Droit Civil 2ème Partie
Droit Civil 2ème Partie
2012/2013.
Ils se définissent comme des prérogatives que les particuliers possèdent sur certains biens ou à
l’égard de certaines personnes. Ces prérogatives sont fixées par le Droit Objectif. Les droits
subjectifs sont donc placés sous l’égide du Droit Objectif qui constitue leur condition et leur
limite.
Les droits subjectifs se subdivisent en deux grands groupes que sont : les droits patrimoniaux et
les droits extrapatrimoniaux.
Ce sont les droits qui représentent dans le patrimoine de leur titulaire un avantage appréciable
en argent. Les droits patrimoniaux sont cessibles, transmissibles, saisissables et prescriptibles. Ils
se divisent en plusieurs catégories qu’il convient d’étudier après avoir précisé le concept de
patrimoine.
Le patrimoine est l’ensemble des biens ou rapports de droit appréciables en argent, qui ont pour
sujet actif ou passif, une même personne et qui sont envisagés comme formant une universalité
(une unité juridique). C’est un ensemble fluctuant composé de deux éléments, à savoir :
- L’actif : qui est l’ensemble des éléments positifs (droits de propriété, créances) ;
Le patrimoine d’une personne est intimement lié à sa personnalité. Ainsi, Chaque individu nait
avec un et un seul patrimoine et il ne peut en acquérir un autre au cours de sa vie. De même, le
patrimoine est imprescriptible, insaisissable et intransmissible entre vifs (vivants). Les
différents biens qui le composent peuvent changer ou disparaître mais le patrimoine va
demeurer. Néanmoins, de l’universalité, il résulte deux conséquences majeures. En premier lieu,
l’actif sert à payer le passif. L’art. 2092 du code civil dispose, à cet effet, que le patrimoine d’un
débiteur sert de gage général à ses créanciers. En second lieu, un bien qui remplace un autre bien
est soumis au même régime que celui-ci. Exemple : si un immeuble qui sert de garantie est vendu
et que le prix a servi à payer un autre, celui-ci servira de garantie aux créanciers qui avaient
constitué garantie sur le bien vendu.
Il existe deux catégories de droits patrimoniaux, à savoir : les droits réels et les droits personnels.
Cependant, cette distinction n’est pas absolue.
Ils se définissent comme les droits que les personnes détiennent directement sur les biens. Il
existe différentes sortes de droits réels qu’il convient de présenter avant de voir les types de
biens objets de ces droits.
Les droits réels sont de deux catégories : les droits réels principaux et les droits réels
accessoires.
Ils confèrent à leurs titulaires le pouvoir de tirer directement d’une chose tout ou partie de son
utilité économique. Les droits réels principaux sont : le droit de propriété et ses démembrements.
ü Le droit de propriété : c’est le droit de jouir et de disposer d’un bien de la manière la plus
absolue pourvu qu’on n’en fasse pas un usage prohibé par la loi ou les règlements. Le droit
de propriété est constitué de trois éléments : l’usus (droit d’user de la chose), le fructus
(droit de faire fructifier son bien soit en l’exploitant soi-même, soit en le louant aux
tiers) et l’abusus (droit de disposer de la chose).
ü Les droits réels démembrés de la propriété : ils sont appelés ainsi parce qu’ils ne
confèrent à leur titulaire que des avantages partiels de la propriété. Comme droits
démembrés de la propriété on peut citer :
L’usufruit : C’est le droit temporaire d’utiliser et de jouir du bien d’autrui à charge d’en
conserver la substance. Jusqu’à la fin de l’usufruit, le propriétaire du bien ne conserve que
l’abusus. C’est pourquoi, on l’appelle nu-propriétaire.
La servitude : C’est le droit reconnu au propriétaire d’un fonds (terrain) d’user partiellement du
fonds voisin.
Ce sont les garanties ou sûretés (gage, hypothèque etc.) consenties sur les biens. Ces sûretés
confèrent au créancier un droit de préférence et un droit de suite.
Le droit de préférence est le droit qui permet à une personne qui s’est aménagé une garantie sur
un bien d’être payé sur le produit de la vente de ce bien en priorité par rapport à d’autres
créanciers.
Quant au droit de suite, c’est le droit qui permet de poursuivre un bien sur lequel on a aménagé
une garantie en quelque main qu’il se trouve.
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Cette classification fait ressortir deux grandes distinctions, à savoir une distinction entre biens
meubles et immeubles et une distinction entre biens corporels et incorporels.
ü Distinction entre meubles et immeubles : c’est la distinction majeure (summa divisio). Elle
résulte de l’art. 516 du code civil qui dispose que tous les biens sont meubles ou
immeubles.
Les meubles : ce sont les choses qui peuvent se déplacer par elles-mêmes ou être déplacées. Il y a
trois types de meubles :
- les meubles par nature : appelés encore « meubles meublants », ce sont les biens qui par leur
nature peuvent être déplacés. Exemple : une chaise
- les meubles par détermination de la loi : ce sont des droits auxquels la loi attribue la qualité de
meubles. Ex : les parts sociales ou actions, les droits de créance portant sur un meuble.
- les meubles par anticipation : ce sont les biens qui ont une attache avec un immeuble mais qui
sont destinés à être détachés. Ex : une récolte sur pied, des matériaux de construction avant leur
démolition, les matériaux de carrières avant leur extraction.
Les immeubles : ce sont les biens fixes, qui ne peuvent être déplacés ni par eux-mêmes ni par une
force étrangère. On distingue trois types d’immeubles :
- les immeubles par nature : il s’agit du sol et des biens qui sont fixés au sol. Ex : les végétaux, les
constructions etc.
- les immeubles par destination : ce sont les biens meubles affectés à un immeuble dont ils
deviennent l’accessoire. On y retrouve, d’une part, les biens placés par un propriétaire sur son sol
pour le service et l’exploitation de celui-ci (ex : machines, animaux affectés à l’exploitation d’un
champ) et d’autre part les meubles attachés au fonds à perpétuelle demeure (ex : les biens
d’ornementation affectés à un immeuble).
Pour qu’un meuble devienne immeuble par destination deux conditions sont nécessaires : il faut
d’abord que le meuble et l’immeuble appartiennent à la même personne ; il faut ensuite que le
meuble soit affecté à l’immeuble.
- les immeubles par l’objet auquel ils s’appliquent : ce sont les droits incorporels qui portent sur
un immeuble. Ex : les servitudes, l’hypothèque, l’action en justice relative à un immeuble etc.
Intérêt de la distinction entre meuble et immeuble : il réside dans le fait que les actions relatives
aux meubles sont portées devant le tribunal du défendeur tandis que les actions concernant les
immeubles sont exercées au tribunal du lieu où est situé l’immeuble.
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ü Distinction entre biens corporels et biens incorporels : les biens corporels sont les biens
dont l’existence est matérialisée dans un corps physique. Ex : un banc. A l’inverse, les
biens incorporels n’ont pas d’existence physique. Ex : l’usufruit, le droit d’auteur, le droit
portant sur une clientèle, etc.
Suivant ce critère, les biens sont classés en bien appropriés et non appropriés. Les biens
appropriés appartiennent soit au domaine public, soit au domaine privé. Dans le premier cas, ils
sont imprescriptibles et inaliénables tandis que dans le second cas, ils peuvent faire l’objet d’une
aliénation.
- les biens sans maîtres (les « res nullius » : biens jamais appropriés et les « res delictae » : biens
abandonnés)
- Les choses se trouvant dans le commerce et les choses hors du commerce (le corps
humain par exemple) ;
- Les biens fongibles (biens interchangeables) et les biens non fongibles (biens rares) ;
- Les biens consomptibles (qui disparaissent avec le premier usage : fuel, nourriture
etc.) et les biens non consomptibles (qui résistent à l’utilisation : maison par
exemple) ;
- Les choses frugifères (qui produisent un revenu ou fruit) et les choses non
frugifères.
Ce sont les droits qu’une personne, appelée créancier, a d’exiger d’une autre personne, nommée
débiteur, l’exécution d’une prestation ou abstention. Ce rapport juridique qui unit le créancier et
le débiteur est appelé obligation. Le code civil distingue fondamentalement trois types
d’obligations, à savoir : l’obligation de faire, celle de ne pas faire et celle de donner.
Ce sont les droits qui sont reconnus à une personne sur ses créations intellectuelles. Ils confèrent
à leur titulaire un monopole d’exploitation et un droit moral. Les principaux droits de propriété
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intellectuelle sont : le droit sur les brevets d’inventions, le droit sur les marques, le droit sur les
dessins et modèles industriels, le droit d’auteur etc.
Les droits de propriété intellectuelle sont régis au Niger par l’Accord de Bangui du 24 février
1999 et ses annexes. Cet accord est administré par l’Organisation africaine de la propriété
intellectuelle (OAPI) dont le siège est basé à Yaoundé (Cameroun).
Comme leur nom l’indique, ce sont des droits qui n’entrent pas dans le patrimoine ; autrement dit,
ils ne sont pas susceptibles d’évaluation pécuniaire. Contrairement aux droits patrimoniaux, ces
droits sont indisponibles, imprescriptibles et intransmissibles. En cas d’atteinte, leur réparation
s’effectue en dommages et intérêts.
On y trouve principalement les droits de l’homme, les droits familiaux, les droits de la
personnalité, les droits civils et politiques. Seuls seront étudiés ici les droits familiaux et les
droits de la personnalité.
Ce sont les droits qui découlent des rapports au sein de la famille. Exemple : l’autorité parentale,
le droit à la fidélité du conjoint, le droit de surveillance et d’éducation des enfants, etc.
Ce sont :
Les droits subjectifs sont reconnus à deux types d’acteurs juridiques : les personnes physiques et
les personnes morales. Le droit fixe l’importance des prérogatives et des obligations reconnues à
chacune de ces personnes selon sa capacité juridique.
Les personnes physiques sont les acteurs par excellence de la vie juridique. Elles sont dotées de la
personnalité juridique qui se définit comme l’aptitude à être titulaire actif et passif de droits
subjectifs que le Droit objectif reconnaît à chacun. Il convient d’examiner la durée de la
personnalité juridique et ses effets.
La personnalité juridique de l’être humain est liée à sa vie. Elle s’acquiert et se perd avec
celle-ci.
En cas de retour, ses biens lui sont restitués tels qu’ils sont à ce moment sauf cas de fraude,
mais le mariage reste dissous. Ceux qui auront joui de ces biens seront également tenus de lui
rendre le cinquième des revenus si la réapparition a lieu avant quinze ans et le dixième après
quinze ans. Au bout de trente ans, ils en conservent la totalité.
b) la disparition : c’est la situation d’une personne qui a disparu dans des circonstances de
nature à mettre sa vie en danger, lorsque son corps n’a pu être retrouvé (catastrophes
naturelles, naufrage, guerre etc.). Toute personne peut demander au tribunal de déclarer la
disparition. Le jugement déclaratif est transcrit sur les registres de l’état civil et produit les
mêmes effets qu’un acte de décès. En cas de retour du disparu, le Procureur de la
République ou tout intéressé peut demander l’annulation du jugement. Les biens du disparu
lui sont restitués tels qu’ils sont au jour de son retour.
un état ;
des éléments d’identification (nom, domicile, nationalité) ;
un patrimoine ;
Le patrimoine ayant déjà fait l’objet d’un examen, l’étude qui suivra portera sur l’état et les
éléments d’identification de la personne.
L’état d’une personne est la situation juridique de cette personne. L’état est déterminé par les
événements essentiels de la vie de la personne, à savoir : la naissance, le mariage, la mort, la
reconnaissance et l’adoption d’enfant. Ces événements font l’objet d’un enregistrement au
service de l’état civil. Ils sont constatés par des actes d’état civil, au nombre desquels on peut
citer : l’acte de naissance, l’acte de mariage, l’acte de décès, le livret de famille, la fiche d’état
civil et le certificat de vie et de charge.
L’état d’une personne est personnel, indisponible, imprescriptible, insaisissable et indivisible. C’est
pourquoi, en cas d’atteinte à ses éléments, il est possible d’assurer leur respect à travers une
action particulière qu’on appelle action d’état.
1) le nom : le nom est un vocable qui sert à désigner une personne et à l’individualiser dans un
groupe. Il est protégé par la loi. Le nom d’une personne comprend le nom patronymique, le prénom
et éventuellement des accessoires de nom.
a) le nom patronymique : c’est le nom de famille d’une personne. Il s’acquiert par filiation (c’est
le nom transmis) ou par mariage (c’est le nom d’usage). L’officier d’état civil peut aussi attribuer
un nom à l’enfant dont la filiation n’est établie à l’égard de personne (on parle alors de nom
attribué).
Le nom patronymique est protégé par la loi. Il est obligatoire, indisponible et immuable.
Toutefois, il peut être changé en cas de changement d’état ou pour des motifs graves (nom
ridicule ou entaché de déshonneur). Ce changement s’effectuera alors selon une procédure
spécifique.
- le pseudonyme : qui est un nom de fantaisie qu’une personne se donne dans l’exercice d’une
activité. Ex : Molière, Voltaire. Ce nom bénéficie d’une protection contre toute usurpation, mais
ne doit pas se substituer au nom véritable dans les actes officiels.
- le surnom : c’est une appellation donnée à une personne par son entourage ; il n’a aucune valeur
juridique.
- le titre de noblesse : il exprime la condition sociale. Il ne confère aucun privilège, mais fait
l’objet d’une protection contre les usurpations. Exemple : Maïga, Maï etc.
2) le domicile : le domicile d’une personne est le lieu où elle est présumée être pour l’exercice de
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ses droits et obligations. C’est le lieu de son « principal établissement ». Toute personne a
nécessairement un domicile, mais elle ne peut avoir qu’un domicile : c’est le principe de la
nécessité et de l’unicité du domicile. Le domicile d’une personne est inviolable.
Le domicile ne se confond pas avec la résidence qui se définit comme le lieu où la personne habite
effectivement d’une manière assez habituelle.
Les règles concernant la nationalité nigérienne distinguent deux modes d’accès au statut de
national : l’attribution d’origine et l’acquisition.
Ainsi, la nationalité nigérienne est attribuée à toute personne issue d’ascendants dont l’un au
moins est nigérien (c’est la nationalité d’origine). Elle peut être acquise par suite de mariage
avec un nigérien ou par naturalisation dans les conditions définies par le code de la nationalité
(c’est la nationalité d’acquisition).
Les personnes morales sont des groupements, représentant une collectivité d’intérêts, et qui, au
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point de vue juridique, se distinguent des individus qui les composent. Quatre aspects
fondamentaux de ces personnes seront étudiés dans le cadre de ce cours : La nature juridique de
la personnalité morale, les différentes catégories de personnes morales, les attributs et la durée
de la personnalité morale.
A/La théorie de la fiction : elle postule que seules les personnes physiques peuvent avoir la
qualité de sujets de droit et déduit qu’il appartient alors au législateur d’accorder ou non la
personnalité aux groupements.
B/La théorie de la réalité : elle se fonde sur l’idée qu’un groupement peut avoir un intérêt propre
distinct des intérêts individuels de ses membres pour déduire que tout groupement autonome
doit avoir de plein droit la personnalité juridique. Cette théorie a été consacrée par la
jurisprudence à travers un arrêt célèbre en date du 28 janvier 1954 (Comité d’établissement de
Saint-Chamond c/ Ray). Dans cet arrêt, la Cour a décidé que la personnalité morale «appartient
en principe à tout groupement pourvu d’expression collective pour la défense d’intérêts licites,
dignes par suite d’être juridiquement reconnus et protégés ». En d’autres termes, les
groupements, dès leur constitution, sont dotés de la personnalité morale sans avoir besoin d’une
autorisation de l’autorité publique.
Les personnes morales de droit public : Ce sont l’Etat, les Collectivités locales (régions
départements, communes) et les établissements publics administratifs ;
Les personnes morales de droit privé : ce sont les groupements de biens (fondations) et les
groupements de personnes (sociétés, associations, syndicats, groupements d’intérêt
économique) ;
Les personnes morales de droit mixte : ce sont les établissements publics industriels et
commerciaux, les sociétés d’économie mixte, les comités d’entreprise, les ordres professionnels.
Du fait de la personnalité morale, un groupement disposera d’un patrimoine, un nom, un siège, une
nationalité et une capacité à ester en justice.
Il appartient en propre au groupement et ne se confond pas avec les patrimoines individuels des
membres. Ainsi, les créanciers de la personne morale n’ont pas en principe d’action sur le
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patrimoine personnel des membres du groupement et vice versa. Ce principe connaît toutefois
des exceptions. C’est le cas dans les sociétés de personnes ou lorsqu’un dirigeant commet une
faute de gestion.
Toute personne morale a un nom sous lequel elle exerce ses droits et poursuit ses activités. Ce nom
est librement choisi par les fondateurs. Il peut s’agir d’une raison sociale, d’un nom commercial,
etc.
C’est l’équivalent, pour la personne morale, du domicile reconnu aux personnes physiques. Le siège
social d’un groupement est volontaire et se situe au lieu où celui-ci a son principal établissement,
en l’occurrence au lieu où le groupement a son pouvoir de direction (direction générale,
administrative et financière). Toute personne morale a un et un seul siège social. En cas de
poursuite contre le groupement, l’action doit en principe être portée au tribunal de ce siège.
La nationalité d’une personne morale est généralement déterminée en référence à l’origine des
capitaux ou à la personnalité de ses dirigeants. Ainsi, une société est considérée comme
nigérienne si le dirigeant est nigérien ou si plus de la moitié des capitaux est détenue par des
nigériens.
Le régime de la capacité des personnes morales varie selon qu’il s’agit pour elles de défendre un
intérêt personnel ou un intérêt collectif de leurs membres.
Ainsi, les personnes morales sont pleinement qualifiées pour défendre leurs intérêts personnels
qu’ils soient d’ordre patrimonial ou extrapatrimonial.
2) l’action des associations : Elles n’ont de droit pour défendre des intérêts collectifs de
leurs membres que si une loi les y autorise.
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Contrairement aux personnes physiques qui sont appelées à mourir, les personnes morales ont une
vocation théorique à durer indéfiniment. Toutefois, elles peuvent être dissoutes par la volonté
des membres ou à la suite d’une décision de l’autorité publique. Néanmoins, la personnalité
juridique se poursuit provisoirement après cette dissolution pour permettre la liquidation du
patrimoine. On parle de survie de la personnalité morale.
Le fonctionnement des personnes morales repose sur un certain nombre de principes, à savoir :
2) la règle de la spécialité : selon ce principe, les personnes morales ont une capacité limitée
par leur objet social. En d’autres termes, elles n’ont de pouvoirs que dans les domaines
d’activités définis par les textes qui les créent ;
La loi fixe l’importance des prérogatives et des obligations reconnues à chaque personne selon sa
capacité juridique.
La capacité est l’aptitude pour une personne à devenir titulaire de droits et d’obligations et à les
exercer. Elle comporte deux aspects et concerne aussi bien les personnes physiques que les
personnes morales.
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C’est l’aptitude à avoir des droits et à supporter des obligations. Elle coïncide avec la
personnalité juridique mais ne se confond pas avec elle. En effet, les personnes frappées d’une
incapacité de jouissance conservent toujours leur personnalité juridique.
C’est le pouvoir de mettre en œuvre soi-même ses droits et ses obligations. Elle ne se confond pas
également avec la personnalité juridique, car celle-ci s’apprécie uniquement par rapport à
l’acquisition des droits et des obligations.
Pour les personnes physiques, la capacité est la règle et l’incapacité l’exception. Donc, il n’y a
d’incapacités que dans les cas prévus par la loi. Les incapacités sont de deux ordres : les
incapacités de jouissance et les incapacités d’exercice.
A l’inverse, les incapacités d’exercice interviennent en général pour protéger la personne qui en
est frappée. Deux types de personnes sont visés par ces incapacités : les mineurs et les majeurs
incapables.
A/Le mineur
Selon la convention sur les droits de l’enfant, le mineur est l’individu de l’un ou de l’autre sexe qui
n’a point l’âge de dix huit ans accomplis.
Le mineur est toujours protégé selon le système de la représentation. Il devient capable avec
l’émancipation.
Le mineur est soumis à un régime d’administration légale des ses biens exercée par son père et
qui est, en cas de déchéance de celui-ci, transférée à la mère. Si les parents meurent, le mineur
passe à un régime de tutelle exercé par les proches (grands parents par exemple). Mais, les
parents peuvent, avant de mourir transférer la tutelle à une personne de leur choix. On parle
alors de tutelle déférée par les parents. Si personne n’a été désignée, la tutelle est exercée, en
cas de décès des parents du mineur, par l’ascendant le plus proche.
2/L’émancipation du mineur
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L’émancipation est l’acte par lequel un mineur acquiert la pleine capacité d’exercice et se trouve
de ce fait assimilé à un majeur.
L’émancipation est acquise de plein droit par le mineur en cas de mariage de sa part. Elle peut
aussi être accordée par le père, la mère ou le conseil de famille ou encore être prononcée par le
juge des tutelles.
Il s’agit des malades mentaux, des interdits, des prodigues et des faibles d’esprit. Leur
protection est organisée autour de trois types de régimes :
Contrairement aux personnes physiques, les personnes morales n’ont jamais une totale capacité
de jouissance. En effet, elles ne peuvent posséder certains droits de la personnalité tels que les
droits politiques par exemple.
La capacité d’exercice des personnes morales est limitée par leur objet social. Elles ne peuvent
donc valablement agir en dehors de cet objet social. En plus, ces personnes exercent leurs droits
par l’intermédiaire de personnes physiques désignées par les statuts.
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Les droits subjectifs proviennent de deux sources principales : les actes juridiques et les faits
juridiques.
L’acte juridique désigne une manifestation de volonté destinée à produire des effets de droit.
C’est une opération juridique voulue par les parties et dont les effets ont été consciemment et
librement recherchés par elles. L’acte juridique correspondant à cette définition est également
qualifié de negocium.
La notion d’acte juridique se définit aussi comme l’écrit qui constate une manifestation de
volonté et sert à la prouver. Il est alors appelé acte instrumentaire ou instrumentum.
Il existe plusieurs catégories d’actes juridiques, mais tous les actes se définissent par un même
critère.
Il est traditionnel de distinguer les actes unilatéraux des actes bilatéraux ou plurilatéraux, les
actes de disposition des actes d’administration et des actes conservatoires et enfin les actes
entre vifs des actes à cause de mort.
L’acte unilatéral est celui qui résulte d’une volonté unique (exemple : le testament). A l’inverse,
l’acte bilatéral ou plurilatéral découle de plusieurs volontés. Exemple : la vente.
L’acte de disposition est celui qui réalise la transmission de droits pouvant avoir pour effet la
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diminution du patrimoine de son auteur. Il peut donc s’agir d’un acte d’aliénation ou d’une
opération pouvant conduire à terme à cette aliénation. L’acte de disposition constitue un acte
grave juridiquement. Exemple : La vente d’un immeuble.
Enfin, l’acte conservatoire désigne l’acte ayant pour but de préserver le patrimoine. Exemple : la
souscription d’un contrat d’assurance incendie.
Un acte entre vifs est un acte destiné à produire ses effets juridiques du vivant de ses auteurs.
A l’inverse, l’acte à cause de mort produit ses effets après le décès de l’une des parties.
Exemple : le testament.
L’acte juridique se définit de manière générique par la réunion de deux éléments : un acte de
volonté et des effets de droits voulus et recherchés.
1) Un acte de volonté : L’acte juridique est un agissement volontaire. C’est un acte libre et
conscient. Son régime est dominé par cette liberté. Ainsi, pour qu’un acte soit valable
juridiquement, il doit reposer sur un consentement libre et éclairé. Il doit également être
accompli par une personne capable juridiquement et avoir un objet et une cause licites.
2) Des effets de droit voulus et recherchés : L’acte juridique est un acte dont les effets
ont été voulus et librement recherchés par les parties. Ces effets peuvent consister en la
création, la modification, la transmission ou l’extinction d’un droit.
Le fait juridique se définit comme un évènement auquel la loi attache des effets de droit. Il
convient d’exposer les éléments constitutifs d’un fait juridique avant d’en indiquer les
différents types.
Deux éléments sont nécessaires pour qu’il y ait fait juridique : un fait de base et des effets de
droit qui y sont attachés.
2) Des effets de droit : tout comme l’acte juridique, le fait juridique emporte des effets de
droit. Mais, à l’inverse de l’acte, les effets liés au fait juridique découlent de la loi et non
de la volonté humaine.
Ce sont principalement les délits, les quasi-délits et les quasi-contrats. Tandis que les
délits et les quasi-délits sont des faits illicites, les quasi-contrats sont licites.
- Les délits civils : ce sont les faits de l’homme résultant d’une faute intentionnelle et
engageant sa responsabilité civile. Selon l’art. 1382 du code civil « tout fait quelconque de
l’homme qui cause à autrui un dommage oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le
réparer ».
- Les quasi-délits : ils se définissent comme des faits illicites de l’homme commis sans
intention de nuire mais engendrant des dommages qui obligent son auteur à réparation.
- Les quasi-contrats : Selon l’art. 1371 du code civil ce sont « les faits purement
volontaires de l’homme, dont il résulte un engagement quelconque envers un tiers, et
quelque fois un engagement réciproque des deux parties ».
La preuve est le moyen utilisé pour établir l’existence d’un fait ou d’un droit dont on se prévaut. Il
est obligatoire de prouver toute prérogative contestée. La preuve d’un droit peut s’avérer
nécessaire même quand il y a pas de contestation. Cette importance de la preuve a fait dire à un
auteur que « avoir un droit et ne pas pouvoir le prouver, équivaut à ne pas en avoir ».
L’étude de la preuve fait intervenir trois questions fondamentales : qui doit prouver ? Quels sont
les moyens de preuve dont peuvent disposer les sujets de droit ? Dans quelles conditions ces
moyens sont-ils admis ?
invoque.
Ce principe est cependant écarté par le jeu des présomptions. Celles-ci se définissent comme
« les conséquences que la loi ou le magistrat tire d’un fait connu à un fait inconnu » (art. 1349 du
code civil). Les présomptions renversent la charge de la preuve en dispensant leur bénéficiaire de
cette obligation.
Il existe de deux sortes de présomptions : les présomptions légales (qui découlent de la loi) et les
présomptions de l’homme (les indices susceptibles d’être retenus par le juge). Seules les
présomptions légales constituent des exceptions au principe de la charge de la preuve fixée par
l’art. 1315. Elles-mêmes, se divisent en deux catégories, à savoir :
- Les présomptions simples ou relatives qui renversent la charge de la preuve tout en
permettant à la personne contre laquelle elles sont invoquées de se défendre par des
moyens contraires. Exemple : le mari qui est présumé être le père de l’enfant de son
épouse peut toutefois prouver le contraire.
- Les présomptions absolues ou irréfragables qui n’admettent aucune preuve contraire.
Dans ce cas, celui qui en bénéficie n’a non seulement pas à apporter la preuve de ce qu’il
invoque, mais également aucune preuve contraire ne peut lui être opposée. Exemple : la
règle de l’autorité de la chose jugée selon laquelle ce qui a été jugé définitivement ne
peut plus être remis en cause.
C/ Le serment
Le serment peut être décisoire ou supplétoire.
1) Le serment décisoire : c’est le serment déféré par une partie à son adversaire. Il tranche
la cause du litige. En effet, trois possibilités s’offrent au destinataire du serment :
a) Prêter le serment, ce qui lui fait gagner automatiquement le procès ;
b) Refuser de le prêter, ce qui équivaut à un aveu judiciaire du non fondé de sa
prétention : donc, il perd le procès ;
c) Référer le serment, c’est-à-dire le renvoyer à son auteur : dans ce cas, la prestation
ou le refus de prestation du serment par celui-ci termine la contestation.
Le serment décisoire est un procédé dangereux puisqu’il dépend de la bonne ou mauvaise foi des
parties. C’est pourquoi, un avocat qui veut y faire recours doit au préalable avoir de son client
une autorisation spéciale.
2) Le serment supplétoire ou serment déféré d’office : C’est le serment déféré par le juge
à l’une des parties. Ce procédé ne peut être utilisé que pour compléter un autre moyen de
preuve. Le serment supplétoire ne lie pas le juge qui reste libre d’apprécier comme il
l’entend la prestation ou le refus de prestation du serment. Le serment supplétoire ne
peut pas être référé par son destinataire à son adversaire.
D/ Le témoignage
C’est l’acte par lequel une personne atteste l’existence d’un fait dont elle a personnellement eu
connaissance. Il se distingue de « la commune renommée » ou « ouïe-dire » qui consiste pour le
témoin à rapporter ce qu’il a entendu dire par un tiers. Toutefois, Le témoignage indirect peut
être admis lorsqu’il porte sur des propos que l’on peut vérifier.
Le témoignage est une preuve morale, dont la force probante est abandonnée à l’intime
conviction du juge ; c’est-à-dire que le juge qui n’est pas convaincu d’un témoignage peut
toujours l’écarter. C’est ce qu’exprime la maxime « l’interlocutoire ne lie pas le juge ».
La preuve par témoin est toujours admise pour les faits juridiques. Mais s’agissant des actes
juridiques, elle est exclue du fait que les parties ont la possibilité de se ménager un écrit. Le code
civil dispose en effet qu’il n’est reçu aucune preuve par témoins contre et outre un écrit (art.
1341 du code civil). Le témoignage est néanmoins admis pour les actes juridiques dans les cas
suivants :
1) Lorsque la valeur du litige ne dépasse pas 5000 F ;
2) Lorsqu’il existe un commencement de preuve par écrit, c’est-à-dire tout acte écrit qui
émane de celui contre lequel il est invoqué et qui rend vraisemblable le fait allégué ;
Cours de droit civil, 1re année IUT/Tahoua – Deuxième partie Année
2012/2013.