Journal Algérien des Régions Arides N° Spécial 2013
LA CULTURE DU SAFRAN (CROCUS SATIVUS L.) EN REGIONS
ARIDES ET SEMI ARIDES CAS DU SUD EST ALGERIEN.
S. LAHMADI1, H. GUESMIA1, R. ZEGUERROU1, M. MAAOUI1, et M. BELHAMRA2
1
CRSTRA - Station Bioressources El Outaya Biskra
2
Université de Biskra / Chercheur associé au CRSTRA.
RESUME
Malgré l’aridité climatique et les contraintes agro-pédologiques (salinité du sol et de l’eau,
évapo-transpiration élevée...), les populations locales ont pu développer au fil du temps des
systèmes agricoles durables, tel que le système oasien avec les trois strates ; palmier dattier,
arboriculture et cultures intercalaires dont les plantes condimentaires, médicinales et
aromatiques.
Toutefois, elles connaissent un certain déclin pour plusieurs raisons socio-économiques et
environnementales (mutation agricole, exode rural, sécheresse..).
Ce sont des nouveaux systèmes de production agricole introduits qui ont permis une
amélioration desdiverses productions et par conséquent l’approvisionnement du marché.
Cependant, ils sont à l’origine de l’exacerbation de certaines contraintes environnementales
notamment la salinité des sols et des eaux.
Dans le contexte du réchauffement climatique il est primordial de trouver des alternatives
alliant productivité et durabilité des agrosystèmes.
L’essai de la culture du safran en régions arides et semi arides s’inscrit dans cette vision de
développement durable. L’essai est installé dans trois stations de références. Celles-ci ont été
choisies sur la base des différences d’altitude dans les Ziban et les Aurès.
En effet, les résultats de cette étude, montrent que la variabilité phénologique est très
fortement liée au facteur altitude.
L’altitude détermine la précocité à la levée et à la floraison. Le diamètre des bulbes influe
positivement sur la croissance foliaire et la production en fleurs.
Quoiqu’il en soit le comportement au niveau des trois sites expérimentaux nous encourage
pour suivre nos investigations notamment à travers l’appréciation des caractères de
production (formation des bulbes).
Mots clés : Essai, Crocus sativus L., comportement phénotypique
ABSTRACT
In spite of the climatic aridity and the agro-pedologic constraints (salinity of the ground and
water, high evapotranspiration....), the local populations could develop with the wire of the
time of the durable agricultural systems, such as the system oasien with the three layers; the
intercalated date palm, arboriculture and cultures of which aromatics, medicinal and
aromatic.
However, they know a certain decline for several socio-economic and environmental reasons
(agricultural change, rural migration, and dryness.).
In fact new introduced systems of agricultural production allowed an improvement
desdiverses productions and consequently the provisioning of the market.
However, are at the origin of the exacerbation of certain environmental constraints in
particular the salinity of the grounds and water.
In the context of the climatic reheating it is of primary importance to find alternatives
combining productivity and durability of the agrosystèmes.
The test of the culture of the saffron in area arid and semi arid falls under this vision of
durable development. The test is installed in three stations of references. Those were
selected on the basis of difference in altitude in Ziban and Aurès.
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Indeed, the results of this study show that phenologic variability is very strongly related to the
factor altitude.
Altitude determines precocity with the lifting and flowering. The diameter of the bulbs
influences positively the foliar growth and the production in flowers.
Though it is the behavior on the level of the three experimental sites encourages us to follow
our investigations in particular through the appreciation of the characters of production
(formation of the bulbs).
Key words: Test, Crocus sativus L., phenotypical behavior
I. INTRODUCTION
L’histoire des plantes aromatiques et En outre, sa culture est pluriannuelle, peu
médicinales est associée à celle des exigeante en superficie et en intrants
civilisations. En effet, l’histoire des chimiques, par comparaison aux autres
peuples à travers les régions du monde spéculations. Egalement, sa pratique peut
atteste que ces plantes ont toujours occupé contribuer à la mise en valeur de terre en
une place importante en médecine, dans la régions arides et semi arides et son
composition des parfums et dans les développement s’inscrit dans la stratégie
préparations culinaires (LAFFITTE, 1999 ; de développement durable.
VIAL, 1998 ; TEUSCHER et al., 2005). La présente étude s’inscrit dans cette
Le safran (Crocus sativus L.) appartient à vision. La première étape consiste en des
la famille des iridacées. Il se caractérise essais expérimentaux dans les Ziban et les
par des stigmates de la fleur du bulbe. Il est Aures (Est Algérien). Les paramètres
employé comme condiment, colorant et considérés couvrent des caractères
possède des effets significatifs d'anti- morphologiques (les stades phénologiques,
prolifération sur les cellules humaines du et les composantes du rendement en
cancer colorectal (AUNG et al., 2007) et stigmates sec).
de l’estomac (AL MOFLEH et al., 2006). II. MATERIELS ET METHODES
C’est un anti-hyperglycemiant 1. Région d’étude
(KIANBAKHT, 2008), mais il peut L’essai est réalisé dans trois sites
devenir narcotique à haute dose expérimentaux (fig.01) à savoir :
(BREMNESS, 2002). - le terroir de Chanawra (T’kout) qui
Le safran est une épice rare d’une grande appartient à l’étage bioclimatique semi-
valeur commerciale (AIT OUBAHOU ET aride; Altitude: 1051m. Latitude :
AL OTMANI, 2002). On estime que 35°09’42, 6’’N. Longitude : 006°20’04,
75.000 fleurs ou 225.000 stigmas triés à la 9’’E;
main sont nécessaires pour faire une seule - le terroir d’El Kantara qui appartient à
livre de safran, ceci explique en partie son l’étage bioclimatique aride; Altitude:
prix sur le marché (AYTEKIN ET 468m. Latitude : 35°11’31’’N. Longitude :
ACIKGOZ, 2008). En effet, son prix 10 005°40’43,2’’E;
fois plus élevé que celui de la vanille et 50 - le terroir d’El Outaya à l’étage
fois que de la cardamome (KOTHE, 2007), bioclimatique aride; Altitude : 203m.
fait de la culture du safran une ressource à Latitude : 34°55’36.3’’ N. Longitude :
haute valeur ajoutée permettant la création 005°38’54.0’’ E;
d’emplois et l’amélioration du revenu
familial, notamment, en zones rurales.
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Altitude: 468m.
Latitude : 35°11’31’’N.
Longitude : 005°40’43,2’’E.
Altitude: 1051m.
Altitude : 203m. Latitude : N: 35°09’42, 6’’N.
Latitude : 34°55’36.3’’ N.
Longitude : 005°38’54.0’’ E. Longitude : 006°20’04, 9’’E
Figure 01 : Localisation des sites expérimentaux (CRSTRA, 2010)
2. Matériel végétal
calcaire, une salinité plus élevée à El
Le safran est une plante pluriannuelle. Les Outaya de l’ordre de 1.31 g/l, le sol au
bulbes sont mis en place depuis la niveau de la parcelle de T’kout est le plus
campagne 2010, leur diamètre varie entre riche en matière organique (Tableau 01).
2,55 à 2,62 cm (tableau 2, figure 3). Ils Le taux de calcaire est très élevé dans les
sont pré-conditionnés dans un réfrigérateur trois sites, toutefois ce paramètre ne
à 3.5°C pendant 56 jours. semble pas être une contrainte pour la
1. Caractérisation physico-chimique du sol culture du safran qui tolère des sols
Les sols des parcelles d’essai sont contenantjusqu’à 20 % de calcaire
caractérisés par une forte teneur en (DEVANT, 2008).
Tableau 01 : Caractérisation physico-chimique du sol de trois sites expérimentaux.
CaCo CaCo
salinité MO
pH 3 % 3%
g/l (%)
(Total) (Active)
El Outaya 8,28 1,31 43,8 21,5 1.5
El Kantara 7,94 0,92 50 20 2.35
T’kout 8,25 0,26 73,3 45,75 3.59
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2. Mise en place de l’essai 3. Les paramètres suivis sont :
Chaque parcelle élémentaire de 3m x 3m de Première année de culture
surface est divisée en trois billons de 70 cm - Le diamètre des bulbes (D) (mesuré à l’aide
de distance. Les bulbes sont plantés entre le d’un pied à coulisse, figure 4).
sillon et le billon; soit 10 bulbes par billons - Le stade de levée (SL) (noté à 50% des
(30 bulbes par parcelle) à une profondeur de bulbes de levés).
10 cm et espacées d’une distance de 15 cm. - Nombre de bourgeons (NB1) (Nombre
La proportion de fumier d’ovin apportée est moyen de bourgeons émis par plant).
de 40 kg par parcelle (fig. 02). Le semis est - La hauteur des feuilles d’un bourgeon initial
effectué le 03 Octobre 2010. (HF1) (les feuilles du premier bourgeon
Le safran étant une culture peu exigeante en émis ont été mesurés à l’aide d’une règle
eau, les quantités d’eau administrées sont graduée le 2 Février 2011).
peu importantes et uniquement en cas de - Le cycle végétatif (CV1) correspond au
nécessité, c’est à dire lorsque le sol présente nombre moyen de jours entre le semis et le
une très faible humidité. Ceci dépend des dessèchement des plants.
conditions climatiques et de la texture du sol - stade de dormance (SD) (nombre moyen de
dans les sites expérimentaux. jours entre la levée et la fin de cycle
Le désherbage manuel est effectué dès végétatif).
l’apparition de mauvaises herbes Deuxième année de culture
accompagné d’un léger binage. Un seul - Date d’apparition de la première fleur (1F)
amendement en matière organique sous (noté à l’apparition de la première fleur par
forme de fumier ovin, a ligne).
été apporté lors de la période de dormance - Pleine floraison (PF) (noté à 50 % des plants
au mois de Juin. fleuris)
- Date d’apparition de la dernière fleur (DF)
(noté à l’apparition de la dernière fleur par
ligne).
- Etalement de la floraison (EF) (la durée
entre la date d’apparition de la première et
de la dernière fleur)
- Nombre de fleurs par plant (NFP) (effectif
des fleurs par plant)
- Poids en grammes d’un stigmate sec par
fleur (PSSF)
- Rendement en stigmates sec (kg/ha) (RSS).
- La hauteur des feuilles (HF2) : noté le 12
Figure 02 : schéma de la parcelle
Janvier 2012
expérimentale (CRSTRA 2011) - Le cycle végétatif (CV2) (le nombre moyen
de jours entre la levée et le dessèchement
des feuilles).
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Figure 03 : Le Crocus sativus L., 1. Bulbe, 2.Plante entière au stade floraison, 3. Plante entière au
stade végétatif, 4 et Stigmate, composition de la fleur (Photos CRSTRA).
Traitements statistiques des données - La hauteur des feuilles mesurée après 26
Pour l’ensemble des paramètres mesurés, semaines du semis est de 26,01 cm, pour
la comparaison des moyennes entre les le site de T’Kout, 35,22 cm pour El
plants de trois sites a été réalisée à l’aide Kantara, et 26.69 cm pour El Outaya.
du logiciel MINITAB 13. Lorsque des - Le cycle végétatif le plus élevé est
différences apparaissent, nous faisons une enregistré pour les plants de T’Kout avec
comparaison multiple des moyennes à 204 jours et le plus faible pour le site d’El
l'aide du test NEWMAN ET KEULS au Outaya avec 181,33 jours.
seuil de 5%. La corrélation entre les Les caractères mesurés durant la deuxième
variables et l’analyse en composantes année de l’essai présentent une variabilité
principales ont été étudiées par le logiciel remarquable entre les plants des trois sites
(STATISTICA). expérimentaux à l’exception du paramètre
III. RESULTATS plein floraison (tableau 2).
1. Analyse de la variance - L’avancement de la fin de cycle végétatif
L’analyse de la variance relative à la et la tardivité de la levée lnduit un stade
première année de culture (tableau 2) dormance plus étalé à El Outaya.
montre que, les moyennes du diamètre des - L’apparition de la première fleur est
bulbes et des bourgeons par plant sont enregistrée dans le site de T’kout le 08
homogènes. Par contre le stade de levée, la Novembre, suivi par le site d’El Kantara le
hauteur des feuilles, le cycle végétatif, le 12 Novembre et celui d’El Outaya le 23
stade de dormance sont hétérogènes entre Novembre.
les trois sites expérimentaux. Le - La pleine floraison est notée le 11
pourcentage de levée des bulbes semés est Novembre à T’kout et le 18 Novembre à El
de 100% dans touts les cas. Kantara.
- A T’kout, le nombre moyen de jours - L’apparition de la dernière fleur est noté le
entre le semis et la levée est faible, à 25 Novembre à El Outaya, le 29 Novembre
l’inverse d’El Outaya. à El kantara et le 21 Novembre chez le site
- Le nombre moyen de bourgeons émis par de T’kout.
plant est de 6.
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- La durée entre l’apparition de la première plus faible est relevé à El Kantara et la
et la dernière fleur varie entre un jour à El valeur intermédiaire est marquée par les
Outaya, 14 jours à T’kout et 17 jours à El plants de T’kout.
Kantara. - Le site d’El Kantara est plus productif en
- Le safran d’El Kantara a produit un stigmates sec (0.78 kg/ha). A El Outaya le
nombre moyen de fleurs important (7.1 rendement est assez faible (0.10 kg/ ha).
fleurs /plant), le safran de T’kout a donnée - Le site de T’kout qui se caractérise par un
1.7 fleurs/plant. Alors que le safran d’El cycle végétatif long et feuilles courtes,
Outaya a produit un nombre moyen très produit beaucoup de bourgeons, quand au
faible soit 0.1 fleurs/ plant. site d’El Outaya, il se caractérise par un
- Le poids moyen des stigmates sec par plant cycle court avec un nombre faible de
le plus provient des plants d’El Outaya, le bourgeons.
Tableau 02. Analyse de variance pour l’ensemble des paramètres
Paramètres El Outaya El Kantara T’Kout F Signification
M 2.55 2.62 2.6
D 0.79 N.S
E.T 0.23 0.20 2.23
M 41.67a 32b 29.33b
SL 7.95 S*
E.T 6.50 00 2.31
M 5.67 5.97 6.2
NB1 0.66 N.S
E.T 1.71 1.88 1.81
M 26.69b 35.22a 26.01b
HF1 37.84 THS***
E.T 5.55 4.03 3.95
M 181.33c 189.67b 204.00a
CV1 57.24 THS***
E.T 3.97 1.53 2.00
M 220.33a 190.67b 172.33c
SD 220.01 THS***
E.T 3.06 1.53 3.51
M 17b 24a 23.33a
1F 19.42 HS**
E.T 1.41 1.00 1.528
M 18 26.67 26.33
PF 5.39 N.S
E.T 0.00 3.51 5.13
M 18c 41.00a 37b
FF 24.48 HS**
E.T 0.00 2.65 5.29
M 1c 17a 14b
EF 13.26 HS**
E.T 1.41 1.73 5.2
M 0.1c 7.17a 1.7b
NFP 64.84 THS***
E.T 0.30 4.02 1.63
M 0.00467a 0.00323b 0.00256c
PSSF 13.88 HS**
E.T 0.0030 0.0015 0.00722
M 0.10b 0.78a 0.15b
RSS 98.62 THS***
E.T 0.09101 0.05600 0.04109
M 11.2b 11.93ab 17.17a
NB2 10.70 THS***
E.T 4.1 3.59 7.71
M 25.24ab 37.67a 22.54c
HF2 85.26 THS***
E.T 4.01 5.23 4.77
M 153.33c 185.33b 189.33a
CV2 584 THS***
E.T 1.15 1.53 1.53
*, **, *** : signification à 5% ; M: moyenne ; E.T: écart type ; F : test de Fischer observé.
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2. Matrice de corrélation
Des corrélations très hautement cycle végétatif en première et en deuxième
significatives ont notées entre : année et le nombre de fleurs par plant,
• l’altitude et le cycle végétatif en mais ils sont corrélés négativement avec le
première année. stade levée, le stade dormance, et le poids
• la hauteur des feuilles en première et moyen des stigmates sec par plant.
en deuxième année et le rendement en Le nombre moyen de fleurs par plant est
stigmates sec. corrélé positivement avec la hauteur des
• Le stade dormance et le poids moyen plants en première année.Le rendement en
des stigmates sec par plant. stigmates sec est corrélé positivement
• la date d’apparition de la première et avec le diamètre des bulbes et le nombre
deuxième fleur, la pleine floraison et de fleurs par plants.Le nombre de
l’étalement de la floraison. Ces caractères bourgeons en deuxième année est corrélé
sont corrélés positivement avec l’altitude, positivement avec le nombre de bourgeons
le diamètre des bulbes, le nombre de en première année et le cycle végétatif en
bourgeons par plant en première année, le première et deuxième année.
Tableau 03 : Matrice de corrélation
A D SL NB1 HF1 CV1 SD 1F PF DF EF NFP PSSF RSS NB2 HF2 CV2
A 1,00
D 0,53 1,00
- -
SL 1,00
0,86 0,88
-
NB1 0,96 0,75 1,00
0,97
- -
HF1 0,67 0,01 1,00
0,28 0,25
- -
CV1 1,00 0,58 0,97 1,00
0,89 0,22
- - - - -
SD 0,98 1,00
0,94 0,78 1,00 0,07 0,96
- -
1F 0,68 0,98 0,86 0,52 0,72 1,00
0,96 0,89
- -
PF 0,72 0,97 0,89 0,47 0,76 1,00 1,00
0,97 0,91
- -
DF 0,62 0,99 0,82 0,58 0,67 1,00 0,99 1,00
0,93 0,85
- -
EF 0,61 0,99 0,81 0,59 0,66 1,00 0,99 1,00 1,00
0,93 0,84
- -
NFP 0,00 0,85 0,29 0,96 0,07 0,74 0,70 0,79 0,79 1,00
0,51 0,35
- - - - - - - - - -
PSSF 0,99 1,00 1,00
0,91 0,83 0,99 0,14 0,94 0,92 0,94 0,89 0,88 0,41
- - - -
RSS 0,60 1,00 0,02 0,44 0,39 0,51 0,52 0,93 -0,05 1,00
0,36 0,16 0,08 0,30
- - - - -
NB2 0,98 0,35 0,88 0,97 0,52 0,57 0,46 0,44 -0,81 1,00
0,75 0,46 0,85 0,19 0,54
- - - - - -
HF2 0,63 1,00 0,47 0,42 0,53 0,54 0,94 -0,08 1,00 1,00
0,33 0,19 0,05 0,27 0,01 0,51
- -
CV2 0,80 0,93 0,94 0,35 0,84 0,98 0,99 0,97 0,96 0,60 -0,98 0,26 0,67 0,29 1,00
0,99 0,96
Les corrélations en gras et en italique sont significatives à p < 0,05 (DDL= 4).
CRSTRA -24 -
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3. Analyse en composantes principales
Le plan factoriel 1-2 de l’analyse en
composante principale fournit 100%
d’information (Fig. 03).
Figure 05 : Projection des individus sur le
plan factoriel (1*2).
IV. DISCUSSION
1. Analyse de la variance Bien que, le
diamètre des bulbes utilisés (2,59 cm) est
Figure 04 : Projection des variables sur le faible comparé à celui mentionné par la
plan factoriel (1*2). FAO (2010) (3cm), le pourcentage de
levée enrégistrée (100%) indique la bonne
L’axe 1 est déterminé positivement par le
qualité de la semence utilisée.
stade de levée, le stade de dormance et le
Le stade de levée est plus précoce dans le
poids moyen des stigmates sec par plant, et
terroir de T’kout à haute altitude (1051m),
négativement par le cycle végétatif, le
confirme l’exigence de la culture en
nombre des bourgeons en première et en
altitude estimée entre 650 et 1200 m (AIT
deuxième année, l’altitude, le nombre de
OUBAHOU ET AL OTMANI, 2002).
feuilles, le diamètre des bulbes,
Le stade de levée estimé à 5 semaines
l’apparition de la première et de la dernière
environ semble indiquer une certaine
fleur, la pleine floraison et l’étalement de
précocité par rapport aux données de la
la floraison.
FAO (2010). Cette précocité du stade de
levée semble être en relation avec les
L’axe 2 est déterminé positivement par la
conditions biophysiques du milieu
hauteur des feuilles en première et en
(température, altitude, pluviométrie.
deuxième année le rendement moyen en
La durée du cycle végétatif est plus
stigmates sec et le nombre de fleurs par
imortant à T’kout par comparaison aux
plant.
autres sites expérimentaux et notamment le
site d’El Outaya dans ce dernier cas. Ceci
Selon le nuage des individus projetés sur le
semble lié à l’etalement des périodes de
plan formé par l’axe 1 et l’axe 2, nous
chaleur.
remarquons que les trois sites sont
L’absence de floraison au cours de la
complètement différents l’un de l’autre
première année semble ordinaire chez le
selon trois groupes. Le groupe 1 situé dans
safran pour des besoins d’acclimatation.
le sens négatif de l’axe 1et 2 est formé par
En effet, certains experts de la safranière,
le site de T’kout. Le groupe 2 situé dans le
signalent que la première année de la
sens positif de l’axe 2 provient du site d’El
plantation dans de nouveaux endroits est
kantara. Le groupe 3 dans le sens positif
considérée comme une année
de l’axe 1 correspond au site d’ElOutaya.
d’acclimatation où le plant ne fleurit pas
(Fig. 05).
(LAZERAT, 2011).
CRSTRA -25 -
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L’apparition de la première fleur est Maroc (USAID, 2006). ILBERT (2005), a
relevée d'abord au niveau du site de T’kout signalé que, les productions de safran
le 8 Novembre, suivi par celui d’El enregistrées indiquent une grande
Kantara le 12 Novembre et celui d’El variabilité entre années donnant lieu à des
Outaya le 23 Novembre. rendements variant entre 1.19 et 4.42
Au Maroc, la floraison commence durant kg/ha.
la dernière semaine du mois d’octobre. En La faiblesse de la production est due aussi
effet, les températures basses et l’humidité à la conduite traditionnelle avec des
du sol favorisent le départ en floraison et techniques de production peu performantes
l’inverse si le climat est sec et les et défaillantes en termes quelques raisons :
températures élevées (AIT-OUBAHOU, - la qualité des bulbes
2009). - la densité et mode de plantation
La pleine floraison est notée le 11 - la date de plantation
Novembre à T’kout et le 18 Novembre à El - l’irrigation gravitaire généralisée
Kantara. Alors qu‘au Maroc, la floraison dans le secteur traditionnel
est concentrée entre le 28 Octobre et le 1 - la pratique partielle du désherbage
Novembre pour les zones de basses et - l’appauvrissement de la fertilité
moyennes altitudes et entre le 18 et le 27 des sols
Octobre pour les zones plus froides de - l’étroitesse et au morcellement des
haute altitude (FAO, 2009). parcelles
Le nombre moyen de jours entre - aux attaques par les rongeurs et les
l’apparition de la première fleur et la lièvres
dernière fleur chez le site d’El Kantara est - et, surtout, à la sécheresse qui est
de (17 jours), il est plus court par rapport à responsable du dessèchement de
la durée de floraison dans la région de nombreux cours d’eau (AIT-
Taliouine-Taznakht, (24 jours), avec une OUBAHOU, 2009).
durée plus courte (19 jours) en zone de 2. Matrice de corrélation
haute altitude caractérisée par des Lorsque l’altitude est haute, le nombre de
températures plus basses (FAO, 2009). bourgeons est important, le cycle végétatif
Le nombre de fleurs (1,7 et 7,17) est long et la floraison est plus avancée.
respectivement à Kantara et à T’kout est Par contre la levée est précoce, le stade
similaire avec le nombre de fleurs noté par dormance est court et le poids moyen des
DEVANT (2008) concernant un bulbe en stigmates sec par plant est faible.
première année 1à 3 fleurs. Les bulbes larges ont des feuilles longues
Le poids sec d’un stigmate le plus élevé est et ils sont plus productifs en fleurs et en
enrégistré par les plants d’El Outaya, suivi stigmates.
par El Kantara et puis T’kout. Par contre le 3. Analyse en composantes principales
rendement en stigmates sec par parcelle et Le groupe 3 formé par le site d’El Outaya,
par hectare est donné par le site d’El se caractérise par une levée tardive en
Kantara avec 0.78 kg/ha. première et en deuxième année de suivi
La hauteur des feuilles de site d’El avec un poids moyen en stigmates sec par
Kantara est plus longue que dans les autres plant important, le site d’El Kantara
sites. déterminé par le groupe 2 se distingue par
Le rendement moyen en stigmates secs les feuilles longues, des fleurs nombreuses
déclaré par les agriculteurs de Taliouine- et par un rendement élevé.
Taznakht varie de 1,3 kg en première Le groupe 1 formé par le site de T’kout à
année à 6,1 kg/ha en 3ème année de culture forte altitude se différencie par le nombre
(FAO, 2009), des productions dépassant 8 de bourgeons important, le cycle végétatif
Kg/ha ont été enregistrées au niveau de long et la précocité à la floraison.
certaines safranières bien conduites au
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Journal Algérien des Régions Arides N° Spécial 2013
CONCLUSION
Les résultats relatifs à l’essai de la culture de safran en régions arides et semi arides mettent
en évidence l’importance de l’altitude qui détermine la précocité à la levée, à la floraison et
l’avancement du cycle végétatif La productivité en masse verte, en fleurs et en stigmates est
positivement reliée au diamètre des bulbes.
Sur la base de l’ACP, le safran présente un cycle long, le nombre de bourgeons le plus
important et la précocité à la levée et à la floraison sur le site de T’kout. Celui de site d’El
Kantara semble favoriser la croissance foliaire et la productivité en fleurs et en stigmates,
alors qu’une levée tardive, une dormance longue des bulbes et le poids des stigmates secs
élevés caractérisent le site d’El Outaya où les sols sont particulièrement lourds.
Les résultats préélémentaire obtenus ex- situ concernant les caractères végétatifs étudiés,
notamment la levée, la floraison et le rendement moyen en stigmates secs particulièrement à
El Kantara favorisent le suivi du comportement de la culture sur plusieurs années.
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