Matériaux hybrides : étude sol-gel
Matériaux hybrides : étude sol-gel
Présentée par :
Ouissem TRABELSI
Le 12/12/2011
devant le jury
2
Un grand merci à messieurs Philippe DONY et Patrick BAUDART. Ils m‗ont toujours
bien conseillé et se sont impliqués sans compter dans mon travail. Mes connaissances ne
seraient pas ce qu‗elles sont sans les nombreuses discussions avec eux.
Enfin, et surtout je tiens à remercier ma famille. En commençant par mon père qui a
toujours cru en moi en étant toujours à coté de moi. Sa fierté à mon sujet m‘a donné beaucoup
d‘enthousiasme dans mon travail. Ma mère, quant à elle, m‘a toujours poussé et encouragé
dans les moments de doute. Son soutien et sa présence sont un immense capital qui me guide
sur le bon chemin. Qu‘ils sachent que je les aime profondément et j‘espère toujours être à la
hauteur de leur confiance.
Mon frère, Wajdi et ma sœur Marwa qui sont très loin de la chimie mais très proches
dans mon cœur. Ils sont et ont toujours été d‘un énorme soutien.
Ils ont été toujours présents dans les moments les plus difficiles. Qu‘ils trouvent dans ce
document le témoignage de ma gratitude et de mon profond amour.
Mon cœur va également à tous ceux que je n‘ai pas cités ici (qu‘ils me pardonnent).
3
SOMMAIRE
Introduction générale .................................................................................................................. 7
Chapitre I : SYNTHÈSE BIBLIOGRAPHIQUE ..................................................................... 10
I.1 Généralités .................................................................................................................... 11
Références ................................................................................................................................ 33
Chapitre II : Techniques de caractérisation .............................................................................. 40
II.1 Techniques de caractérisation structurale..................................................................... 41
II.4 Comparaison................................................................................................................. 61
Références ................................................................................................................................ 64
4
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides ........................................................ 65
III.1 Introduction .................................................................................................................. 66
5
IV.2.1 Définition ......................................................................................................... 127
6
Introduction générale
Introduction générale
Introduction générale
8
Introduction générale
utilisées et plus particulièrement la méthode sol-gel associé au spin coating. Une grande partie
de ce chapitre sera également dédiée à une revue du procédé sol-gel et les différents
paramètres pouvant jouer un rôle dans la nature du matériau final obtenu. Enfin, nous
énumérerons les différentes propriétés des films minces hybrides ainsi que les applications
pour lesquelles ils sont destinés.
Dans le deuxième chapitre, nous aborderons les différentes techniques de
caractérisation structurale, thermique et mécanique des matériaux hybrides qui nous
permettront d‘étudier leurs propriétés et de déterminer leurs performances.
Les chapitres III et IV sont consacrés à l‘étude expérimentale. Le chapitre III porte
dans sa première partie, sur l‘élaboration des sols permettant la fabrication des films hybrides
et sur la caractérisation structurale à la fois des sols (par spectroscopie Infrarouge) et des
dépôts (par MEB, ATR, ATG, XPS, etc.). La deuxième partie de ce chapitre, présente les
résultats de la caractérisation mécanique, des hybrides, par nanoindentation qui sont analysés
en tenant compte de plusieurs effets notamment celui de la nature du groupement R' et de la
teneur et de la taille des composantes organiques.
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Chapitre I : Synthèse bibliographique
Chapitre I : SYNTHÈSE
BIBLIOGRAPHIQUE
10
Chapitre I : Synthèse bibliographique
I.1 Généralités
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Chapitre I : Synthèse bibliographique
Pour remédier à ce problème, l‘idée de revêtir les polymères, de couches minces de matériaux
imperméables (couches barrière) est née à la fin des années 50 [28], mais elle ne fut appliquée
industriellement qu‘au début des années 70, comme le rappelle R. M. Marsh dans son article
de revue [29].
Parmi les nombreuses innovations du secteur très dynamique des emballages, l‘émergence
d‘une nouvelle catégorie appelée « emballages actifs » est la plus importante et nécessite de
faire le point sur les connaissances et les savoir-faire actuels associés. L‘utilisation des
emballages actifs est en plein essor au Japon, aux États-Unis et en Australie et reste timide en
Europe. La première utilisation du terme « emballage actif » a été proposée par Labuza.
Wagner [30], Rooney [31], Smith et al. [32], Mannheim et al. [33], ou encore Guilbert et
Gontard qui ont notamment étudié l‘activité anti-microbienne, les absorbeurs d‘oxygène ou
d‘humidité, ou la biodégradabilité de tels emballages [34].
Ces nouveaux emballages dits « actifs » remplissent donc un autre rôle que celui de
barrière inerte car ils peuvent, à titre d‘exemple, éliminer ou neutraliser des agents
indésirables de l‘atmosphère environnant le produit et larguer progressivement des composés
prolongeant la durée de conservation du produit. Il y a, dans ce cas, utilisation volontaire et
mise à profit des interactions possibles entre l‘emballage et le produit alimentaire, alors que
jusqu‘à présent ces interactions restaient fortuites et réduites au minimum sous le contrôle des
législations en cours. Ces emballages, que l‘on retrouvera aussi sous les noms de
« fonctionnels », d‘ « intelligents » ou d‘« interactifs », permettent de développer une série de
réponses aux problèmes de maintien mais aussi d‘amélioration de la qualité et de la sécurité
des aliments. Ils permettent de proposer de nouveaux services et une meilleure information au
consommateur quant à la qualité du produit acheté. Pour ne pas dévaloriser injustement tous
les emballages conventionnels qui répondent eux aussi, sans l‘ombre d‘un doute, aux
qualificatifs d‘intelligents ou de fonctionnels, le terme « actif » qui a été jusqu‘à présent le
plus employé apparaît le mieux approprié. Il répond à la définition suivante : un emballage
actif offre plus qu‘une simple protection. Il interagit avec le produit et dans certains cas
répond à des changements du milieu environnant ou du produit lui-même [30]. Ces
emballages permettent de mieux répondre aux évolutions du marché et aux exigences des
consommateurs et des industriels. Les produits frais sont par exemple de plus en plus
recherchés et leurs circuits de commercialisation nécessitent des emballages adaptés pour les
maintenir dans des conditions optimales de conservation en réduisant au maximum
l‘utilisation d‘additifs et allonger ainsi leur durée de vie à qualité constante. L‘emballage actif
joue ainsi un rôle dans la protection de l‘aliment [35].
12
Chapitre I : Synthèse bibliographique
13
Chapitre I : Synthèse bibliographique
Pour préparer un matériau hybride de classe I, deux méthodes sont utilisées [39, 40]:
La première méthode consiste en une dispersion d‘un réseau minéral à travers un
réseau organique. Les réactions de formation de chaque réseau doivent se faire
simultanément sans amener d‘inhomogénéité. Le résultat est un réseau interpénétré
(figure 1) sans avoir recours à de fortes interactions (i.e. liaisons covalentes).
14
Chapitre I : Synthèse bibliographique
15
Chapitre I : Synthèse bibliographique
16
Chapitre I : Synthèse bibliographique
On considère deux catégories de dépôts par voie chimique selon leur assistance ou non par
plasma.
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Chapitre I : Synthèse bibliographique
Technique Caractéristiques
Equipement très coûteux, très faible vitesse de dépôt, possibilité de
Ablation laser
déposer une grande variété de composés même complexes en
préservant la stœchiométrie.
Vitesse de dépôt relativement faible, structure complexe des dépôts,
Pulvérisation cathodique
production de couches minces et denses, surfaces limitées.
Pulvérisation cathodique
Vitesse de dépôt assez élevée, mêmes caractéristiques que la
en condition réactive
pulvérisation cathodique.
Tableau 2 : Comparaison des techniques utilisées pour élaborer des couches hybrides
18
Chapitre I : Synthèse bibliographique
performants. Ce procédé peut être utilisé dans différents domaines mais c‘est sans doute dans
la réalisation de dépôts en couches minces qu‘il trouve sa principale application.
Avant d‘aborder en détail les réactions chimiques impliquées dans le procédé sol-gel, il
serait utile de rappeler son principe de base et de définir les termes suivants [53] :
- Le sol : c‘est une dispersion de particules colloïdales dans un liquide.
- Les particules colloïdales : ce sont des particules solides en suspension dans un liquide
dont la taille se situe dans l‘intervalle de 1-1000 nm. Les forces de gravitation sur ces
particules sont négligeables et les interactions entre elles sont de type Van der Waals.
- Le gel : c‘est un réseau rigide et réticulé présentant des pores inférieurs à la taille de la
molécule tridimensionnelle. Le solvant et les molécules (ou macromolécules) présents dans le
milieu se retrouvent piégés au sein de ce réseau.
- Le séchage : opération d‘extraction du liquide contenu dans les pores du gel. Les
séchages par voies supercritique et évaporative conduisent respectivement à la formation
d‘aérogel ( solide très poreux formée à partir d'un gel dans lequel le liquide est remplacé par
un gaz) et de xérogel (gel dont la forme finale contient peu ou pas de milieu de dispersion
utilisé. C‘est un matériau très peu poreux, voire dense).
- Les précurseurs : Ce sont des monomères liquides ou solides pour la plupart, solubles
dans des solvants usuels et existent pour un grand nombre de métaux et non-métaux. Il est
donc possible de préparer des mélanges homogènes à partir de ces précurseurs.
Principe de base
Selon la nature chimique des précurseurs utilisés, on distingue la voie purement inorganique
impliquant des sels métalliques (sous forme de nitrates ou de chlorures) et la voie métallo-
organique, à base d‘alcoxydes métalliques. Cette dernière étant celle qui nous intéresse plus
particulièrement, sera amplement décrite ci-après. Les alcoxydes métalliques sont des
molécules de formule générale M(OR)n où M désigne un atome métallique, OR un groupe
alcoxyde et n la valence. La réaction de conversion de ces précurseurs en un réseau
macromoléculaire procède en deux étapes. Une étape d‘hydrolyse totale ou partielle des
groupes alcoxydes M-OR en groupes hydroxyle M-OH suivie de l‘étape de polycondensation
des groupes M-OH entre eux pour former des oligomères, puis des macrochaînes. Au cours de
cette dernière, des liaisons chimiques M-O-M (métal-oxygène-métal), appelées liaisons
siloxanes dans le cas du silicium, vont être formées [53, 54].
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Chapitre I : Synthèse bibliographique
En plus du sous-produit alcool (R-OH) ou eau (H2O), les réactions de condensation suivantes
impliquant les groupes silanol produisent des ponts siloxanes (Si-O-Si) :
20
Chapitre I : Synthèse bibliographique
mélange d‘eau et d‘alcoxyde sans avoir recours à un solvant car l‘alcool libéré par le sous-
produit de la réaction de condensation est suffisant pour assurer cette homogénéisation [54].
Les réactions d‘hydrolyse et de condensation conduisent à la formation d‘un gel (réseau
tridimensionnel) constitué de chaînes Si-O-Si et dont la viscosité augmente au cours du temps
jusqu‘à atteindre une valeur critique caractérisant la transition Sol-Gel [55, 59]. Cette
transition est un processus irréversible [53].
Paramètres influençant les réactions
Nombreux sont les paramètres qui gouvernent les réactions chimiques du procédé sol-gel.
Ces paramètres sont liés à la structure de l‘alcoxyde métallique utilisé, mais aussi aux
conditions expérimentales de la synthèse. Les paramètres structuraux sont : la nature du métal
ou du métalloïde, les substituants du métal, les effets stériques et les effets inductifs. Les
paramètres de synthèse sont principalement le catalyseur, le pH, la stœchiométrie, la nature
du solvant, la température et la pression. Cependant, les plus importants sont le pH et le
rapport molaire [H2O]/[Si (OR)4].
Il a été montré que les vitesses de réactions d‘hydrolyse et de condensation de catalyseurs
d‘acide ou de base varient notamment avec leur concentration, donc avec le pH [60-64].
Ainsi, la figure 4 nous montre que la réaction d‘hydrolyse est rapide à forte concentration en
catalyseur acide ou basique, tandis que la réaction de condensation est plus rapide à pH
neutre.
21
Chapitre I : Synthèse bibliographique
solution colloïdale. Il est à noter que la porosité et la densité du gel ou du réseau formé
dépend du type de catalyseur aussi. En effet pour une catalyse acide, on obtient un matériau
plus dense qu‘avec une catalyse basique (figure 5) [66-68].
22
Chapitre I : Synthèse bibliographique
Par ailleurs, le calcul de la charge partielle montre que les siliciums en bout de chaîne ou
appartenant à des oligomères faiblement réticulés sont plus susceptibles d‘être protonés que
ceux à l‘intérieur des chaînes. Par conséquent, la réticulation est défavorisée par rapport à la
formation du gel de polymère linéaire sous forme de particules qui s‘agrègent ensuite pour
former des amas de polymères ramifiés [56]. Après le séchage, un réseau dense sera obtenu
[57].
À pH > 7, la polymérisation est de type monomère-amas et conduit à la formation de
particules monodisperses qui s‘agglomèrent pour constituer le réseau ; la structure est dite
colloïdale. Le mécanisme de cette catalyse basique est le suivant :
- Hydrolyse : En milieu basique, la substitution nucléophile par les OH- génère des anions
alcoolates qui sont des bases fortes capables de réagir avec de l‘eau pour régénérer le
catalyseur OH- :
- Condensation : Le nucléophile OH- réagit avec le groupe silanol formant l‘espèce anionique
intermédiaire qui réagit ensuite avec les groupes alcoxydes :
23
Chapitre I : Synthèse bibliographique
Les méthodes de dépôt les plus utilisées sont sans conteste la méthode de dip-coating (c‘est-à-
dire par trempage du substrat dans la solution) ou par la méthode de spin-coating (c‘est-à-dire
élaboration du film par rotation du substrat). Les deux méthodes sont schématisées ci-dessous.
24
Chapitre I : Synthèse bibliographique
Etant donné que la méthode de spin-coating a été choisie pour élaborer nos films
hybrides minces, un rappel synthétique de ses différentes étapes est donc nécessaire. Bornside
[71] divise la procédure de spin-coating en quatre étapes schématisées sur la figure 7 :
- La première étape consiste à déposer quelques gouttes de liquide sur le substrat puis à les
étaler lentement en faisant tourner celui-ci à faible vitesse angulaire.
- Au cours de la deuxième étape d‘accélération radiale, la force centrifuge générée par la
rotation du substrat conduit le liquide à s‘étaler radialement vers l‘extérieur et à recouvrir la
totalité du substrat.
- Au cours de la troisième étape le substrat tourne à vitesse constante pendant une durée bien
déterminée. Cette étape permet au film liquide de s‘homogénéiser en épaisseur et à l‘excès de
liquide de s‘évacuer du substrat par la force centrifuge.
- Dans la dernière étape de gélification, l‘évaporation du solvant active les réactions
d‘hydrolyse et de condensation menant à la formation d‘un film gélifié (l‘évaporation peut
déjà prendre place en partie lors des deux étapes précédentes).
25
Chapitre I : Synthèse bibliographique
De nombreux travaux existent dans la littérature sur les propriétés mécaniques des
matériaux hybrides. Ils concernent le plus souvent les matériaux sous forme de revêtements et
la caractérisation s‘arrête généralement à la mesure de la dureté et du module élastique.
Quelques études utilisant plus particulièrement la technique de nanoindentation et le scratch
test (Le scratch test permet de caractériser de manière qualitative les couches minces et les
revêtements) seront présentées. Les résultats obtenus sur différents systèmes sont donnés
dans le tableau 3. Les matériaux hybrides à base d'époxy, notamment ceux issus du mélange
entre le glycidyloxypropyltriméthoxysilane (GPTMS) et la silice colloïdale ou des alcoxydes
du silicium [73-75] sont souvent mentionnés. De faibles valeurs de dureté et de module
élastique ont été obtenues en utilisant des tests de nanoindentation.
26
Chapitre I : Synthèse bibliographique
27
Chapitre I : Synthèse bibliographique
Technique de
Matériaux hydride Principaux résultats
caractérisation
Tableau 3 : Travaux traitant les propriétés mécaniques des matériaux hybrides sous forme de
couches minces d‘après [72]
28
Chapitre I : Synthèse bibliographique
29
Chapitre I : Synthèse bibliographique
greffés d‘anhydride maléique (LLDPE-g-GMA), co-extrudés avec du polyamide (PA) ont été
élaborés [95]. Des mélanges tels que des mélanges ternaires composés de poly (alcool
vinylique)/polyamide 6/poly(éthylène-co-acrylate d'éthyle) (PVOH/PA6/PEEA) [96]
possèdent une morphologie laminaire [97, 98].
En outre, de nouveaux polymères composites tels que des thermoplastiques semi-cristallins
chargés de talc avec des perméabilités faibles à l‘oxygène sont actuellement en cours de
développement [99]. Dans le domaine des revêtements, une étude [100] a montré que la
perméabilité à la vapeur d'eau des revêtements hybrides nanocomposites a nettement
diminué par rapport aux revêtements non hybrides. Une diminution de la perméabilité de la
vapeur d'eau par un facteur de 15 a été mesurée. D‘autres systèmes à base de poly(chlorure de
vinylidène co-acrylonitrile) (P(VDC-co-AN)) et de TEOS déposés sur le PET ont été étudiés
par Hwang et al. [101]. Leur perméabilité à l'oxygène est de 9,26.10-10 ml.mm.m−2 s−1 GPa−1
et donc d‘un ordre de grandeur inférieure à celle du PET seul (4,93.10−9 ml.mm.m−2 s−1
GPa−1). La perméabilité à la vapeur d‘eau de ces systèmes subit une diminution relative
d‘environ 15,3%. En effet, la perméabilité passe de 1,50.10-5 dans le cas du PET seul à
1,27.10-5 g.mm.m-2.s-1 dans le cas du système hybride/PET grâce aux propriétés barrière
supérieures du copolymère PVDC.
Stabilité thermique
La stabilité thermique est essentiellement conditionnée par la synergie entre la partie
organique et la partie inorganique. En effet toute séparation des deux parties peut entrainer
une dégradation au cours de l‘utilisation du matériau hybride en tant que produit final [102].
De nombreuses études dans la littérature portant notamment sur la stabilité thermique du
matériau hybride à base de silice, ont été conduites en utilisant l‘analyse thermogravimétrique
(ATG) [102-108]. Selon les travaux de Brambilla et al. [109] sur un système
d‘Octadécyltriméthoxysilane (ODS) et de TEOS, la température maximale de perte de masse
associée à la partie organique issue de l‘ODS est fonction de la composition du mélange et se
situe entre 350 et 550°C. Cette température est suffisamment élevée et supérieure à celles
généralement employées dans le traitement des polymères. Ces matériaux sont par conséquent
stables au moins jusqu'à 250°C.
D‘autres études ont été menées par Chiang et al. [110] sur un système composé de 3-
Isocyanatopropyltriéthoxysilane (IPTS), de 2-(Diphénylphosphino)éthyltriéthoxysilane
(DPPETES) et de résine époxy (diglycidyl éther du bisphénol A). L'amélioration de la
stabilité thermique de l‘hybride élaboré provient de l‘incorporation « synergique » du
silicium, du phosphore et de l'azote dans les résines époxy [111]. La température de
30
Chapitre I : Synthèse bibliographique
décomposition des hybrides obtenus est plus élevée que celle de l‘époxy pur. La stabilité
thermique de ces hybrides augmente avec la teneur des composants inorganiques.
Opuroglu et al. [112] ont montré que le matériau hybride à base de (3-
glycidyloxypropyl)triméthoxysilane, diméthyldiméthoxysilane et diphényldiméthoxysilane
(DPDMS) a une stabilité thermique suffisamment élevée. La stabilité thermique est assurée
jusqu‘à une température de 280 °C sous air et la perte de masse a été estimée à environ 10%.
Cette température est compatible avec les températures maximales atteintes par ces
matériaux quand ils sont mis en œuvre dans le domaine de l‘optoélectronique.
I.2.5 Applications
Aujourd‘hui, en termes d‘applications, certains matériaux hybrides organo-minéraux
sont au niveau du développement de prototypes, d‘autres sont déjà commercialisés.
Néanmoins, leur nombre ne cesse de croître et quelques exemples parmi les nombreuses
utilisations seront alors cités ici. Dans le domaine de l‘automobile, des nanocomposites
hybrides (de types silicates par exemple [113]) sont incorporés dans les pneus verts
(résistance au roulement réduite), dans les systèmes de protection, les renforts et les
structures allégées, ce qui permet d‘optimiser les performances énergétiques des véhicules et
donc de diminuer leur consommation [114].
Le procédé sol-gel est considéré par de grands industriels comme EADS ou Boeing comme
une réponse possible à leurs besoins de traitement anti-corrosion pour les métaux [115]. En
effet un revêtement anti-corrosion d‘un film hybride a été élaboré par Van-Nhan Nguyen et al.
à base de polymère acrylique et le butoxyde de titane [116].
De même la société PROTAVIC leader dans la technologie sol-gel depuis quelques
années, a mis au point des couches hybrides pour la protection d‘ustensiles de cuisine en verre
contre l‘attaque des solutions alcalines présentes dans les détergents. Plus largement, les
matériaux hybrides organiques-inorganiques déposés en couches de quelques microns sur des
substrats de nature variée (organiques, métalliques,…) sont utilisés comme traitements
anticorrosion, anti- rayures, antireflets ou anti-salissures pour les domaines de la lunetterie et
de l‘automobile [117-119]. En effet, dans le domaine de la lunetterie, des produits des
matériaux hybrides sont développées chez Essilor. Les matériaux hybrides ont également
pénétré les domaines du textile, de la construction et de l‘isolation thermique et phonique. Ils
envahissent progressivement les domaines de la micro-optique, de la micro-électronique et de
la photonique. Les composants de circuits imprimés, microlentilles, guides d‘onde, cristaux
photoniques, miroir pour cavité laser, ne sont que quelques exemples de leur utilisation [114].
31
Chapitre I : Synthèse bibliographique
I.3 Conclusion
En guise de feuille de route de la problématique des matériaux hybrides élaborés par
voie sol-gel, ce premier chapitre a consisté à énoncer des généralités sur la chimie du
matériau, les méthodes de son élaboration, ses propriétés ainsi que les applications qui en
découlent. Les réactions chimiques mises en jeu impliquent deux mécanismes, l‘hydrolyse et
la condensation. Ces réactions dépendent de plusieurs paramètres (nature du précurseur, sa
concentration, pH, etc.). Dans un souci de choix du meilleur procédé pour élaborer le film
hybride une comparaison des méthodes d‘élaboration a été effectuée. Bien que les études
portant sur les propriétés du matériau, quand il est utilisé dans le domaine de l‘emballage, ne
soient pas nombreuses dans la littérature, nous avons tenu à résumer les rares résultats
trouvés.
Il est important de souligner que l‘application des couches minces hybrides dans le
domaine de l‘emballage a pour but majeur de produire un revêtement étanche aux gaz, stable
thermiquement et capable de résister à des déformations importantes sans perdre ses
propriétés barrière. Ainsi, notre contribution consistera à élaborer un matériau capable de
répondre à ces exigences. Plusieurs combinaisons de précurseurs seront réalisées et les
hybrides résultants seront caractérisés en mettant en œuvre un grand panel de techniques.
32
Chapitre I : Synthèse bibliographique
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39
Chapitre II : Techniques de caractérisation
40
Chapitre II : Techniques de caractérisation
41
Chapitre II : Techniques de caractérisation
Figure 8 : Schéma d'un MEB équipé d'un détecteur de rayons X "EDS" (à dispersion
d'énergie)
Introduction
Le principe de base de la Spectroscopie Infrarouge à Transformée de Fourier (ou
FTIR: Fourier Transformed InfraRed spectroscopy) s‘appuie sur l'absorption d'un
rayonnement infrarouge par le matériau analysé. Sous l‘effet d‘un rayonnement IR, le
matériau absorbe une partie de l‘énergie lumineuse qu‘il reçoit. Cette absorption, qui a lieu
lorsque l'énergie apportée par le faisceau lumineux est voisine de l'énergie de vibration de la
molécule, se traduit par une vibration ou une rotation forcée de certaines liaisons covalentes
présentes dans le matériau. La fréquence de vibration moléculaire à laquelle l‘énergie
lumineuse est absorbée est fonction de l‘environnement chimique, de la nature des liaisons et
de la masse des atomes mis en jeu, c'est-à-dire de la structure chimique du matériau. Le but de
42
Chapitre II : Techniques de caractérisation
cette spectroscopie est d‘analyser les fonctions chimiques présentes dans le matériau via la
détection des vibrations caractéristiques des liaisons chimiques. Cette technique non
destructive est simple à mettre en oeuvre. Elle permet d'analyser aussi bien les matériaux
organiques que les matériaux inorganiques. Les montages expérimentaux associés sont
nombreux pour permettre la caractérisation de pratiquement tout type d'échantillon et ce,
quel que soit leur état physique ou de surface. On distingue :
Le montage en transmission pour les couches déposées sur un substrat transparent à
l‘infrarouge et pour des films polymères minces (i.e. épaisseur faible <10μm). Ce montage
peut également analyser des gels dispersés dans une pastille de KBr. Dans ce montage,
l‘absorption du rayonnement incident est responsable de la diminution de l'intensité réfléchie
ou transmise. L'analyse s'effectue à l'aide d‘un spectromètre principalement composé d‘un
interféromètre de Michelson et d‘un détecteur du rayonnement infra-rouge (IR) (i.e.
pyroélectrique). L‘interféromètre de Michelson est constitué d‘une séparatrice de faisceau,
d‘un miroir fixe et d‘un miroir mobile. La figure 9 décrit le schéma de principe d'un
spectromètre infra-rouge à transformée de Fourier.
43
Chapitre II : Techniques de caractérisation
44
Chapitre II : Techniques de caractérisation
45
Chapitre II : Techniques de caractérisation
47
Chapitre II : Techniques de caractérisation
absorbants (liquides contenant de l‘eau par exemple) et pour les films minces pour les études
de surface. Les solides analysés par cette technique doivent être plats ou flexibles afin
d‘épouser au mieux la forme du cristal.
Appareil de mesure
Les mesures sont réalisées à l‘aide d‘un spectromètre FTIR de type SHIMADZU -8400S
(figure 11a) dans la gamme spectrale 4000-400 cm-1 avec une résolution de 4 cm-1.
L‘acquisition des spectres est réalisée avec 40 balayages par spectre. Ces derniers sont
analysés après soustraction du spectre des pastilles de KBr.
Le dispositif ATR utilisé dans cette étude est de type PIKE Technologies MIRAcle
représenté sur la figure 11b.
49
Chapitre II : Techniques de caractérisation
Analyseur hémisphérique
Détecteur à
électrons
Système de
focalisation
électronique
Electrons
Système d’acquisition et de
L‘émission X caractéristique est due à la transition radiative d‘un état ionisé en couche
interne d‘un atome (Figure 13). En effet, un électron d‘une couche supérieure de l‘atome
vient combler la lacune de cœur et l‘excès d‘énergie est relaxé par émission d‘un photon
d‘énergie égale à la différence d‘énergie entre les deux niveaux mis en jeu. Les niveaux
d‘énergie étant caractéristiques de l‘atome, les transitions entre ces niveaux le sont aussi, ce
qui explique que les émissions X émises par un atome sont caractéristiques de celui-ci. Cette
particularité permet d‘utiliser la spectroscopie d‘émission X à des fins d‘analyse, c‘est-à-dire
pour identifier les différents éléments présents dans un matériau inconnu.
50
Chapitre II : Techniques de caractérisation
Suivant la réorganisation du cortège électronique qui peut prendre place à partir d‘un niveau
de coeur ou à partir de la bande de valence (Figure 13), on observe respectivement une raie
atomique ou une bande d‘émission. Les électrons de valence étant les moins liés à l‘atome,
leur distribution en énergie est très sensible à l‘environnement chimique de l‘atome. Par
conséquent, la forme et la largeur de la bande d‘émission reflètent les liaisons chimiques
formées par l‘atome émetteur. La spectroscopie d‘émission X induite par électrons (XES) est
une technique d‘analyse non destructive qui permet de sonder en volume la composition
chimique des matériaux. La profondeur analysée dépend de la pénétration des électrons
incidents, conditionnée par leurs interactions élastiques et inélastiques dans le milieu.
Nous avons fait appel à cette technique dans le cadre d‘une collaboration avec l‘équipe de P.
Jonnard du laboratoire de Chimie Physique – Matière et Rayonnement (Université Pierre et
Marie Curie). Le montage expérimental IRIS (Instrument de Recherche sur les Interfaces et
Surfaces) [6] a été mis en œuvre. Ce montage, dispose de plusieurs chambres (photo ci
dessous).
51
Chapitre II : Techniques de caractérisation
Dans la première se trouve l‘échantillon et un canon à électrons qui sert à produire les
ionisations dans les atomes de l‘échantillon. L‘angle d‘incidence du faisceau d‘électrons
influe sur la profondeur de pénétration des électrons dans l‘échantillon et sur l‘absorption des
photons sortant de l‘échantillon. Le choix de la valeur de l‘angle d‘inclinaison de l‘échantillon
est le résultat d‘un compromis entre la maximisation de l‘épaisseur sondée et la minimisation
du phénomène de réabsorption. La seconde chambre sert à analyser le rayonnement X produit
sous l‘effet du bombardement électronique. Elle est équipée d‘un spectromètre à dispersion de
longueur d‘onde à cristal courbé fonctionnant en réflexion (type Johann) et d‘un compteur à
flux gazeux fonctionnant dans le domaine de Geiger.
Pour résumer, cet appareillage permet d'analyser les rayons X produit par un échantillon
soumis à un bombardement électronique. L'analyse des rayons X renseigne sur
l'environnement physico-chimique (type de liaison chimique, nature des atomes voisins, phase
cristalline, présence de défauts etc.) des atomes émetteurs. En choisissant convenablement
l'énergie des électrons incidents, il est possible d'obtenir cette information physico-chimique
dans l'échantillon massif, à sa surface ou bien à une interface solide-solide.
52
Chapitre II : Techniques de caractérisation
Les facteurs qui peuvent influencer cette technique peuvent être soit d‘origine
instrumentale (vitesse de chauffe, atmosphère du four, géométrie de la nacelle contenant
l‘échantillon) soit liés aux caractéristiques de l‘échantillon lui-même (masse, tailles des
particules, cristallinité etc.).
Appareillage
L‘instrument d'analyse thermique utilisé dans ce travail est de type Tarsus, Netzsch Co
modèle TG 209 F3 pouvant travailler en atmosphère d'azote (Figure 16). Cet instrument est
représenté schématiquement sur la figure 15. Il est doté d‘une plage de température de
53
Chapitre II : Techniques de caractérisation
chauffage allant de 20°C à 1000°C avec une vitesse de chauffage variable de 0,001 à
100°C/min. La température précise de l‘échantillon est mesurée par un thermocouple en
contact direct avec le creuset échantillon.
Cet appareil possède une large gamme de mesure pouvant aller jusqu‘à 2 g avec une
résolution de 0,1 µg. Un ajustement précis des débits des gaz via des frittés intégrés (2 gaz de
balayage avec 20 ml/min chacun, un gaz de protection avec 10 ml/min) est garanti dans le TG
209 F3.
54
Chapitre II : Techniques de caractérisation
Le dispositif est constitué de deux creusets placés dans un four. L‘un contenant l‘échantillon
de polymère. L‘autre, qui est vide, est le creuset de référence. La vitesse de chauffage
habituellement utilisée est de l‘ordre de 10°C/minute. Les températures des deux creusets sont
relevées à l‘aide de thermocouples reliés à un ordinateur. La différence entre la température
de l'échantillon et celle de référence est transformée en flux de chaleur. Autrement dit, la
DSC mesure la quantité de chaleur supplémentaire à fournir au creuset échantillon par
rapport au creuset de référence. En pratique, la courbe DSC consiste à représenter le flux de
chaleur en fonction de la température. On définit le flux de chaleur par : F = q/t, q étant la
quantité de chaleur supplémentaire à fournir à l‘échantillon. La division du flux de chaleur par
la vitesse de chauffage T/t aboutit à la capacité calorifique Cp :
Cp = q/ T (3)
55
Chapitre II : Techniques de caractérisation
TC Température
56
Chapitre II : Techniques de caractérisation
57
Chapitre II : Techniques de caractérisation
L‘analyse de cette courbe fournit des données spécifiques sur les propriétés mécaniques du
matériau, notamment la dureté HIT et le module d‘élasticité EIT [8, 9]. En effet, pour
déterminer la dureté et le module élastique du matériau étudié, nous utilisons le modèle
d‘Oliver & Pharr décrivant la courbe de décharge par la loi en puissance de m suivante:
m
h hp (4)
F Fm
hm hp
F (5)
hr = hm - m
S
Le coefficient directeur S, appelé raideur de contact de l‘indenteur est donnée par la relation
suivante:
dF
S= = m.Fm (h m - h p )-1 (6)
dh max
58
Chapitre II : Techniques de caractérisation
Dureté HIT :
Le module d‘Young, HIT, est déduit du module réduit Er en utilisant la relation suivante :
2
1 1- υs2 1- υi (9)
= +
Er E IT E
i
59
Chapitre II : Techniques de caractérisation
60
Chapitre II : Techniques de caractérisation
dispose d‘une cellule de force C1 et C2 ainsi que son actionneur piézoélectrique A1 et A2.
L‘asservissement de force également appliqué sur l‘axe de la référence permet l‘apposition de
cette dernière sur une surface molle sans risque d‘enfoncement. Le capteur capacitif C3
permet d‘assurer une mesure différentielle entre l‘axe de la référence et celle de l‘indenteur.
Le logiciel de l‘instrument comprend les codes nécessaires au calcul de ces grandeurs.
Le tableau 5 regroupe les caractéristiques du nano-indenteur mis en œuvre.
Gamme de la charge 0 – 50 mN
Charge maximale 50 mN
II.4 Comparaison
Nous avons précédemment énuméré toutes les techniques auxquelles nous avons fait
appel lors de la caractérisation des matériaux élaborés au cours de ce travail. Il est bien connu
qu‘aucune technique ne peut se considérer comme universelle et ne peut donc avoir accès à
une caractérisation complète de l‘échantillon. Autrement dit chaque technique a son domaine
d‘application et n‘apporte par conséquent qu‘un nombre restreint d‘informations permettant
une connaissance partielle de l‘échantillon. Pour compléter cette connaissance on a souvent
recours à plusieurs techniques. Ce paragraphe consiste donc d‘une part à synthétiser les
apports des différentes techniques en comparant leurs performances et d‘autre part à préciser
leurs limites.
61
Chapitre II : Techniques de caractérisation
Grâce à ses performances, la technique FTIR est devenue incontournable et routinière dans le
domaine de l‘élaboration des matériaux. Elle a donc joué un rôle capital pour mener à bien
notre étude. Etant donné son caractère non destructif, les échantillons ont été caractérisés en
évitant toute modification significative de leur composition chimique. Un des points forts de
la FTIR est la détection des vibrations caractéristiques des liaisons chimiques du matériau
analysé ainsi que le suivi de la cinétique de réaction des précurseurs utilisés pour élaborer nos
hybrides via l‘évolution des pics associés aux liaisons chimiques. Cette technique peut être
étendue à l‘analyse de couches minces déposées sur un substrat grâce à l‘adjonction d‘un
dispositif permettant de mettre en œuvre l‘ATR. Cette technique atteint ses limites de
sensibilité et de détection quand l‘épaisseur ne dépasse pas les 500 Å.
Pour remplir ce gap, d‘autres techniques pourront prendre le relais notamment l‘XPS qui est
une technique de surface. Cette dernière pourra non seulement identifier les éléments
chimiques composant la couche ainsi que l‘environnement atomique via le glissement
chimique mais également déterminer la composition chimique de chaque élément et
l‘épaisseur de la couche. Cependant, l‘XPS, considérée comme complémentaire de la FTIR,
peut avoir l‘inconvénient de présenter des effets thermiques (effets d‘irradiation) sur les
matériaux fragiles (i.e. polymères) et des effets de charge sur les matériaux isolants
(modification du potentiel de surface, de la chimie de surface…). Ces effets peuvent entraîner
un déplacement énergétique notable des raies du spectre XPS et compliquent par conséquent
l‘interprétation de ce dernier. En revanche, pour faire une analyse qualitative et quantitative
en volume (quelques micro-mètres), du matériau élaboré, l‘EDS a été mise en œuvre. Cette
technique comme l‘XPS peut présenter des effets d‘irradiation et de charge. Le remède
souvent utilisé dans ce cas est la métallisation de l‘échantillon.
L‘ATG est une technique intéressante mais est destructive par principe. Elle est
essentiellement utilisée pour connaître la pureté de certains matériaux et leur stabilité
thermique. Elle peut également être utilisée pour connaitre la composition des mélanges
surtout ceux des polymères. Cependant, les informations données par l‘ATG sont limitées aux
expériences où la variation de la température doit entrainer une variation de masse. D‘où la
nécessité de compléter cette technique en faisant appel notamment à la spectroscopie
infrarouge.
La DSC qui représente une technique complémentaire pour l‘ATG, a été utilisée pour
déterminer la température de transition vitreuse de la couche mince. Cette valeur représente
un paramètre critique qui régit les propriétés barrière et établit la température de service
maximale de la couche mince.
62
Chapitre II : Techniques de caractérisation
II.5 Conclusion
Les différentes techniques de caractérisation utilisées dans ce travail ainsi que les
dispositifs expérimentaux associés ont été exposés. Pour les besoins de nos études le principe
de base de chaque technique a été rappelé et l‘instrumentation correspondante a été décrite.
Dans chaque cas, les facteurs aussi bien instrumentaux que ceux reliés à l‘échantillon ont été
spécifiés. Les performances ainsi que les limites ont été également mentionnées. Pour
terminer, ce chapitre, une comparaison des caractéristiques de ces techniques a été faite et ce
pour montrer d‘une part les domaines d‘excellence de chacune ainsi que leurs limites et
d‘autre part montrer leur complémentarité quand celle-ci existe.
Nous allons, maintenant présenter l‘ensemble des résultats obtenus grâce à la mise en en
œuvre de l‘ensemble des techniques mentionnées précédemment.
63
Chapitre II : Techniques de caractérisation
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64
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
65
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
III.1 Introduction
Après avoir décrit les méthodes d‘élaboration et de dépôt de films hybrides de façon
générale ainsi que la méthode sol-gel associé au procédé spin-coating en particulier, nous
allons maintenant consacrer ce chapitre à l‘étude des films hybrides, obtenus à l‘aide de cette
dernière. Pour élaborer les films hybrides plusieurs types de précurseurs ont été combinés. Les
précurseurs choisis sont au nombre de cinq, l‘un est purement organique alors que les quatre
autres sont à base de silicium. Ce choix est basé sur l‘existence d‘une liaison forte de nature
covalente entre les composantes organiques et inorganiques du précurseur.
La méthodologie suivie au cours de ce travail comporte trois volets. Le premier consiste à
étudier la cinétique de réaction liée à la formation de l‘hybride ainsi que les paramètres
(rapport molaire, température,…) qui peuvent la conditionner. Le deuxième volet porte sur
l‘optimisation des conditions de dépôts des films hybrides notamment le temps et la vitesse
de rotation. Le troisième et dernier volet est consacré à l‘étude des propriétés
physicochimiques, thermiques et mécaniques des films hybrides.
III.2 Elaboration
Généralement, la synthèse des matériaux hybrides se fait par le procédé sol-gel qui
consiste à faire l‘hydrolyse et la condensation de précurseurs hybrides hétérofonctionnels de
formule générale Rn‘Si(OR)4-n. La nature du groupement R‘ conditionne le rôle qu‘il peut
jouer au cours de cette synthèse. R‘ peut se comporter soit comme modificateur de réseau soit
comme formateur de réseau (Figure 21) [1]. Dans le cas d‘une modification du réseau, R‘ est
un groupement organique non polymérisable (tel qu‘un groupement méthyle, phényle …) qui
abaisse le degré de réticulation en occupant certains sites de l‘atome de silicium. Cela permet
de synthétiser des produits denses sans traitement thermique élevé. En revanche, dans le cas
de la formation du réseau, le groupement R‘ est une entité polymérisable, soit purement
organique, soit mixte (composé inorganique possédant un groupement organique fonctionnel).
Les fonctions méthacrylate, époxyde, vinyle, etc. constituent des exemples de ce dernier
groupement polymérisable [2].
66
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
.
Figure 21 : Schéma de structure d‘un matériau hybride de classe II dans le cas de
groupements R‘ (a) modificateurs ou (b) formateurs de réseau.
Les précurseurs de type formateurs de réseau ont été retenus pour la synthèse des
hybrides. Cette synthèse est basée sur les réactions chimiques indiquées sur la figure 22.
L‘édification de la structure est réalisée à l‘état liquide par l‘intermédiaire d‘hydrolyses et de
polycondensations qui conduisent à l‘obtention d‘un gel.
Dans nos préparations nous avons utilisé de l'eau doublement distillée et le peroxyde de
benzoyle (Aldrich) comme amorceur générateur de radicaux libres (polymérisation
radicalaire). Les précurseurs proposés par le fournisseur, étant purs, n‘ont pas subi de
purification supplémentaire. En contact avec l'eau, non seulement les alcoxysilanes
s‘hydrolysent pour former les silanols correspondants, mais aussi se condensent pour
constituer le réseau du siloxane. L‘étape de condensation est un mécanisme très important car
elle conditionne la formation du réseau siloxane polymère. Cependant, au cours de la réaction
sol-gel, il est très difficile de déterminer exactement le début de la condensation car les
réactions d'hydrolyse et de condensation se produisent presque simultanément et de surcroit
en compétition [3].
67
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
(a)
(b)
(c)
Les matériaux hybrides que nous avons élaborés résultent de la combinaison de deux
précurseurs ou un précurseur et un monomère. Les précurseurs utilisés, fournis par Aldrich,
sont : le tétraéthoxysilane (TEOS, 98%) Si(OCH2CH3)4, le vinyltriacétoxysilane (VTAS,
98%) (CH3COO)3SiCH=CH2, le glycidyloxypropyl triméthoxysilane (GPTMS) C9H20O5Si et
le 3-aminopropyl triméthoxysilane (APTMS) C6H17NO3Si. Leurs formules chimiques sont
données dans la figure 23.
68
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
APTMS de formule R‘nSi(OR)4-n , les composantes organiques (R‘) et minérales (Si) sont
liées chimiquement par une liaison forte de nature covalente. Les précurseurs TVAS et TEOS
sont légèrement différents des deux autres, le groupement hydrolysable (X) du TVAS n‘est
pas un alcoxyde mais un carboxylate alors que la partie organique R‘ est absente dans le
TEOS.
Le choix des précurseurs est guidé par la nature de l‘hybride que l‘on souhaite obtenir (classe
I ou II) comme cela a été décrit dans le chapitre I. La classe II des hybrides que nous avons
élaborés présente l‘avantage, par rapport à la classe I, d‘être issue d‘un précurseur contenant
lui-même une liaison forte entre sa partie minérale et sa partie organique. D‘autre part et
indépendamment de la nature du précurseur, il est nécessaire d‘assurer au cours du processus
de synthèse, la stabilité de l‘interface organominérale initialement établie par la liaison
chimique Si-R‘. Cette propriété, qui dépend de la nature de l‘élément non organique et du
groupement organique, est réalisée dans le cas des précurseurs que nous avons choisis. En
effet, pour les éléments chimiques peu électropositifs tels que le silicium, des liaisons
69
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
III.2.3 Substrats
La réalisation d‘emballages barrière exige des substrats aptes à recevoir les matériaux
hybrides assurant cette fonction. Un des substrats les plus couramment utilisés est le PET.
Ce polymère est un polyester qui appartient aux ″polymères techniques″. Découvert en 1941,
il a été initialement commercialisé en 1952 par Dupont de Nemours sous l‘appellation Mylar.
Ce polymère est abondamment utilisé pour la fabrication des bouteilles de boissons gazeuses,
mais on le retrouve principalement sous forme de films minces. Le PET est notamment
apprécié pour sa relative bonne tenue en température (-70º à 150º C), sa transparence, sa
faible densité (d=1,39), mais surtout pour sa résistance au passage des gaz, qui le porte au
premier rang des films polymère pour l‘emballage de denrées alimentaires périssables. Nous
avons utilisé du PET de RAMAPET N1 (S) de 450 µm d‘épaisseur.
Pour des raisons d‘ordre pratique liées essentiellement au dépôt et à la caractérisation des
hybrides élaborés (observation au MEB et microanalyse X ), le choix s‘est porté dans un
premier temps sur des substrats en cuivre. En effet, le cuivre ne présente aucune interaction
film-substrat qui pourrait altérer les propriétés intrinsèques du film. Sa surface, quand elle est
bien polie, favorise non seulement l‘obtention de films uniformes mais également une bonne
70
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
adhérence. D‘autre part, sous irradiation électronique, le matériau hybride (isolant électrique)
présente des effets de charge qui peuvent perturber son observation et son analyse dans un
MEB. Le rôle du substrat de cuivre réside alors dans l‘évacuation de la charge accumulée par
l‘hybride contrairement au cas du PET qui nécessite une métallisation préalable.
Pour recevoir le dépôt, le substrat de cuivre doit être précautionneusement préparé afin
d‘éviter les problèmes liés à la pollution de surface et à une mauvaise adhérence. Cette
préparation comprend les opérations de dégraissage, polissage, nettoyage, rinçage et séchage
(voir tableau 6). L‘étape la plus importante est surtout celle du polissage de la surface pour
obtenir une surface lisse et brillante.
Les substrats en cuivre utilisés proviennent d‘une même barre de cuivre. Après découpage, ils
subissent d‘abord un premier usinage afin d‘ajuster la planéité et d‘obtenir un état de surface
standard. En vue d‘obtenir une surface lisse et brillante (miroir), le procédé de polissage
employé est un polissage mécanique utilisant un disque tournant dont la vitesse de rotation est
réglable. Ce procédé consiste à polir successivement le substrat à l'aide de papiers abrasifs
avec des tailles de grain de 600, 1000, 1200 et 4000. Pour finir le polissage (aspect miroir), un
tissu feutre imbibé d'une solution d'eau contenant des grains d'alumine de taille micrométrique
a été utilisé.
Les hybrides élaborés dans ce travail sont issus de trois combinaisons différentes de
précurseurs en solution dans l‘eau ayant différents rapports molaires : TEOS/TVAS, EM/
71
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
La combinaison TEOS et TVAS présente l‘avantage de produire des gels sans ajout de
solvant indispensable à l‘homogénéisation de la solution. En effet, l‘alcool libéré en tant que
le sous-produit de la réaction de condensation du TEOS est suffisant pour garantir cette
homogénéisation [8]. Le caractère hybride du matériau obtenu provient exclusivement du
TVAS (CH3COO)3Si-CH=CH2 ) qui présente un groupe vinyle -CH=CH2. Afin d‘amorcer la
polymérisation radicalaire des groupes vinyles, le peroxyde de benzoyle a été ajouté au
mélange (0,5% en masse).
Combinaison 2 :
Le monomère EM à la base de la formation d‘un polymère acrylique peut conduire à des films
ayant de bonnes propriétés optiques, mécaniques et chimiques [9, 10]. Dans cette
72
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
Combinaison 3 :
Cette combinaison se caractérise par une hydrolyse rapide de l‘APTMS qui produit du
méthanol et des trisilanols. Cependant, la liaison stable Si-C n‘est pas hydrolysée et le
groupe aminopropyle ne subit par conséquent pas de scission.
Généralement, l‘APTMS sert comme agent permettant une bonne adhésion avec des
teneurs inférieures à 1% alors qu‘il sert comme réticulant quand les teneurs utilisées sont
beaucoup élevées [11]. Les matériaux hybrides, préparés à partir d‘époxy fonctionnalisés
(comme le GPTMS) résistent à l'abrasion et présentent des revêtements solides avec une
bonne adhérence sur le verre et les polymères.
III.2.4.2 Protocole
Concernant le protocole utilisé, on doit passer par trois étapes : préparation du sol, son
dépôt sur le substrat par la méthode « spin coating » suivi du séchage et de la densification du
film hybride. La préparation des sols consiste à mélanger les organosilanes en proportions
choisies (Tableau 8) et à travailler en milieu acide. Le choix du pH du milieu réactionnel est
important car il gouverne le déroulement de la réaction sol-gel. En effet, en tenant compte du
graphe représentant les cinétiques de réactions d‘hydrolyse et de condensation en fonction du
pH (figure 4 du chapitre I), le pH qui nous permet d‘avoir des matériaux hybrides denses a été
fixé dans la plage 2 à 3. Le mélange préparé est maintenu sous agitation jusqu‘à obtention
d‘un produit homogène et transparent. Le choix de la température d‘agitation est basé sur
l‘obtention des conditions d‘une hydrolyse totale des deux précurseurs sans formation précoce
du gel. Pour l‘ensemble des combinaisons étudiées, cette température a été fixée à 70° C.
Pour obtenir le dépôt hybride, environ cinq gouttes de sol sont déposées sur un substrat
tournant à 150 tr/min pendant quelques secondes (environ 5 s) permettant un étalement
homogène du sol. Cet étalement est suivi d‘une rotation du substrat à une vitesse de 1500
tr/min pendant une durée de 20 s. L‘opération de séchage se fait à température ambiante
pendant 24 h pour permettre l'évaporation du solvant. Le séchage lent à température ambiante
permet d‘éviter l‘effet des tensions internes et des contraintes dues au substrat (fissures,
décollement du film etc.) qui ont lieu dans le cas d‘un séchage brutal.
Enfin, ce film séché subit un traitement thermique permettant de densifier le réseau hybride.
En effet, ce traitement permet non seulement de réactiver les groupements OH pour
73
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
TEOS-TVAS
105 EM-TVAS
GPTMS-APTMS
100
Perte en masse (%)
95
90
85
80
75
70
65
60
55
50
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000
Température (°C)
74
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
de la montée en température (figure 26). Un traitement thermique doit donc se faire à une
température supérieure à 100°C pour tous les systèmes. Pour vérifier l‘état de densification
des hybrides aux températures déterminées nous avons comparé les valeurs de l‘extrait sec
théorique qui représente la concentration finale en solide (voir annexe 2) à celles obtenues
expérimentalement à partir de la perte en masse (figure 26). Cette comparaison est donnée
dans le tableau 8.
75
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
160
140
Température (°C)
120
100
80
60
Temps (min)
III.2.5.1 Spectres
Dans cette partie, à l‘aide de la FTIR, nous allons identifier les groupements présents
dans les différents sols préparés et étudier leur évolution au cours de la réaction.
L‘identification est basée sur la déconvolution des spectres IR obtenus à l‘aide du logiciel
76
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
FITYK et des tables de données IR [13]. L‘évolution temporelle de l‘intensité des pics
observés dans le spectre a été étudiée en déterminant l‘aire sous ces pics.
Système TEOS/TVAS :
Aussitôt le mélange préparé, une goutte est prélevée et déposée entre deux pastilles de
KBr placée dans une cellule maintenue à une température de 70°C. Une acquisition
séquentielle de spectres IR suit immédiatement cette préparation dont la durée ne dépasse
guère une minute. Les spectres acquis et enregistrés toutes les dix minutes (0, 10, 20, 30 et 40
min de polymérisation) sont donnés dans la figure 28. Notons que le temps zéro correspond
en principe au temps de la préparation.
Les spectres montrent clairement que la quasi-totalité des pics observés, en particulier ceux
correspondants au groupement OH (correspondant à H2O, Si-OH et alcool formé), le pic
étroit à 2930 cm-1 correspondant à CH3, CH2 et CH, l'acide et le groupe vinyle, ont subi une
diminution en intensité au cours de la réaction tandis que les pics dus au siloxane ont subi
une augmentation.
77
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
Pour déterminer la structure finale du produit de la réaction, les spectres FTIR des précurseurs
TEOS et VTAS sont comparés, sur la figure 29, à celui de leur mélange après un temps de
réaction de 20 min. L’identification des pics se fait en utilisant les données fournies dans le
tableau 9.
Figure 29 : Spectres FTIR de a) TVAS b) TEOS, c) Hybride (rapport molaire 1 :1) obtenu
après 20 min à 70°C
Les pics à 1624 cm-1 et 1410 cm-1, observés dans le précurseur TVAS, correspondent
respectivement aux vibrations d‘élongation des liaisons C=C et C-H dans le groupe =CH2 [14,
15, 16, 26]. Le premier pic, faible dans le monomère, s'affaiblit et disparaît complètement à la
fin de la réaction. Le second pic est moins intense que celui du précurseur seul, mais toujours
présent dans le mélange, en raison de l'absorption du CH après l'ouverture de la double liaison
dans le groupe -CH = CH2. Ces résultats confirment la polymérisation des groupes vinyle. La
bande d'absorption entre 1050 et 1100 cm-1, présente dans les deux monomères et également
observée dans le mélange, est affectée à la liaison Si-O [14, 17, 18]. Ces résultats montrent
78
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
clairement que la partie organique provient du TVAS tandis que la partie minérale est fournie
par les deux précurseurs. Il est à noter également que l'entité organique provenant du
précurseur TEOS (pic à 2980 cm-1) ne contribue pas à la partie organique du mélange, car
elle disparaît sous la forme d‘alcool CH3CH2OH. Le pic observé à 1719 cm-1 dans le
précurseur TVAS et correspondant à C=O, passe à un plus faible nombre d'onde à 1700 cm-1
dans le mélange. Ce pic indique la présence d'acide acétique formé par hydrolyse du TVAS.
Le pic à 940 cm-1 qui apparaît dans le mélange est associé à la vibration d'élongation
asymétrique du Si-OH [19, 20, 21]. La présence de ce pic est expliquée par la condensation
incomplète des liaisons Si-OH.
Nombres
Vibration Attribution des pics d’absorption Références
d’onde (cm−1)
3700–2800 O–H Elongation asymétrique (SiO–H) [8, 22, 23, 24, 32]
2980 C–H Élongation (-O–CH2CH3) [31]
2920 C–H Élongation (–CH2–Si–) [23, 25, 26]
1700 C=O Elongation (–COOH) [14, 29]
1624 C=C Élongation (–CH=CH2) [14, 25, 27, 28]
1410 C–H Déformation asymétrique (=CH2) [26]
1200 CH2 Élongation (Si–CH2) [14, 30]
1090 Si–O Élongation (Si–O–C) [14, 32]
1075 Si–O Elongation asymétrique (Si–O–Si) [17, 18]
940 Si–O Élongation (Si–OH) [19, 20, 21]
899 Si–O Elongation symétrique (–Si–O–Si–) [17, 18]
780 Si–C Elongation (Si–OCH2CH3) [23]
Le pic observé à 780 cm-1 provient du groupe SiOCH2CH3 due à l'hydrolyse incomplète du
TEOS [17, 18]. La large bande Si-OH entre 2800 et 3700 cm-1 est formée pendant la réaction
d'hydrolyse des groupes alcoxyde du TEOS ou du VTAS [8, 22, 23, 24].
III.2.5.2 Cinétique de polymérisation
Système TEOS/TVAS :
Le but principal de l‘étude de la cinétique de polymérisation est d'optimiser la
température d‘élaboration du sol-gel qui conditionne la vitesse de la réaction et le taux de
79
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
polymérisation. Cette étude est basée sur l'évolution au cours du temps de l‘intensité du pic de
vinyle (1410 cm-1) à différentes températures (voir spectre donné sur la Fig. 8).
Pour chaque température, on constate que la vitesse de polymérisation est très rapide au début
de la réaction et atteint ensuite un plateau. Dans tous les cas, ce plateau n‘atteint pas 100%,
indiquant logiquement que la réaction de polymérisation est incomplète. Cela peut être dû à
l'encombrement stérique de la formation du réseau suite aux réactions de polycondensation
inorganique et de polymérisation de la partie organique du précurseur et surtout à
l‘augmentation de la viscosité du milieu qui ralentit la diffusion des réactifs. En effet, comme
la masse moléculaire et la densité de réticulation du réseau augmentent, la mobilité des
molécules devient réduite, diminuant ainsi la probabilité d'une réaction ultérieure entre les
silanols restants à cause de l'effet du gel.
La figure 30 donne l'évolution du rapport de conversion en fonction du temps pour les
températures utilisées. Ce rapport a été calculé à partir de l‘aire du pic (1410 cm-1) utilisant la
formule suivante:
P(t) = [(A0-At)/A0] x 100 (1)
P(t) est le rapport à l‘instant t (t = 10, 20, 30 et 40 min) et A0 et At sont les aires du pic à 1410
cm-1 à 0 min et t min, respectivement.
100
taux de conversion (%)
80
60
40
20
0
0 10 20 30 40
temps (min)
80
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
Il est important de souligner que l‘obtention d‘un taux de conversion, qui ne dépasse pas 80%,
ne signifie pas forcément que la réaction de polymérisation est incomplète. En effet, le
pourcentage restant dû à la liaison C-H n'est pas seulement associé à une liaison insaturée
C=C, mais aussi à une chaîne organique saturée formée après l'ouverture de la double liaison.
Pour étudier la cinétique de polymérisation, les résultats de la figure 30 sont utilisés pour
déduire la représentation d‘Arrhenius qui donne le logarithme de la pente initiale de chaque
courbe en fonction de l‘inverse de la température (1/T) (figure 31).
4,0
3,5
3,0
2,5
Ln (k)
2,0
1,5
1,0
0,5
0,0
2,6 2,7 2,8 2,9 3,0 3,1 3,2 3,3 3,4
3 -1
10 *1/T (K )
Cette figure montre que la cinétique de la réaction obéit bien à la loi d'Arrhenius qui
s‘exprime par :
Ln k = Ln A - (Ea / RT)
k (pente initiale de la courbe) est la constante de vitesse de la réaction, A est le facteur de
choc ou de fréquence, Ea est l'énergie d'activation, R est la constante des gaz parfaits et T est
la température en Kelvin.
La valeur de l‘énergie d‘activation Ea déduite de nos mesures est 41,50 kJ/mol. Des études
antérieures [33] relatives à la cinétique du système TEOS: H2O: C2H5OH ont conduit à une
valeur de 49,74 kJ/mol. La différence est probablement due au fait que ce système est
légèrement différent du notre. En effet, dans notre cas l'un des deux précurseurs (VTAS)
81
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
contient un groupe de vinyle, qui subit une polymérisation radicalaire en plus des réactions
d'hydrolyse et de condensation des alcoxysilanes.
Système EM/TVAS :
Concernant la préparation de l‘échantillon à analyser la même procédure que
précédemment a été suivie excepté les temps d‘enregistrement des spectres successifs qui sont
ici 0, 5, 20, 35, 50 min. Cet intervalle de temps plus grand par rapport au premier système est
dû au fait que la réaction évolue plus lentement. Les spectres acquis et enregistrés toutes les
quinze minutes sont présentés dans la figure 32. L’identification des pics se fait en utilisant
les données fournies dans le tableau 10.
1700
1400
1640
1200 1100
Absorbance
1080
940
a
b
c
d
e
82
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
(1700 cm-1), ont subi une diminution en intensité (aire sous le pic) au cours de la réaction
tandis que les pics dus au siloxane ainsi qu‘à la polymérisation de l‘acrylate ont subi une
augmentation.
Pour déterminer la structure finale du produit de la réaction, les spectres FTIR du précurseur
VTAS et du monomère EM sont comparés, sur la figure 33, à celui de leur mélange après un
temps de réaction de 20 min.
Dans le film hybride, on peut voir l‘apparition de différents pics d'absorption correspondant à
différent types de vibration du groupement Si-O-Si. L‘un à environ 806 cm-1 et l‘autre à 1080
cm-1. Le premier est dû à l‘élongation symétrique de Si-O-Si alors que le second est attribué à
l‘élongation asymétrique de Si-O-Si (tableau 10). Un autre pic est observé à 1100 cm-1
représentant une élongation de Si-O-C et qui constitue la signature du réseau hybride. Ce
groupement est formé grâce à la présence du TVAS dans le mélange [34].
D‘autres pics d'absorption à 940 et à 3269 cm-1correspondants aux groupes silanol
(Si OH) ont été également observés. Ces groupements qui ne se sont pas totalement condensés
sont restés emprisonnés dans le réseau.
83
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
Figure 33 : Spectres FTIR de a) TVAS b) EM, c) Hybride (rapport molaire 1 :1) obtenu après
20 min à 70°C
84
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
100
taux de conversion (%)
80
60
40
20
0
0 10 20 30 40 50 60
temps (min)
Figure 35: Taux de conversion du groupe vinyle (C=C) en fonction du temps à 25 °C (▲),
70 °C () and 100 °C (■). Les lignes continues correspondent à un ajustement exponentiel des
résultants expérimentaux.
85
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
Les résultats obtenus à différentes températures (25, 70 et 100°C) sont représentés sur la
figure 35. L‘augmentation du taux de polymérisation au début de la réaction s‘explique ici
par la grande efficacité de l‘amorceur à dissocier la liaison C=C. En effet quand la
concentration de l'amorceur augmente l'énergie d'activation de la réaction diminue [35]. Le
taux de polymérisation atteint un plateau lorsque la mobilité des fractions polymérisables (i.e
groupes C=C) est trop faible [36]. Les chaînes macromoléculaires ne peuvent plus réagir et
restent donc piégées dans le réseau. Le taux de conversion n‘atteint par conséquent jamais
100%.
L'étude de l‘influence de la température sur la cinétique de polymérisation montre clairement
que cette cinétique est plus rapide à température plus élevée. En effet, pour un temps de
réaction de 10 min, le taux de conversion atteint 35 % à 25°C, 60% à 70°C et 68% à 100°C.
Ces résultats montrent que la température idéale de travail est de 70°C. Ce choix découle
d‘un compromis entre un taux de conversion relativement elevé et une température de
réaction modérée. La représentation d‘Arrhenius pour le système étudié est donnée dans la
(figure 36).
3
Ln (k)
0
2,6 2,8 3,0 3,2 3,4
3 -1
10 *1/T (K )
86
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
73,63 kJ / mol pour l'énergie d'activation. Bien que les deux monomères ne soient pas utilisés
dans les mêmes conditions (mélange dans notre cas avec un précurseur et le monomère tout
seul dans l‘étude de Bandur et al.), on constate que les valeurs obtenues de l‘énergie
d‘activation sont en très bon accord. Ceci est probablement dû au fait que c‘est la seule liaison
C=C du monomère qui est responsable de la réaction de polymérisation.
Nombreux sont les paramètres qui influencent les caractéristiques finales du film
hybride. Il s‘agit notamment de la viscosité du sol, l‘accélération, la vitesse de rotation ainsi
que le durée de la phase de rotation. Une étude systématique de l‘influence de certains de ces
paramètres sur l‘épaisseur d‘un film hybride obtenu par sol-gel et spin coating a été réalisée
par Wang et al [37]. Avant de présenter l‘étude concernant l‘optimisation des conditions de
dépôt de nos films hybrides, notamment le temps et leur vitesse de dépôt, nous allons d‘abord
donner une brève description de l‘appareil que nous avons mis en œuvre.
III.2.6.1 Description de l’appareil
Les dépôts ont été réalisés à l'aide du « spin-coater » (ou tournette) de type Carl SUSS
MicroTec RC8. Cet appareil est un prototype équipé d‘un dispositif produisant un flux
laminaire d‘air permettant de chasser les poussières qui peuvent polluer la surface de
l‘échantillon au moment du dépôt (figure 37).
Couvercle
Spinner
87
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
a) b)
Figure 38 : Différentes parties du spin coater : a) la couronne du spin coater et b) le
plateau où est posé le substrat
L‘élément principal du spin coater est le système GYRSET (figure 39) qui permet d‘obtenir
des couches minces très uniformes en minimisant les frottements de l‘air au cours de la
rotation du substrat. Ainsi lors de la rotation, la poche d‘air emprisonnée au dessus du substrat
suit le mouvement de rotation du substrat, ce qui entraine la diminution des frottements et une
suppression de l‘effet de vague.
La figure 40 illustre de façon schématique la comparaison entre les dépôts obtenus avec ou
sans le système GYRSET. Pour que les substrats puissent tenir, par aspiration, sur le plateau
tournant, nous les avons choisis sous forme de disques de 18 mm de diamètre et une épaisseur
de 2 mm pour le cuivre ou de 26 mm de diamètre et une épaisseur de 0,5 mm pour le PET.
88
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
89
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
Figure 41 : films obtenus avec une accélération de 200 tpm (grossissement x12)
90
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
Figure 42 : films obtenus avec une accélération de 1000 tpm (grossissemnt x80)
91
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
92
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
La densification étant différente pour chaque système étudié, les épaisseurs obtenues sont
également différentes. Cependant, ces épaisseurs restent très proches l‘une de l‘autre car elles
sont réalisées dans les mêmes conditions de dépôt.
93
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
L‘ensemble des résultats obtenus montrent que les hybrides sont stables thermiquement
jusqu‘à une température de 400° C et que la stabilité est meilleure pour le rapport 3 :1. La
stabilité thermique de ces hybrides s‘améliore par conséquent en diminuant la teneur de
TVAS dans le mélange qui est responsable de l‘apport de la fraction organique.
On constate que la dégradation des hybrides débute à une température supérieure à 400 °C.
Les valeurs des résidus trouvées à 900°C pour l‘ensemble des rapports molaires explorés sont
données dans le Tableau 12. Comme on peut s‘y attendre ces valeurs montrent que la masse
des résidus diminue avec la quantité de TVAS présente dans le mélange, la dégradation étant
moindre pour le l‘hybride ayant le plus grand résidu.
94
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
100
Perte en masse (%)
95
90
85
80
75
c
70 b
a
65
0 200 400 600 800 1000
Température (°C)
Comme pour le système TEOS/TVAS, la perte de masse liée à la première étape est
probablement attribuée à la déshydratation de l'échantillon (libération d'eau liée et d‘eau
adsorbée par la surface), à l‘évaporation des sous-produits des précurseurs et à l‘évaporation
éventuelle de AM résiduel. La perte de masse de la deuxième étape peut être associée à la
décomposition et à la disparition des groupements organiques. Bien que la perte de masse soit
plus importante par rapport au système TEOS/TVAS, l‘hybride EM/TVAS apparaît aussi
stable. La stabilité est meilleure pour le rapport 1:2. En conséquence, la stabilité thermique de
ces hybrides s‘améliore en augmentant la teneur de TVAS dans le mélange qui est
responsable de l‘apport de la fraction minérale. On constate également que la dégradation des
95
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
hybrides débute à une température supérieure à 400 °C. Les valeurs des résidus trouvées à
900°C pour l‘ensemble des rapports molaires explorés sont données dans le Tableau 13.
Comme on peut s‘y attendre, les résultats montrent que la masse des résidus augmente
légèrement avec l'augmentation de la quantité de TVAS dans le mélange et que la dégradation
est moindre pour l‘hybride ayant le plus grand résidu.
Système GPTMS/APTMS :
Les pertes de masse pour différents rapports molaires sont données dans la figure 46.
100
Perte en masse (%)
90
80
70 a
60
b
50 c
96
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
masse plus importante s'élevant à 47% est observée dans la gamme de températures allant de
400 à 550°C. Cette perte est principalement due à la décomposition de la partie organique de
l‘hybride. Bien que la perte de masse soit plus importante par rapport aux deux premiers
systèmes, l‘hybride GPTMS/APTMS apparaît aussi stable. La stabilité est meilleure pour le
rapport 9:1. La dégradation des hybrides débute à une température légèrement supérieure à
400 °C. Les valeurs des résidus trouvées à 900°C pour l‘ensemble des rapports molaires
explorés sont données dans le Tableau 14. Ces résultats montrent que la dégradation est
moindre pour le l‘hybride ayant le plus grand résidu.
Pour conclure cette partie, il est important de souligner que l‘augmentation de la stabilité
thermique peut être attribuée à la haute stabilité thermique du composant silicaté
et l'existence d‘une interaction de l‘hybride forte entre le silicium et le polymère [38, 39].
Aussi l‘obtention d‘une température de dégradation élevée pour l‘ensemble des hybrides
étudiés est principalement due à la présence de liaisons Si-O-Si dans ces hybrides. [40].
III.3.2 Etude de la transition vitreuse
L'analyse DSC a été mise en œuvre pour déterminer la température de la transition
vitreuse (Tg) de nos films hybrides. Cette température est un paramètre critique qui régit les
propriétés thermo-mécaniques (passage d‘un état vitreux (rigide) à un état viscoélastique
(souple)) et caractérise donc la température maximale de service (tenue en température) des
hybrides. Au lieu de déposer des morceaux solides de l‘hybride dans la capsule DSC nous
avons préféré utilisé le gel qui mouille entièrement la capsule auquel on fait subir le même
protocole décrit dans la section II.4.2 avant de passer à l‘analyse DSC. Cette procédure
permet de faciliter les échanges thermiques entre l‘hybride et la capsule.
Dans notre cas, l‘analyse DSC, s‘effectue en utilisant deux cycles de températures identiques
consistant à chauffer l‘hybride de 25 à 220 °C et ensuite à le refroidir de 220 à 25 °C. Le
97
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
premier cycle sert à éliminer les produits volatils résiduels alors que le deuxième cycle sert à
analyser l‘hybride débarrassé de ces produits.
Pour les trois systèmes étudiés les courbes DSC ne présentent pas de sauts représentant la
température de transition vitreuse. L'absence de ces sauts pourrait être due à une diminution
de la mobilité des chaînes moléculaires suite à la formation du réseau hybride. Ce réseau est
par conséquent complètement réticulé avec un degré de cristallinité insignifiant.
III.3.3 Observation à la spectroscopie ATR
Pour déterminer la structure finale du film hybride après son traitement thermique de
densification, nous avons eu recours à la spectroscopie ATR (section II.1.2 du chapitre II).
Rappelons que pour le film hybride élaboré, les spectres ont été enregistrés dans la gamme
spectrale allant de 500 cm-1 à 4000 cm-1. La résolution choisie est de 4 cm-1 et le temps
d‘acquisition d‘un spectre est de 50 s. Les spectres que nous allons présenter correspondent au
même rapport molaire (1 :1) pour tous les systèmes. En effet nos mesures ont montré que le
rapport molaire ne modifie pas la structure finale de l‘hybride mais agit légèrement sur sa
composition.
Système TEOS/TVAS : Le spectre ATR de ce système est donné sur la figure 47a.
98
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
Figure 47: Spectres ATR et FTIR du a) film hybride final et b) matériau hybride obtenu après
20 min de réaction.
99
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
Le spectre ATR montre également que la partie organique est moins importante dans le
réseau que la partie minérale. Ainsi, l‘effet de la partie organique peut être considéré comme
celui des modificateurs dans les réseaux de verre. La partie organique améliore
essentiellement, entre autres choses, les propriétés mécaniques du réseau notamment sa
flexibilité.
Système EM/TVAS :
La même comparaison a été faite pour ce système comme le montre la figure 48. On
constate que les pics correspondant à C = O (1700 cm-1), -CH = CH2 (1640 cm-1) et la bande
de SiO-H entre 3700-2800 cm-1 n‘apparaissent pas dans le spectre ATR. Cependant des
bandes de fréquences similaires sont observées dans les deux spectres. Il s‘agit des deux pics
Si-O-Si à 1050 cm-1 et Si-O-C à 1100 cm-1. Il faut noter qu‘avant la cuisson (spectre FTIR) le
premier pic était à 1030 cm-1 et le second à 1080 cm-1. Ces déplacements sont synonymes
d‘un changement de l‘environnement moléculaire des différents groupements. Le pic à 1050
cm-1 représente la partie inorganique et le pic à 1100 cm-1 représente la coexistence des parties
organique et inorganique. Le pic de très faible intensité, à 1640 cm-1, représentant le groupe -
CH = CH2, pouvant provenir du TVAS et de l‘EM, montre qu‘une très faible quantité de ce
groupe ne s‘est pas polymérisée. Néanmoins, la quantité non polymérisée pourrait être issue
principalement du monomère EM puisque dans le spectre du système précédent
(TEOS/TVAS) ce pic est absent. Le pic observé à 2930 cm-1 dans le spectre ATR représente
la liaison –CH2 acrylique. Cette analyse montre que la quasi-totalité des solvants indésirables
(bande entre 3700-2800 cm-1) a été éliminée et que le réseau hybride a été bel et bien formé.
100
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
Figure 48: Spectres ATR et FTIR du a) film hybride final et b) matériau hybride obtenu après
20 min de réaction.
101
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
transition 2p-1s et décrit la distribution des états de valence (occupé) à caractère O 2p. Dans la
suite nous nous contenterons de présenter les résultats liés à l‘émission du silicium en utilisant
des spectres X de référence obtenus avec du silicium cristallin, du SiC, Si3N4 et SiO2. Pour
ces composés, le haut de la bande de valence (Kβ) correspond aux états Si 3p hybridés aux
états p de l‘anion (C, N ou O) et le bas de la bande de valence (Kβ‘) aux états Si 3p hybridés
aux états s de l‘anion.
Les spectres de référence sont donnés dans la figure 49. On y remarque que la forme et la
position des différents maximas varient avec l‘atome faisant une liaison avec Si. En effet, le
maximum se décale vers des énergies de photons plus petites quand l‘électronégativité du
ligand augmente. De même, la structure secondaire (Kβ‘) s‘écarte de plus en plus du pic
principal (Kβ) quand l‘électronégativité augmente.
Nous comparons maintenant le spectre X du système TVAS/TEOS ayant un rapport molaire
de 3 :1, avec celui de la silice (figure 50). On constate que les deux spectres sont très proches,
ce qui indique que les atomes de Si dans ce système sont pratiquement dans le même état
102
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
chimique que celui des atomes de Si dans la silice (au centre d‘un tétraèdre d‘atomes
d‘oxygène). Néanmoins du côté des grandes énergies de photons l‘intensité du spectre X du
système TEOS/TVAS est plus grande. Cette augmentation est très certainement due au fait
que les atomes de Si ne sont pas tout à fait comme dans la silice. En effet en se référant aux
deux précurseurs utilisés on peut considérer que:
- dans le TEOS, les quatre premiers voisins sont bien des atomes d‘oxygène, mais les seconds
voisins n‘ont rien à voir avec ceux qu‘on aurait trouvé dans la silice. Néanmoins, il faut
signaler qu‘en spectroscopie d‘émission X les informations obtenues sont locales du fait du
peu d‘étendue spatiale de la fonction d‘onde de la lacune crée sur le niveau de cœur.
Autrement dit, cette spectroscopie est plus sensible aux premiers voisins qu‘aux seconds.
- dans le TVAS, les premiers voisins sont trois atomes d‘oxygène et un atome de carbone. On
peut donc s‘attendre dans ce cas à un spectre comprenant une composante qui ressemblerait
au spectre de SiC où l‘intensité est maximale entre 1835 et 1839 eV. C‘est dans cette région
qu‘est observée l‘augmentation d‘intensité. Cette augmentation ne peut pas être affectée à la
contribution du TEOS puisque ce dernier est identique à la silice après hydrolyse.
Ces considérations montrent que le spectre X est bien celui d‘un matériau hybride dont la
partie organique est apporté par le TVAS.
103
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
104
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
Fityk décrit succinctement dans la section I.2.1 du chapitre II. Les différentes composantes de
chaque raie rendent compte des différents environnements chimiques des atomes analysés.
Nos hybrides ont été analysés à l‘aide de cette spectroscopie à l‘Institut de Chimie et des
Matériaux Paris-Est. Les photons incidents proviennent d‘un tube à rayons X équipé d‘une
anode de Mg dont les conditions de fonctionnement sont 10 keV et 15 mA. L‘excitation se
fait avec la raie monochromatique MgK d'énergie eV et de largeur à mi-hauteur 0.7
eV La comparaison des zones de spectres XPS contenant les raies C 1s, Si 2p et O 1s pour
les systèmes étudiés est représentée sur les figures 52- 54.
800
b
600
Intensité
c
400
200
a
0
90 100 110 120 130 140
Energie de liaison (eV)
2500
c
2000
Intensité
1500
a
1000 b
500
0
275 280 285 290 295 300 305
Energie de liaison (eV)
7000
6000 c
a
Intensité 5000
4000
3000
b
2000
1000
0
520 525 530 535 540 545 550
Energie de liaison (eV)
106
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
Les trois composantes de la raie C1s ont des énergies de 281.7, 282.8 et 283.8 eV. Les pics à
281.7 et 282.8 eV correspondent respectivement au carbone lié à l‘atome de silicium (C-Si) et
au carbone lié au carbone et à l‘hydrogène (C-C, C-H) alors que le pic à 283.8 eV est attribué
au carbone faisant une simple liaison avec l'oxygène (C-O) [41-43].
Le pic O1s est large, indiquant différents états chimiques de l'oxygène. La déconvolution de
ce pic donne trois pics positionnés à 528.8 eV, 529.5 eV et 531.4 eV. Le pic à 528.8 eV est
attribué à l'oxygène faisant une double liaison avec le carbone (C=O) qui pourrait provenir de
107
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
l‘acide formé au cours de la réaction et qui n‘a pas totalement disparu après le traitement
thermique de l‘hybride [44, 45]. Le pic à 529.5 eV pourrait être attribué à la liaison simple de
l'oxygène avec le carbone C-O [46, 47]. Le troisième pic ayant l'énergie de liaison la plus
élevée à 531.4 eV est attribué à l'oxygène lié au silicium O-Si [46, 48].
Le pic de silicium 2p contient deux composantes situées aux énergies 101.1 eV et 102.3 eV.
La composante à 102,2 eV est attribuée au groupement Si-O-Si dans le réseau [49] et le pic à
101,1 eV est attribué à la liaison Si-C [50].
EM/TVAS :
La déconvolution des spectres XPS obtenus (figures 56 a-c) montre que le pic du carbone
présente 3 composantes, celui du silicium, 2, et celui de l‘oxygène, 2.
Le pic C 1s présente trois pics centrés aux énergies 282.2, 283.2 et 284.1 eV. Les pics à
282.2 et 283.2 eV correspondent respectivement au carbone lié à l‘atome de silicium (C-Si) et
au carbone lié au carbone et à l‘hydrogène (C-C, C-H) alors que le pic à 284.1eV est attribué
au carbone faisant une simple liaison avec l'oxygène (C-O) [41-43].
Le pic O1s est large et indique les différents états chimiques de l'oxygène. Ce pic contient
deux composantes positionnées à 530.1 eV et 531.2 eV correspondant respectivement à
l‘oxygène lié au carbone dans Si-O-C [51] et à l'oxygène lié au Silicium dans Si-O-Si [46,
48].
Les composantes du pic Si 2p sont centrées sur les énergies 102,9 eV et 101,3 eV. La
première est typique du groupement Si-O-Si des matériaux hybrides à base de Si [51, 52]. La
seconde correspond à la présence de liaisons covalentes Si-C [51, 53].
108
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
GPTMS/APTMS :
La déconvolution des spectres XPS (figures 57 a-c) obtenus montre que le pic du carbone
présente 3 composantes, celui du silicium, 2, et celui de l‘oxygène 2.
109
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
Les trois composantes de la raie C 1s ont des énergies de 284.0, 285.5 et 286.5 eV. Les pics à
284.0 et 285.5 eV correspondent respectivement au carbone lié à l‘atome de silicium (C-Si) et
au carbone lié au carbone et à l‘hydrogène (C-C, C-H) alors que le pic à 286.5 eV est attribué
au carbone faisant une simple liaison avec l'oxygène (C-O) [41-43].
Le pic O1s est large et indique les différents états chimiques de l'oxygène. Ce pic contient
deux composantes positionnées à 530.9 eV et 531.6 eV correspondant respectivement à
l‘oxygène lié au carbone dans Si-O-Si [51] et à l'oxygène lié au Silicium dans Si-O-C [46,
54].
Les composantes du pic Si 2p sont centrées sur les énergies 102,5 eV et 101,8 eV. La
première est typique du groupement Si-O-Si des matériaux hybrides à base de Si [51, 52]. La
seconde correspond à la présence de liaisons covalentes Si-C [51, 53].
Finalement, l‘ensemble des résultats obtenus pour les trois systèmes en utilisant la
spectroscopie XPS sont regroupés dans le tableau 15 conformes à ceux obtenus par la FTIR
et l‘ATR et confirment donc la formation du réseau hybride via les liaisons Si-O-Si et Si-O-C.
110
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
Tableau 15 : Energies de liaison des différents pics observés dans les hybrides étudiés
a) b)
Figure 58 : Images MEB du film hybride a) surface, b) coupe
111
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
112
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
Paramètres
Vitesse d‘approche 3 µm/min
Type de charge : mode CMC de 15 cycles
Vitesse de charge 20 secondes
Force maximale entre 20 et 2000 µN
Force de contact 5 µm
Pause à charge maximale 10 secondes
Vitesse de décharge 10 secondes
Des mesures quasi statiques CMC (Continuous Multi Cycles) sont réalisées. Elles
consistent à imposer des cycles de charge successifs à force croissante (figure 60), au même
point de la surface. Nous avons volontairement limité la gamme de la force appliquée (tableau
17) pour caractériser exclusivement les propriétés sur les premières centaines de nanomètres
(à la surface) assurant ainsi des mesures indépendantes du substrat. Cette procédure permet
également d‘étudier l‘évolution des propriétés mécaniques avec l‘enfoncement.
113
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
a b c
2000
Force appliquée (µN)
1500
1000
500
c a b
2000
Force appliquée (µN)
1500
1000
500
114
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
c b
1500
1000
500
0
0 200 400 600 800
Profondeur de pénetration (nm)
116
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
117
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
118
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
119
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
120
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
Conclusion
Les résultats montrent un lien certain entre le module d'élasticité et la teneur de la
partie organique. L‘augmentation de cette teneur conduit à une chute dramatique dans le
module d‘élasticité comme le montre la comparaison des valeurs obtenues (tableau 18) pour
les hybrides TEOS/TVAS (3:1) et GPTMS/APTMS (9:1), contenant respectivement les
précurseurs TEOS (presque minéral), et GPTMS (presque organique). Le module d‘élasticité
de l‘hybride obtenu avec ce dernier est environ 25 fois inférieur à celui obtenu avec le
TEOS.
Soulignons enfin que quand les hybrides élaborés sont déposés sur un support autre que le
cuivre, tel qu'un film d'emballage (i.e PET), beaucoup plus mou, il est primordial de réduire
le gradient de dureté entre le film hybride mince et le support, pour limiter sa fragilisation et
sa décohésion.
Le module élastique de ces films d'emballage, qui se situe dans une gamme de quelques GPa,
reste faible. Pour l'élaboration de la couche fonctionnelle, il faudra donc éviter l‘hybride
obtenu avec le système TEOS/TVAS (3:1) qui présente un module beaucoup plus élevé
(supérieur à 20 GPa).
III.4 Conclusion :
Ce chapitre était consacré à l‘optimisation de la synthèse des films hybrides ainsi qu‘à
leur caractérisation en utilisant une grande panoplie de techniques. Nous avons étudié en
détail par FTIR la cinétique des réactions d‘hydrolyse et de condensation des différentes
combinaisons de précurseurs. Cette étude nous a permis d‘optimiser les paramètres
d‘élaboration tels que la température de réaction et le rapport molaire des précurseurs. La
température de travail a été fixée à 70°C et les rapports molaires retenus pour les systèmes
TEOS/TVAS, EM/TVAS et GPTMS/APTMS étaient de 1 :3, 1 :1 et 9 :1 respectivement.
Les paramètres principaux (accélération, vitesse de rotation, temps, etc.) du dépôt par
spin coating ont été optimisés à l‘aide de l‘observation et l‘analyse des films obtenus par
MEB et EDS. Les films homogènes et uniformes correspondent à une accélération de 200
tpm/s et une vitesse de rotation de 1500 tpm pendant 20 s.
Nous avons également pu montrer l‘importance du traitement thermique qui garantit la
densification des réseaux hybrides. Ce traitement a nécessité le choix, à l‘aide de l‘ATG, de
deux cycles différents de température. L‘un concernait les systèmes TEOS/TVAS et
GPTMS/APTMS, le second le système EM/TVAS. L‘étude de la stabilité thermique des
121
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
122
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
Références
123
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
124
Chapitre III : Elaboration et caractérisation des hybrides
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[55] C. M. Chan, G. Z. Cao, H. Fong, M. Sarikaya, J. Mater. Res. 15 (2000) 148.
125
Chapitre IV : Etude de la perméabilité et de l‘activité antimicrobienne
126
Chapitre IV : Etude de la perméabilité et de l‘activité antimicrobienne
IV.1 Introduction
IV.2 Perméabilité
IV.2.1 Définition
On appelle perméabilité (P), la capacité d‘une molécule à traverser un milieu solide (i.e film
polymère). La perméabilité consiste à mesurer au cours du temps la quantité d‘une espèce qui
traverse de part en part un film de polymère soumis à une différence de concentration de
l‘espèce considérée [4, 5].
La première loi de Fick est l'équation la plus couramment utilisée pour décrire le transport
d'un gaz à travers un film polymère dans le cas idéal (gaz simples et non plastifiants). Le flux
spécifique J du gaz perméant est égal à :
C (1)
J D
x
avec D : le coefficient de diffusion (ou diffusivité) du gaz (m2.s-1) ; C : la concentration du gaz
dans la membrane (mol.m-3) et x : l'épaisseur du film (m)
Si l'on considère une relation linéaire entre la pression de gaz et sa concentration à l'interface
127
Chapitre IV : Etude de la perméabilité et de l‘activité antimicrobienne
128
Chapitre IV : Etude de la perméabilité et de l‘activité antimicrobienne
Le flux de gaz : quand il s'agit d'oxygène le flux est noté OTR (Oxygen
Transmission)
QuantitéPerméant
OTR (8)
Aire.Temps
Le flux de gaz varie avec l'épaisseur et la pression. Il est inversement proportionnel à
l'épaisseur.
Généralement, les coefficients de l‘équation (4) évoluent dans le même sens en fonction de
l‘épaisseur du film. La perméabilité sera donc plus importante pour des molécules linéaires ou
allongées que pour celles de géométrie sphérique, pour des polymères à l‘état caoutchoutique
que pour des polymères vitreux, et pour des polymères amorphes que pour des polymères
semi-cristallins et/ou orientés.
Dans la littérature, il existe plusieurs travaux concernant les études de la perméabilité des gaz
présents dans l‘atmosphère à travers les emballages thermoplastiques. La plupart de ces
travaux donnent une importance à l‘effet des conditions de stockage des produits et à
l‘épaisseur de l‘emballage [6, 7]. Techavises et Hikida [8] ont développé un modèle
mathématique basé sur la loi de Fick permettant la simulation de la perméabilité aux gaz (O2,
CO2, N2) et à la vapeur d‘eau d‘un film en polyéthylène basse densité. La perméance des gaz
dans les polymères est influencée par de nombreux paramètres intrinsèques à ces matériaux.
J. A. Slee et al. [9] notamment ont montré l‘influence de la cristallinité, de l‘étirement et de la
conformation d‘un PET sur la perméabilité à l‘oxygène. Il est par ailleurs connu que la
densité, la masse moléculaire et autre réticulation sont autant de facteurs importants [10]. A
titre d‘exemple, le tableau 19 présente quelques valeurs de la perméabilité à l‘oxygène de
polymères couramment utilisés.
129
Chapitre IV : Etude de la perméabilité et de l‘activité antimicrobienne
P x 1013 en
cm3
P en
Nom Abréviation cm3 .cm m 2 . jour.atm
cm2 .s.Pa pour un film de 50 µm
Réticulation - 0 -
Cristallinité - - -
Flexibilité des chaînes + 0 +
Température ++ - +
130
Chapitre IV : Etude de la perméabilité et de l‘activité antimicrobienne
Différents montages permettent de mesurer le passage d'un gaz à travers un film. Ils
ont pour point commun d'avoir une cellule séparée en deux compartiments par le film. Tout
passage de gaz d'un compartiment à l'autre ne pouvant se faire qu'au travers du film. Dans
tous les montages le compartiment amont contient le ou les gaz dont on veut tester la vitesse
131
Chapitre IV : Etude de la perméabilité et de l‘activité antimicrobienne
de passage à une certaine pression. Les différences résident au niveau du compartiment aval.
On distingue essentiellement deux types de montage :
1- Après avoir fait le vide, la remontée en pression dans le compartiment aval est
mesurée. Cette remontée en pression permet de déterminer la perméabilité. Dans ce type de
montage, la mesure peut être effectuée quelque soit le gaz testé. En revanche, le film doit être
suffisamment solide pour pouvoir résister à la différence de pression entre le compartiment
amont et le compartiment aval.
2- Les deux compartiments sont à la même pression, mais dans le compartiment aval on a
un gaz porteur très pur ne contenant pas de molécule de perméant. Le détecteur de perméant
est plus complexe qu'un simple capteur de pression (spectromètre de masse, détecteur
coulométrique). Mais le film n'a plus besoin d'être très résistant. L‘avantage de ce dernier
montage réside dans sa meilleure précision dans la mesure de la perméabilité.
Le montage dont nous disposons est Mocon OxTran de type 2.21. Il permet d'obtenir la
vitesse de passage de l'oxygène à travers un film polymère.
Un échantillon est placé entre deux cavités dans une cellule de test à pression atmosphérique
(Figure 70). La cavité inférieure est lentement purgée par un flux de gaz porteur N 2 d'environ
0.5 l/heure et la cavité supérieure contient le gaz d'essais O2 de débit 0.5 l/heure environ.
132
Chapitre IV : Etude de la perméabilité et de l‘activité antimicrobienne
L'oxygène passe à travers le film et est transporté par le gaz porteur N2 en direction du
détecteur où un courant de très faible intensité est généré. Le courant est proportionnel à la
quantité d'oxygène qui le traverse, par unité de temps et de surface.
La procédure associée à la mesure de la perméabilité se déroule en 4 étapes :
L‘installation des échantillons : cette étape est délicate car il s'agit d'assurer
l'étanchéité entre le compartiment amont et le compartiment aval.
Le conditionnement : cette étape essentielle de la mesure consiste à établir les
conditions d'équilibre à l'intérieur du film entre le compartiment amont et le
compartiment aval pour avoir un flux d'oxygène stable. L‘étape de conditionnement
peut être particulièrement longue pour les films épais et ayant une perméabilité faible
(plusieurs jours).
Réglage du zéro : Pour pouvoir soustraire la ligne de base de la mesure de la
perméabilité, l'appareil va mesurer l'oxygène résiduel dans le gaz porteur sans passer
par la cellule de mesure,
Mesure : en général on effectue une série de mesures par échantillon de manière à
s'assurer que le conditionnement a permis d'atteindre un flux d'oxygène stable.
Les cellules permettent de calculer le volume de gaz (O2 ou vapeur d‘eau) en centimètres
cubes qui pénètre à travers un mètre carré de film par unité de temps et de pression. Ces
valeurs sont données en cm3.µm / (m2.jour.bar).
IV.3.2 Résultats
Après avoir préparé les sols, on les dépose sur des substrats en PET de diamètre 5 cm et
d‘épaisseur 400 µm. Ces films ont été mis au four à 60°C pendant 24 h pour leur permettre de
finir la condensation et la réticulation sans pour autant modifier les caractéristiques du PET.
La perméabilité à l‘oxygène et à la vapeur d‘eau de ces films circulaires a été mesurée en
utilisant la cellule MOCON avec une précision de 0,1 cm3.µm/(m2.jour.bar) à température
ambiante et 50% d'humidité relative. Les paramètres utilisés pour l‘étude de la perméabilité
des films hybrides sont regroupés dans le tableau 21 :
Perméabilité à l’oxygène Perméabilité à la vapeur d’eau
Température : 23°C Température : 23°C
Humidité relative : 49% pour N2 et 41% pour O2 Humidité relative : 50%
Pression atmosphérique Pression atmosphérique
Concentration O2 : 100%
133
Chapitre IV : Etude de la perméabilité et de l‘activité antimicrobienne
-9
1,2x10
a -3
4,0x10 b
Perméabilité de H2O
(ml.mm.m .s .GPa )
-1
Perméabilité de O2
-9 -3
1,0x10 3,6x10
(g.mm.m .s )
-1
-2
-1
-3
3,2x10
-2
-10
8,0x10
-3
2,8x10
-10
6,0x10
-3
2,4x10
-10
4,0x10
PET TVAS (1:3) (1:1) (3:1) PET TVAS (1:3) (1:1) (3:1)
On constate que les deux courbes ont la même allure, une diminution suivie ensuite d‘une
augmentation. Ce comportement est en adéquation avec la teneur du TEOS. En effet, la
grande quantité de TEOS dégrade la perméabilité à l'oxygène à cause de la présence de micro-
fissures liées à la grande différence entre les propriétés mécaniques du film hybride et celles
du support PET qui provoquent une décohésion entre les deux (voir chapitre III).
La perméabilité à la vapeur d‘eau du film PET est abaissée de 12,2% à partir de 3,71.10-3
jusqu‘à 2,28 g.mm.m-2.s-1 par la déposition d'un film mince de TEOS/TVAS (1:3). En effet,
la perméabilité à la vapeur d'eau des films hybrides montre un comportement similaire à
134
Chapitre IV : Etude de la perméabilité et de l‘activité antimicrobienne
-9
1,2x10
a -3
4,0x10 b
Perméabilité de H2O
(ml.mm.m .s .GPa )
-1
Perméabilité de O2
-9
1,0x10 -3
3,6x10
(g.mm.m .s )
-1
-2
-1
-3
3,2x10
-2
-10
8,0x10
-3
2,8x10
-10
6,0x10
-3
2,4x10
-10
4,0x10
PET EM (2:1) (1:1) (1:2) PET EM (2:1) (1:1) (1:2)
Rapport molaire EM/TVAS Rapport molaire EM/TVAS
-9
1,2x10
a 4,0x10
-3
b
Perméabilité de H2O
(ml.mm.m .s .GPa )
-1
Perméabilité de O2
-9
1,0x10 3,6x10
-3
(g.mm.m .s )
-1
-2
-1
-3
-2
-10 3,2x10
8,0x10
-3
2,8x10
-10
6,0x10
-3
2,4x10
-10
4,0x10
PET GPTMS (7:3) (4:1) (9:1) PET (4:1) (9:1)
GPTMS (7:3)
Rapport molaire GPTMS/APTMS Rapport molaire GPTMS/APTMS
135
Chapitre IV : Etude de la perméabilité et de l‘activité antimicrobienne
Système Amélioration
TEOS/TVAS 50%
EM/TVAS 47%
GPTMS/APTMS 42%
Donc on peut déduire que la perméance à travers le polymère substrat (PET), est
principalement due aux défauts disponibles dans le revêtement. Cependant, le
comportement des molécules d'eau est différent et il pourrait être dû à l‘interaction des
molécules d‘eau avec le film hybride déposé [13]. Malgré ces défauts signalés, la perméabilité
à l'oxygène des films hybrides est généralement plus faible de deux ordres de grandeur
que celle du polymère non revêtu, comme indiqué dans le tableau 22.
IV.4.1. Introduction
Il est bon de préciser les différences entre les notions d'emballage actif et passif. La fonction
de l'emballage passif est de protéger le contenu contre les altérations de l'environnement, sans
modifier la composition et les propriétés des produits emballés. C'est le rôle assigné à
l'emballage à la fois par la légalisation européenne et par l'habitude. D'une manière générale,
l'emballage est enfermé dans cette unique fonction de protection. La définition d'un emballage
actif qui s'applique essentiellement au domaine de l'alimentaire commence à rencontrer un
consensus. Il s'agit de systèmes qui modifient l'environnement de l'aliment (par un
dégagement de substances, un piégeage, une neutralisation…) pour augmenter sa durée de vie
136
Chapitre IV : Etude de la perméabilité et de l‘activité antimicrobienne
et/ou préserver ses propriétés organoleptiques. On peut trouver les absorbeurs (d'oxygène,
d'humidité, d'éthylène), les relargueurs d'additifs (anti-microbiens, arôme…), les préparateurs
(actions sur l'aliment pour améliorer sa conservation).
L‘établissement d‘une atmosphère modifiée active dans l‘emballage est utilisé pour limiter la
prolifération des micro-organismes. La réduction de la teneur en O2 permet de limiter la
croissance des germes aérobies.
L‘effet bactéricide de l‘argent sur plusieurs bactéries parmi elles la célèbre Escherichia coli, a
été étudié ainsi que d‘autres bactéries comme Staphylococcus aureus, Aspergillus Niger et des
cultures Penicillium phoeniceum. Les tests effectués ont démontré que les nanoparticules
d‘argent montrent un effet antibactérien prononcé [14-18]. Il a été montré que les
nanoparticules d‘argent ont une plus grande efficacité antibactérienne et antifongique que les
nanoparticules de cuivre.
IV.4.2. Tests
Le but de cette étude est de déterminer l‘effet antibactérien de Nanoparticules d‘argent (NAg)
fixées sur les films hybrides. Deux configurations ont été étudiées, il s‘agit de nanoparticules
incorporées dans le sol avant dépôt sur le substrat de PET ou de nanoparticules déposées sur
le système Hybride/PET. Les micro-organismes utilisés sont : Escherichia coli, Bacillus
subtilis, Lactobacillus plantarum et Penicillium camemberti. Ces souches, non pathogènes,
appartiennent au même genre que les micro-organismes contaminants les aliments.
On a incorporé des nanoparticules d‘argent dans le film hybride préparé puis on a déposé
l‘ensemble sur le substrat. On a également déposé des films hybrides sans nanoparticules pour
pouvoir comparer leur activité à celle des films avec particule. L‘ensemble est comparé à
l‘activité du PET seul. Le tableau 24, donne l‘ensemble des systèmes étudiés:
1 Témoin positif
2 Film PET vierge
3 Film PET + couche hybride
4 Film PET + couche hybride + NPAg incorporées
5 Film PET + couche hybride + NPAg déposées
137
Chapitre IV : Etude de la perméabilité et de l‘activité antimicrobienne
Les essais de microbiologie ont été effectués au sein du laboratoire de Microbiologie (UFR
Pharmacie de Reims) en collaboration avec Madame Gangloff. Afin de pouvoir détecter
l‘effet antimicrobien, des cinétiques de croissance bactérienne (E.coli) sont réalisées en
suivant la Densité Optique à 600 nm en fonction du temps.
Les bactéries sont mises en culture en milieu liquide afin d‘obtenir un deuxième repiquage qui
constituera la culture de travail. Les suspensions bactériennes d‘essai, bactéries en phase de
croissance à une concentration comprise entre 1,5 x107 et 3x 107 CFU/mL.
Les films ont été mis en contact avec les suspensions bactériennes à température ambiante
sous agitation pendant 30min, 1h, 3h, 6h et 24h.
IV.4.3. Résultats
Une deuxième série d‘essais a donc été effectuée pour ces nouvelles nanoparticules ainsi que
pour les films dans lesquelles elles ont été incorporées. Les résultats des tests sur les
nanoparticules seules et les témoins sont donnés sur la figure 75.
138
Chapitre IV : Etude de la perméabilité et de l‘activité antimicrobienne
a) b)
Figure 75 : Activité : a) anti-staphylococcique et b) anti–pseudomonas.
Ces tests sont réalisés dans des boites de Pétri stériles, sous hotte. Les poudres déposées sur
une gélose présentent toutes une activité antibactérienne vis-à-vis de E. coli et S. aureus. On
s‘intéressera dans les deux cas qu‘au compartiment II qui représente l‘activité positive des
nanoparticules d‘argent ainsi qu‘aux témoins qui sont l‘eau de javel et le film vierge.
Le fait que le film vierge, qui a été déposé sur la gélose, ne permet pas de croissance
bactérienne est lié à une inhibition physique de la croissance plutôt qu‘à une réelle activité
antimicrobienne. Cependant, cela veut dire que nous ne pouvons pas appliquer les films
directement sur la gélose pour conclure que ce sont bien les produits «adsorbés/fixés» sur le
film plastique qui présentent une activité antimicrobienne. Un autre moyen de faire le test est
nécessaire.
D‘autre part, l‘activité des poudres est réelle, mais elle reste faible, il faut donc trouver un
moyen de ne pas mettre les films avec un grand volume de milieu pour éviter l‘effet de
dilution et le non contact des bactéries avec les poudres « adsorbés/fixés » sur les films.
Pour pouvoir faire un suivi de la densité optique en fonction du temps un autre essai a été
réalisé qui consiste à mettre les films en contact avec 1,5 mL de culture bactérienne. Deux
souches bactériennes ont été testées : E. coli et S. aureus. Pour pouvoir faire les 2 tests, les
films ont été coupés en 2. La densité des films est telle que le film reste à la surface du milieu,
les films sont donc mis tête-bêche dans le milieu. La densité optique de départ (DO600nm)
pour l‘E. coli est de 0,12 et pour la S. aureus est de 0,11.
139
Chapitre IV : Etude de la perméabilité et de l‘activité antimicrobienne
Le tableau 25 montre les résultats obtenus pour la croissante de la densité optique des
différents échantillons après deux heures d‘incubation.
DO600nm pour DO600nm pour
Echantillon
E.coli S.aureus
T+ 1,3 1,34
Poudre de NPAg seule 1,28 1,18
Film PET vierge 1 ,14 1,16
Film PET + hybride1 + NPAg 1 ,1 1,06
Film PET + hybride2 + NPAg 1,14 1,08
Film PET + hybride3 + NPAg 1,16 1,14
Tableau 26 : Croissance de la densité optique des différents échantillons après deux heures
d‘incubation
Les nanoparticules d‘argent présentent une légère activité antibactérienne vis-à-vis de E. coli.
Vis-à-vis de S. aureus, ces nanoparticules présentent une très légère activité. Tous les films
semblent avoir le même impact sur la croissance bactérienne même le film seul (vierge). Il est
donc impossible, dans ces conditions, de pouvoir dire que la fonctionnalisation des films
permet d‘obtenir une activité antimicrobienne.
Le tableau 27 montre les résultats obtenus pour la croissante de la densité optique des
différents échantillons après quatre heures d‘incubation.
Tableau 27 : Croissance de la densité optique des différents échantillons après quatre heures
d‘incubation
140
Chapitre IV : Etude de la perméabilité et de l‘activité antimicrobienne
Conclusion
A ce stade des essais, les résultats obtenus ne permettent pas de confirmer l‘activité
antibactérienne des films hybrides fonctionnalisés avec des nanoparticules d‘argent, étant
donné que le PET seul possède aussi un pouvoir antibactérien. Deux hypothèses pourraient
être émises. D‘une part, les nanoparticules sont piégées dans film hybride et leur
concentration en surface est si faible pour exercer une activité antibactérienne plus forte que
celle du PET seul. D‘autre part, il se peut que la méthodogie d‘essai (conditions, technique de
détection, …) ne soit pas adéquate pour distinguer les différents comportements des
échantillons. D‘autres essais sont en cours pour optimiser cette caractérisation.
141
Chapitre IV : Etude de la perméabilité et de l‘activité antimicrobienne
Références
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Science, 1999, Vol. 12, 111-118
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[10] H. Yasuda, and V. Stannet, Polymer Handbook, John Wiley and Sons, New York, 1975.
[11] C. Joly, S. Goizet, J. C. Schrotter, J. Sanchez and M. Escoubes; Sol-gel polyimidesilica
composite membrane : gas transport properties, J. Memb. Sci. (1997) 130; 63-74.
142
Chapitre IV : Etude de la perméabilité et de l‘activité antimicrobienne
143
Conclusion générale
Conclusion générale
Cette thèse avait pour objectif d‘étudier les potentialités de nouveaux matériaux
hybrides organo-minéraux pour les utiliser dans le domaine de l‘emballage où ils joueront le
rôle barrière que ne possèdent pas les polymères usuels. Trois types de matériaux hybrides
TEOS/TVAS, EM/TVAS et GPTMS/APTMS tous de classe II, ont été synthétisés. Ce choix
présente de nombreux avantages, par rapport à la classe I, à savoir une meilleure compatibilité
des précurseurs utilisés et la présence d‘une liaison forte, Si-C, entre la partie minérale et la
partie organique de l‘hybride. Le protocole de la synthèse des hybrides a été établi en étudiant
la cinétique de la réaction sol-gel à l‘aide des techniques FTIR et ATG d‘une part et en
s‘inspirant de travaux semblables trouvés dans la littérature d‘autre part. La température de la
réaction d‘hydrolyse et de condensation, la teneur en eau et le pH ont été optimisés.
Les conditions expérimentales du dépôt de l‘hybride par spin-coating ont été
également optimisées en choisissant l‘accélération, la vitesse, le temps de dépôt, qui
conduisent à des films homogènes et uniformes. La température de cuisson permettant d‘avoir
un réseau réticulé et dense a été déterminé en utilisant l‘ATG et l‘ATR. Les films déposés sur
des substrats en cuivre ont été caractérisés du point de vue de leur état de surface et de leur
épaisseur par microscopie électronique à balayage. Les couches minces hybrides présentent
un excellent état de surface et sont uniformes. L‘homogénéité de la composition de ces
couches a été vérifiée en utilisant la spectroscopie EDS associée au MEB.
Pour s‘assurer de la formation du réseau hybride siloxane réticulé, plusieurs
techniques de caractérisations (FTIR, ATR, XES et XPS) ont été mises en œuvre et ont
confirmé la formation des ponts Si-O-Si et Si-O-C caractéristiques de ce réseau. La
caractérisation mécanique par nanoindentation, en déterminant le module d‘élasticité et la
dureté, a montré que les meilleures propriétés mécaniques en adéquation avec les applications
en emballage correspondent aux systèmes TEOS/TVAS, EM/TVAS et GPTMS/APTMS
ayant respectivement les rapports molaires 1 :3, 1 :1 et 9 :1. Les résultats obtenus sur la
pérméabilité à l‘oxygène et à la vapeur d‘eau des hybrides déposés sur le PET ont montré que
ces hybrides possèdent une grande propriété barrière. La perméabilité à été abaissée d‘un
facteur 2. Des modifications chimiques du matériau notamment dans le choix du rapport
molaire ont permis d‘atteindre cette diminution considérable tout en préservant les qualités
optiques des films minces. Pour cela, le choix de concentration en précurseur dans le sol est
144
Conclusion générale
très important. Les quelques résultats obtenus sur l‘activité antimicrobiènne des hybrides
dopés aux nanoparticules d‘Ag sont prometteurs et nous encouragent à poursuivre cette étude.
Finalement cette thèse nous a permis d‘élaborer des matériaux hybrides barrière ayant
des propriétés mécaniques très intéressantes et compatibles avec le PET. La faible
pérméabilité aux gazs (O2 et H2O) montre que ces hybrides peuvent être appliqués dans le
domaine de l‘emballage alimentaire.
145
Annexes
Annexe 1
m
R 'n Si (OR)4 n
nR '
n Si (OR)4 n M
R 'n Si (OR)4 n
mH O
n (4 n) M H O
2 R 'n Si(OR)4 n 2
TEOS : n = 0
Pour 1g de précurseur :
146
Annexes
Annexe 2
M
R 'Si (O) 3/2
esec
( R 'SiR3) M
R 'Si (OR)3
147
Annexes
Mélanges :
148