Alexandre Alekhine
Alexandre Alekhine
Alexandre Aleksandrovitch Alekhine (en russe : Александр Александрович Алехин), né le 19 octobre 1892
(31 octobre 1892 dans le calendrier grégorien) à Moscou et mort le 24 mars 1946 à Estoril (Portugal), est un joueur Alexandre Alekhine
d'échecs russe, naturalisé français en 1927.
Quatrième champion du monde des échecs, de 1927 à 1935 et de 1937 à sa mort, il fut le premier champion du
monde d'échecs à reconquérir son titre et le seul à mourir en portant son titre.
Il a notamment donné son nom à une ouverture, la défense Alekhine, qu'il employa pour la première fois en 1921 à
Budapest. Il était aussi réputé pour son style d'attaque, féroce et imaginatif, qui montrait une grande habileté pour les
combinaisons, notamment lors de ses exhibitions en parties simultanées (ou en parties à l'aveugle) contre les joueurs
amateurs, ainsi que pour sa maîtrise des fins de partie.
Sommaire
Biographie
Jeunesse
Ascension vers les sommets
Naturalisation
Championnats du monde
Match contre Capablanca (1927)
Matchs contre Bogoljubov (1929 et 1934) Alexandre Alekhine
Matchs contre Max Euwe (1935 et 1937)
Activités pendant la Seconde Guerre mondiale (1939 à 1943) Nom de Aleksandr
Dernières années (1944 à 1946) naissance Aleksandrovitch Alekhine
Biographie
Jeunesse
Alexandre Alekhine naît le 19 octobre 1892 (31 octobre 1892 dans le calendrier grégorien) à Moscou dans une famille aisée de l'Empire russe : son père est
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propriétaire terrien et sera député à la Douma d'État de l'Empire russe . Il a un frère aîné, Alexeï, contre lequel il jouera des parties, et une sœur, Varvara. Il apprend à
jouer aux échecs à sept ans. Il fait ensuite de brillantes études et apprend le français et l'allemand au lycée.
Après quelques tournois par correspondance, il dispute son premier tournoi important à Düsseldorf en 1908 et termine quatrième. En 1909, il entre dans l'école de
Droit pour la noblesse de Saint-Pétersbourg, où les élèves internes portent l'uniforme militaire.
Il obtient ses premiers succès en 1909 au championnat de Russie amateur disputé à Saint-
Pétersbourg, puis aux tournois internationaux de Stockholm en 1912 et de Scheveningue en 1913.
En 1914, il remporte le championnat de Russie, ex æquo avec Aaron Nimzowitsch et, la même
année, termine troisième du très fort tournoi international de Saint-Pétersbourg remporté par le
champion du monde Emanuel Lasker devant son futur successeur José Raúl Capablanca.
Alors qu'il participe au tournoi de Mannheim, la Première Guerre mondiale éclate et interrompt le
tournoi. Alekhine est arrêté par les autorités allemandes. Il parvient cependant à rentrer en Russie, est
blessé deux fois à la guerre et est ensuite plusieurs fois médaillé en tant que collaborateur de la Croix-
1
Rouge .
Après la guerre et la Révolution russe, Alexandre Alekhine remporte le championnat de Moscou et le premier championnat de la
RSFSR en 1919-1920. Arrêté une première fois par la Tchéka, il échappe par chance au peloton d'exécution. Selon la légende, en
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prison, il aurait joué une partie contre Léon Trotski lui-même , qui était un très bon joueur d'échecs. Il quitte la Russie soviétique
pour l'Ukraine mais revient à Moscou, où il obtient un poste de traducteur.
Le 21 février 1921, il est arrêté une seconde fois par la Tcheka, mais réussit à persuader la police qu'il est innocent des charges qu'on
3
lui reproche .
En mai 1921, à l'occasion de son mariage il obtient l'autorisation d'un voyage en Lettonie ; il quitte définitivement la Russie, d'abord
N1
pour Berlin . En 1921, il remporte les trois tournois auxquels il participe en Europe (Triberg, Budapest et La Haye) sans perdre une
partie. Il arrive en France en janvier 1922. Par la suite, il refusera toujours de revenir en Union soviétique (nom adopté par la Russie
soviétique en 1922). En 1922, il remporte le tournoi de septembre de Hastings puis, l'année suivante, le tournoi de Karsbad 1923.
En 1924, il termine troisième du tournoi de New York derrière les champions du monde Emanuel Lasker et Capablanca. Alexandre Alekhine au début
des années 1920.
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Le premier février 1925 à Paris, où il habite désormais , il dispute une partie simultanée et à l'aveugle sur 28 échiquiers, avec un
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score de 22 victoires, 3 défaites et 3 nulles. Le lendemain, il reconstitue précisément, de mémoire, les vingt-huit parties disputées .
L'année précédente, il avait déjà disputé une autre séance record à l'aveugle sur 26 échiquiers, à l'issue du tournoi de New York 1924. Son record dans ce domaine
sera porté à 32 parties lors d'une simultanée à l'aveugle disputée lors de l'Exposition universelle de 1933.
En 1927, il termine deuxième du tournoi de New York derrière le nouveau champion du monde Capablanca — Lasker ayant refusé de participer au tournoi. Avec ce
résultat, Alekhine devient le challenger naturel du champion du monde, qu'il rencontre à Buenos Aires en 1927.
Naturalisation
Alexandre Alekhine demande pour la première fois son admission à résidence en France et sa naturalisation le 3 novembre 1924, mais le dossier est classé sans suite,
en raison de ses multiples voyages à l'étranger pour participer à des compétitions internationales d'échecs, et parce qu'il avait été signalé en avril 1922 comme un
« bolcheviste chargé, par les Soviets, d'une mission spéciale en France ».
En avril 1927, la Fédération française des échecs intervient auprès du ministère de la Justice pour qu'Alekhine puisse participer, à la tête de l'équipe française, au
N2
premier « Tournoi des Nations » qui doit avoir lieu en juillet 1927 à Londres. Mais, la nouvelle loi sur la naturalisation, facilitant l'acquisition de la nationalité
française en raison de la baisse de population consécutive à la Première Guerre mondiale, n'est publiée que le 10 août 1927. Le décret de naturalisation d'Alekhine (et
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de plusieurs centaines d'autres postulants) est signé le 5 novembre et publié au Journal officiel du 14-15 novembre 1927 .
Championnats du monde
Alexandre Alekhine devient champion du monde en 1927 en battant à Buenos Aires le tenant du titre, le Cubain José
Raúl Capablanca sur le score de 18,5 à 15,5 (+6, -3, =25), au terme d'un match marathon de plus de 2 mois et 34
parties. En dépit de multiples négociations, le match revanche, promis au Cubain par Alekhine, ne fut jamais organisé.
À l'époque, c'était encore les champions qui choisissaient leurs challengers.
Alexandre Alekhine domina le monde des échecs pendant toute la période entre 1929 et 1933 : il réalisa l'exploit de se Alekhine (à gauche) face à Capablanca en
1927.
classer premier sans interruption dans les 15 tournois auxquels il participa, cette série étant arrêtée par une deuxième
place au tournoi de Hastings, derrière Salo Flohr. Au lieu de défier Capablanca comme il l'avait pourtant promis, il
choisit comme challenger son ancien compatriote Efim Bogoljubov, moins redoutable.
Il conserva facilement son titre face à Bogoljubov en 1929 sur le score de 15,5 à 9,5 (+11, -5, =9), puis en 1934 sur le score de 15,5 à 10,5 (+8, -3, =15).
En 1938, le tournoi AVRO est organisé pour départager les éventuels candidats à un match de championnat du monde contre
Alekhine, ce dernier conservant néanmoins la possibilité de désigner son challenger. Le tournoi est remporté par l'Estonien
Paul Keres et l'Américain Reuben Fine, mais Alekhine entreprend des négociations avec le troisième du tournoi, Mikhaïl
Alekhine face à Euwe en 1937.
Botvinnik. Les pourparlers sont interrompus par la Seconde Guerre mondiale.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le titre de champion du monde d'Alekhine ne fut pas remis en jeu.
En septembre 1939, lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, Alekhine participe à l'Olympiade de Buenos Aires. En janvier 1940,
il arrive à Lisbonne et demande à être mobilisé comme interprète dans l'Armée française. Il rentre en France en février. Après
l'Armistice, démobilisé, il transmet à Capablanca en juillet 1940 sa proposition de disputer un match. La communication se fait par
l'intermédiaire du consulat de Cuba à Marseille ; les négociations se poursuivent jusqu'en 1941 et l'entrée en guerre des États-Unis.
À la fin de mars 1941, Alekhine est autorisé à se rendre en Espagne. Il a l'espoir de partir au Brésil ou à New York. Sa quatrième
épouse, Grace Alekhine (en), reste dans leur château près de Dieppe pour sauver les biens du champion. Pour délivrer un visa à
Alekhine et protéger sa femme, née américaine et naturalisée britannique, les autorités allemandes d'occupation auraient alors
demandé à Alekhine de rédiger plusieurs articles sur les échecs pour le quotidien allemand d'occupation en France Pariser Zeitung, Alexandre Alekhine en 1936.
parus sous son nom en mars 1941.
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Quand Alekhine arrive à Lisbonne en avril 1941, il apprend que son projet de match avec Capablanca a échoué ; il devient malade et se remet à boire . À ce moment,
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les articles d'Alekhine sont repris avec d'importantes variantes dans la Deutsche Schachzeitung et dans d'autres journaux nazis comme Deutsche Zeitung in der
Niederlanden, d'avril à juillet 1941, sous le titre « Échecs juifs et aryens », sous-titré « Une étude psychologique, fondée sur l'expérience échiquéenne, montrant le
manque de force de conception et de courage des juifs, par le champion du monde des échecs, le Dr Alekhine ». Ces articles provoquent l'indignation dans le monde.
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Max Euwe refuse ensuite de participer aux tournois dans lesquels apparaît aussi Alekhine .
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À la fin de la guerre, Alekhine est accusé d'avoir collaboré avec les Nazis pour protéger sa femme et sauver ses biens en France, notamment son château à Saint-
Aubin-le-Cauf. Après la libération de la France en 1944, Alekhine affirma à plusieurs reprises que « pas une ligne » de ces articles n'était de sa main et qu'ils avaient
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été manipulés. Cependant, lors d'entretiens accordés pendant son séjour en Espagne en 1941 , il aurait ajouté qu'il avait été « le premier à traiter des échecs d'un point
de vue racial ». Dans ces articles, il écrivait que les « échecs aryens » étaient « des échecs agressifs » et considérait la défense comme la conséquence d'une erreur
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antérieure, et le fait que l'on pouvait gagner avec la « défense pure », un « concept sémitique ».
En septembre 1941, il quitte le Portugal pour disputer le deuxième tournoi Europa à Munich. De 1941 à 1943, il multiplie les tournois en Europe occupée : à
Cracovie, Lublin et Varsovie (en 1941 et 1942), à Munich (1941 et 1942), à Salzbourg (en 1942 et 1943), à Prague (en 1942 et 1943) ainsi que des conférences et des
exhibitions en Allemagne, Autriche Pologne, Espagne et au Portugal.
De 1941 à 1944, il dispute dix tournois à cadence lente et termine six fois seul premier, trois fois premier ex æquo et ne concède qu'une deuxième place ex æquo lors
du tournoi de Munich de septembre 1941, remporté par Gösta Stoltz. En 1942, il remporte le championnat européen organisé par les Allemands à Munich. Quelques
jours après la fin du tournoi de Prague en décembre 1942, il donne quelques parties simultanées puis tombe malade et doit être hospitalisé pendant un mois ; les
médecins diagnostiquent la scarlatine. En avril 1943, il remporte le tournoi de Prague avec le score de 17 / 19 (+15 =4) et 2,5 points d'avance sur Paul Keres. Il
propose alors de disputer un match contre Keres, qui décline l'offre. En juin 1943, il gagne le tournoi de Salzbourg, ex æquo avec Keres et devant Bogolioubov.
À la fin de 1943, les bombardements alliés ne permettent plus d'organiser des tournois dans l'Europe occupée par les Allemands ;
Paul Keres décline une proposition de match contre Alekhine.
Invité par la fédération espagnole, Alekhine quitte l'Europe occupée en octobre 1943 et arrive à Madrid le 15 octobre 1943. Par la
suite, il ne quitte plus l'Espagne et le Portugal, alors que sa femme reste en France. Arrivé trop tard pour disputer le tournoi de
Madrid, auquel il avait été invité, il dispute néanmoins un tournoi éclair (5 minutes pour toute la partie) et finit à la cinquième place
des quatorze participants. Affaibli, il est interné dans un sanatorium pour résoudre ses problèmes d'alcool.
En 1944 et 1945, toujours sans sa femme, il poursuivit son activité en Espagne et au Portugal. Un médecin diagnostique une
dépression nerveuse. En 1945, il reçoit une invitation pour disputer le tournoi de Hastings dans le sud de l'Angleterre, de
décembre 1945 à janvier 1946. Cette invitation est ensuite retirée à la suite de l'opposition des fédérations néerlandaise et américaine.
Tombe d'Alexandre Alekhine Le 28 novembre 1945, il apprend que son invitation au tournoi de Londres 1946 a été résiliée. Reuben Fine et Max Euwe auraient
au cimetière du protesté contre son admission, reprochant à Alekhine ses articles parus dans le Pariser Zeitung et son silence. Alekhine répond contre
Montparnasse, à Paris. ces accusations par une lettre : il nie avoir écrit les articles et regrette de ne pouvoir se défendre à Londres. Fin décembre, choqué par
ces nouvelles, il dispute son dernier tournoi à Cáceres et finit deuxième. Accompagné du vainqueur, Francisco Lupi, il part à Estoril
au Portugal où les deux étaient invités par le casino de la ville pour disputer un match. Celui-ci eut lieu du 6 au 9 janvier 1946,
remporté par Alekhine deux victoires à une plus une partie nulle. Il s'installe dans une pension à Estoril et, le 9 mars 1946, fait sa dernière apparition en public lors
d'une partie simultanée à Lisbonne.
N3
Alexandre Alekhine meurt le 24 mars 1946 dans sa pension d'Estoril, dans des circonstances assez troubles , au moment même où un match de championnat du
monde contre Mikhaïl Botvinnik allait être organisé. Début mars, Alekhine avait reçu la proposition de Botvinnik, écrite en février 1946 et, la veille de sa mort, le
23 mars, la fédération anglaise avait donné son accord pour patronner le match.
Il est enterré au cimetière de Lisbonne le 16 avril 1946. En 1956, ses cendres sont transférées au cimetière du Montparnasse à Paris, dans la 8e division. Sur sa tombe
où son nom est gravé en caractères cyrilliques et romains, est représenté un échiquier. Un bas-relief représente également Alekhine devant un jeu d'échecs. Il est
inscrit : « Génie des échecs de Russie et de France, 1892-1946. Champion du monde des échecs de 1927 à 1935, et de 1937 à sa mort ».
Palmarès
N4
Les tables suivantes donnent les résultats et les scores de Alexandre Alekhine dans les tournois et les matchs . La notation
(+6 –4 =13) signifie : six victoires, quatre défaites et treize parties nulles.
De 1902 à 1910, Alekhine disputa plusieurs tournois par correspondance. Ses principaux résultats furent les suivants :
Détail de l'échiquier sur la tombe
1905-1906 : vainqueur du 16e tournoi par correspondance du magazine Chakhmatnoïé Obozrenié d'Alekhine.
(Шахматное обозрение) (+10 –1 =3).
1906-1907 : 4e-5e du premier tournoi par correspondance du Prince F. M. Chakhovskoï (+6 –1 =1).
1909-1910 : premier du 17e tournoi inachevé du magazine Chakhmatnoïé Obozrenié qui cessa sa parution en 1910 alors qu'Alekhine menait
(+8 =2).
1907 – 1915
Alekhine disputa son premier tournoi sur l'échiquier à quatorze ans à Moscou (tournoi de printemps du club de Moscou) en juin 1907 ; le résultat ne nous est pas
parvenu. Lors de son deuxième tournoi, le tournoi d'automne 1907-1908, remporté par Benjamin Blumenfeld, il termina 11e-13e (+4 –9 =1) tandis que son frère
Alekseï finissait 4e-6e.
Birmingham : 5 / 5
Semmering (2e après Spielmann) : 12,5 / 17 (+11 –3 =3)
1926
Buenos Aires : 10 / 10 N 22
Dresde (2e derrière Nimzowitsch) : 7 / 9 (+5 =4)
1926-1927 :
N 21
(Pays-Bas ) Match contre Max Euwe : 5,5–4,5 (+3 –2 =5)
N 23
Kecskemét : 12 / 16 (+8 =8)
1927 New-York (2e après Capablanca) : 11,5 / 20 (+5 –2 =13)
Championnat du monde contre Capablanca
(Buenos Aires) : 18,5–15,5 (+6 –3 =25)
En janvier 1928, Alexandre Alekhine était de retour en Europe. L'année 1928 fut consacrée à un tour d'Europe où le
champion du monde disputa de nombreuses parties simultanées.
Après sa défaite contre Nimzowitch lors du tournoi de New York 1927, Alekhine fut invaincu en tournoi (en excluant
le match contre Bogoljubov) jusqu'à l'olympiade de Prague en 1931 où il concéda une défaite, réalisant une série de 80
parties sans défaite (cinquante victoires et trente parties nulles : +50 =30, 81,25 %). Après sa partie perdue contre
13
Hermann Mattison à l'olympiade, il porta son score en tournoi au total de (+74 –1 =38, soit 82,3 %) jusqu'au tournoi
de Londres 1932.
De 1929 à 1933 (avant le tournoi de Hastings 1933-1934), Alekhine termina premier (seul ou ex æquo) de tous les
Alekhine donnant une simultanée à Berlin
tournois ou matchs auxquels il participa. en 1930.
En 1925, 1935 et 1936, Alekhine refusa de participer aux tournois internationaux disputés à Moscou.
Efim Bogolioubov;
Année Vainqueur Deuxième
Bradley Beach (New Jersey) : 8,5 / 9 (+8 =1)
1929
Championnat du monde contre Bogolioubov
N 24 N 25
(Allemagne et Pays-Bas ) : 15,5–9,5 (+11 −5 =9)
1930 San Remo : 14 / 15 (+13 =2)
Nice (tournoi par consultation) : 6 / 8 (+4 =4)
Le tournoi de Nottingham 1936 fut le seul tournoi disputé après 1912 où Alekhine ne termina pas parmi les quatre premiers.
Après avoir regagné le titre de champion du monde lors du long match contre Euwe (octobre – décembre 1937), Alekhine remporta tous les tournois importants
auxquels il participa à l'exception du tournoi AVRO 1938, du tournoi de Munich 1941 et du tournoi de Gijón 1945 (Alekhine était déjà malade). De 1935 à 1943, le
score de Alekhine contre Paul Keres, le vainqueur du tournoi AVRO, fut de 5 victoires, sept nulles et une seule défaite (à Margate en 1938) ; pendant la guerre (1940-
15
1943), il marqua trois victoires et trois nulles contre Keres.
Année Seul vainqueur ou covainqueur Deuxième à sixième
Bad Nauheim : 7,5 / 9 (+4 =5) (ex æquo avec Keres) Podebrady (2e après Flohr) : 12,5 / 17 (+8 =9)
Madrid : 5 / 5
Munich (2e-3e) : 10,5 / 15 (+8 –2 =5)
1941
(tournoi remporté par Stoltz : 12 / 15 devant Lundin)
Cracovie-Varsovie : 8,5 / 11 (+6 =5) (ex æquo avec Schmidt)
Salzbourg : 8 / 10 (+7 –1 =2)
1943 Prague : 17 / 19 (+15 =4) Madrid (tournoi éclair (5 min), 5e) : 16 / 26 (+16 –10 =0)
(victoire de Keres devant Perez, Sämisch et Fuentes)
Salzbourg : 7,5 / 10 (+5 =5) (ex æquo avec Keres)
N 30
(Saragosse) Match contre Rey Ardid : 2,5–1,5 (+1 -0 =3)
1944
Gijón : 8,5 / 9 (+8 =1)
Madrid (entrainement) : 8,5 / 9 (+8 =1)
Gijon (2e-3e) : 6,5 / 9 (+6 –2 =1)
Sabadell : 7,5 / 9 (+6 =3)
(victoire de Rico devant Medina)
1945
Melilla : 6,5 / 7 (+6 =1) N 31
Caceres (2e derrière Francisco Lupi ) : 3,5 / 5 (+3 –1 =1)
Almeria : 5,5 / 8 (+4 –1 =3) (ex æquo avec F. Lopez Nunez)
1946 (Estoril) Match contre Lupi : 2,5–1,5 (+2 –1 =1)
Olympiades d'échecs
Alekhine joua à cinq reprises pour l'équipe de France lors des olympiades : en 1930, 1931, 1933, 1935 et 1939. Il marqua 78,5 % des points possibles (56,5 points sur
72), un des meilleurs pourcentages des joueurs français lors des olympiades (seuls deux joueurs ont un meilleur pourcentage avec 2 victoires sur deux parties
16
disputées ).
En 1930, il remporta toutes ses parties lors de l'Olympiade de Hambourg (9 points sur 9) mais la médaille d'or revint à Rubinstein sur la base du nombre de points
marqués : 15 points sur 17 (+13 =4) ; Alekhine remporta le premier prix de beauté en 1930 pour sa victoire sur Gideon Ståhlberg.
Lors des deux olympiades suivantes, en 1931 et en 1933, Alekhine remporta la médaille d'or individuelle et ne concéda qu'une défaite à chaque fois : contre Hermann
Mattison, à Prague en 1931 (sur dix-huit parties) et contre Tartakover à Folkestone en 1933 (sur douze parties). En 1935 (à Varsovie) et 1939 (à Buenos Aires), il
obtint la médaille d'argent sans perdre une partie.
La France ne participait pas à l'olympiade d'échecs de 1937 disputée en Suède. À Buenos-Aires, en 1939, Alekhine marqua 12,5 points sur 16 (sans perdre une
partie) et Capablanca 11,5. Cependant, seul le résultat en finale comptait pour le classement individuel et là, le champion cubain marqua 8,5 sur 11 (soit 77,27 %) et
Alekhine seulement 7,5 points sur 10 parties (75 %). Le Français finit seulement deuxième. Lors de la rencontre France - Cuba, Alekhine se présenta une demi-heure
17
en avance mais Capablanca se fit remplacer et Alekhine gagna sa partie. Finalement la France termina dixième de l'olympiade et Cuba onzième .
Tournois rapides
1921 : Berlin
1925 : Paris (1er-2e)
1929 : Venise (+7 =1)
1930 : Ljubljana (1er-2e) (+6 –1)
1931 : Zagreb
1942 : Vienne
1908
Munich (septembre), match contre Hans Fahrni (+1 –1 =1)
Moscou (octobre), match contre Vladimir Nenarokov (0-3)
1913
(septembre) Paris (deux parties) et Londres (une partie), match contre Edward Lasker (3-0)
(décembre) Saint-Pétersbourg, match exhibition contre Capablanca (0-2)
1914 : Moscou, partie exhibition contre Emanuel Lasker (½ - ½)
1916 : Kiev, match contre A. Evanson (+2 –1 =0)
1920 : Moscou, match d'entraînement contre Nikolaï Pavlov-Pianov (+1 –1 =0)
1921
Moscou (mars), match d'entraînement contre Nikolaï Grigoriev (+2 -0 =5)
Berlin (juin), match thématique contre Richard Teichmann (1,5 - 0,5, +1 -0 =1)
Berlin (juin), match contre Sämisch (2-0)
Triberg (juin-juillet), match d'entraînement contre Bogolioubov (+1 –1 =2) ; ce match, disputé avant le tournoi de Triberg, fut tenu secret
par les deux joueurs.
1922 :
Paris (février), matchs contre Ossip Bernstein (1½ - ½) et contre Arnold Aurbach (1½ - ½)
Madrid (mai), match exhibition contre Manuel Golmayo (1½ - ½)
1923 : Paris, match d'entraînement contre André Muffang (2-0)
1927 : New York, match exhibition contre Charles Jaffe (2-0)
1933 : San Juan, match exhibition contre Rafael Cintron (4-0)
1941 : Vitoria, match contre Lopez Esnaola (2-0)
1943 : Varsovie, match contre Bogolioubov (+1 –1 =0)
1944 : Saragosse, match contre Rey Ardid (+1 –0 =3)
Exemples de parties
Pendant la Première Guerre mondiale, Alexandre Alekhine, alors brancardier à la Croix-Rouge, reste en convalescence à l'hôpital de Tarnopol (Pologne) à la suite
d'une blessure reçue. Pour passer le temps, il joue aux échecs avec les autres patients. Il y pratique l'une de ses spécialités : les parties à l'aveugle ; alors que tous ses
adversaires voient l'échiquier, lui ne le voit que dans sa tête. Il doit donc non seulement calculer les coups possibles mais aussi maintenir en mémoire la position
actuelle des pièces.
Dans la partie à l'aveugle qui suit, il effectue un ballet au centre de l'échiquier qui matera le roi adverse. Jouant contre cinq adversaires à la fois (en consultation), la
combinaison qu'il joue est devenue mondialement célèbre.
18
Alexandre Alekhine – M von Feldt, Tarnopol, 1916, Défense française :
1. e4 e6 2. d4 d5 3. Cc3 Cf6 4. exd5 Cxd5 5. Ce4 f5
C'est par cette façon spectaculaire qu'Alekhine s'y prend pour gagner, ce qui rend cette partie unique.
6. Cg5 Fe7 7. C5f3 c6 8. Ce5 0-0 9. Cgf3 b6 10. Fd3 Fb7 11. 0-0 Te8 12. c4 Cf6 13. Ff4 Cbd7 14. De2 c5
a b c d e f g h
(diagramme)
8 8
Les Blancs contrôlent le centre et leurs pièces sont pointées vers le roque adverse. Les Noirs ont ouvert leur roque et le 7 7
pion en e6 est sans protection. Alekhine profite de ces deux facteurs pour mater son adversaire.
6 6
15. Cf7!! 5 5
Un coup magnifique ! Les Noirs doivent prendre le cavalier car s'ils déplacent la dame, un mat à l'étouffé suivra en 4 4
2 2
15. ...Rxf7 16. Dxe6+!!
1 1
La pointe ! Si les Noirs prennent la dame, alors suit 17. Cg5 mat. s'ils jouent 16. ... Rf8, alors 17. Cg5 décide de l'issue de a b c d e f g h
la partie.
Position après 14. ...c5
16. ...Rg6
Alekhine remporta le tournoi de Baden-Baden 1925 sans perdre la moindre partie (+12, =8).
Citation
« La finalité de la vie humaine et le sens du bonheur consistent à donner le maximum de ce qu'on peut donner. Et comme j'ai senti, pour ainsi dire
N 32
inconsciemment, que c'était aux échecs que je pouvais obtenir les plus grandes réussites, je suis devenu maître d'échecs .»
— Alexandre Alekhine.
Hommage
Un astéroïde, (1909) Alekhine, a été nommé en son hommage.
Publications d'Alekhine
Recueils de parties
Mes meilleures parties (1908–1923), 1926
Ce livre correspond au premier tome de Deux cents parties d'échecs.
Notes et références
Notes
1. Un haut lieu de l'émigration russe à l'époque. 18. Olympiade pan-russe. Tournoi des maitres, fut considéré
2. Ultérieurement, ces tournois seront rebaptisés « Olympiade ultérieurement comme le premier championnat d'échecs d'URSS
d'échecs ». 19. Bad Pistyan, Groupe A
3. Article de Edward Winter sur la mort d'Alekhine sur chesshistory.com 20. Tournoi du palais royal
(http://chesshistory.com/winter/extra/alekhine3.html) 21. Match d'entraînement disputé à Amsterdam, Zutphen, La Haye et
4. La référence et source principale pour la carrière de Alekhine est Rotterdam
Alexander Alekhine Chess games, 1902-1946 par Skinner et 22. 50e tournoi anniversaire
Verhoeven. 23. Premier du groupe préliminaire A (+7 =2) et deuxième de la finale (+1
5. Les détails de ce tournoi ne sont pas connus. Quatre victoires =6) remportée par Nimzovitsch, premier au classement combiné.
d'Alekhine nous sont parvenues. 24. Wiesbaden/Heidelberg/Berlin
6. Tournoi de 1re catégorie, Alekhine se qualifia pour le tournoi pan- 25. La Haye/Rotterdam/Amsterdam
russe amateur de Saint-Pétersbourg qu'il remporta.
26. Alekhine avait disputé auparavant un tournoi triangulaire
7. Tournoi amateur pan-russe de 1909, Alekhine obtint le titre de maitre. d'entraînement à Berne ; les quatre joueurs marquèrent tous deux
8. disputé en août (+? -? =?) victoires et une défaite (+2 –1 =0).
9. (novembre 1909-mars 1910) 27. Championnat du monde disputé dans douze villes d'Allemagne.
10. Tournoi première catégorie 28. Tournoi jubilée ASB
11. Congrès des maitres nordiques 29. Tournoi quadrangulaire remporté par Euwe, disputé en juillet 1937,
12. Tournoi anniversaire de la fédération néerlandaise (NSB) avant le championnat du monde, devant Bogolioubov et Sämisch, à
13. Match disputé à Paris et Londres, peu après le tournoi de Bad Nauheim, Stuttgart et Garmisch-Partenkirchen.
Scheveningue 30. Rey Rachid avait remporté quatre fois le championnat d'Espagne de
14. Les deux joueurs purent disputer le tournoi des champions où 1929 à 1942.
participaient Lasker, Capablanca et Tarrasch. 31. Lupi battit Alekhine. Les quatre autres places du tournoi étaient
15. 19e congrès allemand, tournoi des maitres interrompu par la guerre occupées par huit joueurs locaux qui formaient quatre groupes de
alors qu'Alekhine menait avec un point d'avance sur Vidmar, et six deux joueurs qui se consultaient.
rondes à disputer. 32. « Цель человеческой жизни и смысл счастья заключается в том,
16. Tournoi du club central de Moscou чтобы дать максимум того, что человек может дать. И так
как я, так сказать, бессознательно почувствовал, что
17. Tournoi triangulaire
наибольших достижений я могу добиться в шахматах, - я стал
шахматным маэстро. »
Références
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2. Andrew Soltis 2000, p. 7.
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11. Tournoi pan-russe des maitres
12. Tournoi quadrangulaire
13. Taylor Kingston, Chess Cafe (http://www.chesscafe.com/skittles/skittles.htm), chronique du 7 juillet 2010.
14. Championnat international de Suisse
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Bibliographie
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Liens externes
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