MAT 1600
Exercices sur les nombres complexes
Les nombres complexes sont des nombres de la forme z = a + ib√où a et b sont des nombres
réels et i représente une racine du nombre −1 (et donc i = −1 et i2 = −1). À cause
de l’ajout de cette racine i d’un nombre négatif (−1), l’ensemble des nombres complexes,
noté C, contient plus que les nombres réels. L’ensemble C possède quand même les quatre
opérations élémentaires qu’a l’ensemble des réels, à savoir l’addition, la soustraction, la
multiplication et la division. Si z1 = a1 + ib1 et z2 = a2 + ib2 , ces opérations sont :
• addition : z1 + z2 = (a1 + a2 ) + i(b1 + b2 ) ;
• soustraction : z1 − z2 = (a1 − a2 ) + i(b1 − b2 ) ;
• multiplication : z1 z2 = (a1 + ib1 )(a2 + ib2 ) = (a1 a2 − b1 b2 ) + i(a1 b2 + a2 b1 ) ;
• division : z1 /z2 = (a1 + ib1 )/(a2 + ib2 ).
Le résultat d’une division peut souvent être simplifié comme suit :
z1 a1 + ib1 a1 + ib1 a2 − ib2 (a1 a2 + b1 b2 ) + i(b1 a2 − a1 b2 )
= = = .
z2 a2 + ib2 a2 + ib2 a2 − ib2 a22 + b22
Pour un nombre complexe z = a + ib avec a et b réels, les nombres a et b sont appelés
parties réelle et imaginaire respectivement. On écrit
a = Re z et b = Im b.
1. Évaluer les expressions suivantes en les mettant sous forme (partie réelle) +i (partie imaginaire).
(a) (3 − 2i)√ + (−1√− i)
(b) (1 + i 2) + ( 2 − i)
(c) (1 + i)(1 − 2i)
(d) (2
√+ 3i)(2 √ +√i) √ √ √ √ √
(e) ( 2 + i 3)( 3 − i 2) − ( 3 + i 2)( 2 − i 3)
(f) (4 + i3){(2 − i) − (i − 3)}
(g) (2 + ia){(3 + 2i) + (1 − i)}i ; si a est lui-même un nombre complexe, est-ce que la réponse
est différente ?
2. Évaluer ; s’il y a un dénominateur, faire les simplifications nécessaires pour qu’il soit réel.
(a) (1 − i)(1 + i)
(b) (1 − i)/(1
√ + i) √ √
(c) (1 + i 3)(2 + i 3)( 3 − i)/(1 − i)2
(d)
1 − 2i 2+i
2 +i
1 + 2i 2−i
(e)
a + ib a − ib
−
c + id c − id
(f)
i2 + i7 + i11
i4 + i10
+ i21 + i23 + i31
1
La conjugaison complexe d’un nombre complexe z = a + ib est dénotée par une barre
horizontale au-dessus de ce nombre (z̄ est le conjugué complexe de z) et est donnée, lorsque
a et b sont les parties réelle et imaginaire de z, par :
Conjugaison complexe : z̄ = a − ib
La valeur absolue d’un nombre complexe, notée par |z|, est donnée par
√
Valeur absolue : |z| = + zz̄
et, si a et b sont les parties réelle et imaginaire de z, alors
p
|z| = a2 + b2 .
√
3. Si z1 = 1 − i, z2 = −2 + i et z3 = 5 − i, évaluer :
(a) z21 + z2
(b) |z̄1 |2
(c) z̄1 z2 + z1 z̄2
(d) |z1 − z3 |
(e) |z1 (2 + z2 )|
(f) Re (z1 + 2z2 + z3 )
(g) Im (z1 /z2 )
(h) |z1 |2 − i|z3 |2
(i) (z2 /z̄2 + z̄2 /z2 )
(j) (z1 + z̄2 )(z2 + z̄3 )
4. Soient z1 , z2 , z3 trois nombres complexes quelconques. Vérifier que :
(a) z1 z̄2 − z̄1 z2 est un imaginaire pur, c’est-à-dire sa partie réelle est nulle ;
(b) z1 /z2 + z̄1 /z̄2 est un nombre réel, c’est-à-dire sa partie imaginaire est nulle ;
(c) la multiplication est associative : (z1 z2 )z3 = z1 (z2 z3 ) et commutative : z1 z2 = z2 z1 ;
(d) (z1 z2 ) = (z1 )(z2 ).
Chaque point de C peut être représenté par un point du plan. En effet, si on appelle x la par-
tie réelle de z et y sa partie imaginaire, alors le nombre complexe z peut être représenté par
le point de coordonnées (x, y) dans le plan. Alors l’axe horizontal correspond aux parties
réelles des nombres complexes et l’axe vertical aux parties imaginaires. (Exercice : vérifier
sur la figure ci-contre (à gauche) que les trois points dessinés correspondent bien à leur posi-
tion le long des axes réel et imaginaire.) Outre cette représentation cartésienne, le nombre com-
plexe z possède une représentation polaire, similaire à celle utilisée pour les points du plan xy.
Soit donc z = r(cos θ+i sin θ) où r est un nombre réel ≥ 0 et θ est un angle réel choisi tel que
0 ≤ θ < 2π. Puisque lap valeur absolue d’un nombre complexe z = x+iy (de partie réelle x et
imaginaire y) est |z| = x2 + y2 , le nombre r est simplement r = |z|. (Ceux qui se rappellent
la représentation
p polaire d’un vecteur (x, y) pourront faire le lien avec (x, y) = r(cos θ, sin θ)
où r est x2 + y2 .) L’angle doit être choisi pour que x = Re z = r cos θ et y = Im z = r sin θ.
Il faudra donc prendre la bonne branche de la fonction arctan pour que θ = arctan y/x
reproduise correctement x et y. La définition usuelle de arctan donne un résultat dans l’in-
tervalle (− π2 , π2 ) et, pour couvrir tous les angles entre dans l’intervalle (0, 2π), un multiple
entier de π devra peut-être ajouté à l’arctangente du quotient y/x. Ainsi
2
Im z Im z
z2 =2+3i
z4 =2 2 HcosHq4 L+i sinHq4 LL
z1=-1+i q5 =4p ê3 q4 =p ê4
Out[422]=
ReOut[663]=
z Re z
z3 =3-i z5 =2 HcosHq5 L+i sinHq5 LL
- 3
Représentation polaire : si z = x + iy où x et y sont des nombres réels, alors ce nombre
complexe peut être écrit comme z = r(cos θ + i sin θ) avec
x = r cos θ et y = r sin θ
p
r = |z| = x2 + y2 et θ = arctan y/x + nπ, où n ∈ Z.
(Exercice : vérifier que les points marqués sur le graphique ci-contre (à droite) correspondent
bien à leur représentation polaire.)
5. Utiliser le lien entre les nombres complexes et leur représentation cartésienne pour montrer
que, pour tout z1 , z2 ∈ C :
(a) |z1 + z2 | ≤ |z1 | + |z2 | ;
(b) |z1 − z2 | ≥ |z1 | − |z2 | ;
(c) et montrer cette dernière relation directement à partir de la définition de la valeur
absolue : |z1 z2 | = |z1 ||z2 |.
6. Soient z1 = r1 (cos θ1 + i sin θ1 ) et z2 = r2 (cos θ2 + i sin θ2 ), montrer que :
(a) 1/z1 = (cos θ1 − i sin θ1 )/r1
(b) z̄1 = r1 (cos θ1 − i sin θ1 )
(c) z1 z2 = r1 r2 (cos(θ1 + θ2 ) + i sin(θ1 + θ2 )
(d) z1 /z2 = r1 (cos(θ1 − θ2 ) + i sin(θ1 − θ2 )/r2
n
(e) zn1 = (r1 (cos θ1 + i sin θ1 )) = rn1 (cos(nθ1 ) + i sin(nθ1 )). Ceci est la formule de De
Moivre.
Un nombre u est appelé une racine n-ième d’un nombre complexe si
un = z.
La représentation polaire permet de calculer les racines n-ièmes d’un nombre complexe.
Pour un z 6= 0 donné, il existe n racines distinctes de l’équation un = z. Si z = r(cos θ +
i sin θ), les racines sont
Les n racines n-ièmes de z sont :
uk = r1/n (cos((θ + 2πk)/n) + i sin((θ + 2πk)/n))
3
pour k = 0, 1, . . . , n − 1.
Le résultat ci-dessus découle de l’exercice 6 (e). Un autre résultat est intimement relié au
précédent. Supposons que le développement en série de Taylor pour la fonction exponen-
tielle
X∞
1 1 zn
ez = 1 + z + z2 + z3 + · · · =
2! 3! n!
i=0
ait un sens pour z un nombre imaginaire (z = iθ, θ ∈ R) et qu’il soit possible d’intervertir
l’ordre d’un nombre infini de termes de cette série (en d’autres termes, que la série soit
absolument convergente). Alors on peut écrire pour z = iθ :
(iθ)2 (iθ)3 (iθ)4 (iθ)5 (iθ)6
ez = eiθ = 1 + iθ + + + + + + ...
2! 3! 4! 5! 6!
θ2 θ3 θ4 θ5 θ6
= 1 + iθ − −i + +i − + ...
2! 3! 4! 5! 6!
θ2 θ4 θ6 θ3 θ5
= 1− + − + ... + i θ − + − ...
2! 4! 6! 3! 5!
= cos θ + i sin θ
où, à la dernière étape, nous avons utilisé le développement de Taylor des fonctions sinus
et cosinus.
Formule d’Euler :
eiθ = cos θ + i sin θ.
La formule d’Euler peut être utilisée pour écrire l’exponentielle d’un nombre complexe z
quelconque. En effet, pour un z = x + iy avec x et y réels, on a :
ez = ex+iy = ex eiy = ex (cos y + i sin y).
7. Trouver les racines carrées et les racines cubiques de 1 + i.
8. Donner la forme des n racines n-ièmes de l’unité, c’est-à-dire de z = 1, et vérifier que, pour
n = 4, on a bien u4 = 1 pour les quatre racines.
9. (a) Soit n pair. Montrer que la somme des n racines n-ièmes de l’unité égale à zéro. Sug-
gestion : commencer par vérifier le résultat en dessinant les racines sixièmes de l’unité dans
le plan complexe.
(b) Soit n impair. Montrer que la somme des n racines n-ièmes de l’unité égale à zéro.
Note : cet exercice est plus difficile que le précédent.
10. Utiliser la formule d’Euler pour démontrer que
(a) cos(2θ) = cos2 θ − sin2 θ
(b) sin(2θ) = 2 sin θ cos θ
(c) sin3 θ = 43 sin θ − 41 sin 3θ
Note : pour les deux premiers de ces exercices, considérer les parties réelles et imaginaires
de e2iθ = eiθ eiθ .
4
Solutions de quelques exercices
1. (a) 2√− 3i √
(c) ( 2 + 1) + i( 2 − 1)
(e) 2i
(g) (−2 − 4a) + i(8 − a) ; le résultat est le même quelque soit a ∈ C.
2. (a) 2 √
(c) −5 + i 3
(e) 2i(bc − ac)/(c2 + d2 )
3. (a) −2 − i
(c) −6
√
(e) 2
(g) 15
(i) 65
4. (a) Si on pose z1 = a1 + ib1 et z2 = a2 + ib2 avec a1 , b1 , a2 , b2 des nombres réels, alors
z1 z̄2 − z̄1 z2 = 2i(a2 b1 − a1 b2 ) qui est clairement un imaginaire pur.
(c) Et si z3 = a3 + ib3 , les deux membres de l’équation proposée sont :
(a1 a2 a3 − a3 b1 b2 − a2 b1 b3 − a1 b2 b3 ) + i(a2 a3 b1 + a1 a3 b2 + a1 a2 b3 − b1 b2 b3 ).
5. (a) et (b) Si z1 = x1 + iy1 et z2 = x2 + iy2 , ces deux relations sont des conséquences
de l’inégalité du triangle pour les vecteurs v1 = (x1 , y1 ) et v2 = (x2 , y2 ). Par exemple, la
première relation est pour un triangle dont deux des côtés vont de l’origine à v1 et l’autre à
−v2 . Le troisième côté va donc de v1 à −v2 et est de longueur |v1 − v2 | = |z1 + z2 |.
6. (a)
1 1 1 cos θ − i sin θ 1
= = · = (cos θ − i sin θ).
z1 r1 (cos θ + i sin θ) r1 (cos θ + i sin θ) cos θ − i sin θ r1
(c)
z1 z2 = r1 r2 (cos θ1 + i sin θ1 )(cos θ2 + i sin θ2 )
= r1 r2 (cos θ1 cos θ2 − sin θ1 sin θ2 ) + i(cos θ1 sin θ2 + sin θ1 cos θ2 )
= r1 r2 (cos(θ1 + θ2 ) + i sin(θ1 + θ2 ).
√
7. En coordonnées polaires, le nombre 1 + i s’écrit 2eiπ/4 . Donc ses racines carrées sont
21/4 eiπ/8 et 21/4 e9iπ/8 .
8. Les n racines n-ièmes de 1 sont uk = e2ikπ/n pour k = 0, 1, . . . , n − 1. Pour n = 4, cette
expression devient u0 = 1, u1 = eiπ/2 = cos π/2 + i sin π/2 = i et, similairement u2 = −1
et u3 = −i. Clairement, pour ces quatre racines, on a bien u4k = 1.
9. (a) Notons d’abord que eiπ = cos π+i sin π = −1. Maintenant, si n est pair, il est de la forme
n = 2m pour un certain entier m. Alors les racines uk et uk+m s’annulent deux à deux dans
la somme. En effet :
uk+m = e2πi(k+m)/n = e2πi(k+m)/(2m) = e2πik/(2m)+iπ = e2πik/n eiπ = −uk .
Donc la somme des racines n-ièmes de 1 est nulle, car les m premières racines annulent les
m dernières.