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Résistance des Matériaux
Concepts de base
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Concepts de base
I. Origines de la RDM
Une structure est tout assemblage de matériaux destiné à supporter une charge.
Jusqu’au 15ème siècle, de nombreuses structures ont été construites avec des règles
qui consistent à bâtir dans le style massif. Dans la tradition romaine (plus c’est gros
plus c’est costaud). Les premiers qui ont abordé scientifiquement le problème de la
résistance des matériaux sont Léonard de Vinci, qui suspendait des paniers remplis de
sable à des fils métalliques, afin d’évaluer la résistance à la traction.
Plusieurs travaux ont été réalisés plus tard par Hooke, Young, Cauchy, poisson, Navier,
etc.
II. Objectifs de la RDM
L’étude de la RDM a pour objectif d’assurer, en utilisant dans une pièce mécanique
donnée une quantité minimale de matériau, une satisfaction aux contraintes
suivantes :
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Résistance : la pièce doit pouvoir supporter et transmettre les charges externes qui
lui sont imposées.
Rigidité : la pièce ne doit pas subir des déformations excessives lorsqu’elle est
sollicitée.
Stabilité : la pièce ne doit pas flamber.
Endurance : la résistance à la fatigue dans le cas des chargements répétés.
Résilience : la résistance au choc et à tout chargement dynamique.
III. Les hypothèse de base
III-1. Solide étudié
III.1.1. Solide étudié
Les formes des pièces sont supposées :
Continues: on admet que le matériau ne comporte pas de fissures ou de cavités.
Homogènes: on suppose que tous les éléments du matériau sont identiques
(hypothèse non applicable pour le béton).
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Concepts de base
Isotropes: on suppose qu’en tout point et dans toutes les directions, on a les mêmes
propriétés mécaniques (hypothèse non valable pour le béton et le bois).
Notion de poutre: le solide étudié a la forme d’une poutre. On appelle poutre un
solide engendré par une surface plane noté S dont le centre de gravité G décrit une
courbe appelée ligne moyenne. La surface S reste perpendiculaire à la courbe.
Les caractéristiques d’une poutre sont : la ligne moyenne (droite ou courbe à grand
rayon de courbure), la grande longueur qui doit être supérieure aux autres
dimensions transversales (minimum 5 fois) et l’existence d’un plan de symétrie.
III.1.2. Limites de validité du modèle d’étude
Les excédents de formes (gorge, rainure, épaulement, etc.) engendrent des
phénomènes appelés concentration de contraintes. Pour tenir compte cette
discontinuité, on utilise des coefficients de concentration de contrainte dans les
calculs.
Les formes complexes : on peut les assimiler à des poutres : on fait appel à des
théories de calcul par éléments finis ( le modèle est divisé en un certain nombre fini
d’éléments de forme géométrique simple).
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Concepts de base
III-2. Déformations faibles
On effectue le calcul sur la structure non déformable. On considère que les
déformations soient petites par rapport à la dimension de la poutre et ne modifient
pas la forme.
III-3. Hypothèse de Saint-Venant
Les résultats obtenues en RDM ne sont valables qu’à une distance suffisamment
grande des points d’application de la force. (loin des liaisons et des charges
concentrées)
III-4. Hypothèse de Navier-Bernoulli
Au cours de la déformation, les sections normales à la fibre neutre avant déformation
restent normales à la fibre neutre après déformation.
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IV. Modélisation des actions mécaniques
IV-1. Torseur statique
IV.1.1. Action mécanique
Une action mécanique est toute cause susceptible de maintenir un corps au repos, de
créer ou modifier un mouvement ou créer une déformation.
IV.1.2. Notion de force
On appelle force, l’action mécanique exercé mutuellement entre deux particules
élémentaires, pas forcément en contact. Elle est toujours associée à un point de son
support d’action.
Principe des actions mutuelles : toute force d’une particule 1 ou d’une particule
2 implique l’existence d’une autre force qui lui est directement opposée.
Moment d’une force : on note moment d’une force (P , F ) en un point A par :
M A (F ) AP F (en N.m).
M A (F ) est nul si le support de F passe par A ou F 0
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Relation fondamentale :
M B (F ) M A (F ) BA F
Champ d’action mécanique sur un solide : Soit (P , F ) une force appliquée à un
solide S au point P. l’action mécanique associée à cette force se caractérise, en un point
A, par deux champs indissociables :
- Un champ uniforme de résultante R F .
- Un champ de moment définit ,en un point A, par : M A (F ) AP F
IV.1.3. Torseur statique {s }
À la force (P , F ) on peut associer le torseur statique appelé aussi torseur d’action
s
mécanique tel que :
R F
s
AP F
M A A A
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IV.1.4. Torseur des efforts extérieures
C’est le torseur d’action mécanique de l’extérieur sur le solide S.
n
R (S S ) Fi
R (S S )
S S A
avec : i 1
( S S )
n
AP i Fi
M
A ( F ) A M A ( F )
( S S )
i 1
R X .x Y .y Z .z
Dans la base : x , y , z
M A L .x M .y N .z
X L
S S A
Y M
Z
N A ,x , y ,z
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IV-2. Action du milieu extérieur sur un système matériel (S)
IV.2.1. Système matériel
C’est une quantité de matière qui peut être un solide, un ensemble de plusieurs solides
liés ou non, une partie du solide ou un certain volume liquide ou de gaz;
IV.2.2. Forces extérieures
On appelle force extérieure, appliquée sur un système matériel, toute force exercée
par le milieu extérieur ( S ) sur le système (S). On la note : Fi (S S )
Les forces extérieures sont situées dans le plan de symétrie de la poutre ou disposées
symétriquement par rapport à ce plan.
Deux types d’actions mécaniques peuvent être exercées sur le solide :
• Charges concentrées : (F , M C )
• Charges réparties : ( p ) sur un élément de solide (DE).
Les actions mécaniques extérieures inconnues seront calculées à partir du principe
fondamental de la statique.
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IV.2.3. Forces intérieures
On appelle force intérieure à un système (S), toute force appliquée par un élément de
(S) noté (Si) sur un autre élément de (S) noté (Sj). On la note : Fi (S i S j )
IV-3. Principe fondamental de la Statique
Il existe au moins un repère R (appelé repère Galiléen) tel que pour tout système
matériel en équilibre par rapport à ce repère, les actions mécaniques extérieures
appliquées à (S) vérifient la relation suivante :
n
R (S S ) Fi
R (S S ) 0
( S S ) 0 avec : i 1
n
M A (F )(S S ) 0A M A ( F ) AP i Fi
A A
( S S )
i 1
n
n
i 1
X i (S S ) 0 Li (S S ) 0
n n
i 1
Y i (S S ) 0 et M i (S S ) 0
i 1 i 1
n
n
Z i (S S ) 0 N i (S S ) 0
i 1 i 1
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Cas particuliers
Forces coplanaires :
Ceci nous permet d’écrire 3 équations
d’équilibre seulement :
X 0
R (S S ) 0
Y 0
M A (S S ) 0 N A 0
Torseurs particuliers :
R 0
Torseur couple : ( S S )
M A 0
A
A
R 0
R 0
Torseur nul : ( S S )
A
A
A
M 0
Torseur glisseur : ( S S )
A
A
M 0
A
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V. Torseur de cohésion
V-1. Définition
Soit une poutre (E) en équilibre sous l’action de n forces extérieures. On associe pour
cette poutre un repère R (O , x , y , z ) dont l’axe x coïncide avec la ligne moyenne de la
poutre. Coupons la poutre (E) par un plan orthogonal à sa ligne moyenne situé à
l’abscisse x. on définit ainsi deux portions poutres (E1) et (E2).
Les actions mécaniques de (E2) exercées sur (E1) à travers la section droite sont des
efforts intérieurs. Nous pourrons les modéliser par un torseur appelé torseur de
cohésion noté :
R
coh G
M G G
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0
(E) est en équilibre : ( E E ) G
(E1) est en équilibre :
( E E 1) G ( E 2E 1) G 0
(E2) est en équilibre :
( E E 2) G ( E 1E 2) G 0
( E 2E 1) G ( E E 1) G ( E E 2) G
V-2. Composition du torseur de cohésion
Les composantes des éléments de réduction du
torseur de cohésion sont données dans la figure
ci contre :
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Actions mécaniques Sollicitations
Traction
N Effort normal
compression
Ty
Effort tranchant Cisaillement
Tz
Mt Moment de torsion Torsion
Mfy
Moment de flexion Flexion
Mfz