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Moments pour l'étude de la Torah

Ce résumé décrit brièvement le document. Il traite de différents sujets liés à l'étude de la Torah, notamment la nécessité de fixer des moments réguliers pour son étude. Il présente également une anecdote sur Reb Sender de Cracovie qui illustre l'importance du travail dans l'étude de la Torah.

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Moments pour l'étude de la Torah

Ce résumé décrit brièvement le document. Il traite de différents sujets liés à l'étude de la Torah, notamment la nécessité de fixer des moments réguliers pour son étude. Il présente également une anecdote sur Reb Sender de Cracovie qui illustre l'importance du travail dans l'étude de la Torah.

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N° 340 ‫מסכת עירובין נ"ג – נ"ט‬ TRAITE EIROUVIN 53 – 59 ‫ כ"ה חשון תשס"ו‬,‫בס"ד‬

„ Fixer des moments à l'étude de la Torah „ La durée de l'année solaire


„ Se rendre un Chabbat de Bné-Brak à Tel-Aviv „ Pourquoi avoir caché le veritable calcul?
„ Tel-Aviv élargie „ De quelle manière mesure-t-on le T'houm?
„ Les différents avis sur les "saisons" „ Mesurer à l'aide du trottoir

Page 54b, ‫עשה מועדים לתורה‬


Fixer des moments pour l’étude de la Torah "Le labeur dans l'étude"
Au beau milieu du traité Eirouvin, deux pages complètes de Guemara traitent Une des idées fortes de Rav Meïr
Shapira de Lublin, le fondateur du
des lois et du comportement à suivre vis-à-vis de l’étude de la Torah. Pour "Daf Hayomi", est particulièrement
conclure à ce sujet, le Talmud rapporte un enseignement au nom de Rava : « Fixe bien illustrée par l'anecdote
des moments à l’étude ». suivante :
Contrairement à l'interprétation simple, selon laquelle Rava aviserait chaque Juif Dans la ville de Cracovie, on avait
de fixer des moments pour son étude de la Torah, Rachi ("Assou") écrit : « Fixez pour habitude d'honorer Reb
des heures à vos élèves, afin qu’ils sachent quand venir étudier ». Dans le même Sender pour réciter le texte de
clôture, en fin d'étude d'un traité
esprit, Rachi rapporte à propos de l’adage des Sages, dans le traité Chabbat du Talmud. Cette habitude suivait
(31a) : « As-tu fixé des moments à la Torah ? », l’explication suivante : « Etant non seulement la coutume de
donné que tout homme doit se soucier d’avoir un gagne-pain, puisque "sans Rabbi Yehouda Hanassi « qui
travail, il n'y a pas non plus de Torah", il est de ce fait nécessaire de fixer des honorait les riches », mais de
moments pour la Torah de manière définie, sans quoi l'homme serait tenté de plus, Reb Sender savait gérer et
travailler toute la journée ». De ces paroles de Rachi, il ressort que le distribuer son argent de manière
très judicieuse, il soutenait les
commandement d’étudier la Torah ne se limite pas à déterminer des heures pauvres et les étudiants de la
précises, dédiées à cette fin. L’essentiel de l’étude de la Torah s’accomplit en s’y Torah au bon moment, et de la
consacrant continuellement, sans interruption aucune. Cependant, dans la mesure meilleure manière qui soit.
où il est nécessaire pour tout un chacun de gagner sa vie, il faudra tout au moins Avant chaque Siyoum, Reb
consacrer certains moments à cette Mitsva. Dans notre Guemara également, Sender s’enfermait dans son
Rachi comprend que le devoir d’établir des heures précises revient au Rav, du fait bureau afin de bien réviser le
texte et le Kaddich spécial récités
de l’expression similaire à celle employée dans le traité Chabbat. en cette circonstance. Il oubliait
Que signifie au juste « fixer des moments pour la Torah » ? Il ne suffit pas pour alors ses affaires, répétait à
cela de dédier un moment de son emploi du temps à la Torah, mais il faut plusieurs reprises la prière :
nécessairement fixer un moment constant et invariable, même si une opportunité « Nous Te remercions d’avoir
de gagner une grande somme d’argent se présente (Tour O.H. 155). C’est placé notre lot parmi les assidus
uniquement par cette attitude qu’un homme prouvera à lui-même et à son Créateur de la maison d’étude… », et il
apprenait par cœur le nom de
qu’il connaît son véritable devoir sur terre et que tout le reste ne relève pour lui tous les fils de Rav Papa, afin de
que de la seule nécessité. ne surtout pas modifier l’ordre
Pour cette raison, nous ne prononçons la bénédiction sur l’étude de la Torah dans lequel ils sont mentionnés.
qu’en début de journée, sans avoir à la répéter à chaque reprise de l’étude, du fait En cet instant de détente, il
que cette obligation ne s’interrompt jamais, et qu’elle ne se concrétise pas en un passait en revue sa propre la vie,
moment précis. C’est pourquoi, il n’y a pas non plus de bénédiction après les affaires qu’il menait
rondement, ce qui l’emplissait
l’accomplissement de cette Mitsva, dans la mesure où il n’y a pas de limite ni de d’une satisfaction bien méritée. Il
terme à ce commandement (Bet Yossef O.H. 47). se dit alors qu’il n’y avait pas
Concernant la constance et la régularité des heures vouées à l’étude, pour les homme plus heureux que lui sur
personnes qui ne peuvent s’y consacrer à longueur de temps, le Piskei Techouvot cette terre, ses efforts et son
(155, note 1) rapporte qu’il est possible d’en apprendre l’importance à partir du travail avaient été couronnés
sacrifice journalier. En effet, bien que ce sacrifice ne fût approché que deux fois d’une belle réussite. C’est alors

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Traité Eirouvin 53 - 59 ‫ נ"ט‬-‫מסכת עירובין נ"ג‬

qu’il se souvint tout à coup de par jour, le matin et le soir, il est appelé par la Torah le « sacrifice
quelques mots qu’il avait révisés perpétuel », grâce à sa régularité sans compromis.
un peu plus tôt : « Parmi les
assidus de la maison
d’étude… car nous nous efforçons Page 55a, ‫עגולה עושין לה זוית‬
et sommes récompensés, et eux, Se rendre un Chabbat de Bné-Brak à Tel-Aviv
s’efforcent sans recevoir de Une des règles les plus essentielles pour définir les limites
récompense ». C’est-à-dire que du T’houm d’une ville est celle qui consiste à « carrer une
ceux qui étudient la Torah sont
ville ». Ce procédé est loin d’être évident, aussi bien d’un
récompensés pour leur labeur,
tandis que les efforts fournis pour point de vue halakhique que pratique.
les biens de ce monde ne le sont Nous allons tenter, dans les lignes suivantes, d’éclaircir
pas. Reb Sender ne pouvait brièvement cette notion.
comprendre cela : Ai-je donc Une ville dont les frontières seraient droites, semblables à
travaillé en vain ? N’ai-je pas été
récompensé par la réussite de un carré ou à un rectangle, ne nécessite pas que l’on utilise
mes affaires ? Cette question ne cette règle pour lui donner une forme carrée. Sa superficie
lui laissa pas de répit, il décida et son pourtour sont nettement définis, il suffit simplement
donc de la poser au Rav de la ville
à l’occasion du Siyoum.
de mesurer deux mille coudées à partir de ses limites pour
Le lendemain, Rab Sender établir le T’houm de Chabbat. Cependant, les frontières de
s’adressa au Rav, en plein milieu la majorité des villes ne sont absolument pas droites ; suivant l’expression de
des réjouissances, en lui exposant la Michna, elles possèdent « une maison qui rentre et une maison qui sort »
son problème : « Excusez-moi,
mais comment peut-on dire que le (52b). Avant même de mesurer la distance de deux mille coudées, il faut tout
labeur de ce monde-ci ne rapporte d’abord établir à partir d’où commencer à mesurer. C’est pourquoi l’on "remplit"
pas de récompense ? Y a-t-il une en premier lieu l'espace vide des contours de la ville, afin de rendre les limites
personne au monde qui soit prête
droites. Si l'on obtient une forme circulaire, on pourra même élargir le cercle en
à travailler sans ne recevoir aucun
salaire ? » carré.
Le Rav lui répondit alors : « Dites- Cette règle est cependant restreinte à de nombreuses conditions et
moi, Reb Sender, parmi toutes les exigences, comme nous le voyons dans notre Guemara au sujet d'une ville
affaires dans lesquelles vous avez qui est « faite comme un arc ». De plus, il faut être à même d’établir la
investi, celles-ci ont-elles toujours
porté leurs fruits ? » L’homme
direction dans laquelle étendre les limites de la ville. Tous ces détails ont été
d’affaire se sentit alors renaître, développés par les décisionnaires (comme le détaille très clairement le "Kiryat
lorsque ce sujet fut abordé : Sefer" ch. 5 et 7).
« Maître ! Il n’existe aucune affaire Précisons de plus, qu'hormis les connaissances nécessaires aussi bien en
au monde dans laquelle on Halakha qu'en géométrie, il est inévitable de vérifier toutes les données sur le
n’investisse sans qu’il n’y ait de terrain ; il est en effet impossible de se fier uniquement à une carte, du fait
risque ; il est impossible de ne
recevoir que des bénéfices, sans
que bien souvent, des zones industrielles soient situées aux limites de la ville,
aucun haut et bas ». Reb Sender et que l'apparence de la ville se trouve être de ce fait bien différente aux yeux
s'étendit alors dans tous les détails de la Halakha de ce qu’elle est dans son aspect réel (ibid. page 117).
du monde des affaires, des Tel-Aviv élargie : Nous allons nous intéresser, dans ce passage, à un point
risques que l’on est parfois forcé très important à propos de la règle de "carrer la ville". Un débat a été soulevé
de prendre et expliqua qu’en s’y à ce sujet concernant la ville de Tel-Aviv.
connaissant un tant soit peu dans
ce domaine, on ne peut poser une
Nous apprenons dans cette Guemara que lorsque les enceintes de deux
pareille question. Le Rav précisa villes sont accolées, elles sont considérées, au sujet du T’houm, comme une
alors son interrogation : « Vous seule et même agglomération. L’enceinte dont nous parlons ici est une
voulez donc dire que votre réussite surface de soixante-dix coudées sur soixante-dix. En d’autres termes, tant que
ne dépend absolument pas des la distance qui sépare la limite de deux villes n’est pas supérieure à cent
efforts investis ; il arrive parfois quarante coudées, elles seront considérées comme une seule ville.
que vous vous investissiez
énormément sur un projet qui
La question qui se pose à présent consiste à savoir si cette loi est applicable
n’aboutit à rien, et d’autres fois, également au niveau des "carrés des villes", qui se toucheraient l'un l'autre.
vous pouvez gagner de grandes Comme nous l’avons vu plus haut, on transforme, avant de mesurer un
sommes sans avoir fait le moindre T’houm, la surface de la ville en un carré pour débuter le compte des deux
effort ». Reb Sender répondit à la milles coudées. Ainsi, de la même manière que l’on unifie les deux villes
question en levant les yeux au ciel, lorsque les véritables limites ne sont pas éloignées de plus de cent quarante
tout en se rappelant du nombre de
fois où tous ses efforts n’avaient
coudées, dirons-nous de même, lorsque les deux carrés des villes sont à une
aboutis à rien : « Le monde des distance inférieures à cette mesure l’un de l’autre, qu’il faille considérer ces
affaires est un monde cruel, seul le deux villes comme n’en faisant qu’une ?
résultat compte, sans que les La réponse à cette question dépend en réalité des deux manières de
efforts n’intéressent qui que ce concevoir le principe du "carré de la ville" : est-ce que les Sages ont indiqué
soit ». par ce calcul qu'il nous faut réellement considérer la superficie de la ville
Le Rav lui indiqua alors son
intention : « Voyez-vous, un
comme étant carrée, comme si cet espace ajouté s'incluait dans les frontières
homme qui étudie la Torah, n’est de la ville ? Ou bien cette indication n’est-elle qu’une "dérogation", qu'une loi
pas seulement récompensé pour qui permet d'élargir les limites de la ville, sans pour autant que les angles
l’étude fournie et par le résultat ; il additionnés ne fasse réellement partie de la surface de la ville ? A présent, si
Traité Eirouvin 53 - 59 ‫ נ"ט‬-‫מסכת עירובין נ"ג‬

l'on suit la première optique, il en résulte que lorsque les angles droits de l’est également pour tous les efforts
deux villes se rencontrent, ils réunissent les deux villes pour n'en faire investis, du fait que ces efforts font
qu'une seule. En revanche, si ces ajouts ne sont qu'une simple manière également partie de la Mitsva. Dans ce
de mesurer les limites de la ville, ne provenant que d'une simple monde en revanche, personne ne
dérogation rabbinique, il n'y aurait aucune raison valable d'unir ces deux reçoit de récompense pour les efforts
fournis, uniquement pour les résultats.
villes, au même titre que le véritable T'houm de deux mille coudées n'est
Un cocher ne recevra jamais de
pas une raison suffisante pour associer une agglomération à une autre. salaire supplémentaire pour avoir dû
Rav A. Bokwald Chlita (Kiryat Ariel ch. 6) clarifie tous les aspects de ce changer une roue brisée. Mais celui
problème, et démontre que la majorité des Richonim s'accordent à penser qui va vers son étude et se retrouve
que le "carré de la ville" n'est qu'une simple méthode de calcul du T'houm, empêché pour une raison quelconque,
et c'est pourquoi il n'y a pas lieu d'associer deux villes lorsque seuls les sera récompensé également pour le
temps perdu. C’est pourquoi nous
angles droits additionnés s'entrecroisent.
remercions le Saint béni soit-Il de ce
[Précisons que cette question a trait à plusieurs autres lois, comme par que « nous nous efforçons et sommes
exemple concernant celle qui s’applique dans le cas où l’on déposerait récompensés… » indépendemment du
son Eirouv à l'intérieur de la ville, vu plus haut page 32b, ou encore à résultat, le labeur seul mérite une
propos du cas d’une personne que l’on aurait sorti de son T'houm et que récompense, ce qui ne se retrouve pas
l’on aurait abandonné dans l'angle d'une autre ville. Il faudrait vérifier si dans ce monde-ci ».
Cette explication souligne combien les
ces Richonim ont parlé de manière générale, incluant tous ces cas
sacrifices engagés dans l’étude font
également, ou s'il n’y aurait pas lieu de juger chaque cas séparément, cf. partie de l’étude. Chaque personne qui
Kiryat Ariel ibid.]. prend la décision de s’engager dans
Ce débat étant particulièrement actuel, il a été fait à son sujet de une étude de la Torah assidue et
grandes recherches pour éclaircir toutes les données du problème, grâce durable mérite de voir non seulement
à l'initiative du Admour de Koznits Chlita. Il débattit longuement à ce les fruits de son étude, mais
également la récompense des efforts
propos avec Rav Y.C. Elyachiv Chlita, afin de statuer s'il serait possible de
que comprend cet engagement.
se rendre depuis sa maison d'étude, située au nord de Tel-Aviv, jusqu'à la
ville de Bné-Brak. En effet, si l'on considère que les boulevards de Ayalon,
qui traversent la ville de Tel-Aviv, la divisent en deux agglomérations d'un
point de vue halakhique, notre question aurait toutes les raisons de se "D’où le savons-nous ?"
poser dans ce cas, dans la mesure où seuls les angles additionnés se Deux expressions talmudiques ont de
très proches significations : "‫ "מנלן‬et
rencontrent.
"‫"מנה הני מילי‬. La première est un
Rav Elyachiv Chlita a conclu que les personnes souhaitant se rendre abrégé des mots : "‫"מנא לן‬, c'est-à-dire
des deux côtés de la ville doivent nécessairement déposer un Eirouv de "d'où savons-nous cette loi ?", tandis
T'houm avant l'entrée du Chabbat. que la seconde signifie : "D'où as-tu
(Cf. le fascicule Bet Aharon Véisraël, n° 101 qui rapporte certains avis appris ces paroles ?".
émettant des doutes quant à cette position, ainsi que les explications de Elles apparaissent en général lorsque
les propos d'une Michna ou d'une
Rav Bokwald dans ce même fascicule, au n° 118).
Braïta sont rapportés, sans que l'on en
connaisse l'origine. Lorsque l'on sait
Page 56a, ‫ואין בין תקופה לתקופה אלא תשעים ואחד יום שבע שעות ומחצה‬ qu'il s'agit d'une loi enseignée par la
"Les saisons" – l'avis de Chmouel et celui de Rav Ada Torah mais que l'on n'en connaît pas
L'opinion de Chmouel, largement développée par notre Guemara, a fait la source, la première expression est
utilisée. En revanche, lorsque
l'objet de nombreuses discussions parmi les décisionnaires.
l'enseignement lui-même relève d'un
Les calculs des saisons, des années ainsi que la rotation du Soleil sont étonnement, la Guemara formule sa
les sujets traités ici. Bien que pour beaucoup, ce sujet ne soit pas d'une question par : "‫"מנה הני מילי‬. (tiré du
approche particulièrement aisée, nous avons tenté d'adapter ce passage Sefer Hakelalim).
de telle manière qu'il soit profitable, même sans posséder la moindre
connaissance dans ce domaine. Page 53a, ‫כשהיינו לומדים תורה אצל רבי‬
‫אושעיא‬
Chmouel, l'un des grands Sages du Talmud, affirmant connaître la voie
Les mesures de l'arche de Noa'h
lactée aussi bien que les rues de sa ville Néhardéa, s'intéresse ici au cycle Notre Guemara nous enseigne que
de l'année solaire et aux quatre saisons de l'année. L'année solaire lors des cours de Rabbi Ochaya,
désigne la durée que prend le Soleil pour réaliser un tour complet autour quatre élèves se tenaient dans une
de la Terre [ou plutôt l'inverse], et les quatre saisons de l'année sont celles seule coudée. Cette précision amena
de Nissan, de Tichri, de Tévet et la saison de Tamouz. le Admour Rabbi Meïr Yé'hiel de
Ostrovtsa à un calcul intéressant :
La durée de l'année solaire : Chmouel nous enseigne ici que l’année
Il est rapporté dans d’anciens écrits
solaire est d’une durée de 365 jours et six heures très précisément. Ce que les mesures de l'arche étaient
calcul permis à Chmouel d’affirmer que chaque saison dure 91 jours et 7,5 telles qu'elle pouvait contenir 600 000
heures [=365 jours et six heures divisés par 4]. Selon cette appréciation, il personnes. Comment est-ce possible
ressort que le commencement de chaque saison est retardé de 7,5 heures ? Nous avons appris plus haut (48a)
à chaque reprise. Si par exemple la saison de Nissan a débuté un que la hauteur d'un homme est de trois
coudées. Nous pouvons donc en
dimanche, à huit heures, la période suivante commencera un dimanche, à
conclure, avec ce que nous avons
quinze heures trente. appris ici, qu'un volume de 1x3
Ces calculs nous permettent également d’affirmer que chaque année coudées est suffisant pour quatre
s’achève un jour et six heures plus tard que l’instant où elle a commencé. hommes.
Ainsi, une année qui aurait vu son début un dimanche à huit heures se Suivant les indications de la Torah,
conclura un lundi à quatorze heures, puisque l’année solaire est d’une l'arche de Noa'h possédait une
Traité Eirouvin 53 - 59 ‫ נ"ט‬-‫מסכת עירובין נ"ג‬

contenance de [300 coudées de durée de 52 semaines, un jour et six heures.


long x 50 de large x 30 de A l’époque où le calendrier était établi par le tribunal rabbinique, ces données
hauteur] 450 000 coudées. servaient de base pour déterminer quelle année devait être embolismique (Ibour
Etant donné que trois mètres Chana). De nos jours, les implications halakhiques découlant de ces calculs ne
cubes suffisent pour quatre
concernent plus que la bénédiction sur le Soleil [prononcée tous les vingt-huit ans, au
hommes, 450 000 peuvent en
contenir 600 000 !... (Or Torah, moment où le Soleil rejoint son point de départ lors de la création du monde, un
Noa'h). mercredi sous le signe du bélier] et la prière sur la pluie pour les habitants de la
diaspora – "Ten Tal Oumatar" – qui ne commencent à la réciter qu'à partir du
Page 53a, ‫היינו יושבים‬ soixantième jour après le début de la saison de Tichri. Le décompte de Chmouel est
Un miracle par amour de la en effet celui qui permet de connaître le début de cette dernière saison [il existe de
Torah
plus une loi concernant le danger de boire de l'eau au moment du passage de
Pourquoi donc seuls quatre
élèves pouvaient se tenir dans saison, cf. Rama dans Choul'han Aroukh Y.D. 116, 5 et les commentaires sur place].
une coudée au cours de Rav Nous ne trouvons pas dans le Talmud d'autres avis sur la question, mais le
Ochaya alors que la même Rambam (Kiddouch Ha'hodech ch. 9, 1) mentionne cependant que certains se sont
surface en contenait six au opposés à Chmouel à ce propos : « Certains Sages considèrent que l’année solaire
cours de Rabbi Elazar Ben est de 365 jours et un quart de jour, équivalent à six heures, et d’autres pensent qu’il
Chamoua ?
y a moins d’un quart de jour [supplémentaire]. On trouve la même discussion parmi
Il est évident, nous dit Rav
Aharon Leib Steinman Chlita, les sages grecs ».
que tout ceci ne se produisait La différence entre ces deux positions se résume à environ 4 minutes et 25,5
que par miracle. Mais le miracle secondes, qui sont à retrancher de l’année de Chmouel selon ce second avis. Bien
lui-même ne dépendait que du entendu, cette différence minime se révèle importante pour la détermination des
désir et de l'aspiration des saisons au bout d’un certain temps : on atteint une différence de plus de sept
élèves. Dans le cours de Rabbi
heures chaque cent ans [Précisons que cet avis possède différentes interprétations
Elazar Ben Chamoua, la soif
d'apprendre était immense, et le cf. le "Méfarech" sur le Rambam ch. 6, 3].
miracle en conséquence. Dans Cette seconde opinion s’est particulièrement propagée il y a neuf cents ans,
celui de Rabbi Ochaya, une grâce à Rav Avraham Bar ‘Hiya "le Nassi", auteur du "Sefer Haïbour" (ch. III, porte
génération de plus s'était 4), qui rapporte de nombreuses preuves soutenant cet avis, désigné comme étant
écoulée, entraînant une légère "l'opinion de Rav Ada". Bien que nous n'ayons pas de source talmudique sur cette
baisse spirituelle et une
position, il affirme que le texte d'une Braïta serait arrivé entre ses mains, dans
diminution de l’aspiration, ce qui
eut des conséquences directes laquelle le nom de Rav Ada serait associé à ce calcul. [De plus, une allusion à cet
sur l’importance du miracle… avis se trouverait dans le traité Roch Hachana 21a, dans laquelle la version exacte
serait d'ajouter, selon le Méfarech du Rambam ch. 10, 1, le nom de Rav Ada Bar
Page 54a, ‫דעלמא דאזלינן מיניה‬ Ahava].
Les mariages dans ce monde Une des preuves les plus fréquemment rapportées pour étayer cette position se
Les Grands du Moussar ont
trouve dans la Guemara Sanhédrin (13a), dans laquelle on peut lire que la saison
expliqué notre Guemara de la
manière suivante : Un homme de Nissan ne tombera jamais après la date du 16 Nissan. Or, cette déclaration ne
passa un soir près d'une maison saurait correspondre qu'à cette seconde opinion, dans la mesure où, selon
et y vit de grandes festivités. Il Chmouel, il se peut tout à fait que la saison de Nissan tombe après cette date [deux
se réjouit lui aussi du bonheur fois tous les dix-neuf ans]. Le Even Ezra également s'accorde à penser suivant
des habitants. Lorsqu'il l'opinion de Rav Ada, tout comme le Rambam qui écrit que « ce compte est plus
remarqua après plusieurs jours
exact que le premier » (Kiddouch Ha’hodech ch. 10, 6).
qu'il s'y déroulait les mêmes
réjouissances tous les soirs, il Pourquoi les Sages ont-ils caché le véritable calcul ? : S’il en est ainsi,
se demanda ce qui pouvait pourquoi Chmouel a-t-il donc décidé "d’arrondir" les heures ? Et de fait, les
amener les gens de cette Richonim rapportent que les Sages ont volontairement dissimulé les données
maison à tant festoyer. Le exactes du calcul afin d'éviter que des individus peu intègres s'en servent à
propriétaire le surprit à ce mauvais escient (cf. Sefer Haïbour ibid. 5, Sefer Haïbour du Even Ezra fin de la
moment : "Sot ! C'est une salle
deuxième porte et le Pirouch sur le Rambam ibid.).
de mariage ici ! Chaque jour
d'autres personnes viennent y L'élève du Roch, Rabbi Its'hak Haïsraëli, auteur du "Yessod Olam (IV, 14) affirme
danser…" quant à lui que même à l'époque où le Sanhédrin décidait du commencement des
Ce monde-ci est identique : mois, ces calculs avaient également certaines implications. Par exemple, il était
chaque jour quelqu'un d'autre y possible de décréter pour une période de disette de prolonger l'hiver. Si le véritable
danse… Il n'y a pas lieu d'être décompte avait été connu de tous, certains individus plus savants que d'autres
jaloux de qui que ce soit…
auraient pu prétendre que les décisions du Sanhédrin sont sans valeurs, dans la
Page 57a, ‫כל אמתא בריבוע אמתא‬ mesure où elles ne correspondent pas au calcul précis. C'est pourquoi les Sages
Le tortueux – c’est le plus d'Israël décidèrent de ne transmettre que le raisonnement de Chmouel, en
long précisant qu'il ne s'agissait que d'une évaluation approximative. Personne ne
On racontait à l’époque dans les pourrait plus prétendre s'opposer au Sanhédrin, les données exactes n'ayant pas
Yéchivot : été rendues publiques.
Les paroles les plus longues ne
D'autres Richonim avancent qu'il n'y a aucune preuve à rapporter, du fait que la
sont pas forcément les plus
vraies ; comme nous le voyons saison de Nissan puisse tomber après le seize Nissan. Selon eux, la règle énoncée
dans cette Guemara, une par la Guemara vue plus haut n'était actuelle qu'à l'époque où le Sanhédrin fixait le
diagonale est toujours plus commencement des mois, mais non une fois le calendrier perpétuel établi
longue qu’une droite… (Rabbenou 'Hananel Roch Hachana 21b, Tossefot Roch Sanhédrin 13b "Ravina").
Traité Eirouvin 53 - 59 ‫ נ"ט‬-‫מסכת עירובין נ"ג‬

Page 57b, ‫אין מודדים אלא בחבל‬


De quelle manière mesure-t-on le T'houm ?
Notre Guemara traite à présent de la manière
de mesurer le T'houm.
Les Sages ont établi que le meilleur moyen de
mesurer la distance du T'houm se fait à l'aide
d'une corde de lin, longue d'exactement
Liste des cours du Daf Ville cinquante coudées, que deux personnes
HaYomi en France : 2000 2000 tendraient à vingt reprises, pour aboutir aux deux
coudées coudées
mille coudées qui délimitent le T'houm. D'autres
Paris
-Rav Seneor (rue pavée) systèmes existent, qui peuvent se servir
-Rav Cahen (Adath Yereïm) d'appareils sophistiqués, tout comme le faisait
-Rav Rozenberg (Rue Cadet) Rabban Gamliel (page 43b). Notre Guemara
-Rav Abdellak
-Rav Y. Ibgui (Neuilly) détaille la manière de calculer cette distance
-Communauté du Raincy lorsque les systèmes habituels ne fonctionnent pas. Par exemple, pour un terrain
-Rav Lumbroso-Roth (70, rue formé de plaines et de collines, mesurer à l'aide du compteur d'une voiture nous
Crimée)
ème
-R. Zana (Av. F. Faure 15 ) présenterait un résultat trop rigoureux, dans la mesure où il nous faut parfois
soustraire les distances superflues occasionnées par les montées. L'appareil de
Marseille Rabban Gamliel ne pouvait non plus fonctionner pour des surfaces non planes.
-Rav Doukan (CDIM, rue du
Rouet)
Lorsqu'il n'est pas donné de mesurer à l'aide d'une corde ou de ces systèmes,
-Rav P. Cohen (Birkat Mordekhai) les Sages (42b) ont statué qu'il est possible de mesurer les deux mille coudées
-Rav Suissa (Collel) en marchant, en considérant que chaque pas correspond environ à une coudée
-Rav Lasry (St. Loup)
(Ritva) ; la limite du T'houm se situerait donc à deux mille pas de la ville.
Nice Les pas dont la Guemara parle sont d'une grandeur moyenne et modérée,
-Rav Mergui (CEJ) entre lesquels le pied d'un homme moyen peut se glisser (Michna Beroura 397, 2
et Biour Halakha ibid. 1 et cf. Kiriat Ariel page 203).
Aix-en-provence
-Rav Nezri (Beth Hamidrash) Bien évidemment, ce métrage est loin d'être précis, mais il a cependant été
autorisé par les Sages pour les besoins d'une Mitsva, s'il n'a pas été effectué la
Strasbourg veille de Chabbat (Meïri p. 57b). Le Michna Beroura ajoute que, faute de choix,
-R. Weill – R. Rozen
-R. Szmerla (Adath Israël) les Sages ont également permis de mesurer le jour du Chabbat lorsque cette
-R. Schwartz (Ets Haïm) marche est réalisée pour les besoins de ce jour, servant ainsi aux besoins d'une
-R. Benech (Collel) Mitsva (Michna Beroura 399, 5).
Pour associer ou développer un Nous avons vu plus haut, en page 49b, que selon les Sages, l'on confère une
nouveau cours, prenez contact ! apparence carrée au T'houm de la ville [la Halakha a retenu cet avis]. C'est-à-
Tel : 00 972 54 789 10 81 dire qu'après avoir mesuré les deux mille coudées depuis les quatre côtés de la
Fax : 00 972 2 537 74 80
Mail : [email protected]
ville, on transforme la surface obtenue en un carré, bien que dans ce cas la
distance finale soit supérieure à ces deux mille coudées, comme on peut le voir
sur l'image.
Le Min'hat Baroukh (75, 2) avance à ce propos, que lorsque l'on mesure le
T'houm du Chabbat avec les pas, il n'est plus permis d'élargir le T'houm jusqu'à
Assurez-vous de deux mille huit cents coudées comme s'il avait été rendu carré ; on ne pourra pas
recevoir ce feuillet avancer au-delà de deux mille pas (cf. Kiriat Ariel page 203 l'origine de l'idée du
Min'hat Baroukh). Certains autres décisionnaires s'opposent à cette estimation,
chaque semaine en
et considèrent qu'il est parfaitement autorisé de compter les deux mille huit cents
confirmant votre pas, dans les situations le permettant (Eliya Rabba 397, 4 et 'Hazon Ich 39, 10 et
abonnement ! 110, 24).
Précisons que de nos jours, le T'houm n'est mesuré dans aucun endroit connu
Si l'un des numéros ne à l'aide d'une corde, comme la Guemara le prescrit, du fait que ce métrage soit
vous est pas parvenu, difficile à réaliser. Il existe en revanche d'autres moyens permis pour mesurer à
l'aide de pas, lorsque la longueur des pas est mesurée précisément, au
n'hésitez pas à le centimètre près (cf. dans le Kiriat Ariel p. 204 le témoignage d'une décision du
signaler à : 'Hazon Ich à ce sujet).
Mesurer à l'aide du trottoir : Rapportons enfin un moyen de mesure original
[email protected] et pratiqué en Erets-Israël, et réalisé grâce aux pavés bordant les trottoirs des
nous vous l'enverrons villes, qui mesurent tous un mètre de long. Ce système reste néanmoins
imprécis, donnant des résultats trop rigoureux [il arrive parfois que la route et le
dans les plus brefs délais trottoir ne soient pas égaux, par exemple à cause des courbes et des tournants]
(ibid. p. 207).

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