Diversification Performance Financiere
Diversification Performance Financiere
Diversifier,
diversifier,
diversifier…
Une stratégie
de croissance
essentielle
pour les PME
Novembre 2015
AVANT-PROPOS
Le présent rapport En Alberta, les petites et moyennes entreprises sont confrontées à des défis que n’ont pas
est basé sur les entreprises d’autres régions canadiennes. Ainsi, la forte dépendance de cette province au
un sondage réalisé secteur de l’énergie signifie que la conjoncture économique est exceptionnellement sensible
en mars 2015 aux fluctuations des prix, par ailleurs volatils, d’un seul produit de base, à savoir le pétrole.
auprès d’entreprises La dégringolade des prix du pétrole à l’échelle mondiale met en évidence cette sensibilité
depuis 18 mois.
établies en Alberta
comptant entre Dans ce contexte, la Banque de développement du Canada a lancé une étude plus tôt
5 et 499 employés. cette année pour savoir si les entreprises établies en Alberta qui offrent une gamme de
Nous avons produits ou services à une clientèle diversifiée ont un avantage par rapport à celles qui ont
obtenu près de une clientèle plus ciblée. La question à laquelle nous voulions répondre était la suivante : les
1 000 réponses. entreprises plus diversifiées réussissent-elles mieux que les entreprises moins diversifiées,
particulièrement dans les périodes de ralentissement ?
Faits saillants
Dans l’ensemble
> Quelle que soit leur taille, les entreprises même modestement diversifiées font
mieux que les entreprises moins diversifiées. Les petites et moyennes entreprises qui
sont diversifiées sur au moins deux aspects (par client, produit ou service, secteur,
emplacement des marchés ou emplacement des lieux de travail) ont beaucoup plus
de chance de réaliser de bons résultats financiers.
> Les entreprises les plus diversifiées enregistrent, et de loin, la croissance la plus rapide en
termes de revenus et de bénéfices. Si près de sept entreprises pleinement diversifiées sur
dix ont affiché une croissance élevée de leurs revenus et de leurs bénéfices au cours des
trois dernières années, moins de deux entreprises non diversifiées sur dix ont fait de même.
> La diversification n’est pas liée à l’âge de l’entreprise. Les niveaux de diversification sont
les mêmes chez les jeunes entreprises que chez les entreprises plus anciennes.
Par secteur
> Dans le secteur des ressources, la réussite financière est fortement liée au fait d’avoir des
clients dans plus d’une ville. De même, une faible dépendance à un client en particulier
est le premier facteur prédictif de la confiance des entreprises du secteur envers leurs
perspectives pour les 12 prochains mois, malgré le repli des marchés pétroliers.
> Dans la construction, offrir plusieurs gammes de produits ou services est le premier
facteur associé à une bonne performance financière. Comme dans le secteur des
ressources, les entreprises du secteur de la construction qui ne dépendent pas fortement
d’un client en particulier ont plus de chance d’être optimistes pour l’année à venir.
> Dans la fabrication, les entreprises qui exportent sont de loin celles qui sont le plus
susceptibles d’avoir enregistré une croissance rapide de leurs revenus et de leurs bénéfices.
Ce rapport contient les profils de cinq entreprises albertaines qui ont su élargir leurs
horizons au-delà d’un seul produit, d’un seul marché ou d’un seul client, et en ont récolté
les fruits. Des conseillers de BDC en Alberta ont aussi donné des conseils pratiques
afin d’aider les petites et moyennes entreprises qui essaient de garder le cap dans une
économie dépendante des ressources.
Ressources ---------------------------------------------------------------------------------13
Construction ------------------------------------------------------------------------------17
Fabrication ---------------------------------------------------------------------------------19
Conclusion ----------------------------------------------------------------------------------22
Références ----------------------------------------------------------------------------------23
La présente recherche a été produite par l’équipe d’Analyse économique du service du Marketing
et des Affaires publiques. Le lecteur est l’unique responsable de l’usage qu’il fait des informations qu’elle contient.
© Banque de développement du Canada, 2015
1 888 INFO BDC | [Link]
INTRODUCTION
Pour une petite entreprise, que signifie être diversifiée ? Le présent rapport examine
cinq types de diversification liés à des risques très courants auxquels sont exposées les
petites entreprises :
> Forte dépendance à un seul client, à tel point que la perte de ce client
aurait un effet majeur sur toute l’entreprise3. Dans cette étude, les entreprises
« diversifiées en termes de clients » sont définies comme celles qui ne sont pas exposées
à ce risque. La répartition de leurs ventes est suffisamment diversifiée, de sorte que la
perte de leur client même le plus gros n’aurait pas sur elles un effet trop dommageable.
> Concentration de toutes les ressources de l’entreprise sur une seule
gamme de produits ou de services. On appelle aussi parfois ce risque le « risque
d’obsolescence », c’est-à-dire le risque que les produits ou services de l’entreprise ne
soient plus commercialisables en raison des modes ou de l’apparition de nouvelles
technologies. Dans cette étude, les entreprises « diversifiées en termes de produits ou
services » sont définies comme les entreprises qui se sont protégées contre ce risque en
offrant au moins deux grandes gammes de produits ou services4.
> Activités dans un seul secteur. Le sort de ces entreprises est lié au secteur
dans lequel elles évoluent, ce qui les expose au risque que l’activité de ce secteur se
contracte soudainement ou, pire, décline à long terme. Dans cette étude, les entreprises
« diversifiées en termes de secteurs » sont celles qui exercent leurs activités dans au
moins deux secteurs, atténuant ainsi ce risque.
> Clients tous situés dans la même ville. Comme elles sont présentes sur un
marché limité géographiquement, ces entreprises ont tendance à enregistrer, à long
terme, des résultats qui reflètent ceux du marché où elles exercent leurs activités, sans
plus. Dans cette étude, les entreprises « diversifiées en termes de régions » sont celles
qui ont des clients réguliers dans au moins deux villes et qui sont donc moins exposées
au risque géographique5.
> Activités à un seul emplacement. Si leurs clients ne sont pas nécessairement tous
situés dans la même région, ces entreprises subissent généralement la contrainte d’une
forte dépendance à un seul emplacement que ce soit pour leurs bureaux ou leur usine,
la circulation des piétons (pour les détaillants par exemple) et la main-d’œuvre qualifiée.
Dans cette étude, les entreprises « diversifiées en termes de lieux d’affaires » sont celles
qui exercent leurs activités dans au moins deux villes et sont donc moins exposées à
ces risques.
3 BDC, Les cinq facteurs clés et les cinq pièges à éviter pour réussir en affaires, 2014.
4 Pour une discussion sur le rôle de la diversification des produits et de la diversification géographique parmi les grandes entreprises,
voir M. HITT, R. HOSKISSON et H. KIM, International Diversification: Effects on Innovation and Firm Performance in Product-
Diversified Firms, Academy of Management Journal, 1997.
5 Des analyses supplémentaires sont effectuées au niveau du pays pour les deux types de diversification géographique.
Le sondage a été réalisé par téléphone en mars 2015 par Nielsen Consumer
Insights (voir l’Annexe A pour une description complète des méthodes employées).
Il ciblait des entreprises établies en Alberta depuis au moins trois ans et comptant
entre 5 et 499 employés. Les entreprises de tous les secteurs, à l’exception de ceux
de l’administration publique et des services publics, pouvaient participer. Au total,
998 réponses complètes ont été reçues.
Les répondants sont groupés en sept grands secteurs (le questionnaire complet se trouve
à l’Annexe B) :
Les résultats du sondage suggèrent que certains types de diversification sont beaucoup
plus courants que d’autres parmi les petites et moyennes entreprises de l’Alberta
(diagramme 1).
Diagramme 1 : D
egré de diversification des petites et moyennes
entreprises en Alberta. Proportion des entreprises qui...
%
Ont plus d’une gamme de produits 68
ou services
Ont des clients dans plus d’une ville 66
Diagramme 2 : L
es petites entreprises diversifiées (de 5 à 99 employés)
sont beaucoup plus susceptibles d’enregistrer une
croissance rapide de leur part de marché
%
Proportion de l’échantillon ayant 47
réalisé une croissance annuelle
moyenne des revenus de 10 % ou plus
au cours des trois dernières années 32
Diagramme 3 : L
es petites entreprises diversifiées sont également
beaucoup plus susceptibles d’enregistrer une croissance
rapide de leurs bénéfices
%
Proportion de l’échantillon ayant 35
réalisé une croissance annuelle
moyenne des bénéfices de 10 % ou plus
au cours des trois dernières années 22
Diagramme 4 : T
outes les moyennes entreprises (de 100 à 499 employés) à
croissance rapide sont au moins modestement diversifiées
%
Proportion de l’échantillon ayant 56
réalisé une croissance annuelle
moyenne des revenus de 10 % ou plus
au cours des trois dernières années** 0
B
lake Patras, président de Miquelon Meter Services, un fabricant d’équipement de
mesure des gaz et des liquides établi à Edmonton, sait ce qu’est la diversification
à l’international. « Selon nos derniers chiffres, près de 50 % de nos ventes sont
réalisées en dehors du Canada, explique-t-il. Et pas seulement aux États-Unis. » En fait,
le marché le plus en croissance de Miquelon est l’Asie du Sud-Est, où M. Patras passe
beaucoup de temps pour développer ses affaires.
« Il faut être très persévérant et se rendre souvent là-bas pour trouver de nouveaux clients,
dit-il, mais nous avons réussi à créer des liens d’affaires dans tous les pays où j’ai été, et nous
avons ainsi pénétré autant de nouveaux marchés. » Selon M. Patras, personne ne devrait
imaginer que faire des affaires à l’étranger est facile, mais il considère que la diversification
internationale est un incontournable pour la croissance de Miquelon. « On ne peut pas
croître indéfiniment sur un marché donné, constate-t-il, et conquérir de nouveaux marchés
est une très bonne façon de soutenir la croissance à long terme. »
Quels sont les secrets de sa réussite internationale ? M. Patras souligne qu’il a été très
important de s’associer aux missions commerciales des gouvernements provincial ou
fédéral et à Exportation et développement Canada. « Les entreprises doivent se
préparer et aller chercher toute l’aide disponible pour se diversifier géographiquement.
Toutes les initiatives fédérales et provinciales vous faciliteront grandement le travail. »
Pour plus d’information sur Miquelon Meter Services, visitez [Link].
Diagramme 5 : L
es entreprises les plus diversifiées sont les plus
performantes en ce qui concerne la croissance
de la part de marché
%
Diversifiées sur cinq aspects 69
Non diversifiées 17
Diagramme 6 : D
e même, les entreprises les plus diversifiées ont
enregistré la croissance des bénéfices la plus élevée
%
Diversifiées sur cinq aspects 55
Non diversifiées 23
Diagramme 7 : L
’âge de l’entreprise et le degré de diversification
ne sont pas liés
%
0
Totalement non diversifiées 5
4
6
31
Diversifiées sur trois aspects 34
26
26
0
Diversifiées sur cinq aspects 7
5
5
O
n le sait : Internet a bouleversé le commerce de détail. Les consommateurs
peuvent tout acheter ou presque en ligne. Conséquence : vendre des biens de
consommation conventionnels à profit, comme l’ont fait les détaillants depuis
des générations, est devenu de plus en plus difficile.
Comment Supreme Men’s Wear, détaillant de vêtements pour hommes haut de gamme
établi à Calgary depuis près de 70 ans, a-t-il surmonté ces obstacles et continué à
prospérer ? Le propriétaire de l’entreprise, Darren Biedermann, attribue en grande
partie son succès à deux choses. D’abord, Supreme offre une gamme de produits de luxe
qu’on ne trouve nulle part ailleurs et n’est pas en concurrence avec le même marché de
masse que les autres détaillants. Ensuite, Supreme produit deux marques exclusives :
Supreme et Biedermann. Les deux sont exclusivement faites au Canada, et la croissance
de leurs ventes est telle qu’elles représentent aujourd’hui près du tiers des revenus
de Supreme.
« La diversification des produits et services constitue notre véritable avantage
concurrentiel, explique M. Biedermann, qui avait anticipé l’intensification de la
concurrence entre les détaillants vendant des produits de masse il y a des années.
Les grands magasins commencent lentement à tous se ressembler. Nous voulons
que nos clients se démarquent. »
Pour s’assurer que son entreprise continue d’offrir une forte proposition de valeur,
M. Biedermann fait de grands efforts pour cultiver un style original. « Je m’entoure de
gens très passionnés, dit-il, et notre objectif est d’offrir à nos clients de l’originalité par
rapport aux tendances prévisibles de notre industrie. Nous existons depuis 1948, mais il
est fondamental que Supreme reste à l’avant-garde de la mode. »
Quelle est la prochaine étape pour Supreme ? « Nous voulons renforcer nos activités
de fabrication et bien sûr de commerce électronique, répond M. Biedermann. En ce
moment, nous vendons une ligne de vêtements de luxe qui a beaucoup de succès et que
d’autres détaillants seraient prêts à vendre également. J’ai toujours voulu mettre mon
nom sur les plus belles chemises de la planète et, aujourd’hui, elles sont fabriquées avec
fierté ici, au Canada. Nous développons aussi le magasin en ligne de Supreme, et nous
nous rapprochons du lancement tous les jours. Je crois que le commerce électronique
est essentiel pour l’avenir de tous les détaillants. »
Pour plus d’information sur Supreme Men’s Wear, visitez [Link].
W.A.
Grain & Pulse Solutions a commencé il y a à peine huit ans comme
une installation de traitement pour un seul produit (les pois) destiné
à l’exportation. Elle a depuis pris une expansion fulgurante.
L’entreprise exploite aujourd’hui quatre installations de traitement et expédie une gamme
très diversifiée de produits agricoles. Elle exporte dans pas moins de 22 pays, est présente
dans trois provinces et continue de croître.
Comment W.A. Grain a-t-elle pu réaliser une telle croissance ? En partie parce qu’elle
s’est diversifiée de toutes les façons possibles et imaginables.
« Morceler nos risques et être présent dans une grande zone géographique limite notre
exposition au risque, explique Chris Chivilo, président de W.A. Grain. Et comme nous
sommes bien diversifiés, si un produit ou une région traverse une mauvaise passe, nous
nous concentrons sur d’autres cultures ou régions pour maintenir nos volumes. »
En d’autres termes, si la diversification peut limiter le risque global de l’entreprise, elle
peut aussi être utilisée pour prendre de l’expansion. Aujourd’hui, W.A. Grain cherche à
compléter sa gamme de produits agricoles conventionnels avec des produits santé. « Le
marché des produits organiques et sans gluten, entre autres, est en pleine croissance,
remarque M. Chivilo, et cela va nous permettre de ne plus être axés seulement sur les
produits agricoles traditionnels. »
M. Chivilo a d’ailleurs un conseil à donner aux autres entreprises : « Surtout, étudiez bien
votre nouveau marché potentiel pour vous assurer que c’est le bon choix pour votre
entreprise. Avant de décider de nous diversifier dans les produits santé, nous avons
commandé une étude de faisabilité qui a dressé la liste des principaux marchés, clients,
pays et produits achetés actuellement par les gens. Elle nous a donné la confiance et
l’information dont nous avions besoin avant d’aller plus loin. »
Pour plus d’information sur W.A. Grain & Pulse Solutions, visitez [Link].
Diagramme 8 : L
es entreprises du secteur des ressources figurent
parmi les plus diversifiées sur le plan géographique,
mais plus de la moitié dépendent d’un seul client important
pour survivre
%
Ont des clients dans plus d’une ville 66
81
Ont plus d’une gamme de produits 68
ou services 63
Ne dépendent pas fortement 62
d’un seul client 47
Ont une présence physique dans 23
plus d’une ville 43
Vendent à l’international 20
38
Diagramme 9 : A
voir des clients dans plusieurs villes est le principal
facteur prédictif de la croissance rapide des revenus et
des bénéfices des entreprises du secteur des ressources
%
Proportion des entreprises ayant 70
réalisé une croissance annuelle
moyenne des revenus de 10 % ou plus
au cours des trois dernières années 30
Les entreprises du secteur des ressources qui dépendent peu d’un seul client sont les
plus optimistes quant à leurs perspectives pour les 12 prochains mois. Celles qui ont une
clientèle bien diversifiée sont environ deux fois plus susceptibles de donner une note de
sept ou plus sur dix à leurs perspectives (diagramme 10). Comme le sondage a été réalisé
en pleine dégringolade des marchés du pétrole, la diversification de la clientèle peut être
un meilleur facteur prédictif de la stabilité en temps de crise qu’un facteur prédictif de la
croissance en période d’essor économique.
Diagramme 10 : L
’absence de dépendance à un seul client important est le
principal facteur prédictif de l’optimisme dans le secteur
des ressources
%
Proportion des répondants indiquant 53
que leur niveau d’optimisme
pour l’année à venir est
de sept sur dix ou plus élevé 29
«N ous avons accru le nombre de nos gros clients, car nous avons vu que la
région était en pleine croissance », raconte Chris Wilson, chef de la
direction de Birch Mountain Enterprises, une entreprise autochtone de
services pétroliers de Fort McKay, en Alberta. En dix ans, le parc de véhicules de Birch
Mountain est passé d’un seul camion à 100 camions de gros tonnage qui œuvrent au
service de plusieurs grandes entreprises des sables bitumineux.
« Notre parc s’est agrandi grâce à la réputation que nous avons acquise auprès des petits
acteurs de la région, et c’est ce qui nous a permis de devenir assez gros pour que les
grandes entreprises daignent nous considérer, poursuit M. Wilson. Et quand nous avons
décroché notre premier vrai gros client, nous avons tout fait pour bâtir une solide
réputation auprès de lui. La réputation et l’expérience sont ce qui vous permet d’élargir
votre clientèle avec succès. »
Selon M. Wilson, le plus grand avantage de la diversification, c’est la réduction des
risques. « Il faut du temps pour avoir plusieurs gros clients et plusieurs contrats à long
terme, dit-il, et la concurrence est féroce. Mais une fois que vous les avez, vous envisagez
l’avenir avec un peu plus de sécurité. »
Birch Mountain prévoit continuer à se diversifier, géographiquement et dans de nouveaux
services et secteurs. Mais si M. Wilson croit que la diversification est cruciale, il prévient
que ce n’est pas facile et qu’il faut un engagement direct très important de la direction.
« En tant que propriétaire ou exploitant, vous devez être impliqué dans tout ce que vous
démarrez, explique-t-il, et il faut que vous y trouviez votre compte d’excitation. Vous ne
pouvez pas simplement embaucher des gens pour développer les idées géniales. »
Pour plus d’information sur Birch Mountain Enterprises, visitez [Link].
6 Selon BDC (2014), près d’une petite entreprise sur six a éprouvé des difficultés financières après avoir perdu un seul client important.
Diagramme 11 : C
omparativement à d’autres entreprises de l’Alberta,
les entreprises de la construction sont plus diversifiées
sur tous les aspects, sauf pour la présence internationale
%
Ont des clients dans plus d’une ville 66
71
Ont plus d’une gamme de produits 68
ou services 73
Ne dépendent pas fortement 62
d’un seul client 66
Ont une présence physique dans 23
plus d’une ville 29
Vendent à l’international 20
11
Diagramme 12 : P
erformance financière des entreprises du secteur
de la construction selon la diversification de leurs
produits ou services
%
Proportion des entreprises ayant 59
réalisé une croissance annuelle
moyenne des revenus de 10 % ou plus
au cours des trois dernières années 28
7 A. ARCAND, M. BURT et T. CRAWFORD, Fuel for Thought: The Economic Benefits of Oil Sands Investment for Canada’s Regions,
Ottawa, Le Conference Board du Canada, 2012. Cette étude conclut que la construction a été le secteur le plus lourdement
touché par les investissements dans le secteur du pétrole et du gaz en Alberta. De nombreuses entreprises des ressources et de la
construction vivaient probablement une situation semblable au moment du sondage.
Diagramme 14 : L
es entreprises du secteur de la fabrication sont de loin les
plus diversifiées à l’international
%
Ont des clients dans plus d’une ville 66
89
Ont plus d’une gamme de produits 68
ou services 69
Ne dépendent pas fortement 62
d’un seul client 68
Vendent à l’international 20
37
«À nos débuts, nous mettions l’accent sur notre région en Alberta, raconte
Berwin Lewis, président de LED in Action, qui fabrique des produits DEL à
usage industriel à Pincher Creek. Mais l’année dernière, 47 % de nos ventes
provenaient de l’extérieur du Canada. » Qui plus est, un bon nombre des clients de LED in
Action, y compris des mines de charbon et des aciéries, exercent leurs activités dans des
endroits très éloignés, partout dans le monde.
Comment cette entreprise établie dans une petite ville de l’Alberta est-elle passée d’une
entreprise axée sur une clientèle principalement locale à une entreprise réalisant près de
la moitié de ses ventes à l’international, dans des régions aussi lointaines que l’Afrique ?
« En fait, tout a commencé avec AdWords, explique M. Lewis, et c’est le bouche à oreille
qui a fait le reste. Mais Google AdWords est vraiment un outil très efficace. » Établir des
liens avec les clients internationaux est la première difficulté, mais M. Lewis estime que
la souplesse en termes d’offres de produits est aussi fondamentale pour la réussite de
l’entreprise. « Initialement, nous étions présents uniquement au Canada, qui a très peu
d’entrées de 480 volts. Quand on a commencé à être approchés par des clients aux
États-Unis, où les entrées de 480 volts sont partout, nous avons dû nous adapter à leur
marché. Adapter nos produits à différentes normes de tension est un vrai défi. »
Quand on lui demande quel conseil il donnerait à d’autres entreprises qui veulent
exporter, M. Lewis dit qu’il recommanderait de recruter un spécialiste de la publicité en
ligne. « Si on avait eu quelqu’un dont le seul travail avait été de s’occuper de la publicité
en ligne et d’optimiser chaque dollar investi dans des supports comme AdWords, on se
serait facilité la vie dès le départ. Aujourd’hui, nous avons une personne qui fait ça chaque
semaine. Obtenir la bonne information sur le bon marché est extrêmement important,
surtout pour une petite entreprise dont personne n’a jamais vraiment entendu parler. »
Pour plus d’information sur LED in Action, visitez [Link].
En résumé, la diversification peut constituer un outil précieux pour réduire les risques et
améliorer la performance de l’entreprise.
Notre sondage indique que les petites et moyennes entreprises albertaines qui se
diversifient enregistrent généralement une meilleure performance financière. Dans
certains secteurs, la diversification semble également rendre les entrepreneurs plus
confiants dans l’avenir de leur entreprise.
Autre conclusion importante de cette étude : il n’y a pratiquement pas de lien entre la
diversification et l’âge d’une entreprise. La diversification dépend en fait de l’état d’esprit
de l’entrepreneur.
Les grandes entreprises sont généralement plus diversifiées, mais même les moyennes
entreprises ont tendance à obtenir de meilleurs résultats financiers lorsqu’elles offrent
une gamme étendue de produits et services, qu’elles ont plusieurs gros clients ou qu’elles
élargissent leurs horizons géographiques. Les entreprises de toutes les tailles ont donc tout
intérêt à se demander si elles sont suffisamment diversifiées.
Si élargir ses horizons nécessite du temps et des ressources financières, le présent rapport
montre que c’est gérable. De l’aide est disponible pour les entrepreneurs qui veulent aller
dans ce sens, et un grand nombre d’entreprises albertaines qui réussissent, comme celles
qui sont présentées dans ce rapport, ont pu croître plus rapidement et accroître leur
résilience grâce à des changements relativement modestes à leurs activités.
BDC. Les cinq facteurs clés et les cinq pièges à éviter pour réussir en affaires, 2014.
Auteur
Remerciements
Merci à Michael McAdoo, Michel Bergeron et Marco Santos Pires pour leurs commentaires
préliminaires sur cette étude, ainsi qu’à Neil Orr, Jacques Légaré et Nathalie Gélinas pour
leur temps et leurs précieux conseils qui ont guidé les stratégies incluses dans ce rapport.
Une fois le questionnaire prêt, BDC a entamé la deuxième phase en faisant appel
à Nielsen Consumer Insights pour effectuer le sondage auprès de quelque 1 000
entreprises albertaines comptant entre 5 et 499 employés. Des entreprises de tous
les secteurs, à l’exception de ceux de l’administration publique et des services publics,
pouvaient participer, à condition d’avoir leur siège social en Alberta. Des quotas ont été
fixés pour que l’échantillon soit réparti également entre les entreprises de 5 à 9, de 10 à
19 et de 20 à 499 employés; puis les résultats ont été pondérés en fonction des données
du recensement de Statistique Canada. Le sondage a été réalisé par téléphone entre le
2 mars et le 26 mars 2015, et 998 réponses complètes ont été reçues sur un ensemble
statistique de 24 527.
L’analyse statistique comprenait principalement des tests du khi carré de Pearson et des
tests exacts de Fisher; des entreprises plus ou moins diversifiées ont été comparées selon
leurs résultats financiers et leur optimisme pour l’année à venir. Sauf indication contraire,
tous les résultats présentés dans ce rapport sont significatifs au niveau de 5 % et, dans
bien des cas, de 1 %.
La troisième et dernière phase de cette recherche a eu trait aux stratégies pour les petites
et moyennes entreprises. À partir des statistiques tirées du sondage, des questions sur
la diversification des affaires ont été envoyées aux conseillers de BDC à Calgary. Les
stratégies énoncées dans ce rapport s’inspirent des stratégies plus générales formulées en
réponse à ces questions.
SONDAGE TÉLÉPHONIQUE
Étude sur la diversification des entreprises en Alberta
Du 2 mars au 26 mars 2015
Q.5 a) Dans quelle mesure êtes-vous d’accord avec l’énoncé suivant : « Notre
entreprise a plusieurs gammes de produits et services; notre survie ne
dépend pas d’un seul produit ou service »?
❍ Fortement d’accord ❍ En désaccord
❍ D’accord ❍ Je ne sais pas
❍ Plutôt d’accord ❍ Je préfère ne pas répondre
❍ Plutôt en désaccord
Q.12 D
ans quelle mesure la diversification des produits et services a-t-elle
joué un rôle important dans la réussite de votre entreprise jusqu’à
présent ?
Pas Très Je ne Je préfère
important important sais pas ne pas
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 répondre
❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍
Q.15 D
ans quelle mesure la diversification des lieux d’affaires a-t-elle joué un
rôle important dans la réussite de votre entreprise jusqu’à présent ?
Pas Très Je ne Je préfère
important important sais pas ne pas
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 répondre
❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍
Q.16 D
ans quelle mesure la diversification géographique de la clientèle
a‑t‑elle joué un rôle important dans la réussite de votre entreprise
jusqu’à présent ?
Pas Très Je ne Je préfère
important important sais pas ne pas
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 répondre
❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍
Q.17 P
révoyez-vous diversifier vos activités davantage au cours des trois
prochaines années ?
❍ Oui, certainement ❍ Non, certainement pas
❍ Oui, probablement ❍ Je ne sais pas
❍ Non, probablement pas
Q.21 S i vous deviez répartir 100 points entre les différentes catégories
de ventes que réalise votre entreprise, quel pourcentage selon
vous est destiné à 1) d’autres entreprises, 2) des consommateurs,
3) des gouvernements et d’autres types de clients ?
❏ D’autres entreprises : __ % ❍ Je ne sais pas
❏ Des consommateurs : __ % ❍ Je préfère ne pas répondre
❏ Des gouvernements et d’autres clients : __ %
Q.25 D
ans quelle mesure êtes-vous optimiste quant à la performance de votre
entreprise pour les 12 prochains mois ?
Très Très Je ne Je préfère
pessimiste optimiste sais pas ne pas
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 répondre
❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍
Q.26 Acceptez-vous que BDC communique avec vous, au besoin, pour une
entrevue plus approfondie dans le cadre du présent projet ?
❍ Oui ❍ Non, je ne suis pas intéressé(e)