Anticiper Les Mutations
Anticiper Les Mutations
LES MUTATIONS :
ACCOMPAGNER
LES ENTREPRISES DANS
LE DÉVELOPPEMENT
DES COMPÉTENCES
Guide pratique pour
les porteurs de projets
EDITIONS
réseau
Coordination :
Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie
Direction générale des entreprises
Rédaction :
Andréas AGATHOCLEOUS, Fabienne CASER - ANACT
1
POINTS CLEFS DE MÉTHODE POUR L’ACTION ................................................... p. 7
Introduction ..................................................................................................................... p. 7
3 fiches «méthode» ........................................................................................................ p. 8
2
POINTS CLEFS POUR LA CONDUITE DE PROJET ............................................... p. 18
Introduction ..................................................................................................................... p. 18
9 fiches «conduite de projet» ........................................................................................ p. 20
3
EXEMPLES D’ACTIONS .............................................................................................. p. 48
Introduction ..................................................................................................................... p. 48
10 fiches «action»........................................................................................................... p. 52
1
PRÉSENTATION ET
MODE D’EMPLOI DU GUIDE
Ce guide s’adresse prioritairement à des or- Ce guide est un outil de travail que vous
ganismes relais qui souhaitent mobiliser des pouvez utiliser de différentes façons selon
partenaires et des entreprises dans le cadre votre besoin
d’un projet de développement des compéten-
ces et des ressources humaines en vue d’anti- Vous avez une idée de projet relativement
ciper des mutations. précise et vous souhaitez la mettre en œu-
Il vise à les aider dans la conception et la mise vre…
en œuvre de leur projet. Il s’appuie notamment
sur les résultats de l’évaluation par l’ANACT • Vous recherchez un ou plusieurs projets de
d’un appel à projets piloté par le ministère de même nature au moyen du tableau de la page
l’Économie, des Finances et de l’Industrie en 49 et des résumés des pages 50 et 51.
2000, 2001 et 2002, intitulé «FAMI : Faciliter Les fiches «actions» concernées vous donnent
l’accompagnement des mutations industriel- une idée concrète du contenu de ces projets.
les». Éventuellement, vous échangez avec les con-
tacts indiqués si vous souhaitez recueillir des
Ce guide comprend une introduction et trois informations complémentaires.
parties, organisées sous forme de fiches • Vous consultez les fiches «méthode» et «con-
• L’introduction met en évidence la nécessité duite de projet» pour enrichir votre démar-
pour les entreprises d’anticiper les mutations che.
pour maintenir et développer leur compétiti-
vité, en accordant une place importante aux Vous êtes à la recherche d’éléments pour
aspects de gestion des ressources humaines. nourrir votre réflexion sur les actions d’ac-
• Les parties 1 «points clefs de méthode pour compagnement des entreprises…
l’action» et 2 «points clefs pour la conduite de
projet» proposent des repères et des outils • Le résumé des projets puis la lecture des fi-
utiles pour accompagner les entreprises dans ches «actions» vous donnent des exemples
le développement des compétences de leurs d’actions possibles.
salariés, tant sous l’angle du pilotage opéra- • Les fiches «méthode» et «conduite de projet»
tionnel d’un projet que des méthodologies sont des repères pour construire votre démar-
d’action. che.
• La partie 3 «exemples d’actions» présente
des actions conduites par des organismes re-
lais dans le cadre de l’appel à projets FAMI ou
avec l’appui du Réseau ANACT.
2
Introduction
Partie I
- Fiche n°1 : Articuler stratégie de l’entreprise et enjeux
d’évolution de ses ressources humaines
Points clés
d e m é t h o d e - Fiche n°2 : Définir et mettre en œuvre un plan d’action
p o u r l ’a c t i o n
- Fiche n°3 : Points de repère pour la conduite d’un projet
territorial
3
POURQUOI ACCOMPAGNER
LES MUTATIONS INDUSTRIELLES ?
Les entreprises sont confrontées à des mu- compétences clés ; l’allongement de la vie ac-
tations que certains n’hésitent pas, dé- tive pose la question du maintien dans l’em-
sormais, à qualifier de permanentes. Ces ploi des travailleurs approchant de l’âge de la
mutations, qu’elles soient d’ordre écono- retraite. Des tensions sont à prévoir dans cer-
mique, technologique, réglementaire, dé- tains secteurs d’activité, résultant des besoins
mographique ou social, ont des conséquen- de recrutement et de l’accélération des flux de
ces profondes sur l’organisation, le contenu départ en retraite, mais aussi d’une concurren-
du travail et les compétences attendues ce plus vive pour le recrutement de certains
des salariés. Dès lors, la capacité des entre- professionnels. C’est le cas notamment de l’in-
prises à identifier les changements et à dé- formatique, du bâtiment, de la santé et des
velopper en conséquence les compétences services aux personnes, de la maintenance et
de leurs salariés devient plus que jamais, des industries de process ;
non seulement un gage d’adaptation, mais • À des évolutions organisationnelles : les exi-
aussi un avantage compétitif. gences du marché et la recherche de la per-
formance poussent les entreprises à modifier
Qu’appelle t-on mutations ? leur organisation, y compris celle du travail. De
nouvelles méthodes de production se généra-
«Notre métier est en pleine évolution !». Voilà lisent : juste à temps, TPM… Les entreprises
une phrase qui revient souvent dans les pro- demandent désormais à leurs salariés de faire
pos des chefs d’entreprise. preuve d’initiative, de créativité, de coopéra-
Qu’est-ce qui se cache derrière ces mots ? À tion, d’être polyvalents, «responsables»...
quoi font-ils référence ? De fait, à une grande • À des évolutions sociales : par exemple, les
diversité de réalités… ! attentes des jeunes générations par rapport au
• À des évolutions du marché : la demande travail, la sensibilisation du grand public aux
des clients évolue (en termes de qualité, de questions d’environnement, le développe-
réactivité, d’innovation...), les contraintes éco- ment du consumérisme…
nomiques modifient les critères de rentabilité
de l’entreprise ; Pourquoi anticiper les mutations ?
• À des évolutions réglementaires : l’évolution
de la réglementation sur l’environnement, par Les mutations auxquelles les entreprises sont
exemple, crée de nouvelles exigences au ni- actuellement confrontées ont parfois été qua-
veau des processus industriels ; lifiées de «mouvements permanents, diffus et
• À des évolutions technologiques : sur le mar- protéiformes».
ché du microprocesseur, par exemple, la cour- Dans ces conditions, il n’est pas toujours facile
se à la rentabilité pousse les fabricants à ex- pour un chef de petite ou moyenne entreprise
périmenter en permanence des technologies de prendre le recul nécessaire pour repérer ces
nouvelles pour arriver à mettre toujours plus mouvements, les analyser, puis en tirer toutes
de circuits intégrés sur un même support ; les conséquences pour son activité.
• À des évolutions démographiques : le vieillis- Et pourtant, les mutations sont une réalité qui,
sement de la population active va conduire si elle n’est pas prise en compte suffisamment
dans les prochaines années à des départs tôt, peut menacer la survie de l’entreprise.
massifs à la retraite de salariés détenteurs de Lorsque les premiers signes vraiment alar-
4
mants apparaissent (perte d’un gros client, matériaux de construction, des industries de la
résultats financiers négatifs, perte d’un savoir- communication graphique et du multimédia,
faire essentiel suite au départ en retraite de des industries du médicament… Actuellement,
plusieurs salariés…), il est souvent trop tard de nouveaux observatoires des métiers et des
pour réagir… Parce que les actions qu’il aurait qualifications auprès des branches profession-
fallu mettre en œuvre prennent du temps nelles(1) se créent sous l’impulsion de l’accord
avant de produire des effets, et que tout pro- interprofessionnel de 2003 sur la formation
cessus de changement au sein des entreprises professionnelle, dont les dispositions sont re-
nécessite d’être préparé et accompagné pour prises dans la loi du 4 mai 2004 sur la forma-
porter ses fruits. tion professionnelle tout au long de la vie et le
Dans un environnement mouvant, il faut donc dialogue social.
en permanence être en position d’identifier les
modifications de l’environnement pour être à Prendre en compte le levier
même d’y réagir. des ressources humaines
Le devenir d’une entreprise repose étroite-
Quels grands principes pour l’action ? ment sur sa capacité à définir une stratégie au
regard des évolutions de son environnement,
Il s’agit de se donner les moyens de construire et à la décliner par rapport aux différents le-
l’avenir en mobilisant des outils de veille ou viers d’action dont elle dispose pour préserver
de prospective, en prenant en compte le le- sa compétitivité : la technologie, l’organisation
vier des ressources humaines et en accompa- et les modes de management, mais aussi les
gnant le changement dans le cadre du dialo- compétences et les conditions de travail des
gue social. salariés qui collaborent, conçoivent, réalisent,
proposent, organisent... dans le cadre de leur
Mobiliser des outils de veille activité. Le levier des ressources humaines,
ou de prospective pourtant essentiel, est parfois négligé par les
Si les mutations sont des mouvements per- PME, par manque de temps ou de moyens.
manents, pour les anticiper il faut pouvoir les Or, en amont d’un projet de modernisation,
étudier de manière continue. C’est la mission on ne peut se passer d’une étude précise des
des observatoires. ressources humaines directement ou indirec-
Sur le sujet des mutations économiques ou de tement concernées.
l’évolution des métiers, il en existe à plusieurs
niveaux, notamment :
• Les observatoires territoriaux, publics ou pa-
ritaires : les observatoires régionaux sur les
mutations économiques, pilotés conjointe-
ment par l’Etat et la région, les observatoires
locaux ou régionaux emploi-formation.
• Les observatoires de branche sur les métiers,
les qualifications, sur l’emploi et la formation :
certains sont anciens comme dans les bran-
ches de l’automobile, de la plasturgie, des
(1) Pour aller plus loin sur les observatoires de branche, vous pouvez consulter les dossiers suivants :
www.centre-inffo.fr/article.php3?id_article=743&var_recherche=cpne
www.plan.gouv.fr/actualites/fiche.php?id=18
S T R AT É G I E
L E V I E R S D ’AC T I O N
ORGANISATION / CONDITIONS
TECHNOLOGIE COMPÉTENCES
MANAGEMENT DE TRAVAIL
CO M P É T I T I V I T É
6
1 POINTS CLEFS DE MÉTHODE
POUR L’ACTION
Démarrer par un diagnostic stratégique des • Quelles sont les évolutions de l’environne-
entreprises participantes au projet apparaît ment auxquelles l’entreprise va être confron-
comme un point de passage nécessaire pour tée ? Au regard des points forts et des points
poser les bases d’une action s’inscrivant dans faibles de l’entreprise, quels sont les risques
la durée. qu’elle perçoit ? Quelles seraient les opportu-
nités à saisir ?
Quelques points de repère… • Face à ces évolutions, que peut-elle faire
pour maintenir, voire développer sa compétiti-
• Pourquoi un diagnostic ? vité, quelle stratégie peut-elle adopter ?
Cette étape vise à faire émerger ou à préciser
une demande de la part du chef d’entrepri- • Comment ces évolutions et la stratégie que
se, en lien avec ses objectifs de performance l’entreprise souhaite adopter vont-elles im-
économique. En effet, si le chef d’entreprise pacter :
n’est pas convaincu de l’utilité économique - Le métier de l’entreprise ?
du projet qui lui est proposé, d’une action sur - Sa pyramide des âges : combien de départs
les ressources humaines, il y a des chances de salariés expérimentés dans les prochaines
que celui-ci ne voit jamais le jour… années ?
Le rapport des responsables de PME à une dé- - Son organisation globale : faut-il revoir les
marche qui mise sur les compétences des sa- processus clés, développer la polyvalence,
lariés apparaît souvent de l’ordre de la convic- responsabiliser davantage les équipes ?
tion : ils pressentent un lien avec la stratégie, - Les technologies utilisées ?
mais le formulent difficilement. Dans le cadre - Les modes de management : faut-il redéfinir
de dispositifs aidés par les pouvoirs publics, ils le rôle de l’encadrement intermédiaire ?
peuvent être «d’accord pour voir», mais n’ont - Les conditions de travail : quel impact d’un
pas de besoins précis clairement exprimés. changement de technologie sur la pénibilité
Le diagnostic permet d’analyser les interac- des emplois ?
tions entre la stratégie de l’entreprise et les
leviers d’action dont elle dispose pour la met- • Comment dès lors préparer les salariés à ces
tre en œuvre, et ce faisant, d’inscrire le déve- nouveaux modes de fonctionnement, qui vont
loppement des ressources humaines dans le nécessairement modifier les conditions de
projet de l’entreprise. réalisation de leur travail, et peut-être impli-
quer de leur part non seulement davantage
Le diagnostic vise aussi à engager un proces- de compétences techniques (cas de la poly-
sus d’appropriation de la démarche par tous valence) mais aussi de savoir coopérer, réagir
les acteurs de l’entreprise concernés : chef à des événements imprévus, faire face à des
d’entreprise, encadrement, salariés, représen- aléas…?
tants du personnel... Alors que les solutions • Quels seront les fonctions ou les secteurs de
ne sont pas encore définies, c’est le moment l’entreprise concernés par ces évolutions (pro-
idéal pour recueillir le maximum d’éléments duction, conception, achats...) ?
sur la situation. • Quelles vont être les conséquences de ces
évolutions pour les salariés : vont-ils devoir
• Sur quoi peuvent porter les investigations ? changer de métier, développer de nouvelles
Le diagnostic doit permettre d’alimenter les compétences ?
questions suivantes : • Dans ce cas, quelle sera la nature des nouvel-
8
Fiche méthode n°1
les compétences requises : techniques, organi- - De développer les savoir-faire existants ;
sationnelles, relationnelles… ? - De responsabiliser les équipes et de mobili-
ser leurs compétences pour améliorer les per-
• Qui associer au diagnostic ? formances ;
Une telle démarche doit impliquer non seule- - De préserver les savoir-faire clés dans un
ment la direction, mais aussi l’encadrement, contexte de départs à court ou moyen terme ;
les salariés et, le cas échéant, les représen- - De favoriser le maintien des salariés en em-
tants du personnel. En effet, chacun de ces ploi dans un contexte de rareté de la main-
acteurs est concerné par les changements qui d’œuvre qualifiée et d’allongement de la vie
se préparent au sein de l’entreprise. Il ne s’y professionnelle ;
investira totalement que si la démarche de - D’introduire de nouvelles compétences dans
conduite du changement adoptée lui a permis l’entreprise et de les fidéliser.
d’identifier des enjeux qui lui soient propres. Il
est donc essentiel que le diagnostic permette • Des premières préconisations de plan d’ac-
de recueillir leurs besoins et leurs attentes afin tion.
de les «intéresser» au projet et de pouvoir
prendre en compte leur point de vue au mo-
ment de l’élaboration du plan d’action.
Trois exemples d’actions présentés en partie 3 Exemple 3 : action conduite par la bran-
du guide montrent comment des entreprises che propreté (fiche n°9 de la partie 3) : des
ont travaillé sur leur stratégie en lien avec la diagnostics conduits de manière participative
gestion des ressources humaines et le déve- dans 8 entreprises de la branche ont débou-
loppement des compétences. ché sur un plan d’action concernant chacun
des leviers d’action que sont l’organisation,
Exemple 1 : action conduite par la CGPME le management et la gestion des ressources
Gironde (fiche n°2 de la partie 3) : les en- humaines, en cohérence avec les orientations
treprises participantes ont bénéficié d’un dia- stratégiques de ces entreprises.
gnostic stratégique individuel permettant de Une formation-action reprenant les éléments
faire un état des lieux de l’entreprise et de du diagnostic et illustrant les liens entre eux a
dégager des axes de progrès, à la fois globaux ensuite été proposée aux chefs d’entreprise,
et par fonction. Le diagnostic a été réalisé par alternant des phases de regroupement collec-
les chargées de mission de la CGPME et un tif et d’accompagnement individuel, pour les
consultant spécialisé, avec le chef d’entreprise aider dans la mise en œuvre du plan d’action.
exclusivement. Il a fait l’objet d’un rapport re-
mis au chef d’entreprise. L’objectif était d’ap- Pour aller plus loin sur la conduite
porter, dans un temps restreint correspondant d’un diagnostic…
aux contraintes des PME, un appui au déve- Publications du ministère de l’Économie,
loppement de l’entreprise. Ce choix de dé- des Finances et de l’Industrie
marche présente l’avantage de personnaliser - Développement des compétences par la
fortement la relation avec le chef d’entreprise formation : Guide pratique pour les entre-
et d’offrir un conseil précis et très technique. prises (2005)
Les chefs d’entreprise avaient par ailleurs la http://www.indusrie.gouv.fr/formation/
possibilité de s’inscrire dans une formation - Guide Capital humain, mode d’emploi
action sur les compétences à la suite de ce pour les PMI (2004)
diagnostic. http://www.industrie.gouv.fr/portail/
pratique/index_formation.html
Exemple 2 : action conduite par la FFGE Publications du réseau ANACT
(fiche n°4 de la partie 3) : dans le cadre de - ANACT (2001), Guide de conduite du dia-
la démarche «compétences» initiée par le ME- gnostic court Compétences, Éditions du
DEF en 2000, une démarche de gestion des réseau ANACT, coll. Études & Documents,
compétences a été expérimentée dans un 32p.
groupement d’employeurs de la région lilloi- - MASSON A., PARLIER M. (Dir.) (2004), Agir
se. Un «diagnostic compétences» a été réalisé sur les démarches compétences, Éditions
au sein du groupement par l’ARACT Nord-Pas- du réseau ANACT, coll. Agir sur, 172p.
de-Calais et un consultant spécialisé, impli- - GILLES M., LOISIL F. (Dir.) (2003), Agir
quant la direction et les salariés. À l’issue de sur la gestion des âges, coédition ANACT-
ce diagnostic, un plan d’action a été défini, LIAISONS, coll. Agir sur, 120p. - Nouvelle
avec pour objectif de développer des actions édition à paraître début 2006.
à forte valeur ajoutée pour les adhérents du - DUMALIN F. (Coord.) (2004), Initier et
groupement dans le domaine de la GRH. conduire une action collective. Accompa-
gnement des petites et très petites entre-
prises, Éditions du réseau ANACT, 48p.
10
DÉFINIR ET METTRE EN ŒUVRE UN PLAN D’ACTION
Les exemples de plans d’action ci-dessous Les exemples qui suivent de formations inté-
correspondent à des besoins identifiés dans le grées au travail visent à être de véritables pro-
cadre d’un diagnostic. Ils détaillent essentiel- cessus d’apprentissage du changement.
lement les actions concernant le levier d’ac- - Concevoir la formation à partir des situations
tion «ressources humaines». de travail (voir fiche n°5 de la partie 3) ;
- Former dans les situations de travail (voir
Exemple 1 fiche n° 1 de la partie 3).
Ces formes d’ingénierie pédagogique présen-
Dans un contexte de changement profond tent l’intérêt de bien préparer la mise en œu-
(changement technologique, diversification vre effective dans les situations de travail des
des produits, nouvelles méthodes de produc- compétences acquises en formation.
tion…), l’enjeu pour l’entreprise est d’adapter
les compétences des salariés. • Le cas échéant, réfléchir au moment de la
conception du dispositif à l’opportunité de
Trame de plan d’action professionnaliser les salariés dans le cadre
d’un diplôme ou d’un certificat de qualifica-
• Identifier les nouveaux types de compéten- tion, par le biais de la validation des acquis de
ces que les salariés doivent mettre en œuvre, l’expérience (voir fiche n°6 de la partie 3) ;
et en déduire des objectifs de formation.
• Prévoir une phase de test du dispositif (voir
Cela passe souvent par l’élaboration de réfé- fiche n° 1 de la partie 3).
rentiels métiers, visant à décrire les activités
demandées, actuelles et futures. Le travail sur Exemple 2
les référentiels métiers peut être réalisé :
- Par un expert des référentiels, après une ob- Dans un contexte marqué par l’allongement
servation préalable des situations de travail de la vie professionnelle, la rareté de la main-
(voir fiche n°5 de la partie 3 de ce guide) ; d’œuvre qualifiée et la maîtrise par les sala-
- Par un groupe de professionnels du métier riés en fin de carrière des savoir-faire clefs de
concerné, avec l’aide d’un expert (voir fiche l’entreprise, l’objectif est d’organiser progres-
n°7 de la partie 3 de ce guide). sivement la transmission de leurs compéten-
ces vers d’autres salariés de l’entreprise, tout
La traduction en objectifs de formation de- en permettant à ces salariés expérimentés de
mande en général le concours de pédagogues poursuivre leur activité dans de bonnes con-
ou de spécialistes de l’ingénierie de forma- ditions.
tion.
Trame de plan d’action pour organiser pro-
• Définir l’ingénierie de formation qui va per- gressivement la transmission des compéten-
mettre aux salariés d’acquérir ces nouvelles ces des salariés expérimentés vers d’autres
compétences ; salariés :
Bien souvent, développer les compétences
techniques des salariés ne suffit pas pour • Élaborer un référentiel de compétences à
leur permettre de maîtriser leur activité. Ils partir de l’analyse de l’activité des salariés,
ont aussi besoin de développer leur capacité pour identifier les compétences mobilisées ;
d’action dans des situations différentes et • À partir de ce référentiel, construire des par-
imprévues. cours d’acquisition des compétences pour les
12
Illustration
jeunes opérateurs et le cas échéant des outils
pour faciliter le transfert des compétences Pour aller plus loin sur la définition
(voir fiche n°1 de la partie 3) ; et la mise en œuvre
• En déduire des parcours de progression pro- d’un plan d’action…
fessionnelle articulés à une politique de rému-
Publications du ministère de l’Économie,
nération pour les fidéliser ;
des Finances et de l’Industrie :
• Réfléchir à des formes d’organisation du tra-
- Développement des compétences par la
vail favorisant les apprentissages et la coopé-
formation : Guide pratique pour les entre-
ration (binômes, îlots de production, tutorat,
prises (2005) http://www.indusrie.gouv.
groupes d’échange de pratiques... ) ;
fr/formation/
• Travailler sur la manière de mobiliser les
salariés expérimentés, par exemple en for- Publications du réseau ANACT :
malisant et en reconnaissant leur rôle de for- - MASSON A., PARLIER M. (Dir.) (2004), Agir
mateur. La compétence de transfert peut être sur les démarches compétences, Éditions
reconnue comme une compétence à part en- du réseau ANACT, coll. Agir sur, 172p.
tière du métier. - GILLES M., LOISIL F. (Dir.) (2003), Agir
sur la gestion des âges, coédition ANACT-
Trame de plan d’action pour permettre à des LIAISONS, coll. Agir sur, 120p - Nouvelle
salariés vieillissants de poursuivre leur acti- édition à paraître début 2006.
vité dans de bonnes conditions au sein de - BOUCLET M., THOMAS D., (Dir.) (1999),
l’entreprise (à mettre en œuvre après un dia- Agir sur l’organisation du travail et la for-
gnostic approfondi permettant de comprendre mation, coédition ANACT-LIAISONS, coll.
en quoi l’avancée en âge peut devenir un han- Agir sur, 113p.
dicap au sein de l’entreprise…) : - ANGER M., CUKIERMAN S., (Dir.) (2001),
Agir sur la polyvalence et le contenu du
• Réduire le niveau de pénibilité et de con- travail, coédition ANACT-LIAISONS, coll.
traintes au travail (caractéristiques physiques Agir sur, 81p.
des outils, organisation spatiale des situations - Du ROY, O., LEMAY J., PAULINO C. (2003),
de travail, marges de manœuvre dont dispose La gestion par les compétences. Expérien-
le salarié pour s’organiser…) ; ces d’entreprises et enseignements, Édi-
• Faire évoluer les formes d’organisation et de tions du réseau ANACT, coll. Outils & mé-
répartition du travail (favoriser la polyvalence thodes, 168p.
et/ou la mobilité, favoriser la coopération au - DUMALIN F. (Coord.) (2004), Initier et
sein des équipes) ; conduire une action collective. Accompa-
• Réfléchir à des parcours professionnels favo- gnement des petites et très petites entre-
risant le renouvellement de l’intérêt au travail prises, Éditions du réseau ANACT, 48p.
ou permettant aux salariés souffrant d’une
usure importante de se reconvertir ;
• Aménager l’organisation du temps de travail.
(2) Rapport de la DATAR de février 2004 «La France, puissance industrielle. Une nouvelle politique
industrielle par les territoires. Réseaux d’entreprises, vallées technologiques, pôles de compétitivité».
14
Fiche méthode n°3
L E C YC L E D E V I E D ’U N P R O J E T D E T E R R I T O I R E
La trajectoire d’un territoire peut s’envisager selon trois étapes :
3.Développement
2.Cristallisation
1.Initialisation
1.Initialisation
2.Cristallisation
Cette étape se caractérise par la définition d’objectifs partagés par l’ensemble des acteurs
mobilisés et la validation d’un plan d’action pluriannuel visant à répondre aux principaux
enjeux identifiés lors de la phase de diagnostic.
3.Développement
• Le diagnostic initial est beaucoup plus global : atouts pour porter le projet au regard des
il doit permettre d’identifier à la fois les en- autres acteurs ?
jeux du territoire, les problématiques des en-
treprises situées sur ce territoire, les besoins • Comment structurer le projet ?
individuels et collectifs, en vue de dégager En mobilisant dans un partenariat les acteurs
des pistes d’action. locaux pertinents de l’économie, de l’emploi
• Le plan d’action est élaboré par les acteurs ou de la formation, en fonction de la problé-
du territoire à partir des enseignements du matique dominante du projet :
diagnostic, ce qui suppose au préalable un - L’implication des élus des collectivités terri-
partage et une appropriation de celui-ci par toriales (communes, conseil régional, conseil
les partenaires du projet. Le plan d’action peut général) constitue un atout essentiel pour
notamment déboucher sur la mise en place la réussite de ce type de projet, dont le plan
de dispositifs de veille, d’accompagnement d’action aura été validé par ces instances dé-
collectif d’un groupe d’entreprises, de forma- cisionnaires.
tion-actions destinées aux acteurs de l’entre- - Pour garantir la prise en compte des besoins
prise… et élargir les pistes de solution, plusieurs ex-
périmentations conduites par le réseau ANACT
• Quelles spécificités dans le pilotage et la montrent qu’il est utile d’associer au pilotage
structuration du projet ? du projet des organisations syndicales d’em-
La conduite d’un projet territorial nécessite de ployeurs et de salariés.
mettre en mouvement un ensemble d’acteurs
(Etat, Région, organismes professionnels, en- Parmi les autres acteurs institutionnels suscep-
treprises). Le porteur aura à coordonner un tibles d’être mobilisés et d’apporter une ex-
système complexe d’acteurs, ce qui suppose pertise sur un domaine donné, on peut citer :
un processus de construction long et métho- - Les services publics de l’emploi (DRTEFP, DD-
dique. TEFP, ANPE, AFPA..) et les OPCA de branches,
Les collectivités territoriales voire un syndicat pour un projet concernant les compétences, la
mixte, une communauté de communes sont formation et l’emploi.
généralement à l’initiative de ce type de dé- - Les services du développement économique
marche (le projet présenté dans la fiche n°10 local (DRIRE, collectivités locales, réseau con-
de la partie 3 illustre ce cas de figure «clas- sulaire), pour un projet sur l’accompagnement
sique»). Cependant, la fiche n°2 de la partie des mutations industrielles.
3 montre qu’un syndicat d’employeurs, par
exemple, peut également être à l’origine de En définissant des modalités de travail effi-
ce type de démarche. caces entre les partenaires.
Il peut être opportun à ce niveau de recourir à
• Quelles questions se poser avant de lan- un consultant (cela a été le cas dans les pro-
cer un projet territorial ? jets décrits dans les fiches n° 2 et n° 10 de
• Comment le territoire est-il structuré et quel- la partie 3 déjà citées). Celui-ci peut notam-
les sont les actions en cours ? ment aider le porteur de projet à :
• Quels sont les acteurs du territoire suscepti-
bles d’apporter une valeur ajoutée au projet ? • Définir les instances de gestion du projet (co-
• Quelle est leur capacité à répondre aux be- mité de pilotage, groupe projet…) ;
soins et aux attentes des entreprises ? Quelles
sont leurs attentes propres ? • Préciser le rôle de chaque instance et les moda-
• Quelle est ma légitimité, quels sont mes lités de coordination des instances entre elles ;
16
Fiche méthode n°3
• Vérifier que les personnes autour de la ta- • Les «systèmes productifs locaux ou SPL»(1)
ble ont une vraie délégation de la part de leur ou «districts industriels» ou «clusters» sont
institution d’appartenance pour décider et agir des regroupements de PME/PMI sur un ter-
dans le cadre de ce projet. ritoire de proximité, autour d’une spécialité,
d’un métier ou d’un produit. Les entreprises
mutualisent leurs moyens et développent des
Pour aller au-delà des projets dans la
complémentarités pour améliorer leur compé-
structuration d’un territoire…
titivité.
Les projets territoriaux sont une manière de
L’exemple du système productif local (SPL)
mutualiser des ressources pour aider les en-
Dentelles du Nord-Pas-de-Calais illustre bien
treprises d’une zone géographique donnée à
l’impulsion qui peut être donnée par ce type
se développer.
de structure par rapport à une action d’antici-
Il existe par ailleurs des structures permanen- pation des mutations.
tes qui ont cette vocation et peuvent jouer
un rôle dans l’anticipation des mutations
industrielles :
• Les groupements d’employeurs (2) sont des coopératifs de mise en réseau d’entreprises,
associations permettant à des entreprises de de structures de recherche et d’enseignement
se regrouper afin de recruter des salariés : une supérieur dans une logique de proximité. Une
formule avantageuse pour des structures qui politique de développement de ces pôles a
ne pourraient pas, seules, supporter la charge été récemment relancée par l’État. (voir le site
d’un emploi permanent. www.competitivite.gouv.fr).
• Les pôles de compétitivité sont des projets
(1) : la fiche n°7 de la partie 3 de ce guide présente un (2) : la fiche n°4 de la partie 3 présente un projet
projet conduit par le Club des Districts Industriels Fran- conduit par la Fédération Française des Groupements
çais (CDIF), association qui regroupe les SPL (voir le site d’Employeurs, la FFGE (voir le site www.ffge.fr).
www.districts-industriels.com).
18
P R I N C I PA L E S É TA P E S D ’U N P R O J E T D ’ACCO M PAG N E M E N T CO L L E C T I F
E T F I C H E S « CO N D U I T E D E P R O J E T» CO R R E S P O N D A N T E S
E l a b o r a t i o n d ’u n e s t r a t é g i e
F1 : Elaborer la stratégie
du projet
Co n ce p t i o n e t l a n ce m e n t
s t r a t é g i e d e co m m u n i c a t i o n
F 3 : Fa v o r i s e r l a c o n s t r u c t i o n F 3 : Fa v o r i s e r l a c o n s t r u c t i o n
d ’u n p a r t e n a r i a t d ’u n p a r t e n a r i a t
F4 : Elaborer le budget et
prévoir les modalités de suivi
L a n ce m e n t d u p r o j e t
F2 : Définir les modalités
de pilotage et de travail
au sein du projet
Communication
Evaluation
Prolongements
F7 : Evaluer le projet
Capitalisation, transfert,
diffusion
F8 : Capitaliser et
transférer les acquis
d ’u n e d é m a r c h e
20
Fiche conduite de projet n°1
Point de vigilance : Point de vigilance :
À l’origine d’un projet, il peut y avoir : Ne pas oublier dans cette phase, des éta-
• Une initiative dans le cadre de la politi- pes moins directement «opérationnelles»
que de votre organisme, de ses missions, mais qui sont importantes et demandent
du programme d’activité ; du temps et des moyens : la mobilisation
• Une étude préalable sur les besoins et des entreprises (voir fiche n° 5), l’évalua-
les attentes des entreprises en matière de tion du projet (voir fiche n° 7), la diffusion
développement des compétences et de des résultats (voir fiche n° 8).
gestion des ressources humaines ;
• Une demande explicite d’une ou plu- Sur quelles compétences et quels acteurs
sieurs entreprises ; s’appuyer pour mener à bien le projet ?
• La connaissance d’un appel à projets ou
de la mise en place d’un dispositif aidé. • Les compétences internes : au sein de la
Si le projet a été élaboré à partir d’une structure, qui a l’expertise, les compétences
demande implicite des entreprises, il est et la disponibilité nécessaires pour conduire,
important de vous assurer, avant de le piloter le projet. L’idéal est de disposer des
lancer, qu’il correspond effectivement deux compétences «expertise» et «pilotage
à des préoccupations d’entreprises et de projet».
suscitera une réelle adhésion de leur • Les acteurs institutionnels : les fédérations
part. Il peut être utile à ce moment-là professionnelles, le réseau consulaire, les re-
de consulter des organismes relais (fé- lais d’entreprises, les collectivités territoriales,
dérations professionnelles, réseau consu- les services publics de l’emploi apportent une
laire…) et/ou de « tester » l’idée du projet garantie de solidité au projet, dans la mesure
auprès de quelques entreprises. où ils permettent un meilleur ancrage politi-
que, économique, technique et financier. Ils
peuvent vous aider sous différentes formes :
Quelle démarche pour réaliser le projet ? expertise technique, financement, mise en
place de partenariat (voir fiche n°3) ;
• Quelles sont les étapes de travail à envisager • Les entreprises : Comment les intéresser au
pour atteindre les objectifs du projet ? projet ? Comment les mobiliser et les impli-
Décrire les étapes en faisant apparaître pour quer dans un programme d’actions ? L’expé-
chacune d’elles les acteurs concernés, les rience montre que les témoignages de pairs
modalités d’action, les produits de sortie, les et l’appui des partenaires socio-professionnels
points à vérifier avant de passer à l’étape sui- favorisent la mobilisation et l’adhésion des en-
vante… treprises (voir fiche n°5) ;
• Les prestataires externes ou consultants : ils
• Quel est le planning du projet ? apportent, en complément des compétences
Établir un calendrier de réalisation du pro- internes, les compétences techniques ou les
gramme d’action : certaines étapes se suc- outils méthodologiques pour mener à bien cer-
cèdent, d’autres peuvent être conduites en tains aspects du projet. Il est recommandé de
même temps. les sélectionner sur appel d’offres. Ils sont rému-
nérés dans le cadre du projet (voir fiche n°2).
place ?
• Quelle contribution attendue de chacun des Point de vigilance
acteurs ? À ce stade, ces premières réflexions sur
Elle doit être précisée de manière à préparer le projet ne sont pas à «graver définitive-
les prises de contact et à nouer des partena- ment dans le marbre» : au cours des dif-
riats (voir fiche n°3). férentes phases d’élaboration du projet,
• Quelle coordination entre les différents ac- notamment l’étape de construction du
teurs impliqués ? partenariat ou l’étape de recherche des
Cet aspect doit être examiné tant au niveau du entreprises, vous pourrez les réorienter
pilotage du projet que de la mise en œuvre du ou les préciser, en fonction des échanges
programme d’action (voir fiche n°2). et de la mise en place de la collaboration
avec les différents acteurs du projet.
Comment évaluer les résultats du projet ?
Il est important de réfléchir dès la phase de
conception du projet à l’évaluation des résul-
tats de l’action.
• Évaluation de l’efficacité de la conduite du
projet : mesurer le niveau d’atteinte des objec-
tifs qualitatifs et quantitatifs fixés ;
• Évaluation de l’utilité du projet : mesurer les
effets sur les bénéficiaires, les impacts.
Cela implique de définir en amont des critères
d’évaluation (voir fiche n°7).
22
DÉFINIR LES MODALITÉS DE PILOTAGE ET DE TRAVAIL AU SEIN DU PROJET
Produits de sortie
Un schéma synoptique de l’organisation du
projet indiquant la composition et le rôle de
chaque instance.
Un planning prévisionnel des réunions des dif-
férentes instances du projet, en particulier du
comité de pilotage.
Des ordres du jour et des compte rendus des
réunions.
Un tableau de bord du projet.
E X E M P L E D ’O R G A N I S AT I O N D E P R O J E T E X P É R I M E N T É E DA N S D E S P R O J E T S
CO N D U I T S PA R L E R É S E A U A N A C T S U R L A M I S E E N P L A C E
DE NOUVE AUX OUTILS DE GRH
CO M I T É D E P I LO TAG E
(orientations, décisions)
PA R T E N A I R E S S O C I A U X CHEF DE PROJET
(concertation et négociation) (conduite, coordination)
GROUPE-PROJET
(réalisation technique
des éléments à présenter
en négociation)
G R O U P E D E T R AVA I L 1 G R O U P E D E T R AVA I L 2
(rédaction du référentiel (rédaction du référentiel
du métier 1...) du métier 2...)
24
Fiche conduite de projet n°2
Les rôles de chaque niveau - Les choix en matière de capitalisation et de
modalités de diffusion,
Le chef de projet - Le suivi de l’avancement des étapes,
Généralement, le chef de projet fait partie de - Les ajustements à opérer en cours de pro-
la structure qui porte le projet. Il coordonne jet…
et organise les activités pour faire aboutir le
projet dans le respect des objectifs, éventuel- Le groupe projet
lement avec l’aide d’un conseil extérieur. Pour C’est un niveau très opérationnel directement
cela, il met en place et anime la structure pro- en appui au chef de projet, qui prend en char-
jet, organise et planifie l’ensemble des acti- ge la mise en œuvre des actions prévues. Ses
vités opérationnelles, coordonne les moyens, travaux sont orientés par le comité de pilota-
assure les relations avec les partenaires et ge, auquel il rend compte. Ce type d’instance
les entreprises participantes, alerte au bon est intéressant à mettre en place lorsque les
moment le comité de pilotage sur les dérives travaux à réaliser nécessitent de coordonner
éventuelles pour lui faire prendre les décisions plusieurs acteurs. C’est le chef de projet qui
nécessaires. l’anime.
Il est important, au moment du choix du chef
de projet, de prendre en compte, bien sûr ses Les groupes de travail
compétences, mais aussi sa disponibilité pen- Dans le cas de certains projets, il peut être
dant toute la durée du projet. utile, en plus du groupe projet, de constituer
des groupes de travail proches du terrain im-
Le comité de pilotage pliquant un groupe plus large d’acteurs, et
C’est un niveau stratégique qui a pour rôle chargés de travaux bien précis.
d’orienter le projet et de prendre toutes les
décisions nécessaires à son bon déroulement. Le groupe de concertation
Dans le cadre d’un projet partenarial, il est C’est une instance qui permet d’associer les
logique que cette instance soit composée au partenaires sociaux au projet, dans un rôle de
moins du porteur de projet, du chef de projet concertation dans un premier temps. Son rôle
(si différent), et des principaux partenaires, est d’orienter le projet en fonction des intérêts
en particulier les partenaires financiers. Entre des salariés qu’ils représentent. Ce groupe est
autres, c’est au sein du comité de pilotage que animé par le chef de projet qui fait remonter
sont traités des sujets tels que : les propositions du groupe de concertation au
- L’affinement de la problématique du projet, comité de pilotage. Dans un deuxième temps,
- La validation et l’enrichissement des étapes il peut s’agir, selon la nature du projet, de né-
prédéfinies par le porteur, gocier un accord permettant sa mise en oeuvre
- Les modalités de recherche des entreprises, au sein de l’entreprise.
- Le choix d’un consultant sur la base d’un ca-
hier des charges défini en commun,
26
Fiche conduite de projet n°2
Quelques recommandations pour Quelques conseils pratiques
organiser et animer la vie sur les modalités de travail avec
d’une équipe de travail les consultants
• Veiller à ce que les objectifs généraux du Vous avez fait l’inventaire de toutes les
projet, ainsi que les objectifs intermédiai- compétences à votre disposition.
res soient partagés, tout au long du projet, Certaines vous font encore défaut pour as-
par l’ensemble des acteurs ; surer la mise en œuvre opérationnelle de
• Établir des règles communes de bon votre projet.
fonctionnement et se mettre d’accord sur Vous décidez alors de faire appel à un in-
la méthode de travail ; tervenant extérieur.
• Attribuer un rôle à chacun, prévoir les Ce choix est déterminant. Vous avez inté-
éventuelles coopérations, les actions en rêt à élaborer un cahier des charges avec
commun ; vos principaux partenaires et à sélection-
• Faire vivre le projet au-delà des réunions ; ner le consultant sur la base d’une grille
• Faire participer de façon active toutes les de critères, d’une réponse écrite et d’un
personnes ; ou plusieurs entretiens.
• Mobiliser sur l’objectif, concentrer si pos- Le cahier des charges devra en particulier
sible l’action sur un temps court ; préciser sur quoi la contribution du consul-
• Montrer la progression du groupe, faire tant est attendue :
connaître les résultats obtenus ; • Pilotage du projet : appui à l’animation
• Réguler les problèmes qui se présentent (voir fiche n°2 de la partie 3 du guide),
au sein du groupe; • Méthodologie d’action : proposition
• Faire un bilan, reconnaître les contribu- d’une méthodologie (voir fiche n°1 de
tions. la partie 3 du guide) ou co-élaboration
d’une méthodologie spécifique avec le
porteur (voir fiche n°7 de la partie 3 du
guide),
• Intervention dans les entreprises : le con-
sultant intervient, le porteur devant s’or-
ganiser pour suivre son travail ; plus rare-
ment, le consultant est en appui technique
au porteur, qui intervient lui-même (voir
fiche n°2 dans la partie 3 du guide),
• Capitalisation : appui à la capitalisation
(voir fiche n°9 de la partie 3 du guide).
Pré-requis
Un document décrivant la stratégie du projet
dans ses grandes lignes (voir fiche n°1).
Produits de sortie
Une liste de partenaires avec lesquels des en-
jeux communs ont été élaborés.
Des conventions entre partenaires ou des
engagements réciproques négociés entre les
parties prenantes.
28
Fiche conduite de projet n°3
Un exemple de partenariat : le projet des partenaires financiers, dans la mesure
porté par le Centre d’Étude et de Recher- où tous ont contribué au financement du
che de l’Industrie du Béton (CERIB), dont projet et des partenaires «réseau», sus-
la mission est de contribuer au dévelop- ceptibles de contribuer à la mobilisation
pement technique et à l’amélioration de d’entreprises et à la diffusion des outils ou
la productivité et de la qualité dans les démarches expérimentées dans le cadre
entreprises du secteur. du projet.
Ce projet avait comme objectif l’améliora-
tion des compétences des agents de maî-
trise du secteur.
Le CERIB a sollicité trois partenaires com- • Comment construire et faire vivre un par-
plémentaires dans le cadre de son projet : tenariat efficace ?
• La Fédération de l’industrie du béton • Soigner et prévoir du temps pour l’«approche»
(FIB). Partenaire institutionnel, elle devait des partenaires envisagés, en particulier si
contribuer à la promotion du dispositif vous n’avez pas l’habitude de travailler avec
auprès de ses entreprises adhérentes. eux : ne pas se contenter d’un simple courrier
Elle devait également assurer l’interface et d’une réponse positive, se déplacer pour les
avec les partenaires sociaux au niveau rencontrer. Cela permet de vérifier que l’on
des instances paritaires nationales, partage des valeurs communes, et de poser
dans la perspective d’une reconnaissance les bases d’une confiance mutuelle qui sera à
du cycle de formation qui allait être éla- construire tout au long du projet.
boré ;
• Le CEFICEM. Cet organisme de formation • Prendre en compte les attentes de chacun de
réalise habituellement des prestations de vos partenaires. Vérifier que les attentes des
conseil et d’ingénierie de formations spé- différents partenaires ne sont pas contradic-
cifiques au secteur du béton. Partenaire toires entre elles.
technique, il a contribué au projet en
amenant son expertise sur l’élaboration • Définir clairement avec chaque partenaire (et
de dispositifs de formation, mais aussi en éventuellement en lien avec les autres) le rôle
faisant appel à son réseau d’entrepri- qu’il aura à jouer dans l’action.
ses pour les mobiliser, puis en enga-
geant une démarche commerciale pour • S’assurer de la volonté et de la capacité de
diffuser le dispositif auprès d’autres in- vos partenaires à s’engager et à rester actifs
dustries du secteur, en lien avec les autres tout au long du projet. Il est utile de proposer
partenaires ; à vos partenaires de signer une charte ou une
• FORCEMAT. Le rôle de l’OPCA des maté- convention de partenariat qui formalisera les
riaux pour la construction et l’industrie est termes du donnant-donnant et l’engagement
de promouvoir et de mettre en oeuvre mutuel des parties.
la politique formation de quatre bran-
ches professionnelles, dont celle du bé- • Organiser les modalités de travail avec les
ton. Il était donc un partenaire technique partenaires tout au long du projet : notam-
incontournable du projet, pour lequel il a ment, les intégrer dans la structure projet
participé à l’ensemble de l’ingénierie ; (voir fiche n° 2).
Les 3 partenaires cités sont également
30
Fiche conduite de projet n°4
- L’autofinancement par l’organisme portant le
projet,
Quelques conseils pratiques pour
- Les subventions publiques : État, régions,
éviter de sous-estimer
aide communautaire,
certaines dépenses
- La participation des partenaires : fédérations
• Dérouler les phases du programme d’ac- professionnelles, entreprises...
tion et les tâches à réaliser pour identifier
de façon précise les unités d’œuvre à mo- Quelques pistes pour votre
biliser et le nombre d’heures : l’animation recherche de financements
et la coordination du projet, la recherche
Les services de l’État
d’entreprises sont des activités très con-
• Le ministère de l’Économie, des Finances
sommatrices de temps,
et de l’Industrie :
• S’appuyer sur l’expérience de vos projets
Aide aux entreprises :
antérieurs ou sur celle d’autres porteurs
www.industrie.gouv.fr/portail/pratique/
de projet,
index_aide.html
• Adopter une approche réaliste des coûts
Appels à projets :
en demandant des devis,
www.industrie.gouv.fr/portail/une/in-
• Indiquer le montant des dépenses hors
dex_appe_cours.html
TVA et, le cas échant, TTC.
• Le ministère de l’Emploi, Travail et Cohé-
sion Sociale : www.cohesionsociale.gouv.fr
> Voir en fin de fiche un exemple d’état de Les services en Région
dépenses prévisionnelles • Dans certaines régions, les Contrats de
Plan État-Région (CPER) prévoient le fi-
Le plan prévisionnel de financement nancement d’actions relatives à l’accom-
pagnement des mutations économiques,
• Vous devez indiquer clairement toutes les • Les centres d’animation et de ressources
origines des ressources. Pour tous les finan- de l’information sur la formation (CARIF).
cements publics envisagés, vous devez éga-
lement mentionner si leurs attributions sont La Commission européenne
acquises ou conditionnelles. • Les programmes du FSE (Fonds Social
Européen) sont le principal instrument fi-
• Le plan prévisionnel de financement doit être nancier dont dispose l’Union Européenne
équilibré. Les ressources doivent correspondre pour réduire les écarts entre les régions et
aux grands postes de dépenses. entre les populations et promouvoir la co-
hésion économique et sociale en Europe :
• Enfin, il est indispensable de communiquer www.fse.be
l’information concernant l’assujettissement Les organismes socio-professionnels
à la TVA. En effet, la subvention publique est • Les fédérations professionnelles et les
calculée en tenant compte du statut fiscal du OPCA de branches s’engagent parfois,
demandeur, en l’abondant le cas échant du dans leurs accords négociés, à subven-
montant de la TVA. tionner des projets sur telle ou telle thé-
matique.
• Les ressources proviennent en général de
trois grandes sources de financement : > Voir en fin de fiche un exemple de plan de
financement prévisionnel
Quelques conseils pratiques pour assurer tions se fait à partir de bilans, intermédiaires
le suivi financier du projet et final, qui permettent de vérifier la cohéren-
ce entre le bilan qualitatif et quantitatif d’exé-
• Les aides nationales et communautaires sont cution du programme et le bilan financier.
encadrées par des textes législatifs et régle- • En cas de contrôle, le non-respect de l’une de
mentaires. Des circulaires ministérielles et des ces règles peut entraîner le reversement par-
instructions précisent les règles applicables en tiel ou total de la subvention perçue.
matière d’éligibilité des dépenses, de suivi et • Les modalités de co-financement public (Etat-
de contrôle des projets aidés. Région-Commission Européenne) prévoient
• Les conventions entre l’Etat et le titulaire de généralement un taux maximum d’aide de
projet précisent, dans les conditions générales 80% du montant total des dépenses éligibles.
et particulières, les modalités de paiement et
de versement de l’aide : vous devez les lire Ne pas hésiter à faire appel à vos services
avec la plus grande attention car elles sont de gestion pour mettre en place les outils
contractuelles. pour assurer la traçabilité administrative et
• Le versement des crédits relatifs aux subven- financière des dépenses du projet !
32
Fiche conduite de projet n°4
Exemple d’un plan prévisionnel de financement
34
Fiche conduite de projet n°5
les monographies d’entreprises qui décrivent
de pérenniser des compétences dans l’en- les pratiques, les freins et les opportunités à
treprise. Les entreprises, convaincues de utiliser tel ou tel dispositif, telle démarche de
l’intérêt de se mobiliser dans le projet, se développement des compétences.
sont impliquées jusqu’au bout dans l’ex- - Le contact personnalisé avec le chef d’en-
périmentation. treprise permet de s’assurer que le projet
correspond à de vrais enjeux pour l’entreprise.
L’enjeu est de mobiliser les entreprises sur C’est avant tout le dirigeant qu’il s’agit de con-
toute la durée du projet et même au-delà. Il vaincre : s’assurer de son intérêt et de son sou-
s’agit donc de bien vérifier au départ que le tien est essentiel même si ce n’est pas lui qui
projet s’inscrit dans la volonté politique du portera directement le projet sur le terrain.
chef d’entreprise, qu’il devient un élément de
sa stratégie et qu’il en déduit des objectifs de
Conseil pratique
progrès.
Se déplacer dans l’entreprise, si possible
avec une personne qui le connaît bien.
La «communication» doit être suffisamment
démonstrative et convaincante pour entraîner
les entreprises, notamment dans un projet de
développement des ressources humaines. • Quelle que soit la modalité d’approche ini-
tiale (contact direct en entreprise ou réunions
• Présélectionner des entreprises d’information), il faut toujours s’assurer, par
Lister les entreprises à contacter à partir de la un contact personnalisé, de l’engagement
connaissance du tissu économique local. définitif de l’entreprise.
Pour cela, plusieurs sources sont à exploiter :
- Les entreprises ayant participé à des actions
de communication, colloques… portant sur la Point de vigilance
problématique ;
- Les entreprises d’un territoire ou d’un bassin Le recours au publipostage (ou mailing)
d’emploi en mutation ; • Les actions de communication non
- Les entreprises de votre réseau et des ré- ciblées montrent un taux de retour très
seaux partenaires (branches professionnelles, faible.
réseaux consulaires…) ; Exemple : dans le cadre d’un projet con-
- Les relais (clubs d’entreprises…). cernant les mutations industrielles et le
développement des compétences, un
• Aller présenter votre projet : c’est a priori mailing adressé à 3000 entreprises a ob-
le meilleur gage d’adhésion. tenu 4 réponses…
- Présenter votre projet dans des réunions • Il est donc recommandé de cibler les
d’information spécifiques ou des rencontres envois : c’est moins onéreux et plus ef-
organisées régulièrement par des associations, ficace.
des clubs d’entreprise, des organismes relais. Exemple : une équipe s’est mobilisée pour
- Penser que devant un public de chefs d’en- établir une liste d’entreprises susceptibles
treprise, le témoignage d’un autre chef d’être véritablement intéressées par la
d’entreprise impliqué dans un projet ou une phase relative à l’expérimentation d’une
action similaire est souvent la meilleure dé- méthodologie : 32 entreprises ont été
monstration. Il peut aussi être intéressant d’ex- contactées, 10 ont accepté de participer.
ploiter les résultats des études, en particulier
36
Fiche conduite de projet n°6
Les phases individuelles, elles, sont porteuses treprises, des apports théoriques accom-
de deux types d’enjeu : nourrir la réflexion col- pagnés de travaux à partir de situations
lective et mettre en œuvre dans chaque entre- concrètes rencontrées par des entreprises
prise les changements attendus. du groupe. L’accompagnement individuel
par une consultante a permis une exploi-
Illustration : tation concrète des apports des phases
Alternance des phases individuelles et collectives, par exemple un travail plus
collectives : les résultats produits pointu sur les référentiels de compétences
Dans un bassin d’emploi de l’Ardèche, des adaptés à l’entreprise.
entreprises de secteurs différents sont
toutes confrontées à une même problé- Le travail en groupes a permis de mettre
matique : trouver les salariés nécessaires en place des réponses collectives à la pro-
à leur activité. Une association regroupant blématique du recrutement, par exemple :
des élus locaux, les chambres consulaires • La création d’une nouvelle relation éco-
et la mission locale pour l’emploi, prend le/entreprises pour répondre au problème
l’initiative d’un projet collectif avec pour du manque d’attractivité du secteur du
objectif partagé : anticiper les besoins de bâtiment,
recrutement et recruter autrement. • La signature d’une convention entre
28 entreprises s’engagent dans l’action. La l’ANPE et le porteur de projet pour mieux
méthodologie d’intervention s’appuie sur prendre en charge la mise en relation en-
une alternance de moments collectifs et tre offres et demandes d’emploi.
d’accompagnements individualisés.
À l’issue de la réunion de présentation du
projet, les entreprises sont réparties en
trois groupes (entreprises du bâtiment,
• Les actions individuelles au niveau de cha-
entreprises industrielles, entreprises si-
que entreprise : une réponse personnalisée
tuées dans une même localité).
dans un projet collectif
Trois séances collectives sont program-
mées pour chaque groupe. La première
• Penser à réaliser un diagnostic préalable
séance a pour objectif de permettre de
L’accompagnement concret des entreprises
déterminer les difficultés de recrutement
dans la mise en place d’une démarche d’ap-
rencontrées. La seconde de réaliser un tra-
propriation d’outils ou de méthodes passe
vail d’analyse des difficultés évoquées. La
souvent par une action individuelle de dia-
troisième doit rendre possible une recher-
gnostic et de test de méthodologie. Cette
che de solutions.
première étape d’intervention permet de pré-
Dans le même temps, toutes les entrepri-
parer et d’adapter le déroulement de l’action
ses volontaires ont pu bénéficier de dia-
dans chaque entreprise participant au projet,
gnostics individuels favorisant un travail
d’identifier les pistes de progrès et les chan-
spécifique dans l’entreprise et permettant
gements attendus, et de nourrir la réflexion
d’alimenter la réflexion en phase collec-
collective…
tive.
De l’avis de plusieurs participants, les
Elle permet par ailleurs à l’entreprise d’appro-
phases collectives ont beaucoup apporté :
fondir ses besoins et de s’approprier progres-
elles ont permis des échanges entre en-
sivement les enjeux liés au développement de
ses ressources humaines.
38
Fiche conduite de projet n°6
La fiche n°2 de la partie 2 du guide donne
des pistes de travail pour associer les re-
présentants du personnel à un projet.
39
POINTS CLÉS POUR L A CONDUITE DE PROJET
ÉVALUER LE PROJET
Réaliser une évaluation de son projet permet de s’inscrire
dans une démarche de progrès
Fiche conduite de projet n°7
Pré-requis
Un document décrivant la stratégie du projet,
ses objectifs et le programme d’action par
grandes phases d’opérations et les résultats
attendus (voir fiche n°1).
Avoir formulé les résultats attendus de ma-
nière concrète et quantifiable,
Avoir achevé la phase de mise en œuvre du
projet.
40
Fiche conduite de projet n°7
É VA L U AT I O N
R É A L I S AT I O N S R É S U LTAT S I M PAC T S
tivement un lien de cause à effet direct, il est au départ une connaissance plus fine du pro-
intéressant de suivre l’évolution de ces indica- jet et de ses enjeux. Mais il est dans ce cas
teurs de performance à l’issue du projet, et de impératif, pour garantir le fonctionnement de
recueillir la perception des responsables sur l’évaluation, de préserver une logique de dis-
les liens possibles avec la mise en œuvre du sociation entre le comité de pilotage du projet
projet. et le groupe chargé de l’évaluation.
Dans les deux cas, l’évaluation se fera sur la
Comment réaliser l’évaluation ? base d’un cahier des charges établi par le por-
teur de projet et ses partenaires.
• Quels outils de mesure ?
Selon la nature des indicateurs d’évaluation • À quel moment réaliser l’évaluation ?
retenus, ils relèvent soit : La réponse dépend beaucoup de ce que l’on
• De l’alimentation par le porteur, au fur et à veut évaluer...
mesure de l’avancement du projet, d’indica- • L’évaluation des réalisations du projet peut
teurs chiffrés simples (nombre de réunions, être effectuée à l’issue du projet. Elle pourra
nombre de sessions de formation, nombre de dès lors alimenter la rédaction du rapport
participants aux réunions…); d’exécution à remettre aux financeurs.
• De la mise en place d’outils spécifiques per- • Lorsqu’il s’agit d’évaluer les résultats et les
mettant aux bénéficiaires ou à d’autres per- impacts, il est préférable de différer l’évalua-
sonnes concernées de s’exprimer sur le projet : tion pour pouvoir apprécier les effets du projet
- Enquêtes par questionnaire pour mesurer, sur le terrain. Il est recommandé d’entrepren-
par exemple, la satisfaction à chaud des sta- dre ce type d’évaluation un an après la fin du
giaires suite à une action de formation, projet.
- Enquêtes par entretien, souvent utilisées
pour des approches plus qualitatives, qui per-
mettent d’approfondir les perceptions et les
changements de pratique : perception de res-
ponsables sur les liens possibles entre l’amé-
lioration de la qualité et la mise en œuvre du
projet, retour sur le type d’actions mises en
œuvre par les entreprises à l’issue d’une for-
mation-action…,
- Fiches ou grilles d’évaluation à remplir, pour
évaluer par exemple l’évolution des compé-
tences des opérateurs…
42
CAPITALISER ET TRANSFÉRER LES ACQUIS D’UNE DÉMARCHE
L E S É TA P E S D E T R AVA I L S’E N C H A Î N E N T
Contexte/enjeux S E LO N L E S C H É M A C I - D E S S O U S
Toutes les actions prévues dans le cadre de
votre projet ont été réalisées. Les résultats ont
été évalués. Bravo ! Vous avez tiré de cet exer- La capitalisation consiste
à tirer parti des enseigne-
cice des enseignements qui vous permettent
ments des différentes ex-
aujourd’hui de communiquer sur les points
périmentations conduites
forts du projet et de diffuser les méthodolo-
dans le cadre du projet,
gies et les outils qui ont obtenu des résultats… Capitalisation
pour optimiser la démarche
et les outils expérimentés
Mais avoir connaissance d’outils utilisés par et les rendre facilement uti-
d’autres ne suffit pas à donner envie de les lisables dans des contextes
mettre en place dans son entreprise ! Le vé- similaires.
ritable transfert implique d’aller au-delà de la
diffusion «sèche» des résultats et des produc-
tions d’un projet : un temps d’appropriation et Valoriser c’est mettre en
d’accompagnement spécifique des entreprises valeur l’intérêt ou l’impor-
tance d’une action, d’un
est souvent nécessaire.
outil ou d’une démarche,
Valorisation dans la perspective de sa
Objectif
diffusion vers l’extérieur.
Aider les porteurs de projet à faire bénéficier Cela implique une mise en
de leur démarche un plus grand nombre d’en- forme (ouvrage, site, pla-
treprises. quette, guide…)
Pré-requis
Avoir mis en œuvre l’ensemble du projet. Diffuser c’est mettre à la
Avoir réalisé l’évaluation des résultats (voir fi- disposition d’un ensemble
che n°7 de la partie 2 du guide). d’utilisateurs potentiels un
outil, une démarche. Plu-
sieurs modes de diffusion
Produits de sortie Diffusion
existent : mise en ligne, en-
Guide méthodologique, guide des bonnes pra-
voi d’un document papier
tiques. (guide, par exemple), col-
Dispositif de transfert. loques, réunions d’informa-
tion, club d’entreprises...
Éléments structurants de l’étape
Conditions favorables
• Un porteur (la branche professionnelle)
et des partenaires (FAF Propreté) ayant un
intérêt fort à la pérennisation et au trans-
fert des acquis du projet.
Bonnes pratiques
• La planification du travail de capitalisa-
tion, explicitement confié à un interve-
nant externe et budgété (20j prévus dans
le budget),
44
METTRE EN PLACE UNE STRATÉGIE DE COMMUNICATION
parents de présentation du projet, Quelles sont les personnes qui peuvent jouer
- Un guide d’entretien avec les chefs d’entre- un rôle actif dans la communication au sein
prise (voir fiche n°5)... des entreprises ?
Choisir des modalités de communication adé-
quates au regard des objectifs visés : - Comment s’y prendre ?
- Si l’objectif est dans un premier temps d’in- Vis-à-vis des partenaires et des financeurs
former et de sensibiliser les chefs d’entreprise du projet, prévoir des réunions du comité
sur l’intérêt d’une démarche de gestion des de pilotage du projet pour faire le point sur
compétences, une réunion d’information avec l’avancement du projet, faire prendre aux fi-
des témoignages d’autres chefs d’entreprise nanceurs les décisions nécessaires, impliquer
peut être adaptée (par le biais de l’organisa- les partenaires dans la construction de métho-
tion de réunions inter entreprises ad’hoc ou dologies, d’outils, de plans d’action...
d’une participation à des réunions de clubs Vis-à-vis des chefs d’entreprises, organiser
d’entreprises, par exemple…). des temps de regroupements pour les infor-
- S’il s’agit dans un deuxième temps de mieux mer de l’avancement du projet et favoriser des
faire comprendre aux chefs d’entreprise ce échanges entre eux sur les conditions de mise
qu’impliquerait leur investissement dans la en œuvre des actions.
démarche et de les faire adhérer au projet, il Au sein des entreprises impliquées, il est
est préférable d’envisager un entretien indivi- essentiel pour la réussite du projet que les
duel. Cet entretien sera conduit de manière à salariés, et en particulier l’encadrement, qui
les aider à identifier en quoi la démarche se aura un rôle à jouer dans la mise en œuvre,
différencie de leurs pratiques actuelles, et en comprennent bien les enjeux. La commu-
peut représenter une valeur ajoutée pour l’en- nication initiale sur les tenants et aboutissants
treprise... constitue une étape critique du processus con-
Prévoir aussi des entretiens personnalisés avec duisant à l’élaboration et à la mise en oeuvre
les partenaires et les financeurs potentiels. d’une démarche de gestion des compétences.
C’est ici que se jouent, en grande partie, les
• Au moment de la mise en œuvre du projet bases du projet.
- Quelles cibles principales ?
Les personnes concernées au sein des entre-
Illustration :
prises participant au projet (salariés, encadre-
ment, représentants du personnel...), les par- Dans un contexte marqué par des risques
tenaires et les financeurs. importants liés à des coûts de produc-
tion trop élevés, une usine de production
- Quelques questions à se poser pour réflé- d’aluminium décide de lancer une ré-
chir à la stratégie de communication... flexion sur la progression professionnelle
De quelles informations les entreprises impli- de ses salariés en lien avec la stratégie de
quées dans le projet et les partenaires ont-ils l’entreprise, ses métiers et les défis qu’elle
besoin pour soutenir et orienter leur action ? se donne à l’échéance de 5-6 ans.
Au sein des entreprises, quel est a priori le po- Plutôt que de passer par une logique de
sitionnement des différents acteurs concernés sessions d’information en cascade, elle fait
par la mise en œuvre du projet ? le choix de mettre en place un espace de
Quelles sont leurs attentes, et à l’inverse quel- communication pour lancer la réflexion.
les réticences risquent-ils d’avoir par rapport L’opération de communication se déroule
au projet ? dans une salle dédiée. Un parcours de vi-
46
Fiche conduite de projet n°9
site est conçu entre divers espaces amé- Source : Du ROY, O., LEMAY J., PAULINO C. (2003),
La gestion par les compétences. Expériences d’en-
nagés, où sont présentés des supports treprises et enseignements, Éditions du réseau
(extraits vidéo, panneaux...) traitant des ANACT, coll. Outils & méthodes.
principaux messages à véhiculer :
- Partager les enjeux économiques que
l’entreprise doit affronter, • À l’issue du projet
- Coupler l’évolution des compétences et - Quelles cibles principales ?
des performances, De nouvelles entreprises du secteur, de la fi-
- Donner un premier aperçu de ce que pour- lière, voire d’autres secteurs dont les métiers
raient être les parcours de progression, seraient similaires, des organismes-relais sus-
- La rénovation du rôle de l’encadrement. ceptibles d’être actifs dans le transfert de la
Tous les opérateurs et les membres de méthodologie, des financeurs potentiels pour
l’encadrement de l’usine font la visite une déclinaison sectorielle, régionale ou thé-
avec leur responsable. Elle se termine par matique du projet.
un temps d‘échange : pendant une demi-
heure, les participants formulent toutes - Quelques questions à se poser pour réflé-
les questions suscitées par la visite. Les chir à la stratégie de communication...
questions qui ne trouvent pas de réponse Qui peut être intéressé par les résultats et les
immédiate sont transmises à la Direction productions du projet ?
et constituent un matériau de choix pour Quel type d’action de communication déve-
enrichir et compléter la réflexion. lopper pour : valoriser et diffuser la démarche,
Ces questions font ensuite l’objet d’un accompagner le dispositif de transfert ?
travail d’élucidation et de réponses. La Qui associer à l’organisation de ces actions de
Direction organise à la suite de ce travail communication ?
une nouvelle série de réunions animées
par le Directeur d’usine pour l’ensemble - Comment s’y prendre ?
du personnel. Il y présente un résumé des Prévoir une réunion de bilan du projet avec les
questions posées et des points clés de ré- partenaires et les financeurs.
ponses. Une réunion complémentaire est Un colloque de restitution des résultats du pro-
prévue avec les représentants du person- jet peut aussi être organisé, à destination d’un
nel, elle donnera lieu à l’établissement public plus large.
d’un calendrier pour conduire des négo- Programmer des entretiens avec des struc-
ciations sur les dispositifs de progression. tures susceptibles de financer des actions de
À la suite de ces réunions, une dynamique transfert.
de travail de co-construction s’instaure, Organiser des séminaires de sensibilisation
qui conduira à affiner l’ingénierie des dis- pour de nouvelles entreprises, nourris par les
positifs de progression pour les opérateurs enseignements de l’expérimentation…
et l’encadrement, en parallèle avec la né-
gociation d’un accord d’entreprise. Pensez à associer à ces actions de communica-
Cette expérience représente certes un tion les partenaires et les entreprises déjà en-
investissement important. Mais elle in- gagées, d’une part cela valorise leur implica-
vite à réfléchir sur la nécessité de pren- tion dans le projet, d’autre part le témoignage
dre le temps de la communication et de de chefs d’entreprise crédibilise fortement la
l’échange et ce, très tôt dans le processus démarche vis-à-vis de nouvelles entreprises.
de construction.
48
Répartition des projets : périmètre/modalité d’action
Modalité Capitaliser Accompagner du diagnostic Mettre en œuvre
d’action et diffuser au plan d’action un plan d’action
Périmètre des bonnes
action pratiques
Secteur Fiche action N° 3 Fiche action N° 5
Anticipation de l’évolution Formation de
de nouveaux besoins l’encadrement à
de compétences l’accompagnement
Centre technique des des mutations
industries mécaniques Secteur du béton
Fiche action N° 4 Fiche action N° 6
Gestion des compétences Dispositif interne de
dans les groupements validation des acquis
d’employeurs Secteur de la métal-
Fédération des groupements lurgie
d’employeurs
Fiche action N° 7
Professionnalisation des
animateurs de réseaux
d’entreprises
Club des Districts Industriels
Fiche action N° 9
Sensibilisation des PME
de la propreté à la GRH
Secteur de la propreté
Territoire Fiche action N° 2
Démarche collective terri-
toriale de développement
économique, de l’emploi
et des compétences
CGPME Gironde
Fiche action N° 10
Démarche d’évolution des RH
en PME
Syndicat mixte Rhône-Alpes
Entreprises Fiche action Fiche action N° 2 Fiche action N° 1
N° 8 Fiche action N° 4 Formation des bas
Bonnes pratiques niveaux de qualifi-
de mobilité cation
Observatoire CCI OPCAREG
Paris Haute-Normandie
NB : certains porteurs ont conduit des actions à plusieurs niveaux. Par exemple, une partie des actions du projet
porté par la CGPME Gironde ont directement bénéficié à des entreprises, d’autres actions n’ont impliqué que les
acteurs du territoire. Le projet de la Fédération Française des Groupements d’Employeurs a à la fois contribué à faire
progresser le «secteur» des groupements d’employeurs et apporté un appui direct à des entreprises.
EXEMPLES D’ACTIONS 49
Résumé des projets Fiche action n° 4 : Gérer les compétences
dans les groupements d’employeurs (GE)
Fiche action n° 1 : Former les salariés de
bas niveaux de qualification à la conduite La fédération française des groupements
d’équipements de production d’employeurs (FFGE) capitalise les bonnes
pratiques de ses adhérents en termes de
Un organisme paritaire collecteur agréé gestion des compétences de leurs sala-
(OPCA) aide des petites et moyennes en- riés, et expérimente, au niveau d’un GE
treprises industrielles à développer les membre, une démarche articulant enjeux
compétences de leurs salariés les moins stratégiques et pratiques de GRH.
qualifiés par le biais de la formation, en
s’appuyant, pour ce faire, sur les situations
de travail. Fiche action n°5 : Former l’encadrement in-
termédiaire pour accompagner les muta-
tions
Fiche action n° 2 : Initier une démarche terri-
toriale de développement économique, de Les professionnels de l’industrie du béton
l’emploi et des compétences mettent en place un dispositif de forma-
tion pour l’encadrement intermédiaire de
Une organisation patronale départemen- ce secteur.
tale favorise l’émergence d’un plan d’ac-
tion territorial en faveur des entreprises,
et les accompagne dans une démarche de Fiche action n° 6 : Favoriser l’accès à des for-
réflexion sur leur stratégie et la gestion mations d’ingénieurs en s’appuyant sur un
des compétences. dispositif interne de validation des acquis
50
Fiche action n° 8 : Partager les bonnes prati- Structuration des fiches action
ques de mobilité dans l’industrie
Chaque fiche est structurée de la même ma-
Dans un contexte de pénurie de main- nière.
d’oeuvre concernant certains métiers dans
les PMI, ce projet porté par l’observatoire • Le titre de l’action,
d’une chambre consulaire vise à encoura- • Le résumé de l’action (en encadré),
ger les entreprises à élargir leur aire de • Le contexte et la stratégie du projet
recrutement et à les sensibiliser sur les • La construction du partenariat
problématiques de mobilité. • Le processus d’adhésion des entreprises
• Les modalités de pilotage et de travail au sein
du projet
Fiche action n° 9 : Sensibiliser les PME • La réalisation des actions : la démarche et les
de la propreté à la gestion des ressources outils élaborés
humaines • Les résultats et les impacts
• Les points forts du projet
Cette démarche vise à sensibiliser les chefs • Les difficultés rencontrées
d’entreprise du secteur de la Propreté à • La répartition des financements (en %)
l’importance des ressources humaines. Il • Les contacts
s’agit également de permettre à ces en-
treprises de déterminer des objectifs pré-
cis de développement et d’en déduire les
moyens à mobiliser en termes d’organisa-
tion, de formation, de recrutement...
EXEMPLES D’ACTIONS 51
FORMER LES SALARIÉS DE BAS NIVEAUX DE QUALIFICATION
À LA CONDUITE D’ÉQUIPEMENTS DE PRODUCTION
Fiche action n°1
52
Fiche action n°1
• Expérimentation des supports par les opé- Les points forts du projet
rateurs. • La sensibilisation des entreprises par l’OPCA-
REG sur la nécessité de développer les com-
> Participation à la démarche d’un responsa- pétences des salariés de bas niveaux de qua-
ble (qualité, production, RH, formation...) de lification,
chaque entreprise, pour qu’il soit à son tour en • L’implication de 11 entreprises de 10 secteurs
mesure de former. d’activité différents,
> Estimation du temps passé par le consultant : • La qualité du partenariat et la définition
5 jours par entreprise. rigoureuse du rôle de chacun en amont,
• La participation des opérateurs dans les
Les résultats et les impacts entreprises à la construction des outils péda-
• Accroissement des compétences et de l’auto- gogiques.
nomie des opérateurs formés,
• Meilleure identification des besoins des Les difficultés rencontrées
salariés de bas niveaux de qualification par la • Le travail avec chaque secteur professionnel
hiérarchie, sur des éléments spécifiques de la démarche
• Renforcement de la synergie au sein du dans les délais impartis. Une durée plus lon-
réseau OPCAREG : échange de méthodes de gue du projet aurait permis de contribuer à
travail, meilleure connaissance mutuelle... une plus grande diffusion des outils construits,
au bénéfice du plus grand nombre.
• Le départ du chef de projet en cours de
projet.
EXEMPLES D’ACTIONS 53
INITIER UNE DÉMARCHE TERRITORIALE DE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE, DE L’EMPLOI ET DES COMPÉTENCES
Fiche action n°2
54
Fiche action n°2
• Formation/action réalisée par un consultant • La pérennisation du comité de pilotage lo-
et destinée à outiller le chef d’entreprise en cal,
matière de gestion des compétences (5 jours). • La volonté du porteur d’évaluer les actions
lancées.
Les résultats et les impacts
• Lancement d’actions partenariales faisant un Les difficultés rencontrées
lien entre l’économique et le social dans le ca- • L’ambition initiale était de réaliser des dia-
dre du plan d’action territorial, gnostics stratégiques dans 50 entreprises : 17
• Émergence d’une demande d’accompagne- entreprises seulement se sont déclarées inté-
ment dans certaines PME, par des prestations ressées,
de conseil, • La mobilisation des élus des collectivités lo-
• Volonté des partenaires de poursuivre leur cales sur la durée,
collaboration au-delà de la fin du projet. • L’équilibre à trouver entre la nécessité de
mettre en œuvre des actions concrètes en fa-
Les points forts du projet veur des entreprises pendant la durée du pro-
• La qualité du partenariat branche/interpro- jet, et le temps nécessaire pour construire un
fessionnel, projet territorial solide.
• La mise en commun d’informations, en par-
ticulier le diagnostic territorial, qui ont suscité
l’intérêt des acteurs locaux,
Éclairage : pour approfondir les démarches territoriales, vous pouvez consulter la fiche 3 de la
partie 1 du guide.
Contact : CGPME
Les bureaux du Lac II - Immeuble P - Rue Robert Caumont - 33049 Bordeaux cedex
Tél. : 05 56 11 77 40 - Fax : 05 56 11 77 58 - Courriel : [email protected]
EXEMPLES D’ACTIONS 55
ANTICIPER L’ÉVOLUTION DES BESOINS EN COMPÉTENCES :
UN EXEMPLE D’INITIATIVE DANS L’INDUSTRIE MÉCANIQUE
Fiche action n°3
56
Fiche action n°3
Le processus d’adhésion À partir de cette analyse, effectuée dans cha-
des entreprises au projet cun des trois secteurs étudiés, neuf emplois-ty-
Suite à l’envoi d’un mailing (qui n’a donné que pes ont été identifiés comme particulièrement
4 réponses), le CETIM s’est appuyé sur son ré- importants pour la pérennité des entreprises
seau d’entreprises en les contactant directe- du secteur. Ils ont été décrits en termes d’acti-
ment, et a ainsi pu mobiliser 15 entreprises au vités sous forme de référentiels.
total (5 par métier). Par ailleurs, les explica-
Les résultats et les impacts
tions fournies par le CETIM ont permis à ces en-
Neuf référentiels d’emploi-type ont été réali-
treprises de vérifier que la démarche proposée
sés et mis en ligne sur le site du CETIM.
correspondait bien à leurs besoins, d’où leur
Ils permettent à toutes les entreprises des sec-
motivation pour adhérer au projet.
teurs concernés de se positionner par rapport
Les modalités de pilotage à des pratiques cibles, d’intégrer leurs propres
et de travail au sein du projet spécificités en matière de contenu d’emplois,
Un comité de pilotage a été mis en place. Son de mesurer les besoins en formation des per-
rôle a consisté à orienter le projet et notam- sonnes qui occupent ces emplois, et de mieux
ment à valider les «axes prioritaires» des ré- anticiper les évolutions des métiers...
férentiels métiers. Il était composé des consul-
Les points forts du projet
tants du CETIM, dont le chef de projet, et des
• La thématique correspondant parfaitement
trois syndicats professionnels concernés.
aux enjeux des entreprises,
La réalisation des actions : • La participation des opérateurs à la construc-
la démarche et les outils élaborés tion des outils,
La démarche a consisté à réaliser dans chaque • La mise en place d’un interlocuteur privilégié
entreprise participante une évaluation des en entreprise (référent) qui a poursuivi le pro-
besoins en compétences. Cette évaluation a jet après le départ du consultant,
impliqué à la fois une évaluation de la contri- • Le transfert des outils créés par le CETIM dans
bution actuelle et potentielle de chaque savoir- d’autres entreprises.
faire de l’entreprise, et une évaluation de la
Les difficultés rencontrées
proportion de salariés au sein de ces fonctions
• La sous-estimation des difficultés en amont,
susceptibles d’améliorer, avec profit pour l’en-
notamment au niveau de la recherche d’entre-
treprise, leurs compétences techniques ou leur
prises,
niveau d’autonomie. Le croisement de ces deux
• La faible anticipation et préparation de certai-
données a permis de hiérarchiser les besoins,
nes étapes du projet,
notamment d’identifier les savoir-faire ou
• Une implication des trois syndicats profession-
fonctions stratégiques pour lesquelles un ren-
nels limitée du fait de leur faible disponibilité,
forcement des compétences était prioritaire.
• Le départ du chef de projet en cours de projet.
EXEMPLES D’ACTIONS 57
GÉRER LES COMPÉTENCES DANS
LES GROUPEMENTS D’EMPLOYEURS
Fiche action n°4
58
Fiche action n°4
Les points forts du projet • Trouver la meilleure manière de transférer
• Le caractère formateur du groupe de travail : les acquis du groupe de travail aux autres GE
partage d’expériences entre «pairs» guidé par membres,
un expert, • Convaincre les entreprises adhérentes d’un
• Le lien établi très tôt dans les réflexions entre GE d’utiliser les outils de GRH mis en place au
la stratégie des GE et le plan d’action GRH. niveau du GE quand elles n’en ont pas encore
pour leurs salariés permanents.
Les difficultés rencontrées
• Lors des premières réunions du groupe de
travail, faire percevoir aux directeurs du GE
l’intérêt de travailler sur les compétences,
Éclairage : les groupements d’employeurs, de même que les sociétés d’intérim, ne sont pas
seulement des «fournisseurs de main-d’œuvre» : ils sont susceptibles de contribuer au dévelop-
pement des compétences des salariés qu’ils emploient, notamment par des actions de formation
adaptées.
Contact : FFGE
17 rue de Constantinople - 75008 Paris
Tél. : 01 40 17 91 10 - Fax : 01 40 17 91 11 - Courriel : [email protected] - Site : www.ffge.fr
EXEMPLES D’ACTIONS 59
FORMER L’ENCADREMENT INTERMÉDIAIRE
POUR ACCOMPAGNER LES MUTATIONS
Fiche action n°5
60
Fiche action n°5
choisis répondent à un besoin de l’entreprise Les points forts du projet
et sont en lien avec les thématiques abordées • La qualité du partenariat et de la conduite de
en formation. projet : antériorité des relations, maîtrise des
dispositifs d’aides publics, convergence des
Les résultats et les impacts enjeux, connaissance du secteur, compétences
À court terme : en ingénierie de formation…
• Mise à la disposition des industriels du sec- • La phase de diagnostic préalable : validation
teur d’une nouvelle offre de formation répon- des orientations, récolte de matériaux, prise en
dant aux besoins du secteur «Responsable de compte de la réalité des situations de travail…
fabrication de l’industrie du béton», • La pédagogie retenue visant à l’appropriation
• Satisfaction des salariés ayant participé à la et à la mise en œuvre sur le terrain des con-
première session de formation, naissances acquises en formation.
• Renforcement des collaborations entre les
différents partenaires du projet. Les difficultés rencontrées
À moyen terme : engagement par le CEFICEM • Un faible ancrage politique : pas suffisam-
d’une démarche de diffusion du dispositif de ment d’implication des partenaires sociaux,
formation : d’autres sessions sont program- • Une mobilisation initiale des entreprises en
mées. deçà des prévisions : difficulté à trouver des
À long terme : cette formation est susceptible stagiaires pour la première session. Depuis,
de contribuer à une meilleure valorisation et deux nouveaux cycles de formation ont été
reconnaissance de la fonction d’agent de maî- réalisés pour un total de 20 stagiaires ; une
trise par les professionnels du secteur. troisième session est en cours de montage.
• CERIB : 48%
• Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie : 41%
• CEFICEM : 7%
• FIB : 4%
Contact : CERIB
BP 30059 - 28231 Epernon - Tél. +33 (0)2 37 18 48 00 - Fax : +33 (0)2 37 83 67 39
Site : www.cerib.com - Courriel : [email protected]
EXEMPLES D’ACTIONS 61
FAVORISER L’ACCÈS À DES FORMATIONS D’INGÉNIEURS
EN S’APPUYANT SUR UN DISPOSITIF INTERNE DE VALIDATION DES ACQUIS
Fiche action n°6
62
Fiche action n°6
• Gain de temps dans les parcours de formation • Le travail d’ingénierie en amont avec la mise
et apport pédagogique au salarié (exemple : en place d’un processus de travail rigoureux,
ITII Bourgogne), • La transférabilité de l’expérience.
• Impulsion d’une dynamique à l’échelle du
réseau qui perdure au-delà de la temporalité Les difficultés rencontrées
de la mise en œuvre du projet, • Un déploiement long et difficile au niveau de
• Renforcement du partenariat université–en- l’ensemble des écoles du réseau ITII,
treprise. • La faible adhésion des entreprises au disposi-
tif par rapport aux objectifs affichés.
Les points forts
• L’implication des membres du réseau ITII et la
dynamique impulsée par le projet,
Éclairage : la validation des acquis de l’expérience (VAE), instaurée par la loi de modernisation
sociale du 17 janvier 2002 (Loi n° 2002-73), reconnaît l’effet formateur de l’expérience acquise
dans le cadre d’une activité professionnelle, associative ou bénévole. Le principe de la VAE est de
permettre à toute personne engagée dans la vie active depuis au moins 3 ans de se voir recon-
naître officiellement ses compétences professionnelles, par un diplôme, un titre à finalité pro-
fessionnelle ou un certificat de qualification (CQP) sous réserve qu’il soit enregistré au répertoire
national des certifications professionnelles (RNCP). Au niveau d’une entreprise, l’engagement
concerté dans une démarche de VAE offre des opportunités de professionnalisation et de recon-
naissance des salariés expérimentés.
EXEMPLES D’ACTIONS 63
PROFESSIONNALISER LES ANIMATEURS
DES RÉSEAUX D’ENTREPRISES
Fiche action n°7
64
Fiche action n°7
Les résultats et les impacts construction d’un dispositif de formation
• Valorisation et reconnaissance de la fonction d’animateurs adapté aux besoins de tous les
d’animateur : l’un des apports de ce projet a réseaux d’entreprises, SPL, clusters, pôles de
été de montrer que, derrière leur très grande compétitivité…
diversité, les SPL ont pour caractéristique com-
mune de tirer de la fonction d’animation un Les difficultés rencontrées
des leviers majeurs de leur performance, • L’implication des SPL sur une durée plus
• Meilleure identification des compétences mi- courte que prévue, alors que leur adhésion
ses en œuvre par les animateurs, nécessite un temps de communication et de
• Meilleure identification de la typologie des mobilisation,
SPL : 3 types de réseaux ont été distingués, • L’étape de définition d’un dispositif de for-
en fonction de leur degré de maturité et des mation, faute de temps, n’a pu être finalisée
actions à conduire à chacune des phases de pendant la durée du projet,
développement. • La difficulté de répondre par un même outil,
le référentiel, à des attentes multiples : servir
Les points forts de base à un référentiel de formation, justi-
• Un projet correspondant à des attentes fortes fier le recrutement de salariés expérimentés,
à la fois des animateurs mais aussi des parte- préparer les évolutions du métier, favoriser les
naires des réseaux, échanges de pratiques,
• La conduite d’un projet participatif s’appuyant • La nécessité, aujourd’hui, de faire des choix
sur la réalité des situations de travail, pour rendre l’outil véritablement opérationnel.
• L’élaboration d’une analyse favorisant la
Éclairage : les réseaux d’entreprises peuvent jouer un rôle clé dans le développement économi-
que des territoires et dans la prévention des risques de délocalisation, en aidant les PME-PMI à
tisser des liens avec le territoire.
Contact : CDIF
11 rue Guilloud 69003 Lyon
Tél/fax : 04 78 54 67 09 - Site : www.cdif.fr - Courriel : [email protected]
EXEMPLES D’ACTIONS 65
PARTAGER LES BONNES PRATIQUES
DE MOBILITÉ DANS L’INDUSTRIE
Fiche action n°8
66
Fiche action n°8
• La synthèse de cette enquête a servi à l’éla- gnostic/action sont accessibles sur le site de
boration d’un outil de sensibilisation et de dia- l’OFEM : http://www.ofem.ccip.fr/mobilite.
gnostic/action s’appuyant sur le partage de
«bonnes pratiques». L’utilisateur peut compa- Les points forts du projet
rer la situation de son entreprise à celle des 19 • La réalisation d’un outil d’information et
cas d’entreprises significatifs ayant fait face à d’échanges proposant des solutions pour faci-
des problèmes de mobilité. Trois modes d’ac- liter le développement de la mobilité à partir
cès sont possibles : de cas concrets,
- Un accès par grandes thématiques de la mo- • La mise en ligne de cet outil sur un site connu
bilité, et consulté notamment par des entreprises,
- Un accès par la liste des cas, des institutionnels et des étudiants.
- Un accès par problématiques/solutions.
• En parallèle, trois rencontres entre des DRH Les difficultés rencontrées
et des institutionnels ont été organisées dans • Les réseaux institutionnels, même s’ils étaient
les territoires où les enquêtes ont eu lieu. Elles intéressés, se sont faiblement mobilisés,
avaient pour objectif de partager la synthèse • La mobilisation et l’adhésion des entreprises
et d’échanger sur les enjeux de la mobilité. pour un travail de capitalisation est difficile à
obtenir.
Les résultats et les impacts
La synthèse de l’étude ainsi que l’outil de dia-
• OFEM/CCIP : 53%
• Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie : 40%
• Partenaires associés : 7%
Éclairage : pour aller plus loin sur la question de la mobilité professionnelle, il serait intéressant
d’interroger les salarié(e)s sur les atouts et les freins de la mobilité et sur les solutions qui peu-
vent être trouvées.
Il serait également intéressant de dresser un inventaire des actions collectives initiées au niveau
des bassins d’emploi pour attirer des compétences, favoriser la mobilité interprofessionnelle au
sein du territoire, créer des passerelles entre établissements d’enseignement et entreprises, et
de capitaliser les initiatives réussies.
Contact : OFEM
19 rue Lord Byron - 75008 PARIS
Tél : 01 55 65 74 47 - Fax : 01 55 65 71 88 - Courriel : [email protected] - Site : www.ofem.ccip.fr
EXEMPLES D’ACTIONS 67
SENSIBILISER LES PME DE LA PROPRETÉ À LA GESTION
DES RESSOURCES HUMAINES
Fiche action n°9
68
Fiche action n°9
• Repérage des leviers et des freins au change- • Des suites concrètes : le groupe d’échange
ment et identification des conditions de réus- initié par la démarche se pérennise en 2005.
site pour chaque entreprise. Un nouveau groupe est lancé sur le même
principe avec 10 autres entreprises. Le Conseil
Les points forts du projet Régional d’Aquitaine rejoint le comité de pilo-
• Présence d’organismes paritaires au sein du tage en tant que co-financeur de cette nou-
partenariat, velle démarche.
• Portage efficace de l’action s’appuyant sur
l’affirmation d’une volonté politique, Les difficultés rencontrées
• Partenaires issus du même secteur : collabo- Nécessité de clarifier les rôles entre les parte-
ration entre la branche professionnelle et les naires et par rapport aux entreprises («qui est
organismes supports de cette branche, qui, qui fait quoi»)
• Pluridisciplinarité de la démarche : elle
avait comme objectif la démultiplication des
résultats.
Contacts :
FARE Aquitaine : Maison de la Propreté - 3 rue Marcel Dassault - 33600 Pessac
Tél. 05 56 07 06 72 - Site : www.fare.asso.fr
FAF Propreté : Maison de la Propreté - 3 rue Marcel Dassault - 33600 Pessac
Tél. 05 56 36 02 77 - Site : www.faf-proprete.fr
ARACT Aquitaine : 67 rue Chevalier - 33000 Bordeaux - Site : www.aquitaine.aract.fr
EXEMPLES D’ACTIONS 69
AIDER DES ACTEURS D’UN TERRITOIRE À STRUCTURER
UNE DÉMARCHE COLLECTIVE D’ÉVOLUTION DES RESSOURCES HUMANES DES PME
Fiche action n°10
70
Fiche action n°10
soins en GRH au sein des entreprises. Jusqu’à Les points forts du projet
présent (juin 2005), 40 diagnostics ont été réa- • Efficacité de la coopération entre l’ensemble
lisés par des consultants qui ont été sélection- des acteurs, grâce notamment à leur engage-
nés suite à un appel d’offre régional ; ment en amont et à la qualité de leur contribu-
• Mise en place d’actions collectives condui- tion tout au long du projet ;
tes par les consultants en lien avec le comité • Aide à la structuration du projet par un expert
technique : recrutement, formations collecti- (ARAVIS) qui a permis de mettre en place une
ves, amélioration des pratiques RH ; méthode de travail fructueuse.
• Mise en place d’actions d’accompagnement
dans l’emploi, l’objectif étant de faciliter l’in- Les difficultés rencontrées
tégration des nouvelles personnes recrutées et • Si les organisations patronales sont souvent
de les fidéliser, si possible en améliorant les présentes dans le comité de pilotage, l’implica-
conditions de travail... tion des organisations syndicales reste faible,
• Mise en place de formations individuelles • Absence de participation des salariés dans les
pour les salariés (nouveaux et anciens). sessions collectives (en revanche, participation
lors des diagnostics d’entreprise),
Les résultats et les impacts • Démarche relativement lourde à mettre en
• Rapprochement des acteurs et reconnaissan- place (système complexe d’acteurs...).
ce mutuelle (entreprises et partenaires) ;
• Prise de conscience des entreprises du rôle La répartition des financements
des SPE (amélioration de l’image du service • Région Rhône-Alpes : rémunération des con-
public) ; sultants et de l’accompagnement dans l’emploi,
• Pour les organismes impliqués dans le projet, • Organismes locaux et institutions : pilotage
meilleure vision des problématiques RH loca- du projet,
les ; • Cofinancement Région/OPCA… : actions de
• Pour les entreprises, meilleure appréhension formation,
de leurs pratiques RH et prise de conscience • Investissement des structures locales au
de la nécessité d’avoir une politique plus an- niveau du temps consacré au projet.
ticipatrice ;
• Une trentaine d’embauches ont été réalisées
et des actions de formation ont été mises en
place, dans les entreprises participantes ;
• Dialogue social reconnu comme possible, no-
tamment au niveau du comité technique (par-
ticipation des partenaires sociaux).
Contact : ARAVIS
14, rue Passet - 69007 Lyon
Tél. 04 37 65 49 70 - Site : www.anact.fr/aract/aravis
EXEMPLES D’ACTIONS 71
Liens utiles
WWW.anact.fr
ISBN : 2-913488-32-3