Champignon Wiki
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Étymologie
Il existe une grande dispersion étymologique pour désigner les
champignons, ce qui peut laisser penser que les hommes pré- et
3
protohistoriques consommaient rarement ces organismes . Cependant, la
découverte en 1991 d'Ötzi révèle que cet homme, vivant vers 2500 av. J.-C.,
transportait dans son sac deux champignons, des polypores du bouleau,
probablement à usage médicinal, et de l'amadou, probable allume-feu, ce qui
suggère que les hommes de cette époque qui vivaient de chasse et de
suggère que les hommes de cette époque qui vivaient de chasse et de
Agaricus arvensis.
cueillette, ont récolté des champignons pour leur consommation, comme le
4
font encore de nos jours maintes peuplades exploitant la nature .
5
Le terme champignon vient de l'ancien français du XIIIe siècle champignuel (par substitution du suffixe -on*)
6
du bas latin campinolius « petits produits des campagnes » ou « qui pousse dans les champs » (dérivé en -ŏlu
7
de campania), lui-même issu de la racine latine campus, « campagne », qui donne le champ , la plaine.
Le mousseron, perçu comme poussant dans la mousse, a donné en anglais le nom générique du champignon,
mushroom. La racine de ce mot semble être la mousse, mais est plus probablement l'indo-européen *meu qui
l’apparente au latin muscus (« mousse »), mucus (« morve »), mucor (« moisissure ») et au grec mykès (d'où
8
les Mycètes) désignant d'abord les champignons en général . Les termes grec et latin sont ainsi une allusion
possible aux champignons qui se protègent contre la dessication par une couche de mucus qui recouvre leur
chapeau et parfois aussi leur pied, ou à la mycophobie ancestrale, les champignons étant associés aux
8
mucosités nasales repoussantes .
Selon une étymologie populaire, fungus et fongus sont la contraction du latin funus, « funérailles » et d'ago,
9
« produire », rappelant les nombreux décès provoqués par les champignons toxiques . Une origine plus
probable de ce terme serait une allusion à l'aspect poreux ou spongieux des champignons : les mots espagnol
10
(hongo) et italien (fungo) remontent en effet à une racine méditerranéenne , *sfong-/*fung-, qui a donné en
grec spongos et en anglais sponge, signifiant « éponge », et en latin fungus qui signifie en même temps
11
« champignon » et « éponge » .
Aussi loin que remontent les sources documentaires, les champignons ont attiré les hommes pour leurs
propriétés comestibles ou hallucinogènes. Ils les ont aussi effrayés par leur toxicité. Les premières descriptions
en langues européennes datent du Grec Théophraste (-371, -288) qui observe que les champignons (mykès)
12
sortent des racines des chênes et que les Grecs savent les faire croître sur les fumiers . On trouve de
nombreuses mentions chez les auteurs gréco-latins de divers fungus (mykès) : Nicandre rapporte les noms de
13
champignons mortels de l'olivier, du grenadier et de l’yeuse, Pline l'Ancien et Dioscoride, décrivent
N 1 14 15
l'agaricum (ou en grec agaricon , ἀγαρικόν) et Athénée comme ses prédécesseurs, distingue les
champignons, la truffe et le pezis. La classification des champignons parmi les plantes vient des Grecs et
perdurera jusqu'au XXe siècle.
Il faut attendre l'invention du microscope et son perfectionnement au XVIIe siècle pour découvrir les parties
invisibles des champignons (nommées actuellement les "spores" et les "hyphes"), sans que l'on connaisse
16
encore leurs rôles . Au siècle des Lumières, les premières cultures de laboratoire permettent au botaniste
italien Pier Antonio Micheli de décrire et dessiner les spores (qu'il appelle graines) de tous les grands groupes
de champignons. Il est le premier à établir le cycle de développement partant de la spore, passant par le
mycélium et donnant l'appareil reproducteur charnu (le sporophore). Mais comme ses contemporains, Michelli
classe les champignons parmi les plantes et utilise les termes de graines, de fruits et même de fleurs pour
17
désigner les parties qu'il dessine pourtant correctement (Nova plantarum genera (1729) Michelli ). Linné ne
18
sait que faire de ces êtres vivants qu'il classe comme Fungi dans les Cryptogamia regroupant « les plantes
dont les noces ne sont pas publiques » (Species plantarum, 1753).
La croyance en une génération spontanée a longtemps persisté même parmi les savants. Au cours des XVIIe et
e
XVIII siècles, les travaux sur la multiplication des champignons comme ceux de Micheli ou de Della Porta,
Malpighi et Spallanzani ont eu beau réfuter cette croyance tenace, certains (comme le botaniste Medicus,
directeur de l'université de Heidelberg) continuaient à penser que les champignons provenaient de la gelée
17
issue de la décomposition des feuilles mortes .
Plusieurs mycologues sont considérés comme les pères de la classification
mycologique moderne : Christiaan Hendrik Persoon qui publie deux
volumes du Synopsis methodica fungorum en 1801, Elias Magnus Fries qui
publie entre 1821 et 1832 les trois volumes de son Systema Mycologicum…,
Lewis David von Schweinitz « père de la mycologie américaine » qui publie
Synopsis Fungorum Carolinæ Superioris en 1822 et Miles Joseph Berkeley
« père de la mycologie britannique » pour son apport dans la British Flora
19
en 1836 .
Les champignons sont considérés jusqu'au milieu du XXe siècle comme des plantes imparfaites en raison de
leur immobilité mais leur inclusion dans le règne végétal tel qu'il a été défini par Linné a souvent été plus ou
moins controversée. Comme celles des végétaux, leurs cellules possèdent une paroi et une vacuole mais, à la
différence des plantes, leur paroi n'est pas constituée de cellulose mais de chitine, molécule que l'on trouve
aussi chez les insectes et les crustacés. Jusqu'au milieu du XXe siècle, les naturalistes les considèrent comme des
20
plantes primitives ou dégénérées (des thallophytes cryptogames) . En 1969, Robert H. Whittaker les
16
individualise enfin dans un règne particulier, les Fungi , le botaniste proposant une division en cinq
21
règnes : les procaryotes (ou bactéries, à cellules sans noyau), les protistes (eucaryotes unicellulaires), les
végétaux Plantae (eucaryotes pluricellulaires photosynthétiques), les animaux Animalia (eucaryotes
pluricellulaires hétérotrophes) et les champignons Fungi (eucaryotes pluricellulaires non-photosynthétiques).
Les champignons avaient enfin leur règne et on aurait pu attendre un répit dans les remaniements incessants
des siècles passés. La coupure avec les plantes et les animaux semblait bien établie mais c'était sans compter
sur les avancées techniques dans le séquençage des gènes.
La comparaison des séquences de gènes permet de reconstruire l'histoire évolutive des êtres vivants en suivant
les modifications de leur génome. Ces nouvelles méthodes de phylogénie moléculaire vont alors faire voler en
16
éclats la division en cinq règnes : finie la division en procaryotes et eucaryotes, finie la division entre règne
animal et règne végétal, finie l'unité des Fungi, etc. L'évolution des eucaryotes a donné naissance à deux
grandes lignées de champignons : les eumycètes ou « vrais champignons » et les pseudomycètes ou
« pseudochampignons » (comme les mildious). Les vrais champignons sont de proches parents des animaux
alors que les pseudochampignons sont plus proches des plantes. Les pseudochampignons Oomycètes
(hétérotrophes filamenteux comme les mildious) qui par certains caractères semblent proches des vrais
champignons (Eumycètes) ne sont pourtant pas monophylétiques avec ces derniers : leur ressemblance est le
fruit d'une convergence évolutive car de leur ancêtre commun (le plus proche), descendent aussi d'autres
lignées
lignées.
Après avoir considéré les champignons comme des plantes primitives ou dégénérées (des thallophytes
cryptogames, Endlicher 1840), puis comme des organismes formant un règne à part (le règne fongique parmi
les cinq règnes, Whittaker 1969) et actuellement en 2013, comme un ensemble artificiel, polyphylétique,
d'organismes présentant des caractères communs par convergence évolutive, le progrès des connaissances va
certainement continuer à nous obliger à toujours revoir et perfectionner les classifications. Les études
phylogéniques se poursuivent toujours car la place de plusieurs groupes de champignons est encore
16
incertaine .
Classifications
La classification des champignons relève de la mycologie. Elle évolue, notamment en raison des progrès de la
génétique, y compris pour des organismes symbiotes (ex. : les lichens ont un temps été classés hors du monde
fongique, et y ont récemment été réintroduits). Les listes et classifications sont donc régulièrement mises à
22
jour . Deux classifications sont actuellement proposées: la classification classique et la classification
phylogénétique.
Les champignons ont été considérés jusqu'au milieu du XXe siècle comme des végétaux, en raison de leur
immobilité et de la présence d'une paroi cellulaire épaissie, végétaux dits « cryptogames » car ne produisant
pas de fleurs.
Le botaniste Robert H. Whittaker a donc logiquement créé pour les champignons, en 1969, le règne spécifique
des Fungi (du latin littéraire fungus, le champignon) pour y placer ces êtres particuliers, non seulement ceux
produisant des sporophores, mais également dans les définitions les plus larges qui ont pu exister toutes sortes
d'organismes eucaryotes multicellulaires ni végétaux, ni animaux, comme les moisissures, les rouilles, le
mildiou, les saprolègnes, etc. et même parfois unicellulaires comme les levures.
L'usage du mot champignon s'est alors étendu dans le langage commun à des formes biologiques très diverses.
Ainsi le terme de champignon est utilisé parfois extensivement pour désigner aussi bien des agents
responsables de dermatophytoses (types d'affections rencontrées fréquemment sous les ongles des pieds), les
feutrages des oïdiums qui parasitent le feuillage des végétaux, l'ergot de seigle, des plasmodes coloniaux
comme les fleurs de tan, les Penicillium du fromage de Roquefort, etc. À l'analyse, il s'avère que certains de
ces « champignons inférieurs » sont effectivement apparentés de manière très proche aux champignons à
sporophores, alors que d'autres appartiennent à des groupes très distants. Les définitions des différents taxons
scientifiques ont alors été précisées, mais l'emploi élargi du mot champignon est resté.
Organisme
La fructification chez les Eumycètes, appelée précisément sporophore (organe portant les spores permettant
d'accomplir le cycle de vie, terme aujourd'hui préféré à « carpophore ») est particulièrement développée pour
certaines espèces, le reste de l'organisme appelé le mycélium étant souterrain et donc invisible. Certains
Eumycètes disposent de sporophores en surface tandis que d'autres, par exemple ceux des truffes, sont
souterrains.
Il existe cependant bien d'autres espèces appelées champignons, qu'elles soient uni- ou pluri-cellulaire, tels que
les rouilles, les levures, les moisissures ou encore certains parasites de l'homme . Bien qu'ayant été par le passé
regroupées au sein d'un même groupe, elles peuvent n'avoir que peu de rapport entre elles. Les actuels taxons
des Fungi / Mycota, des Oomycota, des Hyphochytriomycota, des Labyrinthulomycota, et des Mycetozoa ont
été classés ensemble dans le passé comme faisant partie du règne végétal du fait de la présence d'une paroi
cellulaire, et de plusieurs similitudes entre leurs cycles de vie et ceux des algues avec lesquelles ils formaient
les thallophytes. Les Mycetozoa, souvent décrits comme des champignons-animaux ou amiboïdes, n'ont en fait
en commun qu'une ressemblance externe de leur appareil sporifère et sont assez proches des amibes. Des
découvertes ont montré que les Oomycota n'étaient en revanche pas des champignons, mais plutôt des cousins
des algues et des diatomées. C'est par exemple pour cela que les traitements antifongiques contre le mildiou
n'ont jamais été efficaces.
Transporté dans les sciences naturelles, le mystère demeura en partie, comme le montrent les premières
classifications botaniques qui les laissèrent longtemps placées dans les cryptogames ou végétaux à
reproduction cachée, principalement en raison de la discrétion et de la complexité de leur mode de
reproduction.
En médecine
Certains champignons microscopiques sont responsables de pathologies humaines infectieuses.
Certains champignons peuvent également se révéler pathogènes d'un point de vue toxique en cas d'ingestion.
pg p g p g p q g
En France, les pharmaciens jadis formés à identifier les principaux champignons comestibles et vénéneux, le
29
sont de moins en moins depuis les années 2000 .
En écologie
Plusieurs espèces de champignon sont utilisées pour épurer un milieu (eau, air, sol) ou un substrat de culture
d'un ou plusieurs polluants ou éléments chimiques indésirables : c'est la technique de mycoremédiation.
30
Un des critères permettant d'identifier les champignons peut être l'odeur qu'ils dégagent . Les fonges émettent
des composés organiques volatils montrant une grande diversité de structures chimiques : composés
aromatiques, terpènes, dérivés d’acides gras (notamment l'octène-1-ol-3 que l'on retrouve chez de nombreuses
31
espèces telles que les champignons de couche, les cèpes ou les girolles) . Le ratio bactérie/champignon
dépend du pH. Le ratio odeur de champignon (principalement l'octénol) / odeur de terre (due à la géosmine
produite par des bactéries) permet à un écologue d'évaluer la richesse d'un sol par son odeur. Plus un sol sent
l'octénol, plus il est riche en champignon et est acide (exemple : mor, moder de landes ou de forêts de résineux
issues de la dégradation lente d'une litière acidifiante). Plus un sol sent l'odeur de terre, plus il est riche en
bactéries qui traduisent un recyclage rapide de la matière organique avec des vers de terre (surnommés par
Aristote "les intestins de la terre") consommateurs de ces bactéries (exemple : mull de pelouse, d'agrosystème,
32
de forêt productive) .
Le parasitisme par les champignons se produit quelquefois en réponse à un stress important que l’arbre a subi.
Par exemple : le bris d'une branche, l'écorce détériorée par les mammifères s'en nourrissant et même un
34
accident de voiture ayant partiellement altéré son écorce . Ainsi, l'arbre ayant perdu sa couche de protection
externe est exposée à plusieurs parasites dont les spores des champignons. De plus, dans ces cas, l'impact
écologique sur l’abondance d’une espèce d’arbre dans nos forêts est souvent minime, puisque le phénomène se
produit à petite échelle, à l’exception de tous les phénomènes naturels causant des stress beaucoup plus
importants. Il faut noter qu’une perte en matière végétale vivante (arbre dans ce cas) ne peut qu’être bénéfique
pour les organismes décomposeurs qui ont besoin de cette matière morte afin d’assurer leur survie et le
maintien des réseaux trophique de l’écosystème.
Cueillette et législation
La cueillette de champignons correspond principalement à la collecte
de champignons comestibles à usage domestique ou dans un but
commercial, plus rarement de champignons hallucinogènes ou aux
médicinaux. La récolte concerne également les mycologues qui
déterminent les espèces au cours d'excursions mycologiques, ou
encore la prospection pour la mise en marché de champignons dans
des domaines innovants (cosméceutique (en), pharmaceutique,
nutraceutique, etc.).
L'utilisation des champignons remonte probablement aux temps les plus reculés. Ainsi Ötzi qui vivait au
Chalcolithique (4 546 ± 15 ans BP) portait sur lui deux types de champignons, un morceau d'Amadouvier sur
lequel étaient fixés des cristaux de marcassite (associé à un silex, il était utilisé pour la production du feu) et des
morceaux de polypores du bouleau enfilés sur une lanière de cuir, à usage probablement médicinal
38
(vermifuge) .
Toutes les mythologies ont en commun de considérer les champignons comme étant les produits d'une réaction
mystérieuse entre la terre humide et un élément surnaturel. Ainsi dans la mythologie nordique, le premier
homme Odin chevauche Sleipnir dans une forêt ou dans le ciel par des nuits orageuses, poursuivi par des
démons. Des gouttes d'écume ensanglantée tombant de la bouche de son cheval Sleipnir donnent naissance à
39
l'amanite tue-mouches dont la poussée est stimulée par la foudre .
Les différentes dénominations des champignons rappellent leur rôle néfaste. Sénèque les appelle voluptuarium
venenum, « poison voluptueux », et Pline anceps cibus, « mets suspect ». Encore appelés Mycètes ou Fungi,
il t ét l gi li l ôl f t M èt i t d g mykes té à d l
ils ont une étymologie en lien avec leur rôle funeste. Mycète vient du grec mykes, « mucus » apparenté à de la
moisissure et pourriture. Une étymologie populaire de Fungi en fait la contraction du latin funus, « funérailles »
40
et d'ago, « produire », rappelant les nombreux décès provoqués par les champignons . Ainsi selon Pline, la
quatrième femme de l'empereur romain Claude aurait empoisonné son mari en remplaçant son mets favori,
l'Amanite des Césars, par l'Amanite phalloïde, champignon probablement responsable aussi de la mort de
41
l’empereur du Saint-Empire Romain Germanique Charles VI .
Au Moyen Âge, les champignons sont classés au plus bas de l'« échelle des êtres ». À l'exception des
champignons comestibles (moins de 0,1 % de l'ensemble des espèces fongiques), ils sont associés à la mort et
la putréfaction, considérés comme pervers (forme du pied de champignons phalliques). Considérés comme des
« excréments de la terre », diaboliques et démoniaques, les adeptes de la magie noire les utilisent dans leurs
42
élixirs . Selon la théorie enthéogène des religions, certains champignons hallucinogènes sont à l'origine du
phénomène magique et religieux : sorciers, chamanes et autres grands prêtres de différentes ethnies, souvent
très éloignées géographiquement les unes des autres, utilisent ces substances sacrées accompagnant le
surgissement des civilisations (tels les chamanes Paléo-Sibériens avec l'Amanita muscaria, ou le língzhī,
43
« champignon divin » de la Chine) . Il est ainsi possible que les autorités religieuses du Moyen Âge aient fait
du champignon un élément chtonien maléfique pour empêcher la diffusion de ce savoir millénaire chamanique
44
devenu ésotérique . Les épidémies de mal des ardents qui s'abattent sur des régions au Moyen Âge, tuent des
45
dizaines de milliers de personnes et provoquent des ravages jusqu'au XVIIe siècle .
En Asie, le champignon est symbole de longévité, par exemple, pour les Coréens le champignon magique est
46
l'un des dix symboles de longévité et aussi un symbole de fertilité . Dans la peinture chinoise c'est le cerf qui
apporte le champignon, tous deux sont des symboles de longue vie, la croyance chinoise voulant que le cerf
47, 48
vive très vieux et soit donc le seul animal capable de trouver le champignon sacré de l’immortalité .
49
« Autant de sons nés du même instrument, autant de champignons nés d'une même humidité . » Ainsi
Zhuangzi explique-t-il que les êtres sont l'émanation fugitive d'une seule et même essence.
50
En Pologne, consommer des champignons à Noël facilitait les contacts avec les morts .
51
En héraldique le champignon est également le symbole de la fertilité ainsi que de la puissance sexuelle .
Champignons géants
La rapidité de croissance des champignons fascine. Ils sont présents dans l'imagerie populaire sous forme de
champignons géants, thème qui intéresse encore les journalistes : en juillet 2006 sur l'île taïwanaise de Taitung
52
on aurait découvert deux champignons plats de 60 cm de diamètre et pesant chacun environ 20 kg . En juillet
2007 un champignon géant de plus de 70 cm de haut et pesant plus de 20 kg aurait été découvert au Mexique,
53
dans la forêt de Tapachula (Chiapas), à la frontière du Guatemala .
L'armillaire d'Ostoya (Armillaria ostoyae) est particulièrement connu pour détenir le titre du plus grand
organisme vivant, un individu couvrant une surface de 8,9 km2 ayant été trouvé en Oregon, dans l'ouest des
54
États-Unis .
Termitomyces titanicus est le plus grand champignon comestible sur terre avec un « chapeau » atteignant un
55
diamètre d'un mètre .
Dans son roman Voyage au centre de la Terre, Jules Verne évoque une forêt de champignons géants. Dans la
bande dessinée L'Étoile mystérieuse, le héros Tintin est confronté à des champignons géants à la croissance
instantanée. On retrouve le même thème dans le jeu de société pour enfants Spirou et les champignons géants.
Dans l'art
L'artiste chrétien médiéval représente rarement les champignons,
considérés comme maléfiques, si ce n'est pour évoquer leur
symbolisme démoniaque. Un bolet à pied rouge et une amanite tue-
mouches figurent au centre du triptyque Le Jardin des délices de
56
Jérôme Bosch . Tout comme dans les aventures d'Alice au pays des
merveilles, le champignon évoquerait plutôt les effets hallucinogènes
de certains champignons, dits magiques, modifiant la perception de la
57
réalité .
Par exemple un artiste comme Michel Blazy travaille, entre autres, sur
les moisissures et pourrissements microscopiques générés par les
altérations biologiques sur des installations éphémères. La
prolifération incontrôlée de micro-organismes dont les transformations
et changements d’état sont autant de moments nécessaires à Dans Le Chariot de foin de Jérôme
Bosch, un bolet Satan géant garde
l’activation de ce type d'œuvre et à son développement, au sens
59 l'entrée de la grotte du diable.
propre du terme .
Expressions francophones
Pousser comme un champignon : grandir très vite ;
Une ville champignon : une ville nouvelle qui s'est
développée très rapidement, à l'instar des sporophores ;
Appuyer sur le champignon : accélérer en actionnant la
pédale d'accélérateur d'un véhicule à moteur ;
Un champignon atomique : nuage formé lors d'une
explosion nucléaire ; Alice in Wonderland, sculpture par
Jose de Creeftin dans Central Park,
Né comme un champignon : (ironique) né apparemment
New York.
de nulle part, comme un champignon, c'est-à-dire de
père inconnu ;
Un accessoire de type "butée de porte" s'appelle un champignon ;
les butées mécaniques qui renvoient la boule au flipper sont les bumpers ou champignons
en français.
Calendrier républicain
Dans le calendrier républicain, le Champignon était le nom attribué au 8e jour du mois de
60
floréal .
Mode
Les champignons sont utilisés depuis peu dans la mode. En effet, on a réussi à créer un cuir à base de
champignons Son nom commercial est le Muskin nom donné par l'entreprise Grado Zero Espace ([Link]
champignons. Son nom commercial est le Muskin, nom donné par l entreprise Grado Zero Espace ([Link]
[Link]/[Link]). Ce cuir est une peau extraite du chapeau du champignon. Ce cuir
61
n'utilise pas de substance chimique et n'est pas toxique, il est 100% biodégradable .
Bibliographie
Jacques Delmas, Les Champignons et leur culture, Flammarion, 1989, 969 p.
Philippe Silar et Fabienne Malagnac, Les champignons redécouverts, Belin, 2013, 232 p.
Régis Courtecuisse, Bernard Duhem, Guide des champignons de France et d’Europe, pour
reconnaître plus de 3 000 champignons(mis à jour et augmenté d'environ 1 750 espèces
décrites et illustrées, soit la presque-totalité des espèces identifiables à l’œil nu en Europe,
avec clefs de détermination macroscopique, Delachaux et Niestlé, 544 pages, 2011/08/18.
Philippe Bouchet, Yves François Pouchus, Jean Villard, Jean-louis Guignard, Les
champignons : Mycologie fondamentale et appliquée, Paris, Masson, 2005, 2e éd., 191 p.
(ISBN 978-2-294-02116-9, OCLC 70811760 ([Link] lire en ligne ([Link]
[Link]/books?id=vwV4FCG1HiMC))
Michel Lagarde, Le Droit du champignon forestier, 2008., 132 p. (ISBN 978-2-9504277-5-5, lire en
ligne ([Link]
Francis Martin, Tous les champignons portent-ils un chapeau ? : 90 clés pour comprendre les
champignons, Versailles, Quae, mai 2014, 184 p. (ISBN 978-2-7592-2174-5, lire en ligne ([Link]
[Link]/books?id=JxyeAwAAQBAJ&printsec=frontcover))
Francis Martin, Sous la forêt. Pour survivre il faut des alliés, Humensis, 2019, 240 p. (lire en
ligne ([Link]
Articles connexes
Catégorie:Champignon (nom vernaculaire) Sur les autres projets Wikimedia :
Microchampignon
Champignons en héraldique ([Link]
Liste des champignons toxiques
[Link]/wiki/Category:Mushr
Moisissure
Mycose ooms_in_heraldry?uselang=fr), sur
Parasitologie Wikimedia Commons
Mycorhize Champignons dans l'art ([Link]
Champignon hallucinogène [Link]/wiki/Category:Mushrooms_
Champignon phytopathogène
in_art?uselang=fr), sur Wikimedia
Champignons filamenteux
Commons
champignon, sur le Wiktionnaire
Clés de détermination en ligne
(thésaurus)
Myco DB Clé basique de détermination des
champignons "classiques" (pied +
chapeau), avec illustrations photographiques ([Link]
que), ou par familles ([Link]
Mycokey, Clé Mycokey en ligne ([Link]
[Link])
[Link] ([Link]
Liens externes
« Champignons : sous la forêt, les spores » ([Link]
e-scientifique/la-methode-scientifique-du-lundi-14-janvier-2019), sur La Méthode
Scientifique, sur France Culture, 14 janvier 2019.
Notes
1. Pline H.N., livre XVI, &33, « Ce sont surtout les arbres à glands des Gaules qui produisent
l'agaric (agaricum). C'est un champignon blanc (est autem fungus candidus), odorant, bon
comme antidote, poussant au sommet des arbres et phosphorescent la nuit » il pourrait s'agir
d'après Jacques André, de armillaire couleur de miel (Armillaria mellea), un champignon
lignicole dont le mycélium est luminescent (Mihail, Bruhn, Dynamic of bioluminescence…
Mycologia, 99, 2007) ou du pleurote de l'olivier (Omphalotus olearius) dont la chair jaune safran
est luminescente la nuit (J. André parle de Cantharellus olearius). Dans le livre XXV, &103,
Pline indique « L'agaric (agaricum), comme un champignon, croît sur les arbres aux environs
du Bosphore ; il est de couleur blanche… ». Pour J. André, on pourrait y voir un amadouvier
(Polyporus igniarius) ou l'agaric blanc (Agaricus laricis).
2. dans son ouvrage Genera plantarum secundum ordines naturales disposita (1836-1840)
Références
1. (en) K.D. Hyde, E.G. Jones, E. Leaño, S.B. Pointing, A.D. Poonyth et L.L.P. Vrijmoed, « Role of
fungi in marine ecosystems », Biodiversity & Conservation, vol. 7, no 9, 1998, p. 1147-1161 (lire
en ligne ([Link]
[Link]?AWSAccessKeyId=AKIAJ56TQJRTWSMTNPEA&Expires=1474
822221&Signature=qLAbzRw%2BPrH2kNlGFg7fX2GsPKw%3D&response-content-dispositio
n=inline%3B%20filename%3DRole_of_fungi_in_marine_ecosystems.pdf) [PDF])
2. (en) Marc-André Selosse et François Le Tacon, « The land flora : a phototroph–fungus
partnership ? », Trends in Ecology and Evolution, vol. 13, no 1, 1998, p. 15
3. Louis-Jean Calvet, Histoires de mots : étymologies européennes, Éditions Payot, 1993, p. 137
4. (en) Philip G. Miles, Shu-Ting Chang, Mushrooms. Cultivation, Nutritional Value, Medicinal
Effect, and Environmental Impact, CRC Press, 2004, p. 1
5. Marcel V. Locquin - Origine des noms de champignons,Lire en ligne ([Link]
[Link]/archives/2015/06/29/[Link]) --- Champignons d'hier, Bull. Fédér. Mycol.
Dauphiné-Savoie, 1980, no.79 pp. 4-7. --- Manuel de Mycologie générale et structurale, Masson
édit. Paris, 1984.
6. Définitions lexicographiques ([Link] et étymologiques
([Link] de « Champignon » du Trésor de la langue
française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
7. On trouve la trace du vieux verbe eschamper, « fuir » dans l'expression figée « prendre la
poudre d'escampette » et dont témoigne aussi l'italien scampo, « fuite ».
8. René Pomerleau, Flore des champignons au Québec et régions limitrophes, Éditions la presse,
1980, p. 87.
9. Philippe Bouchet, Jean-Louis Guignard, Yves-François Pouchus, Les champignons. Mycologie
fondamentale et appliquée, Elsevier Masson, 2005, p. 2
10. Mot d'origine très ancienne dont la filiation remonte, selon Robert Gordon Wasson, aux
appellations paléosibériennes Ponk, Pongas, Hango. Cf. René Pomerleau, Flore des
champignons au Québec et régions limitrophes, Éditions la presse, 1980, p. 87.
11. Louis-Jean Calvet, Histoires de mots : étymologies européennes, Éditions Payot, 1993, p. 138.
12. THEOPHRASTE (S. Amigues), Recherche sur les plantes, À l'origine de la botanique, Belin,
12. THEOPHRASTE (S. Amigues), Recherche sur les plantes, À l origine de la botanique, Belin,
2010
13. Pline l'Ancien (trad. J. André), Histoire Naturelle, Les Belles Lettres, bilingue, Livre XVI, Livre
XXV, 2003
14. Dioscoride, Matière Medicale, gr. 3, 1, BIU ([Link]
00818&p=184&do=page)
15. Banquet des Savants ([Link]
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