction de log ( x ). On trace sur le
même graphe les asymptotes précédemment définies (fig. 13).

G ( dB ) π
--- φ ( rad )
2
20
x en échelle logarithmique π
---
4
0,1 1 10 102 103 x 0,1 1 10 102 103 x
–1 0 1 2 3 log x –1 0 1 2 3 log x

–20 π
– ---
pente +20 dB/décade 2

Fig. 13 - Diagramme de Bode d’un filtre passe-haut du premier ordre (cas particulier où Gmax = 20 dB).

Application 7 Comportement asymptotique d’un filtre du premier ordre


Retrouver qualitativement que le filtre de la figure 12 est un filtre passe-haut.
Solution
On remplace le condensateur par un fil aux hautes fréquences et par un interrupteur ouvert aux
basses fréquences. On peut donc établir les schémas équivalents suivants pour le circuit :
C

ue R us

comportement aux comportement aux


basses fréquences hautes fréquences

ue R us = 0 ue R us = ue

Le filtre étudié est bien un filtre passe-haut, comme l’étude de la fonction de transfert l’avait déjà
montré.

260
Chapitre 8 : Filtres du premier ordre
KA_MPSI.book Page 261 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

C.4. Cas plus général


C.4.1 - Fonction de transfert
• On étudie le filtre du premier ordre dont la fonction de transfert H a pour
expression en fonction de la variable x :
1 + jax
H ( jx ) = H 0 ------------------- , où a est une constante positive.
1 + jx
• On peut alors écrire la fonction de transfert H ( jx ) comme le produit de
deux fonctions :
H ( jx ) = H 1 ( jx )H 2 ( jx ),
H0
avec H 1 ( jx ) = 1 + jax et H 2 ( jx ) = -------------- .
1 + jx
La fonction H 2 a déjà été étudiée au § C.2 (filtre passe-bas).

C.4.2 - Étude des fonctions H 1 et H 2


Le gain en tension et la phase liés à la fonction H 1 valent :

 G 1 ( x ) = 20 log ( H 1 ( x ) ) = 10 log ( 1 + a x )
2 2

 φ 1 ( x ) = arg ( H 1 ( jx ) ) = Arctan ( ax ).
φ 1 ( x ) = arg ( H 1 ( jx ) ) = Arctan ( ax ).

– Quand x → 0, alors on a :
G 1 ( x ) → 0 et φ 1 ( x ) → 0.
– Quand x → + ∞ , alors on a :
π
G 1 ( x ) → 20 log ( a ) + 20 log ( x ) et φ 1 ( x ) → --- .
2
Aux hautes fréquences, le gain G1 tend vers la courbe 20 log ( a ) + 20 log ( x ).
1. Une décade correspond à une En échelle logarithmique, il s’agit d’une droite de pente +20 dB/décade1 cou-
variation de x d’un facteur 1
multiplicatif égal à 10, donc à une pant l’axe des abscisses pour x = – --- , c’est-à-dire pour log ( x ) = – log ( a ).
a
variation de log(x) d’un facteur
additif égal à 1.
C.4.3 - Étude de la fonction H
• La fonction de transfert complexe H est le produit des deux fonctions com-
2. Pour le gain, le module d’un plexes H 1 et H 2 . On a alors2 :
produit est égal au produit des
modules et le logarithme d’un G ( x ) = G1 ( x ) + G2 ( x ) et φ ( x ) = φ 1 ( x ) + φ 2 ( x ),
produit est égal à la somme des d’où :
logarithmes. Pour la phase,
l’argument d’un produit est égal à  G ( x ) = 20 log ( H 0 ) + 10 log ( 1 + a 2 x 2 ) – 10 log ( 1 + x 2 ).
la somme des arguments. 
 φ ( x ) = Arctan ( ax ) – Arctan ( x ).
• Les comportements asymptotiques s’additionnent pour le gain G et pour la
phase φ.
– Quand x → 0, alors on a :
G ( x ) → 20 log ( H 0 ) et φ ( x ) → 0.
– Quand x → + ∞ , alors on a :
G ( x ) → 20 log ( H 0 ) + 20 log ( a ) et φ ( x ) → 0.

261
Cours
KA_MPSI.book Page 262 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

C.4.4 - Diagramme de Bode


On peut alors tracer le diagramme de Bode correspondant à la fonction de
transfert H. Sur la figure 14, on choisit a  1 et on limite le tracé du
diagramme aux seules asymptotes, souvent suffisantes en pratique pour
déterminer le comportement du filtre.

φ ( rad )
G ( dB )
20 G1 x en échelle logarithmique π
---
2 φ1
1
--- x x
0,1 1 10 a 102 103 0,1 1 10 102 103
–1 0 1 2 3 log x –1 0 1 2 3 log x
20 log (a)
G φ
–20 π
– ---
G2 2 φ2

Fig. 14 - Diagramme de Bode d’un filtre du premier ordre quelconque.

262
Chapitre 8 : Filtres du premier ordre
KA_MPSI.book Page 263 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

M thodes
L’essentiel
✓ Fonction de transfert d’un quadripôle
• Un quadripôle est une portion de ie is
réseau possédant deux bornes Ae As

source

charge
d’entrée reliées à un générateur ue us
(source) et deux bornes de sortie Be Bs
reliées à un récepteur (charge). Un
quadripôle constitué de dipôles générateur quadripôle récepteur
linéaires est linéaire.
• La fonction de transfert H d’un quadripôle est le rapport de la valeur
d’une grandeur de sortie Gs à la valeur d’une grandeur d’entrée Ge. En
régime harmonique (source sinusoïdale de pulsation ω), l’amplification
en tension complexe H ( jω ) est définie par le rapport sans dimension :
H amplification en tension complexe
Us
H ( jw ) = ------- U e amplitude complexe de la tension d’entrée
Ue
U s amplitude complexe de la tension de sortie

Le module H ( ω ) = H ( jω ) de la fonction de transfert est l’amplifica-


tion en tension et son argument φ ( ω ) = arg ( H ( jω ) ) est la phase.
L’ordre du filtre est le degré du polynôme D ( jω ) situé au dénomina-
teur de H.
• Le gain en puissance Gp du quadripôle, exprimé en décibel (dB), est
défini par la relation :
Gp gain en puissance
Ps
G p ( w ) = 10 log  ------ Pe puissance moyenne reçue du générateur
 P e
Ps puissance moyenne fournie à la charge

• Le gain en tension G, exprimé en décibel (dB) et plus simple à calculer,


représente la dépendance énergétique du filtre :
U
G ( w ) = 20 log ------s- = 20 log H ( w ) , avec H(ω) amplification en tension.
Ue

• Le diagramme de Bode d’un quadripôle est constitué par deux


courbes :
– le gain G (en dB) en fonction de log (f ) (f fréquence en Hz) ou de
log (ω) (ω pulsation en rad · s–1) ;
– la phase φ (en rad) en fonction de log (f ) (f fréquence en Hz) ou de
log (ω) (ω pulsation en rad · s–1).
• On appelle pulsation de coupure wc du filtre la pulsation vérifiant :
H max
H ( w c ) = -------------- , soit : G(ωc) = Gmax – 3 dB.
2
La bande passante est alors l’intervalle de pulsations ∆ω donnant une
amplification H (ou un gain G) supérieur à l’amplification de coupure
H(ωc) (ou au gain de coupure G(ωc)).

263
Méthodes
KA_MPSI.book Page 264 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

(À la pulsation de coupure ωc correspond la fréquence de coupure fc telle que ωc = 2πfc et à


l’intervalle de pulsations ∆ω correspond l’intervalle de fréquences ∆f tel que ∆ω = 2π∆f.)
• Un quadripôle actif comporte des sources « internes » d’énergie. Si la puissance d’entrée Pe
est inférieure à la puissance de sortie Ps , le quadripôle est amplificateur (actif). Dans le cas
contraire, le quadripôle est atténuateur (passif ou actif).
✓ L’amplificateur opérationnel (A.O.)
• L’amplificateur opérationnel est un composant actif dont l’ali- i–

mentation symétrique possède trois bornes de sortie délivrant les ε S
tensions –Vcc , 0, +Vcc. Le signal d’entrée est la différence de +
+
i
potentiel e = V+ – V– entre les deux bornes d’entrée « + » (entrée V – Vs
+
non inverseuse) et « – » (entrée inverseuse). Le signal de sortie est V
la tension Vs mesurée à la sortie de l’amplificateur (Vs ne peut
dépasser la tension de saturation ±Vsat , avec Vsat  Vcc). La fonc-
tion de transfert complexe de l’amplificateur opérationnel est :
Vs
H ( jw ) = ------ .
e
• L’amplificateur opérationnel idéal possède une amplification en tension infinie, des impé-
dances d’entrée infinies et une impédance de sortie nulle. Les courants d’entrée i– et i+ sont
donc nuls et la tension de sortie Vs est indépendante de la charge. En outre, l’amplification est
indépendante de la fréquence (bande passante infinie) et le déphasage entre le signal d’entrée
ε et le signal de sortie Vs est nul.
i– = 0
– Vs
ε S Vsat
+ ε
V– i+ = 0
Vs
V+ 0
–Vsat

Régime de saturation Régime linéaire Régime de saturation

ε  0 ⇒ Vs = –Vsat ε = 0 ⇒ –Vsat  Vs  +Vsat ε  0 ⇒ Vs = +Vsat


l’amplificateur opérationnel le fonctionnement de l’amplificateur opérationnel
fonctionne en régime l’amplificateur fonctionne en régime
de saturation basse opérationnel est linéaire de saturation haute

✓ Filtres du premier ordre


• Le dénominateur de la fonction de transfert H d’un filtre du premier ordre est un polynôme
du premier degré en jω. Pour étudier cette fonction, on pose :
w
x = ---------- , où ωréf est la pulsation de référence du circuit.
w réf
• La fonction de transfert d’un filtre passe-bas du premier ordre s’écrit :
H0 ω
H ( jx ) = --------------- , avec x = --------- .
1 + jx ω réf
La bande passante d’un filtre passe-bas du premier ordre vaut donc :
w réf
BP ( f ) = f c = ---------- .
2p

264
Chapitre 8 : Filtres du premier ordre
KA_MPSI.book Page 265 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Le gain G et la phase φ ont pour expression :


G ( x ) = G max – 10 log ( 1 + x 2 ) et φ ( x ) = – Arctan ( x ).
G ( dB )
φ ( rad )
20 π
---
2
x en échelle logarithmique

0,1 1 10 102 103 x 0,1 1 10 102 103 x


–1 0 1 2 3 log x –1 0 1 2 3 log x
π
pente –20 dB/décade – ---
4
–20 π
– ---
2

• La fonction de transfert d’un filtre passe-haut du premier ordre s’écrit :


jx ω
H ( jx ) = H 0 --------------- , avec x = --------- .
1 + jx ω réf
La fréquence de coupure d’un filtre passe-haut du premier ordre vaut :
w réf
f c = ---------- .
2p
Le gain G et la phase φ ont pour expression :
π
G(x) = Gmax + 20log(x) – 10log(1 + x2) et φ(x) = arg(H(jx)) = --- – Arctan ( x ).
2
G ( dB ) π
--- φ ( rad )
2
x en échelle logarithmique π
---
4
0,1 1 10 102 103 x 0,1 1 10 102 103 x
–1 0 1 2 3 log x –1 0 1 2 3 log x

–20 π
– ---
pente +20 dB/décade 2

• Un condensateur se comporte aux basses fréquences comme un interrupteur ouvert et aux hau-
tes fréquences comme un court-circuit (fil).
Une bobine se comporte aux basses fréquences comme un court-circuit (fil) et aux hautes fré-
quences comme un interrupteur ouvert.

265
Méthodes
KA_MPSI.book Page 266 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Mise en œuvre
Méthode n° 1
Comment tracer le diagramme de Bode d’un filtre passif ?
Le diagramme de Bode est la représentation la plus utilisée de la fonction de transfert d’un filtre.
On précise ici les étapes pour y aboutir.

➜ Savoir faire

➊ Déterminer la fonction de transfert H ( jω ) du filtre en appliquant les diviseurs de tension et


des associations d’impédances.
➋ Écrire la fonction de transfert H ( jω ) comme le rapport de deux polynômes N ( jω ) et
D ( jω ) . Pour un filtre du premier ordre, faire apparaître la pulsation de référence ω réf en
mettant le dénominateur sous la forme :
ω
D ( jx ) = 1 + jx avec x = --------- .
ω réf

La pulsation de référence ωréf est souvent imposée par l’énoncé.

➌ Exprimer le gain en décibel G ( x ) = 20 log H ( jx ) et la phase φ ( x ) = arg ( H ( jx ) ) associés à


la fonction de transfert H ( jx ).
➍ Déterminer des fonctions vers lesquelles tend le gain en décibel aux basses fréquences (x → 0),
puis aux hautes fréquences (x → ∞). En déduire les asymptotes correspondantes.
➎ Déterminer les extrema éventuels du gain en décibel.
➏ Tracer les asymptotes du diagramme de Bode, puis le gain G en fonction de log ( x ) en pre-
nant en compte la présence d’éventuels extrema.
➐ Déterminer les limites de la phase aux basses fréquences. En déduire les asymptotes corres-
pondantes. Tracer la phase φ en fonction de log ( x ).

➜ Application
Tracer le diagramme de Bode du filtre schématisé ci-dessous :
R1

Ve R2 C Vs

Solution
➊ La résistance R2 et le condensateur C sont en parallèle et se ramènent à une admittance unique :
1
Y eq = ------ + jCω.
R2
Un diviseur de tension donne alors :
Z eq 1
V s = ---------------------V e = -------------------------V e .
R 1 + Z eq 1 + R 1 Y eq

266
Chapitre 8 : Filtres du premier ordre
KA_MPSI.book Page 267 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

La fonction de transfert s’écrit alors :


V 1 1
H ( jω ) = ------s = ----------------------------------------------- = ----------------------------------------------- .
Ve  1  R
 1 + ------ + jR Cω
1
1 + R 1 ------ + jCω
 R2   R 2 1

R
➋ On factorise 1 + ------1 au dénominateur. La fonction de transfert devient :
R2
1 1
H ( jω ) = ---------------- × ------------------------------------ .
R1 R1 R2 C
1 + ------ 1 + j -------------------- ω
R2 R1 + R2

R1 + R2 ω
On pose : ω réf = -------------------
- et x = --------- , d’où :
R1 R2 C ω réf

1 1
H ( jx ) = ---------------- × --------------- .
R 1 1 + jx
1 + -------
R2
➌ Le gain en décibel G est défini par :
R
G ( x ) = 20 log ( H ( jx ) ) = – 20 log  1 + ------1- – 10 log ( 1 + x 2 ).
 R 2
La phase φ est définie par :
f ( x ) = – arg ( H ( j x ) ) = – Arctan x.

➍ Aux basses fréquences ( x → 0 ) , le gain G tend vers :


R2
G ( x ) → 20 log  -------------------- .
 R 1 + R 2

(L’asymptote correspondante est une droite horizontale).


Aux hautes fréquences ( x → + ∞ ) , le gain G tend vers :
R2
G ( x ) → 20 log  -------------------- – 20 log ( x ) .
 R 1 + R 2

(L’asymptote correspondante est une droite de pente –20 dB/décade).

Attention à ne pas confondre un équivalent du gain (obtenu en ne conservant que le terme prépondérant) et la limite
de l’expression (ici, –∞ pour les hautes fréquences). La limite, à elle seule, ne permet pas de tracer le diagramme.

➎ Comme la fonction f ( x ) = 1 + x 2 est strictement croissante, le gain G décroît quand x varie de


0 à +∞. Le gain G n’a pas d’extremum.
➏ Le tracé est simplifié en cherchant l’intersection des asymptotes :
R2 R2
20 log  -------------------- = 20 log  -------------------- – 20 log ( x ),
 R 1 + R 2  R 1 + R 2



















basses fréquences hautes fréquences

d’où : log ( x ) = 0 et x = 1.

Pour un filtre passe-bas ou passe-haut, l’intersection des asymptotes aux basses fréquences et aux hautes
fréquences de la courbe du gain dans le diagramme de Bode correspond à l’abscisse de coupure.

267
Méthodes
KA_MPSI.book Page 268 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

G (dB)

0
log ( x )
R
20 log  --------------------
2
 R 1 + R 2

3 dB

pente –20 dB/décade

La courbe de gain se place sous ses asymptotes. Pour un filtre du premier ordre, on peut prévoir
que la coupure à –3 dB se fait sous l’intersection des asymptotes.

➐ Aux basses fréquences ( x → 0 ) , φ ( x ) → 0.


π
Aux hautes fréquences ( x → + ∞ ) , φ ( x ) → – --- .
2

φ (rad)

0
log ( x )

π
– ---
4

π
– ---
2

Le filtre étudié est un filtre passe-bas de premier ordre.

Méthode N° 2

Comment établir le modèle équivalent d’un filtre passif ?


La fonction de transfert H ( jω ), qui est calculée à vide, ne suffit pas à caractériser un filtre. On se
propose de construire un quadripôle équivalent à un filtre passif.

➜ Savoir faire

➊ Calculer l’impédance équivalente au filtre entre la masse et la borne d’entrée. Cette impé-
dance constitue l’impédance d’entrée Z e du filtre.

Aucun composant ne doit être branché en sortie.

268
Chapitre 8 : Filtres du premier ordre
KA_MPSI.book Page 269 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

➋ Relier la borne d’entrée à la masse, puis calculer l’impédance équivalente au circuit entre la
masse et la borne de sortie. Il s’agit de l’impédance de sortie Z s du filtre.
➌ Déterminer la fonction de transfert H ( jω ) du filtre.
➍ Donner le quadripôle équivalent au filtre :
Zs

Ve ZE H ( jω )V e Vs

Cette modélisation permet de prendre en compte les effets du filtre sur le circuit en amont, et également
les effets du circuit en aval sur le filtre.

➜ Application
Déterminer le quadripôle équivalent au filtre RC schématisé ci-dessous.

R
Ve R C Vs
;;

Solution
➊ Lorsque l’impédance est mesurée entre les bornes d’entrée, il n’y a pas de courant en sortie. Le
circuit équivaut ainsi à l’association suivante :

R
Ve R C

L’impédance d’entrée vaut alors :


R
Z E = R + ------------------------- .
1 + jRCw
L’association parallèle RC et la résistance R sont en série au cours de ce calcul. Ceci est dû au fait que la borne
de sortie n’est pas utilisée.
➋ On place l’entrée à la masse, ce qui a pour effet de mettre les deux résistances et le condensateur
en parallèle.

R
R C

269
Méthodes
KA_MPSI.book Page 270 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

L’impédance de sortie est mesurée entre les bornes de sortie et vaut :


R
Z s = ------------------------- .
2 + jRCw

La nature des associations entre les dipôles a changé entre le calcul de Z e et le calcul de Z s . Cela est dû au
fait que ces impédances ne sont pas mesurées au même point, et également au fait que le circuit a été modifié
entre les deux calculs (la tension d’entrée est annulée pour le calcul de Z s ).

➌ Un diviseur de tension donne la fonction de transfert.


R
Vs ------------------------
1 + jRCω 1
H ( jω ) = ------ = -----------------------------------, soit : H ( jw ) = ------------------------- .
Ve R 2 + jRCw
R + ------------------------
1 + jRCω
➍ Le quadripôle équivalent au filtre est donc :

R
------------------------
2 + jRCω
R + ------------------------
1 + jRCω
R

Ve
Ve -----------------------
- Vs
2 + jRCω

Pour le circuit amont, être connecté au filtre est équivalent à être connecté à une impédance Z e .

Méthode n° 3
Comment déterminer les impédances d’entrée et de sortie
d’un filtre actif ?
Soit un filtre comportant des éléments actifs (sources de tension ou de courant, amplificateur opé-
rationnel). On se propose de déterminer ses impédances d’entrée et de sortie, et ainsi de caractériser
ses effets sur les circuits dans lesquels il est inséré.

➜ Savoir faire

➊ Éteindre les sources libres (c’est-à-dire celles dont la force électromotrice ou le courant élec-
tromoteur est une constante). Cela revient à remplacer :
– une source de tension par un fil ;
– une source de courant par un interrupteur ouvert.

Les sources dont la fém (ou la cém) est proportionnelle à une tension ou un courant dans le circuit sont
dites liées. On ne peut pas éteindre de telles sources. Un amplificateur opérationnel ne doit pas non plus
être éteint.

➋ Évaluer le courant I e entrant dans le filtre lorsque celui-ci est utilisé à vide, c’est-à-dire sans
brancher de composant entre les bornes de sortie. En déduire l’impédance d’entrée Z e du
filtre :
Ve
Z e = ------ .
Ie

270
Chapitre 8 : Filtres du premier ordre
KA_MPSI.book Page 271 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Pour cette étape du calcul, le filtre est alimenté par une source de tension V e placée entre
les bornes d’entrée
Ie

Ve filtre sortie à vide

➌ Alimenter le filtre par une source de tension V s placée entre les bornes de sortie. Relier la
borne d’entrée à la masse (ce qui revient à annuler V e ).
Is

filtre Vs

Déterminer la relation entre le courant de sortie I s et la tension de sortie V s . En déduire


l’impédance de sortie :
Vs
Z s = ------ .
Is

La détermination de Z e et celle de Z s ne sont pas des opérations parfaitement symétriques : en effet le


calcul de Z e s’effectue en ouvrant la sortie du filtre, tandis que celui de Z s s’effectue en court-circuitant
l’entrée.

➜ Application
Déterminer les impédances d’entrée et de sortie du circuit schématisé ci-dessous, où l’amplificateur
opérationnel idéal fonctionne en régime linéaire.

R2

R1
R3

+

Ve e R4 Vs

Solution
➊ La source de tension de fém e peut être éteinte. L’amplificateur opérationnel ne le peut pas.

271
Méthodes
KA_MPSI.book Page 272 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

➋ On étudie le filtre à vide, et le circuit équivalent est :


R2

Ie R1
R3

+
Ve R4

En régime linéaire, on a pour l’A.O. idéal : V + = V – = 0 V, donc la tension V e s’applique à la


résistance R1. Il vient :
V
V e = R 1 I e , d’où : Z e = ------e = R.
Ie
➌ On étudie maintenant le filtre en imposant V s en sortie :
R2

R1
R3 Is

+

R4 Vs

Là encore, la linéarité de l’amplificateur opérationnel idéal impose : V + = V – = 0 V. Il s’ensuit


que la tension aux bornes de R1 est nulle, et que le courant traversant R1 et R2 l’est également.
(Le potentiel en sortie de l’amplificateur opérationnel est nul).
R2
0A

R1
0A R3
– Is

0V 0V R4 Vs

Le courant de sortie circule entre les deux résistances R3 et R4 qui peuvent être considérées en
parallèle. On a :
V R3 R4
Z s = ------s = -------------------- .
Is R3 + R4

272
Chapitre 8 : Filtres du premier ordre
KA_MPSI.book Page 273 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Énoncés des exercices

Exercices
Niveau 1 Ex. 4 Cas particulier
Déterminer la fonction de transfert du montage ci-
Ex. 1 Filtre passe-bas passif dessous.
Exprimer cette fonction de transfert en fonction de
a) Déterminer la fonction de transfert du montage ci- x = RCω.
dessous.
Tracer le diagramme de Bode.
b) Tracer le diagramme de Bode du gain.
c) Déterminer les impédances d’entrée Z e et de sor- R
tie Z s du filtre.

R R
ue us

C
ue R C us

Ex. 5 Filtre passe-haut actif


Ex. 2 Présence d’une bobine a) L’amplificateur opérationnel est supposé idéal et
fonctionne en régime linéaire.
Déterminer la fonction de transfert du montage ci-
Déterminer la fonction de transfert et tracer le dia-
dessous.
gramme de Bode du gain.
Préciser si le filtre est passe-haut ou passe-bas, ainsi
que sa pulsation de coupure. b) Déterminer les impédances d’entrée Z e et de sor-
tie Z s .

L R
ue R us
r C

+
ve vs

Niveau 2
Ex. 3 Détermination d’une capacité inconnue Ex. 6 Présence de deux condensateurs
On a réalisé un filtre passe-bas à l’aide d’un conden- Déterminer la fonction de transfert du montage ci-
sateur de capacité C et d’une résistance R = 1 kΩ. dessous. En déduire la nature du filtre.
La tension d’entrée a la valeur efficace U e = 6 V.
On a mesuré la tension de sortie Us en fonction de la R C
fréquence, d’où le tableau suivant :

f (Hz) 200 500 1 · 103 2 · 103 5 · 103


ue C us
US (V) 5,95 5,72 5,08 3,73 1,82

f (Hz) 1 · 10 4 2 · 10 4 4 · 10 4 1 · 10 5

US (V) 0,943 0,476 0,191 95,5 · 10–3 Ex. 7 Bobines et résistance


Déterminer les fonctions de transfert des montages
a) Tracer le diagramme de Bode du gain.
ci-après.
b) Déterminer la fréquence de coupure. Prévoir qualitativement leur comportement asympto-
c) En déduire la capacité C du condensateur. tique.

273
Exercices
KA_MPSI.book Page 274 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

a) R b) R

L ue r us
L
ue us

Indications
Ex. 1 a) Appliquer le théorème de division de tension. Ex. 5 a) Écrire toutes les conditions relatives à l’A.O.
(A.O. idéal en régime linéaire).
b) Connaître le diagramme de Bode d’un filtre Connaître le diagramme de Bode d’un filtre passe-
passe-bas d’ordre 1. haut d’ordre 1.

Ex. 3 La fréquence de coupure est à l’intersection Ex. 7 Remplacer la bobine par son équivalent aux
des deux asymptotes du diagramme de Bode. basses fréquences, puis aux hautes fréquences.

274
Chapitre 8 : Filtres du premier ordre
KA_MPSI.book Page 275 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Solution des exercices

Solutions des exercices


Exercices de niveau 1
Exercice 1

a)

On applique la méthode n° 1 au circuit étudié.

D’après le théorème de division de tension, la fonction de transfert H du montage est :


u Z2 1 1
H = -----s = -------------------
- = ------------------------ , où Z 1 = R et Y 2 = ---- + jCω.
ue Z1 + Z2 1 + Z1 Y2 R

Il faut toujours veiller à diviser la tension entre deux dipôles parcourus par le même courant, soit ici la résistance
R et l’association {R // C}.
On obtient donc :
1 0,5
H ( jw ) = ------------------------- = ---------------------------------- .
2 + jRCw 1 + 0,5jRCw
b) • La fonction de transfert H peut s’écrire :
0,5 ω RCω
H ( jx ) = -------------- , avec x = --------- = ------------- .
1 + jx ω réf 2

2
On pose donc ici : ω réf = ------ .
RC
Le gain a donc pour expression :

G ( x ) = 20 log H ( jx ) = 20 log  ------------------- ,


0,5
 1 + x 2

soit : G ( x ) = – 20 log ( 2 ) – 10 log ( 1 + x 2 ).


• À basse fréquence, le gain tend vers :
G ( x ) → – 20 log ( 2 ) = – 6 dB.
L’asymptote correspondante est une droite horizontale.
À haute fréquence, le gain tend vers :
G ( x ) → – 20 log ( 2 ) – 20 log ( x ).
L’asymptote correspondante est une droite de pente –20 dB/décade.
• Les deux asymptotes se coupent au point d’abscisse x = 1 et d’ordonnée –20 log (2) = –6 dB.
Pour cette abscisse, on a aussi :
G ( 1 ) ≈ – 20 log ( 2 ) – 10 log ( 2 ) = G max – 3 dB = –9 dB.
La pulsation de coupure du circuit ωc vaut donc :
ωc 2
x c = --------
- = 1, soit : w c = w réf = --------- .
ω réf RC

Pour un filtre du premier ordre, l’abscisse de coupure à – 3 dB sur le diagramme de Bode est l’abscisse d’intersec-
tion des asymptotes.

275
Exercices
KA_MPSI.book Page 276 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

G (dB)

0,01 0,1 1 10 102 103 x


–2 –1 0 –6 1 2 3 log ( x )
20 dB

pente – 20 dB/décade
1 décade

Le diagramme de Bode de la phase serait celui obtenu dans le cours pour un filtre passe-bas du premier ordre
(cf. figure 11).
c)

On applique la méthode n° 2 au circuit étudié.


• On détermine l’impédance d’entrée en laissant la sortie à vide. Dans ces conditions, la résistance R
et l’association parallèle {C // R} sont en série :

Z e = R + ------------------------- = R  ------------------------- .
R 2 + jRCw
1 + jRCω  1 + jRCw
• On mesure l’impédance de sortie en court-circuitant l’entrée. Le circuit est alors :
R

R C

Les trois dipôles R, R et C sont en parallèle :


1 1 1 R
------ = ---- + ---- + jCω, soit : Z s = ------------------------- .
Zs R R 2 + jRCw

La nature des associations entre dipôles varie d’un calcul à l’autre. L’association de R et {R //C} en série est ainsi
valable pour le calcul de Z e mais pas pour celui de Z s . La mesure de Z s suppose en effet qu’un courant circule
dans la branche de sortie.

Exercice 2

D’après le théorème de division de tension, la fonction de transfert du montage est :


Z2
H = --------------------, avec Z 1 = jLω et Z 2 = R.
Z1 + Z2
La fonction de transfert s’écrit donc :
R 1 ω Lω
H ( jw ) = --------------------- , soit : H ( jx ) = --------------- , avec x = --------- = -------- .
R + jLw 1 + jx ω réf R

R
On pose donc ici : ω réf = --- , inverse de la constante de temps τ RL du circuit RL.
L

276
Chapitre 8 : Filtres du premier ordre
KA_MPSI.book Page 277 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

On reconnaît la fonction de transfert d’un filtre passe-bas de pulsation de coupure :


R
w c = w réf = ---- .
L

1
On pourrait retrouver facilement la nature du filtre par un raisonnement direct. En effet, H ( x ) = ----------------- , d’où :
1 + x2
H ( x ) → 1 quand x → 0 et H ( x ) → 0 quand x → + ∞ .

Exercices de niveau 2
Exercice 3

a) Pour tracer le diagramme de Bode, il faut déterminer log (f ) et HdB . Pour cela, on utilise :
U Us
H dB = 20 log ( H ) = 20 log -------s = 20 log  ------- .
Ue  U e

Le gain se note indifféremment G ou HdB .

f (Hz) 200 500 1 · 103 2 · 103 5 · 103 1 · 10 4 2 · 10 4 4 · 10 4 1 · 10 5


US (V) 5,95 5,72 5,08 3,73 1,82 0,943 0,476 0,191 0,0955
H 0,992 0,954 0,847 0,623 0,303 0,157 0,079 0,032 0,016
HdB – 0,07 – 0,41 –1,4 –4,1 –10,4 –16 –22 –30 –36
log f 2,3 2,7 3 3,3 3,7 4 4,3 4,7 5

HdB
0 2 3 log (fc) 4 5
log f
–3

pente –20 dB / décade


–20

– 40

Pour le diagramme de Bode du gain, le choix de l’abscisse (logx, logf ou logω) ne change pas la forme de la courbe
obtenue.
b) Graphiquement, on lit pour la fréquence de coupure à –3 dB :
log ( f c ) ≈ 3,2, soit : f c ª 1,6 kHz .

277
Exercices
KA_MPSI.book Page 278 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

c) Le filtre réalisé est un filtre passe-bas constitué d’un condensateur et d’une résistance. Il s’agit
donc du montage :

1
ue C us H ( jω ) = -------------------------
1 + jRCω

Pour s’en convaincre, se reporter à l’exemple de § C.2.1 du cours. Si on inverse les rôles de R et de C, le filtre est un
filtre passe-haut (cf. § C. 3. 1 du cours).
L’amplification du filtre vaut donc :
1
H ( ω ) = -----------------------------------, d’où : H max = 1.
1 + R2C2ω2
La pulsation ωc de coupure vérifie alors :
H max
H ( ω c ) = ------------- , d’où : RCω c = 1.
2
On en déduit la capacité C du condensateur :
1 1
C = ---------- = ---------------- .
Rω c 2pRf c
1
A.N. - = 99 ◊ 10 –8 F .
C = ---------------------------------------------------------
2π × 1 ⋅ 10 3 × 1,6 ⋅ 10 3

Exercice 4

• D’après le théorème de division de tension, la fonction de transfert du montage est :


Z2 1
H = --------------------, avec Z 1 = R et Z 2 = R + ----------- .
Z1 + Z2 jCω

La fonction de transfert s’écrit donc :


1
R + -----------
jCω 1 + jRCω 1 + jx
H ( jω ) = -------------------------------- = ----------------------------, soit : H ( x ) = ------------------ .
1 1 + 2jRCω 1 + 2jx
R + R + -----------
jCω
• Les expressions du gain HdB et de la phase φ sont alors en fonction de x :

  1+x 
2
 H dB ( x ) = 20 log H ( jx ) = 10 log  ------------------
1 + 4x 2

 φ ( x ) = arg ( H ( jx ) ) = Arctan ( x ) – Arctan ( 2x ).

Le filtre étudié n’est ni un filtre passe-haut ni un filtre passe-bas.

On étudie le comportement asymptotique du filtre :


– Quand x → 0, alors :
H dB ( x ) → 0 et φ ( x ) → 0.

278
Chapitre 8 : Filtres du premier ordre
KA_MPSI.book Page 279 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

– Quand x → + ∞, alors :

H dB ( x ) → 10 log  --- = – 20 log ( 2 ) = – 6 dB


1
et φ ( x ) → 0.
 4
Pour tracer le diagramme de Bode du gain et de la phase, on dresse alors un tableau de valeurs.

x 1 · 10 –2 5 · 10 –2 1 · 10 –1 5 · 10 –1 1 5 10 50 100 500 1 · 10 3
log x –2 –1,3 –1 –0,3 0 0,7 1 1,7 2 2,7 3
HdB 0 –0,03 –0,13 –2,04 – 3,98 – 5,89 – 5,99 – 6,02 – 6,02 – 6,02 – 6,02
f – 0,6° –2,8° –5,6° –18,4° –18,4° –5,6° –2,8° –0,6° –0,3° –0,06° –0,03°

HdB
0,01 0,1 1 10 102 103 x

–2 –1 0 1 2 3 logx

–5
–6

φ (°)
0,01 0,1 1 10 102 103 x

–2 –1 0 1 2 3 log x

–10

–20

Exercice 5

a) L’amplificateur opérationnel idéal étant en régime linéaire, on a :


i– = i+ = 0 et ε = V + – V – = 0.
ve vs

r C R
i i

i– = 0

ve ε = 0 S
+
vs

Tout le courant circule donc dans la résistance R et la tension v s se reporte aux bornes de celle-ci.
La tension v e se reporte, quant à elle, aux bornes de l’association série {r + C}.

279
Exercices
KA_MPSI.book Page 280 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

On a donc :

v e =  r + ---------- i
1
et v s = – Ri .
 jCω

La résistance R est étudiée en convention générateur.

On en déduit la fonction de transfert du montage :


v R – R jCw
H ( jw ) = -----s = – ------------------- = ------------------------ .
ve 1 1 + jrCw
r + ----------
jCω
Cette fonction peut aussi s’écrire :
jx ω R
H ( x ) = H 0 -------------- , avec x = --------- = rCω et H 0 = – ---- .
1 + jx ω réf r

1
On pose donc ici : ω réf = ------ . On remarque que H0 < 0.
rC
On reconnaît la fonction de transfert d’un filtre passe-haut de pulsation de coupure :
1
w c = w réf = -------- .
rC
x
On pourrait retrouver facilement la nature du filtre par un raisonnement direct. En effet, H ( x ) = -----------------, d’où :
1 + x2
H ( x ) → 0 quand x → 0 et H ( x ) → 1 quand x → + ∞ .

HdB
20 log  ----
R
 r

20 dB
0,01 0,1 1 10 100 x
–2 –1 0 1 2 log x

pente +20 dB/décade


1 décade

Le diagramme de Bode de la phase serait celui obtenu dans le cours pour un filtre passe-haut du premier ordre
(cf. figure 13). Ici, 20 log |H0| = 20 log  --- .
R
 r
b)
On applique la méthode n° 3 au circuit étudié.

• L’A.O. ne peut pas être éteint. Il impose donc en régime linéaire ε = 0. La tension v e s’applique aux
bornes de l’association série {r + C}, de sorte que :
1
Z e = r + ----------- .
jCw
L’impédance de sortie Z s est infinie, car la tension v s est prise à la sortie de l’A.O. idéal.

280
Chapitre 8 : Filtres du premier ordre
KA_MPSI.book Page 281 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercice 6

D’après le théorème de division de tension, la fonction de transfert du montage est :


Z2 1 1
H = --------------------, avec Z 1 = R + ---------- et Z 2 = ---------- .
Z1 + Z2 jCω jCω
La fonction de transfert s’écrit donc :
1
-----------
jCω 1
H ( jw ) = --------------------------------------- = -------------------------- ,
1 1 2 + RjCw
R + ----------- + -----------
jCω jCω
soit :
0,5 ω RCω
H ( x ) = -------------- , avec x = --------- = ------------- .
1 + jx ω réf 2

2
On pose donc ici : ω réf = ------- .
RC
On reconnaît la fonction de transfert d’un filtre passe-bas de pulsation de coupure :
2
w = w réf = --------- et d’amplification H0 = 0,5.
RC

Exercice 7

a) D’après le théorème de division de tension, la fonction de transfert du montage est :


r + jLw
H ( jw ) = ------------------------------- .
R + r + jLw
R
• Aux basses fréquences, l’inductance L est équivalente à un fil.
On a donc (diviseur de tension) :
u ue r us
r
-----s- = ------------- .
ue R+r

R
• Aux hautes fréquences, l’inductance L est équivalente à un
interrupteur ouvert. On a donc :
u
-----s- = 1 . ue
r
ue us

On retrouve les mêmes résultats en cherchant la limite de


H ( ω ) = H ( jω ) quand ω → 0 et quand ω → + ∞.

b) D’après le théorème de division de tension, la fonction de transfert du montage est :


1 1 1
H = ------------------------ , avec Z1 = R et Y 2 = ---------- + --- .
1 + Z1 Y2 jLω r
On peut donc écrire H sous la forme :
1 jLω
H ( jω ) = ---------------------------------------- = ----------------------------------------- ,
1 + R  --- + ----------
1 1  1 + ---- jLω + R
R
 r jLω  r

281
Exercices
KA_MPSI.book Page 282 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

soit :
r+R
-------------jLw
r rR
H ( jw ) = ------------- × ---------------------------------- .
r+R r+R
1 + -------------jLw
rR
rR r
On reconnaît l’expression d’un filtre passe-haut du premier ordre avec ω réf = ------------------- et H 0 = ----------- .
( r + R )L r+R

• Aux basses fréquences, l’inductance L est équivalente à un fil : R


u
-----s- = 0 .
ue
ue r us

R
• Aux hautes fréquences, l’inductance L est équivalente à un
interrupteur ouvert :
u r ue us
-----s- = ------------- . r
ue r+R

On retrouve bien que le filtre est un filtre passe-haut.

282
Chapitre 8 : Filtres du premier ordre
KA_MPSI283blanche Page 283 Samedi, 9. août 2003 12:24 12
KA_MPSI.book Page 284 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Index
A d.d.p.
– complexe, 184
– efficace, 221
Adaptation d’impédance, 54 Décade, 250
Admittance complexe, 214 Décibel, 248
Amplificateur opérationnel idéal, 253 Densité de courant, 10
Approximation des régimes quasi-stationnaires, 17 Diagramme de Bode asymptotique, 262
Asymptotique (diagramme), 262 Différence de phase, 170
Associations Diode
– de résistances, 34 – (caractéristique d’une), 52
– de générateurs idéaux, 38 – Zener, 56
Dipôle
– actif, 32
B – caractéristique, 32
– électrocinétique, 7
– linéaire, 88
Bande passante, 194
– passif, 32
Bode (diagramme de), 248
Diviseur
– de courant, 35
– de tension, 34
C
Caractéristique d’un dipôle, 32 E
Coefficient d’amortissement, 118
Complexes (grandeurs) Échelon de tension, 104
– admittance, 214 Effet Joule, 34
– impédance, 214 Électromoteur (courant), 39
Condition de continuité Électromotrice (force), 38
– dans C, 80 Entrée
– dans L, 84 – inverseuse, 253
Conductance, 33 – non inverseuse, 253
Conducteur ohmique, 33
Conservation de la charge, 12
Constante de temps, 104
Contre-électromotrice (force), 41
F
Coupure (pulsation de), 194
Courant Facteur
– de conduction, 8 – d’amortissement, 118
– électromoteur, 39 – de puissance, 222
– de qualité, 118
– (générateur idéal de), 37
– de surtension, 189
– (sens du), 9
Filtre
Court-circuit (courant de), 40
– coupe bande (réjecteur), 251
– passe-bande, 251
– passe-bas, 251
D – passe-haut, 251
Filtre de Wien, 94
dB, 248 Fonction de transfert, 246

284
KA_MPSI.book Page 285 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Force contre-électromotrice, 41
Force électromotrice, 38
M
Maille, 8
Mailles (loi de Kirchhoff relative aux), 14
G-H Masse, 253
Millman (théorème de), 36
Gain
– en dB, 249
– en puissance, 248 N-O
– en tension, 249
Générateur(s) Nœud, 8
– (association de), 38 Nœuds (loi de Kirchhoff relative aux), 12
– de courant idéal, 37 Norton (générateur de), 39
– de Norton, 39 Ohm
– de tension idéal, 37 – (loi d’), 18
– de Thévenin, 38 – (loi d’) (généralisation), 215
Opérationnel (amplificateur), 253
Ordre
– (fonction de transfert du 1er), 265
I – (fonction de transfert du 2e), 284
Oscilloscope, 169
Impédance
– adaptation, 54
– complexe, 214 P-Q
Intensité
– complexe, 184 Point de fonctionnement, 33
– de court-circuit, 40 Pont de Wheatstone, 57
– (définition), 9 Porteurs de charge, 8
– efficace, 221 Premier ordre (fonction de transfert du), 255
Pseudo-période, 120
Pseudo-pulsation, 120
Puissance
J-K – (facteur de), 222
– instantanée, 220
Joule (effet), 34 – moyenne, 220
Kirchhoff Quadripôle
– (loi de) relative aux mailles, 14 – actif, 252
– (loi de) relative aux nœuds, 12 – (fonction de transfert d’un), 246

R
L
Récepteur, 41
Linéaire Régime
– dipôle, 88 – apériodique, 119
– (association de dipôles), 88 – critique, 119
– (régime) d’un amplificateur opérationnel, 254 – forcé, 214
Loi – oscillatoire amorti (pseudo-périodique), 120
– de Kirchhoff relative aux mailles, 14 – permanent, 10
– de Kirchhoff relative aux nœuds, 12 – quasi-stationnaire, 17
– d’Ohm, 33 – transitoire, 103
– d’Ohm (généralisation), 215 – variable, 10

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KA_MPSI.book Page 286 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Résistance
– d’un conducteur ohmique, 33
T
– interne d’un générateur, 38
– interne d’un récepteur, 41 Temps (constante de), 104
Résonance intensité, 193 Théorème
Résonance tension, 187 – de Kennely, 56
– de Millman, 36
S – de superposition, 55
Transfert (fonction de), 246
Saturé (régime) d’un amplificateur opérationnel, 254
Semi-conducteur, 24
Siemens, 33
Superposition (théorème de), 55
V-W-Z
Surtension (facteur de), 189
Système Wheatstone (pont de), 57
– du 1er ordre, 255 Wien (filtre de), 94
– du 2e ordre, 284 Zener (diode), 56

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