TD MA201 Calcul Scientifique
Séance no1
Introduction aux EDP et aux différences finies
Corrigé
15 Novembre 2005
Exercice 1. Principes du maximum discret et continu -
Convergence L∞.
1.1 - Comme f ∈ C 1 (Ω̄), u ∈ C 3 (Ω̄) est en particulier une fonction continue sur un
domaine compact Ω̄, elle atteint donc ses bornes sur ce domaine. Notons xm ∈ Ω̄ le point
où u est maximale. On a l’alternative suivante :
– Premier cas : xm ∈ ∂ Ω̄ = Γ, alors u(xm ) = 0 ≤ max(0, max f (x)).
x ∈ Ω̄
– Deuxième cas : xm ∈ Ω. Comme u est maximale en ce point et u ∈ C 2 (Ω̄), on a
∂2u ∂2u
∇u(xm ) = 0, (xm ) ≤ 0 et (xm ) ≤ 0 =⇒ ∆u(xm ) ≤ 0.
∂x2 ∂y 2
Par conséquent
u(xm ) = f (xm ) + ∆u(xm ) ≤ f (xm ) ≤ max(0, max f (x)).
x ∈ Ω̄
Si on effectue le même raisonnement sur le maximum de −u, on obtient finalement :
min (0, min f (x)) ≤ u(x) ≤ max (0, max f (x)), ∀x ∈ Ω̄.
x ∈ Ω̄ x ∈ Ω̄
Suppons que le problème admette deux solutions u1 , u2 . La différence u1 − u2 vérifie le
système
−∆(u1 − u2 ) + u1 − u2 = 0 dans Ω
u − u =0 sur Γ
1 2
1
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En appliquant le principe du maximum, on a :
0 ≤ u1 − u2 ≤ 0 ∀x ∈ Ω̄
On en déduit que u1 = u2 ; la solution est unique.
1.2 - Pour une réécriture matricielle du problème discret on adopte une numerotation
des points du maillage de calcul : on associe au point de coordonnées (ih, jh) le numéro
i + 1 + (j + 1)(N + 1). On note u(j+1)(N +1)+i+1 = uij , et on définit ainsi un vecteur de
2
R(N +1) :
U = (um )1 ≤m ≤ (N +1)2
Le vecteur U est alors solution d’un système linéaire, dont la matrice a la structure tridia-
goinale par blocs (de tailles (N + 1) × (N + 1)) suivante
I 0 .. 0
I I
− 2 H − 2 0
h h
A = ...
I I
0 − 2 H − 2
h h
0 .. 0 I
I est la matrice identité d’ordre N + 1 et H est la matrice tridiagonale d’ordre N + 1 qui
s’écrit
1 0 .. 0
1 4 1
− 2 1+ 2 − 2 0
h h h
H = ...
1 4 1
0 − 2 1+ 2 − 2
h h h
0 .. 0 1
1.3 - Notons le point (im , jm ) tel que uim ,jm = max ui,j .
i,j
Comme dans la question 1, on distingue deux cas :
– Premier cas : le point Mim ,jm appartient au bord Γ, on a alors
uim ,jm = 0 ≤ max (0, max fij )
i,j
2
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– Second cas : le point Mim ,jm est à l’intérieur du carré ]0, 1[×]0, 1[.
Le nombre uim ,jm est donc supérieur à chacun des nombres
{ uim +1,jm , uim −1,jm , uim ,jm −1 , uim ,jm +1 }
et par conséquent
uim +1,jm + uim −1,jm + uim ,jm +1 + uim ,jm −1 − 4uim ,jm
(∆h u)im ,jm ≡ ≤ 0.
h2
.
En utilisant l’équation du schéma au point Mim ,jm , on obtient
uim ,jm = fim ,jm + (∆h u)im ,jm ≤ fim ,jm ≤ max (0, max fij )
i,j
On a donc
ui,j ≤ uim ,jm ≤ fim ,jm ≤ max (0, max fij )
i,j
Par un raisonnement analogue sur −uij on aboutit à l’inégalité
min (0, min fij ) ≤ uij ≤ max (0, max fij )
i,j i,j
Soit U la solution du système A U = 0, par le principe du maximum discret que nous
venon d’établir, ui,j = 0. U = 0, ce qui prouve que la matrice A est de noyau nul. De
plus, c’est une matrice carrée, elle est donc inversible. La solution du schéma est unique.
1.4 - Introduisons l’erreur commise sur la solution
eij = u(Mi,j ) − uij
ainsi que l’erreur de troncature du schéma
u(Mi+1,j ) + u(Mi−1,j ) + u(Mi,j+1 ) + u(Mi,j−1 ) − 4 u(Mi,j )
εij = − + u(Mi,j ) − fi,j .
h2
Par linéarité. eij et εij sont reliés par :
− ei+1,j + ei−1,j + ei,j+1 + ei,j−1 − 4eij + eij = εij , si Mij ∈ Ω,
(1) h2
eij = 0, si Mij ∈ Γ.
Le principe du maximum discret nous dit que :
(2) max |eij | ≤ max |εij |
i,j i,j
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Nous allons maintenant estimer (en fonction du pas de discrétisation h) l’erreur de tronca-
ture εij . L’outil de base est le développement de Taylor-Lagrange de u, qu’on peut utiliser
jusqu’à l’ordre 4 puisque u ∈ C 4 (Ω̄). Dans ce qui suit nous utilisons la notation :
∂u ∂u
( )ij = (Mij ), ...
∂x ∂x
et (Mx+ , Mx− , My+ , My− ) désignent 4 points dans Ω. Nous avons
∂u h2 ∂ 2 u h3 ∂ 3 u h4 ∂ 4 u
u(Mi+1,j ) = u(Mi,j ) + h ( )ij + ( 2 + ( 3 )ij + ( 4 )ij (Mx+ )
∂x 2 ∂x ij 6 ∂x 24 ∂x
∂u h2 ∂ 2 u h3 ∂ 3 u h4 ∂ 4 u
u(Mi−1,j ) = u(Mi,j ) − h ( )ij + ( 2 )ij − ( 3 )ij + ( )(Mx− )
∂x 2 ∂x 6 ∂x 24 ∂x4
∂u h2 ∂ 2 u h3 ∂ 3 u h4 ∂ 4 u
u(Mi,j+1 ) = u(Mi,j ) + h ( )ij + ( 2 )ij + ( 3 )ij + (M + )
∂y 2 ∂y 6 ∂y 24 ∂y 4 y
∂u h2 ∂ 2 u h3 ∂ 3 u h4 ∂ 4 u
u(Mi,j−1 ) = u(Mi,j ) − h ( )ij + ( 2 )ij − ( 3 )ij + 4
(My− )
∂y 2 ∂y 6 ∂y 24 ∂y
En sommant, puis en utilisant le théorème des valeurs intermédiaires, on obtient, pour
certains (Mx , My ) dans Ω :
u(Mi+1,j ) + u(Mi−1,j ) + u(Mi,j+1 ) + u(Mi,j−1 ) − 4 u(Mi,j ) =
∂2u ∂2u h4 ∂ 4 u ∂4u
2
= h + + (Mx ) + 4 (My )
∂x2 ∂y 2 ij 12 ∂x4 ∂y
Par conséquent, en utilisant le fait que u est solution du problème
∂2u ∂2u
− + + u(Mi,j ) = fi,j ,
∂x2 ∂y 2 i,j
On obtient aisément
h2 ∂ 4 u ∂4u
εij = (M x ) + (M y ) .
12 ∂x4 ∂y 4
et par conséquent
h2 ∂4u ∂4u
max |εij | ≤ max | 4 | + max | 4 | ≤ C h2 ||f ||C 2 (Ω̄)
i,j 12 x∈Ω̄ ∂x x∈Ω̄ ∂y
En reportant dans (2), on obtient finalement
||u − uh ||∞ ≤ C h2 ||f ||C 2 (Ω̄)
On a ainsi prouvé que le schéma introduit est un schéma d’ordre 2.
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Exercice 2. Sur l’équation de la chaleur 1D.
2.1 - On cherche la solution sous la forme
∞ √
X 2
u(x, t) = un (t) wn (x), wn (x) = sin(nπx)
n=1
2
Cette forme est adaptée au problème car les fonctions wn sont les solutions du problème
de valeurs propres :
2
−∂ w = λ w
∂x2
w(0) = w(1) = 0
les valeurs propres associées étant λn = n2 π 2 . On vérifie aisément que les fonctions wn
forment une base orthogonale
Z 1
wn (x) wm (x) dx = δn,m
0
De plus, on peut (théorie des séries de Fourier) décomposer toute fonction u) ∈ L2 sur
cette base ∞ Z 1
X
n n
u0 (x) = u0 w n , u0 = wn (x) u0 (x) dx
n=1 0
On voit que chaque fonction un (t) est solution d’un problème indépendant
dun + n2 π 2 u (t) = 0,
n t > 0,
dt
un (0) = un0 .
2 π2 t
La solution de ce problème est égale à un (t) = un0 e−n .
On en déduit la solution u(x, t) recherchée
∞
X 2 π2 t
(3) u(x, t) = un0 e−n wn (x) x ∈ [0, 1], t ≤ 0.
n=1
On remarque que, la base wn étant orthonormée
∞
X ∞
X
2 2 −2π 2 t 2
||u(., t)||2L2 = |un0 |2 e−2n π t ≤ e |un0 |2 = e−2π t ||u0 ||2L2 .
n=1 n=1
De même en appliquant Cauchy-Schartz (discret) à (3), il vient :
∞ ∞ 2
1 X n 2 X −2n2 π2 t
2 e−2π t 2
|u(x, t)| ≤ |u0 | e = 2 t ||u0 ||L2 ,
2 n=1 n=1
1−e −2π
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d’où on tire l’estimation L∞
√ 2
2 e−π t
||u(., t)||L∞ ≤ √ ||u0 ||L2 , ∀ t > 0.
2 1 − e−2π2 t
2.2 - Admettons que le problème ait une solution dans L2 pour tout temps. Alors la
fonction Z 1
un (t) = wn (x) u(x, t) dx
0
est nécessairement donnée par
2 π2 t
un0 en
2 2
Le problème est que en π t croı̂t exponentiellement vite avec n pour tout t. Ainsi, si nous
choisissons la donnée initiale
u0,n = wn ,
la solution un correspondante sera :
2 π2 t
un (x, t) = en wn (x).
On calcule aisément que, pour tout t > 0 :
2 2
kun (., t)k2 en π t
M
= M
→ +∞ when n → +∞,
X d m u0 2 X
k m k L2 n2m π 2m
m=1
dx m=1
ce qui démontre l’impossibilité d’avoir une estimation du type :
M
X d m u0
ku(., t)kL2 ≤ C(t) k m k L2 .
m=0
dx
Exercice 3. Problèmes stationnaires bien et mal posés.
3.1 -
3.1 -(a) Soit u1 , u2 deux solutions du problème. u = u1 − u2 est solution de
− ∂ a(x) ∂u = 0, x ∈ ]0, 1[,
(4) ∂x ∂x
u(0) = u(1) = 0.
Si on intègre une première fois l’équation, on obtient
∂u
−a(x) = C.
∂x
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On intègre cette équation entre [0, 1]
1
1
Z
u(1) − u(0) = 0 = C
0 a(x)
Comme a(x) est strictement positive, on en déduit que C = 0. Donc
∂u
= 0 =⇒ u(x) = constante = u(0) = 0.
∂x
3.1 -(b) Comme u(0) = 0, on a la relation
Z x
∂u
u(x) = dt.
0 ∂t
En utilisant l’inégalité de Cauchy-Schwarz, on a :
Z x Z x Z x ∂u Z 1
2 ∂u 2 2
∂u
|u(x)| = | dt | ≤ dt | | dt ≤ x | |2 dt.
0 ∂t 0 0 ∂t 0 ∂t
Après intégration intègre sur [0, 1] nous obtenons le résultat demandé :
Z 1
1 1 ∂u 2
Z
2
| |u(x)| dx ≤ | | dt.
0 2 0 ∂t
On multiplie maintenant l’équation par u et on effectue une intégration par parties :
Z 1 Z 1
∂u ∂u
+ a(x) dx = f (x)u(x) dx.
0 ∂x ∂x 0
Les termes de bord de l’intégration par parties sont nuls car u(0) = u(1) = 0. En appli-
quant l’inégalité de Cauchy-Schwarz sur le second membre de la relation, on obtient
Z 1 Z 1 21 Z 1 12
| ∂u 2 2 2
a(x) | | dx ≤ |f (x)| dx |u(x)| dx
0 ∂x 0 0
√ Z 1
2 21 Z 1 ∂u 12
2 2
≤ |f (x)| dx | | dx .
2 0 0 ∂x
On en déduit aisément
1 1
1
Z Z
∂u
| |2 dx ≤ 2 |f (x)|2 dx,
0 ∂x 2a− 0
et par suite
1 1
1 ∂u 2 1 1
Z Z Z
2
|u(x)| dx ≤ | | dx ≤ f (x)2 dx.
0 2 0 ∂x 4a2− 0
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3.1 -(c) On intègre une première fois l’équation entre 0 et t
Z t Z t
∂u
a(t) = c− f (y) dy = c − F (t) (où F (t) = f (y) dy).
∂t 0 0
On divise par a(t), qui ne s’annule pas, et on intègre sur [0, x] pour obtenir
Z x Z x
c F (t)
u(x) = d + dt − dt.
0 a(t) 0 a(t)
Les constantes c et d sont déterminées par les deux conditions aux limites u(0) = u(1) = 0.
La première condition aux limites fournit u(0) = d = 0. La seconde condition aux limites
fournit la relation Z 1 Z 1
dt F (t)
c = dt,
0 a(t) 0 a(t)
c’est à dire Z 1
a(t)−1 F (t) dt
0
c = Z 1 ,
−1
a(t) dt
0
ce qui donne la solution explicite du problème
Z 1
a(t)−1 F (t) dt Z x Z x
0 dt F (t)
u(x) = Z 1 − dt.
−1 0 a(t) 0 a(t)
a(t) dt
0
Z 1
3.2 - Si on suppose que a(x)−1 dx 6= 0, En reprenant le calcul de la question précédente,
0
on voit que nécessairement : Z x
u(x) = c a(t)−1 dt.
0
La condition u(x) = 1 fournit : Z x
c a(t)−1 dt = 1,
0
Z 1
ce qui ne permet de déterminer la constante c que si a(x)−1 dx 6= 0 auquel cas on montre
0
que l’unique solution du problème est donnée par :
Z x
a(t)−1 dt
u(x) = Z0 1 .
−1
a(t) dt
0
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3.3 -
3.3 -(a) Si u est solution du problème, il est trivial que u + c - où c est une constante
quelconque - est alors également solution du problème.
R On ne peut donc avoir unicité de
la solution. Nous remarquons que la condition Ω u dx = 0 élimine cette indétermination
de la constante.
3.3 -(b) Supposons que le problème admette une solution u. On intègre alors l’équation
sur Ω et on utilise la formule de Green. On a
Z Z Z Z
∂u
f (x) dx = − ∆u dx = − dσ = g dσ
Ω Ω Γ ∂n Γ
Z Z
On en déduit que f dx + g dσ = 0.
Ω Γ