Devoir de maths : Endomorphismes et intégrales
Devoir de maths : Endomorphismes et intégrales
Ce devoir est constitué de trois exercices et d'un problème. L'ordre des exercices ne correspond à aucun critère
de diculté ou de longueur : vous pouvez les traiter dans l'ordre que vous voulez. Veillez à soigner la copie tant
pour l'écriture, la propreté que pour la rédaction, la rigueur et l'argumentation. La calculatrice est interdite. Vous
numéroterez vos copies et ferez apparaître clairement sur la première page le nombre de copies.
Z π
2 dx
1. Calculer en eectuant le changement de variables t = tan x2
−π 2 cos(x) + sin(x) + 3
2
Z 1r
1−x
2. Soit I= dx.
0 1+x q
1+x
(a) Que vaut I lorsque l'on eectue le changement de variables u= 2
?
(b) Calculer u(A), u(B) et u(C). En déduire que u est un projecteur de R[X]
(d) Montrer que, pour tout polynôme P de R[X], u(P ) est le reste de la division euclidienne de P
3
par (X − 7X + 6)
6. Trouver un réel α non nul tel que αg soit un projecteur. On appelle q ce projecteur.
1
Lycée Marceau MPSI 2014/2015 Le mardi 07 avril 2015
f n−1 6= 0 et fn = 0 (1)
a 4a + 4b + 2c
∀ (a, b, c) ∈ R3 , f b = −4a − 2b + c
c 2a − 2c
(a) Déterminer ker(f ) et Im(f ). On donnera une base de chacun des ces espaces et, si parmi ces espaces, il y
3
a un hyperplan de R , on donnera également une équation de l'hyperplan
(c) Déterminer ker (f 2 ) et Im (f 2 ). On donnera une base de chacun des ces espaces et, si parmi ces espaces,
2. Justier qu'il existe x0 ∈ Rn tel que f n−1 (x0 ) 6= 0Rn . On xe un tel x0 .
n−1
Montrer que la famille (f (x0 ) , f n−2 (x0 ) , · · · , f 1 (x0 ) , x0 ) est une base de Rn .
3. Pour k ∈ [[1, n]], on note Fk le sous-espace de Rn engendré par : f n−1 (x0 ) , f n−2 (x0 ) , · · · , f n−k (x0 ) .
(a) Déterminer la dimension de Fk ?
n−k
(b) Montrer que : Fk = Im f = ker f k .
(c) Montrer que : Fk est stable par f, c'est-à-dire que f (Fk ) ⊂ Fk
4. Soit H un sous-espace vectoriel de Rn stable par f . On suppose que H est de dimension k avec
1 6 k 6 n − 1 Soit enn g la restriction de f à H
(a) Montrer qu'il existe un entier p>1 tel que g p−1 6= 0 et g p = 0.
p−1
(b) Soit x1 ∈ H
tel que g (x1 ) 6= 0. Que peut-on dire de la famille (x1 , g (x1 ) , · · · , g p−1 (x1 )) ?
k
En déduire que g = 0.
(c) Montrer que H = ker f k .
2
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correction
2 dt 1 − t2 2t
1. On pose t = tan x2 . On a dx = 2
, cos(x) = 2
et sin(x) = .
Z π 1+t Z 1 1+t Z 1 1 + t2
2 dx 2dt 2dt π
On obtient : = 2
= 2 = .
−π
2
2 cos(x) + sin(x) + 3 −1 5 + t + 2t −1 (t + 1) + 4 4
Z π
2 dx π
Donc = .
− π2 2 cos(x) + sin(x) + 3 4
Z 1
r
1−x
q
1+x
Z 1 √
2. (a) Dans I =
1+x
dx, on pose u= 2
. On a dx = 4u du et donc : I= √ 4 1 − u2 du
0 2
2
A= 1
20
(X − 1)(X − 2), B = − 14 (X − 2)(X + 3) et C = 15 (X − 1)(X + 3)
(b) + (A, B, C) est libre. Soit (a, b, c) ∈ R3 a A + b B + c C = 0R2 [X] .
Montrons que la famille
On a : ∀x ∈ R, a A(x) + b B(x) + c C(x) = 0. En appliquant cette relation en −3, 1 et 2, on
trouve a = b = c = 0R . Ainsi la famille (A, B, C) est libre
+ (A, B, C) est une famille libre de 3 vecteurs de R2 [X] qui est de dimension 3 donc c'en est
une base.
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(c) + Comme, pour toutP ∈ R[X], u(P ) est un polynôme de degré inférieur ou égal à 2, on a
Im(u) ⊂ R2 [X]. A, B et C sont dans Im(u) et engendrent R2 [X], donc on a la seconde
Or
(d) Soit P ∈ R[X]. On note Q et R les quotient et reste de la division euclidienne de P par
D = X 3 − 7X + 6. Comme R ∈ R2 [X] = vect (A, B, C), il existe trois réels (a, b, c) tels que :
R = a A + b B + c C . Ainsi P = Q D + a A + b B + c C .
En évaluant ce polynôme en -3, 1 et 2, on trouve P (−3) = a, P (1) = b et P (2) = c et donc
R = a A + b B + c C = P (−3)A + P (1)B + P (2)C = u(P ).
Ainsi u(P ) est le reste de la division euclidienne de P par (X 3 − 7X + 6) = D
0 1
+ La direction du projecteur est : G = ker (p). Or si (a, b, c, d)
∈ R4 ,
a = 0
a 0 (
a =0
−8a + 2c − 2d 0 −8a + 2c − 2d = 0
(a, b, c, d) ∈ G ⇐⇒ 5a
=
0 ⇐⇒ 5a = 0
⇐⇒
c =d
5a − c + d 0
5a − c + d = 0
0 0
1 0
Ainsi la direction du projecteur p est G = ker (p) = vect
0 , 1
0 1
.
3. De p2 = p , on tire : f 2 − 4 f + 3 IdR4 = 0
1
4. On a f ◦ 3
(4 IdR4 − f ) = 31 (4 IdR4 − f ) ◦ f = IdR4
Donc f est un automorphisme et f −1 = 13 (4 IdR4 − f )
4
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a 0
= −16a − 2b + 4c − 4d Soit g = f − 3IdR4 . En notant
b
5. + ∀ (a, b, c, d) ∈ R4 , on a g c 10a − 2c
d 10a − 2c
4
(e1 , e2 , e3 , e4 ) la base canonique de R , on sait que (g (e1 ) , g (e2 ) , g (e3 ) , g (e4 )) est une famille géné-
ratrice de Im(g). Or g (e1 ) = −5g (e3 ) − 2g (e2 ) et g (e4 ) = 2g (e2 ) donc Im(g) =vect(g (e2 ) , g (e3 ))
0 0 0 0
−2 1 4 2
et les vecteurs g (e2 ) =
0 = −2 0 et g (e3 ) = −2 = 2 −1 ne sont pas colinéaires.
0 0 −2 −1
0 0
1 −2
Donc , est une base de Im(g) .
0 1
0 1
+ Par ailleurs, si (a, b, c, d) ∈ R4 ,
0 a 1 0
(
−16a − 2b + 4c − 4d b = 2a − 2d
= 0 = a 2 + d −2
b
(a, b, c, d) ∈ ker(g) ⇐⇒ ⇐⇒ ⇐⇒
10a − 2c 0 c 5 0
10a − 2c
0
c = 5a d 0 1
1 0
2 −2
Ainsi ,
5 0 est une base de ker(g)
0 1
0 0
1 −2
+ Soit X = (a, b, c, d) ∈ R4 . Si X ∈ Im(g)∩ker(g). Alors il existe (λ, δ) ∈ R2 X = λ
0+δ 1
( 0 1
b = 2a − 2d
et les coordonnées de X vérient le système . Ainsi λ = δ = 0R et donc X = 0R4 .
c = 5a
Im(g) ∩ ker(g) ⊂ {0R4 }. Mais comme
Ainsi Im(g) et ker(g) sont des sev de R4 , on en déduit
l'égalité : Im(g) ∩ ker(g) = {0R4 }
+ On a Im(g) ∩ ker(g) = {0R4 } et dim (Im(g)) + dim (ker(g)) = 2 + 2 = 4 = dim (R4 ). Donc par
8. Soit n ∈ N. On constate d'abord que Im(p) = ker(q) et Im(q) = ker(p) donc p et q vérient
p ◦ q = q ◦ p = 0L(R4 ) . En particulier ils commutent et toute composée pk ◦ q m est nulle si k > 0
n
n
X n k k n−k
et m > 0 sont des entiers. Donc on peut utiliser la formule du binôme : f = 3 p ◦q
k
k=0
et, si n > 1, dans cette somme ne restent que les termes en k = 0 et k = n. Ainsi, comme
pn = p et q n = q , f n = 3n p + q . On constate que cette expression est également valable pour
n = 0 et n = 1. En remplaçant p et q par leurs expressions en fonction de f et IdR4 , on en déduit :
n n
f n = 3 2−1 f + 3−3
2
IdR4 . On remarque que cette expression est également valable pour n = −1
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f n−1 6= 0 et fn = 0 (2)
2. f n−1 étant non nulle, il existe x0 ∈ Rn tel que f n−1 (x0 ) 6= 0Rn . On xe un tel x0 .
Soit (λ0 , λ1 , · · · , λn−1 ) ∈ Rn .
λ0 x0 + λ1 f 1 (x0 ) + · · · + λn−1 f n−1 (x0 ) = 0Rn .
Supposons
Par l'absurde Supposons qu'il existe un plus petit indice k tel que λk 6= 0R . En composant par
f n−1−k l'expression précédente, on a : λk f n−1 (x0 ) + λk+1 f n (x0 ) + · · · + λn−1 f 2n−2−k (x0 ) = 0Rn .
p p
Or pour p > n, f = 0L(Rn ) et donc f (x0 ) = 0Rn . Aussi dans la somme il ne reste que le premier
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terme ... qui doit être nul alors que f n−1 (x0 ) 6= 0Rn . Donc λk = 0R : contradiction avec l'hypothèse.
Ainsi la famille (f n−1 (x0 ) , f n−2 (x0 ) , · · · , f 1 (x0 ) , x0 ) est une famille libre de Rn .
(f n−1 (x0 ) , f n−2 (x0 ) , · · · , f 1 (x0 ) , x0 ) est une famille libre de n vecteurs de Rn qui est de dimension
n donc c'est une base. Ainsi la famille (f n−1 (x0 ) , f n−2 (x0 ) , · · · , f 1 (x0 ) , x0 ) est une base de Rn .
n n−1
3. Pour k ∈ [[1, n]], on note Fk le sous-espace de R engendré par : f (x0 ) , f n−2 (x0 ) , · · · , f n−k (x0 ) .
n−1
(a) Pour k ∈ [[1, n]], la famille f (x0 ) , f n−2 (x0 ) , · · · , f n−k (x0 ) est une sous-famille de la base
de R B = (f
n n−1
(x0 ) , f n−2 (x0 ) , · · · , f 1 (x0 ) , x0 ).
Donc elle est libre et ainsi Fk est de dimension k
(b) Puisque B est une base de R , Im f
n n−k
n−k
est engendré par les images par f des vecteurs
de B . Donc Im f
n−k
n−k n−k+1 2n−k−1
est engendré par f (x0 ) , f (x0 ) , · · · , f (x0 ) . Or pour
p > n, f p (x0 ) = 0Rn . Aussi, en éliminant de la famille tous les vecteurs nuls, on a Im f n−k
n−k
est engendré par f (x0 ) , · · · , f n−1 (x0 ) qui est une base de Fk . Ainsi Fk = Im f n−k .
n n−k n−1
k
Puisque f est nulle, les vecteurs f
(x 0 ) , · · · , f (x 0 ) sont dans le noyau de f . Mais
k k
par le théorème du rang, dim ker f = n − dim Im f = n − dim (Fn−k ) en appli-
n−j
quant le résultat vu liant Fj et Im (f
). Ainsi la famille f n−k (x0 ) , · · · , f n−1 (x0 ) est
k
une famille libre de k vecteurs de ker f qui est de dimension k : c'en est une base. Donc
n−k
k
Fk = Im f = ker f .
k k
k
(c) Soit x ∈ Fk . On a : f (f (x)) = f f (x) = f (0Rn ) = 0Rn . Donc f (x) ∈ ker f = Fk . Ainsi
Fk est stable par f
4. Soit H un sev de Rn stable par f . k = dim(H) avec 1 6 k 6 n − 1. Soit g la restriction de f à H :
g est un endomorphisme deH.
n o
j n
(a) Soit A = j ∈ N g = 0L(H) . A est une partie non vide de N car g = 0L(H) . Donc A possède
un plus petit élément p qui est non nul car g 0 = IdH . Ce p vérie p > 1, g p−1 6= 0 et gp = 0 .
(b) Soit x1 ∈ H tel que g p−1 (x1 ) 6= 0. En utilisant la méthode de la question 2 appliquée à g , on
en déduit que la famille (x1 , g (x1 ) , · · · , gp−1 (x1 )) est une famille libre de H et donc
k = dim(H) > p et donc gk = 0 .
(c) On a : ∀x H, g k (x) = 0Rn car g k est l'endomorphisme nul de H . Donc ∀x H, f k (x) = 0Rn et
k
donc H ⊂ ker f = Fk . Ainsi H est un sev de Fk de même dimension nie k que Fk . Donc
k
H = ker f .
(d) En regroupant les résultats des questions 3 et 4, on sait que
5. On veut trouver tous les endomorphismes h de Rn qui commutent avec f, c'est-à-dire tels que :
f ◦ h = h ◦ f.
(a) Soit h un endomorphisme de Rn . B étant une base de Rn ,
∃! (a0 , a1 , · · · , an−1 ) ∈ Rn h (x0 ) = a0 x0 + a1 f (x0 ) + · · · + an−1 f n−1 (x0 ) .
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+ On a montré P0 vraie et, pour tout entier i, Pi vraie entraine Pi+1 vraie. Donc par
théorème de récurrence on a : ∀i ∈ N, Pi+1 vraie i.e. ∀i ∈ N, h (f i (x0 )) = ϕ (f i (x0 ))
ii. On a montré que h etϕ coïncidaient sur la famille des (f i (x0 ))i∈N . En particulier elles