Asymétrie
d'information
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traitant du thème abordé ici, merci de
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références utiles à sa vérifiabilité et en
les liant à la section « Notes et
références »
En pratique : Quelles sources sont
attendues ? Comment ajouter mes
sources ?
En économie, on parle d'asymétrie
d'information lors d'un échange quand
certains des participants disposent
d'informations pertinentes que d'autres
n'ont pas. Par exemple, les gestionnaires
d'une société A savent s'ils sont
honnêtes ou pas, s'ils disposent d'une
meilleure information sur la solidité de
leur affaire par rapport à l'information
dont disposent les actionnaires de la
société B. La présence d'asymétries
d'information conduit à des problèmes
d'anti-sélection et de risque moral. Ils
sont notamment étudie dans le cadre de
la théorie des contrats et de la théorie
des incitation.
Au-delà de la CPP,
l'asymétrie d'information
Les économistes savent que le modèle
de la concurrence pure et parfaite (CPP),
une approximation théorique supposant
que soient réunies diverses conditions,
ne reflète pas de manière satisfaisante la
réalité.
Dans le modèle CPP, on fait l’hypothèse
que les agents économiques sont
parfaitement informés (qualité, prix,
expression des besoins, etc.). Or, sur les
marchés réels, l’information est
imparfaite, l'un des phénomènes étant
l’existence d’asymétrie d’information.
Le prix, une source d'information …
Le prix est lui-même un vecteur
d’information. Dans le cadre du modèle
CPP, sa principale fonction est d'informer
de la rareté économique d’une ressource,
compte tenu notamment de sa qualité.
La qualité est une information complexe.
Et obtenir cette information est un
processus qui peut être coûteux (en
argent, mais aussi en temps).
L’information a donc elle-même une
valeur et les individus sont disposés à
payer pour l’obtenir. Cependant les
marchés de l’information posent un
problème, car l’information n’est pas tout
à fait un bien comme les autres. C’est
fondamentalement un bien d’expérience,
c'est-à-dire que vous ne connaissez la
valeur de l’information (pour vous)
qu’après l’avoir obtenue. Dès lors, se
pose un dilemme. Devez-vous accepter
de payer « pour voir » ? (Au risque d’être
déçu par l’information obtenue). Ou
n’allez-vous pas essayer d’obtenir
l’information avant de payer (au risque de
ne plus payer, au prétexte, réel ou
imaginaire, que l’information ne vous
intéresse pas) ?
Ces situations sont caractéristiques de
l’existence d’une asymétrie
d’information. Celle-ci peut être du côté
du vendeur (celui-ci en sait plus que
vous, et le problème à résoudre a été
caractérisé comme un problème de
sélection adverse, pour l’acheteur). Le
marché des véhicules d’occasion étudié
par l’économiste George Akerlof dans un
article célèbre, The Market for “Lemons”,
est l’exemple type.
Akerlof et le « marché des tacots » …
Akerlof publie The Market for “Lemons”
en 1970, qui met en évidence une
situation d'asymétrie d'information sur
un marché. Le marché étudié est celui
des lemons, que l'on peut traduire par
« tacots », « rossignols » ou encore
« citrons », c'est-à-dire les voitures
présentant des vices cachés sur le
marché des voitures d'occasion. Dans le
« marché des tacots », les vendeurs
possèdent de l'information
supplémentaire par rapport aux
acheteurs sur la qualité des produits, et
sont incités à tromper ceux-ci en leur
vendant une mauvaise voiture au prix
d'une bonne voiture.
Dans une telle situation, la courbe de
demande du bien a une forme atypique.
Elle n’a pas la forme classique (du
modèle CPP) d’une fonction
décroissante du prix. Mais celle d’une
courbe en C « inversé ». En effet, les
personnes qui possèdent un « tacot »
vont tenter de s’en débarrasser en le
vendant d’occasion. Comment les
acheteurs peuvent-ils faire le tri entre les
vendeurs qui ont de bonnes raisons de
vendre leur véhicule et ceux qui le font
parce que le véhicule est devenu un
« tacot » ? Devant le risque, les acheteurs
sont tentés de se retirer du marché, ce
qui a pour conséquence de faire baisser
le prix pour toutes les voitures. Les
vendeurs de véhicules de bonne qualité,
jugeant le prix trop faible, renoncent alors
à proposer leur véhicule, et la proportion
de « tacots » augmente, ce qui rend
encore plus méfiant les acheteurs, etc. À
la limite, le marché des véhicules
d’occasion peut disparaître. En pratique il
devient « étroit » et les « tacots » y sont
surreprésentés.
Donc, devant un manque d'information
sur la qualité, les mauvaises voitures
chassent les bonnes. Ce modèle montre
ainsi une imperfection du marché qui ne
maximise dès lors plus l'utilité des
consommateurs (à cause de la sélection
adverse), pas plus que le profit des
producteurs les plus intéressants (en
raison de l'effet d'éviction sur ces
derniers).
Akerlof partage le prix Nobel d'économie
en 2001 avec Joseph Stiglitz, pour cette
étude de l'asymétrie d'information.
Les signaux …
Article détaillé : Signal (économie).
Pourquoi cela ne se produit-il pas
forcément ? Parce qu’il existe des
« parades ». Une parade repose par
exemple sur la théorie du signal. Un prix
élevé peut être un signal fort envoyé aux
acheteurs. D’autres signaux peuvent être
envoyés et se combiner (la garantie, les
clauses contractuelles, etc.). Ce
raisonnement est à la base de toute la
réflexion économique sur la qualité. Dans
le cas où le vendeur est une entreprise
(et non un simple particulier comme
dans l’exemple étudié ci-dessus par
Akerlof) celle-ci va en outre construire
son offre dans la durée en misant sur la
réputation de ses produits.
Elle ne pourra continuer à utiliser le prix
élevé comme un signal que si elle ne
déçoit pas les acheteurs. C’est ainsi que
les marques constituent un capital
réputationnel qui guide les
consommateurs dans leurs choix et
agissent comme un réducteur
d’incertitude (en diminuant l’asymétrie
d’information). Nous sommes alors dans
le cadre d’un apprentissage lié aux
échanges successifs, apprentissage qui
permet un affinement des anticipations
sur la qualité. On passe ainsi d’une
hypothèse d’anticipations rationnelles
(modèle CPP) à un cadre d’anticipations
adaptatives, avec possibilité
d’apprentissage.
Ces phénomènes de réputation
constituent des barrières à l’entrée de
nouveaux compétiteurs et nuisent donc à
la fluidité des marchés postulée dans le
cadre du modèle CPP. C’est aussi dans
ce cadre que l’on peut analyser le rôle
joué par les dépenses de publicité.
Comme le rappelle l’économiste Joseph
E. Stiglitz citant les propos attribués à un
chef d’entreprise « quand je dépense un
dollar de publicité, je sais que j’en jette un
demi par la fenêtre, le problème, c’est que
je suis incapable de dire lequel. »
La publicité a en effet objectivement un
double rôle : elle est à la fois informative
et persuasive. Le rôle informatif peut être
analysé dans le cadre ci-dessus comme
un réducteur d’asymétrie d’information
(notamment en raison du fait que pour
engager des dépenses aussi élevées,
c’est que l’entreprise est sûre de la
qualité de ses produits). Mais elle peut
aussi être analysée comme un moyen de
développer des « croyances », dont le
caractère purement informatif est plus
discutable.
Sélection adverse et aléa moral …
Articles détaillés : Sélection adverse et
Aléa moral.
Outre les problèmes de sélection
adverse, l’asymétrie d’information peut
être appréhendée dans des contextes où
l’un des contractants peut être amené à
changer de comportement. L’autre
partenaire est alors dans une situation
caractérisée par l’apparition d’un aléa
moral. Ce cas a été particulièrement
étudié dans le domaine de l’assurance.
L’acheteur est ici l’assuré qui cherche à
se prémunir contre un risque en
souscrivant une police d’assurance. Le
vendeur est ici la compagnie d’assurance
qui se retrouve dans une situation où elle
doit couvrir un risque dont la probabilité
d’occurrence peut être mesurée ex ante
par des analyses reposant sur la loi des
grands nombres. Cependant, une fois la
police souscrite, l’acheteur du contrat
peut changer de comportement. Il peut
relâcher sa vigilance. Le vendeur du
contrat risque alors de voir ses coûts
augmenter considérablement. Il lui faut
maintenir des incitations suffisantes à ce
que le comportement de l’assuré ne
devienne pas opportuniste. Les
mécanismes de franchises en sont un
exemple. Le problème est ici que le
changement de comportement intervient
ex post, c'est-à-dire une fois le contrat
passé. Et que les contrats peuvent
difficilement prévoir toutes les
possibilités (même s’ils sont écrits avec
le plus de soin possible). Les contrats
sont donc incomplets.
L’asymétrie d’information est ici liée à la
nature opportuniste des contractants qui
sont libres de changer de
comportements dans la mesure où des
incitations ne sont pas suffisantes à les
remettre dans le « droit chemin ». Cette
asymétrie d’information est notamment
liée au fait que les contrats en question
se déroulent dans la durée.
Solutions pour pallier les
problèmes d'asymétrie …
d'information
Pour limiter l'asymétrie d'information (et
les risques d'anti-sélection) des
producteurs au détriment des
consommateurs :
décerner des labels et certifications
respectant un cahier des charges
(labels publics ou indépendants)
contrôler et réprimer les fraudes par
des institutions publiques ou des
campagnes d'information.
développer le capital social entendu ici
comme la qualité des relations
interpersonnelles, ce qui inclut la
confiance des agents économiques et
l'efficience des conventions sociales
(dimension sociologique).
Autre approche : Orléan et les
conventions
…
Des auteurs comme André Orléan ont
exploré d’autres possibilités, notamment
dans le cadre de leur réflexion sur la
finance de marché. Pour lui, il existe des
croyances partagées (appelées
également des « conventions », d’où le
nom de la théorie dite théorie
économique des conventions). Pour
Orléan, les marchés ont une logique
autoréférentielle : les intervenants sur un
marché interprètent toute nouvelle
information, notamment sur les prix, par
exemple le prix d’un actif (action ou
obligation) à l’aide du cadre cognitif dont
ils disposent, et notamment vont
chercher à anticiper quelle est la
signification pour les autres de
l’information. Ce qui intéresse les agents
n’est donc pas l’information en elle-
même, mais la manière dont les autres
l’interprètent. Dans ce contexte, un
comportement d’imitation constitue une
forme dynamique de rationalité
autoréférentielle comme Keynes l’avait
déjà montré à travers l’exemple du
concours de beauté.
Le problème est que cette rationalité
autoréférentielle peut amplifier les
dysfonctionnements du marché en
situation d’information imparfaite à la
Akerlof. Elle est ainsi à l’origine des
bulles qui se forment sur certains
marchés d’actif (actions, immobilier…) et
qui deviennent des krach à certains
moments parce que les anticipations
autoréférentielles changent d’orientation
à l’occasion d’une nouvelle information.
Le problème est que l’information n’a pas
nécessairement un rapport avec la
question de la qualité au sens étudié
précédemment.
Et donc que le prix n’est pas en lui-même
un bon indicateur de la qualité d’un actif.
Les phénomènes de mode s'expliquent
par le mimétisme des comportements
qui s’applique à de nombreux produits et
peuvent être interprétés ainsi. Ce qui
compte alors, ce n’est pas la qualité
(« objective ») du produit, mais le fait de
posséder ce produit parce que tout le
monde le possède ou aurait envie de le
posséder ; ce qui peut induire des
comportements agressifs de la part de
ceux qui sont tentés mais n’ont pas les
moyens de se l’offrir, mais aussi des
comportements de faussaires de la part
d’entreprises qui vont chercher à imiter le
produit jusqu’à en fabriquer des
imitations illégales.
Conclusion …
On voit que l’asymétrie d’information
enrichit le raisonnement économique, en
montrant les difficultés d'application
d'une des conditions de la théorie de la
concurrence pure et parfaite.
L'information est imparfaitement
distribuée, certains agents étant
naturellement, et de manière transitoire,
mieux informés que d'autres. De plus,
l'utilisation de l'information ne suit pas
totalement les hypothèses de rationalité
des agents (finance comportementale).
Par ailleurs, l'agent peut détourner
l'information à son avantage
(désinformation).
L'asymétrie de l'information conduit par
exemple à être réservé sur les
prédictions d'experts, et à considérer que
les experts devraient se contenter de
présenter des scenarios plus ou moins
probables et plus ou moins informés,
laissant les décideurs prendre leurs
responsabilités au moment des choix.
Voir aussi
Articles connexes …
Problème principal-agent
Aléa moral
JessX, logiciel libre de finance
expérimentale permettant de tester
l'asymétrie d'information.
Sélection adverse
George Akerlof
James Mirrlees
The Market for "Lemons"
Théorie des contrats
Théorie des mécanismes incitation
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