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FICHE 6 Capteur-
Transmetteur
Langage technique
• Le langage technique usuel simplifiant souvent les dénominations, l’association d’un
capteur et de son transmetteur devient couramment, par raccourci, capteur au lieu du
terme capteur-transmetteur.
• L’acception coutumière du mot capteur définit un instrument de mesure de procédé
industriel.
• Le mot transmetteur, intégré ou déporté, correspond à un convertisseur d’un signal de
mesure en un signal normalisé.
Grandeur
I Capteur Mesurande
Capteur
électrique
• Définition et constitution
Le capteur est l’élément primaire sensible au phénomène physique qui le traduit en
une grandeur exploitable généralement électrique. Il est le premier élément de la
chaîne de mesurage.
Lorsque le capteur est constitué de plusieurs éléments, le corps d’épreuve est celui
en contact direct avec le mesurande.
Il génère une grandeur physique intermédiaire (déplacement, déformation, force…)
traduite en une grandeur électrique (tension, capacité, induction…) par le transducteur.
Grandeur
physique Grandeur
Mesurande Corps intermédiaire électrique
Transducteur
d’épreuve
Capteur
Figure 6.1 Constitution d’un capteur
En pratique, les termes capteur et transducteur désignent le même constituant, traduit en
anglais par les mots sensor et transducer.
• Capteur passif
Le capteur est passif lorsque la grandeur électrique exploitable est une impédance à
dominante capacitive, inductive ou résistive. C’est un dipôle passif : l’impédance
d’un capteur passif n’est mesurable qu’avec un conditionneur électronique associé.
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Exemple : jauge de contrainte résistive
Une jauge de contrainte résistive (transducteur) est collée sur l’extérieur
d’un tube. Sous l’influence d’une variation de pression, la jauge subit
une déformation identique au tube (corps d’épreuve), et sa résistance
ohmique varie.
dé form ation
variation variation de
de résistance
pression ohmiqu e
jauge
Figure 6.2 Capteur passif : capteur de pression à jauge résistive
Charge électrique
• Capteur actif
Le capteur est actif lorsque, soumis au mesurande,
il se comporte en générateur électrique : générateur force
quartz
de charge, de courant, ou de force électromotrice.
Le signal généré est faible : pour une variation de
100 °C, la f.é.m d’un thermocouple type K varie de
4 mV (cf. fiche 9). Figure 6.3 Capteur actif,
générateur de charge
Exemple : capteur générateur de charge
L’effet piézoélectrique du quartz traduit l’apparition de charges superfi-
cielles sur les faces opposées d’une lame soumise à une force. Cet effet
est réversible.
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
II Transmetteur
• Définition
D’après la norme NF C 46-303, un transmetteur est un appareil qui, recevant une
vraie variable mesurée, produit un signal de sortie normalisé pouvant être transmis
et ayant une relation continue et définie avec la valeur de la variable mesurée.
• Constitution
Pour élaborer un signal normalisé à partir du signal généré par le capteur, le trans-
metteur comprend globalement un amplificateur, un filtre, et un traitement du
signal (figure 6.4). Le transmetteur complète ainsi la chaîne de mesurage du cap-
teur.
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alimentation alimentation
P D E1 E2 E3 I
Corps Amplificateur Traitement
Transducteur Filtre
d’épreuve du signal
Capteur Transmett eur
Figure 6.4 Capteur-transmetteur de pression
L’amplificateur, en augmentant le niveau du signal électrique E 1 délivré par le
capteur, réduit le rapport « bruit de fond/signal », et améliore ainsi la qualité du
signal E 2 transmis.
Le filtre élimine ou atténue les signaux parasites dans la limite de certaines fré-
quences pour garantir un signal de mesure E 3 convenable. Parmi de nombreuses
familles de filtres, le plus répandu est le filtre passe-bas.
Le traitement du signal réalise la fonction finale désirée, généralement linéaire,
entre le mesurande et la mesure, et détermine la nature, tension ou courant, et l’in-
tensité du signal de mesure. Dans le cas du capteur-transmetteur de pression, figu-
re 6.4, le signal délivré est un courant I tel que : I = a · P + b, a et b dépendants
du réglage effectué.
Exemple : capteur-transmetteur de température à entrée thermocouple
type K de 500 °C à 900 °C, et sortie courant 4 – 20 mA. Ce capteur n’est
pas linéaire (cf. fiche 9), et c’est le transmetteur qui rend la relation
linéaire : I = 0,04 × T − 16.
signal (mV) signal (mA) signal (mA)
38,1 20 20
signa l
21,5 4 (mV) 4
T (°C) T (°C)
500 900 21,5 38,1 500 900
Capteur Transmetteur Capteur - Transmetteur
Figure 6.5 Capteur-Transmetteur
• Transmetteur universel intégré ou déporté
Le capteur est fixé sur le procédé et il délivre un signal de mesure de faible inten-
sité, qui ne peut être transmis sur de grandes longueurs. La solution consiste à faire
appel à un transmetteur universel, soit intégré dans le boîtier de raccordement du
capteur, soit déporté et monté sur rail dans un coffret d’instrumentation distant jus-
qu’à quelques dizaines de mètres du capteur (figures 6.6 et 6.7).
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Les transmetteurs actuels s’adaptent à un très grand nombre de capteurs industriels
par configuration numérique. Elle permet notamment le réglage de la nature de
l’entrée et de son étendue, du temps de réponse souhaité, de la linéarisation éven-
tuelle, et de la nature de la sortie et de son étendue. Ils peuvent être de type uni-
versel ou bien spécifique à un capteur comme pour les thermocouples ou les sondes
RTD (cf. fiches 8 et 9).
Figure 6.6 Transmetteur universel intégré Figure 6.7 Transmetteur universel
(sans capteur). Prosensor déporté. Prosensor
III Signaux utilisés
• Signaux universels
– Un capteur délivre un signal de faible intensité désigné par l’appellation
« signal bas niveau ». Pour l’étendue de mesure du capteur, les signaux « bas
niveau » sont : potentiomètrique, thermocouple, RTD (Resistor Thermometer
Detector), tension (exemples : – 20 mV à + 20 mV, 0 à 100 mV), ou courant.
Malgré un signal « bas niveau », un capteur peut être relié à l’entrée de mesure d’un dis-
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
positif de contrôle tel qu’un automate programmable industriel (API) ou un régulateur.
Dans ce cas, la carte d’entrée se substitue au transmetteur absent et réalise par exemple
l’amplification et le traitement de linéarisation du signal délivré par un thermocouple.
– Un transmetteur délivre un signal appelé « signal haut niveau » puisque son
énergie permet la transmission de la mesure à une grande distance (plusieurs
centaines de mètres) du point de mesure. Ces signaux « haut niveau » sont :
0 – 5 V, 1 – 5 V, 0 – 10 V, 0 – 20 mA et 4 – 20 mA.
• Le standard 4 – 20 mA
Les avantages du signal analogique en courant 4 - 20 mA :
– il n’est pas affecté par les chutes ohmiques de tension ;
– les tensions parasites ne l’influencent pas, grâce à l’impédance interne du géné-
rateur de courant en série dans la boucle ;
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– il autorise la transmission de la mesure sur une distance supérieure à 1 km ;
– il possède une bonne immunité aux parasites de type magnétique ;
– il est économique, puisque deux fils par instrument suffisent pour l’alimenta-
tion en tension et la transmission de la mesure ;
– la valeur 4 mA permet de différentier le zéro de mesure de la rupture de la
transmission, et d’alimenter le transmetteur dans le cas d’un « 2 fils » ;
– il admet la superposition d’un signal numérique de communication HART.
En instrumentation industrielle, le signal 4 – 20 mA est maintenant un standard, et tous
les fabricants d’instruments proposent ce signal.
L’inconvénient du signal en courant analogique, 4 – 20 mA ou 0 – 20 mA, est
qu’une vérification du transmetteur conduit à couper la transmission, puisque tous
les instruments sont montés en série dans une boucle de courant. Le « signal
HART » détourne en partie cet inconvénient.
• Raccordement électrique d’un transmetteur
Le raccordement électrique d’un transmetteur au dispositif d’exploitation de la
mesure, dépend de la nature du signal de mesure et de son alimentation. Il existe
des transmetteurs « à 2 fils », « à 3 fils » ou « à 4 fils ».
Tableau 6.1. Transmetteurs « à 2 fils », « à 3 fils » ou « à 4 fils »
Signal courant Signal tension Alimentation en Alimentation en
tension continue tension alternative
0–5V 10 Vdc à 48 Vdc 24 Vac
Transmetteur 4 – 20 mA 0 – 20 mA 1–5V en fonction 48 Vac
0 – 10 V de la charge 230 Vac ou autre
à 2 fils oui non non oui non
à 3 fils oui oui oui oui non
à 4 fils oui oui oui oui oui
+ – im
Transmett eur La résistance de charge R c correspond à
« à 2 fils » la résistance comprenant celle du ou des
+ Rc récepteurs (API, régu lateur, ind icateur ou
– bien centrale d’acqu isition) et de la lign e
im de transmission.
+ –
Transmett eur + – Transmett eur +
« à 3 fils » + « à 4 fils » –
im
Entrée – im
im Entrée +
mesure + im
mesure –
Rc
Rc
Figure 6.8 Raccordement des transmetteurs à signal 4 – 20 mA
avec alimentation en tension continue
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En instrumentation industrielle, par soucis d’économie et de standardisation, les trans-
metteurs « à 2 fils » en signal 4 – 20 mA sont les plus répandus.
• Signal de communication HART
Le protocole HART (Highway Addressable Remote Transducer) permet la com-
munication simultanée de données analogiques et numériques. Ce protocole de
communication de type série est spécifique au contrôle industriel et compatible
avec les boucles de courant analogique 4 – 20 mA.
La communication effectuée sous forme digitale utilise un courant alternatif modu-
lé en fréquence qui est superposé au courant analogique 4 – 20 mA sans l’altérer
puisque sa valeur moyenne est nulle. Le protocole est basé sur un système de
modulation Bell 202 et du procédé FSK (Frequency Shift Key) : les données numé-
riques sont transmises en série avec une fréquence de 1 200 Hz pour l’état logique
1 et une fréquence de 2 200 Hz pour l’état logique 0.
PC
EX EX interface
Bornier du modem
transmett eur
+ Système de
250 Ω
- + Boucle
contrôle :
4 - 20 mA
Régulateur, API
-
+ -
Alimentation
en tension
Figure 6.9 Raccordement d‘un transmetteur à protocole HART
Le transmetteur, repéré par son adresse, est configurable par un ordinateur équipé
d’un modem, ou via une console de configuration portative, branché en parallèle sur
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
la boucle de courant avec une résistance minimale de 250 Ω en série (figure 6.9).
L’opérateur peut alors régler, par exemple, l’étendue de mesure avec son unité, le
temps de réponse, les valeurs d’alarmes, la validation d’une racine carrée ou
cubique sur le signal de mesure, et pour la maintenance préventive, interroger l’état
du transmetteur, de la mesure, ou encore de la température du boîtier. La longueur
maximale de cette transmission est de 3 000 m avec un câblage en paire torsadée.
La boucle peut comporter jusqu’à 8 transmetteurs en série sur les deux fils, mais
dans ce cas un seul transmetteur peut fournir un signal de mesure en 4 – 20 mA.
• Bus de terrain
Le principe d’un bus de terrain est de relier tous les transmetteurs, actionneurs et
dispositifs de contrôle, d’un secteur industriel en un réseau où tous les instruments
communiquent les uns avec les autres (figure 6.10).
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Les deux bus de terrain les plus répandus Poste D Réseau site Poste G
industriel
dans le contrôle de process industriel sont le
Fieldbus Fondation FF-H1, et le Profibus PA.
Ils sont reconnus par la norme internationale
IEC 61158-2. La liaison unique entre tous les Système
Réseau
instruments sert au dialogue et à la configu- d’automatisation
local LAN
du procéd é
ration, ainsi qu’à l’alimentation.
La structure en réseau permet la liaison de Réseau bus
32 instruments par bus linéaire, sauf en zone de terrain FF-H1
dangereuse pour des raisons électriques ; de
8 à 9 (Profibus) et de 4 à 6 (FF-H1).
Les avantages de cette communication Figure 6.10 Bus de terrain FF-H1
numérique sont nombreux : le bus de terrain
simplifie les raccordements en s’affranchis-
sant de l’analogique, la mise en œuvre et donc l’interchangeabilité, la configura-
tion, et assure le suivi pour la maintenance préventive, grâce à la mémoire interne
du transmetteur ou de l’actionneur.
Mesure de débit
Une mesure continue d’un débit d’eau est effectuée par un organe déprimogène et un
capteur-transmetteur de pression différentielle (cf. fiche 15). La relation
√ entre le débit
Q (m3 · h−1) et la pression différentielle P (mbar) est : Q = k P .
Caractéristiques : échelle réglée de 0 mbar à 300 mbar ; échelle désirée de 0 m3 · h−1
à 8 m3 · h−1 ; signal 4 – 20 mA avec protocole HART ; la résistance de charge Rc ()
maximale dépend de la tension d’alimentation (en V) par Rc = (Ualim − 9)/0,02.
La mesure du débit est transmise à un API par la carte d’entrée analogique qui consti-
tue une charge de 250 Ω aux bornes 3 (–) et 4 (+). La résistance ohmique de cette
ligne est de 170 Ω. Cet API fournit une alimentation de 24 Vdc aux bornes 1(+)
et 2 (–).
1. Vérifier que l’alimentation de l’API est suffisante pour cette application.
2. Réaliser le schéma
√ de raccordement avec l’API.
3. Tracer Q = k P pour l’échelle désirée.
4. Tracer la relation du capteur-transmetteur I = f (P) exprimée sous forme de
pourcentage puis en unités physiques.
5. La racine carrée étant validée dans la configuration par la micro-console HART, à
l’atelier, on applique une P de 0 mbar puis une P de 150 mbar. Déterminer les
valeurs de courant que doit indiquer le transmetteur.
6. Sur le site, on applique un débit de 1 m3 · h−1 puis un débit de 6 m3 · h−1 mesurés
avec un débitmètre de référence. Déterminer les courants correspondants ainsi que
les pourcentages de la mesure du débit que doit indiquer la console.
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Solution
1. Ualim = 0,02 × (250 + 170) + 9 = 17,4 V. La tension de 24 V est suffisante.
2. Sur le schéma figure 6.11, le sens du courant (I ) de mesure 4 – 20 mA est indiqué.
I 1 API
24 Vdc
Transmetteur 2 carte
de pression + d'entrée
différentielle – I mesure
« à 2 fils » 3
I 250 Ω
4
Figure 6.11 Schéma de raccordement
3. Figure 6.12.
3 -1
Q (m . h )
8
2
ΔP
(mbar)
0
0 50 100 150 200 250 300
Figure 6.12 Relation Q = f (P)
4. Figure 6.13.
% mA I
100 20
75 16
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
50 12
25 8
ΔP
0 4
0 50 100 150 200 250 300 mbar
0 17 33 50 67 83 100 %
Figure 6.13 Relation I = f (P)
5. P = 0 mbar correspond
√ à I = 4 mA. √ Pour P = 150 mbar on a P = 50 %.
Comme I% = Q % = P% on a I% = 50 % = 70,71 %, soit I = 15,31 mA.
6. Le signal est proportionnel au débit, donc : Q = 1 m3 · h−1 donne Q % = 12,5 % et
I = 6 mA et Q = 6 m3 · h−1 donne Q % = 75 % et I = 16 mA.
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