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TD14 Cor

Ce document présente plusieurs exercices sur la convergence de variables aléatoires. Le premier exercice porte sur la convergence presque sûre de la somme d'une suite de variables aléatoires indépendantes et de même loi. Le deuxième exercice établit une équivalence entre l'intégrabilité d'une variable aléatoire et la convergence d'une somme. Le troisième exercice en déduit une dichotomie sur la limite supérieure d'une suite. Le dernier exercice traite du cas où la variable aléatoire n'est pas intégrable.

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Corrigé – TD 14

Convergence de variables aléatoires

Exercice 0 (Formule de compensation). Soient (Xn )n≥1 une suite de variables aléatoires réelles
indépendantes de même loi µ et N une variable aléatoire à valeurs dans N indépendante de la
suite (Xn )n≥1 .

1. On suppose que µ est la loi de Bernoulli de paramètre p ∈ ]0, 1[ et que N suit la loi de
Poisson de paramètre λ ∈]0, ∞[. On pose
N
X N
X
P = Xi et F = N − P = (1 − Xi ),
i=1 i=1

avec P = F = 0 sur {N = 0}. Les variables aléatoires P et F représentent respectivement


le nombre de piles et de faces dans un jeu de pile ou face de paramètre p à N lancers.
(a) Déterminer la loi du couple (P, N ).
(b) En déduire les lois de P et F , et montrer que P et F sont indépendantes.
2. On ne fait plus d’hypothèse sur les lois. Soit f : R → R+ une fonction mesurable. Montrer
que
"N # Z
X
E f (Xi ) = E[N ] f (x) µ(dx),
i=1 R
PN
avec i=1 f (Xi ) = 0 sur {N = 0}.

Corrigé :

1. (a) On a P(P = 0, N = 0) = P(N = 0) = e−λ , et pour n ≥ 1 et 0 ≤ k ≤ n,


n
!
X
P(P = k, N = n) = P N = n, Xi = k
i=1
n
!
X
= P(N = n)P Xi = k
i=1
n
 
−λ λ n k
= e p (1 − p)n−k
n! k
(λp)k (λ(1 − p))n−k
= e−λ .
k! (n − k)!
(b) On a pour k, l ≥ 0,
k l
  
−λp (λp) −λ(1−p) (λ(1 − p))
P(P = k, F = l) = P(P = k, N = k + l) = e e .
k! l!
Donc les variables aléatoires P et F sont indépendantes et de lois respectives les lois de
Poisson de paramètres λp et λ(1 − p).
Pour des questions, n’hésitez pas à envoyer un mail à [Link]@[Link], ou bien à passer au bureau V7.

1
2. On a
"N  
n
#
X X X
E f (Xi ) = E 1{N =n} f (Xi )
i=1 n≥1 i=1
n
" #
X X
= E 1{N =n} f (Xi )
n≥1 i=1
" n #
X X
= P(N = n)E f (Xi )
n≥1 i=1
X
= n P(N = n)E[f (X1 )]
n≥1
Z
= E[N ] f (x)µ(dx).
R

Exercice 1. Soit (Xn )n≥0 une suite de variables aléatoires positives, indépendantes et de même
loi.
P∞
1. Montrer que p.s. n=0 Xn = ∞, sauf dans un cas à préciser.

2. Soit X une v.a. positive. Montrer que pour tout α > 0 on a l’équivalence suivante :
X
E[X] < ∞ ⇐⇒ P(X ≥ αn) < ∞.
n≥0

I NDICATION. On pourra montrer que


X X
αnP(αn ≤ X < α(n + 1)) ≤ E[X] ≤ α(n + 1)P(αn ≤ X < α(n + 1)).
n≥0 n≥0

3. En déduire la dichotomie suivante : p.s.



Xn 0 si E[X1 ] < ∞
lim sup = .
n ∞ si E[X1 ] = ∞

4. (LFGN cas non intégrable) Soit (Yn )n≥1 une suite de variables aléatoires réelles i.i.d. On
pose, pour tout n ≥ 1, Sn = Y1 + · · · + Yn . Prouver que si Y1 n’est pas intégrable alors la
suite (n−1 Sn )n≥1 diverge p.s.

Corrigé :
P
1. Tout d’abord, si X1 est presque sûrement nulle, alors n Xn = 0 p.s. Supposons que X1
n’est
P pas nulle, alors on peut trouver ε > 0 tel que P(X1 > ε) > 0. On a trivialement que
n P(Xn > ε) = ∞, et les Xn sont indépendants,
P donc par Borel-Cantelli, p.s. les Xn sont
supérieurs à ε une infinité de fois, donc n Xn = ∞.

2
2. Commençons par les encadrements de X suivants
X X
αn1{αn≤X<α(n+1)} ≤ X ≤ α(n + 1)1{αn≤X<α(n+1)} .
n≥0 n≥0

En prenant l’espérance de la ligne précédente on obtient l’inégalité mentionnée dans


l’indication. Notons ensuite que
X X
(n + 1)P(αn ≤ X < α(n + 1)) = P(X ≥ αn).
n≥0 n≥0

On a donc X X
α P(X ≥ αn) − α ≤ E[X] ≤ α P(X ≥ αn),
n≥0 n≥0

dont il est facile de déduire que


X
E[X] < ∞ ⇐⇒ P(X ≥ αn) < ∞.
n≥0

3. Soit α > 0. Pour tout 0 < ε < α, on a


n Xn o
lim sup{Xn ≥ αn} ⊂ lim sup ≥ α ⊂ lim sup{Xn ≥ (α − ε)n}.
n
D’après la question précédente, pour tout α > 0,

X < ∞ si E[X1 ] < ∞
P(X1 ≥ αn) ,
= ∞ si E[X1 ] = ∞
n≥0

donc par Borel-Cantelli


  
Xn 0 si E[X1 ] < ∞
P lim sup ≥α =
n 1 si E[X1 ] = ∞

et par conséquent p.s. 


Xn 0 si E[X1 ] < ∞
lim sup =
n ∞ si E[X1 ] = ∞

4. On remarque que
     
Sn Sn Sn+1 Sn
→ une limite réelle ⊂ − →0 ∩ →0 .
n n n+1 n(n + 1)

Donc    
Sn |Yn |
→ une limite réelle ⊂ →0 ,
n n
et on conclut en utilisant la question précédente.

Exercice
P 2. Montrer que si les variables aléatoires réelles (Xn )n≥0 sont indépendantes, la série
n≥0 Xn converge ou diverge presque sûrement.

3
Corrigé : Notons (Ω, F, P) l’espace de probabilité sur P lequel les variables aléatoires (Xn )n≥0
sont définies.
P Notons FN = σ(XN , XN +1 , . . .). La série n≥0 Xn converge si et seulement si la
série n≥N Xn converge pour tout N ≥ 0. Or
 
 X 
ω ∈ Ω; Xn (ω) converge ∈ FN . (1)
 
n≥N

On a donc
   
 X  \  X  \
ω ∈ Ω; Xn (ω) converge = ω ∈ Ω; Xn (ω) converge ∈ FN .
   
n≥0 N ≥0 n≥N N ≥0

On conclut en utilisant la loi du 0–1 de Kolmogorov.


Remarque. Dans un but pédagogique, expliquons d’où vient (1) en détail. D’après le critère
de Cauchy,
  ( q )
 X  \ [ \ X 1
ω ∈ Ω; Xn (ω) converge = ω ∈ Ω; Xn (ω) < .

  k
n≥N k≥1 m≥N p,q≥m n=p

Or, pour p, q ≥ N ,
( q )
X 1
ω ∈ Ω; Xn (ω) < ∈ σ(Xp , Xp+1 , . . . , Xq ) ⊂ FN ,

n=p k

ce qui établit (1) car FN est une tribu.

Exercice 3. Quels sont les liens entre ces différentes convergences de variables aléatoires : en
loi, presque sûre, en probabilité, L1 , Lp pour p > 1?

Corrigé :

- Convergence p.s. implique convergence en probabilité qui implique convergence en loi.

- Convergence Lp pour p ≥ 1 implique convergence en probabilité.

- Convergence Lq implique convergence Lp pour q > p.

- Vers une constante, convergence en loi et convergence en probabilité sont équivalentes.

Il est très fortement recommandé de trouver des contre-exemples pour les réciproques qui
ne sont pas vraies en général. On a cependant les réciproques “partielles” suivantes :

- Convergence en probabilité implique la possibilité d’extraire une sous-suite qui converge


p.s.

4
- En redéfinissant les variables aléatoires sur un même espace de probabilité, il est possible
de transformer convergence en loi vers converge p.s., c’est le théorème de représentation
de Skorokhod 1 .

- Convergence en probabilité avec uniforme intégrabilité implique convergence L1 .


Exercice 4. Vrai ou faux?

1. Soient (Xn )n≥1 une suite de variables aléatoires réelles et X une variable aléatoire réelle
définies sur (Ω, F, P). On suppose que Xn → X en loi. Montrer que f (Xn ) → f (X) en loi
pour toute fonction continue f : R → R.

2. Soit (µn )n≥0 une suite de mesures de probabilité et µ une mesure positive. Alors il y a
convergence étroite des µn vers µ si et
R seulementR si, pour toute fonction f continue à
support compact, on a la convergence f dµn −→ f dµ.

3. Si la suite de variables aléatoires (Xn )n≥0 converge en loi vers X, alors E[Xn ] −→ E[X].

Corrigé :

1. Vrai: si g : R → R est continue bornée, alors g◦f est continue bornée et donc E [g(f (Xn ))] →
E [g(f (X))].

2. L’implication est vraie, mais la réciproque est fausse (prendre µn = δn ). En effet, par un
résultat du cours, (µn )n≥0 converge étroitement vers µ si et seulement si µ est une mesure
de
R probabilitéR et pour toute fonction f continue à support compact, on a la convergence
f dµn −→ f dµ.

3. Faux: on prend (Ω, F, P) = ([0, 1], B(R), dx) et Xn (t) la fonction tente telle que Xn (0) =
0, Xn (1/n) = n, Xn (2/n) = 0. Alors Xn converge p.s. vers 0 mais E [Xn ] = 1 6= E [0].
Un autre exemple davantage probabiliste: soit (Xn )n≥1 une suite de variables aléatoires
indépendantes de même loi telles que P(X1 = 1) = P(X1 = −1) = 1/2. On note Zn =
X1 + X2 + · · · + Xn et soit T = inf{n ≥ 1; Zn = 1}. On pose finalement:

Wn = Zmin(n,T ) .

Ainsi, (Wn ) est la marche aléatoire issue de 0 qui fait des sauts ±1 qui reste en 1 une fois
qu’elle l’a atteint. Il est possible de vérifier que T < ∞ p.s. de sorte que (Wn ) converge
presque sûrement vers 1. Or il est facile de vérifier que pour tout n ≥ 1, E [Wn ] = 0, de
sorte que E [Wn ] ne converge pas vers E [1]. Avec le langage du processus stochastique,
cela fournit l’exemple d’une martingale qui converge p.s. mais pas dans L1 .
Exercice 5. Soient (Xn )n≥1 , (Yn )n≥1 deux suites de variables aléatoires réelles, et X, Y deux
variables aléatoires réelles définies sur (Ω, F, P), telles que Xn → X en loi et Yn → Y en loi.

1. On suppose que les variables Xn et Yn sont indépendantes pour tout n ≥ 1 et que les
variables X et Y sont indépendantes. Montrer que (Xn , Yn ) → (X, Y ) en loi.
1
Attention: c’est un résultat très subtil, qui ne garde pas les dépendences de construction des variables aléatoires,
ni les corrélations (en particulier pas l’indépendance !).

5
2. Est-il toujours vrai que (Xn , Yn ) → (X, Y ) en loi ?

3. (Lemme de Slutsky) On suppose que Y est constante p.s. Montrer que (Xn , Yn ) → (X, Y )
en loi.

Corrigé :

1. D’après le théorème de Lévy, il suffit de montrer que Φ(Xn ,Yn ) (t, t0 ) → Φ(X,Y ) (t, t0 ) pour
tout (t, t0 ) ∈ R2 . Et l’on a par indépendance,

Φ(Xn ,Yn ) (t, t0 ) = ΦXn (t)ΦYn (t0 ) → ΦX (t)ΦY (t0 ) = Φ(X,Y ) (t, t0 ).

2. Il n’est pas vrai en général que (Xn , Yn ) → (X, Y ) en loi. En effet, considérons les vari-
ables aléatoires Xn = Z = Yn pour tout n ≥ 1, avec Z gaussienne centrée. La vari-
able Z étant symétrique, on a Xn → −Z en loi. Si (Xn , Yn ) → (−Z, Z) en loi, alors
Xn + Yn → −Z + Z en loi (car la fonction (x, y) 7→ x + y est continue), c’est à dire 2Z = 0
en loi, ce qui n’est pas.

3. Il suffit de montrer que E(F (Xn , Yn )) → E(F (X, Y )) pour une fonction F continue à
support compact. Soit a ∈ R tel que Y = a p.s. On a alors Yn → a en probabilité (résultat
important à savoir prouver). Et

|E(F (Xn , Yn )) − E(F (X, a))|


≤ |E(F (Xn , Yn )) − E(F (Xn , a))| + |E(F (Xn , a)) − E(F (X, a))|.

La fonction x ∈ R 7→ F (x, a) est continue et bornée donc |E(F (Xn , a)) − E(F (X, a))| → 0.
De plus, la fonction F est uniformément continue. Pour ε > 0, on peut trouver δ tel que
|F (x, y) − F (x0 , y 0 )| ≤ ε pour |x − x0 | + |y − y 0 | ≤ δ. Alors, en notant M un majorant de F ,
on a

|E(F (Xn , Yn )) − E(F (Xn , a))|


≤ E(|F (Xn , Yn ) − F (Xn , a)|)
≤ E(|F (Xn , Yn ) − F (Xn , a)|1{|Yn −a|≥δ} ) + E(|F (Xn , Yn ) − F (Xn , a)|1{|Yn −a|<δ} )
≤ 2M P(|Yn − a| ≥ δ) + ε.

Ainsi, lim sup |E(F (Xn , Yn )) − E(F (Xn , a))| ≤ ε et ceci étant vrai pour tout ε, on en déduit
que |E(F (Xn , Yn )) − E(F (Xn , a))| → 0, puis le résultat.
Exercice 6 (Sans calcul). Déterminer les limites suivantes :
 
x1 + · · · + xn
Z
1. lim f dx1 . . . dxn pour f une fonction continue sur [0, 1];
n→∞ [0,1]n n
n    
X n k n−k k
2. lim p (1 − p) f pour f une fonction continue sur [0, 1] et p ∈ [0, 1];
n→∞ k n
k=0
∞ k
 
−λn (λn) k
X
3. lim e f pour f une fonction continue et bornée sur R+ et λ > 0.
n→∞ k! n
k=0

6
Corrigé :

1. On a     
x1 + · · · + xn U1 + · · · + Un
Z
f dx1 . . . dxn = E f
[0,1]n n n
où U1 , . . . , Un sont des variables aléatoires indépendantes et uniformes sur [0, 1]. D’après
la loi forte des grands nombres, n−1 (U1 + · · · + Un ) converge p.s. et donc en loi vers 1/2.
Ainsi,    
x1 + · · · + xn
Z
1
lim dx1 , . . . dxn f =f .
n→∞ [0,1]n n 2

2. On a
n       
X n k n−k k B1 + · · · + Bn
p (1 − p) f =E f ,
k n n
k=0

où B1 , . . . , Bn sont des variables aléatoires de Bernoulli de paramètre p indépendantes.


D’après la loi forte des grands nombres, n−1 (B1 + . . . + Bn ) converge p.s. et donc en loi
vers p. Ainsi,
n    
X n k n−k k
lim p (1 − p) f = f (p).
n→∞ k n
k=0

3. On a
∞ k
    
X
−λn (λn) k P1 + · · · + Pn
e f =E f ,
k! n n
k=0

où P1 , . . . , Pn sont des variables aléatoires de Poisson de paramètre λ indépendantes.


D’après la loi forte des grands nombres, n−1 (P1 + · · · + Pn ) converge p.s. et donc en loi
vers λ. Ainsi,
∞ k
 
−λn (λn) k
X
lim e f = f (λ).
n→∞ k! n
k=0

Remarque : on a utilisé les résultats suivants :

1. La somme de n variables aléatoires de Bernoulli de paramètre p ∈ [0, 1] indépendantes suit


une loi binomiale de paramètres n et p.

2. La moyenne d’une variable aléatoire suivant une loi de Poisson de paramètre λ > 0 est λ.

3. Soient n ≥ 1, λ1 , . . . , λn > 0 et X1 , · · · , Xn n variables aléatoires indépendantes, chaque Xi


suivant une loi de Poisson de paramètre λi . Alors X1 + . . . + Xn suit une loi de Poisson
de paramètre λ1 + . . . + λn .

Exercice 7 (Théorème de Bernstein–Weierstrass). Soit f une fonction continue de [0, 1] dans C.


Le n-ième polynôme de Bernstein de f est
n    
X n k n−k k
Bn (x) : x 7→ x (1 − x) f .
k n
k=0

7
1. Soit Sn (x) := Bin(n,x)
n où Bin(n, x) est une v.a. de loi binomiale de paramètre n et x. Mon-
trer que Bn (x) = E[f (Sn (x))].

2. En déduire le Théorème de Berstein–Weierstrass

kBn − f k∞ −→ 0.

Corrigé :

1. C’est évident.

2. Soit ε > 0, soit η > 0 le module d’uniforme continuité de f associé à ε. Alors on a


|f (x) − Bn (x)| ≤ E[|f (x) − f (Sn (x))|]
≤ E[|f (x) − f (Sn (x))|1|Sn (x)−x|≤η ] + E[|f (x) − f (Sn (x))|1|Sn (x)−x|≥η ]
≤ ε + 2kf k∞ P[|Sn (x) − x| ≥ η]

Pour évaluer P[|Sn (x) − x| ≥ η], on utilise l’inégalité de Markov :


Var[Sn (x)] x(1 − x) 1
P[|Sn (x) − x| ≥ η] ≤ = ≤ .
η2 nη 2 2nη 2
La majoration ci-dessus est uniforme en x, ce qui permet de conclure.
Exercice 8 (Loi faible, non forte). Soit (Xn )n≥1 une suite de variables aléatoires indépendantes
de loi  
1 1
PXn = (δn + δ−n ) + 1 − δ0 .
2n ln(n + 1) n ln(n + 1)
X1 +···+Xn
1. Montrer que Yn := n converge en probabilité vers 0.

2. Montrer que presque sûrement, Yn ne converge pas.

Corrigé :

1. Montrer (en calculant) que


E (Yn )2 −→ 0.
 

L’inégalité de Markov permet alors de conclure.


Xn

2. À l’aide du lemme de Borel, on montre que P n ≥ 1 pour une infinité de n = 1, et on
conclut comme dans l’exercice 1 question 4.
Exercice 9. Soit (Xn , n ≥ 1) une suite de variables aléatoires réelles définies sur (Ω, F, P)
indépendantes et de même loi µ. On pose Mn = max(X1 , . . . , Xn ).

1. On suppose que µ est la loi uniforme sur [0, 1]. Montrer que la suite (n(1 − Mn ))n≥1
converge en loi quand n → ∞ et expliciter la loi limite.

2. On suppose que µ est la loi de Cauchy standard, c’est-à-dire que µ(dx) = (π(1 + x2 ))−1 dx.
Montrer que la suite (n/Mn )n≥1 converge en loi et expliciter la loi limite.
π 1
Rappel : arctan(x) = 2 − x + o( x1 ) quand x → +∞.

8
Corrigé :

1. Pour tout n ≥ 1, la variable aléatoire n(1 − Mn ) est à valeurs dans [0, n]. On a donc, pour
tout t < 0, P(n(1 − Mn ) ≤ t) = 0. Soit t ≥ 0 fixé. Pour tout n ≥ t, on a

t n
     
t t
P(n(1 − Mn ) ≤ t) = P Mn ≥ 1 − = 1 − P Mn < 1 − =1− 1− .
n n n

Donc P(n(1 − Mn ) ≤ t) → (1 − e−t )1{t≥0} , et la fonction t 7→ (1 − e−t )1{t≥0} est la fonc-


tion de répartition de la loi exponentielle de paramètre 1. Ainsi, la suite (n(1 − Mn ))n≥1
converge en loi vers une variable aléatoire exponentielle de paramètre 1.

2. Soit t ≤ 0. On a
   
n n 1
P ≤t ≤P ≤ 0 = P(Mn ≤ 0) = n ,
Mn Mn 2

donc P nMn−1 ≤ t → 0 quand n → ∞. Soit maintenant t > 0. On a




P(nMn−1 ≤ t) = P(nMn−1 ≤ t, Mn > 0) + P(nMn−1 ≤ t, Mn ≤ 0).

D’après ce qui a été fait précédemment, P(nMn−1 ≤ t, Mn ≤ 0) → 0. Et


 
n  n
P ≤ t, Mn > 0 = P Mn ≥
Mn t
Z t !n
n dx
= 1− 2
−∞ π(1 + x )
1 π  n n
= 1− n + arctan
π 2  t
t
−→ 1 − exp − ,
n→∞ π

car arctan(x) = π2 − x1 + o( x1 ) quand x → ∞. Ainsi, la suite (nMn−1 )n≥1 converge en loi


vers une variable aléatoire exponentielle de paramètre π1 .
Exercice 10. Soit (Xn , n ≥ 1) une suite de v.a. i.i.d. de loi exponentielle de paramètre 1.

1. Montrer que lim supn→∞ Xn / ln(n) = 1 p.s.

2. On pose Zn = max(X1 , ..., Xn )/ ln(n), montrer que lim inf n→∞ Zn ≥ 1 p.s.

3. Montrer que pour une suite (nk )k≥0 bien choisie, lim supk→∞ Znk ≤ 1 p.s. En déduire que
limn→∞ Zn = 1 p.s.

Corrigé :

1. Soit a ≥ 0, alors pour tout ε > 0 l’évènement {lim sup Xn / ln(n) > a} est imbriqué entre
deux limsup d’évènements :

lim sup{Xn ≥ (a − ε) ln(n)} ⊂ {lim sup Xn / ln(n) > a} ⊂ lim sup{Xn > a ln(n)}.
n→∞ n→∞ n→∞

9
1
P[Xn ≥ a ln(n)] = ,
na
et les évènements sont indépendants, donc d’après Borel-Cantelli en prenant des ε apro-
priés   
Xn 1 si a < 1
P lim sup >a = ,
n→∞ ln(n) 0 si a > 1
Xn
donc lim sup ln(n) = 1 p.s.
P
2. Soit  ∈ (0, 1) et posons An = {Zn ≤ 1 − }. Montons que P(An ) converge. On a
 n
P(An ) = P(Xi ≤ (1 − ) ln(n) pour 1 ≤ i ≤ n) = P(X1 ≤ (1 − ) ln(n))n = 1 − e−(1−) ln(n)
 n     
1 1 1
= 1 − 1− = exp n ln 1 − 1− ≤ exp −n · 1− ≤ exp (−n ) .
n n n
P
Donc P(An ) converge. D’après le lemme de Borel-Cantelli, p.s., pour tout n suffisam-
ment grand on a Zn ≥ 1 − , ce qui conclut.

3. Posons Bn = {Zn ≥ 1 + }. Un calcul proche de celui de la question précédente donne:


 n
1 1
P(Bn ) = 1 − 1 − 1+ ∼ .
n n→∞ n
 ne converge pas, il faut donc ruser un peu. Fixons η > 0 et
La série de terme général 1/nP
posons nk = (1 + η)k . Alors k P (Bnk ) converge et d’après le lemme de Borel-Cantelli,
p.s., pour tout k suffisamment grand on a Znk ≤ 1 + . On encadre ensuite n ≥ 1:
(1 + η)k ≤ n ≤ (1 + η)k+1 et on écrit:

max(X1 , . . . , Xn ) max(X1 , . . . , Xnk+1 ) max(X1 , . . . , Xnk+1 ) ln(nk+1 ) k+1


Zn = ≤ ≤ = Znk+1 · .
ln(n) ln(n) ln(nk+1 ) ln(nk ) k

Il s’ensuit que lim supn→∞ Zn = 1 p.s.


Compte tenu de la question 2, il en découle que limn→∞ Zn = 1 p.s.

Exercice 11. 1. Montrer qu’une suite de variables aléatoires réelles Xn converge en proba-
bilité vers une variable aléatoire X si et seulement si de toute sous-suite de cette suite on
peut extraire une sous-sous-suite qui converge p.s. vers X.

2. Montrer que si une suite de variables aléatoires réelles Xn converge en probabilité vers
une variable aléatoire X et si f : R → R est continue, alors f (Xn ) converge en probabilité
vers f (X).

3. Soit (Xn )n≥1 une suite de variables aléatoires réelles qui converge en probabilité vers X.
On suppose qu’il existe une variable aléatoire positive Y telle que E [Y ] < ∞ et |Xn | ≤ Y
pour tout n ≥ 1. Montrer que E [Xn ] → E [X] lorsque n → ∞.

Corrigé :

10
1. L’implication est claire, car d’après un résultat du cours on peut extraire une sous-suite
convergeante p.s. vers X pour toute suite de variables aléatoires convergeant en proba-
bilité vers X. Pour la réciproque, raisonnons par l’absurde en supposant qu’il existe  > 0
et une extractrice φ telle que P(|Xφ(n) − X| < ) >  pour tout n ≥ 1. Par hypothèse, il
existe une extractice ψ telle que Xφ(ψ(n)) converge en probabilité vers X quand n → ∞.
Ceci contredit le fait que P(|Xφ(ψ(n)) − X| < ) >  pour tout n ≥ 1.

2. D’après la première question, il suffit de montrer que si φ est une extractrice, il existe une
extractrice ψ telle que f (Xφ(ψ(n)) ) converge p.s. vers f (X). D’après la première ques-
tion, il existe une extractrice ψ telle que Xφ(ψ(n)) converge p.s. vers X. La conclusion en
découle par continuité de f .

3. Il suffit demontrer que pour toute extraction φ, il existe une autre extraction ψ telle que
E Xφ◦ψ(n) → E [X] lorsque n → ∞. Soit donc φ une extraction. D’après la première
question, il existe une extraction ψ telle que Xφ◦ψ(n) converge presque sûrement vers X
lorsque n → ∞. Le fait que E Xφ◦ψ(n) → E [X] lorsque n → ∞ est alors une simple
conséquence du théorème de convergence dominée.

Exercice 12. Soit (Xn )n≥1 une suite de variables aléatoires réelles indépendantes et de même
loi telle que E(X1 ) = 0 et E(X12 ) = 1. On pose Sn = X1 + . . . + Xn pour tout n ≥ 1.

1. Montrer que pour tout A > 0, on a


 
Sn
P lim sup √ ≥ A = 1,
n→∞ n

et en déduire que  
Sn
P lim sup √ = +∞ = 1.
n→∞ n

2. Justifier que si (Snk )k≥1 est une suite extraite de (Sn )n≥1 , alors on a :
 
Snk
P lim sup √ = +∞ = 1.
k→∞ nk

3. En déduire que la suite (n−1/2 Sn )n≥1 ne converge pas en probabilité.

Corrigé :

1. D’après le théorème central limite, la suite (n−1/2 Sn )n≥1 converge en loi vers une variable
aléatoire N de loi gaussienne centrée réduite. Soit A > 0. On a
      
Sn Sn Sn
P lim sup √ ≥ A ≥ P lim sup √ > A ≥ lim sup P √ > A .
n→∞ n n n→∞ n

La variable N étant à densité, on a


 
Sn
lim P √ > A = P(N > A) > 0,
n→∞ n

11
 
Sn
ce qui implique que P lim supn→∞ √
n
≥ A > 0. Or
 
Sn
lim sup √ ≥ A ∈ F∞ ,
n→∞ n
T
où F∞ est la tribu asymptotique n≥1 σ(Xn , Xn+1 , . . .). Ainsi
 
Sn
P lim sup √ ≥ A = 1.
n

En considérant une suite (Ak )k≥1 ↑ +∞, on en déduit le résultat.

2. On démontre ce résultat de la même manière que le résultat précédent.

3. Si la suite (n−1/2 Sn )n≥1 converge en probabilité vers une variable aléatoire X, alors on
peut extraire une sous-suite (nk −1/2 Snk )k≥1 telle que nk −1/2 Snk → X p.s. Or X a la
même loi que N , ce qui contredit le fait que
 
Snk
P lim sup √ = +∞ = 1.
k→∞ nk

Exercice 13 (Formule de Stirling).


Question préliminaire : Soit X une variable aléatoire réelle de carré intégrable définie sur
(Ω, F, P). Montrer que, pour tout a > 0, on a :
1/2
E(|X − inf(X, a)|) ≤ E(X 2 )P(X ≥ a) .

Soit (Xn , n ≥ 1) une suite de variables aléatoires indépendantes définies sur (Ω, F, P), de même
loi de Poisson de paramètre 1. On pose, pour tout entier n ≥ 1,
n
X Sn − n
Sn = Xi et Yn = √ .
n
i=1

On note x− = sup(−x, 0) pour tout x ∈ R.

1. Pour tout n ≥ 1, vérifier que Sn suit la loi de Poisson de paramètre n, calculer E(Yn2 ) et
en déduire que pour tout a > 0,

1
P(Yn− ≥ a) ≤ .
a2

2. Soit Y une variable aléatoire de loi normale N (0, 1). Montrer que la suite (Yn− )n≥1 con-
verge en loi vers Y − .

3. Montrer à l’aide de la question préliminaire que

E(Yn− ) −→ E(Y − ).
n→∞

12
4. En déduire la formule de Stirling
 n n √
n! ∼ 2πn.
n→∞ e

Corrigé :

(0) On a, d’après l’inégalité de Cauchy-Schwarz,


1/2
E(|X − inf(X, a)|) = E (X − a)1{X>a} ≤ E X1{X>a} ≤ E(X 2 )P(X > a)
 
.

(1) On a
n
1 X
E(Yn2 ) = Var(Xn ) = 1.
n
i=1

On en déduit que

1 1 1
P(Yn− ≥ a) ≤ 2
E((Yn− )2 ) ≤ 2 E(Yn2 ) = 2 .
a a a

(2) D’après le théorème central limite, la suite (Yn )n≥1 converge en loi vers Y . Or la fonction
x ∈ R 7→ x− est continue donc la suite (Yn− )n≥1 converge en loi vers Y − .

(3) Soit a > 0. La fonction x ∈ R+ 7→ inf(x, a) est continue et bornée donc

E(inf(Yn− , a)) −→ E(inf(Y − , a)).


n→∞

Et
E(Yn− ) − E(Y − )

≤ E(|Yn− − inf(Yn− , a)|) + E(inf(Yn− , a) − inf(Y − , a)) + E(| inf(Y − , a) − Y − |)



1/2 1/2
≤ E(inf(Yn− , a) − inf(Y − , a)) + P(Yn− ≥ a) + P(Y − ≥ a)

,

d’après la question préliminaire. Or P(Yn− ≥ a) ≤ a−2 et

E((Y − )2 ) E(Y 2 ) 1
P(Y − ≥ a) ≤ ≤ = 2.
a2 a2 a
Ainsi,
2
lim sup E(Yn− ) − E(Y − ) ≤ .

n→∞ a
Ceci étant vrai pour tout a > 0, on a

lim sup E(Yn− ) − E(Y − ) = 0.



n→∞

13
(4) La variable aléatoire Sn suit une loi de Poisson de paramètre n donc
n n n−1  n n √ n
!
1 X n k e −n X n k+1 X nk+1 nn+1
− −n
E(Yn ) = √ (n − k)e = √ − = n √ = .
n k! n k! k! e n! n e n!
k=0 k=0 k=0

Et Z ∞
− 1 2 /2 1
E(Y ) = √ xe−x dx = √ .
2π 0 2π
Donc,
 n n √ n 1
−→ √ ,
e n! n→∞ 2π
et donc  n n √
n! ∼ 2πn.
n→∞ e
Exercice 14. Soit (Xn )n≥1 une suite de variables aléatoires réelles et X une v.a. réelle définies
sur (Ω, F, P). On suppose que Xn → X en probabilité sous P. Montrer que si Q est une mesure
de probabilité sur (Ω, F) absolument continue par rapport à P, alors Xn → X en probabilité
sous Q.

Corrigé : La façon la plus rapide de faire cette exercice est d’utiliser ce qu’on connait déjà :
d’après Radon-Nikodym on peut trouver une fonction f mesurable positive qui vérifie
Z
∀A ∈ F, Q(A) = f 1A dP,
R
et de plus f dP = 1 < ∞, donc f est intégrable. Ensuite, par l’absolue continuité de l’intégrale,
∀ε > 0, ∃δ > 0, ∀A ∈ F, P(A) < δ ⇒ Q(A) < ε.
Et enfin, soit η > 0, pour n assez grand P(|Xn − X| > η) < δ, donc pour n assez grand
Q(|Xn − X| > η) < ε.
Exercice 15. Soit (Ω, F, P) un espace de probabilité. On suppose que Ω est dénombrable et
que la tribu F est P(Ω). Montrer que les convergences “presque-sûre” et “en probabilité” sont
équivalentes sur cet espace (pour des variables aléatoires à valeurs dans un espace métrique
(E, d)).

Corrigé : On énumère Ω = {ωi }i≥1 . Soit X et (Xn ) des variables aléatoires définies sur (Ω, F, P)
telles que
(P )
Xn −→ X.
Pour montrer que Xn converge p.s. vers X, il suffit de montrer que pour tout k > 1
 
P {ω, lim sup d(Xn (ω), X(ω)) ≥ 1/k} = 0.
n→∞

Soit ωi ∈ Ω tel que P({ωi }) > 0. D’après la convergence en probabilité de Xn vers X, on a


P({ω, d(Xn (ω), X(ω)) ≥ 1/k}) −→ 0.
n→∞

Ainsi, à partir d’un certain rang, ωi ∈


/ {ω, d(Xn (ω), X(ω)) ≥ ε}. On en déduit que pour tout
ωi de probabilité strictement positive, lim sup d(Xn (ωi ), X(ωi )) ≤ 1/k. La dénombrabilité de Ω
permet de conclure.

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Exercice 16. (?) Montrer qu’il n’existe pas de mesure de probabilité sur N∗ telle que, pour tout
n ≥ 1, la probabilité de l’ensemble des multiples de n soit égale à 1/n.

Corrigé : Il s’agit d’une application du lemme de Borel. Voir le polycopié de J.-F. Le Gall
(Application (1) en bas de la page 117).

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