Comportement dynamique des passerelles
Comportement dynamique des passerelles
Comportement dynamique
des passerelles
Action dynamique des piétons
Tuteurs
Guillaume
PERRAUDIN
Projet de fin d’étude
-
Jean George Juin 2006
SIEFFERT
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INSA Strasbourg, Spécialité Génie Civil
Auteur
Guillaume WEISS
Institut National des Sciences Appliquées de Strasbourg
Section Génie Civil, promotion 2006
Superviseurs
Guillaume PERRAUDIN
Chargé d’affaire
ARCADIS Strasbourg, Section Infrastructures et Ouvrages d’Art
Diplômé de l’INSA Strasbourg
Adresses
ARCADIS
95 rue Boecklin - B.P. 29
67015 Strasbourg CEDEX
Tél: [Link].60
INSA de Strasbourg
24 boulevard de la victoire
67084 Strasbourg Cedex
Tel : 03 88 14 47 66
Juin 2006
-2-
Sommaire
Sommaire
Remerciements ...................................................................................................... 5
-3-
Sommaire
7. Solutions de confortement............................................................................... 72
7.1. Modification des fréquences ......................................................................................... 72
7.2. Modification de l’amortissement. Amortisseurs dynamiques....................................... 74
7.2.1. Principe :............................................................................................................................. 74
7.2.2. Exemples d’application ...................................................................................................... 75
a. Passerelle Mimram, Strasbourg-Kehl ................................................................................... 75
b. Passerelle du Millenium, Londres ........................................................................................ 76
c. Passerelle Solferino, Paris..................................................................................................... 77
d. comparaisons ........................................................................................................................ 77
8. CONCLUSION ............................................................................................... 78
9. ANNEXES ...................................................................................................... 79
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REMERCIEMENTS
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Introduction
1. INTRODUCTION, PRESENTATION
DU SUJET
Plusieurs exemples notoires ont récemment montré le risque de vibration
auquel sont exposées les passerelles : la passerelle Solferino à Paris ou le Millenium
Bridge à Londres furent victimes le jour de leur inauguration de vibrations excessives
et inattendues.
Les matériaux sont de plus en plus sophistiqués, atteignent des contraintes de plus
en plus élevées, les structures sont de plus en plus légères et les portées de plus en
plus grandes : les passerelles deviennent de plus en plus élancées et souples…
La passerelle Solferino à Paris : une structure légère et élancée confrontée aux problèmes
de vibrations dues aux piétons
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Introduction
Afin de cadrer cette étude, nous nous concentrerons uniquement sur les
passerelles : en effet, les ponts courants sont généralement plus massifs et rigides et
donc moins concernés par les problèmes de vibrations (hormis les ponts TGV et
viaducs qui eux font l’objet d’une étude dynamique spécifique).
Enfin, je voudrais citer le professeur Hugo Bachmann qui écrit, à propos des
passerelles [1]:
« Il ne serait pas efficace de calculer les ouvrages initialement sous charges
statiques seules et envisager une amélioration dynamique après coup. Ceci
peut nécessiter des délais plus importants… il semble plus judicieux de prendre
en compte les actions dynamiques dans les premières phases du projet… »
Nous verrons en conclusion de mon étude comment commenter cette opinion.
Anecdote historique:
Le problème de vibration des ouvrages d’art est étudié depuis peu mais a toujours
existé comme en témoigne cet exemple historique :
Le pont de Basse-Chaine près d’Angers fut le théâtre d’une tragédie le 16 avril 1850.
Un bataillon de soldats se rendait à Angers pour participer à une revue. Il y avait une
tempête et les soldats marchaient au pas tête baissée. Le pas des soldats mit le pont
en résonance. Une partie du bataillon avait atteint la rive gauche quand le pont s'est
rompu. Les hommes, « baïonnette au canon », tombèrent à l'eau. 222 soldats et 2
employés civils qui accompagnaient le bataillon se noyèrent.
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Présentation ARCADIS
2. PRESENTATION DE L’ENTREPRISE
ARCADIS
ARCADIS ESG est la filiale française du groupe international d’ingénierie
ARCADIS. Ce groupe résulte de la fusion de trois entreprises : Europe Etudes
Gecti créé en 1961, Simecsol (1952) spécialisée dans le domaine de la
géotechnique et Gester (1997) à vocation environnementale.
Avec 10 000 collaborateurs et un chiffre d’affaire annuel global de 1 milliard d’euros,
ARCADIS est l’un des 7 leaders mondiaux dans le domaine de l’ingénierie en génie
civil. L’organisation est par ailleurs implantée de façon permanente dans 12 pays
(Hollande, France, GB, Pologne, Ré. Tchèque, Allemagne, Slovaquie, Roumanie,
USA, Chili, Brésil, Egypte).
Le groupe fournit des prestations de gestion de projet, d’étude et de conseil dans les
domaines suivants :
bâtiment
infrastructures et ouvrage d’art
infrastructures et transport
infrastructures et géotechnique
environnement
La direction Est, basée à Strasbourg (Robertsau), accueille les 4 dernières spécialités.
Le bureau Arcadis de Strasbourg compte 50 employés et a réalisé un chiffre annuel
de 5 000 000 d’euros en 2004.
Direction régionale
Paul ZANI
Ingénieur ENSAIS
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Présentation ARCADIS
Le service ouvrages d’art, dans lequel j’effectue mon PFE, est composé de six
ingénieurs et quatre dessinateurs-projeteurs. Je suis encadré par Guillaume
PERRAUDIN, chargé d’affaire et diplômé de l’INSA Strasbourg en 2004, et assisté
par l’ensemble des ingénieurs du service I&OA.
Les dernières réalisations en date du service Ouvrages d’Art sont les suivantes :
- pont sur le Rhin à Fessenheim (MOE)
- suivi de la démolition du pont Churchill à Strasbourg (MOE)
- pont de la fonderie à Mulhouse (MOE)
- futur pont de Dresde en travaux dans le quartier du parlement Européen (EXE)
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Projet Front 3/4
3. PRESENTATION DU PROJET
PASSERELLE FRONT ¾
CULEE
EST
CULEE
OUEST
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Projet Front 3/4
Solution de type Bow String : deux arcs reliés au tablier par des suspentes
métalliques. Les arcs sont ancrés dans la culée, coté Front ¾ et fondés dans le talus
coté Ouest.
Tablier d’une seule travée de 34.55m composé d’un hourdis métallique reposant sur
des pièces de pont de type HEA ou HEB reposant sur des profilés tubulaires carrés.
L’avantage de cette solution est d’éviter tout appui près des voies SNCF.
- 11 -
Projet Front 3/4
Solution à une seule travée : tablier identique aux solutions précédentes de 34.9m
composé d’un hourdis béton et de pièces de ponts métalliques tenues par deux
poutres principales tubulaires.
Ce tablier est tenu par des haubans : 2 x 3 haubans répartis de part et d’autre de
celui-ci. Ils sont ancrés d’une part, au tablier par des consoles ou des oreilles et
d’autre part, dans un mât « en A » situé coté culée Est. Ce mât est pourvu de tirants
qui constituent un ancrage dans la butte du Front ¾.
- 12 -
Projet Front 3/4
Par ailleurs, la solution haubanée présente des particularités dans l’étude statique :
notamment dans la façon de concevoir le système de haubanage (nombre, diamètre,
tension initiale…) ainsi que la conception des appareils d’appui (existence de forces
horizontales dues à l’action des haubans…).
Enfin, Belfort se trouve en zone de sismicité faible I b (carte en vigueur en février
2006).
Avantage d’une solution métallique : facilité de mise en œuvre : préfabrication puis pose à
l’aide d’une grue mobile : ici pose de la passerelle de Brunstatt (68) le 20 mars 2006
- 13 -
Etude statique
4. ETUDE STATIQUE
L’ouvrage étudié est une structure métallique coiffée par un hourdis béton. J’ai choisi
de l’étudier comme une ossature métallique classique reprenant toutes les charges
dont celle du hourdis béton et non pas comme une section mixte.
Dans notre étude, les calculs sont menés suivant le fascicule 61 titre V, c'est-à-dire
que l’on vérifie la résistance vis-à-vis des contraintes admissibles dans les
matériaux. Cependant une comparaison sera faite avec les résultats trouvés aux
Eurocodes3 (calculs des sollicitations aux états limites).
- 14 -
Etude statique
- choix des appareils d’appui : guide technique du SETRA (septembre 2000) relatif
aux appareils d’appui en caoutchouc fretté : il renseigne sur les caractéristiques
dimensionnelles et mécaniques, les modèles et les vérifications à effectuer.
- 15 -
Etude statique
L’étude des charges dynamiques dues aux piétons fera l’objet d’un
paragraphe spécifique plus loin. Dans le cadre du pré dimensionnement statique de
l’ouvrage, il est primordial de bien évaluer les charges statiques qui s’y appliquent
afin de mener les calculs de résistance de la structure. Ces charges comprennent le
poids propre de la structure, le poids des superstructures et les charges
d’exploitation.
Comme expliqué plus haut, on étudie une structure acier simple et non pas une
section mixte : le hourdis est considéré comme une superstructure.
• Poids propre
Les calculs visent à déterminer les profilés, il s’agit donc de faire une évaluation
(défavorable en terme de poids) de leur poids propre pour les calculs à la main. Le
logiciel Robot, quant à lui, détermine immédiatement le poids exact des profilés
choisis dans le modèle : cela concerne les poutres principales, entretoises et pièces
de ponts, mâts, câbles.
• Superstructures
On entend par là, le calcul des volumes et charges surfaciques ou linéiques
correspondantes. Cela concerne les charges du hourdis béton (G= 2.5 T/m), du
complexe d’étanchéité et du revêtement asphalte (G= 2.4 T/m), ainsi que du poids
des gardes corps et des corniches.
• Charges d’exploitation
Elles sont calculées à l’aide du fascicule 61 titre II
15000
- charges piétonnes statiques a(l) = 200 +
l + 50
- charges dues à la balayeuse : le pont n’accueille aucun véhicule hormis une
balayeuse de 4.5T soit un système de 4 charges ponctuelles de 1.125 T (détails
donnés par la fiche technique du véhicule). Il s’agit de déterminer la position sur la
structure où l’action est la plus défavorable pour chacune des pièces à dimensionner.
Compte tenu de la faible vitesse de cet engin, les charges horizontales de freinage et
la charge de choc contre le mât ne sont pas étudiées comme ce serait le cas pour un
pont routier.
- 16 -
Etude statique
Choix du modèle :
La dalle peut être assimilée à une poutre continue sur plusieurs appuis. On
choisit de la dimensionner suivant un schéma simplifié de poutre simple sur 2 appuis
bi-articulée, à laquelle on applique des moments sur appuis, pour tenir compte des
moments hyperstatiques : la valeur des moments sur appuis et en travée est donnée
par l’annexe E1 du BAEL :
Choix du modèle
Poutre « réelle »
P
Poutre bi articulée :
Courbe des moments
M0
Avec M0=PL²/8
Modèle de calcul : Mw Me
Courbe forfaitaire des moments
Mt
Avec : Me = Mw = 0.5*M0
Q
1.2 + 0.3
Q+G
M0
Mt = 2 (G : charges permanentes et Q : ch. d’exploitation)
Calcul du ferraillage :
Les calculs sont menés suivant les recommandations du BAEL 91 :
• En partie inférieure de la dalle : détermination du ferraillage minimal : on fixe
la contrainte limite σs = 250 MPa (cas de la fissuration préjudiciable), on
applique les charges P non pondérées (aux ELS) et on détermine la section
minimale As mini :
Md = Mt
As = où d= 0.9h : hauteur utile
7
dσ S
8
- 17 -
Etude statique
As f tj
A.42. du BAEL : ≥ 0.23 *
b*d fe
Avec As : section minimale d’armature
b : largeur de la poutre
d : hauteur utile de la poutre
ftj : résistance en traction du béton
fe : limite d’élasticité des armatures
• Calcul des armatures transversales : résistance à l’effort tranchant
• Enfin, on vérifie la résistance au poinçonnement de la dalle sous charges
localisées (roue d’une balayeuse)
- 18 -
Etude statique
Les efforts internes (N, V et M) sont calculés à l’aide du modèle sous Robot qui
fournit aussi les contraintes maximales et minimales dans la structure.
Le risque étant de faire aveuglement confiance aux résultats du logiciel, les
contraintes sont vérifiées à la main grâce à la formule de Navier :
N My Mz
σ= + z+ y
A Iy Iz
Les contraintes étant connues, on vérifie alors les différentes conditions de sécurité
pour une structure en flexion simple, données dans le tableau ci-dessous, Ces
conditions sont extraites du Fascicule 61 titre V:
Critère Condition
Contrainte normale de flexion σ < σe
… σe
Avec prise en compte du σ < σe (1- 0.375 * )
déversement (le cas échéant) σf
Contrainte tangentielle de flexion τ < 0.6 σe
Combinaison de contraintes τ et σ σ² + 3 x τ² < σe²
Avec σe : limite d’élasticité de l’acier
σf* : contrainte critique de déversement
Le logiciel Robot permet de changer aisément les profilés et de choisir ceux pour
lesquels les contraintes se rapprochent le plus des valeurs limites sans toutefois les
dépasser.
- 19 -
Etude statique
- 20 -
Etude statique
Les profilés pour les pièces de pont ont été choisis de forme tubulaire carrée :
comme le montre le schéma ci-dessous, ces pièces subissent les efforts verticaux de
la structure et des superstructures mais aussi les efforts transmis par les câbles
tendus. Il est donc nécessaire d’avoir un profilé possédant une forte inertie dans les
deux directions y et z.
Q z
F Fz
Fy y
a
A4 − a 4
On a pour ce type profilé : I z = I y = élevée dans les deux directions.
12
- 21 -
Etude statique
Frettes
Feuillet de
caoutchouc
Dimension en plan a * b
a. Principe de la vérification
Les règles de dimensionnement visent à limiter la distorsion horizontale totale sous
l’effet des actions horizontales et verticales et des déformations angulaires et
horizontales.
Fz
Fx
U
- 22 -
Etude statique
Le dimensionnement des culées ne sera pas traité ici mais précisons cependant que
la forme de celles-ci ainsi que la présence de bossages d’appui devront être prévus
pour permettre le remplacement éventuel des néoprènes par vérinage du tablier.
X K
Z K
KZ
On devrait considérer les six raideurs suivantes : Kx, Ky, Kz, Kθx, Kθy et Kθz.
Dans la plupart des cas, cependant, on considère l’appui infiniment rigide dans la
direction verticale (incompressible selon Z) et infiniment souple en rotation, d’où :
Kz = ∞
Kθx = Kθy = Kθz = 0
a '.b'
Kx = Ky = G
Tq
Avec
G : module de cisaillement du caoutchouc (=0.90 MPa en statique, 1.2 à 1.6
Mpa en dynamique
a’ et b’ : dimensions efficaces du néoprène, c’est à dire celles des frettes
Tq : épaisseur totale de caoutchouc
- 23 -
Etude statique
Nota :
Une autre solution pour contrer les effets des forces horizontales consiste à venir
bloquer le tablier en about par l’intermédiaire de taquets qui peuvent être en
néoprène fretté.
Tablier
Néoprènes frettés
Taquet en néoprène
- 24 -
Etude statique
- 25 -
Etude statique
Les exigences vis-à-vis d’un hauban sont une grande résistance mécanique,
une résistance à la fatigue et la légèreté. La rigidité et les capacités résistantes de
ces haubans sont fonction de la section S et du module d’élasticité E.
Les haubans retenus pour ce projet sont constitués par des assemblages de torons
de 15mm de diamètre ayant une bonne résistance à la rupture (1770 MPa). Nous
aurons recours à des haubans de types 12T15 (source documentation Freyssinet) :
- 12 torons de type T15, section : 18 cm²
- effort de rupture : fr = 3180 kN
- effort en service fs = 1434 kN = 0.45 fr
Par ailleurs, le module E de chacun des torons est un module idéalisé différent de
celui de l’acier. Il est donné par la formule de Ernst :
1
E = E0
χl ²
1+ E0
12σ 3
avec : E0 : module d’élasticité des torons = 195 000 Mpa
χ : Poids volumique du hauban = 0.087 MN/m3
σ : contrainte dans le hauban
lh : portée horizontale du hauban
On constate que pour des faibles valeurs de l (ce qui est notre cas) E est très proche
d’E0 (=195 000 MPa). Le calcul se révèle essentiel pour des portées supérieures à
50 m. Les tableau suivant confirment cette remarque (voire Note de calcul n°2).
Hauban L en m Module idéalisé d’Ernst E en MPa
1 13.29 193 900
2 18.61 192 600
3 26.41 191 400
- 26 -
Etude statique
F P
α
F = P / sin(α)
P: poids propre du tablier + poids des superstructures + charges routières et/ou
piétonnes.
- 27 -
Etude statique
Notre structure haubanée est ainsi pourvue de 3 paires de haubans dans laquelle on
applique les températures dT1,2,3 afin d’obtenir les tensions dF1,2,3.
F = E S α dT
avec F : effort dans la barre
E : module idéalisé
S : section
α : coefficient de dilatation thermique
dT : force thermique
∆L : variation de longueur
L : Longueur du hauban
L’inversion de la matrice A permet de déterminer les dTi souhaitées pour obtenir les
dNi calculés.
dT = [A] dF
−1
Par l’application des dTi ainsi déterminées aux barres du modèle, on récupère les
efforts de précontraintes permettant de reprendre le poids P du tablier.
- 28 -
Etude statique
Déformée du tablier sous charges ELS (Poids propre + Superstructures + A(L) ) ; les
déplacements sont exprimés en cm.(Résultat Robot)
Conclusion :
Méthodologie de modélisation du haubanage avec précontrainte par charge
thermique:
- 29 -
Etude statique
- 30 -
Etude statique
Flèche selon Z
Nœuds Hercule Robot Erreur
Rob/Her cm cm cm
2 200 -0.86 -0.78 0.08
74 201 -0.83 -0.73 0.10
75 202 -0.46 -0.37 0.09
76 203 0.08 0.10 0.02
4 204 0.00 0.00 0.00
77 205 -2.13 -2.01 0.12
78 206 -4.52 -4.30 0.22
79 207 -5.50 -5.25 0.25
80 208 -4.52 -4.30 0.22
81 209 -2.13 -2.01 0.12
6 210 0.00 0.00 0.00
82 211 0.08 -0.10 0.18
83 212 -0.46 -0.37 0.09
84 213 -0.83 -0.73 0.10
1 214 -0.86 -0.78 0.08
L’observation des résultats permet de constater que les efforts tranchants T et les
moments fléchissants M sont quasi identiques (0.1 à 1% d’erreur). Pour ce qui est de
la déformée, les erreurs relatives sont plus importantes mais il est plus significatif de
constater que les erreurs absolues ne dépassent pas 3 mm et que l’allure des
déformées obtenues sous Robot et Hercule correspondent.
- 31 -
Etude statique
flèche selon Z
Nœuds Hercule Robot Ecart
Rob/Her cm cm cm
1 101 0.00 0.00 0.00
3 106 -0.38 -0.43 0.05
5 111 -0.22 -0.36 0.14
7 116 0.14 0.10 0.04
9 121 -0.07 -0.41 0.34
11 126 -0.03 -0.48 0.45
13 131 0.63 0.07 0.56
15 136 1.28 0.61 0.67
17 141 0.92 0.08 0.85
19 146 0.52 -0.53 1.05
21 151 0.64 0.49 0.16
23 156 0.89 -0.06 0.94
25 161 0.40 0.46 0.06
27 166 -0.01 -0.05 0.04
29 171 0.00 0.00 0.00
Les comparaisons portent ici sur les efforts normaux (qui sont très peu différents), les
moments et la flèche verticale.
Les erreurs relatives sur les moments sont basses hormis pour certains points.
Même remarque pour la déformée, faible dans les deux cas dont les valeurs sont très
proches mais dont l’erreur relative est parfois grande en raison de la faible valeur de
cette flèche. Ces erreurs dans le modèle haubané peuvent aussi provenir des forces
de précontraintes dans les haubans dont la détermination a fait l’objet de deux
calculs différents.
Conclusion :
La comparaison statique des deux modèles présente des résultats relativement
proches et suggère que les modèles de chaque logiciel sont fiables et
correspondent.
- 32 -
Etude dynamique modale
Nota :
En théorie, pour une étude plus complète, il aurait fallu étudier la structure entière
allant du tablier au sol. En effet tous les éléments intermédiaires sont susceptibles de
modifier les fréquences de l’ouvrage. Le modèle à étudier aurait donc été tel que
décrit ci-dessous :
- 33 -
Etude dynamique modale
Ces calculs de modes sont menés à la fois par le logiciel Robot et par le logiciel
Hercule.
Les modèles étudiés sont ramenés à un système discrétisé constitué de barres sans
masse et de nœuds concentrant ces masses. C’est le principe d’un oscillateur
simple de masse m, de raideur K et de coefficient d’amortissement C et pouvant se
déplacer dans une seule direction. Cependant, pour une approche réaliste, l’analyse
dynamique prend pour objet d’étude un modèle à plusieurs degrés de liberté
schématisé par un oscillateur multiple.
k c
En théorie, il faut étudier autant de modes qu’il y a de degrés de liberté dans une
structure. Dans les structures telles qu’une passerelle, les degrés de liberté sont
nombreux (260 degrés de liberté pour la structure A, 262 pour la structure C) et par
conséquent le nombre de modes est important. Il est souvent fastidieux et inutile
d’étudier l’ensemble des modes propres, il convient de choisir le nombre de modes
utiles.
Dans le guide de conception des ponts en zone sismique du SETRA [9], le nombre
de modes à prendre en compte « doit suffire pour ne pas négliger les modes
importants ». Autrement dit on retient autant de mode pour que la masse modale
cumulée retenue représente la quasi-totalité de la masse de l’ouvrage.
- 34 -
Etude dynamique modale
mi , x , y , z =
(D M∆² i
T
)
T
D M Di
i
Avec :
DTi : vecteur propre du mode i
M : matrice masse
∆ : matrice unitaire telle que les composantes du vecteur ∆i = 1 pour
les ddl correspondant à des déplacements dans cette direction
Nous verrons dans l’exploitation des résultats que certains modes locaux
correspondent à une vibration d’une partie restreinte de la structure. La masse
modale étant très faible, l’énergie mise en jeu est basse et on négligera par
conséquent ces modes.
Le calcul des modes propres se fait en utilisant des logiciels pour des structures
complexes (ce qui est en pratique atteint dès que l’on a plusieurs poutres...).
Cependant, un certain nombre de situations peuvent être déterminées
analytiquement. Pour ne pas faire aveuglement confiance à l’informatique, j’ai mené
des calculs analytiques pour déterminer les premières fréquences propres dans les
directions verticales et horizontales.
a. Modes verticaux :
Les différents calculs portent sur des exemples de bases :
- cas d’une poutre bi-articulée sous son poids propre
- cas d’une poutre bi-articulée sous charge ponctuelle
- cas d’une poutre bi-articulée sous charge répartie
EI
ω² = λ²
P 3
l
g
- 35 -
Etude dynamique modale
1 P
Ou encore
= T = λ .l ²
f g .EI
Cela est lié à la façon dont les logiciels discrétisent les barres.
- La prise en compte de toutes les masses de la structure : masses propres,
masses liées aux superstructures.
- Le calcul des modes doit se faire avec et sans prise en compte de la masse
statique des piétons.
b. Modes horizontaux :
M
K K K K
- 36 -
Etude dynamique modale
1 1
Nota : pour des ressorts en série, on aurait eu =∑
K global K
KGlob * g
ϖ=
M
ω
On tire aisément la fréquence f =
2π
Pour les résultats des calculs, on se référera à la note de calcul n°3 et à 5.4 pour les
interprétations de ces résultats.
- 37 -
Etude dynamique modale
5.2.1. Paramètres
Le module dynamique de Robot permet le calcul des modes propres d’une
structure donnée. Les encadrés ci-dessous présentent les boites de dialogue
permettant le paramétrage de l’étude dynamique de mon travail.
Paramétrage
du calcul
Structure mixte
Méthode de ξ = 0.6%
résolution des
valeurs propres
Choix du type
de matrice
Nota 1
- 38 -
Etude dynamique modale
Dans la fenêtre « Option de calcul », l’onglet masse permet de sélectionner les cas
de charge qui sont à inclure dans l’analyse des modes propres. Cela concerne toutes
les superstructures, les charges statiques piétonnes (qui agissent en plus des
charges dynamiques). En revanche, le poids propre est déjà pris en compte par
défaut, il est donc inutile d’ajouter ce cas dans cette fenêtre.
Directions dans
lesquelles on
Direction selon
considère les
laquelle la masse
vibrations des
s’applique
masses
(direction de la
sélectionnées
force de gravité)
- 39 -
Etude dynamique modale
Les résultats présentés résultent de la sélection des modes selon les critères
suivants :
• Masse participante pour le mode > 4%
• Fréquence < 20 Hz (valeur déjà excessivement élevée, les fréquences nous
intéressant étant comprises entre 0.3 et 5 Hz)
• Masse participante cumulée > 80% de la masse totale.
Les résultats sont fournis ici de façon brute après sélection pour donner une vision
des premiers modes importants : ils feront l’objet d’un commentaire en 5.4 et utilisés
en 6) pour le calcul des charges dynamiques.
- 40 -
Etude dynamique modale
Les résultats sont fournis ici de façon brute après sélection pour donner une vision
des premiers modes importants : ils feront l’objet d’un commentaire en 5.4 et utilisés
en 6) pour le calcul des charges dynamiques.
- 41 -
Etude dynamique modale
Chacun de ces modules doivent être programmés par l’ingénieur sous forme de
lignes de commandes dans un fichier texte. Un exemple est donné ci-dessous. La
difficulté est de constituer un fichier de commande sans erreur de syntaxe et
rigoureusement structuré car les modifications sont par la suite difficiles.
- 42 -
Etude dynamique modale
L’inconvénient de ce logiciel est une interface très peu conviviale et une structure
compliquée (5 fichiers de commandes pour obtenir un résultat). Par ailleurs, ce
logiciel étant peu utilisé, il m’aura demandé un temps de prise en main assez long.
L’intérêt, en revanche, dans le cadre de mon sujet est l’utilisation des modules
d’analyse dynamique pour lesquels les capacités de Robot semblent moins
étendues.
Précisons également que dans ces modèles Hercule, la raideur de la dalle est prise
en compte par l’intermédiaire d’un réseau de raidisseurs dont le schéma est donné
ci-dessous et dont les sections ont été déterminées par le calcul. Ces calculs se
basent sur celui des âmes équivalentes des poutres à treillis donné en annexe du
CM 66.
Raidisseurs diagonaux
Raidisseurs longitudinaux
- 43 -
Etude dynamique modale
Structure A :
Les résultats sont fournis ici de façon brute après sélection pour donner une vision
des premiers modes importants : ils feront l’objet d’un commentaire en 5.4 et utilisés
en 6) pour le calcul des charges dynamiques.
Structure C :
Les résultats sont fournis ici pour donner une vision des premiers modes importants :
ils feront l’objet d’un commentaire en 5.4 et utilisés en 6.
- 44 -
Etude dynamique modale
5.4.1. Fréquences :
L’observation des résultats analytiques a permis de justifier les résultats
informatiques obtenus avec le logiciel Robot et une partie de ceux du logiciel
Hercule :
Pour la structure A :
Calcul analytique Robot Hercule
F x1 = 1.49 Hz 1.49 Hz 1.61 Hz
F y1 = 1.49 Hz 1.44 Hz 1.65 Hz
F z1 = - 2.23 Hz 2.01 Hz
Les résultats offerts par Robot concordent donc avec les résultats analytiques.
Cependant, l’utilisation du logiciel Hercule qui devait confirmer les valeurs de Robot
nous fournit des résultats légèrement différents.
Les tableaux de comparaison donnés à la fin de ce chapitre révèlent des écarts de
fréquences de 0.2 à 0.4 Hz. Les valeurs des masses modales (données en
pourcentages) correspondent quant à elles à 1 ou 2% près en général.
L’étude de ces résultats n’a pas permis de retrouver l’origine et de résoudre les
écarts. Mais quelques réserves peuvent néanmoins être posées et pourraient
expliquer la divergence des résultats d’Hercule :
• Le comportement des barres qui modélisent les haubans : contrairement à la
barre, le hauban ne résiste pas en compression. En statique les haubans sont
toujours tendus et ne travaillent pas en compression ; en revanche, dans le calcul
des modes propres, le tablier peut avoir tendance à se déformer vers le haut
faisant alors travailler la barre en compression.
• La raideur apportée par la dalle : le modèle Robot a été calculé avec une plaque
pour tenir compte de l’effet rigidifiant de la dalle béton ;sous Hercule, nous l’avons
remplacée par un système de raidisseurs ayant une raideur identique à la dalle.
Cependant la répartition des masses diffère légèrement.
- 45 -
Etude dynamique modale
Par ailleurs, nous signalons que l’attention a été portée à ce que les écarts ne
proviennent pas de :
• La modélisation des appareils d’appui (nombre, raideur, prise en compte par
le logiciel)
• Les masses statiques participantes prises en compte pour l’analyse modale
• Une différence de raideur entre la dalle et le système en treillis équivalent
• Une différence de géométrie
• La précision des calculs dans chaque logiciel
L’analyse des déformés modales permet de comparer les résultats de chaque logiciel
mais servira aussi plus tard à la détermination des charges dynamiques à appliquer.
A titre de comparaison entre chaque logiciel, voici l’allure des premiers modes de
chaque structure.
STRUCTURE A (3 TRAVEES)
Hercule Robot
Mode 3 - f = 1.65 Hz - avec piétons Mode 2 - f = 1.49 Hz - avec piéton
Hercule Robot
Mode 4 - f = 2.00 Hz - avec piétons Mode 4 - f = 2.23 Hz - avec piéton
Robot
Mode 4 - f = 2.88 Hz - sans piéton
- 46 -
Etude dynamique modale
STRUCTURE HAUBANE C
Hercule
Mode 1
f = 1.22 Hz
avec piéton
Robot
Mode 1
f = 0.93 Hz
avec piétons
Robot
Mode 4
f = 2.35 Hz
avec piétons
Hercule
Mode 2
f = 2.56 Hz
avec piéton
Robot
Mode 1
f = 1.98 Hz
sans piétons
- 47 -
Etude dynamique modale
Structure A
Dans les différentes déformées décrites ci-dessus, on observe un mode rigide selon
l’axe longitudinal (structure A, mode 1.49-1.65 Hz). On retrouve le même suivant
l’axe transversale (non exposé ici). En effet, la structure A est très rigide dans le plan
horizontal, ce qui confirme les hypothèses émises pour le calcul analytique.
Le reste des déformés concernent la direction Z : ce sont exclusivement des modes
de flexion à plusieurs ventres (3 ventres ou ondes, dans ce cas là).
On constate que les déformés modales se corresponde relativement bien entre les
deux logiciels, malgré les écarts notés sur les fréquences propres.
Structure C
Cette structure ne présente pas de mode rigide dans le plan horizontal. Les déformés
retenues sont toutes des déformées de flexion à n ondes.
- 48 -
Etude dynamique modale
STRUCTURE A : 3 travées
Modèle Hercule avec raidisseur au lieu de la dalle, avec piétons statiques
- 49 -
Etude dynamique modale
STRUCTURE C : haubanée
Modèle Hercule avec raidisseur au lieu de la dalle
Avec piétons statiques
- 50 -
Action dynamique des piétons
A titre de comparaison voici les valeurs préconisées par H. Bachmann dans [4] :
Fréquences en Hz : Plage Moyenne
Marche lente 1.4 à 1.7 1.6
Marche normale 1.7 à 2.2 2.0
Marche rapide 2.2 à 2.4 2.3
Course 1.9 à 3.3 2.7
- 51 -
Action dynamique des piétons
1.0
0.5
0
t (s)
0.5
0
t
Période = T T
Action globale exercé par le piéton en marche : cumul des actions des 2 pieds
A chaque instant t, la somme algébrique des pas droit et gauche (somme courbe
rouge et verte) donne la courbe suivante :
F/G 1.5
1.0
0.5
T
0 t
- 52 -
Action dynamique des piétons
0 t
T = 1/fp tp
Piéton sautant sur place à la fréquence f donnée
F/G
3
0 t
T tp
Piéton courant à une fréquence f donnée
Dans ces deux cas la valeur de la charge dépend du temps de contact tp (souvent
pris égal à 0.5 T) et donnée sur une période par :
F (t ) = k p G 0 sin( 2πf p t ) pour 0 < t < tp
F (t ) = 0 pour tp < t < T
- 53 -
Action dynamique des piétons
Ces actions horizontales sont plus faibles en intensité mais elles nécessitent d’être
étudiées car la perception de l’individu est plus importante pour les déplacements
horizontaux induits que pour les déplacements verticaux.
Les forces qui induisent des vibrations horizontales proviennent des oscillations du
centre de masse du marcheur dont l’amplitude est de l’ordre de 2 à 3 cm.
Soit dans le cas d’une marche régulière, pour une fréquence de pas donnée, les
oscillations du centre de masse :
Oscillations G G G 1à3
horizontales cm
longitudinales
x, t
Oscillations D D D Trajectoire du
horizontales
transversales T oscillations centre de masse
T pas
: Pieds
1.4 à 2.4 Hz
0.7 Hz
0.9 à 1.7 Hz
1.8 à 3.4 Hz
- 54 -
Action dynamique des piétons
La formule considérée pour le calcul des efforts horizontaux est du même type que
pour les efforts verticaux sans prendre en compte le poids statique G0:
(1) : F (t ) = ∆ G i Sin ( 2iπf p t − ϕ i )
Nous considérerons, cette fois, cinq harmoniques notées i= 1/2, 1, 3/2, 2, 5/2
correspondant aux multiples des demi-fréquences de marche des piétons.
Bachmann donne dans [4] les valeurs des amplitudes pour ces cinq harmoniques :
Amplitudes des harmoniques pour une personne de 60kg marchant à une fréquence de 2Hz
Nota :
Ces valeurs comme toutes celles disponibles dans la littérature sont issues de
mesures. Celles-ci datent des essais menés en 1987 par Bachmann et Ammann.
Il est intéressant de noter que les harmoniques supérieures (i>1) peuvent avoir une
importance nettement supérieure à l’harmonique i=1. En effet la fréquence
fondamentale f0 correspond cette fois ci à la deuxième harmonique et non à la
première.
Conclusion :
En se basant sur la formule (1) pour décrire la charge induite par le mouvement du
piéton, il est proposé dans [8] la modélisation suivante : on décompose la formule
suivant 3 composantes en ne retenant chaque fois que la première :
• verticale : Fv = G 0 + 0.4G 0 sin( 2πf p t )
• horizontale longitudinale : Fhl = 0.2G0 sin( 2πf p t )
La valeur de G0 peut être prise égale à 700 N (moyenne pour un individu adulte),
d’où les valeurs que nous retrouverons plus loin :
0.4 G0 = 280 N
0.2 G0 = 140 N
0.05 G0 = 35 N
- 55 -
Action dynamique des piétons
ACTION DU GROUPE
Lorsque l’action est synchrone, c'est-à- Lorsque l’action de ces piétons est totalement
dire lorsque tous les piétons déambulent aléatoire, il est difficile d’évaluer l’action globale
à la même fréquence, l’action globale car certaines charges se cumulent quand
peut être considérée comme d’autres se compensent… On définit alors un
proportionnelle au nombre n de piétons : facteur multiplicateur m applicable à l’action
d’une personne située à mi-travée, avec :
30 Synchronisation parfaite
n=m
25
Synchronisation imparfaite
m: facteur de multiplication
20
15
10
5 Synchronisation nulle
totalement aléatoire m= √n
0
0 5 10 15 20 25 30
n: nombre de passants
- 56 -
Action dynamique des piétons
Nota :
Un risque important existe pour la synchronisation des effets horizontaux. En effet, la
littérature présente le phénomène de « lock-in» ou accrochage en fréquence : ceci
provient du fait qu’une personne adapte ses pas pour se synchroniser avec les
mouvements du tablier en vibration. Cette cause a pour effet une augmentation des
amplitudes des oscillations et une action dynamique encore plus agressive.
L’évaluation de la synchronisation de cet effet est de l’ordre de 80-90%.
On s’en prémunit donc en effectuant les calculs avec une synchronisation parfaite à
100% : m = n.
- 57 -
Action dynamique des piétons
Valeur de l’amortissement ξ
L’amortissement est lié à l’amplification des déplacements c'est-à-dire au
phénomène de résonnance d’où l’importance de le prendre en compte dans les
calculs. L’amortissement provient principalement de :
• l’amortissement interne lié au matériau lui-même ; sa valeur est liée à la
température et à la fréquence d’excitation.
• l'amortissement par frottement (Coulomb) : il est lié à l'assemblage d'élément
de structure.
- 58 -
Action dynamique des piétons
Le tableau ci-dessous donne les valeurs prises pour les différents matériaux de la
construction :
Type de tablier Coefficient d’amortissement
Valeur moyenne
Béton armé 1,3
Béton précontraint 1,0
Métallique 0,4
Mixte 0,6
Bois 3,0
ξ équiv =
matériaux i
∑k i
i
Valeur du coefficient réducteur ψ pour les Valeur du coefficient réducteur ψ pour les
vibrations verticales et longitudinales vibrations transversales
- 59 -
Action dynamique des piétons
ξ
Fdyn foule = d .F0 cos(2πft ).α . .ψ
n
- 60 -
Action dynamique des piétons
Vous trouverez en annexe les courbes de valeur d’accélérations limites selon les
divers règlements. On constatera la dispersion des valeurs.
- 61 -
Action dynamique des piétons
Risque de
résonnance
Maximal
Moyen
Faible
Négligeable
- 62 -
Action dynamique des piétons
- 63 -
Action dynamique des piétons
Valeur particulière du coefficient réducteur ψ pour les vibrations verticales dans le cas de la
course
- 64 -
Action dynamique des piétons
Cette foule est considérée comme uniformément répartie sur une surface « réduite »
S telle que tous les points de cette surface se déplacent dans le même sens, lorsque
l’on regarde respectivement les directions latérales, longitudinales et verticales (voir
le chapitre suivant). Le nombre de piétons impliqués est donc : n = S x d
Les schémas ci-dessous illustrent les différents cas de chargement du tablier que
nous pourrons étudier :
Zone chargée
Zone non chargée
- 65 -
Action dynamique des piétons
- 66 -
Action dynamique des piétons
b. Lieu du chargement :
Le positionnement des charges doit être réaliste par rapport au comportement de la
foule. Afin d’obtenir la réponse maximale, chaque surface réduite doit représenter un
groupe marchant dans la même direction et en phase.
Exemple :
Déformé du mode
- Dans le cas d’une structure isostatique : chargement sur un seul « ventre » (celui
dont la surface projeté dans le plan du tablier est la plus grande).
- Dans le cas où l’on rencontre une succession de n « ventres » de même signe
(structures hyperstatiques), on charge la surface correspondante à ces n ventres.
- 67 -
Action dynamique des piétons
La note de calcul n°4 détaille les charges s’appliquant sur une partie seule de la
structure. Voici les résultats:
On rappelle que le critère choisi par le maitre d’ouvrage pour le confort des usagers
concerne un niveau d’accélération à ne pas dépasser. Dans le cas de notre projet du
Front ¾ à Belfort :
• accélération horizontale maximale(X et Y) : 0.3 m/s²
• accélération verticale maximale (Z) : 1.0 m/s²
Dans chaque analyse des résultats, on relève le point de la structure pour lequel
l’accélération est maximale. Les valeurs sont consignées dans les tableaux pour la
structure A et pour la C. On établie par la suite les accélérogrammes pour ce point
d’accélération maximale.
- 68 -
Action dynamique des piétons
- 69 -
Action dynamique des piétons
Nota :
Ces résultats doivent être soumis à certaines réserves, quant au fonctionnement de
Robot. En effet, l'analyse harmonique de Robot est incomplète car l'amortissement
n'est pas pris en compte.
En effet on vérifie que la modification du paramètre ξ dans la boite de dialogue
« Paramètre de l’analyse modale » (voir 5.2.a.) ne fait pas varier les résultats. Or
l’expression mathématique montre que la réponse de la structure incluse le
paramètre ξ. Cependant, négliger ce critère va dans le sens de la sécurité.
Le cas précédent est un cas où il n’y a pas de dépassement des valeurs limites. La
courbe bleue est la réponse en accélération de la structure et la courbe de
sollicitation harmonique (multiplié par un facteur 20).
L’observation de la courbe ne permet pas de définir un régime transitoire et un
régime permanent, bien que l’allure s’en approche. En effet, les amplitudes varient
constamment et cette remarque se vérifie encore plus sur les courbes suivantes.
- 70 -
Action dynamique des piétons
3
2
1
0
-1 0 2 4 6 8 10 12 14 16
-2
-3
T emp s en s
0.25
0.2
0.15
0.1
0.05
0
-0.05 0 2 4 6 8 10 12 14 16
-0.1
-0.15
-0.2
-0.25
1
0.8
0.6
0.4
0.2
0
-0.2 0 2 4 6 8 10 12 14 16
-0.4
-0.6
-0.8
-1
- 71 -
Solutions de confortement
7. SOLUTIONS DE CONFORTEMENT
Une structure présentant un niveau amortissement élevé (> 5%) est une
structure presque bénie pour l’ingénieur cherchant à éviter le phénomène de
résonance. Malheureusement les structures conçues et les matériaux utilisés ne vont
pas dans ce sens. Comment réagir lorsqu’une passerelle ne répond pas aux
exigences en matière de confort ?
Plusieurs solutions s’offrent au concepteur pour résoudre ce problème, avec deux
axes possibles :
- augmenter la raideur de la structure
- augmenter l’amortissement
- 72 -
Solutions de confortement
La liste n’est pas exhaustive car les possibilités sont variées suivant le type de
structure sur laquelle on travaille. Mais les inconvénients de ces solutions existent.
Pour les fréquences situées au milieu des plages critiques de résonance, il peut se
révéler difficile d’augmenter considérablement la raideur sans affecter la masse
modale. De plus, ces mesures ne vont pas sans une modification architecturale du
projet.
- 73 -
Solutions de confortement
7.2.1. Principe :
Le réglage de ces amortisseurs concerne la masse qui permet de le faire agir à des
fréquences plus ou moins hautes.
STRUCTURE
- 74 -
Solutions de confortement
L’efficacité de ces dispositifs est vérifiable par des essais en laboratoire sur
maquettes (essais du CSTB) ou sur des ouvrages conçus (passerelle Mimram à
Strasbourg) ou en réparation (passerelle Solferino à Paris, passerelle du Millenium à
Londres).
- 75 -
Solutions de confortement
Vue en plan d’un tronçon type de 16 m, montrant l’association des amortisseurs dynamiques
accordé et des amortisseurs visqueux
Enfin, les amortisseurs visqueux que nous ne développons pas dans ce travail ont
été prévus, à raison de 37 pièces, pour les effets horizontaux longitudinaux et
transversaux. Ceux-ci sont situés à la jonction des bracons de contreventement en V
comme on l’observe sur le schéma et les photos ci-dessus.
- 76 -
Solutions de confortement
d. comparaisons
Passerelle Fréquence Masse % masse Amortissement Amortissement
en Hz en T effective Sans avec
totale amortisseurs amortisseurs
Solferino, Paris 0.8 horizontale 15.0 5.2 0.5 % 3%
1.94 - 2.22 ver. 17.6 4.5 0.5 % 3.5 %
Millenium Bridge, 0.49 horiz. 10 - 0.8 % 2%
Londres 0.5 vertical 91 - 0.8 % 4.1 %
Passerelle 0..55 horiz. -
Mimram 1.7 vertical 6 0.6%
Strasbourg,
- 77 -
Conclusion
8. CONCLUSION
Le sujet des vibrations sur les passerelles dues aux excitations dynamiques
piétonnes est d’autant plus intéressant qu’il est tout à fait d’actualité. Les exemples
de vibrations excessives sur des passerelles en service existent et les
connaissances sur le sujet ont évolué dans les cinq dernières années. Pour preuve,
aucune méthode particulière n’est spécifiée dans les Eurocodes sur la question.
La réflexion autour d’un projet concret (celui de la passerelle Front ¾ de Belfort) m’a
permis de cerner le problème qui se pose au concepteur : comment tenir compte de
l’effet dynamique des piétons dans le dimensionnement de la structure ?
Le PFE est une étude captivante qui ne dure malheureusement que 20 semaines.
Faute de temps certaines options intéressantes n’ont pu être explorées. Je citerais
entre autre les calculs dynamiques sous les logiciels Robot et Hercule qui auraient
mérité une étude plus profonde ; le calcul manuel des réponses aux sollicitations
dynamiques des piétons qui aurait permis de sentir mieux encore l’influence des
différents paramètres (amortissement, masse, raideur…).
Enfin, une piste d’étude intéressante serait la combinaison des chargements
statiques et dynamiques en phase de service. De plus, le confort des usagers a été
traité ici mais on pourra aussi s’interroger sur les questions de fatigue des matériaux
pour les structures très sollicitées (aéroport, gare, métro…).
- 78 -
Annexes
9. ANNEXES
1. Lexique
2. Plan du quartier Fort Hatry, Belfort
3. Modèles informatiques
4. Courbes de chargement dynamique piéton
5. Recommandation sur l’accélération et fréquence à
risque dans la littérature
6. Bibliographie
7. Planning
- 79 -
Annexes
Annexe 1 : Lexique
A -------------------------------------------------------------------------------------
Amortissement critique : (p. 34, 58)
k
c = c critique = 2mω = 2m Avec c : amortissement
m
k : raideur
m : masse du système
k
ω : pulsation ω ² =
m
Amortissement sur critique :
C > C critique
Amortisseur visqueux :
Ces dispositifs sont assimilables à un vérin hydraulique à double effet et à forte capacité de
dissipation d’énergie. Il comporte couramment deux chambres remplies d’un fluide (huile
hydraulique ou pâte silicone) reliées l’une à l’autre par des soupapes calibrées. Ils permettent
des déplacements de longue durée et une dissipation d’énergie.
D -------------------------------------------------------------------------------------
Degré de liberté dynamique:
Nombre minimal de coordonnées/déplacements nécessaires pour décrire le mouvement d’une
structure
E -------------------------------------------------------------------------------------
Excitation harmonique :
Action périodique dont la valeur dans le temps est décrite par une fonction du type
F (t ) = F0 .Cos (ω.t + ϕ ) où ω est la pulsation du mouvement et φ le déphasage.
L’action dynamique d’un piéton sur une passerelle est modélisée par ce genre d’excitation.
H -------------------------------------------------------------------------------------
Haubanage en éventail / en harpe : (p.9, 21, 65)
Méthode de disposition des haubans sur le mat.
Parce qu’un schéma parle parfois plus que des mots :
- 80 -
Annexes
L -------------------------------------------------------------------------------------
Lock-in effect: (p.57)
Voire synchronisation forcée
M -------------------------------------------------------------------------------------
Masse généralisée mi :
Dans le calcul modal, la masse généralisée mi est la masse mis en jeu dans le mode i. Elle est
généralement exprimée en pourcentage de la masse totale de la structure.
Mode propre :
Un mode est une onde stationnaire (tous les points du système vibrent en phase)
caractéristique d’une structure. Un mode est constitué de la donnée d'une forme propre φ (x)
(déformée de la structure) et d'une pulsation propre ω.
Mode utile :
Mode propre dont la masse modale associée représente un pourcentage significatif de la
masse totale. On oppose cette notion à celle de mode local qui ne concerne qu’une portion
très réduite de la masse modale totale.
Méthode de Rayleigh :
En dynamique, méthode approché d’analyse permettant de trouver le mode fondamental
Méthode de Ritz :
En dynamique, méthode approché permettant de calculer les n premiers modes
Mode de vibration :
Comportement d’une structure pour les fréquences de résonnances dites fréquences propres
R -------------------------------------------------------------------------------------
Résonnance :
Phénomène qui modifie l’état d’équilibre et emmagasine de l’énergie sous l’effet d’une
sollicitation extérieure, à une fréquence particulière
S -------------------------------------------------------------------------------------
Synchronisation forcée : (voir 6.2.3)
Phénomène également appelé accrochage en fréquence ou « lock-in effect » dans la
littérature. La synchronisation forcée traduit le phénomène par lequel une foule de piétons,
dont les fréquences et les déphasages sont distribuées aléatoirement vient progressivement se
coordonner à une fréquence commune et à se mettre en phase par rapport aux mouvements de
la passerelle.
V -------------------------------------------------------------------------------------
Ventre
Dans l’analyse modale, on appelle ventres ou ondes les portions de la déformée modale, soit
positives, soit négatives, sur lesquelles on applique les chargements.
- 81 -
Annexes
- 82 -
Annexes
- 83 -
Annexes
- 84 -
Annexes
- 85 -
Annexes
- 86 -
Annexes
Structure : A (3 travées)
Le tableau ci-dessous donne les caractéristiques et l’allure des fonctions harmoniques
représentant la partie dynamique du chargement piéton. Il concerne la structure à 3 travées.
On notera les surfaces de chargement : sur le tablier entier (Fv1 et Fv2) et sur une partie de
tablier (Fv3 et Fv4).
F v1 dyn
F v1 = 148,6 Cos (12,6.t)
Mode : vertical
Cas de charge : Cas A (foule peu dense)
Fréquence : f = 2.00 Hz
Surface d’application : tablier entier
F v2 dyn
F v2 = 148,6 Cos (14.t)
Mode : vertical
Cas de charge : Cas A (foule peu dense)
Fréquence : f = 2.23 Hz
Surface d’application : tablier entier
F v3 dyn
F v3 = 221,9 Cos (12,6.t)
Mode : vertical
Cas de charge : Cas A (foule peu dense)
Fréquence : f = 2.00 Hz
Surface d’application : travée centrale
F v4 dyn
F v4 = 221,9 Cos (14.t)
Mode : vertical
Cas de charge : Cas A (foule peu dense)
Fréquence : f = 2.23 Hz
Surface d’application : travée centrale
- 87 -
Annexes
Structure : C (haubanée)
Le tableau ci-dessous donne les caractéristiques et l’allure des fonctions harmoniques
représentant la partie dynamique du chargement piéton. Il concerne la structure haubanée.
On notera les surfaces de chargement : sur le tablier entier (Fv1, Fv2, Fv3 et Fv4) et sur une
partie de tablier (Fv5).
F v1 dyn
F v1 = 55Cos (7,7.t)
Mode : vertical
Cas de charge : Cas A (foule peu dense)
Fréquence : f = 1.22 Hz
Surface d’application : tablier entier
F v2 dyn
F v2 = 148,6 Cos (10.t)
Mode : vertical
Cas de charge : Cas A (foule peu dense)
Fréquence : f = 1.59 Hz
Surface d’application : tablier entier
F v3 dyn
F v3 = 148,6 Cos (12.4t)
Mode : vertical
Cas de charge : Cas A (foule peu dense)
Fréquence : f = 1.98 Hz
Surface d’application : tablier entier
F v4 dyn
F v4 = 108,5 Cos (16.1.t)
Mode : vertical
Cas de charge : Cas A (foule peu dense)
Fréquence : f = 2.56 Hz
Surface d’application : tablier entier
F v5 dyn
F v5 = 199,6 Cos (16.1.t)
Mode : vertical
Cas de charge : Cas A (foule peu dense)
Fréquence : f = 2.56 Hz
Surface d’application : partie tablier
(60%)
- 88 -
Annexes
- 89 -
Annexes
Annexe 6 : Bibliographie
[1] : Hugo Bachmann, professeur à l’institut fédéral suisse de technologie de Zurich,
« Passerelles vibrantes : un véritable challenge », Bulletin Ouvrage Métallique n°2,
OTUA, 2002
Internet
- [Link] : « les applications techniques, mesures essais expertises :
analyse et suivi dynamique de la passerelle Solferino »
- [Link] “control of pedestrian-induced vibrations of footbridges
using tuned liquid column damper”
- 90 -
Annexes
Annexe 7 : planning
- 91 -