Cours Diagnostic et surveillance Master 1 ELM
CHAPITRE 2
Techniques de surveillances
La surveillance d‘un équipement de machine est assurée en relevant périodiquement un indicateur
d‘état de dégradation (ou de performance). Il existe différentes techniques d‘analyse tels que l‘analyse
vibratoire, l‘émission acoustique, la thermographie, l‘analyse des huiles et des lubrifiants, la variation
de résistance dans un circuit électrique, etc…
I. Thermographie infrarouge
Un défaut sur un équipement se traduit toujours par une élévation de température, cette élévation, si
elle ne se voit pas dans la visible,apparaît instantanément dans l’infrarouge, ainsi, la thermographie
infrarouge est une technologie efficace de maintenance prédictive pour localiser les problèmes
rapidement,en toute sécurité.
Avec la thermographie infrarouge on peut visualiser les défauts avant qu’une panne sur les
installations ne se produit et qu’elle ait des conséquences fâcheuses : perturbation ou arrêt de la
production jusqu'à un début d’un incendie dans le pire de cas.
I.1 Principe de base
La totalité de l’énergie émise par une surface et la distribution spectrale de cette énergie varie avec la
température, en général aux basses températures le maximum de radiations est dans le moyen
infrarouge (2 à 20µ). Au fur et à mesure que la température s’élève, l’énergie émise s’élève et le gros
de l’énergie va vers des longueurs d’ondes de plus en plus courtes.
I.2 Généralités sur l’infrarouge
On parle d'ultraviolet, fréquence au-delà du violet, alors que la longueur d'onde du violet est plus
courte. On parle aussi d'infrarouge, fréquence en delà du rouge, alors que la longueur d'onde du rouge
est plus longue. C'est à dire que l'infrarouge est moins puissant, moins énergétique que l'ultraviolet.
En parlant en longueur d'onde, l'infrarouge se situe donc au-delà de 0,8 μm, et il regroupe les
longueurs d'onde des rayonnements de la matière plus froide que celle chaude comme la lampe à
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incandescence, est vue directement avec nos yeux. Nous ne voyons donc pas le rayonnement
infrarouge avec nos yeux. La lampe dite "infrarouge" est moins alimentée que la lampe à
incandescence normale : elle consomme moins d'énergie et est donc plus froide. Elle est conçue pour
émettre principalement dans l'infrarouge, pour chauffer moins qu'une lampe normale.
Ainsi, la thermographie est rapide, tout autant que sa mise en oeuvre, elle procure une vision
immédiate, globale et discriminative. C'est une méthode puissante de vision du froid, du plus chaud
ou du plus froid.
III.3 Différents instruments de mesure
A- Le thermomètre infrarouge
Les thermomètres infrarouges sont particulièrement recommandés dans des domaines où la mesure
de température par contact est impossible:
- nécessite une réponse rapide
- sur des objets en mouvement
- derrière une fenêtre
- si le thermomètre peut être détruit par le contact
- si un profil de température existe sur la surface
- si la température peut être affectée par le contact
B- La caméra infrarouge
La caméra infrarouge ne mesure pas les températures, mais les rayonnements, alors que, visualisée
par le thermographe, l'image thermique que la caméra fournit pourra être transformée en
thermogramme, en images des températures. C'est bien ce que l'on cherche pour déterminer l'état de
santé des matériels et surtout prévoir ce qui se passera dans l'avenir, en maintenance prédictive. Le
thermographe, aidé de sa caméra, va voir dans l'infrarouge les objets froids et, parmi ces objets, ceux
qui sont anormalement chauds ou anormalement froids. Ayant vu, le thermographe pourra quantifier
et fournir une cartographie des températures.
Figure.1 Exemple de défaut sur une installation électrique.
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Figure.2 Défaut d'engrenage Avant et après correction.
II. Surveillance et analyse des huiles industrielles
Le principe de la surveillance des lubrifiants repose sur le prélèvement représentatif de leur charge
dans un système en fonctionnement afin de réaliser une éventuelle analyse pour une détermination
de niveaux de dégradation et de contamination. Une comparaison des résultats obtenus avec ceux des
prélèvements antérieurs permet de suivre l'évolution de ces lubrifiants afin d’en déduire l’état de
santé d’un équipement de production.
Le lubrifiant est maintenu en service si les niveaux de dégradation et de contamination ne dépassent
pas le seuil admissible prévu, dans le cas contraire il est impératif de procéder au remplacement de la
charge d'huile après vérification, à moins qu'il existe une possibilité d'intervention pour corriger par
des actions de maintenance adaptée, les anomalies observées.
III.1 Les différentes méthodes d’analyse des huiles
A. La chromatographie en phase gazeuse (CPG)
C’est une nouvelle méthode qui consiste à séparer des mélanges gazeux ou de composés
vaporisables à haute température. On injecte dans une colonne métallique de quelques millimètres
de diamètre le mélange à analyser enroulée sur elle-même et qui contient la phase fixe. Un gaz
vecteur inerte véhicule sous pression les composés. Le gaz vecteur généralement utilisé est l'hélium
ou l'argon. Le temps de parcours d’une colonne par un constituant gazeux est son temps de
rétention caractéristique. Les constituants sont ainsi séparés par la différence entre leurs temps de
rétention respectifs.
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B - La centrifugation
Elle permet de séparer dans une solution liquide des particules solides de densités différentes.
Puisque les centrifugeuses sont animées d'un mouvement circulaire très accéléré, l'action de la
pesanteur peut être négligée. Les particules s'animent d'un mouvement radial et horizontal plutôt
que d'être en suspension verticale, Elles viennent alors s'accumuler de façon ordonnée au fond des
tubes de centrifugation.
C- L’extraction
Ce procédé chimique consiste à séparer un composé d'un mélange ou d'une solution. Un solvant
dans lequel le composé soluble à extraire est généralement utilisé, toute en prenant garde que les
produits dont il doit être séparé ne le soient. Il est impératif d’effectuer des opérations successives
avant l’isolation du composé par distillation ou par évaporation du solvant.
L’autre méthode possible est le procédé par réaction chimique entre le composé à extraire et un
réactif que l’on peut facilement séparer du reste de la solution.
Figure. 3 Détermination de la pollution gravimétrique pour le contrôle
de la contamination des huiles hydraulique.
IV. L’analyse acoustique
Moins répandues que les précédentes mais néanmoins intéressantes. L’analyse acoustique, permet
de détecter tout bruit anormal à l’aide de microphones placés (le plus souvent) à distance de
l’équipement, ou le contrôle ultrasonore, qui permet de détecter des défauts de faible amplitude à
haute fréquence. Cette méthode permet également au contrôleur de déterminer les conditions de
fonctionnement des équipements telles que :
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- les conditions de lubrification (trop, pas assez, graisse sale,...),
- les degrés d’usure,
- les vibrations.
Ces informations sont interprétées par le contrôleur qui dispose d’un casque d’écoute et d’une
indication numérique et sont transformées, par la base de données, en consignes de maintenance
(degré d’urgence).
A titre d'information, de nombreuses enquêtes ont été réalisées en 1999 auprès d'utilisateurs
industriels dans de multiples domaines. Avec leur aimable permission de reproduire les résultats de
leurs enquêtes le tableau suivant donne le pourcentage des techniques utilisées régulièrement ou
occasionnellement dans les industries
V. ANALYSE VIBRATOIRE :
Toutes les machines en fonctionnement produisent des vibrations dont la fréquence est
identique à celle des efforts qui les ont provoqués ; et la mesure globale prise en un point est la somme
des réponses vibratoires de la structure aux différents efforts excitateurs. On peut donc, grâce à des
capteurs placés en des points particuliers, enregistrer les vibrations transmises par les structures de la
machine et, grâce à leur analyse, identifier l'origine des efforts auxquels elle est soumise.
De plus, si l'on possède la « signature » vibratoire de la machine lorsqu'elle était neuve, ou
réputée en bon état de fonctionnement, on pourra, par comparaison, apprécier l'évolution de son état
ou déceler l'apparition d'efforts dynamiques nouveaux consécutifs à une dégradation en cours de
développement.
La mesure d'une vibration transmise par la structure d'une machine sous l'effet d'efforts dynamiques
sera fonction de multiples paramètres
Caractéristiques de fixation de la machine sur le sol qui oppose des réactions aux vibrations et
modifie l'intensité
Position et fixation du capteur sur la machine
Caractéristiques du capteur.
Pré-amplification et transmission du signal.
Vitesse de rotation et puissance absorbée.
Etat des liaisons de la chaîne cinématique (alignement, balourd, engrenages, roulements etc.).
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Qu’est-ce qu’une vibration ?
La norme ISO 2041 « Vibrations et chocs - Vocabulaire (Août 1990) » définit la notion de vibration :
Variation avec le temps de l’intensité d’une grandeur caractéristique du mouvement ou de la position
d’un système mécanique, lorsque l’intensité est alternativement plus grande et plus petite qu’une
certaine valeur moyenne ou de référence. En fait, un corps est dit en vibration lorsqu’il est animé d’un
mouvement oscillatoire autour d’une position d’équilibre ou de référence.
Dans l’exemple de la figure, une vibration est créée lorsque l'on déplace la masse de sa position
d'équilibre à une position maximale ou minimale. Si l'on considère que le mouvement n'est pas amorti,
la masse vibrera indéfiniment entre ses deux positions maximale et minimale.
Déplacement :
On peut écrire l‘équation de la variation du déplacement en fonction du temps, de la manière suivante
: X (t) = A sin ωt Où : x = déplacement t = temps ; A = amplitude ω = pulsation ou vitesse angulaire
(rad/s).
La période de ce mouvement (ici égale à un tour du rotor) est notée T ; elle est exprimée en secondes
(s). L’inverse de la période, c’est-à-dire la fréquence est notée f, et est exprimée en Hz, nous vous
rappelons que T et f sont liés par les relations suivantes ; f = 1 / T avec : ω = 2πf.
Vitesse :
La vitesse du mouvement vibratoire correspond à la variation de son déplacement pour une unité de
temps. Mathématiquement, la vitesse notée v est la dérivée du déplacement par rapport au temps.
Elle s’écrit :
Accélération :
L’accélération est une variation de vitesse par unité de temps. Mathématiquement, l’accélération
notée γ est la dérivée de la vitesse par rapport au temps. Elle s’écrit :
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Amplitude :
L’amplitude (A) est le déplacement maximal par rapport à la position d’équilibre, ou encore la vitesse
ou l’accélération maximale, selon le capteur de vibrations utilisé. Pour simplifier, nous ne tiendrons
compte que du déplacement. Dans ce cas, l’unité utilisée habituellement pour mesurer l’amplitude
des vibrations est le micromètre (1μm): 1 μm = 10–6 m.
Fréquence :
La fréquence (f) est le nombre de cycles de vibration par unité de temps. L’unité de fréquence est
l’hertz (Hz), soit un cycle par seconde. Comme la vitesse de rotation des machines tournantes est
exprimée en tours par minute (T/M), la fréquence des vibrations auxquelles celles-ci sont soumises est
communément exprimée en cycles par minute (C/M). Comme une minute compte 60 secondes,
1 Hz = 60 C/M.
Nature d’une vibration :
Une machine tournante quelconque en fonctionnement génère des vibrations que l'on peut classer de
la façon suivante:
• Les vibrations périodiques de type sinusoïdal simple [figure a] dû à l’effet Balourd, ou sinusoïdal
complexe [figure b] représentatives du fonctionnement normal ou anormal d'un certain nombre
d'organes mécaniques (rotation de lignes d'arbres, engrènements,...) ou d'un certain nombre
d'anomalies (déséquilibre, désalignement, déformations, instabilité de paliers fluides, déversement de
bagues sur roulements, ...).
• Les vibrations périodiques de type impulsionnel [figure c] sont appelées ainsi par référence aux forces
qui les génèrent et à leur caractère brutal, bref et périodique. Ces chocs peuvent être produits par des
événements normaux (presses automatiques, broyeurs à marteaux, compresseurs à pistons, ...) ou par
des événements anormaux comme l'écaillage de roulements ou un défaut sur des engrenages, un jeu
excessif, ...
• Les vibrations aléatoires de type impulsionnel [figure d] peuvent, par exemple, être générées par un
défaut de lubrification sur un roulement, la cavitation d'une pompe, ...
Mesure vibratoire en niveau global :
Cette stratégie de surveillance consiste à mesurer, à l’aide de capteurs, le niveau global d’un ou de
plusieurs indicateurs (déplacement, vitesse ou accélération), à suivre son évolution dans le temps et à
le comparer à des normes ou des mesures précédentes. Certes, toute évolution est due à une
dégradation de la machine. Cela permet de mettre en évidence l’existence d’une anomalie à un stade
précoce et de faire une première idée des types de défauts qui affectent la machine.
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Balourd : une masse non parfaitement répartie sur un volume de révolution entraînant un déséquilibre (1)
Engrenage : un système mécanique composé de deux roues dentées ou plus engrenées (2)
Ecaillage : altération de l'état de surface des chemins de roulement ou des éléments roulants eux-mêmes (3)
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