PRESENTATION
L'eau dans le monde est en passe de devenir un des enjeux géopolitiques pour lequel
certains pays sont prêts à faire la guerre. Cette richesse est devenue rare même là où elle ne
l'était pas avant, à cause d'une série d'options incorrectes qui ont rompu l'équilibre hydrique de
vastes régions. Pour voir plus clair dans cette problématique, une analyse multidisciplinaire
s'impose d'elle-même. L'expérience montre que l'approche faite par un spécialiste est réduite à
un ou deux aspects et les solutions préconisées ne donnent souvent pas les résultats
escomptés.
Parmi les points dont il faut tenir compte, le volet qualité microbiologique et physico-
chimique des eaux doit être examiné avec beaucoup de soins.
Ce cours traite ces deux volets en détails et initie les techniciens à cette discipline qui
commence à intéresser les décideurs et même le grand public.
Dans sa vie professionnelle, le technicien sera confronté souvent à des problèmes
relatifs à la qualité des eaux : échantillonnage, analyses, dépouillement des résultats,
commentaires, etc., problèmes auxquels il doit trouver des solutions.
De plus, toutes les autres disciplines relatives à l’hydraulique telles que mécanique des
fluides, hydraulique générale, hydraulique souterraine, hydraulique à surface libre, à
l’hydrologéologie, et à l’hydrologie sont étroitement liées à ce thème et nécessitent une
connaissance parfaite des notions fondamentales de la microbiologie et de la physico-chimie
des eaux.
Dans les différents chapitres, l’aspect pédagogique est présenté de façon claire et
précise et des exemples viennent illustrer les différents points traités.
A la fin de chaque chapitre, un ou plusieurs exercices permettent au technicien de
vérifier sa compréhension de la matière.
Enfin, la liste des références bibliographiques établie à la fin de ce module constituera
pour le technicien un moyen non négligeable pour compléter sa formation dans ce domaine.
Ben Thayer Béchir 2005 1 ESIER Medjez El Bab
OBJECTIFS
Le présent module de microbiologie et chimie des eaux destinées à la consommation
humaine a pour objectifs de :
1. initier le technicien aux notions de microbiologie (essentiellement
bactériologie et virologie)
2. comprendre les comportements des microorganismes et leur évolution en
tenant compte des différents facteurs internes et externes.
3. identifier et caractériser les multiples paramètres physico-chimiques des eaux
4. s’habituer et assimiler les multiples techniques d’échantillonnage et d’analyses
microbiologiques et physico-chimiques de ces eaux.
5. étudier l’équilibre calco-carbonique d’une eau et prévoir ses évolutions
possibles.
6. caractériser, identifier et classer les eaux en tenant compte des volets
économique et juridique.
De ce fait, le technicien sera capable de mieux maîtriser la qualité d’une eau suite à un
bon échantillonnage, à une analyse adéquate et à une meilleure application de la
réglementation tunisienne en vigueur.
De plus, le technicien saura lire et comprendre une fiche d’analyses, donner son avis
sur la qualité de cette eau et conclure quant à sa potabilité.
Enfin, dans le cas où l’eau est non potable, les corrections nécessaires feront l’objet
d’un autre module intitulé « traitement des eaux destinées à la consommation humaine »
(module enseigné à l’Ecole Supérieure des Ingénieurs de l’Equipement Rural de Medjez El
Bab).
Ben Thayer Béchir 2005 2 ESIER Medjez El Bab
PRE-REQUIS
Pour une meilleure compréhension de ce module de microbiologie et chimie des eaux
destinées à la consommation humaine, il est indispensable d’avoir suivi les pré-requis
suivants :
- Module de chimie élémentaire
- Module de microbiologie générale
- Notions de base d’hydrogéologie
- Notions élémentaires d’écologie
Ben Thayer Béchir 2005 3 ESIER Medjez El Bab
AVANT PROPOS
Dans les temps modernes, l'eau constitue un élément essentiel non seulement du point
de vue de la santé publique, mais aussi pour ce qui est des possibilités de développement
économique.
A l'inverse de l'air, l'eau n'existe pas à tout moment en quantité et en qualité
précisément là ou elle est demandée. De la quantité totale de pluie tombée, une partie très
importante disparaît immédiatement par évaporation (plantes, surface de sol, surface de l'eau,
etc...), une autre s'écoule par ruissellement jusqu'aux oueds, un certain pourcentage alimente
les nappes souterraines ; de sorte que finalement la quantité d'eau utilisable par l'homme ne
représente qu'une fraction de ses ressources.
L'eau fait partie du patrimoine d'une région et quand ses gisements de minerais par
exemple sont presque épuisés, elle reste sa dernière richesse minérale.
Les Anciens avaient le culte de l'eau et chacun connaît les énormes travaux
d'adduction faits aussi bien par les Assyriens que par les Grecs, les carthaginois ou les
Romains.
Rome, du temps de César, comptait une dizaine d’aqueducs totalisant une longueur de
500 kilomètres mettant à la disposition de la ville 736 000 m3 d'eau par jour, soit pour une
population dépassant le million jusqu'à 670 litres par jour et par habitant, c'est à dire le triple
de la consommation actuelle dans la plupart des grandes villes modernes.
Au Moyen Age, le culte de l'eau disparut. Déjà à cette époque, la nécessité de protéger
les cours d’eaux était méconnue et jamais une voix ne s'est élevée pour protester ou remédier
à la pratique généralisée du "tout au cours d’eaux", alors qu'il est reconnu actuellement qu'il
s'agit là de la cause la plus évidente des épidémies.
Les cours d’eaux étaient considérés comme un vaste dépotoir et personne n'avait
trouvé anormal d'imposer à ces cours d'eau l'obligation de répondre à deux nécessités
contradictoires: assurer l'approvisionnement en eau potable et transporter les déchets résultant
de l'activité humaine.
A l'époque moderne, cependant, les regroupements humains deviennent plus
importants et plus compacts qu'au Moyen Age : la surface occupée par chacun d'eux
augmente et sur une même étendue de terrain se trouvent réunis un plus grand nombre
d'individus. Des causes de plus en plus graves d'insalubrité apparaissent, en face desquelles la
nature ne tarde pas à se montrer impuissante. Il faut alors lui venir en aide par des moyens
Ben Thayer Béchir 2005 4 ESIER Medjez El Bab
d'autant plus perfectionnés et plus complexes que les agglomérations sont plus denses et plus
étendues.
Un genre de vie nouveau s’instaure dans les grandes agglomérations dont
l'accroissement rapide soulève chaque jour des problèmes plus ardus et fait appel sans cesse à
de nouvelles études. Un des aspects de cette existence sophistiquée dans les grandes
agglomérations est représenté par la qualité des eaux naturelles. C’est cet aspect qui sera
étudié dans le présent cours.
Cette qualité concerne en effet l’ensemble du circuit d’eau, depuis la prise de l'eau
dans le cycle hydrologique normal, sa distribution aux fins multiples de l'activité humaine
jusqu’à sa restitution organisée au cycle naturel après utilisation.
Ben Thayer Béchir 2005 5 ESIER Medjez El Bab
INTRODUCTION
L'eau, source de vie par excellence, est une ressource naturelle dont nous usons,
abusons et qui viendra un jour à manquer si nous n'y prenons garde. En Europe, aux U.S.A et
dans les pays où un certain type de confort s'est généralisé grâce à l'essor du développement
industriel, l'or bleu coule du robinet au gré de l’insouciance de son utilisateur. Pourtant, avant
d'y parvenir, cette eau tant sollicitée a parcouru un grand nombre de chemins et a subi une
multitude de transformations.
L’eau souterraine est dans un premier temps extraite des puits ou captée dans des
forages creusés dans le sous-so1. Plus rarement, le captage peut se faire au griffon des sources
ou encore dans les eaux de surface (cours d'eau, lacs naturels ou artificiels).
L'eau doit ensuite être acheminée vers les centres de traitement à travers des
canalisations souterraines qui doivent faire l'objet de nombreux contrôles afin de s'assurer de
leur étanchéité et aussi de leur vieillissement.
En raison des problèmes de pollutions ponctuelles ou diffuses que nous connaissons
actuellement, l'eau brute doit encore subir un traitement plus ou moins coûteux pour répondre
aux normes légales de potabilité. Le traitement des eaux de surface est généralement plus
complexe et donc plus onéreux que celui des eaux souterraines.
Il n'est pas aisé de donner une définition scientifique de l'eau potable. La seule
définition rigoureuse admise actuellement est un concept juridique basé sur une cinquantaine
de paramètres microbiologiques et physico-chimiques. Le législateur fixe les paramètres de
potabilité qui peuvent différer d'un pays à l'autre. C'est ainsi qu'une eau déclarée potable en
Europe peut ne pas l'être en Tunisie. De plus, ces critères sont périodiquement révisés, bien
souvent dans le sens d'une baisse de qualité. De telles modifications sont justifiées par le
réalisme qui limite la qualité aux possibilités d'approvisionnement au départ des sources plus
ou moins polluées, mais disponibles et ne nécessitant pas de traitements trop coûteux. Elles
sont également justifiées par l'évolution des techniques analytiques et de l'évaluation des
risques réels encourus pour la santé du public.
Il ne faut pas perdre de vue que le concept légal de conformité ou de potabilité n'est
d'application que pour l'eau destinée à la consommation humaine et distribuée par réseau ou
mise à la disposition de tous. En Tunisie, la responsabilité légale de la SO.N.E.D.E. s'arrête à
la sortie du compteur d'eau. De ce fait, l'eau mise à la disposition du consommateur peut ne
pas être légalement potable suite à des altérations dans les tuyauteries domestiques ou par le
Ben Thayer Béchir 2005 6 ESIER Medjez El Bab
simple fait que les conditions d’utilisation ne sont pas stériles. Dans la pratique quotidienne,
il est donc rare que nous consommions de l'eau conforme aux normes légales de potabilité.
Cette mise au point est importante afin d'écarter la confusion possible entre l'eau
légalement potable et l'eau de boisson quotidienne que nous croyons potable. Il serait donc
erroné de croire qu'une eau qui n'est pas légalement potable est à coup sûr impropre à la
consommation.
En ce qui concerne la conformité microbiologique, on peut même pousser ce
raisonnement plus loin, sachant que les critères de conformité ont été fixés en fonction des
techniques courantes de traitements de potabilisation. De ce fait, il est extrêmement difficile
d'obtenir la conformité microbiologique pour une eau non désinfectée.
On oublie souvent que le concept légal de potabilité a été créé suite à la généralisation
des réseaux publics de distribution d'eau. Le souci du législateur était de répondre à un besoin
par une option technique où la désinfection par des traitements oxydants est incontournable.
Un nouveau système d’approvisionnement complètement décentralisé nécessiterait sans
aucun doute la mise en place d'autres critères de conformité en raison des techniques
différentes de conditionnement.
Dans le présent module, nous présentons la théorie et les pratiques auxquelles
recourent le plus souvent les gestionnaires de la qualité des eaux.
Ce module est scindé en deux grandes parties : microbiologie des eaux et physico-
chimie des eaux.
Dans les six chapitres qui composent la première partie, nous étudions en premier lieu
la structure, la culture et le comportement des bactéries et des virus. En second, nous
énumérons les principaux microorganismes présents dans l’eau.
Par la suite, nous développons les différentes techniques d’échantillonnage et
d’analyses microbiologiques des eaux.
Enfin, dans le chapitre concernant les germes témoins de contamination fécale, nous
procédons à la définition de ces germes, des critères de leurs choix et leurs techniques
d’analyses.
Ben Thayer Béchir 2005 7 ESIER Medjez El Bab
Dans la deuxième partie, nous nous intéressons au volet qualité physico-chimique des
eaux de boisson. Après un rappel des principales notions de chimie des eaux, nous relatons
tous les paramètres physico-chimiques, leurs utilités, leurs techniques d’analyses et leurs
normes.
Le dernier chapitre est consacré à l’équilibre calco-carbonique des eaux et à l’évolution de cet
équilibre vis-à-vis des différents facteurs de qualité.
Tout au long de ce cours, des exemples pratiques sont proposés et des exercices
viennent compléter la formation des techniciens dans ce domaine.
Ben Thayer Béchir 2005 8 ESIER Medjez El Bab
Chapitre 1 : HISTORIQUE DE LA MICROBIOLOGIE
1-1: INTRODUCTION :
La microbiologie est une science dont le début remonte au 17 éme siècle. Le hollandais
Antonie Van LEEUWENHOEK, successivement drapier puis fabricant de loupes, se mit à 41
ans à étudier le monde microscopique, (1673), et publia ses résultats dans plus de 200 lettres
adressées à la "Royal Society" de Londres.
Ainsi découvrit-i1 en autres choses, les globules rouges, les spermatozoïdes, la
circulation capillaire et une foule de micro-organismes : protozoaires, vers, algues et
bactéries.
Au 18ème siècle, en France, JOBLOT confirme l'existence des protozoaires, en
Allemagne, MULLER celle des bactéries. Ce dernier en décrit un certain nombre et les classe
en genres et espèces, suivant la nomenclature linnéenne binomiale (1773 et 1789).
LEEUWENHOEK avait vu, dans la bière, des «analogues aux globules du sang». Mais,
il n'en avait pas compris la signification et c ’est seulement au 19ème siècle que Charles
GAGNIARD-LATOUR, (1836), ingénieur français, a décrit la levure de bière et mis en
évidence son rôle dans la fermentation. Il écrivait en effet que ces globules sont des
organismes vivants, probablement du règne végétal, car dépourvus de mouvements actifs, qui
se multiplient par bourgeonnement et qui transforment le sucre (glucose) en alcool et gaz
carbonique par "activité vitale".
A noter que LAVOISIER, (1789), avait décrit la fermentation alcoolique comme un
processus purement chimique mais, pour le déclenchement duquel il fallait au départ un peu
de levure de bière.
Indépendamment de GAGNIARD-LATOUR, en Allemagne :
- SCHWANN décrivait aussi la levure comme une petite plante, montrait sa
sensibilité à la chaleur, à des produits chimiques et le fait qu'au cours de la
fermentation le poids de levure s'accroît.
- KUTZING redécrivit la levure de bière et décrivit aussi les micro-organismes dans
la mère de vinaigre et dans des infusions de plantes.
Mais la notion de nature biologique des ferments a été loin de s'imposer tout de suite.
Ben Thayer Béchir 2005 9 ESIER Medjez El Bab
Elle a rencontré une grande opposition et des controverses importantes ont eu lieu.
Les partisans de la nature chimique pure des processus fermentaires étaient
BERZELIUS, WOHLER et surtout LIEBIG.
C'est alors que Louis PASTEUR a commencé à faire connaître les résultats de ses
travaux de recherche :
1848 : Cristaux.
1857-1877 : fermentations, générations dites spontanées, fermentation alcoolique, vinaigre et
maladie du vin.
1865-1870 : Choléra des poules : cultures vieilles, germe atténué.
1885 : Charbon (Pouilly Le Fort) : (24 moutons vaccinés plus 6 vaches et une chèvre et 24
témoins). Injection d'épreuves : tous les témoins meurent et aucune action chez les vaccinés.
Rage : vaccin humain, mis au point sans connaître le germe lui même.
Puis, c’est le développement de l'immunologie, science nouvelle, conséquence des
progrès de la microbiologie.
Parallèlement aux travaux de Pasteur, en Allemagne, Robert KOCH fit connaître
également ses principaux travaux (1876) :
- Fixation et coloration des bactéries.
- Isolement des germes (gélatine, puis gélose).
- Découverte du BK, vibrion du choléra, etc.
PETRI, élève de KOCH (1887), invente la boite qui porte toujours son nom.
Mme HESSE, femme d'un collaborateur de KOCH, invente la gélose (Agar-Agar).
En 1882, METCHNIKOV découvre la phagocytose, base de l'immunité cellulaire
(déjà entrevue par KOCH). Il pensait que la phagocytose était le seul mécanisme d'immunité
naturelle et acquise.
Immunité : Ensemble des processus de défense de l'organisme contre les agressions
extérieures et notamment les infections.
Phagocytose : Le fait que les globules blancs entourent tout ce qui est externe à l'organisme et
essaient de le détruire.
Ben Thayer Béchir 2005 10 ESIER Medjez El Bab
Par la suite, il y eut une série de découvertes plus spécifiques :
1889 : ROUX (élève de Pasteur) découvre la toxine du bacille diphtérique.
1890 : BEHRING : sérothérapie - tétanos et diphtérie.
ROUX développe la sérothérapie (sérum du cheval).
1886 : SALMON et SMITH (U.S.A) : Vaccination par germes tués (chaleur) (choléra du
porc).
1922 : RAMON: anatoxines.
La virologie débute en 1892.
IVANOVSKIY, puis BEIJERYNCK découvrent le caractère filtrant de l'agent de la mosaïque
du tabac, d'où le terme d'ultravirus ou virus filtrant, puis « virus » tout court.
Les grandes étapes sont :
1892 : FROSCH et LOFFLER: fièvre aphteuse.
1898 : Myxome de SANARELLI
1911: Sarcome de ROUX
1917: d’HERELLE et le bactériophage.
1935 : STANLEY : cristallisation du virus de la mosaïque du tabac.
1936 : Vaccin anti-amaril (THEILER).
1949-1951: Culture virus polio et vaccin (ENDERS et al.).
Remarque : Les virus sont différents des bactéries. Il n'existe pas d'intermédiaires entre les
deux
1-2 : TERMINOLOGIE :
a - Protiste (HAECKEI, 1866): désigne tous les organismes unicellulaires (ou pluricellulaires
sans différenciation).
Algues
Protozoaires
Champignons inférieurs
Bactéries
b – Microbe : terme général (SEDILLOT, 1878)
Ben Thayer Béchir 2005 11 ESIER Medjez El Bab
* pour certains: identique à protiste:
Bactéries
Protozoaires
Algues et champignons
* pour d'autres : bactéries et champignons inférieurs.
c - Virus : différent de protiste, différent de microbe
Ben Thayer Béchir 2005 12 ESIER Medjez El Bab
Chapitre 2 : STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE LA CELLULE BACTERIENNE
2-1 : STRUCTURE DE LA CELLULE BACTERIENNE :
2-1-1 : MORPHOLOGIE :
2- 1-1-1 : DIMENSIONS :
De l'ordre du micromètre (entre les virus et les protozoaires).
2-1-1-2 : FORME :
Elle est variable :
a/ Sphérique (pour les coques) : ils se groupent suivant leurs modes de divisions en :
diplocoques (flamme de bougie : pneumocoque, grain de café : gonocoque,
méningocoque)
chaînettes : streptocoques.
tétrades.
grappes : staphylocoques, sarcines.
b/ Cylindrique (forme allongée) : forme en bâtonnets.
soit bâtonnet droit : bacille. ex : entérobactéries (2 à 3 µm de long), Bacillus,...
soit bâtonnet incurvé en virgule : vibrion ex: choléra.
c/ Spiralée : forme moins fréquente : Corps hélicoïdal allongé ex: leptospires.
d/ Autres formes plus rares :
pédonculée (Caulobacter)
filamenteuse (Sphaerotilus).
mycélienne (ramifiée) ex: Mycobactéries
2-1-2- STRUCTURE PROPREMENT DITE :
La structure est connue grâce au microscope électronique. Successivement de
Ben Thayer Béchir 2005 13 ESIER Medjez El Bab
l'extérieur vers l’intérieur, on trouve:
Paroi : enveloppe rigide donnant la forme et la résistance (correspond à la membrane
squelettique des plantes).
Membrane cytoplasmique : enveloppe beaucoup plus mince et fragile.
Cytoplasme : assez homogène, contient des ribosomes (ARN) et des produits de
réserve.
Appareil nucléaire : dans le cytoplasme, aspect fibrillaire, réticulé (en réseau).
En plus de ces quatre éléments constants (sauf paroi parfois), on peut observer:
Une capsule : enveloppe périphérique plus ou moins développée.
Des cils ou flagelles : organes locomoteurs.
Des fimbriae ou pili : beaucoup plus petits, organes sexuels mâles (au moins pour
Escherichia Coli).
Des spores
2-2 : PHYSIOLOGIE DE LA CELLULE BACTERIENNE :
2-2-1 : DIVISION CELLULAIRE :
C'est habituellement la division binaire : scissiparité.
La bactérie s'allonge. Une invagination de la paroi apparaît au milieu. Elle s'accentue;
une paroi nouvelle se constitue et on aboutit à deux cellules identiques.
Durée : 20 minutes pour E. coli.
Le noyau, lui, se divise avant la cellule proprement dite (c'est pourquoi, on rencontre souvent
des bactéries multinuclées).
Ben Thayer Béchir 2005 14 ESIER Medjez El Bab
Remarque:
Bourgeonnement : Renflement qui naît de la cellule mère et augmente de taille jusqu'à ce
qu'elle devienne cellule fille qui se détache de la cellule mère ex: levures.
2-2-2 : NUTRITION ET CROISSANCE :
2-2-2-1: BESOINS NUTRITIFS :
H2O.
Source d'énergie
Source de carbone (C)
Source d'azote (N)
Eléments minéraux
Pour certaines bactéries, il faut en outre un ou des facteurs de croissance.
a/ H2O :
Nécessaire pour tous les êtres vivants.
b/ Source d'énergie :
I1 existe deux types de microorganismes :
phototrophes : qui utilisent l'énergie des radiations solaires.
chimiotrophes : qui utilisent l’énergie chimique
- Composés minéraux : organismes chimiolitotrophes
- Composés organiques : organismes chimioorganotrophes
Donc, il y a trois groupes : Les deux premiers correspondent aux anciens
"autotrophes", le troisième aux anciens " hétérotrophes".
NB : trophe : se nourrit.
c/ Source de carbone :
- CO2 suffit pour beaucoup (les anciens autotrophes).
- Glucides divers (les chimioorganotrophes)
Ben Thayer Béchir 2005 15 ESIER Medjez El Bab
Soit simples : alcool, acide acétique, acide lactique.
Soit plus complexes : sucres, polyholosides.
Certains, peu exigeants, peuvent utiliser plusieurs sucres.
D’autres, plus exigeants, n'utilisent que certains, ou même un seul ; ex : glycocolle.
d/ Source d'azote :
N2 suffit à quelques bactéries seulement (Rhizobium : bactéries des légumineuses).
Nitrites : quelques unes.
Nitrates : beaucoup
NH3 : quelques unes
Azote organique : R-NH2 : beaucoup
e/ S et P- Autres éléments :
S : sulfates et composés soufrés organiques.
P : phosphates minéraux.
Autres : Na, K, Mg, Cl, etc.
D’autres éléments (pour les enzymes principalement) : Fe, Ca, Co, Cu, Mn, Mo
(Molybdène), Va (Vanadium). Ce sont les oligoéléments.
f/ Facteurs de croissance :
Ils sont une nécessité pour certains microorganismes dits auxotrophes (ceux qui n’en
ont pas besoin: prototrophes).
Exemple: Milieux contenant du glucose (source de carbone), source d’azote et sels minéraux
E. coli se développe bien.
Proteus vulgaris ne se développe pas. Il lui faut de la nicotinamide (car il ne sait pas la
synthétiser, alors qu'E. coli sait le faire).
Donc, ne pas confondre facteur de croissance et métabolite essentiel.
Ben Thayer Béchir 2005 16 ESIER Medjez El Bab
Métabolite essentiel : Composé organique entrant dans une chaîne de biosynthèse et
indispensable au développement de l'organisme.
Facteur de croissance : Métabolite essentiel que l’organisme ne peut pas synthétiser
Les facteurs de croissance sont des acides aminés, des bases puriques et
pyrimidiques et des vitamines.
2-2-2-2- FACTEURS PHYSIQUES :
a/ Température :
germes :
mésophiles : se multiplient entre 20 et 45 °C (en particulier les pathogènes à 37 °C).
psychrophiles : se multiplient à basses températures : 0 °C, 4°C.
thermophiles : se multiplient à température supérieure à 45 °C.
b/ pH :
Pour la plupart, le pH optimal est compris entre 6,5 et 7,5
E. coli est tolérant : 4,4 < pH < 9
Thiobacilles : pH optimal = 2
Lactobacilles : pH = 6
Vibrions : pH optimal = 9
c/ Gaz : O2 surtout :
On distingue:
aérobies stricts.
Anaérobies facultatifs.
anaérobies stricts.
d/ Pression osmotique :
Les bactéries sont peu sensibles à ses variations (paroi). Mais, les bactéries
Ben Thayer Béchir 2005 17 ESIER Medjez El Bab
halophiles exigent Na Cl, au moins 10 g/l.
N.B : Halophiles : bactéries qui aiment le sel.
2-2-2-3: CROISSANCE :
Accroissement ordonné à tous les composants d'un organisme. Ici, synonyme de
multiplication.
a/ Mesure de la croissance :
Elle se fait par :
dénombrement (dilutions, ensemencement en milieu solide, puis compter les colonies).
mesure de la masse : mesure du poids sec, turbidimétrie.
mesure d'activité : on choisit par exemple l'acidification du glucose qui est proportionnelle à
la masse microbienne produite.
b/ Constantes caractéristiques de la croissance :
Il y en a deux :
- Le temps de génération :
Intervalle de temps entre deux divisions successives. Il est égal au temps nécessaire
pour le doublement d'une population.
Exemples :
E. coli : 20 minutes
M. tuberculosis: 800 minutes
- Le taux de croissance :
Nombre de divisions/temps (généralement 1 heure).
Exemples :
E. coli : 3/1=3
Ben Thayer Béchir 2005 18 ESIER Medjez El Bab
M. tuberculosis : 1/15 = 0,066 ou 1/13,3 = 0,075.
- La courbe de croissance
log nombre de bactéries
III
IV
II
I- phase de latence
II- phase exponentielle de
croissance
I III- phase stationnaire (maxi)
IV- phase de déclin
Temps (heure)
Exercice :
On vous donne ci-après la courbe de croissance de l’escherichia coli et ses quatre
phases de multiplication (I, II, III et IV) pour un milieu nutritif spécifique X.
Log nombre de bactéries
III
IV
II
Temps (heure)
Ben Thayer Béchir 2005 19 ESIER Medjez El Bab
a/ Décrire les quatre phases : I, II, III et IV.
b/ Que se passe -t-il si on ajoute du milieu nutritif X après un temps tA, tB ou tC ?
c/ Que se passe -t- il si on ajoute un autre milieu nutritif spécifique Y après un temps tA, tB
ou tC ?
d/ Que se passe – t – il on ajoute un milieu toxique à ces bactéries un temps tA, tB ou tC.
Ben Thayer Béchir 2005 20 ESIER Medjez El Bab
CHAPITRE 3 : GENERALITES SUR LES VIRUS
3-1- INTRODUCTION ET DEFINITION :
Le terme de virus a subi toute une évolution. En latin classique, il signifie "poison".
Au 19ème siècle, on l'employait dans le sens d’agent infectieux, responsable de maladies
transmissibles. C'est ainsi qu'on parlait du virus de la peste, du virus de la rage, etc.
Depuis cette date, plusieurs découvertes ont eu lieu, et actuellement, on peut définir les
principales propriétés du virus comme l'a fait P. LEPINE.
1. Nature particulaire et petite taille : 10 à 350 nm (mais des bactéries peuvent être plus
petites que les plus gros virus).
2. Parasitisme cellulaire obligatoire : absence de culture sur milieux bactériologiques
usuels.
3. Spécificité :
a- affinités cellulaires spécifiques
maladies particulières
aspect particulier des lésions cellulaires.
b- Possibilité de modification par mutation et sélection des mutans (comme les
bactéries).
En 1953, renonçant au critère de taille qu'il juge arbitraire et insuffisant, A. LWOFF
définit la particule virale, ou virion, de la manière suivante :
1. Le virus ne possède qu'un seul acide nucléique, qui est soit l'ADN, soit 1'ARN, jamais
les deux.
2. Il se reproduit uniquement à partir de son matériel génétique qui est précisément
l'acide nucléique.
3. Il est parasite absolu de la cellule car il ne possède pas dans son génome l'information
pour la synthèse des éléments nécessaires à la production de ses constituants. Il est donc
dépourvu de métabolisme.
4. Sa structure est définie et correspond à un certain type de symétrie : cubique,
Ben Thayer Béchir 2005 21 ESIER Medjez El Bab
hélicoïdale ou mixte.
Pour conclure, nous ferons deux remarques:
1- Il existe des virus :
des vertébrés (l'homme en particulier).
des invertébrés.
des végétaux
des bactéries (bactériophages)
2- Il n'existe pas d'intermédiaires entre bactéries et virus.
3-2- STRUCTURE DES VIRUS :
Les virus, tels que nous les avons définis, ne sont pas des organismes vivants complets.
Ils n'ont pas de cytoplasme, ni de noyau. Ce ne sont pas des cellules.
Ils sont constitués uniquement de deux parties fondamentales : l'acide nucléique et la
capside protéique, l'ensemble est entouré ou non d'une enveloppe.
1- L'acide nucléique : il constitue le génome viral. C'est, soit un ADN, soit un ARN.
2- La capside : Elle est constituée de structures protéiques. Elle possède un type de
symétrie:
soit cubique
soit hélicoïdale
parfois binaire
3-3- CULTURE DES VIRUS :
Impossible sur milieux in vitro.
1- Au début : emploi exclusif de l'animal, mais :
compliqué
coûteux
présentant des aléas et des dangers de contamination.
mécanisme de défense immunitaire.
2. Puis, à partir de 1935 : culture dans l'oeuf de poule embryonné :
Ben Thayer Béchir 2005 22 ESIER Medjez El Bab
commode.
efficace (pas de mécanisme de défense immunitaire)
Mais:
tous les virus ne s'y multiplient pas.
sujétion
3. Méthode moderne : cultures cellulaires.
pratique, techniques relativement simples.
plus efficaces encore que l’œuf : on peut choisir le système cellulaire en fonction du
virus à cultiver
Actuellement, ces cultures cellulaires ont remplacé entièrement les deux autres
méthodes, sauf cas particuliers.
Ceci est valable pour les virus des animaux (vertébrés et invertébrés), pas pour les
virus des végétaux, ni évidemment les bactériophages.
QUESTION :
Quelles sont les différences essentielles entre les virus et les bactéries ?
Ben Thayer Béchir 2005 23 ESIER Medjez El Bab
CHAPITRE 4 : LES MICROORGANISMES PATHOGENES DES EAUX
4-1 : GENERALITES :
La contamination de l'eau de boisson et de baignade (eau douce, eau de mer) par des
germes pathogènes pour l'homme représente un danger.
Cela peut provenir:
- de l’homme lui même : fécès
secrétions naso-pharyngées
- des animaux: fécès
urines
4-2: POLLUTION DES EAUX DOUCES :
4-2-1 : ENTEROBACTERIES:
4-2-1-1 : LES SALMONELLES :
a/ Quelques sérotypes adaptés à l'espèce humaine :
S. typhi → fièvre typhoïde (bacille d'Eberth).
S. paratyphi A : (Asie, Afrique), B (France) et C (plus rare).
Plus de 1000 autres existent, pouvant provoquer chez l'homme des phénomènes
morbides différents de la fièvre typhoïde, du type toxi-infection : gastro-entérite chez l'adulte
et chez l'enfant.
b/ Principaux sérotypes pouvant contaminer l'homme :
typhimurium (animaux divers)
enteritidis (animaux)
gallinarum (volailles)
anatum (chevaux)
Ben Thayer Béchir 2005 24 ESIER Medjez El Bab
meleagridis
La plupart de ces sérotypes sont présents dans les eaux usées urbaines. Leur
fréquence est en augmentation depuis 30 ans, en raison de:
- l'évolution du mode de vie (diffusion des aliments, élevage industriel des animaux).
- l'augmentation du nombre de porteurs de germes qui en résulte.
c/ Recherche des salmonelles :
Il faut des milieux spéciaux car :
- elles ne se multiplient pas dans l'eau,
- elles sont mélangées à une foule d'autres germes,
- en outre, présence de bactériophages.
d/ Les milieux de culture :
Ils sont :
- Milieu au sélénite de K
- Milieu au tetrathionate de Na
- Milieu DCL (désoxycholate-citrate-lactose) limite les saprophytes et surtout
Pseudomonas aeruginosa (qui gênent la croissance des salmonelles)
- Milieu Hektoën (le meilleur).
On aura d'autant plus de chances d'isoler des salmonelles de sérotypes différents
qu'on aura employé davantage de milieux sélectifs d’enrichissement, d'isolement, des
températures différentes, etc.
e/ Prélèvement :
- Soit ordinaire,
- soit par la méthode des gazes
f/ Technique :
* Si l'eau est claire: filtration sur membranes, ensemencement sur:
- bouillon sélénite
- bouillon tetrathionate
* Si l'eau est usée ou trouble:
Ben Thayer Béchir 2005 25 ESIER Medjez El Bab
- Soit concentration par lait d'alumine
- Soit méthode Leclerc: 3 tubes 10 ml + Milieu sélénite
3 tubes 1 ml + Milieu sélénite
3 tubes 0,1 ml + Milieu sélénite
Ce dernier souvent pousse mieux.
- Soit reconstituer le milieu avec un milieu sec + l'eau à étudier.
g/ Epidémiologie :
Transmission par l'eau : Etats - Unis: 1908 : 40 %
1940 - 1960: 1,9 %
Notion de dose minimale infectant: question difficile.
S. typhi: l germe suffit- il ? Oui pour certains.
Non pour d'autres.
Enfin, les salmonelles présentent 90 % des infections intestinales.
4-2-1-2 : SHIGELLA :
a/ Généralités :
Ce sont des entérobactéries immobiles.
Elles sont divisées en 4 sous groupes:
A - Shigella dysenteriae: Bacille de Shiga
*B - Shigella flexnerie (6 sérotypes)
C - Shigella boydii (11 sérotypes)
*D - Shigella Sonnei (2 biotypes)
(*) Fréquent en France : pas de grandes épidémies mais cas sporadiques (travailleurs
d'Afrique du Nord).
Elles sont plus fragiles que les salmonelles et sont plus difficiles à isoler.
b/ Techniques d'analyse :
On les isole sur un milieu d’isolement (se multiplient mal sur milieux
d'enrichissement).
Ben Thayer Béchir 2005 26 ESIER Medjez El Bab
La concentration des germes est possible par centrifugation.
Donc : ensemencement sur bouillon ordinaire ou sélénite.
Centrifugation et repiquage sur DCL.
c/ Clinique :
On n'observe plus le grand syndrome dysentérique classique, mais des toxi-
infections semblables à celles des autres entérobactéries.
4-2-1-3 : ESCHERICHIA COLI PATHOGENES :
Certains sérotypes:111B4, 55B5, 26B6.
Infections intestinales chez le nourrisson surtout.
Rôle de l'eau très réduit.
Fréquents dans les services hospitaliers (transmission manuelle, poussière).
4-2-2: STAPHYLOCOQUES :
La présence dans l'eau de staphylocoques pathogènes pose un problème dans les
piscines.
4-2-3: VIBRION CHOLERIQUE :
a/ Généralités:
Vibrio cholerae (ou V. comma).
Le choléra est une maladie endémique depuis longtemps.
Pour nous limiter aux deux derniers siècles:
1°) de 1877 à 1922 : on a observé 6 pandémies; le point de départ a été au Bengale.
2°) de 1922 à 1960 : régression, l'endémie se limite au Bengale.
3°) 1961: nouvelle pandémie, progressant vers l'ouest, origine : Célèbes.
En 1970, elle atteint le Bassin Méditerranéen et l'Afrique. Cette nouvelle pandémie est
due à une variante : C'est la souche EL TOR, beaucoup plus résistante. Le portage est plus
long, l'épidémie suit les lignes d'eau.
La gravité de la maladie n'est pas due à la virulence, mais à une toxine qui détermine
Ben Thayer Béchir 2005 27 ESIER Medjez El Bab
une déshydratation intense. La thérapeutique consiste donc à réhydrater le malade, bien plus
qu'à lutter contre l'infection, d’où nécessité des structures hospitalières.
b/ Caractéristiques :
Le germe est un bacille, souvent en virgule (V. Comma), famille des spirillaceae,
mobile, pas de capsule, aérobie et même aérophile (pousse en voile), t° : 37°C, pH: 7,6 à 9
(alcalin) et il est relativement halophile : NaCl jusqu'à 30 g/l.
c/ Isolement :
Ensemencer un milieu peptoné alcalin : pH 9
Culture rapide : 4 à 6 heures
Prélever en surface (très aérophile).
Isolement en boite de Pétri : 2 boites de Pétri
Gélose alcaline pH 8.5 à 9 Gélose aux sels biliaires taurocholate
Colonies translucides = vibrions
Sérum anti O de l'O.M.S agglutine
tous les vibrions cholériques.
Laboratoire de Référence.
4-2-4 : MYCOBACTERIES :
a/ Généralités :
Elles appartiennent au genre Mycobacterium.
Les espèces sont nombreuses:
1. M. tuberculosis (98,5%) et M. bovis (0,5%): ce sont les agents de la tuberculose
humaine, on les appelle Bacilles de Koch (B.K). Il existe encore une troisième espèce : M.
avium ainsi que des espèces atypiques, rares en Europe (1%), plus fréquentes aux Etats Unis
(10 à 15%)
2. M. leprae (non cultivable) : Bacille de Hansen, agent de la lèpre.
3. Mycobactéries saprophytes : M. aquae, gastri, terrae. Il est très important de connaître
leur existence (robinets).
Ben Thayer Béchir 2005 28 ESIER Medjez El Bab
4. Mycobactéries atypiques : on en observe de plus en plus (25% actuellement)
Mycobactérium Kansasii : affection analogue à la tuberculose. Il est résistant aux
antibiotiques et il modifie la spécificité des épreuves tuberculiniques.
M. aquae: granulome des piscines
b/ Caractéristiques :
Tous sont:
- acido et alcoolo - résistants
- minces et plus ou moins longs : BK court 1 à 4 µm, d’autres 5 à 10 µm.
- cultivables sur milieux spéciaux: Lôwenstein - Jensen, Coletsos:
* lentement pour les pathogènes : BK humain et bovin (plus de 15 jours)
* plus rapidement en général pour les saprophytes (3 à 5 jours)
c/ Prélèvements :
Pour déceler des mycobactéries dans l'eau, il faut de grands volumes :
- soit d'eaux usées (sanatoriums, hôpitaux, villes). De plus, il faut des prélèvements en des
points différents.
- Soit même d'eaux courantes (oueds) ou d'eaux de piscines.
Donc, il faut utiliser des flacons lestés ou la méthode des gazes (technique de
Moore). L'immersion doit se faire au moins pendant 24 heures dans des cylindres bourrés de
gaze et traversés par un courant d'eau, d'où adsorption sur la gaze de:
particules diverses, minérales et organiques,
bactéries, mycobactéries en particulier,
et même virus (polio).
Egouttage sommaire.
Exprimer le reste : C'est le prélèvement. Rincer
d/ Technique de culture:
1. Eaux usées (relativement riches en bacilles) et produits d'expression des gazes:
Ben Thayer Béchir 2005 29 ESIER Medjez El Bab
2 ml du produit agités pendant 30 à 60 mm avec 3 ml de solution de soude caustique,
homogénéiser :
Laurylsulfate de sodium………….………30 g
NaOH en pastilles…………………….…..10 g
Eau………………………………………..l000g
centrifuger à 3000 tr/mn pendant 30mn
reprendre le culot et ajouter une solution d'acide oxalique à 5%. Agiter pendant 30 mn.
neutraliser avec une solution de soude additionnée d'un colorant
Pourpre de bromocrésol 1/250……………..2 ml
NaOH………………………………………4 g
Eau…………………………………………l000ml
centrifuger pendant 30 mn à 3000 tr/mn et ensemencer les milieux.
2. Eaux ordinaires, eaux de piscine (pauvres en bacilles).
Il faut d'abord concentrer:
A un litre d'eau, ajouter 20 ml de CaCl 2 à 20%, puis 2 ml de NaOH à 4%. Agiter. Il se
forme un précipité d'hydroxyde de calcium. Laisser déposer pendant 18 heures et décanter.
Reprendre le culot et le traiter comme en (1).
4-2-5: LEPTOSPIRES :
a/ Généralités :
Ce sont des bactéries particulières, de forme spiralée, mobiles à filament axial, à spires
nombreuses et serrées.
Famille des leptospiracées, ordre des spirochétales. Très minces : 0,1 µm de large, 9 à
14 µm de long.
Espèce pathogène: L. ictéro - hemorrhagiae (Inada et Ido).
Autrefois, on distinguait d'autres espèces : L. grippotyphosa, L. australis.
Actuellement, pour certains, il n'existe qu'un seul genre, avec des variétés. Toutes donnent la
leptospirose, maladie fébrile avec ictère et hémorragies.
Ben Thayer Béchir 2005 30 ESIER Medjez El Bab
Elles sont sensibles au Cu.
Les espèces saprophytes : L. biflexa, etc... sont résistantes au Cu.
Ils sont cultivables seulement sur des milieux spéciaux : Milieu de Reiter-Ramme au sérum
frais de lapin au 1/6 recouvert de vaseline, ou milieu synthétique de Stuart.
Incubation lente : 6 à 10 jours. Examen au fond noir.
La leptospirose est la maladie des égoutiers. Elle est généralement contractée au cours des
baignades.
b/ Réservoir :
Rat (ou souris). Ces animaux font une maladie inapparente.
Les urines sont porteuses de leptospires en quantité d'où contamination:
- des eaux de surface: les leptospires s'y conservent un certain temps.
- des aliments.
Pour les piscines : aucun risque si l'eau est traitée et si la piscine est propre.
4-2-6 : AMIBES PATHOGENES : (PROTOZOAIRES PARASITES) :
4-2-6-1 : AMIBE DYSENTERIQUE : (ENTAMAEBA HISTOLYTICA) :
C'est l'agent de la dysenterie amibienne ou amibiase, maladie répandue dans les pays
tropicaux, mais ayant tendance à envahir les pays tempérés.
Elle se contracte par ingestion de kystes d'amibes (formes de résistance) présents dans
les eaux polluées. C'est un grave problème dans les pays où l'eau n'est pas traitée.
4-2-6-2: MENINGITE AMIBIENNE DES PISCINES :
Noegleria fowleri. Cette maladie se contracte dans les eaux de baignade.
4-2-7: VIRUS :
Les virus pathogènes pour l'homme que l'on trouve dans les eaux sont en petit nombre.
Ce sont essentiellement:
- les entérovirus virus Poliomyélitique
Ben Thayer Béchir 2005 31 ESIER Medjez El Bab
virus Coxsackie
virus Echo
- le virus de l'hépatite A
Ces affections peuvent se contracter en buvant l'eau contaminée.
Les autres virus susceptibles de se conserver dans l'eau ne transmettent pas de maladie
par la boisson : adénovirus, réovirus, papillomavirus (virrues).
4-3 : POLLUTION PROPRE AUX EAUX DE MER :
4-3-1:VIBRIO-PARA-HAEMOLITICUS :
1961 (Japon) : Ce germe se trouve dans le poisson de mer que les japonais
consomment cru. Il donne un tableau d'intoxication intestinale: fièvre, vomissement, diarrhée.
Il peut aussi être présent dans les coquillages. C'est très rare en Europe. Il a été signalé
en Méditerranée et en Afrique.
C'est un petit bacille, non sporulé, parfois en virgule, avec des cils polaires.
4-3-2 : CLOSTRIDIUM BOTULINUM : AGENT DU BOTULISME :
Ce germe est une cause fréquente d'intoxication alimentaire. Mais, on le trouve aussi
en mer, au moins pour le sérotype E, qui se retrouve dans le poisson. Le germe produit une
toxine et c'est elle qui rend malade. Heureusement, cette toxine est thermosensible et détruite
par la cuisson. Mais, on a vu des cas d'intoxication par le caviar (Lille, 1973).
4-4: GERMES PATHOGENES PROPRES AUX PAYS TROPICAUX :
4-4-1 : BILHARZIOSES : (OU SCHISTOSOMIASES) :
Ce sont des maladies tropicales. Elles n'existent pas en Europe Occidentale et les cas
sont très rares en Afrique du Nord. Toutes sont caractérisées par le cycle:
Homme → excrétions → eaux → mollusques.→ eaux → homme
1. Afrique : Bilharziose vésicale (Schistosoma haematobium). Elle s'étend à mesure que
Ben Thayer Béchir 2005 32 ESIER Medjez El Bab
s'étend l'irrigation.
2. Afrique, Amérique du Sud et Centrale: Bilharziose intestinale. (Schistosoma mansoni)
3. Enfin, le Japon : Bilharziose artério - veineuse (Schistosoma japonicum).
4-4-2 : DYSENTERIE BALANTIDIENNE (BALANTIDIUM COLI) :
Affection tropicale répandue en Asie et surtout en Amérique. Ce parasite peut infester
aussi le porc et le singe.
4-4-3 : FILARIOSES :
Filaire de Médine (Afrique et Asie), hébergée par un crustacé : Cyclops;
contamination de l'homme par la boisson.
Ben Thayer Béchir 2005 33 ESIER Medjez El Bab
CHAPITRE 5 : ANALYSE BACTERIOLOGIQUE DES EAUX
5-1 : GENERALITES SUR LES EAUX :
Distinguons les eaux de boisson et les eaux de baignade.
5-1-1 : LES EAUX DE BOISSON :
Elles proviennent de plusieurs origines :
- Eaux profondes: sources, puits et forages.
- Eaux superficielles: elles sont de plus en plus employées.
Ces eaux peuvent être :
Utilisées directement ; elles sont alors généralement brutes.
Distribuées par réseau (urbain ou rural); dans ce cas, elles sont le plus souvent
traitées.
A ces eaux de distribution s'ajoutent:
Les eaux minérales (naturelles): prises à la source ou distribuées en bouteilles.
Les eaux de table.
5-1-2 : LES EAUX DE BAIGNADE :
Elles font l'objet d'un autre cours.
5-2 : LES PRELEVEMENTS :
La règle d'or, la plus importante, est la suivante: les prélèvements d'eaux pour analyses
doivent être faits dans des conditions d'asepsie rigoureuse. Ceci est capital. Sans quoi,
l'examen est sans valeur. Il faut toujours refuser une eau prélevée par un non spécialiste ou un
sujet non entraîné, même s'il est pharmacien, etc.
Ben Thayer Béchir 2005 34 ESIER Medjez El Bab
5-2-1 : MATERIEL :
Les flacons seront en verre blanc. Le pyrex est excellent. Un litre (ou davantage).
Ces flacons doivent être:
- lavés
- bouchés: * émeri,
* ou gaze avec bouchon enveloppé séparément,
* ou même liège.
- stérilisés (autoclave), après enveloppement dans papier sulfurisé ou plastique.
5-2-2: TECHNIQUE :
5-2-2-1 : SOURCES (JAILLISSANTES) :
- Préparer le terrain 24 heures auparavant:
* Isoler le point d'émergence (petit mur de pierre ou brique en amont, ou bien creuser
une rigole).
* Poser un griffon (c'est un tube 1 à 2 cm x 1 à 1,5 m enfoncé de 0,50 m, recourbé en
col de cygne).
* Laisser couler toute la nuit.
* Prélever:
- D'abord flamber longuement avec un chalumeau (butane) (meilleur que coton +
alcool) pendant 1 à 2 mn, pas seulement l'orifice, mais aussi la portion descendante de la
crosse.
- Laisser couler 3 à 5 mn.
- Déboucher le flacon à prélèvement, le remplir, le flamber et le reboucher.
- Remettre le papier. Attention à ne pas contaminer le bouchon pendant le
remplissage.
5-2-2-2 : PUITS ET FORAGES :
On ne doit jamais utiliser le seau classique.
Ben Thayer Béchir 2005 35 ESIER Medjez El Bab
Les flacons lestés sont les meilleurs car ils s'enfoncent vite. Le bouchon peut être
commandé par une ficelle, ou bien on utilise un dispositif perfectionné.
La corde doit être graduée. Sonder auparavant et prélever à 0,50 m au dessus du fond
(ne pas toucher le fond ni les bords du puits, attention aussi aux margelles). Remonter,
boucher stérilement, après avoir vidé quelques millilitres.
S'il existe une pompe électrique (ou mécanique) : procéder comme pour l'eau de
distribution (voir plus bas). Il faut bien savoir que si le résultat est mauvais, cela peut être dû
aux tuyauteries ("nids" à microbes) (Esherichia, Aérobacter et Para-coli)
Il faut alors:
- Prélever directement dans le puits.
- Pomper pendant quelques heures avant le prélèvement surtout si l'installation n'a pas
servi depuis longtemps.
5-2-2-3: LES EAUX DE SURFACE : OUEDS, BARRAGES, ETANGS :
Elles sont de plus en plus demandées.
Utiliser les flacons lestés comme pour les puits, si non des cannes à prélèvement de 5 à
6 m de long, avec un flacon de 250 ml au maximum.
Prélever en un point situé au moins:
- à 30 cm de la surface (action des U. V.).
- à 30 cm du fond : La vase du fond contient, en effet, beaucoup d'anaérobies rendant
difficile la recherche des Clostridium sulfito-réducteurs.
- Non pas au bord, mais à distance : 2 à 3 m, ou au centre du cours d'eau. Prendre un
bateau si besoin et attention à l'hélice et à l'échappement.
5-2-2-4 : LES EAUX DE DISTRIBUTION :
Elles sont le plus souvent traitées:
- traitement chimique: * sédimentation, décantation
* floculation
Ben Thayer Béchir 2005 36 ESIER Medjez El Bab
- traitement bactériologique: * chlore
* brome (pas pour consommation)
* ozone
* ultraviolet
Il faut toujours considérer que l'eau (si elle est traitée) peut contenir un excès de
désinfectant et il faut le neutraliser. Ceci est facile : thiosulfate de Na (réducteur) convient
bien pour le chlore et l'ozone (quelques cristaux ou quelques gouttes de solution à 10 %).
Au préalable, titrer le chlore (dit "libre") par l'orthotolidine sur le DPD : Ajouter 1 ml
d'orthotolidine dans 100 ml d'eau: apparition d'une coloration jaune (attendre 10 mn). S'il
s'agit d'un contrôle d'eaux de distribution, faire des examens comparatifs :
* avant traitement (eau brute).
* après traitement (eau traitée).
De plus, faire des prélèvements chez les usagers.
Dans tous les cas, il faut:
- Supprimer le brise-jet,
- flamber énergiquement le robinet (de préférence robinet à pointeau, pour ne pas détériorer
les joints). L'idéal est un petit tuyau où l'eau coule en permanence,
- laisser couler l'eau 3 à 5 mn.
- recueillir stérilement, comme ci-dessus.
5-2-2-5 : EAUX MINIRALES ET EAUX DE TABLE :
- A la source : opérer comme ci-dessus ("sources").
- En bouteilles: le prélèvement est facile.
Remarque : Dans tous les cas:
1. Attention à l'étiquetage des flacons, pas d'étiquettes gommées ou autocollantes. Utiliser le
sparadrap ou un marqueur indélébile.
2. Des renseignements sont indispensables :
- lieu et date du prélèvement,
- notion d'épidémie (typhoïde, dysenterie,…),
- topographie: voisinage de fosses dites" d'aisance", d'élevages d'animaux, etc.
Ben Thayer Béchir 2005 37 ESIER Medjez El Bab
Bref, le préleveur doit faire sur place une petite enquête.
5-3 : TRANSPORT DES PRELEVEMENTS :
L'élévation de la température est mauvaise : E. coli se multiplie plus vite que les
saprophytes, et le bactériophage aussi (ce qui joue en sens inverse). Un abaissement de la
température est donc nécessaire. Il est souhaitable de maintenir les prélèvements entre 4 et
6°C
On veillera donc:
- à la rapidité du transport (classiquement 8 heures maximum pour les coliformes fécaux,
mais les américains tolèrent 30 heures pour les eaux potables sur lesquelles on ne recherche
que les coliformes totaux) (méthodes normalisées de l'Américain Public Health Association).
- au maintien du refroidissement (glacières).
Refuser les envois effectués par la poste, etc.
5-4 : NUMERATION DES GERMES DANS LES EAUX :
Dite :
* numération totale des germes.
* ou germes totaux
* ou numération des germes en aérobiose
* ou encore dénombrement
Cette numération était autrefois considérée comme très importante. Elle ne sert plus
qu'à donner des indications, qui devront être précisées par la recherche des germes témoins de
contamination fécale.
Car, la numération totale compte:
- les saprophytes naturels
- les germes contaminants eux-mêmes : pathogènes
non pathogènes
Elle n'a de valeur que si elle est répétée en particulier après les pluies, les périodes de
Ben Thayer Béchir 2005 38 ESIER Medjez El Bab
sécheresse, etc.
On doit donc toujours comparer les numérations totales entre elles.
5-4-1 : TECHNIQUE D’ANALYSE :
Il existe deux méthodes:
* milieux liquides
* incorporation à la gélose
Autrefois, en France, on utilisait la gélatine à 17 °C (température du laboratoire).
Actuellement, on emploie de préférence la gélose numération.
Formule:
Peptone ……………… 6 g
Extrait de levures…….. 3g
Agar-agar……………. 15g
Eau distillée………….. l000ml
(On y incorpore l'eau à étudier)
La méthode des membranes filtrantes se révèle moins bonne pour la numération totale.
On distingue trois catégories de germes:
* aérobies stricts
* aérophiles (petite quantité d'O2)
* anaérobies facultatifs
Dans la pratique, on fera des dilutions si c'est nécessaire. Ce n'est pas le cas pour les
eaux d'adduction si elles sont traitées, mais pour les eaux de ruissellement brutes.
Pour les oueds sales, on pourra être amené à diluer jusqu'à 10-10
Le diluant est l'eau stérilisée. Changer de pipette à chaque fois. Bien agiter le flacon.
Pour chaque dilution, on mettra 1ml d'eau dans 15-20 ml de gélose à 45 °C, à couler dans
Ben Thayer Béchir 2005 39 ESIER Medjez El Bab
deux boites de Pétri que l'on incubera l'une à 37 °C, l'autre à 22 °C en position renversée
comme d'habitude.
Observer après 24 heures et après 48 heures. Compter les colonies. Si elles sont
confluentes ou incomptables, on le notera.
5-4-2- INTERPRETATION :
- Sont statistiquement valables les boîtes donnant de 30 à 300 colonies.
- S'il y en a plus : difficultés de lecture.
- S'il y en a moins : répartition aléatoire
Donner le résultat définitif en :
Nombre de germes cultivant à 37 °C par ml.
Nombre de germes cultivant à 22 °C par ml.
5-4-3 : ESPECES BACTERIENNES AINSI ISOLEES :
La plupart des germes se cultivent dans ces conditions.
* Saprophytes : Bacillus, Pseudomonas, Sarcinia, Cotynebacterium, Alcaligenes,
Achromobacter, Flavibacterium, Serratia
* Pathogènes : Entérobactéries (E.coli, Proteus, Salmonelles, Shigella), Streptocoques fécaux.
Ne se cultivent pas ainsi:
- germes des eaux sulfureuses (bactéries filamenteuses).
- germes des eaux ferrigineuses.
- germes nitrifiants (du sol): nitrobactéries et nitrosobactéries.
- anaérobies : ex: Welchia perfringens (Clostridium).
5-4-4 : INTERPRETATION DES RESULTATS :
Le nombre formel n'a pas de valeur.
- Certaines nappes ont plus de 10000 germes/ml et sont bonnes. Cela dépend du pH (s'il est
élevé, il favorise la multiplication des saprophytes), de la température (si elle est plus élevée,
elle la favorise également) et de la composition chimique du sol, etc...
Ben Thayer Béchir 2005 40 ESIER Medjez El Bab
- D'autres montrent la présence de germes pathogènes, avec seulement 100 à 300 germes/ml.
Mais, la numération totale est utile si elle est répétée.
Exemple: nappe forée
Prélèvements successifs (germes/ml) * 15 : moyenne
* 10 : teneur habituelle
Si de grandes pluies se produisent:
* le nombre peut rester stable, 20 par exemple
* ou il peut augmenter beaucoup : 300, 1000. C'est alors une nappe mal protégée, à filtration
mauvaise (drainage des germes du sol).
Donc: toute eau présentant de brusques variations doit être considérée comme suspecte.
D'ailleurs, si les pluies persistent, la numération des germes diminue, par dilution, sans pour
autant que ce soit signe d'une diminution de la contamination.
En outre, la numération totale est utile pour:
- étudier (vérifier) les systèmes de filtration.
- juger de la propreté des réservoirs (feutrages de saprophytes, fréquents repaires, nids).
Exercice :
On donne les résultats des analyses des germes totaux pour deux eaux A et B de deux
retenues pour une période de deux semaines.
/100 ml Jour 1 Jour 2 Jour 3 Jour 4 Jour 5 Jour 6 Jour7
Germes totaux pour A 17 16 16 15 17 14 15
Germes totaux pour B 30 31 28 4.107 8.105 7950 455
/100 ml Jour 8 Jour9 Jour10 Jour11 Jour12 Jour13 Jour14
Germes totaux pour A 17 15 15 15 17 15 18
Germes totaux pour B 86 38 31 32 30 29 31
a/ les eaux A et B sont elles contaminées ? Pourquoi ?
b/ La durée choisie est elle suffisante pour le contrôle de la qualité de ces deux eaux ?
Expliquer.
c/ Le paramètre « Germes Totaux » est il suffisant pour la détermination d’une contamination
microbiologique d’une eau ? Pourquoi ?
d/ Donner les autres appellations des Germes Totaux.
Ben Thayer Béchir 2005 41 ESIER Medjez El Bab
CHAPITRE 6 : GERMES TEMOINS DE CONTAMINATION FECALE
6-1 : GENERALITES :
Leur recherche est capitale dans l’analyse bactériologique des eaux de consommation.
En effet, la recherche des pathogènes est difficile, coûteuse et aléatoire (pour être sûre
qu’une eau n'est pas dangereuse, il faudrait en examiner une trop grande quantité). Aussi
préfère-t-on faire appel à une méthode indirecte. Si l'eau à étudier contient certains germes,
c'est l'indication qu'elle a été contaminée par des matières fécales (provenant de l'homme ou
de l'animal) donc qu'elle peut être dangereuse.
6-2 : LES PRINCIPALES FAMILLES CONSTITUANT LES GERMES TEMOINS DE
CONTAMINATION FECALE :
Quels sont ces germes?
* LES ENTEROBACTERIES
Famille très complexe. Ceux de ses membres qui nous intéressent ici sont les
coliformes:
- fécaux, ex: Escherichia coli
- non fécaux: se multiplient dans la nature.
* LES STREPTOCOQUES FECAUX
* LES CLOSTRIDIUMS (DU TYPE PERFRINGENS)
* LES AUTRES
Ben Thayer Béchir 2005 42 ESIER Medjez El Bab
Il faut y ajouter:
- Les bactériophages (témoins des témoins)
- Les témoins de contamination naso-pharyngée. Ce sont les staphylocoques et les
microcoques.
6-3 : RECHERCHE DE GERMES TÉMOINS DE CONTAMINATION FÉCALE :
6-3-1 : RECHERCHE DES COLIFORMES :
6-3-1-1 : GÉNÉRALITÉS :
(Opération souvent dénommée colimétrie).
L'ancien colibacille (Bacterium coli) a été démembré en plusieurs genres:
a/ Escherichia coli
b/ Autres germes:
* Enterobacter (cloacoe, liquefaciens) y compris Hafnia. Ils sont très nombreux.
* Klebsiella
* Citrobacter (freundii, bethesda).
Les coliformes sont tous des bacilles, plus ou moins mobiles; quelques uns ont une
capsule. L'Escherichia coli est toujours fécal.
Parmi le reste des coliformes : Klebsiella est bien souvent d'origine fécale (s'isole de
plus en plus souvent). Citrobacter et Enterobacter: pas de signification fécale.
6-3-1-2 : TECHNIQUE D'ANALYSE :
a / En milieu liquide :
On recherche seulement les E. coli (en principe) :
- Milieux présomptifs: Bouillon lactosé - incubation à 30°C pendant 24 à 48 heures. Se
développent dans ces milieux : E. coli, autres coliformes et nombreux Bacillus, ainsi que des
Aéromonas.
Ben Thayer Béchir 2005 43 ESIER Medjez El Bab
- Milieux confirmatifs: Vert brillant très séléctif
44 °C pendant 24 et 48 heures
Eau peptonée
Nous avons donc deux résultats (24 et 48 heures).
L'opération est terminée, on ne fait pas donc d'identification. En effet, les coliformes
susceptibles de se multiplier à 44 °C sont considérés comme d'origine fécale.
b/ Membranes filtrantes :
On filtre 100 ml d'eau (si elle est claire), puis on met en culture les membranes sur
milieu de Chapman TTC (triphényltétrazolum chloruré) plus Tergitol 7. Ce milieu,
ensemencé en double, est incubé à deux températures 37 et 44 °C.
L'identification des colonies s'effectue par la coloration de Gram, le repiquage sur vert
brillant ou eau peptonée.
On peut aussi repiquer sur bouillon ordinaire et faire une galerie API.
On pourra donc confirmer que les germes à 44 °C sont bien des E. coli et constater
qu'à 37 °C on peut aussi en trouver, parmi les coliformes non fécaux.
6-3-2 : RECHERCHE DES STREPTOCOQUES FÉCAUX :
6-3-2-1 : GÉNÉRALITÉS :
Les germes sont:
a) Streptococcus faecalis (liquefaciens, zymogènes).
b) S. fœcium
c) S. durans
Il convient d'y joindre S. bovis (I et II) et S. equinus. Ce sont des coques, en courtes
chaînettes. Ils résistent à la chaleur (au chauffage à 56 °C pendant 20 mn). Ils se cultivent sur
milieu au tellurite de K.
Ben Thayer Béchir 2005 44 ESIER Medjez El Bab
6-3-2-2: TECHNIQUE D’ANALYSE :
Là aussi, il existe deux méthodes.
a/ Milieu liquide :
- Présomption: Milieu de Rothe à l’azoture de Na, à 37 °C, pendant 24 - 48 h.
- Confirmation: Milieu de Litsky à l'azoture et Na et au violet d'éthyle (qui sélectionne
les streptocoques fécaux). La présence des streptocoques se manifeste par l’apparition d'une
pastille violette au fond du tube.
b/ Membranes :
On ensemence la membrane après filtration sur milieu de Slanetz au TTC. On y trouve
des colonies de streptocoques (rouge pourpre) ainsi que des microcoques. On les différencie
par l'épreuve de la catalase (H2O2 sur membrane) (négative pour les streptocoques, positive
pour les microcoques).
6-3-3 : RECHERCHE DES CLOSTRIDIUM :
6-3-3-1 : GÉNÉRALITÉS :
Ce sont des anaérobies stricts. Ce sont des bacilles sporulés.
En principe, il s'agit de C. perfringens. En pratique, on se contente de déterminer les
clostridium sulfito-réducteurs (sans faire l'identification complète).
6-3-3-2 : ISOLEMENT :
Gélose veillon ramenée à 55 °C et ensemencée avec l'échantillon d'eau préalablement
chauffé à 80 °C pendant 5mn pour destruction des formes végétatives et des autres germes +
Alun de fer + Sulfite de Na .
Incubation à 37 °C : surveiller.
Parfois, dès 8 heures : apparition de gaz et colonies noires (sulfure de fer), puis relire
Ben Thayer Béchir 2005 45 ESIER Medjez El Bab
à18 et à 24 h.
Si l'on désire une identification, on prélève une colonie et on l'ensemence sur le milieu
de Rosenov, puis l'on fait des galeries pour identifier le perfringens.
6-3-4 : RECHERCHE DE BACTÉRIOPHAGES :
6-3-4-1 : GÉNÉRALITÉS :
Pourquoi les rechercher?
Parce que:
* ils se trouvent en quantité beaucoup plus importante que les bactéries hôtes,
* ils survivent plus longtemps.
En fait, ils sont plus intéressants pour les germes pathogènes que pour les témoins de
contamination fécale. Cependant, on recherche couramment les bactériophages d'E. coli ainsi
que:
- les bactériophages de Shigella (importants).
- et les bactériophages de Salmonella (plus rares).
6-3-4-2 : TECHNIQUE D'ANALYSE :
a/ Culture du phage :
On ensemence l’eau dans de l'eau peptonée (100 ml de chaque). On ajoute la souche de
bactérie sensible, en culture de 18 h
Shigella dysenteriae Y 6 R
* Salmonella typhi Vi + 4
* E. coli 36
On incube à 37 °C pendant 8 à 10 h
On a: * des saprophytes
* des bactériophages
{B.M. 56 °C pendant 30mn tue les saprophytes).
b/ Mise en évidence :
Ben Thayer Béchir 2005 46 ESIER Medjez El Bab
On ensemence en boite de Pétri la souche bactérienne jeune. On inocule les boites avec
des microgouttes de phage et on incube à 37 °C. Les phages apparaissent après 6 à 10 heures
(plages de lyse).
Pour dépister les destructions non spécifiques, on fera un passage : on prélève un carré
de gélose au niveau d'un phage, on ensemence en eau peptonée et on recommence.
6-4 : NORMES BACTÉRIOLOGIQUES DES EAUX :
6-4-1 : EAU DE BOISSON :
- coliformes totaux : < 10 germes / 100ml (officielle)
- coliformes fécaux : 0 germes / 100ml (officielle)
Cependant, on peut ajouter des normes officieuses :
- Dénombrement : < 10 germes / ml
- Streptocoques fécaux : 0 germes / 100ml
- Clostridium sulfito-réducteurs : tolérés si non constants.
- Bactériophages : 0 dans 50ml
6-4-2 : EAU DE PISCINES :
Les germes témoins sont les mêmes, mais il convient d’y ajouter les témoins de
contamination rhino-pharyngée et cutanée : microcoques et staphylocoques.
On peut proposer les valeurs suivantes :
- Dénombrement : 100 / ml
- E. coli : 0 / 100 ml
- Coliformes totaux : 0 à 20 / 100 ml
- Streptocoques fécaux : 0 / 100 ml
6-4-3 : THALASSOTHÉRAPIE :
L’eau n’a pas à être potable, mais ne doit pas être dangereuse. Elle doit être
comparable à celle d’une baignade en mer d’excellente qualité.
On propose les valeurs suivantes :
- Moins de 10 germes aérobies cultivant à 37°C en 24 heures (plus ou moins une
heure) dans 1 ml.
Ben Thayer Béchir 2005 47 ESIER Medjez El Bab
- Coliformes fécaux : moins de 10 dans 100 ml
- Coliformes totaux : moins de 100 dans 100 ml
- Streptocoques fécaux : moins de 10 dans 100 ml
- Absence de Salmonella dans 5000 ml.
- La présence éventuelle du virus de l’hépatite épidémique sera estimée par des
enquêtes épidémiologiques dans la région d’implantation de l’établissement de
thalassothérapie.
Question 1 :
Quels sont les critères de choix des germes témoins de contamination fécale ?
Question 2 :
Enumérer les cinq paramètres qui doivent êtres inscrits sur les boites de pétri lors des
analyses des germes témoins de contamination fécale.
Ben Thayer Béchir 2005 48 ESIER Medjez El Bab
CHAPITRE 7 : RAPPELS SUR LA CHIMIE DE L'EAU
Pour apprécier la qualité des eaux, il faut définir les objectifs de traitement et juger des
interactions qui pourront avoir lieu au cours des usages (entre l'eau et les canalisations par
exemple). Il faut bien comprendre la physicochimie des eaux.
7-1 : PRINCIPAUX CONSTITUANTS DES EAUX NATURELLES :
Les composés présents dans les eaux naturelles trouvent essentiellement leur origine
dans les échanges qui se produisent entre l'eau et le sol et à un degré moindre entre l'eau et
l'atmosphère.
Que trouve-t-on dans l'eau ?
des matières minérales (gaz, sels et métaux),
des matières organiques (rejets des animaux, débris des végétaux).
De part ses propriétés électriques et sa constitution moléculaire, l'eau est un excellent
solvant; elle dissout gaz, liquides et solides.
7-1-1 : GAZ DISSOUS DANS L'EAU :
La solubilité (dissolution d'un corps) des gaz dans l'eau obéit aux lois de HENRY.
V = α . C. P
V : Volume du gaz dissous (l)
α : Coefficient de solubilité du gaz
C : Concentration du gaz en phase gazeuse
P : Pression totale de la phase gazeuse
Trois gaz sont les plus souvent rencontrés en solution dans l'eau : l'oxygène O 2, le gaz
carbonique CO2 et l'hydrogène sulfuré H2S.
7-1-1-1 : L'OXYGÈNE O2 :
Ben Thayer Béchir 2005 49 ESIER Medjez El Bab
Il contribue à la vie dans l'eau; les bactéries décomposent les matières organiques en
consommant de l'oxygène.
La teneur de l'eau en oxygène varie suivant la provenance de l'eau.
Par exemple, les eaux souterraines sont peu chargées en oxygène (l'oxygène de l'air n'est pas
en contact de l'eau et ne peut donc s'y dissoudre).
Une remarque importante à noter est qu'une eau souterraine polluée accidentellement
par un rejet (eaux résiduaires ou déchets organiques), le reste. En effet, étant peu chargée en
oxygène, cette eau ne peut oxyder complètement les matières organiques qu'elle contient.
Mais, attention, il ne faut pas généraliser. Les eaux souterraines sont le plus souvent
beaucoup moins chargées en matières organiques que les eaux de surface (oued, barrage...).
7-1-1-2 : L'HYDROGÈNE SULFURÉ H2S :
On le rencontre rarement dans les eaux. Il apparaît exclusivement en milieu réducteur,
dans les eaux stagnantes dépourvues d'oxygène. Des bactéries réductrices transforment les
composés organiques soufrés en gaz sulfuré H2S, en milieu anaérobie. Souvent, ces réactions
acidifient le milieu. Il n'est pas rare que le pH de l'eau soit de l'ordre de 4 à 5.
7-1-1-3 : GAZ CARBONIQUE CO2 :
C'est le pilier de la composition chimique des eaux. C'est un anhydride. Lorsqu'il est
mis au contact de l'eau, il se développe en un acide faible H2CO3 suivant la réaction :
CO2 gaz + H2O H2 CO3
CO2 libre = CO2 gaz + H2 CO3
Lorsque l'on parle de CO2 libre dans l'eau, on considère globalement la forme CO2,
H2 CO3. (Voir cours équilibre calcocarbonique des eaux).
7-1-2 : ELÉMENTS MINÉRAUX FONDAMENTAUX :
Les éléments les plus importants constituant l'ensemble des échanges dans l'eau, sont
appelés éléments fondamentaux.
Ils sont régis entre eux par des équilibres.
Ben Thayer Béchir 2005 50 ESIER Medjez El Bab
Ils sont au nombre de 6 :
- H3O+ : ion hydronium
- : ion hydroxyde
- OH
- CO2, H2 CO3 : CO2 libre
-
- HCO3 : ion bicarbonate
--
- CO3 : ion carbonate
- Ca++ : ion calcium
En présence d'une quantité suffisante de calcium, les ions carbonates permettent un
dépôt de CaCO3:
--
Ca+ + + CO3 Ca CO3 K s = 10-8,3 à 18 °C.
Lorsque la composition de l'eau permet d'observer l'amorce de ce dépôt, on dit que l'on
a atteint l'équilibre calcocarbonique. Cet état de léger dépôt calcaire constitue un objectif pour
les eaux de distribution publique car on évite ainsi les interactions entre l'eau et les matériaux
du réseau qui, lorsqu'elles se développent, peuvent être à l'origine d'une contamination des
eaux d'alimentation par les métaux toxiques.
7-1-3 : LES ÉLÉMENTS MINÉRAUX CARACTÉRISTIQUES :
A côté des formes carboniques et du calcium, une eau naturelle contient des anions et
des cations qui lui confèrent des propriétés particulières. Les éléments les plus représentés
sont :
Mg++, Na+, K+, Fe++, Mn++, Al3+ ..... et Cl-, SO4--, NO3-, PO43-.....
S'ils permettent une identification précise de l'eau, les éléments caractéristiques lui
donnent rarement des propriétés intéressantes. Des teneurs élevées en chlorure ou en sulfate
augmentent la corrosivité de l'eau vis à vis des métaux et son agressivité vis à vis des bétons.
Le sodium et les nitrates sont contre indiqués dans la ration alimentaire et des métaux
tels que le fer et le manganèse sont indésirables et doivent être éliminés de l'eau avant qu'elle
ne soit refoulée dans le réseau de distribution.
7-1-4 : LES MÉTAUX LOURDS :
Si certaines eaux souterraines peuvent contenir des teneurs élevées en fer (quelques
Ben Thayer Béchir 2005 51 ESIER Medjez El Bab
mg/l) et en manganèse, la contamination de l'eau par les métaux lourds reste limitée. Les
rejets dans les eaux de surface entraînent surtout un enrichissement des vases et des sédiments
en métaux lourds (Zn, Cu, Cr, Pb, Cd, Ni, Hg, Ag, Co,....). Il faut cependant craindre des
remises en suspension des sédiments lors des événements hydrauliques importants, avec
risque d'augmentation brusque de la concentration de l'eau en métaux lourds.
Mais, lors de l'étape de la clarification des eaux de surface en station de traitement, on
observe une bonne rétention des métaux lourds, sous réserve que les réactifs utilisés soient de
bonne qualité et ne contiennent pas trop d'impuretés.
Le risque le plus important de contamination métallique des eaux alimentaires provient
des interactions avec les matériaux du réseau. Dans les canalisations en plomb, il est possible
d'atteindre des concentrations de l'eau en Pb++ de quelques centaines de µg/l, si l'eau n'est pas
à l'équilibre calcocarbonique et ne dépose pas du calcaire sur la paroi des canalisations. Le
saturnisme hydrique (maladie due au plomb dans l'eau) existe encore de nos jours.
7-1-5 : MATIÈRES ORGANIQUES :
Les matières organiques rencontrées dans les eaux d'alimentation peuvent être classées
en matières organiques naturelles et en matières organiques de synthèse (micropolluants
organiques).
7-1-5-1 : MATIÈRES ORGANIQUES NATURELLES :
On retrouve dans l'eau la plupart des composants de la biomasse : acides aminés,
protéines, enzymes, chlorophylles ou des produits de métabolisme tels que l'urée ou les
amines.
Mais, les plus représentées sont les substances humiques, molécules complexes
provenant de la dégradation microbienne des végétaux.
Deux familles prédominent : les acides humiques (insolubles en milieu acide) et les
acides fulviques (solubles).
Ces acides peuvent retenir avec eux dans les eaux des cations métalliques comme
Al3+, Ca++, ou Cd++....
La teneur en azote organique des eaux naturelles est due pour l'essentiel aux
Ben Thayer Béchir 2005 52 ESIER Medjez El Bab
chlorophylles, aux acides aminés libres et aux protéines.
Les matières organiques doivent être éliminées au maximum des eaux de distribution
publique, car elles se déposent dans les canalisations et provoquent des encrassements dans
les points bas ou dans les zones de stagnation de l'eau. Elles favorisent ainsi le développement
des mauvais goûts et augmentent les risques de corrosion. Par ailleurs, elles accroissent la
demande en chlore des eaux et rendent difficile le maintien d'un résiduel constant de chlore
libre dans les réseaux.
Azote organique dans l'eau
Substances humiques chlorophylles, acides acides aminés dans
20 à 60% aminés libres 5% protéines 20 à 40%
7-1-5-2 : MATIÈRES ORGANIQUES DE SYNTHÈSE :
De nombreuses molécules de synthèse peuvent être retrouvées dans les eaux
superficielles, mais à des teneurs très faibles.
Quelques familles de produits utilisés en quantités importantes par l'industrie et
l'agriculture doivent faire l'objet d'analyses périodiques dans les eaux brutes et traitées. C'est
le cas des phénols et des détergents qui ne posent que des problèmes ponctuels du fait de leur
biodégradabilité.
Par contre, les produits phytosanitaires et surtout les insecticides (organochlorés et
organophosphorés), les herbicides (triazine) contaminent les eaux des barrages des zones
fortement agricoles.
Certains traitements pratiqués en station de traitement sont susceptibles de générer des
composés indésirables. L'acide hypochloreux utilisé comme désinfectant, peut réagir avec des
substances organiques et conduire à la formation d'organochlorés comme les haloformes. Il
apparaîtrait que parmi les matières organiques susceptibles de réagir avec le chlore, les
substances humiques occupent la première place, avec formation de chloroforme. Il convient
d'effectuer des analyses dans ces cas là.
7-2 : CONCLUSION :
Ben Thayer Béchir 2005 53 ESIER Medjez El Bab
L'eau constitue un système complexe, dont la structure est essentiellement définie par
des éléments minéraux majeurs.
Parmi ceux-ci, les éléments fondamentaux sont relativement stables et ils
conditionnent le comportement de l'eau vis à vis des matériaux lors de son transport ou lors de
son échauffement.
Les éléments caractéristiques sont relativement stables dans les eaux souterraines alors
qu'ils varient sensiblement au cours des saisons dans les eaux de surface.
La contamination métallique des eaux de distribution publique est due aux interactions
avec les matériaux du réseau. Elle peut être limitée à l'équilibre calcocarbonique de l'eau
distribuée. La micropollution organique peut être évaluée et suivie à l'aide de quelques
paramètres représentatifs de familles de substances susceptibles de contaminer les eaux
traitées (haloformes, chloroformes).
En conclusion, pour connaître la structure d'une eau, deux analyses complètes par an
peuvent se révéler suffisantes dans le cas des souterraines, alors que la périodicité doit être
beaucoup plus élevée lorsque l'eau est d'origine superficielle.
Ben Thayer Béchir 2005 54 ESIER Medjez El Bab
CHAPITRE 8 : ANALYSE D’UNE EAU
Les analyses de contrôle sont, selon les cas :
des analyses complètes (type I) ou
des analyses limitées à la recherche d'éléments essentiels :
analyses sommaires ou de surveillance (type II)
analyses de surveillance réduite (type III)
Pour se rendre compte de la qualité d'une eau, il faut prendre connaissance des ses
caractéristiques physico-chimiques sur le terrain et en laboratoire.
8-1 : CARACTÉRISTIQUES PHYSIQUES :
Une eau d'alimentation doit être limpide, fraîche, exempte de couleur ainsi que d'odeur
et de saveur désagréables.
8-1-1 : TURBIDITÉ :
Quand un pinceau lumineux traverse un liquide trouble, les corps en suspension dans
le liquide diffusent une partie des rayons et le liquide s'éclaire violemment : c'est l'effet
TYNDALL. Cette propriété est utilisée pour mesurer la turbidité d'une eau en comparant
l'opalescence de deux échantillons, celui à analyser d'une part, et, d'autre part, un échantillon
contenant 50 ml d'eau optiquement vide dans lequel on ajoute un certain nombre de gouttes
d'une solution alcoolique de gomme de mastic à 1‰ jusqu'à obtenir une opacité équivalente
dans les deux éprouvettes. Ce nombre de gouttes définit la turbidité.
En période normale d'exploitation, la turbidité ne doit pas dépasser 15 gouttes.
Toutefois, dans des circonstances exceptionnelles, et pour une durée limitée, il peut être toléré
qu'elle atteigne 30 gouttes.
Ben Thayer Béchir 2005 55 ESIER Medjez El Bab
La turbidité peut être aussi déterminée par un turbidimètre et elle est exprimée en
N.T.U. (Néphelometric Turbidity Unit).
- Une eau brute a une turbidité de 1 à 15 N.T.U.
- Une eau décantée a une turbidité de 1 à 3 N.T.U.
- Une eau filtrée ou traitée a une turbidité < 0,5 N.T.U.
L'eau peut être limpide (< 0,5 N.T.U.), peu turbide (1 à 2 N.T.U), moyennement turbide
(2 à 5 NTU) et turbide (> 5 N.T.U.).
La norme tunisienne est de 5 NTU.
Une troisiéme technique de mesure de la turbidité pour les grandes masses d’eau est le disque
de Secci.
La turbidité est le plus souvent due à de petites molécules. (< 1 µm de diamètre).
8-1-2 : TEMPÉRATURE :
La température optimale d'une eau d'alimentation se situe entre 9 et 12°C. Les eaux
souterraines, qui circulent à des profondeurs moyennes, présentent des températures
sensiblement constantes, oscillant autour de 10 à 12 °C. Les eaux des oueds sont sujettes à des
variations de températures selon les saisons (de 0 à 25 °C).
8-1-3 : SAVEUR, ODEUR :
Elles constituent les qualités organoleptiques de l'eau.
Les principaux corps pouvant donner à l'eau une saveur désagréable sont : le fer et le
manganèse, le chlore actif, le phénol et les chlorophénols.
La saveur se développe avec l'augmentation de la température.
Les odeurs sont dues, notamment, au plancton, aux algues mortes pour les eaux des
oueds, à H2S pour les eaux souterraines, odeurs disparaissant généralement après aération, et
aux matières organiques.
Une correspondance peut être établie entre les odeurs et les saveurs désagréables; les
saveurs ne sont décelables qu'à la dégustation. Cette dernière consistera à apprécier l'intensité
de la saveur à des températures différentes et, notamment, à celle se présentant dans
l'utilisation courante de l'eau. A cet effet, il sera effectué des dilutions successives avec de
Ben Thayer Béchir 2005 56 ESIER Medjez El Bab
l'eau sans saveur.
Le seuil de dégustation sera exprimé par le rapport entre le volume total de la dilution
et le volume minimal de l'échantillon d'eau nécessaire pour obtenir une saveur perceptible.
8-1-4 : COULEUR :
Elle est mesurée à l'aide d'un comparateur muni d'un disque gradué en mg/l de platine -
cobalt par rapport à un blanc constitué d'eau réputée incolore.
La couleur est souvent due aux matières organiques (acides humiques et fulviques) et
parfois à certains ions colorés (Fe3+ couleur rouille). Il n' y a pas redondance entre turbidité
et couleur ; la couleur est due à de grosses molécules solubles (>1 µm).
L'unité est le mg/l de Pt-Co.
< 5 à 10 mg/l couleur non perceptible
30 mg/l eau colorée
60 à 80 mg/l eau très colorée
8-1-5 : LES MATIÈRES EN SUSPENSION TOTALE :
Elles sont mesurées par filtration sur filtre millipore (Φ = 0,45 µm) et sont exprimées
en mg/l après pesée. Il n' y a pas de corrélation entre M.E.S. et turbidité (une eau peut être
chargée en grosses particules qui se seront pas comptabilisées en turbidité).
Pour une eau filtrée, les M.E.S. sont pratiquement nulles.
8-2 : CARACTÉRISTIQUES CHIMIQUES ET PHYSICO-CHIMIQUES :
8-2-1 : MINÉRALISATION :
Au cours de son cheminement souterrain, l'eau se charge d'un certain nombre d'éléments
minéraux en liaison avec la nature des terrains traversés. Les eaux qui auront traversé des
terrains calcaires seront bicarbonatées, celles qui auront traversé des terrains salifères, comme
les terrains triasiques, seront salées ou sulfatées; quand à celles issues des terrains anciens
cristallins, elles seront plutôt alcalines.
La minéralisation d'une eau, c'est à dire sa concentration en sels solubles, s'accroît
généralement avec la profondeur à laquelle elle circule, à condition que les terrains encaissant
Ben Thayer Béchir 2005 57 ESIER Medjez El Bab
soient en mesure de lui céder les éléments minéraux nécessaires.
Les eaux d'alimentation devront contenir, sans excès, un certain nombre d'éléments
minéraux sans que toutefois leur minéralisation totale, ou salinité, ou extrait sec, ne dépasse
pas 2,5 g/l. (norme tunisienne).
8-2-2 : RÉSISTIVITÉ ÉLECTRIQUE D'UNE EAU. CALCUL DE LA MINÉRALISATION :
En raison des sels qu'elle renferme, l'eau constitue un électrolyte très étendu. La
résistivité électrique d'une eau peut donc mesurer globalement toute sa minéralisation.
Par définition, la résistivité électrique sera la résistance électrique d'une colonne de ce
liquide, de 1 cm² de section et de 1cm de hauteur prise à 20°C.
Elle s'exprime en Ohm-Cm et se mesure au pont de Wheatstone.
Il existe une relation pour calculer la minéralisation globale approchée d'une eau. Cette
relation est la suivante:
720000
Minéralisation (mg/l)
Méniralisation (mg/ l) =
résistivité ( -cm)
Ainsi, la résistivité varie en raison inverse de la minéralisation. Les eaux peuvent être
classées comme suit :
Minéralisation très faible ........................... résistivité >10000 Ω-cm
Minéralisation faible ............................ résistivité de 5000 à 3000
Minéralisation moyenne ............................ résistivité de 3000 à 1500
Minéralisation importante ............................. résistivité de 1500 à 1000
Minéralisation excessive ............................ résistivité < 1000
La résistivité ne présente d'intérêt que si sa valeur est comparée à celle de la même eau
prélevée un autre jour ou à la résistivité d'une autre eau.
8-2-3 : pH D'UNE EAU :
Les eaux peuvent être, soit acidulées, soit neutres, soit alcalines. Ces caractères sont
représentés par le pH de l'eau.
pH = - log [H3O+ ].
La réglementation considère comme limites extrêmes les valeurs comprises entre 6,5 et
8.5.
Ben Thayer Béchir 2005 58 ESIER Medjez El Bab
8-2-4 : MATIÈRES ORGANIQUES :
Elles sont mesurées par la quantité d'oxygène enlevée au permanganate de potassium
KMnO4, ce qui fournit la totalité des matières organiques, aussi bien d'origine végétale que
d'origine animale.
Une eau de boisson ne devrait pas en contenir plus de 2 à 3 mg/l, mesurés en oxygène,
quoique des doses plus élevées ne semblent pas être nuisibles pour la santé. Les eaux
profondes sont, en principe, pauvres en matières organiques.
8-2-5 : OXYGÈNE DISSOUS :
La quantité d'oxygène dissous varie avec la profondeur de circulation de l'eau captée :
les eaux profondes n'en renferment que très peu. Ce manque d'oxygène se traduira souvent par
la présence de fer ou de manganèse.
Mais, cette quantité est également fonction de l'activité biologique qui se développe au
sein de l'eau : Une faible teneur peut être l'indice d'une souillure pour des eaux captées à
faible profondeur ou à profondeur moyenne.
A titre indicatif, la teneur en oxygène, qui ne peut excéder la limite de saturation, est de
10 mg/l à 15°C pour une eau non souillée.
L'analyse se fait par iodométrie.
8-2-6 : LE TITRE HYDROTIMÉTRIQUE : TH :
Il est exprimé en degré Français °F (1°F = 1/5 méq/l)
Il mesure la dureté due aux sels de Ca et de Mg dans l'eau. (Mesure par complèxométrie
à l'Ethylène Diamine Tetra Acétique)
Par exemple, une eau contenant 6 mg/l de Ca++ et 6 mg/l de Mg++ aura un TH = 4 °F.
6 mg /l
++
6 mg/l de Ca ↔ ------------------------ = 0,15 mmole / l
40 mg / mmole
↔ 0,15 . 2 éq = 0,30 mé / l = 1,5 °F
6 mg/l
++
6 mg/l de Mg ↔ ------------------------- = 0,25 mmole / l
Ben Thayer Béchir 2005 59 ESIER Medjez El Bab
24 mg / mmole
↔ 0,25. 2 éq = 0,50 mé / l = 2,5 °F
D’où TH = [Ca++] + [Mg ++] = 1,5 + 2,5 = 4 °F.
en °F en °F
La norme tunisienne est de 100°F
8-2-7 : TITRE ALCALIMÉTRIQUE COMPLET T.A.C :
--
Il représente l'alcalinité totale de l'eau, due aux carbonates (CO3 ), bicarbonates
- -
(HCO3 ) et bases libres (OH ). Il exprime le pouvoir tampon de l’eau.
- -- -
T.A.C. = [OH ] + [CO3 ] + [HCO3 ]
en °F en °F en °F
- --
Par exemple, pour une eau de pH = 7, contenant 44 mg/l d'HCO 3 , 0 mg/l de CO3 , le
T.A.C. est de 3,6 °F.
44
-
44 mg/l d'HCO3 ↔ -------- = 0,72 m.mole / l
61
0,72 .1 eq = 0,72 me/l = 3,6°F
--
0 mg/l de CO3 = 0 °F.
Une eau de pH = 7 contient 10 -7 mole d'ion OH- soit 10-4 mmole/l d'OH , soit 10-4
-
- -
me/l d'OH , ce qui est négligeable par rapport au 0,72 me/l de HCO3 .
T.A.C. = 3,6 °F.
8-2-8 : LE TITRE ALCALIMÉTRIQUE TA :
-
Il représente uniquement l'alcalinité due aux carbonates et aux ions OH . Pour une eau
--
de pH ≤ 8,3, [CO3 ] = 0 d'où T.A = 0 (comme on va le voir au chapitre : équilibre calco-
carbonique des eaux).
Remarques :
Ben Thayer Béchir 2005 60 ESIER Medjez El Bab
1) Une eau dont le TH est supérieur à 30 °F est une eau dure. Toutefois, et dans des
circonstances exceptionnelles, on peut accepter une eau de TH arrivant à 100 °F.
2) Le T.A.C. et le T.A. servent surtout dans l'analyse de l'agressivité de l'eau (avec le
pH et le TH).
8-2-9 : LA SILICE TOTALE :
Elle est exprimée en mg/l de SiO 2 et mesurée par colorimétrie en présence de molybdate
d'ammonium.
8-2-10 : L'ANHYDRIDE CARBONIQUE LIBRE :
Il est exprimé en mg/l et il se détermine par lecture du graphique carbonique (voir cours
équilibre calco-carbonique des eaux).
8-2-11 : EQUILIBRE IONIQUE :
Un contrôle de la balance ionique anions - cations d'une eau est effectué en dosant les
ions suivants:
Anions Cations
-
OH H3O+
--
CO3 Ca++
-
HCO3 Mg++
-
Cl Na+
--
SO4 K+
-
NO2 NH4+
-
NO3 Fe++
PO43- Mn++
-------------- --------------
- +
= A =C
en me/l en me/l
Ben Thayer Béchir 2005 61 ESIER Medjez El Bab
- +
La somme A + C doit être la plus proche de zéro pour que la balance ionique soit
vérifiée (erreur de 5% au maximum).
8-2-12 : ESSAI SUR MARBRE :
C'est une mesure d'étude de l'agressivité de l'eau vis à vis du calcaire. Si le pH de
saturation (après essai) est supérieur au pH initial de l'eau, l'eau est dite agressive sinon, l'eau
est dite déposante.
Si le pH reste pratiquement le même, l'eau est dite à l'équilibre calcocarbonique.
Cette mesure peut être faite par le T.A.C., le pH et le T.H.
8-2-13 : CONCENTRATIONS LIMITES DE CERTAINS ÉLÉMENTS :
Une bonne eau d'alimentation doit être pauvre en matières organiques et en nitrates.
Notamment, en ce qui concerne ces derniers, il devra être tenu compte du fait qu'une
concentration supérieure à 10 mg/l (dosé en N) peut provoquer des troubles chez le nourrisson
-
(soit 45 mg/l de NO3 ).
-
Pour les nitrites NO2 , il semble qu'une dose supérieure à 0,10 mg/l d'azote, soit 0,32
-
mg/l de NO2 , ne devraient pas être dépassée.
La concentration en sulfates doit être telle qu'il ne puisse en résulter une attaque des
maçonneries ou des métaux des ouvrages de transport ou d'emmagasinement.
Il est souhaitable de ne pas dépasser, pour les éléments ci-après, les concentrations
indiquées en regard.
- Chlorures (en Cl -) ........................................ 600 mg/l
--
- Sulfates (en SO4 ) ........................................ 600 mg/l
8-2-14 : SUBSTANCES TOXIQUES OU INDÉSIRABLES :
Signalons d’abord que l'organisation mondiale de la santé (O.M.S.) estime que la dose
hebdomadaire tolérable temporaire de mercure ingérée par une personne avec des aliments ne
doit pas dépasser 0,3 mg de mercure total.
La réglementation précise qu'une eau d'alimentation ne doit pas présenter de
Ben Thayer Béchir 2005 62 ESIER Medjez El Bab
concentrations en substances toxiques ou indésirables supérieures à celles indiquées ci-
dessous:
- Mercure (en Hg++) 1 mg/l
- Plomb (en Pb++) 0,05 mg/l
- Sélénium (en Se++) 0,01 mg/l
- Fluorures (en F -) 1.7 mg/l
- Arsenic (en As++) 0,05 mg/l
- Cadmium (en Cd++) 0.005 mg/l
- Argent (en Ag+) 0.02 mg/l
- Antimoine (en Sb++) 0.02 mg/l
- Cuivre (en Cu++) 1 mg/l
- Fer (en Fe++) 0.5 à 1 mg/l
- Manganèse (en Mn++) 0.5 mg/l
- Zinc (en Zn++) 5 mg/l
- Chrome hexavalent doses inférieures au seuil de
- Cyanures détermination analytique
- Composés phénoliques néant
8-3 : TABLEAU DES NORMES TUNISIENNES CONCERANT LA QUALITÉ
PHYSICO-CHIMIQUE DES EAUX DESTINÉES À LA CONSOMMATION
HUMAINE (NT 09.14) :
Paramètres Symbole Unité Concentration max. adm. (NT 09.14)
Turbidité NTU 5 souhait
pH 6.5 – 8.5
Température °C
Dureté totale TH °F 100
Calcium Ca++ mg/l 300
Magnésium mg++ mg/l 150
Sodium Na+ mg/l -
Potassium K- mg/l -
Carbonate CO3- mg/l -
Bicarbonate HCO3- mg/l -
Chlorure Cl- mg/l 600
Sulfate SO4- mg/l 600
Nitrate NO3- mg/l 45
Nitrite NO2- mg/l -
Résidu Sec RS mg/lO2 2500
Ben Thayer Béchir 2005 63 ESIER Medjez El Bab
Oxydation KMnO4 mg/l -
Fer Fe mg/l 0.5 - 1
Manganèse Mn mg/l 0.5
Cuivre Cu mg/l 1
Aluminium Al mg/l -
Silicium Al mg/l -
Zinc Zn mg/l 5
Fluor F mg/l 1.7
Arsenic As mg/l 0.05
Mercure Hg mg/l 1
Plomb Pb mg/l 0.05
Cadmium Cd mg/l 0.005
Chrome Cr mg/l -
Sélénium Se mg/l 0.01
Argent Ag mg/l 0.02
Antimoine Sb mg/l 0.02
Question 1 :
On veut déterminer la couleur d’une eau contenant des matières en suspension en
quantité importante. Quelle précaution doit – on prendre ?
Question 2 :
D’où provient le CO2 contenu en quantité considérable dans certaines eaux naturelles ?
Quel phénomène chimique se passe quand les eaux riches en CO 2 traversent des
formations géologiques contenant assez de CaCO3 ?
Exercice I :
Le contrôle physico-chimique d’une eau a révélé les résultats suivants :
pH = 10
[HCO3-] = 201.3mg/l
[Ca++] = 80mg/l
[Mg++] = 34,5mg/l
TAC = 21°F
Ben Thayer Béchir 2005 64 ESIER Medjez El Bab
a) Calculer la dureté totale en degrés Français? Le résultat est-il acceptable ?
b) Calculer le TA et les concentrations en mg/l dues aux ions hydroxydes (OH -) et aux
ions carbonates (CO3--)
c) Calculer le CO2 total en m.moles/l
Exercice 2 :
Le contrôle physico-chimique d’une eau de puits a révélé les résultats suivants :
Résultats de l’examen physico-Chimique
Température…………………………………………15°C
Résistivité………………………………………….1610Ωcm
Turbidité……………………………………………8 NTU
pH…………………………………………………..7,5
Couleur……………………………………………...85 mg/l de Pt-Co
Titre alcalimétrique (TA)……………………………x°f
Tire alcalimétrique complet (TAC)………………….y°f
Dureté totale (TH)……………………………………z°f
Oxydabilité au KMnO4 en milieu alcalin……………9,4 mg/l en O2
Anhydride carbonique libre………………………….8,2mg/l
Oxygène dissous……………………………………..7,6 mg/l
Hydrogénocarbonate (HCO3-)………………………54,7mg/l soit 0,90 me/l
Azote nitrique (NO3-)……………………………….29,4mg/l soit 0,49me/l
Azote nitreux (NO2-)………………………………..0,20mg/l soit 0me/l
Chlorures (Cl-)………………………………………30 mg/l soit 0,85me/l
Sulfates (SO42-)………………………………………28mg/l soit 0,58 me/l
Phosphates (PO43-)…………………………………….0,70mg/l soit 0,02 me/l
Calcium (Ca++)…………………………………………20 mg/l soit 1,00 me/l
Magnésium (Mg++)…………………………………….10,32 mg/l soit 0,86me/l
Sodium (Na+)…………………………………………..18mg/l soit 0,78 me/l
Potassium (K+)………………………………………….6,25 mg/l soit 0,16 me/l
Fer (Fe++)……………………………………………….1,37 mg/l soit 0,05 me/l
Manganèse (Mn++)……………………………………..0,32 mg/l soit 0,01me/l
Aluminium (Al3+)……………………………………..0,25 mg/l soit 0,03 me/l
Ben Thayer Béchir 2005 65 ESIER Medjez El Bab
a/ calculez les valeurs de x,y et z.
b/ la balance ionique est elle équilibre ? Pourquoi ?
c/ Rédiger un commentaire (maximum cinq phrases) sur la qualité de cette eau.
Ben Thayer Béchir 2005 66 ESIER Medjez El Bab
CHAPITRE 9 : L’EQUILIBRE CALCOCARBONIQUE D’UNE EAU
Quelle que soit leur minéralisation, les eaux souterraines peuvent contenir des
quantités plus ou moins grandes de gaz carbonique. Ce qui n'est jamais rencontré dans les
eaux superficielles puisque ce gaz y est en équilibre avec sa pression partielle dans
l'atmosphère.
Si la présence d'une quantité déterminée, généralement faible, de CO 2 est nécessaire
dans une eau pour qu'elle ne soit ni agressive ni déposante, il ne faut pas que la teneur en gaz
carbonique soit trop importante. Car alors, l'eau n'aura pas la capacité de déposer la mince
couche de carbonate de calcium associé à des précipités métalliques (du fer en général). Or,
cette couche est nécessaire pour éviter la corrosion des canalisations, en particulier celles
réalisées en métaux ferreux.
Dans ce qui suit, nous allons définir ce qu'est une eau à l'équilibre calco-carbonique.
Au cours de son cycle dans la nature, l'eau dissout un certain nombre d'éléments, qui
sont principalement :
- Les gaz tels que l'anhydride carbonique, l'oxygène et l'azote.
- Des sels de l'acide carbonique et de bases fortes : carbonate de calcium, de magnésium, de
sodium, de potassium, etc.
- Des sels d'acides forts et de bases fortes : sulfates, chlorures, nitrates de calcium, de
magnésium, de sodium, etc.
Si les sels d'acides forts et de bases fortes sont sans interaction avec les molécules
d'eau, il n'en est pas de même avec les sels d'électrolytes faibles et les acides faibles qui
donnent des réactions d'hydrolyse.
Ces considérations nous amènent tout naturellement à faire une distinction entre les
éléments majeurs (ceux dont la teneur est habituellement de l'ordre ou supérieure au mg/1)
d'une eau. Nous considérons donc :
Les éléments fondamentaux d'une eau d'une part :
Ce sont des éléments qui ne sont pas indépendants entre eux :
Ben Thayer Béchir 2005 67 ESIER Medjez El Bab
(H+)
(OH-)
Anhydride carbonique libre {(CO2) + (H2 CO3)}
(HCO3-)
(CO3--)
(Ca++)
Les éléments caractéristiques d'autre part :
Ce sont les anions et cations majeurs autres que les éléments fondamentaux :
Mg++ Cl-
Na+ NO3-
K+ SO42-
Les concentrations de ces éléments ne sont liées par aucune relation.
9-1 : RELATIONS FONDAMENTALES ENTRE LES CONCENTRATIONS DES
ÉLÉMENTS PRÉSENTS DANS LES EAUX :
Un milieu aqueux étant électriquement neutre, il existe entre les concentrations de tous
les ions présents dans une eau une relation qui permet d'exprimer cette neutralité électrique.
Nombre de charges positives = Nombre de charges négatives.
2 |Ca++| + |H+| + 2| Mg++| + | Na+| +…. = 2|CO3--| + 2|SO42-| + |Cl-| + |HCO3-| + …... (n)
L'unité de concentration dans cette relation étant la millimole par litre (mmole/1).
Cette relation, dont l’émunération des termes est longue, peut être simplifiée en tenant
compte de la classification en éléments fondamentaux et éléments caractéristiques.
Si l'on désigne par C+ la somme des concentrations de charges positives portées par les
cations et A- celles portées par les anions des éléments caractéristiques, on a :
C+ = 2 |Mg++| + |Na+| + |K+| + ε+
A- = 2 |SO4--| + |Cl-| + |NO3-| + ε -
ε + et ε - désignent les charges des cations et anions présents en plus faible concentration.
La relation (n) peut alors s'écrire :
2|Ca++| + |H+| + C+ = 2|CO3- -| + |HCO3-| + |OH-| + A-
D'autre part, les éléments fondamentaux sont liés par un certain nombre d'équilibres
Ben Thayer Béchir 2005 68 ESIER Medjez El Bab
thermodynamiques :
H 3 O HCO 3-
(1) H 2 CO 3 H 2 O H 3 O HCO 3- K 1'
H 2 CO 3
H 3 O CO 3--
(2) HCO 3- H 2 O H 3 O CO 3 K '2
HCO 3--
(3) H 3O H 2 O
H 3O
2H 2 O Ke' OH - H 3 O
et à l'équilibre calco-carbonique, nous aurons :
(4) CO3-- + Ca++ Ca CO3 → Ks' = |CO3--| |Ca++|. On sera à l’équilibre calco-carbonique
si cette relation (4) est réalisée.
Dans ce cas, on peut calculer la concentration en gaz carbonique équilibrant
H 3O HCO 3-
H 2 CO 3
K 1'
HCO 3- 1 Ca
or H 3 O K '
2 et
CO 3 CO 3 K s'
K' 2 2
D’où H 2 CO 3 équilibrant Ca HCO 3-
K'1 K' s
C'est l'équation générale de l'équilibre calco-carbonique dans laquelle les quantités
sont exprimées en mole/1.
Si le gaz carbonique présent dans l'eau est en excès par rapport à la quantité équilibrante,
l'eau sera agressive et elle attaquera le marbre jusqu'à ce que l'équilibre soit réalisé.
H2 CO3 en excès + Ca CO3 2H CO3- + Ca++
1 mmole 1 mmole 2 mmole 1 mmole
2 me 2 me
Dans le cas contraire, la concentration en gaz carbonique dans l'eau est inférieure à la
quantité équilibrante. On est alors en présence d'une eau déposante (dépôt de CaCO 3) car
l'équilibre se réalise selon (2) de la réaction ci-dessus.
9-2 : CONSIDÉRATIONS SUR LES FORMES CARBONIQUES :
Ben Thayer Béchir 2005 69 ESIER Medjez El Bab
Du fait de la différence importante qui existe entre les deux constantes de dissociation
de l'acide carbonique, sa neutralisation conduit aux deux réactions successives suivantes :
H2CO3 + OH- HCO3- + H2O (pK’1 = 6,3 à 20°C) Puis
HCO3- + OH- CO3-- + H2O (pK’2 = 10,3 à 20°C)
Au cours de cette neutralisation, l'évolution des formes peut être représentée en % du CO 2
total initialement présent.
Par CO2 total, on entend la somme :
[CO2] total = [H2CO3] + [HCO3-] + [ CO3--]
[H2CO3] représente le gaz carbonique libre, c'est-à-dire [CO 2] + [H2CO3] sachant qu'il
n'est pas possible de distinguer les deux formes expérimentalement, puisqu'on a l'équilibre:
CO2 + H2O H2CO3
Figure 9-1 : Pourcentage des caractéristiques carboniques d'une eau prise à 15°C
( = 8 ,5 .10-3 mole/1)
Compte tenu de ces remarques, on peut calculer les pourcentages des caractéristiques
carboniques et les représenter graphiquement, c'est ce qui a été fait sur la figure 9-1.
Ben Thayer Béchir 2005 70 ESIER Medjez El Bab
Pour une concentration déterminée en CO2 total, la répartition des trois formes
carboniques varie en fonction du pH.
On constate que les courbes ont pour axe de symétrie la verticale élevée à partir de
pK 1' pK '2
pH
2
Ces courbes montrent que, pour des pH supérieurs à 8,3, la teneur de l'eau en CO 2 libre
devient négligeable alors que pour les pH inférieurs à 8,3, c'est la teneur en carbonates qui est
très faible.
Enfin, on remarquera les deux points caractéristiques d'intersection des courbes :
Pour
pH = pK’1 | H2CO3| = |HCO3-| = 50%
et pour
pH = pK’2 | H CO3- | = | CO3-- | = 50%
C'est au voisinage de ces deux pH que le pouvoir tampon de l'eau est maximum. On
remarquera en effet qu'autour de ces deux points, il faut une grande variation de la répartition
des formes carboniques pour observer une variation légère du pH (quelques dixièmes d'unité
pH, par exemple).
9-3 : REPRÉSENTATION GRAPHIQUE D'UNE EAU :
Les équilibres carboniques d'une eau mettent en œuvre six variables reliées, quelles que
soient les conditions, par quatre relations :
la neutralité électrique,
la première constante de dissociation,
la deuxième constante de dissociation,
le produit ionique de l'eau.
9-3-1 : CALCUL DES CONSTANTES APPARENTES K’ :
Les relations ci-dessus ne sont pas totalement indépendantes des éléments
caractéristiques, puisque les constantes thermodynamiques portent sur les activités
ioniques, liées aux concentrations par un coefficient, appelé coefficient d'activité :
ai = γi Ci
ai : désigne l'activité symbolisée par des parenthèses, ex : (CO3--)
Ben Thayer Béchir 2005 71 ESIER Medjez El Bab
Ci : désigne les concentrations, ex : | CO3-- |
i : est le coefficient d'activité.
Or, les coefficients d'activité varient selon la minéralisation globale d'une eau.
Dans le cas des eaux naturelles, les relations suivantes peuvent être utilisées :
i 10 -0.5 Z i
u
avec
1 1.4 u
in
1
où µ
2
c
i0
i z i2
ci est la concentration de l’ion i en mole/l et zi sa valence
Ainsi, les cologarithmes des constantes calculées à partir des concentrations pourront
être obtenus à partir des pK établis pour les conditions idéales (a i = ci, solutions pour
lesquelles la force ionique µ est nulle)
pK’1 = pK1 - ε
p K'2 = p K2 - 2 ε
pK'e = pKe - ε
pK's = pKs - 4 ε
On donne, dans le tableau 9-1 ci- après, les valeurs du pK à quelques températures
Tableau 9-1 : Valeurs de pK1, pK2, pKe et pKs à différentes températures.
T°C pK1 pK2 pKe pKs
0 6,68 10,63 14,94 -
10 6,48 10,49 14,53 8,15
18 6,41 10,40 14,24 8,26
20 6,39 10,38 14,17 8,28
25 6,37 10,33 14,00 8,34
40 6,31 10,22 13,54 8,44
60 6,29 10,14 13,26 8,72
On voit donc qu'une modification de la température de l'eau aura pour conséquences
une variation sensible des constantes apparentes entraînant ainsi des modifications dans la
répartition des formes carboniques.
9-3-2 : REPRÉSENTATION GRAPHIQUE :
Les six éléments fondamentaux d'une eau étant reliés par quatre relations, il reste deux
Ben Thayer Béchir 2005 72 ESIER Medjez El Bab
variables indépendantes, que l'on pourra porter sur les deux axes d'un plan de représentation
Le choix des variables est très ouvert et l'on peut retenir un paramètre ou des combinaisons
linéaires de paramètres pour définir chaque variable.
La représentation graphique qui permet de considérer tous les cas de figure a été proposée
par LEGRAND et POIRIER qui ont retenu comme coordonnées : le calcium, |Ca++| et le CO2
total exprimés en m mole/l. Dans ces conditions, on peut écrire la relation de neutralité en
isolant le paramètre |Ca++|
2 Ca 2 CO 3-- HCO 3- OH - - H A - - C
et Ca CO 3--
1
2
HCO -
3 OH - - H
1
2
A -
- C
en posant
1
2
A- - C
la relation de neutralité s' écrit :
(In) 2 Ca - 2 CO 3-- HCO 3- OH - - H
La seconde coordonnée étant CO 2 total, on a :
CO 2 total 2 H 2 CO 3 HCO 3- CO 3--
Que l' on peut exprimer en fonction de Ca -
(II)
CO 2 total 2 Ca - H 2 CO 3 H CO 3-- - OH -
La relation (II) pourra être simplifiée en tenant compte des différentes situations :
1) supposons que l’on soit en présence d’une eau pour laquelle |H2CO3| = |CO3--|
En reprenant les relations (I) et (II), on a :
2
K 1' K '2 H 2 CO 3 CO 3- H
pK 1' pK '2
pH , compte tenu des valeurs de PK 1' et pK '2 , le pH sera voisin de 8,3.
2
Dans ces conditions, on a :
H et OH - HCO 3-
la relation (II) s' écrit alors :
CO 2 total 2 Ca - HCO 3-
2
K 1' K '2 H 2 CO 3 CO 3- H
pK 1' pK '2
pH , compte tenu des valeurs de PK 1' et pK '2 , le pH sera voisin de 8,3.
2
Dans ces conditions, on a :
H et OH - HCO 3-
la relation (II) s' écrit alors :
CO 2 total 2 Ca - HCO 3-
Ben Thayer Béchir 2005 73 ESIER Medjez El Bab
Les points représentatifs de ces eaux se situent sur une demi-droite de pente 2 et
d’origine : x = λ et y = 0.
Figure 9-2 : Traçage de la demi droite de pente 2 :
2) Mais, les eaux naturelles ont généralement des pH inférieurs à 8,3. Dans ces
conditions, si l'on se reporte aux courbes de répartition des formes carboniques, on a :
| CO32-| et |OH-| << | H CO3- |
<< |H2CO3|
Alors, la relation II se simplifie :
CO2 total = 2{|Ca++| - λ} + |H2CO3| + | H+|
Les points représentatifs de telles eaux se situeront dans le secteur déterminé par l'axe
des ordonnées et la demi-droite S X.
Figure 9-3:
Ben Thayer Béchir 2005 74 ESIER Medjez El Bab
La relation ci-dessus peut encore se simplifier car les eaux naturelles ont des pH
supérieurs à 5. Alors | H+ | est négligeable devant | H2CO3 | si bien que, sous cette condition,
on pourra écrire :
(II') |CO2| Total = 2 {| Ca++ | - λ} + | H2CO3|
Figure 9-4
Les points représentatifs de ces eaux se situeront dans l’angle X S Y, et celles dont les
points seront sur une même droite Sn auront le même pH, déterminé par la relation (I)
H 2 CO 3 H 2 CO 3
H K 1' -
pH pK 1' - log
HCO 3 HCO 3-
H 2 CO 3
pH Cte si Cte
HCO 3-
Et les valeurs de pH seront croissantes de SY à SX.
Remarque : Nous n'étudierons pas le cas des eaux dont le pH est supérieur à 8,3 et dont les
Ben Thayer Béchir 2005 75 ESIER Medjez El Bab
points représentatifs se situent au-dessous de la droite SX.
9-3-3 : COURBE DE L'ÉQUILIBRE CALCO-CARBONIQUE :
Lorsqu’une eau satisfait à l’équilibre calco-carbonique, on a la relation supplémentaire
suivante :
(4) CO3-- + Ca++ <==> CaCO3 avec K’s = |CO3--| | Ca++ |
Disposant alors, avec six variables de cinq relations, on aboutit à un système à un
degré de liberté. Ainsi, pour une teneur en calcium et un y donnés, la valeur de CO 2 total sera
fixée.
Dans ce cas, pour des teneurs en calcium et en hydrogéno-carbonate données, on peut
calculer la quantité de H2 CO3 équilibrant.
On rappelle que :
K 42 2
H 2 CO 3 équilibrant ' '
Ca HCO 3-
K1 K S
9-3-4 : CONSTRUCTION DE LA COURBE D'ÉQUILIBRE :
a/ Calcul du paramètre λ :
Le bulletin des résultats analytiques d’une eau fait généralement apparaître une
légère différence entre la somme des charges positives et la somme des charges négative
exprimées en mé/l. Ceci est dû aux incertitudes pesant sur chaque résultat .Mais ceci n’a pas
d’incidence sur le calcul de λ.
En effet, supposons que l’on connaisse avec une exactitude parfaite la somme des
charges de chaque signe et posons la égale à B
On aura C B - 2 Ca
et A - B - 2 CO 3-- - HCO 3-
A- - C 2 Ca - 2 CO 3-- - HCO 3-
2 2
Si le pH est inférieur à 8.3 , CO 3-- est négligéable et
1
Ca - HCO 3-
2
Où les concentrations sont exprimées en mmole/l.
Ben Thayer Béchir 2005 76 ESIER Medjez El Bab
9-4 : EXEMPLE D’APPLICATION : ETUDE GRAPHIQUE D’UNE EAU D’UN
FORAGE :
Résultat de l’examen physico-chimique :
Examen physique
Température de l’eau (mesure sur le terrain °C)……………………….……………..............11
Turbidité (NTU)………………..………….…………………………………………….…....3
Résistivité (en Ω - cm à 20°C)……….…………….…….5660………….……………………
pH…………….….…….6,35………………………….Odeur………………………..………
Couleur (mg/1 de Pt)……………...…5 ………………….. Saveur………..…………………
Analyse chimique
Chlore libre (Cl2) …………..……………………………………………mg/ litre
Titre alcalimétrique (TA) ……………………..…0 ………………..….degrés français
Titre alcalimétrique complet (TAC) …………..……. 3,0 ……….....…. degrés français
Titre hydrotimétrique complet (T H) ……...…4,6 …………………… degrés français
Oxydabilité au KMnO4, en milieu alcalin ……………0,4 ………… ….. mg/ litre (O2)
Anhydride carbonique libre (CO2) …………………..54,3 ……… ……mg/ litre
Oxygène dissous ( O2) ……………………..…………4,7……………… mg/ litre
Silice (en Si O2) ………………………………..……10,2……………… mg/ litre
Hydrogène sulfuré (H2S) ……………….……………/……………….… mg/ litre
Résidu sec à 105-110°C…………………………………/……………….mg/ litre
Résidu sec à 500°C………………………………..……/………………..mg/ litre
Etude de l’agressivité (essai sur marbre) Avant Après
pH 6,35 7,35
Titre alcalimétrique complet TAC (°F) 3,0 12,8
Titre hydrotimétrique TH (°F) 4,6 14,7
CATIONS mg/l me/l ANIONS mg/1 me/1
Ben Thayer Béchir 2005 77 ESIER Medjez El Bab
Calcium, en Ca++ 11 0.55 Carbonate , CO3-- 0 0
Magnésium, en Mg++ 4.5 0.37 Hydrogénocarbonate , HCO3- 36.0 0.59
Ammonium, en NH4+ <0.05 0.00 Chlorure , Cl- 27 0.76
Sodium, en Na+ 20.5 0.89 Sulfate ,SO4-- 18 0.37
Potassium en K+ 2.0 0.05 Nitrite , NO2- 0.01 0.00
Fer, en Fe++ 0.08 0.00 Nitrate , NO3- 8.7 0.14
Manganèse, en Mn++ 0.03 0.00 Phosphate, PO43- 0.02 0.00
Aluminium, en Al+++ 0.11 0.00 - - -
Recherches spéciales :
Phénols ………. µg/l Cuivre (Cu) ……….. µg/l
Cyanure (CN)…….. µg/l Cadmium (Cd)………… µg/l
Fluorure (F-)……….µg/l
Plomb (Pb) ………….…µg/l
Arsenic (As)……… µg/l Zinc (Zn) …………........µg/l
Sélénium (Se).….… µg/l Chrome total ( Cr )……..µg/l
Conclusion
L’eau est de bonne qualité physico-chimique, sauf qu’elle est agressive.
Si on utilise les concentrations exprimées en mé/1 figurant sur le bulletin d’analyse, il
suffira de faire la différence des deux espèces.
A partir de l’analyse complète de cette eau souterraine, nous allons construire un
diagramme complet pour une température de 10°C
λ = (0,55 - 0,59) / 2 = -0,04/2= -0,02 mmoles/l.
La force ionique due aux éléments caractéristiques se calcule ainsi :
Ions monovalents mé/l ions bivalents mé/l
Na+ 0,89 Mg++ 0,37
K+ 0,05 SO4-- 0,37
Cl- 0,76 0.74
NO3- 0,14
1.84
µc = (1.84 x 1²) / 2 + (0.37 x 2²) / 2 = 1.66 mmole/l
Ben Thayer Béchir 2005 78 ESIER Medjez El Bab
Tableau 9-2 : Calcul :
|Ca++|
0.5 1 2 3 4 Observations
Paramètres
|HCO3-| = 2{|Ca++| - λ} 1.04 2.04 4.04 6.04 8.04
µc 1.66 1.66 1.66 1.66 1.66
µf = (|HCO3-| + 4 |Ca++|) / 2 1.52 3.02 6.02 9.02 12.02
µc + µf = µ 3.18 4.68 7.68 10.68 13.68
ε 0.05 0.06 0.08 0.09 0.10
K’1 10 -6.43 10-6.42 10-6.40 10-6.39 10-6.38
K’2 10-10.39 10-10.37 10-10.33 10-10.31 10-10.29
K’s 10-7.95 10-7.91 10-7.83 10-7.79 10-7.75
K’2 / K’1 K’s 103.99 103.96 103.90 103.87 103.84
K’2 / K’s 10-2.44 10-2.46 10-2.50 10-2.52 10-2.54
|H2CO3| 5.3 10-3 3.8 2.6.10 8.1.10-1 1.8
10-2 -1
|CO2 total| = |H2CO3| + | 1.0 2.1 4.3 6.8 9.8
HCO3-|
pH d’équilibre 8.72 8.15 7.59 7.26 7.03
Remarques : Les concentrations sont exprimées en mmole /l
À t = 10°C K1= 10-6.48 K2= 10-10.49 Ks= 10-8.15
9-5 : TRACÉ DU GRAPHIQUE :
Pour avoir un graphique facilement utilisable, il faut choisir des axes orthonormés (les
échelles sont identiques sur l’abscisse et l’ordonnée). Puis, à partir du point d’abscisse égal
à λ, on trace la droite de pente 2. Après avoir porté sur le graphique les coordonnées
obtenues dans le tableau de calcul de la courbe d’équilibre, on peut tracer celle-ci.
Enfin, pour placer le point représentatif de l'état de l'eau étudiée, il suffit de déterminer son
CO2 total en additionnant les concentrations des différentes formes exprimées en mmole/1.
Dans notre exemple, nous aurons :
54.3
CO 2 54.3 mg/l CO 2 1.24 m.moles / l.
44
HCO 3- 0.59 m. moles / l.
CO 3-- 0.00 m. moles / l.
CO 2 total 1.83 m. moles / l.
11
et Ca 0.275 m . moles / l.
40
x 0.28
d' où les coordonnées du point M
y 1.83
Ben Thayer Béchir 2005 79 ESIER Medjez El Bab
9-6 : UTILISATION DU GRAPHIQUE :
La verticale passant par M vient couper la droite de pente 2 au point I. Or, nous savons
que dans ce cas :
CO 2 total 2 Ca - H 2 CO 3
et que HCO 3- 2 Ca -
Si bien que l'ordonnée du point 1 représente la teneur en HCO 3- et la longueur du
segment IM la concentration en CO2 libre de l'eau.
Ainsi, les concentrations des éléments fondamentaux apparaissent directement sur le
graphique.
Figure 9-6 : Tracé de la droite de pente 2 :
Figure 9-5 : Courbe d’équilibre calco-carbonique :
Ben Thayer Béchir 2005 80 ESIER Medjez El Bab
CaCO3 : 114 mg / m3
pH : 7,84
CO2 : 4,2 mg / l
N TAC : 14,4 °F
H TH : 16,1 °F
M
J
Ca (OH)2 : 45mg /
m3
pH : 8,23
CO2 : 1,0 mg / l
TAC : 9,1 °F
TH : 10,8 °F
C++ (mmole/l)
Ben Thayer Béchir 2005 81 ESIER Medjez El Bab
Le point M se situant très au-dessus de la courbe d'équilibre, la teneur en CO 2 libre est
nettement supérieure à la quantité équilibrante, si bien que l'eau est agressive.
Pour atteindre l'équilibre, on pourra soit :
éliminer le CO2 agressif par dégazage ; alors le point représentatif de l'eau
descendra verticalement ;
neutraliser le CO2 agressif par addition de chaux.
On aura alors la réaction :
2 H2CO3 + Ca++, 2OH- ↔ 2HCO3-, Ca+ + + H2O
Comme il y a transformation d'une forme carbonique en une autre forme, le CO2 total ne
varie pas. Seule la teneur en calcium augmente et le point M se déplace en suivant une
horizontale jusqu'au point de rencontre avec la courbe d'équilibre (point J). La longueur du
segment MJ représente l'augmentation de la teneur de l'eau en calcium. On pourra donc en
déduire le TH final.
Le TAC final est obtenu à partir de l'ordonnée du point J.
Neutraliser le CO2 agressif par filtration sur marbre (ou un matériau équivalent). On
aura alors la réaction :
H2CO3 + CaCO3 ↔ 2 HCO3-, Ca++
Dans ce cas, les accroissements du CO2 total et du calcium seront parallèles et le point
M se déplacera selon une droite de pente 1, pour atteindre l'équilibre au point N. Des
différences d'abscisses des points N et M, on déduit l'augmentation de la teneur de l'eau en
calcium, ce qui permet de calculer le TH final.
Par ailleurs, la verticale menée à partir de N vient couper la droite de pente 2 au point
H. L'ordonnée du point H permet de calculer le TAC final et la longueur du segment HN
correspond à la concentration en CO2 équilibrant.
Les pH d'équilibre pourront être intrapolés entre les différents pH des points du calcul
de la courbe d'équilibre.
En conclusion, ce graphique permet de connaître, pour les différents traitements les
caractéristiques de l'eau traitée et de faire des choix de filières de traitement.
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Exercice :
Le contrôle physico-chimique d’une eau de puits a révélé les résultats suivants :
Résultats de l’examen physico-Chimique
Température…………………………………………10°C
Résistivité………………………………………….300Ωcm
Turbidité……………………………………………1 NTU
pH…………………………………………………..6,15
Couleur……………………………………………...5 mg/l de Pt-Co
Titre alcalimétrique (TA)……………………………x°f
Tire alcalimétrique complet (TAC)………………….y°f
Dureté totale (TH)……………………………………z°f
Oxydabilité au KMnO4 en milieu alcalin……………0,6mg/lrnO2
Anhydride carbonique libre………………………….40,7mg/l
Oxygène dissous……………………………………..8,8mg/l
Hydrogénocarbonate (HCO3-)………………………22,0mg/l soit 0,36me/l
Azote nitrique (NO3-)……………………………….19mg/l soit 0,31me/l
Azote nitreux (NO2-)………………………………..<0,01mg/l soit 0me/l
Chlorures (Cl-)………………………………………25 mg/l soit 0,70me/l
Sulfates (SO42-)………………………………………8mg/l soit 0,17 me/l
Phosphates (PO43-)…………………………………….<0,02mg/l soit 0 me/l
Calcium (Ca++)…………………………………………8,0 mg/l soit 0,40 me/l
Magnésium (Mg++)…………………………………….3,4 mg/l soit 0,28 me/l
Sodium (Na+)…………………………………………..19,4mg/l soit 0,84 me/l
Potassium (K+)………………………………………….2,8 mg/l soit 0,07 me/l
Fer (Fe++)……………………………………………….0,40 mg/l soit 0,01 me/l
Manganèse (Mn++)……………………………………..<0,01 mg/l soit 0,01me/l
Aluminium (Al3+)……………………………………..<0,05mg/l soit 0 me/l
Phénols …………………………………………………< 10µg/l
Cuivre (Cu)……………………………………………..<10µg/l
Cadmium (Cd)…………………………………………..<0,5µg/l
Plomb (Pb)………………………………………………<0,5µg/l
Zinc (Zn)………………………………………………...94µg/l
Ben Thayer Béchir 2005 83 ESIER Medjez El Bab
Courbe d’équilibre calcocarbonique CO2 total = f (Ca++)
Ca++ (millimoles/l) CO2 total (millimoles/l) pH
0,2 0,36 9,57
0,4 0,76 8,95
0,6 1,17 8,60
0,8 1,58 8,36
1,0 2,00 8,17
1,5 3,07 7,83
2,0 4,21 7,60
2,5 5,44 7,41
3,0 6,76 7,27
3,5 8,17 7,14
a/ Calculez les valeurs de x,y et z.
b/ La balance ionique est elle équilibrée ? Pourquoi ?
c/ On vous demande de rédiger un commentaire (maximum cinq phrases) sur la qualité de
cette eau et d’indiquer si, à votre avis, des traitement correctifs sont nécessaires et possibles
(en justifiant bien en entendu vos calculs et vos conclusions).
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Ben Thayer Béchir 2005 87 ESIER Medjez El Bab
SOMMAIRE
PRESENTATION..............................................................................................................................1
OBJECTIFS.......................................................................................................................................2
PRE-REQUIS....................................................................................................................................3
AVANT PROPOS.............................................................................................................................4
INTRODUCTION.............................................................................................................................6
CHAPITRE 1 : HISTORIQUE DE LA MICROBIOLOGIE.................................................................9
1-1: INTRODUCTION :....................................................................................................................9
1-2 : TERMINOLOGIE :.................................................................................................................12
CHAPITRE 2 : STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE LA CELLULE BACTERIENNE.................13
2-1 : STRUCTURE DE LA CELLULE BACTERIENNE :.............................................................13
2-1-1 : MORPHOLOGIE :...............................................................................................................13
2- 1-1-1 : DIMENSIONS :...............................................................................................................13
2-1-1-2 : FORME :...........................................................................................................................13
2-1-2- STRUCTURE PROPREMENT DITE :................................................................................13
2-2 : PHYSIOLOGIE DE LA CELLULE BACTERIENNE :..........................................................14
2-2-1 : DIVISION CELLULAIRE :.................................................................................................14
2-2-2 : NUTRITION ET CROISSANCE :.......................................................................................15
2-2-2-1: BESOINS NUTRITIFS :....................................................................................................15
2-2-2-2- FACTEURS PHYSIQUES :..............................................................................................17
2-2-2-3: CROISSANCE :.................................................................................................................18
CHAPITRE 3 : GENERALITES SUR LES VIRUS............................................................................21
3-1- INTRODUCTION ET DEFINITION :.....................................................................................21
3-2- STRUCTURE DES VIRUS :...................................................................................................22
3-3- CULTURE DES VIRUS :........................................................................................................22
CHAPITRE 4 : LES MICROORGANISMES PATHOGENES DES EAUX.......................................24
4-1 : GENERALITES :....................................................................................................................24
4-2: POLLUTION DES EAUX DOUCES :.....................................................................................24
4-2-1 : ENTEROBACTERIES:........................................................................................................24
4-2-1-1 : LES SALMONELLES :....................................................................................................24
4-2-1-2 : SHIGELLA :.....................................................................................................................26
4-2-1-3 : ESCHERICHIA COLI PATHOGENES :.........................................................................27
4-2-2: STAPHYLOCOQUES :........................................................................................................27
4-2-3: VIBRION CHOLERIQUE :..................................................................................................27
4-2-4 : MYCOBACTERIES :..........................................................................................................28
4-2-5: LEPTOSPIRES :...................................................................................................................30
4-2-6 : AMIBES PATHOGENES : (PROTOZOAIRES PARASITES) :.........................................31
4-2-6-1 : AMIBE DYSENTERIQUE : (ENTAMAEBA HISTOLYTICA) :...................................31
4-2-6-2: MENINGITE AMIBIENNE DES PISCINES :..................................................................31
4-2-7: VIRUS :.................................................................................................................................32
4-3 : POLLUTION PROPRE AUX EAUX DE MER :....................................................................32
4-3-1:VIBRIO-PARA-HAEMOLITICUS :.....................................................................................32
4-3-2 : CLOSTRIDIUM BOTULINUM : AGENT DU BOTULISME :..........................................32
4-4: GERMES PATHOGENES PROPRES AUX PAYS TROPICAUX :.......................................33
4-4-1 : BILHARZIOSES : (OU SCHISTOSOMIASES) :...............................................................33
4-4-2 : DYSENTERIE BALANTIDIENNE (BALANTIDIUM COLI) :.........................................33
4-4-3 : FILARIOSES :.....................................................................................................................33
Ben Thayer Béchir 2005 88 ESIER Medjez El Bab
CHAPITRE 5 : ANALYSE BACTERIOLOGIQUE DES EAUX.......................................................34
5-1 : GENERALITES SUR LES EAUX :.......................................................................................34
5-1-1 : LES EAUX DE BOISSON :................................................................................................34
5-1-2 : LES EAUX DE BAIGNADE :............................................................................................34
5-2 : LES PRELEVEMENTS :.......................................................................................................34
5-2-1 : MATERIEL :.......................................................................................................................34
5-2-2: TECHNIQUE :.....................................................................................................................35
5-2-2-1 : SOURCES (JAILLISSANTES) :.....................................................................................35
5-2-2-2 : PUITS ET FORAGES :....................................................................................................35
5-2-2-3: LES EAUX DE SURFACE : OUEDS, BARRAGES, ETANGS :....................................36
5-2-2-4 : LES EAUX DE DISTRIBUTION :..................................................................................36
5-2-2-5 : EAUX MINIRALES ET EAUX DE TABLE :.................................................................37
5-3 : TRANSPORT DES PRELEVEMENTS :...............................................................................38
5-4 : NUMERATION DES GERMES DANS LES EAUX :...........................................................38
5-4-1 : TECHNIQUE D’ANALYSE :.............................................................................................39
5-4-2- INTERPRETATION :..........................................................................................................40
5-4-3: ESPECES BACTERIENNES AINSI ISOLEES :.................................................................40
5-4-4: INTERPRETATION DES RESULTATS :...........................................................................40
CHAPITRE 6 : GERMES TEMOINS DE CONTAMINATION FECALE.........................................42
6-1 : GENERALITES :....................................................................................................................42
6-2 : LES PRINCIPALES FAMILLES CONSTITUANT LES GERMES TEMOINS DE..............42
CONTAMINATION FECALE :......................................................................................................42
6-3 : RECHERCHE DE GERMES TÉMOINS DE CONTAMINATION FÉCALE :.....................43
6-3-1 : RECHERCHE DES COLIFORMES :..................................................................................43
6-3-1-1 : GÉNÉRALITÉS :..............................................................................................................43
6-3-1-2 : TECHNIQUE D'ANALYSE :...........................................................................................43
6-3-2 : RECHERCHE DES STREPTOCOQUES FÉCAUX :.........................................................44
6-3-2-1 : GÉNÉRALITÉS :..............................................................................................................44
6-3-2-2: TECHNIQUE D’ANALYSE :...........................................................................................45
6-3-3 : RECHERCHE DES CLOSTRIDIUM :...............................................................................45
6-3-3-1 : GÉNÉRALITÉS :..............................................................................................................45
6-3-3-2 : ISOLEMENT :..................................................................................................................45
6-3-4 : RECHERCHE DE BACTÉRIOPHAGES :..........................................................................46
6-3-4-1 : GÉNÉRALITÉS :..............................................................................................................46
6-3-4-2 : TECHNIQUE D'ANALYSE :...........................................................................................46
6-4 : NORMES BACTÉRIOLOGIQUES DES EAUX :..................................................................47
6-4-1 : EAU DE BOISSON :...........................................................................................................47
6-4-2 : EAU DE PISCINES :...........................................................................................................47
6-4-3 : THALASSOTHÉRAPIE :....................................................................................................47
CHAPITRE 7 : RAPPELS SUR LA CHIMIE DE L'EAU...................................................................49
7-1 : PRINCIPAUX CONSTITUANTS DES EAUX NATURELLES :.........................................49
7-1-1 : GAZ DISSOUS DANS L'EAU :.........................................................................................49
7-1-1-1 : L'OXYGÈNE O2 :............................................................................................................49
7-1-1-2 : L'HYDROGÈNE SULFURÉ H2S :.................................................................................50
7-1-1-3 : GAZ CARBONIQUE CO2 :............................................................................................50
7-1-2 : ELÉMENTS MINÉRAUX FONDAMENTAUX :..............................................................50
7-1-3 : LES ÉLÉMENTS MINÉRAUX CARACTÉRISTIQUES :.................................................51
Ben Thayer Béchir 2005 89 ESIER Medjez El Bab
7-1-4 : LES MÉTAUX LOURDS :.................................................................................................51
7-1-5 : MATIÈRES ORGANIQUES :.............................................................................................52
7-1-5-1 : MATIÈRES ORGANIQUES NATURELLES :...............................................................52
7-1-5-2 : MATIÈRES ORGANIQUES DE SYNTHÈSE :..............................................................53
7-2 : CONCLUSION :.....................................................................................................................53
CHAPITRE 8 : ANALYSE D’UNE EAU............................................................................................55
8-1 : CARACTÉRISTIQUES PHYSIQUES :.................................................................................55
8-1-1 : TURBIDITÉ :......................................................................................................................55
8-1-2 : TEMPÉRATURE :..............................................................................................................56
8-1-3 : SAVEUR, ODEUR :...........................................................................................................56
8-1-4 : COULEUR :........................................................................................................................56
8-1-5 : LES MATIÈRES EN SUSPENSION TOTALE :................................................................57
8-2 : CARACTÉRISTIQUES CHIMIQUES ET PHYSICO-CHIMIQUES :..................................57
8-2-1 : MINÉRALISATION :.........................................................................................................57
8-2-2 : RÉSISTIVITÉ ÉLECTRIQUE D'UNE EAU. CALCUL DE LA MINÉRALISATION :....58
8-2-3 : PH D'UNE EAU :................................................................................................................58
8-2-4 : MATIÈRES ORGANIQUES :.............................................................................................58
8-2-5 : OXYGÈNE DISSOUS :......................................................................................................59
8-2-6 : LE TITRE HYDROTIMÉTRIQUE : TH :...........................................................................59
LA NORME TUNISIENNE EST DE 100°F...................................................................................60
8-2-7 : TITRE ALCALIMÉTRIQUE COMPLET T.A.C :.............................................................60
8-2-8 : LE TITRE ALCALIMÉTRIQUE TA :................................................................................60
8-2-9 : LA SILICE TOTALE :........................................................................................................60
8-2-10 : L'ANHYDRIDE CARBONIQUE LIBRE :.......................................................................61
8-2-11 : EQUILIBRE IONIQUE :...................................................................................................61
8-2-12 : ESSAI SUR MARBRE :....................................................................................................61
8-2-13 : CONCENTRATIONS LIMITES DE CERTAINS ÉLÉMENTS :.....................................62
8-2-14 : SUBSTANCES TOXIQUES OU INDÉSIRABLES :.......................................................62
CHAPITRE 9 : L’EQUILIBRE CALCOCARBONIQUE D’UNE EAU.............................................66
9-1 : RELATIONS FONDAMENTALES ENTRE LES CONCENTRATIONS DES ÉLÉMENTS
PRÉSENTS DANS LES EAUX :....................................................................................................67
9-2 : CONSIDÉRATIONS SUR LES FORMES CARBONIQUES :..............................................69
9-3 : REPRÉSENTATION GRAPHIQUE D'UNE EAU :...............................................................70
9-3-1 : CALCUL DES CONSTANTES APPARENTES K’ :..........................................................70
9-3-2 : REPRÉSENTATION GRAPHIQUE :..................................................................................72
9-3-3 : COURBE DE L'ÉQUILIBRE CALCO-CARBONIQUE :...................................................75
9-3-4 : CONSTRUCTION DE LA COURBE D'ÉQUILIBRE :.......................................................75
9-4 : EXEMPLE D’APPLICATION : ETUDE GRAPHIQUE D’UNE EAU D’UN.......................76
FORAGE :.......................................................................................................................................76
9-5 : TRACÉ DU GRAPHIQUE :....................................................................................................78
9-6 : UTILISATION DU GRAPHIQUE :..................................................................................79
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES...................................................................................84
Ben Thayer Béchir 2005 90 ESIER Medjez El Bab