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AMMC

Ce document décrit l'historique et le rôle de l'Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC) en tant qu'autorité de régulation du marché des capitaux au Maroc. Il fournit des détails sur la genèse de l'AMMC, ses missions, ses prérogatives et les différents types de contrôles qu'elle effectue.

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Ce document décrit l'historique et le rôle de l'Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC) en tant qu'autorité de régulation du marché des capitaux au Maroc. Il fournit des détails sur la genèse de l'AMMC, ses missions, ses prérogatives et les différents types de contrôles qu'elle effectue.

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SOMMAIRE

PARTIE I. GÉNÉRALITÉS SUR LA RÉGULATION JUDICIAIRE :............................................................3


INTRODUCTION GÉNÉRALE :....................................................................................................................3
I. Définition de La régulation juridique :...........................................................................................3
II. Intérêt de la loi en matière de régulation :......................................................................................3
III. Définition de l’Autorité de Régulation :.....................................................................................4
IV. Les Acteurs de l’Autorité de Régulation :...................................................................................4
PARTIE II. AUTORITÉ MAROCAINE DU MARCHÉ DES CAPITAUX :........................................................6
I. Le Marché des capitaux :................................................................................................................6
II. Genèse de l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux :..........................................................17
III. Missions et Prérogatives de l’AMMC :....................................................................................20
IV. VISA d’introduction en bourse :...............................................................................................22
V. Contrôle de l’AMMC :.................................................................................................................30
SOURCES BIBLIOGRAPHIQUE :...........................................................................................................37
PARTIE I. GÉNÉRALITÉS SUR LA RÉGULATION JUDICIAIRE :
INTRODUCTION GÉNÉRALE :

Au début des années 80, l'économie marocaine souffrait d’une forte détérioration des équilibres
internes et externes.
Forte dépendance de la production vis- à -vis des aléas climatiques, baisse des cours des
phosphates, des cours élevés du pétrole, flambée du dollar, hausse des taux d'intérêt …
Pour contrer cette crise aiguë, le Maroc s'est lancé en septembre 1983, avec l'appui du FMI et
de la BM, dans un plan d'ajustement structurel.
Libéralisation de l’économie et désengagement de l’Etat de certains secteurs, à travers
notamment le lancement d'un vaste programme de privatisation.
Principaux objectifs visés : rendre le secteur privé plus compétitif, attirer les investisseurs
étrangers et stimuler l'actionnariat populaire.
C’est dans ce contexte qu’a été créée la première « ébauche » d’une autorité de régulation au
Maroc: le Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM), (aujourd’hui AMMC) par le
dahir portant loi du 21 septembre 1993.

I. Définition de La régulation juridique :

Le terme de « régulation » recouvre toute intervention réalisée dans le cadre d'une action
appropriée en vue de maintenir ou de rétablir l'état réputé souhaitable ou acceptable d'un
système économique.
Ainsi, elle fait référence aux actions collectives  (y compris autorités monétaires, collectivités
locales, organisations interétatiques…), associations professionnelles d'employeurs ou de
salariés, associations, etc.
La théorie de la régulation fait donc l'analyse des compromis sociaux qui instituent tel ou tel
mode de régulation, les conditions de fonctionnement de ces actions de régulation et leur
capacité à stabiliser plus ou moins durablement les initiatives individuelles, ainsi que leurs
dysfonctionnements et leurs crises.

II. Intérêt de la loi en matière de régulation :

 La fixation des normes déontologiques


Tous les professionnels intervenant sur les marchés, y compris les régulateurs eux-mêmes,
sont tenus au respect de règles déontologiques. La déontologie, est destinée, en matière
financière, à "moraliser le marché par une autodiscipline des professionnels"
 L’organisation des marchés
Il revient aux autorités de régulation de fixer les principes généraux d’organisation et de
fonctionnement des marchés ainsi que les règles relatives à l’exécution des transactions sur
ces marchés. Cette compétence du régulateur lui permet d’exercer un monopole réglementaire
en termes d’organisation des marchés.

 La supervision de l’intermédiation financière


Les activités d’intermédiation financière se caractérisent par une diversité qui elle-même
traduit les options infinies de gestion des titres sociaux rendues possibles par l’innovation
financière. La réglementation de ces activités ressort de la compétence du régulateur qui, en
plus d'octroyer l'agrément nécessaire à leur exercice, est chargé de définir le statut de chacun
de ces intermédiaires à travers son Règlement Général et veiller en permanence au respect de
cette réglementation.

III. Définition de l’Autorité de Régulation :

Une autorité de régulation  est un organisme indépendant chargé de surveiller, de contrôler,


d'administrer et de réguler un secteur d'activité, suite à sa libéralisation.
Exemple :
 l’AMMC pour le marché des capitaux,
 la HACA pour le secteur de la communication audiovisuelle,
 l’ANRT pour le secteur des télécommunications,
Les autorités de régulation sont souvent qualifiées d’autorités administratives indépendantes
(AAI) Catégorie juridique relativement nouvelle, apparue dans le cadre de la politique du
désengagement de l’Etat (libéralisation).

IV. Les Acteurs de l’Autorité de Régulation :


1. EXEMPLE 1: La Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA)

La Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle est un organisme indépendant créé le


10 juillet 1999 par décret royal avec pour but de réguler le paysage audiovisuel marocain,
public et privé.
 Nature juridique de la HACA

 Dans sa première forme, la HACA était créée par dahir (du 31 août 2002) et placée sous
« la protection tutélaire » du Chef de l’Etat.
 Ce statut particulier empêchait toute qualification d’autorité administrative.
 La décision n° 829/12 du Conseil constitutionnel à propos de l’article 182 du Règlement
intérieur de la Chambre des Représentants qui voulait soumettre les institutions et
instances figurant aux articles 161 à 170 de la Constitution à l’article 102 de celle-ci,
précise notamment que ces institutions et instances ne sont soumises ni au pouvoir
hiérarchique d’un ministre donné, ni à sa tutelle et que de ce fait, les dispositions de
l’article 102 de la Constitution ne leurs sont pas applicables.
 La loi n° 11-15 du 25 août 2016 portant réorganisation de la HACA qualifie celle-ci d’
« institution constitutionnelle indépendante pour la régulation (et le contrôle) du secteur
de la communication audiovisuelle » et la dote de la personnalité morale et de
l’autonomie financière.
 Si la nouvelle loi qualifie expressément la HACA d’ « indépendante » et précise
clairement son périmètre d’action qui est la régulation du secteur de la communication
audiovisuelle, l’appellation d’ « institution constitutionnelle » renseigne certes sur le
positionnement institutionnel de la HACA, mais reste muette sur sa nature juridique. Ce
qui pousse à la considérer comme étant une institution sui generis.

 Mission du régulateur
Selon Article 1er de la loi n°11-15 : la HACA « est chargée d’assurer le libre exercice de la
communication audiovisuelle comme principe fondamental, et de veiller au respect du
pluralisme linguistique, culturel et politique de la société marocaine et de l’expression
pluraliste des courants d’opinion et de pensée, ainsi que du droit à l’information dans le
domaine de l’audiovisuel et ce, dans le respect des valeurs civilisationnelles fondamentales, des
lois du Royaume et des droits de l’Homme tels qu’énoncés dans la Constitution, par des
moyens audiovisuels indépendants et respectueux des principes de la bonne gouvernance »

2. EXEMPLE 2: l’Agence Nationale de Réglementation des Télécommunication


(ANRT)

L'agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) est un établissement


public marocain visant à réguler les télécommunications au Maroc. L'ANRT est instituée
auprès du Premier ministre et dotée de la personnalité morale et de l'autonomie financière.

Le cadre légal qui régit le nouveau paysage des télécommunications est définit par la loi n°24-
96 relative à la poste et aux télécommunications.
L’Objectif de régulation que l’Agence Nationale de Réglementation des Télécommunication
(ANRT) est chargée de réaliser s’articule sur les missions suivantes :
– mission de réglementation qu’elle assume au moyen de la contribution à l’élaboration de
règles et normes juridiques et des procédures fixant l’organisation et le fonctionnement du
secteur.
– mission de veille et de surveillance qu’elle effectue au moyen des investigations et contrôles.

PARTIE II. AUTORITÉ MAROCAINE DU MARCHÉ DES CAPITAUX  :

I. Le Marché des capitaux :

Les marchés des capitaux permettent la rencontre entre les agents économiques ayant un


excédent de capitaux et les agents ayant des besoins de financement  les entreprises, l'Etat ou
les collectivités locales. Ils se subdivisent en deux compartiments : le marché financier
(marché à long terme), le marché monétaire (marché à court terme).

A. Le marché monétaire (marché à court terme) :

Le marché monétaire est un marché où s’échangent des titres de courte durée contre des
liquidités. Il est réservé aux institutions financières et entreprises qui peuvent prêter ou
emprunter des liquidités sur des durées très courtes.
a. Marché interbancaire

C’est un compartiment du marché monétaire réservé aux banques et autres organismes


financiers. Les agents en déficit de trésorerie peuvent y emprunter aux agents en excédent de
trésorerie. En intervenant au marché monétaire, la banque centrale maitrise la quantité de
monnaie en circulation et le niveau du taux d’intérêt.

b. Marché des TCN 

Le marché des titres de créances négociables TCN, on l’appelle aussi marché monétaire


élargi est un marché où les établissements de crédit empruntent par la création de Certificats
de Dépôt CD ou Bons des Sociétés de Financement BSF, et les entreprises par la création de
Billet de Trésorerie. Ce sont des titres de durées courtes ou moyennes.
Le marché des TCN est ouvert à tous les agents économiques qui placent ou empruntent
de la liquidité contre divers titres.
Les TCN :
 Les bons de trésors... émis par l’Etat
 Les certificats de dépôt émis par les institutions financiers
 Les billets de trésorerie émis par les entreprises
 Les bons de société de financement émis par les sociétés de financement.

 Utilité de ce marché :

Ce marché a donné l’accès au marché des capitaux à court terme aux agents alors auparavant
leurs placements ou leurs emprunts à court terme il devait s’adresser aux banques avec des
conditions bien sûr moins intéressantes.
c. Composantes 
Marché Offreur Demandeur Prix

Interbancaire -Banques à capacité de Banques à besoin de Taux


financement financement d’intérêt
interbancaire
-Banque centrale

TNC Agents à capacité de Agents à besoin de Taux


financement : financement : d’intérêt
Entreprises -Etat (BT)
Banques -Banque (CD)
ménages -Entreprise (Billets de
Tresorerie)
B. Marché financier (marché à long terme) :
C’est un marché de capitaux à long terme ou se rencontrent les acheteurs disposant de
liquidités à placer (en achetant des titres : actions ou obligations) et les vendeurs ayant besoin
de financement.
Les vendeurs ou agents à besoin de financement, sont généralement des entreprises ou l’Etat à
la recherche de liquidités pour financer leurs projets de développement.
Les acheteurs dits agents à capacité de financement, sont généralement des épargnants ou des
investisseurs qui souhaitent investir dans les projets des entreprises ou de l’Etat en prêtant de
l’argent ou en devenant associés.
Dans ce marché, les investisseurs contribuent au financement de l’Etat et des entreprises par
le placement de leur épargne. Les instruments financiers qui contractualisent cet
investissement sont appelés titres ou valeurs mobilières.
La bourse des valeurs est le marché public où se négocient l'ensemble des titres (valeurs
mobilières) financiers. C'est le lieu de financement des entreprises cotées, qui y cherchent les
capitaux nécessaires à leur développement en faisant appel à l'épargne du public.
La gestion de ce marché est confiée à une société privée en vertu d'un cahier des charges,
appelée Société Gestionnaire de la Bourse de Casablanca. Elle est notamment chargée
d'organiser les séances de cotation, administrer le processus d'introduction en Bourse et
apporter la garantie de bonne fin des opérations.
a. Le rôle des marchés financiers :

Le marché financier permet aux entreprises, à l'Etat et aux épargnants d'augmenter leur utilité.
Les épargnants ont la possibilité d'investir dans des instruments financiers et donc, ils peuvent
reporter leur consommation tout en obtenant une rémunération pour ce report et faire fructifier
leur épargne.
Les entreprises ont un meilleur accès aux capitaux disponibles et peuvent investir dans des
actifs productifs.
L'Etat peut mieux gérer son déficit à travers l'endettement interne.

b. Organisation du marché financier :

Dans tout marché, il y a le neuf et l’occasion. Le marché du neuf, de création de valeurs ou


titres, est appelé marché primaire. Le marché de l’occasion ou d’échange de valeurs ou titres
déjà créés est appelé marché secondaire.

Marché primaire Marché secondaire

Titres Titres
Emetteur Investisseurs Investisseurs

Prix d’émission Prix de marché


La Bourse est un marché centralisé et dirigé par les ordres. Les prix se fixent par
confrontation des ordres via un système électronique centralisé. Dans ce marché, les
intermédiaires exclusifs sont les sociétés de bourse.
Les sociétés de bourse sont agréées par le ministère des finances et contrôlées par l'AMMC.
Le marché boursier est caractérisé par un encadrement des cours via le principe de
réservation. Les titres sont dématérialisés, une simple inscription en compte avec un régime
de dépositaire central. Le dénouement ou réalisation des transactions est sécurisé et
automatisé avec un système de garantie de bonne fin des transactions.

o Le marché boursier est structuré selon trois filières :


i. Filière de l'inscription (marché primaire) :

Il s'agit de l'admission d'une société dans l'un des trois compartiments de la bourse. C'est une
phase de diffusion et de placement de titres. Elle est caractérisée par une centralisation des
souscriptions, allocation des titres par catégorie d'investisseurs et fixation du cours de
première cotation.

ii. Filière de négociation (marché secondaire) :

Lors de cette phase, le rôle de la Société Gestionnaire consiste en l'organisation et la


surveillance du marché, l'enregistrement des transactions, la centralisation des offres
publiques, la gestion des opérations sur titres et le calcul des indices.

o Le marché secondaire est organisé en:

 un Marché Central, où sont confrontés l’ensemble des ordres de vente et d’achat


pour une valeur mobilière inscrite à la cote de la Bourse des Valeurs ;
 un Marché de Blocs où peuvent être négociées par entente directe (de gré à gré) les
opérations sur des valeurs mobilières inscrites à la cote et qui portent sur des quantités
supérieures ou égales à la taille minimum de blocs selon des conditions de cours issues
du Marché Central.

iii. Filière de dénouement :


C'est la phase du règlement espèce contre livraison de titres. L'intervention de la Société
Gestionnaire consiste en la gestion des risques et la garantie de bonne fin des opérations, c'est
à dire les acheteurs seront livrés et les vendeurs payés à date déterminée.

C. Société Gestionnaire de la Bourse : Bourse de Casablanca :


Depuis sa création en 1929, sous forme d'Office de Compensation des Valeurs Mobilières, la
Bourse des valeurs de Casablanca a connu trois réformes.

1948 : L'Office de Compensation des Valeurs Mobilières se transforme en Office de Cotation


des Valeurs Mobilières.
1967 : Institution de la Bourse des Valeurs comme établissement public par Décret Royal en
la dotant d'une organisation juridique et technique.

1993 : Création de la Société de la Bourse des Valeurs de Casablanca (actuellement "Bourse


de Casablanca") qui est une société anonyme de droit privé à laquelle a été concédée la
gestion de la Bourse des Valeurs en application d'un cahier des charges approuvé par le
Ministre chargé des Finances, après avis de l'AMMC.
a. Mission :

La société gestionnaire a pour principale mission la gestion et le développement de la Bourse


de Casablanca. Elle a également pour mission de :
 prononcer l'introduction des valeurs mobilières à la cote de la Bourse des Valeurs et
leur radiation ;

 veiller à la conformité des opérations de négociations et de dénouement effectuées par


les sociétés de bourse au regard des lois et règlements applicables à ces opérations. La
société gestionnaire est responsable du fonctionnement régulier des transactions
boursières. Elle doit en outre porter à la connaissance de l'AMMC toute infraction qu'elle
aura relevée dans l'exercice de sa mission.

b. Fonctionnement :
La Bourse des Valeurs de Casablanca est un marché centralisé gouverné par les ordres et
animé exclusivement par les sociétés de bourse, membres de ce marché.

Les règles de fonctionnement de la Bourse des Valeurs sont fixées par un Règlement Général
élaboré par la Société Gestionnaire et approuvé par arrêté du Ministre chargé des Finances
après avis de l'AMMC.

La Bourse de Casablanca comporte deux marchés :

 Le marché central :
Toute transaction sur une valeur mobilière cotée à la Bourse de Casablanca doit passer par le
marché central, à l'exception des transactions de blocs négociées de gré à gré.

Toutes les valeurs mobilières sont négociées sur le système de cotation électronique à partir
des stations de négociation délocalisées mises à la disposition des sociétés de bourse.

La variation maximale autorisée, à la hausse ou à la baisse, pendant une même séance, du


cours de toutes les valeurs mobilières cotées en bourse est actuellement de 6 % par rapport au
cours de référence. Ce seuil de réservation, qui ne peut excéder 10% des cours de référence
des valeurs concernées, est fixé par l'AMMC.

Les valeurs mobilières sont classées, en fonction de leur liquidité, en trois catégories : les
valeurs les moins liquides sont cotées au fixing alors que les plus liquides sont cotées en
continu ; les valeurs à niveau de liquidité intermédiaire sont cotées au multifixing.

Le fixing :
La cotation au fixing se traduit par la confrontation de tous les ordres préalablement
enregistrés par la société gestionnaire et, le cas échéant, par la détermination d'un cours
unique pour chaque valeur.

Le multifixing :

La cotation au multi-fixing permet de réaliser plusieurs fixing au cours d'une même séance de
bourse.

Le continu :

La cotation en continu se traduit par la confrontation de tous les ordres au fur et à mesure de
leur enregistrement par la société gestionnaire et, le cas échéant, par la détermination d'un
cours instantané pour chaque valeur.

 Le marché de blocs :
Ce marché permet à des ordres importants en termes de taille ou à caractère stratégique d'être
négociés de gré à gré. Ces opérations de blocs doivent porter sur un nombre de titres au moins
égal à la taille minimale de bloc définie par la Bourse pour chaque valeur par référence à sa
liquidité. Le cours de négociation est lié au cours du marché central.

D. Les intervenants :

Pour bien comprendre et agir en Bourse, il faut connaître les acteurs sur les marchés
financiers. On peut distinguer quatre intervenants principaux selon L’AMMC :

a. Sociétés de gestion :
Une société de gestion est toute société commerciale, qui crée et gère à titre exclusif les
produits de placements dans le respect des contraintes règlementaires et légales, et des
politiques d'investissement définies en interne, pour en tirer le meilleur rendement possible.
Les sociétés de gestion comprennent les sociétés de gestion d’Organismes de Placement
Collectif en Valeurs Mobilières (OPCVM), les  sociétés de gestion d’Organismes de
Placement en Capital Risque (OPCR), et les sociétés de gestion des Fonds de Placement
Collectif en Titrisation (FPCT).
 
1. Sociétés de gestion d’OPCVM

L’OPCVM est un organisme financier qui collecte l'épargne des agents économiques en
émettant des actions ou des parts. L'épargne ainsi collectée est utilisée pour constituer un
portefeuille de valeurs mobilières qui sera canalisé, le cas échéant, vers le financement des
entreprises, participant par ce biais au développement de l'économie nationale.
L'OPCVM veille à assurer une gestion optimisée des fonds investis, selon une stratégie
clairement définie au moment de son agrément. Ainsi, sa politique d'investissement et
l'orientation de ses placements sont-elles fixées préalablement au démarrage de la
commercialisation de ses titres.
Les OPCVM existent sous deux formes juridiques distinctes : Les Sociétés d'Investissement à
Capital Variable (SICAV) et les Fonds Communs de Placement (FCP).
Les souscriptions sont effectuées à un prix appelé valeur liquidative et calculé
périodiquement.

2. Sociétés de gestion d’OPCR :

L'activité de capital-risque, consiste pour un organisme de placement en capital-risque à


financer des entreprises non cotées remplissant certaines conditions conformément aux
dispositions de la loi n°41-05 relative  aux organismes de placement en capital risque.

L’investissement dans les sociétés cibles prend la forme de fonds propres ou de quasi-fonds
propres, pour une période d’investissement prédéterminée, et ce, dans un objectif de
réalisation d’une plus-value à terme.

Les OPCR, gérés obligatoirement par une société de gestion agréée par l’administration, sont
des véhicules d’investissement pouvant revêtir la forme de Fonds commun de placement à
risque désignés FCPR ou de société de capital-risque désignés SCR.
 
La SCR prend la forme de société par actions gérée par la société de gestion en vertu d’un
mandat de gestion. Le FCPR, quant à lui, est une copropriété d'actifs constitués à l’initiative
de la SDG d’OPCR. Le FCPR n’a pas la personnalité morale. Ses modalités de gestion sont
fixées dans son règlement de gestion.

Au terme de la période d’investissement, l’investisseur pourrait disposer de différents modes


de sorties du capital, à savoir l’introduction en bourse, la cession à un tiers, ou une cession
stratégique (reprise des parts par le management de la société investie).

3. Sociétés de gestion des FPCT

Le FPCT est une copropriété d’actifs qui a pour objet exclusif l’acquisition des créances d’un
ou de plusieurs établissements initiateurs  au moyen de l’émission de parts et de titres de
créances. Le Fonds n’a pas de personnalité morale et est constitué à l’initiative conjointe de
l’établissement gestionnaire et l’établissement dépositaire.

L’établissement gestionnaire est toute société commerciale, remplissant certaines conditions,


agréée par le ministère des Finances, qui réalise pour le compte du FPCT l’acquisition des
créances et prend possession de tout titre ou document représentatif ou constitutif desdites
créances. Il se charge de l’émission des parts et/ou des titres de créances et paie à l’initiateur
la contrepartie convenue suite à la cession. Il gère le FPCT dans l’intérêt exclusif des porteurs
de parts et des titres de créances.

L’établissement dépositaire a pour fonction la garde des actifs du FPCT. Il assure la


conservation de ces actifs, du bordereau de cession et de tout autre document assurant la
validité desdits actifs.  Il tient les comptes de paiements ouverts au nom du FPCT ainsi qu’un
relevé chronologique des opérations réalisées.
Seules les banques agréées, la Caisse de dépôt et de gestion peuvent exercer la fonction
d’établissement dépositaire. Les établissements qui ont pour objet le dépôt, le crédit, la
garantie la gestion de fonds ou les opérations d’assurances et ayant leur siège au Maroc
peuvent également être dépositaires à condition qu’ils figurent dans une liste arrêtée par
l’administration après avis de l'AMMC.

En sus des parts, un FPCT peut émettre des obligations. Les parts ou obligations émises sont
assimilées à des valeurs mobilières.

Toute personne morale ou physique peut souscrire ou se porter acquéreur des parts et titres de
créance émis par un FPCT.

Les parts et titres de créance émis par un FPCT peuvent faire l’objet d’une inscription à la
cote de la Bourse des Valeurs, conformément à la législation et à la réglementation en
vigueur, si le règlement de gestion du FPCT le prévoit.

b. les teneurs de comptes 


Les teneurs de comptes sont des intermédiaires financiers habilités, qui offrent les services
suivants :
 Conservation des titres et des espèces et gestion des titres nominatifs ;
 Réalisation des OST (Opération Sur Titre) pour le compte des clients ;
 Réalisations de diverses opérations sur les marchés financiers (bourse, souscriptions
rachats de parts ou actions d’OPCVM, marché monétaire, transferts de titres et Offre
Publique de Vente OPV) ;
 Etablissement dépositaire d’OPCVM (uniquement les banques agréées et la CDG) ;
 Gestion des comptes d’intermédiaires étrangers (Custody) ;
 Services aux émetteurs (centralisation des OST et des OPV) ;
 Gestion de mandats de comptes courants de teneurs de comptes et d’émetteurs affiliés
sous mandat ;
 Sous-traitance globale ou partielle pour d’autres teneurs de comptes.
Les teneurs de comptes sont les personnes morales ayant leur siège social au Maroc :
 Les banques agréées conformément à la législation qui les régit ;
 La caisse de dépôt et de gestion ;
 Les établissements ayant pour objet le dépôt, le crédit, la garantie de fonds ou les
opérations d’assurance et de réassurance.
Missions :

Un teneur de comptes est chargé de :


 la garde et l'administration des titres ;
 la livraison des titres vendus contre paiement ;
 le règlement des titres achetés contre livraison ;
 le traitement des opérations sur titres.

Obligations et contrôle :

Le teneur de comptes doit tenir un relevé chronologique des opérations réalisées pour le
compte d’un OPCVM et établir, au moins une fois par trimestre, l’inventaire des actifs gérés
par l’OPCVM.

L'AMMC effectue des opérations de contrôle sur les dépositaires d'OPCVM et les teneurs de
comptes pour veiller au respect des obligations légales et réglementaires.

c. Dépositaire Central : Maroclear


Le dépositaire central est un organisme chargé d’assurer la conservation des titres pour le
compte de ses affiliés et de gérer le système de règlement livraison. C’est une composante 
centrale dans l’organisation des flux des titres dans un marché financier et, en particulier, dans
un environnement de titres dématérialisés, lequel apporte la sécurité et la fluidité nécessaires
au bon fonctionnement des processus post-marché.    

Le schéma de fonctionnement d’un dépositaire central repose sur un principe fondamental


relativement simple. Les émetteurs de titres (les sociétés cotées en bourse, par exemple)
ouvrent un compte émission auprès du dépositaire central qui correspond au nombre total des
titres émis. Les comptes correspondants sont ceux des teneurs de compte (les banques, par
exemple) qui conservent les titres pour le compte de leurs clients. Aussi, le dépositaire central
enregistre tous les mouvements qui engendrent une circulation des titres (transactions en
bourse, transferts, opérations sur titres, etc.)

Maroclear a été créé en 1997 dans un contexte caractérisé par la dématérialisation des titres et
l’adoption d’une série de normes internationales en matière des systèmes de règlement
livraison.

Il gère le système de dénouement, pour les transactions de bourse et la filière  de gré à gré, en
adoptant des schémas normalisés, des processus largement automatisés et une sécurité de
règlement via le système de paiement de Bank Al-Maghrib.   

Le statut juridique

Maroclear est une société anonyme de droit privé, créée le 1er juillet 1997, en vertu des
dispositions du Dahir n°1-96-246 du 9 janvier 1997 portant promulgation de la loi n° 35-96
relative à la création d'un dépositaire central et à l'institution d'un régime général de
l’inscription en compte de certaines valeurs tel que modifié et complété par la loi 43-02.

La mission 

Les principales missions de Maroclear sont :


 Assurer la conservation des valeurs mobilières admises à ses opérations, en faciliter la
circulation et en simplifier l'administration pour le compte de ses affiliés ;
 Administrer les comptes courants de valeurs mobilières ouverts au nom de ses
affiliés ;
 Opérer tous les virements entre les comptes courants sur instruction de ses affiliés ;
 Mettre en œuvre toute procédure en vue de faciliter à ses affiliés l'exercice des droits
attachés aux titres et l'encaissement des produits qu'ils génèrent ;
 Assurer la codification des valeurs admises à ses opérations.
Maroclear est partie prenante dans la phase post-négociation aussi bien pour les négociations
de bourse que pour les transactions de gré à gré.

Maroclear réalise l’appariement et le dénouement, selon le principe du règlement contre


livraison, de toute transaction sur les valeurs admises à ses opérations. Cela se traduit d'une
part par des flux titres imputés directement sur les comptes que Maroclear conserve et d'autre
part par des flux espèces correspondants, instruits concomitamment auprès de Bank Al-
Maghrib.

L’actionnariat 

Le capital de Maroclear est de 20 millions de dirhams. Il est détenu par les usagers de ses
services, à savoir : l'Etat (25%), Bank Al-Maghrib (20%), les banques (25%), les compagnies
d’assurance (15%), CDG (10%) et la Bourse de Casablanca (5%).

Le contrôle

Maroclear est soumis au contrôle du ministère des finances.


Les statuts du Dépositaire central sont approuvés par le Ministre chargé des Finances. La
nomination du Président du conseil d'administration et, le cas échéant, la nomination du ou
des directeurs généraux du dépositaire central sont soumises à l'agrément du Ministre chargé
des Finances.

Un commissaire du gouvernement, nommé par le Ministre chargé des Finances, est placé
auprès du dépositaire central. Il est chargé de veiller au respect, par cet organisme, des
dispositions de ses statuts et du Règlement Général, après avis de l'AMMC, qui doit être
établi par le Dépositaire central, approuvé par arrêté du Ministre chargé des Finances et publié
au Bulletin Officiel.

En vertu des dispositions de la loi n° 43-02 du 2 avril 2004, l'AMMC est chargée de contrôler
le respect par le Dépositaire central de ses règles de fonctionnement. A cet effet, le
Dépositaire central est tenu d'adresser à l'AMMC, selon une périodicité qu'elle fixe, tous
documents et renseignements nécessaires à l'accomplissement de sa mission.

Le ministre chargé des finances peut, s’il le juge utile, ou sur la demande de l'AMMC,
demander au Dépositaire central de faire procéder par des auditeurs externes à une évaluation
de ses procédures et des moyens techniques mis en œuvre pour l’accomplissement de ses
missions. Le rapport auquel cet audit donne lieu est transmis au ministre chargé des finances
et une copie en est transmise à l'AMMC.

L'AMMC est aussi habilité à faire effectuer par tout agent assermenté et spécialement
commissionné à cet effet, des enquêtes auprès du Dépositaire central. Elle peut obtenir
communication de tout rapport effectué par des conseillers externes. Elle peut également, le
cas échéant, commanditer un audit à ses frais. En outre, l'AMMC contrôle que le Dépositaire
central respecte les dispositions des circulaires qui lui sont applicables.
Le Dépositaire central est tenu de publier dans un journal d'annonces légales, au plus tard six
mois suivant la clôture de chaque exercice, les bilans, les comptes de produits et charges et les
états des soldes de gestion de l'exercice écoulé.
 Les affiliés de Maroclear
Les affiliés de Maroclear sont les émetteurs et les intermédiaires financiers habilités (IFH) :
les banques, les sociétés de bourse et autres organismes financiers.
L’affilié peut être soit un affilié de plein exercice soit un affilié sous mandat.

Les valeurs admises à Maroclear

Sont obligatoirement admis aux opérations de Maroclear :


 Les valeurs inscrites à la cote de la Bourse de Casablanca ;
 Les bons du Trésor émis par voie d'adjudication ;
 Les actions de Sociétés d’Investissement à Capital Variable (SICAV), les parts de
fonds communs de placement (FCP) et fonds de placements collectifs en titrisation (FPCT) et
les parts ou actions d’Organismes de placement en capital risque ;
 Les titres de créances négociables (TCN) (billets de trésorerie, certificats de dépôt et
bons de sociétés de financement) ;
 Toute valeur émise dans le cadre d’un appel public à l’épargne.

Les services offerts

a- Le dépôt/conservation :
Lors de l'admission de toute nouvelle valeur dont les titres sont matériellement créés, les titres
au porteur sont déposés auprès de Maroclear. Après contrôle de leur validité, les dépôts
donnent lieu à l'ouverture de comptes courants au profit des établissements dépositaires et à
l'inscription en compte en leur nom. Une fois déposés, les titres ne peuvent plus faire l'objet
de retrait.
Un plan comptable titres définissant les règles de conservation et de circulation des valeurs
mobilières s'impose tant à Maroclear qu'à ses affiliés, conférant ainsi à la conservation
scripturale un maximum de sécurité et d'étanchéité.
b- Le dénouement :
Le dénouement d'une transaction sur les valeurs admises à Maroclear est réalisé par virement
de compte à compte et selon le principe du règlement contre livraison (R/L). Le dénouement
titres s'effectue en "ligne à ligne" sur les comptes courants des intervenants ouverts auprès de
Maroclear ; le dénouement espèces s'effectue simultanément, après compensation, sur les
comptes espèces des intervenants ouverts auprès de Bank Al-Maghrib.
c- Les opérations sur titres :
A l'occasion de chaque opération sur titres (OST) ayant un impact comptable (paiements de
dividendes ou d'intérêts, remboursements, attributions ou souscriptions, fusions, échanges …)
Maroclear informe ses affiliés des détails de l'opération et les crédite, selon le cas, en titres,
coupons ou droits et ce sur la base de leurs soldes à la veille de l'opération. Ces opérations
sont qualifiées d'OST sur stocks.
Les affiliés crédités présentent ensuite les titres, coupons ou droits détachés en leur faveur à
encaissement à un centralisateur par simple virement et obtiennent en contrepartie, selon la
nature de l'OST, soit une livraison de titres, soit un paiement espèces.
Outre ces OST sur stocks, Maroclear initie des régularisations qualifiées d'OST sur flux.
Celles-ci sont nécessaires lorsque des OST interviennent entre la date de négociation et la date
de dénouement d'une transaction.
d- La codification :
Maroclear a la qualité "d'Agence Marocaine de Codification " et attribue, de ce fait, des codes
aux valeurs admises à ses opérations. Ces codes sont obligatoirement utilisés par les affiliés.
Maroclear s'est mis en conformité avec les standards internationaux en généralisant l’usage de
la codification ISIN (International Securities Identification Number).

d. Collecteurs d'ordres
Les collecteurs d’ordres sont les banques et les établissements de crédit.

Sont considérés comme établissements de crédit les personnes morales qui effectuent, à titre
de profession habituelle, une ou plusieurs des activités suivantes :
 la réception de fonds du public ;
 les opérations de crédit ;
 la mise à la disposition de la clientèle de tous moyens de paiement ou leur gestion.
Les banques sont habilitées par la banque centrale (Bank Al Maghrib) à recevoir des fonds du
public, à collecter l’épargne, à fournir et à gérer les moyens de paiement, à accorder des prêts.
On parle des activités classiques de la banque de distribution.

Les banques peuvent également réaliser des services d’investissement. Elles sont également
appelées banques d’affaires ou banques de financement et d’investissement.

L’une des fonctions classiques de la banque, la plus concrète, est celle de gérer les fonds et les
moyens de paiement. En tant que particulier, vous déposez votre argent à la banque pour qu’il
y soit en sécurité. Vos revenus sont déposés sur votre compte et vous les utilisez par le moyen
des chèques ou cartes de retrait et de paiement. L’autre grande fonction, est l’activité de crédit
ou d’octroi de prêt.

Le rôle des banques consiste à drainer l’épargne. Une partie de l’épargne leur sert de
ressources qui leur permettent de consentir des crédits. Une autre partie est placée pour votre
compte dans des produits financiers. Les banques n’ont pas le monopole de cette fonction
mais elles sont de plus en plus présentes dans ce secteur, à la fois parce qu’elles distribuent
des produits de plus en plus nombreux et variés et parce qu’elles sont organisées en groupes
qui intègrent toutes les fonctions (distribution des produits, réalisation des opérations sur le
marché financier, conservation des titres, voire même assurance pouvant également proposer
toute la gamme des produits d’épargne et de prévoyance).

La banque sert également d’intermédiaire sur les marchés financiers. Elle permet d’assurer la
sécurité des transactions financières et le dénouement des opérations sur valeurs mobilières.

II. Genèse de l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux :

A. Contexte historique :
Par le contexte historique de cet organisme on désigne le passage célèbre du CDVM à
l’AMMC de 1993 jusqu’à 2016.
Il revêt important d’annoncer les principaux caractéristiques du conseil déontologique des
valeurs mobilières qui à été institué par le dahir portant la loi n° 1-93-212 de 1993, cet organe
est caractérisé par :
• Le CDVM Présidé par le 1er ministre ou le ministre chargé des finances.

• Supervise juste des valeurs mobilières

• Absence d’indépendance vue la présidence et l’absence d’un collège de sanctions


propre et indépendant des autres pouvoirs.

• Était soumise à un contrôle d’accompagnement par l’Etat

Après un longue processus de développement de cette organisation sur tous les niveaux qui a
commencé en 1993, en 2013 une réforme de cet organisme par l’instauration de l’autorité
marocaine des marchés des capitaux par la loi n°43-12 qui à abrogé le dahir instituant le
CDVM.
Cette réforme a pour objectif de :
 Consacrer l’indépendance à l’autorité

 Renforcer la responsabilité des cet organisme dans l’exercice de sa mission.

 Elargissement de la mission de l’AMMC a la supervision de l’ensemble des marchés


des capitaux.

Qu’est-ce que ça signifie ces deux notions ?


 L’indépendance : L’indépendance signifie la capacité de l’autorité de régulation à
prendre des mesures de régulation et à appliquer des décisions sans influence
extérieure qu’elle soit politique ou commerciale.

 La responsabilité : La responsabilité signifie que, dans l’utilisation qu’elle fait de ses


pouvoirs et de ses ressources, l’autorité de régulation doit être soumise à une
surveillance et un examen convenables.

La réforme vient pour renforcer les deux concepts, car ce sont des indicateurs retenus par
l’OIVM dans la mesure et pour juger la qualité de la régulation des VM.
Par apport au CDVM, l’AMMC représente certaines spécificités à savoir: cet organisme est
présidé par un président nommé par le Roi, sous proposition du chef du gouvernement à
l’initiative du ministre de l’économie et des finances, elle est soumise à un contrôle financier
par l’Etat bien organisé par la loi 69-09…etc.
B. La structure organisationnelle de l’AMMC :

La loi n°43-12 (article15, 18 et 19) édicte les organes constituant l’autorité marocaine des
marchés des capitaux ainsi ses pouvoirs, ces organes sont :
 Le Conseil de surveillance (article 15)

 Le Président (article 18)

 Le collège des sanctions (article 19)

1- Le conseil d’administration :

Le conseil d'administration comprend, outre son président:


• Deux représentants compétents de l'administration;

• Un représentant de Bank Al-Maghreb dûment désigné par le gouverneur;

• Trois personnalités désignées intuitu personae par l'administration pour leur


compétence dans les domaines financiers et juridiques et connues pour leur intégrité.

Les administrateurs désignés intuitu personae sont nommés pour un mandat de quatre ans
renouvelable une seule fois.
 
En cas d’absence, un administrateur ne peut se faire représenter que par un autre
administrateur.
 
En cas de décès d’un des membres du conseil d’administration, le remplaçant doit être nommé
dans les conditions prévues au 1er  alinéa du présent article.

Les membres du conseil d’administration désignés intuitu personae ne peuvent être révoqués
que s’ils deviennent incapables d’exercer leurs fonctions ou lorsqu’ils commettent une faute
grave ou en cas de survenance d’une incompatibilité visée au 1 er  alinéa du présent article.
Dans ces cas, le mandat du membre concerné prend fin sur décision motivée du conseil
d’administration, statuant à la majorité des membres autres que l’intéressé.
 
En cas de survenance de l’incompatibilité visée au 1 er  alinéa du présent article, le mandat de
l’administrateur concerné prend fin de plein droit. 
Le membre nommé en remplacement d’un membre démissionnaire, révoqué ou décédé
achève le mandat de celui qu’il remplace. 

Le président du Conseil d’administration peut appeler, à titre consultatif, toute personne dont
la participation aux réunions dudit Conseil lui paraît utile.
2- Le président :

Le président de l'Autorité Marocaine du Marché des Capitaux est nommé par Sa Majesté Le
Roi que Dieu L'assiste, sur proposition du Chef du Gouvernement à l'initiative du Ministre de
l'Economie et Finances.
Sous réserve des attributions dévolues expressément au Conseil d'Administration, le Président
est investi de tous les pouvoirs et attributions nécessaires à la direction et à la gestion de
l'AMMC et à l'accomplissement des missions imparties à cette dernière.
A cet effet, notamment il:
-         préside le conseil d’administration, le convoque et arrête l’ordre du jour de ses
séances;
-         tient le conseil d’administration informé périodiquement de l’activité de l’AMMC
et de la réalisation de ses missions;
-         prépare les projets de budget annuel et les modifications apportées à celui-ci en
cours d’exercice;
-         organise les services de l’AMMC et définit leurs fonctions conformément au plan
organique fixé par le conseil d’administration;
-         fait procéder à toutes acquisitions, aliénations ou échanges immobiliers
préalablement approuvés par le conseil d’administration;
-         représente l’AMMC à l’égard des tiers. Il  intente les actions en justice, les poursuit
et les défend;
-         prend toutes mesures d’exécution et toutes mesures conservatoires qu’il juge utiles;
-         veille à l’observation et exécute les dispositions de la présente loi et des autres
dispositions législatives et réglementaires qui sont applicables à l’AMMC;
-         prépare le projet de rapport annuel de l’AMMC qu’il soumet à l’approbation du
conseil d’administration;… (Article 16 de loi 43-12)

3- Le collège des sanctions :


 Membres :

Le collège des sanctions est composé d’un magistrat, qui préside le collège, et de deux
membres nommés par le conseil d'administration sur la base de leur compétence.
Le mandat des membres du collège est de quatre années renouvelables une fois.
 Ses missions :
Le collège des sanctions a pour missions:

1)     d’instruire les faits susceptibles de donner lieu à une sanction prononcée par le président
de l’AMMC, en application des dispositions de la présente loi ou de la législation en vigueur.
 
A l’occasion de l’instruction des faits dont il est saisi, en application de la présente loi, le
collège des sanctions peut relever des faits susceptibles de constituer une infraction aux
dispositions législatives en vigueur. Il peut donner son avis sur la qualification,
éventuellement pénale, desdits faits et proposer, le cas échéant au président de l'AMMC, la
saisine de l’autorité judiciaire compétente.

2)     de proposer au président de l'AMMC, à l’issue de l'instruction des faits visés au


paragraphe 1) ci-dessus, la sanction disciplinaire correspondante, telle que prévue par la
législation en vigueur;
3)     de donner son avis au président de l’AMMC, préalablement à la saisine des autorités
judiciaires compétentes, sur tous faits pouvant être qualifiés d’infractions pénales.

L’AMMC met à la disposition du collège des sanctions tous les moyens nécessaires à
l’exercice de sa mission.
 Limites de ses pouvoirs :

Il ne bénéficie pas d’une indépendance absolue car Le collège des sanctions est saisi par le
président de l’AMMC selon la procédure prévue dans le règlement général visé à l’article 21
de la même loi.

III. Missions et Prérogatives de l’AMMC :

En tant qu’autorité de régulation du marché des capitaux, l’AMMC a été instituée par le Dahir
n° 1-13-21 portant loi n° 43-12 et selon l’article 3 elle a pour mission de :
 S’assurer de la protection de l’épargne investie en instruments financiers ;
 Veiller à l’égalité de traitement des épargnants, à la transparence et à l’intégrité du
marché des capitaux et à l’information des investisseurs ;
 S’assurer du bon fonctionnement du marché des capitaux et veiller à l’application des
dispositions législatives et réglementaires ;
 Assurer le contrôle de l’activité des différents organismes et personnes soumis à son
contrôle ;
 Assurer le respect de la législation et de la réglementation en vigueur relatives à la
lutte contre le blanchiment des capitaux, par les personnes et les organismes placés
sous son contrôle ;
 Contribuer à la promotion de l’éducation financière des épargnants ;
 Assister le gouvernement en matière de réglementation du marché des capitaux.

Pour la réalisation de ces missions, l’AMMC est dotée des prérogatives suivantes :

1. Elaboration des circulaires 


A travers les circulaires, l’AMMC fixe les règles de pratique professionnelle, les règles
déontologiques et les modalités techniques ou pratiques d’application des lois et règlements.
L’élaboration des circulaires est menée en concertation avec les professionnels et s’appuie sur
les pratiques et les normes internationales en matière de réglementation des marchés de
capitaux. Les circulaires sont homologuées par l’administration et publiées au « Bulletin
officiel ».

2. Habilitation des intervenants


L’AMMC habilite les personnes physiques à exercer certaines fonctions au sein des personnes
morales soumises à son contrôle. L’habilitation se matérialise par l’octroi d’une carte
professionnelle à l’issu d’un examen. Elle a une durée déterminée en fonction de la nature de
la fonction exercée. L4ammc tient un registre des personnes habilitées et porte cette liste à la
connaissance du public.

3. Visa, agrément et avis relatifs aux produits


Selon le cas, l’AMMC agrée les produits d’épargne collective ou formule un avis à leur sujet
et vise les notes d’information destinées aux investisseurs. Les produits concernés sont les
OPCVM, les OPCR et les FPCT. A travers cette prérogative, l’AMMC veille à sécuriser
l’investissement en s’assurant du respect des exigences légales et réglementaires relatives aux
produits et à l’information des investisseurs et en vérifiant la capacité des intervenants à gérer
lesdits produits.

4. Instruction des dossiers d’agréments des intervenants


Les intervenants soumis à la procédure d’agrément sont les sociétés de bourse, les sociétés de
gestion des OPCR et FPCT. L’AMMC instruit les dossiers d’agrément et transmet en avis au
ministre chargé des finances qui octroi ou refuse l’agrément. L’AMMC vérifie que les
intervenants ayant demandé l’agrément présentent les garanties suffisantes, notamment en ce
qui concerne leur organisation, leurs moyens techniques et financiers et l’expérience de leurs
dirigeants.

5. Visa des notes d’informations des opérations financières


L’AMMC vise les notes d’information des émetteurs à l’occasion d’opérations d’appel public
à l’épargne, d’offres publiques et des programmes de rachat, après examen de la pertinence et
de la cohérence de l’information destinée aux investisseurs. L’objectif est de s’assurer que les
investisseurs disposent de toute l’information pertinente pour prendre leurs décisions
d’investissement en connaissance de cause. La note d’information visée par l’AMMC est mise
gratuitement à la disposition du public préalablement au début de l’opération.

6. Contrôle de l’information financière des émetteurs


L’objectif de ce contrôle est de veiller à ce que le public ait une information régulière sur les
émetteurs qui le sollicitent. Ainsi, l’AMMC s’assure que ces derniers respectent leurs
obligations de publication des états financiers annuels et semestriels et rendent publique toute
information importante pouvant avoir une influence sur les cours en bourse de leurs titres ou
une incidence sur le patrimoine des porteurs de titres. Elle veille à ce que l’information soit
précise, sincère, exacte et diffusée, à temps, à l’ensemble de la communauté financière.

7. Contrôle des intervenants


Les intervenants soumis au contrôle de l’AMMC sont les sociétés de bourse, la bourse des
valeurs, les teneurs de compte, le dépositaire central et les sociétés de gestion. Ce contrôle se
décline sous deux formes complémentaires : le contrôle sur place, à travers des inspections au
sein des locaux des intervenants, et le contrôle sur pièces, à travers des reportings dont
l’AMMC fixe le contenu et la périodicité.

8. Traitement des plaintes


L’AMMC reçoit les plaintes des épargnants concernant les opérations sur instruments
financiers, procède à la vérification du bienfondé de la plainte et prend les mesures qui
s’imposent.

9. Surveillance, enquêtes et sanctions


L’AMMC veille à la conformité des transactions sur les instruments financiers aux règles du
marché afin d’en assurer l’intégrité. L’AMMC mène des enquêtes, quand c’est nécessaire.
Quand les faits se révèlent avérés, l’AMMC est habilitée à prononcer des sanctions à
l’encontre d’intervenants suite à la constatation d’infractions ou manquements aux règles
régissant leurs activités ou le fonctionnement du marché. Les sanctions sont prononcées selon
une procédure respectueuse des droits de défense des intervenants concernés.

IV. VISA d’introduction en bourse :

L’introduction en bourse est un événement exceptionnel dans la vie d’une société. Franchir
cette étape importante nécessite de la part des sociétés une préparation et une attention
particulières afin de se donner tous les moyens pour réussir cette opération tant sur le plan
financier que sur le plan de la notoriété.
Pour éclairer le management des sociétés sur les préalables et les étapes à franchir pour une
introduction en bourse réussie, Ce tableau ci-dessous met en évidence les différentes phases à
suivre pour l’obtention du visa d’accès.

 Etape préliminaire :
« 1 » : DECISION DE S’INTRODUIRE EN BOURSE
Une introduction en bourse est un processus qu’il ne convient d’engager qu’après avoir vérifié
que la cotation est bien la réponse adéquate aux motivations de la société. Conformément aux
dispositions de l’article 1.1.2 du règlement générale de la bourse des valeurs qui dicte que le
dossier juridique doit comporter « les procès-verbaux des instances de décision ayant décidé
l’opération, et défini les modalités de sa réalisation ».
« 2 » : PREALABLES NECESSAIRES A UNE INTRODUCTION EN BOURSE
Préalablement à la prise de décision d’introduction en bourse, ces sociétés s’assurent
du respect des critères suivants :

Les sociétés optant pour le 1er compartiment et qui ont des filiales doivent établir et
faire certifier leurs comptes consolidés selon la législation en vigueur ou selon les
normes comptables internationales (IAS-IFRS). Les sociétés optant pour le 2ème ou
3ème compartiment doivent conclure un mandat d’animation des titres sur le marché
boursier avec une société de bourse, respectivement pour une et trois années, afin
d’assurer une liquidité de leurs titres. En plus, celles optant pour le 3e compartiment
N.B
doivent conclure avec une société de bourse une convention d’assistance, pour trois
années, prévoyant notamment les obligations relatives à la préparation des documents
d’information destinés au public.
Selon l’article 14 de la loi n° 1-93-211

Tenue des réunions des organes de gouvernance et des organes sociaux

Une fois la décision prise, les organes de gouvernance décident du principe de l’introduction
en bourse, qui peut se faire par cession d’actions existantes et/ou par augmentation de capital.
Dans le cas d’une introduction en bourse par cession, les organes de gouvernance convoquent
l’assemblée générale ordinaire des actionnaires pour adoption de la résolution proposée. Dans
le cas d’une introduction en bourse par augmentation de capital, la résolution est proposée par
les organes de gouvernance à l’assemblée générale extraordinaire des actionnaires. Une
introduction en bourse par augmentation de capital nécessite la suppression du droit
préférentiel de souscription. Les assemblées générales des actionnaires ont la possibilité de
déléguer aux organes de gouvernance les pouvoirs nécessaires pour fixer les modalités de
l’introduction en bourse et réaliser l’augmentation de capital et les ajustements statutaires le
cas échéant.
Mise en harmonie des statuts avec la législation et la règlementation en vigueur

Les statuts doivent être mis en conformité avec la législation et la règlementation applicables
aux sociétés faisant appel public à l’épargne et aux sociétés cotées à la bourse de Casablanca.
Cette mise en harmonie nécessite une convocation des actionnaires appelés à se prononcer sur
les modifications apportées. Les statuts doivent prévoir, aussi, la nomination d’au moins deux
commissaires aux comptes. Cette nomination devra être proposée par l’organe de
gouvernance à l’assemblée générale ordinaire des actionnaires.

Préparation des états financiers

La société souhaitant s’introduire en bourse doit disposer d’une analyse détaillée de ses
comptes historiques couvrant au moins les trois derniers exercices clos. Pour les sociétés
souhaitant s’introduire au 2ème et 3ème compartiment et n’ayant pas trois ans d’existence,
ces exigences ne sont pas requises selon l’article 14 de la même loi.
Préparation de l’équipe managériale de la société

La société qui s’introduit en bourse doit disposer d’une équipe managériale qui lui permettra
de poursuivre ses objectifs de croissance et de réussir ses projets d’entreprise, tout en
répondant aux exigences incombant à une société faisant appel public à l’épargne en matière
d’information financière, notamment en ce qui concerne le respect de la ponctualité et de
l’exhaustivité de l’information communiquée au marché, mais aussi de la déontologie liée à
l’information.
Seule une équipe managériale expérimentée et engagée peut permettre d’atteindre les objectifs
précités et de veiller sur la notoriété de la société post-cotation.
Il est impératif pour une société optant pour une introduction en bourse d’être préparée à
communiquer ses résultats au marché. A cet effet, elle doit veiller à l’établissement de règles
permettant de s’assurer de l’intégrité des états financiers, via la mise en place d’un système
efficace de contrôle interne.
La société devra constituer une équipe en interne qui sera l’interlocuteur des conseillers et
d’AMMC. L’équipe choisie devra bien connaître l’activité de la société, être réactive et en
mesure de répondre aux différentes requêtes d’information.
Le choix d’une équipe bien informée permettra de gagner du temps dans le processus
d’instruction du dossier d’information par l’AMMC.
« 3 » Désignation d’un conseiller juridique, fiscal et financier
Les sociétés désirant franchir le seuil de la bourse doivent mettre à profit tous les facteurs de
réussite, notamment le choix des compétences pluridisciplinaires externes suivantes :
Un conseiller juridique et fiscal

L’implication des conseillers juridiques et fiscaux dans le processus d’introduction en bourse


est importante pour le succès de l’opération. En effet, dans le cadre de l’accompagnement
d’une société s’introduisant en bourse, le conseiller juridique et fiscal s’assure que les
procédures et les prérequis légaux nécessaires à la validité juridique de l’opération sont
observés et réunis.
Le conseiller juridique assiste le cas échéant, la société s’introduisant en bourse à rendre
conforme sa documentation juridique à celle d’un émetteur faisant appel public à l’épargne.
Le conseiller juridique évalue, également, l’impact de tout éventuel nantissement d’actifs ou
d’actions ou saisie conservatoire.
Plus généralement, le conseiller juridique s’assure que la vie juridique de la société s’est
déroulée conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur.
Pour ce faire, il est fortement recommandé de choisir un conseiller juridique ayant une bonne
connaissance du droit marocain.

Un conseiller financier

L’introduction en bourse est l’occasion pour le management de la société de faire appel à


l’épargne publique et de se soumettre à l’évaluation et l’appréciation du marché.
Dès lors, on se retrouve dans une situation de disparité de l’information entre d’un côté les
dirigeants et les anciens actionnaires, qui connaissent parfaitement la structure de la société, et
de l’autre côté les investisseurs sollicités, à qui sera vendue une partie de l’histoire de la
société et, surtout, les perspectives à venir.
Le conseiller financier apparait, alors, comme l’intermédiaire qui mènera la mission
d’évaluation de la société de façon neutre, objective et indépendante afin d’établir un prix
convenable pour les deux parties.
Les organes de gouvernance de la société devraient nommer le conseiller financier afin de :
- Préparer une note d’information conforme aux exigences légales et réglementaires,
- Eclairer le jugement des actionnaires et des futurs souscripteurs,
- Et fournir un premier niveau d'appréciation, avant que l’AMMC n'exerce son contrôle.

 Préparation du dossier d’information


« 4 » Mis à la disposition des conseillers les documents d’information
Il est important pour la société préparant son introduction en bourse, de mettre à la disposition
de ses conseillers, toute la documentation dont ils auraient besoin pour mettre en œuvre leurs
diligences, comprendre l’histoire de la société, son activité, ses perspectives… Et surtout pour
préparer le dossier à déposer à AMMC.
« 5 » Préparation du business plan de la société
A l’issue de la phase de diagnostic précitée, et parallèlement à la réalisation des différents
réaménagements éventuels, le management de la société procède à la fixation des hypothèses
prévisionnelles d’évolution de l’activité de la société. Durant cette étape, la société implique
le conseiller financier qui effectue une analyse critique et mesure le degré de réalisation
desdites hypothèses compte tenu de l’évolution historique des indicateurs et l’anticipation de
l’évolution du marché dans lequel ladite société opère. Les conseillers doivent examiner le
business plan et interroger le management sur les différentes hypothèses retenues afin de
vérifier leur cohérence par rapport aux performances historiques, à la situation actuelle, au
potentiel du marché et du secteur d’activité. A l’issue de cette étape, le conseiller financier
procède à l’élaboration du business plan sur un horizon raisonnable.
« 6 »valorisation de la société
Le conseiller financier doit réaliser son évaluation en toute objectivité et assurer ses
diligences avec indépendance. Le conseiller financier doit être en mesure de démontrer le
caractère raisonnable des hypothèses retenues et des différents paramètres pris en compte lors
de l’évaluation sur la base de sources fiables.

« 7 » Préparation de la note d’information


Le conseiller financier doit rédiger la note d’information, en tenant compte des diligences
qu’il a effectuées, en suivant le modèle type prévu par l’AMMC.
La note d’information comprend les parties suivantes :
Attestations

Cette partie comprend les attestations qui sont émises par les responsables de l’opération,
c’est-à-dire les représentants des organes de gouvernance, les commissaires aux comptes, le
conseiller financier et le conseiller juridique et fiscal...
Présentation de l’opération

L’objectif de cette partie est de présenter l’opération d’introduction en bourse, son calendrier,
ainsi que la façon dont se déroulera l’opération à compter de la souscription jusqu’à la
première cotation en bourse.
Présentation de la société

La présentation de la société permettra à l’investisseur potentiel de prendre connaissance de la


société, de ses actionnaires de référence, de son management, ainsi que des modalités de
tenue des organes de gouvernance et de gestion.
Présentation de l’activité

La présentation de l’activité doit être le fruit du travail conjoint entre le conseiller financier et
la société souhaitant s’introduire en bourse.
Analyse financière

L’analyse financière doit comprendre l’analyse de toute la documentation comptable de la


société.
Perspectives

Les perspectives incluses dans la note d’information devront porter sur les comptes
prévisionnels ou estimés pour l’exercice en cours et sur les trois années suivantes.
Les informations prospectives présentées dans la note d’information relèvent de la
responsabilité du management de la société qui délivre une attestation spécifiant précisément
que les informations présentées dans la note d’information sont réalistes et ne comportent pas
d’omission de nature à en altérer la portée.
Risques

La société présente les risques auxquels elle est ou pourrait être confrontée et les mesures
mises en œuvre pour les maîtriser ou y faire face.
Faits exceptionnels

La société décrit tout fait exceptionnel prévisible pouvant survenir de nature à affecter sa
situation financière, son activité et qui pourrait remettre en cause sa stratégie.

Litiges et affaires contentieuses

La société présente tous les litiges et affaires contentieuses pouvant affecter sa situation
financière, son activité et qui pourraient remettre en cause sa stratégie

 Traitement par l’AMMC


« 8 » Contact avec l’AMMC
Avant le dépôt du dossier d’information, le management de la société contacte l’AMMC pour
une présentation de son projet d’introduction en bourse.
Cette entrevue permet à l’entreprise de présenter les principales motivations de l’introduction
en bourse, les principales caractéristiques de l’opération envisagée, ainsi que les dernières
évolutions qu’a connues la société.
A l’issue de la réunion, la société informe l’AMMC de la période au cours de laquelle elle
envisage de déposer le dossier d’information.
« 9 » L’examen de la recevabilité
Suite au dépôt du dossier et s’il est déclaré recevable l’AMMC envoie, le jour même, un
récépissé de dépôt aux responsables du dossier au sein de l’organisme conseil et entame le
traitement du dossier.
Dans l’examen de la recevabilité du dossier, l’AMMC s’assure notamment que : tous les
documents prévus par la réglementation lui ont été transmis, toutes les modalités et
caractéristiques de l’opération ont été communiquées, la société et son activité ont été
présentées de façon complète, l’analyse financière répond aux exigences requises, ….
Dans le cas où le dossier n’est pas recevable, l’AMMC notifie, lors de la réunion de dépôt,
verbalement sa décision à l’émetteur qui doit compléter son dossier en vue d’un nouveau
dépôt.
« 10 » Les requêtes d’information D’AMMC
Les remarques :
Aux dates prévues dans le calendrier envoyé, l’AMMC envoie ses remarques.
Ces dernières portent sur les informations contenues ou devant être contenues dans la note
d’information. L’envoi des remarques s’effectue par courrier électronique.
Les demandes de documents :
Le calendrier prévoit l’envoi de demandes de documents que l’AMMC juge nécessaires à
l’instruction de l’opération envisagée.
Outre les demandes de documents prévues dans le calendrier, au fur et à mesure du traitement
du dossier d’information, l’AMMC peut demander d’autres documents complémentaires.
L’envoi des demandes de documents s’effectue par courrier électronique.

« 11 »Réunion avec le management


L’AMMC prépare pendant l’instruction du dossier d’introduction en bourse un questionnaire
qui sera envoyé à la date prévue dans le calendrier.
Ce questionnaire sert de base à la réunion avec le management de la société, à laquelle
assistent les conseillers financiers et juridique et fiscal, ainsi que les commissaires aux
comptes.
« 12 »Coordination avec la BVC
Préalablement au visa de la note d’information par l’AMMC, la société gestionnaire de la
bourse de Casablanca arrête le calendrier de l’opération.
1. Dépôt du dossier d’admission
En concertation avec le management de la société, le conseiller financier dépose à la Bourse
de Casablanca « un dossier d’admission ».
L’émetteur qui demande l’admission de ses titres à la cote de la Bourse des Valeurs doit
adresser à la Société Gestionnaire un dossier juridique qui comporte notamment les
documents suivants:
• la demande d’admission à la cote de la Bourse des Valeurs, désignant le ou les conseillers
mandatés à cet effet ;
• les procès-verbaux des instances de décision ayant décidé l’opération, et défini les modalités
de sa réalisation ;
• le projet de la convention régissant les membres du syndicat de placement, le cas échéant;
• le projet de calendrier d’inscription des titres concernés par l’opération d’admission ;
• l’attestation d’admission des titres aux opérations du Dépositaire Central.
Le dépôt du dossier se fait au plus tard un mois après le dépôt du dossier d’information auprès
d’AMMC
« 13 »VISA DE LA NOTE D’INFORMATION
Après intégration de l’ensemble des remarques du l’AMMC et après que l’émetteur et ses
conseillers aient fourni toutes les réponses à ses requêtes, l’AMMC reçoit la note
d’information définitive.
A ce stade, la veille du jour du visa au plus tard, le conseiller financier devra faire parvenir à
l’AMMC :
La convention de placement des titres signée par tous les membres du syndicat, l’ensemble
des attestations signées et légalisées par les représentants légaux, les commissaires aux
comptes, et les conseillers de l’opération.
« 14 »Publication de l’extrait de la note d’information
Le conseiller financier prépare un extrait de note d’information, dont le contenu est fixé par
l’AMMC.
L’extrait de la note d’information est préparé le jour du visa et devra être validé par l’AMMC
avant visa.
Cet extrait, reflétant fidèlement les informations contenues dans la note d’information, devra
être publié par l’émetteur au plus tard 5 jours avant le début de la période de souscription,
dans un journal d’annonces légales.
En outre, des résumés de la note d’information en langues arabe et anglaise sont, également,
établis et validés par l’AMMC avant visa

Selon le règlement général de la BVC :


« 15 » L’Article 1.2.13
La procédure de l’offre à prix ferme consiste à mettre à la disposition du public une quantité
de titres en fixant un prix ferme. Les ordres présentés par les souscripteurs sont
obligatoirement stipulés à ce prix. L’allocation des titres se fait suivant un rapport entre
l’offre et la demande et en fonction d’une méthode d’allocation préalablement annoncée par
la Société Gestionnaire.
« 16 »Article 1.2.14
L’Offre à Prix Minimal consiste à mettre à la disposition du public une quantité de titres en
fixant un prix minimal de vente. Les souscripteurs présentent leurs ordres à ce prix ou à un
prix supérieur.

« 17 »Article 1.2.15
L’Offre à Prix Ouvert consiste à mettre à la disposition du public une quantité de titres en
fixant une fourchette de prix. Les souscripteurs présentent leurs ordres à un cours appartenant
à la
V. Contrôle de l’AMMC :

1. La mission du contrôle sur les intervenants du marché des capitaux :


Comme il a été initié au niveau de l’article 3 (alinéa 3 et 4), de la loi N° 43-12, relative à
l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux, parmi les missions que l’AMMC doit assurer,
en tant qu’Organe de régulation dudit marché, est d’assurer le contrôle de l’activité des
différents organismes et personnes soumis à son contrôle, ainsi de s’assurer que l’information
devant être fournie, en instruments financiers, aux investisseurs et au public, est établie et
diffusée conformément aux Lois et règlements en vigueur.
L’AMMC s’assure aussi du respect de la législation et de la réglementation en vigueur
relatives à la lutte contre le blanchiment de capitaux, par les personnes et les organismes
placés sous son contrôle, visés à l’article 4 de la même loi, conformément auxdites législation
et réglementation.

2. Organismes et personnes soumis au contrôle de l’AMMC :


L’AMMC exerce les attributions de contrôle qui lui sont dévolues par les législations en
vigueur vis-à-vis des organismes et personnes soumis à son contrôle et visés au niveau de
l’article 4 de la même loi et s’assure que ceux-ci respectent les dispositions législatives et
réglementaires qui leur sont applicables, notamment celles relatives:

Aux sociétés de bourse : Les sociétés de bourse sont des intermédiaires qui ont pour
objet principal l’exécution des transactions sur les valeurs mobilières sur le marché boursier.
Les sociétés de bourse ne peuvent exercer qu’après agrément du Ministre chargé des finances
sur avis de l'AMMC.

Aux organismes de placement collectif en valeurs mobilières


(OPCVM) : Organisme de Placement Collectif en Valeurs Mobilières (OPCVM) est un
organisme financier qui a pour vocation : La collecte de l’épargne auprès des investisseurs
pour la placer dans des valeurs mobilières selon des critères bien défini. Ainsi, cela permet de
constituer un portefeuille de valeurs mobilières.
Les OPCVM permettent donc à tout investisseur de se constituer un portefeuille de titres, qui
est géré de manière optimale par des professionnels du domaine.

Au dépositaire central-MaroClear : Le dépositaire central est un organisme chargé


d’assurer la conservation des titres pour le compte de ses affiliés et de gérer le système de
règlement livraison. C’est une composante  centrale dans l’organisation des flux des titres
dans un marché financier et, en particulier, dans un environnement de titres dématérialisés,
lequel apporte la sécurité et la fluidité nécessaires au bon fonctionnement des processus post-
marché.   

Aux teneurs de comptes : Les teneurs de comptes sont des intermédiaires financiers
habilités, qui offrent les services suivants :
 Conservation des titres et des espèces et gestion des titres nominatifs ;
 Réalisation des OST (Opération Sur Titre) pour le compte des clients ;
 Réalisations de diverses opérations sur les marchés financiers (bourse,
souscriptions rachats de parts ou actions d’OPCVM, marché monétaire, transferts
de titres et Offre Publique de Vente OPV) ;
 Etablissement dépositaire d’OPCVM (uniquement les banques agréées et la
CDG) ;
 Gestion des comptes d’intermédiaires étrangers (Custody) ;
 Services aux émetteurs (centralisation des OST et des OPV) ;
 Gestion de mandats de comptes courants de teneurs de comptes et d’émetteurs
affiliés sous mandat ;
 Sous-traitance globale ou partielle pour d’autres teneurs de comptes.

Aux organismes de placement en capital-risque et à leur société de


gestion : Un OPCR est un fonds d’investissement, ayant pour objet le financement de
PME, principalement marocaines et non cotées, à travers l’acquisition de titres de capital,
l’acquisition de titres de créances (convertibles ou non en titres de capital) et l’octroi
d’avances en compte courant d’associés.
 
Un OPCR est géré par une société de gestion et est détenu collectivement, sous forme de parts
ou d’actions, par des investisseurs.
On distingue deux formes juridiques d’OPCR :
 le Fonds Communs de Placement à Risque (FCPR), qui n’a pas la personnalité
morale et qui est une copropriété d’actifs émettant des parts ;
 la Société de Capital-Risque (SCR), qui est une société par actions.

Aux fonds de placements collectifs en titrisation  : Un FPCT est une


copropriété, n’ayant pas la personnalité morale, qui a pour objet exclusif d’acquérir des
créances d’un ou plusieurs établissements initiateurs, au moyen de l’émission de parts ou de
titres de créances. Les flux d’intérêt et de remboursement sur ces créances sont alors perçus
par le FPCT qui les reverse aux investisseurs acquéreurs des parts ou titres de créances qu’il a
émis.

Aux Trader, Broker et Négociateurs  : Au Maroc, l'émergence des sociétés de


bourse, comme conséquence de la réforme de la Bourse en 1993 a conduit à l'apparition de
ces métiers sur le marché boursier.

Mais ce qu'il faut souligner, c'est que ces intervenants, à savoir le trader, le broker et le
négociateur, ont des fonctions complémentaires et interdépendantes.

Le trader est en fait un négociant qui travaille pour le compte de la société de bourse. Il a pour
fonction de gérer le portefeuille de la "maison" tout en gardant les yeux rivés sur le bilan de sa
société. Mais il faut bien préciser que le trader n'est pas toujours un contrepartiste qui réalise
des transactions pour le compte de la société qui l'emploie. Certains traders concluent des
transactions au profit de plusieurs sociétés. Dans ce cas, le trader remplit la même fonction
que le broker mais sans pour autant conseiller ses clients.

Le broker, lui, a une fonction par essence commerciale. Il achète et/ou vend des titres pour le
compte de tiers auprès desquels il assure aussi une mission de conseil.
Pour réaliser ses transactions, le broker s'adresse d'abord au trader qui travaille au sein de la
même société. Au cas où celui-ci n'est pas intéressé, il cherchera acquéreur ou vendeur sur le
marché. Il peut même s'adresser aux traders des autres sociétés au risque de leur réserver une
part de sa commission.

Ainsi, il s'avère que le trader et le broker exercent des fonctions qui sont complémentaires.
Néanmoins, il faut signaler que ces deux métiers peuvent être assurés par la même personne
qui portera dans ce cas une double casquette. Cette situation se trouve notamment dans les
marchés embryonnaires.

"Il n'en demeure pas moins que la séparation stricte de ces métiers est indispensable pour le
développement des différents compartiments du marché", souligne un responsable de société
de bourse. Notons au passage que cette séparation est déjà perceptible sur le marché de
change, mais elle se fait encore attendre sur les autres compartiments tels que celui des
actions ou des produits dérivés.

"Le cumul de ces deux fonctions par une même personne risque de créer un conflit d'intérêt",
souligne un trader. "En effet, le trader-broker sera tenté de privilégier les intérêts de la société
de bourse au détriment de ceux des tiers et ce, en réalisant des transactions au profit de la
maison avant de penser aux intérêts des tiers", explique-t-il.

Quant au négociateur il se situe en aval de la chaîne. Il ne fait qu'exécuter les ordres du


broker.

Aux Compensateurs : Le compensateur boursier est l'équivalent des chambres de


compensation bancaire, agissant aussi sur le marché financier. Le rôle du compensateur est de
s'assurer que les titres achetés soient payés, et livrés à l'acheteur simultanément.

Le compensateur est bien sûr agréé par les autorités financières du marché sur lequel il opère.
Il travaille en collaboration avec elles, pour le dénouement transparent des transactions, la
sécurisation des échanges, et, globalement, toute action qui peut protéger les investisseurs et
favoriser la confiance et la prédictibilité des achats à terme.

Parfois, des négociateurs sont également compensateurs.

3. Les habilités de l’AMMC en matière de contrôle :


L’AMMC est habilitée à demander aux personnes et aux organismes relevant de son contrôle,
visés ci-dessus, la communication de tous documents et renseignements nécessaires à
l’accomplissement de ses missions. Elle en détermine la liste, le contenu et le modèle, ainsi
que les supports et les délais de transmission, conformément à la législation en vigueur.
L’AMMC est habilitée à effectuer à tout moment des contrôles sur place et sur pièces auprès
de ces personnes et de ces organismes, afin de s’assurer qu’ils respectent les dispositions
législatives et réglementaires s’appliquant à leurs activités. Ces contrôles sont effectués par
les agents cités à l’article 34 de cette même loi. Ils peuvent être exercés auprès des filiales
desdites personnes ou organismes ou des personnes morales qu’ils contrôlent, au sens des
articles 143 et 144 de la loi n° 17-95 relative aux sociétés anonymes.

4. Recherche et constatation des infractions et sanctions pénales :

i. La recherche et la constatation des infractions Boursières:


L'article 32 de la loi 43-12 dicte que pour la recherche et la constatation des infractions à la
présente loi et aux législations prévues pour chacun des organismes et personnes soumis au
contrôle, l’AMMC est habilitée à procéder à des enquêtes auprès de ces entités.
La recherche et la constatation des infractions précitées sont effectuées par des agents
spécialement commissionnés à cet effet par l’AMMC, à savoir les officiers et agents de police
judiciaire. Lesdits agents doivent être assermentés et porteurs d’une carte professionnelle
délivrée par l’AMMC, faisant mention de l’assermentation.
Ils doivent prêter le serment prévu par le dahir du 5 joumada II 1332 (1er  mai 1914) relatif au
serment des agents verbalisateurs, Ces agents précités de l’AMMC sont astreints au secret
professionnel sous peine des sanctions prévues à l’article 446 du code pénal.
Ils peuvent, en outre, dans le cadre de la recherche des infractions mentionnées au premier
alinéa du même article, demander les informations et les renseignements qu’ils jugent
nécessaires, auprès de toute personne susceptible de détenir des informations indispensables à
cette recherche.

ii. Infractions Boursières et sanctions pénales associées :


La répression des infractions boursières :
La philosophie de la répression des infractions boursières se résume en une phrase comme a
dit M. J. Cosson: « La bourse est un jeu où, comme tous les jeux, chaque gain se réalise au
détriment de ceux qui perdent. Il faut que les chances des joueurs soient égales »1. « L’aspect
pénal de la répression s’explique par le fait que les infractions boursières ne menace pas
seulement des intérêts individuels, mais la structure même de l’Etat et, plus largement, celle

1
D. VIDAL, Grands arrêts du droit des affaires, SIREY, 1992. P 493.
du marché, car elle met en cause la confiance du public dans le système financier
économique et social »2.
La répression des délits boursiers au Maroc, semble ne pas atteindre encore sa maturité
juridique : elle reste toutefois théorique et loin de dissuader les auteurs d’utiliser ces
agissements illicites. Lorsqu'un praticien doit présenter un exposé sur les délits boursiers en
droit marocain, il doit en réalité pratiquement se transformer en théoricien du droit tant cette
matière a fait l'objet de peu de cas d'application au Maroc. Paradoxalement, ce caractère
quelque peu "théorique" de la matière n'a pas empêché qu'elle soit très abondamment étudiée
par la doctrine, à tel point qu'elle est un des sujets de droit financier le plus "privilégié" par les
auteurs. Les délits financiers ont sans conteste vu leur importance s'accroître au Maroc ces
dernières années. Le délit d'initié est certainement le plus connu d'entre eux, en raison de la
médiatisation dont ont fait ou font l'objet certaines affaires.
Néanmoins d'autres infractions existent dans le domaine boursier, qui poursuivent toutes le

même objectif que le délit d'initié, à savoir vouloir fausser le jeu normal du marché. Il faut en
effet souligner que la sécurité offerte par une place financière constitue l'un des principaux
éléments de sa compétitivité vis à vis des autres places, en ce qu'elle fonde la confiance des
investisseurs. C'est pourquoi chaque Etat s'efforce, notamment au moyen de sa législation, de
moraliser les transactions afin d'assurer à son marché national un certain degré d'intégrité.

2
DUCOULUX/ FAVARD/ RONTCHEVSKY, Infractions boursières, JOLY, 1997, p403.
Infractions financières et sanctions :

** Le Délit d’initié :


Il est assimilé à une spéculation illicite sur le marché, pourtant, Le délit d’initié reste toujours
mal compris dans les milieux d’affaires. Il est vrai que dans le domaine de la Bourse, les
spéculations sont admises et presque recommandées car elles aident à régler le marché des
capitaux. Mais la notion « d’opération d’initié » et celle de spéculation sont distinctes voire
antinomiques dans la mesure où le spéculateur prend un risque, alors que l’initié pense gagner
à coup sûr3. De ce fait, l’égalité qui doit régner entre les spéculateurs en bourse est rompue
lorsque des personnes utilisent des informations privilégiées obtenues à l’occasion de leurs
fonctions aussi bien que la communication de ces informations à un tiers.

On entend par information privilégiée toute information encore inconnue du public, relative,
directement ou indirectement, à un ou plusieurs émetteurs d’instruments financiers ou à un ou
plusieurs instruments financiers et qui est susceptible une fois connue du public, d’affecter le
cours des instruments financiers concernés ou y afférents4.

iii. Conclusion :
Les délits boursiers créent un dommage à l'économie du fait de la réduction de l'efficience
informationnelle du marché qui nuit à l'investissement des entreprises. Cette infraction
boursière menace la structure même de l'Etat et plus largement, celle du marché car elle met
en cause la confiance du public dans le système financier, économique et sociale, en plus les
préjudices individuels cependant les victimes n'ont pas toujours connaissance ni conscience
du préjudice qu'elles subissent.
Les délits boursiers présentent plusieurs problèmes pratiques et les enjeux qui en découlent
sont multiples et de taille :
En ce qui concerne la preuve : la matérialisation de l'infraction est pratiquement difficile,
d'une part; d'autre part, les auteurs de ces infractions ne sont pas des délinquants ordinaires, ce
sont même des acteurs très actifs du monde des affaires, de qui souvent dépend la situation de
conflit d'intérêt qui rend leur situation aussi sensible que tabou ;
Quant à la sanction, elle se voit sévère. Cependant, sous réserve d'un effet de réputation
particulièrement fort qu'imposerait la condamnation en elle-même, les montants d'amendes
sont insuffisants pour dissuader les initiés d'utiliser ces pratiques illicites puisque les profits
réalisés sont toujours énormes.
Finalement, au Maroc comme partout au monde ces délits existaient et existeront toujours,
tant que la culture d'éthique professionnelle ne s'installe dans la scène des affaires et tant que
l'intérêt social est toujours empiété par des pratiques qui alimentent un intérêt privé égoïste.

3
Pr. [Link], « la bourse et les initiés » sur l’économiste, date de 14/03/2002.
4
Loi 43-12, Article 42, Alinéa 2.
SOURCES BIBLIOGRAPHIQUE :

 [Link]
 Guide des introductions en bourse des sociétés, version mise à jour en juin 2012
 Règlement général de la bourse de Casablanca
 Loi 43-12 relative à l’AMMC
 D. VIDAL, Grands arrêts du droit des affaires, SIREY, 1992. P 493.
 DUCOULUX/ FAVARD/ RONTCHEVSKY, Infractions boursières, JOLY, 1997, p403.
 Pr. [Link], « la bourse et les initiés » sur l’économiste, date de 14/03/2002.

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The AMMC ensures oversight of Maroclear by requiring it to send necessary documents and information per a defined schedule . The AMMC can order audits via external auditors upon the finance minister's request or its own . Additionally, the AMMC can conduct investigations and communicate with external advisors for reports . Maroclear must also publish financial statements in a legal journal six months after the fiscal year-end .

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