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Caoutchouc dans mortier cimentaire léger

L'étude examine l'incorporation de particules de caoutchouc de taille inférieure à 1 mm dans une matrice cimentaire pour élaborer un composite léger. Le matériau étudié est un mortier où le sable a été substitué par des particules de caoutchouc à différents volumes. Les résultats montrent que le composite présente une baisse significative de la résistance mécanique mais reste compatible avec l'utilisation comme matériau de construction léger, avec un allégement pouvant atteindre 42%. Les particules de caoutchouc réduisent également la sensibilité du matériau à l'eau.

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Caoutchouc dans mortier cimentaire léger

L'étude examine l'incorporation de particules de caoutchouc de taille inférieure à 1 mm dans une matrice cimentaire pour élaborer un composite léger. Le matériau étudié est un mortier où le sable a été substitué par des particules de caoutchouc à différents volumes. Les résultats montrent que le composite présente une baisse significative de la résistance mécanique mais reste compatible avec l'utilisation comme matériau de construction léger, avec un allégement pouvant atteindre 42%. Les particules de caoutchouc réduisent également la sensibilité du matériau à l'eau.

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Effet des granulats de caoutchouc sur les

propriétés d’un mortier de ciment

Amar Benazzouk, Omar Douzane, Thierry Langlet, Katiba Mezreb,


Fayçal Labbani, Jean-Marc Roucoult
Laboratoire des Technologies Innovantes (EA 3899) - "Phénomènes de Transfert et
Construction Durable" - Université de Picardie Jules Verne
IUT d’Amiens, Département génie civil. Avenue des Facultés, 80025 Amiens, cedex 01
[Link]@[Link] ; [Link] ; [Link]@[Link] ; jean-
[Link]@[Link]

Sections de rattachement : 60 & 62


Secteur : Secondaire

RÉSUMÉ. L’objectif de cette étude est d'examiner les potentialités de l’incorporation de


particules de caoutchouc, de taille inférieure à 1 mm, dans une matrice cimentaire en vue de
l’utilisation du composite élaboré dans le domaine d’application des bétons légers. Le matériau
étudié est un mortier dans lequel le sable a été substitué par ces particules de caoutchouc à des
teneurs volumiques de 0, 25, 50, 75 et 100%. Dans un premier temps, nous avons évalué l’effet
des particules de caoutchouc sur les propriétés physico-mécaniques du composite. Dans un
deuxième temps, nous nous sommes intéressés aux variations dimensionnelles du matériau,
lorsque celui-ci passe d’un état sec au contact accidentel de l’eau liquide. Ces dernières
correspondent aux Variations Dimensionnelles Extrêmes (VDE). Les résultats ont montré que
malgré une baisse significative des résistances mécaniques, correspondant à un allégement allant
jusqu’à 42%, le composite est compatible avec l’utilisation en matériau léger de construction de
"classe II", suivant les recommandations de la RILEM1. L’examen des VDE a mis en évidence
l’effet des particules de caoutchouc sur la réduction de la sensibilité à l’eau du matériau.

MOTS-CLÉS : Déchets de caoutchouc, Composite cimentaire, Mortier, Propriétés physico-


mécaniques, Variations dimensionnelles et pondérales

1. Introduction

L’emploi des déchets et des sous-produits industriels dans le secteur du bâtiment répond

1
. Réunion Internationale des Laboratoires et Experts des Matériaux

1
simultanément au souci d’économie des ressources naturelles en granulats ainsi qu’à
l’obligation de limiter la mise en décharge aux seuls déchets ultimes. En France,
l’accumulation de déchets de caoutchouc, tels que les pneus hors d’usage, constitue une
source potentielle de problèmes environnementaux et économiques majeurs. Afin de
mieux préserver l’environnement, plusieurs actions de valorisation ont été entreprises,
notamment dans le domaine des matériaux de construction. A ce sujet, plusieurs travaux
concernant l’emploi de granulats de caoutchouc ont été réalisés. Ces derniers ont montré
l’intérêt de l’association ciment/caoutchouc dans l’élaboration de composites
cimentaires à haute déformabilité (Eldin et Senouci, 1993, Topçu 1995, Benazzouk et
al., 2003, Benazzouk et al., 2004). D’autres travaux sur la durabilité de ces composites
ont également montré l’importance du type de caoutchouc sur leur comportement en
conditions climatiques sévères, notamment les cycles de gel/dégel (Benazzouk et al.,
2002). Une étude récente sur l’élaboration de composites cimentaires, à base de
particules de caoutchouc, a mis en évidence des propriétés compatibles avec l’utilisation
en isolant porteur du matériau (Benazzouk et al., 2006, Benazzouk et al., 2008).
Toutefois, la plupart des études précédentes se sont intéressées à la valorisation de
granulats de caoutchouc, issus de pneus usagés ou de caoutchouc modifié, débarrassés
des parties métalliques et textiles. Par ailleurs, la granulation des déchets de caoutchouc
génère des quantités importantes de poussières qui ne sont pas valorisées. Il s’agit des
fines récupérées dans les dépoussiéreurs (hottes d’aspiration). Ces déchets ne
bénéficient d’aucune structure de valorisation et sont stockées dans des décharges. Leur
stockage à l’air libre constitue une gêne environnementale en raison de leur finesse. Le
présent travail a pour but de contribuer à leur valorisation par leur incorporation dans
une matrice cimentaire, en vue de l’utilisation du composite élaboré dans le domaine
d’application des bétons légers. Le composite élaboré est un mortier dans lequel le sable
a été substitué par les particules de caoutchouc à des teneurs volumiques de 0, 25, 50,
75 et 100%. Il s’agit d’évaluer les propriétés à l’état durci tels que l’allégement, le
module d’élasticité dynamique, les résistances mécaniques en compression et en
flexion. En raison de l’importance des fissures, engendrées par les variations
dimensionnelles, sur la durabilité du matériau, notamment la pénétration d’agents
agressifs, nous avons évalué les variations dimensionnelles extrêmes (VDE) du
composite en fonction de la teneur en particules de caoutchouc. Les variations
pondérales extrêmes (VPE) correspondant ont également été prises en compte.

2. Matériaux et techniques expérimentales

Les particules de caoutchouc utilisées sont issues de la transformation par


déchiquetage de déchets de l’industrie automobile. Il s’agit de fines particules
récupérées dans les dépoussiéreurs, de taille inférieure à 1 mm, contenant des fibres
textiles dans une proportion estimée à 20% volumique. La masse volumique apparente
de ces particules est de 180 kg/m3. La figure 1 montre l’aspect de ces particules de
caoutchouc. Le sable utilisé est un sable fin siliceux de granulométrie inférieure à

2
1 mm. Le ciment utilisé est du type CPA CEMI 52,5 CP2, suivant la norme NF P15-301
(Afnor, 1994). Pour la fabrication des composites, le dosage en ciment a été maintenu
constant, avec un rapport eau/ciment = 0,5 correspondant à un affaissement normal
compris entre 8 et 9 cm. Le sable a été substitué par les particules de caoutchouc à des
teneurs volumiques de 0, 25, 50, 75 et 100%. Après homogénéisation du matériau frais,
celui-ci est mis en place dans des moules de dimensions (40 mm x 40 mm x 160 mm).
Pour les mesures des VDE, les échantillons ont été munis à leurs extrémités de plots
métalliques. Pour chaque essai, trois échantillons ont été préparés et conservés en salle
de conservation à température et hygrométrie contrôlées (20±2°C, HR=98%), pendant
28 jours. Avant les essais, les échantillons ont été séchés dans une étuve à 70±2°C. Les
propriétés des matériaux à l’état frais sont données par le tableau 1.

Teneur en
Affaissement Entraînement
Caoutchouc
(cm) d’air (%)
(%)
0 8,5 2,8
25 9,4 4,2
50 11,6 6,4
75 12,2 7,7
Figure 1. Aspect des 100 12,8 8,6
déchets de caoutchouc Tableau 1. Propriétés à l’état frais des
composites élaborés

Le matériau à l’état durci a été caractérisé suivant ses propriétés physico-


mécaniques. La masse volumique sèche a été évaluée par mesure géométrique et
pesée. Le module d'élasticité dynamique a été déterminé par auscultation ultrasonore
suivant la norme NF P 18-418 (Afnor 1989). Les essais mécaniques en compression
et en flexion ont été conduits suivant la Norme EN 196-1 (Afnor 1995). Dans tous
les cas, les résultats représentent la moyenne de trois mesures. Les variations
dimensionnelles extrêmes (VDE) d’un matériau représentent la différence entre ses
dimensions longitudinales lors du passage de l’état sec à l’état saturé. En pratique,
elles signifient l’écart de situation le plus extrême que peut subir le matériau,
correspondantes au passage d’un climat sec à un contact accidentel avec l’eau.
(Ledhem et al., 2000). Les variations pondérales extrêmes (VPE) correspondantes,
expriment le taux d’eau absorbée par l’échantillon lors de l’immersion dans l’eau.
Les mesures ont été réalisées sur des éprouvettes de dimensions (40 mm x 40 mm x
160 mm), munies de plots à leurs extrémités. Après 28 jours de cure en salle de
conservation, les éprouvettes ont été séchées à l’étuve à 70±2°C. Afin de simuler les
variations climatiques extrêmes, nous avons procédé à un cycle de séchage-
immersion dans l'eau jusqu’à saturation totale. Les variations dimensionnelles ont
été mesurées à l’aide d’un rétractomètre électronique à affichage digital, capable
d’apprécier des variations de l’ordre de 10-3 mm. Les variations pondérales ont été

3
déterminées à partir de la variation de leurs masses à l'aide d'une balance
électronique.

3. Résultats expérimentaux et analyses

3.1. Allégement du matériau

La variation de la masse volumique sèche du composite, en fonction de la teneur en


particules de caoutchouc, est donnée par la figure 2. Celle-ci diminue avec
l’augmentation de la teneur en caoutchouc. Elle varie de 1950 à 1120 kg/m3, pour une
teneur en particules de caoutchouc allant de 0 % (mortier de référence) à 100% ; Ce qui
correspond à un allégement de l’ordre de 42,5%, particulièrement utile dans les travaux
de réhabilitation et l’allégement des structures. Outre la faible densité du caoutchouc,
l’allégement du composite est également liée à l’augmentation de l’entraînement d’air
dans la matrice. En effet, les mesures de l’entraînement d’air ont montré que celui-ci
varie de 2,8% (pour le mortier de référence) à 8,6% pour une composition de 100% en
caoutchouc (tableau 1). Cette augmentation est liée à la nature non-polaire du
caoutchouc, qui entraînerait de l’air dans la matrice. Ces résultats sont similaires à ceux
obtenus par certains auteurs concernant les bétons à base de caoutchouc (Eldin et
Senouci, 1993, Topçu, 1995).
Masse volumique sèche (kg/m )

2500
3

2000

1500

1000

500

0
0 25 50 75 100
Teneur volumique en caoutchouc (%)

Figure 2. Masse volumique sèche des composites

3.2. Module d’élasticité dynamique

Les résultats, donnés par le la figure 3, montrent que l’ajout de particules de


caoutchouc dans la matrice cimentaire, réduit le module d’élasticité dynamique de 23 à
3,2 GPa, pour une teneur en caoutchouc allant de 0 (mortier de référence) à 100%. Cette
diminution est due à la nature du caoutchouc qui absorbe les ondes ultrasonores. En
effet, les mesures de la célérité dans le caoutchouc ont donné lieu à une valeur de

4
l’ordre 175 m/s, alors que celle mesurée dans le mortier de référence est de 3600 m/s.
Le phénomène est accentué par la présence de bulles d’air dans la matrice. Les ondes
doivent contourner ces bulles d’air pour se propager dans la pâte de ciment. Ce qui
augmente le temps de propagation de l’onde ultrasonore et réduit ainsi sa vitesse de
propagation. Ces résultats montrent que le composite à base de caoutchouc présente des
capacités d’atténuation d’ondes ultrasonores ainsi que l’amortissement des vibrations.

30
Module d'élasticité dynamique

25
20
y = 23,969e-0,02x
(GPa)

15
R2 = 0,99
10

5
0
0 25 50 75 100
Teneur volumique en caoutchouc (%)

Figure 3. Module d’élasticité dynamique des composites

3.3. Résistances mécaniques (compression-flexion)

La variation de la résistance à la compression du composite, à 28 jours, à différentes


formulations, est donnée par la figure 4a. La résistance diminue considérablement avec
l’augmentation de la teneur en particules de caoutchouc. Pour une composition allant de
0 à 100%, la résistance à la compression varie de 36 MPa, pour le mortier de référence,
à 6,5 MPa ; soit une réduction de l’ordre de 82%. La perte de résistance est liée, d’une
part, à la nature élastique des particules de caoutchouc et d’autre part, à l’augmentation
de la porosité en raison d’une plus grande quantité d’eau libre dans le matériau en
fonction de la composition en caoutchouc. Cette eau excédentaire est caractérisée par
l’augmentation de l’affaissement, suivant le tableau 1. L’évaporation de cette eau, au
cours du durcissement, engendre une porosité supplémentaire dans la matrice. Le
phénomène est accentué en raison de l’entraînement d’air. D’après la figure 4b, la
résistance à la compression σ (MPa) varie en fonction de la masse volumique du
matériau ρ (kg / m 3 ) suivant l’expression σ = 0,647 exp (0,002 ρ ) , avec un coefficient
de corrélation R 2 = 0,98 . Cette évolution est similaire à celles obtenues dans le cas des
bétons légers (Khedari et al., 2001). Les résultats montrent que malgré une baisse
significative de la résistance à la compression, la valeur obtenue pour une composition à
100% en caoutchouc, reste compatible avec l’utilisation du matériau dans le domaine
d’application des bétons légers de construction de "classe II" (masse volumique
inférieure à 1500 kg/m3 et une résistance à la compression supérieure à 3,5 MPa),
suivant la classification fonctionnelle de la RILEM (RILEM LC2, 1978). La figure 5
montre que la résistance à la flexion diminue avec l’augmentation de la teneur en

5
caoutchouc. Elle varie de 4,1 MPa (pour le mortier de référence) à 2,6 MPa, pour une
composition de 100% en caoutchouc. La baisse de la résistance à la compression est
plus importante que celle de la résistance à la flexion (de l’ordre de 37%). Ceci est dû à
la présence de fibres, qui interviennent dans la phase de microfissuration diffuse en
empêchant l’apparition des microfissures actives et en retardant leur localisation (Rossi,
1998). Par ailleurs, une diminution de la quantité d’eau de gâchage permettrait de pallier
en partie cette baisse de résistances et d’améliorer, en conséquences, les propriétés
mécaniques du matériau puisque le dosage en eau est étroitement lié à la porosité.

40 40

Résistance à la compression
Résistance à la compression

35 35 y = 0,647e0,002x
30 30 R2 = 0,9889
25 y = 32,755e-0,0172x 25

(MPa)
(MPa)

20 R2 = 0,98 20
15 15
10 10
5 5
0 0
0 25 50 75 100 1000 1200 1400 1600 1800 2000
Teneur volumique en caoutchouc (%) 3
Masse volumique sèche (kg/m )

a b
Figure 4. Evolution de la résistance à la compression des composites

5
Résistance à la flexion (MPa)

y = 4,1965e-0,0043x
4
R2 = 0,96
3

0
0 25 50 75 100
Teneur volumique en caoutchouc (%)

Figure 5. Evolution de la résistance à la flexion des composites

3.4. Variations dimensionnelles et pondérales extrêmes

L’évolution des variations dimensionnelles entre l’état sec et l’état saturé du


composite, à différentes teneurs en caoutchouc, en fonction de la durée de cure est
donnée par la figure 6a. Les résultats montrent que les déformations dépendent de la
formulation du composite, avec une cinétique de gonflement très rapide dans les
premiers jours. Les déformations se produisent principalement durant les trois premiers

6
jours. Au delà, elles se stabilisent progressivement. A saturation, correspondant à 30
jours d’immersion, les VDE varient de 0,966 mm/m, pour le mortier de référence à
0,256 mm/m pour une teneur en caoutchouc de 100% ; Soit une réduction de l’ordre de
73,5%. Cette réduction des VDE est probablement liée à la nature élastique des
granulats qui amortit les contraintes exercées lors des déformations du matériau. Les
valeurs des variations pondérales extrêmes (VPE), correspondant, sont données par la
figure 6b. Celle-ci montre une diminution de la quantité d’eau absorbée en fonction de
la teneur en caoutchouc. Ceci est dû à la différence de volume accessible à l’eau en
raison de la nature non-sorptive du caoutchouc, mais aussi à la présence d’une porosité
fermée supplémentaire, non accessible à l’eau, due à l’entraînement d’air.

1,4 20
0% 25%
Variations dimensionnelles

1,2 50% 75%


Variation Pondérales
100% 16
1
Extrêmes (%)

12
(mm/m)

0,8
0,6 8
0,4
4
0,2
0 0
0 10 20 30 0 25 50 75 100
Durée de cure (jours) Teneur volumique en caoutchouc (%)

a b
Figure 6. Evolution des VDE/VPE des composites

Des études sur la prévision des variations dimensionnelles du béton ont montré que
celles-ci dépendent des variation dimensionnelles de la matrice cimentaire et de la
teneur en granulats minéraux (Neville, 2000). Suivant la loi de Pikket (Neuville, 2000),
cette relation empirique est du type : S c = S m − a g n , où S c et S m (mm/m) sont les
variations dimensionnelles respectives du composite et de la matrice. g (%) représente
la teneur volumique des granulats. a et n sont des coefficients qui varient en fonction
des caractéristiques des granulats. Dans notre cas, en considérant le composite constitué
d’une phase continue (ciment+sable) et d’une phase dispersée (particules de
caoutchouc), la figure 7 montre que les VDE du composite peuvent s’exprimer en
fonction de celles de la matrice (ciment+sable) suivant la relation :
VDE = 0,971 − 0,0088 g 0,963 , avec un coefficient de corrélation de R 2 = 0,98 . Selon
l’expression obtenue, les valeurs estimées des VDE des composites, pour des teneurs en
granulats de 0% et de 100%, sont de 0,971 et 0,231 mm/m, respectivement. Ces valeurs
sont proches de celles obtenues expérimentalement. La baisse des VDE des composites
est probablement liée à la différence d’élasticité entre la matrice et les granulats de
caoutchouc. Par ailleurs, le module d’élasticité statique des granulats de caoutchouc,
mesuré sur des échantillons avant l’opération de déchiquetage, et celui du mortier sont

7
de 68 MPa et 15 GPa, respectivement. La baisse des variations dimensionnelles peut
être également liée à la diminution de l’absorption d’eau par les composites. Dans la
réalisation d’un matériau de construction durable, résistant aux agents agressifs divers,
l’action des fissures, liées aux variations dimensionnelles, sont préjudiciables. Elles
présentent une voie supplémentaire de pénétration d’agents agressifs. La diminution des
variations dimensionnelles permet de limiter la sensibilité à la pénétration d’agents
agressifs, qui affecte la durabilité.
1,2
Expérimental
Variations Dimensionnelles

1 Courbe théorique
Extrêmes (mm/m)

0,8

0,6
0,4

0,2

0
0 25 50 75 100

Teneur volumique en caoutchouc (%)

Figure 7. Relation VDE - teneur en caoutchouc des composites

4. Conclusion

Les travaux présentés concernent la faisabilité d’un nouveau composite cimentaire, à


base de particules de caoutchouc. L’examen du comportement physico-mécanique a
montré un allégement du composite allant jusqu’à 42,5%. Malgré une baisse
significative de la résistance à la compression, les valeurs restent compatibles avec
l’utilisation du composite dans le domaine des bétons légers de construction de
"classe II". Par ailleurs, la baisse de la résistance à la flexion est moins importante que
celle à la compression. De plus, les mesures du module d’élasticité dynamique ont mis
en évidence des capacités d’atténuation d’ondes ultrasonores ainsi que l’amortissement
des vibrations de ce composite. Les résultats ont également montré que l’ajout de
particules de caoutchouc, permettait de réduire les variations dimensionnelles du
matériau. La limitation de ces variations dimensionnelles est une caractéristique
importance pour la durabilité des matériaux, notamment le contact accidentel avec l’eau
qui génère des contraintes pouvant conduire à la fissuration. Ceci peut avoir des
conséquences sur l’impact d’un environnement agressif, puisque la résistance vis à vis
de la carbonatation, la diffusion des ions et l’action du gel dépendent de l’état de la
structure du matériau.

8
Bibliographie

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