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3-Candida Et Candidoses

Ce document décrit les différents types de candidoses superficielles, notamment les candidoses cutanées comme l'intertrigo et la candidose anale, ainsi que la candidose unguéale. Il explique les caractéristiques cliniques, les facteurs de risque et les aspects microbiologiques de ces infections fongiques superficielles.

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3-Candida Et Candidoses

Ce document décrit les différents types de candidoses superficielles, notamment les candidoses cutanées comme l'intertrigo et la candidose anale, ainsi que la candidose unguéale. Il explique les caractéristiques cliniques, les facteurs de risque et les aspects microbiologiques de ces infections fongiques superficielles.

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Université Saad Dahleb-Blida

Faculté de Médecine
Département de Pharmacie

Candida
&
candidoses
Dr L.Rezkallah
Laboratoire de Parasitologie-Mycologie
Les Candida:
Introduction
Champignons levuriforme (levures), µ-organismes, eucaryotes
Ubiquitaires , cosmopolites
Endogènes ou exogènes
Commensaux

 Genre Candida:
≈200 espèces →Nbre restreint implique en pathologie humaine
Candida albicans plus incriminée

Pouvoir pathogène :
Facteurs favorisants locaux et/ou généraux →Infections opportunistes

Candidoses superficielles (localisées)


Mycoses: Candidoses
Candidoses invasives (profondes)
Épidémiologie : Agents pathogènes
Classification
Selon la reproduction Selon la reproduction
asexuée sexuée
Domaine des : Eucaryotes  Domaine des : Eucaryotes
Règne des: Fungi (Champignons)  Règne des: Fungi
(Champignons)
Phylum (Division) des :
Deuteromycotina  Phylum (Division) des:
Ascomycotina
Classe : Blastomycètes
 Classe : Ascomycètes
Ordre : Cryptococcales
 Ordre : Saccharomycétales
Famille : Cryptococcaceae
 Genre : Candida
Genre : Candida
Espèces : Plusieurs espèces  Espèces: albicans+++,
albicans+++ , glabrata, parapsilosis, …. parapsilosis,…
Épidémiologie : Agents pathogènes
Morphologie et biologie :
important polymorphisme génétique, phénotypique, antigénique
Levure non pigmentée
Non encapsulée (non capsulée)
Formes variées: ronde, ovalaire, allongée
Taille: 4-8µm
Paroi globalement bilamellaire renfermant des -glucanes
Bourgeonnement multilatéral→ Blastospores
Productrice (C.albicans) ou non (C.glabrata) de filaments (mycéliums)
et/ou pseudofilaments (pseudomycéliums)
Uréase (-), incapables d’assimiler l’inositol
Capables de fermenter les sucres
Culture : Colonies blanches, crémeuses
Épidémiologie : Agents pathogènes
Levure Habitat naturel (Biotope)
Espèce Commensale muqueuses digestives et
albicans Candida albicans +++ génitales
Signification pathologique sur la peau
C.glabrata Écologie proche de celle de C.albicans
C.parapsilosis Fréquente de peau mais pas du tube digestif.

4 espèces ½ extérieur : sol , eau, céréales


les plus C.tropicalis Chez l’ ♂: colonise peau, muqueuses digestives
Espèces fréquentes et urinaires
non Alimentaire
albicans C.krusei ½ extérieur, peut se retrouver accidentellement
dans le tube digestif suite à son ingestion.
C.dubliniensis Voisine de C.albicans
Autres C.guilliermondii Commensale de la peau
C.kefyr Alimentaire
Épidémiologie: Facteurs favorisants
Facteurs intrinsèques Facteurs extrinsèques
(Liés à l’hôte) (Iatrogènes)
Physiologiques: Ages Médicaments : ATB, CTC, IS
extrêmes et grossesse chimiothérapie anticancéreuse,
hormones contraceptives
Locaux: transpiration,
humidité, macération, Héroïnomanie IV
contact avec sucres, mauvais
état bucco-dentaire Chirurgie (cardiaque,
digestive), Transplantation
Terrain: AEG, diabète, Sida, d’organe, Cathéters, valve
KC, hémopathie, cardiaque et prothèses
neutropénie (prothèse dentaire)
Physiopathologie
 Origine de l’infection:
Infection est presque toujours d’origine endogène, à partir des levures
commensales.
Colonisation précède souvent l’infection
 Physiopathologie et principaux aspects cliniques:
 Levures opportunistes: passent de l’état commensal à l’état
pathogène S/effet de facteurs favorisants (= facteurs de risque).
 Aspects cliniques :
 Nombreux et variés
 2 groupes:
• Candidoses superficielles et candidoses profondes
• ≠rent par: leur localisations, leur gravité, leurs facteurs de
risque et les espèces en cause.
Clinique
Candidoses superficielles (Localisées):
Candidoses cutanées
Candidose unguéale (Onychomycose, onyxis à Candida)
Candidoses des muqueuses
Candidoses cutanéo-muqueuse chronique

Candidoses profondes (invasives):


Candidémie= Fongémie à Candida
Candidoses systémiques
Candidoses profondes
(Uni ou Multiviscérale)

Candidose hépatosplénique (Candidose disséminée chronique)


Candidoses superficielles :
Très fréquentes,
En majorité bénignes, faciles à diagnostiquer et à
traiter.
 Identification des facteurs de risque est
importante pour éviter les récidives
Candidoses
Fréquentes
cutanées
 Cliniquement : Intertrigo, candidose anale et folliculite isolée

Intertrigo = atteinte des plis:


Petits: interdigitopalmaire (interdigital), interdigitoplantaire
(interorteil)
Grands plis (inguinaux, s/mammaires, interfessier, axillaire et
abdominaux): symétriques
Intertrigo a Candida plus rare aux pieds (chaleur, chaussures)
Prurigineux →se surinfecter et s’eczématiser facilement.
Intertrigo des mains (début au 3ème espace → évocateur)
Cliniquement :
Erythème suintant, lisse.
Sensation de cuisson, parfois douloureux
Début au fond du pli puis s’étend.
Bords irréguliers, d’aspect « émietté »
Fond du pli recouvert d’un enduit blanchâtre.
Facteur de risque:
Obésité (favorise l’humidité et macération des plis). Mais peut se voir aussi chez les
diabétiques.

Candidose
Intertrigo
du pli
inguinal
interfessier
 Intertrigo des petits plis: espaces interdigitaux palmaire (mains) et
plantaires (pieds).
 Prélèvements: des dépôts blanchâtres, grattage des squames en bordure de
lésion.

Intertrigo interdigital

Intertrigo
interorteil
Candidoses cutanées
Candidose anale:

Au départ: une anite entrainant un prurit intense au


passage des selles.
Prurit intense, sensation de brûlure
Erythème suintant
Infection s’étend ensuite localement vers les plis (intertrigo
périanal)
Chez le nourrisson et plus jeunes enfants:
Dermatite préexistante (dermatite fessière du nourrisson)
Extension se fait vers le siège (érythème fessier du
nourrisson) aux fesses et aux aires génitales.
Candidose anale
Dermatite fessière

Candidose fessière et génitale du


nourrisson
(Erythème fessier du nourrisson)
Candidoses cutanées
 Candidose anale:
 Il faut y penser chez un patient adulte qui présente un prurit anal
violent après une prise d’antibiotiques.
 A noter que cette atteinte à Candida peut aussi révéler un diabète.
 prélèvements: lésions d’anus et des plis.

Folliculite isolée :
Très rare
Follicule pileux de la barbe (après application de CTC locaux) et chez la
femme traitée pour acné par tétracycline
Candidoses superficielles
Candidose unguéale (Onychomycose ou onyxis à
Candida): (onyxis = atteinte de l’ongle)
Trés frequent aux mains, femme plus touchée
 Sujets amenés à immerger les mains dans l’eau de façon fréquente: ménagères,
plongeurs dans les restaurants, coiffeurs….
Contacts prolongés et répétés avec l’eau et produits d’entretient, le port de
gants de protection, microtraumatismes et abus de soins de manucure.
Autoinoculation à partir d’un foyer digestif ou génital
C.albicans plus incriminée
Début au bord proximal de de l’ongle par atteinte des tissus périunguéaux:
Périonyxis: Pression → Sérosité, pus
(puis s’étend vers le bord libre de l’ongle qui devient jaunâtre et se détache de son
lit)
Atteinte de l’ongle est secondaire:
Invasion d’ongle sur bord latéral → Bord libre, décollement de tablette
Ongle devient jaunâtre et se détache de son lit.
Evolution : Onycholyse totale
Périonyxis:
Tuméfaction rouge douloureuse entourant la base de l’ongle
Porte d’entrée de l’infection
Précède l’onyxis
N’existe pas dans les onyxis à dermatophytes

Onyxis des mains


Candidose unguéale (onyxis avec périonyxis)
Prélèvements: grattage de l’ongle, prélèvement de périonyxis
Candidoses superficielles
Candidoses des muqueuses

Candidoses digestives Candidoses buccales Candidoses génitales


et
péribuccales

Candidoses oropharyngées Perlèche angulaire (Chéilite)


Candidoses oropharyngées
Muguet buccal (Forme pseudomembraneuse):
 F. Plus classique
Début par erythème de muqueuse

Lésions blanchâtres, fermes

Confluer (dépôts blanchâtres )

Mb blanc jaunâtres sur muqueuse inflammatoire, adhérentes
Clinique: sécheresse, gout métalique et cuisson de la bouche
Sidéens : Dysphagie, Denutrition
Evolution:
Toute muqueuse orale touchée (langue, gencive, face interne des
joues, le voile du palais ), pharynx et l’œsophage chez l’ID
Candidose buccale, muguet buccal
Candidoses oropharyngées
Forme Erythémateuse Forme Hyperplasique
atrophique (pseudotumorale)
Cpc (porteurs de prothèse Plaques bourgeonnantes,
dentaire) hyperkératosique (langue ou
muqueuse jugale).
Lésions multifocales (
palais et dos de la langue). Adhérentes, difficilement
détachables.
Muqueuse érythémateuse
luisante et la langue Fumeurs
dépaillée
Risque de transformation
maligne
Perlèche angulaire
(Chéilite):
Accompagne volontiers les
candidoses oropharyngées
(souvent associée à une
atteinte buccale interne)
Fissuration et inflammation
des commissures labiales,
souvent bilatérale gênant
l’ouverture de la bouche.

Perlèche et chéilites

 Prélèvements des lésions buccales et péribuccales: grattage et écouvillonnage


Candidoses digestives
Candidose œsophagienne
Associée à candidose oropharyngée
Facteur de risque:
 Sida (ID lymphocytaire T VIH):CD4<
150/mm³ →œsophagite à Candida =
marqueur d’infection à VIH. Candidose
œsophagienne classe patent infecté par
le VIH en stade SIDA
Autres: cancéreux, leucémiques,..
Cliniques: Dysphagie, douleurs (brûlures)
rétrosternale augmentées au passage des
aliments, hoquet, anorexie.
Candidose buccale souvent associée. Prélèvements:
Endoscopie (fibroscopie): vésicules
 Buccal si lésions buccales associées
blanc-jaunâtre ou moins étendues,
pseudomembraneuses (enduit  Fibroscopie et biopsie des lésions
blanchâtre caractéristique avec ou sans œsophagiennes
ulcérations)  Rechercher une
Diagnostic mycologique par la biopsie immunosuppression sous-jacente.
Candidoses digestives
Candidose gastro-intestinale :
Intéresse tout le tube digestif (estomac → colon)
Rare
Diarrhée aqueuse, douleurs abdominales à la palpation
Associée à une anite candidosique
Candidoses gastriques Candidoses intestinales

Secondaires aux candidoses  Atteinte du grêle est exceptionnelle


buccales ou œsophagienne → réalise un tableau de gastro-
Accompagnées de brûlures entérite aigue
gastriques, vomissements
 Atteinte colique se manifeste par
des douleurs abdominales diffuses
spontanées
Candidoses génitales
Candidose vulvovaginale (Vaginite) :
Fréquente , période de l’activité génitale
Hormonodépendantes :2epartie de cycle menstruel et pendant 3e trimestre de
grossesse
ATB et diabète = Facteurs favorisants.
C.albicans > C.glabrata
Clinique:
Prurit vulvaire intense, brûlures vulvaires
Leucorrhées blanchâtres abondantes « en lait caille » ou «caillebottées»
Dysurie et une dyspareunie
Ex gynécologique au spéculum: :
Érythème et œdème de la vulve (fissures ou des excoriations).
(Muqueuse érythémateuse et œdémateuse recouverte d’1 enduit blanchâtre
caractéristique)
Diffusion de l’érythème a l’aine et aux plis inter fessier → Etiologie candidosique
Evolution: Favorable (90% des cas)/compliquée (10% des cas)
Forme récidivante : 1ère manifestation clinique de l’infection à VIH chez une
femme séropositive
Candidoses génitales
 Candidose vulvovaginale (Vaginite):
 Origine endogène (levures commensales de muqueuse vaginale ou digestive).
 Ce n’est pas une IST (infection sexuellement transmissible).
 Chez femme non immunodéprimée, les principaux facteurs favorisants sont : ATB,
grossesse, diabète, présence d’un stérilet, toilette locale trop fréquente, port de
jeans trop serrés.
 prélèvement: génital et vaginal des dépôts blanchâtres.
Vulvo-vaginite: Leucorrhée et vulvite à Candida
Candidoses génitales
Chez l’homme:
Balanite (balano-posthite):
 Rare, le début se fait dans le sillon balanopréputial par un érythème qui
intéresse le gland et le prépuce
Petites vésicules blanc-jaunâtres sur une muqueuse érythémateuse avec enduit
blanchâtre dans le sillon balanopréputial
Prurit, inflammation, douleurs de la verge
Eruption peut s'étendre au pénis, au scrotum et à l'aine chez l'obèse.
Forme sévère: Rechercher un diabète
Atteinte de l’homme:
Recherche une partenaire avec une vaginite à Candida (candidose génitale)

Candidose génitale
(balanite)  prélèvement:
dépôts blanchâtres
Candidose cutanéo-muqueuse chronique
(granulome candidosique):
Rare, les jeunes enfants

Atteinte à Candida albicans persistante ou récidivante de la


peau, des ongles et des muqueuses.

Lésions unguéales (aspect crouteux hyperkératosique)

Trouble de l’immunité cellulaire


Candidoses profondes
Source d’infection (de contamination)

Endogène Exogène
(foyer digestif) (chirurgie, pose de cathéter)

Origine de contamination
Portes d’entrées
Tube digestif bas (C.albicans)
et sphère oropharyngée
(population fongique,  effet Peau (voies veineuses Génito-urinaire
de barrière des bactéries centrales, toxicomanes, (C.glabrata)
commensales, lésion de la brûlures, site opératoire,..)
muqueuse digestive, (C.parapsilosis)
perforation d’ulcère)
Candidoses profondes
Factures favorisants (patients à risque):
Altération barrières mécaniques naturelles:
Cathéter [KT central (surtout si >14 jours): communication directe entre
flore cutanée et l’espace vasculaire]
Ulcération des muqueuses, chirurgie digestive, perforation digestive
(réservoir digestif important des levures), colonisation digestive haute ou
basse par Candida sp et chirurgie thoraciques lourdes.
Neutropénie
Chimio-TRT (altère capacité de phagocytose, ulcérations au niveau du tube
digestif), radiothérapie ( défenses immunitaires locales au niveau des
muqueuses) ou corticothérapie, IS, ATB à large spectre
 Hémodialyse
 Nutrition parentérale totale
Hospitalisation prolongée en réa (USI) ou en unité de greffe de moelle
Hémopathies malignes, Diabète, Grands brulés, prématurés, Héroïnomanie
intraveineuse
Candidoses profondes
Candidoses systémiques (septicémiques)
Candidémie Candidose systémique
(disséminée aigue)
Isolement Candida dans 1 Correspond à 1 situation où 1
hémoculture levure est identifiée dans (+ieurs)
 4ème septicémie en ½ sites non contigus, impliquant 1
hospitalier dissémination hématogène, bien
 ≈ 10% des infections sanguines que les hémocultures soient
nosocomiales restées négatives.
C.albicans est isolée dans 50% des cas
C.glabrata, C.tropicalis et C.parapsilosis sont couramment isolés et
peuvent être plus pathogènes et plus difficiles à traiter que C.albicans.
Candidoses profondes
Candidoses profondes
Infection grave (mortalité 40%)

Pas de symptomatologie spécifique (peu spécifique):

Fièvre irrégulière résistante aux ATB à large spectre


chez patient présentant des facteurs de risque

AEG (torpeur)
Présence de lésions cutanées « métastases »
(maculo-papules érythémateuses)

Douleurs musculaires (myalgies)


Candidoses profondes
Candidoses profondes : Clinique
Atteinte uni ou multiviscerale:
Localisations secondaires à 1 fongémie (dissémination):
1 fongémie, même très transitoire, peut localisations IIaire en qq jours à qq
semaines: œil, cœur, os, articulations, foie, rate, rein, poumons (microabcès),
neuroméningée,… :
Localisations oculaires (choriorétinite, endophtalmie) :
Fond d’œil: présence d‘1 choriorétinite: nodules cotonneux, blanc jaunâtre
de rétine
Et cardiaques (endocardite):échographie cardiaque:
Grosses végétations intracardiaques évocatrices d‘1 infection candidosique

Doivent toujours être recherchées après une fongémie


Localisations profondes primitives:
La (+) fréqute est péritonite candidosique post chirurgicale ou chez les
patients S/dialyse péritonéale.
Autres localisations sont rares
Septicémie à levures

Prélèvements:
 Hémocultures
 Sérologie antigène et anticorps à répéter
 Recherche des portes d’entrées (sites de colonisation digestifs, urinaire
et respiratoires, voies veineuses)
Candidoses profondes
Candidose hépatosplénique (Candidose disséminée
chronique) :
Forme particulière évoluant sur le mode chronique
Patients ayant une leucémie aigue dont la maladie est en rémission après une
Chimio-TRT
Données récentes attribuent ce tableau à un syndrome de restitution immunitaire
Associe:
Fièvre rebelle aux ATB et ATF
Hépato et/ou splénomégalie
PAL (phosphatases alcalines)
augmentées
Douleurs abdominales

Echographie, TDM et surtout une IRM:
micronodules intraparenchymateux
Dg repose essentiellement sur l'imagerie, la biopsie étant peu contributive et les
hémocultures souvent négatives.
• En plus des candidoses superficielles et
Les profondes
Candida

• Peuvent être à l’origine de manifestations


allergiques à type de migraine, rhino
Les sinusite, asthme mais le tableau le plus
fréquent est celui d’eczéma.
Candida
Diagnostic des candidoses superficielles
Prélèvements :
Dans tous les cas: prélèvements réalisés avant TRT- ATF
 Si plusieurs sites →prélevés séparément, dans des boites stériles séparées

Peau et ongles : (solides) Muqueuses:


Gratter lésions (vaccinostyle) Frotter (2 écouvillons stériles
prélèvement doit être fait à la limite humidifiés : 1 pour l’ED,
de la zone saine et la zone malade . l'autre pour la culture)
Ongles: Lésions membraneuses
Découper-Gratter zone friable à la buccales :
limite de zone saine et zone malade Détacher les membranes avec
Périonyxis : une curette.
Presser bourrelet érythémateux
↓ Urines
Prélever sérosités à l'écouvillon
stérile Selles
Diagnostic des candidoses superficielles
Examen direct (ED)

Peau et ongles (solides): Muqueuses:


 1 goutte d’éclaircissant + Ecouvillons remis
produit pathologique sur en suspension dans
lame porte objet, recouvrir l’eau distillée ou
d’une lamelle, chauffer sérum physiologique
légèrement au dessus d’une Examen à l’état frais
flamme puis examiner au
microscope.
Éclaircissant (solution de
potasse 10 à 30 %, Noir
chlorazole,..)
ED peut être négatif ou montrer des levures rondes ou ovalaires de 4 à 8m de taille ,
bourgeonnantes ou pas, avec ou sans pseudomycélium et/ou ou vrai mycélium.
Levures et filaments (mycélium)
Aspect microscopique des
levures (formes blastospores)

Gram

Examen direct
au KOH
Diagnostic des candidoses superficielles
 Mise en culture :
 Candida → Peu exigeantes sur le plan nutritif
Milieux (½) d’isolement utilisé en mycologie : ½ de Sabouraud en tubes additionné
d‘ATB: chloramphénicol (inhibition de la pousse des bactéries) ou gentamicine et
cycloheximide (Actidione®) (inhibition de la pousse des moisissures et certains
champignons pathogènes): SC, SAC
½ sont ensemencés par inondation de la pente pour produits pathologiques liquides
et par dépôt en plusieurs points sur la pente de la gélose pour prélèvements solides.
Candida poussent en 24 à 48 h à 25-30°C : Colonies glabres, lisses, humides,
blanchâtres crémeuses
 Examen microscopique de culture révèle des levures du genre Candida qu’il faudra
identifier: spores fongiques rondes ou ovalaires de 4 à 8m , bourgeonnantes ou pas,
avec ou sans pseudomycélium et/ ou vrai mycélium

Candida sp:
Aspect macroscopique des
colonies de levure en culture
sur ½ de Sabouraud
Diagnostic des candidoses superficielles
Identification d’1 champignon levuriforme (levure) (Genre et
espèce) à partir de ½ d’isolement:
Commencer par l’identification de Candida albicans (espèce plus fréquente et
plus incriminée). Identification est basée sur:
Critères morphologiques: Macroscopie et microscopie de colonies
Test de blastèse (test de filamentation ou germinations dans sérum): test rapide
qui permet l’identification de Candida albicans en 3 à 4 heures. L’espèce albicans a
la capacité de pousser un tube germinatif dans du sérum incubé à 37°C pendant 3
à 4 heures
Recherche des chlamydospores terminales: Repiquage sur ½ PCB, RAT ou Rice
cream:
PCB : ½ à base de pulpes de pomme de terre, pulpe de carotte et bile alors
que le Rice cream est à base de crème de riz. Sur ces ½ toutes les espèces de
Candida donnent des blastospores et un pseudomycélium à l’exception de
Candida glabrata qui ne filamente pas.
Espèce albicans donne en plus des blastospores et du pseudomycélium, des
chlamydospores terminales qui se présentent S/F de grosses spores de 6 à
12m de diamètre à paroi épaisse, double contour : Forme de résistance.
Test de blastèse (test de filamentation): 37°C en 3-4h
Positif: Candida albicans/ dubliniensis
Tubes germinatifs Négatif

Chlamydosporulation
Blastoconidies (Blastospores)
Pseudomycelium (Pseudofilament)

Chlamydospores
terminales
Diagnostic des candidoses superficielles
Identification d’1 champignon levuriforme (levure) (Genre et
espèce) à partir de ½ d’isolement: Auxanogramme et zymogramme
Identification précise de l’espèce en cause repose sur des tests
physiologiques qui permettent de tester la capacité des levures à assimiler
(utiliser) différents sucres en aérobiose (auxanogramme) ou en anaérobiose
(fermenter : zymogramme)
Des galeries miniaturisées et standardisées sont actuellement
commercialisées pour l’étude de l’assimilation des hydrates de carbone (Api
Candida, Api 20C Aux et ID 32 C, bioMérieux ; Auxacolor, Bio-Rad)….

Interprétation:
La galerie Après traduction du profil
«Auxacolor» d’assimilation en un code numérique:
Identification de l’espèce est assurée
par comparaison à des bases de
données
Diagnostic des candidoses superficielles
Identification d’1 champignon levuriforme (levure) (Genre et
espèce) à partir de ½ d’isolement: Milieux chromogènes (Milieux
chromogéniques, Géloses chromogéniques):
½ Contenant des substrats chromogènes qui révèlent des activités
enzymatiques propres à certaines espèces  Coloration particulière f(espèce).
Coloration particulière f (espèce).
Hydrolyse
Substrat chromogénique Coloration spécifique
Enzyme spécifique

Exemple :
N-acétyl-β-D-
galactosaminidase

C.albicans
Diagnostic des candidoses superficielles
Identification d’1 champignon levuriforme (levure) (Genre et
espèce) à partir de ½ d’isolement: Milieux chromogènes (Milieux
chromogéniques, Géloses chromogéniques):
Particulièrement indiqués: Dg des candidoses
Plus onéreux que les milieux standards
Gain du temps (24 à 48 heures)
Facilite la détection des associations de levures
Identifier directement C.albicans (Identification du cplexe C. albicans/
C.dubliniensis): :
Colonies en bleu (Candida ID®2, bioMérieux)
Colonies en vert (CHROMagar® Candida, Becton-Dickinson)
Pas ≠ ciation entre colonies de C. dubliniensis et C.albicans (très voisines)
→ Identification du cplexe C. albicans/ C.dubliniensis
Identification présomptive des espèces non albicans  Tests
complémentaires pour identification précise
ChromagarCandida

Avantage des milieux


spéciaux/aux milieux
conventionnels (5-6j)
Identification est rendu très
rapide pour Candida albicans→
24h-48h
Suspicion de C.tropicalis,
C.krusei et C.glabrata (résistantes
au fluconazole)  identification
(galeries )→ 48 h à 72 h
Détection facile de cultures
mixtes
Diagnostic des candidoses superficielles
 Identification d’1 champignon levuriforme (levure) (Genre et
espèce) à partir de ½ d’isolement:
 Réduction du tétrazolium: certaines levures sont capables de réduire les sels
de tétrazolium en formant des dérivés colorés insolubles qui se déposent à
l’intérieur des cellules et les colorent.
 Aspect des colonies apparaît alors soit en violet pour Candida tropicalis, rose
pour Candida parapsilosis et blanc pour les levures ne réduisant pas ce sel.
 Cependant : la différenciation reste assez subjective

C.albicans  Blanc crème ( Rx négative)


C.tropicalis Rouge foncé à violet (Rouge violet) (Rx positive)

NB: Dg immunologique indirect (détection des anticorps


« Ac ») et/ou direct (détection des antigènes « Ag »):
Pas d’intérêt dans Dg des candidoses superficielles
Dg des candidoses superficielles : Résumé
Peau et ongles Muqueuses
Prélèvements Examen Prélèvements Examen
direct direct
Gratter les lésions (avec
vaccinostyle) Éclaircissant Frotter (2 écouvillons Etat frais
Ongles: +/- d‘1 stériles humidifiés : 1 dans du sérum
Découper colorant: pour l’ED, l'autre pour la physiologique
Gratter zone friable Solution de culture) Eclaircissant/
Périonyxis : potasse Lésions membraneuses colorant
Presser le bourrelet (KOH)10 à 30 buccales : détacher les
érythémateux % membranes avec une
Prélever les  Noir curette.
sérosités à chlorazole
l'écouvillon
Mise en culture et Identification de la levure
Dg immunologique, sérodiagnostic : Pas d’intérêt dans candidoses
superficielles
Diagnostic des candidoses profondes, systémiques
Diagnostic difficile
Orienté Confirmé

Signes d’orientation: Confirmation:


Clinique non spécifique (fièvre), terrain •Hémoculture positive (<50%)
Paracliniques : •ED et/ou culture positive
PAL↗, grosses végétations, nodules (sites profonds)
intraparenchymateux, FO (PAS, Gomori Grocott)

∑ Arguments cliniques, radiologiques et bilogiques


Recherche d’Ac couplée à la recherche d’Ag circulants (Ag mannanes = Ag pariétal
majeur de Candida) +++: 2 fois /semaines: Evaluer le risque et traiter patient sans
les S.cliniques.
Biologie moléculaire : Dg, Etudes épidémiologiques.
NB: Antifongigramme: candidoses profonde, infection superficielle avec échec TRT,
ID S/TRT prophylactique (Rce II aire)
Diagnostic des candidoses profondes, systémiques
Diagnostic direct:
Prélèvements:
 Hémocultures:
 Devant toute suspicion de septicémie à Candida, il est nécessaire de prescrire
des hémocultures, cependant, la détection des levures dans le sang reste très
difficile; il existe un grand nombre de faux négatifs (environ 60%).
 Biopsies des tissus profonds: Examen anatomopathologique:
• Structures fongiques sont mieux vues à l’acide périodique de Schiff (PAS) et
aux colorations spécifiques à l’argent (Gomori Grocott). histologie permet de
démontrer le caractère invasif d’une candidose profonde.
• Cultures permet d’identifier l’espèce (biopsies seront découpées au bistouri ou
broyées eau distillée stérile à l’aide d’un Potter).
• Malheureusement chez les patients fragilisés et qui présentent souvent des
troubles de coagulation, la réalisation de biopsie à titre diagnostic n’est pas
possible.
Diagnostic des candidoses profondes, systémiques
Diagnostic direct:
 Prélèvements:
 Liquides biologiques normalement stériles:
présence de Candida dans LCR , dans un liquide de ponction articulaire en cas de
tableau d’arthrite, prélèvement éventuel des milieux de l’œil en cas de
symptomatologie oculaire est un argument qui permet d’affirmer la candidose.
 KT:
Isolement en culture de Candida au niveau d’un KT dans le cadre d’un syndrome
septicémique permettra d’affirmer l’existence d’une candidose.
Diagnostic des candidoses profondes, systémiques
Prélèvements
Hémocultures Biopsies profondes Liquides stériles
(cérébral, cardiaque, (LBA, liquide pleural,
hépatosplénique,…) articulaire, LCR,..).
Faites au moment des Découper les fragments en Centrifugation
pics fébriles petits morceaux et les Examen direct à l’état
Plevt 5-10ml du sang recueillir dans un pot stérile: frais
au pli du coude 1 partie est réservée à Etalement de frottis
Ensemencer l’examen mycologique colorés au MGG ou
stérilement en flacon (Examen direct et la culture). Giemsa et par
d’hémoculture. 1 autre partie fixée (formol imprégnation argentique
Doivent être répétées ou liquide de Bouin) → Labo (technique de Gomori
d’anatomopathologique Grocott ou de Musto).

Prélèvements d’autres sites pouvant être colonisés par Candida: urine,


selles , expectoration,…
Diagnostic des candidoses profondes, systémiques
Examen direct:
MEE de levures bourgeonnantes avec ou sans filaments au sein des produits
biologiques stériles ou biopsies →Affirmer caractère pathogène de levure

Levures ou Levures et
blastospores filaments
(mycélium)

Examen anapath complète l’examen direct → Mycoses profondes:


Colorations par:
PAS (acide périodique de Schiff)→Bien adaptée au Dg des levuroses
Gomori Grocott colore intensément la paroi de tous les champignons.
Hématéine Eosine Saffran (HES) permet d’apprécier la réaction tissulaire
de l’hôte.

PAS
Diagnostic des candidoses profondes, systémiques
 Culture:
½ d’isolement SC et SAC
Colonies poussent, à 37°C (prélèvements profonds ) en 24 à 48 heures :
Colonies glabres, lisses, humides, blanchâtres crémeuses
Examen microscopique de culture révèle des levures du genre Candida qu’il
faudra identifier: spores fongiques rondes ou ovalaires de 4 à 8m ,
bourgeonnantes ou pas, avec ou sans pseudomycélium et/ ou vrai mycélium
Dg des candidoses systémiques repose sur les hémocultures sur ½ standard
ou spécifique pour levures→ Rarement positive.

Candida sp:
Aspect macroscopique des
colonies de levure en culture
sur ½ de Sabouraud
Diagnostic des candidoses profondes, systémiques
Identification d’1 champignon levuriforme (levure)
(Genre et espèce) à partir de ½ d’isolement:
Critères morphologiques (macro et micro)
Critères phénotypiques : Test de blastèse (test de filamentation),
Recherche des chlamydospores terminales
 Et l’assimilation ou la fermentation de certains sucres à l’aide de
galeries (Auxanogramme et zymogramme): Api Candida, Api 20C Aux
et ID 32 C, bioMérieux; Auxacolor, Bio-Rad
Ces techniques obligent à travailler sur colonies isolées et nécessitent
généralement 24 heures au minimum après l’isolement pour une
identification au niveau de l’espèce

La galerie
«Auxacolor»
Test de blastèse (test de filamentation) : 37°C en 3-4h
Positif: Candida albicans/ dubliniensis
Tubes germinatifs Négatif

Chlamydosporulation
Blastoconidies (Blastospores)

Pseudomycelium (Pseudofilament)

Chlamydospores
terminales
Diagnostic des candidoses profondes, systémiques
Milieux
chromogènes:
ChromagarCandida

Avantage des milieux


spéciaux/aux milieux
conventionnels (5-6j)
Identification est rendu très
rapide pour Candida albicans→
24h-48h
Suspicion de C.tropicalis,
C.krusei et C.glabrata (résistantes
au fluconazole)  identification
(galeries )→ 48 h à 72 h
Détection facile de cultures
mixtes
Diagnostic des candidoses profondes, systémiques

Identification d’1 champignon levuriforme (levure) (Genre


et espèce) à partir de ½ d’isolement:
 Il existe également des tests l’identification rapide pour Candida
albicans, Candida krusei (BichroLatex Fumouse, Fumouse) et pour
Candida glabrata (Glabrata RTT Fumouse) qui sont pratiqués sur des
colonies isolées, permettent de gagner au moins 24 heures pour
l’identification. Ces tests sont des tests d’agglutination ou de réaction
enzymatique de réalisation simple et rapide
 Réduction du tétrazolium
Diagnostic des candidoses profondes, systémiques
Techniques de biologie moléculaire :
 Ces techniques ne sont pas standardisées ni disponibles en routine.
Pour la détection, la PCR en temps réel semble prometteuse. Les
méthodes moléculaires d’identification et de typage sont réalisées
par des centres spécialisés.

A l’heure actuelle, ces techniques traditionnelle sont progressivement


supplantées par la spectrométrie de masse de type MALDI-TOF qui
connaît un essor important en microbiologie et permet une
identification plus rapide et fiable. Elle est prometteuse pour
l'identification rapide des levures
Diagnostic des candidoses profondes, systémiques
 Etude de la sensibilité aux antifongiques (ATF): Antifongigramme
Fungitest® (Bio-Rad)
 Réalisée sur toute levure provenant d’1 patient immudéprimé. En dehors de ce
contexte, l’étude de la sensibilité aux ATF n’est réalisée de manière systématique
que sur des isolats obtenus d’un site profond normalement stérile.
 C. albicans reste l’espèce la plus sensible au fluconazole, suivi de C. tropicalis puis
de C. glabrata, résistante pour 20% des isolats et de C. krusei qui est
génétiquement résistante.
 Ainsi, une identification précise de l’espèce fongique permet de prévoir sa
sensibilité aux azolés.
 Suivi régulier de la colonisation des muqueuses:
 Sites ouverts susceptibles d’être colonisés ou contaminés (bouche, intestin, urines,
voies aériennes)
 Colonisation est un préalable à toute invasion : facteur de risque majeur
d’infection.
 Colonisation de plusieurs sites périphériques: facteur de risque indépendant de
candidose invasive.
 Difficultés de mise en œuvre.
Dg immunologique des candidoses profondes, systémiques :
MEE d’anticorps (Ac) sériques ou d’antigènes (Ag) circulants marqueurs d’1 IFI
Recherche des Ac anti-Candida (IEP, ES, IFI, HAI et ELISA qui recherche des Ac
dirigés contre les mannanes, Ag prépondérants de paroi des levures ):
En pratique: au moins 2 techniques
Détection isolée d’Ac

Difficultés d’interprétation liées au caractère commensal de C.albicans


interprétation délicate: Difficile de distinguer patients infectés des
patients colonisés
Patients immunodéprimés (ID) ont souvent une faible réponse en Ac

A été utilisée dans l’étude de colonisation pour évaluer le risque fongique

ID, en raison de la faible production d’Ac :


 Répétition (2 fois /semaine) des examens sérologiques est nécessaire
afin de suivre l’évolution des Ac
Ascension du titre en Ac plaide en faveur d’une infection récente
Diagnostic des candidoses profondes, systémiques
Diagnostic immunologique indirect: Détection d’Ac spécifiques:
 Dépistage d’1 candidose systémique doit associer 2 techniques :
immunoélectrophorèse (IEP), éléctrosynérèse (ES), hémagglutination indirecte
(HAI), ELISA, IFI.
 Si un des tests est positif → Tests de confirmation: ES, IEP (technique de
référence) sont à réaliser.
 Techniques d’immunoprécipitation (ES, IEP): Interprétation difficile: MEE de
trois arcs de précipitation peut être le témoin d’une infection fongique.
 Test immunoenzymatique est mis au point permettant la détection dans le
sérum d’Ac antimannanes. Ce réactif standardisé est commercialisé (Biorad
Platelia Candida Ac).
 En pratique, suivi sérologique des patients à risque est nécessaire au rythme
minimum d’un examen par semaine: ELISA est à préconiser car c’est 1 méthode
sensible et quantitative:
Une séroconversion ou une élévation (ascension) significative du titre d’Ac
sur 2 prélèvements successifs sont un argument en faveur d’une colonisation par
levures, phase précédant l’infection.
Diagnostic des candidoses profondes, systémiques
Diagnostic immunologique direct:
Détection de molécules fongiques circulantes
(Antigènes circulants de Candida):
 Sérologie (Ac) peut souvent être mise en défaut chez l’ID
 Détection des Ag circulants ou de métabolites fongiques dans le sang, mais aussi
dans les urines, LCR ou LBA, peut pallier ces inconvénients.
 En pratique, cette recherche s’applique au Dg des candidoses profondes
 Parmi les tests proposés pour Dg des candidoses figurent la détection de protéines
(énolase), de métabolites (arabitinol) ou de polyosides (glycanne, mannane).
 Recherche prometteuse est la détection de -1-3glucane (présent aussi bien chez
les champignons filamenteux que chez les levures).
 Actuellement: détection de mannane circulants (Polysaccharides majeurs de la
paroi des levures du genre Candida :Ag pariétal majeur quantitativement et
qualitativement:) à l’aide d’un Ac monoclonal anti-EB CA1
Diagnostic des candidoses profondes, systémiques
Diagnostic immunologique direct:
Recherche de mannanes circulants (Ag circulants de
Candida) : Deux tests sont commercialisés :
Test Pastorex® Candida (Bio-Rad) : (Kit: Pastorex Candida)
Agglutination de particules de latex sensibilisées par un Ac monoclonal anti-
mannane.
Excellente spécificité (proche de 100%), mais sensibilité mauvaise, ne
dépassant pas 30%.
De ce fait, il est peu utilisé bien qu’il permette une réponse immédiate
Test Platelia Candida Ag® (Bio-Rad) :
Détecte mannanes circulants par technique ELISA sandwich en microplaques
utilisant un Ac monoclonal
Spécificité excellente, sensibilité n’excède pas 50% chez des patients atteints
de candidose invasive prouvée
De plus, comme test Pastorex® Candida, il reconnait de façon inconstante
mannanes de paroi des blastospores des espèces non albicans (C.krusei,
C.kefyr et C.parapsilosis).
Diagnostic des candidoses profondes, systémiques
Il est recommandé d’associer la recherche d’Ac circulants
antimannanes (IEP, ES, IFI et ELISA) à la recherche des mannanes
circulants (Ag circulant antigène pariétal majeur de Candida ) (Pastorex
Candida, Platelia Candida®)

Meilleurs résultats ont été obtenus par couplage de recherche de


mannanes et celle d’Ac circulants
Cette recherche couplée doit être faite 2 fois/ semaine pour pouvoir évaluer
le risque et traiter le patient à risque sans attendre les signes cliniques

Dg précoce

Tests Platelia® permettraient de réaliser plus précocement le Dg de


candidose systémique, en moyenne 4 jours avant la positivité des
hémocultures
Disparition d’Ag avec apparition d’Ac serait évocatrice d’une candidose
tissulaire.
Pastorex Candida (Biorad)

Tests sérologiques : détection du mannane des Candida et des anticorps qu’il suscite
Définitions des mycoses invasives

EORTC en 2002
Patients atteints de cancer ou receveurs de
cellules souches hématopoïétiques
Infection prouvée
Infection probable
Infection possible
Ascioglu S et al. Clin Infect Dis 2002;34: 7-14
Mycose prouvée
Présence de levures ou de filaments à type de
levures à l’examen histo-cytologique d’une biopsie
ou aspiration à l’aiguille à l’exception des
prélèvements muqueux
OU
Culture positive d’un prélèvement obtenu de
manière aseptique d’un site stérile ET anomalies
cliniques ou radiologiques évoquant une infection
(excepté les urines et les muqueuses)
Clin Infect Dis 2002; 34:7-14.
Mycose probable ou possible
Infection probable Infection possible
Présence d’au moins: Présence d’au moins:

1 critère lié à l’hôte 1 critère lié à l’hôte


ET ET
1 critère microbiologique 1 critère microbiologique
ET OU
1 critère clinique majeur 1 critère clinique majeur
(ou 2 mineurs) (ou 2 mineurs)

Clin Infect Dis 2002;34:7-14.


Critères liés à l’hôte
 Neutropénie (< 500 PNN/mm3, > 10 j)
 Fièvre > 96h malgré une ATB à large spectre appropriée
chez un patient à risque élevé
 Température >38°C ou < 36°C ET 1 élément suivant
 Neutropénie > 10 j dans les 60 j précédents
 Agents immunosuppresseurs dans les 30 j précédents
 Mycose invasive prouvée ou probable lors d’une
neutropénie antérieure
 SIDA symptomatique
 GVH (>= grade 2) ou GVH chronique extensive
 Corticothérapie > 3 semaines dans les 60 j précédents
Clin Infect Dis 2002;34:7-14.
Critères microbiologiques
Cultures positives à Candida sp.:
 2 uro-cultures positives en l’absence de sonde
urinaire
Examen direct positif à Candida sp.:
 Présence de Candida sp. à l’examen direct des
urines en l’absence de sonde urinaire

Clin Infect Dis 2002;34:7-14.


Critères cliniques
Doivent être en rapport avec le site du prélèvement
positif et l’épisode en cours
Lésions nodulaires sans autre explication
Choriorétinite ou endophtalmie
Candidose hépatosplénique
 Multiples lésions en cocarde, périphériques et de
petite taille dans le foie ou la rate retrouvées en écho,
scanner ou IRM
 Élévation des phosphatases alcalines
 Aucun critère microbiologique n’est nécessaire
Clin Infect Dis 2002;34:7-14.
Traitement et prévention
TRT ATF, quelque soit gravité des candidoses, ne se conçoit qu’en
prenant en compte les facteurs favorisants et en maitrisant la maladie
sous-jacente
Sur le plan prophylactique: précautions doivent impérativement être
prises afin de minimiser les risques de récidives et pour éliminer les
causes locales favorisantes, notamment la macération.
Ablation de matériel étranger est souvent un prérequis pour
stérilisation des foyers lors des candidoses profondes:
Ablation de tout matériel étranger constitue probablement le geste
primordial quand levure responsable est C. parapsilosis comme pour
son adhérence surtout support synthétique
Intérêt de chirurgie doit être discuté dans certaines localisations.
Candidoses superficielles
Candidoses cutanées Onyxis candidosique (candidose
unguéale)
TRT curatif: TRT curatif:
Topique ATF locaux : (imidazolés, Application de topiques ATF ou solutions
polyènes, cyclopiroxolamine) pdt 2 filmogènes (imidazolé, cyclopiroxolamine,
à 4 semaines. amorolfine) jusqu’à la repousse saine d’ongle
 Forme galénique choisie (Mycoster® 8 % ou Locéryl®: accélérer
f(localisations , caractère humide ou guérison)
sec des lésions) Exérèse des zones atteintes favorise la
Terrains fragilisés, lésions guérison
étendues: TRT systémique. Périonyxis : Associer antiseptique+
 Foyer digestif et vaginaux sont Imidazolé (crème) sur périonyxis et les sillons
traités latéraux.
TRT préventif: éliminer les causes TRT préventif: supprimer facteurs de risque:
locales favorisantes: macération. séchage mains, limiter contact avec sucre,
Candidose cutanéo-muqueuse acides, CTC et soins manucure intempestifs.
chronique : kétoconazole per os Echec TRT (2 mois) ou atteinte de (+ieurs)
(Nizoral®). ongles + perionyxis important: TRT par voie
orale est associé (fluconazole)
Candidoses superficielles
Candidoses génitales
 1er épisode de candidose vulvovaginale: TRT local par azolés (ovule,
capsule ou gel vaginal): butoconazole, econazole, miconazole,
fenticonazole, isoconazole : ovule ou capsule le soir au fond du vagin
pdt 3 j. On peut leur préférer les formes monodoses à élimination
retardée (un seul ovule).
 Vulvite associée: toilette par savon alcalin, azolé S/F crème, émulsion
fluide ou lait pdt 2 à 4 semaines.
 Candidose vaginale récidivante:
 Traiter l’épisode aigu comme précédemment avec un ovule/ j pdt 3 j à
partir du 19 ou 20e j du cycle, et ceci sur 4 à 6 mois.
 On peut préférer un TRT per os par fluconazole 150 à 300 mg (contre-
indiqué chez femme enceinte), en une prise hebdomadaire pdt 6
mois.
Balano-posthite: Imidazolés locaux
Candidoses superficielles
Candidoses oropharyngées
 1er épisodes:
 ATF locaux (nystatine, amphotéricine B, miconazole) de 10 à 15j dans
formes aigues et de 3 semaines dans formes chroniques.
 TRT adjuvants: bains bouche avec antiseptique (chlorhexidine) ou
bicarbonate de soude, désinfection régulière de la prothèse dentaire et
TRT de l'hyposialie.
 Perlèche: désinfection du versant cutané et gel ATF appliqué sur les deux
versants pendant 15 jours.
 Immunodéprimé:
TRT local est d'abord tenté : miconazole 50 mg (Loramyc), 1 comprimé
gingival mucoadhésif 1 X/j pdt 1 semaine, le matin après brossage des dents.
Mauvaise observance, échec du TRT local, forme étendue : fluconazole de
100 à 200 mg/j pdt 5 à 10 j (sauf si infection à C.glabrata ou C.krusei).
Candidoses réfractaires au fluconazole: itraconazole (Sporanox) en solution
buvable (200 à 400 mg/ j) ou la micafungine (Mycamine) (150 mg/ j) peuvent
être proposés.
Candidoses profondes:
Candidémies et candidoses systémiques
Consensus international :
TRT toute candidémie, même isolée.
2ème recommandation est d’enlever ou changer si possible les cathéters
vasculaires:
Enlever ou changer cathéters vasculaires→leur maintien étant associé à un
plus mauvais pronostic.
Ablation de matériel étranger est souvent un pré requis pour stérilisation des
foyers lors des candidoses profondes →constitue probablement geste
primordial quand levure responsable est C. parapsilosis
Intérêt de chirurgie doit être discuté dans certaines localisations.
TRT des candidoses systémiques, l’arsenal ATF s’est considérablement
diversifié ces dernières années avec la commercialisation de nouvelles
formulations lipidiques de l’Amphotéricine B, le développement de nouvelles
molécules dans des classes d’ATF connues et l’apparition de nouveaux ATF
Candidoses profondes:
Candidémies et candidoses systémiques
En France, stratégie retenue par conférence de consensus (2004) est
fondée sur présence ou non :
Insuffisance rénale, Neutropénie, TRT antérieur fluconazole (azolés) ou
amphotéricine B

TRT est de 15 jours après dernière hémoculture positive et/ou


disparition des symptômes.

TRT sera poursuivi :

Si neutropénie persiste, pour couvrir une semaine, après correction


de celle-ci.
Poursuivi plusieurs semaines voire mois en cas de localisations
secondaires
Candidoses profondes:
Candidémies et candidoses systémiques
TRT:

TRT initial (avant identification de l'espèce):


Amphotéricine déoxycholate laisse aujourd'hui sa place au fluconazole,
au voriconazole ou aux échinocandines : caspofungine (Cancidas),
micafungine (Mycamine). Ces dernières sont souvent prescrites en 1ère
intention.
Dès que levure responsable est identifiée →TRT doit être adapté, sur
notions de sensibilité habituelle aux ATF :
Amphotéricine B S/F conventionnelle ou lipidique, voriconazole et
posaconazole peuvent retrouver leur indication.

Dans syndrome de restauration immunitaire de candidose hépato-


splénique →CTC-TRT est indiquée.
Candidoses profondes:
Candidémies et candidoses systémiques
TRT : Autres localisations endocardiaques (cardiaques ), oculaires, et
méningées associées ou non à une candidémie, si le patient est très
immunodéprimé ou gravement atteint:

Amphotéricine B (Fungizone®) (1 mg/Kg/j – IV) associée à la 5


fluorocytosine (Flucytosine ) (Ancotil®) (100 à 200 mg/Kg/j).

 Relais pris par le fluconazole à forte dose. Celui-ci peut être prescrit
en 1ère intention (800 mg/j puis 400 mg/j) s'il n'existe pas de signes de
gravité (ne pas le donner si infection à C. krusei ou C. glabrata).

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