L’intégration économique
Introduction :
Après la conférence de Berlin en 1885, le continent Africain
a été morcelé en petit Etat, on parle de balkanisation. Ces
micro-Etats ne peuvent pas permettre un modèle de
développement autonome. Ainsi pour favoriser le commerce
interafricain, l’intégration économique devient indispensable.
L’intégration économique est donc « une politique économique
mise en œuvre à l’échelle d’un certain nombre de pays
sociaux de mettre en place une communauté économique »
(Makhtar Diouf). L’intégration économique à l’état actuel est la
solution siné qua non (impératif) pour le développement des
pays Africains car elle permet d’éviter la détérioration des
termes de l’échange (DTE).
Quelles sont les formes d’intégration économique ? Quels sont
ses objectifs et sa finalité ? Quels sont ses obstacles ?
Ce sont ces trois axes de réflexion qui nous permettrons de
mener notre analyse.
I. Les formes d’intégration
Il y’a deux formes d’intégration économique: l’intégration par
les marchés et l’intégration par la production.
A. L’intégration par les marchés
Elle a pour finalité d’éliminer les barrières douanières et on
parlera de décloisonnement des marchés. Cette forme
d’intégration présente cinq étapes selon Béla Balassa:
La zone de préférence douanière
Dans cette étape les droits de douanes ou droits de portes
ne seront pas supprimés mais on procède à leurs
allégements.
Le libre échange
Dans cette étape les droits de douanes sont supprimés; les
marchandises pourront circuler librement. Cependant chaque
pays pourra déterminer sa politique douanière vis-à-vis des
pays tiers.
L’union douanière
En plus de la situation précédente les pays membre
définissent un tarif extérieur commun (TEC) vis-à-vis des pays
tiers. Par exemple ALENA et UE.
Le marché commun
L’union douanière s’ajoute la libre circulation des personnes et
des capitaux et une harmonisation des politiques économiques
comme le cas sur le plan agricole (Politique Agricole
Commune) et aussi sur le niveau fiscal comme la
généralisation de la TVA.
L’union économique
En plus du marché commun on aura une union monétaire.
C’est-à-dire les pays devront avoir une même monnaie, une
même politique monétaire et une centralisation commune de
leurs devises.
B. L’intégration par la production
Dans cette forme d’intégration les pays se concentrent dans
la fabrication de biens et services. Elle s’effectue selon deux
modalités : la spécialisation et la coproduction.
La spécialisation
Il y’a spécialisation lorsqu’un pays se voit attribuer à la
production de certains types de biens ou de services ; on
peut même parler de division du travail.
La coproduction
Il y’a coproduction entre les pays lorsqu’une branche d’activité
sera partagée entre les pays membre de la communauté.
Si actuellement les économistes font de l’intégration un débat
d’actualité c’est parce qu’elle reste la véritable solution du
sous-développement.
II. Objectifs et finalité de l’intégration
La nécessité de créer une intégration économique Africaine
permet de développer les échanges Sud-Sud; d’assurer une
complémentarité entre les secteurs d’activités économiques et
enfin de faciliter la mise en place de marché commun
africain.
A. Intégration et développement des échanges
Sud-Sud
La finalité de l’intégration étant de libéraliser les échanges ;
les pays africain en développement des échanges internes
pourront changer leurs caractères extravertis de leurs
économies. L’élimination des barrières douanières permette
d’avoir un grand marché où les entreprises pourraient
fonctionner avec leurs pleines capacités de production. De ce
fait un grand obstacle de l’industrie africaine sera levé.
En dehors de cet aspect positif la promotion des échanges
interafricains pourra changer la situation de l’Afrique dans la
DIT.
B. Complémentarité entre les secteurs d’activité
Les pays Africains dans la DIT sont des grands exportateurs
de produits de bases qui sont vendus à des prix très
faibles. L’intégration devrait permettre aux deux secteurs
(agricoles et industriels) d’avoir des liens en amont et en
aval. Autrement dit l’agriculture donnera les consommations
intermédiaires à l’industrie et en aval l’industrie va transformer
ses inputs en produit finis. Cela va permettre de faciliter
l’annonce d’un mode de développement autocentré. Ainsi on
deviendra moins dépendant de l’extérieur.
C. La mise en place d’un marché commun
Une élimination des barrières douanières devrait avoir pour
finalité la création d’un marché commun avec comme
conséquence une préférence communautaire.
Ainsi au moment où les accords de MAASTRICHT sont
ratifiés et que les pays de l’Amérique du Nord ont mis en
place l’ALENA, l’Afrique ne peut être en reste et un marché
commun africain permettrait de faire face à ces grandes
entités.
Même si l’intégration est indispensable du fait qu’elle permet
un élargissement de nos marchés il faudrait dire qu’elle se
heurte à certains obstacles.
III. Les obstacles de l’intégration
économique en Afrique
La réalisation de l’intégration dans le continent africain se
heurte à plusieurs obstacles parmi lesquels nous pouvons
noter: Le refus de renoncer aux droits de douanes, le
caractère obsolète des infrastructures, la prolifération des
monnaies, l’extraversion de nos économies, le manque de
solidarité…
Conclusion :