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Frederic Manns

Ce document introduit le sujet du judéo-christianisme en présentant l'état actuel de la recherche sur le sujet. Il résume plusieurs ouvrages récents et débats autour des origines du christianisme et de ses liens avec le judaïsme.

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INTRODUCTION GÉNÉRALE

La célèbre mosaïque de Sainte-Sabine à Rome représente


deux femmes tenant chacune un livre ouvert. Une inscription
latine identifie chacune d'entre elles : Ecclesia ex circumcisione
et Ecclesia ex Gentibus. Au Ve siècle l'Église de Rome avait
maintenu une conscience très vive de ses racines : elle se vou-
lait composée de juifs et de païens réconciliés par la croix du
Christ.
Jésus se savait envoyé aux brebis perdues de la maison
d'Israël. La mission des Douze devait éviter le chemin des
païens et se contenter de passer dans les villes d'Israël. La
communauté primitive apparaît ainsi comme une réalisation
de la promesse faite à Israël, à partir du « petit reste » du
peuple. Les Actes des Apôtres la décrivent vivant l'idéal du
Shema Israël dans l'amour réciproque du cœur, de l'âme et
des forces, c'est-à-dire de l'argent mis en commun. Un clivage
se dessina rapidement entre hellénistes et Hébreux. Peu à peu,
à cause de la persécution contre les hellénistes, l'annonce du
Royaume essaima en Samarie. Bientôt l'accueil des païens
dans la communauté d'Antioche allait obliger les respon-
sables à prendre des décisions importantes.
L'auteur de la lettre aux Éphésiens cherche une solution à
ces difficultés : juifs et païens sont tous placés sous le même
jugement de la colère de Dieu. Le Christ par sa mort a rendu
proches ceux qui étaient éloignés et les a réconciliés. « De ce
qui était divisé il a fait une unité. Dans sa chair il a détruit le
2 LE JUDÉO-CHRISTIANISME, MÉMOIRE OU PROPHÉTIE ?

mur de la séparation : la haine. Il a aboli la loi avec ses com-


mandements et ses observances. Il a voulu à partir du juif et
du païen créer en lui un seul homme nouveau, en établissant
la paix, et les réconcilier tous les deux avec Dieu en un seul
corps au moyen de la croix. Il a tué la haine » (2, 14-17).
La réconciliation des hommes avec Dieu passe par la
réconciliation des deux groupes humains qui structurent
l'histoire du salut. La présence réconciliée des juifs et des
païens appartient à la structure de l'Église. Les païens sont
admis au même héritage que les juifs en Jésus. En Christ
l'élection devient universelle. « Il n'y a plus ni juif, ni païen. »
Il faudra cependant du temps pour que cette idée soit
adoptée par tous. Justin de Naplouse, dans son Dialogue avec
Tryphon Al, fait état des judéo-chrétiens intransigeants qui
cherchaient à imposer à tous les convertis les exigences de la
loi. Cependant d'autres judéo-chrétiens acceptaient que des
pagano-chrétiens ne soient pas liés par les observances juives.
Justin lui-même acceptait que les judéo-chrétiens pratiquent
leurs observances. L'idéal pour lui serait que les chrétiens
d'origine juive ne se distinguent pas des autres par les obser-
vances légales. La réconciliation authentique du païen et du
juif ne laisserait plus de place à la différence.
Origène, dans son Contre Celse II, 1, constatait lui aussi
l'existence de chrétiens qui continuaient à pratiquer la loi.
Pour lui cette position rétrograde en reste au sens littéral de
l'Écriture.
Épiphane, au IVE siècle, range les Nazaréens dans la liste
des sectes hérétiques : « Un seul point les oppose aux juifs et
aux chrétiens : ils sont en désaccord avec les juifs parce qu'ils
croient au Christ ; ils se distinguent des chrétiens parce qu'ils
observent encore la loi, la circoncision, le sabbat et les autres
prescriptions. »1 La distinction entre judéo-chrétiens et judaï-
sants ne touche pas le fond des choses. Le refus de la diffé-
rence autorise un amalgame entre les uns et les autres. Mis en
demeure de choisir, les judéo-chrétiens ont dû renoncer à leur

1. Panarion 29, 7.
INTRODUCTION GÉNÉRALE 3

originalité. Le même Épiphane, dans son traité Des poids et


des mesures, au chapitre 14, évoque la petite église de Dieu
que l'empereur Hadrien trouva à l'endroit où les disciples,
après l'Ascension de Jésus au ciel, montèrent dans la chambre
haute.
Césaire d'Arles, dans une homélie intitulée « De la compa-
raison entre l'Église et la synagogue »1, énumère une suite
impressionnante de la préférence que Dieu donne au cadet,
figure de l'Église, sur l'aîné, figure de la Synagogue : Abel est
préféré à Caïn, Sara à Hagar, Moïse à Aaron, Josué à Moïse,
David à Saûl, Isaac à Ismaël, Jacob à Ésaû, Rachel à Léa,
Joseph à ses frères. De même, continue l'auteur, le premier
coup de bâton que Moïse frappe sur le rocher ne produit rien,
c'est le second coup qui fait jaillir l'eau. Tous ces traits pro-
phétisent l'élection divine gratuite de l'Église dont les mem-
bres doivent se comporter de manière à attirer à elle juifs et
païens.

État de la recherche
La parution de plusieurs ouvrages récents vient de relan-
cer le débat sur le judéo-christianisme. Tout d'abord l'ou-
vrage de E. Nodet et de J. Taylor sur les origines du christia-
nisme reprend une vieille hypothèse : le christianisme serait à
rattacher à l'essénisme2. Cette position avait été défendue
jadis par D. Flusser dans son ouvrage : Jewish Sources in
Early Christianity3. Auparavant déjà Renan avait affirmé que
le christianisme est un essénisme qui a réussi. Le christianisme
serait donc issu d'une secte marginale du judaïsme, non pas
du tronc principal.
Dès son point de départ il souffrirait d'un vice de forme.
G. Vermes, qui ne partage pas ce point de vue, écrit, dans un
article du Journal for Jewish Studies, en 1976 : « Si les rou-

1. Revue bénédictine 23 (1906), 31-35.


2. E. Nodet, J. Taylor, Essai sur les origines du christianisme, Paris,
1998.
3. D. Flusser, Judaism and the Origins of Christianity, Jérusalem, 1988.
4 LE JUDÉO-CHRISTIANISME, MÉMOIRE OU PROPHÉTIE ?

leaux de Qumrân sont irremplaçables pour éclairer le christia-


nisme primitif, il n'en reste pas moins vrai que la littérature
rabbinique, exploitée habilement, demeure la source la plus
riche pour l'interprétation du message évangélique primitif et
le subside le plus précieux pour résoudre le problème du Jésus
historique. » En d'autres termes, c'est vers le pharisaïsme qui
prend la relève des mouvements sapientiaux que le professeur
d'Oxford oriente les chercheurs des origines chrétiennes. De
nombreux points de détail sont critiquables. Nodet affirme le
primat de l'enseignement oral et le caractère subordonné de
l'écrit dans le christianisme1. Il semble oublier que Jésus cri-
tique les Pharisiens qui ont annulé la parole de Dieu au nom
de leur propre tradition2. Que les Evangiles aient eu une
période de transmission orale ne signifie pas que le primat de
l'oralité ait été maintenu. Enfin, le lecteur qui n'accepte pas
les divisions savantes de l'Évangile proposées par M.-E. Bois-
mard a beaucoup de mal à suivre certains raisonnements
compliqués.
L'ouvrage collectif édité par F. Blanchetière et M. D. Herr,
intitulé Aux origines juives du christianisme3, est un recueil de
six études qui traitent des relations entre juifs et chrétiens aux
deux premiers siècles de l'ère chrétienne. Une place importante
est accordée à la secte des Nazaréens. Mais c'est avant tout le
cadre géographique de la Galilée et le milieu historique qui
sépare la mort de Jésus et la révolte de Bar Kokba qui sont
illustrés par les chercheurs. Certains clichés désuets, tel celui de
Paul fondateur de la nouvelle religion chrétienne, sont encore
orchestrés.
F. Vouga, dans son livre Les premiers pas du christianisme,
souligne le pluralisme des tendances du christianisme primi-

1. P. 26.
2. Mt 15, 6. En Mt 13, 11, Jésus distinguerait entre les disciples qui ont
la connaissance du mystère du Royaume et ceux qui ne l'ont pas. Pour
Nodet, il s'agirait d'une tradition orale (p. 34, n. 1).
3. Paris, 1996. Il faudrait ajouter également l'ouvrage de R. Trevijano,
Origines del cristianismo. El trasfondo judio del cristianismo primitivo, Sala-
manca, 1995.
INTRODUCTION GÉNÉRALE 5

tif1. Sa synthèse est équilibrée. Certains chercheurs refusent de


parler de judéo-christianisme parce que cette expression est
imprécise et trop générale2. Il faut reconnaître que ce terme
traditionnel est pratique parce qu'il suggère une continuité
entre le judaïsme et le christianisme, continuité qui ressort
d'une lecture du Nouveau Testament, en particulier des Actes
des Apôtres.
L'ouvrage récent de S. Mimouni, intitulé Le judéo-
christianisme ancien3, qui en impose au premier abord par son
poids et sa masse, propose une adaptation française de la
thèse de J. E. Taylor4. Animé par l'esprit de critique plus que
par l'esprit critique, ce livre où les contradictions internes
abondent5 n'apporte pas beaucoup d'éléments nouveaux.
Résumer l'ouvrage qui est un plaidoyer pour la position de
M. Simon et de F. Blanchetière est impossible6. Les perspec-
tives méthodologiques ouvertes par l'auteur restent abstraites.
On aurait aimé voir leur application dans un domaine précis.
Les déclarations de principe restent lettre morte si elles ne
s'incarnent pas. Réduire le problème judéo-chrétien au pro-
blème des nazoréens, c'est ignorer que le pluralisme juif du
Ier siècle a subsisté dans les milieux chrétiens. Les Actes des
Apôtres parlent de prêtres, de Pharisiens et d'hellénistes qui
ont accepté Jésus comme Messie d'Israël. Pourquoi faudrait-il
les faire entrer par force dans l'unique moule des nazoréens ?

1. F. Vouga, Les premiers pas du christianisme, Genève, 1997.


2. Parler d'Église préconstantinienne n'est pas plus précis, car cette
Église était composée en majorité de judéo-chrétiens et d'une petite minorité
de chrétiens venus de la Gentilité.
3. Paris, Le Cerf, 1998.
4. J. E. Taylor, Christians and the Holy Places. The Myth of Jewish
Christian Origins, Oxford, 1993 ; J. E. Taylor, « The Phenomenon of Early
Jewish Christianity : Reality or Scholarly Invention ? », Vigiliae Chris-
tianae 44 (1990), 313-334. L'auteur, n'étant pas archéologue, se permet de
trancher des problèmes archéologiques avec une autorité qui n'a d'égale que
son arrogance. L'ouvrage a été fortement critiqué par S. Loffreda, R. Ries-
ner et E. D. Hunt. Mimouni préfère ignorer ces recensions.
5. P. 491.
6. F. Blanchetière, « Comment le même est-il devenu l'autre ? ou com-
ment Juifs et Nazaréens se sont-ils séparés?», RevSR 71 (1997), 9-32.
6 LE JUDÉO-CHRISTIANISME, MÉMOIRE OU PROPHÉTIE ?

D'ailleurs l'auteur se contredit à ce sujet : alors que dans


l'étude sur le problème de la définition du judéo-christia-
nisme1 il adopte une définition très large, dans la conclusion
de son livre2, il le réduit au nazoréisme. Affirmer qu'il n'y a
jamais eu de pensée juive du christianisme3, c'est ignorer la
littérature rabbinique et ses polémiques contre les judéo-
chrétiens. Prétendre que le christianisme jusqu'en 135 est un
mouvement parmi d'autres à l'intérieur du judaïsme et ne
peut être apprécié qu'en fonction du judaïsme4, c'est oublier
l'ajout et la signification de la Birkat ha Minim vers la fin du
Ier siècle à la prière du Shemone Esre. Quoi qu'il en soit de
l'évolution de cette « bénédiction », il n'en reste pas moins
qu'elle visait dans sa forme palestinienne les Notzrim. Si le
judéo-christianisme est un mouvement exclusivement juif,
comment expliquer que ces juifs se soient intéressés à Jésus et
l'aient reconnu comme leur Messie ? En d'autres termes, il est
impossible de considérer le problème judéo-chrétien du seul
point de vue juif comme le prétend l'auteur. Il ne s'agit pas
d'aborder uniquement un problème historique, car l'élément
théologique en est indissociable. D'ailleurs le judaïsme qui
possède certains attributs de la nation et certains attributs de
la religion n'a jamais séparé histoire et théologie. Il ne sert à
rien de critiquer l'hypothèse Bagatti-Testa qui est datée - per-
sonne ne le conteste -, si l'on ne tient pas compte des derniè-
res recherches faites en Galilée et au Golan. Une hypothèse
de travail est sous-jacente à toute recherche, même à celle de
S. Mimouni. Comme tout ouvrage polémique, ce livre n'ap-
porte pas d'éléments nouveaux pour faire avancer le pro-
blème complexe, mais incontournable, des communautés
juives qui ont accepté Jésus comme le Messie d'Israël.
Malgré les études récentes émanant de diverses universités,
les divergences demeurent quant à la définition elle-même du
terme « judéo-christianisme », quant à son rôle et quant aux

1. P. 70.
2. P. 486.
3. P. 485.
4. P. 483.
INTRODUCTION GÉNÉRALE 7

formes variées qu'a pu prendre ce mouvement. Pour éviter de


faire du judéo-christianisme une construction abstraite, il faut
partir des sources.
Si l'on veut éviter de réunir sous un même terme des idées
hétérogènes, il convient de parler de judéo-christianismes au
pluriel, en respectant le pluralisme qui régnait dans le monde
juif et chrétien des origines. Impossible d'opposer de façon
tranchée la pensée juive et la pensée hellénistique lorsqu'on
définit le judéo-christianisme, car dans la diaspora grecque un
judéo-christianisme d'expression hellénistique a vu le jour.

Critères pour définir les judéo-christianismes


Certains chercheurs sont d'avis que seule l'observance de
la loi juive suffit pour définir les mouvements judéo-chrétiens.
Ils réduisent parfois le judéo-christianisme à son courant
ultra-conservateur des tenants de la validité de la loi pour les
convertis.
Le livre des Actes des Apôtres demeure un ouvrage de
première importance pour la compréhension de l'Église primi-
tive. Son auteur parle de Pharisiens convertis et de prêtres qui
ont accepté la messianité de Jésus. Le récit du concile de Jéru-
salem apporte un certain nombre d'indications intéressantes.
Il y est question de l'existence de groupes juifs qui considèrent
l'observance de la loi comme nécessaire après la venue du
Christ pour obtenir le salut. Ac 11, 2 connaît le groupe dési-
gné sous le nom de « ceux de la circoncision ». Paul, dans sa
lettre aux Galates, s'en prend aux faux frères qui maintien-
nent la loi (2, 4) et combat les judaïsants. La lutte contre Paul
deviendra un point crucial du débat sur les formes de judéo-
christianisme, comme les premières études de l'école de
Tubingen l'ont bien mis en évidence.
D'autres croyants plus modérés considèrent que les
convertis doivent s'en tenir aux préceptes essentiels du
judaïsme. Tel est le cas de Jacques, le frère du Seigneur, qui
se vantait d'avoir eu une apparition du Christ ressuscité.
Paul, Pharisien, fils de Pharisien, propose une solution
diverse : sa critique de la loi ne l'a pas amené à rompre avec
8 LE JUDÉO-CHRISTIANISME, MÉMOIRE OU PROPHÉTIE ?

toutes les pratiques cultuelles du judaïsme, ni à détourner les


convertis d'origine juive de la circoncision et de l'observance
de la loi (Ac 16, 3 ; 21, 21).
Les hellénistes, avec Étienne comme tête de file, critiquent
le Temple et la validité permanente de la liturgie juive.
L'auteur de la lettre aux Hébreux poursuit sa réflexion dans
la même ligne et propose une lecture allégorique de l'Ancien
Testament.
A ces différents groupes il faut ajouter les sectes connues
par la tradition patristique et hérésiologique. A côté d'un
judéo-christianisme orthodoxe, il existe un judéo-christia-
nisme hétérodoxe, bien que la notion d'orthodoxie soit relati-
vement tardive. Le problème posé par les écrits apocryphes ne
peut pas être ignoré non plus.

Impossible de décider a priori des limites chronologiques


au phénomène judéo-chrétien. Plutôt que de lire l'histoire à
travers des prismes déformants imposés par des choix dogma-
tiques, il importe de respecter les données littéraires qui nous
en informent. Une étude historique du problème doit précé-
der l'étude des théologies judéo-chrétiennes. Mais les deux
éléments restent inséparables.
Notre contribution envisage différents aspects des judéo-
christianismes primitifs : l'histoire, la théologie et l'exégèse.
La recherche du cadre historique et géographique nous empê-
chera de faire des généralisations hâtives. L'approche théolo-
gique tentera une lecture en profondeur des mouvements
judéo-chrétiens. Enfin, l'étude de l'exégèse mettra en évidence
la nouveauté de la lecture christologique, tout en soulignant
la reprise des techniques juives de lecture. Les catégories jui-
ves de halakah et d'aggadah ne sont pas étrangères aux judéo-
christianismes anciens. Elles seront intégrées dans l'approche
messianique des judéo-chrétiens. Ainsi, l'histoire, la théologie
et l'exégèse projetteront trois faisceaux lumineux sur la réalité
complexe des judéo-christianismes. Quant aux recherches
archéologiques, nous ne les mentionnerons qu'en passant,
sans nous permettre de les critiquer, n'étant pas archéologue
de profession.
INTRODUCTION GÉNÉRALE 9

Le caractère fragmentaire des études présentées ici nous


empêche de tirer des conclusions de grande envergure. Leur
convergence atteste la réalité du problème qu'on désigne sous
le terme de « judéo-chrétien » et encourage à poursuivre la
recherche. La mémoire de l'Église n'a jamais occulté cette
page des origines de la foi chrétienne. Les Églises judéo-
chrétiennes n'ont pas été nivelées par les Byzantins ; elles se
sont repliées dans des ghettos. Les Pères de l'Église ont repris
la majorité des thèmes et des symboles judéo-chrétiens1, et la
liturgie de la grande Église ira jusqu'à reprendre des tradi-
tions aussi étranges que celle de l'anneau de Salomon. Le
retour aux sources est fructueux si on n'oublie pas les évo-
lutions ultérieures de l'Église. Car l'Église n'est pas que
mémoire, elle est avant tout prophétie.

1. Nous nous permettrons de souligner cet aspect. C'est ce qui explique


notre recours fréquent à Origène.

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