Les capteurs de température
1. Sonde à résistance en platine
1.1. Constitution
Une sonde à résistance en platine est constituée d’une résistance de platine, d’un support et de fils de connexions. La
résistance en platine est l’élément sensible de la sonde.
En principe, on distingue deux catégories essentielles d'éléments sensibles :
- les éléments sensibles à enroulement (sur support en verre, en céramique, ou sous film souple).
- les éléments sensibles à couche mince (sous forme de puce).
1.2. Principe
Les éléments sensibles en platine utilisent la variation de la résistivité (résistance) électrique
d’un matériau (ici le platine) en fonction la température.
1.3. Caractéristiques métrologiques
a. Caractéristique R = f (T ) Fig.1 : Symbole
Pour la plage 0 à 850 °C, la relation liant la résistance à la température est donnée par un polynôme du deuxième
degré : R(t) = R0 (1 + At + Bt 2 ) (1)
Pour la plage -200 °C à 0 °C, la relation liant la résistance à la température est donnée par un polynôme du troisième
degré : R(t) = R0 [1 + At + Bt 2 + C (t - 100 °C)t 3 ] (2)
400
avec :
R(t) : résistance à la température t.
R0 : résistance à 00C (résistance nominale). Ainsi, une sonde de référence 300
Résistance R en Ω
Pt100 a une résistance nominale R0=100Ω. On trouve également sur le
marché des éléments sensibles avec des valeurs nominales supérieures, par
exemple Pt500 ou Pt1000. 200
A, B et C sont des coefficients déterminés par étalonnage :
A = 3,9083.10–3 °C–1 , B = –5,775.10–7 °C–2 , C = –4,183.10–12 °C– 4
100
Connaissant la valeur de la résistance de la sonde et en utilisant les relations
(1) et (2), on peut déduire la valeur de la température du milieu où se trouve la
sonde. La caractéristique R = f (T ) est aussi donnée par les constructeurs sous
forme de courbes (fig.2) ou de tables de valeurs fondamentales (valeurs de base) -200 0 200 400 600 800
(voir la fiche technique pages : 2 et 3). Température t en 0C
Fig.2 : Courbe caractéristique Pt100
b. Le coefficient de température
La figure.2 montre que les sondes à résistance de platine sont très sensibles parce que la pente de leur caractéristique
est directement proportionnelle à la valeur nominale R0. Jusqu'à 100 °C, la variation de résistance ou sensibilité est de
l'ordre de : 0,4Ω/ K pour les Pt 100, 2Ω/ K pour les Pt 500 et 4Ω / K pour les Pt 1000. Pour cela on définit le
1 dR
coefficient de température ou la sensibilité relative du capteur à la température de fonctionnement. : = (3)
R dT
Pour une sonde à résistance en platine, il est donné entre 0 °C et 100 °C par la relation suivante
R100 - R0
= 0
3,850.10 3 0 C 1 , R0 et R100 sont les valeurs de la résistance respectivement à 0 °C et à 100 °C.
R0 .100 C
c. Tolérances
Elles définissent les écarts admissibles par rapport aux valeurs nominales et permettent l’interchangeabilité entre les
capteurs, c’est-à-dire la possibilité de remplacer un spécimen par un autre sans faire l’étalonnage, à condition
d’accepter une légère erreur, généralement donnée en oC. On distingue deux classes de tolérance :
Classe A : t = 0,15 + 0,002 t de –200 à +600 °C
Classe B : t = 0,3 + 0,005 t de –200 à +850 °C
Capteurs et instrumentation page1 Capteurs de température
Classes A T(°C) Classes B
ΔT (°C) ΔR (Ω) ΔT (°C) ΔR (Ω)
Où t est la valeur absolue de la température en 0C. ±0.55 ±0.24 -200 ±1.3 ±0.56
La formule suivante permet de calculer la tolérance ΔR pour une ±0.35 ±0.14 -100 ±0.8 ±0.32
±0.15 ±0.06 0 ±0.3 ±0.12
température t > 0 °C : R = R0 (A + 2Bt) t
±0.35 ±0.13 100 ±0.8 ±0.30
Pour t < 0 °C, la formule est la suivante ±0.55 ±0.20 200 ±1.3 ±0.48
±0.75 ±0.27 300 ±1.8 ±0.64
R R0 (A 2Bt – 300Ct 2 4Ct 3 ) t ±0.95 ±0.33 400 ±2.3 ±0.79
±1.15 ±0.38 500 ±2.8 ±0.93
Le tableau ci-contre montre les clase de Tolérance ±1.35 ±0.43 600 ±3.3 ±1.06
d’interchangeabilité pour les sondes pt100 selon (CEI 751) - - 700 ±3.8 ±1.17
- - 800 ±4.3 ±1.28
Fiche technique (JUMO): - - 850 ±4.6 ±1.34
Valeurs de base suivant CEI 751 En ohms, pour les éléments sensibles Pt 100, par pas de 1 °C
Capteurs et instrumentation page2 Capteurs de température
Pour obtenir la valeur de la résistance, on lit les dizaines dans les lignes et les unités dans les colonnes.
Par exemple, la valeur à 403°C est obtenue à l’intersection de la ligne 400 et de la colonne 3 : 248,125Ω.
(Pour les éléments sensibles Pt 500 ou Pt 1000, il faut multiplier ces valeurs de base par le facteur 5 ou 10.)
d. La plage de température d’utilisation
Elle indique l’intervalle de température pour laquelle la sonde fonctionne normalement. Elle s'étend de :
–200 à +400 °C pour les éléments sensibles à enroulement sur support en verre.
–200 à +850 °C, pour les éléments sensibles à enroulement sur support en céramique.
Capteurs et instrumentation page3 Capteurs de température
2. Thermistances
2.1. Constitution
Les thermistances sont classées d’après le signe et la valeur de leur coefficient de température α :
- Thermistances à coefficient de température négatif :
Elles sont souvent appelées CTN ou simplement thermistances. Ce sont des céramiques, obtenues par frittage à
T > 1100 oC de poudres d’oxydes métalliques. Fe2O3 (oxyde ferrique) ; MgAl2O4 (aluminate de magnesium) ;
Zn2TiO4 (titane de zinc).
Aux températures d’utilisation, leur résistance diminue d’une manière monotone quand la température augmente.
- Thermistances à coefficient de température positif :
Elles sont en général appelées CTP. Ce sont des céramiques à base d’oxydes ferroélectriques, principalement du
titanate de baryum, de strontium et de plomb. Leur coefficient de température est faiblement négatif ou nul pour toute
température, sauf sur un domaine étroit d’environ 50 oC, où leur résistivité augmente brutalement.
Les thermistances peuvent être enrobées dans de la résine époxyde, de l’alumine ou dans des capsules de verre qui les
protègent d’une oxydation ultérieure. Elles se présentent sous des formes et des dimensions diverses :
perles, disques, bâtonnets et sondes.
On va se limiter à l’étude des CTN.
2.2. Principe
C’est le même principe que la sonde à résistance de platine, c’est-à-dire la variation de la résistance électrique d’un
matériau en fonction la température.
2.3. Caractéristiques
a. Caractéristique R = f (T )
Pour les températures d’utilisation, la relation liant la résistance à la température est donnée par l’expression suivante
1 1
R(T) = RT0 exp B - (4)
T T0
avec :
R(T) : résistance à la température T.
RT0 : résistance à la température de référence (résistance nominale).
T0 : température de référence (le plus souvent 298K) Fig.3 : Symbole
B : indice de sensibilité thermique, caractéristique du matériau constituant la thermistance.
Il est compris entre 1000 K et 7000 K, suivant la composition de l’oxyde utilisé ; il varie un peu avec la température.
106
Sur la caractéristique de la figure 4 On constate que la résistance diminue
d’une façon non linéaire quand la température augmente, selon la relation
(4). Les valeurs de la résistance sont très importantes par rapport à celles 105
d’une sonde à résistance en platine.
Résistance R en Ω
Comme pour la sonde à résistance de platine, la Caractéristique R = f (T)
peut être donnée par les constructeurs sous forme de tables de valeurs 104
valeurs de base.
b. Le coefficient de température
1038
6
1 dR B
Il est donné par la relation (3) : = 2 4
R dT T 2
Il varie fortement en fonction de la température et peut 102
-60 0 100 200 300
atteindre – 6 % K–1 à 25 oC (à comparer à + 0,4 % K–1
Température t en 0C
pour une résistance platine).
Fig.4 : Courbe caractéristique d’une CTN
Capteurs et instrumentation page4 Capteurs de température
c. Tolérances
Les constructeurs indiquent deux tolérances : l’une sur la résistance
nominale R0, l’autre sur l’indice de sensibilité B. Compte tenu de la
forme de la caractéristique R = f (T ), les incertitudes qui en résultent sur
la mesure de la température peuvent être très grandes dans la partie haute
du domaine de mesure.
Les tolérances usuelles de ces paramètres sont respectivement de ± 5 % et
± 10 %, mais l’on peut atteindre ± 1 %.
R R0 B R
= ln
R R0 B R0
d. La plage de température d’utilisation
En principe, le domaine de températures couvert par les thermistances s’étend de – 150 oC à + 600 oC ; les
thermistances les plus couramment proposées ont une étendue de mesure d’une centaine de degrés seulement, dans
l’intervalle – 80 oC, + 300 oC. En effet, la résistance peut devenir très grande quand la température décroît.
3. Thermocouples
3.1. Constitution
Un thermocouple est une sonde constitué par la soudure de deux conducteurs de matériaux différents.
Métal 1
Soudure chaude
Métal 2
3.2. Principe
Si on réunit l'on élève la température de la soudure chaude, il apparaît une tension eAB aux extrémités restées libres.
Ce phénomène s’appelle l'effet Seebeck. Il est possible de déterminer la température de l'extrémité chauffée à partir de
la mesure de eAB.
A Tf
Soudure chaude : Jonction de l'ensemble thermocouple soumis à la température à +
TC
mesurer : c'est la jonction Capteur. eAB
Soudure froide : Jonction de l'ensemble thermocouple maintenu à une température -
connue ou à 0 °C : c'est la jonction Référence. B Tf
Les thermocouples ne peuvent mesurer que des différences de température entre le
point de référence (soudure froide) et le point de mesure (soudure chaude).
La tension n’est pas linéaire en fonction de la température. Cependant, pour de petites variations de température, la
tension est approximativement linéaire, soit : e AB (TC - T f ) avec coefficient de Seebeck.
3.3. Symbole
Capteurs et instrumentation page5 Capteurs de température
3.4. Types de thermocouples
Le domaine d'utilisation d'un thermocouple dépend des deux métaux utilisés. Ils sont désignés par des lettres
majuscules qui indiquent leurs compositions selon les conventions ANSI (American National Standards Institute).
Parmi les types de thermocouples courants, citons les B, E, J, K, N, R, S et T. Le tableau suivant montre la
constitution et les caractéristiques de quelques types.
Conducteur Gamme de Coefficient de
Type de
température Gamme de Seebeck
thermocouple
Positif Négatif (° C) tension (mV) (μV/° C)
E chromel constantan –270 à 1000 –9,835 à 76,358 58,70 à 0° C
J fer constantan –210 à 1 200 –8,096 à 69,536 50,37 à 0° C
K chromel alumel –270 à 1 372 –6,548 à 54,874 39,48 à 0° C
T cuivre constantan –270 à 400 –6,258 à 20,869 38,74 à 0° C
S platine rhodié à10 % platine –50 à 1 768 –0,236 à 18,698 10,19 à 600° C
R platine rhodié à 13 % platine –50 à 1 768 –0,226 à 21,108 11,35 à 600° C
Alumel : Alliage composé de 95% de nickel, 2% d’aluminium, 2% de manganèse et 1% de silicium.
Chromel : Alliage composé de 80% de nickel et 20% de Chrome.
3.5. Caractéristiques
Caractéristique e = f (T )
À la lecture de ces courbes, on ne peut que vérifier que les thermocouples sont des appareils non linéaires.
On peut voir que le thermocouple de type K (Chromel/Alumel) est presque linéaire entre 0°C et 1000°C.
Le tableau de la page7 montre quelques valeurs de la tension thermoélectrique d’un thermocouple de type K.
3.6. Mesure des tensions de thermocouple
On ne peut pas mesurer directement les tensions des thermocouples car le simple fait de le connecter sur un voltmètre
crée des nouveaux thermocouples par les liaisons entre les fils du thermocouple et les bornes en cuivre ou en laiton du
voltmètre.
Comme J3 est une liaison cuivre sur cuivre, il n'y a pas de création d'effet thermoélectrique. D’autre part J2 est une
liaison cuivre constantan qui ajoute la tension V2 en opposition avec V1. La lecture sur le voltmètre sera
proportionnelle à la différence de température entre J1 et J2.
Capteurs et instrumentation page6 Capteurs de température
Nous ne pourrons connaître la température de J1 que si nous connaissons d'abord celle de J2.
L’une des méthodes les plus utilisées et de mettre la jonction J2 dans un bain de glace fondue (Tj2=00C).
La lecture du voltmètre est: V = (V1 - V2) équivalent à α (Tj1 - Tj2).
Compensation :
Si l’on utilise un thermocouple utilisant par exemple fer/constantan, il faut éliminer les tensions créées par les liaisons
en cuivre du voltmètre avec le fer, en portant toutes les jonctions à la même température grâce à un bloc isotherme.
Cette opération s’appelle la compensation logicielle.
Lorsque le thermocouple est éloigné de l’instrument de mesure, l’utilisation de conducteurs ordinaires (cuivre) pour
réaliser les raccordements peut engendrer des erreurs. Pour éviter ces erreurs, on réalise la liaison avec un cordon de
compensation utilisant des conducteurs spécifiques selon le type de sonde.
Capteurs et instrumentation page7 Capteurs de température