UNIVERSITE SIDI MOHAMMED BEN ABDELLAH
FACULTE DE MEDECINE ET DE PHARMACIE
FES
Année 2010 Thèse N° 091/10
SURCOUT DE L’INFECTION NOSOCOMIALE EN
REANIMATION MEDICALE AU CHU IBN ROCHD
(A propos de 10 cas)
THESE
PRESENTEE ET SOUTENUE PUBLIQUEMENT LE 07/05/2010
PAR
M. OMAR BELHAJ SOULAMI
Né le 22 Novembre 1984 à Fès
POUR L’OBTENTION DU DOCTORAT EN MEDECINE
MOTS-CLES :
Infection nosocomiale – Surcoût de l’infection nosocomiale- Moyens de prévention de
l’infection nosocomiale
JURY
M. SAID MOTAWAKKIL PRESIDENT
Professeur de Réanimation médicale
M. CHAKIB NEJJARI RAPPORTEUR
Professeur d’épidémiologie clinique
M. AHMED BELLABAH
Professeur de Gastro-entérologie
M. MUSTAPHA BENAZZOUZ JUGES
Professeur de Gastro-entérologie
M. KHALID MAAZAZ
Professeur agrégé de chirurgie viscérale
-1-
ﺟﺎﻣﻌﺔ ﺳﯿﺪي ﻣﺤﻤﺪ ﺑﻦ ﻋﺒﺪ اﻟﻠــﮫ
ﻛﻠﯿﺔ اﻟﻄﺐ و اﻟﺼﯿﺪﻟﺔ ﺑﻔﺎس
أﻃﺮوﺣﺔ رﻗﻢ 091 / 10 ﺳﻨﺔ 2010
اﻟﻜﻠﻔﺔ اﻟﺰاﺋﺪة ﻟﻠﺘﻌﻔﻨﺎت اﻻﺳﺘﺸﻔﺎﺋﯿﺔ
ﺑﺎﻟﻤﺮﻛﺰ اﻻﺳﺘﺸﻔﺎﺋﻲ اﺑﻦ رﺷﺪ
)ﺑﺼﺪد 10ﺣﺎﻻت(
اﻷﻃﺮوﺣﺔ
2010/05/07 ﻗﺪﻣﺖ وﻧﻮﻗﺸﺖ ﻋﻼﻧﯿﺔ ﯾﻮم
ﻣﻦ ﻃﺮف
اﻟﺴﯿﺪ ﻋﻤﺮ ﺑﻦ اﻟﺤﺎج اﻟﺴﻠﻤﻲ
اﻟﻤﺰداد ﻓﻲ 1984/11/22ﺑﻔﺎس
ﻟﻨﯿﻞ ﺷﮭﺎدة اﻟﺪﻛﺘﻮراه ﻓﻲ اﻟﻄﺐ
اﻟﻜﻠﻤﺎت اﻷﺳﺎﺳﯿﺔ :
اﻟﺘﻌﻔﻨﺎت اﻻﺳﺘﺸﻔﺎﺋﯿﺔ – اﻟﻜﻠﻔﺔ اﻟﺰاﺋﺪة ﻟﻠﺘﻌﻔﻨﺎت اﻻﺳﺘﺸﻔﺎﺋﯿﺔ – وﺳﺎﺋﻞ اﻟﻮﻗﺎﯾﺔ ﻣﻦ اﻟﺘﻌﻔﻨﺎت اﻻﺳﺘﺸﻔﺎﺋﯿﺔ
اﻟﻠﺠﻨﺔ
اﻟﺮﺋﯿﺲ اﻟﺴﯿﺪ ﺳﻌﯿﺪ ﻣﺘﻮﻛﻞ...........................................................
أﺳﺘﺎذ ﻓﻲ اﻹﻧﻌﺎش اﻟﻄﺒﻲ
اﻟﻤﺸﺮف اﻟﺴﯿﺪ ﺷﻜﯿﺐ اﻟﻨﺠﺎري........................................................
أﺳﺘﺎذ ﻓﻲ ﻋﻠﻢ اﻷوﺑﺌﺔ اﻟﺴﺮﯾﺮي
اﻟﺴﯿﺪ أﺣﻤﺪ ﺑﻠﺒﺎح.............................................................
أﺳﺘﺎذ ﻓﻲ أﻣﺮاض اﻟﺠﮭﺎز اﻟﮭﻀﻤﻲ
أﻋﻀﺎء اﻟﺴﯿﺪ ﻣﺼﻄﻔﻰ ﺑﻨﻌﺰوز......................................................
أﺳﺘﺎذ ﻓﻲ أﻣﺮاض اﻟﺠﮭﺎز اﻟﮭﻀﻤﻲ
اﻟﺴﯿﺪ ﺧﺎﻟﺪ ﻣﻌﺰاز.............................................................
أﺳﺘﺎذ ﻣﺒﺮز ﻓﻲ اﻟﺠﺮاﺣﺔ اﻟﺒﺎﻃﻨﯿﺔ
-2-
ﺑﺴﻢ اﷲ اﻟﺮﺣﻤـَﻦ اﻟﺮﺣﯿﻢ
(3)(2)(1)
(5) (4)
ﺻﺪق اﷲ اﻟﻌﻈﯿﻢ
-3-
Université Sidi Mohamed Ben Abdellah
Faculté de médecine et de pharmacie de Fès
DOYEN HONORAIRE
Pr. MAAOUNI ABDELAZIZ.
ADMINISTRATION
Doyen
Pr. MY HASSAN FARIH
Vice doyen chargé des affaires pédagogiques
Pr. EL AMINE EL ALAMI MOHAMED NOUR-DINE
Vice doyen chargé de la recherche
Pr. BELAHSEN MOHAMMED FAOUZI
Secrétaire général
M. SBAI ABDENABI
-4-
Liste des enseignants
Professeurs de l’enseignement supérieur
AIT TALEB KHALID Chirurgie Générale
AMARTI RIFFI AFAF Anatomie pathologique
AMEZIANE LOTFI Traumatologie-othopédie
BANANI ABDELAZIZ Gynécologie Obstétrique
BENJELLOUN MOHA MED CHAKIB Pneumo-phtisiologie
BOUHARROU ABDELHAK Pédiatrie
CHAKOUR KHALID Anatomie
CHAOUI EL FAIZ MOHAMMED Neurochirurgie
CHERKAOUI MALKI MOHAMMED Radiologie
EL ALAMI EL AMINE MOHAMED NOUR-DINE ORL
FARIH MOULAY HASSAN Urologie
HIDA MOUSTAPHA Pédiatrie
IBRAHIMI SIDI ADIL Gastro-entérologie
KANJAA NABIL Anesthésie réanimation
MELHOUF MY ABDELILAH Gynécologie Obstétrique
NEJJARI CHAKIB Epidémiologie clinique
TAHRI HICHAM Ophtalmologie
ZTOT SAMIR Cardiologie
-5-
Professeurs agrégés
AFIFI MY ABDRRAHMAN Chirurgie pédiatrique
AKOUDAD HAFID Cardiologie
AMARA BOUCHRA Pneumo-phtisiologie
ATMANI SAMIR Pédiatrie
BELAHSEN MOHAMMED FAOUZI Neurologie
BONO WAFAA Médecine interne
BOUABDALLAH YOUSSEF Chirurgie pédiatrique
BOUCHIKHI CHEHRAZED Gynécologie Obstétrique
BOUGUERN HAKIMA Gynécologie Obstétrique
BOUTAYEB FAWZI Traumatologie-orthopédie
CHAARA HEKMAT Gynécologie Obstétrique
CHAOUKI SANA Pédiatrie
EL ABKARI MOHAMMED Gastro-entérologie
EL BIAZE MOHAMMED Pneumo-phtisiologie
EL FASSI MOHAMMED JAMAL Urologie
ELMRINI ABDELMAJID Traumatologie-orthopédie
HARANDOU MUSTAPHA Anesthésie réanimation
HASSOUNI KHALID Radiothérapie
KHATOUF MOHAMMED Anesthésie réanimation
MAZAZ KHALID Chirurgie Générale
MERNISSI FATIMA ZAHRA Dermatologie
MESSOUAK OUAFAE Neurologie
MIKOU OUAFAE Dermatologie
OUDIDI ABDELLATIF ORL
TIZNITI SIHAM Radiologie
-6-
Professeurs habilités
ER-RASFA MOURAD Pharmacologie
BOUJRAF SAID Biophysique
-7-
Professeurs assistants
ACHOUR SANAE Toxicologie
ABOURAZZAK SANA Pédiatrie
ARRAYHANI MOHAMED Néphrologie
AITLAALIM SAID Chirurgie générale
AJDI FARIDA Endocrinologie et maladies métaboliques
AMRANI HASSANI MONCEF Hématologie
AQODAD NOURDIN Gastro-entérologie
ARROUD MOUNIR Chirurgie pédiatrique
BADIDI MOULAY EL MEHDI Cardiologie
BENAJAH DAFR-ALLAH Gastro-entérologie
BENATIYA ANDALOUSSI IDRISS Ophtalmologie
BENJELLOUN EL BACHIR Chirurgie générale
BENNANI BAHIA Microbiologie
BENZAGMOUT MOHAMMED Neurochirurgie
BERRAHO MOHAMED Epidémiologie clinique
BOUARHROUM ABDELLATIF Chirurgie Vasculaire Périphérique
BOUSLIMANE YASSIR Toxicologie
CHABIR RACHIDA Physiologie
CHBANI LAILA Anatomie Pathologique
CHIKRI MOHAMED Biochimie
DAOUDI ABDELKRIM Anatomie
EL AMMARI JALAL EDDINE Urologie
EL FAKIR SAMIRA Epidémiologie clinique
ELFATEMI HINDE Anatomie Pathologique
ELIBRAHIMI ABDELHALIM Traumatologie Orthopédie
EL KOUACHE MUSTAPHA Anatomie
-8-
EL MESBAHI OMAR Oncologie médicale
EL OUAZZANI HANANE Pneumo-phtisiologie
EL RHAZI KARIMA Médecine communautaire (Médecine
préventive, santé public et hygiène)
EL YOUSFI MOUNIA Gastro-entérologie
ERRARHAY SANAA Gynécologie Obstétrique
ER-RAMI MOHAMMED Parasitologie Mycologie
FDILI ALAOUI FATIMA ZOHRA Gynécologie Obstétrique
HARMOUCH TAOUFIQ Histologie embryologie cyto génétique
HARZY TAOUFIK Rhumatologie
ISMAILI ALAOUI NADIA Médecine Nucléaire
KAMAOUI IMANE Radiologie
KASMAOUI EL HASSANE Urologie
KASMAOUI EL HOUSSINE Traumatologie
KHALLOUK ABDELHAK Urologie
KHATTALA KHALID Chirurgie pédiatrique
LABIB SMAEL Anesthésie réanimation
LAHLOU IKRAM Cardiologie
LAHRICHI ANISSA Chimie
LAKHDAR IDRISSI MOUNIA Pédiatrie
LOUCHI ABDELLATIF Chirurgie Générale
MAAROUFI MUSTAPHA Radiologie
MARZOUKI ZEROUALI AMINE Traumatologie Orthopédie
MEHSSANI JAMAL Psychiatrie
MELLOUKI IHSANE Gastro-entérologie
MENFAA MOHAMMED Chirurgie générale
MESSOUAK MOHAMMED Chirurgie Cardiovasculaire
MEZIANE MARIAME Dermatologie
-9-
MUSTAPHA MAHMOUD Microbiologie-Virologie
OUAHA LATIFA Cardiologie
OUFKIR AYAT ALLAH Chirurgie Réparatrice et plastique
OULDIM KARIM Génétique
OULMAATI ABDALLAH Pédiatrie
OUSADDEN ABDELMALEK Chirurgie Générale
RABHI SAMIRA Médecine interne
RAFIK REDDA Neurologie
RAMI MOHAMED Chirurgie pédiatrique
RAMMOUZ ISMAIL Psychiatrie
RIDAL MOHAMMED O.R.L
SAADI HANANE Gynécologie Obstétrique
SBAI HICHAM Anesthésie réanimation
SEDKI NABIL Chirurgie Vasculaire Périphérique
SEMLALI SIHAM Radiologie
SERRAJ MOUNIA Pneumo-phtisiologie
SMAHI MOHAMED Chirurgie Thoracique
SOUILMI FATIMAZOHRA Pédiatrie
SQALLI HOUSSAINI NADIA Radiologie
SQALLI HOUSSAINI TARIQ Néphrologie
TAHIRI LATIFA Rhumatologie
TAZI MOHAMMED FADL Urologie
TOUGHRAY IMANE Chirurgie générale
ZANATI KAOUTAR Anatomie Pathologique
ZOUHEIR ZAKI O.R.L
-10-
Enseignants missionnaires
F. FERNET Médecine du travail
L. DUBOURG Physiologie
M. LHERITIER Histologie
P. BRINGUIER Biologie Cellulaire
Y. ROSSETTI Physiologie
F. TARGE Embryologie
F. DE MONBRISON Parasitologie
G. BRICCA Pharmacologie
J. GAUTHEY Français Médical
L. BENALI Médecine légale
M. MARIE-CARDINE Psychologie Médicale
R. ITTI Biophysique
S. TIGAUD Microbiologie Bactériologie
J. TROUILLAS Embryologie
Y. MOREL Biochimie
-11-
SERMENT D’HIPPOCRATE
Au moment d'être admis(e) à devenir membre de la profession médicale,
je m’engage solennellement à consacrer ma vie au service de
l’humanité.
Je traiterai mes maîtres avec le respect et la reconnaissance qui leur sont
dus.
Je pratiquerai ma profession avec conscience et dignité. La santé de mes
malades sera mon premier but.
Je ne trahirai pas les secrets qui me seront confiés.
Je maintiendrai par tous les moyens en mon pouvoir l’honneur et les
nobles traditions de la profession médicale.
Les médecins seront mes frères.
Aucune considération de religion, de nationalité, de race, aucune
considération politique et sociale ne s’interposera entre mon devoir et
mon patient.
Je maintiendrai le respect de la vie humaine dès la conception.
Même sous la menace, je n’userai pas de mes connaissances médicales
d’une façon contraire aux lois de l’humanité.
Je m’y engage librement et sur mon honneur.
-12-
ﻗﺴﻢ أﺑﻘﺮاط
ﻓﻲ ھﺬه اﻟﻠﺤﻈﺔ اﻟﺘﻲ ﯾﺘﻢ ﻓﯿﮭﺎ ﻗﺒﻮﻟﻲ ﻋﻀﻮا ﻓﻲ اﻟﻤﮭﻨﺔ اﻟﻄﺒﯿﺔ أﺗﻌﮭﺪ ﻋﻼﻧﯿﺔ
ﺑﺄن أﻛﺮس ﺣﯿﺎﺗﻲ ﻟﺨﺪﻣﺔ اﻹﻧﺴﺎﻧﯿﺔ:
• أن أﺣﺘﺮم أﺳﺎﺗﺬﺗﻲ و أﻋﺘﺮف ﻟﮭﻢ ﺑﺎﻟﺠﻤﯿﻞ اﻟﺬي ﯾﺴﺘﺤﻘﻮﻧﮫ.
• أن أﻣﺎرس ﻣﮭﻨﺘﻲ ﺑﻮازع ﻣﻦ ﺿﻤﯿﺮي و ﺷﺮﻓﻲ ﺟﺎﻋﻼ ﺻﺤﺔ ﻣﺮﯾﻀﻲ ھﺪﻓﻲ اﻷول.
• أن ﻻ أﻓﺸﻲ اﻷﺳﺮار اﻟﻤﻌﮭﻮدة إﻟﻲ.
• أن أﺣﺎﻓﻆ ﺑﻜﻞ ﻣﺎ ﻟﺪي ﻣﻦ وﺳﺎﺋﻞ ﻋﻠﻰ اﻟﺸﺮف و اﻟﺘﻘﺎﻟﯿﺪ اﻟﻨﺒﯿﻠﺔ ﻟﻤﮭﻨﺔ اﻟﻄﺐ.
• أن أﻋﺘﺒﺮ ﺳﺎﺋﺮ اﻷﻃﺒﺎء إﺧﻮة ﻟﻲ.
• أن أﻗﻮم ﺑﻮاﺟﺒﻲ ﻧﺤﻮ ﻣﺮﺿﺎي ﺑﺪون أي اﻋﺘﺒﺎر دﯾﻨﻲ أو وﻃﻨﻲ
أو ﻋﺮﻗﻲ أو ﺳﯿﺎﺳﻲ أو اﺟﺘﻤﺎﻋﻲ.
• أن أﺣﺎﻓﻆ ﺑﻜﻞ ﺣﺰم ﻋﻠﻰ اﺣﺘﺮام اﻟﺤﯿﺎة اﻹﻧﺴﺎﻧﯿﺔ ﻣﻨﺬ ﻧﺸﺄﺗﮭﺎ.
• أن ﻻ أﺳﺘﻌﻤﻞ ﻣﻌﻠﻮﻣﺎﺗﻲ اﻟﻄﺒﯿﺔ ﺑﻄﺮﯾﻘﺔ ﺗﻀﺮ ﺑﺤﻘﻮق اﻹﻧﺴﺎن ﻣﮭﻤﺎ ﻻﻗﯿﺖ ﻣﻦ ﺗﮭﺪﯾﺪ.
ﺑﻜﻞ ھﺬا أﺗﻌﮭﺪ ﻋﻦ ﻛﺎﻣﻞ اﺧﺘﯿﺎر و ﻣﻘﺴﻤﺎ ﺑﺸﺮﻓﻲ.
و اﷲ ﻋﻠﻰ ﻣﺎ أﻗﻮل ﺷﮭﯿﺪ.
-13-
-14-
Toutes les lettres ne seraient trouver les mots
qu’il faut…
Tous les mots ne seraient exprimer la
gratitude,
L’amour, le respect, la reconnaissance …
Aussi, c’est tout simplement que
-15-
AU NOM DU BON اﷲ, le clément par essence et par
excellence.
Bénédiction et salut sur le prophète MOHAMMED
(saw), à toute sa famille, àtous ses compagnons , à tous
ceux qui l’ont suivi et à tous ceux qui le suivront
jusqu’au jour des comptes.
Louange à اﷲ, seigneur de l’univers qui m’a inspiré,
qui m’a aidé et m’a donné la force et la patience
d’accomplir ce travail.
Toutes les lettres ne seraient trouver les mots qu’il faut
Louange et remerciements pour votre clémence et
miséricorde.
-16-
A MON TRES CHER PERE
A MA TRES CHERE MERE
Aucun mot, aucune dédicace ne saurait exprimer mon respect, ma
considération, ma reconnaissance et l’amour éternel pour les sacrifices que vous avez
consentis pour mon instruction et mon bien être.
Je ne pourrais jamais exprimer l’amour que j’ai pour vous, ni la gratitude et la
reconnaissance envers les innombrables et immenses sacrifices que vous avez
déployés pour mon éducation.
Vous m’avez toujours guidé pour atteindre mes objectifs. Votre soutien, votre
amour, votre générosité exemplaire et votre présence constante ont fait de moi ce que
je suis aujourd’hui.
Vous n’avez cessé de me soutenir et de m’encourager durant toutes les années
de mes études, vous avez toujours été présents à mes côtés pour me consoler quand il
fallait, jamais je ne l’oublierais.
Puisse Dieu, le tout puissant vous préserve du mal, vous comble de santé, de
bonheur et vous procure une longue vie afin que je vous comble à mon tour.
Je vous rends hommage par ce modeste travail en guise de ma reconnaissance
éternelle et de mon amour infini.
Que Dieu vous protège
-17-
A MON FRERE SIDI MOHAMED
Pour tout le respect et l’amour que je prouve en ta personne.
J’implore Dieu qu’il t’apporte santé et bonheur et t’aide à réaliser tous
tes souhaits.
A MON FRERE ANASS
Pour ton aide et ton soutien moral durant toutes les années de mes
études.
Que Dieu, tout puissant, te procure santé et bonheur.
A MA SOEUR FATIMA ZOHRA
En reconnaissance pour l’amour sincère que je te porte.
Que Dieu t’accorde santé et bonheur.
A MON FRERE TARIK
Ta personnalité et ton travail sérieux m’ont été d’un grand soutien au
cours de ce long parcours.
Que dieu t’accorde santé et bonheur.
A MA SOEUR ASMAE
En reconnaissance pour l’amour sincère que je te porte.
Que Dieu t’accorde santé et bonheur.
A MA SOEUR SOUKAINA
En reconnaissance pour l’amour sincère que je te porte.
Que Dieu t’accorde santé, bonheur et réussite.
-18-
A FOUZIA
A DADA AICHA
A MA BELLE SOEUR BOUCHRA
A MA BELLE SOEUR SOFIA
A MON BEAU FRERE ABDERAFIE
A NAILA-MEHDI-ADIL-KENZA- SMAIL-
ZAKARIA-GHITA
A TOUTE MA FAMILLE
A TOUS MES AMIS
A TOUS CEUX QUI ONT CONTRIBUE A
L’ELABORATION DE CE TRAVAIL.
-19-
Remerciements
-20-
A NOTRE MAITRE ET PRESIDENT DE THESE
MONSIEUR LE PROFESSEUR SAID
MOTAWAKKIL
Professeur de Réanimation Médicale au CHU IBN
ROCHD de Casablanca
En acceptant de présider notre jury, vous nous faites un
grand honneur et un immense privilège.
Vous serez pour nous l’exemple de rigueur et de droiture
dans l’exercice de la profession.
Nous vous prions, cher maitre, d’accepter dans ce travail le
témoignage de notre haute considération, de notre profonde
reconnaissance et de notre sincère respect.
-21-
A NOTRE MAITRE ET RAPPORTEUR DE THESE
MONSIEUR LE PROFESSEUR CHAKIB NEJJARI
Professeur d’Epidémiologie clinique
A la Faculté de Médecine de Fès
Nous tenons à vous exprimer toute notre reconnaissance
pour l’honneur que vous nous avez fait en acceptant de
diriger notre travail.
Vous nous avez consacré votre temps précieux.
Vos conseils et vos orientations nous ont été très précieux,
nous espérons être dignes de votre confiance.
Que votre compétence, votre sérieux, votre rigueur au
travail, votre sens critique et vos nobles qualités humaines
soient pour nous le meilleur exemple à suivre.
Veuillez trouver ici, cher Maître, l’expression de nos vifs
remerciements et de notre estime.
-22-
A NOTRE MAITRE ET JUGE DE THESE
MONSIEUR LE PROFESSEUR AHMED
BELLABAH
Professeur de Gastro-entérologie au CHU IBN
ROCHD de Casablanca
Vous nous avez accordé un immense honneur et un grand
privilège en acceptant de siéger dans notre jury de thèse.
Votre culture, votre compétence professionnelle
incontestable ainsi que vos qualités humaines vous valent
l’admiration et le respect de tous.
Nous vous prions, cher maître, d’accepter dans ce travail
le témoignage de notre haute considération, de notre
profonde reconnaissance et de notre sincère respect.
-23-
A NOTRE MAITRE ET JUGE DE THESE
MONSIEUR LE PROFESSEUR
MUSTAPHA BENAZZOUZ
Professeur de Gastro-entérologie au CHU IBN SINA de
Rabat
Nous vous sommes très reconnaissants de l’honneur que
vous nous faites en acceptant de juger ce travail.
Vos qualités humaines et professionnelles jointes à votre
compétence seront pour nous un exemple à suivre dans
l’exercice de notre profession.
Veuillez accepter, chère Maître, l’assurance de notre
estime et notre profond respect.
-24-
A NOTRE MAITRE ET JUGE DE THESE
MONSIEUR LE PROFESSEUR KHALID MAAZAZ
Professeur agrégé de Chirurgie Viscérale
au CHU HASSAN II de Fès
Nous vous remercions vivement de l’honneur que vous
nous faites en siégeant dans ce jury.
Nous vous sommes très reconnaissants de la spontanéité
et de l’amabilité avec lesquelles vous avez accepté de juger
notre travail.
Veuillez croire, cher maître, à l’assurance de notre respect
et notre grande reconnaissance.
-25-
Au Docteur MAJDOULINE OBTEL
Résidente d’Epidémiologie Clinique
A la Faculté de Médecine de Fès
Vous avez fait preuve d’une grande disponibilité et d’une
grande gentillesse.
Veuillez accepter, cher Docteur, nos remerciements les
plus sincères.
-26-
PLAN
Page
LISTE DES TABLEAUX ....................................................................................... 3
LISTE DES ABREVIATIONS ................................................................................. 4
INTRODUCTION .............................................................................................. 5
PROBLEMATIQUE ............................................................................................ 11
OBJECTIFS .................................................................................................... 18
METHODES .................................................................................................... 21
1. Type d’étude ............................................................................................... 22
2. Population d’étude ...................................................................................... 22
3. Recueil des données .................................................................................... 22
4. Analyse des données ................................................................................... 23
RESULTATS.................................................................................................... 25
1. Données démographiques ........................................................................... 26
2. Données sur l’infection nosocomiale ........................................................... 26
a- Diagnostic ............................................................................................ 26
b- Bactériologie......................................................................................... 27
c- Principaux antibiotiques utilisés ............................................................ 28
3. Les observations étudiées ........................................................................... 29
3.1 Cas N°1 : Infection respiratoire sur sonde d’aspiration bronchique ....... 29
a- Observation clinique ......................................................................... 29
b- Le coût ............................................................................................ 31
3.2 Cas N°2 : Infection urinaire sur sonde vésicale et septicémie sur
cathéter Central .................................................................... 31
a- Observation clinique ......................................................................... 31
b- Le coût ............................................................................................ 33
3.3 Cas N°3 : Septicémie sur cathéter central.............................................. 33
a- Observation clinique ......................................................................... 33
b- Le coût ............................................................................................ 35
3.4 Cas N°4 : Septicémie sur cathéter central.............................................. 35
a- Observation clinique ......................................................................... 35
-27-
b- Le coût ............................................................................................ 37
3.5 Cas N°5 : Septicémie sur cathéter central.............................................. 37
a- Observation clinique ......................................................................... 37
b- Le coût ............................................................................................ 38
3.6 Cas N°6 : Infection urinaire sur sonde vésicale et septicémie sur cathéter
Central .................................................................................. 39
a- Observation clinique ......................................................................... 39
b- Le coût ............................................................................................ 41
3.7 Cas N°7 : Infection respiratoire sur sonde d’intubation et septicémie sur
cathéter central ...................................................................... 41
a- Observation clinique ......................................................................... 41
b- Le coût ............................................................................................ 43
3.8 Cas N°8 : Septicémie sur cathéter central.............................................. 43
a- Observation clinique ......................................................................... 43
b: Le coût ............................................................................................. 45
3.9 Cas N°9 : Infection urinaire sur sonde vésicale ...................................... 45
a- Observation clinique ......................................................................... 45
b- Le coût ............................................................................................ 47
3.10 Cas N°10 : Infection urinaire sur sonde vésicale .................................. 47
a- Observation clinique ......................................................................... 47
b- Le coût ............................................................................................ 49
4. Le surcoût de l’infection nosocomiale .......................................................... 49
a- Durée d'hospitalisation ......................................................................... 49
b- Le surcoût du à l'antibiothérapie lié à l'infection nosocomiale ................ 50
c- Le surcoût du aux examens paracliniques liés à l'infection nosocomiale 51
5. Synthèse du surcoût total de l’infection ....................................................... 52
6. Estimation du coût de la prévention de l’infection nosocomiale .................... 53
7. Comparaison entre le surcoût de l’infection nosocomiale et le coût de la
prévention de ces infections ........................................................................ 54
8. Extrapolation des résultats au niveau du CHU Ibn Rochd .............................. 55
DISCUSSION .................................................................................................. 57
RECOMMANDATIONS ..................................................................................... 62
RESUMES .................................................................................................... 66
BIBLIOGRAPHIES ............................................................................................. 73
-28-
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1. Répartition des motifs d’hospitalisation .................................................... 26
Tableau 2. Répartition des germes incriminés dans les infections nosocomiales de
l’échantillon............................................................................................. 27
Tableau 3. Répartition des antibiotiques utilisés dans l'échantillon.............................. 28
Tableau 4. Durée de l’allongement d’hospitalisation pour chaque cas et le coût moyen
estimé ..................................................................................................... 49
Tableau 5. Le surcoût de l’antibiothérapie lié à l’infection nosocomiale pour chaque
cas ......................................................................................................... 50
Tableau 6. Le surcoût dû aux examens paracliniques liés à l’infection nosocomiale pour
chaque patient ......................................................................................... 51
Tableau 7. Le surcoût de l’infection nosocomiale ....................................................... 52
Tableau 8. Le coût unitaire, global et total de la prévention de l’infection nosocomiale 53
Tableau 9. La comparaison entre le surcoût de l’infection nosocomiale et le coût de la
prévention de ces infections ..................................................................... 54
Tableau 10. Les dépenses dues à chaque type d’infection nosocomiale ......................... 56
Tableau 11. Résultats de notre étude et ceux retrouvés dans une étude européenne....... 59
-29-
ABREVIATIONS
AES : Accidents d’exposition au sang
BH : Bilan d'hémostase
BHE : Bilan hydro-électrolytique
BMR : Bactéries multirésistantes
C3G : Céphalosporines 3ème génération
CDC : Centers for diseases controle and prevention
CLIN : Comité de lutte contre les infections nosocomiales
FR : Fréquence respiratoire
GB : Globules blancs
Hb : Hémoglobine
NFS : Numération formule sanguine
OCDE : Organisation de coopération et de développement économique
Plq : Plaquettes
SpO2 : Saturation en O2
TA : Tension artérielle
TCK : Temps de céphalin kaolin
TDM : Tomodensitométrie
VS : Vitesse de sédimentation
-30-
INTRODUCTION
-31-
Une infection est dite nosocomiale si elle apparaît au cours ou à la suite d’une
hospitalisation et si elle était absente à l’admission à l’hôpital. Ce critère est
applicable à toute infection. Lorsque la situation précise à l’admission n’est pas
connue, un délai d’au moins 48h après l’admission (ou un délai supérieur à la
période d’incubation lorsque celle-ci est connue) est communément accepté pour
distinguer une infection d’acquisition nosocomiale d’une infection communautaire.
Toutefois il est recommandé d’apprécier dans chaque cas douteux, la plausibilité du
lien causal entre hospitalisation et infection. En cas des infections du site opératoire,
on considère comme nosocomiales les infections survenues dans les 30 jours
suivant l’intervention ou s’il y a mise en place d’une prothèse ou d’un implant dans
l’année qui suit l’intervention [1-6].
En effet, l’infection résulte de l’intervention entre un microorganisme
(bactérien, fongique, parasitaire, viral) et un hôte dans un environnement spécifique
celui de l’hôpital. Les germes incriminés sont non seulement les pathogènes
classiques mais aussi les germes opportunistes possédant à priori un faible
potentiel pathogène qui dans certains conditions notamment un état fragilisé du
patient induisent des conséquences cliniques majeurs [7-10].
Les principaux germes responsables des infections nosocomiales sont : les
bactéries qui sont responsables de deux tiers des infections nosocomiales, les
champignons dont la responsabilité augmente de plus en plus, les virus et les
agents transmissibles non conventionnels (prions). Ils peuvent être classés en deux
catégories selon le réservoir du germe : le réservoir humain qui représente la source
la plus importante de l’infection nosocomiale et qui a des origines variées (germes
appartenant au malade hospitalisé, germes des autres malades hospitalisés et
éventuellement germe d’un personnel soignant infecté), et le réservoir
environnemental qui est constitué par l’eau utilisée dans l’hôpital, l’air, le matériel,
les équipements médicaux, le linge, les déchets (ménagers et d’activité de soins),
-32-
l’alimentation et les bâtiments [11]. Il existe deux types d’infections nosocomiales
selon l’origine de l’infection. On distingue le premier type qui est l’infection
endogène qui correspond au patient qui est infecté par ses propres germes au cours
de certains soins invasifs (actes chirurgicaux, sondage urinaire, respiration
artificielle). C’est le mode le plus fréquent. Le deuxième type est l’infection exogène
qui correspond au patient qui est infecté par un germe provenant d’autres
personnes (Essentiellement les autres malades, rarement le personnel hospitalier) ou
de l’environnement hospitalier. Ce mode est le plus souvent manuporté.
Dans le développement de l’infection nosocomiale, deux types de facteurs
interviennent. Les facteurs endogènes sont liés à l’état intrinsèque du patient, son
âge, son état physiologique, nutritionnel et immunitaire, son tableau clinique et la
sévérité de la pathologie existante. Les facteurs exogènes représentent les
potentielles chances de contact entre l’agent pathogène et l’hôte facilitant l’invasion
des tissus soit en potentialisant l’infectiosité par la pathogénicité de l’agent soit en
diminuant les défenses de l’hôte, on retient principalement toutes les procédures
invasives (mise en place de cathéter, chirurgie…) et la durée d’exposition à ces
procédures [11]. Par ailleurs sont incriminés les types de traitement susceptibles de
modifier les susceptibilités des patients à l’infection (antibiotiques,
immunosuppresseurs, transfusion). Le germe mis en cause dans l’infection
nosocomiale a colonisé préalablement les patients dans plus de 80% des cas. Ainsi
la transmission à partir d’un réservoir exogène se fait par le biais de contact direct
(Les mains principalement) et encore plus rarement d’objets contaminés, de l’air,
d’eau. Les procédures invasives sont mises en cause dans près de la moitié des cas
[11].
Les agents infectieux peuvent être transmis par contact, par gouttelettes, par
voie aérienne ou par un véhicule commun.
-33-
La transmission par contact a lieu lors du contact avec un sujet infecté ou avec
un objet qui sert d’intermédiaire : mains contaminées, instruments ou autres objets
contaminés. Ce mode de transmission est le plus répandu en raison du
manuportage des germes par les soignants d’où l’intérêt de la promotion de
l’hygiène des mains à l’hôpital.
La transmission par gouttelettes se produit lorsque l'agent infectieux se
présente sous forme de gouttelettes provenant des voies respiratoires (toux,
éternuement) mais également lors d'endoscopies, d'aspirations orotrachéales, ou de
traitement par des aérosols. Les particules infectantes sont déposées directement
sur les muqueuses sans transmission par l’air ambiant.
La transmission est dite aéroportée lorsqu’elle est due à des particules en
suspension dans l’air (bacilles tuberculeux…) ou des particules de poussière
contenant l’agent infectieux (aspergillus….).
La transmission peut se faire par un véhicule commun : une unique source de
contamination, (aliment, médicament, soluté, équipement, etc.…) transmet
l’infection à de nombreux hôtes. L’aggravation de la maladie ayant motivé
l’hospitalisation, la prolongation du séjour hospitalier et la morbidité sur le long
terme sont les conséquences indésirables des infections nosocomiales. Il en résulte
des dépenses supplémentaires qui sont une charge considérable pour le système de
santé.
Il est clair maintenant que, les infections nosocomiales constituent un
véritable défi pour les autorités sanitaires dans le monde entier, de par ses dégâts
humains et matériels qui retentissent de façon très négative sur la qualité des soins
dans les structures hospitalières. En effet, actuellement la fréquence et la gravité
des infections nosocomiales sont un indicateur validé pour apprécier l’état de
développement de système sanitaire dans un pays donné. La prévalence des
infections nosocomiales varie en fonction des pays mais aussi en fonction des
-34-
services et des établissements. A l’échelle mondiale, la prévalence varie entre 1% et
20%. Ces chiffres varient vraisemblablement selon les services : à titre d’exemple, on
trouve en chirurgie 2% à 15%, en réanimation 30% à 35%, en médecine 1% et
inversement corrélée à l’âge pour la pédiatrie. Par ailleurs, l’incidence globale dans
le monde est estimée à 5% à 10%. Ces données varient aussi d’un pays à l’autre, aux
États-Unis, 5% à10% de tous les patients hospitalisés contractent une infection
nosocomiale contre 7,9% au Canada et 9% à 12% en Europe [12].
Au Maroc, une des premières enquêtes à l’échelle nationale a été réalisée en
1994 et a révélé une prévalence globale de l’infection nosocomiale dans les
hôpitaux marocains de 8.1%. Celle-ci variait selon le niveau de technicité et de
spécialité des structures hospitalières. Elle était de 4,1% dans les hôpitaux
provinciaux, 7,7% dans les hôpitaux régionaux et allant de 9,5% à 11,5% dans les
hôpitaux universitaires [13]. Cette étude n’abordant pas l’aspect lié au coût de
l’infection nosocomiale.
Peu d’études ont été réalisées au Maroc en matière de prévention des
infections nosocomiales. Cette prévention est basée sur la compréhension des
modes d’acquisition et de transmission des infections nosocomiales. Elle repose sur
l’utilisation de précautions standards et additionnelles. Pour les précautions
standards, il s’agit d’un certain nombre de mesures destinées à minimiser le risque
de transmission des micro-organismes aussi bien des soignants au patient, que du
patient aux soignants et dont l’application doit être systématique lors de tout
contact avec un patient. Ces mesures générales reposent sur l’hygiène des mains, le
port de gants et de blouses. Tandis que pour les précautions additionnelles, il s’agit
de mesures supplémentaires à mettre en œuvre devant des risques particuliers liés à
un mode de transmission spécifique, et qui sont préconisées pour les patients
infectés avec un micro-organisme pathogène hautement transmissible ou
-35-
épidémique et pour les patients aux défenses affaiblies (isolement, port de lunettes
de protection ou de masque, tenue particulière : surblouse …)[1].
-36-
PROBLEMATIQUE
-37-
Les infections nosocomiales constituent un problème réel de la santé publique
dans le monde entier. La prévalence de l’infection nosocomiale dans le monde
entier, varie entre 1% et 20% et l’incidence globale de 5% à 10% avec une variation
aussi d’un pays à l’autre [12]. Une étude sur la prévalence des infections
nosocomiales menée sous l’égide de l’OMS dans 55 hôpitaux de 14 pays dans 4 des
six régions (Asie de sud Est, Europe, méditerranée orientale et pacifique occidentale)
a révélé qu’en moyenne 8,7% des patients hospitalisés avaient acquis une infection
nosocomiale. Dans les pays développés, 5 à 10 % des patients admis dans les
services de soins aigus contractent une infection liée aux soins. Ainsi, près de 5
millions d’infections nosocomiales sont recensées chaque année aux USA et dans
l’union européenne, ce qui représente environ 1 hospitalisation sur 10. Elles
prolongent le séjour des malades à l’hôpital de 10 à 20 jours en moyenne, ce qui
induit des surcoûts conséquents de l’ordre de 10000 euros. Avant tout, elles
mettent en péril la santé des patients, avec un taux de mortalité de 5% [14-22].
La situation est de plus en plus inquiétante car les pathogènes nosocomiaux
ont développé des résistances aux principaux antibiotiques utilisés en thérapie. Les
médecins rencontrent des difficultés croissantes pour les traiter. Ainsi, le
Staphylococcus aureus est responsable de 20% des infections nosocomiales en
France, il est résistant à la méthicilline à hauteur de 50%. Il est en fait bien souvent
multirésistant aux aminoglycosides, aux fluoroquinolones et aux macrolides. De
même, le Pseudomonas aeruginosa, est 3ème cause d’infection nosocomiale en
France avec une prévalence de 11%, est de plus en plus fréquemment multirésistant
à ses traitements de référence : aminoglycosides, carbapénèmes et ciprofloxacine
[14-22].
L’origine principale de ces infections est le manque de pratiques d’hygiène. En
effet, Il a été montré récemment que la cause majeure de transmission des bactéries
était d’une part, le manque d’hygiène (absence de lavage des mains…) et d’autre
-38-
part les progrès de la médecine et de la chirurgie avec par exemple des soins et des
thérapeutiques de plus en plus agressifs qui peuvent être des sources possibles
d’infection [14-22].
La plupart des infections nosocomiales sont les infections urinaires qui sont
les plus fréquentes [23], les infections de plaies opératoires superficielles ou
profondes, les bactériémies et septicémies primaires, les infections respiratoires et
les infections sur cathéter.
D’une manière générale, les infections nosocomiales sont susceptibles d’avoir
pour conséquence un accroissement de la durée du séjour en réanimation,
secondaire au traitement de l’infection et de ses complications éventuelles, avec les
conséquences économiques associées et un accroissement du risque de mortalité.
Si les conséquences des infections nosocomiales sur la durée de séjour des
patients ayant contracté une infection en réanimation ne sont guère discutées, leur
effet sur la mortalité reste en revanche controversé, malgré les très nombreux
travaux que les réanimateurs ont consacrés à cette question. Lorsqu’un décès
survient dans les suites d’une infection, il est en effet très difficile de distinguer ce
qui revient à l’affection principale qui a conduit le malade en réanimation, aux
éventuelles pathologies associées, à l’infection nosocomiale elle-même ou à
d’autres évènements intercurrents. De plus, toutes les études montrent que les
malades qui s’infectent sont en moyenne plus graves à l’admission (avec souvent
des défaillances d’organes multiples) que ceux qui ne s’infectent pas [14-22].
Pour illustrer cette double conséquence, on peut citer une étude
multicentrique canadienne [24] qui, en comparant des patients similaires ayant
contracté une infection pulmonaire avec des patients indemnes de cette
complication à l’issue de leur séjour en réanimation, a montré que les patients
infectés avaient une durée de séjour augmentée en moyenne de 4,3 jours, mais une
surmortalité modeste et non statistiquement significative de l’ordre de 5 %. Cette
-39-
étude suggérait que le risque de surmortalité variait suivant les différentes
catégories de patients (patients médicaux, traumatiques, ...).
De même, une étude multicentrique française sur les bactériémies associées
aux cathéters centraux, où la méthodologie soignée d’analyse comportait une étude
de cohorte et une étude cas-témoins "emboitée", ne permettait pas de mettre en
évidence une mortalité significativement augmentée attribuable à ces infections
[25] ; celle-ci était néanmoins estimée autour de 10 %. Enfin, une autre étude
française ne montrait pas de surmortalité significative de ces infections, après
ajustement sur la gravité des malades avant la survenue de l’infection [26].
Si la question de la surmortalité attribuable aux infections est centrale, on voit
bien qu’elle se pose dans un contexte différent de celui des infections nosocomiales
survenant dans d’autres contextes que celui de la réanimation, du fait même de la
population concernée. Il faut souligner que l’existence d’une surmortalité ne préjuge
en rien de l’évitabilité d’une infection. En pratique, il est logique d’admettre que
certaines infections peuvent entraîner une surmortalité, mais celles-ci n’apparaîtront
que chez les malades les moins graves, chez qui l’infection peut véritablement
aggraver une situation relativement précaire, mais non gravissime ; en revanche,
chez les malades les plus graves, qui sont aussi les plus exposés, elle ne modifie
vraisemblablement pas de façon sensible le pronostic [27]. Chez ceux-ci, l’infection
nosocomiale est pratiquement constante, rançon de la ténacité et de l’efficacité -
parfois inespérée - des équipes de réanimation : en prolongeant la survie de ces
malades, la réanimation moderne évite qu’ils ne décèdent rapidement avant même
d’être exposés à une infection nosocomiale, mais celle-ci survient alors quasi-
constamment.
Les infections à bactéries multi-résistantes (BMR) font peser une charge
financière de plus en plus lourde sur le budget des hôpitaux. La survenue d'une
infection nosocomiale à BMR induit la prescription d'antibiotiques à large spectre
-40-
souvent très onéreux ; les durées de traitement sont allongées. Ceci conduit à une
consommation élevée d'antibiotique et à un allongement de la durée
d'hospitalisation, d'autant plus important que le traitement est problématique
(insuffisance ou échec thérapeutique).
L’aspect médico-économique de la problématique des infections
nosocomiales souligné par les responsables est le coût de cette infection. Selon les
statistiques, le coût global des infections dans les pays de l’OCDE a été estimé être
de l’ordre de 760 millions d’euros par an en moyenne pour les pays européens et de
4,2 milliards d’euros aux États-Unis. Le coût médical par infection et par patient est
estimé de manière globale à 2000 euros aux États-Unis et entre 610 et 1370 euros
en Europe [28].
Un second aspect est celui du coût des programmes de prévention, qui doit
être pondéré par l’efficacité de celle-ci et comparé avec le coût des infections. Les
coûts des programmes de prévention ont été estimés par le CDC en 1985 à 60000
euros pour un hôpital de 250 lits, soit à environ 250 millions pour l’ensemble des
États-Unis [28]. Une réduction de 9% à 6% du taux d’infection obtenue par la mise en
place du programme permettait d’éviter une dépense de 8 millions d’euros, dont 7,6
pour la seule augmentation de durée du séjour et 0,4 million d’euros pour
l’antibiothérapie. Aux États-Unis, il a été estimé qu’une réduction de 6% du taux
d’infection égalise les coûts de la prévention et les coûts des infections évitées. En
d’autres termes, d’un point de vue strictement économique, il suffit qu’un
programme coutant 60000 euros pour 250 lits réduise, en valeur absolue, la
prévalence des infections nosocomiales de plus de 6% pour que l’hôpital réduise ses
coûts médicaux liés au traitement des infections. Ce calcul ne tient pas compte des
autres bénéfices de la prévention, en particulier sur la mortalité et la morbidité [28].
Un des problèmes économiques de la mise en place des programmes de
prévention est que les coûts des infections nosocomiales concernent des patients
-41-
statistiques. De ce fait, les décideurs hospitaliers peuvent être enclins, en particulier
dans un cadre de budget global, à retarder ou limiter les programmes de prévention.
Une approche globale de la gestion des infections nosocomiales comparant,
du point de vue de financement des hôpitaux, les coûts induits et les coûts évités a
été proposée par la fondation (Kaiser Permanente) qui gère un réseau de soins [28].
Les auteurs ont estimé les coûts des infections pour l’ensemble de leur organisation,
avant de proposer un programme de formation continue pour les équipes de
réanimation. Les données sur les coûts ont été présentées aux responsables
hospitaliers pour obtenir des administrations locales le soutien logistique et
financier nécessaire aux programmes préventifs.
Pour les infections nosocomiales du personnel (AES notamment), la prévention
passe par le respect des précautions universelles, mesures qui visent à réduire le
risque d'exposition au sang pour tout personnel en contact avec un malade.
-42-
Pour prévenir les infections nosocomiales chez les patients, il est
indispensable d'observer les " bonnes " pratiques d'hygiène : lavage des mains,
utilisation d'un antiseptique moussant puis d'un antiseptique dermique pour la
réfection d'un pansement, désinfection du matériel (endoscope), hygiène et
entretien de l'environnement (sol) [29,30].
La lutte contre les infections nosocomiales étant une composante majeure de
la qualité des soins doit constituer une priorité pour le Maroc. L’amélioration de la
qualité des soins et des services de santé est un des axes d’intervention de la
réforme hospitalière, actuellement conduite par le ministère de la santé marocain. Il
serait donc souhaitable, que nos établissements hospitaliers soient engagés dans
une démarche organisée de gestion du risque infectieux nosocomial, afin de le
limiter à son niveau le plus bas. Ce qui va permettre, à une échelle plus large,
l’amélioration continue de l’organisation hospitalière, et l’optimisation de la qualité
de la prise en charge globale des patients.
Au Maroc, Une enquête est faite au CHU IBN ROCHD à Casablanca en 2005 a
estimé la prévalence globale de l’infection nosocomiale à environ 7% [23], mais très
peu d’études se sont intéressées au coût des infections nosocomiales. La
connaissance de ce coût permettra d’optimiser les moyens de la prévention.
-43-
OBJECTIFS
-44-
L’objectif principal de ce travail est de :
Calculer le surcoût dû à l’infection nosocomiale lié à l’allongement de la durée
d’hospitalisation, aux frais des antibiotiques et aux examens paracliniques.
Les objectifs secondaires :
- L’estimation des frais médicaux et généraux causés par l’allongement de la
durée d’hospitalisation.
- Le calcul du coût des antibiotiques et les examens paracliniques durant la
période d’allongement.
- Le calcul du coût des moyens de la prévention des infections nosocomiales
afin d’estimer la différence entre le surcoût de l’infection nosocomiale et
les frais liés à la prévention des infections nosocomiales.
- L’extrapolation des résultats au niveau des services de la réanimation au
CHU IBN ROCHD afin d’estimer les dépenses surajoutés liés à l’infection
nosocomiale.
- L’élaboration de quelques recommandations pour la prévention des
infections nosocomiales.
Pour répondre à ces objectifs, nous avons réalisé cette étude qui se base sur
quatre étapes essentielles :
- La première étape consiste à calculer les dépenses liées à l’infection
nosocomiale (Hospitalisation, antibiotiques, examens paracliniques).
- La deuxième étape est l’estimation du coût des moyens de prévention des
infections nosocomiales (Eau javel, détergents, papiers jetables, savons
liquides, lavabos…etc.).
-45-
- La troisième étape est l’estimation du coût de la différence entre le surcoût
de l’infection nosocomiale et le coût des moyens de la prévention de ces
infections.
- La quatrième étape est l’extrapolation des résultats au niveau du service de
réanimation au CHU IBN ROCHD pour estimer les dépenses annuelles
surajoutés liés à l’infection nosocomiale.
-46-
METHODES
-47-
1. Type d’étude
Il s’agit d’une étude rétrospective sur les dossiers des patients.
2. Population d’étude
Cette étude est réalisée sur un échantillon de dix patients choisis au hasard
hospitalisés dans le service de réanimation (Pavillon 27) du CHU IBN ROCHD, pour
des motifs d’hospitalisation divers et ayant développé une infection nosocomiale
durant leur séjour hospitalier. La période concernée était entre le mois d’avril et
septembre de l’année 2009.
3. Recueil des données
Les données ont été recueillies des dossiers de dix patients hospitalisés pour
des motifs d’hospitalisation différents (polytraumatisme, suspicion de tétanos,
acidocétose diabé[Link].) âgés de 18 à 65 ans et ayant développé une infection
nosocomiale. Parmi les principales caractéristiques étudiées sont :
Ø L’âge et le sexe
Ø Le motif d’hospitalisation
Ø Les antécédents
Ø La conduite à tenir diagnostique et thérapeutique
Ø Les médicaments reçus
Ø Les germes incriminés dans l’infection nosocomiale
Ø L’allongement de la durée d’hospitalisation
Ø Les frais des médicaments
Ø Les frais des examens complémentaires.
-48-
4. Analyse des données
A partir des données recueillies, nous avons procédé au calcul du surcoût de
l’infection nosocomiale pour chaque patient à partir du coût lié à l’antibiothérapie
durant la période d’allongement d’hospitalisation et des frais médicaux et généraux
liés au prolongement de la durée d’hospitalisation et des dépenses des examens
paracliniques.
Nous avons calculé également le coût des antibiotiques liés à l’infection
nosocomiale durant la période d’allongement d’hospitalisation (A) c'est-à-dire les
frais des antibiotiques administrés pour traiter l’infection nosocomiale.
Nous avons aussi calculé le coût de chaque jour supplémentaire
d’hospitalisation, qui est estimé à 1500DH/jour lié au coût du personnel et aux
frais généraux (B) c'est-à-dire les dépenses liées par exemple l’électricité, l’entretien
des chambres, l’alimentation, Lingerie...etc.
Puis, nous avons estimé le coût des examens paracliniques liés à l’infection
nosocomiale (C) notamment l’antibiogramme et culture.
Ensuite, nous avons estimé que le surcoût de l’infection nosocomiale
correspond à la somme des trois calculs précités (A+B+C) [31]. Nous avons procédé
à l’estimation du coût de la prévention, par le calcul du coût unitaire des moyens de
la prévention utilisés. A la fin, nous avons comparé ce surcoût avec le coût des
moyens de la prévention de l’infection nosocomiale pour en déduire la différence
entre ces deux coûts pour chaque patient.
Nous avons aussi extrapolé ces résultats au niveau du service de réanimation
du CHU IBN ROCHD à Casablanca, en se basant d’abord sur la prévalence de
l’infection nosocomiale et le nombre des admissions au niveau du service de
réanimation du CHU IBN ROCHD, puis nous avons déduit le nombre des patients
qui contractent annuellement une infection nosocomiale au service de réanimation.
-49-
Ensuite, nous avons calculé le coût dû à chaque type d’infection nosocomiale en se
basant sur leur fréquence à partir d’une étude faite au CHU IBN ROCHD en 2005
[23].
Enfin, nous avons multiplié la différence entre le surcoût de l’infection
nosocomiale et le coût des moyens de la prévention des infections nosocomiales
pour un patient au service de la réanimation au nombre des cas des infections
nosocomiales durant une année en réanimation pour estimer les dépenses annuelles
surajoutés dues à l’infection nosocomiales au service de réanimation du CHU IBN
ROCHD.
-50-
RESULTATS
-51-
1. Données démographiques
L’âge moyen était de 43 ans avec un écart type de 16 ans, et un étendu allant
de 18 à 65 ans.
Nous avons constaté une légère prédominance masculine 6 hommes pour 4
femmes et un sex ratio de 1,5H/1F.
2. Données sur l’infection nosocomiale
a- Diagnostic
Le tableau 1 montre les motifs d’hospitalisation des cas étudiés qui diffère d’un
patient à l’autre.
Tableau 1. Répartition des motifs d’hospitalisation
Motif d’hospitalisation Nombre des cas
Polytraumatisme 3 cas
Suspicion de tétanos 1 cas
Acidocétose diabétique 1 cas
Suspicion de Guillain barré 1 cas
Syndrome méningé 1 cas
AVC hémorragique 1 cas
Pneumopathie bilatérale 1 cas
Trouble la conscience 1 cas
-52-
b- Bactériologie
Dans notre étude, Les germes les plus incriminés dans les infections
nosocomiales sont par ordre de fréquence :
Tableau 2. Répartition des germes incriminés dans les infections nosocomiales
Nombre de fois Pourcentage
Germe
isolés d’isolement
Acinetobacter baumanii+++ 8 44,4%
Staphylococcus coagulase négative 2 11,1%
Pseudomonas aeroginosa 1 5,5%
Providenci stuarti 1 5,5%
Acinetobacter SP 1 5,5%
Providencia rettgeri 1 5,5%
Escherichia coli 1 5,5%
Serrattia ordorifera 1 5,5%
Klebsiella pneumoniae 1 5,5%
Proteus rettgeri 1 5,5%
Ces germes sont responsables des infections sur cathéter veineux central, des
infections urinaires et des pneumopathies nosocomiales.
-53-
c- Principaux antibiotiques utilisés
Le tableau 3 montre les différents types d’antibiotiques utilisés, ainsi que leur
fréquence d’utilisation.
Tableau 3. Répartition des antibiotiques utilisés dans l’échantillon
Nombre de fois Pourcentage
Antibiotiques utilisés
utilisés d’utilisation
Colimycine 5 22,7%
Amiklin 4 18,1%
Rifampicine 3 13,6%
Vancomycine 3 13,6%
Tienam 2 9,0%
Tazocilline 2 9,0%
Triaxon 1 4,5%
Gentamycine 1 4,5%
Ciproxine 1 4,5%
-54-
3. Les observations étudiées
Dans notre travail, nous avons étudié 10 cas. La description de chaque cas est
présentée ci-dessous:
3.1 Cas N°1 : Infection respiratoire sur sonde d’aspiration bronchique
a- Observation clinique :
Identité et antécédents
Il s'agit d'une patiente âgée de 62ans, connue hypertendue depuis 5 ans sans
traitement.
Motif d’hospitalisation
Hospitalisée le 24/06/2009 à la réanimation 27 au CHU IBN ROCHD pour
polytraumatisme à point d'impact crânien et thoracique suite à un AVP.
Histoire et examen clinique
L’examen clinique à l’admission objective que la patiente est inconsciente
GCS = 7/15 ; pouls = 85 bat/min ; PA = 15/8 cmHg ; FR = 22 cycle/min ;
T = 38°C ; P = 110 kg
Bilan
NFS : Hb = 11.9 g/dl ; plq = 173000/mm3 ; GB = 13340/mm3
BH : TP = 70% ; TCK = 32"
BHE : Normal
La TDM thoracique faite le 24/06/09 : foyer de contusion intra-
parenchymateux pulmonaire des 2 lobes inférieurs.
La TDM crânienne : œdème diffus
La radiographie thoracique : foyer alvéolaire basal bilatéral.
-55-
Conduite à tenir
A part la perfusion la patiente est mise sous :
• Dépakine : 500 mg CP 1cp*3/j
• Oedes : 20mg CP 1cp/j
• Bas de contention
• Normotens 100 mg 1cp/j
• Aspirations bronchiques réguliers */j
• Soins de la bouche/yeux/Nursing
• Sondage vésical et cathéter central++
Le 25/06/09, la patiente a bénéficié d’un écouvillonnage nasal, rectal, vaginal,
auriculaire, buccal et de la paroi.
La coloration GRAM n’a pas montré de germes mais la culture a objectivé la
présence de PSEUDOMONAS AERUGINOSA+++.
L’antibiogramme de ce germe :
C3G :R Ceftazidime :R
Gentamycine :R Tobramycine :R
Netilmicine :S Amikacine :R
Imipénème :R Colistine :S
Ciprofloxacine :R
Une antibiothérapie est démarrée le 29/06/2009 à base de :
• Colimycine 1MU*6/J en IVD
• Colimycine 1M*3/J en neb
• Rifampicine 600mg*3/j et arrêtée le 12/07/09.
-56-
b- Le coût :
Colimycine : 222,80 DH par jour administré pour 13 jours 2896,40 DH
Rifampicine : 120 DH par jour administré pour 13 jours 1560 DH
Le coût dû à l’antibiothérapie 4456,40 DH
Le coût dû à l’allongement de la durée d’hospitalisation (14j) 21000 DH
Les examens paracliniques 135 DH
Le surcoût total de l’infection nosocomiale 25591,40 DH
3.2 Cas N°2 : Infection urinaire sur sonde vésicale et septicémie
sur cathéter central
a- Observation clinique :
Identité et antécédents
Il s’agit d’un patient âgé de 50 ans, sans antécédents pathologiques.
Motif d’hospitalisation
Hospitalisé pour suspicion de tétanos suite à une plaie du pied gauche par un
objet tranchant le 13/08/09 et qui a présenté un trismus et une contracture des
muscles thoraciques et abdominaux après 8 jours.
Histoire et examen clinique
A l’admission, le patient est conscient
GCS = 15/15 ; pouls = 78 bat/min ; PA = 12/7 cmHg ; T = 37°C ; P = 70 kg ;
FR = 14 cycle/min ; eupnéique à l’air libre SpO2 : 100%
Bilan
NFS : Hb = 13.7 g/dl ; plq = 207000/mm3 ; GB = 9960/mm3
BH : TP = 90% ; TCA = 32"
BHE : Normal
-57-
Conduite à tenir
Le patient est mis sous :
- Flagyl 500mg*4/j
- Innohep 500UI 1inj s/c/j
- Liorésal 2cp*4/j
- Valium en SAD
- SAT+VAT
- Peni G 1 MU*4/j
- Peni A 1G*6/J
- Sondage vésical et cathéter central ++
Le 25/08/09, une uroculture faite objective la présence de PROVIDENCIA
STUARTII.
L’antibiogramme :
Peni A :R Amox/Ac .clav :R
C1G :R C3G :R
Ceftazidime :R Gentamycine :R
Tobramycine :R Netilmicine :R
Amikacine :S Imipénème :S
TSU :R Norfloxacine :S
Le 04/09/09, un prélèvement sur le cathéter central et la culture confirme la
présence d’ACINETOBACTER SP.
L’antibiogramme :
C3G :R Ceftazidime :R
Gentamycine :R Tobramycine :R
Netilmicine :S Amikacine :R
Imipénème :R TSU :S
Ciprofloxacine :R
-58-
Une antibiothérapie est démarrée le 05/09/09 à base de :
- TIENAM 500mg*3/j
- Amiklin 1g/j
- Colimycine 1MU*4/j en IVD
- Colimycine neb 1M*3/J
TIENAM est arrêté le 14/09/09
Amiklin arrêté le 10/09/09
Colimycine arrêté le 16/09/09.
b- Le coût :
Tienam : 262,80 DH par jour administré pour 10 jours 2628 DH
Amikacine : 183,70 DH par jour administré pour 5 jours 918,50 DH
Colimycine : 222,80 DH par jour administré pour 11 jours 1114 DH
Le coût dû à l’antibiothérapie 4660,50 DH
Le coût dû à l’allongement de la durée d’hospitalisation (22j) 33000 DH
Les examens paracliniques 270 DH
Le surcoût total de l’infection nosocomiale 37930,50 DH
3.3 Cas N°3 : Septicémie sur cathéter central
a- Observation clinique :
Identité et antécédents
Il s’agit d’un patient âgé de 40 ans sans antécédents.
Motif d’hospitalisation
Hospitalisé au service le 29/06/09 pour poly traumatisme ayant comme point
d’impact le crâne, MS et MI droits.
-59-
Histoire et examen clinique
L’examen clinique à l’admission objective que le patient est inconscient
GCS=6/15 ; P=70Kg ; pouls=116bat/min ; FR= 20cycle/min ;
TA=154/89mmHg ; SpO2 à 88% et que le patient présente une otorragie droite et
des ecchymoses du bras droit .Le reste de l’examen est sans particularités.
Bilan
TDM crânienne : oedème cérébral diffus + hyperdensité spontanée des cornes
occipitales.
Radiographie du rachis cervical : fracture de segment antérieur au niveau du
corps vertébral de C4.
Bilan biologique : est sans particularités.
Conduite à tenir
Le patient est mis sous :
• Depakine cp 500mg* 3/J
• Mannitol 0.5g /Kg /6H
• Perfalgan 1g si T est sup. à38.5
• Bas contention
• Soins des yeux et de la bouche
• Soins de Nursing
• Sondage vésical et Cathéter central+++
Un prélèvement sur cathéter central est fait le 02/07/09, et que la culture a
confirmé la présence d’ACINETOBACTER BAUMANII.
L’antibiogramme :
C3G :R Ceftazidime :R
Gentamycine :R Tobramycine :R
Netilmicine :S Amikacine :R
-60-
Imipénème :R Colistine :S
Ciprofloxacine :R
Une antibiothérapie est démarrée le 02/07/09 à base de :
-TRIAXON 3g*2/J et arrêtée le 07/07/09.
b- Le coût :
Triaxon : 161,10 DH par jour administré pour 5 jours 805,50 DH
Le coût dû à l’antibiothérapie 805,50 DH
Le coût dû à l’allongement de la durée d’hospitalisation (5j) 7500 DH
Les examens paracliniques 135 DH
Le surcoût total de l’infection nosocomiale 8440,50 DH
3.4 Cas N°4 : Septicémie sur cathéter central
a- Observation clinique :
Identité et antécédents
Il s’agit d’un patient âgé de 60 ans, sans antécédents pathologiques.
Motif d’hospitalisation
Victime d’une chute accidentelle d’un lieu élevé occasionnant chez lui un poly
traumatisme à point d’impact crânien + Dos.
Histoire et examen clinique
L’examen clinique à l’admission objective un patient somnolent ; GCS=13/15 ;
TA=12/7cmHg ; T= 37°C ; pouls=90bat/min ; FR=18cycle/min ; SpO2=99% à l’air
libre. Le reste de l’examen n’objective ni de plaies ni de déformation au niveau des
membres sauf des ecchymoses au niveau de l’épaule droit.
-61-
Bilan
La TDM cérébrale : un foyer de contusion hémorragique temporale
gauche+effet de masse et une hémorragie méningée modérée.
La radiographie thoracique et l’ECG sont sans particularités.
Le bilan biologique est normal.
Conduite à tenir
A part la perfusion, le patient est mis sous :
• Gardénal 50mg 4 CP/J
• Soins des yeux et la bouche
• Sondage vésical et Cathéter central+++
Le 29/07/09 un prélèvement de pus sur les sinus est fait , et la culture a
objectivé la présence d’ACINETOBACTER BAUMANII.
L’antibiogramme :
C3G :I Ceftazidime :S
Gentamycine :R Tobramycine :R
Netilmicine :S Amikacine :S
Imipénème :R TSU :R
Colistine :S Ciprofloxacine :R
Une antibiothérapie est démarrée le 29/07/09 à base de :
• Colistine 1 MU*4/J en IVD
• Tazocilline 4g* 3/J
• Vancomycine 3g perfusion en SAD/2H
• Amikacine 1g 1perfusion/J
Cette antibiothérapie est arrêtée le 09/08/09 alors que l’Amikacine est arrêtée
le 04/08/09.
-62-
b- Le coût :
Colistine : 222,80 DH par jour administré pour 11 jours 1114 DH
Vancomycine : 244,30 DH par jour administré pour 10 jours 2443 DH
Tazocilline : 337,50 DH par jour administré pour 10 jours 3375 DH
Amikacine : 183,70 DH par jour administré pour 5 jours 918,50 DH
Le coût dû à l’antibiothérapie 6736,50 DH
Le coût dû à l’allongement de la durée d’hospitalisation (11j) 16500 DH
Les examens paracliniques 135 DH
Le surcoût total de l’infection nosocomiale 23371,50 DH
3.5 Cas N°5 : Septicémie sur cathéter central
a- Observation clinique :
Identité et antécédents
Il s’agit d’une patiente âgée de 29 ans, connue DID depuis 2003 sous
insulinothérapie bien suivie.
Motif d’hospitalisation
Hospitalisée au service de la réanimation le 16/09/09 pour une cétoacidose
diabétique.
Histoire et examen clinique
Le tableau clinique est présenté par des douleurs abdominales aigues,
polypnée, polyuro-polydipsie et brûlures mictionnelles, le tout évolue dans un
contexte d’apyrexie.
L’examen clinique objective: patiente consciente GCS=15/15 ; T=35°C++ ;
FR=26cycle/min ; pouls=104bat/min ; TA=13/9cmHg ; P=50Kg ; Labstix : S+++ ;
Acétone : ++++ ; SpO2=97%
-63-
Bilan
La radiographie thoracique : Normale
Le bilan biologique : Normal
Conduite à tenir
A part la perfusion, la patiente est mise sous insulinothérapie en fonction de
DEXTRO.
Un prélèvement au niveau rectal est fait le 16/09/09, et une recherche
spéciale a objectivé la présence de Blase positif.
Une antibiothérapie est démarrée le 16/09/09 à base de :
-Ciproxine : 250mg 1 CP*2/J
Ciproxine est arrêté le 21/09/09.
b- Le coût :
Ciproxine : 194,05 DH par jour administré pour 5 jours 970,25 DH
Le coût dû à l’antibiothérapie 970,25 DH
Le coût dû à l’allongement de la durée d’hospitalisation (5j) 7500 DH
Les examens paracliniques 135 DH
Le surcoût total de l’infection nosocomiale 8603,25 DH
-64-
3.6 Cas N°6 : Infection urinaire sur sonde vésicale et septicémie
sur cathéter central
a- Observation clinique :
Identité et antécédents
Il s’agit d’un patient âgé de 26 ans, connu diabétique sous traitement non
documenté.
Motif d’hospitalisation
Hospitalisé le 15/08/09 pour syndrome de Guillain Barrée.
Histoire et examen clinique
Il présente des troubles de déglutition + tétraplégie flasque d’installation
progressive ascendante compliquée de dysphonie évoluant dans un contexte de
conservation de l’état général.
L’examen clinique : patient conscient GCS=15/15 ; TA=14/7cmHg ;
pouls=120bat/min ; FR=22 cycle/min ; P=70Kg ; T= 37°C ; SpO2=98% sous O2.
L’examen clinique objective une tétraplégie et une abolition des réflexes
ostéo-tendineux.
Bilan
NFS : Normale
BHE :Normale
PL : - Cryptococcus
- Syphilis
Sérologies : VIH HVB HVC CMV sont négatifs.
La TDM crânienne est normale
-65-
Conduite à tenir
A part la perfusion, le patient est mis sous :
• Vitanévryl :2cp* 3/J
• Insuline discontinu en fonction de DEXTRO
• Aspirations bronchiques réguliers
• Soins de Nursing
• Sondage vésical et cathéter central++
Un prélèvement sur cathéter central est fait le 24/08/[Link] la culture a
confirmé la présence de Staphylococcus Coagulase négative.
L’antibiogramme :
Peni G :R Amox/Ac clav :R
C1G :R Gentamicine :R
Netilmicine :S TSU :R
Ciprofloxacine :R Erythromycine :R
Peni M :R Vancomycine :S
Cefoxitine :R
Une uroculture faite le 01/09/09 a objectivé la Providencia rettgeri et Proteus
rettgeri.
L’antibiogramme :
Peni A :R Amox/Ac clav :R
C1G :R C3G :R
Ceftazidime :R Gentamycine :R
Tobramycine :R Netilmicine :S
Amikacine :S Imipénème :S
TSU :R Norfloxacine :R
-66-
Une antibiothérapie est démarrée le 24/08/09 à base de :
• Colimycine IVD 1M* 3/J
• Colimycine neb 1M*4/J
• Rifampicine 600mg*2/J
• Cette antibiothérapie est arrêtée le 03/09/09.
b- Le coût :
Colimycine : 222,80 DH par jour administré pour 10 jours 2228 DH
Rifamicine : 120 DH par jour administré pour 10 jours 1200 DH
Le coût dû à l’antibiothérapie 3428 DH
Le coût dû à l’allongement de la durée d’hospitalisation (10j) 15000 DH
Les examens paracliniques 135 DH
Le surcoût total de l’infection nosocomiale 18563,25 DH
3.7 Cas N°7 : Infection respiratoire sur sonde d’intubation et septicémie
sur cathéter central
a- Observation clinique :
Identité et antécédents
Il s’agit d’un patient âgé de 39 ans, hospitalisé le 09/05/09 pour
pneumopathie bilatéral du post-partum.
Motif d’hospitalisation
Un accouchement par voie basse le 01/05/09 à l’hôpital SIDI MAAROUF où elle
a bénéficié d’une hystérectomie d’hémostase pour une hémorragie de la délivrance,
La patiente a reçu 8CP + 8PFC + 6CG + Novoseven.
La patiente est hospitalisée à la réanimation au CHU IBN ROCHD pour un OAP.
-67-
Histoire et examen clinique
L’examen clinique objective: Une patiente en état général altéré,
pouls=116bat/min ; TA=120/75cmHg ; FR=18cycle/min ; FiO2=100% ; SpO2=98%
Bilan
NFS : Hb=9.9g/dl ; GB=28850/mm3 ; Plq=227000/mm3
BHE : Normal
Conduite à tenir
La patiente est intubée, ventilée et mise sous :
• Oedes 20 mg 1gel /J
• Innohep 500UI 1injsc/J
• Sondage vésical et cathéter central++
Un prélèvement bronchique est fait le 19/05/09 et la culture a objectivé la
présence d’ACINETOBACTER BAUMANII.
L’antibiogramme :
C3G :R Ceftazidine :R
Gentamycine :R Tobramycine :R
Netilmicine :I Amikacine :R
Imipénème :R Colistine :S
Ciprofloxacine :R
Un prélèvement sur cathéter central est fait le 20/05/09 et la culture a
confirmé l’ACINETOBACTER BAUMANII.
L’antibiogramme :
C3G :R Ceftazidime :R
Gentamycine :R Tobramycine :R
Netilmicine :I Amikacine :R
-68-
Imipénème :R Colistine :S
Ciprofloxacine :R
Une antibiothérapie est démarrée le 12/05/09 à base de :
• Tazocilline 400mg* 3/J arrêté le 22/05/09
• Amikacine 250mg /J arrêté le 17/05/09
• Vancomycine 300mg /J arrêté le 22/05/09
b- Le coût :
Vancomycine : 244,30DH par jour administré pour 10 jours 2443 DH
Tazocilline : 337,50DH par jour administré pour 10 jours 3375 DH
Amikacine : 183,70DH par jour administré pour 5 jours 918,50 DH
Le coût dû à l’antibiothérapie 6736,50 DH
Le coût dû à l’allongement de la durée d’hospitalisation (10j) 15000 DH
Les examens paracliniques 270 DH
Le surcoût total de l’infection nosocomiale 22006,50 DH
3.8 Cas N°8 : Septicémie sur cathéter central
a- Observation clinique :
Identité et antécédents
Il s’agit d’un patient âgé de 18ans, sans antécédents.
Motif d’hospitalisation
Hospitalisé au service le 14/05/09 pour syndrome méningé fébrile.
Histoire et examen clinique
Le tableau clinique est caractérisé par l’installation brutale d’un syndrome
méningé fébrile aggravé par l’installation d’une trouble de conscience à type de
somnolence pour laquelle le patient fut adressé au P27 pour prise en charge.
-69-
L’examen clinique est marqué par l’aggravation de l’état de conscience avec
GCS=7/15 ; FR=18cycle/min ; eupnéique à l’air libre ; SpO2=97% ; TA=12/5cmHg ;
pouls=65bat/min. Le reste de l’examen objective des convulsions localisées et un
encombrement bronchique et des râles ronflants diffus aux 2 champs pulmonaires.
Bilan
Le bilan biologique est en faveur d’une hyperleucocytose.
La TDM cérébrale : oedème cérébral diffus.
Conduite à tenir
Le patient est :
• Intubé, ventilé et sédaté
• Monitorage
• Sondage vésical et cathéter central++
Un prélèvement sur cathéter central est fait le 22/05/09, la culture a objectivé
la présence d’ACINETOBACTER BAUMANII.
L’antibiogramme :
C3G :R Ceftazidime :R
Gentamicine :R Tobramycine :R
Netilmicine :R Colistine :S
Ciprofloxacine :R
Une antibiothérapie est démarrée le 22/05/09 à base de :
- Gentamycine 160mg 1 inj /J
- Vancomycine 3g/J en SAP en 2 heures
Cette antibiothérapie est arrêtée le 05/06/09.
-70-
b: Le coût :
Vancomycine : 244,30DH par jour administré pour 15 jours 3664,50 DH
Gentamycine : 92,80DH par jour administré pour 15 jours 1392 DH
Le coût dû à l’antibiothérapie 5056,50 DH
Le coût dû à l’allongement de la durée d’hospitalisation (14j) 21000 DH
Les examens paracliniques 135 DH
Le surcoût total de l’infection nosocomiale 26191,50 DH
3.9 Cas N°9 : Infection urinaire sur sonde vésicale
a- Observation clinique :
Identité et antécédents
Il s’agit d’un patient âgé de 65 ans, sans antécédents.
Motif d’hospitalisation
Hospitalisé au service le 09/04/09 pour AVC hémorragique et une inondation
ventriculaire.
Histoire et examen clinique
Le tableau clinique est marqué par une hémiparésie droite sans autres signes
cliniques associés.
L’examen clinique : T= 37°C ; P=70Kg ; TA=15/9 ; pouls=72 bat /min ;
FR=24cycle/min
Bilan
La TDM cérébrale : AVC hémorragique temporal profond des 4 ventricules et
une hydrocéphalie.
La TDM cérébrale de contrôle faite le 19/04/09 : Hyperdensité d’allure
ischémique avec la sinusite.
-71-
Une dérivation externe a été faite le 21/04/09 devant la persistance de la
dilatation ventriculaire.
Conduite à tenir
Le patient est mis sous :
• PRAZOL 20 mg 1gel /J
• Gardénal 50 mg 4cp /J
• Loxen en SAP 2mg/h
• Soins des yeux et de la bouche
• Soins de Nursing
• Sondage vésical et cathéter central++
Le 07/05/09, un prélèvement bronchique est fait et la culture est en faveur de
l’Escherichia Coli.
L’antibiogramme :
Peni A :R Amox /[Link] :R
C1G :R C3G :R
Ceftazidime :R Gentamycine :R
Tobramycine :R Netilmicine :I
Amikacine :I Imipénème :S
Colistine :S Ciprofloxacine :R
Une uroculture est faite le 07/05/09 et a objectivé aussi l’Escherichia Coli.
L’antibiogramme:
PeniA :R Amox/Ac clav :R
C1G :R C3G :R
Ceftazidime :R Gentamycine :R
Tobramycine :R Netilmicine :I
Amikacine :S Imipénème :S
Colistine :S Norfloxacine :R
-72-
Une antibiothérapie est démarrée le 08/05/09 à base de :
• Colimycine 1MU 1inj*4/J en IVL
• Rifampicine 300mg gel 2gel*2/J
Cette antibiothérapie est arrêtée le 20/05/09.
b- Le coût :
Colimycine : 222,80 DH par jour administré pour 12 jours 2673,60 DH
Rifampicine : 120 DH par jour administré pour 12 jours 1440 DH
Le coût dû à l’antibiothérapie 4113,60 DH
Le coût dû à l’allongement de la durée d’hospitalisation (13j) 19500 DH
Les examens paracliniques 270 DH
Le surcoût total de l’infection nosocomiale 23883,60 DH
3.10 Cas N°10 : Infection urinaire sur sonde vésicale
a- Observation clinique :
Identité et antécédents
Il s’agit d’une patiente âgée de 44 ans, DID depuis 2003, AVC ischémique en
2008.
Motif d’hospitalisation
Hospitalisée le 01/05/09 au service de P27 pour trouble de la conscience.
Histoire et examen clinique
Le tableau clinique est marqué par l’installation d’une asthénie, Somnolence
pour laquelle la patiente a été vue par un psychiatre. L’évolution fut marquée 2 jours
après par l’aggravation de l’état neurologique type obnubilation et une aphasie puis
la patiente fut adressé au service pour prise en charge.
-73-
L’examen clinique à l’admission objective une patiente somnolente
GCS=12/15 ; P=65Kg ; T=37.5°C ; pouls=117 bat /min ; TA=13/5 cmHg ;
FR=18cycle/min ; Eupnéique à l’air libre ; SpO2=97%, et l’examen neurologique
objective une monoparésie du membre supérieure gauche.
Bilan est normal
Conduite à tenir
A part la perfusion, la patiente est mise sous :
• Insulinothérapie en fonction du Dextro
• Mopral 40 mg 1inj /J
• Monitorage
• Changement de position /Soins des yeux et de la bouche
• Sondage vésical et cathéter central++
Une uroculture est faite le 02/05/09 et a confirmé la présence de Serratia
Odorifera.
L’antibiogramme :
PeniA :R Amox/Ac clav :R
C1G :R C3G :R
Ceftazidine :R Gentamycine :R
Tobramycine :R Netilmicine :S
Amikacine :S Imipénème :S
Colistine :R Norfloxacine :R
Une antibiothérapie est démarrée le 04/05/09 à base de :
- Tienam 500mg* 3 /J
- Amiklin 1g /J
Tienam est arrêté le 14/05/09.
Amiklin est arrêté le 09/05/09.
-74-
b- Le coût :
Tienam : 262,80 DH par jour administré pour 10 jours 2628 DH
Amikacine : 183,70 DH par jour administré pour 5 jours 918,50 DH
Le coût dû à l’antibiothérapie 3546,50 DH
Le coût dû à l’allongement de la durée d’hospitalisation (12j) 18000 DH
Les examens paracliniques 135 DH
Le surcoût total de l’infection nosocomiale 21681,50 DH
4. Le surcoût de l’infection nosocomiale
L'infection nosocomiale a été une cause de prolongation de la durée de séjour
des patients étudiés. Le tableau 4 montre les durées d’hospitalisations notées et le
coût moyen dû à celles-ci.
a. Durée d’hospitalisation
Tableau 4. Durée de l’allongement d’hospitalisation pour chaque cas et le coût
moyen estimé
Prolongation de la durée Le surcoût lié à la prolongation de
Cas
d’hospitalisation (jours) la durée d’hospitalisation en DH*
Coût moyen 12 18000
Cas N 1 14 21000
Cas N 2 22 33000
Cas N 3 5 7500
Cas N 4 11 16500
Cas N 5 5 7500
Cas N 6 10 15000
Cas N 7 10 15000
Cas N 8 14 21000
Cas N 9 13 19500
Cas N10 12 18000
TOTAL 128 192000
*Sachant que le coût de chaque jour supplémentaire d’hospitalisation est estimé à
1500DH/jour lié au coût du personnel et les frais généraux.
-75-
b. Le surcoût du à l’antibiothérapie lié à l’infection nosocomiale
Le tableau 5 montre les dépenses des antibiotiques pour chaque cas étudié.
Tableau 5. Le surcoût de l’antibiothérapie lié à l’infection nosocomiale pour chaque
cas
Le surcoût de
Antibiotiques l’antibiothérapie lié à
Cas Bactéries isolés
administrés l’infection nosocomiale
en DH
Cas N 1 Pseudomonas aeroginosa Colimycine, Rifampicine 4456,40
Cas N 2 Providencia stuartii, Tienam, Amiklin, 4660,50
Acinetobacter SP Colymicine
Cas N 3 Acinetobacter baumanii Triaxon 805,50
Cas N 4 Acinetobacter baumanii Colistine, Tazocilline, 6736,50
Vancomycine,
Amikacine
Cas N 5 Blase positif Ciproxine 970,25
Cas N 6 Providencia rettgeri, Proteus Colimycine,Rifampicine 3428
rettgeri
Cas N 7 Acinetobacter baumanii Tazocilline, 6736,50
Vancomycine,
Amikacine
Cas N 8 Acinetobacter baumanii Gentamycine, 5056,50
Vancomycine
Cas N 9 Escherichia coli Colimycine, Rifampicine 4113,60
Cas N10 Serratia odorifera Tienam, Amiklin 3546,50
TOTAL 40510,25
-76-
c. Le surcoût du aux examens paracliniques liés à l’infection
nosocomiale
Le tableau 6 montre les dépenses surajoutées liés examens paracliniques pour
chaque cas.
Tableau 6. Le surcoût dû aux examens paracliniques liés à l’infection nosocomiale
pour chaque patient
Le surcoût lié aux examens
Cas Examens paracliniques
paracliniques en DH*
Cas N 1 Antibiogramme + culture 135
Cas N 2 2 Antibiogrammes + cultures 270
Cas N 3 Antibiogramme + culture 135
Cas N 4 Antibiogramme + culture 135
Cas N 5 Antibiogramme + culture 135
Cas N 6 Antibiogramme + culture 135
Cas N 7 2 Antibiogrammes + cultures 270
Cas N 8 Antibiogramme + culture 135
Cas N 9 2 Antibiogrammes + cultures 270
Cas N10 Antibiogramme + culture 135
TOTAL 13 Antibiogrammes + cultures 1755
*Sachant que le coût de chaque antibiogramme+culture est estimé à 135 DH.
-77-
5. Synthèse du surcoût total de l’infection nosocomiale
Le tableau 7 montre l’estimation du surcoût dû à l’infection nosocomiale pour
chacun des cas étudiés.
Tableau 7. Le surcoût de l’infection nosocomiale
Coût des Allongement de la Examens Surcoût de
antibiotiques durée paracliniques l’infection
en DH d’hospitalisation en en DH nosocomiale
DH en DH
Cas N1 4456,40 21000 135 25591,40
Cas N2 4660,50 33000 270 37930,50
Cas N 3 805,50 7500 135 8440,50
Cas N4 6736,50 16500 135 23371,50
Cas N5 970,25 7500 135 8603,25
Cas N6 3.428 15000 135 18563
Cas N7 6736 ,50 15000 270 22006,50
Cas N8 5056,50 21000 135 26191,50
Cas N9 4113,60 19500 270 23883,60
Cas N10 3546,50 18000 135 21681,50
TOTAL 40510,25 192000 1755 234265,25
1% 17%
82%
Coût des antibiotiques Allongement de la durée d'hospitalisation
Examens paraclinique
Fig. 1. Pourcentage de différentes composantes du surcoût de l’infection
nosocomiale
-78-
6. Estimation du coût de la prévention des infections
nosocomiales
Le tableau ci-dessous présente le coût unitaire et le coût global estimés.
Tableau 8. Le coût unitaire, global et total de la prévention de l’infection
nosocomiale [32].
Moyens de la prévention Prix unitaire en DH Coût global en DH
Gants propres (Boite de 100) 90 9000
Gants stériles 8 800
Eau de javel (1L) 10 1000
Détergents 20 2000
Papiers jetables (1paquet) 45 4500
Lavabos 1100 1100
Savon liquide (250 ml) 13 1300
Sur blouses 90 9000
TOTAL 1.376 28700
-79-
7. Comparaison entre le surcoût de l’infection nosocomiale et
le coût de la prévention de ces infections
La différence entre le surcoût de l’infection nosocomiale et le coût de la
prévention de l’infection nosocomiale est variable d’un patient à l’autre, elle se varie
entre 7064,50DH pour le cas N 3 (Septicémie) et 36554DH pour le cas N 2 (Infection
urinaire et septicémie).
Tableau 9. La comparaison entre le surcoût de l’infection nosocomiale et le coût de
la prévention de ces infections
Surcoût de Coût de la prévention de Différence entre les
l’infection l’infection nosocomiale deux coûts
nosocomiale en DH en DH en DH
Cas N1 25591,40 1376 24215,40
Cas N2 37930,50 1376 36554,50
Cas N 3 8440,50 1376 7064,50
Cas N4 23371,50 1376 21995,50
Cas N5 8603,25 1376 7227,25
Cas N6 18563 1376 17187
Cas N7 22006,50 1376 20630,50
Cas N8 26191,50 1376 24815,50
Cas N9 23883,60 1376 22507,60
Cas N10 21681,50 1376 20.05,50
TOTAL 234265,25 13760 220505,25
-80-
8. Extrapolation des résultats au niveau du CHU IBN ROCHD
La différence entre le surcoût du à l’infection nosocomiale dans notre étude et
le coût de la prévention de ces infections est estimé à :
234265,25 DH - 13760 DH = 220505,25 DH
Sachant que notre étude est faite sur dix patients, donc on peut déduire la
moyenne de cette différence pour un patient en réanimation :
220505,25 DH / 10 = 22050,50 DH
Selon le bilan de l’activité médicale 2008 du CHU IBN ROCHD [33], le nombre
des admissions au niveau du CHU IBN ROCHD en l’an 2008 serait d’environ 93092
patients.
D’après le comité de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN) de
Casablanca, la prévalence de l’infection nosocomiale au niveau de l’hôpital IBN
ROCHD est estimée à 7,1% [23]. En prenant en compte les informations précitées,
nous pouvons, déduire que le nombre de patients qui contractent annuellement une
infection nosocomiale serait approximativement de 6609 patients.
La prévalence des infections nosocomiales au service de réanimation est
estimée à 40% de l’ensemble des infections nosocomiales contractées au CHU IBN
ROCHD [23]. De ce fait, le nombre des patients qui contractent une infection
nosocomiale au service de réanimation au CHU IBN ROCHD serait d’environ 2634
patients. Afin d’estimer les dépenses surajoutés annuelles liés à l’infection
nosocomiale en réanimation, nous avons multiplié la différence entre le surcoût de
l’infection nosocomiale et le coût de la prévention de ces infections pour un patient
en réanimation au nombre annuel des patients qui contractent une infection
nosocomiale en réanimation. Ces dépenses sont estimés à :
22050,50DH X 2643 = 58279.471 DH
-81-
D’après le CLIN de Casablanca, les infections urinaires sont les plus
fréquentes, suivies des pneumopathies et des infections sur site opératoire, puis les
bactériémies et enfin des infections sur cathéter avec respectivement 41%,16%, 7% et
3% de l’ensemble des infections nosocomiales. Par ailleurs, 17% des infections
nosocomiales sont de cause inconnue [23].
Le tableau 10 suivant présente les dépenses estimées dues à chaque type
d’infection nosocomiale à partir de la fréquence de chaque type d’infection.
Tableau 10. Les dépenses dues à chaque type d’infection nosocomiale
Type d’infection Fréquence Dépenses en DH
Infections urinaires 41% 23894583
Pneumopathies 16% 9324715
Infections sur site opératoire 16% 9324715
Bactériémies 7% 4079562
Infections sur cathéter 3% 1748384
Autres 17% 9907510
Total 100% 58279471
-82-
DISCUSSION
-83-
Les infections nosocomiales constituent un véritable défi pour les autorités
sanitaires dans le monde entier, de par ses dégâts humains et matériels qui
retentissent de façon très négative sur la qualité des soins dans les structures
hospitalières. L’objectif de ce travail est d’estimer le surcoût dû à l’infection
nosocomiale lié à l’allongement de la durée d’hospitalisation et aux frais des
antibiotiques et des examens paracliniques liés à l’infection nosocomiale. Cette
étude a permis de mettre en évidence des résultats importants. L’infection
nosocomiale est responsable d’un prolongement de la durée d’hospitalisation en
moyenne de 12 jours et d’un coût moyen de 18000DH. Le surcoût de l’infection
nosocomiale dû aux antibiotiques est de 40510,25 DH, le surcoût lié à l’allongement
de la durée d’hospitalisation est de 192000 DH, le surcoût du aux examens
paracliniques est de 1755 DH et le surcoût total est estimé à 234265,25 DH. Alors
que Le coût total de la prévention de l’infection nosocomiale est estimé à environ
28700 DH.
Les résultats de notre étude ont montré aussi que, la différence entre le
surcoût de l’infection nosocomiale et le coût de la prévention est de 220505,25 DH,
ce qui correspond à 22050,50 DH pour chaque patient. La différence due à
l’infection nosocomiale pendant la période de l’étude est estimée à 58279471 DH.
Les résultats retrouvés dans notre étude étaient un peu moins élevés que ceux
retrouvés dans une étude européenne réalisée en 2002 [28] en se basant sur une
population d’étude plus large, notamment ceux du surcoût lié à l’allongement de la
durée de séjour et d’hospitalisation. Par contre, ils étaient nettement plus élevés
concernant le surcoût de l’antibiothérapie (tableau 11).
-84-
Tableau 11. Résultats de notre étude et ceux retrouvés dans une étude européenne
[28]
Notre étude Etude européenne
Surcoût de l’antibiothérapie 40510,25 DH 900 euros 9900 DH
Allongement de la durée de séjour 12 Jours 1 à 3semaines
Surcoût du à l’allongement de la
192000 DH 25000 euros 275000 DH
durée d’hospitalisation
Surcoût total 234265,25DH 27340 euros 300740 DH
Au Maroc, très peu d’études sur le surcoût de l’infection nosocomiale ont été
réalisées. Les études qui ont été menées à l’échelle nationale avaient pour principal
objectif d’estimer la prévalence de ces infections. Nous pouvons citer, l’enquête
nationale qui a été réalisée en 1994 [13], et qui a fait une première estimation de la
prévalence globale de l’infection nosocomiale dans les hôpitaux marocains qui était
de l’ordre de 8,1%. Celle-ci augmentait selon le niveau de la technicité et de la
spécialité des structures hospitalières. Elle était d’environ 4,1% dans les hôpitaux
provinciaux, 7,7% dans les hôpitaux régionaux et 9,5% dans les hôpitaux
universitaires. Une autre enquête de prévalence des infections nosocomiales a été
réalisée au niveau CHU IBN ROCHD de Casablanca en 2005 suivant les procédures de
l’enquête nationale [23]. Cette étude a retrouvé une prévalence d’environ 7 % avec
une prédominance des infections urinaires. Une enquête sur l’infection nosocomiale
a été faite aussi au niveau du CHU HASSAN II de Fès en 2007 sur 282 patients
hospitalisés les jours de l’enquête. La moitié de cette population d’études était
hospitalisée en chirurgie, et seulement 3% en réanimation. La prévalence était de 0%,
10,1% et 25% respectivement dans les services de médecine, de chirurgie et de
réanimation et la durée moyenne d’hospitalisation était de 16,4 jours [34].
-85-
Les résultats de ces études nationales y compris la notre soulignent le fait que
la prévalence change d’une structure à l’autre, d’un service à l’autre et dans un
même service d’une période à l’autre. Même si le coût des infections nosocomiales
n’a pas été calculé dans les études précitées, nous pouvons aussi déduire que ce
coût varie d’une structure à l’autre et d’une période à l’autre.
Parmi les limites de ce travail, d’une part les 10 cas étudiés ne sont pas
réellement représentatifs de la population source. D’autre part, l’étude nous a
permis d’estimer le surcoût des infections nosocomiales uniquement pendant la
période considérée et non pas pendant toute l’année.
Dans notre étude, le surcoût dû aux infections nosocomiales est d’une part
surestimée si on veut extrapoler nos résultats aux autres spécialités, puisque nous
avons réalisé l’étude au niveau du service de réanimation, qui est l’endroit où la
prévalence de ces infections est très élevée par rapport aux autres services de
l’hôpital. D’autre part sous-estimé, car pour les infections nosocomiales en
réanimation nous n’avons pas pris en compte lors de notre calcul toutes les
paramètres du coût direct. En effet, le calcul du coût des médicaments se base sur
les prix du médicament et la feuille des prescriptions mais, ne tient pas compte les
incidents fréquents lors de l’administration de ces médicaments comme une perte
d’un flacon par exemple. Les dépenses liées aux frais généraux comme le coût de
l’électricité pour éclairer une chambre qui peut rester vide et pour l’entretien du
matériel de surveillance surtout en milieu de réanimation (Scope …etc.) et le coût de
la nourriture, blanchissage de lingerie des patients patient durant leur séjour
hospitalier, ces frais généraux sont multiples et posent parfois une problématique
d’estimation. Les frais généraux sont difficiles à déterminer de manière exacte vue
leur diversification. En plus de ces frais généraux, on estime aussi les frais du
personnel qui ne sont pas toujours mesurables car ils ne sont pas toujours
monétaires. Nous n’avons pas aussi pris en compte les frais non monétaires
-86-
concernant le personnel. Le coût du personnel qui s’occupe d’un patient pour une
infection nosocomiale n’est pas toujours mesurable, mais reste non négligeable,
comme la perte évitable du temps du personnel pour soigner un patient qui a
contracté une infection nosocomiale pouvant elle-même être évitable. Les frais
d’hospitalisation du patient sont pris en charge par la mutuelle ou par les proches
ou par le patient lui-même en absence de couverture médicale, ces frais sont
généralement considérés comme un gaspillage car ces sommes perdues peuvent
être plus bénéfiques pour le patient ou pour sa famille. D’autre part, le coût indirect
qui est le coût engendré par l’infection nosocomiale affectant la productivité du
patient, c'est-à-dire le patient devient incapable d’assurer son travail dans la société
durant son séjour à l’hôpital et par conséquence il y aurait un retentissement
financier sur son revenu et par la suite sur son niveau de vie social. Par ailleurs,
d’autres coûts économiques, sociaux et psychologiques constitués par un ensemble
assez hétérogène de conséquences liés aux pertes de salaires et de production, à la
perte d’autonomie fonctionnelle, à la dégradation de la qualité de vie et à l’invalidité
voire le décès, ce coût est difficile à estimer.
Dans notre étude, nous nous sommes basés que sur les frais monétaires
impliqués directement dans la prise en charge de l’infection nosocomiale pendant la
période considérée. D’autres études complémentaires plus large et multicentrique
seraient très pertinentes.
-87-
RECOMMANDATIONS
-88-
Cette étude nous a permis d’estimer l’ampleur du surcoût des infections
nosocomiales, les résultats montrent clairement que le coût de la prévention est huit
fois plus faible que le surcoût de l’infection nosocomiale. La mise en place d’un
programme de prévention permettant de réduire la fréquence des infections
nosocomiales constitue la meilleure méthode pour éviter toutes ces pertes liées à
l’infection nosocomiale. Ces résultats nous conduisent à élaborer certaines
recommandations concernant la prévention de ces infections [1] :
Ø Le renforcement des méthodes d’hygiène hospitalières par :
- Le respect de l’hygiène stricte des mains, que ce soit par le lavage
conventionnel à l’eau et au savon, médicalisé ou non ou par désinfection par
friction hydro-alcoolique, demeure la première mesure de prévention des
infections nosocomiales.
- Le port systématique des gants surtout au milieu de réanimation et il ne faut
pas oublier de retirer les gants en passant d’un patient à l’autre.
- La mise du linge souillé dans des sacs sanitaire étanches maintenus sur un
support mural fixé dans chaque chambre avec une ouverture commandée
par le pied. Les sacs doublés sont hermétiquement fermés dans la chambre
avant d’être évacués vers le local d’entrepôt.
- Le nettoyage et décontamination à la blanchisserie des couvertures à la
sortie du patient au. L’élimination des déchets de la même façon pour tous
les malades, en respectant le tri et les containers correspondants.
- La pratique d’un lavage rigoureux des mains associé au port de gants avec
des soins méticuleux du carrefour oro-pharyngé, aspiration correcte des
sécrétions trachéo-bronchiques, entretien des circuits du ventilateur
pendant la ventilation (vidange des pièges à eau maintenus déclives), au
cours de la prévention des infections respiratoires nosocomiales.
-89-
- L’utilisation d’une antibiothérapie prophylactique visant à décontaminer le
tube digestif et le carrefour oro-pharyngé associée ou non à une
antibiothérapie systémique de courte durée paraît donner de bons résultats
en matière de la diminution des infections respiratoires nosocomiales.
- Un respect très rigoureux de l’asepsie lors du sondage urinaire : il faut se
méfier des infections urinaires nosocomiales par l’utilisation de sonde
siliconée avec un système de sondage clos.
- L’éviction des infections nosocomiales sur cathéter particulièrement en
milieu de réanimation, en utilisant des pansements transparents semi-
perméables qui autorisent un examen quotidien de la peau au lieu
d’insertion du cathéter. La périodicité de la réfection du pansement semble
actuellement évoluer vers un allongement avec un changement tous les 3 à
5 jours.
- Maîtriser la méthode de prédésinfection et du nettoyage des dispositifs
médicaux réutilisables pour diminuer la population de microorganismes et
faciliter l’étape ultérieure de la désinfection ou stérilisation du matériel.
- Connaître et appliquer les modalités de conditionnement des dispositifs
médicaux réutilisables.
Ø L’aménagement de l’architecture des hôpitaux de manière à ce que :
- L’espace disponible autour des lits doit être suffisant pour les équipements
de support d’organe et de monitorage, et doit permettre un accès facile aux
patients et à l’équipement.
- Les boxes d’hospitalisation individuels doivent être à disposition.
- Les lavabos doivent être disposés dans des sites adaptés aux conditions de
travail et aux positionnements des patients afin de faciliter les pratiques
d’hygiène des mains. Les distributeurs de solution hydro alcoolique pour la
-90-
désinfection des mains doivent être situés dans le voisinage immédiat de
chaque lit d’hospitalisation.
Ø La sensibilisation régulière et continue du personnel soignant :
- Informer et former le personnel soignant en matière d’hygiène hospitalière
notamment le lavage des mains, le port des gants, des surblouses, des
calots et bavettes, le nettoyage du matériel souillé et surfaces souillées, le
transport dans les emballages adaptés les prélèvements biologiques, linge
et matériels souillés, le lavage et désinfection en cas de piqûre ou coupure
par un matériel piquant ou tranchant souillé, rinçage abondant à l’eau en
cas de projection sur muqueuses. Toutes ces procédures visent la protection
contre la transmission des germes de patients aux personnels et du
personnel aux patients et la protection de l’environnement hospitalier
contre la contamination biologique.
- Mettre des affiches à l’intention des visiteurs rappelant l’importance du
respect des horaires des visites et des mesures d’hygiènes hospitalières afin
d’éviter l’infection des patients hospitalisés.
-91-
RESUMES
-92-
Résumé
Les infections nosocomiales doivent constituer une priorité pour la politique
sanitaire, du fait de leur fréquence dans notre contexte et leur retentissement
financier et humain.
L’objectif de ce travail est d’estimer le surcoût lié à l’infection nosocomiale
chez les patients de la réanimation.
L’étude rétrospective a été réalisée en étudiant les dossiers de dix patients
hospitalisés dans le service de réanimation (P27) du CHU IBN ROCHD pour des
motifs d’hospitalisation différents et ayant tous développé une infection
nosocomiale durant leur séjour hospitalier. Le calcul du surcoût lié à la prise en
charge de l’infection nosocomiale de ces patients de la réanimation a été estimé à
partir des frais des antibiotiques pour le traitement de ces infections et les frais
médicaux et généraux dus à l’allongement de la durée d’hospitalisation et les frais
des examens paracliniques.
Les résultats de ce travail, montre que l’âge moyen était de 43ans avec un
écart-type de 16ans, un sex ratio de 1,5H/1F, l’Acinetobacter Baumanii est le germe
le plus fréquent (44,4% des germes isolés). La durée d’hospitalisation allongée par
les infections nosocomiales est en moyenne de 12 jours. Le surcoût de l’infection
nosocomiale est estimé à 234265,25 DH. Le coût des moyens de la prévention des
infections nosocomiales est estimé à 28700DH. La différence entre le surcoût lié à
l’infection nosocomiale et le coût de la prévention de ces infections est estimé à
220505,25 DH c’est-à-dire 22050,50DH pour chaque patient.
L’extrapolation de ces résultats au niveau du CHU IBN ROCHD a objectivé que
les dépenses dues à l’infection nosocomiale durant une année est 58279471DH.
Ce travail montre la lourdeur de ce surcoût dans notre contexte, ce qui
confirme la nécessité d’élaborer une stratégie nationale pour le développement des
-93-
programmes de prévention dans nos établissements hospitaliers visant
l’amélioration de la qualité des soins donnés aux patients et la réduction des risques
iatrogènes à l’hôpital pour que nos hôpitaux soient bien accrédités et que notre
système sanitaire deviendra dans le futur proche un modèle comparable aux autres
systèmes de la santé dans les pays développés.
-94-
Abstract
Nosocomial infections should be a priority for health policy, by their frequency
in our environment and human and financial impact.
The objective of this work is to assess the additional costs of nosocomial
infection among patients in the ICU.
It is a retrospective study conducted by studying the records of ten patients in
the self service resuscitation (P27), CHU IBN ROCHD for different reasons for
hospitalization and who developed a nosocomial infection during their hospital stay.
The incremental costs associated with the management of nosocomial infection in
these patients in the ICU was considered a part from an estimated total cost
associated with nosocomial infection include the cost of antibiotics for treatment of
these infections and medical expenses and overhead due to the longer duration of
hospitalization and cost of examinations and paraclinical secondly estimating the
cost means of prevention of nosocomial infections which allowed us determine the
additional costs of nosocomial infection.
The analysis results show that the average age was 43 years, a sex ratio of 1,5
and H/1F that Acinetobacter baumannii is the most common germ (44.4% of
pathogens isolated). In our study, nosocomial infections have lengthened the
duration of hospitalization 12 days as required. The incremental cost of nosocomial
infection is estimated at 234265,25 DH.
The cost means of prevention of nosocomial infections is estimated at
28700DH. This allowed us to calculate the difference between the incremental cost
of nosocomial infection and the cost means of prevention of nosocomial infections
in our study estimated at 220505,25 DH and 22050,50DH for each patient.
It was also estimated the additional cost of all nosocomial infections
contracted during the entire year in hospital IBN ROCHD estimated 58279471DH.
-95-
The burden of this additional cost in our context confirms the need to develop
a national strategy for the development of prevention programs in our hospitals to
improve the quality of patient care and reduce iatrogenic risks in hospital that our
hospitals are properly accredited and that our health system will in the near future a
similar model to other health systems in developed countries.
-96-
ﻣﻠﺨﺺ
إن اﻟﺘﻌﻔﻨﺎت اﻻﺳﺘﺸﻔﺎﺋﯿﺔ ﺗﺸﻜﻞ أوﻟﻮﯾﺔ ﻟﻠﺴﯿﺎﺳﺔ اﻟﺼﺤﯿﺔ ﻧﻈﺮا ﻟﻜﺜﺮﺗﮭﺎ ﻓﻲ واﻗﻌﻨﺎ
وﻧﺘﺎﺋﺠﮭﺎ اﻟﻤﺎﻟﯿﺔ واﻟﺒﺸﺮﯾﺔ.
إن اﻟﮭﺪف ﻣﻦ ھﺬا اﻟﻌﻤﻞ ھﻮ ﺗﻘﺪﯾﺮ اﻟﻜﻠﻔﺔ اﻟﺰاﺋﺪة اﻟﻤﺘﻌﻠﻘﺔ ﺑﺎﻟﺘﻌﻔﻨﺎت اﻻﺳﺘﺸﻔﺎﺋﯿﺔ
ﻟﻤﺮﺿﻰ ﻗﺴﻢ اﻹﻧﻌﺎش.
ﯾﺘﻌﻠﻖ اﻷﻣﺮ ﺑﺪراﺳﺔ ﻋﯿﻨﺎت ﻋﺸﺮة ﻣﺮﺿﻰ ﻓﻲ ﻗﺴﻢ اﻹﻧﻌﺎش )ﺟﻨﺎح (27ﺑﺎﻟﻤﺮﻛﺰ
اﻻﺳﺘﺸﻔﺎﺋﻲ اﺑﻦ رﺷﺪ ﻣﺼﺎﺑﯿﻦ ﺑﺘﻌﻔﻨﺎت أﺛﻨﺎء ﻓﺘﺮة ﻣﻜﻮﺛﮭﻢ ﺑﺎﻟﻤﺴﺘﺸﻔﻰ
اﻋﺘﻤﺪﻧﺎ ﻓﻲ ﺗﻘﺪﯾﺮ اﻟﻜﻠﻔﺔ اﻟﺰاﺋﺪة ﻟﮭﺎﺗﮫ اﻟﺘﻌﻔﻨﺎت ﻋﻠﻰ اﺣﺘﺴﺎب اﻟﻨﻔﻘﺔ اﻻﺟﻤﺎﻟﯿﺔ اﻟﻤﺘﺮﺗﺒﺔ
اﻟﻤﻀﺎدات اﻟﺤﯿﻮﯾﺔ واﻟﻤﺼﺎرﯾﻒ اﻟﻄﺒﯿﺔ ﻋﻨﮭﺎ ﻣﻦ ﺟﮭﺔ اﻟﻤﺘﻤﺜﻠﺔ ﺧﺼﻮﺻﺎ ﻓﻲ ﻧﻔﻘﺎت
واﻟﻌﺎﻣﺔ اﻟﻤﺼﺎﺣﺒﺔ ﻟﺰﯾﺎدة ﻓﺘﺮة اﻻﺳﺘﺸﻔﺎء ﻓﻀﻼ ﻋﻦ ﻧﻔﻘﺎت اﻟﺘﺤﺎﻟﯿﻞ اﻟﻄﺒﯿﺔ وﻣﻦ ﺟﮭﺔ
ﺛﺎﻧﯿﺔ اﺣﺘﺴﺎب ﻛﻠﻔﺔ وﺳﺎﺋﻞ اﻟﻮﻗﺎﯾﺔ ﻣﻦ ھﺎﺗﮫ اﻟﺘﻌﻔﻨﺎت ﻣﻤﺎ ﯾﻤﻜﻨﻨﺎ ﻣﻦ ﻣﻌﺮﻓﺔ اﻟﻜﻠﻔﺔ اﻟﺰاﺋﺪة
ﻟﮭﺎﺗﮫ اﻟﺘﻌﻔﻨﺎت.
إن دراﺳﺔ ﻧﺘﺎﺋﺞ ھﺬا اﻟﻌﻤﻞ ﺗﻮﺿﺢ أن اﻟﻌﻤﺮ اﻟﻤﺘﻮﺳﻂ ﻟﻠﻤﺮﺿﻰ اﻟﻤﺼﺎﺑﯿﻦ ھﻮ 43
ACINETOBACTER ﺳﻨﺔ أﻏﻠﺒﮭﻢ ﻣﻦ اﻟﺬﻛﻮر ،وأن ﺟﺮﺛﻮﻣﺔ BAUMANII
ﺗﺴﺒﺐ % 44.4ﻣﻦ اﻹﺻﺎﺑﺎت.
إن ھﺎﺗﮫ اﻟﺘﻌﻔﻨﺎت ﻣﺴﺆوﻟﺔ ﻋﻦ ﺗﻤﺪﯾﺪ ﻓﺘﺮة اﻻﺳﺘﺸﻔﺎء 12ﯾﻮﻣﺎ ﺣﺴﺐ ﻛﻞ ﺣﺎﻟﺔ
.ﺑﯿﻨﻤﺎ اﻟﻜﻠﻔﺔ اﻻﺟﻤﺎﻟﯿﺔ ﻟﮭﺎﺗﮫ اﻟﺘﻌﻔﻨﺎت ﻗﺪرت ب 234265,25 DHدرھﻤﺎ .
-97-
اﻣﺎ ﻛﻠﻔﺔ وﺳﺎﺋﻞ اﻟﻮﻗﺎﯾﺔ ﻣﻦ اﻟﺘﻌﻔﻨﺎت اﻻﺳﺘﺸﻔﺎﺋﯿﺔ ﻓﺒﻠﻐﺖ 28700درھﻤﺎ .ﻣﻤﺎ ﻣﻜﻨﻨﺎ
22050,50DH ﻣﻦ ﺗﻘﺪﯾﺮ اﻟﻜﻠﻔﺔ اﻟﺰاﺋﺪة ﻓﻲ 220505,25 DHدرھﻤﺎ أي
درھﻤﺎ ﻟﻠﻤﺮﯾﺾ اﻟﻮاﺣﺪ.
ﻛﻤﺎ ﺣﺪدﻧﺎ اﯾﻀﺎ اﻟﻜﻠﻔﺔ اﻟﺰاﺋﺪة ﻟﻜﻞ اﻟﺘﻌﻔﻨﺎت اﻻﺳﺘﺜﻔﺎﺋﯿﺔ ﺧﻼل ﺳﻨﺔ ﺑﻤﺴﺘﺸﻔﻰ اﺑﻦ
رﺷﺪ ﻓﻲ58279471درھﻤﺎ.
إن ﺛﻘﻞ ھﺬا اﻟﻤﺒﻠﻎ ﯾﺠﻌﻞ ﻣﻦ ﺑﻠﻮرة إﺳﺘﺮاﺗﯿﺠﯿﺔ وﻃﻨﯿﺔ ﻟﺘﻄﻮﯾﺮ ﺑﺮاﻣﺞ اﻟﻮﻗﺎﯾﺔ ﻓﻲ
ﻣﺴﺘﺸﻔﯿﺎﺗﻨﺎ ﺿﺮورة ﺣﺘﻤﯿﺔ اﻟﻐﺮض ﻣﻨﮭﺎ ﺗﺤﺴﯿﻦ ﺟﻮدة اﻟﺨﺪﻣﺎت اﻟﻤﻤﻨﻮﺣﺔ ﻟﻠﻤﺮﺿﻰ
واﻟﺤﺪ ﻣﻦ ﻣﺨﺎﻃﺮ اﻻﺳﺘﺸﻔﺎء ﻟﻠﻨﮭﻮض ﺑﻤﺴﺘﺸﻔﯿﺎﺗﻨﺎ ﺣﺘﻰ ﯾﺼﺒﺢ ﻧﻈﺎﻣﻨﺎ اﻟﺼﺤﻲ ﺷﺒﯿﮭﺎ
ﺑﺎﻷﻧﻈﻤﺔ اﻟﺼﺤﯿﺔ اﻟﻤﻌﻤﻮل ﺑﮭﺎ ﻓﻲ اﻟﺪول اﻟﻤﺘﻘﺪﻣﺔ
-98-
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