0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
320 vues4 pages

Mathématiques: Interpolation & Approximation

Ce document traite de l'interpolation et de l'approximation polynomiales. Il présente les notions clés comme l'interpolation de Lagrange, la meilleure approximation au sens des moindres carrés et les polynômes orthogonaux. Il propose également des exercices sur ces sujets, notamment sur l'interpolation de Lagrange, les splines cubiques et la meilleure approximation uniforme par des polynômes.

Transféré par

Hala Asrih
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
320 vues4 pages

Mathématiques: Interpolation & Approximation

Ce document traite de l'interpolation et de l'approximation polynomiales. Il présente les notions clés comme l'interpolation de Lagrange, la meilleure approximation au sens des moindres carrés et les polynômes orthogonaux. Il propose également des exercices sur ces sujets, notamment sur l'interpolation de Lagrange, les splines cubiques et la meilleure approximation uniforme par des polynômes.

Transféré par

Hala Asrih
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Préparation à l’Agrégation de Mathématiques

Interpolation et approximation poynômiales

1. A savoir
– Interpolation de Lagrange
– Meilleure approximation L2 (au sens des moindres carrés) et polynômes orthogonaux [D, CL2]
– Application aux méthodes d’intégration numériques

2. En lien avec..
– Théorème de Weierstrass et ses différentes preuves, par les polynômes de Bernstein, par convolu-
tion ou par les polynômes de Jackson [D, CL2] (cf U.E. 5)

3. Quelques pistes pour approfondir


– Phénomène de Runge [G, D]
– Stabilité numérique de l’interpolation de Lagrange dans le cas des points équidistants et dans le
cas des points de Tchebychev [D, CL2]
– Unicité de la meilleure approximation L1 : théorème de Jackson [GT]
– Interpolation de Hermite [CL2, FGN1]
– Approximation de Laguerre [FGN1]

4. Exercices

On note Pn l’ensemble des polynômes réels de degré inférieur ou égal à n.


Exercice 1 : Polynômes interpolateurs de Lagrange [D]
Soit f : [a, b] → R et n + 1 points x0 < x1 < · · · < xn de [a, b].
1.1. Montrer qu’il existe un unique polynôme pn ∈ Pn tel que pn (xi ) = f (xi ), i = 0, 1, · · · , n.
1.2. Méthode de Lagrange. Exprimer pn en fonction des f (xi ) et des polynômes interpolateurs de
Lagrange `i , i = 0, 1, · · · , n, dont on rappellera l’expression.
1.3. Méthode de Newton. a. Montrer qu’il existe un coefficient noté f [x0 , · · · , xk ] tel que :
pk − pk−1 = f [x0 , · · · , xk ](x − x0 ) · · · (x − xk−1 ), k = 1, · · · , n.
En déduire la formule :
n
X
pn (x) = f (x0 ) + f [x0 , · · · , xk ](x − x0 ) · · · (x − xk−1 ).
k=1

b. Montrer la formule suivante :


f [x1 , · · · , xk ] − f [x0 , · · · , xk−1 ]
f [x0 , · · · , xk ] = , k = 1, · · · n − 1.
xk − x0
La quantité f [x0 , · · · , xk ] est appelée la différence divisée d’ordre k de f aux points x0 , · · · , xk .
c. En déduire un algorithme pratique de calcul des pn .
Y n
1.4. Estimation de l’erreur. On note πn+1 = (x − xi ). On suppose que f est (n + 1) fois dérivable
i=0
πn+1 (x) (n+1)
sur [a, b]. Montrer que pour tout x ∈ [a, b], il existe ξ ∈ [a, b] tel que f (x) − pn (x) = f (ξ).
(n + 1)!
 n+1
b−a
1.5. Dans le cas de points équidistants, montrer que ||πn+1 ||∞ = O quand n → +∞.
  e
2i + 1
1.6. Dans le cas de points de Tchebychev xi = cos π , 0 ≤ i ≤ n, racines du n-ème
2n + 2
 n+1
b−a
polynôme de Tchebychev Tn (x) = cos(n arccosx) sur [−1, 1], montrer que ||πn+1 ||∞ = 2 .
4
1
2

Exercice 2 : Splines cubiques [CL2, FGN1,S]


Soit σ = (a = x0 , · · · , xn = b) une subdivision de [a, b]. On définit l’ensemble S des splines cubiques,
c’est-à-dire l’ensemble des fonctions ϕ : [a, b] → R de classe C 2 sur [a, b] telles que la restriction de ϕ à
chacun des intervalles [xi−1 , xi ], 1 ≤ i ≤ n soit une fonction polynômiale de degré 3.
2.1. Montrer que S est un espace vectoriel. Quelle est sa dimension ?
2.2. Déterminer la dimension de l’espace affine Sy = {ϕ ∈ S, ϕ(xi ) = yi , i = 0 · · · n}.
Z b
2.3. Soit ϕ ∈ S0 . Montrer que (ϕ00 (t))2 dt = ϕ0 (b)ϕ00 (b) − ϕ0 (a)ϕ00 (a).
a
2.4. Montrer qu’il existe un unique spline cubique ϕ ∈ Sy tel que l’une des conditions suivantes soit
vérifiée :
a. ϕ00 (a) = ϕ00 (b) = 0.
b. ϕ(a) = ϕ(b), ϕ0 (a) = ϕ0 (b) et ϕ00 (a) = ϕ00 (b) (dans le cas où y0 = yn ).
c. ϕ0 (a) = y00 et ϕ0 (b) = yn0 .
2.5. Dans le cas a. de la question précédente, donner une méthode pour calculer le spline en question ;
on vérifiera, entre autres, que les inconnues zj = ϕ00 (xj ) sont solutions d’un système linéaire.
2.6. Soit f : [a, b] → R une fonction de classe C 2 sur [a, b] et ϕ ∈ S une fonction spline qui vérifie
ϕ(xi ) = f (xi ), ainsi que ϕ0 (a) = f 0 (a) et ϕ0 (b) = f 0 (b) (ou ϕ00 (a) = ϕ00 (b) = 0). Montrer que
Z b Z b Z b
(f 00 (t) − ϕ00 (t))2 dt = f 00 (t)2 dt − ϕ00 (t)2 dt.
a a a

2.7. Soit h un majorant de xi+1 − xi , i = 0, · · · , n, ϕ et f comme dans la question précédente.


1
Montrer que ||f − ϕ||∞ ≤ √ ||f 00 ||2 h3/2 et que ||f 0 − ϕ0 ||∞ ≤ ||f 00 ||2 h1/2 .
3 5

Développement : Meilleure approximation uniforme par des polynômes.

Exercice 3 : Meilleure approximation uniforme par des polynômes [CL2,D,GT, CM]


On veut montrer le théorème suivant :

Théorème. Soit I un compact de R, on munit C(I, R) de la norme uniforme notée || · ||. Soit f
une fonction continue de I dans R. Pour tout n ∈ N, il existe un unique polynôme pn ∈ Pn tel que
||f − pn || = inf ||f − p||, le polynôme de meilleure approximation de f de degré n.
p∈Pn

3.1.[CL2, D] Montrer l’existence d’un polynôme de meilleure approximation de f de degré n, pour


tout n ∈ N.
On veut montrer l’unicité du polynôme pn de meilleure approximation de f de degré n. Pour cela,
nous allons montrer tout d’abord que la fonction |f − pn | prend la valeur ||f − pn || en au moins n + 2
points de I.
3.2. [GT] On raisonne par l’absurde et on suppose qu’elle ne prend la valeur ||f − pn || qu’en k points
x1 < · · · < xk de I avec 1 ≤ k ≤ n + 1. On note q un polynôme de Pn tel que f (xi ) = q(xi ), pour
1 ≤ i ≤ k. On note A = ||p − q|| et on considère le polynôme pt = (1 − t)pn + tq pour 0 ≤ t ≤ 1.
a. Justifier l’existence d’un tel polyôme q et pour tout ε > 0 d’un voisinage ouvert Vε de {xi , 1 ≤
i ≤ k} tel que |(f − q)(x)| ≤ ε pour x ∈ Vε .
b. En séparant x ∈ Vε et x ∈
/ Vε , donner une majoration de |(f − pt )(x)|.
c. En choisissant correctement ε et t, obtenir une contradiction.
3.3.[GT] En déduire l’unicité du polynôme pn de meilleure approximation de f de degré n. Pour
P1 + P2
cela, considérer deux polynômes de meilleure approximation P1 et P2 et leur moitié P = , qui
2
est aussi un polynôme de meilleure approximation.
3.4. [D] On veut obtenir une caractérisation de pn , à savoir que f − pn équioscille sur n + 2 points
de I, i.e. qu’il existe n + 2 points x0 , · · · , xn+1 de I et ε = ±1 tels que

f (xi ) − pn (xi ) = (−1)i ε||f − pn ||, i = 0, · · · , n + 1.

On raisonne par l’absurde et on suppose que f − pn équioscille sur k + 1 points avec k ≤ n. Par
simplicité, on note g = f − pn et on suppose g(x0 ) > 0.
3

Y que l’on peut trouver des points ξi ∈]xi−1 , xi [ pour 1 ≤ i ≤ k tels que g(ξi ) = 0. On note
a. Montrer
π(x) = (ξi − x) et gε = g − επ.
1≤i≤k

b. Etudier les inégalités vérifiées par g et par π (resp. (−1)i g et (−1)i π ; (−1)k g et (−1)k π) sur les
intervalles [a, x0 ], [xi−1 , ξi [, ]ξi , xi ] et [xk , b]. En déduire des inégalités pour gε sur ces mêmes intervalles.
c. Montrer que l’on peut ainsi trouver ε > 0 tel que ||gε || < ||g||. En déduire une contradiction.
3.5.[CM] Réciproquement, montrer que si f − pn équioscille sur n + 2 points de I, alors pour tout
q ∈ Pn , q 6= pn , max |f (xi ) − q(xi )| > max |f (xi ) − pn (xi )| et donc que pn est le polynôme de
0≤i≤n+1 0≤i≤n+1
meilleure approximation de f de degré n.
3.6.[CL2] Déterminer p0 pour une fonction continue f et p1 pour une fonction convexe f .
Remarque : L’algorithme de Rémès fournit une suite de polynômes convergeant vers pn [CM].

5. Indications
Exercice 1 :
1.3. b. On pourra considérer le polynôme qk−1 interpolant f aux points x1 , · · · , xk . et montrer que
(xk − x0 )pk (x) = (x − x0 )qk−1 (x) − (x − xk )pk−1 (x).
1.4. Dans le cas où x est distinct des xi , considérer le polynôme qn+1 (t) qui interpole f aux points
x, x0 , · · · , xn , puis considérer la fonction g(t) = f (t) − qn+1 (t) = f (t) − pn (t) − cπn+1 (t).
1.5. On montrera que le maximum de ϕ(s) = |s(s − 1) · · · (s − n)| sur [0, n] est en fait atteint sur
ϕ(s − 1)
[0, 1] en considérant , puis qu’il est inférieur à n!.
ϕ(s)
1.6. Montrer que le coefficient dominant de Tn vaut 2n . On sait aussi que ||Tn ||∞ = 1.
Exercice 2 :
2.4. Se ramener à S0 et utiliser la question 2.3.
(xi+1 − x)3 zi (x − xi )3 zi+1
2.5. On écrit ϕ(x) = + + Bi (x − xi ) + Ai pour x ∈ [xi , xi+1 ], on
xi+1 − xi 6 xi+1 − xi 6
détermine Ai et Bi en fonction de zi , puis on en déduit le système linéaire vérifié par les zi .
1
2.7. Montrer que si f : [0, 1] → R de classe C 2 est telle que f (0) = f (1) = 0, alors ||f || ≤ √ ||f 00 ||2 .
3 5
On utilise ensuite ce résultat pour la fonction g(t) = (f − ϕ)(xi + thi ) définie sur [0, 1]. Utiliser une
primitive de f 00 − ϕ00 et Cauchy-Schwarz.
Exercice 3 :
3.1. Montrer que d(f, Pn ) ≤ ||f ||, trouver un compact de Pn qui convient et utiliser le fait que
p → ||f − p|| est une fonction continue.
3.2. b. On trouve
|(f − pt )(x)| ≤ (1 − t)||f − pn || + tε, pour x ∈ Vε ,

(f − pt )(x)| ≤ sup |f − pn | + tA, pour x ∈


/ Vε .
y∈/ Vε
3.2.c. On choisit ε = ||f − pn ||/2 et t tel que sup |f − pn | + tA < ||f − pn ||.
y∈/ Vε
3.3. On a pour des xi bien choisis,
 
f − P1 + P2 = f − P1 + P2 (xi ) ≤ 1 |f − P1 |(xi ) + 1 |f − P2 |(xi ) ≤ ||f − P1 ||.

2 2 2 2
En considérant que les inégalités sont des égalités, on trouve que P1 (xi ) = P2 (xi ).
3.4. b. On posera 0 < A < ||g|| tel que sur [a, x0 ], g(x) ≤ −A ; sur [xi−1 , ξi [, (−1)i g(x) ≤ A et sur
[xk , b], (−1)k g(x) ≥ −A . Poser également M = sup |π(x)|.
[a,b]
3.4.c. Choisir ε > 0 tel que A + εM < ||g||. On a alors p̃n = pn + επ ∈ Pn et ||f − p̃n || < ||f − pn ||.
3.5. ParZ l’absurde, on trouve que pour q ∈ Pn , (−1)i (q(xi ) − p(xi )) ≥ 0, on en déduit donc
xi+1
que (−1)i q 0 − p0 ≤ 0 et donc que q 0 = p0 sur ]xi , xi+1 [ ou qu’il existe ξi ∈]xi , xi+1 [ tel que
xi
(−1)i (q 0 (ξi ) − p0 (ξi )) < 0.
4

1
3.6. Prendre p0 = (max f + min f ). Si f est convexe, on note Q le polynôme interpolateur de f en
2 [a,b] [a,b]
M
a et b et on pose p1 = Q − avec M = ||f − Q||.
2
6. Références
[CL2] Chambert-Loir, Fermigier, Exercices de mathématiques pour l’agrégation, Analyse 2 , Masson.
[CM] Crouzeix, Mignot, Analyse numérique des équations différentielles, Masson.
[D] Demailly, Analyse numérique et équations différentielles, PUG.
[FGN1] Francinou, Gianella, Nicolas, Exercices de mathématiques. Oraux X-ENS. Analyse 1, Cassini.
[GT] Gonnord, Tosel, Thèmes d’analyse pour l’Agrégation. Topologie et analyse fonctionnelle, El-
lipses.
[S] Schatzman, Analyse numérique, Dunod.

Vous aimerez peut-être aussi