Anatomie Main
Anatomie Main
Carpe
Le carpe est formé de 8 os, disposés sur 2 rangées.
• La 1ère rangée, proximale, est formée par :
–– le scaphoïde,
–– le semi-lunaire (lunatum),
–– le triquetrum (ex-pyramidal),
–– et le pisiforme
• La 2ème rangée, distale, comprend également 4 os :
–– le trapèze,
–– le trapézoïde,
–– le capitatum (ex-grand os),
–– et l’hamatum (ex- os crochu). Ce dernier pré-
sente un crochet, ou hamulus (ex- apophyse
unciforme).
Figure 652. Canal carpien.
A. Coupe au niveau de la première rangée
B. Coupe au niveau de la deuxième rangée.
Métacarpe
Comme les doigts, les métacarpiens sont numérotés
de 1 (pour le pouce) à 5 (pour le petit doigt).
Le 1er métacarpien s’articule avec le trapèze. Cette
articulation trapézo-métacarpienne est une articu-
lation « en selle », qui permet les mouvements de
circumduction du pouce. Celle dernière résulte de la
combinaison de mouvements élémentaires, qui peu-
vent se décomposer selon 2 axes principaux : l’un,
perpendiculaire au plan de la paume, est celui de
l’antépulsion-rétropulsion. L’autre, parallèle au plan
de la paume, est celui d’abduction-adduction. La
circumduction qui en résulte est dite « opposition »
lorsqu’elle se fait dans le sens de la fermeture de la
pince, et « reposition » lorsqu’elle se fait dans le sens
inverse (figure 653).
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Manuel de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique
Phalanges
Chaque doigt a trois phalanges : Figure 654. Articulation métacarpo-phalangienne des doigts.
• Proximale, ou 1ère phalange (P1) Les ligaments latéraux sont détendus en extension (A) et tendus
en flexion (B). C’est donc en flexion qu’il faut immobiliser cette
• Moyenne, ou 2ème phalange (P2) articulation pour éviter la rétraction irréversibles des ligaments.
• Distale, ou 3ème phalange (P3)
Le pouce n’a que deux phalanges (P1 et P2).
Les articulations métacarpo-phalangiennes (MP, ou L’articulation MP du pouce présente aussi 2 liga-
MCP) des doigts réunissent la tête du métacarpien à ments latéraux et une plaque palmaire. Elle présente
la base de la phalange proximale correspondante par aussi 2 os sésamoïdes constants (figure 655) :
2 structures : • Le sésamoïde ulnaire, contenu dans le tendon de
• Les ligaments latéraux (radial et ulnaire), qui ont l’adducteur du pouce, et qui s’insère sur la base
la particularité d’être tendus lorsque l’articulation de P1 du pouce.
est fléchie, et détendus lorsque l’articulation est • Le sésamoïde radial, contenu dans les tendons
étendue, ce qui permet alors à l’articulation des du court fléchisseur et du court abducteur, et qui
mouvements de latéralité. Cette particularité ré- s’insère sur la base de P1 du pouce.
sulte de la forme de la tête du métacarpien, qui a Lorsqu’une entorse grave rompt l’insertion distale
un profil spiralé (figure 654). La conséquence cli- sur la base de P1 du ligament latéral ulnaire de la MP
nique fondamentale est que, pour éviter la rétrac- du pouce, le tendon de l’adducteur s’interpose entre
tion définitive des ligaments latéraux, la position le moignon proximal de ce ligament rétracté et son
d’immobilisation des articulations MP des doigts insertion distale (lésion de Stener), ce qui empêche la
est la flexion à 90° et non l’extension. cicatrisation spontanée du ligament, et oblige donc à
• La plaque palmaire, qui est un fibro-cartilage so- sa réparation chirurgicale.
lidement inséré sur la face palmaire de la base de
P1. Latéralement, la plaque palmaire reçoit l’in-
sertion de la partie « en éventail » des ligaments
latéraux. Du côté proximal, elle s’insère de façon
lâche sur le col du métacarpien. Les plaques pal-
maires MP des 4 doigts sont reliées entre elles par
les 3 bandelettes du ligament transverse intermé-
tacarpien profond.
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Manuel de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique
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Manuel de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique
autres pour gagner les doigts. Chaque tendon est correspondant dans la gaine ostéo-fibreuse du doigt
placé en avant du tendon profond correspondant, au niveau MP. Au niveau de la paume, les tendons
avec lequel il s’engage dans la gaine ostéofibreuse du fléchisseurs profonds donnent insertion aux muscles
doigt (figure 657). Au niveau de l’articulation MP, cha- lombricaux (voir plus loin). Les 1er et 2ème lombri-
que tendon superficiel se déprime en gouttière dont caux, destinés aux 2ème et 3ème doigts, naissent au
la concavité postérieure moule la face antérieure du bord radial du tendon fléchisseur profond correspon-
tendon fléchisseur profond. Au niveau de P1, il se dant. Les 3ème et 4ème lombricaux, qui sont desti-
divise en deux languettes latérales qui contournent nés aux 4ème et 5ème doigts, naissent d’un plexus
les deux côtés du tendon profond. Ces languettes tendino-membraneux qui unit par un cadre fibreux
s’entrecroisent partiellement derrière lui au niveau les tendons fléchisseurs profonds des trois derniers
de l’articulation IPP, formant le chiasma tendineux doigts. Ce dispositif, s’ajoutant à celui de l’avant-bras,
de Camper, et s’insèrent sur les bords latéraux de la contraint les fléchisseurs profonds des trois der-
base et de la partie moyenne de P2. L’action du flé- niers doigts à une interdépendance fonctionnelle.
chisseur superficiel est la flexion de l’articulation IPP. Les 3ème et 4ème lombricaux s’insèrent également
Il contribue aussi à éviter son hyperextension. Nor- sur les tendons fléchisseurs superficiels des 4ème et
malement, le fléchisseur superficiel ne se contracte 5ème doigts. Dans le canal digital, chaque tendon
pas dans la flexion isolée du doigt (seul le fléchisseur fléchisseur profond passe dans le dédoublement
profond intervient), mais seulement contre résis- du tendon superficiel, et présente au niveau de P2
tance (préhension) et/ou lorsque les articulations une fente sagittale incomplète. Il se termine en s’in-
interphalangiennes distales (IPD) restent étendues sérant en éventail sur la base de la phalange distale
(testing). L’innervation du fléchisseur commun su- (P3). L’action du fléchisseur profond est la flexion des
perficiel est assurée par le médian, avec des fibres deux interphalangiennes du doigt, qui sont toujours
qui proviennent de C8 et T1. associées par les ligaments rétinaculaires du système
latéral (voir anatomie de l’appareil extenseur). Ainsi,
le fléchisseur profond est le principal fléchisseur des
doigts. Le fléchisseur profond a une innervation qui
provient du médian et du nerf ulnaire. Seul le fais-
ceau destiné à l’index est toujours innervé par le
nerf interosseux antérieur, branche du médian. Le
faisceau destiné au 3ème doigt est innervé de façon
exclusive par ce même nerf dans 50% des cas envi-
ron. Dans l’autre moitié des cas, l’innervation ulnaire
Figure 657. Tendons fléchisseurs des doigts. interfère avec l’innervation médiane à des degrés
1. Fléchisseur superficiel divers. Quant aux faisceaux du fléchisseur profond
2. Fléchisseur profond.
destinés aux 4ème et 5ème doigts, ils sont en règle
innervés par le nerf ulnaire.
Le fléchisseur commun profond des doigts (flexor
Le long fléchisseur du pouce (flexor pollicis longus,
digitorum profundus, FDP). Le fléchisseur commun
FPL). Le long fléchisseur du pouce naît de la face an-
profond naît des deux tiers supérieurs de la face an-
térieure du radius et de la membrane interosseuse,
térieure de l’ulna et de la membrane interosseuse.
où il est séparé du fléchisseur profond de l’index par
Le muscle se divise dès le tiers moyen de l’avant-bras
le nerf et les vaisseaux interosseux antérieurs. Son
en deux segments distincts : radial correspondant à
tendon, apparu très haut, traverse le canal carpien
l’index, et ulnaire correspondant aux trois derniers
dont il occupe le côté radial, puis se réfléchit sur le
doigts. Au tiers inférieur de l’avant-bras, les fibres
tubercule du trapèze et se porte entre les deux fais-
musculaires se poursuivent par deux groupes de
ceaux du court fléchisseur du pouce, à la face pal-
tendons : externe, tendon unique pour l’index, et in-
maire du premier métacarpien. Il s’engage dans la
terne, masse commune d’un nombre variable de 7 à
gaine ostéo-fibreuse du pouce et se termine sur la
12 tendons qui ne se regrouperont en trois tendons
face antérieure de la base de la deuxième phalange
digitaux que dans le canal carpien. Entre ces trois
du pouce. Innervé par le nerf interosseux antérieur,
derniers tendons, des connexions intertendineuses
branche du médian, il a pour action de fléchir l’arti-
convergent distalement en M vers le tendon du 4ème
culation interphalangienne (IP) du pouce. Il ne fléchit
doigt. Ce dispositif empêche la flexion des phalanges
que très peu la MP, mais participe à la force de la
distales des 3ème et 5ème doigts lorsque le 4ème
pince par son action d’adduction sur la trapézo-mé-
est passivement étendu. C’est sur lui que repose la
tacarpienne lorsque les articulations IP et MP sont
« manoeuvre du quadrige » de Verdan, qui examine
stabilisées.
séparément l’action de chaque tendon superficiel en
éliminant celle des fléchisseurs profonds par exten- Les gaines des fléchisseurs. Les tendons fléchisseurs
sion passive complète des trois autres doigts. Dans la possèdent deux sortes de gaines : synoviale, et os-
paume, les quatre tendons fléchisseurs profonds di- téo-fibreuse.
vergent et chacun s’engage avec le tendon superficiel
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Manuel de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique
Figure 660. Poulies de la isolé dans une cavité articulaire de lapin. C’est un ar-
gaine du long fléchisseur gument qui justifie la réparation de la gaine synoviale
du pouce.
1. Poulie annulaire A2 lorsqu’elle est possible.
2. Poulie annulaire A1 Les zones topographiques des tendons fléchisseurs.
3. Poulie en Y
3. Court abducteur La classification internationale divise les fléchisseurs
5. Court fléchisseur des doigts en 5 zones topographiques (figure 661) :
6. Long fléchisseur.
7. Adducteur du pouce.
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Manuel de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique
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Manuel de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique
Figure 663. Le système exten- postérieurs de l’avant bras, c’est celui dont le corps
seur au dos du doigt. musculaire descend le plus bas, parfois jusque sous
Le tendon extenseur (A) se di-
vise en une bandelette médiane le ligament annulaire dorsal. Son tendon passe en
(B) et deux bandelettes latérales arrière de l’extrémité inférieure du radius, dans la
extrinsèques (C). même gaine ostéofibreuse que les tendons de l’ex-
La bandelette latérale intrinsè- tenseur commun (4ème compartiment). Au dos de la
que (D) fournit les fibres distales
médianes (E) qui s’unissent à la
main, l’extenseur propre est placé du côté ulnaire
bandelette médiane du tendon par rapport au tendon de l’extenseur commun des-
extenseur pour former le ten- tiné à l’index. Il est en outre plus profond puisque
don conjoint proximal (G), et situé sous le fascia qui unit entre eux les tendons ex-
les fibres distales latérales (F) tenseurs communs des 2ème et 3ème doigts. Il s’unit
qui s’unissent à la bandelette
latérale du tendon extenseur avec l’extenseur commun de l’index au voisinage de
pour former le tendon conjoint la MP et se termine avec lui comme il a été dit. Son
latéral (H), qui se termine avec action est la même que celle de l’extenseur commun,
son homologue sur le tendon c’est à dire essentiellement l’extension MP de l’index.
conjoint distal (I).
Comme pour le 5ème doigt, cette extension isolée
est possible même si les 3 autres MP sont fléchies.
Son innervation provient aussi du nerf interosseux
postérieur.
L’appareil extenseur
On appelle « appareil extenseur » la réunion de deux
systèmes, tendineux et rétinaculaire.
• Le système tendineux associe les tendons ter-
minaux des muscles intrinsèques (lombricaux et
interosseux) à ceux des muscles extrinsèques (ex-
Action. Les tendons de l’extenseur commun des tenseur commun des doigts, extenseurs propres
doigts ont pour rôle essentiel l’extension des arti- du 2ème et du 5ème doigt).
culations MP. Ils ne contribuent à l’extension inter- • Le système rétinaculaire a pour fonction de stabi-
phalangienne que lorsque les MP ne sont pas en hy- liser le système tendineux et de réaliser des effets
perextension. L’extension MP est liée non pas tant à ténodèse. Au niveau de l’articulation interphalan-
l’inconstante expansion centrale profonde du tendon gienne proximale (IPP), le système rétinaculaire
extenseur sur la base de la phalange proximale, que peut être divisé en 2 groupes, dorsal et latéral.
surtout aux bandelettes sagittales, qui sont le vérita- –– Le système rétinaculaire dorsal, situé au dos
ble facteur limitant la course de l’extenseur. de l’articulation, est constitué par des fibres
Innervation. L’extenseur commun est innervé par transversales qui unissent entre elles les 2
des rameaux postérieurs de la branche postérieure bandelettes latérales de l’extenseur (figure
du radial (ou nerf interosseux postérieur), avec des 664). La partie distale de ces fibres s’appelle le
fibres qui proviennent de C7 et C8. ligament triangulaire, situé au dos de la pha-
lange moyenne, distal après l’insertion de la
L’extenseur propre du 5ème doigt (extensor digiti bandelette médiane, et jusqu’à l’union sur la
minimi, EDM) phalange distale des deux bandelettes latéra-
L’extenseur propre du 5ème doigt naît aussi de les de l’extenseur. La partie proximale de ces
l’épicondyle. Son tendon passe en arrière de l’arti- fibres s’appelle les fibres arciformes ou fibres
culation radio-ulnaire inférieure, dans une gaine os- spirales, située entre les précédentes et le ten-
téo-fibreuse qui lui est propre (5ème compartiment). don conjoint extenseur proximal. Le rôle de ce
Particulièrement développé, son tendon se divise système rétinaculaire dorsal est de limiter le
généralement en 2 ou 3 bandelettes tendineuses qui déplacement en direction palmaire des ten-
s’unissent au voisinage de l’articulation MP du 5ème dons conjoints latéraux de l’extenseur lors de
doigt au tendon que lui envoie l’extenseur commun, la flexion du doigt.
avec lequel elle se termine comme il a été dit. Son
action essentielle est l’extension MP du 5ème doigt.
Cette action est possible isolément, même si les 3
autres MP sont fléchies, bloquant ainsi l’extenseur
commun. Son innervation provient aussi du nerf in-
terosseux postérieur.
615
Manuel de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique
Figure 664. Le système rétinacu- s’insérant avec lui sur la face dorsale de
laire dorsal du doigt. la base de la phalange distale. Elle passe
1. Ligament triangulaire
2. Fibres arciformes. donc à la face dorsale de l’axe de rotation
articulaire interphalangien distal (IPD). Son
rôle essentiel est de contraindre les deux
articulations interphalangiennes du doigt,
IPP et IPD, à une flexion ou une extension
toujours associées par un effet de ténodè-
se dynamique croisée : la flexion IPD par le
fléchisseur profond entraîne automatique-
ment la flexion IPP, et l’extension IPP par
les muscles intrinsèques ou extrinsèques
entraîne automatiquement l’extension IPD.
Elle contribue aussi à prévenir l’hyperex-
tension IPP.
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La branche carpienne palmaire est une petite arté- La première métacarpienne dorsale naît de l’artère
riole qui se détache au niveau du bord distal du carré radiale juste avant qu’elle s’enfonce dans le premier
pronateur, se dirige transversalement en direction interosseux dorsal. Elle se divise alors presque aus-
ulnaire, et qui s’anastomose avec la branche car- sitôt en 2 branches, qui vascularisent les côtés cor-
pienne palmaire de l’artère ulnaire. Bien que située respondants du pouce et de l’index jusqu’au niveau
à la partie la plus distale des deux os de l’avant-bras, de l’IPP. Le plus souvent, la première métacarpienne
cette anastomose transversale est appelée arcade dorsale suit l’aponévrose du premier interosseux
carpienne palmaire. Elle reçoit comme une croix des dorsal le long du 2ème métacarpien. Parfois, elle peut
branches de l’artère interosseuse antérieure et les cheminer dans le muscle. Au niveau de P1, elle re-
branches récurrentes de l’arcade palmaire profonde. çoit des branches anastomotiques de l’artère digitale
La branche carpienne dorsale naît au niveau de la ta- palmaire radiale de l’index. Dans un petit nombre de
batière anatomique, se dirige transversalement à la cas, la première métacarpienne dorsale peut naître
face dorsale du carpe en direction ulnaire, et s’anas- d’une artère digitale dorsale ulnaire du pouce.
tomose avec la branche carpienne dorsale de l’artère
ulnaire pour constituer une arcade carpienne dorsale Artère ulnaire
qui reçoit des anastomoses des artères interosseuses Au poignet, l’artère ulnaire pénètre dans la paume
antérieure et postérieure. De cette arcade carpienne par le canal de Guyon, à la superficie du retinaculum
dorsale naissent les artères métacarpiennes dorsales des fléchisseurs, contre le bord radial du pisiforme.
des 2ème, 3ème et 4ème espaces interosseux, qui suivent Après le crochet de l’hamatum, elle s’incurve pour
ces espaces à la face dorsale des muscles interosseux former l’arcade palmaire superficielle avec la bran-
et se bifurquent chacune pour former les branches che palmaire superficielle de la radiale.
digitales dorsales des doigts correspondants. Près Ses branches principales sont :
de leur origine, les artères métacarpiennes dorsa- • La branche cutanée dorsale, quasi-constante.
les s’anastomosent avec les branches perforantes Née entre 2 et 5 cm plus proximale que le pisifor-
de l’arcade palmaire profonde. Près de leur bifurca- me, elle se dirige transversalement sous le FCU,
tion terminale, elles s’anastomosent avec les artères où elle accompagne la branche cutanée dorsale
métacarpiennes palmaires. Enfin, elles reçoivent des du nerf ulnaire. Après un trajet de 3 à 7 cm de
branches des artères digitales palmaires au niveau long, elle se divise en 3 branches :
des commissures. Au niveau du col des 2ème, 3ème et –– une branche distale, pour le pisiforme (cette
4ème métacarpien, les artères intermétacarpiennes branche naît directement de l’artère ulnaire
dorsales envoient une branche cutanée directe qui dans 1/4 des cas)
vascularise à contre-courant la peau de l’espace inter –– une branche proximale, pour le FCU
métacarpien correspondant (base du lambeau inter –– une branche moyenne, pour la peau. Cette
métacarpien dorsal à pédicule distal) (figure 671). branche devient superficielle entre la face
postérieure du FCU et la crête de l’ulna, 4 cm
en amont de la styloïde ulnaire. Elle se divise
généralement en une branche descendante
vers la face dorsale de la main, et une bran-
che ascendante longitudinale, qui vascularise
la peau du bord ulnaire de la moitié distale de
l’avant-bras, et sur laquelle est centrée le lam-
beau de Becker.
• La branche carpienne palmaire, qui s’anastomo-
se avec son homologue venue de la radiale pour
former l’arcade carpienne palmaire, déjà vue.
• La branche carpienne dorsale, qui naît juste avant
le pisiforme, se dirige transversalement sous le
tendon du FCU pour s’anastomoser à la face dor-
sale du carpe avec son homologue venue de la
Figure 671. Schéma des systèmes artériels du doigt (d’après radiale pour former l’arcade carpienne dorsale,
Gray’s anatomy).
1. Arcade carpienne dorsale
déjà vue. Près de son origine, elle émet une petite
2. artère méacaroienne dorsale branche pour la moitié ulnaire de la face dorsale
3. arcade palmaire profonde du 5ème doigt.
4. artère métacarpienne palmaire. • La branche palmaire profonde passe dans la bou-
5. Arcade palmaire superficielle. tonnière du plancher de la loge de Guyon, entre
6. Artère digitale palmaire commune.
7. branche cutanée directe l’abducteur et le fléchisseur du 5ème doigt, pour
s’anastomoser avec l’artère radiale et former l’ar-
cade palmaire profonde . (figure 672) Souvent
double (proximale et distale), elle accompagne la
branche profonde du nerf ulnaire.
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Manuel de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique
et l’artère principale du pouce (princeps pollicis). tive des branches palmaires profondes proximale
Cette dernière suit le premier métacarpien sous et distale de l’artère ulnaire. La branche palmaire
le faisceau oblique de l’adducteur du pouce. A la profonde classique (proximale) de l’artère ul-
base de P1, elle se divise sous le tendon du FPL naire se termine en effet dans plus de deux-tiers
en 2 branches, ulnaire et radiale, pour les deux des cas dans la musculature hypothénarienne.
côtés du pouce. Comme pour les doigts, ces deux Sa contribution à l’arcade palmaire profonde est
artères s’anastomosent transversalement entre alors remplacée par une branche distale qui peut
elles au niveau du col de P1, sous les ligaments naître d’elle, ou de l’arcade palmaire superficielle
de la plaque palmaire MP. Elles s’anastomosent ou d’une de ses branches.
aussi au niveau de la pulpe de la phalange dis- • L’artère radiale de l’index peut naître de l’arcade
tale. Souvent, l’artère radiale de l’index et l’artère palmaire superficielle, ou de la première artère
principale du pouce s’anastomosent entre elles et métacarpienne dorsale.
avec l’arcade palmaire superficielle au niveau du
bord distal du faisceau transversal de l’adducteur
du pouce. VEINES
Au niveau des doigts, le drainage veineux se fait par
2 systèmes : profond et superficiel.
Le système profond n’est en fait représenté que par
les veines collatérales des artères digitales palmaires.
Très grêles, ces veines n’existent que dans la partie
plus proximale que l’IPP.
Le système superficiel est à prédominance dorsale.
Le réseau veineux longitudinal est anastomosé par
des veines obliques et transversales. Le réseau su-
perficiel palmaire se draine à la fois dans le réseau
dorsal par des anastomoses obliques, et dans une
arcade palmaire située le long du bord distal du liga-
ment transverse superficiel de l’aponévrose palmaire
moyenne. Cette arcade palmaire se draine dans le
réseau métacarpien dorsal par les veines intercapi-
tulaires, qui traversent les commissures de palmaire
en dorsal (figure 674).
Variations anatomiques.
• L’arcade palmaire superficielle peut être complète
ou incomplète.
–– Elle est complète dans 42% des cas, corres-
pondant le plus souvent à la description déjà
vue, ou plus rarement formée par l’artère du
nerf médian, qui complète ou qui remplace la
branche palmaire superficielle de la radiale.su-
perficielle. Elle peut aussi être double.
–– Elle est incomplète dans 58% des cas, formée
soit par l’artère ulnaire seule, qui fournit tou-
tes les branches digitales palmaires, soit par
l’artère ulnaire et par l’artère du nerf médian
et/ou l’artère radiale.
• L’arcade palmaire profonde n’est incomplète que Figure 674. Drainage veineux du doigt (d’après Schmidt).
dans moins de 5% des cas. Le reste de ses varia- 1. veine métacarpienne transverse superficielle
tions ne provient que de la contribution respec- 2. Veine intercapitulaire, drainant le sang vers le dos de la main.
623
Manuel de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique
Le réseau veineux dorsal de la main est constitué par Ces 5 branches terminales, qui s’engagent sous l’ar-
les veines métacarpiennes dorsales, richement anas- cade vasculaire palmaire superficielle sont, de de-
tomosées entre elles par des arcades qui reçoivent le hors en dedans (figure 675) :
réseau veineux dorsal des doigts, ainsi que le réseau • La branche thénarienne (motrice) : qui suit un tra-
superficiel palmaire par les veines intercapitulaires jet récurrent en haut en avant et en dehors pour
et par d’autres veines perforantes dans les premier contourner le bord distal du retinaculum des flé-
et troisième espaces intermétacarpiens. chisseurs et se distribuer aux muscles thénariens
externes : court abducteur, opposant, et faisceau
Ce réseau veineux dorsal de la main se draine à son
superficiel du court fléchisseur.
tour vers l’avant-bras, avec une prédominance du
• Le collatéral palmaire radial du pouce : sensitif, il
système céphalique (radial) sur le système basilique
longe le bord ulnaire du court fléchisseur jusqu’à
(ulnaire). Initialement dorsaux, ces deux derniers
la MP, puis le côté radial du long fléchisseur
systèmes contournent les faces latérales de l’avant-
jusqu’à la pulpe.
bras pour gagner la région antérieure du pli du coude
• Le nerf digital du 1er espace : très court, il se bi-
et constituer le « M » veineux.
furque :
–– en collatéral palmaire ulnaire du pouce, che-
NERFS minant du côté interne du long fléchisseur,
–– et en collatéral palmaire radial de l’index, qui
Les nerfs médian et ulnaire se terminent à la main,
chemine le long du 1er lombrical, qu’il inner-
ainsi que la branche sensitive du nerf radial.
ve, puis jusqu’à la pulpe.
• Le nerf digital du 2° espace passe entre les ten-
Nerf médian dons fléchisseurs de l’index et du médian, innerve
Situé au poignet entre les tendons du FCR et du PL, le 2° lombrical, et se bifurque en nerfs collatéral
le nerf médian s’engage dans le canal carpien, A la palmaire ulnaire de l’index et collatéral palmaire
sortie du canal carpien, le médian est composé de radial du médius.
94 % de fibres sensitives et de 6 % de fibres motri- • Le nerf digital du 3° espace passe de même entre
ces. Il se divise en 5 branches terminales qui naissent les tendons fléchisseurs du médius et de l’annu-
habituellement d’une bifurcation dont la branche ex- laire, mais en principe, il n’innerve pas le 3° lom-
terne fournit les 3 premières, et la branche interne, brical. Il se bifurque en nerfs collatéral palmaire
les 2 dernières. ulnaire du médius et collatéral palmaire radial de
l’annulaire.
Les variations anatomiques principales portent sur :
• La division du médian en ses branches terminales :
qui peut être très haute, au poignet ou à l’avant
bras, habituellement en 2 troncs qui, dans le ca-
nal carpien, se diviseront normalement ; ces deux
troncs peuvent être séparés par des éléments
vasculaires ou musculaires surnuméraires.
• La branche thénarienne :
–– dont l’origine peut être dans le canal carpien
lui même (et non à sa sortie); dans ce cas, soit
elle contourne normalement le bord distal
du retinaculum, soit elle traverse ce ligament
dans un pertuis séparé
–– l’origine peut également se faire du côté ul-
naire du nerf médian, avec un trajet le long du
bord libre du ligament annulaire, dangereux
pour le chirurgien.
–– la branche thénarienne peut être double, voi-
re triple : ce qu’il faut savoir lorsqu’on répare
ces nerfs.
–– les variations du territoire moteur de la bran-
che thénarienne sont fréquentes puisque tout
peut se voir, depuis l’absence totale de cette
branche (lorsque le nerf ulnaire innerve tous
les muscles thénariens), jusqu’à l’innervation
Figure 675. Branches terminales des nerfs médian et ulnaire.
complète de tous les muscles thénariens par le
médian, qui quoique très rare, peut aussi être
liée à une anastomose de type Martin-Gruber
entre le nerf ulnaire et le médian à l’avant bras
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Manuel de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique
(15 % des membres), ou à une anastomose de • Anomalies des muscles hypothénariens, portant
type Riche-Cannieu entre ces deux nerfs à la surtout sur le court fléchisseur.
paume. • Variations déjà évoquées de la branche profonde
• Enfin, il existe de même des variations dans le de l’artère ulnaire.
territoire sensitif des faces palmaires des doigts,
La branche cutanée dorsale : sensitive
et dans le nombre des muscles lombricaux inner-
Elle naît du nerf ulnaire au tiers distal de l’avant bras,
vés ; ces variations portent sur la part respective
de 5 à 8 cm avant la styloïde ulnaire. Elle se dirige en
qu’y prennent le médian et le cubital. La zone dite
bas et dedans, passe sous le tendon du FCU, gagne
«autonome» du territoire sensitif du médian est
la face dorsale du poignet, où elle traverse l’aponé-
la pulpe de l’index.
vrose avant d’atteindre le tendon ECU. Continuant
Le nerf cutané palmaire, sensitif, est la dernière à descendre à la face dorsale du bord ulnaire de la
branche du médian à l’avant-bras, où il a déjà été vu. main, elle se divise en trois rameaux :
Il naît du côté radial du médian, le plus souvent 5 ou • interne, ou collatéral dorsal ulnaire du 5° doigt,
6 cm au dessus de la styloïde radiale, traverse l’apo- • moyen, qui descend dans le 4°espace interosseux
névrose antibrachiale entre le FCR et le PL, passe en et fournit le collatéral dorsal radial du 5° doigt, et
avant du retinaculum des fléchisseurs, et se distribue le collatéral dorsal ulnaire du 4° doigt,
par 2 branches terminales à la peau de l’éminence • externe, qui descend dans le 3° espace interos-
thénar et de la paume. Il existe des variations anato- seux et fournit deux courtes branches destinées
miques à ce nerf, qui peut être absent, ou dédoublé, à l’innervation sensitive dorsale des hémi-phalan-
ou naître très bas. Dans tous les cas, il faut surtout ges proximales : du côté radial pour le 4° doigt, et
le connaître pour éviter de le blesser lors des abords du côté ulnaire pour le 3° doigt.
chirurgicaux du poignet et du canal carpien, ce qui Les variations anatomiques principales de cette bran-
risquerait d’entrainer des névromes douloureux. che sensitive portent : soit sur son absence, suppléée
par la branche antérieure du radial qui innerve alors
Nerf ulnaire la totalité du dos de la main ; soit sur son origine, qui
Au poignet, le nerf ulnaire s’engage avec l’artère dans peut être haute à l’avant-bras, voire au coude.
le canal de Guyon, où il se divise en ses 2 branches Les branches terminales du nerf ulnaire sont au
terminales, superficielle et profonde. Le canal de nombre de deux, naissant dans le canal de Guyon.
Guyon, ostéofibreux, qui se projette sur une hauteur • La branche superficielle, essentiellement sensi-
de 15 mm environ à partir du pli de flexion cutané tive, donne un petit rameau moteur pour le mus-
distal du poignet, est situé en avant et dedans du ca- cle court palmaire et descend sous l’aponévrose
nal carpien. Sa paroi superficielle, ou toit, séparée de palmaire, en avant des muscles hypothénariens,
la peau par le muscle court palmaire, est constituée pour se bifurquer en :
par un dédoublement du rétinaculum des fléchis- –– une branche interne, qui devient nerf collaté-
seurs rejoignant le pisiforme. ral palmaire ulnaire du 5° doigt,
Sa paroi profonde, ou plancher, est constituée par le –– et une branche externe, ou nerf digital du 4°
ligament pisi-hamulien, tendu du pisiforme à l’hamu- espace, qui envoie un rameau au nerf médian
lus de l’hamatum ; il est longé plus distalement par et fournit les nerfs collatéraux palmaires radial
l’arcade fibreuse d’insertion du court fléchisseur du du 5° doigt et ulnaire du 4° doigt.
5° doigt, tendue entre les mêmes éléments, ce qui –– Le territoire sensitif palmaire du nerf ulnaire
limite ainsi une étroite boutonnière dans laquelle peut varier du seul 5° doigt au minimum, aux
s’engagent les branches profondes du nerf et de l’ar- 3 derniers doigts au maximum. La zone dite
tère ulnaires. «autonome» du territoire sensitif ulnaire est
Les variations anatomiques au niveau du canal de la pulpe du 5° doigt.
Guyon sont nombreuses, et portent essentiellement • La branche profonde, motrice (figures 672 et
sur des anomalies musculaires. 673) : fournit d’abord un rameau à l’abducteur du
• Inversion complète du palmaris longus : dont le 5° doigt, puis s’engage avec la branche profonde
tendon est à l’épicondyle médial, et le corps mus- de l’artère dans la boutonnière du plancher de la
culaire s’insère sur le retinaculum des fléchis- loge de Guyon ; elle se dirige ensuite transver-
seurs, avec souvent une bandelette accessoire qui salement en dehors, en arrière des tendons flé-
s’insère sur le pisiforme et sous laquelle s’engage chisseurs des doigts, accompagnée par l’arcade
le pédicule ulnaire. palmaire profonde qu’elle croise obliquement. Au
• Petit muscle surnuméraire cheminant dans le ca- cours de ce trajet, elle innerve successivement :
nal de Guyon et croisant le nerf avant sa division, tous les muscles hypothénariens ; tous les mus-
ou bien entre ses deux branches de division. cles interosseux, par des branches nées au niveau
• Dédoublement du palmaris longus, dont le ten- de chaque espace ; les 2 dernier lombricaux, par
don accessoire passe devant le nerf et s’insère sur des filets nés des 3° et 4° nerfs interosseux ; enfin
le toit du canal de Guyon après s’ être parfois in- l’adducteur du pouce, et le faisceau profond du
terposé entre le nerf et l’artère. court fléchisseur.
625
Manuel de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique
Enfin, comme on l’a dit pour le médian, l’existence La matrice est cachée sous le repli proximal, qui ad-
anatomique possible d’anastomoses à l’avant-bras hère à la tablette unguéale au niveau de son bord
de type Martin-Gruber, ou d’anastomoses à la pau- libre ou cuticule.
me de type Riche-Cannieu entre les nerfs médian et La région matricielle assure la production de la ta-
ulnaire est susceptible de modifier les tableaux clini- blette, dont la partie superficielle vient de la matrice
ques classiques des lésions nerveuses. proximale, et la partie profonde de la matrice dista-
le. Cette dernière correspond à la lunule, qui se voit
Nerf radial toujours sur le pouce, et seulement lorsqu’on refoule
La branche superficielle, sensitive, du nerf radial, la cuticule sur les autres doigts.
passe sous le tendon du brachioradialis, dont elle La matrice proximale correspond à une poche, ou si-
se dégage en devenant superficielle à la face posté- nus, de 4 à 6 mm de profondeur, qui s’étend du côté
rieure de l’avant bras, où elle se divise en 3 branches proximal jusqu’au niveau de l’insertion du tendon ex-
sensitives : tenseur sur la base de la phalange distale, juste après
• externe : qui donne un filet thénarien, et forme le l’articulation IPD. La lame unguéale s’insère entre la
collatéral dorsal radial du pouce. face inférieure du repli proximal, qui forme le toit du
• moyenne : qui, dans le 1er espace interosseux, se sillon proximal, et la matrice, qui forme son plancher.
divise en collatéral dorsal ulnaire du pouce et en En fait, la matrice se poursuit jusqu’au niveau de
un rameau pour le côté radial de la face dorsale l’épithélium du toit de ce sillon (ou éponychium). Des
de la phalange proximale de l’index. fibres transversales en forme d’haltère recouvrent la
• interne : anastomosée avec le rameau externe de partie proximale de la matrice et se poursuivent de
la branche cutanée dorsale du nerf ulnaire (avec chaque côté de P3 pour s’insérer (figure 677), d’une
le territoire sensitif duquel elle peut interférer en part sur le ligament latéral et la plaque palmaire de
plus ou en moins), elle 2 rameaux dans le 2° espa- l’IPD, et d’autre part sur le ligament phalangien pro-
ce interosseux, pour innerver le côté ulnaire de la pre (tendu entre la houppe et la base de P3).
face dorsale de la phalange proximale de l’index,
et le côté radial de celle du médius.
La zone dite «autonome» du territoire sensitif radial
est située au dos du 1er espace interosseux.
ONGLE
L’ongle est un appareil composé d’une tablette repo-
sant sur un lit qui se poursuit du côté proximal par
la matrice et du côté distal par l’hyponychium. Ce
dernier, qui correspond à l’endroit où la tablette se
décolle de son lit, est séparé de la pulpe du doigt par Figure 677. Ligaments de la matrice (d’après Schmidt).
un sillon distal (figure 676). 1. Ligament en haltère
2.Ligament phalangien propre
3. Ligament latéral IPD.
626
Manuel de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique
Le lit de l’ongle est vascularisé par 2 arcades arté- La peau de la face dorsale des doigts est vasculari-
rielles, proximale et distale, qui anastomosent trans- sée par les artères métacarpiennes dorsales jusqu’au
versalement la partie terminale des deux artères niveau des IPP, et par des branches dorsales venues
digitales. L’arcade proximale est située au niveau de des artères digitales palmaires au niveau de chacune
la matrice, et l’arcade distale au niveau de la partie des 3 phalanges.
moyenne de l’ongle (figure 678).
ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE
DE LA MAIN (LOGES ET
ESPACES)
La main présente à décrire une région palmaire et
une région dorsale (figure 679).
VASCULARISATION CUTANEE
La peau de la face palmaire de la main est vasculari- Région palmaire
sée par des petites branches perforantes venues : Sous la peau et le tissu sous-cutané se trouve l’apo-
• Pour la paume, des artères digitales palmaires névrose superficielle, à laquelle on distingue 3 par-
communes ties (voir aussi le chapitre sur la maladie de Dupuy-
• Pour l’éminence hypothénar, de l’artère ulnaire tren) :
(hypothénar) • une partie moyenne en rapport avec la concavité
• Pour l’éminence thénar, de la branche palmaire de la paume de la main
superficielle de l’artère radiale • et 2 parties latérales qui recouvrent les éminen-
• Pour les doigts, des artères digitales correspon- ces thénar et hypothénar.
dantes.
L’aponévrose palmaire moyenne est une lame fibreu-
La peau de la face dorsale de la main est vasculari- se, épaisse, triangulaire, placée en avant des tendons
sée par des petites branches venues des artères mé- fléchisseurs. Elle est unie à l’aponévrose profonde
tacarpiennes dorsales. Au niveau du col métacarpien, par des expansions qui cloisonnent l’espace compris
où les 2ème, 3ème et 4ème artères métacarpiennes dor- entre ces 2 aponévroses, en avant des articulations
sales recoivent une anastomose des artères digitales MP, en 7 tunnels fibreux : 4 pour les tendons flé-
palmaires correspondantes, existe aussi une branche chisseurs, 3 pour les lombricaux, les vaisseaux et les
cutanée directe qui vascularise la peau de l’espace nerfs digitaux. Unies au bord latéral correspondant
intermétacarpien correspondant jusqu’au poignet. de l’aponévrose moyenne, les 2 aponévroses latéra-
les recouvrent les éminences thénar et hypothénar.
627
Manuel de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique
Ces 3 aponévroses superficielles limitent avec l’apo- du tissu celluleux qui se collecte en certains points,
névrose profonde ou interosseuse 3 loges : où il forme les espaces celluleux de la paume de la
• une loge palmaire moyenne main. Il existe 4 espaces celluleux sous-aponévroti-
• une loge palmaire externe, ou thénarienne ques principaux :
• une loge palmaire interne, ou hypothénarienne. • Hypothénarien.
Sous ces 3 loges palmaires se trouve une loge pro- • Thénarien, compris entre l’adducteur et le FPB, il
fonde, interosseuse, recouverte par l’aponévrose est traversé par la gaine digito-carpienne radiale.
profonde. • Palmaire médian pré-tendineux, contenant les
vaisseaux et les nerfs du plan pré-tendineux.
La loge palmaire moyenne contient 3 plans superpo-
• Palmaire médian rétro-tendineux, compris en-
sés, de la superficie vers la profondeur :
tre les fléchisseurs et l’aponévrose interosseuse.
• un plan vasculo-nerveux formé par l’arcade pal-
Comme le précédent, il est relié aux espaces cel-
maire superficielle et les branches digitales des
luleux des 4 doigts par des trainées celluleuses,
nerfs médian et ulnaire
les « fusées lombricales » de Kanavel, qui entou-
• un plan musculo-tendineux constitué par les ten-
rent les muscles lombricaux. Ce sont ces fusées
dons des muscles fléchisseurs superficiels (FDS) et
lombricales qui réalisent la principale voie de
profonds (FDP) et par les lombricaux
propagation d’une infection entre les doigts et la
• une aponévrose profonde ou interosseuse sépare
main.
la loge palmaire moyenne des éléments de la loge
interosseuse. A vrai dire, cette aponévrose n’est Les espaces palmaires médians sont en rapport avec
distincte que dans l’étendue des 3ème et 4ème l’extrémité proximale des gaines digitales, et avec la
espaces interosseux. Plus en dehors (du côté ra- gaine séreuse digito-carpienne ulnaire.
dial), les muscles interosseux des 1er et 2ème es-
De plus, les espaces celluleux thénarien et palmaire
paces sont séparés de la loge thénarienne, c’est-
médian rétro-tendineux communiquent avec les
à-dire de l’adducteur du pouce, par un interstice
plans celluleux sus et sous-aponévrotiques de la ré-
celluleux très mince.
gion dorsale de la main, au niveau des commissures
La loge palmaire thénarienne présente 4 plans prin- interdigitales. Ceci explique la tuméfaction dorsale
cipaux, superposés de la superficie vers la profon- de la main dans les infections palmaires
deur :
• Abductor pollicis brevis (APB), et branche palmai- Région postérieure
re superficielle de la radiale La région postérieure de la main et des doigts com-
• Opposant, et faisceau superficiel du flexor pollicis prend 3 couches : superficielle, tendineuse, et pro-
brevis (FPB) fonde.
• Faisceau profond du flexor pollicis brevis (FPB), et
tendon du flexor pollicis longus (FPL) Plans superficiels :
• Adducteur du pouce, et artère radiale • Peau, tissu sous cutané :
• réseau veineux
La loge palmaire hypothénarienne contient : • artères métacarpiennes dorsales
• les 3 muscles hypothénariens disposés sur 2 plans • nerfs sensitifs (radial, ulnaire)
(ADM et FDM recouvrent l’opposant), • Aponévrose superficielle : mince mais résistante,
• la branche profonde de l’artère ulnaire, qui se sé- elle se continue du côté proximal avec le retina-
pare de l’artère ulnaire sous le pisiforme culum dorsal, et se confond du côté distal avec les
• et la branche profonde du nerf ulnaire : avec l’ar- tendons extenseurs. Latéralement, elle se fixe sur
tère précédente, elle traverse transversalement les métacarpiens extrêmes.
l’éminence hypothénar sous l’opposant avant de
s’engager dans la loge interosseuse. Plan tendineux. Du côté radial au côté ulnaire, on re-
trouve les tendons des muscles de la loge postérieure
Loge profonde, ou interosseuse. Le plan musculaire de l’avant-bras dans l’ordre de leurs 6 compartiments
est formé par les 7 muscles interosseux : ostéo-fibreux au dos du poignet ::
• Les 3 interosseux palmaires, placés en avant des • APL et EPB
interosseux dorsaux, débordent fortement le plan • ECRL et ECRB
osseux formé par les métacarpiens. Ils sont situés • EPL sur-croisant obliquement les deux précé-
le long de la moitié palmaire de la face latérale du dents
métacarpien qui regarde l’axe de la main et sur la- • EDC et EI
quelle ils sont insérés. Ils rapprochent les doigts. • EDM
• Les 4 interosseux dorsaux occupent tout le reste • ECU
de l’espace intermétacarpien. Ils écartent les
doigts. Aponévrose profonde : très mince, elle recouvre la
face dorsale des muscles interosseux dorsaux.
4 espaces celluleux. Les lames aponévrotiques, les
muscles, les vaisseaux et les nerfs de la paume de la
main et des doigts sont séparés les uns des autres par
628
Manuel de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique
RÉSUMÉ RÉFÉRENCES
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maires et les 4 interosseux dorsaux.
gery. Lippincott. Philadelphia, 1979 (2nd ed.)
La région postérieure de la main comprend 3
couches superposées :
- Les plans superficiels, contenant le réseau vei-
neux, des artères, des nerfs sensitifs (radial et ul-
naire), et l’aponévrose dorsale.
- Les tendons extenseurs des doigts, du pouce
et du carpe, provenant des 6 compartiments de
la face dorsale du poignet : 1 (APL, EPB), 2 (ECRL,
ECRB), 3 (EPL), 4 (EDC, EI), 5 (EDM), 6 (ECU).
- L’aponévrose interosseuse dorsale.
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