REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
UNIVERSITE DES SCIENCES ET DE LA TECHNOLOGIE FACULTE DE CHIMIE
MOHAMED BOUDIAF D’ORAN (U.S.T.O)
DEPARTEMENT DE GENIE-CHIMIQUE
PARCOURS : MASTER 1 GENIE-PETROCHIMIQUE
MODULE DE PRODUCTION DE POLYMERES
Nom et Prénom du Responsable du module : MARREF Mohamed
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Chapitre 1 : Du pétrole aux polymères plastiques
Introduction
Plus de 300 millions de tonnes de polymères plastiques sont produits chaque
année, essentiellement à partir de pétrole.
Après avoir été extrait du sous-sol, le pétrole brut est envoyé dans une raffinerie
pour séparer les différents constituants (étape de raffinage). On obtient du fioul
(Bitume), utilisé pour le chauffage ; du gazole, du kérosène et de l’essence (Diesel),
utilisés pour les transports ; et du naphta, utilisé pour la chimie.
Le naphta subit une importante étape de transformation (le craquage) permettant
d’obtenir de petites molécules, les monomères vinyliques (éthylène, propylène,
styrène, butadiène) et d’autres molécules telles que le (benzène, éthanol, acétone, …)
qui seront la matière de base des matériaux polymères plastiques.
Avec une réaction chimique de polymérisation, ces monomères s’assemblent et
forment de longues molécules, les polymères (polyéthylène, polypropylène,
polystyrène, polybutadiène) qui sortiront de la raffinerie sous forme de granulés, de
liquides ou de poudres.
En ajoutant des adjuvants et additifs à ces polymères, on obtient des matériaux
plastiques variés à qui on donnera des formes variées (tuyau, pots, formes complexes,)
par moulage, extrusion, injection ou encore thermoformage dans les usines.
Le processus de fabrication de matériaux polymères plastiques est le suivant :
I. Quelques définitions
• Monomère : est un composé constitué de molécules simples pouvant réagir avec
d’autres monomères pour donner un polymère.
• On appelle polymère une grande molécule constituée d’unités fondamentales
appelées monomères (ou motifs monomères) reliées par des liaisons covalentes.
Autrement dit, le polymère est un matériau organique composé de longues chaînes
moléculaires appelées macromolécules.
Figure 1. Structure chimique d’un polymère linéaire
2
• Un motif dit aussi monomère (unité répétitive) est la plus petite unité constitutive
dont la répétition décrit un polymère.
• Degré de polymérisation (DP) : le nombre (n) de motifs monomères dans un
polymère.
II. Nomenclature et exemples de monomères et des polymères correspondants
II.1. Nomenclature des polymères
II.1.a. Homopolymères
Les homopolymères sont formés de monomères (unités de répétition) tous
identiques.
Le nom d'un polymère est généralement constitué du préfixe poly suivi du nom
chimique :
- soit du monomère dans le cas où le polymère résulte d'une simple
polymérisation
Exemples : polyéthylènes, poly (chlorure de vinyle) ;
- soit du motif structural unitaire du polymère lorsque ce dernier résulte de la
polyaddition ou de la polycondensation de plusieurs monomères.
Exemples : poly (phénylène éther) ou PPE
Poly (hexaméthylène adipamide) ou PA 6-6.
II.1.b. Copolymères
Les copolymères sont constitués de deux ou plus monomères différents.
Les noms des copolymères sont constitués du préfixe poly, suivi entre
parenthèses, des noms chimiques des monomères donnés dans l'ordre décroissant
des fractions massiques ou molaires de ces composants dans le copolymère, chaque
monomère étant séparé des autres par une barre oblique.
Exemples : poly (styrène/butadiène/acrylonitrile) ou ABS
II.2. Exemples de monomères et de polymères correspondants
a)Exemple de Polyéthylène
Schéma1 : Réaction de polymérisation de l’éthylène
-CH2-CH2- est l’unité du polymère.
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Tout monomère comporte au minimum deux sites réactifs. La polymérisation
sur la double liaison du monomère correspond à l’ouverture de la double liaison.
Schéma2 : Réaction de polymérisation du styrène
b) Exemple de polymères usuels (de grande diffusion)
Polymère Monomère Représentation
PE CH2=CH2 -(CH2-CH2-) n
(Polyéthylène) éthène ou éthylène
PS styrène
(Polystyrène)
PP
(Polypropylène)
PVC chloroéthylène ou chlorure de vinyle
(Polychlorure de
vinyle)
POE
(Polyoxyde
d’éthylène)
PMMA
(Polyméthacrylate de
méthyle)
Polyester 2 monomères : un diacide et un
Exemple : PET dialcool
(Polyéthylène DiacideDiol ou dialcool
téréphtalate)
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Polyamide Diacide :
Exemple : Nylon 6,6 Diamine :
Tableau 1 : Exemples de polymères avec leurs formules développées ainsi que les
monomères et leurs applications
III. Classement des polymères
Les polymères peuvent être classés différemment selon la considération de leurs
structures, le type de réaction qui a servi à les préparer et leurs propriétés
physiques. Ceci veut dire que les polymères peuvent présenter des architectures
extrêmement variables. Ils peuvent être linéaires, ramifiés ou réticulés (selon la
structure).
III.2 Classement de polymères selon leur comportement thermique et mécanique
Les différences de propriétés thermiques et mécaniques résultent de la
différence de structure des polymères et des interactions ou véritables liaisons entre les
chaînes.
On distingue 3 types de polymères selon le comportement thermique :
III.2.a Polymères thermodurcissables
Sous l’effet de la chaleur, il devient dur et ne peut plus fondre. Une nouvelle
hausse de température mènerait à une destruction du polymère.
Explication : les polymères thermodurcissables sont réticulés : ils sont obtenus par
réaction chimique : les réticulations (liaisons covalentes) sont formées au cours du
chauffage et ne peuvent ensuite plus être rompues.
Figure 2 : schéma explicatif de la formation des liaisons au sein d’un polymère
thermodurcissable au cours d’un chauffage
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III.2.b Polymères thermoplastiques
Sous l’effet de la chaleur, il se ramollit et devient malléable (tend à se fondre),
en se refroidissant, il se durcit en conservant la forme donnée à chaud. Ex : PE, PS,
Polyamide.
Explication : Les polymères thermoplastiques sont linéaires ou ramifiés.
Figure 3 : schéma explicatif de la formation des liaisons au sein d’un polymère
thermoplastique au cours d’un chauffage
III.2.c Polymères élastomères
Ils s’étirent sous l’effet d’une action mécanique et reviennent à leur forme
initiale lorsque l’action mécanique cesse. Ex : caoutchouc, polyester.
Explication : les élastomères sont des polymères réticulés :
Figure 4 : schéma explicatif de la formation des liaisons au sein d’un polymère
élastomère au cours d’un chauffage
Le tableau ci-dessous donne les principales différences entre les 3 polymères :
Thermoplastiques Thermodurcissables Elastomères
Polymères fusibles, solubles, Polymères infusibles, matériau amorphe,
recyclables, amorphes ou insolubles, non recyclables, souvent réticulé.
semi-cristallins, dont les amorphes, dont toutes les
chaînes peuvent être chaînes sont liées les unes
séparées les unes des autres. aux autres (réticulé.
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IV. Tacticité des polymères
La tacticité ne concerne que les molécules asymétriques.
- Si les radicaux R sont tous du même côté du plan : on a un polymère linéaire
isotactique
Schéma 1: Exemple de polypropylène (PP) isotactique
- Si les radicaux R sont situés alternativement de part et d’autre du plan: le
polymère est linéaire syndiotactique.
Schéma 2: Exemple de polychlorure de vinyle (PVC) syndiotactique
- Si les radicaux R sont fixés au hasard, de façon aléatoire : le polymère est
linéaire atactique.
-
Exemple de tacticité de polymères vinyliques tels que le polystyrène
La structure primaire est l’enchaînement covalent des motifs monomères.
Ainsi du point de vue stéréoisomérique, le motif -CH 2-CH(Ph)-CH2-CH(Ph)-CH2-
CH(Ph)- va avoir plusieurs formes :
Schéma 3: Exemple des deux formes de tacticité de polystyrène (PS)
isotactique (I) et syndiotactique (II).
Le polystyrène qui peut se polymériser par les trois (3) voies de
polymérisation : radicalaire, cationique et anionique peut être présenté sous ses trois
formes de structures architecturales (isotactique, syndiotactique et atactique) comme
mentionné ci-dessous (figure 2)
Schéma 4: Différentes formes de structures architecturales pour le polystyrène
Le tableau 1 ci-dessous donne les différentes caractéristiques physico-
chimiques des polymères structuraux (polymères atactiques d’une part, et d’autre part
les polymères iso ou syndiotactiques).
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Polymères atactiques Polymères iso ou syndiotactique
Le plus souvent amorphe Bonne aptitude à la cristallisation
Bonne solubilité Faible solubilité
Température de mise en forme basse Température de mise en forme élevée
Faible charge à la rupture Charge à la rupture plus grande
Tableau 1 : Différentes caractéristiques physico-chimiques des différents polymères
structuraux
La perfection de la stéréorégularité des polymères synthétiques n'existe pas ; on
observe seulement une tendance plus ou moins grande à un type de régularité stérique.
Conséquences sur les propriétés mécaniques des polymères :
L’encombrement des groupes R gouverne la mobilité des chaînes moléculaires,
son influence est importante sur les propriétés thermomécaniques.
Les molécules régulières (iso ou syndiotactique) peuvent se ranger côte à côte
pour former des Structures cristallines : augmentation de température de
transition vitreuse Tg.
Les molécules atactiques donnent des matériaux polymères amorphes et peu denses.
En général, les polymères formés à partir de chaînes linéaires non réticulées et
flexibles sont souples (à certaines températures), ce type donne lieu à des polymères
thermoplastiques. Tandis que les polymères très réticulés, formant un réseau
tridimensionnel sont plus rigides. Ce sont des polymères thermodurcissables.
Chapitre 2 : Production et synthèse de polymères
Introduction
La polymérisation est la réaction qui, à partir des monomères, forme en les
liants des composés de masse moléculaire plus élevée, qui sont les polymères ou
macromolécules. Le tableau ci-dessous donne les différentes voies de
polymérisations :
Tableau 1 : Différentes voies de polymérisation pour la synthèse de polymères
On distingue 2 types de réactions de polymérisation : La polymérisation par étapes
et la polymérisation en chaîne.
I. Réactions de polymérisation par étapes
I.1Généralités
La polymérisation par étapes est un mécanisme de polymérisation qui procède
par des étapes indépendantes. Les monomères avec deux ou plusieurs groupes
fonctionnels réagissent pour former d'abord des dimères, ensuite des trimères et
oligomères plus longs, et ensuite des polymères à chaine longue.
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Deux types de polymérisations par étapes sont à distinguer :
I.2. Réactions de polycondensation
Chaque étape est une réaction de condensation qui se fait avec élimination de
petites molécules (sous-produits) telles que H2O, HCl, NH3 ou CH3OH. Ce type de
polycondensation présente la plupart de polymérisations par étapes.
Ce mécanisme est à distinguer de la polymérisation en chaîne, qui procède
plutôt par l'addition successive et rapide de molécules sur un centre actif.
I.3 Exemples de polycondensation
- Le polyamide
Le polyamide qui est un polymère synthétique reconnu sous le nom commercial
de nylon(6,6) qui est souvent utilisé comme fibre textile : synthétisé par une réaction
de polymérisation entre l'acide hexanedioïque et l'hexaméthylènediamine.
Schéma 1 : Synthèse d’un polyamide de type nylon(6,6) par polycondensation
Le motif de répétition (à l'intérieur des crochets) est plus petit que la somme des
deux monomères après la perte de deux molécules de H2O.
La polycondensation présente une grande importance industrielle : les qualités
mécaniques sont accrues, même si les masses moléculaires sont généralement plus
faibles qu’avec les autres techniques de polymérisation.
Applications : fibres, bouteilles et flacons, pièces thermoformées.
-Le polyester (Tergal)
Schéma 2 : Synthèse d’un polyester (Tergal par polycondensation)
- Synthèse du nylon par polycondensation de l’acide-6-aminocaproïque
Le monomère possède une fonction amine (-NH2) et une fonction acide
carboxylique (-CO2H)
Schéma 3 : Synthèse d’un polyamide par polycondensation de 2 monomères acide
aminocaproique
I.4 Polyaddition: les monomères réagissent sans perte de molécules.
Exemple de synthèse de polyuréthane par polyaddition
Schéma 4 : Synthèse de polyuréthane par polyadditon
II. Réactions de polymérisation en chaînes
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Généralités
Ce type de polymérisation est assez différent de la polycondensation. La
principale caractéristique de cette polymérisation en chaîne est qu’elle se déroule en
trois phases. Elles ne se déroulent pas les unes à la suite des autres dans le temps mais
on assiste à un mélange des étapes.
La première phase est la phase d’amorçage
Elle correspond à l’activation d’une molécule de monomère. L’activation d’un
monomère M se fait grâce à un amorceur A. Ainsi le début de l’équation de
polymérisation en chaîne est de la forme :
M* est le monomère activé ou centre actif.
La deuxième phase est la phase de propagation
Elle correspond à la propagation du centre actif à d’autres monomères.
L’activité de ce monomère activé se propage à d’autres monomères.
Ainsi la propagation va être la répétition de cette forme d’équation :
Pour symboliser MnM*, on va écrire simplement M*. Cela veut dire que le
monomère activé M* est équivalent du point de vue thermodynamique ou cinétique au
polymère terminé par M* (MnM*).
On s’aperçoit que la réactivité de ces deux espèces est absolument identique, ce
qui va nous permettre la simplification des calculs de cinétique. En effet, les équations
cinétiques ne vont pas dépendre de la longueur de la chaîne.
La troisième phase est la phase de terminaison
Elle correspond à la rencontre d’un polymère ayant un monomère activé en bout
de chaîne et d’une espèce qui désactive ce monomère.
Ainsi, l’écriture du polymère est identique à celle du monomère (CH2=CH2).
Et le polymère a donc la même structure chimique que le monomère dans la
polycondensation en chaîne –(CH2-CH2)n-.
On classe la polymérisation en chaîne dans l’un des groupes suivants : la
polymérisation radicalaire et la polymérisation ionique.
II. 1. Réactions de polymérisation radicalaire
II.1.a Exemples d’amorceurs radicalaires les plus courants
- Peroxyde de benzoyle (POB) : L'amorçage radicalaire se fait par rupture
homolytique de la liaison (-O-O-).
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- Azo bis Iso Butyro Nitrile (AIBN)
- Peroxyde de tertiobuthyle (POtBu)
II.1.b Cinétique d’une polymérisation radicalaire.
a) Amorçage
Le peroxyde de benzoyle (POB) et l’a zo bis Iso Butyro Nitrile (AIBN), deux
amorceurs se décomposent en deux radicaux R*.
kd est la constante de dissociation de l’amorceur [A]. Et la vitesse de dissociation est
donnée par la relation suivante :
D’où [A] est la concentration de l’amorceur, f : est un facteur d’efficacité.
La réaction d’amorçage :
d’où la vitesse d’amorçage est donnée par la formule suivante :
D’où ka est la constante d’amorçage du polymère ; [M] : est la concentration du
monomère ; [A*] est la concentration d’amorceur.
b) Propagation
La réaction de propagation continue avec une suite de réactions :
Il y a équiréactivité des centres actifs quelle que soit la longueur de la chaîne portée
par le monomère ().
c) Terminaison
Il va y avoir désactivation du monomère radical. Dans ce cas, on observe deux cas :
La première est une réaction de recombinaison.
Dans ce cas, on a statistiquement un doublement de la masse.
La deuxième est une réaction de dismutation.
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Dans ce cas, on a deux espèces inactives. Cette réaction n’a pas beaucoup d’influence
sur les masses.
On a alors la vitesse de terminaison vt.
La concentration en radicaux libres en milieu réactionnel est donnée :
La vitesse de propagation est donnée par la relation
D’où kp est la constante de propagation du polymère.
[M] et [M*] sont respectivement les concentrations des monomères et du centre actif
(monomère activé)
La constante de la vitesse de polymérisation est :
II.1.c Exemple d’une polymérisation radicalaire : monomère vinylique, 2
amorceurs différents
1. Initiation (réaction d’amorçage)
-Par scission d’une liaison covalente (-O-O-) de l’initiateur :
Addition ensuite du radical libre sur le monomère vinylique CH 2=CHX et création
d’un centre actif sur la molécule.
2. Propagation
3. La terminaison
-Par combinaison
- Par dismutation
II.2. Réactions de polymérisation ionique
Généralités.
Le centre actif est constitué par un ion et non plus un radical libre. Il existe 2
types de réactions de polymérisation ionique : les polymérisations anioniques et les
polymérisations cationiques.
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II.2.a Polymérisation cationique : le carbone du centre actif de la chaîne en
croissance porte une charge positive. (R : le radical du monomère doit être donneur)
Le monomère de référence pour la polymérisation cationique est l’isobutylène.
Il est utilisé pour la fabrication de matériau élastomère tel chambre à air, joint
de cocotte minute, intérieur de pneus. L’imperméabilité au gaz est 100 fois supérieure
à celle des caoutchoucs naturels. En plus, ces polymères à base d’isobutylène sont
résistants thermiquement et peuvent être utilisés comme joints d’étanchéité dans les
circuits vapeurs.
Amorçage.
On utilise généralement des acides ou des sels de cations stables pour amorcer
une polymérisation cationique. Les acides de Brönsted conduisent très souvent à des
oligomères.
Ce type d’amorçage de polymère est peu utilisé ; c’est pourquoi on utilise les
acides de Lewis (les halogénures des métaux de transition) tels que TiCl4, SnCl4, BF3.
II.2.b. Exemples de synthèse de polymères par la polymérisation cationique
-Exemple de synthèse d’un polystyrène
Initiation : étape d’amorçage
Propagation : réactions successives des monomères sur le centre actif (carbocation).
Réaction de terminaison
II.2.c. Polymérisations anioniques
Le carbone du centre actif de la chaîne en croissance porte une charge
négative. C’est une polymérisation du même type que celles cationiques mais avec un
centre actif chargé négativement (carbanion ou oxanion). (R : le radical du monomère
doit être attracteur).
Monomères utilisés.
Les monomères utilisés doivent posséder un substituant attracteur. La
stabilisation peut se faire par résonance.
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Dans les exemples précédents de monomères, leur caractère attracteur diminue
de gauche à droite. Dans le cas du styrène, on peut l’utiliser pour les polymérisations
radicalaires, anioniques et cationiques.
On peut également utiliser des hétérocycles pour les polymérisations anioniques.
Les amorceurs
Les amorceurs appartiennent le plus souvent à la famille des
organométalliques comme le BuLi. Comme on utilise des « bases » comme amorceur
pour les polymérisations anioniques. Les meilleures bases sont les métaux potassium
et sodium.
Le problème est que ces deux bases sont extrêmement réactives et quelles vont
réagir violemment avec H2O.
II.2.d. Etude cinétique.
Elle est limitée au cas des polymérisations sans terminaison et ayant un
amorçage (centre actif) complet avant le début de la propagation. Cet amorçage doit
être complet en temps et en quantité.
Dans notre cas, tout l’amorceur se transforme en anion monomère : [A] = [M-]
= [centre actif] º [C*]. Ainsi, si on utilise du BuLi, il va réagir avec du styrène pour
donner BuCH2-CH-(Ph) Li+.
Exemple 1
Exemple 2
N.B Les polymérisations ioniques sont relativement peu utilisées
industriellement par rapport à la polymérisation radicalaire, du faite que les réactions
de terminaison sont rares.
Applications industrielles
En dehors des polymérisations par ouverture de cycle, on trouve peu
d'applications industrielles de la polymérisation anionique, à l'exception des
copolymères à blocs styrène-butadiène.
III. Les techniques de préparation de réaction de polymérisation
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III.1 Polymérisation en masse
Monomère pur auquel l’initiateur est ajouté directement (il y est donc soluble).
Le polymère précipite ou non dans le milieu réactionnel. Le contrôle de la réaction est
délicat : contrôle difficile de la température.
- Pas de solvant, pas de sous-produits pour la polymérisation radicalaire.
- Le polymère obtenu est pur.
III.2 Polymérisation en solution
En présence d’un solvant du monomère, dont le rôle est de contrôler la
température du milieu réactionnel et donc de maîtriser la réaction chimique.
Intéressant quand le solvant du monomère est non solvant du polymère (le polymère
précipite pendant la polymérisation).
III.3 Polymérisation en suspension
On a : une phase dispersée : monomère + amorceur et une phase dispersante : eau + un
stabilisant. Le stabilisant est un polymère tensioactif préalablement dissous comme
l'alcool polyvinylique.
III.4 Polymérisation en émulsion
La polymérisation en émulsion est interfaciale ; elle est mise en œuvre
industriellement de manière courante comme dans le cas de la fabrication du poly
(acétate de vinyle). La vitesse et les masses molaires sont élevées.
Le tableau2 ci-dessous donne les différents types de polymérisations avec leurs
avantages et inconvénients. Par contre, le tableau 3 donne les principales différences
entre polymérisations radicalaires et celles anioniques.
Type de polymérisation Avantages Inconvénients
Polymérisation en - Souvent possible - Température haute, donc
masse - Pas d'addition de solvant risque de dégradation
- Réactions secondaires
possibles.
Polymérisation en - Il faut éliminer le solvant
solution - Température maitrisée - Domaine dilué, la réaction
est plus lente
Polymérisation en - Température maitrisée - Impossibilité d'avoir des
suspension - Polymère facile à masses molaires importantes
récupérer - Temps de réaction long
- Il faut éliminer le solvant
Polymérisation en - Grande surface de contact, - Il faut séparer polymère et
émulsion donc grande réactivité, et produit d'émulsion après
grande rapidité réaction
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- Obtention de masses
molaires importantes
- Maitrise de la température
Tableau 2 : Différentes types de réactions de polymérisation pour la synthèse de
polymères
Polymérisation radicalaire Polymérisation ionique
Pour la polymérisation anionique, R devra
stabiliser le centre réactif qui est chargé
Le groupement R doit avoir une négativement : R doit être attracteur.
importance moyenne. Pour la polymérisation cationique, R devra
stabiliser le centre réactif positif : R doit
être donneur.
Pour la polymérisation radicalaire, les Pour les polymérisations ioniques, on va
solvants doivent être compatibles avec le utiliser des solvants polaires.
radical.
Le déroulement de la réaction est le Le déroulement de la réaction est le suivant :
suivant : une molécule neutre s’approche vers une
un radical approche vers une double paire d’ions (le centre actif et le contre ion).
liaison dans un milieu peu polaire. Le phénomène de propagation va dépendre
essentiellement de la nature de l’extrémité
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active de la chaîne de croissance.
Il existe deux types de terminaison : Pour les polymérisations ioniques les
la terminaison par dismutation terminaisons formelles sont rares. En effet,
(terminaison unimoléculaire) ou par les recombinaisons entre molécules sont
recombinaison (lien entre deux impossibles et l’attraction de H+ est peu
molécules) fréquente.
Tableau 3 : Les principales différences entre polymérisations radicalaires et celles
anioniques
Chapitre 3 : Production de polymères industriellement
Le schéma ci-dessous illustre la formation de polymères à partir de monomères
vinyliques
I. Catalyseur de polymérisation
II. Exemples de production de polymères
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II.1. Polyéthylène (PE)
Polymérisation : radicalaire ou par catalyse de coordination
Monomère : éthylène (CH2=CH2)
Co-monomère : 1-butène, 1-hexène, 1-octène, acétate de vinyle
L’ajout de co-monomère va réduire la cristallinité et permettre de baisser la densité du
polymère final. Les propriétés seront modifiées en conséquence.
Applications : films, bouchons, emballage alimentaire, tuyaux, flacons, jerrycans,
réservoirs d’essence…..
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II.2. Polypropylène (PP)
Polymérisation : catalyse de coordination
Monomère : propylène (CH2=CH-CH3).
Co-monomère : éthylène, 1-butène.
L’ajout de co-monomère va réduire la cristallinité et rendre le polymère plus ductile
Applications : Films, fibres, caisses, pièces automobiles, emballages alimentaires,
flacons, tuyaux, biens ménagers………
II.3. Polychlorure de vinyle (PVC)
Polymérisation : radicalaire
Monomère : chlorure de vinyle (CH2=CH-Cl)
Plastifiant : le PVC est un polymère rigide, on peut le rendre souple par ajout de
plastifiant comme les phtalate, huile végétales (huile de soja).
Applications : tuyaux, films, flacons, blister, menuiserie, poches à sang.
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II.4. Polystyrène (PS)
Polymérisation : anionique
Monomère : styrène (C6H5-CH=CH2).
Co-monomère : butadiène, acrylonitrile, acrylate.
L’ajout de co-monomère : l’emploi de co-monomères permet l’augmentation de la
résistance au choc.
Applications : emballage alimentaire, TV, réfrigérateur, mousse d’isolation, boites CD,
vaisselle jetable……
II.5. Polyéthylène téréphtalate (PET)
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Polymérisation : polycondensation ou trans-estérification
Monomère : acide téréphtalique et éthylène glycol
Applications :fibres, bouteilles et flacons, pièces thermoformées.
II.6. Polycarbonates
Polymérisation : polycondensation ou trans-estérification
Monomère : bisphénol A et carbonate ou phosgène.
Applications : feuilles, plaques, phare d’automobile, DVD.
III. Usine de production de polymères
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