0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
170 vues63 pages

Socio

Ce rapport décrit un projet visant à améliorer la mobilité urbaine à Yaoundé, Cameroun par l'entretien de certaines voiries. Il présente le contexte du projet et la situation actuelle, incluant des défis tels que l'état des routes, le transport, et l'accès aux services. Le rapport examine également les impacts sociaux, économiques et environnementaux potentiels du projet.
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
170 vues63 pages

Socio

Ce rapport décrit un projet visant à améliorer la mobilité urbaine à Yaoundé, Cameroun par l'entretien de certaines voiries. Il présente le contexte du projet et la situation actuelle, incluant des défis tels que l'état des routes, le transport, et l'accès aux services. Le rapport examine également les impacts sociaux, économiques et environnementaux potentiels du projet.
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de

l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

1
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

SOMMAIRE
1. DESCRIPTION DU PROJET………………………………………….……..6
Photo 1 : Carte de Yaoundé………………………………………………………………………...…………6
Photo 2 : Entrée pharmacie Bleue NGOUSSO……………………………………………..……..………….7
Photo 3 : Marché Etoundi………………………………………….……………………………….………….8
Tableau 1: Population, superficie et densité dans les CUA de Yaoundé………...……………………………9
2. JUSTIFICATION DU PROJET…………………………………………….10
3. DÉFINITION DE LA ZONE D’ÉTUDE……………………………………...10
3. 1-Politique environnementale et sociale du Cameroun……………………………………………….10
3.2-Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE)……………………………………..11
4. PRINCIPAUX ENJEUX SOCIO-ENVIRONNEMENTAUX DU PROJET……12
Tableau 2: synthèse des enjeux du projet……………………………………………………………….12
II.APPROCHE MÉTHODOLOGIQUE DU CONSULTANT …………………..12
2.1 DÉMARCHE GÉNÉRALE …………………………………………………………………..…………….12
2.1.1 Recherche bibliographique ……………………………………………………………….…………12
2.1.2 Consultation de personnes-ressources et des populations bénéficiaires………………….………13
2.1.3 Observations et investigations de terrain…………………………………………………….…….13
2.1.4 Analyse des données recueillies …………………………………….……………………….………13
III. PRÉSENTATION DU MILIEU RÉCEPTEUR (AVANT PROJET)…………..16
3. Présentation de la ville : Yaoundé………..………………………………………..…………………….16
3.1-Milieu naturel…………………………….………………………………………………….………….16
3.2-Le relief …………………………………………………….………………………………..………….16
3.3-Démographie et peuplement de la zone du projet……….………………………………..………….17
3.4-Milieu humain ………………………………………………….………………………………..………19
3.5-L’habitat………………………………………………….………………………………..…………….20
Photo 4: Habitat précaire à Etetak…………………………….………………………………..…………….20
Photo 5 : Population au Quartier ETOUG EBE…………………………………….……………………………20
Photo 6: Habitat à Etetak…………………………………….………………………………..…………….20
Photo 7 : Habitat à ETETAK…………………………………….………………………………..…………….20
3.6-Eau potable…………………………………….………………………………..………………………24
Photo 8 : Accès à l’eau potable privée……………….………………………………..………………………..25
Photo 9 : Accès à l’eau Publique……………….………………………………..……………………………..26
Photo 10 : Les emplois des jeunes (vente du bois)…………………………………………………………………….28
Photo 11 : Les emplois des jeunes (Conducteurs des motos taxi) …………………………………………………….28
Photo 12 : Les activités de moto taxi par les jeunes………………………………………………………..29
3.6-La Pauvreté…………………………………….………………………………..………………………31
Photo 13 : Les jeunes rentrants des activités de commerce ambulant à Biyem-Assi………………………………….31
Photo 14 : Les activités de carrière………………………………………………………………………………………32
Photo 15 : Les activités de Biyem Assi……………………………………………………………………………………33
3.7-Les écoles ………………………………………………………………………………………………..34
Photo 16 : Ecoles …………………………………………………………………………………………………………35
3-8 : Sur le plan de la gestion des Ordures et sanitaire…………………………………………………….35
IV. RAPPEL DU LINEAIRE EN FONCTION DES ARRONDISSEMENTS……....37
Photos 17 : Quelques images du tronçon…………………………………………………………………….38
 Yaoundé 1er : NLONGKAK, NGOUSSO, EMANA, ETOUDI………………………………………….38
 Yaoundé 7ème NKOLBISSON, OYOM ABANG, ETETAK, NGOULEMAKONG, ETOUG
EBE……………………………………………………………………………………………………41
SITUATION APRES LE PROJET……………………………………………………..……..53
V. SYNTHESE DES PROBLEMES SUR LES TRONÇONS AVANT LE PROJET ET
LES PERSPECTIVES APRES LE PROJET……………………………….……54
VI : DETERMINATION DES EFFETS ET IMPACTS PREVISIONNELS DU PROJET
CONCLUSION………………………………………………………………..61
2
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

INTRODUCTION

Le Cameroun est un vaste pays d'Afrique Centrale d'une superficie de 475 442 km2.
La capitale politique Yaoundé encore vile aux sept collines est une plaque tournante des
décisions politico-administratives et siège des institutions. Les populations font face à des
contraintes géophysiques, laquelle s'ajoutent aux conditions socio-économiques
précaires sur tous les plans (sanitaire, infrastructurelle, énergétique…) et cela les
exposent aux multiples problèmes parmi lesquels : l'urbanisation, l'assainissement et
l'aménagement ne soient du reste. A Yaoundé, la mobilité des personnes et des biens est
un réel problème. Il y’a que les voies d’accès sont détériorées, enclavés, les nids de
poules qui traversent le long des voies, occasionnant les embouteillages qui durent des
heures, l’électrification publique etc………

Ces problèmes ne préoccupent non seulement la population, le gouvernement et


mais aussi les organisations non gouvernementales. En effet, le problème
d'aménagement urbain se fait sentir au sein de toutes les couches de la population
Camerounaise en général mais celle de la ville de Yaoundé plus précisément. Ceci est
perceptible dans le transport des biens et des personnes, les embouteillages, les routes
non électrifiées, les nids de poules……

L'aménagement urbain tout en étant générateur de revenus et créateur d'emplois,


constitue un moyen efficace pour assainir la ville par la construction des voies de
desserte, le ramassage et la revalorisation des déchets ménagers, industriels et
organiques biodégradables. Malgré tout, l'activité d'aménagement comporte aussi des
limites bien que généralement pratiquée dans les espaces dont le statut précaire dépend
très souvent de l'humeur des gestionnaires urbains, la rationalité n'est pas toujours
évidente.

Ainsi, ce projet vise à donner aux parties prenantes des outils d’aide à la décision
pour pouvoir réguler définitivement le problème.

3
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

I. DESCRIPTION ET JUSTIFICATION DU PROJET

1.1 PRESENTATION DU PROJET

Titre du projet : Etudes Techniques en vue de l’entretien de certaines


voiries dans la ville de Yaoundé
Type de projet : Infrastructures d’assainissement
Financement : Fond routier – Exercice 2018
Identification du promoteur : Gouvernement de la République du Cameroun
Maître d’Ouvrage : Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain
(MINHDI)

4
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

SITUATION AVANT LE PROJET

5
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

1. DESCRIPTION DU PROJET
L’objectif principal de ce projet est l’amélioration de la mobilité urbaine par
l’accroissement de l’offre quantitative et qualitative des voies d’accès. Il s’agit
spécifiquement de mener des actions empiriques dans la ville de Yaoundé notamment les
arrondissements de YDE I, II, III, IV et VI. Celles-ci consistent à rencontrer les populations
cibles du projet afin de discuter avec qu’elles sur les enjeux dudit projet aussi bien sur le
plan économique, social et environnemental. Il s’agit donc ainsi de faire le point avant le
projet et après le projet.

Photo 1 : Carte de Yaoundé

Source : Plan Directeur d’Urbanisme de Yaoundé

6
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Photo 2 : Entrée pharmacie Bleue NGOUSSO

Photo 3 : Marché Etoundi

Source : Notre enquête Créaconsult 2019.

Le paysage urbain de la capitale politique du Cameroun est un savent mélange issu


du milieu naturel très contraignant (le relief de collines), des fluctuations économiques
avec la crise des années 90 qui marque son passage par de multiples effets néfastes sur
les conditions de vie et un accroissement démographique parmi les plus rapide du pays.
Une présentation de Yaoundé va permettre d’établir une meilleure relation entre ces
différents éléments mise en commun telque la mobilité des personnes et d’appréhender
le cadre de vie des populations vivant à Yaoundé.

7
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Une route, comme toute infrastructure linéaire répond à des objectifs et entraîne
des coûts, ainsi que des conséquences socio-économiques et environnementales. C'est
pourquoi tout projet routier est soumis à plusieurs étapes. La particularité de la route est
son caractère linéaire et ses conséquences sur des milieux de natures totalement
différentes. On peut les inventorier avec un minimum de bon sens à travers la logique
d’impact avant et après le projet. La route interagit avec les zones urbaines, qu'elle la
traverse, où qu'elle la desserve. Elle touche l'environnement, au sens étymologique, donc
des écosystèmes définis par leurs composants : eau, air, faune, flore, sol et sous-sol. Les
exigences sociales ont peu à peu forgé des outils législatifs et réglementaires qui
encadrent ces domaines.
Dans la ville de Yaoundé au Cameroun, une nouvelle infrastructure ou l’entretien
des celles existante modifiera le paysage urbain, mais aussi le développement
économique d'un territoire. Plus de la moitié de la population vit aujourd’hui dans les
grandes agglomérations, et si on ne s’intéresse qu’à quelques arrondissements de
Yaoundé, les statistiques montrent que sur plus de 03 millions d’habitants en 2015,
presque les 2/3 (soit 70%) vivent en ville (milieu urbain) source : Rapport Nations Unies,
World urbanization prospects, 2015.
Cependant ce n’est pas spécifique à Yaoundé car la croissance annuelle de la
population urbaine en Afrique Subsaharienne approche les 5%, soit deux fois supérieure à
celle des pays d’Amérique Latine et d’Asie (source : Profil urbain de Yaoundé, 2017). Cette
croissance rapide s’accompagne inéluctablement d’une kyrielle de problèmes auxquels
les Etats n’étaient pas préparés à faire face. A titre illustratif, on citera l’absence des
services de base et des infrastructures les plus élémentaires tels que :
 L’accès à l’eau et à l’assainissement ;

 Les hôpitaux,

 Les écoles Maternel, Primaire et Secondaire

 Pas ou peu de sécurité foncière,

 Le manque cruel d’opportunités professionnelles et de manière générale, la

pauvreté.

8
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Ce contexte a favorisé le développement d’un paysage urbain très atypique,


dominé de plus en plus par les quartiers précaires à habitat non planifié. Selon ONU-
Habitat, près d’un milliard d’êtres humains s’entassent dans les quartiers informels,
irréguliers, non planifiés, des villes du sud. La population des bidonvilles s’accroit de 25
millions par an, soit 70.000 personnes supplémentaires par jour.
Ce phénomène est particulièrement préoccupant dans les grands centres urbains
du Cameroun notamment à Yaoundé, le constat est que plusieurs quartiers se situent
dans ce sillage. Or ces quartiers à habitat spontané, encore appelé bidonvilles, sont très
souvent surpeuplés, insalubres et souvent dangereux ou à risque.

Tableau 1: Population, superficie et densité dans les CUA de Yaoundé.

Commune Siège Population Superficie Densité


d'Arrondissements (hbt) (ha) (hbt / ha)
Yaoundé 1er Nlongkak I 471000 5464 86,20
Yaoundé 2e Tsinga I 284000 2256 126,22
Yaoundé 3e Efoulan 744000 6834 108,86
Yaoundé 4e Kondengui 408000 5867 69,54
Yaoundé 5e Nkol Messeng 307000 2652 115,76
Yaoundé 6e Biyem Assi 155000 2235 69,35
Yaoundé 7e Nkolbisson 440000 3490 126,67

(PDUY, 2020 et RGPH, 2005).

Le développement d’un cadre de vie favorable à la population est aujourd’hui un


enjeu admis par tous tant pour notre vie quotidienne que pour l’image de
l’arrondissement vue de l’extérieur. Un cadre de vie agréable, c’est avant tout un
environnement protégé et respecté par tous. Le fleurissement, l’aménagement de nos
quartiers passent par des espaces verts, le maintien de la propreté, l’électrification sont
autant d’actions contribuant à cet enjeu.
Le développement d’un cadre de vie favorable et l’aménagement du territoire
relèvent de la combinaison harmonieuse entre l’existant et le futur.

9
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

2. JUSTIFICATION DU PROJET
Le bilan socio-économique est établi selon une méthodologie rigoureuse et
normalisée, commune à l’ensemble des projets d’infrastructures de transport, que l’on
appelle l’analyse socio-économique. Cette analyse permet de juger du bénéfice du projet
pour la collectivité et de comparer les différentes options étudiées. Elle constitue un
élément d’aide à la décision. Si le calcul socio-économique est nécessaire, il n’est pas pour
autant suffisant dans l’évaluation d’un projet. Celle-ci doit également s’appuyer sur des
éléments complémentaires, portant notamment sur l’équité territoriale, les effets du
projet en matière d’aménagement du territoire et de développement économique local,
et la contribution du projet au rééquilibrage modal au bénéfice de moyens de transport
moins polluants.

3. DÉFINITION DE LA ZONE D’ÉTUDE


3. 1-Politique environnementale et sociale du Cameroun

L’article 1, alinéa 8 de cette Constitution stipule que « Toute personne, aussi bien
seule qu’en collectivité a droit à la propriété. Nul ne peut être privé de sa propriété, si ce
n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige et sous la condition d’une
juste et préalable indemnisation ; toutefois, les expropriations immobilières engagées pour
cause d’utilité publique, pour insuffisance ou absence de mise en valeur, et visant les
propriétés immatriculées, sont régies par la loi ».
L’article 47 (quatrième partie), spécifie que la loi définissant les relations entre les
pouvoirs législatif et exécutif, fixe des règles concernant le/la/les :
• régime domanial, foncier, forestier, minier et de l’habitat ;
• protection du patrimoine artistique, culturel et archéologique ;
• protection de la nature et de l’environnement ;
• régime de la propriété, des droits réels et des obligations civiles et commerciales ;
• programmes d’action économique et sociale.
Selon l’article 103 (huitième partie de la constitution), tous les aspects de
développement économique, social et culturel, notamment la politique sociale et
culturelle et la politique de l’environnement relèvent de la compétence du Ministère de
l’habitat et du Développement Urbain.

10
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

3.2-Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE)


En dépit de ces potentialités économiques (classé parmi les pays les plus riches
d’Afrique central), le Cameroun projette une image de pays émergent qui se traduit par
de indicateurs sociaux. Son Indice de Développement Humain (IDH), estimé à 0,648, le
classait au 23ème rang sur les pays Africains en 2017 (source : Rapport de investir au
Cameroun), ce qui le situe au niveau de nombreux pays en développement.
La dimension de la santé/longévité est évaluée selon l’espérance de vie à la
naissance; la dimension de l’éducation est mesurée au moyen du nombre d’années de
scolarisation pour les adultes âgés de 25 ans et plus et des années attendues de
scolarisation pour les enfants en âge d’entrer à l’école. La dimension du niveau de vie est
mesurée par le revenu national brut par habitant. Les résultats pour les trois indices de
dimension de l’IDH sont ensuite agrégés pour donner un indice composite obtenu à
partir de la moyenne géométrique.
Afin de remédier à cette situation, le Gouvernement de la République
Camerounaise a élaboré un Document de Stratégie de Croissance et l’Emploi (DSCE) pour
la période 2016-2035.
Le DSCE a pour objectif premier de mettre en place des programmes et des
réformes structurelles visant à créer la richesse et l’emploi, par le développement de
secteurs d’activité alternatifs au secteur pétrolier pour soutenir la croissance de
l’économie. Il vise ensuite à réduire la pauvreté par la mise en place d’une véritable
politique de redistribution des fruits de la croissance, avec des programmes visant à
améliorer l’accessibilité des services sociaux de base aux populations, notamment dans
les domaines de l’eau, de l’habitat, du logement, de l’éducation de base et des soins de
santé primaires. Sur la base de ces orientations, le DSCE s’articule sur quatre piliers
fondamentaux :
 Pilier 1 : Promotion d’une croissance forte, soutenue et bénéfique aux pauvres ;
 Pilier 2 : Amélioration des infrastructures ;
 Pilier 3 : Amélioration de l’accès des populations aux services essentiels ;
 Pilier 4 : Amélioration de la gouvernance.

11
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Les préoccupations environnementales sont explicitement prises en compte dans le


pilier 1 à travers quatre objectifs :
 l’amélioration du cadre de vie ;
 la valorisation de la biodiversité ;
 l’accroissement de la valorisation des biens et services environnementaux ;
La contribution à la création d’un cadre propice au développement d’une activité
touristique.

Dans le cadre de la mise en œuvre de sa Politique Urbaine adoptée sous le vocable


de Programme de Développement des infrastructures des Transports Urbains
opérationnalisée par le Ministère de l’habitat et du Développement Urbain inclus dans la
vision Cameroun émergent à l’horizon 2035.

4. PRINCIPAUX ENJEUX SOCIO-ENVIRONNEMENTAUX DU PROJET


On entend par enjeu socio-environnemental, toute préoccupation majeure qui peut
concerner l’environnement, les populations, qu’un ou plusieurs acteurs peuvent gagner
ou perdre sur le plan sociologique, environnemental ou patrimonial dans une option de
développement et qui peut influer sur la décision. L’enjeu permet de définir les impacts.
Le projet d’entretien des voies est sous-tendu par plusieurs enjeux socio-
environnementaux dont les plus significatifs sont consignés dans un tableau ci-après.

Tableau 2: synthèse des enjeux du projet

N° Enjeux Observations

Certains quartiers de Yaoundé connaissent parfois des inondations


récurrentes dues, entre autres, à la quasi disparition du couvert
végétal, à la faible perméabilité des bassins versants (structure sablo-
argileuse), à l’affleurement des nappes dans les bassins versants, à
l’abondance des précipitations, au flux marin et à la prolifération des
La réduction des quartiers dans des zones hydromorphes (cours d’eau, marais,
1 inondations dans certains marécages,…). À cela s’ajoute l’obstruction du réseau de drainage
quartiers de Yaoundé (canaux aménagés et cours d’eau naturels) par des dépôts
anarchiques, mais importants, de déchets urbains non évacués vers les
décharges. Des constructions anarchiques….
L’amélioration du drainage des eaux pluviales permettra une réduction
sensible des inondations.

12
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Les voies de service qui seront aménagées le long des voies d’accès
Le désenclavement des
2 faciliteront l’accès aux quartiers riverains qui sont, pour la plupart,
quartiers sous-intégrés
inaccessibles aujourd’hui.
La collecte des ordures ménagères est assurée à Yaoundé par
HYSACAM qui dispose d’un réseau de bacs et de bennes disposés le
long des voies accessibles par les camions de l’entreprise, bacs et
bennes dans lesquels les ménages viennent volontairement déposer
L’amélioration de la leurs ordures domestiques. Les quartiers sous-intégrés situés dans les
3 collecte des ordures bas-fonds sont inaccessibles aux camions de la HYSACAM, faute de
ménagères routes carrossables.
Les voies de service qui seront aménagées le long des voies
permettront une meilleure couverture des quartiers sous-intégrés
situés dans le bassin versant de Yaoundé.
Le secteur de la construction est reconnu comme présentant un niveau
Les risques d’accidents de de risques plus élevé que la plupart des autres secteurs d’activités. Que
4 circulation pendant les ce soit en nombre d’accidents, au regard de leur gravité ou en termes
travaux de salariés décédés, le BTP reste encore et toujours le secteur d’activité
le plus accidentogène.
Le brassage des populations induit par la présence des ouvriers et
Le risque de prolifération
5 l’amélioration de la situation financière des jeunes en phase des
des IST et du VIH/SIDA
travaux pourront contribuer à la prolifération des IST et du VIH/SIDA.
Source : Notre enquête Créaconsult 2019

II.APPROCHE MÉTHODOLOGIQUE DU CONSULTANT


2.1 DÉMARCHE GÉNÉRALE
La méthodologie adoptée dans la conduite des études environnementales et
sociales consiste en l’exploitation de la documentation existante, la consultation de
structures, des personnes ressources et des populations concernées, les observations et
investigations de terrain et enfin l’analyse des données recueillies.

2.1.1 Recherche bibliographique


L’exploitation de la documentation existante s’est déroulée à Yaoundé. Elle a permis
de collecter et synthétiser :

• les données relatives au cadre institutionnel, législatif et réglementaire


applicable au projet,
• les données sur les milieux physique et biologique,

• les données socio-économiques de la zone du projet.

13
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

2.1.2 Consultation de personnes-ressources et des populations bénéficiaires

Pour plus de fiabilité, toutes les données bibliographiques synthétisées ont été
complétées et/ou confirmées à travers les rencontres des populations ressources (donc
la liste est en annexes), les échanges avec ces personnes ressources et les enquêtes
auprès des populations affectées par le projet.
La synthèse des données d’enquête et de la consultation des populations
bénéficiaires et des personnes ressources a permis d’évaluer l’impact réel et
l’acceptabilité sociale du projet par les populations riveraines afin de définir les mesures
requises pour assurer une bonne insertion du projet dans son environnement.

2.1.3 Observations et investigations de terrain


Le Consultant a effectué, en Février et Mars 2019, des missions sur le terrain pour
observer et décrire l’état actuel de l’environnement socioéconomique des quartiers
concernés, réaliser des enquêtes de terrain et repérer les zones sensibles dans les
quartiers concernés. Ces observations et investigations de terrain conjuguées avec
l’exploitation des personnes ressources ont permis de faire une caractérisation des zones
étudiées.

Des équipes d’enquêteurs ont été ensuite déployées sur le terrain pour
caractériser et évaluer les pertes, recenser toutes les personnes affectées et relever leurs
caractéristiques socio-économiques.

2.1.4 Analyse des données recueillies


L’analyse des informations ou données recueillies ont permis de :

• décrire le projet et d’analyser ses variantes ;


• délimiter la zone d’étude ;
• décrire le contexte institutionnel, législatif et réglementaire applicable au projet ;
• décrire l’état actuel de l’environnement (milieux humain) ;
• évaluer l’impact potentiel du projet sur les différentes composantes des milieux
humains, y compris les risques d’accidents ;

14
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

• proposer des mesures d’atténuation et de compensation des impacts négatifs ainsi que
des mesures de renforcement des impacts positifs ;
• proposer un plan de gestion des risques de maladies professionnelles et d’accidents ;

2.2 MÉTHODE SPÉCIFIQUE À L’ÉVALUATION DES IMPACTS


La méthode retenue est l’évaluation de l’importance de l’impact anticipé comme
indicateur de synthèse des critères tels que l’intensité de l’impact, l’étendue et la durée,
que cet impact soit positif ou négatif, c’est à dire favorable ou non.
Cette importance repose sur l’utilisation des trois (3) critères ci-dessous :
• Intensité de la perturbation : très forte, forte, moyenne, faible ou
très faible ;
• Étendue de l’impact : régionale, locale ou ponctuelle ;
• Durée de l’impact : longue, moyenne ou courte.
L'identification des impacts sera faite en mettant en relation les sources
d’impacts, tant en phase de construction (travaux) qu’en phase d'exploitation (mise en
service), avec les composantes du milieu récepteur.
Cette mise en relation prend la forme d’une grille où chaque interrelation
identifiée représente un impact probable d’un élément du projet (source d’impact) sur
une ou plusieurs composantes du milieu. L’importance globale de l’impact du projet sur
une composante d’un milieu donné est obtenue en faisant la synthèse des importances
d’impacts des différentes actions élémentaires (sources d’impacts) du projet sur cette
composante pour en dégager une moyenne pondérée ou une importance dominante qui
est beaucoup plus représentative de la réalité. Cette importance sera qualifiée de très
forte, forte, moyenne, faible, très faible ou nulle.

15
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

III. PRÉSENTATION DU MILIEU RÉCEPTEUR (AVANT PROJET)


3. Présentation de la ville : Yaoundé
3.1-Milieu naturel
Yaoundé Capitale politique du Cameroun encore appelé : ville aux sept collines est
incluse dans un contexte global correspondant à la grande région Centre -Sud du
Cameroun. Celle-ci est caractérisée par un relief dans l’ensemble très contrasté, constitué
de régions de hautes terres inégalement réparties, et dont l’altitude moyenne varie entre
650 et 720 mètres. Le climat dans cette partie du pays est essentiellement pluvieux, et se
caractérise par des précipitations abondantes atteignant une moyenne annuelle de
2000mm. La température moyenne se situe autour de 22° C, et on y retrouve une
végétation abondante constituée de forêt et de savane.

3.2-Le relief
Qualifié de "ville aux sept collines", Yaoundé se développe dans un site collinaire,
sur un plateau qui varie entre 700 et 800 mètres d’altitude, couronné de massifs
montagneux aux formes arrondies culminant entre 1000 et 1300 mètres. Cela crée un
paysage très contrasté, essentiellement marqué par trois unités morphologiques qui se
partagent la ville : les sommets d’interfluves, les pentes et les fonds de vallées
inondables. D’Aménagement urbain, facteurs socio-économiques et habitat insalubre à
Yaoundé 6 Les hauts reliefs forment une ligne qui cerne la ville dans sa partie Nord-Ouest
et Ouest. Ils sont formés de mornes rocheux dont l’altitude varie entre 900 et 1300
mètres, et supplantent à l’Est un plateau de piémont façonné en interfluves par les
rivières Mfoundi et Ako’o.
La ville de Yaoundé a donc suivi pendant longtemps un développement orienté du
Nord-Ouest vers l’Est et le Sud, borné à l’Ouest par une barrière montagneuse, dont
l’action sur l'urbanisation se manifeste de deux principales manières.
Premièrement ces hauts reliefs, constituent une véritable barrière à l'avancée du
front urbain. L'obstacle qu'ils opposent à l'implantation urbaine se traduit par une
augmentation des pressions foncières dans les zones plus facilement urbanisables
pouvant conduire à une situation d’insalubrité de l’habitat.

16
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Deuxièmement, ces hauts reliefs ne sont pas partout totalement inhospitaliers et


inconstructibles. Il reste en effet certaines zones intra ou périmontagneuses où le risque
d'une densification urbaine démesurée est bien présent. Les zones de fortes pentes
(supérieure à 20%) posent le problème de l'instabilité des terrains. Constituées de sols
ferralitiques, elles sont l'objet d'une érosion de grande ampleur qui se transforme
souvent en de véritables glissements de terrain. Ces mouvements de terrain se trouvent
aggravés par l'action humaine qui, décapant le couvert végétal, accroît le ruissellement
diffus, et le risque d’insalubrité. Les vallées occupent près de 20 % de la superficie totale
de Yaoundé, elles sont reliées bout à bout, et forment un couloir de 30 km de long sur 20
km de large, soit 600 km².

Photo 4 : Insalubrité à Yaoundé

Source : Notre enquête Créaconsult 2019

Ces zones présentent une consistance pédologique quasi nulle. Elles sont
constituées de sols hydromorphes retenant jusqu'à 45 g d’eau pour 100 g de terrain. Leur
urbanisation nécessite des aménagements particulièrement coûteux : remblais,
construction des murs de protection des berges, etc. Par ailleurs ce sont des exutoires où
sont drainés les déchets des sommets, ils présentent ainsi un gros risque d’insalubrité, et
sont d’ailleurs propres à l’implantation des ménages. Le site de Yaoundé présente donc
de nombreux avantages comparatifs au développement urbain. Le Programme de

17
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Développement Urbain de Yaoundé 2020 (PDU 2020) estime globalement que le milieu
physique de la ville est occupé d’environ 25% de zones à risques. L’action de ce relief très
contrasté est amplifiée par un climat très pluvieux et un réseau hydrographique dense.

3.3-Démographie et peuplement de la zone du projet


Si l'on sait que la croissance démographique n'est pas nécessairement l'ennemi du
développement, il n'en demeure pas moins qu'elle pose aux systèmes économiques de
redoutables défis. Une croissance démographique, qui multiplie le nombre d'habitants,
pèse évidemment sur la région, dont le territoire est défini, et les ressources
nécessairement limitées. La croissance démographique constitue donc un redoutable
défi : en l'état actuel des technologies, le rythme économique, notamment dans les pays
émergents, n'est tout simplement pas compatible avec les ressources planétaires. D'où
la nécessité d'inventer de nouvelles formes de développement.

Photo 5 : Population au Quartier ETOUG EBE

Source : Notre enquête 2019

18
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

3.4-Milieu humain
Selon le rapport de l’enquête Camerounaise auprès des Ménages (ECAM3),
relative à la population globale de la région. Celle du centre est estimée à 3 654 800
habitants. Les communes de Yaoundé sont peuplées majoritairement des groupes
ethniques FANG-BETI. Les quartiers NGOUSSO, NKOLMBONG, ETOUNDI, OYOM ABANG,
BIYEM ASSI, ETETAK sont peuplés par des populations appartenant aux différentes
ethnies du Cameroun (FANG, BASSA, Grassfielfds, HAOUSSA etc.) et de peuple étrangers.
Le paysage urbain de Yaoundé est alors jusqu’à nos jours marqué par ces distinctions, les
études de terrains montrent que le quartier Briqueterie est majoritairement constitué de
Haoussa ou « Nordiste », Etoa-Méki est par excellence le quartier des Bassa.
Tandis que les Eton et les Ewondo sont localisés respectivement à Mvolyé et à
Nkolndongo, les anglophones à Biyem-Assi. En établissant une relation avec les
principales régions de provenance des immigrants (les Bamiléké, dont la proportion en
1964 est presque égale à celle des Ewondo et l’avait même dépassée en 1962, les
Haoussa, les Bassa, etc.), on peut comprendre l’évolution des densités dans les quartiers
les plus peuplés de la ville. Yaoundé est globalement caractérisé par un taux d’accès à
l’eau potable particulièrement élevé (62,5% des ménages), notamment en milieu urbain.
Toutefois, on note que 46% des ménages utilisent encore de l’eau impropre à la
consommation. Dans l’agglomération de Yaoundé, le service de l’eau potable est assuré
par la Camerounaise des Eaux. Sur l’ensemble des quartiers visités faisant l’objet de la
présente étude, 22% des ménages seulement disposent de WC équipés de chasse d’eau.
Excepté Yaoundé I avec environ un tiers des ménages (28,9%) équipés, à peine un quart
des ménages (25,9%) sont équipés en milieu urbain ; le nombre de ménages en milieu
rural tombant à 6,3%.

19
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

3.5-L’habitat
Le relief de la ville de Yaoundé est accès accidenté, il est constitué de colline et de
vallées inondables. L’étude de la qualité de l’habitat à Yaoundé ne saurait occulter cet
aspect prépondérant dans la logique de l’établissement des ménages dans la ville.
Pour le MINDUH en 2008, «L’habitat est un espace de vie qui comprend notamment,
les habitations, des équipements collectifs (marché, centre de santé, écoles, services publics,
bâtiments public), des infrastructures (voirie, fontaines publiques, jardins publics, aires de
loisir, espaces de jeux, places et monuments publics), et les réseaux (assainissement, eau,
Aménagement urbain, facteurs socio-économiques et habitat insalubre à Yaoundé 5ème
électricité, téléphone, informatique…). L’habitat renvoie alors à un ensemble vaste et son
observation ne peut se faire qu’en prenant pour unité d’observation, une entité de surface
au moins égale au quartier ».
Les acteurs de la fabrique de l’habitat précaire usent de nombreuses astuces pour
acquérir des terrains et pour édifier leurs maisons d’habitation, en marge de la légalité.
Les transactions foncières mettent en jeu une multiplicité d’acteurs aux logiques variées à
partir desquels on peut lire l’insécurité foncière. Tant à l’intérieur des structures familiales
et lignagères qu’à l’extérieur, on retrouve une constellation de relations sociales entre
personnes qui s’impliquent dans les pratiques de formalisation des droits fonciers. Il s’agit
notamment des autorités traditionnelles ou des descendants de clans et des
intermédiaires.
Yaoundé est aujourd’hui une agglomération couvrant une superficie estimée à
plus de 304 km2 dont une superficie urbanisée de 183 km2 avec une densité moyenne de 19
126 hab./km2. On y distingue deux zones :
 La partie intérieure à la «voie express» et les récentes extensions

périphériques. La première zone couvre l’essentiel de la ville avec en


moyenne 80 hab./ha.
 La seconde partie est timidement urbanisée avec une densité estimée à 10

hab. /ha.

20
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Photo 6: Habitat précaire à Etetak

Source : Notre enquête Créaconsult 2019

L’habitat est composé, en proportion à peu près égale, de maisons en dur et de


maisons en matériaux de fortune comme les planches couvertes de tôles ondulées
construites sur des dalles de ciment ou sur terre battue. Dans les quartiers sous-équipés
et qui abritent 60 % de la population de Yaoundé des baraques en planches mal jointes et
sans fondations se juxtaposent avec des bâtisses en « dur » de bonne qualité.
Une bonne partie des ménages dans les bidonvilles s’est installée sur des terrains
appartenant à la puissance publique et des zones vertes.
L’attribution des permis d’occupation et des titres de propriété (le sol est censé
appartenir à l’État) est le seul moyen utilisé par le Gouvernement pour discipliner la
croissance urbaine. Malgré tout, très peu d’occupants de terrains disposent d’un titre de
pleine propriété (à peine 38 % des propriétés dans les quartiers visités) et les
autorisations précaires (permis d’habiter 45 %), à tout moment révocables, sont
devenues la règle. 40 % des terrains urbanisés, à peu près, font l’objet d’un permis
d’habiter. Au total, près de 80 % de logements à Yaoundé sont auto-construits et 70 %
d’entre eux sont implantés dans des quartiers spontanés. Les proportions de l’habitat
précaire dans les différents quartiers oscillent entre 8 et 40 %.
Il a été recensé dans l’emprise des ouvrages projetés, des constructions à démolir.

21
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

a) Habitat insalubre
Ce concept fait référence à la qualité de l‘habitat. Est qualifié d’insalubre tout
immeuble ou groupe d’immeubles, bâti ou non, vacant ou non, qui constitue soit par lui-
même, soit par les conditions dans lesquelles il est occupé ou exploité, un danger pour la
santé des occupants et des voisins.
On peut encore définir l’habitat insalubre comme étant diverses formes d’habitat,
différentes du point de vue des caractéristiques du tissu urbain créé, de l’occupation du
logement ou des habitants, mais aussi du point de vue de la formation et du
développement : particularités du statut foncier, des matériaux de construction utilisés,
de l’organisation du tissu urbain et du processus de production. De cette définition,
quatre dimensions de l’habitat insalubre peuvent être dégagées :
 Une dimension environnementale : il s’agira ici du site, de la végétation, de

l’eau, de l’air, de l’éclairement, etc. on s’intéressera alors aux conditions du


milieu physique dans lequel est implanté le logement.
 Une dimension assainissement : elle renvoi à l’aménagement du milieu

physique pour le rendre habitable. Ces aménagements concerneront les


réseaux d’adduction d’eau, de fourniture d’énergie électrique, les réseaux
de vidange de fosses septiques, des égouts, d’évacuation des déchets
solides ménagers, et des eaux usées.
 Une dimension logement : qui fait référence au confort du logement. Cette

dimension prend en considération la qualité des murs, du toit, du sol, des


toilettes. On évaluera l’insalubrité du point de vu de la qualité du logement
uniquement.

22
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Photo 7 : Habitat à ETETAK

Source : Notre enquête Créaconsult 2019

 Une dimension sociodémographique : tout environnement est le reflet de

la population qui y vit et qui le met en valeur. Eu égard à cela, il est probable
que le niveau d’appropriation de l’espace et la manière de l’aménager soit
en relation étroite avec les caractéristiques sociodémographiques du
ménage. La dimension sociodémographique de l’habitat insalubre se
focalise sur les caractéristiques du ménage et de chef de ménage.
Aménagement urbain, facteurs socio-économiques et habitat insalubre à Yaoundé
est appréhendé dans cette étude par un indicateur composite qui est la qualité de
l’habitat.
Aménagement urbain : C’est l’ensemble d’actions concertées visant à
localiser et répartir les activités, les constructions, les équipements et les
moyens de communication au niveau d’une ville ou d’un quartier. La
politique d’aménagement urbain a pour objectifs principaux la réalisation
d’équipements de superstructures et d’infrastructures et des services
adaptés aux besoins des habitants, l’accessibilité aux moyens de transport,
la restructuration du tissu urbain, la création et l’organisation d’activités
économiques et culturelles. L’aménagement urbain est une action
volontaire animée par les pouvoirs publics qui implique non seulement la
programmation des équipements, des dépenses publiques et la production
23
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

de documents d’urbanisme planifiant l’utilisation des sols, mais aussi la


mobilisation de l’ensemble des acteurs (élus locaux, habitants de quartiers,
organismes socioprofessionnels, réseau associatifs).

3.6-Eau potable
Yaoundé compte plus de 409 070 abonnés actifs desservis en eau potable (12 233
au tarif social). L’alimentation du reste de la population habitant les quartiers sous
intégrés se fait par le biais de bornes fontaines et autres lavoirs.

L’approvisionnement en eau potable des grands centres urbains incombe à la CDE


dans le cadre de la concession que lui a confiée le gouvernement, alors que l’alimentation
en eau potable des centres isolés, notamment en milieu rural, c’est généralement des
forages. Yaoundé est globalement caractérisé par un taux d’accès à l’eau potable
particulièrement mitigé (52,5% des ménages), notamment en milieu urbain. Toutefois, on
note que 46% des ménages utilisent encore de l’eau impropre à la consommation.
L’analyse détaillée révèle l’existence de disparités significatives, notamment au
détriment du monde rural où les eaux de surface représentent encore, pour 59,3% des
ménages, la principale source d’alimentation. Même en milieu urbain,
l’approvisionnement direct (robinet individuel) ne concerne qu’à peine la moitié (50,2%)
des ménages.

Plusieurs facteurs affectent le niveau d’approvisionnement en eau potable. Le


premier est le niveau de vie : dans les quartiers le plus résidentiel ayant un certain
standard (Odza, Etoundi et Bastos…), plus des trois quarts (89,4%) des ménages
bénéficient de l’eau courante alors que dans les quartiers dits pauvre, ce n’est que près
du tiers (32,2%) des ménages qui s’approvisionnent en eau courante. Le second est la
rareté de l’eau potable provenant de la CDE ainsi les particuliers ont des forages.

A Yaoundé, l'accès à l'eau potable est encore un besoin de première nécessité. Les
habitants des quartiers d’habitat spontané, le plus souvent illégaux, incarnent un type
d’habitat devenu majoritaire et tentent par conséquent et par leur nombre, de se faire
accepter dans l’espace urbain en mimant les plans d’urbanisme officiels. Un habitant du
quartier nous confie n’avoir jamais pris un bain sous la colonne de douche :"Nous vivons

24
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

à "Carrière" comme si nous n’étions pas au Cameroun. Il faut se lever à 5 heures du matin,
parcourir quatre kilomètres à la recherche de l’eau, et là-bas, il faudra encore faire la
queue." Des maladies liées à la consommation ou l’utilisation d’une eau de mauvaise
qualité. Il y a deux ans, les habitants du quartier étaient ravitaillés en eau potable à partir
des camions citernes de la société Camwater. En l’absence de ces engins devenus rares et
très irréguliers, les puits d’eau, les forages, les sources d’eau ont pignon sur rue.

Photo 8 : Accès à l’eau potable privée

Source : Notre enquête 2019

Photo 9 : Accès à l’eau Publique

25
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Tableau 3 : Répartition des ménages selon la source d’eau

Désignation Robinet Robinet Forage pers à Puits/cours % accès eau


individuel du voisin usage publique d’eau potable
Plus 10.7/100 21.9 25.6 22.2 80.3
pauvre
Moyen 16.6/50 27.4 30.8 10.2 85
Quartier
Moyen 45.1/100 3.3 28.9 13.5 85.6
riche
Plus riche 55./55 2.2 35.8 9.3 89.4
Sources : Données issues de la collecte des données 2019

3.5-L’emploi
L’emploi est généralement apprécié par le niveau du taux d’emploi. Chez les
jeunes, ce taux représente la part des jeunes actifs occupés par rapport à l’ensemble des
jeunes, quel que soit le secteur d’activité. Cependant, cet indicateur ne renseigne pas sur
la qualité des emplois occupés. Le chômage résulte d’un déséquilibre du marché du
travail qui se traduit par une offre excédentaire de main-d’œuvre par rapport à l’offre
d’emplois. Au sens du Bureau International du Travail (BIT), est chômeur toute personne
sans emploi, mais qui a été à la recherche d’un emploi.
Photo 9 : Les emplois des jeunes (Garages et laverie des engins roulant)

Source : Notre enquête Créaconsult 2019

26
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

L’étude de l’aménagement urbain, est étroitement liée aux capacités productives


des populations. Capacités qui déterminent les revenus des populations, il s’agit en
occurrence de la situation d’emploi des populations, qui oriente les choix de site et le type
d’aménagement de l’habitat. Ainsi, les fluctuations de la situation de l’emploi au
Cameroun ont suivi les trois phases de l’évolution économique du Cameroun présentées
plus haut. Selon ECAM III, le contexte d’activité au Cameroun est structuré en quatre
secteurs : le secteur public, le secteur privé formel, le secteur informel non agricole et le
secteur agricole. Ces quatre secteurs peuvent être regroupés en deux: le secteur formel
qui est celui des emplois biens structurés, et le secteur informel, dont l’évolution depuis
2001 montre une augmentation au détriment du premier.
La tendance à la hausse du secteur informel est une réalité nouvelle, car pendant
les années de forte croissance économique ce secteur était inexistant. La situation
macroéconomique du Cameroun boostée par les exportations de matières premières et
la découverte du pétrole dans les années 1970, va permettre à l’Etat de fonder son
modèle de développement sur trois axes, à savoir : le développement de grosses unités
de production industrielles publiques et semi-publiques, des stratégies d’investissement
très capitalistiques, et des transferts d’équipements et de technologies sophistiquées
généralement livrés clés en main.
La récession économique qui s’est répercutée sur l’emploi par des licenciements
massifs et des réductions considérables des salaires, a eu comme conséquence un
enlisement des populations dans la pauvreté, avec l’émergence d’un secteur non
structuré, aux emplois précaires : l’informel.

27
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Photo 10 : Les emplois des jeunes (vente du bois)

Source : Notre enquête Créaconsult 2019

Le chômage n’est pas le seul problème auquel sont confrontés les jeunes. Pour
ceux d’entre eux qui ont un emploi, il est important de s’intéresser aux conditions dans
lesquelles s’exerce leur activité économique. Pour beaucoup de jeunes femmes et de
jeunes hommes, le travail décent continue de relever du rêve. Face aux difficultés de
trouver un emploi décent, ils restent dépendants de leur famille ou sont contraints de se
réfugier dans le secteur informel.
Le secteur informel regroupe les activités menées par des entreprises ou des
unités de production à caractère individuel ou familial dans le domaine de l’artisanat, du
petit commerce, de fabrication d’articles divers et de petits services. Ce secteur couvre
également des emplois salariés exercés sans contrat garanti, sans avantages liés à
l’emploi et sans protection juridique. On y retrouve des salariés d’entreprises informelles,
des salariés exerçant un travail domestique chez des particuliers, des travailleurs
journaliers occasionnels, des travailleurs en sous-traitance, des travailleurs temporaires et
à temps partiel, des personnes travaillant pour leur propre compte, des travailleurs
familiaux non rémunérés, des apprentis, etc.

28
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Photo 11 : Les emplois des jeunes (Conducteurs des motos taxi)

Source : Notre enquête Créaconsult 2019

 Motos-taximen

Quasi-inexistant il y a de cela une dizaine d’années, le phénomène de « moto taxi »


a pris de l’ampleur dans le pays. Cette activité, qui emploie presqu’exclusivement des
jeunes garçons, est en pleine expansion dans nos villes. Les jeunes qui s’adonnent à cette
activité ont un niveau d’instruction relativement faible, ne dépassant généralement pas le
primaire. En raison du coût accessible d’une moto, nombre de jeunes désœuvrés, ont
trouvé dans l’activité de mototaxi, un moyen d’assurer leur subsistance. L’exercice d’une
telle activité est, à la limite, dangereuse et comporte de nombreux risques professionnels
(accidents de route, vols, agressions, etc.). L’activité des motos-taxi est devenue un sujet
de préoccupation pour les pouvoirs publics qui tentent tant bien que mal d’inciter ces
jeunes à obtenir un permis de conduire.
Dans les rues de Yaoundé comme dans la plupart des villes du Cameroun, ce qui
frappe de prime abord, c'est le comportement des moto-taximen. Enquête autour d'un
métier qui inquiète plus qu'il ne rassure.
Les moto-taxis sont ces hommes qui font le transport urbain et même inter urbain
à l'aide non pas de véhicules mais des motos c'est-à dire de moteurs à deux roues. Au
Cameroun on les appelle aussi "ben skin". Ils ont pratiquement envahi ce secteur au point
où dans certaines villes ce sont eux que l'on rencontre pratiquement à 70% dans le secteur
du transport.
29
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

En parcourant les rues de Yaoundé, on a pu cheminer avec eux. Lorsqu’on leur


demande ce qui les attire vers ce métier, ils répondent unanimement que c'est parce qu'il
n’y a pas de travail qu'ils exercent ce métier. S’il est vrai que certains d'entre eux sont de
diplômés à quelque niveau d'enseignement que ce soit, il n'en reste pas moins que la
grande majorité n'a pas du tout été à l'école. C’est cet argument qui témoigne
certainement la violence qu'ils développent dans les situations de route. Dès qu'il se
produit avec eux le moindre accident, tous les autres sont alertés et vous envahissent
pour se rendre justice eux-mêmes au grand mépris de la règlementation. Face à cet
agissement, un d'entre eux m'a dit "nous savons que vous ne nous aimez pas". Si on peut
clairement identifier qui est-ce qu'il désigne par "nous", ce n'est pas le cas avec le "vous"
qu'il utilise dans sa réponse.

Photo 12 : Les activités de moto taxi par les jeunes

Source : Notre enquête Créaconsult 2019

30
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

3.6-La Pauvreté
La pauvreté influence la mauvaise santé à travers les facteurs qui interviennent au
niveau des ménages (le faible niveau de revenu, l’analphabétisme (surtout parmi les
femmes), la taille du ménage,) et les facteurs communautaires (la localisation spatiale, les
dotations en infrastructures, les normes socioculturelles et les traditions, l’accès à l’eau
potable, les conditions sanitaires et les pratiques de soins). Mais, en retour, la mauvaise
santé conduit à la pauvreté monétaire (amoindrissement des revenus). En effet,
l’amoindrissement des revenus passe à travers des dépenses de santé qui représentent
une portion relativement élevée des dépenses des ménages.

Photo 13 : Les jeunes rentrants des activités de commerce ambulant à Biyem-Assi

Source : Notre enquête Créaconsult 2019

L’instabilité de l’emploi est aussi l’un des traits caractéristiques du travail dans
l’informel. La majorité des emplois exercés dans le secteur se font sans qu’un contrat de
travail ait été préalablement établi. Le secteur informel est aussi le lieu où l’on rencontre
le travail des enfants en dépit de sa prohibition. En moyenne, 8,6% des enfants âgés de 6 à
14 ans exercent une activité économique au détriment de la fréquentation scolaire. Il faut
dire que ce phénomène est plus marqué en zone rurale. Ils sont 13,7% en zone rurale
contre 2,4% en zone urbaine. La grande majorité des enfants qui travaillent est constituée
d’aides-familiaux (non rémunérés) et dans une moindre proportion d’indépendants. On
retrouve également dans le secteur informel, de nombreux travailleurs âgés. Le taux
d’activité des personnes âgées (60 ans et plus) en milieu rural est de 64,0% alors qu’il
n’est que de 36,6% en milieu urbain.
31
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

 Revendeurs (bayam sellam)

Cette catégorie de travailleurs se retrouve dans les marchés, où elle ravitaille les
populations en vivres et autres denrées alimentaires. Cette activité n’est plus aujourd’hui,
le seul apanage des femmes dans la mesure où 30,6% de revendeurs sont des hommes.
C’est d’abord en tant qu’aides-familiaux que ces revendeurs rentrent dans cette activité
et progressivement s’installent à leur compte. Les données du recensement de 2005, ont
permis de savoir que 80,2% des revendeurs sont âgés de 25 à 59 ans. Ces travailleurs ont
un niveau d’instruction relativement faible, ne dépassant pas celui du primaire, pour les
deux tiers environ. On retrouve tout de même parmi eux, une minorité (1,6%) qui a un
niveau de l’enseignement supérieur. Leurs conditions de travail sont difficiles. Dès l’aube,
ces revendeurs doivent se rendre au marché, le plus souvent dans des conditions
d’insécurité. Certaines dorment à la belle étoile, s’exposant ainsi à de nombreuses
maladies (respiratoires, contagieuses). De plus, l’insuffisance de toilettes publiques bien
emménagées et bien entretenues, le non accès à l’eau potable, sont autant de facteurs
de risques de contamination et de propagation de maladies auxquels ces travailleurs sont
exposés.
Photo 14 : Les activités de carrière

Source : Notre enquête Créaconsult 2019

32
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Photo 15 : Les activités de Biyem Assi

Source : Notre enquête Créaconsult 2019

3.7-Les écoles
Malgré l’augmentation des ressources allouées, l’enseignement reste de qualité
insuffisante dans la plupart des établissements scolaires du Cameroun. L’une des causes
principales est l’insuffisance des capacités de gestion aux différents niveaux de décision.
L’absence d’outils de gestion basés sur les résultats et le manque de transparence au niveau
des établissements scolaires sont également des obstacles de taille à l’amélioration du
fonctionnement du système et de la qualité de l’enseignement.

Photo 16 : Ecoles

Source : Notre enquête Créaconsult 2019

33
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

3-8 : Sur le plan de la gestion des Ordures et sanitaire


Les déchets ménagers sont des ordures produites par les ménages
provenant de la cuisine (épluchures d’ignames, bouteilles d’huile vidées, sachets
plastiques, intestins de poulet et de poissons, etc.) ou de la salle de bain (emballages de
savon, flacons divers), ainsi que des encombrants (objets usés). Ces déchets ménagers
sont généralement classés en déchets solides (résidus biodégradables et non
dégradables) ; déchets liquides (eaux usées, solvants, pesticides, huiles de vidange, etc.) ;
déchets encombrants (électroménager, meubles, literie, pneus, etc.) ; déchets dangereux
(piles, batteries, etc.), déchets de jardin (terre, herbes, feuilles, etc.) et gaz (fumées du
groupe électrogène et de mise à feu des déchets de jardin, papiers ou vieux vêtements,
etc.).
La ville de Yaoundé rencontre des problèmes dans la gestion des ordures
ménagères. On rencontre des bacs à ordures pleins au point où les populations n’ont pas
de choix que de jeter les ordures par terre ou alors de bruler. Reportage dans les rues de
Yaoundé. L’incivisme des populations qui préfèrent jeter les ordures par terre ou alors
envoyer les enfants qui manquent de taille vider la poubelle est un sérieux problème.
Interrogés sur les raisons pour lesquelles les ordures se retrouvent par terre à côté des
bacs, un riverain affirme : « c’est l’incivisme de certaines personnes qui préfèrent jeter les
ordures par terre à côté du bac parce qu’elles le font étant assises dans leur véhicule au
lieu de se donner la peine de descendre. Certains petits enfants qui n’ont pas la taille de
la hauteur des bacs à ordure déposent les ordures à son bord. Lorsque les bacs ne sont
pas enlevés par HYSACAM pendant des semaines, nous avons beaucoup de peine à
respirer ici ».
Face à une telle situation, les habitants de ces quartiers ne trouvent d’autres
solutions que de bruler ces ordures. Cela crée une pollution atmosphérique énorme et
endommage aussi ces bacs à ordure.

La collecte des ordures ménagères est assurée par la société HYSACAM qui
dispose d’un réseau de bacs et de bennes disposés le long des voies accessibles par les
camions de l’entreprise, bacs et bennes dans lesquels les ménages viennent
volontairement déposer leurs ordures domestiques.

34
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Une étude de la situation épidémiologique de Yaoundé menée sur trois ans (2012
– 2015) montrait que les principales causes de morbidité sont les maladies hydriques,
notamment :
 Le paludisme (70 %),

 Les diarrhées (8 %)

 Les parasitoses (7 %).

 On retrouve également les infections respiratoires (11%). Le taux de

prévalence du vih/sida est évalué à 8,1% en 2014.


Le taux net de scolarisation est de 92,44% dans l’enseignement primaire (92% pour
les garçons et 93% pour les filles) et 52,66% dans l’enseignement secondaire. Le taux
d’analphabètes est de 20%, touchant plus particulièrement les femmes.
L'agglomération Yaoundé concentre plus de 55% des activités sociopolitique. En
milieu urbain, le commerce (53%) reste la principale branche d’activité (60 %), suivis du
service (34%) et de l’agriculture (11%).
Aucune disparité significative liée au genre n’existe dans les domaines de
l’éducation et de la santé. Cependant, les femmes sont moins alphabétisées et plus
exposées à la pauvreté que les hommes.
Les quartiers ciblés par l’opération ne sont pas desservis par la société Hygiène et
salubrité du Cameroun (HYSACAM) à cause de leur enclavement. La majorité des
ménages a de la peine à transporter ses déchets aux points de collecte et les jettent de
façon anarchique dans la nature. Ces derniers sont généralement la cause des
inondations et de la prolifération des parasites vecteurs de plusieurs maladies hydriques
et de la peau.
La pré- collecte est l’opération qui consiste à ramasser les déchets auprès des
domiciles et à les déposer aux endroits accessibles à la société en charge de la collecte
des déchets dans la ville de Yaoundé (HYSACAM). Et on appelle généralement déchet,
« tout détritus, résidus, objet en fin de vie ou toute substance issue d’un processus jugé
devenu inutile, dangereux ou encombrant, et dont on veut se débarrasser, éliminer,
abandonner… ».

35
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

SPECIFICITES DE CHAQUE SITE DU PROJET

36
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

IV. Rappel du linéaire en Fonction des Arrondissements (Etat des lieux)


 Yaoundé 1er : NLONGKAK, NGOUSSO, EMANA, ETOUDI
Les limites de la commune d'arrondissement de Yaoundé Ier, dont le siège est
situé à Nlongkak I sont déterminées comme suit : au nord par l'arrondissement d'Obala ;
au nord-ouest par l'arrondissement d'Okola ; au sud par l'arrondissement de Yaoundé IVe
(notamment le ruisseau Ewoé); au sud-ouest par l'arrondissement de Yaoundé Ille
(notamment la rivière Mfoundi et le boulevard du 20 mai); à l'ouest par l'arrondissement
de Yaoundé IIème (carrefour Warda nouvelle route Bastos, la pénétrante de la Présidence
de la république); à l'est et au nord-est par l'arrondissement de Soa.

 Pharmacie NGOUSSO (rue 1564)- NKOLBONG (rue 5572) d’un linéaire de 2.5 km.

Ngousso est situé au 5ème arrondissement de la ville, un quartier du nord-est de


Yaoundé la capitale du Cameroun. Il est le siège de l'hôpital général de Yaoundé et de
l’hôpital Génico – Obstétrique. L’hôpital général de Yaoundé fait la célébrité du quartier.
On note un boum immobilier dans les alentours du centre hospitalier et une présence
massive d’étudiants surtout étrangers.
Il est limité au Nord par ETOA MEKI, au Sud ELIG ESSONO, à l’Est Omnisport et à
l’Ouest par Essos et NKOLBONG. C’est un quartier qui offre un cadre de vie calme et
convivial. Ngousso a une population cosmopolite constituée des autochtones, des
allogènes et des étrangers. Vous y croiserez une population locale aisée et une
communauté estudiantine de diverses nationalités. Il est possible de parcourir le quartier
quelques soit l’heure de la journée car la sécurité y est de mise.
 Les problèmes du Quartier
Au cours de nos observations
Le problème des routes (voies) qui ne sont parfois très endommagées,
occupé par les commerçants,
Faible éclairage public,
Le marché de Ngousso qui occupe la route car est étalé hors de son espace
véritable,
L’accès à l’eau potable difficile du fait de la rareté de l’eau notamment celle
de la CDE,

37
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Le chômage jeune et surtout l’instabilité de l’emploi comme l’un des traits


caractéristiques du travail dans le quartier. La majorité des emplois exercés
dans le secteur se font sans qu’un contrat de travail ait été préalablement
établi. Le secteur informel est aussi le lieu où l’on rencontre le travail le plus
en dépit de son caractère précaire,
La gestion de l’ordure ménagère est très approximative,
Les engins de transport à deux roues qui occupent la chaussée,

Photos 17 : Quelques images du tronçon

Source : Notre enquête 2019

Photos 18 : Quelques images du tronçon

Source : Notre enquête 2019

38
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Photos 19 : Quelques images du tronçon

Source : Notre enquête 2019

 ETOUDI face FOKOU- Chefferie Emana Carrefour-BILONO-Raccordement rue super


garage et Bilono Boulangerie Nezafi d’un linéaire de 4.5 km.
 Commissariat du 6ème arrondissement d’Etoundi – Raccordement à la rue 5818 et
5805 à Santa Barbara pour un linéaire de 1 km,

Etoudi est situé à Yaoundé 1 et au nord de la ville, siège du Palais présidentiel. Son
nom vient des populations de la tribu Etoudi lors des migrations Béti. On les retrouve
dans les quartiers nord de la ville. Mballa, Oliga, Etoudi, Mfoundasi, Ekoudou, Nlongkak…
Il abrite le palais officiel du président de la République du Cameroun. Ce palais est une
vaste demeure où l'on retrouve les bureaux de fonction et la résidence du chef de l'état.
Le président Paul Biya est l’actuel hôte du palais d’Etoudi. C’est un quartier mixte, qui
côtoie aussi l’opulence que la promiscuité. Sur le plan de l’habitat ; on n’y retrouve aussi
de multiple diversité entre des maisons de luxe et celle précaire. Dans cette partie de la
ville aux sept collines, les services administratifs, bordent les structures de relaxation. Ici,
l’on est vite frappé par la forte concentration des restaurants au plats camerounais,
africains, asiatiques et européens, des fast-foods, des supermarchés, des snacks, des prêt-
à-porter, des boites de nuit, clubs privés de striptease et cabarets, des stations-services,
des hôtels, des résidences cossues et meublées, des cliniques, des pharmacies, des cybers
cafés, et des ambassades situées dans l’extension de Bastos à Nlongkak.

39
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Photos 20 : Quelques images du tronçon

Source : Notre enquête 2019

 Les problèmes du Quartier


Au cours de nos observations
Les énormes embouteillages le matin pour avoir accès soit au marché de
MOKOLO, soit à la poste centrale etc…….
Les routes occupées par les commerçants
Le problème des routes (voies) qui ne sont parfois très endommagées,
Faible éclairage public,
L’accès à l’eau potable difficile du fait de la rareté de l’eau notamment celle
de la CDE,
Le chômage jeune et surtout l’instabilité de l’emploi comme l’un des traits
caractéristiques du travail dans le quartier. La majorité des emplois exercés
dans le secteur se font sans qu’un contrat de travail ait été préalablement
établi. Le secteur informel est aussi le lieu où l’on rencontre le travail le plus
en dépit de son caractère précaire,
Les engins de transport à deux roues qui occupent la chaussée,

40
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Photos 21 : Quelques images du tronçon

Source : Notre enquête Créaconsult 2019

 Yaoundé 7ème NKOLBISSON, OYOM ABANG, ETETAK, NGOULEMAKONG, ETOUG


EBE
Situé à la périphérie de Yaoundé, le 7ème arrondissement est en plein expansion. Ses
routes pour la plupart impraticables en toutes saisons notamment celle pluvieuse est un
facteur à risque. Mais paradoxalement, le secteur abrite de très grand quartier tel que :
NKOLBISSON ou se trouve le séminaire, ETOUG EBE où il y’a le centre de réhabilitation
des handicapés…..

 Carrefour Carrière - Chapelle Notre dame de Lorette- Zone mont Messa-Etetak


entrée école maternelle publique d’Oyom Abang raccordement au carrefour
Ecole-maternelle des sources ; et Entrée Collège Meyong (Cité Verte) ; Centre
médical « la fraternité » à Etetak longueur 5 Km

Etetak, c'est le nom que porte le village-quartier qui relie la Cité verte à Oyom-
Abang. Cette route d'1 km est inondée par deux grandes mares à deux endroits. Ce qui
rend toute circulation impossible en saison des pluies. Dès qu'il pleut un peu, les
crevasses s'emplissent d'eau, ce qui rend la circulation très difficile. Nous sommes obligés

41
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

de traverser à pieds pour se rendre de l'autre côté de la route. Car aucune voiture ne s'y
aventure, auquel cas ; les amortisseurs, les suspensions et autres sont mis en difficulté.

Photos 22 : Quelques images du tronçon

Photos 23 : Quelques images du tronçon

Source : Notre enquête Créaconsult 2019

Le quartier Carrière est situé dans l’arrondissement de Yaoundé 2, c’est un quartier


assez vaste avec au centre des bidonvilles et une promiscuité qui saute à l’œil dès la
première observation. La Commune d’Arrondissement de Yaoundé 2 (CAY 2) se situe en
plein cœur de la capitale politique camerounaise, à environ 270 Km de l’océan atlantique.
Elle est limitée :
42
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Au nord et au nord-ouest par la Commune d’Arrondissement de Yaoundé 1 ; Au sud


par la Commune d’Arrondissement de Yaoundé 6 ; Au sud-ouest et au sud-est par la
Commune d’Arrondissement de Yaoundé 7, A l’est par la Commune d’Arrondissement de
Yaoundé 3. En outre, le relief de Yaoundé 2 reste dominé par des monts les plus
remarquables de la capitale que sont :
- Le Mont Mbankolo qui affiche fièrement le grand Auditorium Jean Paul II, lieu de
prière, de méditation et d’éveil de l’esprit ;
- Le Mont Fébé qui abrite le Monastère des bénédictions et le somptueux hôtel
Mont Fébé très connu par les habitants de la capitale et très apprécié par son terrain de
Golf : le seul dans la ville de Yaoundé ;
- Le Mont Messa dont le statut de zone verte vient d’être réaffirmé par le
gouvernement et qui ne demande que l’exploitation de ses nombreux atouts ;
- Nkol Nyada au sommet duquel se dresse majestueusement le palais des congrès
de Yaoundé.
Le quartier est un quartier situé sur les flancs des collines, ainsi c’est un site ou les
habitations devraient prendre en compte un certain nombre de préliminaires. Toutefois,
les populations y construisent en ne tenant pas en considération, le cadre du relief.
On y retrouve des voies d’accès qui sont assez étroites et l’eau n’est pas bien
drainée.
 Les problèmes du Quartier
Au cours de nos observations
La population est gênée par les odeurs
Il y’a la question de l’écoulement des eaux usées
Présence d’insectes tels que les cafards, les moustiques, les fourmis, etc.
dans le logement
Présence d’animaux (souris, rats) dans le logement
Aucune désinfection du logement au cours des 12 derniers mois.
La difficile mobilité des habitants notamment en saison des pluies,
L’accès difficile dans le quartier surtout avec un engin à 03 ou 04 roues,
La poussière qui donne des maladies aux habitants,
La délinquance juvénile,

43
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Les énormes embouteillages le matin pour avoir accès soit au marché de


MOKOLO, soit à la poste centrale etc…….
Les routes avec des creux,
Inexistence de l’éclairage public,
L’accès à l’eau potable difficile du fait de la rareté de l’eau notamment celle
de la CDE,
Le chômage jeune et surtout l’instabilité de l’emploi comme l’un des traits
caractéristiques du travail dans le quartier. La majorité des emplois exercés
dans le secteur se font sans qu’un contrat de travail ait été préalablement
établi. Le secteur informel est aussi le lieu où l’on rencontre le travail le plus
en dépit de son caractère précaire,
Les engins de transport à deux roues qui occupent la chaussée,

 Entrée Paroisse Sainte Annuarité- rue 7290, rue 7282 à 7329, raccordement à la fin
du projet PLANUT au camp Sic Acacia à Biyem Assi, d’un linéaire de 2km

Photos 23 : Quelques images du tronçon

Source : Notre enquête 2019

Biyem-Assi est un quartier populaire de la ville de Yaoundé, capitale


du Cameroun situé en plein cœur du 6e arrondissement. Le quartier tire son nom du cours
d'eau qui le traverse et prend sa source à Etoug Ebe. En vérité le nom de ce quartier vient
de la concaténation de Biyeme et de Assi. D'une part, Biyeme serait le pluriel
de eyə́mə faisant ainsi référence à un arbre de haute futaie comme l'Albizzia; D'autre part
44
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

il ferait référence à "animal domestique" du fait que autrefois, notamment entre 1925 et
1930 on élevait toute sorte de bétail sur l'un des flancs de ce quartier. Par ailleurs Assi
signifierait en dialecte local le bas ou par le bas ou encore au pied de. Ainsi littéralement,
Biyeme Assi pourrait se comprendre par " nous sommes coincés au sol ou en bas". Alors
qu'en 1980 il n'était encore qu'une banlieue inhabitée de Yaoundé, le quartier doit faire
face depuis peu à une explosion démographique importante et affiche l'une des densités
les plus élevées de la capitale.
Le nombre d'habitants est estimé à 300 000 âmes

Photo 24 : Biyem Assi Station

Source : Notre enquête 2019

 Raccordant Lycée Bilingue d’Etoug Ebe (rue 7015) au groupe scolaire Bilingue
Fouda Mekinda au lieu-dit Biscuiterie ; sur le linéaire de 1 Km ;
Le quartier Etoug EBE est situé dans le 6ème arrondissement de Yaoundé. C’est un
quartier paisible et assez cosmopolite. Les activités à orientation économiques y sont
pratiquées en majorité. On n’y retrouve aussi des services sociaux de base au centre
desquels :

▪ Un centre de réhabilitation des personnes indigentes et/ou handicapés

▪ Un lycée

45
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

▪ Des centres de santé

Les problèmes des habitants :


La plupart des populations habitant du quartier «Etoug Ebé» jettent leurs ordures
ménagères dans un ravin situé à moins d'un kilomètre des habitations communément
appelé « Gros trou » par les populations à cause de l’insuffisance des bacs à ordures. Cette
situation dangereuse et désagréable vécue par les populations, est causée par la très
faible fréquence de ramassage des ordures ménagères. Certains ménages vont jusqu'à
dire, et je cite : « est-ce qu'il y a HYSACAM à Yaoundé ? ». En d'autres termes, selon les
populations, s'il existait des autorités compétentes soucieuses du bien-être de leurs
populations, leur quartier ne serait pas dans un tel état.
La pollution de l'air enregistrée dans ce quartier est due aux mauvaises odeurs
dégagées par le déversement des ordures ménagères dans le ravin situé à moins d'un
kilomètre des habitations. C'est pourquoi, ses odeurs sont beaucoup plus perceptibles
par les populations situées le plus proche de ce ravin (voir tableau 1). Les autres odeurs
relevées dans ce quartier sont pour la plupart causées par l'état de dégradation avancé
des caniveaux qui entraîne par la suite une stagnation des eaux usées. Le mélange avec
les déchets jetés par les populations dans ces caniveaux donne lieu très souvent à des
odeurs désagréables.

 Carrefour Happi Ekoumdoum – Carrefour IAI – Carrefour Carrière –Raccordement


voie d’Odza sur un linéaire de 6Km
Le quartier Carrière à EKOUMDOUM est cosmopolite de plus de 230 000 habitants
selon le chef du quartier, peuplée en majorité de FANG BETI, Ressortissant de l’Ouest,
littoral et ceux du grand Nord. Les Foulbé ont la réputation d’être d’excellents
commerçants et fabricants d’objets d’art (ils sont spécialisés dans la tannerie) et aussi de
grands éleveurs de bœufs. A Carrière, vous rencontrerez de nombreuses populations qui
exercent dans le commerce et les prestations de service.
Sur le plan des croyances religieuses, on y retrouve des chrétiens et des animistes.
Carrière est un quartier assez agréable. Ses rues poussiéreuses sont bordées d’un nombre
incalculable de vendeurs et de marchandises.

46
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Dans cette partie de la ville, l’habitat local est tout aussi précaire « que dans les
autres ayant un niveau de développement identique. La pauvreté y est moins apparente,
même si la misère reste très présente.
L’arrivée des travaux d’aménagement de la voie permettra potentiellement aux
populations de se mouvoir en toute quiétude continue vers les sites d’activités que soit
les marchés MOKOLO, MFUNDI, CENTRAL soit à la poste centrale. Ces marchés restent un
des principaux points d’intérêt de cette ville. Les meilleurs jours pour les achats c’est le
lundi, Mercredi, vendredi et samedi, mais l’animation y est permanente. On y rencontre
toutes sortes de commerçant, regroupés par corporation ou par spécialité.
Au quartier Carrière, il y’a une forte concentration des jeunes et de la débrouille
urbaine.

Photo 25 : Entrée du Carrière

47
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Photo 26 : Accès à l’eau potable

▪ NIVEAU D'AGE DES ACTEURS ET RELIGIONS PRATIQUÉES

Les populations des quartiers concernés par le projet sont en majorité des jeunes. Parmi
200 individus enquêtés :
 126 sont dans le groupe d'âge compris entre 26-35 ans représentant un taux de

63% de la population enquêtée.


 56 entre 36-62 ans (28%)

 15 entre 62 et plus (9%).

48
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Une analyse comparative permet aussi de comprendre que les individus en âges avancés
(36-62 ans et 62 ans et plus) se recrutent plus dans la zone de Biyem Assi, Etetak,
Ngousso, Efoulan etc…En effet, la zone Carrière notamment au niveau de la zone verte a
été interdite d'habitation en 1983 (déclaration du chef de quartier M. BELLA) du fait
qu'elle était une zone reboisée. Ceux des individus adultes sont des personnes qui se sont
installés dans la zone pendant leur jeunesse. Ils ont duré dans le site, s'y sont familiarisés
au point d'y développer une estime leur donnant une perception positive des risques
comme les inondations, l'insalubrité, etc.

Sur le plan religieux


Ce sont des individus d'obédience chrétienne, musulmane etc. Toutefois, ces
populations sont accueillantes, mais méfiantes quant à la livraison d'une information les
concernant. L'une des difficultés rencontrées lors des enquêtes était celle de refus.
Certaines ont gardé leurs habitudes rurales et cela se manifeste par l'agriculture urbaine
qui se répand dans les sites.

 Carrefour Camp Sonel Oyom Abang – Carrefour Mbankomo – Carrefour Palais


des congrès longueur 4 km

Photo 26: Oyom Abang Camp Sonel

Source : Notre enquête Créaconsult 2019

49
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Photo 27: Oyom Abang

Photo 28: Oyom Abang

50
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

QUELQUES POINTS CLEFS DES SITES CONCERNES


Photo 28: Cartographie des activités à orientation économique dans les quartiers du projet

Structure de la population locale sur le tronçon

Tableau 4 : Aires de santé de la zone

Centre de santé Privée Publique


 Consultation  Consultation
 Accouchement
 Accouchement
Domaines de  Laboratoire (pour des examens
basique)  Petite chirurgie
compétence
 Petite chirurgie  Vaccination
 Vaccination
 Dentiste
 Kinésithérapie
4 à 6 personnes par jours
Fréquentation Le weekend end les fréquentations 5 à 10 jours
journalières peuvent doubler

51
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Tableau 4 : Coûts actuels d’entretien des véhicules et engins roulants

ENGINS NATURE DE LA PANNE MONTANT DEPENSE EN MOYENNE AU FREQUENCE


GARAGE EN SEMAINE AU GARAGE

Moto Transmission 3000 F 1 fois après 10 jours


Disques
Pneus

Tricycle Transmission 5000 F après 02 semaines 02 semaines


Disques

Véhicule à 04 roues Amortisseur 7000 F 02 semaines


Cylindre

52
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

SITUATION APRES LE PROJET

La question de l’effet des infrastructures, notamment de transport, sur le développement a toujours suscité beaucoup
de débats. Ces débats sont plus que jamais d’actualité au Cameroun, puisque la construction d’infrastructures de
transport fait partie du plan de relance défini par l’Etat dans sa vision du Cameroun pays émergent en 2035.
Parmi ces infrastructures, nous nous intéressons dans à l’entretien de certaines voies à Yaoundé capital politique du
pays qui a fait l’objet de la presente étude. C’est un investissement Consistant qui a pour but d’améliorer les
conditions de vie et de mobilité des personnes et des biens dans certains quartiers de Yaoundé.

53
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

V. SYNTHESE DES PROBLEMES SUR LES TRONÇONS AVANT LE PROJET ET LES PERSPECTIVES APRES LE PROJET

COMMUNE Densité PROBLEMES RENCONTRES AVANT LE PROJET APPORTS DE L’AMENAGEMENT DES VOIES
D'ARRONDISSEMENTS (hbt / ha)
86,20 1. L’accès à l’eau potable 1. Assainissement des voies
2. Le déficit en centre hospitalier 2. Réductions des embouteillages
Yaoundé 1er 3. L’électricité (l’électrification publique, coupures
3. Réductions des temps d’attente des véhicules
intempestives…)
4. Les besoins sociaux de bases (centre d’état 4. Amélioration du réseau en eau et en lumière
69,54 civil…) 5. Réduction des cas de vol à cause de
5. Les écoles publiques maternelles, primaires et
Yaoundé 4e l’électrification des voies d’accès
secondaires
6. La sécurité dans le cadre de la lutte contre le 6. Réduction du taux de fréquentation des garages
126,67 banditisme d’où l’ouverture des postes de police 7. Réduction des couts de dépannage des véhicules
7. Le mauvais état de la route qui occasionne les
8. Une population nombreuse
Yaoundé 7eme pannes des véhicules et les embouteillages
8. Les embouteillages : le matin de 7hrs à 9hrs 9. Une population jeune et disponible
le matin et le soir de 17hrs à 19hrs. 10. Une population diversifiée
9. La question du chômage jeune 11. Une population dynamique
10. La gestion des ordures approximatives
11. La question des espaces verts
Source notre enquête

Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

V : DETERMINATION DES EFFETS ET IMPACTS PREVISIONNELS DU PROJET

La sociologie et l’économie des transports, encouragés par la sphère politique, ont


donné aux routes une dimension structurante pour la localité concernée (Yaoundé) dans
le sens des activités économiques et des populations, dépassant largement le cadre de la
problématique des déplacements ou amélioration de la mobilité. Le lien de causalité
« route = développement » est aujourd’hui pointé du doigt par les chercheurs qui
construisent les idées que les décideurs politiques en aménageant les voies peuvent
véhiculer un message sur les bienfaits de la route et lancer un signal fort aux populations
locales notamment celle de Yaoundé concernée par le projet. Ainsi, le projet de la
réhabilitation de certaines voies à Yaoundé participe non seulement à rendre les sites :
 Viable,
 Assainie,
 Propre,
 Beau sur le plan de l’esthétique,
 Accessibles avec aisance.

4. Au niveau social

 CREATION DE LA VALEUR AJOUTEE : éducation des populations sur le manque de


civisme en rapport avec la gestion des ordures

La collecte des données sur le terrain montre que les habitants n'ont pas assez de
civisme ou qu'ils n'assument pas leur responsabilité dans la gestion de leur cadre de vie
car l'accumulation des ordures tient à une ignorance des dangers liés à cette pratique. La
dégradation du cadre de vie découle d'un état de pauvreté des populations. Bien que peu
défendue, cette dernière thèse est celle qui fait aujourd'hui école car certains spécialistes
de la sociologie des risques qui estiment qu'il existe une corrélation et une synergie entre
pauvreté et fabrique des risques par des populations. Ainsi, les travaux d’entretien des
voies pourront résolument permettre des campagnes de sensibilisation des populations à
travers :
• Les plaques de signalisations,
• Les panneaux

55
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

• Les affichages
• Les campagnes

 CREATION DE LA VALEUR AJOUTEE : Sensibiliser sur la FABRICATION HUMAINE


DES RISQUES
Par ses activités et très souvent sans se rendre compte des conséquences, les
populations de Carrière, Etetak, Oyam Abang…. sont à l'origine et même de
transformation du milieu naturel. Si les phénomènes naturels, même aggravés par
l'intervention de l'homme, ne sont pas toujours prévisibles, l'activité humaine comporte
de plus en plus d'agressions envers la nature ainsi que les dangers véritables pour
l'individu.
L'aggravation des risques par les populations se traduit par :
- Les rejets d'eaux usées d'origine animale (élevage de porcs) ou humaines (eaux
domestiques) déversées sur le site.
- Les rejets de matière non dégradable favorisée par la présence des marchés non
contrôlés.
- Les rejets d'eau liquide ou résiduelle industrielle traitée ou non (polluants minéraux ou
organiques des sociétés à l'amont des rivières.
- Les eaux de ruissellement entraînant les polluants d'origines chimiques (détergeant).

En effet, les populations déversent dans la nature (leur environnement) des


déchets ordinaires provenant de la préparation des aliments et du nettoiement normal
des habitations : débris de verre ou de vaisselle, cendres éteintes, feuilles, chiffons,
balayures et résidus divers. En outre, nous avons observé certains déchets provenant des
établissements artisanaux, petits commerces, les encombrants de toute nature, les
montres, les châssis et autres ferrailles de vielles voitures, pneus usés. Les maisons sont
construites de façon chaotique.

Dans les marchés, les commerçants ne disposent d'aucun endroit pour jeter les
aliments invendus ou pourris. Les égouts et l'évacuation des ordures ménagères sont très
insuffisants. Le plus souvent, ces commerçants versent les eaux usées dans la rue et
entassent les ordures devant les maisons, non par négligence, mais parce que les services
de base ne sont pas assurés

56
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

CREATION DE LA VALEUR AJOUTEE :

 AU NIVEAU ECONOMIQUE

 LA REDUCTION DES DEPENSES DE CONSOMMATION DE CARBURANT


SUITE AU PHENOMENE DES EMBOUTEILLAGES

Le phénomène des embouteillages rend la circulation difficile aux heures de pointe


à Yaoundé, la capitale politique camerounaise. De Lundi à Vendredi à peine 7h et
l'embouteillage est déjà à son pic dans les grands carrefours notamment les sites tels
que : Carrefour Santa barbara, EMANA, NGOUSSO, ETOUG EBE, BIYEM ASSI, Poste
central, Marché Mokolo, Etoudi… à Yaoundé. Tous les tronçons qui mènent à ces
carrefours sont également bouchés. Taxis, véhicules des particuliers sont cloués sur
place. Interrogations et plaintes se font entendre dans certains véhicules. Coincé et
fatigué de faire du sur place, un conducteur de taxi jette l'éponge. La mine serrée, il
engage les manœuvres et rebrousse chemin.Certains disent qu’il n’y a rien de nouveau
sous le soleil. Mais d’après quelques Yaoundéens, condamnés à travailler à deux bouts de
la ville, les embouteillages ont augmenté. Il y a souvent des bouchons à cause des
taximen qui ramassent leurs clients en pleine chaussée ou des gros-porteurs mal garés,
mais la plus grosse raison réside dans l’état de la route. Ainsi cela occasionne des
alignements de véhicules ont grimpé d’un cran chaque matin.
De l'autre côté un peu plus loin au Carrefour Mvog-Mbi, la situation est identique.
L'alignement commence peu après le supermarché Niki, jusqu'au carrefour Mvog-
Atangana Mballa, précisément au niveau du pont d'Olézoa sur lequel donne le nouvel
embranchement situé derrière les Brasseries. Autre site, même constat. Entre le lieu-dit
du carrefour Essomba et le carrefour Sous manguier, c’est le blocus. Des files de véhicules
s’étalent à perte de vue. Les klaxons des automobilistes impatients résonnent fort.
Sur les causes de ces embouteillages, les avis divergent. « Ce sont les usagers. Le
délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé a bien délimité les
arrêts taxis, mais les gens vont se tenir ailleurs. En plein carrefour parfois. En plus, les
chauffeurs de taxis s’arrêtent aussi en pleine chaussée pour porter ces clients désordonnés.
Tous causent ce désordre et ces embouteillages », explique un usager. Pendant qu’un autre
pense qu’on « enregistre autant d’embouteillages dans la ville, parce qu’il manque de

57
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

routes. Pourquoi ne pas construire des grandes chaussées avec quatre ou cinq voies, pour
pouvoir supporter le nombre de plus en plus croissant d’automobilistes dans la capitale ?»

CREATION DE LA VALEUR AJOUTEE : LA CREATION DES EMPLOIES


▪ L’UTILISATION DE LA MAIN D’ŒUVRE LOCALE POUR LES TRAVAUX DIVERSES
La cause de l'inactivité des jeunes dans les sites concernés par le projet est de
trois ordres :
 Ceux qui ont été licenciés de leur travail et se retrouvent au chômage (15%),
 Ceux qui arrivent en ville sans qualification ce qui les contraint aux activités
à faible revenu (25%), enfin
 Ceux qui ont fini leurs études mais n'ont pas trouvé du travail (60%),

Tout ceci pousse les populations des sites concernés par le projet à se mobiliser, à adopter
des attitudes attentistes vis à vis de ce projet, avoir espoir que celui-ci apportera un arsenal
d’activités telles que : La maçonnerie, le tâcheronnat, le petit commerce pour approvisionner les
travailleurs en restauration etc…. surtout que la plupart des ménages sont constitués des
individus issus du même village, d'autres issus des liens d'amitiés et d'autres encore de la
famille restreinte (père, mère, enfants). La taille des ménages est assez élevée et varie
selon le type de ménage. Les quartiers Oyom Abang, Carrière, Etetak, Ngousso sont des
lieux où la demande en termes d’employabilité est très forte.

CREATION DE LA VALEUR AJOUTEE : LA HAUSSE DES REVENUS MOYENS DES


ACTEURS ET LE COUT DU LOGEMENT.

1-La hausse des revenus du fait de l’aménagement des voies


La principale raison qui explique la faiblesse les dynamiques socio-économiques dans
les zones à risque ou les quartiers précaires telle que révélée dans le présent rapport est
le caractère démunis et pauvre de la majeure partie de la population due parfois à la
route qui n’est pas praticable aussi bien pour des petits commerces que pour la mobilité
même des habitants. Les habitants des certains sont des individus démunis, pauvres. Le
revenu moyen d'un ménage s'élève à 50 000 FCFA (cinquante mille) par mois avec parfois
plus de cinq bouches à nourrir auxquelles il faut ajouter d'autres contraintes sociales (les
associations, la scolarité, les voyages, etc.). La ville de Yaoundé comme toutes les villes du

58
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Cameroun se caractérise par un manque criard de logements, une précarité des voies
d’accès et des structures sociaux de base. L’entretien des voies concernées par le présent
rapport participera à desservir les populations des quartiers qui voudront pour la plus
part avoir accès : à la poste centrale, aux marchés MOKOLO, MFOUNDI, ETOUDI…

2-La hausse des prix du logement du fait de l’aménagement des voies


L’accès au logement est complexe et quand bien même ceux-ci existent, ils coûtent
très chers et ne sont pas favorables aux couches sociales à faible revenu. Certains sites du
projet regorgent des logements à bas prix et l’aménagement des voies fait que ces
secteurs deviennent des zones d'attraction pour cette catégorie de la population. Un
logement dans le site d’Oyom Abang, Carrière, Efoulan etc...(Deux chambres, salon,
cuisine externe) coûte actuellement en moyenne 30 000 à 50 000 FCFA. Un appartement
de même capacité dans les zones environnantes comme Etoudi, Biyem Assi, Ngousso et
EMANA coûte entre 60 000 (soixante) et 100 000 FCFA (Cent mille francs). De même, un
mètre carré de terrain dans les sites à risque coûte 4000 FCFA comparativement à
EMANA et Etoudi où les prix varient entre 25 000 et 50000 FCFA le mètre carré. Ces sites
offrent ainsi des terrains à faibles coûts, ce qui est d'un atout pour une couche sociale à
faibles revenus. Plus de 50% d'individus enquêtés par sondage pour justifier leur présence
dans les sites concernés par le projet s’appuient sur la problématique complexe du
foncier qui les contraint à parfois une habitation insalubre, polluée, présentant des
implications subjectives qu'il faut chercher à y remédier. Cette situation est une
conséquence du fait que certains habitants n’ont pas de titre foncier. D'autres quand
bien même ont une ancienneté sur le site, estiment que celle-ci les confère le droit de la
terre.
Les travaux d’entretien des voies vont créer des activités économiques, celle-ci ne
peut générer un gros revenu car la circulation sera fluide et plusieurs quartiers servent de
point de contournement pour atteindre des axes secondaires.
Toutefois avec les aménagements qui seront effectués, ces voies permettront que les
sites ou quartiers soient viabilisés ainsi, les divers coûts vont subir des augmentations à
savoir : le coût du logement, les coûts du foncier qui pourraient passer du simple au

59
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

double. Les populations pourraient faire des activités commerciales et être à un transport
(taxi) de la zone économique : Marché Central, NFOUNDI, ETOUDI, MOKOLO…

 LES TRAVAUX D’ENTRETIEN DES VOIES PEUVENT AMELIORER L’OFFRE EN


SOURCES D'APPROVISIONNEMENT EN EAU ET ÉNERGIE

Que ce soit dans la zone de Carrière, Etetak, Biyem Assi ou celle de Ngousso,
l'accès à l'eau potable est difficile pour les populations enquêtées. Dans la zone de
l’enquête, il existe quelques bornes fontaines et forages payants relevant des initiatives
privées.
Des forages construits par la Mairie, les ONG, les particuliers…. Une couche
majoritaire de la population a accès à ces deux sources d'approvisionnement en eau.
D'autres par contre, n'ayant pas de revenus leur permettant d'acheter l'eau de la fontaine
et celle des forages se ravitaillent dans de nombreux puits creusés par eux-mêmes. Ces
puits sont non aménagés et contiennent des impuretés dues aux infiltrations
souterraines.
L’entretien de la route peut occasionner celui des sources d’approvisionnement
d’eau afin les habitants ne se plaignent plus trop de leurs conditions de vie. Les poteaux
électriques dans certains quartiers notamment ETOUG EBE, CARRIERE, les populations
ont de réelles difficultés d’accès à l’eau. Les attentes des populations consistent non
seulement à réduire le déficit en énergie, mais surtout à l’amélioration de l’offre en eaux
et électricité.

 L’AMELIORATION DU TYPE D’ACCES AU LOGEMENT


Le réseau routier de la ville de Yaoundé est constitué de trois principaux types de
voies de circulation :
• Les routes bitumées moins nombreuses que
• Les routes non bitumées et
• Les pistes.
En effectuant un croisement entre la qualité de l’habitat et le type d’accès, on
constate que les ménages situés en bordure des routes bitumées sont les plus salubres
avec 27,84% de ménages insalubres contre 39,56% de ménages accessibles par des routes
non bitumées et 39,75% accessibles par des pistes.
60
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

CONCLUSION

Depuis les origines, les déplacements sont indissociables de la vie et de l'activité


humaine. Les transports constituent de fait, un réel secteur d'activité. Dans les villes du
Cameroun notamment Yaoundé, ce secteur comporte des spécificités. Dans un premier
temps, la croissance démographique accélérée, crée une importante demande de
déplacements qui demande à être satisfaite. Dans le même ordre d'idées, le caractère
non maîtrisé de l'urbanisation, extensive et consommatrice, provoque un allongement
généralisé des distances à parcourir.
Ensuite en dépit des efforts déployés par quelques municipalités, les transports
urbains restent dominés par un secteur privé préoccupé par le profit.
Enfin, le secteur obéit à une logique socio-économique qui influence la demande et
l'offre de transports. Ainsi, le parc automobile est constitué de véhicules usagés, mal
entretenus et sans normes techniques contrôlées. Il n'y a pas de régulation suffisante du
trafic. La voirie inexistante ou dégradée ne facilite pas la circulation et accélère l'usure des
véhicules. En raison du faible niveau des revenus et de la baisse du pouvoir d'achat, de
nombreux citoyens n'ont d'autre alternative que d’emprunter la moto pour des distances
importantes. Ceux qui peuvent utiliser les transports en commun doivent s'accommoder
de l'inconfort de bus et minibus surchargés. Tous sont soumis à l'insécurité, aux
embouteillages et à la pollution.
Dans ces conditions, une politique de transports urbains doit viser l'amélioration
globale des conditions de déplacement et prendre en considération les besoins de toutes
les couches sociales en commençant par les plus défavorisées. Mieux, le concept de
mobilité urbaine parait plus approprié que celui plus traditionnel de transports urbains
pour rendre compte de toutes les dimensions d'une question complexe que nous allons
aborder dans cette étude. La mobilité est ce qui anime une ville. Le déplacement est à la
source de l'activité économique et sociale, car la ville de Yaoundé est avant tout un lieu de
rencontres, un lieu d'échanges et un carrefour de vies. La gestion de la mobilité est en
conséquence l'un des éléments critiques de la gestion d'une ville. Son impact sur la
qualité et la sécurité de la vie des habitants, sur la compétitivité des entreprises et sur

61
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

l'efficacité du fonctionnement urbain en fait un élément central de toute politique


urbaine.
Dans le cadre de l'observation de la situation des villes camerounaises afin
d'explorer les problématiques relatives à la vulnérabilité à laquelle les populations sont
exposées au quotidien, nous avons constaté en ce qui concerne la ville de Yaoundé, que
les inondations, les embouteillages et le réchauffement climatique constituent les
problèmes environnementaux majeurs de l'heure. Une question nous est alors venue à
l'esprit : quel lien existerait-il entre les phénomènes d'inondation, de mouvements de
masse, de l’embouteillage dans la cité et l'occupation sauvage et irrationnelle des espaces
montagneux ainsi que des espaces verts qui dominent le relief de la ville ? Selon certains
responsables que nous avons approchés, la colonisation et l'humanisation des hauts
sommets urbains et périurbains de Yaoundé avec tous les risques y afférents et les
conséquences qui en découlent, confirment le fait que les efforts fournis par les autorités
administratives en vue de préserver ces sites à écologie fragile sont restés vains. Or, un
aménagement judicieux de ces espaces pourrait contribuer à lutter contre les
inondations, les embouteillages et les occupations anarchiques du terrain.

62
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de
l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Liste des personnes rencontrées


N° NOMS ET PRENOMS LIEU DE RESIDENCE QUALITE CONTACT

1. M MEBENGA Personne ressource 655 72 98 53

2. FIDEL OYOM ABANG Chef du quartier 673 76 71 45

3. OTTOU OWONA NGOUSSO Personne ne ressource 677 55 78 30

4. ONDOA NGANDO ZONE VERTE MESSA Personne ressource 693 75 19 28

5. ESSOMBA RENE ETETAK Personne ressource 674 36 71 56

6. SM EFFA CAMP SONEL Chef de 3ème dégré 699 94 79 31

7. SM ABEGA EMANA Chef de 3ème dégré 691 91 11 99

8. PIE CLAUDE ETOUG EBE Chef de 3ème dégré 677 33 94 12

63
Rapport d’Etudes d’impact Socioéconomique en vue de l’entretien de certaines voiries dans la ville de Yaoundé

Vous aimerez peut-être aussi